All language subtitles for Les dents longues Avec D Gelin,Louis De Funes,D Delorme, Brigitte Bardot - 1953

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Original subtitles

Vous le savez, mesdames, messieurs, il arrive que certaines personnes se

prévalent de manière fréquente, voire obsessionnelle, d 'une partie de leur

anatomie. Certains diront, par exemple, à qui veut l 'attendre, attention,

monsieur, j 'ai le bras long. D 'autres, dans les chambrés, parlant d 'un autre

membre, diront, le mien est plus long que le tien.

Mais peu de gens, notez -le, attesteront en public de la longueur de leurs

dents. Avoir les dents longues est une expression que l 'on conserve pour

d 'autrui. Il a les dents longues pour signifier, de manière implicite, il a de

l 'ambition.

Les dents longues, c 'est le titre du film que vous allez voir et qui dit tout

déjà d 'une manière de caractère. C 'était d 'abord un roman de Jacques

et c 'est devenu un film grâce à l 'acteur du moment, Daniel Gélin.

qui joue le premier rôle et signe la réalisation aussi, mais qui avait

auparavant à Michel Audiard, à Marcel Camus et à Jacques Robert lui -même d

signer avec lui l 'adaptation. Le couple Daniel Delorme -Daniel Gélin, couple

ultra célèbre du cinéma français dans toutes les années 50, assure ici la

vedette de ce film qui commence à Lyon.

dans le milieu de la presse lyonnaise, avec un Louis Seignet en patron de

journal autocrate, quelque peu porté sur le pot lyonnais, bien sûr, dont il

aligne les cadavres après les nuits de labeur.

On a connu plein de journalistes comme ça, moi -même.

Daniel Gélin, depuis Montpellier, arrive donc à Lyon comme secrétaire du

journal, devient vite reporter.

Il n 'y restera pas et montera à Paris vers des ambitions bien plus hautes

encore, mais comme ceux qui ont vraiment les dents longues, il ne les montre

pas. Il reste humblement précautionneux et tenace.

La réalisation est soignée, la description excellente du milieu

donc avec à l 'occasion un Louis de Funès, tout petit rôle, en employé du

photo, ou un Bruno Kramer, quasi -figurant, fugitif, vous allez le voir,

les rencontres mondaines. Regardez bien quelques répliques excellentes, signées

Odia également, des répliques du genre « Un patron de presse dit à Daniel Delors

« M 'épouse des gélins » dans le film, votre mari a de la suite dans mes idées

». Eh oui, il est savoureux et il a les dents longues, Daniel Gélin, dans le

film. Il aurait pu réaliser davantage pour le cinéma, mais ce fut à ma

connaissance sa première et seule tentative. Voici « Les dents longues »

Daniel Gélin, 1953.

Au revoir, monsieur.

Merci. La place Antoine Belon, s 'il vous plaît. 37, là, en bas.

Au revoir, mademoiselle.

Pardon, M. Antoine Josserand, c 'est bien là ? Oui, mais à cette heure -ci,

est en face. Au revoir.

Ah bon, merci.

Hé, voilà, à côté, à la boulangerie.

Oui.

Tu m 'as acheté le canut ? Pour le journal idiot, l 'édition.

Figure -toi que M.

Dumaine, des textiles du rose, dont la femme et les enfants font l 'honneur de

cette ville, a une petite amie.

Je m 'excuse, madame. On m 'avait dit que M. Josserand était là.

Bien sûr, il est là. Ça ne s 'entend pas.

Vous voulez le voir ?

Monsieur, j 'ai répondu à votre annonce.

Pardon.

Voilà, monsieur, j 'ai répondu à votre annonce. J 'arrive de Montpellier. Pas

poisson à thé.

Voilà, je suis, enfin... J 'espère devenir votre secrétaire si toutefois je

correspond à... Ça y est, un phraseur.

Il devait y avoir qu 'un phraseur à Montpellier, je suis tombé dessus.

Jeune homme.

Sachez qu 'avec Antoine, je sens, il faut être bref et concis.

Asseyez -vous, mon vieux.

Non, jeune homme.

Vous vous installez pas.

Dites -moi pas ce matin, nous levons l 'encre. Allez, suivez -moi.

Vous travaillez toute la nuit.

Et pas ce que c 'est que faire un journal.

C 'est tuant, jeune homme.

C 'est tuant.

Merci.

À ce soir, Jermaine. Bonne nuit, M. Antoine.

Beau, hein ? Le Rhône.

Les brouillards du Rhône.

Tu n 'étais jamais venu à Lyon ? C 'est la première fois.

Comment t 'appelles -tu déjà ? Oui, commandeur.

Qu 'est -ce que tu fabriquais avant ? T 'écrivais ? Non, enfin, oui, comme tout

le monde.

Des poèmes, hein ?

Je m 'en doutais, dès que je t 'ai vu relu quel paysage.

Souviens -toi que j 'ai besoin d 'un secrétaire, et pas d 'un artiste. Vous

aurez un secrétaire.

Ambitieux ? Bien sûr.

Faudra que tu t 'arranges.

Moi aussi, j 'ai voulu tout me bouffer.

Moi aussi, j 'ai traîné des poèmes dans mes poches. Oh, plein ! On aimait m

'écrire.

Plus limpide que l 'âme, plus gracile que fleur.

Il me faisait rêver à je ne sais quel rythme. J 'aurais pu l 'aider à m

'affronter vraiment à l 'ombre des nuages.

Oh, corneille, ma grosse.

Je suis corneille.

Boulot d 'enfer. T 'imprimer, il me tuera.

Tiens, je présente mon nouveau secrétaire. Oui, commandeur. Raymond, ma

C 'était madame.

Allez, Bibi, sers -nous le café.

J 'ai rien appris depuis minuit, moi.

Enfin quoi ? Rien de chaud.

Débarrasse -toi de tes valises, pose tout ça.

Tiens, vous avez du travail.

Oh, ben, dis pas déjà.

T 'as vu ma femme, hein ? Ah, ça, c 'est mon petit bonheur du jour.

Moi, j 'aime la jeunesse.

Et puis, tu sais, un mur, genre pas bavard.

Au lit, c 'est pareil, une vague et une bouche cousue. Mais qu 'est -ce que ça

fait ? Moi, je parle pour deux.

Et je pense pour deux.

Un couple assorti, c 'est ça ? Hein, ma grosse ? Tu n 'ignores pas

que je dirige un hebdomadaire ? Le cadet de Vésica.

Organe de salut public.

Tiens, ben voilà justement l 'article qui doit passer dans le prochain numéro.

Ah, mon Dieu que c 'est jour.

Il s 'agit d 'une affaire qui actuellement fait du bruit à Léon.

On a retrouvé dans le rôle le corps d 'une danseuse nue.

Une certaine Lola.

C 'est chaud, mais c 'est bon.

Ma femme, c 'est une fameuse cuisinière.

Elle dansait à toboggan.

Madame Jassoin était artiste ? Pour ma femme, idiot.

Lola ! Fais un effort sur la conversation.

On l 'a retrouvée à poil, la fille.

C 'est ça qui fait l 'intérêt de la chose.

Oui. Enfin, tu diras tout ça à tête reposée.

Au fait, sa chambre est prête.

Bon, alors parfait.

Tu ne prends pas de café ? Non ? Allez, allons -y.

Tu as.

C 'est une grosse affaire.

D 'après vous, c 'est le cinquième passionnel ? Plutôt la drogue. Il y a un

-ville dans le coin, un certain Renazi.

Il a pris la fuite. Ah oui, où ça ? Où ça ? Ah, elle est bien bonne, alors.

La police le recherche.

Tu liras tout ça dans l 'article.

C 'est raconté comme dans un procès verbal.

C 'est illisible et emmerdant.

Tiens, met ton boudoir.

C 'est coquet, hein ? Quoi ? Une vue formidable ! Monsieur Minot, à ton âge,

je t 'écore un plus sur le travail.

Tâche de me remettre tout ça en français.

Environ 100 lignes.

50 pour l 'étude de mœurs et 50 pour l 'émotion.

J 'ai lu.

L 'article doit être à l 'imprimerie à deux heures. Ma femme le tapera pendant

le déjeuner, elle n 'a pas d 'appétit. Je demande pardon, mais puis -je savoir

qui signera cet article ? Qui ? Le confrère, par bleu.

Ah bon, mais il acceptera ? Parce que je croyais des gens qui écrivent plus

susceptibles. Ah, tu as une gueule de Montpellier, toi ! Mais il commence par

'être susceptible.

Qu 'est -ce que tu crois ? Et puis c 'est comme pour l 'ambition, des idées,

tout ça.

Dis donc, Bibi, assieds -toi.

Écoute.

Penchée au -dessus de l 'eau noire et glacée, elle ouvrait de grands yeux

baignés d 'innocence.

Et bien qu 'elle eût goûté aux furieuses délices de l 'amour, elle était encore

à l 'aurore de la vie.

Lola, Ophélie Brune, est morte de la mort des cilles.

Hein, ma poulette ?

Qu 'est -ce que tu en dis ? Oui, il y a du sentiment.

Du sentiment ? Du sentiment ? Et d 'est -ce que dans le coup ? Vous aurez un

secrétaire. Allez, va me le chercher.

Va me le chercher.

Je t 'en foutrai, moi, des hôtels hybrides.

Ah, puis non, elle ne l 'amène pas. Ne l 'amène pas, je le piétinerai.

Un secrétaire.

Je lui paye un sommier d 'or.

Récompense, il m 'y fait yamelette.

Oh, les élèves bien à Montpellier.

Oui, bon, je sais ce qu 'il me reste à faire.

Ma valise.

C 'est susceptible, en plus.

Écoute -moi bien.

Qu 'est -ce qui intéresse le lecteur ? Pourquoi et comment le toubib a buté le

laïc avec le plus de détails possible ? Tu as jusqu 'à demain matin pour te

mettre en chasse et me rattraper la sauce.

Tu n 'es plus secrétaire, te voilà...

Alors, ça va avec Josserand ? Je m 'appelle Morienne. André

Morienne, chroniqueur judiciaire au Progrès.

Son confrère.

Provisoirement, parce que moi, je vais te balancer du journal en rentrant.

Déjà ? Oui.

À moins que vous me donniez l 'adresse d 'un certain docteur Renazzi.

Pourquoi pas ? Seulement, il faudrait vous dépêcher, parce que

son adresse...

Vous savez, comme sa liberté.

Elle est très, très provisoire. Oui, on va l 'arrêter.

Moi, justement, je viens de faire la tournée des filles.

Ah.

Vous étalions depuis combien de temps ? 24 heures.

Moi, ça fait 11 ans.

Ah oui ? Et alors ? Alors, c 'est tout.

Mais les policiers, en général, c 'est pas bavard.

Ici, en plus, ils sont lyonnais.

Alors, vous voulez pas, faut leur laisser le temps de s 'habituer.

Et moi, c 'est paru que j 'ai eu le renseignement, mais c 'est tout à fait

hasard.

Ben, écoutez, moi, je suis à Lyon que depuis 24 heures, seulement je ne suis

né d 'hier.

Pourquoi vous me donneriez le tuyau à moi ? Je ne sais pas, moi, vous êtes

sympathique. Ah oui, ben... Ben, et vous ? Oh, moi, vous savez, je suis

chroniqueur, mon boulot me suffit.

Et comment se causent assises ? Ben, si j 'étais reporter, j 'irais faire un

tour du côté de la rue de la Bombarde, dans le quartier Saint -Jean.

Vous connaissez ? Non, mais faudrait.

Vous aussi, vous êtes sympathique. Eh bien, dépêchez -vous.

Du tonnerre, mon gars.

C 'est du tonnerre ! Comment j 'ai capturé le docteur ? Allez, vas -y. Ça

faire un boom formidable.

Allez, une.

Je le pense, elle est une.

Signée ? Signée. Signée par toi, tu penses ? Parole d 'honneur.

Sacré vénère.

Allez, va te reposer un peu.

Moi, je cours à l 'intriguerie. Je vais recomposer ça.

Une manchette.

Je suis sur la lorgère de la pêche.

Tu pourras dire que je t 'ai poussé, toi.

Dis donc, Bibi, t 'inquiète pas de ma grosse.

Je rentre en état.

Puis -je vous demander de me réveiller à 8 heures ? Oui.

Merci, madame.

N 'ayez pas peur de frapper fort, j 'ai un sommeil de petit soldat.

De plomb.

Il est déjà 8 heures ?

Alors, elle est sortie, le cadet ? Oui, viens, le voilà.

Et même que pour une fois, on va un peu se l 'arracher.

Ah oui ? Envoie, Toto.

Qu 'est

-ce qu 'il prend ? Tu rigoles ? Tu rigoles ? Rigoler, moi, avec vous ?

Espèce de vieux salaud ! Ça n 'est peut -être pas ce que c 'est qu 'un premier

article, hein ? Comment, qu 'est -ce que ça peut faire, Antoine Josserand ? Du

moins, qu 'on pousse les jeunes, c 'est le principal, hein ? Espèce de vieux

truqueur ! C 'est le moment, figurez -vous, où je suis venu au monde avec des

nerfs sensibles.

Très sensibles ! Va -t -il falloir que je la boucle du...

Je vais la boucler, ça m 'étonnerait, vous savez ! Vous m 'avez bien lu, hein

Votre parole d 'honneur.

Seulement, moi aussi, je vous ai eus parce que je vous étais cocué.

Cocué, mon cher maître, cocué ! Calme -toi, mon vieux. Calme -toi, mon vieux.

Antoine.

Ce que tu viens de dire, c 'est vrai ? Oui.

Antoine, allons.

Antoine, mon vieux.

Arrêtez -moi.

Arrêtez -moi.

Venez.

Et ça vaut mieux, croyez -moi.

Entre nous, vous ne gagnez pas d 'étaler un peu fort ? Pas assez, je trouve.

Certaines précisions ne s 'imposaient pas. Et quelles ? Josserand est un homme

âgé. Vraiment ?

Alors, à votre avis, les salauds, ça a été lu à l 'ancienneté ? Vous êtes

sévère. Oh, sévère, c 'est un blague, j 'ai compris, c 'est tout.

Compris quoi ? Écoutez, Marianne, vous connaissez la vie, vous.

Moi, j 'ai 25 ans, je ne la connais pas encore tout à fait.

Je ne sais pas ce que je deviendrai, ou quelqu 'un, ou personne, mais sûrement

pas un pigeon.

Aujourd 'hui, je me suis fait rouler, et je n 'aime pas ça.

Seulement, je me suis fait rouler une fois pour toutes.

On ne me roulera plus jamais, vous ne m 'entendez personne.

Allez, calmez -vous.

Je lis votre papier sur le docteur.

Premier ordre.

Vous irez loin.

Je ne sais pas si j 'irai loin, mais j 'y serai vite.

Bonsoir. Bonsoir.

Pas de neuf sur la baronne.

Toujours mort.

Et entre la cuisine et le chauffeur, il n 'y avait rien ? Elle est dans la

maison depuis 20 ans. On la connaît, vous pensez bien. En retard, commandeur.

crois ça, toi ? Il en pose une main, c 'est sûr. L 'autopsie a révélé des

d 'arsénique.

Monsieur le juge d 'instruction est en train d 'interroger le chauffeur.

Dans une heure, ce sera acquis. Et la fille ?

Dis -y qu 'au dernier degré, on dirait un angé garé. Écoute ici, toi.

Fais la main dessus tout de suite.

Mais t 'as pas entendu ? Le chauffeur, il est chez le juge d 'instruction. On l

'interroge. Je me fous du chauffeur. Trouve -moi l 'angé garé et fais -moi

signaler. Grouille, papa.

Grouille.

Attends.

Alors là, tu charries, là.

Là.

Allez, vas -y, chotte.

Allez.

Et hop, c 'est dans la boîte.

Qu 'est -ce que tu veux dire sur le chauffeur ? Un mec qui a boutu tout de

suite. Il n 'y a pas de... La fille, oui.

Ah oui, la fille. Oui, seulement il y avait le commandant.

Tiens, bande de gens d 'étudiants.

Dis -donc, vieux, il paraît que tu as des tubes sur la fille de la baronne.

dis -donc, à 18 ans, à 1m60, des cheveux blonds, bien.

Tu te prends pour un copain.

Maman, deux blancs.

La fille de la baronne, elle est là -dedans. Vous pouvez toujours vous

J 'en ai vu des filets dans ma carrière, mais pardon, comme celui -là.

Et puis, il n 'a pas fini de marcher. Sur qui ? Qu 'est -ce que ça veut dire,

sur qui ? J 'en fais partie pour ce laboratoire. J 'arrive.

Sur qui ? Oh, tu parles d 'un mineur. Et vous connaissez la nouvelle ? On dit

que Walter monte un nouveau canard.

Ça se dit.

Walter le vrai ? T 'en connais un autre ? Walter de Paris -Soie, tirage un

million, mais c 'est de l 'histoire, ça.

Tu connais ces classiques, ton poulain.

Mais dis donc, s 'il remonte un canard, tu vas refaire équipe ? Refaire équipe.

Toi, t 'as déjà travaillé avec Walter, toi ? Non, j 'ai travaillé pour Walter.

Mon père ne travaille avec personne.

C 'est le genre de type qui le presse comme un citron et puis après... Ah oui

Ça fait rien, j 'aimerais bien le connaître.

Bon, allez, je file au journal.

Bonsoir.

Je vous assure, M. Bourdon, que ça vaut la une.

Oh, papa, papa.

Le récit du crime à côté de la photographie du fils Béla en marié.

Vous n 'avez pas fait de sauter le fils Béla ? Quel intérêt le fils Béla ?

Aucun.

Mais son père possède la deuxième fortune de la ville.

Et après ? Commandeur, vous devez avoir de l 'humour.

Mais ça dépend des jours.

Mais enfin, regardez mes photos et vous serez convaincus.

Attendez.

La photo de la petite. Elle est là. Elle est là ? Tu la vois, toi ? Non ? Alors

? Elle est sûrement restée au labo, attends.

D 'accord, il est moi -même.

Ah, il est énervé.

Hébertin !

Il n 'y a personne ? Si.

J 'attendais votre port, vous aviez l 'air pressé.

Je le suis encore.

Qu 'est -ce que vous faites ici ? Vous êtes du service ? Apparemment.

Pardon ? Oui, commandeur, reporter au journal.

Je cherche une photo.

Je suis au courant du meurtre de Macron.

La photo de la fille de la baronne, elle est disparue.

Oui ? Et alors ? Vous savez que le laboratoire est responsable ? Je sais.

Et il est inutile que vous cherchiez cette photo plus longtemps.

Pourquoi ? Parce que je l 'ai jetée.

Écoutez, mademoiselle, si réellement vous avez fait cette chose, vous allez

pouvoir, j 'espère, me donner vos raisons.

Vos raisons ? Ah, parce que vous ne comprenez pas que ce que vous faites est

ignoble. Tiens.

Oui, ignoble.

Ignoble de se servir du visage malheureux d 'une enfant pour faire

publicité. Ma publicité ? Oui, oui, votre publicité.

Et vous n 'avez pas trouvé de moyen moins sordide pour vous rendre

et pas tenir vos lecteurs ? C 'est incroyable.

Mais enfin, mademoiselle, de quoi vous mêlez -vous ? Cette photo n 'ajoutait

rien à l 'histoire.

A cette histoire navrante.

Mais en attendant, vous solliciez cette jeune fille.

C 'est mon sang. Ah, nous y voilà.

Le vieux truc de la vie privée.

Figurez -vous, cette chanson -là, je la connais, mademoiselle.

Je ne suis pas journaliste depuis très longtemps, mais j 'ai appris que les

ont beaucoup moins peur du scandale que vous ne le croyez.

De voir leurs photos dans les journaux, ça les effraie au début.

C 'est

agréable,

hein ? Je vous aime bien, petite sœur des pauvres.

Tu me détestes tant que ça ? Oui.

Mais maintenant, je sais pourquoi.

Oui, ma fougère.

Ah, c 'est vrai, ta fougère.

Allez, viens.

C 'est doux, les fougères.

Oh non, tu vas la casser.

Oh,

attention. Qu 'est -ce qu 'il y a ?

C 'est Nel qui s 'est pris dans une toile d 'araignée. Laisse, laisse, qu

comment elle va s 'en sortir.

Bon, comment veux -tu qu 'elle s 'en sorte ? Mais... Enfin, une bête à bon

Ah, ça y est, je l 'ai perdue, maintenant.

Eh bien, toi, comme bête à bon Dieu.

Oh, votre petit dément.

Oui, tu m 'as déjà traité de petite sœur des pauvres.

Tu le méritais, non ?

Tu te souviens ? Oui.

Est -ce que tu pouvais crier ? Tu ne t 'entendais pas.

Moi non plus, je ne t 'entendais pas.

Je regardais tes lèvres.

Je les aime, tu sais, tes lèvres.

Écoute, mon chéri.

Sois gentil, essaie de ne pas bouger.

Tu es heureux ? Oui.

Ça va ?

Je peux bouger ? Non.

Je peux bouger ? Non.

Tant pis, je voulais t 'embrasser.

Tu as vu le sauvage ? Moi, je suis heureux quand ça bouge.

Tu as ton affaire.

Non, pourquoi pas du tout ? Tu te joues à mon affaire, dis -moi que tu es avec

moi. Tu es sûr de ce que tu dis ? Sûrement, oui.

Pourtant, des fois, j 'ai l 'impression que tu quittes quelque chose pour rester

avec moi.

Quelque chose ? Oui, par exemple, ce fameux reportage sur les chartreux, mais

n 'y as pas cru.

Je pense.

Quand ? En ce moment ? En ce moment.

Cet après -midi, tu crois que tu n 'y avais rien pensé ? Cet après -midi, j

'étais conquis par les fougères.

On n 'attrape pas des chartreux avec des coccinelles.

Oh, que tu es maître.

Non, tu sais, je parle sérieusement.

J 'y crois beaucoup, basse reportage.

Je vois très bien la mise en page.

Un titre assez long sur quatre colonnes, des petits paragraphes, des blanches,

une grande photo à droite, la photo choc, la photo coup de poing.

Si j 'arrive à prendre celle que je veux, ça peut être formidable.

Oh oui, ce serait formidable.

Quoi ? Tu vas y aller, non ? Oh non, tu me l 'as promis maintenant.

Bien sûr, mais tu sais, je reste au moins huit jours là -haut, huit jours

nous voir. Oui.

Tu es arrivé ? Ah oui, c 'est vrai.

Bon, ben alors, bonsoir.

Dors bien.

Louis.

Qu 'est -ce qui te prend ? Qu 'est -ce que je te fais ? Rien, tu es arrivé,

alors je pars.

On se reverra, remarque.

Quand ? Tu es un petit petit.

Non, je t 'aime.

Tu vas être tranquille, je serai chez les moines, comme ça je ne t 'ennuierai

plus.

Toi, quand tu veux quelque chose... Tu peux parler.

Non, maintenant.

Tu aimes les radis rouges ? Passionnément.

Les côtelettes d 'agneau ? À la folie.

C 'est le

soleil

qui m 'a fait rire, dans tes yeux briller la pure crainte.

Mais à travers ce masque de fougère, ma voix réelle te disait, Eva ne meurt

jamais.

C 'est moi ? Ah oui.

Oh, ce que tu es gentil, mon chéri.

Je suis si heureuse quand tu m 'aimes comme ça.

Oui, mais c 'est pas facile, tu sais.

C 'est le café.

Sors -toi, je vais te passer.

Le café aussi, il faudra que tu attendes.

Vous avez dîné ? Bon, ben, assieds -vous, j 'en ai pour deux minutes.

J 'ai lu ton article sur le Pakistan.

Pour un papier au flanc, c 'est pas mal.

Pourquoi irait -on là -bas quand on est si bien ici ? Le jeune loup sans

bourgeoise. Et tes chartreux, qu 'est -ce qu 'ils deviennent dans tout ça ? J

'ai commencé à écrire la première partie.

Mais Eva a tiré quelques photos, tu veux les voir ? Ah oui ?

C 'est vraiment le général François ? Don Francesco de la première division

aéroportée, cadre de réserve.

Et tu montes pas ça à Bourdon ? Ah, tu attends.

Je lui dis tous les jours.

Fais pas, c 'est fort.

Mais dis -donc.

Tu sais, Bourdon, à part les grands mariages et les enterrements... Mais tu

que s 'il n 'en voulait pas, ça vaudrait de l 'argent à Paris. Oh, Paris, c 'est

loin, Paris.

Ah, je t 'ai connu plus d 'entrepreneurs.

Tu t 'endors, mon gars, tu t 'endors.

Quand on a du talent et qu 'on a ton âge. Et qu 'on est le gentil petit Eva.

Quand on a mon âge, il ne faut pas perdre une minute de la gentille petite

Tu vois, Eva vaut tous les reportages du monde.

Vous n 'avez pas faim, vous ? Moi, j 'ai très faim.

C 'est vraiment pour le faire plaisir parce que je connais Bourdon, il marcha

sur mon train. Oh non, maintenant que c 'est écrit, il faut lui montrer.

Eh ben, je pouvais toujours te chercher, toi.

Allez.

Qu 'est -ce qu 'il a, ça va pas, non ?

Comploté

d 'assassinat de Bourdon, j 'en suis.

T 'es déjà mort d 'émotion, Walter sort de chez lui. Tu viens même de lui

rentrer dans le chou. Comment tu le traites, Walter ?

Non, j 'y vais.

Je t 'attends là -bas.

Alors, les photos de M. Walter.

Le train ne va pas m 'attendre, moi.

Le train, le train de M.

Walter.

Je vais le faire. On croirait que c 'est le pas.

Je vais le faire pour moi, mais du vent.

Voilà. Je n 'ai jamais vu ça.

Et à nous tous, du petit personnel, qu 'est -ce que ça nous rapporte ? 14

à glacer.

Moi, ça me fait mal.

Je te l 'avais dit.

Il trouvait le sujet trop scabreux, je sais pas quoi.

Bon, merde, c 'est chaud.

Puis Walter sortait de chez lui.

Oh, alors.

Walter?

Walter.

Paris.

Mais Louis, réveille -toi.

Souviens -toi de ce que t 'as dit, Moriane. C 'est un reportage pour Paris.

À quelle heure peut -on lui porter les photos à la gare? 4 heures.

Ça peut se faire.

Je t 'ai fait.

Non.

Oh, pardon.

C 'est Walter.

Hein ? Rien, je... Louis -commandeur, reporter Aaron Soir. J 'ai appris que

veniez de lancer un nouveau journal. J 'ai une idée de papier à vous proposer.

Ben, ne m 'attends au journal, hein.

Maintenant, je dors.

En attendant, demandez donc au garçon de m 'apporter une bouteille d 'eau

minérale.

Le bureau de M.

Balter, s 'il vous plaît.

Deuxième étage, au fond de la rédaction. Mais c 'est pas le moment. M. Balter

est en conférence, on ne le saurait pas.

Erreur, j 'ai rendez -vous.

Je vais faire.

J 'achète.

Mais enfin, Walter, tu sais ce qu 'il en demande ? Un million.

Cette salope en profite, je le sais.

Et depuis 24 heures, tout Paris parle d 'elle.

Et ça, je le sais aussi.

La nouvelle Matari qui tourne les képis et fourgue les secrets d 'État.

Et voilà maintenant qu 'elle accuse son amant, un général à quatre étoiles.

Moi, je trouve ça battre.

Non ? Oh, alors.

De quoi intéresser le public pendant trois jours.

Exactement.

Alors, Goudal, vous semblez pas d 'accord.

Vous en faites une tête.

Mon cher, l 'achat de ce document est une folie.

Non seulement je trouve cette histoire dégoûtante... Ce n 'est pas nous qui l

'avons inventée, mon cher Boudal.

D 'ailleurs, nous n 'inventons jamais rien, nous exploitons.

Comment c 'est ma majorité ? Dans le doute, j 'approuve.

Parfait, parfait.

Les morasses, patron.

En accident de la route, patron, ça valait un départ à la lune.

Patron Dutroit, il m 'a fait sauter mon portage sur Bobet. Patron, le papier sur

Marguerite a été capillé.

Sous -titrage MFP.

Dites -moi, Walter, sur à quelle heure ? Ah, parce que votre rendez -vous, c

'était dans la rue.

Vous savez où vous conduisez, Walter ? Ah, ça, mon petit gars, tu m 'en

de trop. C 'est moi qui tiens le volant, mais c 'est lui qui conduit. Tiens,

Walter a dit que tu portes ça tout de suite.

Avec des fleurs. Avec des lilas.

Lans. Et puis, tu passes à prendre à 8h au Saint -Benoît ? À la discothèque ?

Bon, si ça peut te servir. À la discothèque ? Ouais.

Il est parfait.

Bob, restez chez les messieurs. Notre premier petit touriste.

Mais non, on ne fait pas le zoo ici. C 'est un peu plus loin à droite. Un

scotch. Oui, voilà, voilà.

C 'est dur alors. On croirait qu 'il y a le feu, c 'est simple.

Et pour vous?

Un scotch.

Un scotch, bien.

Pardon, monsieur.

Appelez -moi Bob, comme tout le monde.

Vous connaissez monsieur Walter?

Si je connais M. Walter, c 'est trop drôle.

Évidemment, M. Walter vient ici tous les jours.

Je pense qu 'il a pu me faire rire certains soirs, vous savez.

C 'est pas croyable.

C 'est une force, cet homme -là. Une vraie force.

Et sans parler de l 'intelligence.

Vous savez, quand on parle du nous... Bonsoir.

L 'atome, elle a changé, mais Wittmann l 'a étendu d 'une balle. Une, pas deux.

Wittmann, du Washington Post.

Un sacré tireur. Un beau gros chevalier.

Il a chassé le pauvre un peu partout avant d 'être dévoré par les démocrates.

Il est un spécialiste. Il chasse encore le lion dans la classe.

Formidable. Il reste exactement trois lions dans la classe.

J 'ai chassé une fois dans le secteur.

On s 'est baladé dix jours avant de les rencontrer.

Bonsoir. À ce moment -là, on m 'a supplié de les laisser en vie.

Ils doivent faire partie du syndicat d 'initiative.

C 'est un bon sujet de transportage ? Comment savez -vous ? Vous pouvez les

reconnaître ? Ah oui.

Oui, tenez, par exemple, mon histoire de Chartreux.

Eh bien, vous auriez dû sauter dessus.

Formidable ! Non, mais regardez -moi un peu ce gars -là.

Je l 'ai vidé hier soir de mon compartiment. Et ce matin, mon journal

en train de me donner des conseils.

Moi, je trouve ça bête.

Scotch ? Scotch. C 'est pas mauvaise, ton idée.

La vie secrète des Chartreux.

Mais pas nouveau, tu sais, tu l 'as déjà vue.

Et ça ?

Combien ? Si vous prenez le reportage avec, on pourra s 'arranger.

Permettez.

Bob. Monsieur Walter.

Donne.

J 'attends demain au journal.

Vous avez tapé dans l 'oeil.

Simulateur ou paranoïaque.

Nous tenterons demain d 'analyser les mobiles de ce Landru d 'un nouveau genre

signé Louis Commander.

Heureusement qu 'il lui reste ce moyen -là de donner de ses nouvelles.

Il envoie aussi des télégrammes ? Non.

Oui ? Situation stable,

stop.

Appartement vu, stop.

Je t 'aime, stop.

Peux -tu être ma femme, stop.

Louis, commandeur.

Et vous avez répondu ? J 'arrive.

Signez Eva, commandeur.

Conformément à la loi, je vais vous donner connaissance des articles 212,

214 et 215 du Code civil.

Article 212.

Qu 'est -ce qu 'il a ? Il ne marche plus.

Qu 'est -ce qu 'il marchait ? Tu parles.

Très bien, je viens de l 'acheter au marché aux puces.

Il était rigolo, tu sais.

Il faisait...

Ah,

et après ? Après, il recommençait.

Oui, mais après ?

Non, mais t 'as fini.

Allez, descends de là.

L 'électricité, c 'est un travail d 'homme.

Et si tu bouges, gare.

Tu ne pourras bouger, toi.

L 'électricité, ce n 'est pas urgent.

C 'est quoi, Zanier, maintenant?

La guitare.

C 'est très bien, très bien.

Il faudra être... Où est -ce que ma femme a bien pu mettre les clous ? Elle

toujours derrière, derrière... Non ! Téléphone ! Oh, grande brute

! T 'es d 'accord avec la petite brute, hein ? Oh, Louis ! Oui ?

D 'accord.

Hein ? Oui.

Je pars pour Madrid.

J 'ai un grand reportage.

Je peux pas faire autrement, tu comprends ? Je peux pas refuser.

Tu comprends ? Oui, je comprends.

C 'est rigolo, hein ?

Il est rigolo.

Il court tout le temps. Oh, pour ça il est rapide.

Il lui arrive même de sauter par -dessus les copains.

Je suis content, tu sais.

Très content.

Tu nous as envoyé du bon boulot.

D 'excellents boulots.

Je t 'ai contenté de piser ce qu 'il fallait piser.

C 'est exactement ça que je voulais.

D 'accord.

Je ne devrais pas te le dire, mais il y a des moments où tu m 'entelles Walter.

Ça y est, foutez -vous de moi. Qu 'est -ce que tu dis ? Je t 'ai élevé à la

droite du Seigneur.

À partir de maintenant, tu as ta secrétaire et ta ligne directe.

Comme ça, ta femme peut t 'appeler sans passer par le standard.

Ils m 'avaient caché que tu étais marié.

Le journal est une chose, ma femme en est une autre. Exact.

Elle est gentille au moins.

Allez, file.

Je ne suis pas jaloux.

Qu 'est -ce qui se passe ? On t 'a pas prévenu ? Jérôme a prévenu que tu

d 'abord au journal.

Louis, ne me lâche plus, ne repars plus jamais.

Qu 'est -ce qui te prend ? C 'est vrai.

Ah ben, t 'es joli.

C 'est malin.

Enfin, Eva, tu connais mon métier.

Tu sais bien que je peux pas faire des reportages en pantoufles.

Je suis parti les jours, mais je repartirai.

Et ça, tu le sais, tu le savais.

Moi, je sais qu 'une chose, c 'est que je t 'aime.

Moi, je ne t 'aime pas.

Tu fais même bien d 'en parler.

Tu vas voir que je pense à toi même quand je suis à Marie.

Allez, viens, approche.

Tu n 'embrasses pas ?

Je suis belle de t 'aimer comme ça.

Ah oui.

Ça y est.

C 'est tout le saut.

C 'est pas ma colonne ? C 'est ta colonne d 'abord.

Quoi ? Eh oui.

Alors ? C 'est donné.

Elle s 'en va.

Tu t 'as dit ? Oh, c 'est malin.

Sous

-titrage Société Radio -Canada

Tu dormais ?

Merde,

merde, merde, merde.

Qu 'est -ce que t 'as ? Tu me regardes comme si je le faisais exprès.

Oui, il est tard, je sais.

Je rentre de plus en plus tard.

Je suis sorti avec Walter, puis après.

Je ne me distrais pas, moi, je me détends.

Ce n 'est pas un crime de se détendre, non ? Tu ne vas pas me demander un alibi

? Ah, c 'est formidable.

Un juge.

Je trime toute la journée. Qu 'est -ce que je vois en rentrant ? Un juge.

La magistrature couchée.

Je serais bien d 'en faire autant.

Je sais très bien ce qui te manque.

Une rote du soir.

Pour t 'atteindre ? C 'est joli, ça tient ? Oui, c 'est très joli.

Seulement hors de propos.

Parce que dès demain, tu fais ton entrée dans le monde.

Chez Sandra Ziller, la dictatrice de la mort. Mais c 'est grotesque ! Mais vas

-tu me dire de quoi nous aurons l 'air ? D 'invité.

Et de toute façon, j 'ai promis que nous aurions assez de soirées et nous irons.

T 'as assez visité les squares, non ? Il faut que tu sortes.

Moi, je vais te voir un smoking.

Ridicule, nous serons ridicules ! Oh, oui.

Oui.

Oui, oui, oui.

Ah, Manteau -Glussen ! Manteau -Glussen !

Quoi ? C 'est pas... Je crois.

Oh, ben, dis donc ! Oh, ben, dis donc ! Qu 'est -ce que tu fais ? Oh, mon Dieu

! Mais non, écoute... Ne bouge pas ! Ne bouge pas, je ne veux pas que tu bouges.

Je t 'ai demandé d 'apprendre une bonne.

Que tu n 'aies pas à sortir.

Je n 'en comprends rien.

C 'est comme ça qu 'on tombe dans les escaliers ou bien qu 'on se fait

par un vélo.

Ne pas sortir, c 'est la sécurité.

Pour aller sur son brasilaire, il faudrait bien sortir, non ? Comment,

sourire idiote ? Il n 'y en a pas question.

De toute façon, ce n 'est pas un endroit pour un père de famille.

Merci, ma petite enfant.

La femme est ravissante. Merci.

Et très jeune avec ça. Merci encore.

Mais pourquoi tu ne m 'en as pas parlé plus tôt ? Parce que ça ne regarde pas

tout Paris.

Jaloux ? Tiens, voilà marchand.

On cherche de présent Jean -Jacques Marchand, le critique le plus féroce de

Paris, monsieur. Mais nous le connaissons.

Comment va, commandaire ? Ça va. Et vous, victime du devoir ? Et d 'un

de charme que j 'avais un peu abîmé. Est -ce que vous êtes saouls tous les deux

? Je m 'en les coupe.

Je les coupe, hein ? N 'est -ce pas ? Tu connais ma terrasse ? Non, je ne

connais pas ta terrasse. Je vous l 'enlève.

Si nous allions boire un verre à la cuisine.

Bonsoir.

Naïf ?

Comment trouves -tu ma robe ? Très bien.

Toute cette étoile.

Il faut que je me sente libre là -dedans.

Eh bien, reste -y parce que la liberté, c 'est sacré.

Mais...

journal, voyons.

Mon cher, je ne parle pas qualité, je parle chiffre.

C 'est net le tirage fléché.

Dans l 'immédiat, je ne suis pas inquiet.

Maltaire est très fort.

Il est aussi très cher.

C 'est important.

Très heureux.

Oh, il est gentil. Il est gentil.

Nous -mêmes, commandeur, j 'ai l 'impression que tu bois un peu, non ?

Que veux -tu que je fasse ? Tu as raison, amuse -toi. Amuse -toi.

Ah,

vous voilà.

Allez, allons.

On peut se plaire comme des fûts, on ne va pas moisir ici.

Tiens, il est là, celui -là.

Oh, mais qu 'est -ce que ça peut... J 'ai déjà vu sa tête.

Moi, j 'aimerais la voir dans un panier de sueur.

C 'est Bruni.

Le politicien ? Politica, oui, une véritable ordure.

Son rêve, mettre la main sur le journal.

Il a déjà glissé un type dans mon conseil, vous dame.

Ah, c 'est pour ça ? Allez, viens, je t 'emmène. Non, inutile, laisse tomber.

Eva !

Merci, amour.

Votre mari a l 'esprit mal tourné.

C 'est Goudal qui a sorti ça, hein ? Oui.

Bruni a déclenché l 'offensive déficit -Valter.

Goudal marche aux ordres. Pas voyant.

Me permettez -vous une suggestion ? Vas -y, suggère.

Sans tomber dans la propagande, peut -être ne sommes -nous pas assez

? Paris -France est gouvernementale.

Un grand journal d 'information est toujours gouvernemental. Un journal du

peut très bien exciter l 'opinion au petit -déjeuner.

Prendre position contre n 'importe quoi, mais contre.

T 'imagines avoir inventé quelque chose ? Je vous ai entendu dire un jour, nous

n 'inventons jamais rien, nous exploitons. Moi, j 'essaie d 'expliquer

principes.

Votre mari a de la suite dans mes idées, chère madame.

C 'est le patron.

Je n 'en reste pas moins persuadé qu 'il y a un moyen de faire un éditorial de

choc sans s 'affilier à un parti.

Ah, nous sommes arrivés.

Bonne nuit, chère madame.

Bonsoir.

Bonsoir, toi.

Si je le trouve, ton moyen, je te pressigne.

Promis.

Moi, je pense comme Walter.

Et puis, tu as raison.

Il est très gentil, Walter.

Merci. Elle est mignonne.

C 'est du treuil.

Dis donc, j 'ai lu ton papier, c 'est beaucoup trop technique.

Je regrette.

Ce sont mes photos du meeting, monsieur le commandant.

Bon.

Alors, Simone, dans le dossier éditorial. J 'ai aussi tiré celle du

C 'est ça là ? Oui.

Merci déjà.

Oh, ce qu 'il est beau !

Il a changé, dites donc.

Il est bien nouveau, celui -là.

C 'est grâce.

Mais qui l 'engueule en ce moment ? Renoyard.

Je vais en profiter.

Qu 'est -ce que tu fais ici, moi, je me le demande, hein ? Je me le demande, qu

'est -ce que je fais ici ? Je vois que vous avez fini.

Renaud, peux -tu nous laisser ? Oh, j 'ai compris.

Vous avez cinq minutes ? Un quart d 'heure.

Si tu ne me parles pas de ton éditorial.

Je suis prêt.

Ah, bon sang, quand tu as quelque chose dans la tête, toi.

Ça fait six mois que je travaille là -dessus.

Si j 'avais foncé tout de suite, on aurait fessié.

Mais maintenant, je me sens prêt à attaquer.

Preuve en main.

Un petit scandale par jour, irréfutable et rigoureusement contrôlé.

Et absec quotidien à faire au lecteur.

La commission parlementaire, les syndicats.

Allez donc, tout y passe.

Ça n 'est valable que si tout y passe.

Allez donc.

Bon, je vais dire ça.

Le sang ne suffit plus maintenant.

Du pu à la une.

Parfait, parfait.

Oui.

Oui, elle est ici.

T 'inquiète pas.

Alors oui ? Qui ? Ah, passez la communication dans mon bureau.

Une souris.

C 'est de Mlle Dixie Personnel. Je sais.

Alors oui ? Lui -même ?

Désespéré, vous savez.

Si, c 'est vrai.

À 8h30, à la discothèque.

Parfait.

Alors, si on m 'appelle, je suis d 'abord à la maison, et puis après, à la

nature.

Bonsoir, monsieur.

Bonsoir, Julienne.

Bonsoir. Bonsoir.

Bonsoir, ma pisse.

Bonsoir. Oui.

Il y a de l 'âge?

Si, une surprise.

Une surprise?

Oui. Rentre, tu vas bien.

Hein? Hein?

Oh, Marielle! Ah, sacré lionel!

Ah, bon sang, ça me fait plaisir de te voir.

Sacré vieux lâcheur. Tu sais que j 'ai failli t 'écrire dix fois pour t

'engueuler?

Sacré vieux!

Hein ? Qu 'est -ce que tu penses de ça ? Il est beau. Quinze livres.

Tiens. Quinze livres, 350.

Et le caractère facile de son père. Tu vois comment elle me traite ? Martyr.

Tu ne vas pas te changer pour dîner avec André.

Mais tu sais bien que je sors.

Ça, je te l 'ai dit.

Tu crois me l 'avoir dit ? Mais enfin, Spac.

Spac dit à l 'ambassade de Belgique, il faut absolument que je le voie à mon

oeil. C 'est bête, mais enfin, tu auras Eva.

Et voilà.

Bon, plainte -toi, je te laisse pour toi toute seule.

T 'as encore une chance, parce que si Spac n 'était pas venu, je filerais à

Bruxelles. Toujours les dents longues, hein ? Et la mémoire courte.

Chaque semaine, il me promet une sortie en amoureux, et puis c 'est le ministre

des Affaires étrangères, et Walter, c 'est l 'imprimerie. C 'est ça, vas -y,

-lui tout.

Et puis toi, plein là, hein ? Au fond, on voit que c 'est tout de même

Quoi donc ? Un homme qui réussit.

Quand on aime la solitude, oui.

Sinon, au fait ! Tu m 'as pas dit ce que t 'étais venu faire à Paris, toi ?

Correspondant du Progrès, chroniqueur parlementaire. Ah ben bravo, comme ça je

te verrai à la chambre.

Tu y vas ? Ben souvent, oui.

Je crois que la politique t 'assommait. Mais depuis six mois, elle me passionne.

Et en attendant, je te retiens pour le déjeuner de demain.

Avec joie.

Et moi pour le dîner de ce soir, c 'est plus sûr.

Merveilleux. Nous allons d 'abord assister au repas du chaud.

Je parie que vous n 'avez jamais vu un biberon de votre vie.

Pas depuis 42 ans.

Vous savez -vous qu 'il est jaloux ? Bruni, jaloux ? Comme un père.

S 'il était au courant de cette soirée, il est capable de vous faire balancer du

journal. Je vais d 'abord en parler à Walter.

Walter ? Alors là, un conseil.

Si vous tenez à jouer gagnant, changez vite de cheval.

Petite futée.

Vous connaissez peut -être Bruni ? Oui.

Selon moi, je connais le journal.

Et la principale force de Walter, c 'est d 'avoir su s 'entourer d 'hommes sûrs.

Vous, par exemple ? Voilà, Hirsch, Renoir et quelques autres.

Si vous n 'avez rien de mieux à faire vendredi soir, allez donc dîner chez

Laurent.

Brunissera l 'un, entouré lui aussi d 'hommes sûrs.

Hirsch, Renoir et quelques autres.

Qu 'y a -t -il d 'amusant ? Tout.

Mon nid, Hirsch, pourquoi pas moi ? C 'est bien pour ça que je vous dis de

venir.

C 'est insensé.

Madame, monsieur.

J 'espère tenir une table, monsieur commandeur. Parfaitement. Par ici,

dame.

Le 8 pour monsieur commandeur.

Oh, attention à la marche. Pardon.

Madame.

Hein ? Comment trouves -tu ça ? C 'est extraordinaire, mon chéri.

Mais pourquoi tu as choisi un endroit aussi extraordinaire ? Parce que c 'est

jour extraordinaire.

Deux ans de mariage, ça compte, non ? Ça compte même d 'où.

Tu te souviens de la Terre du Sacré -Cœur ? Pardon.

Monsieur a bien commandé Melon Porto, Poulard de France Suprême et Château

Lafite. 47.

Bien entendu.

Cette table plaît à Madame Commandeur ? Merci.

Elle me plaît, mais j 'aimais bien aussi le petit restaurant à Montmartre avec

ses petites nappes en papier.

Moi, je trouve ça irréprochable.

Qu 'est -ce qui est irréprochable ? Notre amour ou la nuit de soirée ? Notre

amour ? Mettons, notre amour en nuit de soirée.

Ah ben ça alors.

Fia. Rien de pas saloperé, j 'espérais.

Tu connais ces gens ? Quelques -uns, oui.

Le requin à manière de colombe, là, c 'est Bruni. C 'est le politicien dont je

'ai parlé.

Cette jeune femme qui est avec eux, qui est -ce ?

C 'est la maîtresse de Bruni.

Est -ce que je la trouve vulgaire ? Oui, bien sûr.

Pourquoi bien sûr ? Je vous demande pardon, madame.

Bruni voudrait vous connaître.

Alors, venez prendre le café avec nous tout à l 'heure.

Tous les deux ? Écoutez, je suis très flatté que Bruni veuille me connaître,

mais je crains fort que notre présence ne prête des conclusions ratives.

Un peu, oui.

Rassurez -vous.

Des conclusions hâtives engendrent souvent des conclusions.

Excusez -moi encore.

À tout de suite.

Louis,

il reste entendu que cette soirée est à nous.

Évidemment. N 'allons pas rejoindre ces gens ? Écoute, je... Et tu quoi ? Ce

soir, je vais peut -être apprendre des choses très graves.

Mais je n 'ai pas envie justement ce soir d 'apprendre des choses graves.

Et puis ces gens me sont sentis pathiques. J 'aurais rien à leur dire,

Mais la fidélité n 'est jamais ridicule.

Jamais.

Ah, vous avez vraiment de jolies conceptions.

Votre indifférence, votre égoïsme, vous appelez ça de l 'indépendance.

Chacun sort de son côté, mais c 'est un ménage moderne.

Tous les abondons, toutes les tromperies vous sont bonnes. Vous appelez ça des

concessions. Moi, pas.

Évidemment, je date un peu.

Mais pourquoi une femme heureuse n 'aimerait -elle pas que son mari ?

Vous vous voyez dormir toute la vie avec le même homme ? Je parlais d 'amour,

mademoiselle. Mais moi aussi.

Je connais des jeunes filles très bien qui ont eu des talamans.

Chère et douce amie, madame commandeur a choisi un cas très exceptionnel.

Celui d 'une femme comblée.

Le mien, cher monsieur.

Et je n 'évoquais pas simplement la fidélité en amour, ce qui est vraiment

moindre des choses, mais la fidélité dans la vie.

Vous êtes exigeante.

Tyrannique.

Jeremy, après ce brillant exposé de Mme Commander, si nous allions prendre un

peu l 'air.

Vous nous excusez ? Malgré ce que vous venez de dire, maintenant que M.

Commander est parti, me permettrez -vous de vous faire un peu la cour ? Je ne

savais pas que votre femme fût une aussi brillante avocate.

Moi non plus.

Paris est un jardin merveilleux, n 'est -ce pas?

Vous n 'êtes pas sensible à la nature?

Si, si.

L 'odeur des arbres le soir.

L 'odeur des fougères quand il a plu.

Oui, c 'est exact.

Mais pourquoi particulièrement les fougères?

Pour rien, il y a une réminiscence.

Nous sommes entre poètes.

Walter m 'a parlé de votre idée d 'éditorial. Je trouve ça excellent.

Je lui ai dit, vous savez le bien que je pense de vous.

Et qu 'en pense Walter ? Mais... Nous sommes dans notre poète, n 'allons pas

nous gêner.

Il vous trouve un peu jeune.

Mais qu 'est -ce que la jeunesse vient faire là -dedans ? Oui, je lui ai dit

aussi, ou votre éditorial est bon ou il n 'est pas bon.

Ah, mon cher, si le journal m 'appartenait.

Votre idée d 'éditorial aurait un fameux sort.

Merci.

J 'ai suivi vos efforts au journal.

Oui, Bruni aussi.

Vous êtes de l 'école de Walter, sans aucun doute, mais en plus subtil, plus

nuancé. Tenez, un exemple.

Vous avez compris l 'importance du facteur politique.

Eh bien, Bruni prétend que dans quelques années, appuyé par l 'UNI, vous

pourriez devenir député.

Ah non, mais c 'est très sérieux.

Vous savez, Bruno ne plaisante jamais.

Mais Walter non plus.

Et jusqu 'à preuve du contraire, il conserve sa majorité, non ? Vous savez,

renversements d 'une majorité, c 'est chose quotidienne, mon petit.

Vous savez l 'intérêt amical que je vous porte. Je sais que vous êtes derrière

moi, mais moi, je suis derrière Walter.

Je vois.

C 'est ce que Madame Commandeur appelle la fidélité.

N 'est -ce pas ?

En attendant de me bombarder ministre, il m 'a collé un de ses moteurs.

Ça, c 'est le résultat pratique.

Que comptes -tu faire ? Je vais prendre de l 'aspirine.

Non, mais au sujet de Walter.

Quelle question ? Je vais le prévenir.

Ma fidélité.

Oui, c 'est ce que m 'a dit Goudal.

Ça a l 'air d 'amuser tout le monde, ma fidélité.

Il y a les soirs comme ça.

Tu sais que je t 'aime.

Je sais que tu m 'aimes.

Tu me l 'as même dit à table devant dix personnes.

Exprès.

Je voulais que tout le monde sache qu 'il n 'y a rien à faire contre nous

Tout ce qui pourra t 'arriver m 'arrivera.

J 'aimerais seulement que ce ne soit jamais quelque chose de laid.

Je connaissais la maîtresse au premier.

Maud ? Oui, cette jeune femme.

Je l 'ai rencontrée une fois.

Par hasard.

Prends -tu cette manie qu 'on a de toujours vouloir que l 'homme qu 'on

soit exceptionnel ?

Voilà, ici, il faudrait une grande photo.

Détourée, hein ? Voyez comment on dure pour ça.

Bon, ben d 'accord.

Là, l 'enquête de Dutreuil.

Vous l 'annoncez en bandeau ? Bon.

Ah,

ben voilà, toi.

Alors, où étais -tu fourré, hein ? Je parlais justement de l 'enquête de

Dutreuil. Ben, moi, je voudrais vous parler de... Bon, ça va.

Vous voulez me parler ? Alors, grouillez -vous, hein.

Pironoir, dites à Bertrand de... Et alors, chéri ? Mais oui.

Alors, vous voulez me parler de quoi ?

De ce retard malencontreux.

Mon fils n 'était pas très bien, alors j 'ai voulu attendre le docteur.

Rien de grave, non ? Avec les gosses, on ne sait jamais.

La fièvre ? 38 ,2.

J 'ai toujours entendu dire que la fièvre chez les enfants ne signifiait

grand -chose. Chez les enfants des autres, non. Chez les siens, c 'est

différent.

Moi, si j 'avais des enfants, je les ferais élever en Suisse, en altitude.

L 'air des villes ne leur vaut rien.

À nous non plus, d 'ailleurs.

Le problème de l 'enfance citadine m 'a toujours préoccupé. Vous donnez dans le

social depuis quand ? Allô ? Ah,

pauvre mon cher.

Dis que tu es en conférence.

Allô, oui ? Ah, c 'est toi.

Hein ? À ce point -là ? Bon, ben, j 'arrête tout de suite.

Je m 'excuse, mais ça ne va pas du tout à la maison.

Bruno a des convulsions et... Il va foutre le camp.

Vite, mon vieux, vite ! On est en train de lui faire une piqûre.

Petit ange, ça lui a pris dessus dans le cou. Il se débat tellement. Vous pensez

qu 'il a près de 40.

Madame lui a fait tout de suite des enveloppements, mais rien à faire. Oh, c

'est terrible, monsieur, terrible ! Couvrez -le bien.

Qu 'est -ce que c 'est ?

C 'est assez grave.

Je crois l 'aménager.

Nous avons fait tout ce qu 'il fallait, mais l 'effet de la streptomycine ne

peut pas se faire sentir tout de suite. Il faut attendre. Mais vous croyez

que... Mais en attendant... Certains de mes confrères conseillent le mélange

pénicilline -streptomycine.

Vous savez.

Je veux dire si la fièvre continue de monter, docteur.

Qu 'est -ce que vous voulez faire?

J 'ai lu qu 'avec des bain -tièdes, on devait... Enfin, on pouvait faire tomber

la température d 'un degré ou deux.

Oui, oui, moyen mécanique.

Essayez toujours.

Vous arriverez peut -être à écarter la menace de production.

Après tout, ce n 'est même pas une mauvaise idée.

Voilà.

Fais

-moi

manger quelque chose, mon chéri.

Je t 'aime, tu sais.

39 ,4.

Va te reposer un petit peu.

Ne pleure pas, mon chéri.

Bruno est mort.

Pourquoi?

Le blanc figure, dit -il d 'une fois suave.

T 'es pas mort, toi ? Ah, voilà le vénère devant qui le champion du monde

casse la figure et qui oublie de prendre la photo.

La voiture venait droit devant moi.

Tu parles d 'une trouille. Vous expliquerez ça à Commander, mon chéri.

augmentera sûrement.

Eh bien, qui s 'occupe d 'abord de lui ? Parce que son papier d 'hier ne valait

pas un chipet. J 'ai cru que c 'était du coup. Non, là, tu exagères.

Quand même pas.

L 'arc -bus de Jojo entrera en action. Tu parles.

C 'est vrai que depuis cinq ou six mois, Commander est drôlement embête.

Qu 'est -ce qu 'il a ? Il a que du sac, je lui range les foies.

Et puis un visin de peur.

Je suis content du sac, je suis très content.

Tu nous as fait du bon boulot.

Hein, l 'éditorial ? Que vous avez -je dit, monsieur ? Qu 'est -ce que vous

faites maintenant ? Vous venez au bar ? Du sac, pain, verre. Merci, du travail.

Depuis trois mois, c 'est la quatrième fois que Walter repousse votre projet d

'éditorial, si j 'ai bien compté.

Vous avez très bien compté.

Mais en ce moment, vous espérez quoi ? Qu 'est -ce que vous calculez ? Qu 'est

-ce que vous espérez ? Moi ? Mais Lussac, lui, espère beaucoup.

C 'est normal.

Il a votre âge, c 'est un ancien trotskiste.

Un genre de phénomène dont Walter raffole.

Quel rapport ?

Aucun ? Vous proposez un éditorial de choc et Walter s 'emballe sur un

dynamiteur. Ça me coïncidence ? Voilà.

Eh bien, il n 'en est pas question.

Lucek ne fera jamais l 'éditorial.

Jamais.

Vous m 'entendez, Poudal ? Il n 'en est pas question.

Pas question devant vous.

Moi, à votre place, je surveillerai de très près la une de ce soir.

Au revoir, mon cher.

Oui ?

Je peux entrer ? Qu

'est -ce que tu as, mon amour ? T 'as l 'air joyeux.

Mais tu as raison, je serre un peu trop les dents en ce moment.

Il fait beau dehors ? Ben oui.

Alors emmène -moi faire un tour au bois.

Une promenade ? Oui.

Une promenade pour le tout seul ? Mais chérie, qu 'est -ce qui se passe ? Ah,

madame commandeur.

Mais savez -vous qu 'on ne vous voit pas assez souvent ? Évidemment, il n 'y a

qu 'appartement votre mari.

Ce soir, je vous l 'enlève.

Ben transigeons, dînons tous les trois.

Je voudrais te dire un mot. Non, ce soir, les commandeurs sont de sortie.

Ah, eh bien, tant pis. Je te parlerai de ce télégramme un peu plus tard.

Madame ? Que dit ce télégramme ? Euh, Berthier démissionne.

Oui, il se lance dans le cinéma.

Brôle d 'idée.

C 'était notre correspondant à Madrid. Il va falloir absolument trouver quelqu

'un pour le remplacer.

Tu sais tout le travail qu 'il reste à faire là -bas, hein ? Aimez -vous l

'Espagne, madame ? Je ne sais pas.

Moi, je n 'y suis jamais allée. Pas possible. Ta femme ne connaît pas l

? Soyez clair, Walter.

Vous êtes en train de penser que je pourrais faire un travail fou à Madrid.

C 'est bien ça, n 'est -ce pas ? Il y a toujours affaire à Madrid.

Je me rappelle, après la guerre civile... Bon, on parlera de tout ça.

Chère madame, je vous l 'envoie.

On doit se faire au marbre.

Ne marche pas si vite.

Tu vois, tu ne sais même plus te promener.

Laisse -moi te guider.

Regarde les arbres.

Ils sont presque aussi vrais que ceux de... Tu te souviens ? Si, en ce moment,

je serais plutôt à Madrid.

À Madrid.

Mais Walter disait ça en l 'air. Il a trop besoin de toi ici.

En dehors de lui, il n 'a besoin de personne, Walter.

Tu te souviens de ce que disait Morienne ? Il te pressera comme un citron et

puis... Goudal m 'a ressorti exactement la même chose, avec des formes.

Pourquoi tu parles toujours de Goudal ? Pour rien.

Ah, je le déteste.

Évidemment, il n 'a pas le bon rire, Franck Valterre.

Non, écoute, mon chéri, il faut que je reparte au journal.

Ma soeur, c 'est un pote.

Bien, ce gars.

L 'une de vous a -t -elle tapé un article de M. Lussac ? Lussac ? Lussac

? Ah oui, c 'est l 'éditorial.

Voilà.

L 'arbitraire dans la répartition fiscale.

Bravo, la génie des titres.

C 'est passionnant, avec ça, on va tirer 100 000 de plus.

Au moins.

Mais qui est -ce, M. Lussac ? Toi, du départ.

Le nouveau citron de Walter.

Il n 'en sait pas.

Et voilà.

Et maintenant, il me nomme correspondant à Londres. Un remplacement de six mois.

Ah, mais décidément.

Les questions que nous partions pour Madrid.

Une ville, paraît -il, très pittoresque. Ah oui, oui, très.

Tiens, voilà l 'eau.

Tu ne vois rien ?

Oh, André ! Comment vas -tu ? Tu vas bien ? Donne -moi un peu d 'aspirine. Tu

claques ? Tu sais qu 'André nous quitte ? Il est nommé correspondant à Londres.

Oui, intéressant.

Pas trop, tu sais.

Tu vas y aller ? Si tu veux, faut bien.

Là ou ailleurs.

Au moins que j 'aurais préféré vous rejoindre en Espagne.

Oui,

justement, je disais à André. Quoi, cette proposition de Walter ? Tu

? J 'ai pas du tout envie de voyager en ce moment, figure -toi.

Ça se tombe jamais, ça.

Excuse -moi, j 'ai un coup de fil à donner.

Il devrait se ménager.

Il compte un peu trop sur ses nerfs.

C 'est des autres aussi, parfois.

Alors ? Ici M.

Commandeur. Je voudrais parler à M.

Goudal, s 'il vous plaît.

Goudal ? Goudal, oui.

Allô, Goudal ?

Bonsoir, mon cher. Ici, commandeur.

Eh bien, vous aviez raison.

Toujours, ça, j 'en sais rien, mais en tous les cas, ce matin, oui.

Pourquoi je m 'en ferais ? Je vais pas changer Valter, non ? Pardon ?

Débarquez.

Bon. Bon, alors, à samedi, 3h, chez vous.

Bonsoir.

Qui est débarqué ? Goudal ? Walter.

Quoi ? Walter débarqué de son journal ? Du journal.

La chose ne sera définitive que samedi.

Déjeuner des actionnaires chez Goudal.

Est -il attendu pour le dessert ?

Tu peux parler, tu sais que je ne joue pas au secret.

Louis,

si tu m 'aimes encore, tu n 'iras pas rejoindre ces gens.

Oh, je t 'en prie, pas de chantage.

Mais si Walter est débarqué, tu dois le suivre. Tu ne peux pas suivre quelqu 'un

qui vous lâche.

Walter a essayé de m 'avoir, moi j 'ai juré qu 'on ne m 'aurait jamais plus.

Personne. Et aujourd 'hui ton serment t 'arrange.

J 'ai toujours suivi Walter.

Oui, quand il était le plus fort.

Oh non, non. Le coup des fougères, ça va, hein ? Mais tu es ignoble.

Peut -être.

C 'est le moment où je ne veux pas finir dans la pôle amorienne.

Il est en retard, quoi.

Le petit commandeur est impatient, certes, mais très attaché à Walter.

Voyons, Hirsch. C 'est tout de même nous qui l 'avons fait, commandeur. Nous

avons fait aussi, Walter.

Pourquoi ne pas essayer Renoir ou Ducourt?

Renoir est un besogne obscur. Ducourt est un crétin notoire.

Et puis, commandeur a la confiance de Brunier. Mais il n 'est pas là.

Monsieur le commandeur est là.

Il faut remonter la pente et vivement.

Mon cher commandeur, venez.

J 'ai invité quelques amis car naturellement je ne suis pas seul dans

affaire.

Messieurs, monsieur commandeur.

Tu es venu faire un tour ? Vous croyez que j 'étais déjà parti ? Je viens d

'apprendre. Tu viens d 'apprendre quoi ?

Personne

ne t 'avait mis au courant ? Je viens d 'apprendre que vous ne faites pas le

journal ce soir.

Ni ce soir, ni demain soir.

Tu n 'as pas l 'air content.

L 'acteur en chef à ton temps, c 'est pas mal, tu sais.

Pas mal du tout.

Écoutez -moi, Walter.

Yvonne ! Monsieur ? Faut pas descendre tout ça dans ma voiture.

Oui, monsieur.

Ma vieille Hamilton est toujours au -dessus ? Oui, monsieur. Vous voulez...

bougez pas.

C 'est voir un peu ta tête, hein ? Eh ben, quoi sur ça que je vais pas

un cancer, hein ? Allez, au revoir.

Pas le terme.

Pardon.

Monsieur le commandant, ces messieurs vous ont réclamé de la salle du conseil.

Ils vous attendent.

Pas le terme !

Vous ne partirez pas sans m 'avoir écouté.

Vas -y.

Mais vite.

Vous pensez que je suis un salaud ? C 'est une opinion.

Mais maintenant encore, je suis prêt à partir avec vous.

Ah.

C 'est gentil, ça.

Et puis, nous pourrions emmener Goudal.

Hein ? Pourquoi pas ? Et le sac aussi.

Le sac.

Vous voyez ce que je veux dire ? Éditorial.

Vous savez le petit révolutionnaire à qui vous avez confié mes dossiers ? Puis

pendant qu 'on y était, il fallait me demander de réécrire ses papiers.

Comme ça, ça ne leur a laissé plus de temps pour vous passer la brosse.

Bien entendu, M. Walter. Vous êtes du tonnerre, M. Walter.

Vous m 'excuserez, mais moi, je n 'ai pas du tout de disposition pour jouer

putains.

Vingt fois, j 'ai refusé les offres de Goudal, vous m 'entendez ? Parce que si

vous ne le savez pas, il y a un bon moment que vous la propose, votre place

place ? Doucement, hein ? Pour l 'instant, tu te glisses à mon bureau.

Pas à ma place.

Ah oui.

La grande figure de Walter, ça se remplace pas, hein ? Les grandes colères

Walter, ça, c 'est de l 'histoire.

Bien bonne histoire.

Le grand refrain de Walter, l 'amitié de Walter.

Je me suis bien laissé prendre.

Ces messieurs viennent de rappeler.

Ils s 'impatientent.

Monsieur le commandeur, le nouveau conseil d 'administration de Paris

qui m 'a appelé à sa présidence, me charge de vous transmettre l 'offre

suivante.

Monsieur Walter, ayant sollicité sa liberté, le conseil d

'administration vous propose d 'assumer la rédaction en chef du journal.

L 'unanimité s 'est faite sur votre nom.

Car nous avons considéré que de tous les collaborateurs de M. Walter, vous étiez

son seul disciple véritable.

Notre conseil se félicite de rendre hommage par ce choix à l 'effort

ici par M. Walter. Cet hommage, je m 'empresse de le dire, s 'adresse tout

autant à celui qui m 'a précédé à cette place.

Je veux nommer M.

Hirsch.

M. Commandère.

Voici ce que nous avions à vous dire.

À vous de nous faire savoir si vous acceptez notre affront.

Oui.

Même encore, il n 'y aura pas un ange.

Oh, je t 'en prie, pas de chantage.

Mais si Walter est débarqué, tu dois le suivre. On ne peut pas suivre quelqu 'un

qui vous lâche.

Walter a essayé de m 'avoir. Moi, j 'ai juré qu 'on ne m 'aurait jamais vu.

Personne. Et aujourd 'hui, ton serment t 'arrange.

J 'ai toujours suivi Walter.

Oui, peut -être qu 'il était le plus fort.

Peut -être.

C 'est le moment où je ne veux pas finir dans la polémorienne.

Eh bien, monsieur le commandant.

Vache, ces trucs -là.

Il n 'y a même pas moyen de tricher.

On y voit que dalle, ici.

900 et 100 qui font 1000.

Mademoiselle, mademoiselle, votre monnaie.

Eva ?

Eva

? Monsieur ?

Oui, madame.

Je ne sais pas, monsieur.

Madame est sortie tout de suite après monsieur.

Je lui ai demandé s 'il fallait préparer le dîner.

Elle m 'a dit...

Dîner de monsieur, c 'est tout.

Et vous avez trouvé ça normal ? Non.

Vous allez me prévenir ? J 'ai téléphoné au journal.

Monsieur était en conférence.

Le bourreau d 'un Messie fait des mitrages !

... ... ...

Bon alors à la 5, t 'es un petit idiot, tu vas le foutre à la place. Bon d

'accord. Non, encore quoi de marre toi ? Oui.

Bon, ça va comme ça ? Oui, mais t 'as pas assez de sortir le titre là. En

je me crois qu 'on est pour le fait.

Eh, prête -toi.

Qu 'est -ce que vous pensez de ça maintenant ?

Bon

d 'accord.

Au revoir, c 'est la 9.

Ça va bien, patron, une minute.

Ça va bien.

La première, monsieur le commandant.

Vous n 'avez plus besoin de moi, M.

Commandeur ? Non, seul.

Je suis bien content pour vous, vous savez, M.

Commandeur.

Merci.

Vous pouvez aller dormir, mon Dieu.

Merci, monsieur.

Alors, Juliette ? Madame Edel... Je n 'ai rien.

Non, non, je rentre tout de suite.

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