All language subtitles for Big.Red.1962.

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Original subtitles

Mesdames et messieurs, sur le ring central,

M. Blake juge le plus beau chien de l'exposition.

COMPAGNON D'AVENTURE

- Joli chien, monsieur. - Oui. Achetez-le.

- Je peux monter jusqu'à combien ? - Jusqu'à cinq.

- Cinq cents. Je ne pense pas... - Cinq mille dollars.

CLUB DES CHENILS DE MONTRÉAL

DESTINATAIRE : JAMES HAGGIN WINTAPI, PROVINCE DU QUÉBEC

Red ? Comment est-il sorti ?

Attrapez-le.

Matt ! Patsy ! Revenez ici !

Quoi ?

Mon garçon.

Où vas-tu avec ce chien ?

Une minute, mon bonhomme.

Emile, ce garçon ne parle pas anglais.

Demandez-lui ce qu'il fait avec Red.

Je parle anglais.

- Mais... Mais... - Mais ?

Il dit qu'il parle anglais,

mais quand ça va trop vite, il ne trouve pas les mots.

Ça va trop vite.

Tu essayais de voler ce chien ?

Steal. Voler.

Je cherchais le patron pour lui demander du travail.

Monsieur, je m'appelle René Jean-Paul Dumond.

Je suis robuste. Infatigable.

J'habitais avec mon oncle qui piégeait les renards.

Mon oncle est mort, alors je dois travailler.

J'apprends l'anglais à l'aide d'un livre.

Et j'adore les animaux !

C'est pour ça que tu laisses partir le chien ?

Je ne l'ai pas laissé partir.

- Excusez-moi. - Qu'est-ce qu'il a dit ?

Red s'est pris la patte dans le grillage.

Laquelle ?

La gauche, monsieur. Ne bouge pas.

- Ce n'est rien. - Tant mieux.

Alors, tu veux un job ? Du travail.

Je suis robuste. Infatigable.

- J'habitais avec... - Mon oncle qui piégeait les renards.

Tu apprends l'anglais à l'aide d'un livre.

Très bien. Je te donne le job.

Montrez-lui son travail.

Viens, Red.

La première chose que tu dois faire,...

c'est mettre une ceinture pour remonter ton pantalon.

"Je dors, je dormis, j'ai dormi."

"Je dors, je dormis,

j'ai dormi."

C'est le nouveau lit où je dors.

C'est la fenêtre de la nouvelle chambre

où je dors.

C'est une chaise. C'est un bureau.

C'est le sol.

C'est une table.

Bonjour, M. Jones.

Bonjour, Mme Brown.

Bonsoir, M. Smith.

"Es-tu allé à pied à la gare ?"

"Est-il allé à pied à la gare ?"

"Sommes-nous allés à pied à la gare ?"

"Etes-vous allés à pied à la gare ?"

"Je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont."

Je suis, tu es, ils... ont sommeil.

Bonsoir, M. Emile.

Thérèse t'a donné à manger ?

Votre femme... Madame... est une excellente cuisinière.

Bien. Tu es bien installé ?

Bien.

Car tu commences à travailler demain.

Viens ici.

Tu devras t'occuper de tous ceux-là.

Les tenir propres, les nourrir, les soigner quand ils sont malades.

Celui-ci demandera plus d'attention.

Tu sais combien vaut ce chien ?

Vaut ?

Combien il coûte.

Ce "combien" équivaut à cinq mille dollars.

Je ne plaisante pas.

Cinq mille dollars ? Un chien ?

Tu sais ce qu'est une exposition canine ?

Peu importe. Je te montrerai les photos demain.

En tout cas, il y en a une à New York le mois prochain.

S'il est élu, il deviendra le meilleur chien d'Amérique du Nord.

Ou du monde entier.

C'est le vœu le plus cher de Monsieur Haggin.

Assure-toi de sa victoire, car c'est très important.

Au lit maintenant. La journée commence à 6h.

Bonne nuit, M. Jones. Bonne nuit, Mme Brown.

Cinq mille dollars.

C'est un honneur de coucher dans la même pièce qu'un tel chien.

Bonne nuit, M. Smith.

Doucement.

- Tu veux bien amener Red ? - Tout de suite.

Monsieur veut voir Big Red. Dehors.

Te voilà. Sors.

Allez, vite ! Dehors.

Pas comme ça !

Je suis désolé. Le garçon ne savait pas.

Ça ne fait rien.

Au travail.

CH. RECOAT REILLY DE WINTAPI

Viens.

Merci. Maintenant, soyez ferme avec lui.

L'exposition de Westminster est bientôt.

Oui, je serai plus dur que tous les juges réunis.

Red, ne bouge pas.

Prêt, monsieur ? On commence.

Red, au pied.

La tête.

Lève la tête.

Au pied.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il a dit ?

Rien. Le garçon n'y comprend rien.

- Retourne travailler. - Une minute, mon garçon.

Viens ici.

Tu saurais mieux t'y prendre ?

Qu'est-ce que tu as dit ?

J'ai dit, monsieur, que peut-être...

si monsieur voulait parler au chien...

Avec douceur.

Avec douceur. C'est tout ce que j'ai dit.

Je vois. L'amour est plus fort que tout ?

Ecoute, mon garçon, un chien est un animal.

Il est conditionné par des réflexes.

Les chiens ne sont pas des personnes comme nous,

et le seul moyen de les dresser, c'est en utilisant la fermeté et une laisse.

On réessaiera demain.

On ne peut pas adresser la parole à monsieur ?

A moins de vouloir être mis à la porte.

Bon, tiens.

Emmène-le courir dans les champs.

Mais en aucun cas, tu ne dois lui enlever la laisse.

Vas-y.

La prochaine fois que monsieur appelle,

passe par la porte, tu veux bien ?

Cinq mille dollars,

mais tu ne sais même pas marcher comme le voudrait monsieur.

Ça devrait être facile pour toi,

un chien qui vaut tellement cher.

Viens. On va essayer.

Au pied.

Viens ici.

Tu veux devenir un chien de chasse ?

Etre utile et travailler avec monsieur Le Boss ?

Dans ce cas, il y a beaucoup à apprendre.

On ne devient pas un chien de chasse comme ça.

Reviens.

Viens. Maintenant... ne bouge plus !

Le lapin, non.

Le faisan, oui.

Là. Merci pour les plumes.

Goûte.

C'est... C'est magnifique.

Je suis d'accord. Assieds-toi.

- Tu auras droit à un bol de soupe. - Non.

Comment peut-on te remplumer

si tu ne fais que courir avec ce gros chien roux ?

C'est le chien roux.

Et c'est pour lui ?

Ça s'appelle un leurre.

Je ne demanderai pas ce que c'est. Je suis occupée.

C'est pour chasser. Pour lui apprendre.

Il attend que je lui apprenne.

Manger de la soupe ne prendra pas plus de cinq minutes.

Je ne demande pas mieux...

Oh, vas-y.

Comme le disait La Roche Foucauld,

quand un homme a l'esprit plein, il a aussi le ventre plein.

La soupe est bonne.

Va courir avec le gros chien roux.

Je mets la soupe de côté jusqu'à ton retour.

O.K. Assez couru pour aujourd'hui.

Assis.

J'ai quelque chose à te montrer.

C'est un oiseau.

D'accord, ce n'est pas un oiseau.

Mais pour toi, c'est un oiseau.

Maintenant, on va cacher l'oiseau dans une haie.

Mais tu ne sais pas laquelle.

Alors, tu renifles l'air.

Tu l'as trouvé.

Maintenant, tu avances doucement.

Et tu tombes en arrêt. Comme ça.

J'abandonne.

Tu ne seras jamais un chien de chasse.

Continue de faire des expositions canines le reste de ta vie.

Mais ne viens pas me demander de l'aide.

C'est bon. J'accepte tes excuses.

On réessaiera demain. A présent, on rentre.

Cette chanson est si belle.

Et triste.

Ça me rend heureuse d'être triste parfois.

Oui. Mais maintenant, on s'amuse.

Assez de bruit. Je n'entends pas la musique.

La musique, ce sont les cuillères.

Tu entends ça ? C'est mon talentueux mari qui parle.

Sans les cuillères, qui est-il ?

Un beau jeune homme qui joue très bien de l'harmonica.

Je suis un bel homme... plus âgé qui joue très bien des cuillères.

Je vais régler ça.

Madame !

S'il vous plaît, continuez. C'était bien.

- Ce n'était rien. - On dérangeait monsieur.

Non, bien sûr que non. Je me promenais.

- Red n'est pas dans sa niche. - Il est là.

- Eh bien... - C'était mon idée. J'ai dit...

Non, attendez. Un instant.

Ce n'est rien. Je me demandais juste où il était passé.

Je n'aurais pas dû emmener le chien. Il...

Il se sentait seul.

Il se sentait seul.

J'ai demandé si je pouvais l'amener ici. Je vais le ramener.

Viens, Red.

Monsieur aimerait une tasse de...

- Café. - Café.

- Laissez. - Non, pas de problèmes.

Je pensais en faire une pour moi.

Eh bien, merci. Vous êtes très aimable.

Alors, le chien se sentait seul ?

Je pense que la musique convenait à Big Red.

- Elle faisait du bien à son pelage. - Peut-être.

Montaigne n'a-t-il pas dit :

le bonheur intérieur se voit de l'extérieur ?

Croyez-moi, Montaigne n'a jamais dit une chose aussi stupide.

Il n'est jamais stupide de parler du bonheur.

C'est bien que le garçon et le chien soient ensemble.

On ne devrait jamais être seul,

même lorsqu'on a...

la richesse, une grande maison...

J'allais dire, on doit laisser le passé où il est.

- On doit aller de l'avant. - Il est drôlement bon, ce café.

A quoi servent les richesses du monde ?

Vous savez quoi ?

J'aurais dû me débarrasser de vous avant que vous n'appreniez à cuisiner.

Ralentis.

Attends ! J'ai perdu ma chaussure.

Reviens ici.

C'était ma faute, monsieur. Je suis désolé.

Si monsieur le souhaite, je partirai.

Vous n'aurez pas à me payer la semaine. Ce ne serait pas juste.

Ne quitte jamais ton travail, mon garçon.

Dis que tu n'es pas content et que tu veux deux fois plus d'argent.

Occupe-toi du devant. Je fais l'arrière.

- Ce n'est pas bon pour son pelage, ça. - C'est vrai.

- Ça posera problème pour l'exposition ? - L'exposition ?

Tout sera rentré dans l'ordre d'ici là.

Mais, à partir de maintenant, faisons attention.

Tu vois, mon garçon, il est différent des autres chiens.

C'est ce qu'on appelle un chien de référence.

Eh bien, ça veut dire

qu'on n'utilise plus cette race à des fins pratiques.

Oui. Auparavant c'était une race de grands chasseurs.

Mais leur beauté a supplanté leurs qualités de chiens de chasse.

On pourrait dire qu'ils ont perdu leur atout principal :

le sens de la responsabilité.

Et pourtant Red a toujours autant de valeur ?

Cinq mille dollars ?

Oui. Et s'il est élu à l'exposition le mois prochain,

il vaudra dix mille dollars.

J'ai quelque chose à te montrer.

Regarde ça.

Tu la trouves comment ?

- Elle est belle. - Elle est pour lui.

Pour lancer les chenils de Wintapi lorsqu'il aura remporté Westminster.

Pas mal.

Où est la cabane de ton oncle dans laquelle tu habitais ?

Au nord. A trente, trente-cinq kilomètres.

- Là-haut dans les grands pins. - Oui.

Je chassais là-bas. C'est un coin sauvage.

Où allais-tu à l'école ?

Tu n'es jamais allé à l'école ? Mais tu sais lire et écrire.

Mon oncle m'a appris.

Et on avait quelques livres.

De géographie, d'arithmétique...

C'est bien, mais ce n'est pas l'école.

Tu sais que l'école est très importante ?

C'est ce qu'il y a de plus important.

Mais maintenant, je dois travailler

et faire ma place dans le monde.

Tu n'iras pas loin sans éducation.

- Si tu veux réussir... - Réussir ?

Oui... Eh bien...

- Tu sais, gagner beaucoup d'argent. - De l'argent.

C'est ce que tu veux, n'est-ce pas ?

Mais avant tout,

je veux être utile.

C'est le plus important, je crois.

Oui, j'imagine que oui.

Bonjour, Spence.

- M. Haggin. - C'est gentil à vous d'être venu.

M. Blake, du Club des chenils de Montréal.

Mon maître-chien, Emile Fornet.

Amenez Red.

On va avoir l'opinion d'un expert.

J'ai un problème.

J'ai l'intention de faire concourir Red à Westminster.

Je ne sais pas, mais il me semble impossible à contrôler.

Il ne veut plus faire son numéro.

C'est drôle, un vieil habitué comme Red.

Oui. Enfin, voyez par vous-même.

Red, au pied.

Lève la tête.

Red, au pied.

Viens ici.

- Le garçon s'en occupe ? - Oui.

- Vous savez ce que je pense ? - Je commence à penser la même chose.

Fais-le marcher.

Plus vite, René.

C'est ça, bien.

J'aurais dû y penser. Ça ira, René.

Red vient habiter dans la maison avec moi

jusqu'à la date de l'exposition.

Sous aucun prétexte je ne veux que René le voie. Compris ?

Tu as compris ?

- Vous restez déjeuner ? - Merci.

Ça arrive parfois. Ils s'attachent à une personne.

Allons, le déjeuner nous attend aussi.

La bonne soupe à l'oignon de Thérèse. Viens.

Pourquoi Red va-t-il dans la maison ?

C'est le vœu de monsieur. Viens.

Parce que ce gros bêta t'aime trop.

Il n'obéit pas à monsieur.

S'il n'obéit pas, il ne peut pas gagner.

Et dans ce cas, monsieur le vendra.

Voilà la raison.

Il le vendra ?

Oh, oui. Comme ça.

Allons. Thérèse a aussi des myrtilles.

C'était délicieux.

Et voilà, mademoiselle.

Vous êtes à présent chez vous.

Si vous avez besoin de quoi que ce soit, il vous suffit de sonner.

Mademoiselle... bientôt madame, nous l'espérons.

Quelle chienne !

Elle est destinée à Big Red,

et, grâce à elle, Wintapi deviendra le meilleur chenil du monde.

A quoi bon parler de chenil ?

Vous avez dit que si Big Red perd, monsieur le vendra.

Alors, le chenil dans tout ça ?

Monsieur Haggin ne perd jamais.

Ils ne jugent pas monsieur Haggin.

Big Red sera élu. J'ai confiance.

Ils partent à New York demain ?

Est-ce qu'il serait possible de le voir ce soir ?

Juste pour dire au revoir ?

Non.

Pour deux minutes, peut-être ?

Pas question. Red est maintenant heureux,

et continuera de l'être.

Quand vous vous serez reposée,

vous pourrez vous restaurer.

Non, je ne peux pas entrer.

Je n'ai pas le droit.

Red, tu seras sage à l'exposition,

pour monsieur et... pour moi ?

Qu'est-ce que c'est ?

Red, viens ici.

Piquez-le.

Je ne veux plus rien entendre.

Ne le tuez pas.

Tu connaissais sa valeur, et tu ne devais pas venir le voir.

C'est ma faute. Je l'ai dit.

Mais s'il vous plaît, laissez-moi m'occuper de lui.

Allez-y, Emile.

Non, vous ne pouvez pas faire ça !

Tu ne veux pas qu'il souffre, si ?

Moi non plus.

Il vaut mieux que tu ailles dans la cuisine.

C'était si mal de vouloir dire au revoir à un chien ?

Mais j'oubliais.

Il a désobéi à monsieur. Et c'est terrible.

Jamais un garçon n'a désobéi à un homme.

Même qu'ils respectent et admirent.

Il ne respectait et n'admirait personne d'autre que le chien.

Mais, monsieur...

- Je ne veux pas en parler. - Très bien.

Je sais que monsieur n'aime pas montrer ses sentiments.

D'après Descartes, montrer ouvertement ses sentiments...

C'est fini. Compris ?

Demandez à Emile de vernir ces marques de griffes ce matin.

Bonjour.

C'est pas la forme, hein ?

Le petit-déjeuner va te remettre d'aplomb.

C'est la cabane de mon oncle.

Tu resteras ici jusqu'à ce que tu ailles mieux.

On a tout ici. Tout ce dont on a besoin.

Même ça.

Eh bien, tu as retrouvé l'appétit.

Maintenant, on va essayer quelque chose.

Bien.

Ne sois pas malheureux.

Tes muscles sont raides et douloureux.

On va arranger ça.

C'est ça.

Viens, Red.

Encore un pas.

C'est bien.

En un rien de temps, tu courras aussi vite que le vent !

Viens.

Bon chien. Viens. Donne-moi le bâton.

Arrête !

Salut, ma vieille Molly.

Qui t'a fait sortir ?

Ils pensent que tu as besoin d'un peu d'exercice.

D'accord, quand j'en aurai fini,

on fera un petit tour...

Attends une minute. Tu n'es pas Molly.

Red, pour l'amour de Mike, où étais-tu passé ?

Il logeait avec moi.

Dans la cabane de mon oncle.

Eh bien, René, je suis ravi de te revoir.

Tu as fait du bon travail avec ce chien.

Il était sur le point de mourir. Qu'as-tu fait ?

Je me suis occupé de lui.

A présent, je vous le rends.

Toutes ces paroles en l'air ne suffisent pas à te remercier.

Ecoute-moi. Emmène-le au chenil.

Dis à Emile que tu es de retour, et à Thérèse que tu as faim.

Non, merci. Je n'ai pas faim.

On va y aller ensemble. Il faut qu'Emile voie ça. Il ne le croira jamais.

Tu es comme neuf. L'exposition sera pour l'année prochaine.

Il peut encore faire un bon chien étalon.

On ne peut pas tout avoir.

Ne quitte jamais ton travail.

Parfois, c'est nécessaire.

Ce n'est pas nécessaire du tout.

Emile a besoin d'aide, et tu veux du travail.

Il serait préférable que je trouve un autre travail.

Je ne peux pas te forcer à travailler ici.

Pourtant, je me sens redevable.

Vous ne me devez rien.

Va-t'en, Red. Tu dois rester avec monsieur. Retourne.

Retourne !

Viens.

C'est ça, Jim. J'expédie les deux chiens ce matin.

Vendez-les.

Molly aura les chiots de Red dans quelques semaines.

Gardez-en un si vous voulez et vendez les autres.

Non. Je ne crois pas.

D'accord. Voyez ce que vous pouvez faire et appelez-moi.

Ne dites rien, Thérèse.

Ne rien dire ? Monsieur vend les chiens.

Un chien, une chèvre, un chat.

Quelle est la différence ?

Après tout, un chien, ce n'est qu'un animal.

Et si les chiens nous font penser à une certaine personne,

c'est malheureux.

Je ne veux plus parler de cette histoire de chien.

Il y a beaucoup d'histoires dont vous ne voulez pas parler. Je le sais.

J'arrive.

Là.

C'est mieux, non ?

Oh, là là.

A quoi bon avoir de l'eau là si vous êtes à l'intérieur ?

Je vais arranger ça.

Qu'est-ce que c'est que cette serrure ?

Elle sert à fermer, mais pas à ouvrir. Je vais y arriver.

Ça vient.

Attendez-moi. Je reviens.

Oh non, encore !

Monsieur l'Orignal, madame l'Orignal. Allez.

Ce n'est pas le même.

Essaie un autre sifflement.

C'est le même, et c'est la dernière fois que le train siffle.

A ton tour.

C'est humiliant. Vous ne devriez pas me demander de faire ça.

Il va causer des retards de train.

- Et si les passagers voient ça ? - Edouard.

Pourquoi avoir honte d'avoir un très grand talent ?

Qu'un orignal soit un orignal, c'est une chose.

Mais qu'un homme soit un orignal...

Surtout un homme de ton âge.

- Louis, s'il te plaît. - Edouard, les chemins de fer attendent.

D'accord. Je m'en occupe.

J'aurais dû me douter que tu serais là.

Alors, l'herbe est plus verte à cet endroit ?

On rentre à la maison maintenant.

Tu es dans la propriété privée de monsieur Le Boss.

Tu n'as pas le droit.

Ce n'est rien.

- Bonjour. - Bonjour.

- C'est ta vache ? - Non.

Elle appartient à la ferme de monsieur Méreau,

où je travaille.

- Je la ramène. - Comment ça va ?

Ça va bien.

Viens.

Allez, viens !

Comment va-t-il ? Il va bien, Big Red ?

Red s'est enfui.

Il y a plus d'une semaine. Avec Molly.

Ils partaient pour Montréal pour y être vendus

quand ils se sont échappés du train.

Dans les Laurentides, près du Mont Tuledeleau.

Qui est parti à leur recherche ?

J'ai averti les gardes forestiers,

mais je ne crois pas qu'on ait beaucoup de chance de...

On doit partir à leur recherche.

Deux chiens d'élevage ne tiendraient pas une semaine dans ce coin sauvage.

Red est différent.

Crois-moi, je suis aussi désolé que toi.

Je peux comprendre.

C'est dommage de perdre tout cet argent.

On pourrait perdre mille éléphants dans ces bois et ne jamais les retrouver.

Deux milles éléphants.

Mon oncle m'a appris

comment suivre les traces de renards et de loups.

Pour un chien, c'est pareil.

- Il a plu depuis. - Il y aura encore des traces.

Des poils sur une branche.

Ou bien l'herbe sera couchée dans le champ où ils seront passés.

Bien sûr, à ton âge,

je ne connaissais pas ce mot.

On arrive.

J'espère que tu trouveras les chiens.

N'espère pas trop.

Je croyais que tu étais un loup !

Mon vieux loup !

Je pars à ta recherche et c'est toi qui me retrouves !

Assis.

Maintenant, laisse-moi te regarder.

Tu n'as plus que la peau sur les os !

J'ai quelque chose pour toi.

Allez, mange.

Allez, mange. C'est pour toi.

De la viande fumée de la ferme de monsieur Méreau.

Red, reviens !

Alors, c'est mieux ici pour manger ?

Molly ! C'est pour ça que tu as pris la viande.

Pour elle.

Monsieur Papa, félicitations. Ton premier bébé !

Je ne pense pas que ce soit le dernier.

Reste en arrière. Un père n'a pas sa place.

Bonjour, madame.

Tu es réveillée.

J'espère que la famille va bien.

J'ai pris ça. Maintenant, on a tout ce dont on a besoin.

Mais le petit-déjeuner est par là.

Avec ta permission,

j'ai appelé celui-ci, P'tit Rouge.

Little Red.

Lorsque vous serez en âge de voyager,

on rentrera à la maison.

Mais pas tout de suite.

Toi et moi, Big Red, on ira chasser,

et on leur rapportera de bonnes choses à manger.

Il est fatigué, celui-là.

On dirait que c'est lui qui a eu les bébés.

Ma mère avait l'habitude de dire de mon père,

je me souviens peu d'elle,

mais je me rappelle qu'elle disait :

"l'homme se repose quand la femme a fini le travail".

Bonjour, madame.

Comment ça va ? Tu pourrais prendre ton petit-déjeuner ailleurs.

Viens.

Par ici, monsieur Méreau.

Vous l'avez trouvée, cette diablesse.

Alors, c'est par là qu'elle est entrée.

Ce n'est pas une barrière très solide.

Je suis vraiment désolé.

Vous avez eu de la chance de l'attraper.

Elle était en train de manger ma haie.

- Votre haie ? - Oui.

Cette haie ne me dit rien de bon.

Elle pourrait l'empoisonner.

Ou pire, empoisonner son lait.

Je dirais qu'elle est en meilleure forme que ma haie.

Si elle s'est empoisonnée, il se peut que je prenne certaines mesures.

Dans notre province, les riches et les pauvres

sont égaux devant la loi.

Eh bien, je suis heureux de l'entendre.

Je croyais que le jeune René s'occupait de votre vache.

Le jeune René Jean-Paul Dumond.

Il n'est plus à mon service, monsieur Haggin.

Mais, monsieur...

Il n'est plus à mon service pour la simple raison

qu'il n'est pas venu travailler depuis deux semaines.

Il est probablement parti dans la cabane de son oncle

pour jouer de l'harmonica.

Ce n'est pas impossible.

Vous ne l'avez pas vu depuis deux semaines ?

J'ai du travail à faire, M. Haggin. Au revoir.

Et si la vache s'échappe de nouveau,

je saurai qui est le responsable.

Bonne journée.

Tu es bien matinale ce matin.

Et déjà prête à partir.

Mais avant que tu me quittes pour de bon,

puis-je avoir mon petit-déjeuner ?

Tu devrais aller à Paris.

La Comédie-Française passe à côté d'un grand talent.

C'est quoi ? C'est pour monsieur ?

Pour qui d'autre ?

Monsieur va dans les bois chasser à cette heure-ci ?

Chasser quoi ? La saison des cerfs n'est pas ouverte.

Avec de la chance, un garçon de taille moyenne.

Un garçon de taille moyenne.

René ?

On connaît d'autres garçons de taille moyenne ?

Hier, monsieur a dit qu'il fermait Wintapi pour partir en Europe.

C'était hier.

Quand je suis descendue, monsieur se tenait où tu te tiens...

- Je suis assis. - Tu es assis.

Bon, il se tenait là où tu es assis.

Ne gâche pas l'histoire.

Il se tenait là, et puis, sans crier gare,

il a dit : "Le garçon a quitté la ferme de Méreau. Personne ne sait où il est."

"Je vais à la cabane du garçon voir ce qui s'est passé."

A la cabane du garçon ?

Ce n'est pas ce que j'ai dit ? A la cabane du garçon.

- J'ai dit : "Monsieur..." - Je ne comprends pas.

- Alors, j'ai dit... - Hier, il fermait Wintapi...

J'ai dit : "Monsieur..."

J'ai dit : "Monsieur, je m'inquiète

que personne ne sache où René est parti."

"Peut-être qu'il se trouve sans défense,

terriblement malade."

- Tu n'as pas dit ça ? - En français.

Je vais chercher mes affaires, et je pars avec monsieur.

Tu n'iras nulle part.

La cabane du garçon est à des kilomètres.

C'est un voyage fort en émotions.

Il n'y a pas de place pour deux.

Amène-ça à monsieur.

D'accord. Ne fais pas tant de bruit. On y est presque.

Et c'est une bonne chose, Molly.

Je crois que ta famille pèse un kilo de plus à chacun de mes pas.

Calme-toi, Mike.

Qu'est-ce qui se passe ?

Ce n'est rien, comme je le pensais. Allons-y.

Allez, mon vieux.

Mike ! Du calme, mon vieux !

Red a vu quelque chose.

Il est encore parti chasser.

C'est dommage. Red aime tant chasser,

mais il n'attrape jamais rien.

Viens ici, mon vieux.

Viens, mon brave Red.

Va chercher le fusil. Attrape-le.

Laisse-le tranquille.

Ne l'excite pas !

Attention !

Pas mal pour un tir.

Monsieur va bien ?

Monsieur ira bien si tu réussis à libérer son pied de cette pierre.

Quelle famille !

Molly s'est fait beaucoup d'honneur.

Je ferai attention.

Monsieur sera content.

Tu sais René,

je me suis trompé au sujet de Red.

J'ai dit qu'il était irresponsable,

mais il était prêt à se faire tuer pour moi.

Maintenant, voyons un peu.

- J'aimerais dire quelque chose. - Plus tard.

J'ai réfléchi. J'ai fait des erreurs,

des erreurs causées par ma propre stupidité.

J'ai créé des ennuis à monsieur.

Oublie ça, mon garçon. C'est fini.

Est-ce que...

Est-ce que monsieur...

Est-ce que monsieur voudrait me reprendre à son service ?

Non, monsieur ne voudrait pas te reprendre à son service.

Tu iras à l'école.

Tu habiteras avec moi à Wintapi, et tu iras à l'école.

- Oh non, monsieur. - Pas de "oh, non".

J'ai réfléchi à tout ça en venant ici.

Je devrai t'aider jusqu'à ce que tu aies rattrapé le retard.

Je ne pourrais accepter une offre si généreuse.

Pourquoi pas ?

Ecoute, mon garçon, assez de niaiseries.

Je suis venu parce que j'étais inquiet à ton sujet.

- A mon sujet ? - Oui.

Tu n'as pas à accepter ce marché,

mais parlons-en de manière raisonnable.

"Marché" ?

C'est quoi un "marché" ?

Eh bien, un marché, c'est...

Un marché, c'est un arrangement dont les deux parties tirent profit.

Les deux parties ?

Les deux parties.

Tu as besoin d'être éduqué, et...

Vous avez raison à propos de ces "niaiseries".

Rien ne me ferait plus plaisir au monde

que de vivre avec vous à Wintapi

et d'aller à l'école.

Va chercher les chiots et rentrons à la maison.

Tu me dis si je m'appuie trop.

FIN

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