All language subtitles for Un Acte d´Amour (1953)_360p

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Original subtitles

UN ACTE D'AMOUR.

LA COTE D'AZUR CETTE ANNEE-LA.

AMERICAINS RENTREZ CHEZ VOUS!

BIENVENUE A LA MARINE AMERICAINE.

Ethel !

T'as d�j� vu ce type-l�?

Non.

C'est bizarre.

Dis-moi, je cherche un h�tel.

Je cherche un h�tel.

Le Belle Rive. C'est loin ?

Excusez-moi...

On ne s'est pas d�j� rencontr�s ?

Non, je ne crois pas.

Bizarre.

CHANGEZ VOS DOLLARS ICI AU MEILLEUR TAUX.

Est-ce le seul Belle Rive ?

Le seul et le meilleur.

J'aimerais voir une chambre.

Voir?

Juste jeter un coup d'oeil.

Ce n'est pas un mus�e. On les loue.

Bon, je peux en louer une ?

Oui, monsieur.

J'en ai une tr�s agr�able au 3e �tage.

-Je sais laquelle je veux. -Vraiment ?

Elle fait l'angle. Des roses ornent le papier peint

et le petit balcon en fer forg�

donne sur l'Italie.

Ah, la 16, � l'annexe.

Vous �tes d�j� venu.

Non. La chambre est libre?

Pour l'instant, il y a une dame.

Elle devrait partir dans une heure.

Remplissez votre fiche.

Bien sur.

Tenez.

Vous �tes d�j� venu � Villefranche.

Non.

Mais alors 4e balcon et le papier peint ?

Voil� . Ca ira corme �a ?

Oui, merci.

Et la profession ?

Touriste.

J'attendrai sur la terrasse.

Appelez-moi quand ce sera pr�t.

Entendu monsieur.

Touriste...

Vous prendrez?

Voil� les gars. On y est.

Attendez, les gars. Ecoutez-moi bien.

Je veux que vous laissiez ce village comme vous l'aurez trouv�.

Pas de carreaux cass�s ni de gueules cass�es.

Pas d'incidents diplomatiques. Pig�?

C'est bon, les gars.

Garde � vous !

A droite, droite ! En avant, marche !

Et c'est reparti..

C'est � moi que vous parliez ?

En fait, je me parlais � moi-m�me.

Avez-vous du feu ?

Merci.

Tu vois ce que je vois?

Pas mal roul�e.

Ca vous d�range si je m'assois � cot� de vous ?

C'est � cause d'eux.

Quand ils voient une fille seule ici,

ils ont tendance � devenir tr�s familiers.

Vous me comprenez ?

Je comprends.

Pas que je ne les aime pas.

Bien au contraire.

J aime beaucoup les Am�ricains. Ils sont si gentils.

"J'aime beaucoup les Am�ricains."

"Ils sont si gentils."

Vous �tes ici depuis longtemps ? Depuis hier.

Mais vous �tes d�j� venu en France ?

Pendant la guerre ?

Pendant la guerre.

Paris?

Je connais du monde l�-bas.

Vous avez des amis � Paris ?

J'en avais autrefois.

Certains d'entre eux �taient des amis.

Bien sur que je parle anglais.

Quand les Allemands �taient l� j'�tais tr�s dou�e pour l'allemand.

Des Esquimaux d�barquaient,

j'apprendrais l'esquimau.

Ce qui frappe un vieux bonhomme durant la guerre,

c'est que tout devient rare.

Les cigarettes, la nourriture, la dignit�, l'honneur

et enfin, l'espoir.

D'autres choses me manquent,

mais ce qui me manque le plus,

ce sont les cigarettes

J'ai ob�i et fait toutes les guerres.

En r�compense, j'ai une plaque en m�tal l� .

Je devrais vous croire ? Me faites pas rire.

Les Am�ricains m'ont �tonn�e avec tout leur armement.

Dans leurs films, ils ont l'air si surs d'eux.

Mais apr�s deux verres, ils redeviennent des gosses.

Paum�s et tristes, loin de leur maman.

J'ai fait un march� pour une chose qui ne se marchande pas.

Et vive tout !

Je vous souhaite la bienvenue � Paris.

Vous pouvez le dire.

- Vous allez rester ? - En route, les gars

Allez Bob !

Donne-lui un baiser d'adieu.

C'est le sergent qui d�cide.

Ca, c'est sur.

Moi, c'est Nina. D'accord ?

Bien sur. Nina pour toujours.

Tout le monde est l�?

Quand vous reviendrez � Paris n'oubliez pas Nina. Tenez.

Promis, ma belle.

Comment je m'appelle ?

Nina. Nina pour toujours.

Quelle douce musique.

Quoi donc ?

Ces canons.

- Ca n'a rien de musical. - Ils sont l� ou je les voulais.

Derri�re moi.

Ca fait 3 ans que je vais vers eux.

Et maintenant, gr�ce � ma triple fracture,

je vais dans le bon sens. En arri�re.

Quelqu'un allume une s�che pour le h�ros bless� ?

H�, fais voir un peu �a.

Les Boches savent faire deux trucs : la bi�re et les appareils photo.

Trois : la bi�re, les appareils et les emmerdes.

Merci, Bob. Tu peux le dire, mec.

A Paris, tu pourrais en tirer 300 ou 400 $.

Tu vas le vendre?

Pourquoi?

Pour prendre mes gosses en photo.

Oh, t'es mari�...

Mais t'as des gosses ?

Vise-moi ce planqu�, assis sur son cul pendant la guerre.

Bien chauff�, bien nourri.

En cravate, il a les nanas qu'il veut.

Tout �a parce qu'il tape � la machine.

Sachez une chose.

On me reverra pas dans l'arm�e tant que je saurai pas taper.

300 F pour une foutue bouteille de cognac.

On vient lib�rer leur pays et ils nous arnaquent.

Dis fiston, � qui t'�cris ? A ta dulcin�e ?

A ma m�re.

Comme c'est chou. Il �crit � sa maman.

- Bois un coup. Non merci.

Maman laisse pas boire son petit dur � cuire ?

J'en ai pas envie.

C'est du calvados de Normandie.

Tu sais combien de types tu�s en Normandie ?

Je veux finir avant l'extinction des feux.

T'es pas aimable, fiston.

Fiche-lui la paix.

T'attends quoi ? Tes ordres ?

Quand j'invite � boire un coup, j'aime qu'on soit poli.

-Allez, bois un coup. -J'ai dit "fous-lui la paix !"

Va dans le foyer.

Ca devrait te calmer.

Si tu veux te battre, va chez les paras.

Flanquez-le sous la douche.

L�chez-moi !

OK, les gars, je me charge de lui.

Va prendre l'air.

Vas-y. Ecoute-moi pour une fois

BIENVENUE.

On vous croyait reparti au front.

C'est plus grave que �a.

J'ai plus de fric.

On offre un verre � Nina ?

Un cognac pour Madame, Georges.

Tu as l'air tr�s solitaire, ce soir.

- Tu dis �a � tous les gars - C'est de l'humour am�ricain ?

Tout juste. Ca nous fait mourir de rire.

H�, qui est-ce qui t'a fait �a ?

Un mec qui me trouvait solitaire.

Un autre, Georges.

Il me faudrait une chambre. Tu peux me trouver �a ?

Une chambre ?

Avec une serrure.

Une chambre � Paris, aujourd'hui ? Tu as combien d'argent ?

J'ai �a. Tu pourrais me le vendre ?

Je connais quelqu'un dans ce secteur � deux pas d'ici.

Tu veux que j'aille voir?

Sacr�e Nina. Elle a un ami dans tous les secteurs.

-Si tu veux pas... -Si, si, vas-y.

Remets-moi �a.

-Bob. -Oui

- Combien de temps, la chambre ? - Pourquoi ?

Comme �a. Il m'est venu une id�e.

Pour toujours.

C'est combien de temps, "pour toujours" ?

-Jusqu'� la fin de la guerre. -Tu es dr�le.

J'aurai peut-�tre une surprise pour toi.

Sers-lui-en un autre, Georges.

A mon retour, il sera riche.

Provisoirement. Et bien plus s�duisant, mon ch�ri.

Provisoirement.

Et votre piaule, la-haut ?

Elle dit que c'est bon.

Bob, au sujet de cette piaule, j'ai une id�e.

Je pars en voyage.

Tu m'�coutes?

- Je pars en voyage. - J'ai entendu.

Je connais un capitaine � l'Intendance

Il a �t� mut� � Cannes.

Il se d�brouille pas mal.

Il y a du soleil et des fleurs partout � Cannes.

J'en ai marre de ce temps.

Ce temps me rappelle la guerre.

Je pars, c'est tout ce que �a te fait ?

Mes f�licitations.

Le capitaine est tr�s gentil. Il a de belles dents

Ca sert. A l'Intendance, on fait que bouffer.

T'as pas appel� depuis 15 jours.

J'aimerais avoir un cheval.

T'es pas un peu triste que je parte?

Bien sur tout me rend triste.

Le prix des appareils photo s'effondre.

Triste de ne pas �tre g�n�ral.

Triste pour les 5 000 morts d'aujourd'hui.

Et pour les 5 000 de demain.

Triste qu'il pleuve dehors.

Triste de ne pas �tre triste que tu partes.

Ca r�pond � ta question ?

Si c'est important pour toi.

C'�tait le Grand-Prix de 1938.

En 1938, il a plu toute l'ann�e � Paris.

Tu ne m'as pas �cout�e.

Vas-y, dans ta Floride...

Tu sais, il te faut plus qu'une chambre vide.

Vraiment ?

Tu as besoin de quelqu'un � aimer.

L'amour ? Le rem�de f�minin � tout.

Balle dans la t�te.

Perte de poids ? Essayez l'amour.

Il y a la guerre ? Achetez l'amour. Le m�dicament miracle.

- Je sais de quoi je parle. - On en a pas dans l'arm�e.

Seuls les civils y ont droit cette ann�e.

Tu veux que je prenne une fille � Pigalle, les yeux band�s,

et que je m'en pr�tende amoureux ?

- Il y en a d'autres. - O� �a, au paradis ?

- Ici m�me, � Paris. - File-leur mon adresse.

Ce que je veux ?

Juste une fille �lanc�e

� la voix douce, aux mains douces.

Quelqu'un qui parle ma langue,

qui ait ce sourire bien particulier

qui ne sera que pour moi.

Que je pourrai regarder en face.

T'as �a en stock ?

Tu as cet article ?

Je n'en sais rien.

En fait, je l'ai peut-�tre.

Sacr�e Nina.

Une amie dans tous les secteurs.

Ne joue pas les durs, Bob.

De tels anges existent-ils vraiment ?

Pourquoi s'int�resseraient-ils � moi ?

-Il en offre 14 000. -Je sais.

Il dit que le march� baisse.

C'est quoi, �a ?

J'ai droit � ma petite commission ?

Tiens. De toi, je n'en veux pas.

Garde �a. C'est pas ce que je voulais dire.

Je suis d�sol�.

Moi aussi.

A quel sujet ?

Que tu sois arriv� quatre ans trop tard.

H� Dick il y a un appel pour Teller.

Bill va chercher Bob, tu veux ?

Le sergent fait patienter.

Tr�s bien.

H�, Teller, il y a un appel pour toi. Dans le bureau du sergent.

Merci, Bill.

- Salut, Johnny. - Bob. c'est pour toi.

Parle pas trop fort. C'est une dame.

Les appels personnels sont interdits.

Prends �a.

Soldat Teller.

Allo, Bob, c'est Nina.

Oui, ici le soldat Teller.

Ici Nina, tu m'entends ?

Je vous entends, monsieur.

Pourquoi tu m'appelles "monsieur"?

Je t'expliquerai.

- T'es entour� de militaires? - Exactement.

Tout va bien.

Tout est arrang�.

- Qu'est-ce qui est arrang� ? - Je te donne ma chambre.

La fille que je devais te pr�senter.

Je suis sure qu'elle te plaira.

Tu es l�?

- Oui je suis toujours l�. - Alors, parle dans le t�l�phone.

Sois chez moi � 9 h ce soir. Je t'expliquerai.

Ok.

Note l'adresse.

Rue Ste Genevi�ve.

23, rue Ste Genevi�ve.

Je m'en vais, � ce soir.

- Apporte du caf� am�ricain. O� je vais trouver �a ?

J'oubliais. Tu m'entends ?

Oui, tr�s bien. Tu es mari�.

-Quoi ? Tu es mari�.

C'est comme �a.

N'arrive pas apr�s 9 h, s'il te plait.

Raccroche. Tu en sais assez.

Au bar des Deux Anges � 9h et sois � l'heure.

C'est votre jeep qui est l�?

J'arrive. On peut mourir de soif dans cette ville.

Allez, en route.

J'ai dit que j'arrivais Bonsoir, Ad�le.

T'appelles �a de la bouffe ?

De quoi tu te plains ? Vise un peu.

Tes dents.

J'y ai dit : "Beth... Elle s'appelle Beth

"Va savoir ".

"Ils recrutent m�me � Diosto et � Latofe"

Ca fait cinq jours.

L'horreur.

Les arm�es sont toutes pareilles.

Pardon. Je vous avais oubli�e.

Mimi, � quelle heure Nina revient-elle ?

Le capitaine passe la prendre � 9 h 30.

Elle ne va plus-tarder

- Vous buvez quelque chose ? - Non, merci.

Il parle fran�ais ?

-Qui? -Qui ?

-Votre mari. -Un peu.

On parle tous un peu fran�ais...

J'arrive.

Vous semblez frigorifi�e.

Un petit cognac vous revigorera.

- Je veux encore du bon vin. - Criez pas comme �a.

Vous avez assez bu.

Comment �a, j'ai assez bu ? Tu entends ?

- Bonsoir, tout le monde. - Voil� Nina !

Excuse-moi. Je suis en retard.

Il est arriv� ?

Vous �pousez toutes des Am�ricains.

Soudain, les Europ�ennes n'aiment qu'eux.

Ca va vous faire du bien.

Vous vous �tes mari�s � Paris ?

Je... Non.

A Cherbourg.

Mais tu trembles. Viens on monte.

- Pourriez vous nous faire du caf� ? - Tout de suite.

-C'est par ici. -Viens.

On pourrait s'amuser tous les deux. Je vous invite toutes les deux.

Oubliez-la. Elle quitte la ville.

Bien sur. D�s qu'elles me voient, elles quittent la ville.

Que voulez-vous ?

Vous auriez pas une fille pour moi ?

J'en connais pas. Laissez-moi.

Eh, Rosbif, reste pas la . Viens ici.

Parie-lui de mes exploits.

Epoustouflants. - Vous voyez ?

Je suis pas m�chant.

Il est pas m�chant.

Je vous promettrai ce que vous voudrez.

Bon, parce que j'ai piti� de vous.

J'ai un tas de fric. J'ai gagn� au jeu samedi soir.

J'en fais quoi ?

Je vous pr�viens, pas de scandale.

Jur�. Pourquoi je ferais un scandale ?

Elle est blonde ? Comment elle s'appelle ?

Elle parle pas anglais ?

C'est un soldat am�ricain. Il vient souvent ici.

Oui, il est un peu saoul. Il est pas trop mal.

Il veut vous inviter � danser. O� l'emmenez-vous ?

O� elle voudra. Elle aime danser ?

O� vous voudrez. Il veut aller danser.

- Elle pr�f�re la viande. - Elle aura aussi de la viande.

Il est d'accord.

O� �a? Tr�s bien.

Je vous adore.

J'ai r�ussi.

Tu as dit quelque chose ?

Tu as fait le pari de rester muette, ce soir.

Pourquoi lui avoir dit qu'on s'�tait mari�s � Cherbourg ?

O� est le mal?

Des milliers de gens se marient � Cherbourg.

Que de mensonges...

La v�rit�, c'est en temps de paix.

Veux-tu me passer mes bottes ?

Il vient ici ?

-Qui? Ton Robert.

Ca va �tre le tien, d'une minute � l'autre.

J'esp�re qu'il ne viendra pas.

Tu vas encore remettre �a ?

Tu veux dormir dans la rue ? Te jeter dans la Seine?

Si j'en avais le courage..

J'ai cette chambre depuis que j'ai 14 ans et je te la donne.

Bats-toi.

T'as que ces chaussures ?

Enl�ve-les et essaie celles-la .

Ne fais pas l'idiote. Essaie-les.

Que vais-je lui dire Nina ?

Ce que tu dis � tout homme.

- J'ai jamais connu de soldat. - Ils parlent tous le m�me langage.

L�ve-toi.

Marche. Marche.

Pas comme �a.

Tu vas pas � la guillotine.

Marche comme une femme sur qui les hommes se retournent.

-Elles te vont? -Oui, mais...

Pourquoi me les donner ? -Parce que...

Personne ne serait assez fou pour se jeter � l'eau avec ces chaussures-la .

Assieds-toi, je vais te coiffer.

Tu ferais peur � un G. I avec cette coiffure.

Voici Mme Teller. Elle est mari�e � un Am�ricain.

Mon mari les conna�t bien.

Bien avant la guerre,

j'ai connu beaucoup d'am�ricains. Enfin... d'Am�ricaines.

Il y avait cette institutrice de Pennsylvanie

qui visitait les ch�teaux.

Il y a 25 ans de cela.

Il s'int�ressait beaucoup aux Am�ricaines.

Sans curiosit�.

Avez-vous assouvi votre curiosit� ?

Oui, dans une certaine mesure.

Pour revenir � notre institutrice...

Si j'en parle

c'est pour mon �pouse.

Mais juste pour dire

qu'elle adorait la France.

Et votre mari,

il aime aussi la France ?

Je n'en sais trop rien.

Bonsoir, Bob.

Tu es en retard.

Par ici.

Soldat Robert Teller de l'U.S. Army.

- Enchant�. - Bonsoir.

L'air intelligent pour un Am�ricain.

Combien de cognacs ?

Un seul et un pousse-caf�.

- Quel genre ? - Un cognac.

Asseyez-vous.

Lisa, faudra l'emp�cher de boire.

A leur retour, ils n'auront plus d'estomac.

Mimi, une tasse.

Vous prenez un caf� avec nous ?

Ad�le te demande si tu veux un caf�.

Non, merci.

Ca m'�tonne pas.

On les dorlote dans l'arm�e.

Fernand demandait � votre femme si vous aimiez la France.

Si je l'aime ?

Vous l'aimez ?

En v�rit�, je ne pensais pas qu'elle serait aussi belle.

Voici non fils. Il s'appelle Claude.

Bonsoir.

Mon taxi !

Bob, tu me portes mes bagages.

Au revoir, Ad�le.

Au revoir, ma ch�rie.

Ne t'inqui�te pas. Tout ira bien.

- Au revoir, Fernand. - Je vous imaginerai au soleil.

Ca me tiendra chaud.

Prends-en soin. Vous avez besoin l'un de l'autre.

C'est quoi, cette histoire de mariage ?

C'�tait le seul moyen d'avoir la piaule.

Salut, Bob !

Salut, tout le monde.

J'arrive, j'arrive !

Reste tranquille.

Je vais pr�parer votre chambre

Montez quand vous voulez.

Je finis mon caf�.

On a le temps.

- Cigarette ? - Avec plaisir.

Moiti� maintenant, moiti� plus tard.

Vous fumez ?

Non, merci. Je pr�f�re les n�tres.

Infectes.

Elles puent mais ce sont les n�tres.

Bonne nuit.

Je m'excuse. Pardonnez-lui.

Encore merci pour la cigarette.

Quelle �trange famille...

- En Am�rique aussi. - Vraiment?

- Voila . J'ai fini mon caf�. - Nina a dit qu'on �tait mari�s ?

Oui.

- O� s'est-on mari�s ? - A Cherbourg.

Parfait. C'�tait un beau mariage ?

Je l'ignore, je n'y �tais pas.

Que suis-je cens� savoir d'autre sur vous ?

- Quel �ge avez-vous ? - Celui que vous me donnez.

- Parisienne ? - Non, je viens de St Malo.

Ma m�re pensait que Paris serait plus sur.

- O� est-elle � pr�sent? - Elle est morte.

- Vos avions sont arriv�s et... - Ces choses-la arrivent.

Mon p�re, �a vous int�resse aussi ?

Oui.

On l'a vu en 1941 partir vers l'Allemagne.

Depuis plus rien.

Ma famille ne vous g�nera donc pas.

- On monte � pr�sent ? - Vous le voulez vraiment ?

C'est comme vous voudrez.

Entrez entrez. Voil�.

- J'ai tout pr�par�. Merci, mais je ne reste pas.

- O� dormirez-vous ? - A la caserne.

Vous ne pouvez pas d�coucher ?

C'est �a l'arm�e.

Aucune vie humaine.

- Bonne nuit quand m�me. - Bonne nuit.

Au moins, �a a l'air propre.

Oui, c'est propre.

- Il fait frais. - Il fait chaud � la caserne ?

Il fait bon.

Les Am�ricains se tiennent bien au chaud.

- Vous en connaissez tant ? - A savoir ?

Rien. Il y a tellement de soldats � Paris.

Vraiment ?

- Les filles aiment les soldats. - Quelle chance... pour les soldats.

On peut le dire.

Voyons.. Voici le caf�. Je l'avais promis � Nina.

Ca, c'est du ragout

- Ce doit �tre merveilleux - Quoi ?

D'�tre am�ricain. -Il y a pire.

- Ils sont si riches.

Vous l'�tes?

- Quoi ? - Riche.

Non, je fais partie des pauvres.

D��ue?

Moi ? Non.

Pourquoi donc ?

- Vous aimez le chocolat ? - Quelle chance.

On vous accueille partout avec des fleurs.

Une fille dans chaque port.

Ce chocolat est pas mauvais.

Il ne fond m�me pas au soleil.

Vous avez connu des filles en Afrique ?

Bien sur.

- En Angleterre ? - Quelques-unes.

O� encore ?

Partout sur mon chemin.

On avait plus le temps de se battre.

Trop occup�s � �loigner les filles des tanks.

- Tenez, goutez - On n'ach�te pas tout.

Un cake aux fruits ?

Ma m�re me les envoie. Vous voulez gouter ?

Les Am�ricains sont menteurs.

Oui, on a un peu tous les d�fauts.

Deux cartouches de cigarettes... Pourquoi "menteurs" ?

Vous mettez tout en bo�te,

cr�ez le chocolat qui ne fond pas, et vous vous croyez civilis�s.

Si les Boches sont plus civilis�s, r�invitez-les.

- Vous pr�f�rez sortir avec eux. - Sottises.

C'�tait le paradis sur terre, hein ?

C'est faux. On les a combattus.

A Pigalle ?

On est pas venus admirer le panorama.

Des tas de nos gars sont morts ici. Ne l'oubliez pas.

O� allez-vous ?

Je ne peux pas.

Je croyais pouvoir, mais je ne peux pas.

Laissez-moi.

Vous me haissez, hein ?

Non. C'est moi que je hais.

- Laissez-moi... - Pas question.

Et c'est quoi, cette histoire ? J'y suis pour rien.

Vous n'aviez ni ressources ni toit, d'apr�s Nina.

Elle pensait que j'aurais pu vous plaire.

Ne pleurez pas, il y a rien de tragique.

Je connais la sortie.

Ca recommence. C'est le black-out.

Plus rien ne marche. Plus rien.

Ad�le, il n'y a plus de lumi�re.

Je sais, je sais. Je vais m'en occuper. Mimi.

M. Robert, vous �tes aussi dans le noir ?

- Oui. - On s'en occupe.

- Mimi ! - J'arrive !

Lisa, je suis d�sol�.

Lisa, vous m'entendez ?

Je suis vraiment d�sol�.

C'est pas vrai, au sujet des filles.

Dites quelque chose.

Excusez-moi.

Ah, la guerre, c'est le cirque

- En plus dr�le. - J'aime bien les bougies.

Je serai mort depuis longtemps quand tout remarchera ici.

Voil�, tout est arrang�.

Appelez-moi, on prendra un verre.

Pourquoi l'allumette ?

Pour vous voir, je suppose.

Pourquoi ?

Pourquoi?

Si je le savais...

C'est extraordinaire.

3 millions d'hommes pour que �a nous arrive.

Bonjour Claude.

Bonjour.

Regarde ce qu'a donn� M. Robert.

Les tr�sors du Nouveau Monde.

Fallait-il y penser... Ing�nieux ces Am�ricains.

Que fait votre mari ? Je veux dire en Am�rique.

- En Am�rique ? Oui, dans la vie.

- Il �tudie pour devenir avocat. - Avocat ? Bravo.

Pour le moment, on est dans un monde de soldats.

Les soldats passent,

les avocats restent.

Etonn�e que je ne sois pas soldat ?

Non, je n'y avais pas song�.

Jeune, bon pour le service.

Tu as fait ta part. Tu as �t� Bless�.

Tu as fait ta part. Il a �t� bless�.

Deux fois. Une fois par les Anglais,

une fois par les allemands.

Pourquoi en vouloir aux Am�ricains ?

Je ne leur en veux pas.

J'en veux pas � ceux qui se battent.

Ils font leur boulot.

Ils tuent ou se font tuer. Ils font de leur mieux.

J'en veux aux autres, ceux qui restent ici.

Ceux des salons.

Avec leurs cigarettes, leurs bas en soie.

Tu veux quoi ? Toute l'arm�e au front ?

Fernand, y a des clients.

J'arrive.

Faites pas attention � lui.

Non, merci.

Excusez-moi.

Vous arrivez � �tre heureuse? Avec un �tranger ?

Un �tranger ? Qui ne l'est pas ?

Vous �tes heureuse?

Il faut que je file.

Je ne devrais pas vous dire �a...

Mais ces choses sont dures � avaler.

Comme ces femmes qui �pousent des �trangers.

Elles ne les �pousent pas.

Elles se vendent � eux.

Excusez-moi.

-Vous parlez anglais? -Oui.

- Bravo. - Preuve d'intelligence, parait-il.

Bon. Encore sept. Hommes uniquement.

Travail de jour.

C'est tout pour aujourd'hui.

C'est tout.

On s'en fiche, mais je m'en fais pour Peter,

notre chat qui a pas bouff� depuis deux jours.

Ne soyez pas si triste.

A votre �ge et avec vos yeux,

je ferais pas la queue comme �a... Pas dans une ville pleine de soldats.

Sans vouloir vous vexer.

A la guerre, c'est chacun pour soi.

J'y pense... J'ai peut-�tre un truc pour vous.

On y bossait l'apr�s-midi. Rien de sorcier.

On faisait les sols, les bureaux.

Dans une agence de presse �trang�re.

Une fille comme elle a ses chances.

Voila l'adresse. Demandez M. Quitterez.

-C'est le boss. -Merci c'est gentil.

Vous-voulez travailler ?

Vous connaissez Paris ?

Quelle belle ville ! -En arrivant, j'ai �t� fascin�.

Les monuments, les rues, la mentalit� des gens...

-Vous voulez du travail ? -Oui vraiment.

Vous �crivez l'anglais?

Et l'espagnol ?

J'engagerai une deuxi�me secr�taire.

Etes-vous mari�e ?

Bien. -Le mariage est si contraignant.

Oblig�e de rentrer � une certaine heure.

Sans �a vous �tes ind�pendante.

Moi, je pr�f�re l'ind�pendance. Et vous?

Bon. Je vous offre un verre ? Non, merci.

Beaucoup de filles viennent ici chercher du travail.

Des st�nos ou des dactylos.

Certaines n'ont pas ces talents. Vous prenez en st�no ?

Vous tapez � la machine ?

Alors, que savez-vous faire ?

Je ne sais pas. Peut-�tre r�pondre au t�l�phone. N'importe quoi.

N'importe quoi. Voila qui est int�ressant.

Comme n'importe quoi, que proposez-vous ?

Beaucoup de filles et peu de travail.

Elles d�filent ici toute la journ�e.

Je dois choisir la plus motiv�e

et la plus ind�pendante, pas vrai ?

On n'est pas si ind�pendante que �a, hein ?

Eh bien, au revoir mademoiselle.

Au revoir.

20 bidons de carburant, 8 kg de sucre,

16 cartouches de cigarettes, 5 kg de caf�.

Livraison ?

Je r�p�te. Ce soir, m�me endroit, m�me heure.

- Combien ? - Combien ?

Tenez, je vous donne le sellier. Il vaut plus de 60.

60. Vous �tes fou. Ces marchandises se font rares.

-Ca va me couter au moins 75. -Bon. Plus 10...

C'est quoi, �a ? Vite, sortons par l'arri�re.

Qu'y a-t-il ?

Ils appellent �a une rafle.

Pour mettre fin au march� noir.

Qu'ils croient.

Tu vendais quoi, toi ?

Rien. Mon crime c'est d'�tre sans domicile fixe.

Allez, vous, venez par la .

Vous aussi, mademoiselle.

Allez, mon ange c'est la bas que �a se passe.

-Que faisiez-vous la , soldat ? -Je d�barque, j'ai 3 jours de perm.

Je voulais m'amuser un peu � Paris. C'est interdit ?

Allez-y, mais �vitez ce quartier.

Le paradis du march� noir.

Ces papiers sont p�rim�s. Elle est de St Malo.

Que faites-vous � Paris ?

Je cherche du travail.

C'est bien au 23 ?

Tenez.

Mettez-vous en r�gle et attention, la prochaine fois, on rigolera pas.

- Compris? - Je peux partir ?

- Ces Am�ricains ont de l'�nergie.

- On est oblig�s. - J'en ai marre d'entendre ses pas.

Vous n'aimez pas les Am�ricains.

Et les Anglais.

Et les Fran�ais, alors ?

Je descends � la cave.

Il est pas tr�s gai, hein ?

Quelles nouvelles ?

Toujours pareil. La guerre, s'arretera, s'arretera pas. Au choix.

Bonsoir, madame.

Ad�le, Mme Lisa est l�.

Votre mari vous attend...

impatiemment, comme vous pouvez l'entendre.

Allez-y, ma ch�re.

Mon mari vous pr�pare un bon repas.

Fernand, laisse un peu tomber tes timbres.

Allez-y. Je vous appelle quand c'est pr�t.

- T'as entendu ce que j'ai dit ? -Oui.

-Je vous attendais. -Moi?

- Je voulais m'excuser. - De quoi ?

Ce matin, j'ai �t� insultant.

Les filles qui sortent avec des Ricains. Je parlais pas de vous.

- C'est pas grave. - Parfois, je parle sans r�fl�chir.

Et je voulais aussi vous dire... que j'ai confiance en vous.

C'est important la confiance, non ?

Je voulais vous le dire car j'aimerais que nous soyons amis.

Je tenais � vous le dire.

Oh, excusez-moi.

- Vous vous en souviendrez ? - Je m'en souviendrai.

O� �tiez-vous?

- Avec des amis. - Si tard ?

J'ai pas le droit d'avoir des amis?

Bien sur que si.

J'ai demand� si on pouvait diner ici. Je trouvais �a plus chouette.

Enlevez votre manteau. J'ai un chauffage.

Il �tait dans la r�serve au bureau.

Je l'ai lib�r�.

Alors, enlevez votre manteau.

Je craignais que vous ne reveniez pas.

Vraiment ?

Je m'inqui�tais et soudain, j'ai aper�u votre valise.

Vous ne l'avez pas d�faite.

J'�tais content en vous entendant monter.

Je suis ravie que vous soyez content.

Ne l'�tiez-vous pas aussi un peu,

en voyant que je vous attendais ?

On m'a demand� votre profession.

- Qu'avez-vous r�pondu ? - Que vous �tudiez le droit.

Je ne suis pas avocat. Je travaillais pour un journal.

Vous �tes journaliste?

M�me pas. Je vendais de la pub pour le journal.

Vous auriez pr�f�r� avocat ?

- Aucune importance. - Vous dites toujours �a.

Quoi donc ?

"Comme vous voulez" ou "aucune importance".

Quelle importance ?

Pas plus avocat que moi, danseuse �toile.

Je me demandais...

que faites-vous dimanche ?

- Pour faire un tour � la campagne.

Sortir un peu de la ville

et faire plus ample connaissance.

Si vous �tes libre dimanche.

Dimanche, lundi... Je suis libre.

Il y aura peut-�tre du soleil.

Vous verrez que je ne suis pas votre ennemi.

O� va-t-on ? - Aucune importance.

L'arm�e organise des sorties � Versailles.

Si vous voulez.

Faut que je voie Versailles avant de repartir.

Qui a construit le ch�teau ? Louis... quelque chose.

- Quelque chose. - J'�tais nul en histoire.

D'un seul coup, je me sens bien.

- Vous �tes saoul. - Non. Je me sens bien, c'est tout.

J'ignore pourquoi.

Je suis dans une chambre avec une porte.

C'est merveilleux.

On peut l'ouvrir, la fermer...

Et m�me la verrouiller.

Et vous n'avez pas fui.

Pourtant, je le craignais.

Je me disais : "Quand j'aurai enfin ma chambre,

ma belle m'attendra et je l'embrasserai."

Quoi ?

Rien, je disais juste votre nom.

- Vous n'�tes m�me pas avocat. - M�me pas.

Vous �tes quoi ?

Presque rien, mais �a n'a aucune importance.

M. Robert ! Le diner est pret.

- Venez m'aider. - J'arrive.

Du vin ? Ils ont ouvert une cuv�e sp�ciale en notre honneur.

En l'honneur de quoi ? - Eh bien...

De notre diner en t�te � t�te.

Et voila.

Tenez la bouteille.

Je me d�brouillerai. Merci.

Les tourtereaux..

Avec ma femme, on va au restaurant.

Ca me distrait.

Belle collection de timbres.

Ca m'aidait � passer le temps quand les Allemands �taient l�.

Ils en achetaient ?

Non.

Ceux-l� sont de l'empire autrichien,

jadis une si grande puissance..

Fernand l'a pr�par� lui-m�me.

Rangeons cela.

- A quoi pensez-vous ? - A rien.

Si silencieuse, vous pensez � quelque chose.

Je pense � Dieu.

-A Dieu ? Oui.

Il a tant � me pardonner

Et peut-�tre aussi � vous.

Versailles, mesdames et messieurs

Le ch�teau le plus c�l�bre du monde.

Sa constructions commenc� en 1661

� l'initiative du roi Louis XIV.

Voici la c�l�bre Galerie des Glaces.

La chambre � coucher du roi.

Voici le lit

o� Louis XIV est mort en 1715.

Comme on le voit sur ce tableau.

Il y a pire pour les pieds que l'infanterie.

- Quoi ? - Les mus�es.

- Vous regrettez d'�tre venu ? - J'ai beaucoup appris.

- Sur quelque chose? - Non, sur vous.

Vise-moi �a ! Ils avaient le sens du confort.

Tu l'as dit vieux.

- Alors ? C'est de la pierre.

Je vais te prendre en photo.

Fais semblant de te lever.

Voila juste ce qu'il nous faut, un duc et une duchesse

Vous nous pr�tez la duchesse pour la photo ?

Demandez � la dame.

- Alors ? - Je dis oui.

Je vous pr�sente mon ami,

le roi Jackson de Seattle.

Enchant�.

Sire, la r�f�rence.

Ne te plie pas en deux.

Duchesse, saluez le roi.

Allez, ne soyez pas timide.

Regardez-moi �a.

Bienvenue, beaut�. J'attends �a depuis le jour J.

Comment vous appelez-vous ?

J'ai que trois jours de perm et je tiens pas en place.

A tout de suite, ma jolie.

Soyez sympa avec ce para.

Bien sur.

Vous voyez sa Silver Star ?

Dites, ma jolie, vous faites quoi apr�s ?

- Je rentre chez moi. - Pas avec un gratte-papier ?

Que d�cidez-vous ? J'ai que trois jours.

Je vais droit au but et je suis plein aux as.

Si on allait raviver un peu la vie parisienne ?

Alors c'est oui ?

Vous vous amusez

Oui.

Allez-y !

Alors, c'est oui ?

La plus mignonne, c'est vous.

Dites oui et je serai heureux m�me si on me largue sur le Japon.

Alors, on se retrouve plus tard ?

- Robert ramenez-moi chez moi. - Vous ne vous amusez pas ?

Je voudrais rentrer tout de suite. Avec vous.

D'accord.

Pardonnez-moi.

Apr�s la guerre je roupillerai trois mois.

La Seine...

J'ai toujours voulu la voir.

J'ai fini par la voir, un fusil a la main.

On voyage ainsi au XXe si�cle...

Un de ces jours..

Je reviendrai.

Rome, Venise, la C�te d'Azur...

Vous connaissez ?

La C�te d'Azur, une fois.

Avec mes parents, en vacances d'�t�.

O� �a?

A Villefranche un village sur la M�diterran�e.

J'avais ma chambre � moi toute seule.

A l'h�tel Belle Rive.

- Je m'en souviens encore. - Comme une belle rive, hein ?

Oui. Il n'a pas plu une seule fois en un mois.

Ma m�re se promenait le long de la baie.

Mon p�re et moi, on nageait

et on regardait les p�cheurs quitter le port.

La nuit,

quand mes parents me croyaient endormie,

je passais des heures � la fen�tre

� regarder la lune sur la mer, les bateaux

et les gens passer.

Des roses ornaient le papier peint. Et le balcon �tait en fer forg�.

En regardant bien, on devinait l'Italie

au-dela de la pointe.

Il faut qu'on change.

O� va-t-on maintenant ?

Par l�.

Regardez. Changez l�-bas.

Attendez. Qu'allez-vous faire ?

Soyez tranquille. Je connais le trajet.

Ce qui signifie?

Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.

Avant, il y avait des chocolats ici.

C'�tait avant la guerre.

Avant la guerre...

J'ai voulu vous dire une chose toute la journ�e.

Laquelle ?

Je me suis tromp�e sur vous.

J'avais peur.

C'est toujours le cas ?

Non, plus maintenant.

Bon.

Dites-m'en plus sur...

A propos de quoi ?

De vous et de ce balcon sur la M�diterran�e.

Votre m�tro va arriver.

Racontez-moi.

Le dernier soir, on m'avait promis de pouvoir sortir seule.

Mais ma m�re a chang� d'avis.

Incapable de dormir, je me suis mise au balcon.

Soudain, je vis deux personnes marchant sur le quai,

un gar�on et une fille, seuls.

Il s'arret�rent sous ma fen�tre.

Ils ne se dirent rien et ne s'embrass�rent pas.

La fille regarda le gar�on dans les yeux

comme s'ils avaient un secret.

Et soudain, je me suis dit : "C'est donc �a."

"Quand je serai grande, il faudra que je revienne ici."

"Quand je tomberai amoureuse."

Je n'avais que 16 ans.

Une gamine de 16 ans croit toujours faire d'�normes d�couvertes.

J'�tais b�te.

Votre m�tro arrive.

Ne rentrez pas � la caserne.

Il le faut. Je dois �tre rentr� dans dix minutes.

- J'ai peur. - De quoi?

Je l'ignore. J'ai peur, c'est tout.

Peur de vivre.

Essayez. Pour une fois.

Dans l'arm�e, �a rigole pas.

23 h c'est 23 h. Soyez raisonnable.

Je ne veux pas �tre...

A demain, 18 h.

Ronald, tu parles fran�ais ?

Pas un traitre mot.

Que voulez-vous ?

Elle parle anglais.

Mon radar est en panne, ce soir.

On cherche un bar par ici, Chez Maurice.

Il �tait l� en octobre. Je te jure.

Je n'en sais rien, demandez � l'agent.

Dis donc. Elle est belle comme un coeur.

Excusez-moi, mais la RAF serait heureuse

de boire un verre en votre compagnie.

- Cette dame est avec moi. - Elle est avec lui.

Viens Ronald. On se d�brouillera tout seuls.

Merci, mademoiselle. Pardon, mon vieux.

Ils ne faisaient pas de mal.

Tr�s polis.

Ils sont tous polis, les dix premi�res minutes.

Vous �tes all�e � Versailles.

J'ai visit� l'Arc de Triomphe, aujourd'hui.

J'ai compt� les victoires grav�es dans la pierre.

128 victoires au total.

- Vous ne vouliez-vous pas y croire ? - J'en sais rien.

Avant, je me ber�ais d'illusions.

J'imaginais les gens honorables et courageux.

D�j� 128 d�ceptions.

J'ai peur de connaitre la 129e.

C'est quoi ? Vous l'avez toujours.

Une balle allemande. Qui a servi.

On me l'a extraite du crane et mis une plaque.

Mon joyau. Ma guerre.

Tenez. J'aimerais vous l'offrir.

Pourquoi � moi?

Parce que... Vous, vous ne m'avez pas d��u.

Arr�tez. Arr�tez l� !

- C'est l�. - T'es sur ?

- Bien sur. - Allons-y.

C'est elle qui m'a vol�.

Pas la peine de crier.

- Qui a t�l�phon� ? - La vieille peau.

Je constate. Que veut cet ivrogne ?

- C'est elle qui a tout maniganc�. - Maniganc� ? Servez, Mimi.

Les clients attendent.

Vous insinuez quoi?

Taisez-vous. Du calme.

Ca alors.

L'avez-vous mise en relation

avec Marie Boussard?

En effet.

- Vous savez o� elle habite ? - Non, j'ai juste son t�l�phone.

Ce serait une voleuse.

Elle a piqu� 14 000 F. Vous saviez que j'�tais plein aux as.

Moi, j'ai t�l�phon� c'est tout.

C'est quel genre d'�tablissement ?

-Un caf�.

Je leur sers � boire. Est-ce un crime ?

On n'a pas encore parl� de crime.

Tout est en ordre.

Leurs papiers sont � jour.

Et cette petite?

Elle sert � table.

- Elle vit ici? - Non, dans sa famille.

- Et vous, madame ? - En haut.

Auriez-vous la bont� de me faire visiter ?

Bont� ou pas, c'est par l�.

Et moi, alors ?

Toi, t'attends l�.

Vous lui faites rien � la nana?

Elle m'a vol�, non ?

T'esp�rais quoi ? Qu'elle te d�core ?

- Qui habite ici ? - C'est lou�.

- Mademoiselle - Bonsoir.

Ce n'est pas mademoiselle, mais Mme Teller.

Son mari est Am�ricain.

F�licitations. Puis-je entrer?

- Que veut-il ? - Ce que la police veut toujours.

Nous emb�ter.

Votre carte d'identit�, je vous prie.

Le nom de votre mari ?

Teller. Robert Teller.

Je ne vois pas de Mme Teller.

C'est l'ancienne.

Elle ne l'a pas fait changer apr�s son mariage.

Veuillez laisser r�pondre la jeune femme.

Vous avez le certificat ? - Le certificat ?

De mariage. C'est obligatoire.

Je... Non.

- C'est mon mari qui l'a. - Et o� est votre mari ?

A sa caserne.

Dommage. Pr�sentez le certificat demain au commissaire.

Quel commissaire?

Madame connait l'adresse.

-En effet. -C'est ce que je pensais.

Pourquoi irait-elle?

Qui dit le contraire ?

Mais cette dame qui vit ici n'est pas en r�gle.

- Parlez-lui. - C'est lui qui d�cide.

Demain matin � 8h.

Et cherchez bien ces papiers.

Ce commissaire est tatillon.

Bonsoir.

Fernand, raccompagne ces messieurs.

Par ici messieurs.

H�, Teller!

Un vieux monsieur pour toi. Il dit que c'est urgent.

La police l'a pas laiss� passer.

Que faites-vous l�?

- C'est � propos de Lisa. - Quoi ?

Elle est partie � l'aube.

O� est-elle all�e ?

A la police. Elle est pas revenue.

Pourquoi la police ? Elle...

Ecoutez. Allons par l�.

On sera mieux pour parler Allez-y, Fernand.

- Alors ? - Il y a eu des probl�mes.

Hier soir, un soldat s'est fait voler.

Ils sont venus enqu�ter. Ils ont interrog� Lisa.

Ils lui ont demand� son certificat de mariage.

Elle devait l'apporter � 8 h � la pr�fecture.

Auriez-vous une cigarette?

J'en ai le plus grand besoin.

Tenez.

Merci mille fois.

- Fernand ? - Oui.

Et si elle n'avait pas ce certificat?

Si elle ne l'avait jamais eu?

Ca serait grave.

-Grave ? -Tr�s grave.

L'autre jour, ils ont arr�t� cent personnes sur le boulevard.

Mais en quoi Lisa est-elle concern�e ?

Ils les ont emmen�es � la pr�fecture et les ont interrog�es.

Celles qui n'avaient pas de papiers ou de certificats de mariage

ont �t� emmen�es dans le panier � salade.

Vous savez ce que c'est ?

On m'a dit que vous appeliez cela "Black Maria".

N'est-ce pas ?

Un voyage peu agr�able.

Embarqu�es comme �a � l'improviste en plein Paris.

D'abord, ils s�parent les femmes des hommes.

C'est l'un des rares endroits o� les femmes sont les mieux loties.

Autrefois, des religieuses s'occupaient de ces femmes.

Aujourd'hui, elles officient dans toutes les prisons.

Jadis, c'�tait la r�sidence du chef de la police du roi.

Puis ce fut la prison de sa reine.

Ceux qui s'int�ressent � l'histoire

savent que Marie-Antoinette y a pass� ses derniers jours,

avant d'�tre guillotin�e.

Les dures � cuire, celles qui ont un casier judiciaire,

y passent parfois la nuit.

Les autres, qui sont l� pour de petits d�lits,

sans domicile fixe, sans papiers en r�gle

ou sans source de revenus pr�cise,

restent quelques heures.

Quelques heures qui laissent des marques.

Dures � effacer.

Soldat Tyller.

J ai besoin d'aide mon capitaine.

La police a ramass� mon amie, pourrait-on la sertir de l� ?

Pourquoi l'ont-ils arr�t�e ?

Pour �tre sortie avec moi.

Vous me surprenez, Teller.

La police, ce n'est pas votre genre.

Le sien non plus.

Peut-�tre joue-t-elle la com�die.

Je vous assure que non.

Je vais voir ce que je peux faire.

Pourriez-vous parler � la police ?

Voici son nom.

J'ai dit que je verrai. Retournez � votre poste.

Merci mon capitaine.

Quelle heure est-il, Ad�le ?

18 h, l�g�rement pass�es.

- Il fait noir. - Mimi, allume les lumi�res.

- Elle ferait pas une b�tise. - Ne soyez pas sot.

D'apr�s le capitaine, la police ignore o� elle est.

Ca pourrait �tre grave si m�me la police l'ignore.

Quelle heure avez-vous dit ?

18 h l�g�rement pass�es.

-Bob? -Oui?

Avez-vous song� � l'avenir de Lisa apr�s?

- Apr�s quoi ? - Votre retour chez vous.

Quel est notre avenir � tous?

Je sais.

Vous pensez que c'est ma faute.

Quand la femme p�che, le mari n'est pas innocent.

Je suis pas le mari.

C'est vrai, j'oubliais.

M�me les pommes n'ont plus de gout.

Comment �a va?

Vous voulez un verre d'eau?

Tenez.

- Partez. - Ils vous ont dit comme moi ?

Que vous �tiez tr�s belle ?

Qu'ils avaient confiance en vous ?

Ils vous ont trait�e comme moi ?

Respect�e comme moi?

Pour votre honn�tet� ?

Vous ont-ils donn� une m�daille pour services rendus � votre pays ?

Rendez-moi �a.

L� voil� la d�coration. "Lisa Goyonnet."

Rien sur la respectable Mme Teller.

Rien sur votre mari am�ricain.

Se pr�senter chaque samedi � 9 h � la police.

Toute votre vie.

Levez la t�te. Regardez-moi

- Vous me faites mal. - Ah bon ?

Pas assez. Moi, je vous respectais.

Je vous croyais. J'ai �t� stupide.

On ne devrait pas pouvoir tricher.

Claude ! Non !

Ce n'est pas Claude qui vous rasera la t�te, mais votre pays !

Dans la rue, les gens sauront qui vous �tes.

Vous �tes devenu fou ?

Regardez-moi.

Des sir�nes. J'ai entendu des sir�nes.

-Il n'y a pas de sir�nes. - Ne me touchez pas.

Lisa. C'est moi, Robert.

Cuir v�ritable...

Elle m'avait dit que personne ne se jetterait dans la Seine

avec ces chaussures-la .

Il l'a prise. Il est fou.

Ca faisait partie du march� ?

En �change de la nourriture, de la chambre et des cigarettes,

vous aviez droit � une contrepartie ?

Ce march�, je l'ai oubli� il y a longtemps.

C'est vrai ?

Pas eux.

Regardez. Je dois pr�senter �a.

Donnez !

Pour montrer chez vous ? En souvenir de la fille de Paris.

Vous direz "Regardez, j'ai eu une Fran�aise apr�s l'Anglaise. "

Taisez-vous !

- On m'en donnera une autre. - Rien du tout.

-Qui les emp�chera ? -Moi.

Comment ? En leur offrant des cigarettes contre ma vie ?

Un autre march�.

Si on s'�tait rencontr�s avant la guerre...

Sans la guerre, vous ne seriez pas l�.

C'est pas sur. Je voulais voir l'Europe.

Quand tout cela sera fini

on voyagera partout. Et devinez...

On visitera ce village que vous avez connu adolescente.

Comment s'appelait-il ?

C'est �a. Villefranche, sur la M�diterran�e.

On y louera cette chambre,

car vous y avez �t� heureuse, un �t� � 16 ans.

Ca me plaira ?

- Voyons. - Je serai amoureux.

L'amour est cens� rendre heureux.

- Je serai heureux ? - Je l'ignore.

- R�pondez - J'esp�re.

R�pondez.

Oui.

Et vous ?

Serez-vous heureuse comme vous l'esp�riez � 16 ans ?

Oui, oui.

J'ai entendu le bruit de vos pas.

J'ai pens� qu'un cognac lui ferait du bien.

- Elle pleure ? - Plus maintenant.

Vous ne pleurez plus, hein ?

Non.

- Comment on se marie en France ? - Comment ? Il plaisante ?

Non. Dites-lui qu'on ne plaisante pas.

Dites-lui donc.

On ne plaisante pas.

Je ne sais pas quoi dire.

F�licitations. Bonne chance. Quand a lieu le mariage ?

Ce soir, demain, d�s que possible. Que faut-il faire ?

De suite, c'est possible ?

Ad�le a un ami � la mairie de Mentfort.

- Il pourrait nous-aider. - Appelez-le tout de suite.

Allez-y.

Allez-y.

Ne vous inqui�tez pas On va vous arranger �a.

Souriez. Tout va bien se passer.

Tenez. Buvez, �a vous remontera.

J'oubliais Vous aurez l'autorisation ?

- Quelle autorisation ? - De votre commandement.

Ce sera

un peu difficile et irr�gulier, mais faisable.

Mais avec les autorit�s militaires, il faut une autorisation officielle.

- Est-ce indispensable ? - On ne vous la donnera pas.

Oh, que si. Allez. Appelez votre cousin.

- Dites-lui qu'on vient demain. - Entendu.

Mettez �a. Allez.

O� allons-nous ?

Ne posez pas de questions. En route.

Il y a un soldat ici qui d�sire vous voir.

Je lui ai dit-qu'il est tard, mais il insiste.

- Votre nom ? - Teller, je suis dans sa compagnie.

Dites-lui que c'est capital.

Teller. Il dit qu'il est dans votre compagnie.

Il vous attend Chambre 22, 2e �tage.

Pas avec la fille. C'est interdit.

Vous savez lire ? Propri�t� de l'Arm�e des USA.

Demandez au capitaine.

Je demanderais m�me pas au g�n�ral.

J'ai mes consignes. Pas de filles.

C'est pas grave. J'attendrai ici.

Je ne serai pas long.

Je serai dehors. Sur le quai.

Pas de probl�me.

Entrez !

Bonsoir. Qu'est-ce qui vous am�ne ?

D�sol�. Je ne voulais pas vous d�ranger .

Vous devriez �tre � la caserne.

Oui, mon capitaine.

- Qu'y a-t-il ? - C'est personnel, mon capitaine.

Je partage cette chambre avec le capitaine Owen.

Vous en faites pas. Rien ne le r�veille.

-Encore des ennuis ? -Non.

Alors quoi?

Je veux me marier et j'ai besoin de votre permission.

Vous �tes saoul ?

- Combien de service ? - 3 ans.

C'est tout ce qu'on vous a appris ?

Vous auriez pu attendre jusqu'� demain.

C'est pour la fille. Elle peut pas attendre.

Celle dont vous m'avez parl� ?

Une fille peut attendre.

Je suis mari� depuis 11 ans et je connais les femmes.

Plus on les fait attendre, mieux c'est.

J'ai votre autorisation ?

Quand avez-vous d�cid� �a ?

Il y a une heure.

Vous avez r�fl�chi une heure enti�re?

Ecoutez. Le mariage est un acte solennel.

M�me pour des gens d'une m�me ville,

m�me langue, m�me culture.

Vous devriez y r�fl�chir � deux fois.

Quand vous la pr�senterez � votre m�re,

� vos amis...

J'ai votre autorisation ?

Non, pas dans votre �tat actuel.

Allez dormir. On en reparlera demain matin.

Rentrez � la caserne.

Soyez-y dans 30 min ou je vous colle le maximum.

Bien, mon capitaine.

La fille est l�. Pourriez-vous lui parler ?

Pas question. Bonne nuit, Teller.

Bonne nuit.

Charlie ?

T'as entendu?

C'est quoi ? Une-t�te brul�e ?

Il n'en est pas loin.

Va falloir que je l'aide.

Il me haira demain matin,

mais il me b�nira dans dix ans.

J'ai vu p�cher un poisson ici.

Une seule fois.

Vous avez vu le capitaine?

Ouais.

Avant, il y avait un bateau-mouche pour les touristes.

On servait du vin et des sandwiches. Il y avait de la musique.

Alors, il a refus� ?

Je dois le revoir demain.

Il va me la donner.

Il est l�, derri�re ces fen�tres...

Il s'endort. Notre vie est entre ses mains.

Il n'est pas sur de nous donner l'autorisation.

Presque sur.

Presque.

Vous ne rentrez pas � la caserne.

Oui.

Moi aussi, je dois rentrer. Je suis fatigu�e.

Vous reverrai-je un jour ?

Soyez pas b�te.

- Ca ne va pas marcher, hein ? - Bien sur que si.

Quand la guerre sera finie ? Dans 10 ans, 15 ans?

Demain.

Demain ?

Vous voyez ce caf�, la -bas ?

Retrouvez-moi la , demain � 16 h.

Dites � Fernand d'�tre � la mairie, comme convenu.

Et que tout soit pr�t.

- Robert ? - Oui.

Pourquoi faites-vous cela ? Par piti� ?

Parce que je vous aime et que je veux passer ma vie avec vous.

Je vous aime. Je veux vous �pouser. On se mariera.

Vous me croyez ? Est-ce que vous me croyez?

Je voudrais bien.

Dites : "Oui, Robert, je vous crois."

Oui.

Oui, Robert, je vous crois.

Salut, Johnny.

J'ai des ordres pour toi.

Je les attends.

Tu es mut� � Reims.

-Tu pars dans une heure. -Quoi ?

Le capitaine m'a charg� de toi.

Au camion dans une heure ou adieu mes galons?

- Je dois lui parler - Il est parti.

Allez, fais ton sac. T'as pas beaucoup de temps.

J'y vais comment?

En camion. Il y a que 160 bornes.

Une fois parti, je fais ce que je veux.

T'es plus responsable de moi.

S'absenter sans perm, c'est grave.

D�serter en temps de guerre, pire.

- Qui parle de d�serter ? - Personne.

Tu remplis des tas de formulaires.

Bien trop.

-Tu les connais tous? -Oui

Tu as d�ja �tabli une autorisation de mariage pour un soldat ?

2 ou 3 aux USA.

Si je te demandais de me rendre un tr�s grand service,

quelle serait ta r�ponse ? -Que j'ai les jetons.

Un document qui aurait l'air officiel.

A montrer � un employ� de mairie

qui serait pas trop regardant.

Si je te jure

que je te d�noncerai pas si �a foire.

Quoi qu'ils me fassent.

Tu ferais mieux d'y aller.

Tu peux l'apporter au pont, juste l�,

dans deux heures.

Ca marchera jamais, Bob.

Tu me l'apporteras, Johnny.

Dans deux heures ?

Sergent...

-Ils sont tous l�? -Oui.

Grouillez-vous, les gars.

Johnny, tu vois ce lion ?

-Tu peux y �tre � 15 h? -Y a aussi un lion de l'autre c�t�.

Retrouve-moi plut�t l�-bas.

-Tous l� ? -Oui. Voil� la liste.

Arr�tez de pousser comme �a. File-moi ce sac.

Salut, les gars. A bient�t.

Eh, t'as une allumette ?

O� tu vas?

Stop, stop.

Qu'y a-t-il ?

Qu'y a-t-il ? O� allez-vous ?

- Il a saut�. - Qui �a ?

Le mec assis � c�t� de moi.

Son sac est dans le camion.

Remontez dans le camion.

Il ira pas loin.

Un dingue a saut�.

Arr�te au prochain poste. Je ferai mon rapport.

Soldat ! Soldat !

Sortez vos mains de vos poches. Approchez.

On ne s'excuse plus ?

Je suis d�sol�.

- Vous avez bu ? - Non.

- Un probl�me ? - Contr�lez ses papiers.

Il me parait...

Je ne voulais pas vous offenser. Croyez-moi.

Je vous crois.

T'as entendu ? Montre-les.

Montrer quoi ?

Fais pas l'imb�cile. Ton laissez-passer, tes papiers.

Oh, mon laissez-passer ?

Alors?

Rattrapons-le.

Tes fait, soldat !

Mettons-le dans la jeep.

Le lieutenant est l�?

Il �tait saoul ou quoi?

-T'es saoul ? -Non.

Il courait comme un malade.

J'ai demand� ses papiers et il a d�tal�.

Puis-je voir le lieutenant?

Il veut voir le lieutenant...

Dans 10 minutes.

- Je peux pas attendre.

- Qu'en dites-vous ? - En essayant il y arrivera.

Tu dois �tre fatigu�.

Il faut que je passe un coup de fil.

Il veut appeler son avocat.

Quelqu'un m'attend.

C'est tr�s important.

-Amenez-moi � une cabine. -Attendez le lieutenant.

Il d�cidera.

Je t'ai dit de t'asseoir.

Vous pourriez appeler pour moi ?

Quoi?

Quelqu'un m'attend au Caf� St Michel.

Vous pouvez faire le num�ro et dire...

C'est un code ?

Sois pas b�te. Une nana l'attend,

blonde, seule et elle porte un imper.

- Faites �a pour moi. - S'il accepte.

Je m'en fiche.

Qu'est-ce que je lui dis?

Que je peux pas venir ce soir.

Ca, c'est bien vrai.

Que je la contacterai. Qu'elle s'inqui�te pas.

D'accord. Elle parle anglais?

Dites-lui aussi...

Je vais pas lui causer toute la journ�e.

Salut, Cupidon N'oublie pas tes fl�ches.

Robert?

Vous attendez Robert Teller ?

Il viendra pas, madame.

Comment ? Je ne comprends pas.

Il ne viendra pas ?

C'est �a. Il viendra pas..

Pourquoi ? Qu'est-il arriv� ? Il a dit que je l'attende?

Vous pouvez attendre, mais il va �tre occup� pendant tr�s, tr�s longtemps.

Permettez-moi.

Mes condol�ances pour votre nuit de noces.

Bien sur, le mari� n'est pas l�.

On s'y attendait pas vrai ?

Vous n'y-croyiez pas.

Promettre le mariage est une chose.

Mais vous ramener chez lui..

L�, il pourra plus mentir et devra dire...

"C'est ma femme. Je l'ai ramass�e dans les rues de Paris."

Allez-vous-en !

Pourquoi ? Vous �tes seule, d�soeuvr�e...

Je n'ai ni cigarettes, ni chocolats,

mais la guerre va finir,

ils seront partis et je serai l�.

Nous pouvons marcher.

J'adore voir les Am�ricains danser.

Ils sont si gais, ils ont la musique dans le sang.

Vous ne m'�coutez plus depuis une heure.

Pardon. Que disiez-vous ?

Aucune importance.

Puis-je avoir une autre danse ?

Bien sur.

Ca ne devrait pas d�ranger Monsieur.

1�re classe Teller.

Vous vous souvenez pas ? Capitaine H�nderson.

Ethel !

Il y a un bail...

J'aurai du mal � rentrer dans mon uniforme.

Ma femme Ethel, le soldat Teller.

Enchant�e.

Assieds-toi. Vous permettez?

Merci.

Vous aussi vous �tes revenu ? C'est marrant, quand m�me.

Teller Ca alors, j'en reviens pas.

Il s'en est fait du souci...

Tout �a, c'est du pass�.

Mais � l'�poque, l'affaire �tait tr�s s�rieuse.

Il s'agissait d'une fille.

Ca y est, je m'en souviens.

Vous �tiez impatient.

Vous y �tes arriv�?

Le vieux avait donc raison.

Il est venu un soir.

Qu'est-il advenu d'elle ?

Votre chambre est pr�te.

Vous l'avez pas �pous�e, je parie.

En effet.

Vous avez du oublier son nom.

Son nom ? Elle s'appelait Lisa.

On l'a rep�ch�e dans la Seine, il y a longtemps.

Elle �tait tr�s jeune?

Je ne l'ai jamais vue.

Le balcon �tait en fer forg�.

En regardant bien, on devinait l'Italie,

juste au-del�.

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