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Original subtitles

-Excusez-moi d'avoir dû vous convoquer comme ça. -Non, mais je comprends.

-Vous allez bien, j'espĂšre?-Oui. -Non, mais je prĂ©fĂšre ĂȘtre sĂ»r, parce qu'Ă  un moment,

je me suis demandé si vous aviez des problÚmes de santé. -Ah, pas du tout, non.

Si vous voulez parler du fait que je ne suis pas lĂ  souvent... La raison, c'est que je n'ai pas besoin de suivre ce programme.

C'est un peu un prétexte. Je suis à Paris pour rencontrer des personnes

qui peuvent concrÚtement nous aider à protéger le patrimoine culturel de notre pays.

La guerre fait des ravages, vous comprenez. -Oui, bien sûr, je comprends.

Vous connaissez Paul Lefebvre, je crois. -Pardon?

-Paul Lefebvre, c'est un ami Ă  vous, non? -Vous le connaissez?

-Il travaille ici. -Ici, Ă  la Maison des cultures du monde?

-Oui, il m'a beaucoup parlé de vous. -Ah bon.

Mais il travaille ici depuis longtemps? -Depuis son retour de Jordanie.

-Il est là aujourd'hui? -Oui, bien sûr, son bureau est à cÎté.

Il doit passer, d'ailleurs. -Et il sait que je suis lĂ ?

-C'est lui qui m'a conseillé de vous contacter.

-Pourquoi? -Mme El Mansour, Paul Lefebvre m'a indiqué

la vraie raison pour laquelle vous étiez à Paris. -Il vous a dit quoi?

-Il nous a parlé de discussions sur la Syrie. -"Nous"? Qui "Nous"?

-La Direction générale de la sécurité extérieure, la DGSE.

-Quelles discussions sur la Syrie? -Celles auxquelles vous participez avec Hachem El...

Je sais pas ce qu'il vous a raconté, mais il s'est trompé.

-Ça doit ĂȘtre M. Lefebvre. Parlons-en avec lui.

-Bonjour.

-Tu travailles ici? -Mme El Mansour, Paul Lefebvre est venu nous trouver,

parce qu'il a peur pour votre sécurité. Vos amis vous soupçonnent de travailler pour nous.

-C'est ton collĂšgue Nadim qui me l'a dit. Il me tournait autour.J'ai eu peur pour toi.

-Et t'as été voir les services de renseignements? -J'étais inquiet.

-Est-ce que tu te rends compte de ce que tu as fait? -Madame, officiellement, vous répondez

Ă  une convocation de M. Leglise-Costa. Vous n'ĂȘtes pas avec les renseignements français.

On veut juste discuter avec vous. -Ils te soupçonnent d’ĂȘtre une espionne.

-Non, ils pensent pas que je suis une espionne. Ils se méfient de tout le monde, mais pas de moi.

-Je crois que si. -Paul, qu'est-ce qui t'a pris de faire ça sans me demander?

Et comment tu sais pour les discussions? Je t'ai rien dit.-Il ne savait pas.

C'est nous qui avons deviné.On a fait des recherches. -S'ils savent que je vous parle, je suis morte.

-Ils sauront pas. -J'aurais jamais fait ça si je pensais pas

que t'étais vraiment en danger. -Mais de quoi tu parles?

Je suis pas en danger.C'est toi qui me mets en danger. -T'es en danger, parce qu'ils me suivent.

Ils savent oĂč j'habite.Ils sont venus chez moi. Ils ont mĂȘme approchĂ© ma fille.

-Je suis désolée. Je pensais pas que ça irait jusque-là.

Mais tu as fait une vraie erreur en prévenant les services secrets.

Ça va ĂȘtre pire maintenant. Nadim se serait calmĂ© au bout d'un moment.

-Non... parce qu'il aurait découvert des choses sur moi

qui allaient tout compliquer. -Quoi?

-Que je travaille Ă  la DGSE.

-Tu travailles Ă  la DGSE?

Depuis quand? -Depuis longtemps.

-À Damas, tu travaillais dĂ©jĂ  Ă  la DGSE? -Oui.

-C'est pour ça que tu es parti comme ça? -Oui.

-On t'a demandé de reprendre contact avec moi?

-Tu peux nous laisser un moment?

Laisse-nous, je te parlerai aprĂšs.

On m'a rien demandé.

Tu n'as rien à voir avec mon activité.

Ça va te paraütre... bizarre. Je travaille pour la DGSE depuis longtemps.

C'est eux qui m'ont envoyé en Syrie. J'avais des choses à faire là-bas.

J'avais ma vie. Puis je t'ai rencontrée et t'as fait partie de ma vie.

Mais de ma vie normale, je t'ai jamais espionnée, t'as jamais fait partie de ma mission.

Je voulais t'expliquer, te dire qui j'étais, mais là-bas, en Syrie, c'était impossible.

Et ils m'ont demandé de partir, et là, j'ai dû te mentir encore.

Quand je suis arrivé ici...

je me suis rendu compte que je pouvais pas t'oublier. T'Ă©tais toujours dans ma tĂȘte.

MĂȘme si je savais que je ne pourrais plus jamais te revoir.

Et j'ai appris que t'Ă©tais Ă  Paris. Je me suis dit qu'on pourrait peut-ĂȘtre...

peut-ĂȘtre recommencer Ă  tes conditions.

Je savais mĂȘme pas que t'allais divorcer.

Je voulais te dire qui j'Ă©tais, ce que je faisais, arrĂȘter de te mentir.

Bref... en reprenant contact avec toi,

j'ai attirĂ© l’attention des services de sĂ©curitĂ©. Évidemment, ils ont pensĂ© que j'Ă©tais un espion

et ils avaient raison, j'en suis un. Mais pas pour toi.

Mais ça allait pas faire la différence. Je me suis rendu compte que je te mettais en danger

et que quoique je puisse leur dire, ils penser aient que tu travaillais avec moi.

Alors, j'ai tout dit à la DGSE. Parce qu'évidemment, ils savaient rien pour toi et moi,

ça les concernait pas. Mais là, j'avais besoin d'eux pour te protéger.

Parce que je ne peux plus le faire tout seul.

-Me protéger comment? -En me laissant redevenir Paul Lefebvre.

-Je comprends pas. -Nadim ne doit jamais découvrir ma véritable identité.

-Ta véritable identité?

Paul Lefebvre, c'est pas ton nom? Tu t'appelles comment?

Tu peux pas me le dire?

Tout ce que je sais sur toi, c'est faux? -Tout est quasiment vrai.

J'ai été marié, j'ai divorcé et j'ai une fille de 18 ans.

-Pourquoi je suis lĂ ? -La DGSE voudrait connaĂźtre le contenu

des discussions que vous avez ici. Les Russes sont au courant, mais pas les Français.

On a besoin de savoir ce qui se passe, d'autant plus que ça se passe ici.

-En échange de leur protection.-Oui.

-Tu me demandes de trahir des secrets d'État. -Qui seront rĂ©vĂ©lĂ©s un jour ou l'autre.

-S'ils le sont aujourd'hui, c'est fini. Bachar arrĂȘtera tout et reprendra les massacres.

-Ça ne se saura pas, Bachar ne veut pas que ça devienne public. Les services de renseignements sont au courant de tout.

-Paul... Ça doit te faire bizarre que je t'appelle comme ça.

Écoute-moi bien:jamais je ne trahirai mon pays. -Alors, j'ai peur pour toi, Nadia.

-Je n'ai rien dit. Je n'ai rien trahi et je ne trahirai rien.

Alors oui, je cours un gros risque. Quand ils apprendront qui tu es, ils m'arrĂȘteront sĂ»rement.

Mais ils auront tort et ce sera injuste. Alors, débrouille-toi pour qu'ils n'apprennent jamais

pour qui tu travailles. Sois qui tu veux, ça ne me concerne pas.

Mais moi, je serai pas une traĂźtre. -Nadia.

Prends 24 heures, 48 heures. Dis-leur que t’acceptes de revenir aux confĂ©rences

juste pour calmer les organisateurs. Reviens demain ou aprĂšs-demain.

-C'est inutile.-Nadia. Ne prends pas de décision trop rapide,

c'est tout ce que je te demande. Réfléchis.

Alors ?

Ils ne veulent plus que je manque les conférences.

Tu vas y aller une ou deux fois pour les apaiser.

Oui.

-Je suis sur eux.

-Qu'est-ce que j’annonce au ministre? -Qu'est-ce que vous lui avez dit jusqu'à maintenant?

-Rien, je ne peux plus me taire, je dois lui dire quelque chose. -Bon, alors vous lui dites que...

-Je vous demande pas de me souffler ce que dois lui dire. Je vous demande les éléments qui me permettront d'en décider.

-D'ici 24 Ă  48 heures, nous saurons si nous pouvons avoir une oreille dans la place.

-Vous en savez plus sur les participants? -Hachem El Assad du cÎté du gouvernement, ça c'est certain,

Nadia El Mansour, pour l'expertise historique, et c'est tout;du cÎté de l'opposition...

-On ne sait toujours pas. Mais si vous ne pouvez pas avoir une oreille dans la place?

Vous ne pouvez pas engager des moyens techniques pour écouter les conversations? -Si, mais si notre opération échoue,

il est probable qu'il n'y aura plus grand-chose à écouter. -Alors, vous avez obligation de réussir.

-C'est toujours trop court, les massages du cuir chevelu. -C'est vrai, ça fait du bien.

-Vous ĂȘtes dĂ©tendue?-TrĂšs. -C'est bien, j'ai besoin que vous soyez concentrĂ©e.

Je sais qui est votre patron.

Je sais ce qu'il fait et surtout, je sais ce qu'il va faire,

quelque chose de grave qu'on ne peut pas laisser faire.

Partez pas ou je me débrouille pour que le général Lefkir sache qu'on se voit ici une fois par mois.

-Mais c'est pas vrai, je vous ai jamais vue. -Il m'a suffi de 400 dinars pour que la coiffeuse

nous laisse parler tranquillement cinq minutes. Avec 40000 dinars,

je lui fais dire ce que je veux, je vous assure.

Mais qu'est-ce que vous voulez?-Que faites-vous pour lui? -Bien, mon travail:je lui apporte son courrier,

je réponds au téléphone pour lui, je rédige ses mails. -J'ai besoin que vous réfléchissiez.

Est-ce que vous avez accĂšs Ă  quelque chose qu'il porte tous les jours sur lui?

Des lunettes que vous nettoyez, une montre, un bijou qu'il enlĂšve pour se laver les mains?

-Pourquoi vous me demandez ça?-J'ai besoin de savoir. -Je peux pas. J'ai peur.

Pourquoi vous me faites ça?Vous ne le connaissez pas. -Je le connais mieux que vous.

-Il voit tout, il sait tout. Il sait peut-ĂȘtre mĂȘme que je vous parle.

Je suis morte et je le sais mĂȘme pas. -Il va rien vous arriver.

-Et comment vous le savez?-Je vous le jure. -Ça vous coĂ»te pas cher.-Sur la tĂȘte de mes enfants.

-Vous n'avez peut-ĂȘtre mĂȘme pas d'enfants. -Si, deux:

un garçon et une fille, cinq et sept ans.

Mehdi et Sophia.

-Sur leur tĂȘte? -Sur leur tĂȘte.

Réfléchissez.

On a besoin d'un objet de tous les jours, quelque chose qu'il porte toujours sur lui.

-On vient de recevoir cette photo prise tout Ă  l'heure par l'assistante.

Est-ce que tu penses qu'on peut les user de la mĂȘme façon? -Je connais un cordonnier magique.

-L'assistante, ça va aller?-Mme Slimani. -Mme Slimani-Je sais pas.

Je peux pas vous dire.Est-ce qu'elle va avoir peur? Est-ce qu'elle va trembler?

Est-ce qu'elle va se repentir et tout lui balancer? Est-ce que c'est sa maĂźtresse?C'est pas dans le dossier.

Je sais pas. -Elle est nerveuse, mais elle le fera.

Elle a envoyé la photo des chaussures, on la tient. Elle ne peut plus faire marche arriÚre.

-Qu'est-ce que vous avez prévu? -Pour quoi?

-Si elle tremble, si Lefkir a des caméras dans son bureau,

si votre magicien ne fait pas des chaussures parfaites. Bref, si Lefkir se rend compte qu'elle l'a trahi,

qu'est-ce que vous avez prévu? -Si c'est votre question, oui, on prend un risque.

-Non, c'est elle qui le prend, le risque. -Ça va aller.-Nous avons un clandestin.

Il va ĂȘtre livrĂ© d'un moment Ă  l'autre Ă  un groupe terroriste pour crĂ©dibiliser une taupe algĂ©rienne.

Quand les islamistes détiennent un agent comme Cyclone, ils le négocient trÚs cher.

Ils n'obtiennent rien et donc, ils l'égorgent. Notre unique solution pour éviter cela,

c'est que Mme Slimani fasse cet échange de chaussures. Alors oui, il y a un risque qu'elle se fasse pincer.

Oui, mais le risque est raisonnable. D'un cÎté, on a Cyclone qui va à une mort certaine,

et on a Mme Slimani de l'autre. On choisit Mme Slimani.

Est-ce qu'on est fous?

-Vous ĂȘtes Française?-Oui. -Comment ça se fait que vous travailliez en Iran?

-Parce que c'est intĂ©ressant pour mon travail d'ĂȘtre lĂ . Je suis sismologue, je travaille avec Reza Mortazavi.

Appelez-le, il vous dira. -Nom et prénom?

-Mortaza...-Non, vous. -Ah. Loiseau Marina.-Votre adresse, Ă  Paris.

-Mon ancienne adresse, j'ai rendu l'appartement. 23, rue des Pyrénées.

-Métro?-Porte de Vincennes. -Date et lieu de naissance?

-14 mai 1987, à Bayonne, avenue du Général Leclerc. -C'est quoi, le nom des arÚnes à Bayonne?

-Je sais pas.J'aime pas la corrida. -Si vous avez grandi Ă  Bayonne, vous le savez.

Vous avez grandi Ă  Bayonne?

ArĂšnes de... Lachepaillet. -Lachepaillet.

-Ça t'emmerde de rĂ©pondre Ă  mes questions? -Non.

-Est-ce que t'es contente d'ĂȘtre ici avec moi? -Oui, enfin non, je me pose pas la question.

-Ah bon, c'est pas l'impression que ça me donne. T'as vraiment pas l'air d'avoir envie de me parler.

-C'est pas la question.-Ah, tu vois, t'as pas envie. -Non!-Tu préférerais rentrer?

-Mais non! -Tu sais que je dois faire un rapport sur toi?

Tu veux que j’écrive que Mlle Marina Loiseau n'aime pas qu'on test es a lĂ©gende, que ça la fatigue!

-Mais j'ai jamais dit ça.-Tu veux que j'écrive quoi? -Je veux rien, moi.C'est vous qui décidez.

-Et pourquoi tu me laisses dire que je teste ta légende? C'est ça que je fais?Je teste ta légende, là?

-Ah, merde. Merde.-Oui. "Merde", oui. -C'Ă©tait toujours l’interrogatoire?

-Oui.-Ah, merde. -Quand on fait un exercice,

tant que j'ai pas dit stop, vous continuez. À TĂ©hĂ©ran, ça s'arrĂȘtera pas.

Quoi qu'il arrive, vous continuez, mĂȘme si en face, on cherche Ă  vous dĂ©stabiliser.

Vous lĂąchez jamais, d'accord? -D'accord.-Jamais. Allez.

Concernant le découpage de la province de Homs,

vous trouverez notre proposition en page 6 de l'annexe 4.

Un verre d'eau, s'il vous plaĂźt.

Ce n'est évidemment pas acceptable.

A quel niveau, monsieur ?

La répartition ou les revendications historiques ?

Depuis quand les Alaouites s'intéressent-ils au désert ?

Les Alaouites, depuis...

Je ne m'adresse pas Ă  vous.

Vous savez parfaitement que les Qataris ont un projet de gazoduc susceptible

de désenclaver toute la production de gaz du Moyen-Orient.

Nadia, ça va ?

Ça va ?

C'est tout ce que j'ai trouvé.

Tu me montres ?

Tu avais raison.

Paul Lefebvre est un agent de la DGSE.

Ils savent tout.

Ils ont tenté de me recruter.

Quand ?

Chez Léglise-Costa.

Et tu ne m'as rien dit ?

Je te le dis maintenant.

Que t'ont-ils demandé exactement ?

Que je leur transmette le contenu des négociations.

Que leur as-tu répondu ?

J'ai dit non.

Comment ont-ils réagi ?

Ils m'ont donné 48h pour changer d'avis.

Je dois y retourner.

Il faut prévenir Hachem.

Je vais m'en occuper.

Tout est de ma faute.

Non.

Tu dis avoir rencontré ton ami à Damas, bien avant que Hachem ne te sollicite.

Il a dû savoir que tu allais participer à ces négociations.

Comment il aurait su ?

Il a deviné. Il a misé sur toi, étant donné ton expérience.

Il est fort.

J'aurais peut-ĂȘtre fait la mĂȘme chose.

Laisse-moi gérer cette affaire. Ne dis rien à personne.

N'aggrave pas ton cas.

Je peux me débrouiller pour éviter une catastrophe.

Pourquoi tu ferais ça ?

Parce que tu es sous ma responsabilité.

Malheureusement, ta faute, c'est la mienne.

OĂč est ton tĂ©lĂ©phone ?

Dans mon sac.

Je t'en donnerai un autre.

Farouk va te ramener Ă  l'hĂŽtel.

Je te demande d'y rester en attendant de te trouver un vol pour Damas.

Ok.

Repose-toi bien et fais-moi confiance.

Je vais nous sortir de lĂ .

Si Paul Lefebvre parvenait à te contacter, préviens-moi.

"Paul Lefebvre" n'est pas son vrai nom.

Il te l'a dit?

- Son vrai nom, il te l'a dit ? - Non.

Hachem, je peux vous parler ?

Tu peux entrer.

Nadia va mieux ?

Je viens vous en parler.

La sécurité des négociations est compromise.

Explique.

C'est confirmé. L'homme qu'elle voit est un agent français.

Elle ne lui a rien dit. Mais je sais que c'est un espion.

Par précaution, il faut déplacer les négociations.

- Qu'est-ce que tu proposes ? - Chypre.

À l'hîtel.

Farouk. Comment ça se passe ?

Elle pionce.

T'es oĂč, lĂ  ? Je commence Ă  avoir la dalle.

J'arrive. Réveille-la. On va la changer d'hÎtel.

T'as pas réussi à lui trouver un vol ?

Si. Hachem nous prĂȘte son jet,

mais l'appareil ne sera pas lĂ  avant 2 jours.

D'ici là, je préfÚre qu'on...

C'était vraiment un agent, alors.

Il a tenté de recruter la fille.

Je comprends pourquoi mes hommes le perdent toujours.

Oui.

Quelle merde !

GĂšre la fille. On s'occupe du reste.

-Tu voulais me voir? -T'as des nouvelles?-Toujours rien, non.

-Je le sens pas.-Il lui reste encore deux jours. -Nadim, celui qui s'occupe de la sécurité, c'est un malin.

-Tant qu'elle est en France, il peut rien lui arriver. Tant qu'elle est en France, ouais.

-Je peux faire surveiller les vols en partance pour Damas. Ça t'irait, ça?

-Ouais, merci.

-Merci, merci, merci. Je vous remercie.

Merci, merci quand mĂȘme Ă  nos confrĂšres japonais...

À tous ceux qui n'ont pas Ă©tĂ© assez rapides et Ă  ceux qui nous ont accueillis.

Merci.

Pardon.

Alors ça, c'est du Shirin Polo.Ça, c'est du Fesenjan.

Ça, c'est du Sabzi Polo.Azar.Je suis la femme de Reza.

-Ah, bien enchantée. Je savais pas que vous étiez là, à Paris.

-Juste pour quelques jours. D'habitude, je déteste le suivre dans ses trucs de boulot.

Je ne connais personne.-Vous parlez trÚs bien français. -Mais je ne comprends pas de quoi les gens parlent.

LĂ , ils sont tous en train de parler de l'article

publié par une de nos équipes dans "Sciences".

Ils ont été plus vite qu'une équipe japonaise.

Et ça, c'est trÚs rare.

C'est pour ça qu'il y a du champagne.

C'est vous, la chercheuse qui parle farsi !

Oui.

-Tous ces appareils, ces courbes... La sismologie, ç'a l'air poétique comme ça,

mais la réalité, c'est que des maths. Et vous, pourquoi vous avez choisi ce métier?

-Parce que c'est fascinant. Vous voyez, lĂ , le triangle jaune dans le Pacifique?

En ce moment, deux plaques se frottent, la terre tremble. -Quoi, maintenant?-Oui.

Ça nous dit à chaque seconde ce qui se passe à des milliers de kilomùtres:

si la terre tremble ou si elle dort; ce qu'on peut prévoir, ce qu'on risque;

ce qu'on peut pas éviter. -C'est poétique, tout ça, mais ça reste des maths.

T'aimes pas trop cuisiner, hein. -Pas trop, j'ai pas le temps.

-Tu travailles trop, comme Reza. -Toutes ces études, Bac + 10, c'est ça?

-Ouais.Ça colle vachement ce machin. -T'as fait une Ă©cole d'ingĂ©nieur?

-J'ai fait l'école polytechnique. -Le lait à la rose, c'est une spécialité de chez moi,

de l'Alborz. J'ai grandi dans les montagnes, tu sais.

Et toi? Tu es Parisienne?-Non, je suis du Sud.

-OĂč ça?-Bayonne. -Bayonne, c'est lĂ  oĂč il y a le jambon.

-Ouais.-Et les taureaux! -Aussi, ouais.

J'ai un cousin qui m'avait envoyé une carte postale...

Ça s'appelle comment dĂ©jĂ  les arĂšnes de... de...

Ça va? -Ouais, c'est les arùnes de Lñchepaillet,

dans le quartier de Saint-Esprit. J'allais à l'école juste à cÎté.

-Tu as fini?-J'ai tout raté. -Mais non, tu as trÚs bien réussi.

Ah, vous avez déjà fait connaissance.

Ils ont l'air bons, ces gĂąteaux. -C'est Marina qui les a faits.

Je lui ai montré les gùteaux iraniens. Elle, elle m'a montré des frottements dans le Pacifique.

Je ne l'ai pas vue venir, c'est vrai, mais j'ai rien lùché.

Vous voulez pas arrĂȘter, lĂ ?

-Deux secondes.

C'est une porcherie ici.Moi, je n'en peux plus. Si je fais pas le ménage, personne s'y met.

Vous m'aidez?

C'était pas sa femme. -Comment ça?

-Les services secrets iraniens ont dĂ» lui coller un agent pour vous tester.

Une femme, ça passe plus inaperçu.

-La salope.

-La bonne nouvelle, c'est que s'il s'intéresse à vous, c'est qu'il veut vous proposer quelque chose.

Allez.

C'est joli, vos cheveux. Vous avez fait quelque chose ?

Bureau de M. Léglise-Costa.

-Bonjour, c'est Mme El Mansour à l'appareil. J'ai vu M. Léglise-Costa hier

et nous avons con venu de nous revoir demain.-Oui, je peux vous proposer demain 14 h 30 si ça vous va.

-TrĂšs bien.-C'est notĂ©.À demain, Mme El Mansour.

AllĂŽ?-:Elle revient demain.-Merci.

-Ici Pépé, il y a du bolchevique dans les parages.

Vous parlez russe ?

Oui.

J'ai rendez-vous avec monsieur ou madame Léglise...

A quelle heure avez-vous rendez-vous ?

Maintenant.

Votre accent... Vous ĂȘtes de quelle province ?

Namur. Je suis belge.

Bravo !

J'annonce qui ?

-Nadia El Mansour. -Vous avez failli tout saboter, avec votre tentative de recrutement.

-Il fallait nous prévenir au lieu de faire ça dans notre dos! -Vous plaisantez, dÚs qu'on vous dit quelque chose,

on le retrouve ensuite sur Médiapart.

Qu'est-ce que vous proposez ?

-Personne n'a intĂ©rĂȘt Ă  ce que les nĂ©gociations s'arrĂȘtent. Mais si Bachar El Assad apprend ce qui s'est passĂ©,

il mettra immédiatement finaux pourparlers. -Donc, il n'est pas encore au courant?

-Non. On va lui présenter une version light des faits.

On va lui dire qu'une enquĂȘte de routine a permis d’établir que Mme El Mansour

fréquentait un agent de la DGSE. Grùce à la vigilance du FSB,

l'affaire a pu ĂȘtre rĂ©glĂ©e avant de devenir un problĂšme. Par mesure de prĂ©caution,

il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© d’écarter Mme El Mansour et de dĂ©localiser les nĂ©gociations.

-OĂč?-Ailleurs. -Qu'est-ce que vous attendez de nous exactement?

-Votre silence.-En échange de quoi? -En échange de rien.

Vous n'avez aucun intĂ©rĂȘt Ă  divulguer ce que vous savez. Les consĂ©quences politiques seraient toutes nĂ©gatives.

-Je vais vous décevoir, je n'ai aucune conscience politique. Mon métier, c'est le renseignement.

J'en produis, j'en vends, j'en achÚte. Aux Chinois, aux Anglais, aux Américains...

au monde. Comment vous croyez qu'on a récupéré

le téléphone qui nous a permis de localiser Kadhafi?

Vous voulez vraiment mon silence? Alors, faites-moi une offre.

-La répartition des territoires en l'état - donc non définitive.

-Et les voies de sortie du clan Assad?

C'est Ă  prendre ou Ă  laisser.

Mais c'est à décider maintenant.

Le grand jeu, celui des nations.l'Angleterre et la Russie;

L'Union soviĂ©tique et les États-Unis; l'Iran et l'Arabie Saoudite.

Le grand marché de la monnaie humaine, nous en sommes tous les spéculateurs.

Nous fixons, Ă  la hausse, Ă  la baisse, le prix des individus,

avec cette rĂšgle d'or: ne jamais leur accorder la moindre valeur.

Sortez.

Vous, vous restez.

Mon nom est "Qui tu sais".

Et votre nom est "Malotru".

Tu es bon.

TrĂšs bon.

Ton récit se tient.

Tu ne t'es jamais contredit.

Tu as hésité quand il fallait.

Tu as l'air de dire la vérité.

Et d'ailleurs, cette machine le confirme.

Mais moi, je n'y crois pas.

J'ai interrogé Mitrokine.

Gordievski.

Tolkachev.

Tous les grands défecteurs soviétiques.

Je sais reconnaĂźtre un enculeur quand j'en vois un.

Et toi...

Malotru...

C'est moi qui vais t'interroger, maintenant.

Je connais ton histoire mieux que toi-mĂȘme.

Je sais des choses que tu ne sais pas.

J'ai des informations sur toi dont tu n'as pas idée.

Crois-moi.

Si tu as vraiment du talent,

c'est maintenant que tu dois l'exercer.

Ouria.

Restez un peu, s'il vous plaĂźt.

Venez ici.

Asseyez-vous.

Ça fait combien de temps que vous travaillez pour moi ?

Cinq ans.

Cinq ans que vous travaillez pour moi.

Vous avez toujours été loyale.

Et de bonne humeur.

C'est trĂšs important, la bonne humeur.

C'est pour ça que je voudrais vous augmenter.

N'ayez pas l'air si surprise.

C'est normal.

Vous allez gagner 500000 dinars Ă  partir de maintenant.

Mais c'est énorme !

Deux fois plus que maintenant.

Monsieur, je ne sais pas quoi dire. C'est trop.

C'est normal. J'aurais dĂ» le faire depuis longtemps.

Vous devriez vous acheter une voiture.

Mais je ne suis jamais en retard.

Je sais.

Je dis ça pour vous.

Ouria, on dirait que je vous fais peur.

Je vous fais peur ?

Non, monsieur. Je suis contente pour l'augmentation.

J'aime bien quand vous ĂȘtes contente.

Tenez.

J'ai aussi un petit cadeau pour vous.

Ouvrez-le.

Ne me remerciez pas.

Mais...

Mettez-les. Et taisez-vous.

Mettez-les.

Alors elles vous plaisent ?

Elles sont... elles sont trop grandes.

EmmĂšne Ouria faire une promenade.

Ses chaussures sont trop grandes.

Elle a du mal Ă  marcher, la pauvre.

Attendez.

VoilĂ .

Vous savez comme j'aime les choses bien faites.

-En 35 ans de carriÚre, un chirurgien fait 17 erreurs d'appréciation

qui ont des conséquences mortelles.

-Vous n'avez pas fait d'erreur. -Non, j'ai risqué la vie d'une femme.

-Pour sauver celle de Cyclone. -Vous savez qu'elle est morte.-Oui.

-Et Cyclone est mal barré.

-Il reste encore des gĂąteaux. Je vais encore grossir.

Finissez-les, c'est un ordre. -Merci, j'adore ça.

-On a reçu les résultats de la station de l'Alborz. Je peux?

-On voit bien l'épicentre, là.C'est magnifique.

J'aimerais que vous me calculiez l'effet de site.

Mais pour ça, il faut collecter les données locales.

-Exactement.

-Vous me proposez d'intégrer votre équipe? De partir là-bas?-Oui.

-Merci!

J'ai envie de partir, bien sûr, mais je... Vous me laissez quelques jours, juste pour réfléchir,

pour ĂȘtre sĂ»re? -Donnez-moi votre rĂ©ponse rapidement, il y a autre chose.

Je ne suis pas censé vous le dire, mais... Azar, ce n'est pas ma femme.

-Ah bon? -Avant de proposer Ă  quelqu'un de partir en Iran,

nous sommes obligĂ©s de prendre certaines prĂ©cautions. Azar Ă©tait lĂ  pour ĂȘtre sĂ»re qu'il n'y ait pas de problĂšmes.

-Quel genre de problùme? -Ça n'a pas d'importance,

mais je prĂ©fĂšre ĂȘtre honnĂȘte avec vous. Et... je suis pas trĂšs Ă  l'aise, avec tous ces secrets.

-Hum.

-Bonjour.-Bonjour.

-Qu'est-ce qui se passe?-Tu fais la fĂȘte? -Non.-On s'en doutait.

Avec qui tu peux fĂȘter ça, Ă  part nous?

-Ah!-On vous dérange? -Non, c'est un peule bordel, par contre.

-Comme d'habitude. -Merci.

-C'est fort, ce que vous avez réussi, c'est rare. -Comme vos compliments.

Monsieur Mouallem ?

Si vous voulez bien me suivre afin de remplir les déclarations.

Bonjour, Mme El Mansour.

Je suis le commandant Roger Lander.

Il nous faudra environ 5h pour arriver Ă  notre destination,

l'aéroport international de Damas.

S'il vous plaĂźt,

veuillez me suivre pour signer le livre d'or.

Je vous souhaite un agréable voyage.

-Reste.-Nadim va venir. -C'est pas un problĂšme.-Qu'est-ce que tu veux?

-Je veux que tu restes. -Je peux pas.On m'a demandé de rentrer.

-T'es en France, personne peut te contraindre de rentrer. Tu peux demander l'a si le politique.

Tu l'obtiendras dans la seconde.-À quel titre? -Au titre que si tu pars, t'es en danger.

-Tu crois que je peux rester en France, refaire ma vie ici,

laisser mes parents, mes frĂšres, ma grand-mĂšre? Est-ce que tu sais ce qu'on fait aux familles de traĂźtres?

Tu avais conscience de ce que tu me ferais?

-J'ai conscience de tout ce qu'on peut faire pour arranger les choses si tu restes.

Si tu pars, je peux rien faire. -Je pars.

Tu sais pourquoi? -Dis-moi.

-Je peux pas tourner le dos Ă  mon pays. Je voulais contribuer Ă  le soigner.

Voilà pourquoi j'étais ici. Et maintenant, je renierais ma patrie?

C'est impossible. Je préférerais mourir que de faire ça.

-Dis pas ça, Nadia. Tu peux pas partir.

-Tu as l'air sincĂšre.

-Amoureux?

Dans les films de gangsters,

on entend souvent la phrase :

"N'y vois rien de personnel.

Ce n'est que du business."

Cliché.

Mais c'est vrai.

De tout temps, des gens comme toi

ont été sacrifiés sur l'échiquier du Grand Jeu.

Si, autour de toi,

tu entends crier Allah ou Akbar de maniÚre frénétique, par plein de gens...

prépare-toi à mourir.

Quoiqu'on dise, c'est rapide.

Et on ne sent pas grand-chose tellement c'est violent.

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