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Zulu
———
Sonnerie de téléphone
———
———
———
Déclic du répondeur
*- Bonjour, vous êtes sur le répondeur de Marcel Leroy et son fils Christophe.
Laissez un message après le bip. Bip
*- Bonjour monsieur, c'est Sandrine, une amie...
Enfin, une bonne amie de votre fils.
Et j'avais une question peut-être un peu…
Indiscrète.
Vous savez s'il est du genre Ă coucher le premier soir
parce que je me suis fait épiler et… *- Non !
Raccroche !
Bip
Musique douce
Bip
*- Christophe, c'est Sandrine.
J'avais rien Ă dire,
à part que…
Je t'aime.
Et si tu réponds pas dans les 10 minutes,
je me tire une balle.
Je t'embrasse.
*- Sandrine, c'est Christophe.
Je suis si heureux qu'on vive ensemble, ça va être génial.
Si tu veux virer le poster de Rocky 3, tu me dis.
Y a une surprise dans l'appart.
Vu que j'arrive pas Ă te faire d'enfant,
pardon, c'est pas une bonne vanne.
C'est très mauvais. Comment on efface ?
Bip
*- Christophe, j'ai eu ton père. Il veut bien nous aider.
En plus de mes parents, on peut peut-ĂŞtre avoir le prĂŞt.
J'aurai pas Ă branler le mec de chez Orpi.
C'est quand mĂŞme une bonne nouvelle.
Bip
Christophe, j'ai réfléchi.
Je comprends la symbolique sur Lenorman,
notre 1er baiser,
mais un petit Gérard, il va se faire tabasser à l'école.
Même moi, un enfant qui s'appelle Gérard, je vais vouloir le taper.
———
Voilà les 300 balles de jouets qu'on a claqués pour Noël.
Et ça, c'est Bastien
qui joue avec des cuillères en bois depuis 45 minutes.
Ouais, Christophe.
Tu pourras prendre les petits pots pour LoreleĂŻ ?
On en a plus.
Bip
J'aurai pas le temps, tu pourras racheter du PQ ?
*- C'est le père Noël !
*- C'est quoi ?
*- Le père Noël a les mêmes chaussures que papa.
*- Christophe, y a Guizmo qui...
La vétérinaire a dit...
qu'il valait mieux le piquer.
Bon, les enfants font comme si de rien n'était
mais je sens qu'ils sont pas bien.
Bon, on aimerait t'attendre pour l'enterrer.
Bip
*- Je rentre tard ce soir.
S'il reste du poulet de ce midi, c'est cool.
Essaie d'expliquer Ă Bastien que parfois...
j'ai pas la tĂŞte Ă faire des trucs.
Je dis des choses que je pense pas.
Enfin bref, Ă ce soir.
Bip *- J'ai vu avec Bastien.
T'embĂŞte pas avec la rencontre parent-prof.
T'inquiète. Bip
J'ai eu un mail d'EDF. Ils sont obligés de changer notre compteur.
Apparemment, ils font ça partout.
Oui, merci.
Bip *- Oui, excuse-moi pour ce matin.
On est tous les deux claqués à cause du taf.
L'ambiance est pas dingue, mais…
Écoute, ça va le faire.
Désolé et à toute.
Bip
*- Ouais...
Christophe, je t'ai pas vu partir ce matin.
Et je...
je voulais te parler d'un truc.
Mais bon, on s'en parle tout Ă l'heure.
Soupir
- Ça va, maman ?
- Oui, non, je...
Je lisais juste un truc, c'est pour ça.
Bon, les enfants...
Vous ĂŞtes grands, maintenant.
Et...
Comment vous réagiriez si...
Imaginons. On imagine…
Si je vous disais que...
que j'avais besoin...
Oui, que je sentais le besoin de...
de me séparer...
de votre papa ?
- Tu veux quitter papa ?
- Non, je sais pas, mais…
Enfin, si ça se faisait,
est-ce que vous m'en voudriez ?
- Moi, je me casse bientĂ´t Ă la fac, donc...
C'est toi qui vois, quoi.
- Mais... tu nous demandes l'autorisation ?
- Non, non, non.
Si je le fais, c'est OK ?
- Ben oui.
Oui, oui. - Ouais.
- On peut se prendre dans les bras ?
- Bah oui.
- C'est quoi ce jeu que t'as ?
T'as pas l'âge pour un truc comme ça.
- Que s'est-il passé ?
- J'en sais rien, c'est pour ça que je la ramène.
Il a fait du bruit sur l'autoroute.
Je prends plus d'automatique.
- Mais c'est pas une automatique.
- Vous êtes sûr ?
- Ah oui, oui. Pas mal sûr.
L'odeur de brûlé m'a aiguillé. Vous avez pas passé de vitesse.
- Pas une seule fois. - VoilĂ .
- D'où la boîte automatique. J'aime pas les passer.
- Mais la voiture, elle aime bien. Surtout une manuelle.
- Oh la con! - Je vous le fais pas dire.
- Comment ?
- Regarde, t'as lu ?
- "Toi qui montes sur le trĂ´ne,
"n'oublie pas d'utiliser le sceptre."
- Mon fils a trouvé ça. Ça me fait rire.
- Bien sûr, c'est drôle.
Très drôle.
- On fait une photo ?
- Ouais.
- T'as qu'Ă te mettre en paysage-
- S'il y a la grimace en plus… - Ouais.
Vibreur
- Tiens, c'est... ton ex-femme.
- Oh.
Pas de problème.
Ouais ?
Non, mais…
C'était pour dire bonjour.
Attends, attends.
Ce weekend, j'avais pas prévu.
D'accord. Si ça t'arrange, pas de souci.
Sinon, ça va ?
Ça coupe. C'est bizarre.
Musique douce
———
- C'est rien, t'inquiète.
———
-Ah!
Forcément, avec votre budget...
si vous voulez faire des activités tous les jours,
je vous proposerais
de partir sur Bali.
- On veut pas suivre un emploi du temps super précis.
C'est l'ambiance générale du pays qui nous branche.
- Vous seriez plus Bali ou Tel-Aviv ?
- Moi, mon avis...
- Ça peut être ailleurs, on n'est pas fermés.
- Si vous avez fait…
Une destination avec votre mari...
un peu exotique.
- Moi, le...
le plus exotique qu'on a fait,
c'est...
le Futuroscope.
C'est à 19 minutes de Poitiers. Et…
Mon mari aime bien.
Et on y va régulièrement.
Y a une attraction oĂą...
on traverse la Vienne.
(- La vache...)
- Avec des sièges qui bougent dans un cinéma.
C'est très bien fait.
Et...
Question budget, vous êtes très, très, très larges.
- C'est bien, ça.
- Petit coup de cafard de mon côté.
Elle me brise le cœur. On l'emmène avec nous ?
- Pardon ? - Je sais pas.
- Je pleure pas. VoilĂ , on continue.
- Si, vous avez le nez... - Quoi, le nez ?
- Il est bien, le nez. Il est bien.
- Sandrine.
Prenez votre pause. Pascaline prend le relais.
- Non, mais merde ! Reste assise.
Je vais prendre ma pause. - Super.
- Un petit break. - Soufflez.
On fait quoi ? On reste assis ?
- Pardon, Pascaline.
- Non, ça va.
- En fait, ça me soûle, t'es pas clair.
Tu veux qu'on continue ? Qu'on arrĂŞte ?
On sait jamais ce qu'il y a dans ta tĂŞte.
T'as rien Ă dire ?
- Non, je sais pas.
- Ça t'rend triste ? Ça t'énerve ?
- J'en sais rien. - Dis-moi.
- On s'en fout, ça sert à rien de parler.
- Bien sûr, ça sert à rien de parler.
- Attends, Melha, c'est juste... - C'est bon.
- Il s'est fait larguer!
- Cours, toi ! Ferme ta gueule.
Tonalité
- Merci.
Pardon.
Pardon, pardon.
- Sandrine.
Crises de larmes, montées de colère…
Y a un rouleau de PQ à côté de votre ordi.
- C'est vrai, c'est pas hyper chic. Désolée.
- Faut partir ce weekend.
- Que je parte ? Comment ça ? - Vous savez,
j'ai lu des bouquins de management.
Des gros, en plus. 200 pages, petits caractères.
Vous faites,
attention, c'est pas une maladie,
un burn-out.
- Moi, j'adore mon boulot.
MĂŞme si j'ai dit merde Ă Pascaline,
je l'apprécie beaucoup, y a pas de souci.
- Un burn-out, ça n'arrive pas qu'au travail.
Votre vie privée me regarde pas,
mais faut faire le point. Prenez l'air.
Vous savez...
J'ai pas eu un mariage très heureux.
On n'arrivait plus Ă communiquer. J'ai pris 28 kilos.
J'ai arrêté la natation.
Niveau départemental.
- Ah oui, quand mĂŞme.
Et un matin, j'ai été percuté par un scooter.
Heureusement que j'avais pris 28 kg, j'y serais resté.
Ça a été un électrochoc.
J'ai demandé le divorce et regardez-moi.
La pĂŞche,
même si ça saigne encore quand je pisse.
Ce que je veux dire,
c'est que si vous voulez, j'ai une maison de campagne.
On y sera ce weekend avec des amis.
Évidemment, y a plusieurs chambres. N'imaginez rien.
- C'est très gentil, merci.
- Allez.
Elle sanglote.
- Je pleure pas.
- Non, non, j'ai rien dit.
- T'as la bouffe du poisson ?
- C'était pas sur la liste, si ?
- Non, mais je t'ai laissé un message.
- C'était pas sur la liste.
Envoie-moi des SMS, j'écoute pas mon répondeur.
- Au minimum, tu pourrais rappeler.
On se sent ignorée, c'est pas agréable.
-HĂ©!
Regarde ce bijou de technologie. Des pouces.
- C'est bon.
On a la vanne, elle est super marrante.
- Hésite pas à tirer plus la gueule.
- Je fais pas la gueule.
T'es chiant avec tes pouces.
- C'est Ă cette heure que t'arrives ?
- J'étais chez papy. - Il pouvait pas appeler ?
- T'écoutes pas tes messages.
- On parle d'autre chose ?
- Vous allez arrêter de m'emmerder avec mon répondeur ?
- Pas nous répondre ou pas écouter tes messages,
c'est manquer de respect.
- Vous m'écoutez pas. - De respect ?
HĂ©, oh !
J'ai pas lancé d'assiette.
- T'as raison, Christophe.
Je suis super chanceuse. Merci beaucoup.
- Je suis radicalisée. Je pars en Syrie.
- Deux secondes. On s'engueule tous les 2 jours.
C'est ça, le concept ? J'écoute pas mon répondeur.
On s'en fout, on arrĂŞte d'en parler.
- Non. - Je peux manger dans ma chambre ?
- Oui. - Non.
Non ! C'est pas un hĂ´tel, ici.
- J'ai planté le prof d'EPS.
- On peut parler de l'école après ?
- Ça sert à rien d'être là , c'est relou.
- Il a raison.
- Il a raison ? Il dit qu'on est relous.
- Oui, on est relous.
- Écoutez-moi ! J'ai dit : "C'est relou !"
- Je vais prendre l'air.
Soupir
6 h demain matin, ça pique. T'as mis un réveil ?
- Non, Virgil me laisse mon weekend.
- Quel mange-merde, celui-lĂ .
- Christophe.
Faut que je te parle.
- Si c'est pour tout à l'heure, désolé.
Je me suis énervé.
- Viens t'asseoir. Il faut qu'on ait une discussion.
- Non.
- Comment ça ?
- Non, non, non.
- Il faut qu'on parle.
- Non, non. On est fatigués.
Faut pas qu'on parle. Faut qu'on se repose.
- T'as pas le droit de dire non.
Tu peux pas décider comme ça.
- Tu décides pas, toi, peut-être ? Si. Donc voilà .
- Bon, écoute… Y a pas de bonne façon de le dire.
Y a des sentiments qui se sont essoufflés et…
Des très beaux sentiments. Très bien.
Mais bon…
- Tu veux me quitter ?
- Oui.
Dit comme ça, ça sonne atroce, mais…
Je crois que je suis plus amoureuse.
- Ça aussi, ça sonne atroce !
C'est très définitif.
Faut qu'on en discute.
- Ça, oui. Je suis pour ça. Pour discuter.
- T'as rencontré quelqu'un ?
- Non, pas du tout.
Mais ça fait des mois que je me pose mille questions.
- Tu t'es pas dit : "Je vais en parler Ă mon mari."
J'ai peut-être pas les mille réponses…
- Je t'en ai parlé. Tu m'as dit que ça allait changer
et y a rien qui change.
- T'es égoïste. Tu le sais ?
- Je veux pas qu'on se déteste.
- Non, pas toutes ces phrases.
Genre "C'est pas toi, c'est moi“...
- Ben non, c'est toi.
- Hein ? - C'est normal.
Ça fait 20 ans…
- C'est Ă cause de l'autre con.
- Je vois pas de qui tu parles.
- Ton patron. Depuis son divorce, il la ramène.
"Je me sens tellement libre depuis mon divorce."
- Il parle pas comme ça.
- S'il croit que je le vois pas faire…
- Écoute, ça n'a rien à voir.
J'arrive au bout, c'est tout. Les enfants...
- Putain, les enfants.
C'est toi qui leur annonces. T'assumes.
- Ils sont déjà au courant.
Ils me soutiennent dans ma décision.
- Tu te fous de ma gueule ?
Réunion de famille au salon.
C'est quoi ? - Ma brossette interdentaire.
- T'as ça, toi ? - Ben oui.
- Personne me dit rien ici !
Bastien, on t'attend en bas !
Bon...
Votre mère m'a dit...
que vous étiez au courant pour cette idée….
De séparation.
Et que vous la souteniez
dans sa décision.
C'est vrai ?
- Ça peut pas attendre demain ?
- Je veux qu'ils sachent ce que ça implique.
Ça veut dire... Regardez-moi.
Ça veut dire...
plus de famille.
- Plus de famille ?
Dis-leur carrément que je vais les vendre.
- C'est marrant, ça.
Puis c'est le moment.
Les enfants.
La porte se referme.
- On pourrait se prendre dans les bras, non ?
- Non, je ris pas, non.
Mais t'es pas censée me répéter tout ce que tu dis à ton psy.
C'est très intime, maman.
Je te laisse, mon pote Christophe est arrivé.
Ouais, le Christophe. Le seul, l'unique.
Binouze ? -Nom
-Non ? - Non, merci.
Merci, je savais pas oĂą aller.
- ArrĂŞte, y a pas de souc'.
Ça tombe bien, j'ai pas mon fils. Faut s'entraider.
Le divorce, c'est tout un truc.
- Alors...
elle a pas demandé le divorce.
Concrètement, elle ajuste un doute.
- 46 ans, tu doutes plus.
- T'as compris... - Y a rien Ă faire.
Je sais de quoi je parle.
Les nanas, y a un moment,
il faut qu'elles changent d'air, tu vois ?
Tu pourras faire tous les efforts que tu veux,
rien la fera changer d'avis. Sauf ses gosses.
Et encore. En fait, son problème,
fondamental, avec toi,
c'est toi.
- T'es pas très fort pour remonter le moral. C'est pas ton truc.
- Attends, je t'ai pas parlé du kif.
Il y a un kif dans le célibat.
J'ai retrouvé mon indépendance. Ma liberté.
Minuit et demi, je bois une bière.
Bon délire ou pas ?
- Oui... - Et mon fils, c'est devenu mon pote.
Je lui ai acheté son matos pour son Twitch.
C'est le paradis pour lui.
Regarde ce qu'on a fait le mois dernier.
Le Puy du Fou.
Souvenir de dingue.
Par contre, un elfe a tenté de me bouffer la gueule le soir.
Mais à part ça, énorme.
- Et quand des nanas viennent, elles ont pas un peu…
- Les nanas ? - Quoi ?
- C'est fini. C'est plus de notre âge.
- Tu crois ? - Ouais, bien sûr.
Parce que…
Elles sont…
Flemme.
- Ah.
- Moi, c'était Corinne. Voilà .
C'est pas grave, c'est fini.
VoilĂ , c'est tout.
On fait un peu de gaming ?
- Dis, ça te...
ça te vexe si je reste pas, finalement ?
- Ben non, y a pas de souc'.
Mais attends,
retourne pas chez toi.
Faut que tu te respectes. - C'est bon.
Les conseils, j'en ai eu assez.
- Qu'est-ce que j'ai dit ?
Musique douce
———
- Allô ? Oui, Marcel ? Il t'a appelé ? T'as des nouvelles ?
*- Ma chérie, je te l'aurais dit.
Pourquoi il m'aurait appelé ?
- Je sais pas, t'es son père.
Ça me paraissait pas illogique.
- Dis Ă papy que je passe demain
lui installer une appli pour le bridge.
- T'as un sens des priorités.
*- Dis-lui qu’il a pas le feu.
Quand vous retrouverez Christophe,
l'important, surtout, c'est le dialogue.
* Le dialogue.
Et dis-lui de s'occuper des poissons.
Ça va le relaxer. Klaxon
- Ouais, il s'en occupe. T'inquiète.
- Maman ? Y a papa qui est revenu
avec un gros 4x4 de beauf.
- Attends, je te rappelle.
Klaxon
———
———
- Bonjour.
Chère famille,
je voulais m'excuser.
- T'as dormi oĂą ? - Dans la rue ?
- C'est mignon de vous inquiéter,
mais ça va, merci.
J'ai réfléchi toute la nuit. - Merde.
- Non, pas "merde“, justement.
J'ai compris que...
c'est toi qui as raison.
- Comment ça ?
- Notre travail, vos études,
tout ça, ça nous a éloignés.
- Y a pas que ça. -Nom
Mais y a beaucoup ça, je pense.
On se parle plus Ă table.
Vous voulez remonter vite.
C'était pas comme ça avant.
Il y a quelque chose à réactiver.
- Je vois où tu veux en venir, vraiment, mais…
les enfants sont grands.
T'as pas peur qu'il soit trop tard ? - Peut-ĂŞtre.
J'en sais rien, mais j'ai eu une idée.
Dans 20 minutes,
on va prendre ce merveilleux carrosse
et je vous emmène pour un weekend de 3 jours.
Tous ensemble.
- Pas encore le Futuroscope.
- Pas du tout.
Je vous ai préparé un merveilleux voyage
à travers les moments-clés de la famille Leroy.
Des surprises.
Pour qu'on se remémore
Ă quel point cette famille est...
est belle.
Si Ă la fin de ces 3 jours,
tu n'as pas changé d'avis, j'accepterai ton choix.
Je signerai les papiers du divorce.
- C'est une bonne idée ?
- C'est une idée. Pour t'aider à faire le point.
Faut pas attendre.
Si au bout de 3 jours, t'as pas changé d'avis,
au moins, on aura passé un dernier weekend ensemble.
- Mais t'as prévu quoi ?
- Ça, c'est la surprise.
- Tu vois, ça, je déteste.
- Pourquoi ? T'aimais les surprises, avant.
Dis des mots.
- Ça dépend des fois.
Des fois, c'était bien. Des fois... C'était raté.
- Laisse-moi te prouver que je reste l'homme que t'aimes.
Trois jours, c'est pas grand-chose.
S'il vous plaît.
Laisse, laisse. Merci.
Bastien, LoreleĂŻ, vous venez ?
LoreleĂŻ !
Bastien !
Bastien, merde ! - Putain !
Il s'impatiente.
- Dégage !
Sars !
Frappez, putain !
Putain, mais sincèrement !
- Bastien, réflexe !
Tu peux ramasser les clés ?
- J'en fais quoi ?
- Une clé ?
À côté du volant, y a un trou.
Tu la glisses dedans, tu tournes et...
- Ça va, c'est bon, j'ai compris.
- Je suis pas sûre. Il a même pas son permis.
- Il a son code, c'est pareil.
- Non, c'est pas pareil. Y a le code et le permis.
C'est deux trucs différents.
- T'as combien d'heures de conduite ?
- Euh... Trois.
- C'est pas énorme, trois. - Je confirme. C'est pas assez.
- Il va conduire dans l'allée.
Pour qu'il voie ce que ça fait.
(- Je m'en branle.)
Vrombissement - T'entends ? C'est incroyable, hein ?
- C'est quoi, ce 4x4 ?
- Sandrine, explique-lui.
- Que j'explique quoi ? - Ben le 4x4.
- Qu'est-ce que tu veux que je dise ?
- Ce 4x4, c'est une relique.
Le premier arrivé à l'agence. Oh, putain !
Stop ! ArrĂŞte.
R ! - Je suis sur R!
- Recule ! - Ça recule pas, ta merde.
- Trois heures, c'est pas assez. - Recule !
Musique douce
———
- On laisse pas la connerie de Bastien gâcher le weekend.
- T'as dit quoi à l'école ?
Bastien, sécher à deux mois du bac, c'est moyen.
- T'inquiète, j'ai géré.
J'ai dit que papy Marcel était mort.
- C'est quoi, cette excuse ?
- Quoi ?
Fallait un truc qui marche pour les deux.
Ils s'en foutent, c'est un vieux.
Ayez l'air triste si on vous en parle.
- C'est bien, c'est pas glauque comme excuse.
- J'ai improvisé.
- Rassure-moi, tout le weekend est pas Ă ce niveau ?
Musique douce
———
Allez-y, je vais mettre l'essence. - OK.
Soupir
- Putain !
Fait chier !
- Ça va ?
- Ouais.
- Non, ça va pas. Je te connais.
- T'es très proche de moi, déjà .
- T'aimes pas cette idée de weekend ?
- Non, c'est pas ça, mais…
Ça va être cool, je dis pas, mais…
Je me dis, si tu voulais faire un truc de ouf,
t'aurais pu nous amener...
en Italie... Ailleurs qu'ici.
Dans un endroit cool.
- Je comprends pas.
On n'a pas de souvenirs en Italie.
- Ah, putain !
Je vais Ă la machine.
Tu veux un café ?
- J'ai 16 ans, maman.
- Et ? À 16 ans, je buvais du café.
- Moi, je bois pas de café. Je sais pas…
C'est amer. C'est trop bizarre de faire ça.
Je suis pas une ado gothique.
- C'est pas car tu bois un café que d'un coup,
tu vas te taillader les veines.
Les filles de ton âge se teignent les cheveux en vert,
portent des bobs en k-way,
mettent des lentilles pour avoir des yeux de chat.
Elles profitent.
- Tu veux que j'aie des yeux de chat ?
- Mais non...
je dis juste que ça passe vite, alors...
profite. Souris Ă la vie.
- Comme ça ?
- Oui, comme ça.
Vrombissement
- Bonjour.
Musique entraînante
- Mais il est défoncé ! - C'est bon.
- T'en prends pas soin. Comme tes dents.
- Pourquoi tu parles de ça ? - Non, mais…
Il faut pas que ça te complexe, t'es super jolie. Hein ?
Elle est super jolie. - Bien sûr, très jolie.
- C'est bon.
- Faut savoir, tu veux qu'on dise que t'es jolie ou pas ?
- C'est bon, stop ! Putain !
- Ça va. - C'est relou.
Vraiment ! - OK, OK.
- Bon, j'en profite que l'ambiance soit au top
pour VOUS annoncer
qu'on se dirige vers le 1er arrêt de notre périple.
- Et l'aire d'autoroute ?
- Techniquement, elle a raison.
- Mais lĂ , c'est pas techniquement.
Bastien, ton téléphone, c'est chiant. Tu m'écoutes ?
- Bastien, ton père te parle.
- Je finis un truc important. - Bastien !
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
- On se dirige vers le 1er arrêt de notre périple.
- Techniquement, y a eu l'aire.
- C'est pas techniquement.
- Bon, Sandrine. Tu peux ouvrir la boîte à gants ?
- Y a quoi dedans ?
- Un flingue.
Arrête de poser des questions, tu gâches la surprise.
- Ça fait un peu lettre de preneur d'otages, non ?
Y a un peu de ça.
- C'est drôle, ça. Puis ça fait pas mal.
- Ça va, c'est une vanne.
"Ma…
"Ma chérie,
"notre prochain arrĂŞt est tout petit.
"Au 3e étage, le sol fait de carrelage,
"il sentait la friture
"alors ça, ça, c'est sûr."
- J'ai galéré avec la rime en -ure.
- Ça se sent à peine.
"Je te donne rendez-vous
"au 43 rue du Carouge ."
- Y a quoi, lĂ ?
- Notre premier chez-nous.
Sonnette
*- C'est qui ?
- Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai habité ici.
*- Papa ? C'est toi ?
- Il doit y avoir un malentendu.
*- D'où t'oses revenir comme ça ? Je descends.
- Attendez, pas la peine...
Il doit y avoir un bouton avec une clé.
Vous appuyez, on est bons. Il raccroche.
Sonnette
M. Sanchez ?
- On fait demi-tour ? - Il va te péter la gueule ?
- C'est un quiproquo. Putain, il a un marteau !
- T'es pas mon père.
- C'est ce que je disais.
- HĂ©...
- Ça va ?
- Non, ça va, c'est...
Mon père s'appelle Christophe aussi. Je pensais qu'il revenait.
Non. Je pleure pas.
Je pleure pas. Je pleure pas. -HĂ©!
Doucement.
Ça va.
Vous avez le droit de pleurer.
- Peut-ĂŞtre pas devant nous. Je dis, on monte ?
- Mon père... - Il a pas fini.
- ...s'est barré avec une meuf d'Auxerre.
Une infirmière qui aide les vieux.
- Oui.
- Une pute, quoi.
- D'accord.
- Je lui ai dit, à ma mère. "Maman...
"S'il repasse, on l'encule."
Vous voyez ?
- Oui. Oui, oui, je vois.
- Ça me rend ouf. Je suis pas violent.
- Non. On pense pas ça du tout.
Hein ? On pense pas ça.
- NON, NON. - Vous voyez ?
- Abandonner sa famille comme ça... ça se fait pas.
Moi, je fais la part des choses.
Mais des gosses deviennent dingues.
- Oui.
Oui, ça peut arriver.
- Excusez-moi. Pardon.
Vous pourriez nous ouvrir ?
Votre appartement, on y a habité pendant des années.
On aimerait le revoir.
- Bonjour. - Bonjour.
Allez-y, entrez.
- Merci. - Bonjour.
- Bonjour.
- Bonjour.
- Merci.
Désolée. On habitait ici y a 20 ans.
- D'accord. Allez-y.
- C'est gris.
Enfin, c'est...
c'est très joli.
- En fait, vous avez tout pété. C'est grand.
- Oui, on a acheté l'appartement d'à -côté,
vu que Jason est pas…
Pressé de partir.
- Non, pas pressé.
- Faites comme chez vous.
Ça doit faire drôle ?
- Oui. Oui.
Ça fait drôle.
”Les misérables” (Les Porte-mentaux)
———
- Papa ?
Papa ?
Oh, papa !
- En rénovant, vous avez pas trouvé une enveloppe
avec un cœur dessus ?
- Je me souviens plus.
- Évidemment, c'était y a 20 ans. Elle l'a jetée.
- C'était derrière le lave-vaisselle. - Il est en route.
On vous a laissé regarder,
vous avez même pas enlevé vos pompes.
Donc abusez pas.
- Si je tire doucement ? Imaginez...
- J'imagine rien. J'ai pas d'imagination. Rien Ă foutre.
Vous me poussez dans mes retranchements.
Ça y est, j'y suis. - Non, ça va.
- J'ai les deux pieds dedans.
- Vous énervez pas. - Je peux être violent.
- Deux secondes.
- Votre mec lâche jamais ?
- Oui, c'est son style.
Froissement De l'eau coule.
- Elle y est pas.
Au revoir Jason. Au revoir, maman de Jason.
On y va!
On a un horaire. - Au revoir.
- Bonne journée !
Et encore merci.
Belle déco.
De l'eau coule.
———
Musique intrigante
———
- Je vais les tuer.
Bris de verre
Il démarre.
- Ça va.
Musique rock
———
- Des dizaines de milliers d'hĂ´tels dans le monde.
C'est celui-lĂ qui a retenu ton attention.
- C'est vrai, cela dit,
ça explique pourquoi y avait pas de photo.
J'ai tapé "best hôtel".
J'ai cru que ça allait être le best. Meilleur hôtel.
- Oui.
Dans les Formule 1, Schumacher sert le petit-déj.
- Bon, je vais aller garer la voiture.
Au parking.
- Papa est taré, mais maman est pas mal.
Elle m'a écrit : "Aimerez-vous encore votre mère si on divorce ?"
Avec 3 émojis qui pleurent de rire.
Elle a dû mélanger.
- Elle me l'a pas envoyé.
Elle l'a envoyé qu'à toi. - Elle a pas dû voir.
- Elle aurait pu me l'envoyer.
Faire un groupe avec nous.
- C'est pour nous, soûle pas.
- Désolée, c'est pas pareil. Demande pourquoi.
- Stop ! J'ai déjà trop de choses à gérer.
- Gérer quoi ? Dans 2 mois, tu te casses à la fac.
Tu me laisses avec les deux...
- Putain !
Vibreur
Ça t'embête pas si on sépare les lits ?
- Ah bah... non, je comprends.
- Tu m'aides pas ? -Nom
Il est lourd, ce lit.
- Y a pas que lui.
- Je sais pas quoi lui dire.
Si je like son message, ça va ?
- Ben non.
Tu lui mets un truc simple.
“Évidemment qu'on t'aimera toujours. Ne t'inquiète pas."
- Aimer ? - Oui.
- Aimer, c'est un peu beaucoup.
Elle le sait, quoi.
- Elle demande, c'est qu'elle a besoin d'être rassurée.
Moi, par exemple, j'avais...
j'avais une pote,
on l'aimait bien et tout,
comme on lui disait pas, elle était pas sûre.
Tu sais, c'est Myriam. Une brune.
Elle existe. - T'inquiète, je te crois.
On frappe Ă la porte.
- Bah vous venez ?
Musique techno
- Ce road-trip nous permet de voyager
à travers les moments-clés de la famille.
Le banc où j'ai demandé votre mère en mariage.
C'était en 2004.
J'avais écrit ma demande sur le banc.
Mais alors, lequel ?
- Je suce au 06.76...
C'est pas toi.
- Vous avez fait tous les délires romantiques clichés.
- Genre l'enveloppe avec le cœur.
- Quand on a commencé à flirter,
même quand on a emménagé ensemble, on s'écrivait.
- Vous vous écriviez des lettres ?
- Ouais.
- C'est peut-ĂŞtre niais,
mais à l'époque, ça faisait plaisir.
Ça faisait plaisir de les recevoir et de les écrire.
C'était mignon.
- Parce qu'à l'oral, j'étais nul.
Mais à l'écrit, j'avais un petit niveau.
Quoi ? - Bah, n'importe quoi !
- J'avais pas un petit niveau ?
- Les trois quarts, c'était des métaphores piquées
à Jacques Brel, Bashung, tout ça.
Il mélangeait ça avec des trucs à lui…
Qui étaient moins...
- Moins bons que Jacques Brel ? Pardon.
- Ouais, moins bien.
Mais bon, c'était tous les jours.
Une heure pour s'écrire qu'on s'aimait.
Ça, c'était quand même chouette.
Mais c'est pas le truc le plus fou.
- C'était quoi ?
- Faut savoir que votre père, pour me séduire,
m'avait dit qu'il avait percé dans la musique.
Je vendais des disques, il pensait que ça plairait.
Il venait Ă la boutique tous les jours. Un jour,
il me dit qu'il gère la tournée
de Michel Sardou.
- Le chanteur ?
- Michel Sardou le chanteur, oui.
Un truc qui a aucun sens. J'ai jamais écouté Sardou.
Bref,
pour me montrer qu'il avait réussi,
et qu'il avait des tunes grâce à Michel Sardou,
il faisait passer son père, votre grand-père,
pour son chauffeur privé.
- Sérieux ?
- Votre mère, avant moi, avait un mec avec une grosse moto.
Pour ĂŞtre au niveau, j'ai fait croire
que j'avais un chauffeur.
- J'avais capté que c'était du mythe.
- Non ! Le premier jour, rien du tout. - Évidemment !
- Pendant 2 mois, t'es restée…
- Mais arrĂŞte !
Ă€ Dijon, un chauffeur, je suis pas conne.
- Je faisais la tournée de Sardou.
- Je voulais voir le temps que ça durerait.
C'est pour ça. - Et alors ?
- 6 mois. - Non, 5 mois et demi.
- 6 mois. - La tournée de "Femme des années 80".
Et ça a duré 5 mois. Vibreur
Un problème ?
- Non, un truc chiant.
Je reviens.
AllĂ´ ?
- Dites, les enfants...
Si votre mère avait une liaison avec un gars...
vous me le diriez ?
- Papa, tu te fais des films.
Maman cache rien. Elle pose l'écran vers le haut.
- C'est une règle ?
- Quand tu poses ton téléphone comme ça,
lĂ ouais, tu caches des trucs.
Sauf que maman, elle le pose jamais comme ça.
Elle a mĂŞme pas de code.
- Dis, tu commences à t'y connaître en meufs.
- S'il te plaît, arrête.
- J'ai fait ce que tu m'as dit quand on était aux toilettes.
J'ai réservé 2 billets pour l'Italie le mois prochain.
- Attends, quoi ?
- Le prenez pas pour vous.
On a aussi besoin de se retrouver Ă deux.
- Imagine le weekend se passe pas comme prévu ?
- Si elle te largue ?
- Vous voulez pas me soutenir de temps en temps ?
Que j'évite de me tailler les veines.
- Non, mais ouais, t'as raison.
C'est pas con, c'est... une bonne idée.
- C'est celui-lĂ !
Musique douce
———
- Franchement, c'est méga ringard.
- C'est combien, la caricature ?
- 20 euros.
- Ah ouais, non merci.
- Pourquoi ?
(- Christophe, c'est cher.)
(- Pour le souvenir.) (- Ça va finir à la poubelle.)
- Je vous entends.
Je suis à côté.
- Ça va, elle a été surprise.
On voudrait un dessin de nous quatre.
- Alors c'est 80 euros.
- 80 euros ? Vous ĂŞtes Banksy ou quoi ?
- Ça va, je vais les mettre.
- Tu vas pas mettre 80 euros.
- De une, peut-ĂŞtre que je suis Banksy.
De deux, vivre de sa passion
avec des gens qui ont ce ton agressif, c'est dur.
- Je suis pas agressive.
Je dis juste que vos prix...
- Au temps pour moi.
Vous avez une voix calme.
Pas désagréable. Mais le ton est agressif.
- C'est vous qui ĂŞtes trop sensible.
J'ai un ton super calme.
- Agressif.
Comme votre silence.
- Vous vous foutez de moi ?
- Bon allez, on se fait un petit dessin...
Et c'est tout.
- Un dessin...
Une caricature, monsieur.
Une cloche sonne.
———
C'est bon.
Vous pouvez venir.
- Qu'est-ce que c'est que ces dents ?
- Ben... elle a des dents un peu…
Visibles. Je suis caricaturiste.
- Qu'est-ce qu'il a ? - Rien.
Tu peux venir voir, Christophe ?
- Oh, la vache.
Ah, c'est... C'est très vénère, là .
On dirait de la propagande nazie. - C'est ça.
- Oh, oh, molle !
La comparaison est dure.
- Vous m'avez fait des griffes ?
Rires - Oui.
Oh...
Un peu d'humour, non ?
- Je vous ai payé.
Vous pourriez pas nous faire quelque chose
avec moins d'initiative comique ?
- Pardon ?
Vous n'avez pas Ă dicter mon art.
Je fais de la résistance.
Des gens se sont fait tirer dessus pour faire de la caricature.
- Tu te compares vraiment Ă ce que je crois ?
- On se tutoie ?
Respectez mon métier.
- Le melon ! Respectez mon métier...
Tu fais des grosses oreilles,
des grosses dents Ă des gros cons de touristes. Calmos.
- Les gros cons de touristes comme vous ?
- Tu m'as traitée de grosse conne ?
- J'ai repris vos mots.
- Si, tu m'as traitée de grosse conne.
- T'as traité ma femme de grosse conne.
- Je crois.
- Elle s'est auto-traitée.
Je soulignais l'absurdité de la situation.
Ce qui fait partie de ma profession. Ça vous passe au-dessus.
- Comme tout.
”La marche en avant” (Michel Sardou)
———
Soumets-toi. - Soumets-toi, toi.
Soumets-toi, toi !
———
- Oh, putain !
- Ça va, maman ?
- Ouais, ça va.
HĂ©...
ça vous embête si on dîne que tous les deux avec votre père ?
C'est important pour lui.
- Oui, t'inquiète.
- T'as pas répondu à mon SMS.
- Ouais, je suis désolé…
Je savais pas quoi dire. C'est too much.
- Dès qu'on dit qu'on a des sentiments,
on est too much, dans cette famille.
Vous êtes comme votre père.
- Comment ça ?
- Vous pleurez jamais.
Quand mamie est partie, votre père a pas versé une larme.
Quand Guizmo est mort,
vous étiez bébés, vous auriez dû pleurer. Ben non.
Y avait que moi qui pleurais comme une conne.
En même temps, ça veut dire que vous êtes pas malheureux.
- Ouais...
Ouais, ouais, c'est ça...
Enfin nous, on va bien, t'inquiète.
Et il t'amène où, au resto ?
- Je sais pas.
J'espère que c'est pas un truc du genre...
là où on s'est mariés.
- On s'est mariés y a 20 ans dans ce resto.
C'est pas la même déco. Le propriétaire a changé ?
- Oui, c'était Daniel, avant.
Il est mort.
J'aime pas dire du mal, mais c'était un con.
C'est pour ça, sa femme l'a largué et lui...
il était triste, il a picolé, pris la voiture…
110 sur une départementale,
bim, platane !
- Au moins, il a pas souffert. - Si, il s'est vidé de son sang.
Ça a attiré les sangliers.
C'est comme les requins. S'il y a du sang, ils viennent...
Je vous passe les détails.
- C'est gentil. - Ils l'ont bouffé.
Alors, les menus.
Viens voir les petits menus
Pour bien se régaler
Aznavour.
Alors oui.
Le cabillaud, on en a plus.
Le tartare non plus.
Les fruits de mer, on a arrêté. Ils étaient dégueulasses.
Je rigole.
La tĂŞte qu'elle faisait...
Je plaisante.
Ils étaient pas top. Dangereux, même.
On a eu un contrôle, j'ai viré le cuistot.
Bref, je vous laisse choisir, les amoureux ?
D'accord ?
Pardon.
- Bon, je voulais te remercier d'avoir accepté ce dîner.
Parce que je sais que...
Toute cette idée te mettait pas à l'aise...
Merci.
- Plus j'y pense et plus je me dis
que c'était peut-être pas une si mauvaise idée.
-Ah bon ?
*- Quand il ne vit pas Ă la ferme
ou dans les films de John Wayne, le cheval vit en troupeau.
- En fait, les chevaux,
ils ont la bouche au bout du nez.
Tu trouves pas ?
Hein ?
T'écris à qui ?
- À Melha, mais ça va pas t'intéresser.
- Ben si, grave.
Vous ĂŞtes amoureux ?
- On n'est plus ensemble.
- Ah. Tu veux pas me dire ce qui s'est passé ?
- Ben en gros...
Elle m'a dit qu'elle partait Ă la fac de Bordeaux en septembre.
Sauf qu'on s'était promis d'aller à Paris.
Ça m'a soûlé. Je lui ai dit
d'aller Ă la fĂŞte de Sophie seule.
Vu qu'on allait être séparés, autant arrêter là .
- OK. Elle a répondu quoi ?
- Qu'on devait en parler.
Mais bon, je savais pas quoi dire...
et je lui ai dit que ça servait à rien.
- Pourquoi t'as dit ça ?
- J'en sais rien. Je suis un Leroy.
Vu que j'ai été nul…
Je vais lui écrire un texte.
Regarde, je bosse dessus depuis ce matin.
Pour lui montrer Ă quel point je la kiffe.
Sauf que j'ai appris que nos darons faisaient ça.
Je suis plus sûr de l'idée.
- Enfin, ils sont restés 20 ans ensemble.
- Ouais.
- C'est bien. T'écris bien.
- Cool, merci.
J'en peux plus de ton téléphone.
- Qu'est-ce que tu fous ?
- Je t'en paie un nouveau. - C'est super cher.
- C'est pas moi qui vais payer.
J'ai enregistré la carte de papa sur mon tel y a 2, 3 semaines.
J'ai acheté plein de trucs, il vérifie pas ses comptes.
- C'est au moins 700 balles.
- Non, plus que ça.
Il va pas faire les choses à moitié.
- Il me faisait très peur, ce weekend.
Et il me rassure, je crois.
- Comment ça ?
- Je sais pas…
Ça va peut-être te paraître bizarre, mais je sais pas…
C'était bien, aujourd'hui.
On est encore capables de passer des jolis moments.
C'est chouette.
Et du coup, je me disais que peut-ĂŞtre,
je sais pas…
On pourrait continuer Ă vivre ensemble.
Sans ĂŞtre en couple.
- Quoi ?
- Comme des colocataires.
Non, pas des colocataires.
C'est pas le bon mot...
Je m'exprime pas bien.
On se débrouille pas si mal,
on peut encore se parler.
- Oui, oui, jusque-lĂ ...
- Donc, mon départ pourrait être moins précipité.
MĂŞme si je t'aime plus comme une femme aime son mari,
t'as raison, on devrait faire attention aux enfants.
Continuer Ă vivre ensemble
jusqu'Ă ce que LoreleĂŻ parte Ă la fac.
Je pourrais m'installer dans la chambre de Bastien.
On serait comme une famille sous le mĂŞme toit,
mais…
- C'est pas ce que je te demande.
- Christophe.
- Non, mais fais pas semblant de pas comprendre.
Je te demande de donner une chance Ă notre couple.
- Donner une chance Ă la famille.
C'est pas pareil.
- La famille, c'est nous deux.
Y a pas de famille si tu m'aimes plus.
- J'aime le vin, tutu tutu
Alors, qui veut goûter ? - Moi.
C'est très bien, merci. - D'accord.
- Si je t'avais pas demandé d'avorter y a 5 ans,
t'aurais dit pareil ?
- Qu'est-ce...
Que veux-tu que je réponde ?
- Tu m'en veux de ne pas avoir voulu un 3e enfant ?
- Je t'en veux de pas essayer de comprendre.
Je t'en veux de…
De me balancer dans la gueule la famille
comme un prétexte, alors que…
- C'est reparti, allez.
C'est facile.
Tu pleures et je m'énerve. C'est moi, le méchant.
Mais si je m'énerve…
C'est parce que ça va pas non plus.
- Je veux pas vivre seule avec toi.
Sans les enfants.
Je vais pas ĂŞtre heureuse.
Moi, ce que je veux...
- Moi, moi, moi. Moi, je voulais un weekend.
C'est ce que j'avais demandé. Un weekend.
Dimanche soir, tu pouvais me dire ce que tu voulais.
C'était ça, le deal.
- Il va se passer quoi, demain ?
Tu vas nous faire visiter
la salle de ciné où tu m'as pelotée la première fois ? C'est ça ?
J'agis pas sur un coup de tĂŞte.
- Mais peut-ĂŞtre que si.
Faut que tu comprennes que peut-ĂŞtre que si.
T'as un nouveau mec ?
- Je t'ai déjà dit non.
- C'est ton connard de patron qui appelle ?
C'est pour ça que tu te caches ?
- Parle-moi sur un autre ton.
On tapote sur un micro.
- Bonsoir, messieurs.
Le micro, Fabrice !
Larsen
Soupir * Bonsoir, messieurs dames.
Merci d'avoir choisi le Smart.
Si je me permets de vous interrompre,
c'est parce que j'ai reçu un coup de fil.
J'ai dit : "C'est qui ?"
C'est un petit amoureux. Il me dit :
"Je me suis marié ici y a 20 ans."
J'aimerais faire une surprise
Ă ma petite femme. Exclamations du public
C'est beau, l'amour, non ?
OK.
Christophe, rejoins-moi. Applaudissements
Viens. On l'applaudit. - Non.
- C'est pas facile.
Applaudissements
C'est pas le stade de France, mais y a de l'ambiance.
- Vas-y, Christophe !
- Elle va avoir des étoiles dans les yeux.
”Voici les clés " (Gérard Lenorman)
———
- Voici les clés pour le cas où
Tu changerais d'avis
Ah, ah
À ta santé, à tes amours
Ă€ ta folie
Je vais tenir mes rĂŞves au chaud et le champagne au froid
Car je t'aime
Désolé !
Et n'oublie pas les 18 ans de Bastien
Voici les clés, ne les perds pas
Sur le pont des Soupirs
Ah, ah
Elles sont en or On ne sait jamais, ça peut servir
Ne t'en fais pas, j'ai ce qu'il faut, on n'est jamais perdant
Quand on aime
Tu peux retourner voir ton patron
Qui sera content
- C'est pas ça. - Ta gueule !
Pas de chance
J'allais t'emmener
En Italie
En voyage
D'amour
J'allais t'emmener en Italie.
J'avais pris des billets pour Venise
mais t'as tout gâché.
T'as tout gâché avec ta crise.
- Bravo.
Bravo, bravo !
C'était super, bravo.
Tu m'as rendu un grand service.
- Tant mieux !
T'as ce que tu veux.
- T'es qu'un connard, Christophe.
Un connard.
”Voici les clés " (Gérard Lenorman)
- Voici les clés de ton bonheur
Il n'attend plus que toi
Larsen
Tu sais toujours oĂą me trouver
Moi, je ne bouge pas
Moi, je t'aime
Et n'oublie pas l'anniversaire
De Nicolas
Voici les clés pour le cas où
Tu changerais d'avis
Soupir
Le moteur démarre.
- Je te jure, je le fais grave bien.
- Arrête. - Une dernière fois.
"Je répare pas les pots cassés."
- Ça fait 10 fois... - Je le fais grave bien.
- Ça va, papa ?
- Oui, ça va.
Votre mère est pas repassée ici ? -Nom
- Elle a pas appelé ?
- Non.
- Vous avez mangé ?
- C'était papy ?
- Non, pourquoi ?
- T'aurais pu l'appeler pour qu'il vienne.
- Non, je peux me démerder tout seul.
Ça va, j'ai 49 ans.
- Et maman ?
- Elle répond pas. Vous non plus ?
-Nom
- Elle a peut-ĂŞtre plus de batterie. Laisse un message.
- Non, faut que je lui parle en vrai.
- On parle de retrouver maman.
Surmonte ton délire avec les répondeurs.
- Elle vous répond pas, ça sert à rien.
Elle va pas l'écouter.
- C'est une dinguerie.
Des gens ont des phobies de fous. Les araignées...
T'as la phobie des répondeurs. Ça a aucun sens.
- Ça n'a aucun sens. Évidemment,
ça lui paraît fou.
T'es accro Ă ton truc.
Lever les yeux de l'écran, c'est comme fixer le soleil.
Tu verras quand tu seras Ă la fac,
que ta mère te laissera 34 messages par jour...
- Plus ! - MĂŞme plus.
Ben lĂ , on en reparlera.
Ça me fait chier, le téléphone, j'aime pas ça.
On a tous des trucs qui nous soûlent.
- J'aime pas quand vous dites que je suis belle.
- Pardon ? J'ai pas compris.
- C'est pas très vrai.
C'est pas objectif. Y a que toi et maman qui le dites.
C'est horrible.
- C'est vrai, t'es moche.
Vraiment très moche. Super.
Et toi, Timothée Chalamet, t'as un truc que tu détestes ?
Évidemment, à part moi.
- À part toi ?
Faut que je réfléchisse.
- Putain, le crétin.
Prends ça, imbécile !
Il respecte rien.
Je suis vraiment désolé pour ce weekend.
On va retrouver votre mère.
- Juste, on rentre comment ?
- Demain, y a un bus qui dépose près de la maison.
Et puis voilà , en espérant…
Qu'elle est lĂ -bas.
- Si elle y est pas ?
- Si elle y est pas, je vais Ă son travail.
Je m'explique avec son patron.
- Pourquoi ?
- Parce que... au restaurant, elle a fait ce que t'as dit.
Elle a posé le téléphone
écran contre la table.
- Mais ça veut pas forcément…
- Je dis pas que c'est son nouveau gars...
Mais elle nous cache un truc.
Elle me cache un truc. - HĂ©, les manouches.
Dégagez ou je lâche le chien.
- Pas de souci, on va ranger.
Merci.
- Vous m'avez fait un doigt ?
- Oui.
Pardon.
- Allez.
- Bon.
Ça va, arrête.
ArrĂŞte, chut.
ArrĂŞtez un peu.
Un peu de respect.
”Quand la ville dort" (Niagara)
———
- Non, mais un fou. Un vrai fou.
Non, je peux passer chez toi ?
Je me sens seule et j'ai peur que les enfants m'en veuillent.
———
Bah non, c'est pas normal. Sirène
Oh putain.
———
- Je récapitule. Le pare-brise.
Le parechoc tient avec du scotch.
Rétroviseur cassé.
Et vous rouliez à 30 au-dessus de la limitation avec le téléphone.
- J'avais la ceinture.
- Oui. Ça annule pas le reste, mais oui.
Je vais devoir immobiliser le véhicule.
Soupir
- Si je tape un truc, c'est grave ?
Enfin, je risque une amende ?
C'est pas contre vous...
- Euh...
Vous me posez une colle.
Vous me prévenez, j'imagine que ça passe.
Mais pourquoi ? Ça va pas ?
- Non, pas du tout.
J'ai jamais été aussi folle de rage.
- Alors pour être très honnête, c'est pas flagrant.
- Si, je vous assure.
Faut que je me défoule.
Sinon, ça risque de sortir d'un coup.
Un jour, j'ai mis une patate dans la gorge d'un buraliste.
Il a fait trois jours d'ITT. - C'est la frustration.
Plus on accumule, plus c'est mauvais.
Je peux me permettre un conseil ?
Mordez le volant.
Quand je suis énervé, dans les bouchons, je fais ça.
Ça marche très bien.
-Ah ?
Comme ça ?
- Comme ça. Fort, très fort.
Allez-y, on mord et on lâche tout.
On mord, on lâche.
Hurlement
Le cri est terrifiant.
OK, c'est bon.
Vous pouvez arrĂŞter.
- Pardon.
- Ça va ?
- Oui.
- Évidemment, je peux pas vous laisser repartir comme ça.
Vous avez pas quelqu'un qui pourrait venir ? Un proche ?
- Oui.
Je peux remordre le volant ?
- Ça fait du bien, hein ?
Allez-y.
Par contre, pas de cri. Il est terrorisant.
Ça m'a glacé le sang.
Musique douce
———
- LoreleĂŻ ? LoreleĂŻ ?
C'est l'heure.
Bastien.
Faut que tu te lèves.
———
Qu'est-ce que t'as ? - Rien.
- Si, y a un truc. - S'il te plaît, papa.
- Il se passe quoi ?
- C'est bon, vous deux. Laissez-moi.
- Je suis ton père, dis-moi.
- Si je te dis que je peux pas te dire.
- T'es en train de bander ? - Sérieux ?
- T'as une érection ? - Crie-le, bouffon ne.
- Va créer Facebook avec ta tête.
- Ça va, arrêtez.
Y a rien de gĂŞnant Ă bander.
Tous les garçons bandent dans le bus.
Ça doit venir des vibrations.
Moi, quand j'allais au collège,
tous les matins, je bandais.
- C'est pas bientĂ´t fini ?
- Pardon ?
- C'est gĂŞnant, votre conversation.
Si ça continue, c'est "ciao, bonsoir". - Vous entendez ?
- On n'entend pas ?
- SI.
- VoilĂ .
- Pardon. Excusez-nous.
- C'est bon, pardon, pardon.
On la connaît, celle-là .
- LĂ , je suis plus ou moins en train de bander.
- Ça va, stop. J'ai compris.
- Quand tu le dis, ça fait plus bizarre.
- Juste un peu plus bizarre.
- Ça va, vous êtes grands. On peut dire
"bander, pénis, vagin".
- Cyprine.
- C'est quoi, la cyprine ?
- Le liquide pour dire qu'une meuf est excitée.
- C'est ça, le nom scientifique ?
- Vous prévenez quand vous avez fini ?
- Ça va. - On est grands.
Je bois, je respire, je bande dans les bus.
Faut désacraliser l'image du père.
- T'inquiète pas pour ça. J'ai commencé.
- T'es un malin.
Un vrai malin. - Tu parlais de ça avec papy ?
- Non, je parlais pas de bander avec papy, non.
Fallait que je parle...
de philosophie, de poids de l'âme...
des fleurs qui poussent.
Bander dans le bus, c'est un sujet que j'aurais adoré aborder.
Crissement des pneus
- Chauffer les oreilles...
Ça suffit, je vous avais prévenus.
Ça dégage de mon bus. - On chuchotait.
- Avec un coffre comme le vôtre, ça sert à rien.
Et j'ai la ouĂŻe fine.
- La "ouïe fine“ ? - Oui, c'est comme ça.
Vous me dégoûtez.
Vous avez dit "bander" dix fois.
C'est quoi, ces façons ?
C'est la gosse que j'ai entendue dire “vagin" ?
- J'ai dit "cyprine".
- C'est moi, "vagin“. - C'est lui.
- On va se mettre dans le fond.
Ah oui, tu peux pas avec le...
Oui.
- Qui est pour les virer ?
- Ah non, j'ai payé. Je ne sors pas de ce...
Ouais, ils nous ont virés du bus.
C'est un peu gênant, mais je voulais savoir…
Tu pourrais venir nous chercher ?
T'écris à qui ? À ta copine ? - Oui.
- On la voit quand ?
Elle existe ? On la voit jamais.
- Ça devrait continuer comme ça. - Elle est moche ?
- Non, juste on n'est plus ensemble.
- Ah, pardon.
Et pourquoi ?
- Je sais pas.
On devait aller Ă l'anniv d'une pote ce soir.
On va pas dans la même fac, on s'est embrouillés.
J'ai dit que ça servait à rien de continuer.
- Pourquoi tu m'en as pas parlé ? - Ça t'intéresse pas.
- Oui, je vous fais cirer des chaussures.
Donne-moi le numéro de la DDASS. -Le 119.
- Tu l'as dit vite, comment ça se fait…
- On s'en fout.
C'est juste...
C'est nous. C'est comme toi avec papy.
On parle pas de ces choses-lĂ .
- Vous pouvez parler. Je fais pas de philosophie comme papy,
mais enfin, je suis lĂ .
- C'est pas flagrant. - LoreleĂŻ.
- Quoi, il demande.
- Mais vous me faites confiance ?
MĂŞme si je foire tout ?
-OUI, OUI.
Klaxon
- Alors, on fait le tapin ?
- Y a les gosses, Claude.
- Je plaisante.
Je plaisante, désolé.
- Allez.
Merci. Tu me diras si je te dois quelque chose.
- Y a pas de souc', j'adore conduire.
Je conduis plus depuis que mon fils fait la conduite accompagnée.
Je le regarde grandir.
C'est la place du mort.
- Tu te vois crever.
- Oui. D'accord.
Tu me diras si je peux te payer de l'essence.
- N'importe quoi. Les enfants.
Vous avez envie de voir un truc marrant ?
Le GPS imite Homer Simpson. *- Oh pinaise, D33 pendant 5 kilomètres.
- Bah, les Simpsons ! -Ah oui.
- Mon gamin a trouvé ça. On peut changer les voix.
Le GPS imite Jacques Chirac. *- D33, crac crac.
- Chirac. Rigolo.
(Accent antillais) *- Continuez tout droit
mais dans 5 km, il va falloir sortir.
- Très raciste.
- Ouais, un peu. - Beaucoup.
- Je remets Chirac.
Sonnerie
*- Appel de Sandrine Leroy.
Sonnerie
- Ça doit être un bug.
- C'est quoi ?
- Je sais pas, un bug. Refuser.
- Pourquoi ma femme te téléphone ?
C'est quoi, ce bordel ? 4 appels en absence ?
C'est toi qui appelles ?
- Va pas t'imaginer des trucs.
- Pourquoi elle t'appelle ? - Louer une voiture.
- Tu te fous de moi ? Dis-moi oĂą elle est.
Le frein Ă main. -Y en a pas.
- Putain, je te balance dans le fossé.
Dis-moi oĂą elle est ! - Je sais pas.
Je te jure, je sais pas.
- Chez papy.
Elle est chez papy, elle me l'a dit.
La porte s'ouvre. - Tiens. Viens par lĂ .
- Pas d'histoire. - T'en mĂŞle pas.
C'était Claude ? - Qu'est-ce que tu racontes ?
Je l'ai appelé pour louer une voiture pour souffler.
- Mais bien sûr. On est la seule agence ?
-Oui!
- Pardon. - Pas de souc'.
Y a pas de souc'.
Mais le stress, ça me...
Vous avez pas des cabinets ? Excusez-moi, je...
- Oui, par lĂ .
Je vous accompagne.
- T'as vu dans quel état tu te mets ? - Ça va.
Tu fugues. C'est toi qui as déconné.
- C'est moi qui ai déconné ?
Au restaurant, c'est moi ?
- Tu nous as laissés comme trois cons.
La preuve que tu peux nous abandonner.
Tu penses qu'Ă ta gueule.
Pas vrai ? - On prend pas parti.
- Faudrait. Faut prendre ses responsabilités.
Votre mère est en train de vriller.
- C'est moi qui vrille ?
Tu menaces un mec censé être ton pote.
Tu hurles, tu...
Tu me fais chier.
- Si on divorce, je parlerai de cette escapade.
Ils vont adorer pour la séparation des biens.
- Mais garde tout, putain.
J'en ai rien Ă foutre. J'ai besoin de rien.
Je veux pas de débat.
- Tu croyais que j'allais sourire et dire :
"Bien sûr, ma chérie. Divorçons, je te soutiens.
"Va te taper d'autres mecs."
- ArrĂŞte ! Stop.
J'ai accepté ton weekend car j'étais triste pour toi.
Je m'en voulais de plus t'aimer.
Jamais j'aurais imaginé
que tu me sortes des horreurs pareilles.
- Je pensais pas que tu les abandonnerais.
Comme quoi on arrive encore Ă se surprendre.
Tu nous as lâchés sans prévenir.
- J'ai prévenu les enfants. - Bastien.
- Parlons de vos manigances dans mon dos.
- On a rien manigancé.
- Je me casse le cul pour qu'on soit ensemble
et vous étiez ensemble, sans moi.
Si j'étais égoïste, vous seriez de mon côté.
- Tu te sens mieux ?
- Me parle pas comme ça. - J'en ai marre.
- Barre-toi.
Va dans ta fac de merde.
Y a que vous qui la faisiez rester.
Libérez-la, la pauvre.
- Je me barre dans deux ans. C'est déjà un peu fini.
- Un peu de respect.
T'en as rien à foutre…
- Y avait un truc important !
- Et lĂ , c'est pas important ?
- Arrête ! Ce weekend, c'était pour ta gueule.
Évidemment, on a fait ce que t'as voulu.
Regarde-toi, on a eu pitié de toi.
J'ai 18 ans et mes problèmes.
Tu nous casses les couilles
avec ton weekend de merde.
Je devrais ĂŞtre avec ma meuf. Faites les grands
Ă un moment.
Comment on fait si vous le faites pas ?
Comment on fait si t'en as rien Ă branler de ma vie ?
De ta fille et de ses problèmes.
Montre-leur.
Allez, c'est le moment.
Putain !
- Je vais partir 2 ou 3 semaines.
On se fait des trucs qu'on va regretter.
- Je... Sandrine, OK, c'est pas Claude.
Je veux savoir, t'appelais qui ?
-Nom
- Si tu te tapes un autre mec, ça donnera un sens à tout ça.
Donne-moi ton téléphone. - Vas-y.
Tonalité
———
Sonnerie
———
J'avais besoin d'être aidée pour te parler.
Je savais pas comment faire pour que tu comprennes.
Je voulais que personne souffre.
- Ben c'est réussi.
Soupir
- Ma petite chérie, rentrez chez vous.
Ça sert à rien de discuter avec lui.
- Non, j'étais pas en train de faire caca...
Juste, je voulais pas déranger.
Musique mélancolique
———
On frappe.
- Ça va ? - Oui, ça va.
Je suis désolée pour ton tel.
- T'inquiète, je m'en fous.
Mais ton truc au poignet, je l'ai vu, je l'ai pas inventé.
- Non, c'est...
c'est moi qui l'ai inventé.
———
- Mais ça sert à quoi de faire ça ?
C'était pour te faire remarquer ?
- Bah oui.
*- Y a plus rien à bouffer pour le poisson. J'ai pas trouvé.
Si tu passes Ă l'animalerie, je veux bien que t'en prennes.
Christophe, j'ai eu un mail d'EDF.
Ils sont obligés de changer le compteur.
Apparemment, c'est partout.
*- Bonjour, monsieur, c'est Sandrine.
Une amie...
enfin, une bonne amie de votre fils.
J'avais une question peut-ĂŞtre un peu...
indiscrète.
Vous savez s'il est du genre Ă coucher le premier soir
parce que je me suis fait épiler et… *- Non !
Raccroche !
- Ça pouvait pas durer éternellement.
Tu le sais bien. - Ben si.
Vous êtes allés jusqu'au bout.
- Nous, c'est de la triche.
Elle est morte Ă 53 ans.
Ça a pas duré beaucoup plus longtemps.
- Oui, super.
- Oh...
Si on avait cessé de s'aimer,
tu sais, cancer ou pas…
On aurait divorcé.
Et puis c'est tout.
Je t'avoue que j'aime ma petite vie maintenant.
- ArrĂŞte avec ta philosophie ! Ta sagesse...
C'est pour ça que je demande rien.
Je suis pas aussi cérébral.
Je m'énerve, je tape dans des trucs.
Je me sens comme une merde.
- Mais non, t'es pas une merde.
- Toi, t'arrives Ă relativiser la mort de maman.
Moi, je peux pas.
- Je me suis nourri d'autre chose.
Quand tu as rencontré Sandrine, par exemple.
Quand Bastien est né. Quand Loreleï est née.
Te voir adulte, heureux avec ta femme
et tes enfants.
Ça me faisait du bien.
Pas autant que j'aurais voulu.
Vu qu'on se voit jamais.
- Vraiment, je vais m'embrouiller avec toute ma famille ?
- Bon, excuse-moi.
- Et t'es pas Ă plaindre, papa.
On s'est jamais fâchés.
Y a des fils qui parlent plus à leur père.
- C'est tout comme. On se parle pas beaucoup.
- T'as déjà bandé dans un bus ?
- Pardon ?
- Tu veux qu'on parle. On parle.
T'as déjà bandé dans un bus ?
- Faut que tu te reposes.
- Ça te gêne ?
- Mais non, pas du tout !
Quand tu montes dans les aigus, ça te gêne.
- Mais non, pas du tout. - Si, si.
- Vu le nombre de sujets
de conversation qui existent,
je suis surpris par ton choix. VoilĂ .
- Non, t'es gêné.
Les soixante-huitards, c'est de la flûte.
- Allons-y. Oui, mon fils. Si c'est important pour toi,
il m'est arrivé de bander dans un bus.
Les vibrations, sans doute.
Comme nous tous. - Oui.
C'est pour ça que j'étais ton chauffeur ?
Quand tu draguais Sandrine.
Tu avais peur de prendre le bus ?
- Non, non, non.
- Ça me gênait pas à l'époque.
Non. Je vous regardais dans le rétroviseur.
Assis au premier rang de ton bonheur.
C'est des bons souvenirs.
Musique intrigante
———
Sonnerie
- Papa ?
*- Ma puce.
Désolé pour tout à l'heure.
- Non, t'inquiète. T'es où ?
*- Je suis chez papy. T'inquiète pas.
J'ai un service Ă te demander.
Tu saurais oĂą habite la petite copine de Bastien ?
- Bah ouais, mais…
Tu veux faire quoi ?
———
- Bonsoir, madame.
Je travaille pour LuxeCar SARL.
De... SARL and Company.
Je suis mandaté pour venir chercher Mlle Melha Nayeb.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
Melha ? - Quoi ?
- Descends.
- Je l'emmène dans une soirée… - Parlez pas.
- Pardon.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Bonsoir, mademoiselle. - Bonsoir.
- Il est chauffeur. Tu vas Ă une fĂŞte ?
Tu y vas, finalement ?
- Non, ça doit pas être moi.
- Si ! Enfin... pardon. Excusez-moi.
En fait, la réservation
est au nom de Bastien Leroy.
- Bastien ? Vous êtes sûr ?
- Maintenant que vous le dites... C'est une surprise.
Je suis censé vous emmener tous les deux...
Enfin, à une très belle fête.
- C'est bizarre.
J'appelle la maman de Bastien.
- C'est pas la peine... - Bougez pas.
- Très bien.
Tonalité
*- AllĂ´ ?
- Sandrine, bonsoir. C'est la maman de Melha. Ça va ?
- Oui, Khadijah. Très bien, oui.
- Y a un chauffeur qui vient chercher Melha.
* Il est censé venir chercher votre fils.
Vous ĂŞtes au courant ? - Oui. C'est le chauffeur
* qui vient prendre votre fils et sa compagne.
- Il dit travailler pour LuxeCar SARL.
- And Company.
- Ah oui, oui. Je suis au courant.
* C'est pour surprendre votre fille.
Ils sont top, Ă LuxeCar SARL.
Le nom est Ă chier, mais le service est bien.
- Je vous fais confiance.
*- Bonne soirée. - Bonsoir.
S'il s'avère que vous êtes kidnappeur ou je sais pas quoi,
je vous crève.
- C'est la moindre des choses.
Allez, Cendrillon !
J'aurais pas dĂ» l'appeler Cendrillon.
- Bastien !
- Quoi ?
- Viens voir.
Téma.
Musique rock
———
Allez, vas-y.
Allez !
- Bonsoir, je suis le chauffeur pour vous emmener Ă votre fĂŞte.
- Le chauffeur ?
- Mais si, Bastien.
Je t'ai offert, pour ton anniversaire,
un bon pour un chauffeur privé.
- C'est bizarre.
- Bon, pose pas de question, vas-y.
- Ça va ?
- C'est ta manière de t'excuser ?
- Franchement, je suis désolé pour la dernière fois.
Je sais pas pourquoi j'ai dit ça. Je le pense pas.
Je sais que tu m'en veux, mais…
On passe une dernière soirée ensemble ?
Juste toi et moi.
Je te jure, à la fin dela soirée, peu importe
ton choix, je serai OK.
Au pire, on aura passé une dernière soirée toi et moi.
- OK.
OK, on le tente.
- Bon, M. le chauffeur.
- Oui, pardon. La portière.
Je vous en prie.
Musique entraînante
———
Si je peux me permettre,
vous fermez un très, très joli couple.
- Oui, c'est gentil, merci.
- Pourquoi t'es gêné ? C'est super mignon.
Merci, monsieur.
- Je voulais pas déranger. Désolé.
Je trouve ce jeune homme très beau.
Équilibré, bienveillant, gentil.
La tête sur les épaules. Mature.
Je pense que vous avez vraiment tiré le gros lot.
Le genre qu'on ne quitte pas.
(- Il veut te ken.)
- Ça ressemble à du vrai amour.
- Par contre, dites... Monsieur comment ?
C'est quoi, votre prénom ?
- Christian.
- Christian, c'est bien.
Rien Ă voir avec Christophe.
- Non, deux prénoms différents.
- Vous dites "vrai amour", ça veut dire quoi ?
- Vous voulez mon avis ?
- Ben oui.
Un homme de votre âge doit avoir une vision intéressante.
Le seul gars de votre âge que je connais...
lui et moi, on parle jamais de ça.
- Bah écoutez... je sais pas…
Par exemple…
Ça fait combien de temps, vous ?
- Un an. - Un an ?
Oh lĂ lĂ !
En plus, au lycée ?
Comme les années chien, c'est fois 7 !
- Vous osez pas répondre.
- Si, si.
Je crois que l'amour...
c'est quand on s'imagine pas vivre sans l'autre.
Et quand ça risque d'arriver,
on fait des trucs débiles.
C'est parce qu'on est paumés.
- Ça fait peur d'être tout seul, non ?
- Oui.
Peut-ĂŞtre.
- Vous avez des enfants ?
- Oui, deux. Un garçon, une fille.
- Voilà , ça vous arrivera jamais.
Quand on a des enfants, on n'est plus seul.
- J'espère.
- Vous faites pas trop de souci.
On frappe. -Oui ?
- Ça va ? - Oui, ça va.
- Je te dérange ? - Non.
- Tu fais quoi ?
- Je... j'étais en train d'écrire.
Je... voilĂ .
Si, j'étais en train
de t'écrire une lettre.
Parce qu'il y a une question que je voudrais te poser.
Mais j'ose pas trop.
- Tu veux que je la lise dans une autre pièce ?
- Non. - Ça te gêne pas ?
- Ce serait bizarre...
Mais...
ma question, en fait, c'est...
est-ce qu'il y a des fois oĂą je te rends triste ?
- Si tu me rends triste ?
- Oui. Pas... genre pas fière,
ou déçue, mais…
Mais… t'es pas heureuse
quand tu me vois.
- Pourquoi tu dis ça ? Pas du tout.
- Parce que je me dis que t'as dû t'occuper de moi et…
T'as pas profité, vu que je suis pas…
Enfin...
T'es pas forcément… Que tu regrettes un peu.
- Mais attends, Loreleï, mais…
Je suis tellement fière de la femme que t'es en train de devenir.
Je regrette absolument rien, j'ai...
j'aurais pu passer ma vie Ă m'occuper de toi.
Si j'ai l'air triste quand je te regarde,
c'est parce que je me dis : "Est-ce que je fais assez bien pour elle ?"
Je t'aime.
Et j'ai tellement peur que toi, tu m'aimes plus parce que…...
je suis maladroite.
Ou parce que...
tu me trouves égoïste...
Mais je suis tellement pas triste que tu sois ma fille.
Je suis désolée que t'aies pu croire ça.
Je suis désolée.
- Non, mais c'est moi, je...
j'aurais dĂ» te dire.
Excuse-moi.
Je suis une Leroy, c'est comme ça.
- Ben écoute, moi aussi, je suis une Leroy.
C'est pas très grave.
Ça a été ?
- Oui.
J'ai laissé la voiture à Bastien.
- Il a toujours pas son permis.
- Oh merde.
- Non, mais…
Il va faire attention, je suis sûre.
Faut"
faut pas que tu regrettes ce weekend.
Vraiment, faut pas, parce que...
notre famille est plus...
enfin...
quelque part, ça a marché.
- Franchement... après, j'arrête. C'est promis.
C'est trop tard pour essayer d'arranger les choses
entre toi et moi ? T'es sûre ?
- Ouais.
- Oui.
Une baise d'adieu, c'est négociable ?
Un truc rapide. Qui engage Ă rien.
- Si on fait ça, je risque de te pleurer dessus.
- T'es au-dessus ? C'est intéressant.
Y a de la volonté.
- À la limite, je propose une branlette d'adieu.
Pas mal.
- C'est pas super...
Musique douce
———
- Ouais, non.
Documentaire à la télévision
La porte s'ouvre.
(- J'aime bien ta maison.)
(Pourquoi y a le chauffeur sur ton canapé ?)
(- J'en sais rien.)
(Viens, on monte.)
(- C'est bizarre.) (- Je t'expliquerai.)
(- C'est Melha ?) (- C'est bon.)
(- C'est Melha !) (- Vas-y, descends.)
(Allez.)
(Vas-y.)
Tu fais grave mal semblant de dormir.
- Va rejoindre ta copine, toi.
- T'as parlé à maman ?
- Ouais, elle est couchée.
On a discuté, écoute…
Elle va rester le temps de trouver un appart et…
Après, on signera ce qu'il a à signer.
- Papa, on te le dit jamais parce que...
parce que voilà , quoi, mais…
On t'aime.
- Bah oui, on t'aime.
AĂŻe. Pardon.
- Même ça, on sait pas le faire. C'est fou.
”L'histoire est belle" (Maxence Lapérouse)
———
- J'aurais pu me débrouiller.
- Ça va, on peut t'aider.
Tu m'as envoyé l'adresse ? - Oui.
———
- Chope !
———
Musique douce
———
Sous-titrage TITRAFILM OCR Themouche
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