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Pestiféré !
- Attention... - Viens, enfoiré.
Ah, il est tombé !
Pestiféré !
Eh, Lidia !
T'as peur ou quoi ?
Y a Julio qui t'attend.
NORD DU CHILI, 1982
Plus vite, plus vite !
Dépêche-toi, Lidia !
Allez, on y va !
- Faites-la tomber. - Elle est trempée.
- Lâchez-moi ! - Attrapez-la !
- Tenez-la bien ! - Lâchez-moi !
Alors t'es une dure Ă cuire ?
Lâchez-moi.
On va voir.
Pestiférée.
- J'ai de l'eau dans la bouche... - Ne l'avale pas.
Lidia...
Ces abrutis ont pas de couilles.
ArrĂŞte de me regarder.
Lidia !
Fais attention !
Lidia, reviens !
Lidia !
LE MYSTÉRIEUX REGARD DU FLAMANT ROSE
Aigle !
Remonte-la pour qu'elle couvre les poutres et les rideaux.
- Comme ça ? - Oui.
VoilĂ . T'aurais dĂ» y penser, ma fille.
Maman ?
Ma chérie, pourquoi tu t'es levée ?
- T'as vu la petite ? - La petite ?
Elle joue dans mon jardin.
J'en viens, y a personne.
Elle doit ĂŞtre dans le coin.
Elle aime jouer dans les branches, les rochers.
Elle joue dehors puis elle revient.
Eh !
Va laver ça avec du chlore.
Pour chaque pédé infecté ici dans la Maison,
il y a vingt mineurs infectés dans le village.
Dans la Maison, on est quatre infectées encore en vie,
et deux qui sont déjà parties.
Lionne ?
Et ça nous donne un total de...
Lionne ?
T'as pas vu la petite ?
Ta petite est dehors.
Salut Boa, c'est moi.
Où était mon petit singe ?
Dans le jardin de Boa.
Je te crois pas.
Qui t'a fait ça au cou ?
Toi, avec tes ongles.
J'ai pas d'ongles.
T'as revu ces petits salopards ?
Bon, oui,
mais c'est de ta faute, tu m'as pas appris Ă me battre.
Putain, Lidia.
Je t'ai déjà dit que je veux pas que tu les voies !
- Ils vont voir que t'as une mère ! - Non, s'il te plaît !
Aigle, Chinchilla, vous venez Ă la lagune ?
Ils ont frappé la petite.
Encore ? Sales petits merdeux ! On va leur casser la gueule.
Vas-y, moi je reste ici pour terminer.
Les filles !
Pourquoi tu veux aller Ă la lagune ?
Ils ont frappé Lidia.
- On y va, il faut les démolir. - On y va.
Papillon, viens et occupe-toi de la Maison un petit moment.
Démolissez-moi ces petits merdeux !
Lave, lave
Les pédés, ne les regarde pas.
Lave, lave
La Peste va te contaminer.
Lave, lave
Les yeux, garde-les fermés.
Lave,
lave
Les pédés vont te tuer.
Monsieur !
Regarde par ici.
Regarde mes tétons.
- Je sais que tu veux nous regarder. - Oui !
Hier soir, tu disais pas non.
ArrĂŞte tes conneries.
Quoi ? Mes "conneries" ?
Vas-y passe devant !
On y va toutes. Tu passes devant, je t'ai dit.
- S'il te plaît... - Lidia, obéis à ta mère.
- Ils sont pas lĂ . - Il y a personne.
Ils vont pas tarder.
- Flamant rose, j'ai vu personne. - Je t'avais dit.
Les filles !
Quoi ?
Flamant rose !
Les garçons sont pas là non plus !
Vu qu'ils sont pas lĂ , on irait pas un peu dans l'eau ?
Vous pensez qu'il y a des poissons ?
- C'est possible. - Approche-toi pour voir.
Putain de tapettes !
Je t'entends !
Regarde-la !
Avec la petite.
Vous faites quoi ? Allez venez !
- Lidia, viens. - Allez, lance-toi !
Un, deux...
trois !
Accroche-toi !
- Lâche-moi ! - Elle a besoin d'un bain.
Lâche-moi !
Qui est la plus jolie de tes tantes ?
Choisis et lance-toi vers elle. Dépêche-toi.
- Je m'occupe de toi. - Je vais rentrer.
- Viens. - Jette-toi Ă l'eau.
- Viens. - Jette-toi Ă l'eau.
La plus jolie tante ?
Un, deux, trois !
Allez !
- Oh la petite crétine ! - C'est moi la préférée.
- Elle nous a trahies ! - Allez dégage, petite.
Ne me touche pas !
Aigle !
Pourquoi ton slip est tout relevé devant ?
L'eau froide n'a pas d'effet sur toi, ma chérie.
Comment tu te sens, ma petite ?
Je te regardais ce matin,
t'as repris des couleurs, t'as meilleure mine.
Elles t'ont fait du bien mes tisanes ?
Moi je le sortirais intact.
C'est parce qu'elle est tellement ouverte.
Parce que je suis professionnelle.
Ce serait un œuf dur.
Moi, si je me mets un œuf, j'en sors un poulet qui picore.
Maman...
Regarde, Flamant rose.
Les garçons arrivent.
Eh, putain, regarde.
- On y va ? - Attention
Laissez-les-moi.
Ils vont s'approcher.
- On y va ou pas ? - Allez, on y va.
Eh Lidia !
Restez pas lĂ , avancez.
- Ils te calculent mĂŞme pas. - Allons-y.
- Vas-y. - T'as pas de couilles ou quoi ?
Eh Lidia, tu veux jouer ?
Elle a l'air d'avoir envie de jouer ?
Qui t'a parlé à toi ?
Moi je te parle, petit !
Je te parle pas, sale pute.
Allez, on y va.
- Comme je vous ai appris. - Elle peut pas se défendre seule ?
Et toi, c'est qui que tu traites de pute, connard ?
Toi, putain. Et alors ?
Tu crois que la petite est toute seule ?
- Je vais te casser la gueule. - Tu vas me casser la gueule ?
- Me casser la gueule ? - Tu vas faire quoi ?
- Tu vas faire quoi ? - Ça va pas ?
Tu vas faire quoi, connard ?
- Tenez-le ! - Lâche-moi, putain !
T'aimes faire chier les travestis ?
Tu te prends pour un mec et tu frappes ma petite ?
Ouvre les yeux, putain, ou je te casse la gueule !
Ouvre les yeux !
- La petite est pas seule. - Tais-toi.
Alors tu aimes emmerder la petite ?
Et tu emmerdes les travestis ?
Pestiféré.
Pablo !
Allez faire chier ailleurs !
- Grouille-toi ! - Putains de pédés !
Et fiers de l'ĂŞtre.
Bravo, les filles.
- Ils aiment trop faire chier. - C'est comme ça qu'il faut faire.
Ils viendront plus t'emmerder, ces petits cons.
Arrête ça !
T'as de la fièvre ?
Non.
Tu devrais te coucher.
Et rater le concours ?
Je pourrais ĂŞtre une pute, une voleuse,
une menteuse,
mais je serai jamais une déserteuse.
Tu crois que je suis débile ?
Pourquoi ?
Les filles m'ont dit qui venait.
Quelle commère, ma fille.
Allez, qui vient ?
Je te le dirai pas.
Te fais pas d'illusions sur lui !
OK ? Pas d'illusions.
Il est branché le micro ?
Un deux, un deux.
- On peut commencer. - Merci.
Bonsoir. Bienvenue Ă tous et toutes
au concours annuel de Miss Alaska où le désert met ses habits de gala.
Je vais vous présenter le défilé de tout mon bestiaire.
Elles vont montrer leur art, leur séduction,
leur beauté, leur gentillesse, leur talent,
et bien sûr, leur malice.
Regarde-moi.
- Qu'est-ce qu'il m'arrive, Lionne ? - Respire.
Esprit de l'au-delĂ ,
entre dans ce corps,
maintenant !
Maudits pédés !
Vous ĂŞtes pitoyables !
Dis-moi ton nom.
- Mon nom est Belliqueux ! - Belliqueux...
Bravo !
Merci beaucoup !
- Bravo ! - Salut !
La bête la plus belle de ce désert,
la lauréate de ce concours pendant sept années consécutives,
mais dont nous ignorons le destin qui l'attend ce soir.
Celle qui, de jour, est très beau,
et qui de nuit, est extrĂŞmement belle.
Elle s'appelle Flamant rose.
La belle Flamant rose !
Cet homme que tu vois lĂ -bas
Qui paraît si galant
Si attentionné et arrogant
Je le connais comme moi-mĂŞme
Cet homme que tu vois lĂ -bas
Qui semble ĂŞtre divin
Si affable et enthousiaste
Sait seulement faire souffrir
C'est un grand fou
Un imbécile prétentieux
Qui n'a pas de cœur
Plein de jalousie
Sans raisons ni motifs
Comme le vent impétueux
Rarement affectueux
Peu sûr de lui
Supportable comme ami
Intolérable comme amour
Cet homme que tu vois lĂ -bas...
Excusez-moi.
Restez tranquilles.
Tout va bien.
Je veux seulement poser une question Ă la candidate.
Yovani.
Casse-toi de la Maison,
avant que je m'énerve !
J'ai un pistolet dans ma poche.
Si je fais pas le présentateur, je vous tire dessus.
Si quelqu'un bouge,
je vais tirer.
Tu crois que mes filles et moi,
on va se coucher devant un pistolet, imbécile !
On est des travestis !
Assieds-toi, Boa.
Non, je suis calme, Aigle.
On continue avec l'interview,
qui est très importante pour connaître la candidate,
pour approfondir,
et la connaître vraiment.
Ça te va, Flamant rose ?
Sans elle,
tu saurais pas toucher une femme, sale chien.
Qu'est-ce que tu veux, Yovani ?
Va-t'en avant que je devienne folle.
Première question.
Tu tombes souvent amoureux ?
Es-tu tombé amoureux
d'un homme de 32 ans,
qui me ressemble ?
Avec un grain de beauté
juste ici,
comme le mien ?
Non.
Alors, pourquoi je suis malade ?
Malade de quoi ?
Quand tu m'as regardé...
- Ça suffit ! - Laisse-la !
Flamant rose,
s'il te plaît.
Fais-la partir.
Fais partir cette Peste, je t'en supplie.
Notre père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié.
Aide-moi.
S'il te plaît.
Mon Flamant rose.
Je t'en supplie.
Cette maladie ne part pas.
Jamais.
Sale chien.
Maintenant, les filles !
Dépêche-toi !
- Yovani ! - Pédé, enfoiré !
Lâche-moi, salopard.
- Tu fais quoi ? - Donne-moi le pistolet.
- Pédé ! - Lâche-moi, enfoiré !
Lâche-la, fils de pute !
Tu crois que tu vas oĂą ?
Touche pas Ă ma fille.
Touche pas à ma mère, connard !
Foutez-le au sol.
Mon trésor...
Pardonne-moi.
VoilĂ .
Donne ta main.
Donne-la-moi.
VoilĂ .
Couche-toi.
- Allonge-toi avec moi. - Oui, j'arrive.
Ma fille...
tu as vu les mineurs
qui entrent discrètement dans les chambres des filles ?
Oui.
Pour eux, les filles,
on doit les voir en secret.
Et moi, je veux pas quitter ce monde de merde
en restant un secret, ma fille.
Je ne veux pas.
Il y en aura un autre.
Ils aiment tous tes jambes de mannequin nordique.
Parfois je me sens tellement égoïste, Lidia.
Quand on t'a abandonnée devant la Maison,
j'ai promis de m'occuper de toi comme une maman.
Mais, Ă chaque fois...
que je pense Ă mourir,
je pense mourir avec toi.
Je pourrais pas supporter d'aller en enfer sans toi.
Je t'adore, mon petit singe.
Flamant rose.
Flamant rose.
Flamant rose, ouvre la fenĂŞtre, je veux te parler.
Va-t'en.
Je dois aller aux toilettes, je vais me pisser dessus.
Pisse dehors, putain.
Tu fais le mec élégant maintenant.
Va-t'en.
Il fait très froid dehors. J'ai peur de pisser tout seul.
Tu veux qu'on te casse encore la gueule ?
Je peux appeler les filles sans problème, Yovani.
Va-t'en.
Si t'ouvres pas la fenĂŞtre,
je vais frapper jusqu'à ce que tout le monde se réveille.
T'as trente secondes. Tu sais oĂą sont les toilettes.
Salut !
Salut.
Je suis un flamant rose,
qui n'a plus envie d'aller pisser.
Tu vas réveiller Lidia.
Pourquoi on irait pas plutĂ´t
dans notre endroit secret ?
Allons-y.
Tous les deux dans notre endroit secret.
Juste une fois.
Je vais t'éclabousser.
Un, deux...
Allez...
Ça y est.
Mets tes mains comme ça.
ArrĂŞte.
Un, deux...
J'ai froid.
Mais non, viens.
- J'ai vraiment froid là . - Ça va aller.
Pourquoi tu veux sortir ?
- Yovani. - Mais pourquoi tu veux sortir ?
- Lâche-moi. - Viens.
Allez, lâche-moi.
ArrĂŞte.
Lâche-moi !
Connard !
Connard !
Lâche-moi, Yovani. S'il te plaît.
Je peux pas respirer.
Je jouais, c'est tout.
Calme-toi, mon amour.
Les filles, réveillez maman Boa.
Étoile, réveille maman Boa, on doit aller à l'étang.
Qu'est-ce qu'il se passe, Aigle ? Pourquoi tu me réveilles à cette heure ?
Allez, réveille toi.
Piranha...
Réveille toi, pédé.
On doit y aller maintenant.
Calme-toi, pédé, parle.
On doit aller voir Flamant rose.
On arrive !
On a le bois. On le dépose et on se casse.
On arrive ! Allez on se dépêche !
- Restez avec la petite. - Je veux y aller !
Pas maintenant.
Tout va bien.
Tout va bien.
On y va, maman.
OĂą est le vieux connard.
- Lâchez-moi ! - Reste ici, Lidia.
Lâchez-moi !
Lidia, non !
Laisse-la. Elle sait !
N'y va pas, Lidia !
Lidia, attends !
Reviens !
Petite ! Reviens, s'il te plaît !
Mon petit trésor.
Dieux bien-aimés,
qui veillez sur nous toutes.
Dieux bien-aimés,
qui êtes là pour les animaux démembrés.
Dieux bien-aimés,
qui êtes là pour les chairs brûlées.
Dieux bien-aimés, si vous êtes là pour nous toutes,
je veux vous demander justice.
Eh !
Tu m'en donnes ? Ça a l'air bon.
T'es bête ou tu le fais exprès, petit singe ?
Lidia ?
Va voir le petit meuble derrière toi.
Il y a une petite boîte, sors-la.
Ouvre cette petite boîte.
À l'intérieur,
il y a des ciseaux.
Ils vont te servir.
Fais-la partir.
Aide-moi.
PESTIFÉRÉ
Eh, fillette ! Y a personne ici.
JE ME SUIS PERDU DANS TON REGARD MYSTÉRIEUX
Ton...
regard...
mys...
Eh fillette !
Sors de lĂ , je veux te parler.
Allez, viens me voir.
Bonjour.
Bonjour.
Vous savez oĂą est l'homme qui vivait lĂ ?
Le pestiféré ?
Oui.
Il a été emmené à la capitale.
Par qui ?
La dame élégante qui s'occupait de lui.
Elle me faisait souvent la conversation.
Elle m'a offert ces sandales.
Regarde comme elles sont jolies.
Lidia ?
Tout va bien ?
Ouais... Lance !
Oh, pas mal celui-lĂ .
T'es pas si nul.
- J'ai gagné. - Non, il a coulé.
- Il est là -bas. - Il a coulé.
- J'ai gagné. - Non, il a coulé.
- J'ai gagné. - Jettes-en un autre.
Il y en a plus par-lĂ .
T'es jolie aujourd'hui.
Tu recommences avec tes conneries.
Je te pardonne si tu réussis ça.
- Tu me pardonnes ? - Oui.
De t'avoir fait un compliment ?
Regarde jusqu'oĂą je lance, toi t'es trop nul.
Je suis vraiment nul ?
Bah oui !
- Bouge. - Y en a d'autres.
T'as un truc dans les cheveux.
C'est un insecte ?
C'est toi qui l'as mis, menteuse.
HĂ© !
Tu sais quoi de la Peste ?
Flamant rose t'a rien dit ?
C'est pour ça que je te pose la question.
Je veux pas dire du mal de quelqu'un que tu aimes.
Réponds-moi.
Ok.
Ferme les yeux.
Fais-moi confiance.
Concentre-toi et ferme-les. Je te raconte ou pas ?
Ferme-les.
Les deux.
Ferme-les.
Concentre-toi.
Je vais te raconter ce que je sais,
et toi, tu vas l'imaginer.
Les mineurs disent que tout a commencé
quand un chasseur a rencontré une proie.
La gagnante et la reine de ce concours est...
Ma fille, Flamant rose.
Bravo !
Le chasseur est très intelligent,
la proie est...
une bonne personne.
On pourrait se voir en privé ?
C'est que mon bébé dort, là .
Il faudrait qu'on aille plus loin.
T'es maman ?
Oui.
Et j'étais magnifique enceinte.
On va oĂą ?
Le chasseur l'emmène
dans un endroit plus sombre...
On va oĂą ?
Pour lui faire quelque chose de terriblement... terrible.
Froid.
Flamant rose ?
Chaud.
Le chasseur veut qu'il tombe amoureux.
Chaud.
Mais pas comme on l'imagine.
Très chaud.
Julio ?
Et il se passe quoi après ?
Après...
Les hommes meurent petit Ă petit.
Tout ça pour tomber amoureux ?
Je suis pas sûr...
C'est ce que les gens disent.
Julio ?
Pourquoi les hommes tombent amoureux
si c'est si dangereux ?
Je crois que c'est parce que...
chasser et être chassé,
c'est inévitable pour tous les animaux.
Maman Boa, viens voir.
Allez, mineurs ! Protégeons le désert !
Allez, mineurs ! Protégeons le désert !
Maman, viens, y a les vieux.
Messieurs de la Maison,
nous, les mineurs âgés, à la retraite
et les mineurs handicapés,
sommes réunis devant votre propriété
pour protéger les honnêtes hommes
de cette Peste qui affecte cruellement notre village.
En raison du danger que représentent
les habitants de cette Maison,
les sorties en société
de toutes les personnes résidant ici
seront interdites.
Qu'ils entrent !
Afin de mettre en œuvre cette action préventive...
On les bastonne dedans ou dehors ?
...ce groupe de mineurs qui se tient face Ă vous,
sera chargé de vous surveiller
et de vous bander les globes oculaires.
Nous vous prions de respecter scrupuleusement
ces mesures que nous avons énoncées.
Allez ! Attrapez-moi ces pestiférés de merde !
- Je me mettrai rien du tout. - Ah non ? Salopard.
Tu te mets le bandeau, enculé ?
Enculé de ta mère !
Dégage ! Lâche-moi !
Mets-ce bandeau, sale pédé.
Salopard !
Reste là , le pédé.
Tiens-toi tranquille, le pédé.
Le voilage...
Doucement, tout doucement.
LĂ . Doucement, par ici.
Un instant.
Lidia, dépêche-toi !
Vite, vite.
Tu crois que je parle à qui ? Y a personne dans ce désert.
Une bande de vieux cons est venue nous surveiller. Pas de bruit.
Il arrive.
Par ici, mon petit chéri !
Qu'est-ce qu'il a ?
Il est à moitié aveugle.
C'est quoi ce délire, Étoile ?
T'as une bonne poigne, hein.
Je peux lire ces mains ?
ArrĂŞte de faire le fier.
Donne-moi ta main que je la lise.
Dans ta vie, je vois plus de souffrances que de bonheurs.
De vraies montagnes russes.
Tu as appris des choses et Dieu t'a accordé miséricorde.
Beaucoup d'argent est passé par tes mains,
des femmes aussi, du plaisir et du bon temps.
Tu as aussi un enfant.
Elle vit Ă la capitale.
Comment elle s'appelle ?
Isabel.
Tu l'aimes beaucoup ta fille ?
Énormément.
- Maman Boa, la petite est rentrée. - Monsieur.
Mademoiselle.
OĂą est votre bandeau ?
Maman, je peux utiliser ta chambre pour me reposer un peu seule ?
J'ai dû aider tous ces pédés et...
OĂą est votre gardien ?
Il est parti dans le désert acheter des cigarettes.
Portez le bandeau !
Les règles, dans cette maison,
c'est moi qui les dicte.
- Tu aimes le massage ? - Oui.
- C'est bon ? - Trop bon.
Qui va accrocher la queue de l'âne ?
On dirait qu'ils ont arrêté la surveillance.
T'as vu la mĂŞme chose avec Flamant rose ?
Lionne,
tu sais quoi de la Peste ?
Je t'ai déjà raconté l'histoire de mon premier amour ?
Un mineur qui déposait des fleurs en plastique
toutes les nuits Ă la Maison.
LĂ , devant la porte.
J'étais si amoureuse que je trouvais qu'elles sentaient l'eucalyptus.
En plus, il était historien de la Grèce antique.
Il disait que j'avais volé ses bras à la Vénus de Nilo.
Vous connaissez la Vénus de Nilo ?
Elle est très connue.
Un jour, j'ai pris toutes mes affaires
et on s'est échappés.
On a marché des kilomètres dans le désert.
Et alors qu'on arrivait Ă la voiture,
huit hommes sont apparus.
Ils m'ont arraché ma robe,
ma culotte,
et ils ont attrapé si fort un testicule
qu'il est sorti, comme ça.
J'ai su que c'était le seul type d'amour
que ces hommes pouvaient nous donner.
C'est pour ça que j'ai demandé ça.
Ce don, pour tous les pédés.
Faut que je sorte un moment.
On contamine pas les gamins, t'inquiète pas.
Dis...
Si c'était contre les mineurs,
pourquoi vous tombez aussi malades ?
Effet secondaire.
Lionne,
tu peux me dire la vérité ?
Il y avait quoi de mauvais chez Flamant rose ?
Demande Ă sa maman.
Si quelqu'un s'y connaît en amour et en pédés,
c'est bien Maman Boa.
C'est mon jardin secret.
Je viens me changer les idées quand j'en ai marre des pédés.
Regarde-moi, Clemente.
Il n'y a plus de pistolet.
Tu sais qu'avant dans la Maison,
aucune des filles avait un nom d'animal.
- Ah non ? - Non.
C'est moi, la garce, qui leur ai donné ces surnoms.
Par exemple, Lionne,
c'est pour sa tignasse.
Elle a une tignasse de lionne.
Et Étoile,
quand je l'ai vue la première fois, jeune, piquante, belle,
elle se prenait pour la dernière goutte d'eau dans le désert,
pour la huitième merveille du monde qui se pavanait dans la rue.
Tu t'appelleras "Étoile".
Elle rayonnait.
Et puis Piranha,
quand j'ai compris qu'elle glissait des mecs dans sa chambre...
Elle les laissait sans rien, mĂŞme pas une larme,
et se curait les dents avec leurs os.
Tu es trop drĂ´le.
Tu trouves ?
HĂ©, tout doucement.
Pas de bisous avant le mariage.
Mais tu sais ce qu'on pourrait faire ?
Danser.
Sur quelle musique ?
Celle qu'on a dans nos tĂŞtes.
J'entends déjà une chanson, là .
Tiens-moi bien, ma jambe est malade.
Je suis plus la mĂŞme Boa qu'il y a vingt ans.
Clemente ?
Tu l'entends, la chanson ?
Ça se tourne comme ça ? On le tourne et ça accélère ?
Non, lĂ c'est la moto que tu tournes. Je te montre.
La moto, tu la tournes, tu la cales bien, et tu fais ça.
Si tu fais comme ça, t'avanceras pas.
Mais si tu fais comme ça, là tu avances.
Donne ton autre main.
- LĂ ... - LĂ quoi ?
- On fait quoi si tu tombes ? - Eh bien, on tombe.
Tu tombes et moi aussi.
Et ça abîme la moto ?
Si on casse la moto, je fais comment après ?
- T'en achètes une autre. - Oui, bien sûr.
T'as une crotte de nez. Fais voir !
- Non. - Viens voir !
Je t'ai déjà raconté pourquoi je l'ai surnommé Flamant rose ?
Non.
Parce que quand il était tout petit, il était grassouillet.
On aurait dit un bouchon de liège.
Et un jour, il était dans l'embrasure de la porte,
et il me demande si ses jambes sont grosses.
Je l'ai regardé un moment,
et je lui ai dit que non,
qu'il avait les jambes longues et belles
comme un flamant rose.
Mais il avait un sacré bidon.
Et c'est resté "Flamant rose".
Et toi ?
Pourquoi tu t'appelles Boa ?
Putain, t'as peur de rien, petite.
Ça, tu le sauras jamais !
T'es trop petite pour savoir certaines choses.
Lidia a une maman bizarre !
Ça te met en colère ?
Réveille-toi, allez !
En garde, protège ton visage.
Donne un coup.
Allez ! C'est ça.
Je te montre. On s'entraîne.
Et mon visage, tu me le laisses intact ?
Laisse-moi un souvenir, comme font les travestis !
Vas-y cogne.
Bats-toi contre Pablo. Frappe plus fort.
Comme ça ! Tu te sens puissante ?
Attrape-moi par lĂ .
Les hommes, si tu leur mets un bon coup au milieu,
tu vas leur couper le souffle et ils pourront plus respirer.
Vas-y fort.
Tu dois viser les couilles. VoilĂ .
VoilĂ !
Que ça sonne et que ça fasse mal !
Ma jambe me fait mal. Ma jambe malade.
Attends un peu, Lidia.
Donne-moi de l'eau.
Donne-moi un verre d'eau et on reprend.
- Petite... - T'as de la fièvre.
Un verre d'eau, ça passe et on reprend. Dépêche-toi !
Je suis qui moi ? Une touriste dans cette maison ?
Je suis qui ?
Tu as la Peste ?
Non, c'est la chaleur du désert. Allez ! On reprend.
Tu lances ton bras gauche ?
Le visage, mon cœur.
Fort.
Flamant rose.
Flamant rose.
Qu'est-ce qui se passe mon petit singe ?
Flamant rose.
Pourquoi Yovani t'a fait ça ?
Parce que c'est un animal,
plein de peur, mais avec si peu d'amour.
Et la Peste ?
Lidia.
Est-ce que tu as déjà vu
quoi que ce soit de mauvais dans mes yeux ?
Non.
Moi non plus.
Mystère résolu.
Boa ?
Dis-moi.
Je peux te faire un câlin ?
Ă€ condition qu'il soit long et doux.
- Maman ! - Maman, on y va ?
Maman, on peut descendre, s'il te plaît.
Oui, on y va, je la termine et on descend.
T'as promis à grand-père que tu fumerais pas.
Oui, mais juste une, ça va.
ArrĂŞtez de m'embĂŞter.
- S'il te plaît. - Arrêtez.
Profitez du paysage, il est si beau.
Non, s'il te plaît, on veut sortir.
Oui, on va y aller. Je termine juste ça.
Grand-père !
Grand-père.
Vous lui dites rien sinon je vous punis.
Bonjour !
Comment ça va ? Comme vous êtes grandes !
Vous avez tellement grandi.
Bonjour, ma fille.
Tu es enfin arrivée.
Bonjour.
Tu es si belle, ma fille.
- T'es bien barbu. - Oui.
Et tes cheveux, comme tu es beau.
- Bonjour. - Bonjour.
- Tu es Isabel ? - Oui.
- Comme tu es belle, Isabel. - Toi aussi.
- Tu es Boa, c'est ça ? - Maman Boa.
Un plaisir, ma chérie. Bienvenue.
Quand avez-vous vu une Boa sur une mule, mes petits pédés ?
Vive la mariée !
PrĂŞts ?
Nous sommes ici réunis
pour célébrer le mariage sacré de notre petite Maman Boa
avec Don Clemente Amenábar.
Du bonheur !
Tu veux dire quelque chose ?
Oui.
Je veux vous dire Ă tous, que ces derniers mois,
Clemente a été le seul à m'avoir bien traitée
et à avoir cru que quand j'étais jeune
j'étais patineuse artistique à Santiago.
Toute ma vie, j'ai travaillé avec des hommes,
mais s'il existait plus d'hommes comme Clemente,
nous, les travestis, on serait pas piégées comme on l'est.
Pour cette raison, Clemente, je veux vivre avec toi
dans la santé et la maladie, la pauvreté et la richesse.
Jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Et te dire que oui,
je te prends pour époux.
T'es trop belle, maman !
Et toi, tu veux dire quelque chose ?
Je...
Il est trop ému.
Je peux pas.
Alors on passe aux alliances.
Elle est belle.
Alors, Don Clemente,
veux-tu prendre maman Boa pour épouse, dans le sang et dans le sperme ?
Oui, je le veux.
Et toi, maman Boa ?
Veux-tu prendre Clemente pour époux ?
Oui.
Dans le sang et dans le sperme.
Oui, je le veux.
Vous pouvez vous embrasser !
- Vive les mariés ! - Bravo !
On applaudit fort les mariés !
Je suis une femme mariée !
HĂ©, Clemente !
Santé à tous !
Ă€ l'amour !
- Qui est la plus jolie ? - Moi !
Qui est la prochaine ?
Un !
Deux !
Trois !
Il est Ă moi !
Ne commence pas par lĂ !
Tu vas nous la chauffer comme la braise !
Attention Ă la bave.
Je suis une femme respectable.
C'est vrai.
Fais un vœu, mon amour.
Il s'est déjà réalisé.
Faut juste que tu m'aimes.
Avec des petites perles, et des petites fleurs.
Lèche, lèche !
- Tu es contente ? - Oui.
- Tu es trop belle. - Merci.
- Eh ! - Quoi ?
Tu sais qui est sur le point de mourir ?
C'est le petit Alfonso ?
Le petit Alfonso a la Peste ?
Non.
- Mais j'ai rêvé de lui. - De quoi ?
C'était un rêve cochon,
mais triste.
- Mais non, crétine. - Qui ?
Yovani.
Le connard qui a tué Flamant rose.
Non !
Il aurait dĂ» vivre dix ans de plus sans pouvoir respirer.
Ils le brûlent pas comme les autres pestiférés.
Pourquoi ?
Parce que sa mère connaît quelqu'un dans l'autre village.
Aigle ?
Yovani est au village ?
Il en est déjà parti ?
Lidia ?
Lidia ?
Tu veux entrer ?
Petit Yovani
Petit Yovani
Yovani, tu es parti trop tĂ´t
Aujourd'hui en cet adieu
Avec ma voix
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite.
Soyez les bienvenus.
Je reviens.
- Tu vas oĂą ? - Attends-moi ici.
T'es qui, toi ?
Sa mère.
Il est sous le lit.
Je l'ai senti depuis l'entrée.
Moi, je sens rien.
Je peux le voir ?
Ă€ une condition.
Tu m'aides Ă le laver ?
Tu as vu quelque chose de spécial dans ses yeux ?
Tu as l'air d'ĂŞtre une fille suffisamment intelligente
pour ne pas croire Ă ces bĂŞtises.
Tu sais comment on attrape cette maladie ?
C'est quand les hommes s'enculent
et se laissent du sperme dans l'anus.
Le reste,
ce sont des inventions.
De pures inventions de ces lâches.
Je veux savoir autre chose.
Il y a un remède ?
Même dans les pays riches, il n'y a pas de remède.
Tu m'aides Ă le retourner ?
Il faut qu'on lui ferme les paupières.
Je vais chercher quelque chose.
QUELQUE TEMPS PLUS TARD
Attention Ă celui-lĂ . On se concentre.
Voilà , on va faire comme ça
pour que ça sèche.
La nourriture est délicieuse.
Une cuillerée ?
Pourquoi non ?
Les lentilles préparées par grand-père.
Les filles vont à l'école ?
Oui.
Et Lidia devrait entrer en quelle classe ?
Je suis pas sûre.
Je veux pas partir avec elle.
Laisse ces vĂŞtements. Laisse-les lĂ !
Je fais ce que je veux !
C'est pour ton bien.
Petite conne.
J'aime bien celui-lĂ . C'est joli.
- Je l'aime bien, il est beau. - Fais voir.
Si t'avais mieux pris soin de nous, Flamant rose serait encore lĂ .
Tu viens jouer avec nous dans la voiture ?
- Non. - Vas-y, Lidia.
- Ça va te faire du bien. - Je veux pas.
On a construit une cabane dedans.
Je veux pas.
Lidia, obéis-moi. Vas-y !
Non.
Sale gamine, je te dis d'aller jouer avec les petites, putain !
Laisse-moi tranquille !
Va-t'en !
J'en ai ras le bol de toi !
Au revoir, Julio.
Au revoir, Lidia.
Viens jouer avec nous dans la cabane.
- Bon retour Ă la capitale. - Merci.
Ma petite...
Je vais voir la petite. Bonne route.
Elle dort.
Au revoir, mon petit flamant.
Sois sage, ma petite.
Ma petite...
Lidia !
Lidia,
reviens !
Les filles, restez dans la voiture.
Mon petit singe !
Tu veux danser ?
Je te tiens.
LE MYSTÉRIEUX REGARD DU FLAMANT ROSE
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