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On va oĂą ?
Tout va bien.
Robert nous attend.
- Viens. - Doucement.
HĂ©, madame ! HĂ© !
Émile ?
Ça va ?
C'est Joanne, Émile.
C'est Joanne.
Joanne ?
Émile.
Bonjour.
Ça commence pas mal, on s'est trouvés.
Désolé pour le retard, j'ai galéré...
C'est pas grave.
OK, bon ben, t'es... ... t'es prĂŞte, hein ?
On y va ?
Olé.
- Je les mets oĂą, les... ? - Donne.
Eh ben !
On est bons.
La destination, t'as une idée ?
C'est ton voyage, je te suis.
C'est un peu... ... ton voyage aussi, hein.
Moi, je m'en fous. On prend une carte, on ferme les yeux.
Les Pyrénées ?
OK.
Tu m'as dit de choisir.
Ouais, c'est pas faux. Euh...
Tu connais les Pyrénées, c'est ça ?
Ouais.
OK, bon ben...
Va pour les... [hésite] ... Pyrénées.
"Jeune homme condamné par un Alzheimer précoce
"veut prendre le large.
"Recherche compagnon ou compagnonne d'aventures
"pour partager mon dernier voyage.
"Itinéraire à valider ensemble. Durée du voyage :
"un an maximum, selon les médecins. Possibilité d'écourter."
"Bonjour, Émile. Votre annonce a retenu mon attention.
"J'ai 27 ans, j'ai une bonne condition physique.
"J'aime la nature, la méditation,
"je suis végétarienne, je parle pas beaucoup.
"Je suis disponible tout de suite. Joanne."
♪ ... il faut simplement partir ♪
♪ Tu oublieras les sourires, les regards ♪
♪ Qui parlaient d'éternité ♪
♪ Tous ces mots que l'on jure De ne jamais oublier ♪
♪ Tu oublieras, tu m'oublieras ♪
AĂŻe, aĂŻe, aĂŻe.
Y a que ça comme musique.
Hop lĂ .
C'était dedans, je te rassure.
C'est pas Ă moi.
L'ancien proprio a dĂ» la choisir pour moi.
Par rapport aux paroles.
Je peux acheter une nouvelle radio.
Si tu veux.
- Je peux chanter. - Le silence, c'est bien aussi.
OK, ouais.
Je le prends pas mal.
Au fait, j'ai pas de carte bancaire non plus.
Pas de carte, pas de téléphone. Rien qui puisse me tracer.
Notre GPS,
c'est ça.
Et dans la boîte à gants, y a de quoi vivre pendant...
Pendant longtemps, hein. VoilĂ , tu sais tout.
OK.
Des questions ?
Non.
Garde ton téléphone, si tu veux.
Juste, évite de poster des photos.
Pas de téléphone.
Ça me va.
OK.
Bon.
Tu me diras pourquoi t'es lĂ ?
- Je crois pas. - Pourquoi ?
OK.
Et tu t'en fous de savoir pourquoi je me suis barré ?
Je comprends.
Ouais, mais je pourrais avoir tout inventé.
Je pourrais ĂŞtre un psychopathe.
T'as pas peur que je te bute ?
Je pourrais te découper et te foutre dans le coffre.
Je vais vomir.
- T'as vraiment envie de vomir ? - Ouais.
On va s'arrĂŞter.
Tiens.
Désolée.
T'inquiète, je suis pas pressé, moi.
Il me reste quelques mois.
Dis-moi, tu trouves que j'ai un humour Ă chier ou...
... t'as vraiment mal au cœur ?
- Ça va mieux, on peut y aller. - OK.
Donc c'est bien mon humour.
On est d'accord.
Allez, on y go.
Dis-moi juste, tu souris des fois, ou... ?
OK.
Ras le bol de la pluie. On voit pas à deux mètres.
Ça te va si on reste là , ce soir ?
Ça me va.
OK, du coup, ça va être sandwich-crudités, je crois qu'on n'a pas mieux.
OK.
Bon, parfait.
T'es pas contrariante comme fille.
- Attention, pardon. Ça va ? - Oh, pardon.
Pardon.
Dis donc, le noir, c'est ton truc.
Mine de rien, j'apprends à te connaître.
T'aimes le noir, tu parles pas.
T'es malade en voiture.
Et tu mets des chapeaux chelous.
Ça, t'aimes le noir.
Y a qu'une couchette, en fait.
Tu vois, t'as peur.
T'inquiète, je bouge pas.
Enfin,
il paraît, quoi.
C'est quoi, ce bordel, lĂ ?
HĂ©.
Je leur disais qu'on était en panne.
Vous avez les papiers du véhicule ?
Les papiers de qui, de Robert ?
J'ai pas mal de papiers, mais je sais pas oĂą je les ai mis.
- On est partis tĂ´t, ce matin. - Partis d'oĂą ?
- On s'en fout, non ? - Non.
Se garer sans papiers dans un cimetière, c'est interdit.
OK, euh...
Je vais voir Ă l'avant.
C'est pas ça.
C'est pas ça...
D'oĂą sort cet argent, monsieur ?
Mes économies, madame.
C'est pas lĂ , c'est peut-ĂŞtre...
lĂ -haut, lĂ .
- Oui, c'est lĂ . - Sachez qu'il a Alzheimer.
- Alzheimer ? À son âge ? - Une forme...
On me l'avait jamais faite.
J'ai pas mes loupes.
"Jeune homme condamné par un Alzheimer précoce prend le large
"pour un ultime voyage avec compagnonne d'aventures
"pour partager ce dernier périple.
"Itinéraire à valider ensemble.
"Durée du voyage : un an maximum
"selon estimation des médecins. Possibilité d'écourter."
J'imagine que la compagnonne, c'est vous ?
Ah, ça y est !
J'ai trouvé.
VoilĂ .
Qu'est-ce qui se passe ?
Y a quelqu'un qui est mort ?
OK.
Tu leur as dit quoi ?
La vérité.
C'est quoi, la vérité ?
- Que t'es malade. - Attends, Joanne.
Ça regarde personne, ça. Je vais bien. OK ?
OK ?
Si y a un problème, je...
On les fabrique, les problèmes. Tu vois un problème, toi ?
Tout va bien. ArrĂŞtons de se prendre la tĂŞte pour rien.
Ça va mieux ?
Ouais.
Si tu préfères, fais le voyage à pied.
Je veux dire, on te suit derrière, doucement, avec Robert.
Tu vois, en mode...
En mode voiture-balai.
Tu me dis, hein.
On pourrait faire une rando, dans les Pyrénées.
Attends. T'as fait une phrase de plus de trois mots, lĂ ?
Putain, c'est énorme.
T'es sûre que tu te sens bien ? Parce que c'est...
Écoute, pour fêter ça, on va la faire, ta rando.
Ça marche.
- "Ça marche", "randonnée"... - J'ai compris.
D'accord.
T'avais pas complètement tort.
Je suis quand même plus habitué à escalader les comptoirs de bar.
Tu vois ce que je veux dire ?
C'est pas toujours évident, d'ailleurs.
Contrairement Ă ce qu'on pense.
Putain, c'est beau.
On respire, ici.
Ça fait du bien.
Ça fait du bien.
On s'arrĂŞte pour manger ?
Ouais, j'ai repéré une auberge là où on a garé Robert.
Ça a l'air pas mal, ils servent jusqu'à 14 h.
Si on redescend maintenant, on peut y ĂŞtre.
Mais on verra pas la grotte
qui était l'objectif de la randonnée, et j'ai des sandwichs.
Oui.
Il faut que je te dise un truc.
Tu vois, ce voyage, lĂ .
C'est un peu ma clope du condamné, d'accord ?
T'es pas obligée de rester, mais...
si ça me fait chier de voir une grotte ou de bouffer des sandwichs,
je vais pas le faire, quoi.
T'es sûre que c'est par là ?
Oui.
On a faim, en fait, non ?
J'ai faim, moi.
J'ai faim.
J'ai faim.
Fais gaffe, hein.
Je crois que c'est pas tout à fait aligné.
Oh putain, on dirait ma mère.
C'est son anniversaire, aujourd'hui.
J'ai failli lui écrire, et puis j'ai pas réussi.
- Tu leur as dit que tu partais ? - Non.
Bien sûr que non.
Si je leur avais dit, je serais jamais parti.
N'essaie pas de les joindre.
Ni elle, ni mes potes, ni l'hĂ´pital. Personne.
On me renvoie pas lĂ -bas, OK ?
MĂŞme Ă la fin.
OK.
Je suis sérieux, là .
J'ai compris.
Oui.
Si t'arrives pas à lui écrire, y a d'autres moyens pour communiquer.
- Oui ? Genre, quoi ? - Je sais pas.
Écrire une chanson.
Peindre.
Écrire une chanson ou peindre ?
Oui.
C'est pas con, ceci dit, peindre.
Comme ça, tous les jours, elle s'extasie devant mes peintures.
"Qu'est-ce que c'est beau."
- Putain, un ours ! - Quoi ?
Dépêche-toi !
Je l'ai lu, y a des ours dans les Pyrénées.
- Bel ours. - Ça te fait rire, ça.
Je déteste les petits chiens.
"Le chien est le seul ĂŞtre capable de t'aimer plus qu'il ne s'aime."
Ouais.
T'es perdu, non ?
Oui. Il est perdu.
Ça sert à rien, ces trucs-là . Surtout les petits.
- Ça perd ses poils, ça pue, et... - Roxy ?
Roxy ?
Ah, t'es lĂ .
Viens, mon bébé.
T'étais passée où, toi ?
T'es infernale.
- Pardon, bonjour. - Bonjour.
On savait plus où elle était.
- Elle vous a pas trop embêtés ? - Non, il est chou.
Les petits, c'est les plus mignons.
Hein ?
- Il s'appelle comment ? - Roxy.
Roxy. Enchanté, Roxy. Émile.
Ça, c'est Joanne. Elle aime pas trop les chiens.
- Enchantée. - Enchanté.
HĂ© !
Qu'est-ce qui se passe ?
Roxy a encore fugué ?
On fait un barbec, si ça vous dit de venir avec ta meuf.
- C'est pas ma meuf, hein. - OK.
Si vous voulez venir avec pas ta meuf, du coup.
On va en parler avec "pas ma meuf".
Y a Chloé qui propose un barbec avec ses potes.
Je vais y aller. Si tu veux venir.
Non, merci.
Mais c'est gentil.
J'apporte des bières pour l'apéro, ça va ?
Ouais, ça marche.
- OK. - À tout.
Tiens.
C'est quoi, un cadeau ?
Au lieu d'écrire des lettres, tu pourrais tenir un journal
que t'enverrais Ă ta famille.
Plus tard.
Plus tard, quand je serai mort ?
Quand tu seras prĂŞt.
C'est une bonne idée.
Merci.
Pas mal.
Oui, il joue bien, Kylian.
- Et toi, tu chantes ? - Ouh, non.
Non, je chante pas, non.
Alors, c'est quoi, les...
Le programme, après ?
On passe par l'Espagne trois jours.
Et on termine au bord de la mer.
- C'est bon, ça. - Oui, c'est chouette.
Et puis, on est une bonne équipe.
Et c'est qui, elle, pour toi, exactement ?
Tu poses beaucoup de questions.
J'ai envie que tu restes.
Tu veux pas dire Ă ta copine chelou que tu pars quelques jours ?
Tu viens avec nous ?
Les vacances, c'est trop court pour pas kiffer.
Toi, t'es un kiffeur, ça se voit.
Léon.
Léon !
Il est oĂą ?
Il est oĂą ?
Il est oĂą ?
- Tu fais quoi ? - Hein ?
Qu'est-ce que tu fais ?
J'arrivais pas Ă dormir, donc, je...
je vais faire un tour.
Tu t'en vas ?
Je sais pas.
Je sais plus, voilà . Je me suis peut-être planté.
Je voulais voyager, parce que j'avais besoin d'aventure, moi.
De vie, tu vois ?
"Le plus grand voyageur est celui qui a su faire le tour de lui-mĂŞme."
C'est quoi, ton truc, avec les citations, hein ?
Tu dis jamais rien et tu te planques derrière les mots des autres ?
C'est ça ?
Pratique, hein.
On se parlera jamais,
je saurai jamais qui t'es ni ce que tu fous lĂ , c'est bien.
Je te trouvais hyper courageux de faire ça.
Hyper courageux.
"Je suis parti, car je voulais pas voir tous les jours dans vos yeux...
"ce que j'ai vu quand le neurologue vous a parlé."
"La peur, la pitié, la douleur..."
- Émile ? - "J'aurais pas supporté."
J'ai trouvé un endroit où j'aimerais aller.
- Ah ouais ? - La plage du film 37°2 le matin.
Avec les maisons sur pilotis.
Je me rappelle, ma mère voulait pas qu'on le voie.
Du coup, on l'avait regardé en cachette avec ma sœur.
C'est Ă Gruissan.
- C'est pas dans les Pyrénées ? - Non.
C'est pas si loin, on peut y aller.
Oui ?
J'ai trouvé ça aussi.
Pour écrire à ma mère et ma sœur, c'est plus facile que des lettres.
Et je leur enverrai quand je serai prĂŞt.
C'est une bonne idée.
Oh, putain.
Ça va ?
Au top.
Au top.
- Tu veux qu'on s'arrĂŞte ? - Non.
Ça roule.
Enfin, ça marche, quoi.
Putain.
Il fait chaud.
Bien.
Votre blessure est bénigne, pas de trauma crânien.
Très bien.
Mais bon, l'IRM montre une anomalie.
Il faut des examens complémentaires.
- On vous transfère en neurologie. - Pas la peine.
OK ? Je sais ce que j'ai, je suis suivi Ă Paris,
j'ai déjà fait tous les examens.
- Merci, mais on y va. - Sûrement pas.
Votre malaise est peut-être lié à votre pathologie.
Mais on a beaucoup marché, il faisait chaud, il a pas bu.
Je vais très bien, d'accord ?
Ça va, je peux compter jusqu'à cinq, vous inquiétez pas.
Je peux danser si vous voulez.
S'il s'agit d'une maladie neurodégénérative,
cela peut affecter d'autres fonctions vitales.
On va contacter vos médecins pour voir s'il y a une évolution.
Bah oui.
L'évolution, on la connaît.
Pas de traitement, j'ai un an maximum.
Je vais pas perdre le peu de temps qu'il me reste
à faire des examens pour savoir où en est mon parcours du condamné.
D'accord ?
Si vous sortez, vous risquez de faire des malaises avec complications.
Et si je reste ici ?
Ben, rien.
C'est quoi, votre idée ? Que je reste enfermé à l'hôpital
pour pas risquer de revenir Ă l'hĂ´pital ?
Merci, Docteur.
Pardon, au revoir. Pardon.
Bonne journée, oui.
T'as les clés ?
♪ Tu oublieras tout le mal Que tu as en me regardant souffrir ♪
♪ Ces instants difficiles Où tu ne sais plus quoi dire ♪
♪ Et qu'il faut simplement partir ♪
♪ Tu oublieras les sourires ♪
♪ Les regards qui parlaient d'éternité ♪
♪ Tous ces mots que l'on jure ♪
♪ De ne jamais oublier ♪
♪ Tu oublieras ♪
♪ Tu m'oublieras ♪
Tu t'en occupes ?
Allez, dégage-les, là .
♪ Tu oublieras Ton attente impatiente ♪
♪ Accroché au téléphone ♪
♪ Le premier rendez-vous Qu'un soir enfin je te donne ♪
♪ Cette nuit qui a changé toute ma vie ♪
- Allez, tourne-toi. - Non.
- C'est quoi, ce truc qui pue ? - La même crème aux plantes.
Ouais, ben, ça pue.
C'est mieux que les trucs chimiques de l'hĂ´pital.
Je foutrai pas un pied Ă l'hĂ´pital.
C'est clair ?
T'es déjà allé à l'hôpital. Je t'ai expliqué.
Expliquer quoi ? Tu m'as rien expliqué, rien dit...
Ou c'était pas clair.
Sinon, j'aurais compris.
On était en rando, t'es tombé.
Le SAMU t'a amené à l'hôpital, t'as signé une décharge et t'es sorti.
Je vais pas foutre un pied Ă l'hĂ´pital, c'est clair ?
Je fous pas les pieds Ă l'hĂ´pital, OK ?
Si tu veux pas y retourner, y a une solution
qui me permettrait de décider à ta place.
On a qu'Ă se marier.
- Quoi ? - Bien sûr.
HĂ©, c'est pour toi.
Tu vois, tu souris, des fois.
- La prochaine Ă gauche ? - Oui.
C'est parti.
Ah, putain !
Clignotant de merde, lĂ .
Je conduis ?
Non, non.
Qu'est-ce qu'il y a ?
T'as peur, hein ?
- Tu devrais plus conduire. - Oh, ça va ! C'est bon !
La probabilité que j'aie un accident, là ,
alors que je vais crever dans six mois...
On n'est pas seuls au monde.
Je vais bien, putain !
OK ?
Je vais très bien, d'accord ?
Le clignotant, je sais oĂą il est. Je passe aussi les vitesses.
Voilà , donc j'ai pas besoin de moniteur d'auto-école, merci.
Champagne.
Deux coupes de champagne pour commencer.
Parfait.
Quoi ? T'aimes pas ça ?
Si t'aimes pas ça, je boirai les deux.
- Et tu conduiras. - J'adore le champagne.
On peut rester cuver ici tant que tu veux.
Eh ben, voilĂ .
Enfin une bonne nouvelle.
C'est marrant, hein ?
On est...
On est pas souvent face Ă face.
C'est vrai, on est tout le temps... ... cĂ´te Ă cĂ´te.
Et voilĂ , messieurs-dames.
- Merci. - Merci beaucoup.
Et on va vous prendre deux coupes de champagne.
Pour commencer.
Je déconne.
- Tchin. - Pardon.
Je voulais te dire pour...
pour le mariage, c'est pas contre toi.
C'est juste que...
... à l'époque, une fille voulait qu'on se marie
et j'ai pas voulu alors que j'étais amoureux.
Et voilĂ , je l'ai perdue, quoi.
Donc me marier, maintenant, lĂ ...
Ça veut rien dire, c'est... Tu vois ?
Y a pas de souci, c'était pour toi.
Ça servirait à quoi, exactement ?
T'étais en état de signer, mais la prochaine fois, peut-être pas.
Ils appelleront tes parents, médecins,
ils t'enverront Ă Paris, je pourrai rien faire.
Si on est mariés, je peux signer la décharge,
prendre des décisions.
Mais c'est... comme tu veux.
Tu ferais ça pour moi, toi ?
Ouais.
Pourquoi ?
J'aurai une raison d'avancer.
Y a un rapport avec Léon ?
Je sais pas, t'as crié ça quand tu dormais.
- Si tu veux pas en parler... - Non.
OK.
Tchin.
Elle est oĂą, la carte ?
La carte ?
Elle est sous tes fesses.
Bienvenue, entrez.
- Vous serez pas que tous les deux. - Ah ouais ?
Vous avez des draps, du linge de toilette,
et j'ai vidé l'armoire pour mettre vos affaires.
C'est top, hein. Merci beaucoup.
On va ĂŞtre bien.
S'il vous manque quelque chose, vous m'appelez ?
J'habite Ă 30 minutes d'ici.
Je vous laisse, je prépare les papiers.
Maman, que fais-tu lĂ ? Tu sais que tu dois pas monter. Viens.
Elle croit que je suis foutue.
Mais je suis lĂ si vous avez besoin de quelque chose.
Merci.
Ils sont gentils. C'est bien pour toi d'avoir des jeunes.
Elle est marrante.
Hop !
C'est bon, ça.
Un vrai lit.
Je prendrai le matelas du camping-car pour dormir par terre.
Ça va, ça fait deux semaines qu'on partage un camping-car.
On peut partager un lit.
Ça fait deux mois, Émile.
Et on dort pas ensemble.
C'est vrai que...
- Alors ? - ... il est hyper confortable.
Eh ouais.
Donc, vous savez qu'au moins un des époux doit résider dans la commune,
c'est le cas ?
Il faut être là combien de temps pour être résident ?
Un mois.
- Ah. - Ben...
On peut s'inscrire pour dans un mois, hein ?
Vous résidez où actuellement ?
- En Bretagne. - Paris.
Pas de résidence commune ?
Euh, non. Pas avant le mariage.
Pourquoi vous voulez vous marier ici ?
Parce que, ben...
Ben, en fait, c'est parce que...
- On s'est rencontrés ici. - Ici, ensemble.
Y a longtemps que vous voulez vous marier ?
Euh...
- Ça fait quand même... - Pas très...
Mais pourquoi vous nous posez autant de questions ?
- Car le mariage, c'est pas une blague. - Ah non.
Ça se décide pas sur un coup de tête,
car on est en vacances dans un village qu'on trouve joli.
C'est un contrat, un engagement pour la vie.
Oui.
À vous entendre, je suis pas sûre que vous soyez prêts.
L'un et l'autre.
Écoutez, vous avez raison,
on est pas prĂŞts, voilĂ .
Parce qu'en fait, elle...
Elle est malade, et je veux la protéger.
Donc, si je veux avoir le droit d'ĂŞtre lĂ
et d'empĂŞcher qu'on lui fasse une chose qu'elle voudrait pas...
Et malheureusement, pour ça,
en France, il faut être marié...
C'est la loi.
Moi, je veux juste la télévision.
Je sais, Myrtille, mais ça marche avec la box.
Il faut se servir des... ... des deux télécommandes.
On va essayer HDMI1.
Oh, merde.
Vous savez si c'est un petit garçon ou une petite fille ?
On n'attend pas d'enfant, Myrtille.
Je dirai rien.
OK. On va essayer HDMI3, hein ?
Oui.
Putain, c'est pas vrai.
C'est quoi, ce bordel, lĂ ?
- Ça va ? - Ben non, c'est le bordel, là .
Ça déconne tout le temps.
Il faut brancher la box.
- Tu l'as débranchée ? - Non.
Voilà , ça remarche.
Oh, j'ai raté la météo, alors on peut éteindre.
Au fait, j'ai...
J'ai trouvé un boulot chez le glacier près de l'église.
Chez Jean ? C'est le meilleur.
Ah, tant mieux.
Pourquoi un boulot ?
Je reste pas un mois Ă rien faire.
Elle a raison.
Il ne faut dépendre de personne.
Et puis, c'est bien qu'elle travaille tant qu'elle peut.
On retrouve rien, lĂ -dedans, c'est...
C'est dégueulasse, y a des gâteaux...
Y a de la merde partout !
On les a mis sous le siège.
Je sais qu'on les a mis là , je suis pas complètement con.
Y a 20 000 en tout.
J'ai vidé mes comptes, pas besoin de travailler.
Je le fais pas pour l'argent, je le fais par besoin.
D'accord.
- MĂŞme Myrtille comprend, c'est fou. - Attends.
Myrtille, elle déraille complet.
Elle pense qu'on va avoir un enfant.
Merci.
Myrtille, quoi.
Je les ai remis sous le siège, tu te souviendras ?
Oui.
Ça me manque, de voyager.
Et Ă Robert aussi.
Il a pas ses repères ici, il se fait chier, en plus.
On partira tout de suite après le mariage.
- C'est sûr, ça ? - Oui.
Sûr ?
Émile, si tu veux partir après, on part.
T'entends ça, mon vieux ? On se marie et on se casse !
Et on se quitte plus jusqu'Ă la mort tous les trois.
Hein ?
Mais fais pas la gueule.
Je fais pas la gueule.
Ça va être génial !
Comme avant !
T'as déjà eu envie de te marier, toi ?
Non.
Mais t'as déjà été amoureuse ?
Ouais.
De Léon ?
Ouais.
Jo ?
Oui ?
Merci.
Elle est belle, mais c'est too much.
Quoi ?
Ben, t'es belle.
Très belle, même.
Par contre, c'est pas possible, ça.
Au nom de la loi, je vous déclare unis par le mariage.
Vous avez des alliances ?
- On a pas prévu. - On a pas réfléchi.
Qu'est-ce qu'il y a ?
C'est mon alliance et celle de mon mari.
Myrtille, c'est...
Comment ça marche ?
Ici, on l'embrasse, la mariée.
Bravo.
- Quoi ? - Ta bague.
Moi, je la garde, hein.
Deux, quatre...
Émile !
Émile ?
J'ai pris ton appareil, désolé.
T'as bien fait.
Allez, viens. Il fait froid.
Mais non, mais non. On est bien lĂ .
OK.
Regarde.
Elle est belle, non ?
Après, tu souris pas, mais bon...
... comme d'hab.
Elle va ĂŞtre top, celle-ci.
Allez, viens.
Viens, faut pas que tu restes ici. Il fait froid.
S'il te plaît.
Émile.
De toute façon, Myrtille, on va juste faire un tour.
On revient vite.
OK ?
Prends soin de toi, mon Émile.
Vous aussi, Ă tout Ă l'heure. OK ?
- Vous allez oĂą ? - On va improviser.
Vous avez de la chance.
Merci pour tout.
Myrtille.
- Soyez heureux. - Compte sur nous, oui.
C'est beau, ce que tu fais pour lui. Très beau.
Si je le remonte, comme ça... J'ai l'air malin, là .
Quoi ? Je suis pas au top ?
- Je vais me coucher. - Déjà ?
Je vais aller au lac demain et me lever tĂ´t.
- Dans quel lac ? - Le lac d'Aude.
- Lac de quoi ? - D'Aude.
T'as peur que je te retarde, c'est ça ?
Non, je veux juste y aller seule. Bouge.
- OK. - Bouge.
- Pourquoi tu fais la gueule ? - Je fais pas la gueule.
- Si. Tu fais la gueule, lĂ . - Je fais pas la gueule.
Si, tu fais la gueule.
Viens faire un tour, ça te fera du bien.
- Je me lève tôt. - T'es pas drôle.
Allez, bonne nuit.
Putain, t'es pas drĂ´le, hein.
Pas marrante.
Pas marrante.
Joanne ?
Joanne ?
Mais qu'est-ce qu'elle fout ?
Joanne ?
Joanne ?
J'avais besoin de te parler. Pourquoi tu réponds pas ? T'es où ?
C'est pas Joanne.
Vous, vous ĂŞtes qui ?
Léon, le père de son fils. Je peux lui parler ?
Je sais pas oĂą elle est.
Vous ĂŞtes oĂą, lĂ ? Vous ĂŞtes avec elle ? Elle est oĂą ?
- AllĂ´ ? - Elle est au lac.
Au lac ? Mais quel lac ?
Le lac d'Aude, je crois.
- Elle va revenir. - Non. Elle va pas revenir.
Elle va faire une connerie. Elle va rejoindre son fils.
Il avait trois ans.
C'était notre petit garçon.
On était en vacances dans les Pyrénées.
Je devais le surveiller. Il savait pas nager.
C'est ma faute.
Aujourd'hui,
ça fait un an.
Léon !
Joanne ?
Joanne ?
J'ai cru que t'étais partie pour de bon, putain.
Hé, ça va aller, hein ?
On reste ensemble, maintenant.
Tous les deux.
Hein ?
On va continuer le voyage, hein ?
On va continuer le voyage.
Tu sais quoi, je vais le retrouver lĂ -haut.
Ton garçon, je le retrouverai là -haut.
Et puis, je m'occuperai de lui, d'accord ?
Comment t'as su ?
Léon a appelé.
Tu devrais le rappeler.
Je peux pas.
HĂ©.
T'es prĂŞt ?
Regarde.
- Elle est hyper belle. - Ouais.
Je suis content de revenir ici.
T'as dit que t'étais jamais venu.
On est venus en vacances avec ma mère et ma sœur.
Je te l'ai dit.
Tu sais, j'ai...
Ouais ?
J'ai écrit à Léon.
Le père de mon fils.
Tu m'as pas dit que t'avais un fils.
En mĂŞme temps, j'ai l'habitude, tu dis jamais rien.
T'es un peu grave.
Viens, on va ĂŞtre en retard.
Sebastián nous attend, on refait un tour en bateau.
Ouais.
Ça va ?
- Et toi ? - Ouais.
Prêts pour la croisière ?
- Merci de nous emmener. - Je t'en prie.
Salut. Émile, enchanté.
Ouais, on se connaît, mec.
Ça va pas ?
Si, pourquoi ?
Je sais pas.
- Tu peux me le dire. - Non, mais ça va.
OK.
Je vais aller me baigner.
Fais gaffe.
C'est quoi, ce qu'il a ? Il est, euh... [hésite] ... autiste ?
Ouais.
T'es sympa de l'emmener en vacances.
Émile, va pas trop loin, s'il te plaît.
T'inquiète, je suis MNS.
"Maître-nageur sauveteur."
- C'est vrai ? - Évidemment que c'est vrai.
La semaine dernière, j'ai sauvé un enfant attaqué par un requin.
J'ai dĂ» le tuer Ă mains nues.
Le requin, pas l'enfant.
Attends, mais...
Je vais pas te juger lĂ -dessus.
Émile ?
Émile ?
Tu m'as fait peur.
Tu reviens avec nous ?
Seb nous emmène sur une autre plage pour voir le coucher du soleil.
Non, vas-y, je reste ici, moi.
C'est dommage, ça va être hyper beau.
Vas-y, t'as pas besoin de moi.
Ben, si.
Ben non.
J'ai pas besoin de t'avoir tout le temps sur le dos.
J'ai pas trois ans, tu sais ?
Te sers pas de moi pour t'empĂŞcher de vivre.
OK ?
Oh, je te cherchais. Je suis venue te dire au revoir, je vais rentrer.
OK.
C'est Ă cause de lui ?
Non, c'est...
Enfin, écoute, je suis désolée.
Merci pour cette belle journée.
On se reverra ?
Je t'appelle ?
Je croyais que t'avais pas le téléphone ?
Oh, putain.
Fait chier.
Émile ?
Émile !
Émile !
Fait chier.
Émile !
Émile !
Émile.
Pardon.
Qu'est-ce qu'il s'est passé ? T'étais où ?
Au ponton.
Il volait un bateau.
Ouais, et c'était mon bateau. Mais c'est pas grave, pas de...
Il a pas voulu faire ça.
Désolé, mais démarrer un bateau qui n'est pas le sien, c'est du vol.
Il a une maladie neurodégénérative.
Il était autiste, accordez vos violons.
Je suis rien du tout, je vais très bien.
Je me casse, assez de conneries...
Non, vous restez ici, d'accord ? Calmez-vous.
Ou c'est tous en garde Ă vue.
Il sait pas ce qu'il dit.
Mais il avait bien conscience quand il nous a insultés.
Ça fait partie de sa maladie.
- Pas mal, le coup de la maladie. - Émile...
Vous ĂŞtes qui, madame ?
Je suis sa femme.
C'est ma femme.
Tu sais quoi ? Ce soir, on sort.
Ça va nous faire du bien. Surtout à toi.
Tu veux aller oĂą ?
Surprise.
Et on applaudit bien fort.
Émilie !
Bravo !
Et maintenant, "Tu m'oublieras".
Mais non, c'est pas vrai ?
- Mais c'est pas vrai ? - Non...
Allez, viens. [insiste] Viens.
- Non. Hors de question. - Tu déconnes ?
Attends, tu rigoles ?
- Sérieusement, tu viens ? Allez. - Non !
- Pour moi. - Tu te débrouilles.
Pour moi ?
♪ Tu vas partir ♪
♪ Je sais ♪
♪ Tu oublieras tous ces jours ♪
♪ Tout ce temps Qui n'appartenait qu'à nous ♪
♪ Ce réveil, un matin Tes bras autour de mon cou ♪
♪ Et l'amour Que l'on faisait n'importe où ♪
♪ Tu oublieras... ♪
Et la sono a oublié aussi.
Je vais pas vous le faire a cappella, désolé.
C'était pas brillant.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Un bug.
Y a un électricien dans la salle ? Je sais pas.
Quelqu'un qui chante a capella, sinon ?
Non ?
OK, euh...
♪ Tu oublieras ♪
♪ Ton attente impatiente ♪
♪ Accroché au téléphone ♪
♪ Ce premier rendez-vous ♪
♪ Qu'un soir enfin je te donne ♪
♪ Cette nuit ♪
♪ Qui a changé ♪
♪ Toute ma vie ♪
♪ Tu oublieras si c'était en avril ♪
♪ En septembre ou en juillet ♪
♪ S'il faisait du soleil ♪
♪ Ou si la pluie tombait ♪
♪ Tu oublieras ♪
♪ Tu m'oublieras ♪
Merci. Je m'appelle Émile et je...
Je voudrais dire quelques mots à Joanne qui est là , à côté de moi et qui...
Jo, y a personne qui a compté... ... autant que toi, pour moi.
Personne qui m'a compris comme toi.
T'as...
T'as pris le gros égoïste que j'étais et...
et que je suis toujours.
Et t'en fais quelqu'un de meilleur.
T'es une personne incroyable.
Incroyable, ouais.
Et c'est pas parce que mon cerveau est une passoire...
... que je...
que je sais pas ce que je dis, hein.
Alors, voilĂ , euh...
Avant que j'oublie, je...
je voudrais te...
te demander de m'épouser.
Oui.
♪Tu m'oublieras ♪
♪ Tu oublieras Tous ces jours ♪
♪ Tout ce temps Qui n'appartenait qu'à nous... ♪
♪ Ce réveil, un matin Tes bras autour de mon cou ♪
♪ Et l'amour Que l'on faisait n'importe où ♪
♪ Tu oublieras tout le mal ♪
♪ Que tu as en me regardant souffrir ♪
♪ Ces instants difficiles Où tu ne sais plus quoi dire ♪
♪ Et qu'il faut simplement partir ♪
♪ Tu oublieras les sourires, les regards ♪
♪ Qui parlaient d'éternité ♪
♪ Tous ces mots que l'on jure De ne jamais oublier ♪
♪ Tu oublieras, tu m'oublieras... ♪
Les rénovations ont été faites par des bénévoles.
- Ah oui ? - On ramène peu à peu le village à la vie.
C'est magnifique.
C'est surtout une belle aventure humaine.
Si vous restez dans le coin, passez quelques jours avec nous.
C'est pas une mauvaise idée, on pourrait rester.
Si tu veux, ouais. Ouais, ouais.
Vous voyagez depuis longtemps ?
- Euh, deux, trois semaines. - Non.
Ça fait plus, beaucoup plus.
Mettez-vous d'accord.
C'est que c'est notre voyage de noces.
Félicitations.
Merci.
Si on reste, y a un endroit oĂą on pourrait se poser avec le van ?
Oui, mais vous aurez pas d'eau.
C'est pas grave, on ira en chercher, on a l'habitude.
- Émile ? - Ouais.
Mangez avec nous.
- Euh... - Ouais !
Et puis, la petite communauté, donc Marc, Baptiste, Sophie,
Aurore, Paul et Maëlle.
Bienvenue, les amis. On va vous faire une place.
Moi, j'étais prof, mais j'en avais marre de faire la flic.
Elle est venue ici. Les élèves sont moins chiants ?
Ça dépend.
Et toi, Marc, tu faisais quoi ?
Moi, j'étais flic. En vrai.
OK.
Je sors de taule, il m'a jamais fait chier.
Mais t'es maçon, on a besoin de toi.
- Ouais. - Ça, c'est vrai.
Moi, j'étais infirmière.
Ah ouais ?
Moi, je suis psy.
Je suis étudiante en archi. Je suis avec Paul.
OK.
- Vous, vous faites quoi ? - Ils sont en voyage de noces.
Oh, super. Félicitations.
Mais bon, c'est pas un métier.
Moi, je suis dealeur.
Mais non, je déconne.
Je mets en relation des hôtels avec des sites de réservation de voyages.
Un boulot... [siffle] ... passionnant.
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Je crois que ta femme pense que tu bois trop.
- Non, c'est... - Elle s'inquiète pour moi.
Elle pense que je suis son fils.
Toi, Joanne, tu fais quoi ?
Moi, je suis aide maternelle dans une école.
Beau métier.
Vous vous ĂŞtes connus comment ?
Ă€ la maternelle.
J'adore ce type.
Non, Ă la fac.
Ă€ la fac.
Tu fais quoi ?
Je trouve plus les clés.
On s'en fout, non ?
HĂ©, c'est pas grave, hein.
On va les retrouver, t'inquiète pas.
Au pire, on les retrouvera demain.
"Drôle de fille, je la découvre de plus en plus.
"Avant, je pouvais à peine la supporter, je me suis habitué à elle..."
"Maman, Marjo, je vous aime et vous me manquez,
"mais je veux pas revenir, je peux pas.
"Je veux pas que vous me regardiez partir.
"J'espère que vous me pardonnerez..." "Mariage.
"Je pensais pas que ça me ferait ça..." "Je pense qu'à Laura."
"Jo.
"Je t'écris, parce qu'un jour, je pourrai plus."
"Un jour, tu seras épuisée.
"Je serai plus qu'un poids.
"Si j'ai jamais été autre chose.
"Ce jour-lĂ , tu voudras partir.
"Peut-ĂŞtre mĂŞme que c'est moi qui te le dirai.
"Pourtant, j'aurai besoin de toi."
"Si tu pars, je t'en voudrai pas.
"Quoi qu'il en soit, merci d'avoir été là pour moi.
"Je sais toujours pas pourquoi tu l'as fait, mais...
"je sais que tu vaux mieux que moi.
"Émile."
Mets les gants. Ça, c'est basique, c'est de la chaux.
- Au bout d'un moment, ça brûle. - D'accord.
Toujours mettre un coup.
Et vous essayez petit Ă petit de venir,
mais toujours, on vient croiser.
D'accord ?
Avec le van, on est allés, genre, jusqu'en Croatie.
- Ah ouais ? - Ouais, ouais.
C'était une dinguerie.
Des criques de fou.
De grands malades.
Le pote Ă moi qui nous a rejoints...
Renaud.
Il faisait quoi ?
Laisse tomber. Le spécialiste des blagues à la con.
Genre quoi ?
Du genre, euh...
- Qu'est-ce qui est jaune et qui attend ? - Jonathan.
Non, un pastis. Et il est content, il te répète ça.
OK, un long voyage, quoi.
Les enfants, on a bien travaillé, fin de journée.
On boit un coup ?
- Grave. - Grave.
C'est mon moment préféré.
"Pastis sans glace..."
"Pastis quand mĂŞme."
Je t'en prends une, aussi.
Émile.
Quoi ? Ça va, on a bossé toute la journée, là .
- Tu viens boire un coup ? - Non, je suis fatiguée.
Si je peux me...
... me permettre un petit conseil.
Tu devrais le lâcher un peu.
Faut qu'il respire, sinon ça tiendra pas, et je sais de quoi je parle.
Je crois pas.
Mais merci.
Ça va mieux ?
Ça fait du bien.
Tu veux pas venir dans mes bras ?
Mmh ?
T'es pas bien, Émile.
T'as trop bu.
Viens.
J'ai envie de faire l'amour avec toi.
Juste une fois.
- Attends, Émile. - Quoi ?
Regarde.
Dans le bon sens, ça marche mieux. Tu vois ? Sens des aiguilles d'une montre.
Oui, c'est clair.
- Je suis con. - T'es pas con.
- Non, mais je suis fatigué. - Ouais, t'inquiète.
Je vais te laisser finir.
- Oui ? - J'y vais.
Émile ?
- Tu vas oĂą, lĂ ? - Je rentre.
Je rentre chez moi. J'ai le droit, ou pas ?
Bon.
Je suis fatigué !
Allez, pause déjeuner !
Je vais chercher Émile.
- Appelle-le. - On n'a pas de téléphone.
Je trouve ça super comme démarche.
Je me dépêche.
- Il a une maladie neurodégénérative. - À son âge ?
C'est rare et ça se voit pas forcément, et là , ça se dégrade.
Sauf qu'il s'est barré avec le van, c'est hyper dangereux.
- Si c'est grave, pourquoi le cacher ? - Il me l'a fait promettre.
Tu me prêtes tes clés, s'il te plaît ?
Là , il faut prévenir les gendarmes...
On n'appelle personne, Isabelle. Tu me donnes tes clés ?
Ho, ho, ho !
Je vous ai rapporté une surprise, les filles.
Joyeux Noël.
Cachez votre joie.
Il est beau, non ?
Isa ?
Y a quelqu'un pour toi.
Il dit qu'on lui a piqué un sapin.
Ah ?
Émile.
- Oui ? - Tu l'as pris oĂą, le sapin, hier ?
- Quoi ? - Tu l'as pris oĂą, le sapin ?
Quel sapin ?
Utilise ton burin pour taper.
Quel sapin ?
VoilĂ , c'est lĂ .
On va vous trouver des meubles.
Vous serez mieux ici quand il va commencer Ă faire froid.
Merci pour le sapin.
Le proprio appelle pas les flics.
Mais bon, il est dans le collimateur.
Je sais.
Tiens, je te laisse les clés du van, je préfère.
On sait jamais.
Bon, ben, c'est...
Top, ce que vous avez fait.
Super.
- Bon, on rentre chez nous ? - C'est ici chez nous, maintenant.
- Quoi, c'est ici, chez nous ? - J'y vais.
- Euh... - On s'installe.
D'accord, donc tu décides et je suis censé suivre, c'est ça ?
Y a plus d'espace, on sera mieux.
Bah, très bien.
Que veux-tu que je te dise ? C'est décidé, alors ?
Mon commandant.
- Mettre celle-lĂ devant. - LĂ ?
- Ouais, parfait. - Super.
Merci, monsieur.
Tu m'appelles encore monsieur, je te fais bouffer ton sapin.
Non, je déconne. Tu m'appelles comme tu veux.
- On s'en fout. - Ouais, OK.
Bon, merci beaucoup.
Et merci à tous. Merci pour tout ça.
Merci Isabelle, surtout.
Ouais, merci, Isabelle.
Et, euh...
Et joyeux Noël à tous.
Joyeux Noël.
- Allez, 30 secondes. - C'est presque fini.
- Mireille Darc ? - Allez !
Bourvil ? Une imitation de...
- Danseuse. - Marilyn Monroe !
C'est fini, il sera pas comptabilisé.
Allez, c'est à nous. Émile.
- À toi. - Oui.
Allez, Émile !
Ah, ok.
- Pas mal. - Allez, allez, allez, allez !
Allez, allez, c'est facile !
- Faut piocher un nouveau. - Tire un papier.
Prends un papier.
C'est une autre manche, lĂ .
- Je viens de le faire. - Il faut piocher.
Pioche.
- Une minute. - Alors ?
- T'es pas obligé... - Qui c'est ?
- Fais un rébus si tu sais pas... - C'est bon.
- Le penseur, de Rodin ? - Chut.
Une statue.
Un instituteur. C'est...
- C'est les mimes ! - Mais je sais.
- Non, attends. - Pas grave.
Ça va, tranquille, Émile. Détends-toi.
- C'est pas grave. - Laisse. Baptiste va gérer.
J'ai travaillé dans un service de neurologie hyper pointu à Toulouse.
Le patron m'apprécie. Je peux avoir un rendez-vous.
Y a pas de traitement.
Oui, mais on dit ça...
La médecine traditionnelle se remet pas en question,
mais y a peut-être des méthodes alternatives à tester ?
On peut croire au père Noël.
Tu vas pas pouvoir le garder ici indéfiniment, non ?
Il ira pas Ă l'hĂ´pital.
Je lui ai promis, c'est tout. Je vais voir ce qu'il se passe.
En tout cas, on a perdu.
Ça dégage, ça dégage toutes ces merdes, là !
Ça aussi !
- Émile, c'est bon... - Ça dégage, je te dis !
Émile, arrête. Personne t'a rien pris.
- Si ! Tu le sais ! - Qu'y a-t-il ?
C'est toi !
Tu me l'as pris, j'aurais pas dĂ» te faire confiance.
Il pense qu'on lui a pris de l'argent.
J'aurais pas dĂ» !
Il est sous le siège, comme d'habitude.
Non, il est pas sous le siège, t'es une voleuse !
D'accord ? Il est pas sous le siège.
Et mes clés sont où ? Tu me les donnes maintenant.
Mes clés. Donne-les-moi.
- Je t'aide à chercher. On va les trouver. - Mes clés.
- Tu peux y aller. - Ouais.
- Je reste à côté. - C'est gentil.
Pousse-toi, pousse-toi !
Elle avait raison, maman. T'es pas fiable.
T'es pas fiable, tu mens...
Mon téléphone, il est où ?
- Tu me rends mon téléphone. - On va aller le chercher demain.
Non, je pars tout de suite, d'accord ? Tu me donnes mon téléphone.
On peut pas partir, on doit décorer le sapin.
Tu sais ?
Ils t'attendent, lĂ .
Tu viens le décorer ?
Oui.
Allez.
- Ils m'attendent ? - Ah, bah oui.
Dépêche.
- Je vais décorer le sapin. - Ouais.
- Désolée. - On se voit au sapin ?
- T'inquiète. - Oui.
Courage. Attends, attends.
C'est pas à toi, ça ?
C'est celle d'Émile.
Courage.
Merci.
Tu t'assois ? Oui, voilà . Assis, comme ça.
On se groupe ?
Bien serrés, oui.
On fêtera Noël autant de fois qu'il faudra, OK ?
Un, deux...
- Viens. - Attention !
Allez, hop.
Tchin !
Non, non, non. Émile, arrête, stop.
Ça salit tout, l'argent. Tu le dis tout le temps.
Non, allez. Viens. Tu vas attraper froid.
- Hé ! - Viens. [insiste] Émile.
Tu mets cette jupe pour le mariage de Renaud ?
Émile.
- Viens. - Ben, réponds, Laura.
Hein ?
Attends.
Je m'assois une seconde.
Une seconde.
Faut vraiment que j'arrĂŞte de fumer.
C'est quoi, ça ?
Hein ?
J'avais pas vu.
T'es mariée, toi ?
Oui.
Oui.
Deux fois ?
C'est celle de mon mari.
Pourquoi c'est toi qui la portes ?
Il oublie la sienne, je les porte pour nous deux.
J'espère que...
qu'il oublie pas qu'il a une femme.
Tu l'aimes, ton mari ?
Oui.
Tu viens ?
On continue la descente.
Du coup, on aura pas vu...
On aura pas vu les vautours.
On reviendra. Allez.
Ça va.
- T'as vu ? - Oui, viens.
Allez, allez.
Avance, s'il te plaît.
Il a de la fièvre.
Il faut l'emmener.
Il a pris froid, ça va passer.
Je veux pas y aller.
C'est irresponsable.
Je veux pas y aller.
Je... je veux pas y aller.
Je veux pas y aller !
Je veux rentrer Ă la maison.
Calme-toi.
Je veux rentrer Ă la maison.
Parce que maman, elle doit s'inquiéter, maintenant.
Maman, elle doit s'inquiéter.
Je vais l'appeler.
Je veux rentrer, maintenant.
- Elle arrive. - Je veux qu'elle vienne me chercher.
Je veux qu'elle vienne me chercher.
Elle arrive, je l'ai prévenue, déjà .
Tout va bien.
Calme-toi, Émile.
Émile.
Tu t'es mariée ?
Avec qui ?
Je suis mariée avec toi.
Je peux le voir ?
Non, on lui fait des examens.
- L'IRM a révélé des lésions, au niveau... - Il a une maladie dégénérative.
J'appelle ses médecins à Paris et je l'emmène.
Non, vous l'emmenez nulle part. Il est pas en état.
Le SAMU dit que vous vivez dans des conditions précaires.
Je vais signer une décharge. Je suis sa femme.
Bon, allez. Asseyez-vous et on...
On vous prévient quand on lui a trouvé une chambre.
On va oĂą ?
Jo !
T'es mieux, là . Ça avait trop poussé.
Allez.
Peut-ĂŞtre que la pomme marchera.
Émile.
Allez. S'il te plaît. Mange un peu.
Je sais ce que tu penses.
J'ai rien dit.
Joanne.
Joanne !
Jo !
Je m'appelle Joanne.
Je suis avec Émile.
Non, je...
Désolée, je lui avais promis de pas vous appeler.
Je crois qu'il lui reste peu de temps.
- Bonjour, Marjorie. - Bonjour.
- J'accompagne ma mère. - Je suis Isabelle, venez.
Comment il va ?
Le médecin lui a injecté des calmants. Il dort.
Elles sont toujours avec lui ?
Non.
Elles sont allées chez moi. Elles reviendront demain matin.
Elles ont demandé à te voir.
Je peux pas.
Pourquoi ?
Je lui avais promis que je les appellerais pas.
Mais tu les as appelées et t'as bien fait.
J'espère.
Le médecin dit que...
que c'est la fin.
Je vais encore avoir besoin de ton aide.
C'est la dernière fois.
Tu vois ?
Hein ?
Le soleil se lève.
C'est tout rose.
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