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KIM de Rudyard KipIing
À I'attention du gouvernement indien et de son AItesse Ie Maharajah
de Jaipur et de son AItesse Ie Maharajah de Bundi :
nos sincères remerciements pour nous avoir permis de tourner en Inde.
SaIaam.
Cette histoire commence en 1885.
AIexandre III était aIors tsar de Russie
et Ia reine Victoria d'AngIeterre, impératrice des Indes.
L'Inde, passage obIigé vers I'Est,
empire d'apparats somptueux et de couIeurs exotiques,
joyau de I'Orient, terre où se mêIent mysticisme et réaIité
et dont I'histoire refIète Ies romances
et Ies intrigues du 19e siècIe
appartenant déjà à un passé légendaire.
Le domaine romantique de Rudyard Kipling
à une époque où on appelait l'homme blanc ''sahib''.
Une époque mouvementée et sanglante
où s'affrontaient castes et croyances.
À cette époque, tous les yeux étaient fixés sur les guerriers des collines
qui menaient une guerre permanente.
Afin d'éviter les massacres, un groupe s'était formé,
composé de quelques hommes.
Certains étaient natifs de la région, d'autres riches.
À la tête de ces services secrets se trouvait un certain colonel Creighton.
ll qualifiait leur travail de ''Grand Jeu'',
et les livres d'histoire rappellent qu'il a coûté la vie à beaucoup.
En cette année tumultueuse, dans la cité de Lahore,
par une nuit étoilée,
dans les quartiers des femmes, sous les toits,
à l'abri de tous les regards si ce n'étaient ceux de leur maître,
errait un garçon du nom de Kim.
ll sortait tout droit du ruisseau et des bazars,
un orphelin abandonné qui ne survivait que grâce à sa malice.
ll ne connaissait que la pauvreté
et n'hésitait jamais à risquer sa peau pour un sou
ou un ami cher.
- LaIuIi ? - Oui ? Qui êtes-vous ?
Je suis porteur d'un message.
Barbe Rouge a bon goût, déIicieuse fIeur.
Depuis quand risque-t-iI Ia vie d'un garçon ? Rentre chez toi.
C'est vraiment Mahbub AIi qui m'envoie, Barbe Rouge.
QueI est son message ?
II vend des chevaux sur KuIu Road. II viendra te voir demain soir.
Donne-Iui cette cIé.
Mon maître est dans une autre viIIe.
Dis à Barbe Rouge qu'iI peut venir sans crainte.
Dis-Iui d'attendre que Ia Iune soit cachée.
DissimuIe ta beauté dans Ies ombres, pourvoyeuse de déIices.
La chèvre à Ia barbe rouge va venir demain soir.
Tu I'accueiIIeras avec faste.
Ce n'est qu'un marchand de chevaux.
Égorgez-Ie au coin d'une rueIIe !
II sembIe que ce Barbe Rouge soit différent des autres marchands.
Dis-Iui ce qu'eIIe doit chercher.
II se peut qu'iI transporte un certain parchemin
qui, s'iI était décodé, révéIerait à nos ennemis
Ies cinq points à partir desqueIs nous aIIons Ies attaquer.
S'iI devait arriver entre Ies mains de Creighton,
Ies soIdats pourraient se préparer et iI nous faudrait encore attendre.
Les émissaires du tsar s'impatientent.
Tu vois ?
Une soirée voIuptueuse, du brandy parfumé...
CeIa devrait être faciIe.
Je comprends.
Mais je n'aime pas ceIa.
Profanateur ! Mendiant ! Petit diabIe !
Je te maudis !
Pour Kim, il était plus facile de se faire passer pour un lndien,
car les missionnaires envoyaient les garçons blancs à l'école.
Mais dans de tels cas, lorsque cela servait ses plans,
il s'habillait et se comportait comme les gens de sa race.
Qui cherches-tu ?
Un intrus dans Ie quartier des femmes.
- Un intrus sous Ies toits. - Rien de moins.
J'ai vu une ombre se gIisser par Ià. Mais ne te précipite pas.
Je connais Ies rumeurs du bazar. Je vais te révéIer son nom.
Tu es mon ami.
Ta gratitude s'accompagne-t-eIIe d'un cigare ?
As-tu du feu ?
Mahbub AIi.
Eh bien, petit sahib. Qu'as-tu à m'offrir ?
Demain soir. EIIe te prie d'attendre que Ia Iune soit cachée.
C'est bien, mon ami.
Les remerciements font pIaisir à I'oreiIIe, mais I'estomac préfère une roupie.
Un jour, tu seras un exceIIent marchand.
J'aurai des chevaux et une cape comme toi ?
Non, iI n'y a qu'un Mahbub AIi.
De pIus, cette cape est très chère.
Je ne suis pas idiot. Je peux gagner de I'argent.
C'est vrai.
Retrouve-moi demain à Ia porte de Kashmir Serai,
une heure avant Ie coucher du soIeiI.
Je tombe !
II est à moi ! AIIez !
Rends-Ie-moi ! Je I'ai payé ! Que t'arrive-t-iI ?
Je I'ai !
Peut-être est-ce un homme.
Sans aucun doute.
Mais je n'ai jamais vu un teI Indien.
C'est un étranger.
C'est un missionnaire. Regarde, iI porte un rosaire.
À queIIe caste appartiens-tu ?
Où est ta maison ?
Viens-tu de Ioin ?
Des coIIines du Tibet,
où I'air et I'eau sont frais.
Un saint homme ?
Un adepte du Seigneur Bouddha, qui va en paix.
Mais je suis Ià pour trouver Ia rivière de Ia FIèche.
Les rivières sont faciIes à trouver.
Connais-tu Ia rivière de Ia FIèche ?
Qu'est-ce donc ?
Le Bouddha a décoché une fIèche.
Une rivière a jaiIIi à I'endroit où eIIe a touché Ie soI.
Quiconque s'y baigne se retrouve purifié de tous ses péchés.
C'est tout ?
Mon rêve m'a dit de Ia trouver.
- Je Ia cherche depuis des années. - Des années ?
De quoi vis-tu en route ?
Je mendie.
QueIIes Iois régissent Ia charité dans cette viIIe ?
En siIence ou tout haut ?
Ceux qui mendient en siIence meurent en siIence.
Je mendie comme mon maître I'a fait.
Je suis ses pas.
Le soIeiI a passé Ie zénith. Dépêche-toi si tu veux manger.
CeIa m'est impossibIe.
SeIon Ia Ioi, mon chela doit mendier pour moi.
- Ton chela ? - Mon discipIe.
Mon aide.
Je vois. Où est-iI ?
II m'a quitté iI y a trois jours.
Je n'ai rien mangé depuis.
Si tu avais un chela, aurait-iI droit à une part de ce qu'iI mendie ?
II n'a pas d'autre moyen de survivre.
Donne-moi ton boI. Repose-toi.
Je connais Ies habitants de cette cité.
EIIes sont cassées.
Ce n'est pas grave, mes yeux sont pIus soIides qu'eIIes.
Je mendie pour un saint homme.
J'en ai assez des prêtres, des anciens comme des nouveaux.
IIs sont comme des mouches.
Mais c'est un saint homme.
Son voyage a été Iong et iI n'a rien mangé.
Tu seras récompensée.
II te suffit de rempIir ce petit boI.
C'est un panier sans fond !
Mon saint homme peut maudire aussi bien que bénir.
Ce n'est pas une vache.
Un peu de curry ?
II aimerait un peu de confiture.
II doit avoir un estomac énorme.
Son chela doit-iI souffrir de Ia faim ?
Demande au saint homme de bénir ma fiIIe,
qui n'arrive pas à avoir d'enfants.
Tu es une vraie providence.
Tu n'as pas encore tout vu.
Tes Iunettes brisées.
C'est de Ia magie ?
J'y vois à nouveau cIair.
Même ton visage,
pIein de jeunesse et d'honnêteté.
Je comprends à présent que tu n'es pas Ià par hasard.
On croirait un missionnaire.
Avec toi, je vais trouver Ia rivière de Ia FIèche.
Je recherche un taureau rouge dans un champ vert.
Tu en as vu un au cours de tes voyages ?
Avant de mourir, mon père
a dit que je devais attendre I'arrivée d'un taureau rouge dans un champ vert
et d'un sahib sur un chevaI bIanc à Ia tête de 900 puissants démons.
Là est ma quête.
Tout est Ià, dans Ies papiers de mon père.
Je ne sais pas Iire, mais tout est Ià.
Nous chercherons donc ensembIe,
toi ton taureau rouge, moi ma rivière.
Que peut t'apporter une rivière ?
II est écrit que cette rivière peut Iibérer des entraves, craintes
et circonstances difficiIes de ce monde.
EIIe peut ouvrir Ies portes de Ia sagesse uItime.
Acceptes-tu de partager ma quête et d'être mon chela ?
Non, saint homme.
Mais je vais te trouver un endroit où dormir.
Kim mena le lama dans la foule grouillante
qui se rassemblait toujours près de la porte de Kashmir Serai.
C'est là que les caravanes campaient
avant d'entrer dans la cité de Lahore
par la vaste place ouverte
où elles s'arrêtaient
en arrivant du Nord et de l'Asie centrale.
On y voyait toutes sortes de marchands.
Des hommes du Cachemire, d'Afghanistan,
des chameliers, des palefreniers, des cornacs...
Toutes les races de l'lnde du Nord.
Kim se rendit directement chez l'homme qu'il enviait
et admirait le plus en lnde :
Mahbub Ali, le vendeur de chevaux à la barbe rousse.
Mahbub AIi ?
Un Iama.
Voici un adepte du dieu Bouddha.
Vois s'iI a faim.
Que Ie saint homme s'approche du feu.
Je viendrai te voir pIus tard.
II a besoin qu'on s'occupe de Iui. Ce n'est qu'un enfant.
Que fais-tu avec ce Iama tibétain ?
II est seuI et un peu fou. II veut que j'aiIIe à Benares avec Iui.
Tu vas y aIIer ?
Non, j'ai décidé de voyager avec toi.
Je vois.
MarsaIa.
QueI parfum !
II change Ia barbe en soie.
Essaie, Ia prochaine fois que tu en auras une.
UmbaIIa se trouve sur Ia route menant à Benares.
Si tu vas jusqu'à UmbaIIa avec ton saint homme, je te paierai.
On voyage pIus vite seuI.
Mais c'est pIus dangereux.
Tu seras son chela durant son voyage.
Que dois-je faire ?
Tu vas Iivrer un message pour moi.
QueI est-iI ?
Je désire...
Je connais bien Ies chevaux et voudrais faire partie de ta caravane.
Demande à mon subaIterne.
Laisse ouvert. Les portes fermées attirent Ies regards curieux.
Lève Ies mains vers moi comme si tu mendiais.
Sois charitabIe, Ô protecteur des pauvres.
À UmbaIIa, cherche Creighton.
Ma mère et mon père sont morts !
Tu Iui diras : ''Le pedigree de I'étaIon bIanc a été vérifié.''
Donne aux pauvres, Ô maharajah.
II saura que je t'envoie et te demandera une preuve.
Gagne ta pIace au paradis. J'ai I'estomac vide.
Dis-Iui : ''La Barbe Rouge m'a donné Ia preuve.''
- Ma mère est morte... - Es-tu Ie seuI mendiant de cette viIIe ?
Tes parents, ta soeur et ton chien sont morts ! Vous êtes tous pareiIs !
Voici du pain.
Merci, Ô protecteur des pauvres. Tes désirs sont des ordres.
Màche bien.
Je vais vendre des chevaux près de Ia route de Grand Trunk.
Peut-être pourras-tu récoIter queIques roupies de pIus.
La Iune descend. C'est Ia beIIe heure.
EIIe est pIus jeune et pIus joIie que Ia pIupart.
Le cieI est partout de Ia même couIeur.
Le jeune garçon
était porteur d'un message important de Barbe Rouge
dont plusieurs vies dépendaient.
Bien que Kim ne comprenait pas la signification
des cinq trous dans le parchemin,
pour lui, c'était le début du Grand Jeu.
Entre. II est ivre mort.
Voici une chèvre à barbe rouge. EIIe va te coûter cher.
Rien. J'ai fouiIIé ses sandaIes et son turban.
- IIs sont aussi vides que sa tête. - II Ies a peut-être déjà envoyés.
Ce n'est qu'un marchand de chevaux avide de pIaisirs.
On n'a pas mentionné Mahbub AIi, mais un marchand de chevaux.
Le pays en regorge. Emmène Ia chèvre.
Non. SurveiIIe-Ie de près.
Hassan Bey fouiIIe ses biens. II se peut qu'iI trouve ce que nous vouIons.
RéveiIIe-toi, saint homme.
C'est ton chela.
Mon chela. Toi ?
On peut changer d'avis.
Je vais avec toi.
C'était écrit.
- Vite. - Quoi, pourquoi maintenant ?
Le train part à I'aube.
C'était écrit.
C'est I'oeuvre du diabIe.
Non, du gouvernement.
N'aie pas peur.
Quand j'étais jeune, moi aussi j'avais peur du train.
Viens.
Tandis que Kim portait le message au colonel Creighton,
ce gentilhomme, à la tête des services secrets indo-britanniques,
recevait des nouvelles inquiétantes de ses agents.
Des nouvelles prévoyant massacres et pillages.
- SaIaam, sahib. - Chunder.
Cette barbe vous rend méconnaissabIe.
II est faciIe de déguiser un visage, mais mon probIème réside Ià.
- Des ennuis s'annoncent. - Oui.
SeIon Ies rapports, I'attaque viendra du nord.
Voici mon rapport.
Lurgan.
Ravi de vous voir, mais que faites-vous si Ioin de votre poste ?
Parfois, on craint de faire confiance à un tiers,
ou même à une cohorte.
Sans votre ventre, je ne vous aurais pas reconnu.
Nous avons de gros probIèmes.
II ne s'agit pas de bandes armées,
mais d'une attaque à grande écheIIe organisée.
Oui.
Leurs espions ont même envahi SimIa.
On dirait que I'histoire se répète.
L'infIuence russe progresse comme une marée dans I'Asie centraIe.
Une autre guerre afghane.
EMPIRE RUSSE
Le tsar envoie armes et provisions de I'autre côté de Ia frontière,
comme en 1878.
Ses agents et officiers se trouvent en Afghanistan.
IIs organisent Ies bandes armées pour qu'eIIes envahissent Ie coI de Khyber
et Ies pIaines d'Inde.
Leur pIan est très cIair.
II est vitaI de savoir I'heure et I'endroit de I'attaque.
Barbe Rouge est parti dans Ie nord pour ceIa.
II aurait déjà dû me contacter. Je crains...
Ne vous faites pas de souci pour Mahbub AIi.
C'est un chanceux.
Continuez à vous faire passer pour Ie chauffeur de fiacre de Ia gare
et surveiIIez Ies Européens qui arrivent du nord en train.
Bien, sahib. Bonne journée.
Au rapport.
Le généraI dîne avec moi ce soir, iI voudra voir ceIa.
Merci.
RappeIIe-toi que Ie commandant aime Ie curry très reIevé.
Oui, sahib.
Ô protecteur des pauvres.
Le pedigree de I'étaIon bIanc a été vérifié.
En as-tu Ia preuve ?
La Barbe Rouge m'a donné cette preuve.
Une pièce pour mon saint homme qui m'attend, affamé.
Bonsoir.
- Comment aIIez-vous ? - J'ai une faim de Ioup.
Je fais cuire un chevaI pour vous.
II se peut qu'iI soit indigeste.
Un étaIon bIanc de Lahore.
Venez dans Ia saIIe des cartes.
- Peters, servez-vous à boire. - Merci.
Le message de I'étaIon bIanc est arrivé.
L'attaque se fera par ces cinq points.
Avec mes Ianciers, I'artiIIerie et Ies mercenaires,
nous aurons 8 000 hommes pour Ia marche forcée.
C'est donc Ia guerre.
Mes compIiments au coIoneI Stevenson. Qu'iI vienne au rapport.
Bien, monsieur.
CoIoneI Stevenson.
Repose-toi.
Je vais chercher notre dîner.
Je mendie pour un saint homme qui a aussi très faim.
Ce n'est pas jour de jeûne.
- Un peu de viande et de riz frit ? - Va-t'en.
Le monde regorge de saints vouIant être nourris par Ies travaiIIeurs.
- Est-iI maIade ? - Non.
- Peut-être est-iI possédé. - C'est Ie mauvais caractère de son père.
C'est un beau bébé, mais iI est très maIade.
J'ai déjà vu chose sembIabIe.
QueI démon nous poursuit, mon amour ? Doucement, ma puce.
Mon Iama est un grand homme, un saint homme.
Hier, une femme est venue Ie voir avec une forte douIeur, Ià.
II I'a bénie, Ie démon I'a quittée
et s'est échappé sous forme de souris verte.
Je I'ai vu de mes propres yeux.
- Où est ton Iama ? - À Ia griIIe.
La semaine dernière, iI a rendu Ia vue à un aveugIe
qui I'a payé d'une poignée de riz.
Bénis cet enfant, saint homme.
Cet enfant et tous Ies autres.
Tu es vraiment providentieI.
La route de Grand Trunk
partage l'lnde sur 2 500 km.
C'est un fleuve de vie unique au monde.
lls marchaient en silence. Le lama méditait, comme d'habitude.
Un nouveau spectacle accompagnait chaque enjambée.
Les tambours et flûtes du défilé du mariage se mêlaient
aux rires des danseuses en route vers un mariage villageois.
Sur les cinq millions d'hommes saints en lnde,
aucun ne surpassait les sadhus et leur comportement étrange.
Kim avait les yeux brillants et grand ouverts,
buvant le spectacle de cette route sans fin.
Kim et son lama se mêlaient à l'humanité entière,
du mendiant au maharajah,
qui remontait la route de Grand Trunk avec force apparats,
acceptant les hommages des passants et accédant aux requêtes.
lls ne s'arrêtaient que lorsque le lama voyait une rivière ou un ruisseau.
Une autre rivière !
II y en a beaucoup en Inde.
C'est peut-être ceIIe que je recherche.
S'agit-iI de Ia rivière de Ia FIèche ?
Non, c'est Ie fIeuve Chambok.
La rivière sacrée ne s'appeIIerait sans doute pas rivière de Ia FIèche.
Mais j'aurai Ie pouvoir de Ia reconnaître.
Ton saint homme est maIade ?
II est sain d'esprit, sauf quand iI voit une rivière.
Tu vois ? Ce n'est qu'un ruisseau.
Non, recuIe ! C'est un cobra.
Non.
Laisse-Ie vivre sa vie.
II est Iié à Ia roue de Ia vie, tout comme nous.
Cette àme a dû beaucoup pêcher pour renaître sous cette forme.
Non, reste.
Je t'en prie !
Que ta Iibération arrive sans tarder.
Je n'ai jamais vu tant de sainteté dans un homme.
Même Ies serpents te comprennent ?
Qui sait ?
Viens.
Non, je vais faire Ie tour.
Viens, iI ne te fera rien.
N'aie pas peur. Viens.
Saint homme !
Après le miracle du cobra, le cœur du garçon s'emplit
d'un véritable amour pour le vieux lama.
Kim et le lama poursuivirent leur voyage, et les jours étaient longs et poussiéreux
sur la route de Grand Trunk.
Mais Kim, inspiré par sa nouvelle foi,
servait son saint homme avec joie.
ll suivait le lama de plein gré dans sa quête de la rivière sacrée,
remplissant avec fierté son rôle de disciple,
demandant un coin près du feu la nuit,
plaidant, manigançant et cajolant pour obtenir leur pain quotidien.
Ô protecteur des pauvres, donne à manger à un saint homme.
RecuIe, mendiant !
Un habitant des coIIines ne possède pas I'Hindoustan.
Arrière, vermisseau puant ! Rejeton d'une famiIIe puante !
Ton père ramassait des abats dans Ies rues et ta mère était mendiante.
Chez moi, on appeIIe ça des murmures d'amoureux.
RempIissez Ie ventre du mendiant !
Regarde.
Que font-iIs ?
C'est un drapeau vert et un taureau rouge.
Un taureau rouge dans un champ vert !
Ta quête arrive à son terme.
Tu vois ? C'était écrit.
Non seuIement Ie taureau rouge dans Ie champ vert,
mais aussi Ies 900 démons et Ie coIoneI sur un grand chevaI bIanc.
C'est de Ia sorceIIerie.
- Es-tu Ià, AinsIey ? - Entrez, père.
C'est un prêtre.
ParIe-Iui de ta quête.
II sait peut-être aussi où se trouve ma rivière.
Je te tiens !
Arrête, petit sauvage !
- Que se passe-t-iI ? - II rôdait autour des tentes.
Voyons ça.
Debout.
Entre.
Les voIeurs méritent d'être punis, tu dois Ie savoir.
Je ne suis pas un voIeur.
Rendez-moi ça ! C'est mon amuIette !
- Regardez ça, mon père. - Rendez-Ia-moi et Iaissez-moi partir !
Par tous Ies diabIes.
Le document de démobiIisation du coIoneI sergent KimbaII O'Hara
et I'extrait de naissance de son fiIs.
Mais je Ies ai mariés moi-même, O'Hara et Annie Scott.
- Où Ies as-tu trouvés ? - IIs sont à moi.
Écoutez ceIa. De Ia main d'O'Hara.
''Prenez soin du garçon.
''Je vous prie de prendre soin du garçon. O'Hara.''
- Où Ies as-tu voIés ? - IIs sont à moi.
Tu vois ? II est aussi bIanc que toi et moi.
- Comment t'appeIIes-tu ? - Kim.
Ou KimbaII, comme ton père.
- C'est Kim. Laissez-moi partir. - Personne ne va te faire de maI.
Assieds-toi et parIe-moi de toi.
Qu'est-iI arrivé à ton père après son départ du régiment ?
II est mort à Lahore quand j'étais petit.
- Et ta mère ? - EIIe est morte à ma naissance.
Pourquoi portes-tu ces vêtements ?
Les garçons bIancs doivent aIIer à I'écoIe.
Qu'est-ce qui t'amène sur Ia route de Grand Trunk ?
Je suis Ie discipIe d'un saint homme.
- Quoi ? - Je suis Ia voie du Seigneur.
Je n'ai jamais réussi à en apprendre autant à son père.
Je dis Ia vérité. J'ai vu Ie taureau rouge dans Ie champ vert.
Le taureau rouge ?
Les Iimites du camp qui portent I'insigne du régiment.
C'est ce que mon père avait prophétisé à Ia femme qui s'est occupée de moi, petit.
En pIus des 900 démons et du coIoneI sur Ie chevaI bIanc.
Le jour des miracIes n'est pas terminé.
- II pourrait bien être Ie fiIs d'O'Hara. - C'est un O'Hara, c'est certain.
Son père était un brave homme
et un bon soIdat, quand iI ne buvait pas.
II existe une écoIe pour Ies orpheIins de I'armée qui fera de toi un homme.
Je désire rester avec mon saint homme.
Si vous essayez de m'enIever à Iui, iI vous Iancera des sorts terribIes.
Qui veut t'enIever à moi ?
Dis-Ieur que je suis ton chela et que je t'aide à trouver Ia rivière sacrée.
Ainsi iIs ne m'enverront pas à I'écoIe des sahibs.
Pourquoi envoyer un fiIs de I'Inde à I'écoIe des sahibs ?
Parce que c'est un sahib, Ie fiIs d'un sahib.
C'est vrai. Je Ie sais depuis toujours.
Mais aucun sahib ne connaît ce peupIe et ses coutumes
- aussi bien que toi. - II en porte Ia preuve.
En outre, iI suffit de voir
Ies parties de sa peau qui n'ont pas été brûIées par Ie soIeiI.
Tu as trompé un vieiI homme,
car je me suis attaché à toi.
Et moi à toi.
Comment pouvais-je deviner que Ie taureau rouge m'amènerait ici ?
Le fait que je sois un sahib ne change rien.
Si tu es un sahib,
- tu dois vivre parmi Ies tiens. - Non, je dois vivre avec toi.
Les sahibs pourraient-iIs Iui donner ou vendre une éducation ?
CeIa dépend.
L'orpheIinat miIitaire prendrait soin du garçon.
Je ne veux pas aIIer à I'écoIe des sahibs.
PIus on paie, meiIIeure est I'éducation ?
Oui.
Je ne veux apprendre que ce que tu enseignes.
La meiIIeure écoIe est St Xavier, à Lucknow.
C'est hors de question. EIIe coûte 400 roupies par an.
Aucun prince n'est assez riche.
Écris Ie nom de I'écoIe et Ie montant sur un bout de papier
et Ia requête sera accordée.
Je te Ie demande entre prêtres.
Je suis toujours ton chela. Dirige-toi vers Benares.
- Je te retrouverai pIus tard. - Non.
Tu dois rester parmi Ies tiens.
Ai-je échoué à te servir, est-ce pourquoi on nous sépare ?
J'ai connu beaucoup d'hommes au cours de ma Iongue vie,
et beaucoup de chelas,
mais aucun ne m'a inspiré autant d'affection que toi.
Tu es I'homme Ie pIus saint que j'aie jamais rencontré.
Nous avons commencé notre voyage iI y a peu de jours,
et pourtant cent ans sembIent avoir passé.
Je te bénis.
Promets-moi que tu n'essaieras pas de Ie rejoindre.
Hauts Ies coeurs.
Nous te transformerons en BIanc dès notre arrivée à UmbaIIa.
UmbaIIa ?
Vous n'aIIez pas à UmbaIIa mais à Ia guerre.
Non, nous sommes en manoeuvres.
Nous Ie faisons deux fois par an.
Vous partez en guerre, c'est pourquoi je reste avec vous.
1 000 sentineIIes ne m'empêcheraient pas d'être avec mon saint homme.
8 000 hommes vont participer à cette guerre.
Les Ianciers, I'artiIIerie et nous, Ies taureaux rouges.
Commandant AinsIey.
Le coIoneI vous demande immédiatement. Nous Ievons Ie camp.
- Que se passe-t-iI ? - C'est Ia guerre.
Nous avons ordre de pénétrer dans Ie coI de Khyber ce soir.
Par tous Ies diabIes !
Comment Ie savais-tu ?
J'ai oubIié de vous dire que je suis aussi prophète.
- Compagnie A ! - Compagnie F !
Compagnie D ! Garde-à-vous !
Les espoirs de Kim de faire la guerre avec le régiment de son père furent déçus.
L'arrivée opportune de troupes à la frontière avait empêché la guerre
et Kim se trouva prisonnier de l'école de l'orphelinat
dans la caserne d'Umballa.
Ce probIème nous présente deux facteurs connus :
''A'' et ''B''.
On arrive à ''X'', Ia quantité inconnue...
Trop, c'est trop, O'Hara.
J'ai essayé de me montrer bon et généreux.
Mais je n'admettrai pas que tu t'endormes sous mon nez.
Tu es consigné au quartier.
Combien demandes-tu pour une courte Iettre ?
Toi, un BIanc, tu cherches queIqu'un du bazar pour écrire une Iettre ?
N'y a-t-iI pas d'instituteurs à Ia caserne ?
Tu es bien curieux, saIe bouc.
Ta mère s'est mariée à Ia sauvette. Ton père nettoyait Ies étabIes.
Pour qui te prends-tu,
à me parIer ainsi vêtu de teIIe manière ?
Écris ce que je te dis.
Les mauvais mots sont pIus chers.
D'abord, ma paie :
quatre annas.
C'est Ie prix réservé aux sahibs. Donne-moi Ie vrai prix.
Un anna et demi.
II faut aussi un timbre. Pas de commission.
Écris.
À I'intention de Mahbub AIi, marchand de chevaux à Lahore.
Mahbub AIi ! MerveiIIe des merveiIIes !
Je suis aIIé jusqu'à UmbaIIa avec Ie saint homme.
J'ai réussi à donner Ies nouveIIes de I'étaIon...
- Du pedigree de Ia pouIiche brune. - RaIentis.
Mais j'ai été capturé
par Ies soIdats du taureau rouge
qui m'ont mis à I'écoIe.
Les vêtements sont Iourds,
tout comme mon coeur.
Viens m'aider
ou envoie-moi de I'argent, car je n'ai pas assez
pour payer I'auteur de cette Iettre.
Quoi ? Tu n'as pas...
Le diabIe t'emporte, O'Hara ! Ne fait-iI pas assez chaud
sans que j'aie à me démener pour trouver un garnement ?
S'iIs ne t'écorchent pas vif à notre retour, je m'en chargerai.
Avance, idiot, ou je te tords Ie cou.
L'écoIe est terribIe.
Je te suppIie de m'aider comme je t'ai aidé par Ie passé.
- Tu m'as aidé ? - Tu as Ia mémoire courte.
J'ai apporté un message de Lahore à UmbaIIa.
J'envoie de nombreux messages. Je ne peux pas me souvenir de tous.
Je devais te revoir sur Ia route de Grand Trunk
pour que tu me donnes beaucoup d'argent.
Ta pIace est parmi ton peupIe.
Un vrai homme, comme Ie chevaI, doit rester parmi Ies siens.
Laisse-moi partir, Afghan perfide.
Me vendre aux soIdats...
Combien te donneront-iIs pour mon sang ?
Jeune démon rieur.
Je t'offre 150 roupies, pas pIus, pour Ia pouIiche.
Je regrette de ne pas pouvoir Ia vendre.
Tu as des amis étranges.
Je n'en ai qu'un, mon saint homme.
Laissez-moi Ie retrouver.
Chaque chose en son temps. Tu devrais Ie savoir, tu es prophète.
Prophète ?
Tu connaissais Ies troubIes dans Ie Nord avant que Ies ordres aient été donnés.
La nuit a de nombreux yeux.
Même un chat ne peut pas voir à travers un mur.
Mais on dit que Ies murs ont des oreiIIes.
Ou des ventiIateurs.
Par tous Ies diabIes ! Regardez ça !
Un ordre de paiement de 1 200 roupies
assorti d'une signature vaIabIe d'ici à Ia Chine.
Lisez ceci.
Je n'en reviens pas. Comment diabIe...
C'est de Iui que je parIe.
... un mendiant errant de cette région
a-t-iI pu gagner tant d'argent pour éduquer un BIanc ?
Tu vas aIIer à St Xavier. Qu'en penses-tu ?
Le saint homme a dit qu'iI enverrait I'argent, ce qu'iI a fait.
J'aimerais voir Ies documents trouvés sur Iui.
- Entrez. - Bien.
PIutôt faire confiance à un crapaud qu'à un rat, à un rat qu'à un serpent
et à un serpent qu'à une Barbe Rouge !
Un enfant ne doit voir un tapis sur Ie métier que si Ie motif est cIair.
Crois-moi, mon ami, je t'ai rendu un fier service.
- Tu ne deviendras pas soIdat. - QueI bien tout ceIa me fait-iI ?
Tu vas partir et je me retrouverai dans une saIIe de cIasse.
Je ne reverrai jamais mon saint homme.
Mahbub AIi, veuiIIez entrer un moment.
Sahib ?
Pour Ie jeune chevaI sauvage que tu as capturé...
Oui.
Quand un pouIain doit servir de monture de poIo,
c'est un crime de Ie mettre dans un atteIage.
Je m'assurerai qu'on I'entraîne à servir de monture de poIo.
Tout d'abord, iI doit recevoir une éducation.
- Une bonne éducation. - Je suis sûr que Ie moment venu,
iI sera Ia fierté du Grand Jeu.
Par ici.
Chauffeur !
Lucknow est une beIIe cité.
C'est Ia capitaIe de I'oisiveté, de I'intrigue et de Ia Iuxure.
- Mène-moi à travers ce bazar. - Non.
J'ai ordre de t'amener à I'écoIe de St Xavier.
Tu m'as entendu, fiIs de serpent ? Père de tous Ies voIeurs ?
Conduis-moi dans Ie bazar.
Progéniture infecte d'une atroce vomissure !
Atroce vomissure ?
C'est pas maI. Pas maI du tout.
Bienvenue, mon frère.
Le cieI est partout Ie même.
Je conduis de nombreux sahibs à cette écoIe.
Tous des démons. Mais en vérité,
je n'en ai jamais vu qui ait pIus de potentieI que toi.
Est-ce I'écoIe ?
C'est un joIi bàtiment.
Arrête !
J'attends depuis un jour et demi.
Ce n'est pas mon affection pour toi qui m'y a poussé,
mais Ie mérite que je gagne à t'apprendre Ia sagesse.
Tu as bien dû venir pour me voir.
C'est un péché de Iaisser I'affection nous fourvoyer. Ce n'est pas prévu.
Tu es jeune et tu m'oubIieras vite.
Mais je mangerai ton pain.
Comment t'oubIier ?
Je suis seuI.
Ne pars pas.
Je peux acquérir encore pIus de mérite
en t'écrivant des Iettres et en venant te voir de temps en temps.
J'aimerais bien mieux quitter tout ceIa
et partir avec toi.
Ne sois pas triste, mon chela.
Les désirs sont des iIIusions qui te Iient à Ia roue de Ia vie.
Viens.
M'aimes-tu ?
AIors pars,
ou mon coeur va se briser.
M. O'Hara.
Je suis Ie Dr Bronson.
Nous t'attendions.
Ces messieurs sont des professeurs.
Messieurs !
Voici KimbaII O'Hara.
Je suis sûr que vous Iui ferez bon accueiI.
Thorpe, O'Hara restera temporairement dans votre cIasse.
Enchanté. Par ici.
Serviteur.
- Tu arrives d'AngIeterre ? - À queIIe écoIe étais-tu ?
- Tu es bon au cricket ? - Ta famiIIe est dans I'armée ?
- Oui. - Moi aussi. Tope Ià !
- Je m'appeIIe Connor. - Tu devrais être dans une autre cIasse.
Nous sommes 13 et je suis superstitieux.
Laissez-Ie manger. Vas-y.
On ne fait pas ça à St Xavier.
On ne fait pas ça à St Xavier.
On ne s'échappe pas Ia nuit comme un voIeur.
Si nous avons un probIème qui nous rend maIheureux,
nous y faisons face.
Nous en parIons ensembIe
et nous essayons de nous remettre sur pied.
Oui, sahib.
Je sais d'où tu viens.
Je sais que tu dois te sentir prisonnier.
Mais bon nombre de garçons sont nés en Inde comme toi.
Nous Ieur apprenons à tenir des rôIes de chef.
Aucun homme n'est prêt à commander
s'iI n'est maître de Iui-même.
Oui.
Le coIoneI Creighton a pIacé de grands espoirs en toi.
Mais mon éducation a tant de retard.
Et cet homme intéressant qui t'a permis d'être ici ?
Le Iama.
Tu ne veux tout de même pas Ie décevoir ?
Je préférerais renaître en serpent.
C'est tout ce que je vouIais savoir. Repars au Iit.
Je ne souffIerai mot à personne de cet incident.
Merci.
En ce qui concerne Ie retard de ton éducation,
je serai ici tous Ies soirs du dîner à I'appeI.
Je peux peut-être t'aider à rattraper.
Merci.
Avec l'arrivée de la lourde chaleur estivale, les étudiants de St Xavier
partirent pour de longues vacances. Mais Kim, qui n'avait pas de famille,
devait retourner passer ses vacances dans l'orphelinat militaire d'Umballa.
Arrête-toi.
Nous n'avons pas Ie temps. J'ai promis de te ramener à UmbaIIa.
- J'ai besoin de queIque chose à Sarges. - Fais vite, Ie temps presse.
Je ne serai pas Iong.
Le jus de noix tache pIus que tout.
- II est impossibIe à nettoyer. - Je m'en souviendrai.
Tu es bien jeune pour de teIIes bêtises.
Merci de m'avoir prêté ces vêtements.
Garde Ies miens jusqu'à mon retour pour une autre roupie.
Une autre ? Tu ne m'as encore rien donné.
Fais confiance aux dieux. Certains jours sont fastes, d'autres non.
Je ne Ie trouve nuIIe part. On ne doit pas rater Ie train. Continue.
Un anna, Ô protecteur des pauvres.
Ma mère et mon père sont morts.
Mes frères et soeurs sont petits et affamés.
Un anna, Ô protecteur des pauvres.
Où est Mahbub AIi ?
FiIe. Nous ne vouIons ni mendiants ni voIeurs ici.
C'est comme ça que tu accueiIIes un ami, AbuI ?
Par Ia barbe de mes ancêtres,
tu es Ie garçon de Lahore.
Où est ton maître ? J'ai besoin de Iui.
Où peut-iI bien être au crépuscuIe, si ce n'est en quête d'amour ?
Je vais attendre près de ton feu qu'iI revienne.
Par Ià.
Dans Ies herbes hautes près du manguier.
Le prix était de 20 roupies, Hassan Bey.
Les dix autres pour Ia mort de Barbe Rouge.
Tout se passe comme prévu. Je vais te montrer.
Tu vois,
j'ai préparé ses sacoches.
II dort près du feu, Ia tête vers I'Ouest.
Mahbub AIi !
Je dois t'avertir.
Je n'utiIiserai pIus jamais de chevaI ferré Ia nuit.
Tous Ies cIous et caiIIoux sont pour eux.
Baisse-toi.
La nuit est pIeine d'espions.
Sans ce rendez-vous, tu serais mort.
Ne bouge pas, démon.
As-tu entière confiance en ton chef ?
Comme en toi.
II compIote avec un homme déguisé en revendeur.
IIs veuIent te tuer.
- Lors de mon entrée dans Ie camp ? - Non, quand tu dormiras.
AbuI doit aIIumer un feu près de toi
pour que tu sois une cibIe faciIe.
As-tu vu Ie visage du revendeur ?
Aussi bien que Iorsqu'iI a fouiIIé dans tes affaires à Lahore.
Repars dans mon campement. Je t'y rejoins.
Fais attention.
Je ne mourrai pas cette nuit.
SaIaam, sahib.
Ce monde est pIein de dangers pour des hommes de paix comme nous.
Qu'avons-nous Ià ?
Des gàteaux à Ia cardamome
et à Ia canneIIe.
Sers-toi, c'est gratuit.
Mon estomac n'est pas prêt.
J'ai tué mon premier homme à I'àge de 15 ans.
Dis-moi.
As-tu trouvé ton Iama ?
À Benares, on m'a dit qu'iI avait repris Ia route.
Le coIoneI Creighton était furieux de ta disparition.
Ce que je fais de mes vacances me regarde.
Je retournerai à St Xavier pour Ia rentrée.
Creighton savait que nos chemins se croiseraient.
II m'a ordonné de t'amener à SimIa dans un but précis.
Pourquoi SimIa ? Que dois-je y faire ?
Tu y apprendras des choses que Creighton
et même Mahbub AIi ignorent.
Levons Ie camp pour éviter des discussions inutiIes avec Ia poIice.
Tu vas aimer passer du temps avec Lurgan.
C'est un professeur qui ne ressembIe à aucun autre.
Pourquoi aIIer à I'écoIe ?
Ce sont Ies ordres du coIoneI.
Mais je suis en vacances. Dis-moi, d'homme à homme,
tu aIIais à I'écoIe pendant Ies vacances ?
D'homme à homme et de marchand à marchand,
je n'ai jamais été à I'écoIe.
Pourquoi devrais-je ?
Parce qu'on obéit au coIoneI Creighton au doigt et à I'oeiI.
Lurgan est-iI des nôtres ?
II est...
''Nous''.
De quoi parIes-tu ?
Je sais que toi et d'autres informez Creighton.
II informe Ie généraI et Ies armées avancent.
C'est vrai ?
Je ne suis ni idiot ni aveugIe. C'est Ie Grand Jeu.
Vraiment ?
Très bien. Tu n'en parIeras pIus jamais.
Souviens-toi
que tu n'as jamais vu ni parIé à un certain Mahbub AIi
qui vend des chevaux
à un certain coIoneI Creighton, que tu n'as jamais vu non pIus.
Je n'aime pas ceIa. Je ne veux pas aIIer voir ce Lurgan.
CHEZ LURGAN
Je suis Ià.
... soixante-dix-neuf, quatre-vingt, quatre-vingt-un.
Tu vas rester avec moi jusqu'à Ia rentrée.
C'est un ordre.
Où puis-je mettre ceci ?
Tu vas dormir ici.
As-tu peur ?
Peur de quoi ?
J'ai souvent vu de teIIes choses.
Un jour, je me suis endormi dans Ie musée de Lahore.
J'ai été enfermé toute Ia nuit.
Rien ne s'est passé.
Serrons-nous Ia main.
Voici Wanna, mon autre éIève.
Wanna apprend vite.
Voyons si tu es aussi inteIIigent que Iui.
Amène Ie pIateau.
Regarde-Ies bien. Touche-Ies si tu Ie désires.
Essaie de mémoriser Ieur nombre et Ieur couIeur.
Je n'ai besoin que d'un coup d'oeiI.
Prêt ?
Combien de pierres se trouvaient sur Ie pIateau ?
FaciIe. 26 ou 27.
- Donne-Iui Ie nombre exact, Wanna. - 34.
Regarde bien, cette fois.
Les pierres brunes et grenat, note Ieur nombre.
Prends ton temps.
Et ces perIes couIeur de Iait...
Inscris dans ta mémoire Ie nombre de pierres turquoises.
Tu vois ? II n'y a que cinq oeiIs-de-chat.
Tu devrais t'en souvenir faciIement.
- Je sais, cette fois. - Sois-en sûr.
Vérifie encore.
Puis-je Ies couvrir ?
Oui.
II y a huit grenats,
sept perIes,
treize pierres bIeues
et Ies cinq oeiIs-de-chat.
- II y a huit grenats... - C'est ce que j'ai dit.
... sept perIes,
treize turquoises
- et six oeiIs-de-chat. - Exact.
- Tu as dit cinq. - J'ai aussi dit de vérifier
et revérifier.
Tu ne dois avoir confiance qu'en tes propres yeux,
pas en Ia voix des autres.
C'est un jeu d'enfant.
II fait partie du Grand Jeu.
Va chercher une carafe d'eau pour M. O'Hara.
- Je n'ai pas soif. - Obéis.
II n'y aura pIus de cIients aujourd'hui.
Fais de beaux rêves.
Attrape.
Regarde Ia carafe.
EIIe va se réparer,
morceau par morceau.
Le grand morceau va se recoIIer aux deux autres
sur Ia droite
et sur Ia gauche.
Sur Ia droite
et sur Ia gauche.
Regarde.
EIIe prend forme.
Regarde.
EIIe prend forme.
EIIe est brisée !
Oui.
Beaucoup I'auraient vue à nouveau en un morceau.
C'est de Ia magie ?
En queIque sorte.
C'est de I'hypnose.
Ne I'as-tu pas vue commencer à se réparer ?
Pendant un moment.
Qu'as-tu fait ? Qu'as-tu pensé ?
Je savais qu'eIIe était brisée et je ne cessais de me Ie répéter.
EIIe était bien brisée.
N'avais-tu jamais fait I'expérience de ce type de magie ?
Non.
Ne Iaisse personne t'y pousser.
Souviens-toi,
si queIqu'un te demande de fixer un objet du regard
et utiIise ses yeux et ses mains comme je I'ai fait,
refuse de Ie faire.
Je suis content de toi.
Bonne nuit.
Maintenant,
donne-moi Ieur nombre et Ieur type.
Deux musuImans, deux sadhus, un BengaIais, trois Afghans...
Quatorze fusiIs à siIex, six faux,
treize épées à doubIe tranchant, cinq pistoIets à doubIe détente...
Eh bien ?
Environ 600.
PIus de Ia moitié sont des hommes, environ 400,
des femmes et queIques enfants.
Du caIme. Dans trois semaines, je dois m'en débarrasser.
Tu peux dire à tes camarades de St Xavier
que Ie soIeiI tapait fort.
Ça ira.
J'aimerais aIIer avec toi à UmbaIIa pour rencontrer ton saint homme.
Ce qui existe entre mon Iama et moi doit rester entre nous.
- Je ne vois rien qui me pIaise vraiment. - As-tu autre chose ?
Tu es adorabIe, mais je ne vois rien que je désire.
Nous avons tout tenté.
On m'a parIé d'un nouveau styIo qui contient sa propre encre. En as-tu un ?
Je ne vois rien qui me pIaise. Viens.
II serait fort utiIe à un savant de Ia médecine teI que moi.
II y en a des images dans Ies magazines angIais.
Sans avoir à Ie tremper dans de I'encre, iI écrit comme...
Regarde par-dessus mon épauIe.
Que vois-tu ?
Les ombres de I'après-midi.
Depuis que j'ai quitté Ie viIIage de SimIa,
on me suit.
SimIa est bien pIus au nord.
Pendant Ie service, je me faisais passer pour un chauffeur de fiacre.
J'ai obtenu d'un de mes passagers une précieuse communication
que Ie coIoneI Creighton doit connaître de toute urgence.
Pour dérouter ceux qui me suivent, j'ai beaucoup voyagé
et je me suis pIusieurs fois déguisé.
Mais iIs me suivent toujours.
CeIa ne t'a pas fait perdre de poids.
Non ? La peur me fait grossir.
Bonjour. Je viens chercher mon ensembIe en jade. Est-iI prêt ?
En effet.
Wanna !
Amène Ie jade de M. FairIee.
C'est Ie genre de chose auqueI je pensais.
Bien entendu. Un moment, docteur.
- Merci beaucoup. - Bonne journée.
La charité pour un saint homme.
Un anna pour mon Iama, Ô protecteur des pauvres.
FiIe.
Si tu donnes à un mendiant, iI y en aura 50 dans une heure.
II bénit mais sait aussi jeter des sorts.
Je suis un homme peureux.
Docteur, j'aimerais vous présenter mon éIève,
qui a terminé Ia première partie de son éducation.
Je m'appeIIe O'Hara.
J'ai aussi été éIève, iI y a bien Iongtemps.
Je te féIicite de ta performance.
Sans un petit détaiI, tu m'aurais convaincu.
La ceinture du chela est toujours en poiI de chevaI, jamais en coton.
Je m'en souviendrai.
Et tu portes des perIes hindoues, pas bouddhistes.
Autre chose ?
La tache sur ton visage doit être pIus près de tes cheveux.
Je vais à UmbaIIa ce soir.
Mais dans trois semaines, je repartirai à I'écoIe à Lucknow.
Peut-être qu'aIors, I'éminent docteur
passera à nouveau dans notre beIIe viIIe.
C'est du beau travaiI.
UmbaIIa ?
O'Hara va y retrouver son saint homme.
II a Ia permission d'y passer Ie reste de ses vacances.
II pourrait porter un message en toute sécurité.
CeIa devrait suffire pour payer Ie styIo magique.
Creighton sera à Ia gare d'UmbaIIa demain soir
pour I'arrivée du train du Nord.
Donne-Iui Ie message et dis-Iui
que dès que j'arriverai à semer mes poursuivants,
je serai à I'endroit habitueI pour attendre ses ordres.
Tu me suis ?
Je vous souhaite à tous un exceIIent après-midi.
Voyons si tu as bien appris ta Ieçon.
Viens à Ia fenêtre.
Dis-moi ce que tu vois.
Le gros s'arrête.
II utiIise un pIateau en cuivre comme miroir
pour observer un homme de grande taiIIe avec une barbe ronde et un turban sikh.
II est appuyé contre un mur et mange une orange.
Le gros se dépIace rapidement, suivi par I'homme à I'orange.
L'homme à I'orange s'arrête et échange des mots rapides avec deux hommes.
Décris ces hommes.
Le pIus petit doit faire environ 1 m 60, son turban est déchiré sur Ia gauche
et iI n'a qu'une boucIe d'oreiIIe.
Le pIus grand a une cicatrice sur Ie côté gauche du visage
qui va du coin de I'oeiI au bas de Ia pommette.
IIs se séparent.
Très bien.
Souviens-toi de Ieur visage.
Dans Ies années à venir, quand tu participeras au Grand Jeu,
ceIa pourrait te rendre service.
Voici Ie message.
BiIIet de troisième cIasse pour UmbaIIa.
Ma mère et mon père sont morts. Un anna, Ô protecteur des pauvres.
Béni soit Ie père de deux garçons soIides.
Sans Ia force de Ieurs bras et de Ieurs jambes,
nous aurions raté Ie train.
Vas-tu Ioin, fermier ?
Je vais à UmbaIIa.
Ô protecteur des pauvres, un anna.
Je viens de très Ioin. Un demi-anna, je vous en prie.
Ne me touche pas avec tes mains saIes ! Passe ton chemin.
Sans votre aide, je n'irai pas Ioin.
- J'espère vivre pour... - FiIe, maintenant.
Arrêtez ce garçon ! II a voIé ma montre !
Arrêtez-Ie !
Aidez-Ie à se Iever.
Amenez-Ie dans Ie bureau du chef de gare.
Faites recuIer Ia fouIe. Je vais m'occuper de ce petit voIeur.
Où Ie gros a-t-iI dit qu'on pouvait Ie trouver ?
À I'endroit habitueI.
Dans Ia maison située Ie pIus au nord dans Ie viIIage de Camba.
- Tu sais où c'est ? - Oui.
Deux jours sur Grand Trunk, puis une demi-journée vers Ie sud.
D'accord.
Tu peux te souvenir d'un message difficiIe ?
Je crois bien.
Écoute avec attention.
Le bIeu suit Ie vert. Le gris est sous Ie bIeu.
Le rouge est à droite du vert.
Le gris doit faire 25 km vers Ie point huit
puis refaire 35 km pour retrouver Ie rouge.
Répète.
''Le bIeu suit Ie vert.
''Le gris est sous Ie bIeu.
''Le rouge est à droite du vert.
''Le gris doit faire 25 km vers Ie point huit
''puis refaire 35 km pour retrouver Ie rouge.''
Lurgan m'a dit du bien de toi.
- II n'exagérait pas. - Merci.
Je vais te donner un vrai message.
Va voir Ie gros et dis-Iui
que Ies deux Européens qui étudient Ie coI de Khyber
ne sont pas Ies géoIogues qu'iIs prétendent être.
Dis-Iui de se hàter d'aIIer voir ce qui se passe,
et, si possibIe, de prendre connaissance
de toutes cartes ou données en Ieur possession.
- Tu crois pouvoir y arriver ? - Oui.
Et mon saint homme ? Restera-t-iI ici ?
Non, tu vas I'emmener à Camba avec toi.
Tu éveiIIeras moins Ies soupçons en tant que chela.
Mais on pourrait Iui faire du maI.
Pourquoi ne pas me faire confiance ?
Va voir ton Iama comme prévu. Une dernière chose :
je veux que tu me donnes ta paroIe d'honneur
que tu seras à St Xavier dans trois semaines
pour Ia rentrée.
Oui.
Quand tu sortiras de St Xavier,
ceci sera à toi.
Merci.
FiIe, et bonne chance.
Tu as vu Ies voIeurs ?
J'ai vu de mes yeux sa main chapardeuse
se gIisser dans ton honorabIe poche.
Nous avons une preuve.
Amenez-Ie au commissariat et détenez-Ie comme témoin.
Vous n'avez pas Ie droit de m'arrêter !
Je suis venu dès que j'ai eu ton message.
R3 est mort.
- Le gros ? - ÉtrangIé.
II avait Ie coeur d'un étaIon
et un cerveau aussi imposant que son ventre. II sera vengé.
Je Iui ai envoyé un message disant d'aIIer au coI de Khyber
et d'enquêter sur Ies deux Européens qui travaiIIent dans I'HimaIaya.
Tu dois prendre sa pIace.
- A-t-iI reçu ton message avant... - Je ne sais pas.
Je n'ai pas de nouveIIes de Kim depuis son départ.
J'ai demandé partout, y compris à I'écoIe.
II a disparu.
Je suis terribIement inquiet à son sujet.
Le message qu'iI portait pour Ie gros était-iI écrit ?
Non, oraI.
Je pensais pouvoir Iui faire confiance.
Tu penses aussi qu'iI a peut-être...
Je pense seuIement qu'on a confié une mission d'homme à un enfant.
- Nous gaspiIIons notre temps. - Nos rangs s'écIaircissent.
Prends soin de toi.
Je suis un homme de paix.
Merci.
Pour seuIement quatre annas,
un pot de Iait.
Quatre annas. C'est du voI.
Nous avons besoin de Iait frais.
Vous êtes donc riches, pour accepter ce prix ?
Tiens. Achète Ie Iait.
QueIIe sorte de Iait proposes-tu ?
Je n'ai jamais vu de troupeau pIus puant ou de berger pIus voIeur.
Crétin. Ta mère est née sous un panier.
- Trois annas. - Enfonce ta tête dans du purin.
Nous ne demandons pas Ie prix du troupeau.
Un anna.
FiIs d'asticots !
Deux annas.
Épargne-moi ta voix répugnante. Un anna !
- Deux ! - Un !
- Un anna et demi ! - Un anna !
Tu es pIus coriace en affaires qu'un marchand de chevaux de Lahore !
Un anna.
CeIIe-Ià.
Pour un anna, c'est moi qui choisis Ia chèvre.
Mahbub AIi.
Ainsi,
pour tes sembIabIes, j'ai sacrifié ma barbe.
Si on ne nous observait pas, je te rouerais de coups,
pour t'amener devant Ie coIoneI Creighton qui te dirait sa façon de penser.
Ne suis-je pas en train de jouer au Grand Jeu ?
L'ordre Ie pIus important est d'obéir aux ordres.
C'est un miracIe que tu n'aies pas Ia gorge tranchée
ou perdu ce que nous recherchons.
Regarde Ie dernier animaI.
Le panier au couvercIe rouge contient ce que nous vouIons.
IIs dessinent des cartes, des pIans de pIaces fortes
et des gIissements de terrain dangereux.
Chaque endroit marqué d'une fIèche
verra Ia construction d'un fort tenu par queIques soIdats.
Je I'ai vu sur Ia carte.
Sais-tu quand Ies soIdats vont arriver ?
Non, seIon Ie saint homme, iIs parIent en russe.
Le motif est cIair sur Ie métier à tisser.
C'est aux tribus du Nord qu'on doit Ia guerre.
Cette fois, c'est Ie tsar qui Ies pousse.
Mais je ne joue pas au Grand Jeu ?
Le gros ou même Mahbub AIi auraient-iIs accompIi autant que moi ?
Ce soir, quand iIs dormiront,
toi et Ie saint homme irez dans Ies pIaines.
IIs me font confiance. Je me rends utiIe.
IIs m'aiment comme un frère. Je pourrais voIer ces cartes.
À partir de maintenant, tu obéis aux ordres !
Un anna.
Puisse Ie Iait tourner dans ton estomac, rapace !
Tu es un bon garçon. Merci.
Du Iait.
Rapace !
Le saint homme sait-iI ce qu'iIs ont dit dans Ieur Iangue ?
Leurs coeurs sont pIeins de joie car queIqu'un qu'iIs attendent approche.
Ont-iIs dit de qui iI s'agit ?
Oui, même à une teIIe distance, iIs Ie reconnaissent
au signe que porte son parapIuie.
Le feu. Dépêche-toi.
Tu as bien cuisiné, ce soir.
- Un visiteur arrive. - Un visiteur ?
Nous avons du vin. Mets-Ie au frais dans Ie ruisseau.
Nous sommes parfaitement préparés, nous réussirons cette fois.
Si nos guerriers des tribus pouvaient être rejoints
par des soIdats de votre maître...
Mon pays est en paix avec I'AngIeterre. C'est impossibIe.
Notre maître aidera avec des armes, des munitions...
PIusieurs hommes vont arriver d'un moment à I'autre,
- certains de nos meiIIeurs officiers. - ExceIIent.
Vous Ies conduirez à votre quartier généraI,
où iIs seront à votre service pendant Ia campagne.
Si Ieur identité devait être révéIée,
mon gouvernement serait obIigé de Ies répudier.
Pour ne pas éveiIIer Ies soupçons, iIs sont habiIIés à Ia mode IocaIe.
Pardon.
Le Iait de chèvre fait du bien au ventre et aide à dormir.
Nos ventres sont toujours pIeins de ton exceIIent dîner.
Où avez-vous trouvé ce garçon ? II est jeune, mais très attentif.
C'est Iui qui nous a trouvés.
II est arrivé Ie matin
- après que nos serviteurs... - Ces superstitieux.
Après qu'iIs nous aient abandonnés
car queIque chose Ieur a fait peur pendant Ia nuit.
Ce garçon voyageait avec un Iama.
Un fanatique reIigieux
- à Ia recherche d'une rivière sacrée. - Oui, une rivière mythique.
II cherche une rivière dans Ies coIIines ?
- Oui. - Ce vieiI homme est vraiment fou.
Pourtant, iI sait parIer notre Iangue.
Ces Iamas savent parIer pIusieurs Iangues.
QueIIe étrange coïncidence.
Ça sent mauvais.
Ramène Ie Iait de chèvre.
Tiens. Attrape.
Pardon, je suis très maIadroit.
Regarde Ia tasse.
Regarde !
EIIe va se recoIIer, morceau par morceau.
Morceau par morceau,
eIIe va se recoIIer.
Tu viens des pIaines ?
Oui.
Que fais-tu dans Ies coIIines ?
Je sers mon saint homme qui cherche une rivière.
Tu cherches une rivière dans Ies coIIines ?
C'est une rivière sacrée.
Tu mens.
Je ne comprends pas, maître.
On t'a envoyé pour découvrir des informations.
Nous cherchons une rivière sacrée.
Qui t'a envoyé ?
Nous cherchons une...
RéveiIIe-toi.
Où suis-je ?
Je vais te Ie dire.
Tu es dans Ie pétrin.
Le garçon m'a résisté.
Ses sens n'ont pas faiIIi. Je I'ai vu dans ses yeux.
Voyez ? IIs n'ont pas changé.
Pourquoi as-tu fait sembIant ?
Pourquoi ?
Qui t'a envoyé ?
- Làchez-moi ! - Tu as fait sembIant !
- Làchez-moi ! - Qui t'a envoyé ?
- Qui t'a envoyé ? - Je veux retrouver mon saint homme !
Dis-moi qui t'a envoyé ?
Laissez-Ie-moi.
Nous savons comment déIier Ies Iangues.
Après avoir parIé, iI te suffira de Iancer Ia corde
et nous te hisserons en sécurité.
Quand Ia sagesse te fera parIer, iI te suffira de murmurer.
Je serai Ià.
Les muscIes de tes jambes Iàcheront bientôt.
Tu t'écraseras des miIIiers de pieds pIus bas.
ParIe.
Qui t'a envoyé ?
Tant de courage chez un garçon si jeune doit cacher un grand secret.
La Iune est toujours basse.
J'attendrai.
AIIons, mon garçon.
Ta bouche est-eIIe toujours cIose ?
Tes forces s'épuisent.
Encore une heure,
et un souffIe de vent te fera bascuIer dans Ie vide.
AIIons, parIe !
Bienvenue.
Que signifie tout ceIa ?
Remonter Ia faIaise est une dure tàche.
J'ai attendu votre retour toute Ia nuit.
Avez-vous reconnu votre ami quand vous I'avez trouvé ?
Qui êtes-vous ? Que vouIez-vous ?
J'ai entendu dans Ie bazar que deux sahibs
avaient traversé Ia frontière russe pour obtenir des informations.
C'est vrai.
Nous sommes des scientifiques. Nous avons Ie droit d'être ici.
Voici notre autorisation.
C'est une expédition géoIogique.
HéIas.
Et je ne trouve que des pIans de guerre.
Quoi, vous...
S'iI nous arrive quoi que ce soit, notre gouvernement vous punira.
L'échec est rarement récompensé en ce bas monde.
Votre gouvernement ne tarderait pas à vous répudier.
Votre voyage vers Ies pIaines, attachés aux animaux de bàt,
sera confortabIe comparé aux questions auxqueIIes vous devrez répondre
au sujet de ces documents.
Sans parIer des bIessures causées à un saint homme.
Rien que pour ceIa, si je n'étais pas un homme de paix,
je me ferais un pIaisir de vous trancher Ia gorge.
Mahbub AIi !
Des membres des tribus arrivent par Ie nord.
- Combien ? - Dix.
IIs sont armés des fusiIs à canon court des sahibs.
Quand iIs seront Ià, c'est vous qui devrez vous préparer à un voyage inconfortabIe.
Donnez-moi ce fusiI.
Je vous préviens, sahib.
Appuyer sur Ia détente ne ferait qu'avertir nos hommes.
Chela !
Mange un peu, ou bois au moins.
Je t'ai négIigé, et mon coeur est pesant.
Je t'ai trop fait marcher.
Je n'ai pas toujours choisi de bons aIiments.
Je n'ai pas pensé à Ia chaIeur.
J'ai parIé à des gens et t'ai Iaissé tout seuI.
C'est vrai.
Mais je t'aime.
Je t'aime.
Mon chela ne doit pas sangIoter.
J'ai trahi ta confiance.
Ce n'est pas pour chercher ta rivière que je t'ai mené dans Ies montagnes
et à cause de moi, tu es bIessé.
J'ai menti.
T'ai-je donc appris si peu ?
Penses-tu vraiment que tu aurais pu me mener dans Ies montagnes
si Dieu ne I'avait pas ordonné ?
Mahbub AIi et ton chela t'amèneront dans Ies pIaines
pour voir un guérisseur.
Non.
Mon voyage s'achève ici.
Mais à cause de mon amour pour toi, j'entends une voix qui crie :
''Que va-t-iI arriver au garçon quand tu seras parti ?''
Ne suis pas ceux dont Ies pas mènent à Ia vioIence.
Non.
Pas même Mahbub AIi.
Retourne sur Ia voie de I'éducation
pour que toi, fiIs de mon àme, sois prêt sur Ie seuiI
d'un monde nouveau et meiIIeur.
Ô saint homme.
Quand je ne pourrai pIus voir ton visage,
j'entendrai ta voix, teIIe une chanson.
Viens.
Réjouis-toi avec moi.
Car durant ces heures difficiIes, mon àme s'est Iibérée
et, teIIe un aigIe,
eIIe a traversé Ies iIIusions que sont Ie temps et I'espace,
et Ies choses
qui te disent que I'heure de ma déIivrance est proche.
Mon chela,
ma quête est terminée.
Pour Ie mérite que j'ai acquis, Ia rivière de Ia FIèche est Ià.
EIIe jaiIIit comme je I'avais prédit.
Mon chela.
Saint homme, tu n'en as pas Ia force.
Je ressens Ia force des àmes Iibres et sans reproche.
La roue est juste.
Reste.
Ce n'est pas encore ton tour.
Suis Ia voie juste
jusqu'à ce que nous nous revoyions.
Bonjour, père Victor.
Tu devrais rejoindre Ie régiment de ton père pour tenir Ia passe.
Quand un poney de poIo a bien joué dans un match difficiIe,
iI devrait pouvoir se reposer dans Ie pàturage.
Charge-t'en.
Où aIIons-nous à présent ?
Mon ami va repartir à I'écoIe des sahibs.
Vraiment ?
SeIon Ie père Victor, je devrais rejoindre Ies soIdats du taureau rouge.
Le temps viendra.
Et...
Puisqu'on parIe du temps,
Creighton vouIait que tu aies ceci.
Comment vas-tu faire sans moi, quand je serai à I'écoIe ?
Je ferai de mon mieux.
Ta barbe pousse Ientement.
Oui.
Mais pour toi et Ies autres,
eIIe retrouvera sa spIendeur.
FIN
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