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Original subtitles

On rentre dans le parking.Ça risque de couper.

Ouais... Il veut pas qu'on le localise.

LĂ -bas, au fond.

Vous remontez au niveau -1.

Dès que vous êtes en place, vous rendez compte. Et vous attendez.-Entendu.

Soyez prudent.-Merci.

-T'en veux une?-Non, merci.

Il y a deux scooters qui descendent vers vous.-OK, merci.

La vache!-Attends.

OK, ils l'embarquent.

-On prend la N186.-OK.

-Ellenstein, qu'est-ce que j'ai devant?

-Ça se resserre.Bouchon à 300 m.

-Je vais les perdre.

Qu'est-ce que je fais?-Sors.

On reste.

-Prends Ă  droite, dans la zone industrielle.

Au bout des entrepôts, tu tournes à gauche. Accélère.

-Je peux mettre le gyrophare?-Non. Accélère.-Et si je renverse une vieille?-À gauche.

Reste concentrée.-"Reste concentrée"?

-À 400 m, tu peux récupérer la voie rapide. -OK, compris.

300 m.-C'est bon, je suis pas aveugle.

50 m.

Ils doivent pas ĂŞtre bien loin devant toi.

-C'est bon, je les ai.

Ils recommencent.-Quoi?-Parking 8, zone de fret.

Ça y est, on entre.Ils descendent, vous êtes où?-Ça va mieux, on arrive.

-Les scooters s'en vont, je les suis?-Non, on reste avec Guillaume.

-Il a l'air d'avoir reçu un SMS.

Ça passe pas.

-C'est pas un SMS, ça.C'est du Bluetooth.

Il doit être à côté. On est trop loin.Je vais le chercher.

AllĂ´?

Oui, je capte pas, là. Écoute, je te rappelle.

Les enchères.Ça veut dire quoi, les enchères?

Il va le vendre Ă  quelqu'un?-Non. Je pense qu'ils veulent nous vendre des infos sur Cyclone.

Là où il est et par qui il est détenu.

-Je t'ai envoyé un lien.

J'ai vérifié, c'est exactement la même photo. 140 000 euros, à ce prix-là, aucun acheteur, sauf deux.

Pour faire monter les enchères, évidemment. Secret Square, j'ai compris.

Et Terrifiant...-C'est pour nous terrifier. -Notre cland' est mis aux enchères sur eBay.

Il est hors de question qu'on participe Ă  ce jeu-lĂ .

Je préviens immédiatement le directeur général que les Algériens nous déclarent la guerre.

-Attendez. Et si Cyclone n'était pas détenu par les Algériens?

S'il était détenu par un Algérien? Pourquoi Pigalle est si prudent?

Pourquoi tout ce cirque, lĂ , avec les parkings, les scooters et le Bluetooth?

Les services algériens ont Cyclone et nous le font savoir. D'accord?

Pourquoi pas communiquer comme d'habitude? Puisqu'on se parle.

Pourquoi avoir besoin d'un intermédiaire anonyme? Il a peur qu'on l'identifie?

Et pourquoi? Qu'est-ce qui se passe si on identifie Pigalle?

Ça change quoi? -Rien.-Alors, pourquoi il se cache?

-Si on l'identifie, il est dans la merde. -Pourquoi?

-Parce qu'il risque des ennuis.-Et pourquoi? Parce que nous allons lui causer des ennuis?

-Oui. -Comment?

-En le dénonçant. -À qui?-Aux Algériens.

-Pigalle agit dans le dos des Algériens. Ils n'ont pas Cyclone.-C'est Pigalle tout seul.

Il faut identifier Pigalle.

-J'ai vu que vous aviez commandé un taxi. -Oui, j'ai des courses à faire.-Je peux vous accompagner.

-Ça ne sera pas nécessaire, je vous remercie. Le taxi doit déjà être en chemin.

-Je l'ai décommandé.Nous partons maintenant? -J'ai pas besoin qu'on me tienne la main pour faire mes courses.

-J'en suis sûr, madame, mais... Tant que nous ne serons pas rassurés sur vos fréquentations,

je vous prie de ne pas quitter votre hôtel seule. En dehors de vos heures de travail, bien sûr.

Je vous ai amené quelque chose.

Sushis ? Je me suis dit que vous aimiez ça.

-Bon, je vous laisse. Si vous avez envie d'autre chose, n'hésitez pas à appeler.

Nous sommes là pour ça.

- Voilà un dessert. - Où avez-vous trouvé ça ?

La veste ?

Je ne l'ai pas trouvée, je l'ai volée.

Que lui avez-vous fait ?

On s'est un peu expliqué, c'est tout.

Expliqué ?

Vous faites quoi ?

Ça ne vous regarde pas.

N'appelez pas. Je peux vous donner des nouvelles de lui.

Il se remet bien.

-Le numéro demandé n'est pas en service actuellement. Nous regrettons...

S'il porte plainte contre vous et qu'il alerte la presse,

que ferez-vous ?

Vous en faites pas pour ça. Il n'a pas porté plainte.

Ça devait pas être si grave,

ou alors il n'a pas envie d'avoir affaire Ă  la police.

Si vous sortez, prévenez-nous.

Choisissez des vrais mecs, pas chétifs comme celui-la.

MĂŞme mon neveu peut le battre.

Bon appétit.

-AllĂ´?-Un appel pour vous, monsieur.-De la part de qui?-Une dame.

Je suis pas lĂ .

-Merci.

-Je me suis froissé une vertèbre. Du coup, je peux pas porter...-Je vais t'aider.

-Ah, merci, merci.

-Je la mets oĂą?-LĂ , dans mon bureau.

LĂ , t'as qu'Ă  la poser lĂ . VoilĂ .

On va l'ouvrir et puis on va planquer les bouteilles. -Du champagne, c'est cool!C'est pour nous?

-Enfin, pour vendredi. -On fĂŞte quoi?

-De toute façon, il faut que je le dise à quelqu'un. Mais tu dis rien avant, hein?T'en parles pas avant, OK?

Je pars en Iran, Mortazavi m'a appelé hier, c'est officiel. -C'est pas vrai?-Si.

-Oh... Bien bravo, c'est génial. -Ah oui, non, c'est super, je suis super content.

-Ah, c'est bien... À toute.-À toute.

-Du champagne... Ils sont mieux payés que nous dans la recherche, ou quoi?

-Bon, qu'est-ce qu'on fait? -Comment ça?

-Je sais pas, on est dans la merde, c'est lui qui part.

Oh! Lui, pas moi! C'est moi qui dois partir en Iran, vous vous souvenez?

-Oh, pardon.-Putain.

-T'es dans la merde, t'as raison, il faut que tu partes. -VoilĂ , donc que fait-on?-Ah bien non!

Qu'est-ce que tu fais? -Mais...

-Mais quoi? Papa et maman seront pas toujours lĂ .

-Je sais, mais lĂ , c'est quand mĂŞme la mission qui... -Et lĂ -bas?

Tu penses que ce sera plus simple? Tu devras trouver les solutions toi-mĂŞme.

Est-ce que tu penses que ce sera plus simple? -Non, mais si j'ai des ennuis, vous m'aiderez, non?

-Bien sûr, on t'aidera. On sera là pour toi 24 heures sur 24.

Mais est-ce que tu crois qu'on pourra tout faire? Ici, t'es à Paris, tu veux déjà qu'on te borde.

-Non.

-Tu lui casses pas les deux jambes. Tu verses pas de cyanure dans son café.

Tu t'attaques pas à sa famille. Tu peux le faire chanter, mais ça marche pas toujours.

Rarement mĂŞme. S'il faut faire pression, tu fais pression.

Mais sans trace physique.

Oh là là! Ça y est, on dirait qu'elle va pleurer.

On va pas s'en sortir.

Tu vas y arriver. C'est pour ça qu'on t'a choisie.

Pour ça et ton air un peu naïf. Limite benêt.

-Bon...

Bon, on y va?

Merci. Dites, vous pourriez pas me donner un petit coup...

-N'y pense mĂŞme pas, ma petite. -OK.

-Que des chemises avec des manches longues. Pas des couleurs voyantes.-D'accord.

Gris, par exemple. Noir, dans les administrations, c'est vraiment ça.

Et l'argent, tu achètes déjà ici. -Et pour ce qui est de l’électricité, par exemple...

Oui?-Salut, ça va?

-Très bien, et toi?-Oui.Je te dérange?-Oui, mais c'est pas grave.

Tu veux qu'on aille courir?-Non. Enfin...

C'est pas pour ça que je t'appelle.

-OK, c'est pas les Algériens.C'est déjà ça. C'est qui?-On ne sait pas encore.

Il négocie? -Si on veut.

Qu'est-ce qu'il veut? Si tu crois qu'on va mettre la main au portefeuille,

t'es quand même gonflé. -Je suis venu pour te rassurer.Ça ne te rassure pas?

-S'il n'est pas aux mains de salafistes, si, ça me rassure. -Il n'est pas aux mains d'un groupe salafiste.

Très bien.

Je l'ai demandé saignant.

-Rémi Boisselier... -Oui?-C'est le frère de ma femme.

-Je ne savais pas. -Je suis un peu inquiet.-Hum...

Moi aussi. -FELIS, c'est quoi?C'est un camp d'entraînement?

J'aurais pu rien dire pour Cyclone.

-Eh bien, il fallait rien dire.-J'en prends bonne note.

-Bon, FELIS est une souricière. Il s'agit d’attraper un chef terroriste

que les Américains recherchent depuis longtemps et qu'ils appellent Chacal.

Si les Algériens le savent, ils vont tout faire foirer. Ça fait juste 18 mois qu'on travaille dessus.

-Et Cyclone, là-dedans? -Quand il était analyste au bureau Algérie,

il a déterminé l'endroit où on pouvait implanter le dispensaire FELIS.

Il ne sait pas à quoi ça sert, mais il sait où c'est. D'ici une semaine, si tout se passe bien,

moi, je ne serai plus concerné par ton histoire. On aura attrapé Chacal, FELIS sera fermé.

Pendant dix jours, tout au plus, je vous demande: "Plus de mauvaises surprises."

Je ne veux pas que ça se referme sur mes gars. Et le frère de ta femme.

Je peux aller changer ma barbaque?

-Merci.

-Il est hors de question qu’on participe à cette mascarade. -Que fait-on si Pigalle n'est pas identifié d'ici demain?

Il sera identifié.On n'a pas le choix. -D'accord.

Là, ça veut dire qu'il peut vendre Cyclone à n'importe qui. Et il a raison, un agent français, ça coûte cher.

-Et vous y croyez, vous?-Pas vous?

-Identifiez-moi ce salopard. Vite.-D'accord.

-Je t'ai amené le gros de l'équipe. -Messieurs.

Yacine Belkacem, c'est notre premier contact. Pigalle est dans sa sphère.

C'est peut-être son patron, mais c'est pas obligatoire. Pigalle a du métier

et il utilise des procédés peu classiques.

Ils sont lĂ .

-Comment il est?-Inquiet. -Qu'est-ce qu'on lui a dit?-Rien.

-Très bien.Faites-le entrer.

Venez. -Ah, Gherbi!

Venez.Venez vous asseoir. C'est très gentil de vous être dérangé.

-On m'a pas tellement laissé le choix. Vous aviez dit que vous me laissiez tranquille, maintenant.

-Ne vous inquiétez pas, il s'agit uniquement de mises au point administratives.

Comment ça va dans votre centre de repos? -J'ai recommencé à fumer.

Alors, je fais du trafic pour avoir des clopes. -Si vous avez besoin de quoique ce soit, n'hésitez pas.

-Je veux avoir l'autorisation de fumer dans ma chambre. Pour pas avoir à descendre avec les autres débiles.

-Très bien, vous l'aurez. Pour ma part, j'ai également une proposition à vous faire.

Qu'est-ce que vous comptez faire quand vous irez mieux? -Je compte rentrer chez moi.Pourquoi?

-J'ai peur que ça ne soit pas très prudent.

-Pourquoi? -Vous avez quitté le territoire depuis presque un mois.

-Je suis là pour mon frère, non? -En laissant tout en plan derrière vous,

sans jamais demander de nouvelles? -C'est vous qui m'avez interdit de communiquer avec Alger.

-Pour des raisons de sécurité évident es que vous connaissez.

-Vous voulez dire que je suis grillé, c'est ça?

-Probable.

-Mais qu'est-ce que je vais faire, alors? -Nous avons pour tradition Ă  la DGSE

de ne jamais abandonner les gens qui ont travaillé pour nous. -Je vous ai dit que je ne travaillerais plus pour vous.

-Vous allez arrêter de faire votre chochotte. Je connais très bien votre centre de repos.

C'est le club Med, ne me dites pas que vous n'y ĂŞtes pas bien. Nous avons besoin de vos connaissances

sur les services secrets algériens. Alors, vous allez nous aider.

Sinon, nous, on vous renvoie à Alger et vous allez voir quel es séances d'intimidation,

c'est autre chose qu'ici.

-Oh, merde.

Excusez-moi, vous n'auriez pas une pompe par hasard? -Si, si.Vous ĂŞtes Ă  plat?

-Je sais pas.Ou alors, elle a crevé. -Je dois avoir un truc pour ça, oui.

-Formidable. Merci, c'est vraiment super sympa de m'avoir aidé.

-Pas de problème, c'est normal. Mais si je peux te donner un conseil, pars pas en Iran.

-Quoi?-Tu devrais pas partir en Iran. -Comment vous savez que je pars?-Un hasard.

Je m'occupe des visas, j'ai reconnu ton visage. -Ah bon?-Oui.

-Mais de quel visa vous parlez?-T'as pas fait ton visa encore? -Non, mais non, on peut...-Tant mieux.

T'es Sagittaire, non? -Comment vous savez ça?-26 novembre, c'est Sagittaire?

-Oui.-Bien oui. Alors, Sagittaire...

"Amour: communication parfaite avec l'être aimé. Réussite: encore un petit effort

et vous parviendrez à votre objectif. Santé: ne prenez aucun risque."

"Ne prenez aucun risque." C'est les astres qui parlent.

Cherche pas Ă  comprendre, il faut juste en tenir compte.

-L'eau bout, c'est prĂŞt dans 30 secondes.

Ça va? -Super.

-Vous savez qu'on peut se parler comme... comme deux collègues qui se croisent à la machine à café.

-OK.

-On peut parler de la météo. Des soldes.

Du nouvel after-shave du type de la sécurité en bas. Je vais pas faire un rapport sur vous si on bavarde deux minutes.

-D'accord.

C'est pas mal, fruits des bois, vanille.

Un peu sucré, non? -En fait, j'ai eu un petit souci ce matin,

mais pas grave, rien du tout. -Tant mieux.

-Et vous, ça va?-Ça va. Comme une lépreuse dans un cocktail en robe longue.

J'arrive, tout le monde s'écarte. -À ce point-là?

-J'ai pas été physiquement aussi proche d'un collègue depuis deux, trois jours.

-Ça, c'est parce que Duflot est très occupé en ce moment.

En fait... Je suis embêtée pour mon souci de ce matin.

C'est Marina, il faut qu’elle apprenne à se débrouiller seule. Mais je crois que je l'ai poussée un peu fort.

-Ça, c'est comme les enfants et la natation, il faut les mettre dans le grand bain au bon moment.

-Voilà. Bien là, j'ai l'impression de l'avoir jetée d'une falaise,

avec des boulets aux pieds.

En mĂŞme temps, elle est solide. Plus solide qu'elle en a l'air.

Un vrai caillou. -Vous voulez...

Vous voulez que je l'évalue? Il y a des outils pour ça.

Si ça peut vous aider, ou l'aider elle.

-Oui, pourquoi pas, oui. -Je suis là pour ça, je crois.

-Voilà, il faut que les données soient complètes. Une fois qu'on a le topo...-D'accord.

Ah, pardon, excusez-moi.

Excusez-moi, c'est ma femme.

Oui, qu'est-ce qu'il y a?-: Ça va depuis l'autre jour?

-C'est qui?-Je t'ai aidé à réparer ton vélo.

-Isabelle est là?-Où ça?

-Euh... Vous permettez?-Bien sûr. -Merci.

OĂą est Isabelle?-Pas loin.-Qu'est-ce que vous lui avez fait?

-Je lui ai emprunté son téléphone. Elle est très sympa.

Je viens de lui sortir un bobard comme quoi j'avais besoin d'appeler ma femme et que je n'avais plus de batterie.

Elle a pas hésité, elle m'a prêté son portable. C'est drôle, non?

Elle croit que je parle Ă  ma femme.-Bon, passez-la-moi.

-Pour ton projet de voyage, t'as réfléchi?-Laissez-moi tranquille!Qu'est-ce que je vous ai fait?

-Rien. À moi, tu m'as rien fait.

Mais si tu pars en Iran, t'es mort.

Qu'on se comprenne bien, c'est pas une menace. Non, non, c'est une prédiction.

Je menace pas, moi, j'informe. Je suis comme le monsieur de l'horoscope, je prévois.

Mais moi, je me trompe jamais.-Vous ĂŞtes qui?

Je te l'ai dit:le monsieur de l'horoscope. Je te passe Isabelle?-Oui, oui, passez-la-moi.

AllĂ´? AllĂ´?

Putain.

Allez.

Allô?-Isa, ça va?-Oui, et toi?

-Tu es oĂą, lĂ ?-Je fais des courses.

-Allô?-Bonjour. C'est le Dr Balmes.Je vous dérange?-Non, non.

-Marie-Jeanne m'a demandé d’évaluer Marina Loiseau. Et je me suis dit qu'une première étape,

ce serait de visiter son appartement. Vous pourriez m'accompagner?Il paraît que vous avez la clé.

-Oui, écoutez, retrouvez-moi métro Saint-Ambroise, direction Montreuil.

Ă€ 11 h.-Entendu.Merci.-Ă€ tout Ă  l'heure.

Nous sommes à un tournant stratégique.

Tout ce qu'il a dit jusqu'à présent pouvait être vrai.

Maintenant, c'est une autre histoire qui commence.

Faites bien attention.

Le polygraphe ne peut pas tout.

Ce type est doué.

Il peut nous faire avaler ce qu'il veut.

Il a été formé pour ça.

Alors dites-lui bien

qu'il réfléchisse

avant de continuer son récit.

Car c'est maintenant qu'il joue sa tĂŞte.

-Vous avez compris ce qu'on vous a dit? -Oui.

-C'est bon. Allez-y.

Vous avez un souci?

Vous voulez un peu de temps?

-C'est vrai que c'est là que tout a basculé.

Ah, merde.

Plan Vigipirate renforcé.

-C'est idiot, j'aurais pu monter si j'avais su. On attend le prochain?-Non, on sort.

-Ah, c'est ici? -Venez, suivez-moi.

-On aurait pu se retrouver devant chez Marina Loiseau. -Protocole.-Ah, c'est vrai.

Je suis idiote.

Bonne journée.-Bonne journée.

Au revoir.-Au revoir.

-Bonjour.-Bonjour. -Je suis Prune Debailly.

On m'a dit qu'on vous avait rapporté ma carte d'étudiant. -Ah, c'est vous, la carte!Vous avez de la chance.

C'est pas tous les jours quel es gens rapportent les trucs. Tenez.-Merci.

-Un café.-Oui.

Vous ĂŞtes en philo, n'est-ce pas ?

Comment avez-vous deviné ?

Ça se voit.

Moi aussi,

vous savez, j'ai étudié la philo comme vous.

3 ans

Ă  la Sorbonne.

Les 3 plus belles années de ma vie.

Ah, si j'avais pu continuer...

Un jour, ils n'ont pas renouvelé ma bourse...

J'ai jamais su pourquoi.

C'est triste.

Sur le coup, ça m'a complètement désespéré,

ça m'a brisé le cœur.

Je comprends.

Mais le pire,

c'était les copains qui continuaient.

Il y en avait un... Comment s'appelait-il ?

Je crois que c'est un professeur assez connu maintenant.

Paul Lefebvre.

C'est ça, Paul Lefebvre.

Ça vous dit peut-être quelque chose ?

Il paraît qu'il enseigne encore.

Vous avez dĂ» entendre parler de lui.

Oui, bien sûr.

Vous le connaissez personnellement ?

Non, j'ai suivi ses cours.

Il paraît qu'il a écrit un livre,

vous ĂŞtes peut-ĂŞtre au courant ?

Je dois vous laisser, j'ai cours justement.

Bien sûr.

Quel idiot, je vous mets en retard. Filez.

Filez, Mademoiselle Debailly.

-Vous aimez le chocolat? -Euh... Oui.Enfin, comme tout le monde.

Là, j'ai pas spécialement faim, vous savez.

-AllĂ´? Calme-toi, qu'est-ce qui se passe?

-Mais je sais pas, il m'a posé plein de questions. Il m'a demandé si je connaissais Paul Lefebvre.

Je crois qu'il me suit, lĂ .

Je sais pas, grand, brun...

-Est-ce que tu vois un magasin oĂą tu pourrais t'arrĂŞter? Vas-y.

Très bien.Il s'appelle comment? Quelle adresse?

OK, très bien.Écoute, t'as combien sur toi? Bon, je t'envoie un taxi.

Tu vas chez ta mère et t’attends que je te rappelle. À tout à l'heure.

-Qui c'était au téléphone? -Rien, un truc avec ma fille.

-On est arrivés? C'est ici?-Pas encore.

Allô, bonjour, j'aurais besoin d'un taxi s'il vous plaît.

Quand on arrivera dans la rue, vous tournerez Ă  droite jusqu'Ă  la grande a venue puis vous prendrez un taxi.

D'accord?Pour où vous voulez. Puis un deuxième pour aller au boulevard Mortier.

-On va pas chez Mlle Loiseau?-Non, plus maintenant. -Pourquoi?-Question de sécurité.

-Qu'est-ce qui se passe?-Faites ce que je vous dis.

-Bonjour, mademoiselle. -82, rue Gaston Lauriau à Montreuil s'il vous plaît.

D'accord.

Monsieur, arrêtez-vous s'il vous plaît, là.

-Vous descendez là ou... -Non, non, donnez-moi un instant s'il vous plaît.

Ellenstein?-Oui?-Est-ce qu'on peut mettre un GPS dans une carte magnétique,

style carte de chambre d'hôtel?-Bien sûr.

Si c'est des pros, il vous transforme le truc en carte de crédit, si vous voulez.

-D'accord. Merci.

Monsieur, finalement, on va faire demi-tour. -On ne va plus Porte des Lilas?-Non.

Mais oĂą il va ?

C'est incompréhensible.

Viens, on le suit, on va bien voir.

-C'était qui, ce mec, exactement? -C'est personne.

-OK. Il devait partir en Iran?

-Plus maintenant.-Hum...

Il t'a parlé de moi? -Il m'a dit que son père avait Parkinson,

qu'il devait s'en occuper. Mais toi, non, il m'a rien dit.

-C'est toi qui pars, hein, c'est ça?

Quand?

La sismologie... L'Iran, ça se tient.

C'est du long terme ou quoi?

Combien?Genre trois mois? Six mois? Un an?-Je te dirai rien, tu le sais.

-Bon... Juste une question.-Non.

-Tu réponds juste par oui ou par non. -Bon, juste une, alors.

Et je sais pas si je répondrai.-OK. Nous deux...

Nous deux, lĂ , c'est quoi? C'est du cul ou c'est un peu plus que juste du cul?

-Non.-Non, quoi? -Non, en fait, oui.

-Ah oui, je comprends vraiment pas ce qui lui a pris. -En une demi-heure, il m'en adonné plus qu'il n'en faut

pour être absolument catégorique. Il a tous les symptômes du syndrome dont je vous ai parlé,

l'hypervigilance grave. -Quels sont les risques?

-En temps normal, des pertes de concentration, dues aux anticipations constantes

de risques imaginaires. Il a la tĂŞte ailleurs, vraiment ailleurs.

Il peut être obnubilé par des choses secondaires qui l'empêcheront de voir les choses importantes.

-Il peut nous planter, quoi?-Oui. Mais pire, il peut se retourner contre lui-mĂŞme.

Et s’accuser de toutes sortes de choses. Il peut devenir le propre objet de sa paranoïa.

Et ça, ça peut aller jusqu'à des comportements suicidaires. -N'en rajoutez pas.-Je n'en rajoute pas.

-Eh bien, ça prend l'eau de partout. Vous pouvez me faire un rapport écrit?

-Vous l'aurez demain.

-Pour tout avouer, je l'avais oubliée. Le type qui m'a volé la veste a dû la jeter.

Mais on l'a retrouvée.-Le mec était quand même chelou. -Parce qu'il était arabe?-Oh! Guillaume!

Qu'est-ce qui te prend?-Bien quoi? Pourquoi il était louche?-Il a rendu service.

Mais bon, il était manifestement un peu lourd quand même, non? -Il t'a draguée?

-Non, je sais pas, il m'a posé des questions, c'est tout. -Il s'est intéressé à toi.

Tu sais, dans ces pays, ils sont beaucoup moins snobs qu'ici. Ils posent des questions, ils sont curieux.

C'est pas méchant.-Arrête! Il a cuisiné ta fille. Pourquoi tu l'admets pas?En plus, t'as flippé toi aussi.

-T'as des glaçons?-Oui.

-Il sait quoi, Louis?-Quoi? -Il sait ce que je fais?-Non!

-Alors, c'est quoi ces conneries de dire qu'il a cuisiné Prune? -Parce que c'est vrai, putain!

Qu'est-ce qui se passe?T'as vu la gueule que t'as? -Mais il a pas cuisiné Prune, d'abord.

Il a juste posé des questions...-Sur Paul Lefebvre. Tu crois que je sais pas ce que ça veut dire?

-Ça veut dire quoi? -Tu nous as pas dit qu'il fallait pas prononcer ce nom-là?

-Quoi, il l'a entendu, ce nom, Louis? -Non.

-Qu'est-ce qui se passe?-Rien. -Il y a Louis qui commence Ă  faire la gueule.

-Oui, bien, il va pas nous faire chier, celui-lĂ .

-Prune, attends. T'es inquiète?-Bien oui, un peu quand même.

Enfin, j'ai vraiment eu l'impression qu'il me suivait. -Mais il t'a pas suivie?-Non, je crois pas.

Il a su comment pour ton nom?-T'as dit quoi à Louis? -Rien, que le type a été lourd, que ça m'a fait "bader".

Et que tu m'as appelé un taxi.-OK.

-T'as flippé?-Non, c'est toi qui avais... -Arrête, t'étais super inquiet.Ça s'entendait.

-Tu me dis qu'il y a quelqu'un qui te suit, de louche... Évidemment.

-Comment il a su pour ton nom? -T'es sûre qu'il a dit"Paul Lefebvre"?

-Bien oui. -T'es sûre qu'il a pas dit"Jean-Paul" ou un autre nom?

Ou même juste "Faivre". T'es sûre qu'il a répété plusieurs fois?

-Je sais pas. De toute façon, s'il a dit "Paul Lefebvre", c'est un pur hasard.

-Un hasard?-Oui.

Celui qui a retrouvé ta carte, il parlait d'un autre Paul Lefebvre.

Il y en a beaucoup, des Paul Lefebvre. Il a prononcé un nom qui voulait dire quelque chose pour toi.

-Quand même, c'est dingue. -Je serais là tranquille si c'était pas un pur hasard?

-Non.

La maîtrise, toujours la maîtrise. Il fallait être aveugle pour ne pas voir

que je ne maîtrisais plus rien. Je savais ce soir-là ce que j'avais à faire.

J'avais essayé de l'éviter, mais là... Je n'avais plus le choix.

-Bouteflika lamine les services secrets depuis des années. Il veut davantage de pouvoir.

Alors, forcément, ça plaît pas à tout le monde. Ça crée des scissions.

Le colonel Bouziane, il a tout fait pour contrecarrer les plans de Bouteflika.

Alors, il s'est retrouvé au placard. Au fin fond du pays, aux portes du désert.

Là où personne veut aller. Lui, là, le général Mes sa oui,

c'est un sacré opportuniste, mais je le vois pas trahir. Il a trop à perdre.

Tous ces types-lĂ , ils ont trop Ă  perdre.

Et moi, je pense que votre gars, lui, il n'a plus rien Ă  perdre.

-Vous pensez à quelqu'un de précis? -Kerbouche.

Un général à la retraite. Mais on dit qu'il travaille toujours en tâche de fond.

C'était un fervent défenseur des services d'antan. Avant que Bouteflika foute la merde.

Il a monté tous les échelons. Il sait tout sur tout le monde.On l'a surnommé "la pieuvre".

C'était un pro du renseignement. Il est né là-dedans et il mourra là-dedans.

-Il fait partie de la vieille école, formé au KGB. Ça pourrait coller.

-Pour moi, c'est votre homme.Ça peut être que lui. -Vous êtes sûr?-Oui.

Les enchères s'arrêtent dans 15 min, il nous faut ses infos.

-Bonjour, madame. Je voudrais parler au général Kerbouche, s'il vous plaît.

-Qui le demande?-J'appelle de Paris.Je suis son cancérologue, le professeur Gaudin.

-Un instant, s'il vous plaît.

Professeur Gaudin?-Oui?-Je vous passe le général.-Merci.

-AllĂ´, docteur?-Bonjour, M. Kerbouche.

Je vous appelle au sujet du scooter.

C'est lui.

Je vais prévenir Mag qu'on tient Pigalle.

-Henri... J'ai besoin de te voir avec Mag.

-Ça ne va pas?-Non. -On se retrouve dans mon bureau.

Il était temps. Il était temps de prendre sa perte, comme on dit.

Couper sa position, quels que soient les dégâts. Avant de provoquer de plus grands dégâts encore.

-Marie-Jeanne? Il faudrait que tu viennes chez Henri Duflot.

Qu'est-ce qu'il se passe?-Ils ont besoin de toi. Ma fille commençait à faire partie des dégâts.

Des Russes venaient d'entrer dans la danse. Tout seul, je n'étais pas assez fort.

Je n'avais pas assez de ressources. Ils se retrouvent tous les jours rue de la Faisanderie,

dans un hĂ´tel particulier qui appartient Ă  Maniakine, un des conseillers de Poutine.

Je connais pas le détail de l'ordre du jour, mais dans les grandes lignes,

il s'agit de négociations secrètes entre le gouvernement et l'opposition en exil.

Nadia El Mansour intervient dans ces négociations en tant qu’expert géopolitique de la région.

Elle est à Paris sous prétexte de suivre une formation spécialisée, mais...

Tous les matins, elle parti ci peaux discussions.

Il était temps de tenter l'impossible. Pour éviter le pire.

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