Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
SHERLOCK HOLMES ET LA FEMME EN VERT
Jamais au grand jamais, je n'oublierai cette matinée.
Les hommes de Scotland Yard ne dormaient plus depuis des semaines.
A la P.J., nous dormions encore moins.
Un cauchemar nous tenait éveillés, toujours le même.
Nous ne fûmes donc pas surpris quand le Préfet nous convoqua.
Nous attendions, sans savoir à quelle sauce il nous mangerait.
Puis-je fermer la fenêtre, Gregson ?
Si vous voulez.
Le Préfet se mettra en colère, courant d'air ou pas.
Messieurs, le Préfet.
On étouffe ici.
Asseyez-vous.
Messieurs, si vous voulez connaître vos prouesses,
lisez les fictions qui glorifient vos exploits.
Mais, par pitié, ne lisez pas les journaux.
lls vous donneraient un complexe d'infériorité.
Désolé d'avoir à le dire
mais il s'agit de la série de meurtres Ies plus atroces
depuis Jack l'Éventreur.
Pendant ce temps,
la P.J. jouerait à la marelle
que le résultat serait le même.
Regardez.
lci, ici et là.
Chacun de ces drapeaux qui parsèment la ville
représente le meurtre d'une femme,
sa terreur
son agonie.
Ces crimes ne sont pas ordinaires.
lls sont l'oeuvre d'un démon qui tue et mutile.
D'un boucher qui découpe ses victimes,
et en emporte un morceau en souvenir de ses massacres.
Trois femmes ont déjà été assassinées.
Vous n'avez pas trouvé un seul indice,
pas une seule piste.
Vous attendez des nouvelles d'une quatrième victime,
les bras croisés.
Les nouvelles vinrent vite,
Rue Lamberth, une jeune femme rentrait chez elle, tard hier soir.
Elle vit quelque chose et s'arrêta.
C'était un agent.
ll lui parla et la raccompagna au cas où.
ll la vit descendre les escaliers du sous-sol où elle habitait.
Je ne peux que présumer de la suite.
J'ai donc ravalé mon orgueil,
et l'inspecteur Lestrade et moi-même sommes retournés demander secours
à M. Sherlock Holmes.
On peut dire que j'avais réellement besoin d'aide.
Et de quatre, inspecteur.
Quatre femmes sans défense au coeur de Londres.
Chacune avec l'index tranché.
Pas tranché, inspecteur Gregson,
proprement et savamment sectionné.
Le travail d'un habile chirurgien est notre seul indice.
Elle a environ l'âge de ma nièce.
Peut-on faire cesser cela ?
ll y a sûrement un moyen.
C'est l'oeuvre d'un monstre.
Je jurerais...
On n'a rien à se mettre sous la dent.
On n'ira pas loin sans le mobile.
Le mobile n'était ni le vol ni la passion, ni la vengeance,
car les victimes ne sont pas parentes.
Du nerf, inspecteur.
Désolé, M. Holmes.
Je ne sourcille pas quand le type peut se défendre,
mais toucher à un cheveu d'une demoiselle.
C'est horrible. Allons boire un verre.
- Bonsoir, M. Holmes. - Bonsoir, un whiskey.
- Un double pour l'inspecteur. - Ça vient.
lrlandais pour moi.
Merci du coup de main, M. Holmes.
Un plaisir d'aider Scotland Yard.
Ce n'est pas mon rayon
de rechercher un maniaque qui tue pour le plaisir de traquer.
Ou pour un simple doigt humain.
Dans les quatre affaires,
le meurtrier prend le risque de se faire prendre pour un doigt.
Pour quoi faire ?
Qui sait ? Il est fou.
ll y a peut-être une méthode dans sa folie.
Si on retrouve ces doigts manquants...
Si...
Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
Merci.
- Gardez-les, M. Holmes. - Merci.
- Sir George Fenwick ? - Oui.
C'est sa fille qui l'accompagne ?
Ne soyez pas si naïf, inspecteur.
Vous connaissez tout le monde, chéri ?
Mais non, je ne vous connaissais pas Ia semaine dernière.
Une semaine... C'est si vite passé.
- Je les collectionne. - C'est original !
- Nous y allons ? - Oui.
Que regardez-vous, M. Holmes ?
Une très belle femme.
Pas de la haute mais l'imitant à la perfection.
- Un dernier verre chez moi ? - Très bonne idée.
En effet.
Où emmène-t-elle sir Fenwick ?
Ne soyez pas si naïf, M. Holmes.
- Madame. - Des messages, Crandon ?
Non, madame.
Merci.
À boire, Crandon...
- Surprenez-nous. - Oui, madame.
Vous voulez dire...
Crandon est experte. N'est-ce pas ?
Oui, madame.
C'est une vraie perle.
Quel endroit charmant !
Vous trouvez ?
J'en suis ravie.
Asseyez-vous.
Cela vous ennuie ?
Si cela m'ennuie ?
Quelle question !
Rien ne m'ennuie.
Sauf votre absence.
Vous plaisantez, j'espère ?
Je plaisante.
Ne sommes-nous pas adultes ?
Plus ou moins.
Vous êtes un ange, Crandon.
Baissez la lumière en sortant.
Je préfère une lumière plus flatteuse.
- Peu importe la lumière, vous êtes... - Je suis ?
Vous savez bien.
Peut-être.
Cette femme n'a pas de prix.
Dur à croire mais elle est romantique.
Elle aime la musique langoureuse et pense que nous...
Mais, c'est vrai, non ?
Vraiment ?
Eh bien, c'est plutôt apaisant, reposant.
Oui.
Et on a tous besoin de se reposer
comme des enfants après leurs jeux.
Vous deviez jouer aux soldats, enfant.
Je n'y ai pas songé depuis des années.
Les petits bateaux m'enchantaient.
Tout ce que je pouvais faire flotter.
Comme ceci.
Et cela.
Des petits bateaux naviguant au pays imaginaire.
Le pays des beaux rêves.
Regardez.
Les étranges reflets de la lumière.
Des petites taches de lumière qui bougent...
... comme des étoiles au fil d'un ruisseau.
Je suis très sensible à l'atmosphère.
Cette pièce respire le meurtre.
Vous serez surpris d'apprendre
que la pauvre fille s'est fait tuer derrière cette porte.
- Si seulement je trouvais ! - Quoi ?
Ce que ces malheureuses victimes ont en commun.
Le mobile des meurtres.
Qu'est-ce donc ?
Un autre Jack l'Éventreur un maniaque.
Non, Watson. Là, il y avait un point commun.
Ses victimes venaient du même milieu et du même quartier.
Celles-ci sont de quartiers et de milieux divers et variés.
Non, cher ami, ce n'est pas un maniaque à tendance meurtrière.
C'est infiniment plus sinistre.
Vous me faites froid dans le dos.
Watson
ces meurtres sont liés à une entreprise diabolique.
Possible. Et les doigts sectionnés ?
La réponse à cette question, mon cher, est la clé du mystère.
''Ma chère soeur, j'ai adoré nos vacances à Brighton avec Alph.
''J'ai hâte de vous retrouver.''
Pauvre petite.
Ça vous serre la gorge.
Je l'imagine assise là, heureuse, à écrire sa lettre
ignorant sa mort prochaine.
Tiens !
Gregson.
Vous voilà. Je vous cherchais.
- Qu'y-a-t-il ? - Un meurtre à Edgeware Road.
- Une femme ? - Oui, avec l'index droit coupé net.
Le journal, édition du matin !
Le journaI, horrible meurtre !
Meurtre à Edgeware Road,
Tout sur l'affaire !
Crime atroce d'une jeune femme,
Demandez le journal !
Horrible meurtre, le journal ! Tout sur le meurtre,
Edition du matin ! Tout sur le meurtre,
Le journal, un crime atroce !
Une autre femme assassinée, Le journaI, m'sieur !
Horrible meurtre, le journal ! Tout sur l'affaire !
Demandez le journal ! Meurtre à Edgeware Road,
L'affaire des doigts.
Un crime épouvantable, Meurtre à Edgeware Road,
Assassinat d'une jeune fille,
tout sur l'affaire !
Madame, le meurtrier a encore frappé.
C'est épouvantable !
Oui, madame, je ne suis pas rassurée.
Mon Dieu !
- Sir George ! - Où est Mlle Marlow ?
- Je ne sais... - Où est-elle ?
Lydia.
Sir George !
Que s'est-il passé ?
Je ne sais pas.
Vous devez m'aider !
Je ne comprends pas.
Écoutez, je viens de me réveiller
dans une pension de bas étage près d'Edgeware Road.
J'ignore ce que j'y faisais.
- Mon dernier souvenir est ici. - Calmez-vous, sir George.
Quand suis-je parti ?
Eh bien, il était environ...
ll était exactement 22h45, madame.
Vous aviez l'air, si j'ose dire,
un peu tourmenté,
détaché, absent.
Je pensais vous avoir offensé.
Je ne m'en souviens pas.
Je n'y arrive pas.
Cela vous est-il déjà arrivé ?
Quoi ?
Ce genre d'amnésie.
S'il était 22h45 quand je suis parti
et 9h ce matin à mon réveil
cela fait plus de dix heures.
Dix heures qui m'échappent.
Et dans ma poche, j'ai trouvé...
Là, dans ma poche...
- Ce n'est pas... - Ce n'est pas pour vous.
Excusez-moi, madame quelqu'un demande à voir monsieur.
- Renvoie-le. - Oui, madame.
Non, je vais le recevoir.
Eh bien ?
Jolie pièce.
Pas grand-chose à voir avec le lieu de votre réveil.
- Vous m'avez suivi ? - Oui.
Vous êtes détective ?
Non, plutôt l'inverse.
- N'ayez pas peur, sir George. - Vous connaissez mon nom ?
Oui.
Un nom ancien et fort respecté.
Avec ce nom et cette immense fortune
vous voudrez sans doute récupérer cette babiole
avant qu'elle ne tombe entre les mains de la police.
C'est à vous, si je ne m'abuse. Les initiales : G. F.
Où l'avez-vous trouvé ?
ll est tombé de votre poche,
mais vous n'avez rien remarqué.
Vous étiez très affairé penché sur quelque chose,
un couteau à la main.
Puis vous avez mis quelque chose dans votre poche.
Venez donc, Holmes.
Je me tue à vous le dire.
Prenez part au festin. Tartelettes au dessert.
Toujours pas tenté ?
Vous et votre poisson...
Le poisson est bon pour la mémoire.
Je n'ai pas de mémoire.
Un jour entier et une nuit sont passés
depuis le carnage d'Edgeware Road,
et je n'ai pas encore une seule idée.
Tiens, voilà une cliente si j'en crois mes yeux.
Séduisante. Très séduisante.
Elle a quitté son domicile très chamboulée.
Comment cela ?
Elle ne porte pas de gants. Étrange pour une jeune élégante.
Ni de manteau. Et la voiture est décapotée.
Elle veut me montrer quelque chose dans son sac.
- Expliquez-vous. - Il n'est pas assorti à sa robe.
Elle l'a choisi pour sa taille, pas pour son style.
Afin d'y loger un objet volumineux.
Vous m'épatez, Holmes.
Élémentaire, mon cher.
lntéressant.
Quoi donc ?
Le taxi devant la maison vide.
Pourquoi l'a-t-il suivie ?
- J'en aurais fait autant. - Les jumelles.
On ne tardera pas à le savoir. Entrez, Mme Hudson.
Une jeune femme, monsieur.
- Très urgent. - Faites-la entrer.
Par ici, mademoiselle.
- M. Holmes ? - Et voici mon ami, Watson.
Comment allez-vous ?
M. Holmes, veuillez m'excuser, je...
Asseyez-vous.
- Venez. - Vous permettez ?
Tout ira bien.
Nous sommes entre amis, Mlle Fenwick.
Vous savez mon nom ?
Rien de sorcier je vous ai souvent vue e!n photo.
La fille de sir George Fenwick ?
Oui, c'est mon père, il...
Qu'a donc votre père ?
Je ne sais pas quoi faire.
ll a toujours été si bon, si gentil.
- Mais depuis la mort de maman... - Nous avons appris.
Je n'avais pas prêté attention à son absence la nuit d'avant-hier.
Mais il n'est rentré qu'hier soir.
ll n'est pas venu dîner.
ll a arpenté la bibliothèque pendant des heures
sans vouloir me laisser entrer.
Du calme !
Prenez votre temps.
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit.
J'entendais des bruits.
Quel genre de bruits ?
Quelqu'un sous ma fenêtre.
J'ai vu une silhouette dans l'allée.
Et j'ai reconnu mon père qui rôdait dans son propre jardin,
comme un voleur.
ll avait une bêche à la main.
ll a commencé à creuser près de la serre.
Ce matin à l'aube je suis allée au jardin,
et j'ai trouvé ça.
Un doigt.
Un doigt humain.
Appelez Scotland Yard, Watson.
Que Gregson nous rejoigne immédiatement
chez sir George Fenwick à Kingston.
Opérateur ? Scotland Yard, vite !
- Où est mon père ? - Dans la bibliothèque.
Merci, allons-y tout de suite.
- Message reçu, M. Holmes. - Effectivement.
Papa, je peux entrer ?
Papa ?
C'est bizarre.
ll ne répond pas.
- Vous permettez ? - Je vous en prie.
Watson, vite !
- Occupez-vous de Mlle Fenwick. - Par ici.
Mort ?
Oui.
Conclusion, docteur ?
Une balle dans le dos entre les côtes.
Elle a pénétré le coeur.
Voyez les traces de poudre.
- Je m'en doutais. - Expliquez-vous.
Le taxi qui a suivi Mlle Fenwick à Baker Street.
Quel rapport ?
ll a pu avertir quelqu'un de ma visite.
On a assassiné sir George pour le faire taire.
L'arme ?
Un revolver de petit calibre. À bout portant d'après la blessure.
Le meurtrier est entré par la porte-fenêtre.
Voyez les traces de ses bottes.
Sir George a surpris l'intrus et s'est avancé jusqu'ici.
J'ignore la suite,
mais l'endroit de la blessure indique qu'il s'est retourné un instant.
On lui a placé le revolver entre les côtes pour étouffer le coup.
ll avançait encore une fois touché.
C'est évident, regardez.
La traînée de sang mène au bureau.
Sir George cherchait quelque chose.
Mais quoi ?
ll appelait à l'aide, le pauvre.
Non, il y a une sonnette.
La traînée de sang mène jusqu'au bureau.
Je me demande s'il ne voulait pas attraper quelque chose.
Sa main droite est fermée.
Normal, dans son agonie.
Pourquoi avoir serré le poing dans son agonie ?
Le poing droit, proche du bureau. Prenez note.
Si sir George a saisi une chose
qui lui a coûté sa dernière goutte de sang,
je dois savoir quoi.
Une boîte d'allumettes.
Où cela nous mène-t-il ?
À un lieu capital, Gregson, Ia maison Pembroke.
Forcément, il y était.
On l'y a vu hier.
Bien que touché, il a fait un effort pour prendre cette boîte.
Peut-être voulait-il
désigner la maison Pembroke
à quelqu'un qui l'y a,vu, tout comme nous
en compagnie d'une femme.
Entrez.
On a déposé ceci pour M. Holmes il n'y a pas 10 minutes.
Merci, Mme Hudson.
Le relevé bancaire de sir George, probablement.
Le relevé... Vous pensez ?
Sa fille nous a dit qu'il avait fermé son compte.
Je me suis renseigné.
ll a tout retiré en liquide.
Près de 10 OOO livres.
Hier, après l'assassinat de cette jeune femme.
Vos conclusions, Watson ?
- Il a payé quelqu'un. - Exact.
Je sens l'odeur doucereuse du chantage.
Aurait-il payé un témoin du meurtre de Mlle McLean ?
- Sir George n'a jamais tué personne. - Mais le doigt...
Et il a déboursé l'argent.
Le chantage est une chose terrifiante.
Les accusations font peur, aussi fausses soient-elles.
Elles souillent les noms des victimes
et peuvent détruire leur vie.
Si sir George n'a pas commis ces meurtres, qui diable ?
Non pas un, mais plusieurs hommes.
Ne me faites pas croire à une organisation criminelle
qui découpe les doigts !
Eh bien, c'est possible.
Qui qu'ils soient, ils sont fous à lier.
Au contraire, cher ami
si mes suppositions sont exactes, ce projet a derrière lui
l'esprit le plus vif que la terre n'ait jamais porté.
- Professeur Moriarty ? - Oui.
Vous ne pensez qu'à lui.
Chaque mois, vous lui mettez un nouveau crime sur le dos.
- Il est mort. - Ah bon ?
Vous le savez bien.
Pendu à Montevideo il y a plus d'un an.
Oui, il parait que quelqu'un y a été pendu sous ce nom.
Mais je parie que Moriarty est vivant
et ici même à Londres.
Allô.
Le Dr Watson ? Une minute.
C'est pour moi ?
Allô. Dr Watson à l'appareil.
Non, désolé, j'ai pris ma retraite. Je n'exerce plus.
Comment ?
Ah, si c'est une urgence...
Une petite minute.
Veillez à ce qu'elle ne bouge pas.
Ne la touchez surtout pas, j'arrive.
Fracture, rue McArthur.
Femme forte.
90 kilos.
Quelle poussière !
90 kilos
et elle grimpe sur un tabouret pour nourrir son canari !
ll faut une loi contre les gros qui possèdent des oiseaux.
À bientôt, mon vieux.
Ce sac n'a pas servi
depuis que j'ai mis au monde Ia petite Amelia Watson.
Elle est devenue assez laide. Pas étonnant avec un nom pareil.
Amelia !
Que les gens sont bêtes !
Professeur Moriarty.
Sans vouloir paraître indiscret,
que me vaut le plaisir de votre visite ?
Belle surprise pour Scotland Yard.
Une chance qu'ils me croient mort à Montevideo.
- Je n'espérais pas vous duper, vous. - Merci.
Je me suis aperçu, M. Holmes,
des avantages d'une vie honnête.
C'est douillet ici.
Plus je prends de l'âge,
plus j'aime les petits conforts.
Je vous demande pardon, asseyez-vous.
Merci.
Que puis-je pour vous ?
Tout ce que j'ai à dire vous a déjà traversé l'esprit.
Et ma réponse a sans doute traversé le vôtre.
- C'est votre dernier mot ? - À votre avis ?
Je veux vous voir pendu pour l'affaire des doigts.
Vous n'avez pas de preuve.
Pas la moindre.
Mais je vous ai vous.
Je pourrais vous livrer à la police sur-le-champ.
Vous pourriez, mais vous ne reverriez jamais le Dr Watson.
Le coup de téléphone ?
Tout à fait.
J'ai pensé que vous aviez pris de telles précautions.
Sinon, j'aurais saisi un revolver
et accompli un acte de bravoure.
Très astucieux.
Pas assez, j'aurais dû vous devancer.
Mais
s'il arrive quelque chose à Watson, je vous traquerai sans relâche.
ll ne sera fait aucun mal au Dr Watson pour cette fois.
Je ne réponds de rien pour l'avenir.
M. Holmes, je vous conseille vivement d'abandonner.
N'y pensez même pas.
Réfléchissez bien.
Nous nous sommes souvent rencontrés.
Vous voulez m'envoyer à la potence.
Cela n'arrivera jamais.
Mais
si vous contribuez de quelque façon à ma destruction
vous n'en savourerez pas la victoire.
Nous franchirons ensemble Ies portes de l'éternité.
Quel joli tableau !
Je trouve aussi. Ça doit en valoir la peine.
Lacets, patron ? Deux pence la paire.
Assez solides pour vous pendre.
Assez, je ne veux ni de vos lacets, ni de votre compagnie !
- Lacets, patron ? - Quelle impertinence !
Filez ou je porte plainte.
Lacets, patron ?
Lacets, patron ?
Pour un pauvre type qu'a qu'un bras.
Alors, et Holmes ?
Tu liras sa notice nécrologique dans les journaux.
Vous voilà, Watson. Entrez.
J'allais justement partir à votre recherche.
Et pourquoi donc ?
Si vous me croyiez perdu,
vous aviez raison.
Au diable les plaisantins !
Savez-vous où je suis allé ?
- Droit dans l'impasse. - Exactement.
Faux numéro rue McArthur.
Une farce de mauvais goût.
Avez-vous...
rencontré quelqu'un ?
Personne en particulier. Un idiot de vendeur de lacets.
Un mendiant coriace comme la mort.
Comment le savez-vous ?
ll vous a laissé pour le sosie du roi Philippe.
Ce sosie, mon cher Watson
- était Moriarty en personne. - Comment ?
- Il vient de partir. - Vous l'avez laissé filer ?
Vous avez perdu la tête. Pourquoi ?
ll m'a fait croire qu'il détenait un de mes amis en otage.
Un ami, lequel ?
Un gros paresseux. Un médecin, me semble-t-il.
- Un médecin, je le connais ? - Je crois bien.
- Il répond au nom de Watson. - Watson ? Jamais entendu...
- Qui, moi ? - J'en ai bien peur, mon vieux.
Votre marchand avait pour mission
de vous liquider si les choses tournaient mal.
Vous avez laissé partir Moriarty à cause de moi ?
Je n'avais pas le choix. Je ne veux pas vous perdre, mon vieux.
C'est très gentil de votre part,
mais vous auriez pu le coffrer.
Nous y viendrons.
Je connais le mobile.
Reste à découvrir Ia méthode du chantage.
- La méthode ? - Oui.
Comment Moriarty attire les payeurs sur les lieux du crime,
cache sur eux les doigts sectionnés
et les convainc...
... d'avoir eux-mêmes commis ces horreurs.
Étrange.
Très étrange.
Quoi ?
La fenêtre de la maison vide en face.
Au premier étage.
Eh bien ?
Elle est ouverte.
Quel mal à ça ?
Elle était fermée il y a une demi-heure.
Ce n'est pas notre affaire. Qu'elle reste ouverte !
Voulez-vous
aller jeter un oeil, mon vieux ?
Pénétrer dans une propriété privée !
- Très bien, j'irai moi-même. - Si vous le prenez comme ça.
Perdre son temps à fermer des fenêtres à cette heure de la nuit.
- Tenez, prenez cette torche. - Pardon ?
lndigne d'un médecin.
Le Dr Watson et sa torche !
Vous comptez vous asseoir et lire un bon livre ?
- Excellente idée. - C'est ça !
Je joue les gardiens pendant que vous lisez.
Amusez-vous bien.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Un porte-parapluies.
C'est mignon d'avoir ça chez soi.
Leur animal de compagnie sans doute.
Sûrement un rat.
Pendant qu'il lit confortablement !
ll a tué Holmes.
ll a tué Sherlock !
Watson.
Vous ?
Mais il vient de vous tuer.
Pas moi, mon cher
le buste de Jules César.
À propos, vous avez dû remarquer que de tout temps,
les grands hommes ont de grands nez.
On va avoir des ennuis avec Mme Hudson.
Vitres brisées débris de plâtre parterre.
Debout !
Caporal-chef Williams, régiment du Middlesex.
Réformé pour inaptitude physique.
Papiers en règle.
Caporal-chef Williams, vous avez servi en Extrême-Orient.
L'Orient.
Je m'en doutais. Regardez son teint, Watson... jaune safran.
ll a pris de la quinine, un remède contre le paludisme.
Tireur ?
Tireur.
Pourquoi vouloir me tuer ?
Je devais le tuer.
Je devais.
- Secouez-vous ! - Arrêtez, Watson.
- Il simule. - Non.
Qui vous a dit de me tuer ?
Elle.
Elle ?
Je ne peux pas
manquer ma cible.
- Si, par chance, M. Ie meurtrier ! - Non, Watson.
Caporal-chef Williams,
elle vous a dit que vous deviez le faire.
Je devais le faire.
- J'ai trouvé, Watson ! - Quoi ?
- La méthode de l'affaire des doigts. - Alors ?
L'hypnose, mon cher, l'hypnose.
Ce n'était pas contre nature. C'est diabolique.
lls ont choisi exprès un tireur de métier.
- Qui sont-ils ? - Moriarty et les coupeurs de doigts.
Williams a parlé d'une femme.
Elle a dû l'inviter à prendre un verre chez elle ce soir.
Un endroit tranquille, Iumière tamisée, musique.
Vous rêvez tout haut, Holmes. À quoi ressemble cette femme ?
La trentaine, joli visage, blonde, Ies yeux brillants.
Ah, oui, vous avez son numéro ?
Williams nous donnera son adresse.
Occupez-vous de lui, Gregson. Ne laissez personne l'approcher.
C'est le témoin-clé de l'affaire.
J'espère que vous visez juste, Holmes.
Debout, Williams.
Accompagnez l'inspecteur Gregson où il veut.
Venez.
- Appelez-moi dès qu'il revient à lui. - Entendu.
- Bonne nuit, messieurs. - Bonne nuit.
Si l'ami Williams est sous hypnose, sir George devait l'être aussi.
J'en suis convaincu. Une tasse de thé ?
Merci, mon vieux. On mange ?
Pourquoi ne pas s'être servi de sir George comme meurtrier ?
lls ne voulaient pas le voir pendu.
lls préféraient le faire chanter.
Qui est le véritable meurtrier ?
Un gars de la bande de Moriarty.
Une technique diabolique et rudement simple !
- Tuer une femme... - Mais pourquoi couper les doigts ?
Mon cher, c'est très simple.
Les doigts coupés relient Ia victime du chantage aux meurtres.
Au réveil, elle trouve un truc grisâtre dans sa poche.
Elle ne sait pas qu'elle a été hypnotisée.
Elle pense avoir pu commettre un crime atroce
dans un accès de folie.
Alors qu'elle est dévastée, Ies maîtres chanteurs s'en emparent.
Exactement.
lls jurent l'avoir vue à l'action.
La victime paierait n'importe quoi
pour éviter le déshonneur d'un procès.
Ça colle si l'on croit à l'hypnose.
Seule explication possible.
L'hypnotiseur serrait donc cette femme blonde aux yeux brillants
de votre invention.
Je ne l'ai pas inventée, mais vue.
Quoi ?
Cette femme, mon cher Watson
accompagnait sir George à la maison Pembroke.
Je l'y ai vue et la reverrai.
Williams me conduira à elle.
ll faut le protéger pour qu'il puisse l'identifier.
lnspecteur Gregson ?
Quoi ?
Mettez tous les agents sur le coup. J'arrive tout de suite.
- Qu'y a-t-il ? - Williams a disparu.
- Bon sang ! - Allez !
Gregson a eu un accident. Williams a disparu dans le chaos.
- Échappé ? - Kidnappé, pour l'empêcher de parler.
- Moriarty serait dans le coup. - Avec Moriarty, tout est possible.
mort.
Vous voyez, tout est possible.
Bonjour, professeur Moriarty.
Je ne vous avais pas vu.
J'habille une autre poupée, une adorable infirmière
Qu'est-il arrivé à votre doigt ?
Une simple écharde.
Une vilaine écharde. C'est horripilant.
On n'est jamais assez prudent.
Laissez-moi la dénicher.
J'ai le parfait instrument.
Assez aiguisé pour fendre un cheveu.
Range ces outils. On en aura besoin.
Pas des outils, monsieur des instruments.
Range-les.
Lydia est là ?
Oui.
Laissez-moi faire.
Habillez-vous.
Holmes et Watson sont en route pour le club Mesmer.
Le club Mesmer ?
Le rendez-vous des meilleurs hypnotiseurs de Londres.
M. Holmes a découvert notre méthode ?
Si c'est vraiment le cas c'est une simple suspicion.
On veillera à ce que ça s'arrête là.
ll vaudrait mieux.
Williams est mort avant de parler.
Que dois-je faire ?
Allez au club Mesmer et persuadez Holmes de venir ici.
C'est dangereux.
Chaque rencontre avec lui est potentiellement dangereuse.
Vous dites qu'il n'a pas vu votre visage à la maison Pembroke.
Comment vais-je convaincre M. Holmes de m'accompagner ?
- Je le kidnappe ? - Non.
Holmes a un point faible, son insatiable curiosité.
Si vous l'attisez il ira n'importe où.
Profitez de chaque opportunité.
Par ici, messieurs..
- Je vais vous annoncer au Dr Onslow. - Merci.
Voici donc le club Mesmer.
Si vous voulez mon avis l'hypnotisme est une imposture.
En tant que médecin, reconnaissez sa place dans les sciences modernes.
900/o des hypnotiseurs sont des escrocs de la pire espèce.
Une bande de charlatans exploitant la bêtise humaine.
- Dr Onslow, j'imagine. - Enchanté, M. Holmes.
Votre confrère, Mycroft, m'a dit que je pourrais vous aider.
Un membre précieux de notre groupe d'escrocs et de charlatans.
Pardon, monsieur j'ignorais votre présence.
- Mon ami, le Dr Watson. - Enchanté.
Je me demandais... Nous sommes en pleine session expérimentale.
Voulez-vous vous joindre à nous ?
- Certainement. - Instructif.
- Suivez-moi. - Merci.
... à soigner ses patients.
Aujourd'hui, la valeur thérapeutique de ce qu'on appelle l'hypnotisme
est reconnue par une foule de médecins.
Notamment en chirurgie,
lorsque une anesthésie Iocale ou générale est déconseillée.
Déconseillée, des clous ! Désolé.
Pour les retardataires, je rappelle
que j'ai placé ce sujet dans une hypnose profonde.
Dans son état il ne ressent pas la douleur.
Même celle causée par des traitements insoutenables.
lnsoutenable !
Excusez-moi.
Carter, vous dormez tranquillement.
Vous ne sentez plus rien.
Vos bras et vos mains sont engourdis.
Mobrey, la grande aiguille.
Carter, tendez la main droite.
Vous observez que l'aiguille
a complètement traversé Ia main du sujet.
Pas de sensation, pas de douleur.
La perte de sensation
est le test infaillible de l'hypnose profonde.
Absurde !
Le type est bourré de drogues. Pas vrai ?
Absolument pas, docteur.
Réveillez-vous, Carter.
Vous irez bien. Aucune douleur.
Réveillez-vous.
- Quand démarre-t-on ? - C'est fini, Carter. Debout.
Par ici, monsieur.
Votre groupe est-il au complet ?
Non, d'autres vont et viennent en permanence.
C'est bon pour ceux qui y croient, mais je suis un vrai professionnel.
Et vous ne croyez pas à l'hypnotisme, Dr Watson ?
Bien sûr, les hystériques ou les faibles d'esprit
se laissent mener à la baguette.
Mais si on a un brin de caractère...
Vous avez cent fois raison !
Vous n'êtes pas dupe de nos supercheries.
Pas dupe, cher monsieur, pas dupe.
Très juste.
Mais avec les faibles d'esprit, comme vous dites...
Excusez-nous, M. Holmes.
- Par ici, je vous prie. - À votre service.
Je vais vous montrer comment nous les charlatans
abusons les faibles.
Asseyez-vous, docteur.
lmprimons un mouvement à cette chose.
C'est merveilleux, l'attraction.
Sur les faibles d'esprit, bien sûr.
Un mouvement continu
qu'ils s'abandonnent à suivre des yeux.
Bien sûr, vous pourriez le fixer pour l'éternité, Dr Watson,
et cela ne vous ferait rien.
Enfin, cela pourrait vous assoupir un peu.
Comme le ruban blanc de la route
la nuit quand on conduit.
Le rythme est coulant,
ininterrompu.
Et la route continue
de s'enrouler
toujours la même,
dans une spirale sans fin.
Vous somnolez, vous êtes fatigué.
Laissez la route vous envahir.
La longue route.
La route lisse.
La route du sommeil.
Dormez.
Ouvrez les yeux.
Debout.
Tournez-vous.
Et maintenant, Dr Watson vous êtes en vacances en Ecosse.
Le pays est incroyablement beau.
On approche d'un ruisseau.
ll est peu profond,
mais retirez quand même chaussures et chaussettes.
Retroussez votre pantalon.
Ça suffira, l'autre jambe est imperméable.
Tournez-vous.
Attention au caillou.
Asseyez-vous.
Réveillez-vous.
Je vous l'avais dit ça ne marche pas avec! moi.
Quand on a un brin de cara...
Cela peut vous être utile.
- Pas de quoi rire. - Watson, elle est là.
Qui ? La femme ?
Oui, je vais aller la voir. Elle me mènera peut-être à Moriarty.
- Est-ce bien raisonnable, Holmes ? - C'est indispensable.
J'ai l'habitude de Moriarty.
Mais elle est peut-être hypnotiseuse.
Si ma volonté est faible je mérite d'être hypnotisé.
Je m'insurge, Dr Onslow,
on m'avait annoncé une réunion sérieuse
et je me retrouve au milieu de pitres.
Ma chère...
Elliotson et Esdaile ont souffert Ie martyr pour la vérité.
Et vous riez de vos farces cruelles.
Je suis d'accord avec vous, madame.
Cette séance était superflue, Dr Onslow.
Pardon, monsieur.
Je suis Holmes, Sherlock Holmes. À votre service, madame.
Merci, M. Holmes.
Désolée pour ce vacarme.
Je prends l'hypnotisme au sérieux.
Moi de même.
- On a peut-être un point en commun. - Possible.
- Un cocktail à la maison Pembroke ? - Avec grand plaisir.
Merci.
Je ne connaissais pas cet endroit.
C'est gentil de m'y avoir invitée.
Un remontant nous fera du bien.
Vous me trouvez...
- Je vous trouve très bien. - Merci.
J'ai un peu perdu la tête au club.
L'hypnotisme est presque une religion pour moi.
ll peut aider à soigner, à guérir.
Je ne supporte pas la dérision.
Je m'y connais peu, d'où ma visite au club Mesmer.
L'affaire dont je m'occupe me laisse perplexe.
- Quelle affaire ? - Le meurtre de sir George Fenwick.
Fenwick ?
Qui est-ce ?
Un personnage assez connu.
Ça me revient maintenant.
Je l'ai vu ici pour la dernière fois.
Étrange.
Oui, n'est-ce pas ?
ll était assis
à cette table, je crois.
Cigarette ?
Merci, continuez.
Une femme charmante l'accompagnait. Il a...
ll lui a donné du feu.
Charmante ? Avez-vous vu son visage ?
Non.
Seulement son dos.
Vous n'êtes pas entreprenant.
Vous avez raison. Je prends de l'âge.
Mais non.
Vous êtes gentille. C'est pourtant
la première fois de ma vie qu'une affaire me dépasse.
J'en perds le sommeil.
Vous savez, M. Holmes je pourrais vous aider.
Je serais reconnaissant.
Vous vous moquez ?
Non, je suis juste un peu sceptique. Que feriez-vous ?
J'utilise l'hypnotisme pour guérir.
Pas pour l'argent, ce n'est pas mon métier.
Mais je peux vous aider si vous acceptez de...
L'expérience semble agréable.
Lumière, musique... Est-ce la recette ?
Détendez-vous, M. Holmes. Vous n'êtes pas un sujet facile.
ll vous faut un petit coup de pouce.
Un materia medica est recommandé.
Une drogue ?
Je préférerais éviter.
À vrai dire, moi aussi.
Mais Schrenk-Notzing qui exerce à Munich
la prescrit aux cas difficiles.
Ça vous ennuie ?
Je n'aime pas faire l'usage de calmant.
Comme vous voudrez.
Nous n'avons pas à poursuivre.
Un instant !
Un instant.
Entendu. Je prends le risque.
C'est sans danger.
Qu'est-ce ?
Du chanvre japonais, un somnifère oriental.
ll vous faut de l'eau.
Merci.
Asseyez-vous, M. Holmes.
Cela va provoquer des somnolences.
Ne résistez pas.
Laissez-vous aller.
Vous voulez dormir.
Fixez cette fleur blanche
flottant sur l'eau.
Chassez toute pensée de votre esprit.
Suivez des yeux le courant,
si calme
sans clapotis.
Les eaux de l'oubli.
Régulières,
profondes,
puissantes.
C'est curieux, n'est-ce pas,
la façon dont la lumière se reflète
en petites taches qui bougent,
qui bougent...
C'est reposant ici,
paisible,
accueillant.
Vous avez presque trouvé ce que vous cherchez.
Vous les trouverez bientôt...
Les coupables.
À tête reposée.
Les eaux paisibles se referment sur vous.
Régulières,
profondes,
puissantes.
Elles vous emportent loin,
loin
loin.
Dormez.
Dormez.
Dormez.
Et voilà, professeur Moriarty.
Debout, M. Holmes.
Ouvrez les yeux.
Regardez par ici.
Convaincu ?
On a affaire à un homme intelligent. Il fait peut-être semblant.
ll y a un seul test infaillible pour l'hypnose profonde.
Prêt, Dr Simnell ?
Ça ira, docteur.
ll ne pourrait pas être insensible au couteau.
Félicitations, Lydia.
Tournez-vous, M. Holmes.
Allez au bureau.
Asseyez-vous.
Prenez ce stylo
et écrivez ce que je vous dicte :
''J'ai fini par tomber sur une affaire insolvable.
''Je n'ai plus de raison d'être.
''J'ai donc décidé de mettre fin à mes jours.''
Signez.
Séchez la feuille.
Pliez-la.
Mettez-la dans votre poche.
Venez, M. Sherlock Holmes.
Sortez sur la terrasse.
Ça n'aura pas l'air d'un suicide.
M. Holmes va s'auto-infliger ses blessures.
Marchons un peu, M. Holmes.
Le jardin est si agréable.
Faites un pas vers la terrasse, une immense terrasse.
Tournez-vous à gauche
et marchez lentement vers le bout de la terrasse.
Ne vous arrêtez pas. Marchez jusqu'au bout.
Au bout, il y a une porte ouverte.
Vous pouvez la franchir sans danger.
Dans la pièce après la porte, vous trouverez ce que vous cherchez.
Pourquoi s'éterniser ?
J'ai longtemps attendu ce moment, ma chère.
Avancez.
Après la porte, se trouve le coupable
de l'affaire des doigts et du meurtre de sir George Fenwick.
Le professeur Moriarty !
Ne bougez pas !
Quelle jolie vue, Watson !
Vous êtes sous hypnose. On vous a jeté un sort.
Ne bougez pas !
Attention !
Restez bien droit !
Sottises, Watson !
- Vous ne savez pas... - Bien sûr que si.
- Vous n'êtes pas hypnotisé ? - Mais non !
Descendez du mur, andouille.
Que faisiez-vous perché ?
Mon petit numéro. Qu'est-ce qui vous a retenu ?
J'ai eu un petit souci en allant à Scotland Yard.
On m'a arrêté pour excès de vitesse.
- La chance vous sourit, M. Holmes. - Pas la chance, professeur.
J'ai substitué la drogue de madame contre la mienne.
Vous êtes très malin.
Une drogue qui garde le sujet éveillé et le rend insensible à la douleur.
D'où mon absence de réaction au couteau du Dr Simnell.
Joli coup de filet, Gregson.
Lestrade n'aurait pas fait mieux.
- Merci. - Embarquez-les.
Dans le fourgon !
J'avais raison, M. Holmes.
Vous êtes un sujet difficile.
Merci.
Professeur
votre compte est réglé.
Au revoir, à la potence !
La corde qui me pendra n'est pas faite.
Allons-y.
- Je m'en occupe, M. Holmes. - Merci, inspecteur.
Un homme diabolique, Holmes. Mais quelle mort atroce !
Encore trop douce !
A quoi pensez-vous ?
Aux femmes marchant en sécurité dans les rues de Londres ce soir.
Les étoiles veillent au firmament.
Et nous aussi, mon vieux nous veillons sur la ville.
Fin
Sous-titres : Claire Billard pour L'Atelier d'lmages
Acheter des titres d'emprunt de guerre,
ce n'est pas un don mais un prêt,
En vente ici
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.