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Original subtitles

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[musique de tension inquiétante]

Official YIFY movies site: YTS.LT

On va oĂą ?

[bas] Tout va bien.

[bas] Robert nous attend.

- [femme] Viens. - Doucement.

[la femme soupire d'effort]

[personnel de l'hĂ´pital] HĂ©, madame ! HĂ© !

[la musique continue]

Émile ?

Ça va ?

[la musique s'estompe]

C'est Joanne, Émile.

[musique douce Ă  la guitare]

C'est Joanne.

[la musique s'intensifie]

[la musique s'estompe]

[ronronnement de moteur au loin]

[cris des mouettes]

Joanne ?

Émile.

Bonjour.

Ça commence pas mal, on s'est trouvés.

Désolé pour le retard, j'ai galéré...

C'est pas grave.

OK, bon ben, t'es... [hésite] ... t'es prête, hein ?

On y va ?

[Émile] Olé.

- Je les mets où, les... ? - [Émile] Donne.

Eh ben !

[Émile] On est bons.

La destination, t'as une idée ?

C'est ton voyage, je te suis.

C'est un peu... [rit] ... ton voyage aussi, hein.

Moi, je m'en fous. On prend une carte, on ferme les yeux. [rit]

Les Pyrénées ?

[déçu] OK.

Tu m'as dit de choisir.

Ouais, c'est pas faux. Euh...

[rit gêné]

Tu connais les Pyrénées, c'est ça ?

Ouais.

OK, bon ben...

Va pour les... [hésite] ... Pyrénées.

[musique : "Tu m'oublieras" de Larusso]

[Émile] "Jeune homme condamné par un Alzheimer précoce

"veut prendre le large.

"Recherche compagnon ou compagnonne d'aventures

"pour partager mon dernier voyage.

"Itinéraire à valider ensemble. Durée du voyage :

"un an maximum, selon les médecins. Possibilité d'écourter."

[Joanne] "Bonjour, Émile. Votre annonce a retenu mon attention.

"J'ai 27 ans, j'ai une bonne condition physique.

"J'aime la nature, la méditation,

"je suis végétarienne, je parle pas beaucoup.

"Je suis disponible tout de suite. Joanne."

[Larusso] ♪ ... il faut simplement partir ♪

♪ Tu oublieras les sourires, les regards ♪

♪ Qui parlaient d'éternité ♪

♪ Tous ces mots que l'on jure De ne jamais oublier ♪

♪ Tu oublieras, tu m'oublieras ♪

[la musique continue]

[sifflote la mélodie]

[scatte sur la mélodie]

[rit]

AĂŻe, aĂŻe, aĂŻe.

[il fredonne]

Y a que ça comme musique.

[soupire d'effort]

- [la musique s'arrĂŞte] - Hop lĂ .

C'était dedans, je te rassure.

[rit gêné]

C'est pas Ă  moi.

L'ancien proprio a dĂ» la choisir pour moi.

[rit] Par rapport aux paroles.

Je peux acheter une nouvelle radio.

Si tu veux.

- Je peux chanter. - Le silence, c'est bien aussi.

OK, ouais.

[rit] Je le prends pas mal.

Au fait, j'ai pas de carte bancaire non plus.

Pas de carte, pas de téléphone. Rien qui puisse me tracer.

Notre GPS,

c'est ça.

Et dans la boîte à gants, y a de quoi vivre pendant...

[siffle]

Pendant longtemps, hein. VoilĂ , tu sais tout.

OK.

Des questions ?

Non.

Garde ton téléphone, si tu veux.

Juste, évite de poster des photos.

Pas de téléphone.

Ça me va. [se racle la gorge]

[soupire]

OK.

Bon.

Tu me diras pourquoi t'es lĂ  ?

- Je crois pas. - Pourquoi ?

OK. [soupire]

Et tu t'en fous de savoir pourquoi je me suis barré ?

Je comprends.

Ouais, mais je pourrais avoir tout inventé.

Je pourrais ĂŞtre un psychopathe.

[soupir rieur]

T'as pas peur que je te bute ?

Je pourrais te découper et te foutre dans le coffre.

Je vais vomir.

[douce musique au banjo]

- T'as vraiment envie de vomir ? - Ouais.

- [souffle] - On va s'arrĂŞter.

[la musique prend fin]

[les oiseaux gazouillent]

- [long soupir] - Tiens.

Désolée.

T'inquiète, je suis pas pressé, moi.

Il me reste quelques mois.

[soupir rieur]

[Joanne souffle]

Dis-moi, tu trouves que j'ai un humour Ă  chier ou...

[rit] ... t'as vraiment mal au cœur ?

- Ça va mieux, on peut y aller. - OK.

Donc c'est bien mon humour.

On est d'accord.

Allez, on y go.

[douce musique triste]

[Émile] Dis-moi juste, tu souris des fois, ou... ?

[il souffle] OK.

[la musique devient plus légère]

[Joanne sursaute légèrement]

Ras le bol de la pluie. On voit pas à deux mètres.

Ça te va si on reste là, ce soir ?

Ça me va.

OK, du coup, ça va être sandwich-crudités, je crois qu'on n'a pas mieux.

[Joanne] OK.

[Émile] Bon, parfait.

[il soupire]

T'es pas contrariante comme fille.

- Attention, pardon. Ça va ? - Oh, pardon.

[Joanne] Pardon.

Dis donc, le noir, c'est ton truc.

Mine de rien, j'apprends à te connaître.

T'aimes le noir, tu parles pas.

T'es malade en voiture.

[il crache]

Et tu mets des chapeaux chelous. [rit]

[riant] Ça, t'aimes le noir.

Y a qu'une couchette, en fait.

Tu vois, t'as peur.

T'inquiète, je bouge pas.

Enfin,

il paraît, quoi.

[musique au ukulélé]

[il soupire]

[il grogne]

[voix d'homme au dehors]

[il soupire d'effort]

C'est quoi, ce bordel, lĂ  ?

HĂ©.

Je leur disais qu'on était en panne.

- [Émile acquiesce] - Vous avez les papiers du véhicule ?

Les papiers de qui, de Robert ? [ricane]

J'ai pas mal de papiers, mais je sais pas oĂą je les ai mis.

- On est partis tĂ´t, ce matin. - [l'agent acquiesce] Partis d'oĂą ?

- [rit] On s'en fout, non ? - Non.

Se garer sans papiers dans un cimetière, c'est interdit.

[Émile] OK, euh...

[bégaie] Je vais voir à l'avant.

[Émile soupire]

C'est pas ça.

C'est pas ça...

D'oĂą sort cet argent, monsieur ?

Mes économies, madame.

[Émile] C'est pas là, c'est peut-être...

lĂ -haut, lĂ .

[Émile geint d'effort]

- Oui, c'est lĂ . - [bas] Sachez qu'il a Alzheimer.

- Alzheimer ? À son âge ? - Une forme...

On me l'avait jamais faite.

[inspire, tousse] J'ai pas mes loupes.

"Jeune homme condamné par un Alzheimer précoce prend le large

"pour un ultime voyage avec compagnonne d'aventures

"pour partager ce dernier périple.

"Itinéraire à valider ensemble.

"Durée du voyage : un an maximum

"selon estimation des médecins. Possibilité d'écourter."

J'imagine que la compagnonne, c'est vous ?

[Émile] Ah, ça y est !

[ricane]

J'ai trouvé.

[Émile rit, essoufflé]

VoilĂ .

Qu'est-ce qui se passe ?

Y a quelqu'un qui est mort ?

[soupir rieur]

OK.

[Émile se racle la gorge]

Tu leur as dit quoi ?

La vérité.

C'est quoi, la vérité ?

- Que t'es malade. - Attends, Joanne.

Ça regarde personne, ça. Je vais bien. OK ?

[insiste] OK ?

Si y a un problème, je...

[ricane]

On les fabrique, les problèmes. Tu vois un problème, toi ?

Tout va bien. ArrĂŞtons de se prendre la tĂŞte pour rien.

[musique douce]

[la musique continue]

[elle souffle]

[la musique prend fin]

- [souffle] - Ça va mieux ?

[Joanne] Ouais.

Si tu préfères, fais le voyage à pied.

Je veux dire, on te suit derrière, doucement, avec Robert.

Tu vois, en mode...

En mode voiture-balai.

[ricane] Tu me dis, hein.

[musique Ă  la guitare]

On pourrait faire une rando, dans les Pyrénées.

Attends. T'as fait une phrase de plus de trois mots, lĂ  ?

Putain, c'est énorme.

T'es sûre que tu te sens bien ? Parce que c'est...

Écoute, pour fêter ça, on va la faire, ta rando.

Ça marche.

- "Ça marche", "randonnée"... - J'ai compris.

D'accord.

[la musique continue]

T'avais pas complètement tort.

Je suis quand même plus habitué à escalader les comptoirs de bar.

Tu vois ce que je veux dire ?

C'est pas toujours évident, d'ailleurs.

Contrairement Ă  ce qu'on pense.

[halète]

Putain, c'est beau.

On respire, ici.

[la musique s'estompe]

Ça fait du bien.

[bas] Ça fait du bien.

On s'arrĂŞte pour manger ?

[Émile] Ouais, j'ai repéré une auberge là où on a garé Robert.

Ça a l'air pas mal, ils servent jusqu'à 14 h.

Si on redescend maintenant, on peut y ĂŞtre.

Mais on verra pas la grotte

qui était l'objectif de la randonnée, et j'ai des sandwichs.

[il acquiesce]

Oui.

Il faut que je te dise un truc.

[musique enjouée]

[Émile] Tu vois, ce voyage, là.

C'est un peu ma clope du condamné, d'accord ?

T'es pas obligée de rester, mais...

si ça me fait chier de voir une grotte ou de bouffer des sandwichs,

je vais pas le faire, quoi.

[gazouillis d'oiseaux]

T'es sûre que c'est par là ?

[Joanne] Oui.

On a faim, en fait, non ?

[la musique s'estompe]

J'ai faim, moi.

J'ai faim.

J'ai faim.

Fais gaffe, hein.

Je crois que c'est pas tout à fait aligné.

[rit]

Oh putain, on dirait ma mère.

C'est son anniversaire, aujourd'hui.

J'ai failli lui écrire, et puis j'ai pas réussi.

- Tu leur as dit que tu partais ? - Non.

[rire sardonique] Bien sûr que non.

Si je leur avais dit, je serais jamais parti.

N'essaie pas de les joindre.

Ni elle, ni mes potes, ni l'hĂ´pital. Personne.

On me renvoie pas lĂ -bas, OK ?

MĂŞme Ă  la fin.

OK.

Je suis sérieux, là.

J'ai compris.

Oui.

Si t'arrives pas à lui écrire, y a d'autres moyens pour communiquer.

- Oui ? Genre, quoi ? - Je sais pas.

Écrire une chanson.

- Peindre. - [il ricane]

Écrire une chanson ou peindre ?

- Oui. - [il rit]

[acquiesce]

C'est pas con, ceci dit, peindre.

Comme ça, tous les jours, elle s'extasie devant mes peintures.

"Qu'est-ce que c'est beau."

[grognement]

- Putain, un ours ! - Quoi ?

- [Émile] Dépêche-toi ! - [grognements]

Je l'ai lu, y a des ours dans les Pyrénées.

[bruissements de feuilles]

[grognements]

[aboiement]

- Bel ours. - Ça te fait rire, ça.

Je déteste les petits chiens.

[couinement]

"Le chien est le seul ĂŞtre capable de t'aimer plus qu'il ne s'aime."

[ricane] Ouais.

[Joanne] T'es perdu, non ?

- [le chien pleure] - [Joanne] Oui. Il est perdu.

Ça sert à rien, ces trucs-là. Surtout les petits.

- Ça perd ses poils, ça pue, et... - [femme] Roxy ?

Roxy ?

[soulagée] Ah, t'es là.

Viens, mon bébé.

T'étais passée où, toi ?

T'es infernale. [rit]

- Pardon, bonjour. - [Émile] Bonjour.

On savait plus où elle était.

- Elle vous a pas trop embêtés ? - Non, il est chou.

- Les petits, c'est les plus mignons. - [femme rit]

Hein ? [rit]

- Il s'appelle comment ? - Roxy.

Roxy. Enchanté, Roxy. Émile.

Ça, c'est Joanne. Elle aime pas trop les chiens.

- [femme] Enchantée. - [Émile] Enchanté.

[Émile] Hé !

Qu'est-ce qui se passe ?

Roxy a encore fugué ?

On fait un barbec, si ça vous dit de venir avec ta meuf.

- C'est pas ma meuf, hein. - OK.

Si vous voulez venir avec pas ta meuf, du coup.

On va en parler avec "pas ma meuf".

Y a Chloé qui propose un barbec avec ses potes.

Je vais y aller. Si tu veux venir.

Non, merci.

Mais c'est gentil.

[douce musique émouvante]

J'apporte des bières pour l'apéro, ça va ?

Ouais, ça marche.

- [Émile] OK. - [Chloé] À tout.

[Joanne] Tiens.

C'est quoi, un cadeau ?

Au lieu d'écrire des lettres, tu pourrais tenir un journal

que t'enverrais Ă  ta famille.

Plus tard.

Plus tard, quand je serai mort ?

Quand tu seras prĂŞt.

C'est une bonne idée.

Merci.

[la musique prend fin]

[air de bossa nova]

[Chloé chante en anglais]

Pas mal.

Oui, il joue bien, Kylian.

[Kylian continue de jouer]

- Et toi, tu chantes ? - Ouh, non. [ricane]

Non, je chante pas, non.

[elle acquiesce]

Alors, c'est quoi, les...

Le programme, après ?

[Chloé] On passe par l'Espagne trois jours.

- [Émile acquiesce] - Et on termine au bord de la mer.

- [siffle impressionné] - [Chloé rit]

- C'est bon, ça. - Oui, c'est chouette.

Et puis, on est une bonne équipe.

Et c'est qui, elle, pour toi, exactement ?

Tu poses beaucoup de questions.

[musique douce]

J'ai envie que tu restes.

Tu veux pas dire Ă  ta copine chelou que tu pars quelques jours ?

Tu viens avec nous ?

Les vacances, c'est trop court pour pas kiffer.

[Émile soupire]

Toi, t'es un kiffeur, ça se voit.

[la musique prend fin]

[Joanne marmonne]

[sursaut] Léon.

Léon !

[Joanne halète] Il est où ?

Il est oĂą ?

[soupire] Il est oĂą ?

- Tu fais quoi ? - Hein ?

Qu'est-ce que tu fais ?

[bafouille] J'arrivais pas Ă  dormir, donc, je...

je vais faire un tour.

Tu t'en vas ?

Je sais pas.

Je sais plus, voilà. Je me suis peut-être planté.

Je voulais voyager, parce que j'avais besoin d'aventure, moi.

- De vie, tu vois ? - [elle acquiesce]

"Le plus grand voyageur est celui qui a su faire le tour de lui-mĂŞme."

C'est quoi, ton truc, avec les citations, hein ?

Tu dis jamais rien et tu te planques derrière les mots des autres ?

- [elle renifle] - C'est ça ?

Pratique, hein.

On se parlera jamais,

je saurai jamais qui t'es ni ce que tu fous lĂ , c'est bien.

Je te trouvais hyper courageux de faire ça.

[musique émouvante à la guitare]

[soupire]

[bas] Hyper courageux.

[clic de l'appareil]

[Émile] "Je suis parti, car je voulais pas voir tous les jours dans vos yeux...

"ce que j'ai vu quand le neurologue vous a parlé."

"La peur, la pitié, la douleur..."

- [Joanne] Émile ? - [Émile] "J'aurais pas supporté."

J'ai trouvé un endroit où j'aimerais aller.

- Ah ouais ? - La plage du film 37°2 le matin.

Avec les maisons sur pilotis.

[rit] Je me rappelle, ma mère voulait pas qu'on le voie.

Du coup, on l'avait regardé en cachette avec ma sœur.

C'est Ă  Gruissan.

- C'est pas dans les Pyrénées ? - Non.

C'est pas si loin, on peut y aller.

- Oui ? - [elle acquiesce]

J'ai trouvé ça aussi.

Pour écrire à ma mère et ma sœur, c'est plus facile que des lettres.

Et je leur enverrai quand je serai prĂŞt.

[soupir interrogatif]

C'est une bonne idée.

[klaxon]

- Oh, putain. - [il ricane]

[coassements]

[chants d'oiseaux]

Ça va ?

- [elle souffle] - Au top.

Au top.

- Tu veux qu'on s'arrĂŞte ? - Non.

Ça roule.

[halète] Enfin, ça marche, quoi.

[longue respiration] Putain.

[bas] Il fait chaud.

[halète]

- [il geint] - [choc]

[docteur] Bien.

Votre blessure est bénigne, pas de trauma crânien.

Très bien.

[inspire, hésite] Mais bon, l'IRM montre une anomalie.

Il faut des examens complémentaires.

- On vous transfère en neurologie. - Pas la peine.

OK ? Je sais ce que j'ai, je suis suivi Ă  Paris,

j'ai déjà fait tous les examens.

- Merci, mais on y va. - [docteur] Sûrement pas.

Votre malaise est peut-être lié à votre pathologie.

Mais on a beaucoup marché, il faisait chaud, il a pas bu.

Je vais très bien, d'accord ?

Ça va, je peux compter jusqu'à cinq, vous inquiétez pas.

Je peux danser si vous voulez.

S'il s'agit d'une maladie neurodégénérative,

cela peut affecter d'autres fonctions vitales.

On va contacter vos médecins pour voir s'il y a une évolution.

[rit] Bah oui.

L'évolution, on la connaît.

Pas de traitement, j'ai un an maximum.

Je vais pas perdre le peu de temps qu'il me reste

à faire des examens pour savoir où en est mon parcours du condamné.

D'accord ?

Si vous sortez, vous risquez de faire des malaises avec complications.

[acquiesce] Et si je reste ici ?

Ben, rien.

C'est quoi, votre idée ? Que je reste enfermé à l'hôpital

pour pas risquer de revenir Ă  l'hĂ´pital ?

[soupir interrogatif]

Merci, Docteur.

Pardon, au revoir. Pardon.

Bonne journée, oui.

T'as les clés ?

[sirène d'ambulance]

[à l'autoradio] ♪ Tu oublieras tout le mal Que tu as en me regardant souffrir ♪

♪ Ces instants difficiles Où tu ne sais plus quoi dire ♪

♪ Et qu'il faut simplement partir ♪

♪ Tu oublieras les sourires ♪

♪ Les regards qui parlaient d'éternité ♪

♪ Tous ces mots que l'on jure ♪

♪ De ne jamais oublier ♪

♪ Tu oublieras ♪

♪ Tu m'oublieras ♪

[la musique continue]

Tu t'en occupes ?

Allez, dégage-les, là.

[Larusso] ♪ Tu oublieras Ton attente impatiente ♪

♪ Accroché au téléphone ♪

♪ Le premier rendez-vous Qu'un soir enfin je te donne ♪

♪ Cette nuit qui a changé toute ma vie ♪

[la musique s'estompe]

- [Joanne] Allez, tourne-toi. - Non.

- C'est quoi, ce truc qui pue ? - La même crème aux plantes.

Ouais, ben, ça pue.

C'est mieux que les trucs chimiques de l'hĂ´pital.

Je foutrai pas un pied Ă  l'hĂ´pital.

C'est clair ?

T'es déjà allé à l'hôpital. Je t'ai expliqué.

[bafouille] Expliquer quoi ? Tu m'as rien expliqué, rien dit...

Ou c'était pas clair.

Sinon, j'aurais compris.

On était en rando, t'es tombé.

Le SAMU t'a amené à l'hôpital, t'as signé une décharge et t'es sorti.

Je vais pas foutre un pied Ă  l'hĂ´pital, c'est clair ?

Je fous pas les pieds Ă  l'hĂ´pital, OK ?

[soupire]

Si tu veux pas y retourner, y a une solution

qui me permettrait de décider à ta place.

On a qu'Ă  se marier.

[Émile rit]

- Quoi ? - Bien sûr.

- HĂ©, c'est pour toi. - [rit]

[mélodie tendre à la guitare]

Tu vois, tu souris, des fois.

[il fredonne]

- [Émile] La prochaine à gauche ? - [Joanne] Oui.

C'est parti.

Ah, putain !

Clignotant de merde, lĂ .

[Joanne] Je conduis ?

[Émile] Non, non.

Qu'est-ce qu'il y a ?

T'as peur, hein ?

- Tu devrais plus conduire. - Oh, ça va ! C'est bon !

La probabilité que j'aie un accident, là,

alors que je vais crever dans six mois...

On n'est pas seuls au monde.

Je vais bien, putain !

OK ?

Je vais très bien, d'accord ?

Le clignotant, je sais oĂą il est. Je passe aussi les vitesses.

Voilà, donc j'ai pas besoin de moniteur d'auto-école, merci.

Champagne.

Deux coupes de champagne pour commencer.

Parfait.

Quoi ? T'aimes pas ça ?

Si t'aimes pas ça, je boirai les deux.

- Et tu conduiras. - J'adore le champagne.

On peut rester cuver ici tant que tu veux.

Eh ben, voilĂ .

Enfin une bonne nouvelle.

[soupir rieur]

[il soupire]

C'est marrant, hein ?

On est... [hésite]

On est pas souvent face Ă  face.

C'est vrai, on est tout le temps... [rit] ... cĂ´te Ă  cĂ´te.

Et voilĂ , messieurs-dames.

- Merci. - Merci beaucoup.

Et on va vous prendre deux coupes de champagne.

Pour commencer.

Je déconne.

[il ricane]

- Tchin. - Pardon.

Je voulais te dire pour...

pour le mariage, c'est pas contre toi.

C'est juste que... [hésite]

... à l'époque, une fille voulait qu'on se marie

et j'ai pas voulu alors que j'étais amoureux.

Et voilĂ , je l'ai perdue, quoi.

Donc me marier, maintenant, lĂ ...

Ça veut rien dire, c'est... Tu vois ?

Y a pas de souci, c'était pour toi.

Ça servirait à quoi, exactement ?

T'étais en état de signer, mais la prochaine fois, peut-être pas.

Ils appelleront tes parents, médecins,

ils t'enverront Ă  Paris, je pourrai rien faire.

Si on est mariés, je peux signer la décharge,

prendre des décisions.

Mais c'est... comme tu veux.

Tu ferais ça pour moi, toi ?

Ouais.

Pourquoi ?

J'aurai une raison d'avancer.

Y a un rapport avec Léon ?

Je sais pas, t'as crié ça quand tu dormais.

- Si tu veux pas en parler... - Non.

[Émile] OK.

[inspire]

Tchin.

[il se racle la gorge]

[musique d'aventure légère]

Elle est oĂą, la carte ?

La carte ?

Elle est sous tes fesses.

[hĂ´tesse] Bienvenue, entrez.

- Vous serez pas que tous les deux. - Ah ouais ?

Vous avez des draps, du linge de toilette,

et j'ai vidé l'armoire pour mettre vos affaires.

C'est top, hein. Merci beaucoup.

On va ĂŞtre bien.

S'il vous manque quelque chose, vous m'appelez ?

J'habite Ă  30 minutes d'ici.

Je vous laisse, je prépare les papiers.

Maman, que fais-tu lĂ  ? Tu sais que tu dois pas monter. Viens.

Elle croit que je suis foutue.

Mais je suis lĂ  si vous avez besoin de quelque chose.

Merci.

[hĂ´tesse] Ils sont gentils. C'est bien pour toi d'avoir des jeunes.

Elle est marrante.

Hop !

[soupir satisfait] C'est bon, ça.

Un vrai lit. [ricane]

[elle soupire]

Je prendrai le matelas du camping-car pour dormir par terre.

[soupire] Ça va, ça fait deux semaines qu'on partage un camping-car.

On peut partager un lit.

Ça fait deux mois, Émile.

Et on dort pas ensemble.

[long soupir]

[soupire] C'est vrai que...

- Alors ? - ... il est hyper confortable.

Eh ouais.

[soupir satisfait]

[musique légère au banjo]

Donc, vous savez qu'au moins un des époux doit résider dans la commune,

c'est le cas ?

[bafouille] Il faut être là combien de temps pour être résident ?

Un mois.

- [Joanne] Ah. - [Émile] Ben...

On peut s'inscrire pour dans un mois, hein ?

Vous résidez où actuellement ?

- En Bretagne. - Paris.

Pas de résidence commune ?

Euh, non. Pas avant le mariage.

Pourquoi vous voulez vous marier ici ?

Parce que, ben...

[hésite] Ben, en fait, c'est parce que...

- On s'est rencontrés ici. - Ici, ensemble.

Y a longtemps que vous voulez vous marier ?

Euh...

[ils bafouillent]

- Ça fait quand même... - Pas très...

Mais pourquoi vous nous posez autant de questions ?

- Car le mariage, c'est pas une blague. - Ah non.

Ça se décide pas sur un coup de tête,

car on est en vacances dans un village qu'on trouve joli.

C'est un contrat, un engagement pour la vie.

[Émile] Oui.

À vous entendre, je suis pas sûre que vous soyez prêts.

L'un et l'autre.

Écoutez, vous avez raison,

on est pas prĂŞts, voilĂ .

Parce qu'en fait, elle...

Elle est malade, et je veux la protéger.

Donc, si je veux avoir le droit d'ĂŞtre lĂ 

et d'empĂŞcher qu'on lui fasse une chose qu'elle voudrait pas...

[l'adjointe soupire]

Et malheureusement, pour ça,

en France, il faut être marié...

- [Joanne tousse] - C'est la loi.

[l'adjointe soupire]

Moi, je veux juste la télévision.

Je sais, Myrtille, mais ça marche avec la box.

Il faut se servir des... [hésite] ... des deux télécommandes.

On va essayer HDMI1.

[bas] Oh, merde.

Vous savez si c'est un petit garçon ou une petite fille ?

On n'attend pas d'enfant, Myrtille.

Je dirai rien.

OK. On va essayer HDMI3, hein ?

Oui.

Putain, c'est pas vrai.

C'est quoi, ce bordel, lĂ  ?

- Ça va ? - [Émile] Ben non, c'est le bordel, là.

Ça déconne tout le temps.

Il faut brancher la box.

- Tu l'as débranchée ? - Non.

Voilà, ça remarche.

Oh, j'ai raté la météo, alors on peut éteindre.

[Joanne] Au fait, j'ai...

J'ai trouvé un boulot chez le glacier près de l'église.

Chez Jean ? C'est le meilleur.

Ah, tant mieux.

Pourquoi un boulot ?

Je reste pas un mois Ă  rien faire.

Elle a raison.

Il ne faut dépendre de personne.

Et puis, c'est bien qu'elle travaille tant qu'elle peut.

[Émile] On retrouve rien, là-dedans, c'est...

C'est dégueulasse, y a des gâteaux... [souffle]

Y a de la merde partout !

On les a mis sous le siège.

Je sais qu'on les a mis là, je suis pas complètement con.

Y a 20 000 en tout.

J'ai vidé mes comptes, pas besoin de travailler.

Je le fais pas pour l'argent, je le fais par besoin.

D'accord. [ricane]

- MĂŞme Myrtille comprend, c'est fou. - Attends.

Myrtille, elle déraille complet.

Elle pense qu'on va avoir un enfant.

[moqueur] Merci.

Myrtille, quoi.

[ricane]

Je les ai remis sous le siège, tu te souviendras ?

Oui.

[un chien aboie]

[Émile] Ça me manque, de voyager.

Et Ă  Robert aussi.

Il a pas ses repères ici, il se fait chier, en plus.

On partira tout de suite après le mariage.

- C'est sûr, ça ? - Oui.

Sûr ?

Émile, si tu veux partir après, on part.

[soupir soulagé, rit]

T'entends ça, mon vieux ? On se marie et on se casse !

Et on se quitte plus jusqu'Ă  la mort tous les trois.

[ricane] Hein ?

[musique nostalgique]

[rit] Mais fais pas la gueule.

Je fais pas la gueule.

Ça va être génial !

Comme avant !

T'as déjà eu envie de te marier, toi ?

Non.

[elle soupire]

Mais t'as déjà été amoureuse ?

Ouais.

De Léon ?

Ouais.

[la musique s'estompe]

[renifle]

[murmure] Jo ?

Oui ?

[la musique reprend]

Merci.

Elle est belle, mais c'est too much.

[la musique continue]

[long soupir]

Quoi ?

Ben, t'es belle.

Très belle, même.

Par contre, c'est pas possible, ça.

[soupir dubitatif]

[les oiseaux gazouillent]

Au nom de la loi, je vous déclare unis par le mariage.

Vous avez des alliances ?

- On a pas prévu. - On a pas réfléchi.

Qu'est-ce qu'il y a ?

C'est mon alliance et celle de mon mari.

Myrtille, c'est...

Comment ça marche ?

[rires]

Ici, on l'embrasse, la mariée.

[rires]

- [rire gêné] - [maire] Bravo.

[elle rit]

- Quoi ? - Ta bague.

Moi, je la garde, hein.

Deux, quatre...

[Joanne] Émile !

[aboiements]

Émile ?

[respiration haletante]

[long soupir]

[clic de l'appareil]

J'ai pris ton appareil, désolé.

T'as bien fait.

[chants d'oiseaux]

Allez, viens. Il fait froid.

Mais non, mais non. On est bien lĂ .

[bas] OK.

[elle soupire]

Regarde.

Elle est belle, non ?

Après, tu souris pas, mais bon...

[rit] ... comme d'hab.

[soupire]

Elle va ĂŞtre top, celle-ci.

[long soupir]

Allez, viens.

Viens, faut pas que tu restes ici. Il fait froid.

S'il te plaît.

Émile.

[musique pesante]

[aboiements au loin]

De toute façon, Myrtille, on va juste faire un tour.

On revient vite.

OK ?

Prends soin de toi, mon Émile.

[bas] Vous aussi, Ă  tout Ă  l'heure. OK ?

- [hĂ´tesse] Vous allez oĂą ? - On va improviser.

Vous avez de la chance.

Merci pour tout.

[soupir attendri] Myrtille.

- Soyez heureux. - Compte sur nous, oui.

C'est beau, ce que tu fais pour lui. Très beau.

[vrombissement de moteur]

[coup de klaxon]

[douce musique]

Si je le remonte, comme ça... J'ai l'air malin, là.

[rires]

Quoi ? Je suis pas au top ?

[la musique continue]

[la musique s'estompe]

- Je vais me coucher. - Déjà ?

Je vais aller au lac demain et me lever tĂ´t.

- Dans quel lac ? - Le lac d'Aude.

- Lac de quoi ? - D'Aude.

[acquiesce]

T'as peur que je te retarde, c'est ça ?

Non, je veux juste y aller seule. Bouge.

- OK. - Bouge.

- Pourquoi tu fais la gueule ? - Je fais pas la gueule.

- Si. Tu fais la gueule, lĂ . - Je fais pas la gueule.

- Si, tu fais la gueule. - [Joanne soupire]

[soupire]

[ouverture de zip]

[ouverture de la portière]

Viens faire un tour, ça te fera du bien.

- Je me lève tôt. - T'es pas drôle.

Allez, bonne nuit.

Putain, t'es pas drĂ´le, hein.

[sifflement excédé]

Pas marrante.

Pas marrante.

[les oiseaux gazouillent]

Joanne ?

Joanne ?

Mais qu'est-ce qu'elle fout ?

[musique inquiétante]

[la musique s'estompe]

Joanne ?

[vibreur de téléphone]

[geignements d'effort]

[la musique reprend]

[homme] Joanne ?

J'avais besoin de te parler. Pourquoi tu réponds pas ? T'es où ?

C'est pas Joanne.

Vous, vous ĂŞtes qui ?

Léon, le père de son fils. Je peux lui parler ?

Je sais pas oĂą elle est.

Vous ĂŞtes oĂą, lĂ  ? Vous ĂŞtes avec elle ? Elle est oĂą ?

- AllĂ´ ? - Elle est au lac.

Au lac ? Mais quel lac ?

Le lac d'Aude, je crois.

- Elle va revenir. - Non. Elle va pas revenir.

Elle va faire une connerie. Elle va rejoindre son fils.

[Léon] Il avait trois ans.

C'était notre petit garçon.

[musique douce Ă  la guitare]

On était en vacances dans les Pyrénées.

Je devais le surveiller. Il savait pas nager.

C'est ma faute.

[la musique s'intensifie]

Aujourd'hui,

ça fait un an.

[Joanne crie] Léon !

Joanne ?

Joanne ?

J'ai cru que t'étais partie pour de bon, putain.

Hé, ça va aller, hein ?

On reste ensemble, maintenant.

Tous les deux.

Hein ?

On va continuer le voyage, hein ?

On va continuer le voyage.

Tu sais quoi, je vais le retrouver lĂ -haut.

Ton garçon, je le retrouverai là-haut.

Et puis, je m'occuperai de lui, d'accord ?

[sanglote]

Comment t'as su ?

[Émile] Léon a appelé.

Tu devrais le rappeler.

[émue] Je peux pas.

HĂ©.

[elle sanglote]

[Émile murmure]

[elle gémit]

[renifle]

[la musique s'estompe]

T'es prĂŞt ?

Regarde.

[elle rit]

- Elle est hyper belle. - Ouais.

Je suis content de revenir ici.

T'as dit que t'étais jamais venu.

On est venus en vacances avec ma mère et ma sœur.

Je te l'ai dit.

Tu sais, j'ai...

Ouais ?

J'ai écrit à Léon.

Le père de mon fils.

Tu m'as pas dit que t'avais un fils.

En mĂŞme temps, j'ai l'habitude, tu dis jamais rien.

[ricane]

T'es un peu grave.

Viens, on va ĂŞtre en retard.

Sebastián nous attend, on refait un tour en bateau.

Ouais.

[Sebastián] Ça va ?

- Et toi ? - Ouais.

Prêts pour la croisière ?

- Merci de nous emmener. - Je t'en prie.

Salut. Émile, enchanté.

Ouais, on se connaît, mec.

Ça va pas ?

Si, pourquoi ?

Je sais pas.

- Tu peux me le dire. - Non, mais ça va.

OK.

Je vais aller me baigner.

[Joanne] Fais gaffe.

C'est quoi, ce qu'il a ? Il est, euh... [hésite] ... autiste ?

Ouais.

T'es sympa de l'emmener en vacances.

Émile, va pas trop loin, s'il te plaît.

T'inquiète, je suis MNS.

"Maître-nageur sauveteur."

- C'est vrai ? - Évidemment que c'est vrai.

La semaine dernière, j'ai sauvé un enfant attaqué par un requin.

J'ai dĂ» le tuer Ă  mains nues.

Le requin, pas l'enfant.

[soupir rieur]

[Sebastián rit] Attends, mais...

Je vais pas te juger lĂ -dessus.

[Joanne et Sebastián discutent]

[rires]

[musique émouvante]

[conversation indistincte au loin]

Émile ?

Émile ?

[la musique continue]

[des pas approchent]

[soupir]

Tu m'as fait peur.

Tu reviens avec nous ?

Seb nous emmène sur une autre plage pour voir le coucher du soleil.

Non, vas-y, je reste ici, moi.

C'est dommage, ça va être hyper beau.

Vas-y, t'as pas besoin de moi.

Ben, si.

[soupire] Ben non.

J'ai pas besoin de t'avoir tout le temps sur le dos.

J'ai pas trois ans, tu sais ?

Te sers pas de moi pour t'empĂŞcher de vivre.

OK ?

[la musique s'estompe]

[soupire]

[Joanne s'éloigne]

Oh, je te cherchais. Je suis venue te dire au revoir, je vais rentrer.

OK.

C'est Ă  cause de lui ?

Non, c'est...

Enfin, écoute, je suis désolée.

Merci pour cette belle journée.

On se reverra ?

Je t'appelle ?

Je croyais que t'avais pas le téléphone ?

[soupir déçu]

[douce musique inquiétante]

[bas] Oh, putain.

[bas] Fait chier.

[la musique s'intensifie]

Émile ?

[respiration haletante]

Émile !

Émile !

[bas] Fait chier.

Émile !

Émile !

[souffle] Émile.

Pardon.

Qu'est-ce qu'il s'est passé ? T'étais où ?

Au ponton.

Il volait un bateau.

Ouais, et c'était mon bateau. Mais c'est pas grave, pas de...

Il a pas voulu faire ça.

Désolé, mais démarrer un bateau qui n'est pas le sien, c'est du vol.

[Joanne] Il a une maladie neurodégénérative.

Il était autiste, accordez vos violons.

Je suis rien du tout, je vais très bien.

Je me casse, assez de conneries...

Non, vous restez ici, d'accord ? Calmez-vous.

Ou c'est tous en garde Ă  vue.

[Joanne] Il sait pas ce qu'il dit.

Mais il avait bien conscience quand il nous a insultés.

Ça fait partie de sa maladie.

- [rit] Pas mal, le coup de la maladie. - Émile...

[agent] Vous ĂŞtes qui, madame ?

Je suis sa femme.

[musique douce]

C'est ma femme.

[la musique s'intensifie]

- [claquement de portière] - [vrombissement de moteur]

[la musique continue]

[Émile] Tu sais quoi ? Ce soir, on sort.

Ça va nous faire du bien. Surtout à toi.

[Joanne rit] Tu veux aller oĂą ?

[Émile] Surprise.

[la femme chantonne]

[applaudissements épars]

[MC] Et on applaudit bien fort.

- [Émile aboie] - [MC] Émilie !

[Émile] Bravo !

[MC] Et maintenant, "Tu m'oublieras".

- Mais non, c'est pas vrai ? - [applaudissements]

- Mais c'est pas vrai ? - Non...

Allez, viens. [insiste] Viens.

- Non. Hors de question. - Tu déconnes ?

[Émile] Attends, tu rigoles ?

- Sérieusement, tu viens ? Allez. - Non !

- Pour moi. - Tu te débrouilles.

- Pour moi ? - [premières notes]

[Émile chante d'une voix grave]

♪ Tu vas partir ♪

[exclamations]

♪ Je sais ♪

[applaudissements]

♪ Tu oublieras tous ces jours ♪

♪ Tout ce temps Qui n'appartenait qu'à nous ♪

♪ Ce réveil, un matin Tes bras autour de mon cou ♪

♪ Et l'amour Que l'on faisait n'importe où ♪

- [grésillements] - ♪ Tu oublieras... ♪

Et la sono a oublié aussi.

[le public hue]

Je vais pas vous le faire a cappella, désolé. [rit]

- [rires] - C'était pas brillant.

[il se racle la gorge]

- Qu'est-ce qui se passe ? - [MC] Un bug.

Y a un électricien dans la salle ? Je sais pas.

Quelqu'un qui chante a capella, sinon ?

[brouhaha]

[Émile] Non ?

OK, euh...

[Joanne] ♪ Tu oublieras ♪

♪ Ton attente impatiente ♪

♪ Accroché au téléphone ♪

♪ Ce premier rendez-vous ♪

♪ Qu'un soir enfin je te donne ♪

♪ Cette nuit ♪

♪ Qui a changé ♪

♪ Toute ma vie ♪

♪ Tu oublieras si c'était en avril ♪

♪ En septembre ou en juillet ♪

♪ S'il faisait du soleil ♪

♪ Ou si la pluie tombait ♪

♪ Tu oublieras ♪

♪ Tu m'oublieras ♪

[acclamations]

Merci. Je m'appelle Émile et je... [hésite]

Je voudrais dire quelques mots à Joanne qui est là, à côté de moi et qui...

Jo, y a personne qui a compté... [hésite] ... autant que toi, pour moi.

Personne qui m'a compris comme toi.

T'as...

T'as pris le gros égoïste que j'étais et...

et que je suis toujours. [rit]

Et t'en fais quelqu'un de meilleur.

T'es une personne incroyable.

Incroyable, ouais.

[inspire] Et c'est pas parce que mon cerveau est une passoire...

[bafouille] ... que je...

que je sais pas ce que je dis, hein.

Alors, voilĂ , euh...

Avant que j'oublie, je...

je voudrais te...

te demander de m'épouser.

- [acclamations] - [sifflements]

Oui.

- [applaudissements] - [sifflements]

["Tu m'oublieras" reprend]

[le public applaudit en rythme]

[Larusso] ♪Tu m'oublieras ♪

[le public en chœur] ♪ Tu oublieras Tous ces jours ♪

♪ Tout ce temps Qui n'appartenait qu'à nous... ♪

[Larusso] ♪ Ce réveil, un matin Tes bras autour de mon cou ♪

♪ Et l'amour Que l'on faisait n'importe où ♪

♪ Tu oublieras tout le mal ♪

♪ Que tu as en me regardant souffrir ♪

♪ Ces instants difficiles Où tu ne sais plus quoi dire ♪

♪ Et qu'il faut simplement partir ♪

♪ Tu oublieras les sourires, les regards ♪

♪ Qui parlaient d'éternité ♪

♪ Tous ces mots que l'on jure De ne jamais oublier ♪

♪ Tu oublieras, tu m'oublieras... ♪

[la musique s'estompe]

[femme] Les rénovations ont été faites par des bénévoles.

- [Émile] Ah oui ? - On ramène peu à peu le village à la vie.

C'est magnifique.

C'est surtout une belle aventure humaine.

Si vous restez dans le coin, passez quelques jours avec nous.

C'est pas une mauvaise idée, on pourrait rester.

Si tu veux, ouais. Ouais, ouais.

Vous voyagez depuis longtemps ?

- Euh, deux, trois semaines. - [rit] Non.

Ça fait plus, beaucoup plus.

[rit] Mettez-vous d'accord.

C'est que c'est notre voyage de noces.

[femme] Félicitations.

Merci.

Si on reste, y a un endroit oĂą on pourrait se poser avec le van ?

Oui, mais vous aurez pas d'eau.

C'est pas grave, on ira en chercher, on a l'habitude.

- Émile ? - Ouais.

[femme] Mangez avec nous.

- [Joanne] Euh... - Ouais !

Et puis, la petite communauté, donc Marc, Baptiste, Sophie,

Aurore, Paul et Maëlle.

Bienvenue, les amis. On va vous faire une place.

[paroles enchevêtrées]

Moi, j'étais prof, mais j'en avais marre de faire la flic.

Elle est venue ici. Les élèves sont moins chiants ?

- Ça dépend. - [rit]

- [Émile ricane] - Et toi, Marc, tu faisais quoi ?

Moi, j'étais flic. En vrai.

- [acquiesce] - [Joanne] OK.

Je sors de taule, il m'a jamais fait chier.

Mais t'es maçon, on a besoin de toi.

- Ouais. - Ça, c'est vrai. [rit]

Moi, j'étais infirmière.

Ah ouais ?

Moi, je suis psy.

[Maëlle] Je suis étudiante en archi. Je suis avec Paul.

OK.

- Vous, vous faites quoi ? - Ils sont en voyage de noces.

Oh, super. Félicitations.

Mais bon, c'est pas un métier. [ricane]

Moi, je suis dealeur.

Mais non, je déconne.

Je mets en relation des hôtels avec des sites de réservation de voyages.

Un boulot... [siffle] ... passionnant.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Je crois que ta femme pense que tu bois trop.

- Non, c'est... - Elle s'inquiète pour moi.

Elle pense que je suis son fils.

Toi, Joanne, tu fais quoi ?

Moi, je suis aide maternelle dans une école.

[Sophie] Beau métier.

Vous vous ĂŞtes connus comment ?

Ă€ la maternelle.

[rit aux éclats]

J'adore ce type.

Non, Ă  la fac.

Ă€ la fac.

[Joanne soupire]

[Émile] Tu fais quoi ?

Je trouve plus les clés.

[rit] On s'en fout, non ?

HĂ©, c'est pas grave, hein.

On va les retrouver, t'inquiète pas.

Au pire, on les retrouvera demain.

[il sifflote]

[Émile] "Drôle de fille, je la découvre de plus en plus.

"Avant, je pouvais à peine la supporter, je me suis habitué à elle..."

"Maman, Marjo, je vous aime et vous me manquez,

"mais je veux pas revenir, je peux pas.

"Je veux pas que vous me regardiez partir.

"J'espère que vous me pardonnerez..." "Mariage.

"Je pensais pas que ça me ferait ça..." "Je pense qu'à Laura."

"Jo.

"Je t'écris, parce qu'un jour, je pourrai plus."

[musique triste]

[Émile] "Un jour, tu seras épuisée.

"Je serai plus qu'un poids.

"Si j'ai jamais été autre chose.

"Ce jour-lĂ , tu voudras partir.

"Peut-ĂŞtre mĂŞme que c'est moi qui te le dirai.

"Pourtant, j'aurai besoin de toi."

[la musique devient légère]

[Émile] "Si tu pars, je t'en voudrai pas.

"Quoi qu'il en soit, merci d'avoir été là pour moi.

"Je sais toujours pas pourquoi tu l'as fait, mais...

"je sais que tu vaux mieux que moi.

"Émile."

[Isa] Mets les gants. Ça, c'est basique, c'est de la chaux.

- Au bout d'un moment, ça brûle. - [Émile] D'accord.

[Isa] Toujours mettre un coup.

Et vous essayez petit Ă  petit de venir,

mais toujours, on vient croiser.

D'accord ?

Avec le van, on est allés, genre, jusqu'en Croatie.

- Ah ouais ? - Ouais, ouais.

C'était une dinguerie.

Des criques de fou.

De grands malades.

Le pote Ă  moi qui nous a rejoints...

- Renaud. - [rires]

Il faisait quoi ?

Laisse tomber. Le spécialiste des blagues à la con.

[rit] Genre quoi ?

Du genre, euh...

- Qu'est-ce qui est jaune et qui attend ? - Jonathan.

Non, un pastis. Et il est content, il te répète ça.

OK, un long voyage, quoi.

Les enfants, on a bien travaillé, fin de journée.

[homme] On boit un coup ?

- [femme] Grave. - Grave.

C'est mon moment préféré.

- [Isa souffle] - "Pastis sans glace..."

- "Pastis quand mĂŞme." - [rires]

Je t'en prends une, aussi.

[bas] Émile.

Quoi ? Ça va, on a bossé toute la journée, là.

- Tu viens boire un coup ? - Non, je suis fatiguée.

Si je peux me... [hésite]

... me permettre un petit conseil.

Tu devrais le lâcher un peu.

Faut qu'il respire, sinon ça tiendra pas, et je sais de quoi je parle.

Je crois pas.

Mais merci.

[musique douce Ă  la guitare]

[chant des cigales]

Ça va mieux ?

Ça fait du bien.

[hululements au loin]

Tu veux pas venir dans mes bras ?

Mmh ?

T'es pas bien, Émile.

T'as trop bu.

[bas] Viens.

[elle soupire longuement]

J'ai envie de faire l'amour avec toi.

[elle soupire]

Juste une fois.

- [Baptiste] Attends, Émile. - Quoi ?

Regarde.

Dans le bon sens, ça marche mieux. Tu vois ? Sens des aiguilles d'une montre.

Oui, c'est clair.

- Je suis con. - [Baptiste] T'es pas con.

- Non, mais je suis fatigué. - [Baptiste] Ouais, t'inquiète. [grogne]

Je vais te laisser finir.

- [Baptiste] Oui ? - J'y vais.

Émile ?

- Tu vas oĂą, lĂ  ? - Je rentre.

Je rentre chez moi. J'ai le droit, ou pas ?

Bon.

[Émile] Je suis fatigué !

[Isa] Allez, pause déjeuner !

Je vais chercher Émile.

- Appelle-le. - On n'a pas de téléphone.

Je trouve ça super comme démarche.

[Joanne] Je me dépêche.

[les bénévoles discutent]

[soupire]

- Il a une maladie neurodégénérative. - À son âge ?

C'est rare et ça se voit pas forcément, et là, ça se dégrade.

Sauf qu'il s'est barré avec le van, c'est hyper dangereux.

- Si c'est grave, pourquoi le cacher ? - Il me l'a fait promettre.

Tu me prêtes tes clés, s'il te plaît ?

Là, il faut prévenir les gendarmes...

On n'appelle personne, Isabelle. Tu me donnes tes clés ?

[vrombissement de moteur]

[grincement du frein Ă  main]

- [soupir] - [le moteur s'arrĂŞte]

[imitant le père Noël] Ho, ho, ho ! [rit]

Je vous ai rapporté une surprise, les filles.

[soupir d'effort]

[musique légère]

[Émile rit]

Joyeux Noël.

Cachez votre joie.

Il est beau, non ?

[homme] Isa ?

Y a quelqu'un pour toi.

Il dit qu'on lui a piqué un sapin.

Ah ?

Émile.

- Oui ? - Tu l'as pris oĂą, le sapin, hier ?

- Quoi ? - [bas] Tu l'as pris oĂą, le sapin ?

Quel sapin ?

[soupire] Utilise ton burin pour taper.

Quel sapin ?

VoilĂ , c'est lĂ .

On va vous trouver des meubles.

Vous serez mieux ici quand il va commencer Ă  faire froid.

[Joanne] Merci pour le sapin.

[Isa] Le proprio appelle pas les flics.

[bas] Mais bon, il est dans le collimateur.

Je sais.

Tiens, je te laisse les clés du van, je préfère.

On sait jamais.

[Émile] Bon, ben, c'est...

Top, ce que vous avez fait.

- [Joanne acquiesce] - Super.

- Bon, on rentre chez nous ? - C'est ici chez nous, maintenant.

- [rit] Quoi, c'est ici, chez nous ? - J'y vais.

- Euh... - [Joanne] On s'installe.

D'accord, donc tu décides et je suis censé suivre, c'est ça ?

Y a plus d'espace, on sera mieux.

[Émile rit nerveux]

Bah, très bien.

Que veux-tu que je te dise ? C'est décidé, alors ?

Mon commandant.

[musique douce au banjo]

- Mettre celle-lĂ  devant. - LĂ  ?

- Ouais, parfait. - Super.

Merci, monsieur.

Tu m'appelles encore monsieur, je te fais bouffer ton sapin.

Non, je déconne. Tu m'appelles comme tu veux.

- On s'en fout. - Ouais, OK.

[Joanne] Bon, merci beaucoup.

Et merci à tous. Merci pour tout ça.

Merci Isabelle, surtout.

Ouais, merci, Isabelle.

Et, euh...

Et joyeux Noël à tous.

[tous] Joyeux Noël.

- [Émile] Allez, 30 secondes. - [Isa] C'est presque fini.

- [Paul] Mireille Darc ? - [Émile] Allez !

Bourvil ? Une imitation de... [hésite]

- Danseuse. - Marilyn Monroe !

[cris entremêlés]

C'est fini, il sera pas comptabilisé.

Allez, c'est à nous. Émile.

- À toi. - Oui.

[son équipe] Allez, Émile !

[parle italien]

- [siffle] - [Paul] Ah, ok.

- Pas mal. - Allez, allez, allez, allez !

Allez, allez, c'est facile !

- Faut piocher un nouveau. - Tire un papier.

- [Isa] Prends un papier. - [rires]

[Paul] C'est une autre manche, lĂ .

- Je viens de le faire. - [Paul] Il faut piocher.

Pioche.

[musique émouvante]

- [Isa] Une minute. - [Paul] Alors ?

- T'es pas obligé... - [Paul] Qui c'est ?

- [Sophie] Fais un rébus si tu sais pas... - C'est bon.

- [Sophie] Le penseur, de Rodin ? - [Marc] Chut.

[Paul rit] Une statue.

Un instituteur. C'est... [hésite]

- [Sophie] C'est les mimes ! - Mais je sais.

- [Paul] Non, attends. - [Baptiste] Pas grave.

Ça va, tranquille, Émile. Détends-toi.

- C'est pas grave. - Laisse. Baptiste va gérer.

J'ai travaillé dans un service de neurologie hyper pointu à Toulouse.

Le patron m'apprécie. Je peux avoir un rendez-vous.

Y a pas de traitement.

Oui, mais on dit ça...

La médecine traditionnelle se remet pas en question,

mais y a peut-être des méthodes alternatives à tester ?

On peut croire au père Noël.

Tu vas pas pouvoir le garder ici indéfiniment, non ?

[Joanne soupire]

Il ira pas Ă  l'hĂ´pital.

Je lui ai promis, c'est tout. Je vais voir ce qu'il se passe.

- En tout cas, on a perdu. - [souffle]

[Émile] Ça dégage, ça dégage toutes ces merdes, là !

Ça aussi !

- [Baptiste] Émile, c'est bon... - Ça dégage, je te dis !

[souffle]

Émile, arrête. Personne t'a rien pris.

- [Émile] Si ! Tu le sais ! - Qu'y a-t-il ?

C'est toi !

Tu me l'as pris, j'aurais pas dĂ» te faire confiance.

Il pense qu'on lui a pris de l'argent.

[Émile] J'aurais pas dû !

Il est sous le siège, comme d'habitude.

Non, il est pas sous le siège, t'es une voleuse !

D'accord ? Il est pas sous le siège.

[bruissement d'objets dans la voiture]

[respiration agitée] Et mes clés sont où ? Tu me les donnes maintenant.

Mes clés. Donne-les-moi.

- Je t'aide à chercher. On va les trouver. - Mes clés.

- Tu peux y aller. - Ouais.

- Je reste à côté. - C'est gentil.

Pousse-toi, pousse-toi !

Elle avait raison, maman. T'es pas fiable.

[bégaie] T'es pas fiable, tu mens...

[respiration agitée]

Mon téléphone, il est où ?

- Tu me rends mon téléphone. - On va aller le chercher demain.

Non, je pars tout de suite, d'accord ? Tu me donnes mon téléphone.

On peut pas partir, on doit décorer le sapin.

Tu sais ?

Ils t'attendent, lĂ .

Tu viens le décorer ?

[respiration plus calme]

Oui.

Allez.

- Ils m'attendent ? - Ah, bah oui.

[tapotements impatients] Dépêche.

- Je vais décorer le sapin. - Ouais.

- Désolée. - [Émile] On se voit au sapin ?

- [Baptiste] T'inquiète. - Oui.

Courage. Attends, attends.

C'est pas à toi, ça ?

- [Joanne] C'est celle d'Émile. - [rit]

[Baptiste] Courage.

[Joanne] Merci.

[musique légère au ukulélé]

Tu t'assois ? Oui, voilà. Assis, comme ça.

[Isa] On se groupe ?

[Émile] Bien serrés, oui.

[bas] On fêtera Noël autant de fois qu'il faudra, OK ?

[Émile] Un, deux...

- [Isa] Viens. - [Émile] Attention !

Allez, hop.

- [rires] - [tous] Tchin !

[la musique continue]

[la musique prend fin]

[crépitement du feu]

Non, non, non. Émile, arrête, stop.

Ça salit tout, l'argent. Tu le dis tout le temps.

Non, allez. Viens. Tu vas attraper froid.

- Hé ! - Viens. [insiste] Émile.

Tu mets cette jupe pour le mariage de Renaud ?

Émile.

- Viens. - Ben, réponds, Laura.

Hein ?

[musique planante]

[cris des rapaces]

[la musique continue]

[Émile souffle d'effort]

[Émile] Attends.

Je m'assois une seconde.

[geint]

Une seconde.

[respiration haletante]

Faut vraiment que j'arrĂŞte de fumer.

[la musique s'estompe]

C'est quoi, ça ?

Hein ?

J'avais pas vu.

T'es mariée, toi ?

Oui.

Oui.

Deux fois ?

C'est celle de mon mari.

Pourquoi c'est toi qui la portes ?

Il oublie la sienne, je les porte pour nous deux.

J'espère que...

qu'il oublie pas qu'il a une femme.

[soupire]

[musique émouvante]

Tu l'aimes, ton mari ?

Oui.

[inspire] Tu viens ?

On continue la descente.

Du coup, on aura pas vu...

On aura pas vu les vautours.

On reviendra. Allez.

[soupire] Ça va.

[la musique continue]

[la pluie tombe]

[grondement du tonnerre au loin]

[grondement du tonnerre]

[Joanne halète]

- T'as vu ? - [haletant] Oui, viens.

Allez, allez.

Avance, s'il te plaît.

[respiration difficile]

Il a de la fièvre.

Il faut l'emmener.

Il a pris froid, ça va passer.

[bafouille] Je veux pas y aller.

C'est irresponsable.

[Émile geint]

[grelote]

Je veux pas y aller.

[bafouille] Je... je veux pas y aller.

Je veux pas y aller !

Je veux rentrer Ă  la maison.

[sanglote]

- [murmure] Calme-toi. - [sanglote]

Je veux rentrer Ă  la maison.

[en pleurs] Parce que maman, elle doit s'inquiéter, maintenant.

[suffoque]

[sanglote] Maman, elle doit s'inquiéter.

Je vais l'appeler.

Je veux rentrer, maintenant.

- Elle arrive. - Je veux qu'elle vienne me chercher.

Je veux qu'elle vienne me chercher.

Elle arrive, je l'ai prévenue, déjà.

[renifle]

[sanglote]

[murmure] Tout va bien.

[geint]

- Calme-toi, Émile. - [suffoque]

Émile.

[respiration saccadée]

[respiration plus calme]

Tu t'es mariée ?

Avec qui ?

Je suis mariée avec toi.

[la musique s'estompe]

[conversation indistincte]

[vrombissement de moteur]

[sirène d'ambulance]

Je peux le voir ?

Non, on lui fait des examens.

- L'IRM a révélé des lésions, au niveau... - Il a une maladie dégénérative.

J'appelle ses médecins à Paris et je l'emmène.

Non, vous l'emmenez nulle part. Il est pas en état.

Le SAMU dit que vous vivez dans des conditions précaires.

Je vais signer une décharge. Je suis sa femme.

[musique folk douce]

Bon, allez. Asseyez-vous et on...

On vous prévient quand on lui a trouvé une chambre.

[Émile] On va où ?

[la musique continue]

[le personnel les interpellent]

[la musique continue]

[la musique s'estompe]

[Émile] Jo !

[bourdonnement du rasoir]

T'es mieux, là. Ça avait trop poussé.

[soupir rieur]

[musique douce]

Allez.

[la musique continue]

[Joanne] Peut-ĂŞtre que la pomme marchera.

Émile.

Allez. S'il te plaît. Mange un peu.

[Émile geint]

[Joanne soupire longuement]

[la musique s'estompe]

Je sais ce que tu penses.

J'ai rien dit.

[Émile] Joanne.

Joanne !

Jo !

[elle lit en italien]

[musique sombre]

Je m'appelle Joanne.

[hésite] Je suis avec Émile.

[émue] Non, je...

Désolée, je lui avais promis de pas vous appeler.

Je crois qu'il lui reste peu de temps.

- Bonjour, Marjorie. - [Isa] Bonjour.

- [Marjorie] J'accompagne ma mère. - Je suis Isabelle, venez.

[la musique s'estompe]

[la porte s'ouvre]

[la porte se ferme]

Comment il va ?

Le médecin lui a injecté des calmants. Il dort.

[long soupir]

Elles sont toujours avec lui ?

Non.

Elles sont allées chez moi. Elles reviendront demain matin.

Elles ont demandé à te voir.

Je peux pas.

Pourquoi ?

Je lui avais promis que je les appellerais pas.

Mais tu les as appelées et t'as bien fait.

J'espère.

Le médecin dit que...

que c'est la fin.

[inspire]

Je vais encore avoir besoin de ton aide.

C'est la dernière fois.

[musique folk douce]

[la musique continue]

[murmure] Tu vois ?

Hein ?

Le soleil se lève.

C'est tout rose.

[la musique s'intensifie]

[renifle]

[la musique s'adoucit]

[la musique s'intensifie]

[la musique prend fin]

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