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-Non, non.Ça, c'est dans la table de nuit. Merci.
Autre chose?
Non, je crois pas.On est pas mal.
Éditions du Gouvernail, ça veut dire quoi ?
C'est une maison d'édition.
-On part.
-Donc, je résume. Vous avez appris que des négociations informelles
entre Bachar al-Assad et l'opposition avaient lieu en ce moment mĂŞme Ă Paris
sous l'égide des Russes, c'est ça? -C'est ça.
-Donc, ce que vous nous dites, c'est que l'opposition syrienne que nous hébergeons, que nous soutenons,
que nous finançons, avec qui nous parlons tous les jours, ne nous a pas informés, nous, au quai d'Orsay,
qu'elle négociait avec l'ennemi. -C'est à peu près ça.
-Vous vous dites quoi, en fait? Vous parlez de quoi?
Vous vous voyez tous les jours, quasiment, c'est pourquoi...
Donc, on va avoir un informateur sur place? -Oui.
-Vous allez recruter quelqu'un sur le territoire français, vous, et non pas la DGSI?
-Oui. -Et vous voulez mon assentiment.
-Oui.-Vous ne l'avez pas.
-OK. -Qui est cet informateur?
-Tromper son mari en Syrie, ça doit pas être facile, hein. -Non.
-Elle sait ce qu'elle veut. Elle prend des risques.Un atout pour nous.
-Oui, même si ça n'a rien à voir. -Elle a pas cherché à vous joindre
pour vous dire qu'elle était à Paris? -Non. Elle avait aucun moyen de me joindre.
-Donc, vous vous rencontrez par hasard au musée du quai Branly.
-Ouais, j'y étais avec ma fille, nous sommes allés voir une exposition sur les Incas,
puis on est allés déjeuner au café Branly. Et puis Nadia était là .
-Qu'est-ce qu'elle faisait là ? -Rencontrer les conservateurs de musée
fait partie de sa couverture, mais la connaissant, je pense qu'elle était là pour son propre plaisir.
-Ça arrive souvent qu’un clandestin recroise quelqu'un qu'il a connu Légendes?
-C'est très rare, mais c'est déjà arrivé. -Et dans ce cas, il y a un protocole préétabli?
-Pas vraiment, non. -On endort les choses gentiment.-Gentiment?
-Enfin, c'est du cas par cas, mais la règle, c'est de pas éveiller les soupçons.
-Donc là , avec Nadia el Mansour... -Le minimum, c'était de la revoir, d'aller déjeuner
avec elle, ce qu'on a fait trois jours plus tard. -Et c'est là qu'elle vous a dit pour les négociations.
Ça vous a pas étonné? -Pour elle, je suis qu'un prof de français.
-Mais elle a quand même trahi assez facilement un secret d'État.
C'est pour ça que vous pensez que le recrutement est possible? -C'était comme ça entre nous.On se mentait pas.
On mentait aux autres, mais pas Ă nous. -Elle mentait Ă son mari, mais vous, vous lui mentiez Ă elle.
-J'étais sous Légendes.-Bien sûr.
Elle est encore amoureuse de vous? -Oui.
-C'est pour ça que vous pensez pouvoir la convaincre? -Oui, je pense que ça devrait jouer pour nous.
-Et pourquoi pensez-vous qu'elle est encore amoureuse de vous? Elle vous l'a dit?
-Non, mais ces choses-lĂ se sentent.
Dis donc, on va rester combien de temps Ă l'attendre ?
Va voir.
Ils disent qu'il n'est plus lĂ .
Il est plus lĂ ?
On l'aurait pas vu sortir ?
Faut croire que non.
Et c'est un vrai éditeur.
Regarde.
"Une aberration".
"Capitaine Sigal".
"Fictions galloises".
"Roman".
Asseyez-vous, M. Kerbouche.
Vous avez reçu un virement de 250000 euros
d'une banque en Suisse.
Vous ĂŞtes au courant ou pas ?
Qui m'a fait ce virement ?
Une société nommée Algeria invest corporation.
-On l'a créée avant-hier.
Quand ?
Ce matin.
Je vous ai appelé immédiatement.
C'est une somme très importante et nous devons déclarer ce mouvement.
On peut refuser ce virement ?
Non, la somme est déjà sur votre compte.
Dites-moi, on a le numéro du compte qui a fait ce virement ?
Oui.
Alors, renvoyons-leur ce virement.
Comme vous voulez.
-Il est bon, le son. -Ça vient de l’ordinateur du parquet.
Heureusement, il était allumé. -Qu'est-ce qu'on attend maintenant?
-Le message est passé, on attend qu'il nous contacte.
-Je préférais vous le signaler.Ça me paraît important. -Mais d'après vous, elle était sérieuse
quand elle vous a dit ça? Enfin, je veux dire, c'étaient des propos d'amoureux
ou est-ce qu'elle le pensait vraiment? -Non, pour elle, c'était sérieux.
-Et vous pensez qu'elle serait capable de le faire, elle? Elle quitterait son mari pour vous.
-Peut-ĂŞtre qu'un jour, elle me demander a de partir avec moi et si je dis oui, peut-ĂŞtre qu'elle me suivra.
-Vous l'emmèneriez avec vous? -Si ma mission était terminée?-Oui.
-Si j'avais la possibilité, oui.
-Rien d'autre?-Non. -Ă€ demain alors.-Ă€ demain, Marina.
-Marina! Reza veut nous voir.
Et il fait la gueule.
-Jérôme est en arrêt maladie pendant dix jours. Il pourra pas m’assister à la conférence d'Oslo.
J'ai besoin d'un topo sur toutes les intensités sismiques de l'Océanie.
Photos, bilans, perspectives. -Il vous faut ça pour quand?-Pour hier.
Fanny, tu peux rester, s'il te plaît?
-Vous pensez qu'il va l'emmener en Iran ou pas?-Elle est brillante, elle a les mêmes compétences que Jérôme,
ils travaillent ensemble depuis six mois, ce serait logique.-Vous allez faire quoi?
-Je vais l'attendre en bas de chez elle un soir de pluie et la poignarder entre les omoplates.
Je vais faire comme en Iran: passer du temps avec elle, la faire parler,
devenir sa meilleure amie pour voir oĂą je peux frapper.-Vous voyez, quand vous voulez.
-C'est les Berthaud. -Et c'est parti.
-Bonjour, vous êtes bien chez... -Jean-Pierre...-Anémone...
Et Sarah...-:Berthaud. Nous sommes absents, mais...
-C'est l'oncle.
...passe le rond central...-Allô?-M. Jean-François Lefebvre?
-Lui-mĂŞme.-Je suis un ami de Paul.-Paul? Paul qui? Mon neveu?
Oui, votre neveu.-OK. Et alors?
C'est lequel, celui-lĂ ?
-C'est l’enceinte qui est reliée à mon ordi.-Secrétariat du Dr Godin.
-Oui, je voudrais parler au Dr Godin, s'il vous plaît. De la part du général Kerbouche.
C'est très important.-Ne quittez pas. Je vais voir s'il va pouvoir vous prendre.
-C'est l'atelier. Dites Ă Guillaume Debailly de venir.
-M. Kerbouche?Godin Ă l'appareil. -Bonjour, M. Godin.
Je vous remercie de me prendre au téléphone. Je voulais juste vous prévenir que j'allais venir demain
Ă Paris, je voulais savoir si je pouvais passer vous voir. -Nous n'avons pas rendez-vous.Si?
-Ah si, si, si, vous m'avez appelé l'autre jour et nous avions con venu de nous voir,
mais vous étiez très, très occupé. Je devais confirmer.-Je vous ai appelé?
-Votre secrétariat, dans tous les cas. Je peux venir demain vers 12 heures vous voulez.
-Je suis désolé, ma consultation est complète. -Je compte sur vous pour trouver un moment pour nous voir.
Pouvez-vous m’envoyer une voiture à Orly? -Comment ça?Je ne comprends pas.
-Vous demandez M. Benarfa. -M. Kerbouche, je crois que vous faites une confusion.
-Comme ça, vous ne pouvez pas vous tromper, n'est-ce pas? M. Benarfa.
Et vous prenez les mesures nécessaires, n'est-ce pas? Merci, docteur.
-Il a deviné qu'on mettrait un médecin sur écoute. -Bien joué.
-Bon, il faut préparer son accueil demain, 12 h, à Orly. -Ambulance? À l'aise, médecin, ambulance.
-Non, trop lourd. -On lui demande de suivre un douanier dans un bureau.
Il sort par-derrière.-Hum... Essaie plutôt taxi.Pépé dans le taxi.
Sas. Fourgonnette borgne.On fait simple. D'accord? -OK.
T'as pas mangé à midi?-Si.
-T'as décidé d'être très gros? -Non.Quand je stresse, je mange.
Pas toi? -Moi, ça me rend anorexique.
Il y en a qui font des pellicules. -Je sais.
-T'en as plein les épaules.
T'en penses quoi, de cette histoire? -Malotru?
-Oui.-Rien. Je crois aux hasards.
Je crois...à la conjonction d'événements. Bien, c'est ce qui complique notre métier, hein?
Tu y crois pas, toi. -J'avais un instructeur, il me disait:
"Dans notre métier, il y a pas de hasard. Il y a que des 'enculeries'."
Guillaume! Je pense que c'est une erreur que ce soit vous
qui recrutiez Nadia el Mansour. -Pourquoi? Je suis la seule personne Ă pouvoir le faire.
-Et la seule personne qui ne devrait pas le faire.
-Votre avis est important et vous avez raison, cette opération est délicate.
Je dois prendre en compte tous les paramètres, et ma relation avec Nadia est un paramètre à double tranchant
effectivement. Vous devriez en parler Ă MAG.
-D'accord.
Des ennemis partout.À l'intérieur, à l'extérieur, ils se multiplient.
Vos alliés.Les alliés de vos ennemis. Il faut faire écran partout.
Se méfier de tout et de tout le monde, tout le temps. Ne plus jamais...
Ne plus jamais se croire en sécurité.
-Veuillez enregistrer votre message. -Bonjour, vous ĂŞtes bien chez Paul Lefebvre.
Malheureusement, je ne suis pas là . Vous pouvez laisser un message après le bip sonore. Merci.
On pourrait penser que dans une situation comme celle-lĂ , on devient confus, on se trompe,
on ne sait plus vraiment qui on est.
Mais moi, je n'étais pas confus. Je savais qui j'étais.
Je savais que j'étais Paul Lefebvre.
-Faisons une pause!
-Vous devriez pas jouer Ă ce jeu-lĂ ici, vous risquez trop gros.
-Quel jeu? -Je connais vos trucs.
Vous cachez la vérité avec la vérité. Le problème, Guillaume, c'est que vous aviez vraiment besoin
d'ĂŞtre Paul Lefebvre, et vous en avez toujours besoin. -Le syndrome du clandestin.
C'est votre fantasme depuis le début, ça. -Vous êtes souvent dans le déni, mais il faut
vous réveiller, vous êtes en état d'arrestation. -D'observation.-D'observation, oui.
Ă€ l'issue de laquelle vous risquez de passer le restant de vos jours en prison.
-Vous êtes là pour quoi, vous, exactement? -Vous avez pas deviné?
Je suis le vrai détecteur de mensonges. Ne vous trompez pas, ils m'ont fait venir ici
pour une seule chose, leur dire Ă quel moment vous vous mentez Ă vous-mĂŞme.
-Hello.Tada!T'en vas pas parce que...-Merci.
-...j'ai aussi ça avec, et c'est super cher, les intensités macrosismiques.
-Regarde ça.-N'importe quoi, ces données. Je sais pas où il les a dénichées.
-Tu veux du vin? -Putain, oui. Oui, oui.
-Je sais pas pourquoi il s'excite comme ça pour Oslo, Reza.
Tout le monde s'en fout, d'Oslo, non? -Il est pas en Europe longtemps, il veut faire la tournée
des colloques et qu'on se souvienne de lui. -Il t'a proposé d'y aller?-À Oslo? Oui.
-T'y vas, alors?-Bien oui! Ouais, du coup, je suis désolée parce qu'il nous demande
de faire le truc ensemble, mais c'est moi qui y vais avec lui. -Tu vas remplacer Jérôme dans son cœur, en fait.
-Hum...
-Tu ferais quoi s'il te propos ait d'y aller avec lui? -Ă€ Oslo?-Non.
S'il te proposait l'Iran. -Il t'a proposé?-Tu ferais quoi?
-Je sais pas, il prend pas de femme, de toute façon. -Mais si jamais?
-Il t'a proposé. Tu veux que je t'ai de à te décider, c'est ça?
-Non, je veux savoir ce que toi, tu ferais. -Je pense que j'irais.-Ah, tu irais.
-C'est une opportunité.C'est une zone intéressante. J'aime bien voyager.
Et toi?-Il me proposera pas. -Non, mais si jamais?-Je sais pas.
-Alors, bois tant que t'es ici, alors. -Aux failles sismiques.
-Aux failles sismiques.
Ă€ la tienne!
-Tu trouves pas ça chiant?
Passer des concours, lĂ , tout le temps. D'attendre...qu'on te choisisse.
-Hum...
-Te demander si tu pars, si tu pars pas. À notre âge, quoi.
Devoir toujours... prouver que t'es bonne.
Que tu vaux le coup. Qu'on a raison de miser sur toi.Tout ça.
-Si. -Il y en a marre, quoi.
J'ai l'impression d'ĂŞtre toute seule.
Je vais pas y arriver. -Tu te mets trop la pression.
-Non. C'est pas moi...
C'est pas moi qui me mets la pression.
C'est la France.
-La France?
-Je suis pas lĂ pour la sismologie, si tu veux savoir.
-T'es lĂ pour quoi? Pour les beaux yeux de Reza?
-Tu veux que je te dise pourquoi je suis lĂ ? -Hum.
-Je suis...
Attends...
-Ça va? -Ouais... J'ai trop bu.
-T'as vomi?-Presque. C'est mieux que t'y ailles, lĂ .
-Je vais pas te laisser comme ça. Sors!
Je vais pas te laisser toute seule. Sors!
-Ouais... Désolée, hein. Je tiens pas l'alcool.La honte!
-ArrĂŞte! Pfff! -Tu vas dire Ă tout le monde que je suis alcoolique.
-Hum... Bien non! Je vais dire Ă tout le monde que tu tiens mal l'alcool.
Je connais la différence. Ma mère est alcoolique.
-Non...-Si, si! Une vraie.Discrète, insoupçonnable.
Ça fait 20 ans qu'elle picole doucement, en cachette, du matin au soir.
Ça, personne le sait. Ce que tout le monde sait, par contre, sauf ma mère,
c'est que mon père la trompe depuis 25 ans. Ça, tout le monde est au courant.
La famille, les amis, les voisins. Tout le monde le sait. Et elle, elle voit rien.Christine Bensoussan.
Voilà , une fille qu'elle connaît bien. C'est pas une amie, mais presque.
-Ouais, elle le sait. C'est peut-être même pour ça qu'elle boit.
-Non, non, non, je te jure, non, non, elle boit pour ne pas le voir, justement, et ça marche.
Ouais, parfois, je me dis que je devrais lui en parler, mais bon, putain, je sais pas.
Tu me vois dire ça à ma mère? "Maman, papa te trompe depuis 25 ans."
-Oh...-Compliqué. -Ça va mieux.-Ouais?
-Bonjour. -Ça va?-Ça va.
Tu l'as trouvée, la boutique des vélos? -Non, j'irai lundi.
-T'es au courant pour El Mansour? -Bien oui, on a ressuscité Paul Lefebvre.
-Bien sûr. -C'est dingue, non?
-Ouais. -Je comprends pourquoi il m'avait demandé
ces recherches. -Des recherches sur quoi?-Sur elle.
-Quand?-Bien, il y a quelques semaines.
Entrez!
-Ça va avec votre rapport? Vous avez besoin d'aide?
C'est délicat, un recrutement, il faut bien cerner la cible. -Je sais. Tout va bien.
J'ai tout ce qu'il faut.
Qu'est-ce qui vous préoccupe? Nadia El Mansour ou Guillame Debailly?
-Nadia El Mansour, je la connais moins bien que vous maintenant. -C'est Malotru qui vous préoccupe alors?
-Malotru... -Comment le voyez-vous depuis qu'il est rentré à Paris?
-Depuis qu'il est rentré à Paris, on communique moins, forcément.
-Et vous le regrettez?-Pourquoi je le regretterais? -Vous avez été sa veilleuse pendant six ans,
et maintenant, il vous échappe. -Oui, mais ça, c'est dans l'ordre des choses.
C'est... le métier. -Hum...
c'est curieux, cette coĂŻncidence qu'ils se retrouvent Ă nouveau Ă Paris, Mme El Mansour et Debailly, non?
Vous trouvez pas?-Si. -Il était très amoureux d'elle?
-Oui, je peux le dire.Il s'en est jamais caché. -Il a pu apprendre qu'elle était en train de divorcer?
-Elle est en train de divorcer?-Oui.
-Je vois pas comment il aurait pu le savoir. -Ă€ moins qu'elle le lui ait dit.
-Elle avait aucun moyen de le joindre. -Vous en êtes sûre?-Sûre.
-Très bien. -Bon courage.
-Ça va? -Bien non.
-Toujours aux "enculeries"? -Oui.
-Vous êtes M. Vincent?-Enchanté. -J'aime les gens qui comprennent vite,
même les choses compliquées. Vous êtes prêt à me faire une offre?
-Je sais pas ce que vous vendez. -Des informations.
-Des informations...-Je suis toujours prĂŞt Ă payer des informations,
Ă condition qu'elles soient bonnes et fiables. -Rachid Benarfa, 38 ans.
Gestionnaire de patrimoine financier...
alias Cyclone.-Il a donné son nom de code.
-Où est-il? -Ça fait partie de ce que je vends.
-J'ai besoin d'une preuve de vie. -Il est toujours vivant, du moins, pour le moment.
Encore pour quatre ou cinq jours au moins. -J'ai besoin d'une preuve.
-Je ne peux pas vous la donner.
-Vous jouez quel rĂ´le dans cette affaire? -Celui d'espion.
Je vous renseigne.J'ai mes réseaux. Nous sommes très efficaces.
Vous... Vous ne savez rien de cette affaire.
Vous savez mĂŞme pas oĂą chercher.
Moi, je suis votre boussole. Et puis arrĂŞtez votre petit jeu!
Je suis là alors que tout le monde croit que je suis chez le médecin.
Vous me filmez, vous m'enregistrez. Vous me tenez.
Si vous me décevez, moi, je vais rentrer avec mes petits secrets.
C'est ce que vous voulez?
-Que voulez-vous? -Le 11 février 1992,
à la caserne de Boughezoul, vous avez des écoutes.
Je les veux maintenant.-Je croyais qu'il voulait de l'argent.
-Ça peut prendre du temps. -J'attends.
OK.
-C'est d'accord.
-Merci.
-Vos informations maintenant.
-Patience.
-On peut lancer si vous voulez.-Non, pas encore.
-Passez-moi le début.
-Stop!
-Pas fiable, votre Benarfa. Dépressif, sous médicaments.
Franchement, j'espère que vous en avez de plus costauds.
Il a été arrêté il y a quelques semaines en état d'ivresse.
Embarqué au commissariat, il a commencé à déblatérer.
À gueuler. "Je suis un agent français, j'ai trahi mon pays."
Les policiers ne le prennent pas au sérieux. Pour eux...
ce n'est qu'un ivrogne de plus. Mais un des policiers a un cousin qui travaille au DIM,
le Département d’infiltration et de manipulation des services de sécurité.
Il appelle son cousin, il lui fait part de cet ivrogne
qui se dit être un espion français.Son cousin débarque.
Il écoute Benarfa...
et il décide de l'exfiltrer du commissariat.Il emprunte un de ces nombreux souterrains
qui relient beaucoup de bâtiments officiels
et il le livre à son chef. Et c'est là que la chance a quitté votre ami Benarfa.
Et c'est là que la chance vous a quittés, vous, la DGSE.
Le chef du cousin, c'est le général Lefkir.
Un vrai psychopathe.
-Un dur, un intrigant. Élevé au lait du KGB, comme moi.
Lefkir, qu'est-ce qu'il va faire de cet agent français qui lui tombe sur la tête comme une noix de coco?
Il vous le vend? Il vous le rend?
Non.
Lefkir a un agent infiltré dans un groupe salafiste, l'État islamique du Sahel.
Pour le crédibiliser, il lui fait cadeau de votre pauvre Benarfa.
Son agent va organiser un faux enlèvement et livrer Cyclone aux salafistes.
Un agent français. Vous pensez?
-OĂą est Benarfa maintenant? -Pour l'instant, dans les mains de Lefkir.
La livraison est prévue dans quatre ou cinq jours.
Si vous voulez récupérer votre agent, il vous reste pas beaucoup de temps.
Après, il sera exécuté. Et les images vont défiler sur tous les téléphones portables
de Seine-Saint-Denis.
-Bon, j'organise immédiatement une réunion avec la direction des opérations.
-Kada Benchiha, le chef de la GIA de l’ouest à l'époque, en 1991.
-Rien d'autre?-On sait pas. Un officier de la DRS, apparemment.
Il a un cheveu sur la langue.-Qui ça? Benchiha?-Non, non. L'autre.
C'est fait ?
Ça a pris plus de temps que prévu. Elle a réussi à s'échapper.
Et crois-moi, elle court vite !
Elle crie fort et elle court vite !
Enfin, c'est fait maintenant.
Et le corps ?
Il est oĂą ?
LĂ oĂą personne n'ira le chercher.
Bien.
Tu as une drôle de façon de traiter tes amis, général.
Quels amis ?
Le mari, Kerbouche, c'est ton ami, non ?
Quand on fait la guerre, on n'a pas d'ami.
Pourquoi tu ne nous as pas demandé de nous occuper de lui ?
Ça aurait été plus simple.
Non.
Pour détruire ce serpent,
c'est sa femme qu'il fallait éliminer.
Tes hommes ont bien laissé la lettre dans sa maison ?
Oui.
Il croira qu'elle l'a quitté.
Encore un peu de thé, colonel ?
Toujours.
-C'est cool qu'il t'ait donné les clés. -Ouais.-T'es sûre qu'il va pas rentrer?
-Bien non. Je te dis, il est en mission en ce moment. -En mission?
-C'est comme ça qu'ils appellent les trucs qu'ils font à l'étranger.
-C'est un espion ou quoi?-Mais non! Il travaille pour le ministère.
Je sais pas si c'est la Francophonie... ou les Affaires étrangères.
Je crois que c'est la Francophonie.
-Et du coup...
il te laisse l'appart. Cool.
Putain, t'as entendu?
Ouais. -C'est ton père, putain!-Mais c'est pas possible.
Papa?
Papa... Il y a quelqu'un dans l'appartement.
Oui, je suis toute seule. Oui, je sais, je devais ĂŞtre lĂ pour travailler.
Mais putain, papa, il y a quelqu'un qui est rentré. OK. Ouais, OK.
Oui, je sais, j'aurais dû te prévenir. Bien oui, je suis toute seule.
C'est quelqu'un qui est venu récupérer des trucs pour mon père.
Allô? -Il savait pas que t'étais là ?
Et moi? -Bien non!-Excusez-nous, mademoiselle.
Au revoir. -Au revoir.-Au revoir, jeune homme.
-Merde! -Mais c'est qui, putain?-Des collègues de mon père.
Venus récupérer des trucs. Ils savaient pas qu'on était là . -Putain!
-T'étais mignon avec ton vase.
-C'est tout ce qu'on a trouvé au nom de Debailly. Deux, trois papiers, des trucs personnels.
Comme ça, si quelqu'un y a fouiné, on est bordés. -Le problème, c'est qu'on n'a pas pu faire le ménage
-Ni le repassage. -Votre fille, il ne faut plus qu'elle vienne.
-Elle ne viendra plus.-OK.
-Je peux vous parler?
-Vous les reconnaissez?-Oui. C'est le sources que j'ai repérées en Syrie.
-Et vous leur direz quoi quand ils se feront arrĂŞter? -Pourquoi vous voulez qu'ils se fassent arrĂŞter?
Ah oui, vous leur direz:"J'étais amoureux. Je suis désolé.C'était trop agréable."
Quand ils se balanceront à une potence, vous leur direz quoi? Ça sert à ça, les règles.
Ça sert à les protéger, eux! Quand on enfreint la règle, on n'a pas peur de se faire pincer,
du gendarme, on a peur de mettre nos sources en danger. On a peur de les faire tuer.
-Qu'est-ce qui vous arrive, Marie-Jeanne, lĂ ? Pourquoi vous paniquez?
Il y a aucune raison de dramatiser. Même si l'opération a échoué,
je vois pas où votre scénario catastrophe trouve sa place. -Vous n'avez pas peur pour eux?
Vous vous en foutez?Ils sont trop loin? -Je les connais.
C'est moi qui les ai repérés.Je les ai fréquentés. Non, ils sont pas trop loin.
-Si Paul Lefebvre est grillé, ils seront exécutés. -Vous commencez à m'inquiéter avec vos souhaits de mort, là .
-Paul Lefebvre est probablement déjà grillé. C'est pour ça que vous faites ça, non?
-Quoi? -C'est pour protéger votre cul.
Vous entendre mentir comme ça, ça me salit.
-Marie-Jeanne... Si je tombe, elle tombe avec moi.
-Qui? -Nadia.
Ils soupçonnent Paul Lefebvre d'être un agent français. Ils vont l'accuser elle d'avoir couché avec un agent français.
Ils vont l’arrêter pour haute trahison. Puis ils vont la torturer
pour savoir tout ce qu'elle sait. Ensuite, ils l'exécuteront.
Tout ça parce que j'étais amoureux d'elle. Oui, c'est dégueulasse.
Amoureux, traître et beau, c'est dégueulasse. Je suis beaucoup plus salique vous.
Mais aujourd'hui, j'ai pas le temps de m'apitoyer. Je dois la sauver.
Et le seul moyen de la sauver, c'est de faire exister Paul Lefebvre,
de le faire tellement exister qu'elle ne le soupçonne pas d'être autre chose
qu'un prof de français. Si je disparais, ils continueront leur enquête.
Il faut qu'ils viennent chez moi, fouillent dans mes papiers. Qu'ils me suivent dans la rue tous les jours.
Ma légende doit être béton. Si elle s'effondre, Nadia est finie.
Et pour ça, j'ai besoin d'utiliser toutes les ressources de la boîte.
Et la boîte ne m'aider a que si Nadia est recrutée. Alors, vous voulez me faire tomber? D'accord.
Attendez qu'elle soit recrutée et protégée. Ensuite, vous pourrez dire la vérité.
Je serai le seul Ă payer.
-Vous êtes très bon. C'est la première fois que ça me dégoûte
de voir quelqu'un d'aussi bon. -Votre dossier.
-Le général Lefkir ne peut pas agir dans le dos des autorités algériennes.
Il peut leur faire un enfant dans le dos, mais il peut pas l’élever sans eux,
si vous voulez m'excuser pour cette image un peu lourde. Il a la main sur le contre-terrorisme.
Pour nous, c'est un fou. Pour les Algériens aussi, c'est un fou.
Mais c'est leur fou, ils y tiennent. -Donc?
-Donc, vous ne pourrez pas parler avec lui. Vous avez Ă mon sens deux options.
Soit une opération pour libérer Cyclone, soit des négociations
avec des autorités algériennes qui nieront être au courant. -Charmant.
-Qu'est-ce qu'on sait de lui de personnel? -De notoire?
Il a perdu deux enfants dans les massacres des habitants de son village, il prend de la cocaĂŻne,
il a des parts dans un grand nombre de sociétés liées au secteur de l'énergie.
Il est riche, il a pas besoin d'argent, il a pas de femme et il a un cheveu sur la langue.
-Pourquoi vous m'emmenez lĂ ?
Bon, vous voulez pas me dire ce qu'on fait, lĂ ?
-Chut! Bonjour, monsieur.Nous sommes des amies de Fanny.
-Ah, mais Fanny n'habite plus ici depuis un moment. -Ah bien, justement, on voudrait lui faire une surprise
pour son anniversaire. Il faudrait qu'on puisse parler à sa mère. Elle est là ?
C'est pour un truc de filles.-Bien oui. Bien sûr.
Ne vous inquiétez pas! Je vais vous la réveiller.
Propos indistincts à la télévision)
Chérie! Ouh, ouh! Il y a des personnes
qui veulent te parler, des amies de Fanny.
-Pardon. Je dormais. -Elles voudraient faire une surprise Ă Fanny.
Un truc de filles, il paraît. Bon, je vous laisse. Hum?-Merci.
Madame, désolée de devoir en passer par là , mais nous tenions à vous parler en tête-à -tête.
-Vous n'ĂŞtes pas des amies de Fanny? -Madame, nous avons quelque chose d'important Ă vous dire.
Cela concerne votre mari.-Non... -Je peux vous parler cinq minutes?
-Mme Meyer, nous faisons partie d'une Association évangélique de défense de droit des femmes.
Nous agissons dans votre quartier depuis plusieurs années.
Notre mission est d'identifier et de dénoncer tous les torts, et ils sont multiples, croyez-moi,
qui sont faits à nos concitoyennes. Nous sommes persuadées que le silence est le pire
des crimes et que la vérité est toujours bonne à dire.
Mais pourquoi vous venez me voir, moi?
-Eh bien, Mme Meyer, il se trouve qu'après avoir recueilli plusieurs témoignages concordants
nous sommes au regret de devoir vous annoncer que votre époux vous est infidèle depuis plusieurs années.
25 ans, pour être précise. Alors, souhaitez-vous, madame, connaître l'identité
de la maîtresse de votre mari? -Non...
-Il s'agit d'une femme plus jeune que vous du nom de Christine.
-Christine comment?-Bensoussan. Alors, courage.
Courage, et surtout, n'oubliez pas. Mieux vaut souffrir dans la vérité que d'être heureuse
dans le mensonge.
-Qu'est-ce qui se passe?
-Je suis désolée.
-Vous ĂŞtes le maillon faible!
-Vous avez deux cercles. Le premier, c'est pour les amis, le deuxième, pour les cibles.
Ces deux cercles ne doivent jamais se rencontrer. Les amis restent des amis.
Les cibles, vous pouvez faire amie avec elles, mais ce ne sont pas des amies.
Ça veut dire quoi? Que vous pouvez détruire leur vie en une minute.
Sans états d'âme. Vous ne les aimez pas, vous ne les appréciez pas
vous n'avez pas pitié d'eux. Eux, ils peuvent vous aimer.
Ils doivent vous aimer. Mais vous, ce sont vos proies.
Cette Fanny, quand elle vient chez vous,
quand vous buvez avec elle, quand elle vous émeut avec ses histoires
de famille ou de baise, quand elle vous laisse pas toute seule sur le carrelage
de vos toilettes, c'est votre proie, compris?
Cette fille, c'était votre ennemie. Vous commenciez à être attachée à elle.
N'importe qui aurait pu l'utiliser pour faire pression sur vous.
Ne vous attachez pas Ă vos cibles! Jamais!
Et moi, je vais vous donner un conseil pour votre mission. Ne vous attachez Ă personne.Jamais!
Il faut que tu y ailles.
Tu crois ?
Ils vont te demander de justifier tes absences.
Qu'est-ce que tu vas leur dire ?
J'étais très occupée avec les administrations des musées
pour la création de la future école du Patrimoine.
Ils te diront que tu n'avais pas besoin de t'inscrire Ă cette formation
car elle n'a rien Ă voir avec ton travail.
Trouve autre chose.
J'avais demandé à une collègue d'enregistrer les cours
et de me donner une copie tous les soirs.
Ok.
Ça, c'est bien.
-Bureau de M. Leglise-Costa.-Oui, bonjour.J'aimerais confirmer
mon rendez-vous avec M. Leglise-Costa. Je suis Nadia El Mansour.-Oui.
Demain, 14 h, c'est ça?-Oui.-Très bien, c'est noté.Merci pour votre appel.
Elle vient de confirmer. -Prévenez Moule à gaufres,
Malotru et la DGSI.
-T'en veux un? -Non merci.
-Je viens de sortir du métro. -Elle arrive.
-Tu vas à côté?-Oui... -Guillaume?
Tu dis quoi, toi?Elle va marcher ou pas? -J'espère.
J'espère.
-Je viens de passer la pharmacie.
-Je rentre.
-Je viens d'arriver Ă l'accueil.-Bonjour, madame. -J'ai rendez-vous avec M. Leglise-Costa.
-Oui, c'est au troisième étage.C'est par ici.
-Troisième étage.
-Je n'ai pas de micro. Je suis dans le couloir.J'arrive.
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