All language subtitles for 1923.S02E07.fr

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Original subtitles

Précédemment dans 1923...

Vous devez amener une meurtrière devant la justice.

Mais le meurtrier, c'est vous.

Je n'ai pas de raison de me battre pour survivre.

Si tu ne survis pas,

personne ne se souviendra qu'on a vécu ici.

Nous emprunterons le chemin des pionniers.

Au nom de l'amour perdu.

Bientôt retrouvé.

Hillary, où est-il...

Spencer est de retour.

Allez à la gare.

Si ce Spencer Dutton est là,

abattez-le.

Après avoir tué le neveu,

on les tuera tous.

Ramène-le ici.

Il est particulier, il paraît.

J'ai jamais vu meilleur tireur.

Ça alors !

Vous seriez plus à l'aise à l'intérieur.

Non. Pas en l'absence de mon mari.

Mon angoisse me ferait tourner comme un lion en cage.

Compris.

Très bien.

C'est moi qui serais plus à l'aise.

Ne t'en fais pas.

Je serai prompte à rentrer si les balles viennent à fuser.

Il doit arriver aujourd'hui.

J'ai fait le calcul.

Sioux Falls à Rapid City, Rapid City à Deadwood.

Sheridan, Billings, et enfin, la maison.

Et le combat.

Il faut toujours se battre pour ce qui est important, Zane.

On n'en fait plus, des comme vous.

Mais si. Ce sont les hommes qui ont changé.

Il n'est pas rentré.

Jack n'est pas rentré.

Assieds-toi.

Il est parti accueillir son oncle.

Selon lui, Jacob manquait d'hommes.

Est-ce le cas ? Je l'ignore.

Il a survécu jusqu'à 80 ans en se fiant à son jugement.

Pourquoi un gamin de 25 ans s'imagine-t-il être plus avisé ?

Il se comporte comme un petit garçon.

Mais il est marié.

Il ne peut plus jouer sa vie sur un coup de tête.

Car les conséquences de ses choix ne concernent pas que lui.

J'espère qu'il aura retenu la leçon

avant que toi, tu ne l'apprennes à tes dépens.

Rentre avant d'attraper la mort.

De toute façon, ici, seule la mort nous attend.

Merci.

Qui sont ces hommes ?

On les a engagés cet automne.

Il nous fallait du renfort pendant que tu te remettais.

Je les connais pas.

Je les ai choisis avec ta femme. Rien à signaler.

L'un a été flic à Chicago.

Un Irlandais ?

Je crois. Peut-être.

Tous ces accents se ressemblent.

Banner ?

Quand es-tu rentré ?

Je ne sais plus. Relativement tard.

Pourquoi es-tu assis dans le noir ?

Je ne suis pas quelqu'un de bien.

Banner.

Tu as fait de ton mieux avec les moyens du bord.

Je ne suis pas mauvais non plus.

Il y a ceux qui profitent et ceux dont on profite.

J'en ai eu marre de me faire avoir.

Mais je ne suis pas malfaisant.

La douleur d'autrui ne me procure aucun plaisir.

Ça paie 20 dollars par jour, la pêche au chalut, à Portland.

- Tu gagnes plus que ça. - C'est une rente.

Ce n'est pas un salaire.

Dutton possède la moitié du comté et la moitié de celui d'à côté.

Certes, il est des profiteurs, mais ce n'est pas un homme mauvais.

Whitfield est mauvais, Ellie.

Son cœur a la couleur de l'ébène.

Dutton...

il se sert, sans se soucier de la souffrance.

C'est compréhensible. Respectable, même.

Whitfield, lui, a pour but de faire souffrir.

Il se fiche du reste. C'est la souffrance qu'il veut.

Je ne bats pas les femmes.

Lui les épuise,

les achève.

Il s'en débarrasse et les remplace.

Mais de quoi est-ce que tu parles, bon sang ?

Je suis un homme.

Je veux regarder mon fils en face, en assumant mes actes.

Ce n'est pas possible, ici.

Ça ne l'est plus.

Fais tes bagages.

On s'en va.

As-tu déjà vu une chose pareille ?

De l'eau qui coule du plafond.

Le prix du maïs,

du blé,

de la viande de porc ou de bœuf.

Les journaux du Far West

ne sont que rapports de récoltes et usines à ragots.

Dieu que le London Times me manque.

Mes chères, nous vivons sur une île montagneuse.

Au cœur d'un océan de prairies,

désespérément tenus à l'écart

du réseau que forment la culture

et les échanges intellectuels.

Toutefois,

aujourd'hui, cela va changer.

Pourquoi aujourd'hui ?

Car, en ce jour, le présent se change en passé.

Et l'avenir, en présent.

Notre petit moineau

semble inquiet à l'idée qu'un chat rôde.

Il te parle.

La soirée t'a plu ?

En partie, oui.

En partie.

Et le reste ?

Aucunement.

Mais, vois-tu,

c'est la partie que tu souhaiterais voir prendre fin

qui vient décupler le plaisir.

La douleur sert de repère.

Sois aimable, monte sur la table.

Ça rime.

Oh, mais oui !

Allonge-toi sur la table.

Disons qu'il ne l'a pas volé.

Ces types supplient qu'on les descende.

D'ordinaire, ils sont exaucés.

Alors ?

Ils l'ont coursé. Ils ont tiré.

Il y a deux bottes différentes.

Il n'en porte pas.

La balle n'est pas sortie.

Elle vient d'un pistolet.

Lui, il avait un fusil.

C'est la fille ?

Le prêtre.

Ce sont ses bottes.

Le prêtre l'aurait tué ?

Je pense, oui.

Le prêtre !

On attend un signal ?

Non.

On lance le massacre ?

Voilà.

Il arrive à 14h20.

Quelqu'un d'autre le sait ?

Ça n'a rien d'un secret.

Encore moins quand le contrôleur le criera.

- La gare se remplit ? - Peu à peu, oui.

Des visages suspects à signaler ?

C'est une gare, Jacob.

Tout visage y est suspect.

Ils ont tous l'air de voyageurs.

Pour l'instant.

Non, pas tous.

Portland. 1re classe.

En cabine ?

Partagée ?

Première classe.

Ça coûte 67 dollars.

Vous doutez que je les aie ?

J'adore être jugé par un homme inférieur.

J'encaisse les repas ?

Je paierai à bord.

Le train entre en gare à 14h20 et repart à 14h45.

Mais soyez sur le quai à 13h50.

S'il arrive en avance,

il repart en avance.

On attendra.

On ne bougera pas.

Allez vous asseoir.

Je vous rejoins.

Dans ma vie, j'en ai vu, des lâches qui s'embusquaient,

mais ça, jamais.

J'emmène ma famille.

Je m'en vais.

J'en ai soupé de cet endroit.

Tu es inculpé, tu ne peux pas partir.

Je ne peux pas sortir du pays.

Le juge ne m'a pas interdit de quitter l'État.

Ce serait une simple coïncidence

que tu choisisses de partir justement aujourd'hui ?

Le jour de l'arrivée de ton neveu ?

Votre grand espoir.

Ça marchera peut-être. Grand bien vous fasse.

La terre restera vôtre pour une génération ou deux.

Mais Whitfield n'est que le premier.

En ville, ces gens-là pullulent.

Ils sont plus nombreux que les gens comme toi et moi.

Ils ne le laisseront pas quitter la gare.

Tu peux me croire sur parole

ou voir ça par toi-même.

Qu'ils essaient !

Quant à toi, essaie de monter à bord.

Ça n'arrivera pas non plus.

Tout a commencé par ta faute.

Tu ne peux pas t'éclipser.

J'ai un fils, Jacob.

Qu'est-ce que je lui appris ?

Je veux que ma famille puisse partir.

Tu peux m'accorder ça ?

Oui.

Ça, je le peux.

Ils n'agiront pas seulement ici.

Tu comprends ?

Oui.

Je comprends.

Donne-moi ton sac.

Approche-le.

Ne le quitte pas des yeux.

Est-ce que tout va bien ?

Tout ira bien.

Ce sera le chaos sur le quai, Ellie.

Les gens vont courir, hurler.

Nous avancerons comme si nous allions à l'église

et nous monterons à bord.

Ne lève pas la tête.

Ne regarde personne dans les yeux.

Contente-toi de marcher.

C'est compris ?

Je crois.

Maman !

Des bisons !

Oui, tout le train t'a entendu.

Seule contre trois.

Je confirme.

Quel est cet endroit ?

Le Montana.

Il reste des bisons ?

Oui, quelques-uns, dans le coin.

Ainsi qu'à Wind Rivers, il paraît.

À Yellowstone, il y a un gros cheptel.

Little Bighorn, ça te parle ?

Regarde, là-bas.

Les Lakotas parlent de la "bataille de l'herbe grasse".

L'herbe était si riche qu'elle semblait grasse.

- La pire défaite américaine. - Quoi ?

Custer a perdu ?

- Euphémisme. - À l'école, on nous apprend

que Custer était un héros.

On ne vous apprend pas les faits, mais ce qu'il faudrait croire.

Ainsi, on peut vous faire gober n'importe quoi.

C'est quoi ?

Une dent de lion.

Il n'y a pas de lions, ici.

Elle vient d'Afrique.

Vous me l'échangez ?

Contre quoi ?

Joli couteau.

Le monsieur a dit qu'il date de la révolution.

De la guerre.

La maîtresse dit qu'on l'a gagnée.

On en est la preuve.

Ta mère approuverait que tu l'échanges ?

Elle ignore son existence.

Je ne sais pas trop.

Je pensais l'offrir un jour à mon fils.

Son nom ?

Je l'ignore.

Je ne l'ai jamais vu.

Avant de le voir, il faut le fabriquer.

Tucker, ça suffit.

N'embête pas le monsieur.

Il ne me dérange pas.

Alors ?

Je ne sais pas.

S'il vous plaît.

Prenez-lui cette arme.

C'est entendu.

- Bien joué. - Vous vous êtes fait avoir.

Des lames, il y en a 13 à la douzaine.

Contrairement aux dents de lion.

Tu as peut-être raison.

Ça devient de plus en plus intéressant.

- Tué dans son sommeil. - Par qui ?

Je ne sais pas.

Le prêtre, peut-être ?

Le visage brûlé.

Des coups de poignard.

Et enfin, une balle.

Il était à court.

La fille les a tués ?

Pas ces deux-là.

Lui, oui, par contre.

Un vrai coyote, celle-là.

Ils disaient qu'elle était une meurtrière.

Mais eux ont tué dans l'Oklahoma.

Et ici.

C'est pas elle, le problème.

Le problème, c'était la situation.

Et elle est résolue.

Il n'empêche que l'on a un mandat d'arrêt.

On doit s'en occuper.

Un mandat émis par un juge inconnu dans un comté étranger.

Nous cherchions à les trouver, eux, pas elle.

C'est chose faite.

Et bon débarras !

Elle est sur l'arête.

Contournez-la par l'est.

- Elle a dégainé son arme. - Ne tirez pas.

- Marshal, non ! - Elle nous tire dessus.

Vous seriez morte avant d'épauler votre arme.

Une mort stupide pour une telle battante.

Moins que la corde.

Plus rapide, pour sûr.

J'ai connu vos prisons.

Plus jamais.

Je ne décide pas de qui est pendu ou enfermé.

C'est au juge de trancher.

À vous de prouver votre innocence.

- Comment ? - Par une déclaration.

Grâce à des témoins.

Quels témoins ?

Les nonnes qui m'ont violée ?

Le prêtre qui m'a torturée pour avoir raté mon savon ?

Refusé de manger des asticots

ou de laisser leurs doigts me pénétrer.

Qui me défend ?

Lequel de mes proches

déterreront-ils de sa tombe

pour qu'il me soutienne ?

De quoi parle-t-elle ?

Des écoles pour Indiennes.

Je les connais.

Ces prêtres aussi.

Je ne la connais pas, mais son histoire m'est familière.

Ils ont menti ?

Vous n'avez jamais tué ?

J'ai tué celle qui m'a battue.

Ainsi que celle qui m'a violée.

Puis celui qui a assassiné mon cousin.

Et tenté de me supprimer.

Enfin, le prêtre.

Oui.

J'ai tué.

Je vois.

Et lui ?

Prenez l'insigne et les bottes.

- On m'a tiré dessus ! - On t'a réveillé.

Te rendors pas !

Sale enfoiré !

Je vais te rosser quand...

Ils arrivent.

Je sais. Attrape ce fusil.

Cache-toi près du foyer.

Loin des fenêtres. Sous la table.

Ils sont là. C'est une vraie armada.

Zane ! Je fais quoi ?

Depuis l'étage, couvrez-nous avec le fusil à élan de Jacob.

Ne bouge pas. Compris ?

Ne tirez pas !

Et Sam ?

- Ils sont combien ? - Toute une bande.

Laissez-les venir. Visez l'avant

et les conducteurs.

Après, on rejoint la maison.

On attend. Pas encore.

Pas encore.

- Ils approchent ! - Pas encore !

Jasper, la 1re voiture.

Randy, la 2e. Dennis, la 3e. Moi, la dernière.

Tenez-vous prêts.

Feu !

Dennis, Randy, montez sur le toit de la maison !

- Vous ne les retiendrez pas. - Mais on les ralentira.

Allez-y !

Je peux aider ?

Cachez-vous à la cave, madame.

Madame, rejoignez vos enfants !

Vous aussi !

Je ne bouge pas.

Descendez à la cave !

Dieu du ciel...

J'ai dû en faire, des choses, pour ce ranch,

mais ça, c'est le pompon.

C'est tout bonnement le pompon.

Arrivée dans 25 minutes du train de 14h20

en provenance de Sheridan, Deadwood,

Pierre et Sioux Falls.

Ils sont là.

Combien ?

Une douzaine d'hommes.

Sans compter Banner.

Et tous ceux que l'on n'a pas encore repérés.

Rameutons la police de Livingston.

Elle compte trois officiers. Des incapables.

C'est mieux que rien.

Évitons d'en arriver là.

C'est le seul moyen de les arrêter.

Il y a quoi, à Portland ?

Ton avenir.

Je n'en ai aucun, ici ?

On ne fait pas fortune dans le Montana.

On devient riche ailleurs.

Puis on y revient,

pour s'enrichir davantage.

Pardonne-moi, Spencer.

Spencer Dutton Armée américaine, 163e régiment

C'est donc ce destin

que Tu nous réserves ?

Nous laisser découvrir l'amour

avant de nous l'arracher ?

Nous accorder un enfant.

Puis...

me faire subir l'enfer

jusqu'à une mort glaciale ?

À quelques heures de lui.

Quel genre de Dieu permet une chose pareille ?

Arrêtez-vous !

Livingston ?

Ici, le 7-Pierre-91.

Pitié !

Arrêtez-vous !

Je vous en supplie !

Alex ?

Monsieur ?

Alex !

Alex !

Spencer ?

Alex !

Qu'est-ce que...

Tu as envoyé des signaux de fumée.

Tu as sauté du train.

Tout à fait.

Leur as-tu demandé de nous attendre ?

Je n'y ai pas pensé.

Le train poursuit donc sa route,

s'éloignant de nous.

Il y a des chances.

C'est gentil de me rejoindre dans ce pétrin,

sans l'ombre d'une solution.

Je n'ai pas compris.

Je t'insultais, mon amour.

J'ai une solution.

Je suis tout ouïe.

Te porter jusqu'à Big Timber, à 5 km.

Me porter ?

J'ai porté un quart d'orignal.

J'ignore de quoi il s'agit.

Ça doit être lourd et attester de ta virilité.

Légèrement plus lourd que toi.

Tu t'es goinfrée pendant le voyage.

Tu m'évites une mort certaine,

ça ne t'autorise pas à te moquer de mon poids.

C'est ta faute.

Comment ça ?

Il sera aussi grand que toi.

Je sais, je sais.

Ce médecin voyage en première classe.

Je m'appelle Andrew.

Veuillez ouvrir la bouche.

De l'eau chaude et des serviettes, vite !

Sortez de la pièce et fermez la porte.

Il y a peu d'études

sur le froid et ses effets.

Mais les cas à l'armée nous ont appris

que l'on doit se réchauffer

à la vitesse à laquelle on s'est refroidi.

Depuis quand cela dure-t-il ?

Je dirais un jour ou deux.

Ses habits sont glacés.

Enlevez-les.

Navré, l'heure n'est pas à la pudeur.

Et les frissons ?

C'est un bon signe. Son corps se réchauffe.

Elle frissonnait, tout à l'heure ?

Était-elle désorientée ?

C'est-à-dire ?

Tenait-elle des propos insensés ?

Comme toujours.

Je t'entends.

D'autres symptômes ?

Sa température est de 34,5 °C. Elle a frôlé la mort.

Appuyez-la contre sa peau.

Partout. Ne soyez pas timide.

Il a des défauts, la timidité n'en fait pas partie.

Vous vous connaissez ?

C'est mon mari, monsieur.

Une longue histoire.

Sûrement fascinante.

Mettez ça sous ses bras.

Prévenez-nous quand les serviettes refroidissent,

afin que nous les remplacions.

À quel terme êtes-vous ?

Au sixième mois.

Va-t-il survivre ?

Nous verrons. Le corps féminin est un miracle

qui surmonte bien mieux l'adversité

que celui des hommes.

Surtout lors de la grossesse.

S'il existe un moyen de protéger le bébé,

votre corps le trouvera.

Je reviens tout de suite.

Mon corps est miraculeux.

Tu as entendu ?

Je le savais déjà.

Je pensais ne jamais te revoir.

Tu n'avais pas à t'imposer cet enfer.

Je serais venu te chercher.

Je ne pouvais prendre aucun risque.

Ta nouvelle femme aurait été inatteignable depuis l'Angleterre.

Il est d'une extrême rareté.

Ton sourire.

Redressez-vous et buvez ça.

Lentement.

Doucement.

Elle est probablement déshydratée, de surcroît.

Ne descendez pas à Livingston.

Le mécanicien a appelé la gare de Bozeman.

Une ambulance vous conduira à l'hôpital,

qui a vu bien plus d'engelures que moi.

Changeons ces serviettes.

Sur le toit !

- Ils sont où ? - En bas de la colline.

Ils attendent la nuit.

Probablement.

Jacob va revenir, avec le shérif et les autres.

On n'en sait rien.

Ils se battent peut-être.

Quelqu'un doit protéger les femmes.

Ton épouse est là. On s'occupe du toit.

Soyez prudents.

Je croyais que la chance guidait leurs fusils, sur le toit.

Elle me guidait, moi.

Si on peut parler de chance, avec un engin pareil.

Ils vont attendre la nuit

et tenter de nous brûler vifs.

Que faire contre ça ?

Eh bien, la pleine lune joue en notre faveur.

Si les nuages se dissipent.

À Dieu de faire Sa part.

Il faut du vent.

Je me fiche de qui nous l'enverra.

Ce sera Dieu.

Je le Lui demanderai.

S'ils pénètrent dans la maison...

Priez pour que le vent et la lune se lèvent.

Je réclamerai du vent.

Et le retour de mon mari.

Avec Spencer à ses côtés.

Il y a du retard.

Ouais.

Le voilà.

36 °C.

- Alex ? - Elle sent à nouveau ses pieds.

C'est inédit, comme sensation.

On est arrivés ?

Presque. Il reste environ 50 km.

Rappelez-vous.

Ignorez le chaos et montez à bord.

Où iras-tu, toi ?

Vous avez assez d'argent pour recommencer.

Repartir à zéro.

À zéro ? Comment ça ? Que se passe-t-il ?

Fais-moi confiance.

Écartez-vous

pour laisser descendre les passagers.

- Spencer ? - Que faites-vous ?

Lâchez vos armes !

- Maintenant. - Non, vous !

Lâchez-les, tout de suite !

Henry.

Ellie !

Montez à bord !

Tu es un homme de parole, après tout.

Je te l'avais dit.

Envoie ma famille à Portland.

Où tout ça appartiendra au passé.

Tout comme moi.

Tu as ma parole.

Un homme n'a rien d'autre.

À quoi ça rime ?

À de la peur, j'imagine. De l'arrogance.

Bon sang !

Vous êtes blessé.

C'est une vieille blessure.

Elle me paraît récente.

Tu peux marcher ?

- Je n'ai pas essayé. - Carl !

Va l'aider.

Il faut partir, vite. Une ambulance attend à Bozeman.

- Et... - Les passagers ?

On reviendra.

- Ce n'est pas si simple. - On reviendra !

Ce n'est pas fini.

Mais mon ardeur décline.

D'abord, j'emmène ma femme à l'hôpital.

Et je rejoins la maison.

S'il en reste quelque chose.

Viens.

Voici mon oncle.

Jacob.

Madame.

La guerre n'a rien de métaphorique, dans la famille.

En effet.

À ton tour de te battre.

J'imagine.

Si on veut s'installer ici, oui.

Mais on peut vivre n'importe où.

Elle t'a écrit dans ce but.

Et c'est pour te battre que tu es revenu.

Je t'aime.

On se voit à Bozeman.

Auscultons ces blessures.

J'ai comme l'impression

que vous en avez vu de belles.

Oui.

Ça peut m'être utile.

Tu feras un bon adjoint.

Voitures ou chevaux ?

La voiture est plus rapide.

En son cœur, elle avait craint de ne jamais le revoir.

Mais si. Elle avait goûté sa bouche.

Une dernière fois.

Pour elle,

c'était suffisant.

Prends un fusil de chasse,

pour tirer depuis une cachette.

Avec celui-là, on n'évite pas les obstacles.

On tire à travers.

Allez.

Montre-toi.

On vous avait dit de ne pas rester ici.

Merci d'avoir désobéi.

C'est fini, la rébellion. À l'étage !

Ce jour marque l'aube

de l'âge d'or du Montana.

Nous entamons l'extraction de l'unique ressource

dont la valeur augmente

au fur et à mesure qu'elle se généralise.

Le tourisme.

Les fermiers troquent les champs pour les promesses

de la ville.

Les contrées sauvages de l'Amérique se changeront en parcs.

En terrains de jeux pour les élites.

Supposons.

Où est le profit ? Dans les hôtels ?

Oui.

- Restaurants ? - Aussi.

Et cette station,

pour le ski.

Les négociations vont bon train, en ce moment même.

Il est de notoriété publique que l'hôtellerie rapporte peu.

Elle est indigne de vous.

De nous tous.

Vous dites vrai.

Individuellement.

Mais en cas d'association...

Un endroit unique,

où l'on cède à tous les caprices de monsieur.

Hébergement, nourriture, alcool, danse,

jeux d'argent, ski, chasse...

Sans exception.

Sans oublier le trajet aller-retour,

fourni par nos services.

Et la concurrence ?

Notre rival est le Colorado.

Situé à presque mille kilomètres.

Les villes offrent de la culture, du confort.

Mais elles soustraient à l'homme ce qui le définit en tant que tel.

Son désir irrépressible et insondable

de sillonner

des territoires indomptés.

Affronter leurs monstres,

venir à bout de leurs montagnes.

Aucun concert donné à Manhattan ne peut rivaliser avec cela.

Lorsque vous forniquez avec une femme,

c'est l'animal en vous qui transparaît.

Cette créature a besoin de vagabonder.

Nous allons lui en donner l'occasion.

Je l'accompagne.

L'ambulance va...

- Je l'accompagne. - On est complet.

- À l'arrière. - C'est ma place.

Pas ce soir.

L'hôpital est loin ?

À huit ou neuf kilomètres.

Pourriez-vous

vérifier qu'il y a assez de carburant pour un tel voyage ?

Aucun risque de panne sèche.

Je n'avais jamais entendu une femme poser cette question.

Eh bien...

On ne m'y prendra plus, Jacob.

Arrête la voiture.

Éteins le moteur.

Ça vient de la maison ?

On dirait bien.

Coupe les phares.

Suis la route.

Ils ont besoin de nous en bas !

Il en reste.

Reste ici et continue de tirer.

Cara.

Ils sont tout près.

Qu'il aille en enfer !

Une minute.

Arrête-toi.

C'est Spencer.

Pardon ?

Spencer est là.

Tante Cara ?

Spencer ?

Si jamais,

je suis juste là.

Je te vois.

- Blessé ? - Pas plus qu'un autre.

J'ai pas pu tirer une seule fois !

- Et Jacob ? - À l'hôpital.

Avec ma femme.

Tu es marié ?

Et comment !

Je lui suis redevable.

Ce n'est pas pour Jacob.

Elle a des soucis.

Je prépare le chariot.

Nous avons des voitures.

Je ne le vois pas.

Où est-il ?

Où est Jack ?

- Je l'ignore. - On ne l'a pas vu.

Dennis, emmène Jasper jusqu'à Livingston.

Trouvez-le !

Bien.

Lequel est leur chef ?

Il est terré dans son hôtel particulier.

Il détruit des vies,

tandis qu'il s'empiffre

et invite à dîner les hommes

qui s'attèleront à réduire cet endroit à néant.

Il est responsable ?

Cela ne fait aucun doute.

Son nom ?

Whitfield.

Je n'arrive pas à trouver la balle.

Forcément, triple buse,

car il n'y en a pas !

C'est une vieille blessure.

Le plomb empoisonne, lentement.

Vous pensez que j'en ai cure ?

J'ai 80 ans, bon sang !

Recousez-moi ça !

- Col dilaté à 8 cm. - Son corps provoque l'accouchement.

- Avortement et amputation. - Absolument pas.

Votre fœtus n'a que six mois. Il ne peut survivre à l'air libre.

Vos jambes sont nécrosées jusqu'au tibia.

Votre main droite, jusqu'au poignet.

Vous ne verrez plus le soleil se coucher

si nous n'amputons pas.

- Le bébé sort. - Finissons-en et opérons-la.

Tenez.

Passez-le-moi.

Passez-le-moi !

Un garçon, vous en êtes sûre ?

Je le sais, point.

Vous avez vu juste.

Mais ne vous attachez pas trop.

Ses poumons ne sont pas formés, il ne survivra pas une heure.

Eh bien, soit.

Va pour une heure.

Je dois vous opérer.

Passez-lui cet enfant.

Bonjour.

L'espoir est bien cruel.

Préparons-la pour l'opération.

Non !

Elle refuse.

Elle va mourir.

Le bébé, également.

Elle aura d'autres enfants.

Elle refuse.

Appelez un prêtre.

Je n'en ai nul besoin.

Je vais l'appeler John.

Comme son frère.

Ça lui plairait.

Mais...

un monde où vous existez lui plairait encore davantage.

Une mère qui se fait passer avant son propre enfant

n'est pas une mère digne de ce nom.

Comment pourrais-je élever un enfant

avec des moignons en guise de pieds

et une seule main ?

Nous serions deux enfants.

Cette conversation devrait avoir lieu avec votre mari.

Je crois que nos conversations sont révolues.

Même si elles étaient splendides.

À vrai dire, c'était surtout moi qui parlais.

Vous lui expliquerez ?

Vous le ferez vous-même.

C'est prévu.

Mais...

rien ne se passe jamais comme je l'ai prévu.

Vous le lui direz vous-même.

Son cheval paissait près de la maison.

Sans selle.

Il a peut-être pris un autre cheval, le sien s'étant échappé.

Allons chercher le chariot.

C'est là ?

Elle est à l'intérieur.

Ils voulaient

m'amputer des jambes

et d'une main.

Et me prendre notre enfant.

S'en débarrasser comme de vulgaires déchets.

J'ai refusé.

Je vois bien.

Tes jambes sont loin de ton cœur.

Je ne suis pas une rêveuse.

Je ne saurais pas

m'imaginer courir à travers les champs.

Je dois le vivre.

Pour rien au monde je n'échangerais

le fruit de notre amour

contre ma vie.

Sois patient avec lui, Spencer.

S'il me ressemble un tant soit peu,

il sera un enfant très pénible.

J'aurais voulu la rencontrer.

Elle t'aurait plu.

Un vrai mustang sauvage.

Elle me rappelle quelqu'un.

Tu ramènes encore tout à toi.

Va à la ferme. Il nous faut deux chèvres.

Ce n'est pas ouvert.

À l'ouverture, tu seras prêt.

Elles doivent donner du lait.

Et pas dans une semaine.

Tu crois que je pourrais...

Je doute que ça les dérange.

Peut-être...

demain.

Cara ?

Je ne sais pas quoi faire.

Tu n'es pas censé le savoir.

Mais moi, je sais.

Allons-y.

Allons voir celui qui a tué ma femme.

Que venez-vous faire ici ?

Lindy.

On en a déjà parlé.

Navrée.

Parfois, je me laisse emporter.

La retenue, Lindy,

est le fondement...

Regarde-moi.

Tu te plais ici ?

Alors, va-t'en.

Je vous l'avais dit.

J'ai compris.

Le fils prodigue s'en est revenu.

Il sera la dernière chose que vous verrez.

J'imagine que vous avez

préparé une explication pour le meurtre

d'un homme dans sa salle à manger.

Ceux à qui cette explication serait due sont morts.

Vous avez prêté serment.

Cet insigne est lié à un serment.

Celui de faire respecter la loi.

La loi.

Qu'il en soit ainsi.

Ce sera la prison.

Je t'ai pas dit de bouger.

Vous ne resterez pas impunis.

Je n'y compte pas.

Au contraire, votre cas fera un tel exemple

que 50 ans passeront

avant qu'un autre guignol ne pose un pied dans la vallée.

Je ferai en sorte

que votre misérable fin

soit enseignée à l'école.

Regarde-moi.

Tu as tué ma femme.

Je ne vous connais pas.

Elle s'appelait Alex.

J'aimerais que tu prononces son nom.

Alex ?

Cas suivant au tribunal.

Les États-Unis d'Amérique face à Teonna Rainwater.

Trois meurtres à l'école pour Indiennes

dans le Dakota du Nord.

Pourquoi est-elle ici

et non devant le magistrat du Dakota du Nord ?

Nous en avons discuté avec lui.

Selon lui, tous les témoins de l'affaire

se trouvent dans l'Oklahoma. Il est donc opportun

qu'elle comparaisse ici.

Ces témoins sont-ils présents ?

Si la cour le permet,

voici les certificats de décès des témoins.

Père Jacques Renaud.

Nathan Kent, marshal adjoint.

Eh bien,

est-elle également accusée de leur assassinat ?

Non. Ces meurtres sont à part.

La marshal Fossett est prête à témoigner

au sujet des détails de leurs morts,

si possible.

Nous préférerions

des témoins pour étayer les accusations.

L'accusation en a-t-elle ?

Non, monsieur le juge.

Et des preuves de la culpabilité de l'accusée ?

Non, monsieur le juge.

Alors, pourquoi diable sommes-nous ici pour en débattre ?

L'accusation souhaiterait déposer

une requête d'irrecevabilité.

Volontiers.

Requête acceptée.

Que le magistrat du Dakota du Nord fasse justice dans son État,

comme il se doit.

Surtout si c'est ainsi qu'il procède.

Ça veut dire quoi ?

Vous êtes libre.

Je ne sais pas quoi faire.

Nous préférerions que vous partiez.

Pour aller où ?

Chez vous, peut-être ?

Je n'ai plus de chez-moi.

Il est temps d'en trouver un nouveau.

Pour les cerfs.

D'accord.

Dans quelle direction ?

Tente la Californie.

Les Indiens et les Mexicains y sont nombreux.

Il y a des fruits et du gibier.

C'est la terre des Chumashs.

À l'ouest.

Une fois dans la mer, tu l'auras dépassée.

Merci.

Teonna !

Tu as bien fait de résister.

Peut-être.

Mais j'en ai payé le prix fort.

Comme toujours.

Il y a probablement plus de tombes sans nom dans le Montana

que de sépultures surmontées de marbre

présentant le mort aux étrangers.

Les amants n'ont nul besoin de repère.

Ils savent parfaitement où repose leur moitié.

Car ils l'y ont déposée.

Dis donc, petit.

Il nous faudra trois chèvres, à la vitesse où tu siffles ça.

Je sais.

Tu as l'impression de déserter.

Mais c'est faux.

La raison de ta présence ici n'est plus.

Puisse la ville t'en offrir une autre

qui te fera perdre la tête

et t'incitera à m'écrire des lettres niaises.

Un homme ? C'est le cadet de mes soucis.

Ça nous fait une bonne leçon.

Mais ça ne marche pas ainsi.

Non.

Il y en a toujours pour venir mettre la pagaille.

Mais parfois, se laisser emporter n'est pas désagréable.

Je vous écrirai.

Ce serait gentil.

Bon,

je dois me tourner à nouveau vers l'avenir.

Celui-ci.

Tu représentes une fenêtre sur le passé.

Et ce dernier...

Quoi que la vie me réserve,

je l'aimerai à jamais.

C'est faux.

C'est faux.

Tu chériras ces souvenirs

jusqu'à t'en créer de nouveaux.

Et un jour, même son souvenir disparaîtra.

Ce n'est pas grave.

C'est la vie.

Je me souviendrai de lui pour nous deux.

Du bétail sur les monts Crazy.

Un terrain hostile.

J'aimerais le rassembler.

Tu viens ?

Je pense que je vais m'asseoir sous le porche.

Observer ton fils.

Et songer au sens de la vie.

Ce genre de sottise.

Je reviens dans une semaine.

Je n'en doute pas.

Tu n'es pas de la partie ?

Je passe mon tour.

Tu prends ta retraite ?

En effet.

Quel est ton projet ?

T'asseoir ici et t'enivrer

pour que j'aie deux enfants à border ?

À peu près.

Comment était-elle ?

Alexandra.

Dis-moi.

Une étoile filante douée de parole.

Voilà ce qu'elle était, chérie.

Des étoiles parlantes.

Tu te rends compte ?

Qui eût cru qu'il en existait deux ?

Spencer ne se remaria jamais.

Il vécut avec une veuve, eut un autre garçon.

Il refusa de l'épouser.

Et puis un jour,

elle s'en fut.

Le souvenir d'Alexandra ne ternit pas dans sa mémoire.

Pas de coins élimés.

Pas de couleurs estompées.

Jamais.

Alexandra Dutton

était née le jour du poisson d'avril,

en 1901,

dans l'Oxfordshire, en Angleterre.

Elle s'éteignit

le 29 mars 1924.

Quand l'âge vint lui ravir ses souvenirs,

Spencer choisit de fermer les yeux

pour s'en inventer de nouveaux.

45 ans plus tard,

mon petit frère la rejoignit.

Tu en as mis, du temps.

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