All language subtitles for Le Repos du Guerrier (1962)1h36 - Dir. Roger Vadim, Robert Hossein) [French] [DVDRip]

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Original subtitles

On gèle ici. Je ferme la fenêtre, tu veux bien ? Ton père aussi avait cette

sacrée manie des courants d 'air.

Combien paie -tu de chauffage par mois ? 25 000.

On se demande pourquoi.

Enfin, il paraît qu 'on ne meurt plus des pneumonies.

Si ton père avait attendu quelques années.

À propos de quoi est mort tante Lucie ? Je ne me souviens jamais du nom de cette

maladie.

Thrombose coronaire.

Et elle t 'a tout légué.

Évidemment, c 'est très gentil, mais nous avons les mêmes liens de parenté.

Avec moi, je n 'avais pas de fortune.

Tu as la pension de ton père.

100 000 francs par mois, ce n 'est pas le pire. Et puis cet appartement, tu

pourrais en tirer plus de 30 millions.

Tu ne vas pas recommencer ? Papa est mort ici, je ne vendrai rien.

Tu attends ? Je trouve ces meubles horribles.

Peut -être, mais c 'est un souvenir.

Pour moi, c 'est le souvenir de ses maîtresses.

Vous étiez divorcée.

Ce n 'est pas une excuse.

Ça doit être Pierre. Tu ne peux pas les ouvrir, maman.

Au métier à 100 francs ? Sur le piano dans le cendrier.

Oh, pardon, j 'ai cru que c 'était le blanchisseur.

Mes hommages, madame.

On s 'est fait.

Merci. Geneviève, prête. Je mets mon chapeau et je suis à toi.

On est en retard.

Oh, nous avons largement le temps.

Avec les embouteillages ? Pas le matin.

Tu es sûre ? Elle a toujours eu peur de manquer ses trains ?

La licence pratique pour une femme qui vit seule, c 'est une qualité.

Aïe ! Je me suis piqué le crâne.

Et si vous me demandez mon avis, je vous répondrai que je suis contre le célibat

pour les femmes.

Enfin, maman, je ne suis pas encore vieille fille.

D 'ailleurs, ça peut te faire plaisir, nous avons décidé de nous marier.

Dans quelques mois, au printemps.

Et tu me dis ça comme ça ? Comment veux -tu que je te le dise ? Je ne sais pas,

moi, c 'est tout de même un événement. Je suis toujours la dernière informée.

Elle est vexée, elle aurait voulu le savoir avant nous.

Allez vite, on va manquer le train.

C 'est vrai, Pierre ? Ce n 'est pas une plaisanterie ? Il en est sérieusement

question.

Oh, j 'ai oublié de fermer le gaz. Tiens, remonte, j 'ai plus le temps. Tu

donneras les clés à Madame Pia.

Au revoir, Madame Pia, je te regarde dans deux jours.

Au revoir, mademoiselle. Elle part au voyage.

Oui, un héritage.

Un héritage important.

C 'est possible.

J 'espère qu 'elle ne va pas quitter la maison. Ça me fera de la peine.

Il n 'y a plus beaucoup de jeunes filles comme elle aujourd 'hui.

Eh bien, je ne dois pas faire d 'affaires à la SNCL.

Le train ne part que dans 25 minutes. Ça, j 'aurai de la place.

J 'aurais bien aimé t 'accompagner.

Tu as du travail, mon chéri, je sais.

48 heures, c 'est pas une affaire, j 'aurais pu m 'arranger.

Mais j 'ai un nouveau directeur technique depuis lundi.

Deux jours, c 'est rien.

Tu es pressé ? Oui.

Tout de même, je regrette.

Moi aussi.

Bon, au revoir, mon chéri, bon voyage.

Vous avez une chambre ? Pour combien de temps ? Un ou deux jours.

Une chambre pour une personne ou deux personnes ? Vous voyez bien que je suis

seule.

Je vais vous donner le 10.

Allô ? Oui, je ne quitte pas.

Premier étage à droite.

Oh, pardon.

Monsieur ! Monsieur !

Monsieur,

monsieur, il est arrivé un accident ! Un accident ? Un faux client.

Tiens, et lequel ? Le 6.

Tiens. Et si je peux te permettre, comment le savez -vous ? Je me suis

de part, j 'avais compris le 6.

Le 10 ou le 6 ? Curieux, ça.

Curieux ou pas, vous feriez mieux d 'aller voir.

Après, tu sais pas mon affaire. Le 6.

Oui, le 6. Le 6.

Deux fois trois.

Monsieur. Oh, monsieur.

Réveillez -vous.

Ça m 'étonnerait qu 'il se réveille.

C 'est malin.

Si c 'est ça, c 'est malin, vous pouvez le dire.

Il va falloir appeler la police.

Ça ne marche pas si bien que ça.

Enfin, ça marche. Heureusement pour vous. Sans ça, vous trouviez un cadavre.

va d 'ailleurs arriver.

Renaud Sarti, étudiant.

Il n 'a pourtant pas l 'air d 'être jeune à ce point -là.

Vous l 'avez vu, sa carte d 'identité ? Il l 'a copiée devant moi, monsieur l

'inspecteur. Il l 'a probablement détruite et jetée dans les WC.

C 'est un numéro évident.

Regardez -y mieux la prochaine fois.

Oui, monsieur l 'inspecteur.

Mais il s 'en tirera sans doute.

Il y avait moins de trois heures qu 'il était là -haut quand on l 'a trouvé.

Madame.

Vous connaissez cette personne ? Madame ou mademoiselle ?

Mademoiselle.

Non, bien sûr, je ne connais pas ce monsieur.

Vous êtes arrivé aujourd 'hui ? Par le train de 14h50.

De Paris également ? Oui.

Et vous n 'aviez jamais vu cet homme auparavant ? Non, je vous l 'ai dit.

Je suis ici pour affaire. Je dois régler la succession d 'une de mes tantes,

Madame Lescure.

Je suis venue voir son notaire, Maître Varanger.

6, une propriété dans un parc de 80 hectares, avec arme fouettier, 6...

Sur la commune de l 'Onvique.

Je pense que je vais garder les boutiques d 'appareils ménagers, mais

immeubles.

Je ne veux pas garder non plus les bons du trésor. Je préfère augmenter mon

stock d 'actions.

Je pensais vous donner quelques conseils, mais enfin, je vois que vous n

aurez guère besoin. Moi aussi, je ne veux pas faire de bêtises.

Alors, pour ces immeubles... Chaque chose en son temps. Nous avons d 'abord

actes à signer.

Il est déjà 8 heures, si vous le permettez.

Après les signatures, je vous invite à dîner.

Nous pourrons parler tranquillement.

Je suis désolée d 'être arrivée en retard. C 'est pas mon habitude.

Mais découvrir un homme empoisonné ici, où rien n 'arrive jamais, c 'était en

effet imprévisible.

Oui, moi non plus, rien ne m 'arrive jamais. Et d 'un coup, me voilà

millionnaire et Saint -Bernard.

Bon, où je signe ? Là et là.

Et comme boisson, messieurs -dames. Pardon.

Voulez -vous un bon bourgogne rouge ? Avec la gélinotte. Un volnet ? Ce qu 'on

vous permettait.

Un pommard ? S 'il vous plaît.

J 'ai les notes... Chambartin. Oui, 45.

Et pas de 49 ? Si, 49, c 'est le meilleur. Oui, je sais, un petit peu

complexe.

Préférable, quoi.

Bon, moi j 'aime savoir où j 'en suis.

C 'est quelque chose pour les immeubles. C 'est combien ? Une dizaine de

millions. C 'est pas assez.

Je n 'y suis pas rien, moi.

Péchinet, les bons du trésor, les immeubles.

Si je peux le permettre.

D 'être indiscret, pourquoi réaliser plus des deux tiers de votre capital ?

travailler. Je voudrais créer une affaire qui m 'occupe.

Mais je croyais que vous deviez vous marier.

Justement, je voudrais avoir quelque chose à faire, quelque chose qui m

'intéresse.

Alors, pourquoi vous marier, mon petit ? Vous

ne

m 'avez pas répondu.

Je pense que 10 ressemble à 6.

Et que si 10 n 'ouvrait pas 6... Je pensais à mon suicidé.

Il sera frais quand il se réveillera à l 'hôpital sans papier et sans argent.

Il pensait en avoir fini.

On m 'a dit de m 'adresser à vous.

J 'aimerais avoir... Celle de M.

Sarti. C 'est lui qui a tenté. Vous êtes une parente ? Non, c 'est moi qui l 'ai

trouvée. Je voudrais savoir.

Ah, c 'est vous. Venez.

Je ne veux pas le voir.

Je voulais simplement... Il sera ravi. Il vous attendait.

Il veut voir celle à qui il doit la vie après sa mère.

Vous ne pouvez pas imaginer tous les noms dont il vous a accusé.

Boy Scout, Ange Gardien, Saint Bernard, Nounou, Chien d 'aveugle, Sainte

Geneviève. Ce qui peut être drôle.

Depuis qu 'il ne souffre plus, c 'est le cirque.

La voici, M. Sarti. Vous aviez raison, elle est venue.

Voilà l 'ange.

Alors comment allez -vous après toutes ces émotions ? Ben, moi ça va.

Ce serait plutôt vous.

Moi que voulez -vous, je suis en très bonne santé.

Je suis content que vous soyez jolie.

Ça aurait pu être remplacé en machine à laver et ça j 'aurais eu mauvaise.

Mais sauver pour sauver, j 'aime autant que ce soit vous.

Je ne l 'ai pas fait exprès, vous savez.

Je me suis trompée de porte.

Dieu m 'a donné la vie, mais il n 'a pas voulu la reprendre.

Pourtant, je l 'ai laissée au rabbin.

C 'était pour rien.

A enlever.

Mais il ne perd rien pour attendre.

Je finirai bien par mourir un jour.

Allons, ne pleurez plus.

Vous n 'avez besoin de rien ? Absolument de rien, merci.

Vous n 'avez déjà que trop fait.

Combien de temps vous garde -t -on ?

J 'ai été pris à temps, paraît -il.

On ne me garde pas.

Mais si vous sortez, vous n 'avez pas... Vous avez pu joindre un parent, un ami

? Je vous le confie, vous prendrez soin de lui.

Il n 'en est pas question, j 'étais venue pour... Attendez -le dans le

il sera prêt dans un instant.

Vous n 'êtes pas fatiguée ? Ça va tout à fait bien.

Je suis d 'excellente humeur.

Vous n 'avez pas de cigarette ? Je ne fume pas.

Bonjour, monsieur.

Ma brosse à dents, ton quichotte, c 'est mon livre de cheveux.

Moi aussi, vous voyez, je fais dans la chevalerie.

Je vous ai dit que c 'était une erreur.

Autant sans vous, j 'étais tranquille.

Envolez la petite âme là -haut.

Voilà. Faites -vous une raison.

La petite âme est à vous.

Encombrante, hein ? Mais vous pouvez toujours la foutre en l 'air.

Elle ne vous demande rien.

Elle ne demande rien du tout. A personne du tout. Elle s 'en fout.

Vous n 'avez pas de cigarette ? Toujours pas. C 'est vrai, excusez -moi.

Oui, c 'est une bonne idée. Après le hors -d 'oeuvre avec Phil.

Et monsieur a fait son choix, un yaourt.

Pour commencer, monsieur ? Oui.

Et des nouilles.

Mais nous n 'avons pas ça, monsieur.

Monsieur est au régime.

Ah bon.

Nous avons bien du riz avec la poularde.

Donnez du riz sans la poularde et une aile de poulet froid. Et un yaourt.

Un autre yaourt, monsieur ? Oui, oui.

Et comme boisson, vitel et bien ? Du blanc sec. Bien.

Cette ordonnance, je voudrais bien la voir.

Ça vous intéresse ? Faites -la

voir.

Vous n 'aimez pas ma coiffure.

J 'aime vos cheveux.

La seule chose en vous qui soit mal élevée.

Madame a fini ? Oui, oui.

Vous prendrez des cafés ? Oui, vous aussi, Renaud.

Deux cafés, bien fort.

Liqueur ? Un cognac.

Deux ! Donc, vous n 'avez pas lu cette ordonnance.

Mon Dieu ! Quoi, mon Dieu ? Mon train ! En ce cas, il ne fallait pas dire mon

Dieu, il fallait dire mon train. Ne plaisantez pas.

Maître d 'hôtel ! Il me reste un quart d 'heure pour aller à la gare. Je ne

plaisantez pas.

Maître d 'hôtel !

Raté. Ça ne m 'était jamais arrivé.

Il en passera peut -être un autre un jour.

10h33 demain.

15h20, 10h33.

Aujourd 'hui ou demain, 1er mai ou 14 juillet.

Quelle importance.

De toute façon, on n 'a rien à foutre sur cette heure.

Parlez pour vous.

Je parle pour moi.

Moi, en tout cas, j 'ai quelque chose à faire.

Je vais aller voir mon héritage.

Allons voir cet héritage.

C 'est là que ma tante habitait.

J 'ai toujours aimé cette maison.

Renaud !

Renaud

! Voilà à quoi tenir au moins

24 heures.

Ça, il n 'est pas question de rester ici.

Et pourquoi ? Parce que, je ne sais pas.

Moi, je sais.

Vous pensez à votre réputation.

Je me moque de ma réputation. Vous mentez.

Quand vous avez pris votre valise à l 'hôtel, vous m 'avez laissé dans le taxi

au coin de la rue.

Vous aviez peur qu 'on nous voit ensemble.

Vous devriez dormir là, vous seriez mieux.

Trop petit pour moi, je n 'aime que les grands lits.

Allez dans la chambre, moi je resterai ici.

Laissez -moi, Renaud.

Je vous en prie.

Je ne dormais plus.

J 'avais envie de vous voir avec les cheveux défunts.

Je croyais que vous étiez couché.

Allez -vous -en, Renaud.

Défaites vos cheveux et je m 'en irai.

Vous avez bien un amant ? Vous n 'aimez pas qu 'il vous regarde ? Je ferme

toujours la lumière.

Vous me faites dire des horreurs. La vérité, c 'est tout.

Vos amants sont des imbéciles.

Je ne vous ai pas encore embrassé.

Je suis propriétaire de votre âme, c 'est tout.

Âme, corps, esprit, vous avez hérité du lot.

L 'un ne va pas sans l 'autre.

Je sais mal votre endroit.

Vous êtes seul depuis 24 heures.

Même les endroits pour ce genre d 'exercice.

Qu 'allez -vous faire maintenant ? Vous êtes au courant ? Vivre ? Je veux dire,

où allez -vous ? Je ne sais pas.

Vous allez bien quelque part ? Non.

C 'est idiot, vous ne sortez pas du néant.

Je ne venais de nulle part.

Je n 'avais rien puisque j 'ai tout effacé en entrant dans cette chambre d

'hôtel.

Officiellement, je suis mort.

Un mort bougrement têtu.

Très bon, merci. Je voudrais mes clés, s 'il vous plaît.

Alors, cet héritage... Tout s 'est très bien passé.

Il sent ! Mademoiselle le taille aussi,

comme les autres.

Je n 'aurais jamais cru ça.

Vous n 'auriez pas dû me prendre par la taille dans le camion.

Pourquoi ?

Parce que dans une heure, tout le quartier le saura.

Ça ne me dérange pas.

Des sueurs pareilles, ça doit tenter les cambrioleurs.

Il ne faudrait pas que ça se sèche.

Oh, flûte !

Je vais très bien, mais j 'ai raté le train.

Tu as raté le train ? Ça alors ! Tu veux te dîner avec moi, tu me raconteras ?

Je suis un peu fatiguée.

Tu dis que tu vas bien ? Oui, je vais bien, mais je suis fatiguée.

Alors, ne te dérange pas, je vais venir, j 'apporterai ce qu 'il faut.

Non, c 'est pas... J 'ai promis à Pierre de dîner avec lui.

Je t 'appellerai demain.

Il n 'y a pas de policier ? Il doit y avoir des siménons en bas.

Siménon, c 'est pas du policier, c 'est de la psychologie.

Et le lit ? Il n 'y a pas de lit ? La chambre est là.

Agatha Christie, c 'est mieux que rien.

Vous voulez pas voir ma cour ? Moi, le cadre, vous savez.

De toute façon, on est enfermés.

Vous seriez aussi bien en prison.

Je n 'aurais pas un lit pareil.

Trouver un lit comme celui -là, c 'est un vrai miracle pour moi.

D 'habitude, ils sont trop petits.

Mon père l 'avait fait faire sur mesure.

Et puis, il n 'y a pas de fille en prison.

Merci.

Décidément, on croirait que les gens sentent des courants de chez soi.

Bonsoir, Pierre.

Ça a été plus long que je ne pensais.

C 'est que justement, ma mère vient de me téléphoner.

Elle veut absolument dîner avec moi. Elle insiste.

Je ne peux pas m 'en dépatouiller.

Oui, ça n 'a pas été tellement facile.

J 'étais disposition à prendre.

Non, ce serait trop long à t 'expliquer.

Oui.

Bonsoir, mon chéri. Bonsoir.

Tenez, remettez -vous, ça doit être très fatigant de mentir. Non, merci.

Je ne pourrais quand même pas le laisser venir ici.

Ce soir ou demain ? Demain, ça ne sera pas pareil.

Qu 'est -ce qui ne sera pas pareil ? Vous ne serez plus là.

Je ne pourrais pas vous laisser dans la rue sans argent, mais il faudra bien que

vous trouviez un endroit pour habiter.

Personne, jamais personne, même mon fiancé n 'a couché dans ce lit.

Parce que ça ne se fait pas, voyons.

Ça ne se fait pas ? Non, pas ici.

Mais ailleurs.

Je regrette vraiment de m 'être

trompée de porte.

Je mens.

Depuis hier, j 'ai l 'impression de mentir sans arrêt.

Je comprends plus, Renaud.

Viens ici.

Tu n 'as pas de plaisir.

Je n 'ai jamais été aussi heureuse.

Pas vraiment.

Beaucoup de femmes sont comme toi.

C 'est une question de temps.

Oui.

Il n 'y a pas de science -fiction ? Je savais pas que tu les aimais.

Mais si.

Je t 'en achèterai demain.

C 'est déjeuner ?

Oh oui.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Tu me demandes si c 'est le déjeuner.

C 'est drôle.

Regarde, il fait nuit, il est au moins 9h du soir.

Je n 'ai pas très bien la notion de l 'heure. Le réveil est arrêté.

Encore ? Ma parole, tu jettes un sort à toutes les pendules.

Quoi ? Tiens.

Merde ! C 'était le dernier.

Le cinquième en une semaine.

Un Shetley en métal ?

Quand je pense qu 'on m 'appelait abeille laborieuse.

C 'est charmant, abeille laborieuse.

C 'est incroyable, j 'ai plus le temps de rien faire.

Faire quoi ? Mettre de l 'ordre, voir mes amis, m 'occuper de mes affaires,

aller au théâtre, visiter les expositions.

Est -ce que tu m 'appelles pour faire quelque chose ? Ben oui.

On ne peut pas dîner sur le champ de bataille.

Déhabille -toi.

Il y a deux jours que je n 'ai pas fait le ménage.

Déhabille -toi et fais le ménage.

T 'es fou ? Pas du tout.

J 'ai envie que tu fasses le ménage toute nue.

T 'en as des idées bizarres.

Tout le monde a des idées bizarres, seulement on les cache.

Moi, je ne les cache pas, je suis impur.

Tu ne veux pas ? Non !

A 14 ans, j 'ai eu une pneumonie.

Tous les matins, une de mes cousines faisait faire la chambre.

Pour passer le temps, j 'imaginais qu 'elle était nue.

Seulement, à 14 ans, on est toujours un peu vicieux.

J 'avais honte de mes pensées, je ne lui ai pas demandé d 'ôter sa robe.

J 'ai bien fait d 'attendre.

Elle était bien moins jolie que toi.

Qu 'est -ce que tu faisais dans le noir ? Hein ? Je faisais mes contes.

Tu faisais tes contes dans l 'obscurité ? Armand !

J 'en profitais pour faire le lit.

Si ma mère me voyait... Il y a peu de chance que ta mère te voie.

J 'en dirais pas autant du voisin.

Au renom, c 'est affreux. Les volets étaient ouverts.

Qu 'est -ce qui est affreux ? D 'être nue ? Tu n 'as pas lu la Bible.

Ton corps n 'est pas obscène.

Ce qui est obscène, c 'est la façon dont le monsieur d 'en face te regardait.

C 'est ce qu 'il pensait en le voyant.

Reste où tu es, jeune fille à principe.

Quand je pense à ce que j 'étais il n 'y a pas dix jours...

Je crois que si je me croisais dans la rue, je ne me reconnaîtrais pas.

Je ne suis même plus capable d 'avoir honte.

Si tu aimes, sois simplement capable d 'aimer l 'amour.

Ou bien tais -toi.

Pourquoi ris -tu ? Voilà la tragédie.

Tu es une femme, une vraie femme, pour la première fois.

Je trouve ça plutôt gai.

Sèche tes larmes.

Souris.

C 'était pas un drame.

Quel plat vous faites de vos petites personnes ? Pourquoi tu t 'es moquée de

? Je ne me suis pas moquée de toi.

Explication. Je me suis moqué de ton vocabulaire.

Tu as crié « Renaud, je t 'aime ». J 'ai ri parce que tu appelles ça aimer.

C 'est vrai que je t 'aime.

Qu 'est -ce que j 'y peux ? Crois bien que si je le pouvais, j 'arrêterais tout

de suite.

Ça c 'est vrai, je suis emmerdant.

Question vocabulaire, je suis emmerdant.

Un jour, j 'écrirai un traité.

Je l 'appellerai de l 'amour.

Ça n 'existe jamais, ça me donne un sérieux remaniement.

Je l 'appellerai de l 'amour et je serai contre.

Tiens, bois.

Qu 'est -ce que tu as contre l 'amour ? Qu 'est -ce qu 'il t 'a fait ? Si l

'amour m 'a blessé ? Réponse, non.

Commentaire, qu 'est -ce que tu crois ? Que ma gueule lui fait peur ? Au

contraire, tu as vu.

Je veux mourir et une fois mort, qu 'est -ce que je trouve ? L 'amour.

J 'ai été baigné, comblé, saturé d 'amour.

Je ne dirai plus jamais que je t 'aime.

On m 'arrachera plutôt la langue.

Qu 'est -ce que c 'est que cette tête ? Tous ces

gens que je connais, qui sont comme moi, ou plutôt comme j 'étais,

est -ce possible qu 'ils passent à côté d 'eux -mêmes sans savoir, sans jamais

rien savoir ? J 'ai l 'impression d 'arriver d 'une autre planète.

Je ne reconnais plus rien.

Sac !

6. Qu 'est -ce que tu comptes ? Le téléphone, le record, c 'est 12.

8.

9.

10.

11.

12, 12 et demi, record battu.

Je savais que tu étais là.

Tu ne voulais pas répondre ? Non, je t 'en supplie.

Ne cherche pas de nouvelles excuses pour m 'éviter.

Il se passe quelque chose de grave.

Il faut me le dire.

Je ne peux plus attendre, Geneviève.

Cette situation devient ridicule et odieuse.

Non, écoute.

Si tu ne veux pas venir chez moi, je t 'attendrai dans l 'impasse au coin de l

'immeuble.

Tu peux faire 100 mètres.

On vient tout de suite, je t 'en supplie.

Écoute, faut que je sorte.

À tout à l 'heure.

Tu as changé.

Je sais.

C 'est un autre ? Oui.

Je m 'en doutais.

Et où l 'as -tu rencontré pendant ton voyage ? Oui.

Geneviève ! Je sens que tu fais une bêtise.

Tu n 'es plus toi -même. Il ne faut pas comprendre le plaisir et l 'amour.

Qu 'est -ce que tu appelles l 'amour ? Enfin, Geneviève, tu le sais.

Tu m 'as aimé.

Enfin, tu me l 'as dit.

Dis -moi ce que tu appelles l 'amour.

C 'est être heureux et malheureux ensemble. C 'est passer une vie en

'autre. C 'est être deux, simplement.

Et puis ?

Cet homme est en train de te détruire.

Je ne le connais pas, mais je n 'ai qu 'à te regarder.

Le jour où tu te passes, revois que j 'ai raison.

Si tu as besoin de moi, n 'hésite pas.

Tu sais que je reste ton ami.

Putain de putain de garce !

Tu

n 'aurais pas par hasard apporté à boire ? Il n 'y a plus rien.

Je n 'ai pas rapporté à boire. Je suis désolée.

Je n 'avais pas l 'esprit à ça.

Je viens de rompre avec mon passé.

Et même avec mon avenir.

Il te reste le présent.

Quel présent ! Parlons -en.

Renaud, qu 'est -ce que tu fais ? Je mets ma veste, tu le vois pas ? Mais

pourquoi, Renaud ? Pourquoi ? Je n 'ai rien à faire ici.

Mais je t 'aime !

Ça fait l 'aimer, je vous jure.

Eh bien, va -t 'en ! Va -t 'en, frusquant ! Je te souhaite de trouver

meilleure place, macro !

Renaud, viens.

M 'emmerde pas. Viens, je t 'en prie.

Sous quelles conditions ? Il n 'y a pas de conditions, tu le sais.

Dis -moi ce que tu veux que je fasse.

Je ferai ce que tu veux.

Mais tu veux rien.

Tout ce que j 'ai, tu t 'en moques.

Je t 'aime.

J 'ai pas besoin qu 'on m 'aime.

Mais moi, j 'ai besoin de toi.

De quoi, moi ? Que tu sois là.

C 'est vague.

De... De ? De toi.

C 'est ce que tu veux ? Oui.

Alors pourquoi ne pas le dire tout de suite ? Toi non plus, tu ne dis rien. Tu

ne dis jamais rien.

Parce que moi, malheureusement, je m 'en fous.

Plus je réfléchis, plus je m 'en fous.

Et plus je m 'en fous, plus je réfléchis.

Si tu t 'en fous tellement, pourquoi pas venir ? Au moins, tu serviras à quelque

chose.

Voilà la vérité qui sort.

Comme ça, ça marche.

J 'aime être utile.

Même des petites choses.

Oui, ça me donne le sentiment d 'exister.

Allez, viens rentrer. J 'en ai assez.

Mais oui, beauté.

Je te suis comme elle veut.

Puisque tu le veux.

Regarde -moi sérieusement.

Tu ne m 'as jamais regardé sérieusement.

C 'est toujours toi que tu regardes.

Tu n 'as pas encore compris où tu fous tes pieds ? C 'est le vide dessous.

Ça m 'est égal.

Écoute, je ne suis pas doué pour jouer les infirmières ou les boy scouts.

Je ne te le dirai pas deux fois.

Cours, va -t 'en, fous le camp ! Tu n 'as rien à gagner avec moi.

Ça m 'est égal.

On dit ça.

Et un jour on le regrette quand c 'est trop tard.

Cours.

Fous le camp.

Ne te retourne pas.

Non.

Tu as bien réfléchi.

Oui.

Alors suis -moi.

Vous avez raison, il faut se battre.

Se battre pour Monaco, pour le Danemark, pour la Corse. Pour n 'importe quoi,

mais il faut se battre.

Il faut que le sang coule.

Il s 'en va ? Tu l 'as convaincu, il va s 'engager.

Allez, viens, on ferme.

Tu as raison.

Papa ! Nous sortons.

D 'un lit.

D 'un lit fait sur mesure.

Avec ses rivières, ses fleurs, ses continents.

Je vois.

Fernand, la même chose pour moi.

Il n 'est pas encore patron.

Je me présente.

Katov.

Geneviève Letey.

Vous n 'êtes pas son père.

Adieu, elle plaise.

Où l 'avez -vous dégoté ?

À Dijon.

À Dijon ? Qu 'est -ce qu 'il allait bien foutre là -bas ? Mourir. Pourquoi ? J

'espérais que vous me le diriez.

Un jour ou l 'autre, pour aller jusqu 'au bout.

Il devait essayer ça aussi.

Vous le connaissez depuis longtemps ? Je l 'ai connu sous l 'occupation.

Je tombais du ciel, il était dessous.

Il voulait faire de la résistance.

Je continue.

En fait, à l 'époque, il avait un idéal.

Renaud, un idéal.

C 'est inattendu. Avec lui, tout est anormal.

Attirant, dangereux. Il se détruit.

Mais il détruit aussi tout ce qu 'il touche.

Tu sais faire mourir l 'araignée, toi ? Ah non.

Tu sais faire mourir l 'araignée ? Moi, je sais faire mourir l 'araignée, tu

vois.

Il a toujours bu autant ? Où en est -il ? Je sais pas, moi.

Il doit boire en cachette.

J 'ai dépensé 40 000 francs de whisky en 15 jours.

Je bois en cachette. Et pendant ce temps -là, elle fait ses comptes en douce.

Joyeux couple.

C 'est qu 'à cause de toi, imbécile, je vais être riche.

Je suis sculpteur. Hélas ! Il y a 15 jours environ, mon atelier est

cambriolé. Je porte plainte, scandale.

Trois jours après, toutes mes statues sont retrouvées dans la gare de triage

Villeneuve -Saint -Georges.

Renaud avait loué une camionnette et payé un chauffeur. Le pauvre gars avait

tellement peur d 'aller en prison qu 'il est venu tout me raconter.

Photos dans les journaux, mon exposition est un triomphe.

C 'est la gloire, quoi.

J 'ai pour toi un chèque d 'un million.

La seule excuse de l 'art aujourd 'hui, c 'est que depuis que ce n 'est plus de

l 'art, ça se vend très bien.

Tu devais vendre.

Il n 'y avait qu 'à mettre le mécanisme en marche.

C 'est ce que j 'ai fait.

Son chèque ne donnera jamais, les trois radins.

Je commençais à avoir froid.

Elle te plaira beaucoup.

Elle est à toi ? Je l 'ai rencontrée après ta disparition.

Je l 'adore.

Ton cas est sans espoir.

L 'espoir ou pas l 'espoir, pour ce que ça change.

Bonjour. Ça va, tu n 'es pas morte ? Je t 'ai résolue à attendre que tu m

'appelles, mais tu es tout de même ma fille.

Je t 'ai inquiète, imagine -toi.

Tu aurais pu être malade. Non, non, je ne suis pas malade.

Je... j 'ai... quoi ? Je... j 'ai... j 'ai... quoi ? Quoi ? Tu as quoi ? Ben...

Tu t 'es mise à fumer, non ?

Oui. Tu as une mine de déterré.

Et tu sors visiblement du lit.

À midi.

Tu ferais mieux d 'avouer la vérité.

Justement, je voulais dire... Écoute -moi, il y a quelqu 'un.

Oh, pardon.

Tu aurais pu me prévenir, c 'est très désagréable.

Et ça n 'est pas Pierre.

Non, ça n 'est pas Pierre.

Après tout, Pierre ou un autre...

L 'adultère du papa.

La concierge, tout l 'orchestre.

La loi.

Son bien.

L 'ordre.

Tu veux un café ? Non merci, je ne t 'ai déjà que trop gênée.

Mais dis -moi, quand pouvons -nous nous voir tranquillement ? Nous avons tout de

même des choses à nous dire.

Veux -tu que je vienne demain ? Ben... Ah,

parce qu 'ici la situation est permanente.

Pour l 'instant, oui.

Permanente pour l 'instant. C 'est parfait.

Enfin, c 'est ton accès.

Au revoir, ma petite fille.

Je t 'attendrai demain à la maison. Au moins, là, nous serons tranquilles.

Oui.

Moi, je n 'ai pas connu ma mère.

Elle est morte en me donnant la vie.

Trop tard, j 'étais là.

Oh, Renaud ! Ah, Jean ! Ça décape.

C 'est un cercle vicieux. Je ne vois pas comment tu t 'en sortiras. Moi non

plus, beauté.

Dis donc, un peu froid, cette entrevue avec ta mère, non ? J 'espère que moi,

es découvert.

Je n 'ai pas eu le temps.

Renaud ! Renaud ! Hypocrite, va.

Approche plutôt.

Ça ne choque que de loin.

Oh, merde ! Poux -moi la paix ! Si tu veux que je te foute la paix, prête -les

-moi ces 50 billets, quoi.

C 'est dit non, non et merde.

Jusqu 'à demain seulement, Farol.

Va te faire foutre.

Il était un bibé jusqu 'au dernier degré.

Si je lui avais donné ces 50 000 balles, il en aurait crevé cette nuit même.

Mais Renaud l 'appelle docteur.

Il est rayé de l 'ordre depuis 20 ans.

Tiens, je savais pas que Renaud aimait le classique.

Un jour au concert, il s 'est endormi.

Il a même ronflé. J 'étais morte de honte.

Avec ce million, je vais m 'acheter un wagon de pullover en Cachemire.

Ou plutôt non.

Une machine à calculer.

Calculer quoi ? L 'avenir.

Je serai le conseiller secret de tous les hommes d 'État.

J 'annoncerai les guerres, même celles qui ne devraient pas exister.

Comme ça, ils seront bien obligés de les faire.

Coco, lis -moi ce que tu écris.

C 'est un très grand poète.

Sans doute le dernier poète au monde.

Bleu, couleur du sang.

Rouge, l 'amour.

« Vers la haine, blanc soleil des fous,

l 'arc -en -ciel est dans nos yeux. » Je te les achète.

Tu sais bien que je ne vends pas mes œuvres. Je t 'achète ton poème, un

Tu n 'as pas un million. Il est ton porteur, tu peux le toucher.

Tant pis pour la machine à calculer.

Mais c 'est un placement sûr.

Aujourd 'hui, l 'art a plus de valeur que suez ou les pétroles.

Tu vas être riche, tu vas être très riche.

Je le sais. C 'est dans mon horoscope.

Il vous aime peut -être, après tout.

Il faut que vous soyez la plus forte.

Si vous pouviez seulement décider à faire quelque chose.

C 'est impossible.

Qui sait ?

Ok, ok, that's enough for the day.

Tomorrow at 10.

10 in the morning?

More blue nuts?

Si on allait plus tôt chez Cato.

Ah, c 'est pas con, ça, oui.

Vous vous y mettez aussi ? Ce type me tue. Il joue du piano, parle l 'anglais

couramment, il s 'y connaît en jazz.

Katov, je suis pas de force.

Il te regardait sans arrêt.

Tu t 'en es pas aperçue ? Non.

Je le trouve très beau.

Tu parles pas un mot de français.

Tenez, ça suffit !

Laissez -moi le cul de la bagnole.

Laisse, mon merde.

Elle a du culot, hein ? Je trouve pas.

C 'est le garçon qui est un crétin.

Elle va sans doute me dire qu 'on n 'a pas le droit d 'être jaloux. La

ça n 'existe pas.

C 'est le nom qu 'on donne à la pire forme de l 'orgueil.

La vanité blessée.

Si tu m 'aimais que tu me voies dans les bras d 'un homme, tu t 'en moquerais ?

Parce que je devrais souffrir de ton plaisir.

Souffrir de te voir heureuse. C 'est ça ton amour ? Oui.

Enfin, vous ne pensez donc jamais qu 'à vous.

C 'est indécent à la fin.

Tu es à moi, je suis à toi, nous sommes à nous.

Alors respecte l 'individu.

Qu 'est -ce qu 'il devient là -dedans ? Respecte l 'individu ? Naturellement.

On pourrait aussi, au nom de l 'amour, s 'interdire de boire, de manger et de se

baigner. C 'est aussi une forme de plaisir.

Qui arrive, cette fois ? Il parle gouramont le chinois ? J 'ai pas le

l 'individu.

Il paraît que je l 'empêchais de manger, de prendre des bains de mer...

Les robinets, ça me connaît.

Non merci.

...

Ah, merde, c 'est bas.

C 'est chouette.

C 'est chouette, merde.

C 'était chouette.

Emmène -moi, je t 'en supplie.

Regarde.

Ça s 'appelle Don Quichotte. C 'est une allégorie.

Emmène -moi.

Tu sais, quelquefois, en rêve, on voudrait se réveiller. On ne peut pas.

Alors dans le rêve, on se remet dans son lit pour se réveiller vraiment.

Je voudrais être dans mon lit et fermer les yeux.

Elle est très belle, ta statue.

Renaud, ça, je te l 'ai défendu.

De toute façon, ils n 'ont pas l 'air d 'aimer le Gruyère.

Et qu 'est -ce que tu comptes faire de ton million ? Tu as des ennuis d

poussin ? Non, j 'ai à peine touché à mon héritage.

Si nous ne travaillons pas, ton héritage va fondre comme neige au soleil. C 'est

ce que tu veux dire ? Non, je te posais une question, c 'est tout.

Mon million, je l 'ai placé.

Bleu, couleur du sang.

Rouge, l 'amour.

Verte, la haine.

Blanc, soleil des fous. L 'arc -en -ciel est dans nos yeux.

Qu 'est -ce que c 'est ? Mon placement.

J 'ai acheté ce poème à Coco, un million.

Tu ne penses pas que je vais te croire ? Parce qu 'elle est bête.

Est -ce que j 'ai l 'habitude de mentir ? Il est fou.

Il est fou.

Et si j 'avais encore des doutes, maintenant je suis fixée. Tu crois ? Il

fou !

Foilier, foin enfermé, complètement fou.

Tu es fou, fou, fou, fou.

Tu es fou.

Arrête, écoute, je ne vais pas te croire.

Évidemment, j 'aurais pu te faire un cadeau.

Tu me vois revenir avec un manteau de fourrure sur les bras.

Tiens, tiens, Bobonne, voilà ce que je te ramène.

D 'un autre côté, ce n 'était pas assez pour t 'entretenir. Tu es beaucoup trop

riche.

Ça te ferait plaisir que je gagne de l 'argent, pour le principe ? Ben oui, et

rien de plus facile.

Je vais écrire des policiers.

Je connais la recette. Un peu de sadisme, un peu de mystère et un peu de

J 'en écris deux tous les mois et je sais où les fourguer.

Je ne voudrais pas que tu te compromettes, mon chéri.

C 'est bien toi, ça.

Compromettre quoi ? Moi ? Moi qui ? Moi rien.

Il n 'y a rien à compromettre.

D 'ailleurs, un policier, c 'est moins compromettant que la littérature.

Punaise ! Tu crois que je ne te vois pas revenir avec tes grands sabots ?

Si ça te fait plaisir, je peux bien t 'offrir ça.

Seulement, il me faut une table, celle -là est trop petite.

Il y a le bureau dans le salon. Non, non, non, je te teste le salon, il est

affroi. On peut apporter le bureau ici.

Quoi, ce bureau 25 ? Non, non, non, il me faut une table plate.

Tiens.

On va la baptiser.

Allez.

Sur les bords de la rivière, où murmure une brise embaumée, chaque femme a rêvé

d 'Alma.

Et ce fameux roman, tu l 'as lu ? Quand il sera terminé.

Pour le moment, je n 'en sais pas plus que vous.

J 'ai pratiquement fini, je corrige les derniers chapitres.

Florence, tu pourras travailler.

La Toscane au printemps, rien de mieux pour l 'inspiration.

J 'ai loué un ancien cloître, ce qu 'il y a de plus beau au monde. Florence ou

Paris ? Ou Caracas ? C 'est la même chose, je sais.

Mais moi j 'aime Florence.

Je passe vous prendre à 7h précise demain matin.

Habillé ou pas, je fourre Renaud dans la voiture.

Il n 'y en a plus.

Il reste une bouteille dans la chambre, dans le secrétaire.

Coucou et Maurien.

Le son testament.

Le roi Renaud de Gué...

Ni de ma femme, ni de mon fils, mon cœur me crie.

Je sens la mort qui me recousse,

mais vous faites le dresser, Rémy.

Mais faites -le dresser si bas que ma femme n 'entende pas.

Quelle heure est -il ? Pas même 11 heures.

Il est sûrement minuit quelque part.

Il est minuit où l 'on veut.

Mes enfants, minuit ou pas minuit, je rentre.

Il y a les bagages à faire et on part à l 'aube.

Alors Raphaël, en route.

Je connais, tu ne pourras plus travailler.

Je n 'en ai pas encore assez ? Assez de quoi ?

De tout ça.

De tout ça quoi ? De tout ça quoi ? Tu ferais mieux de foutre cette table en l

'air et moi avec.

Qu 'est -ce qui te prend tout d 'un coup ? Tu n 'as peut -être pas lu mes

oeuvres complètes, non ? Fais -moi le plaisir de te dire la vérité.

Renaud, tu es foutu.

Non ! Renaud, tu es foutu ! Je vais te l 'entendre dire ! Non, c 'est bien vrai

! Dis -le moi, mais tu vas y tirer !

Ton amour, ta charité, ta pitié.

J 'en ai marre.

Je suis fatigué, creux et vidé.

Ce soir, j 'ai 90 ans.

Allez, vous faites ça.

Verse -moi à boire.

Oui, c 'est moi, tu as tout cassé.

C 'était idiot, pardon.

Aucune importance facilement réparable.

Bruno.

J 'ai pas pris ma boite à dents, t 'appelles pas.

Il est prêt ? Il n 'est pas rentré de la nuit.

Encore une fugue ? Il va sûrement revenir.

Sûrement un jour ou l 'autre, oui.

Entrez. Non, je ne peux pas. Je dois être à Florence demain matin.

Je suis désolé, mon petit, mais je ne peux pas.

Laisse -le tomber. Viens.

Je connais bien, nous.

Il est en train de tomber sérieusement amoureux.

Par moments, j 'ai l 'impression qu 'il me déteste.

La vérité, c 'est qu 'il y a deux Renauds.

Un Renaud qui t 'aime et un Renaud qui déteste celui qui t 'aime.

Il se débat.

Il a peur.

Il ne veut pas l 'accepter.

Et il te le fait payer de plus en plus cher.

Je ne sais pas moi -même jusqu 'où il est capable d 'être.

Tu te sens le courage de tenir jusqu 'au bout ? Vraiment jusqu 'au bout ? Je ne

peux plus faire autrement.

Allô ?

Chef.

Merci.

Désirée ? Ça porte les papiers de M. Sartre.

Ah.

Il habite chez vous ? Oui.

Vous êtes une parente ? Non.

Je vous le rends, votre oiseau.

Il était rond comme un tonneau.

Heureusement pour lui. Sinon, vous n 'étiez pas près de le revoir.

La violence à l 'aquarium.

Dans le genre poli, on ne fait pas mieux. Il ferait rougir un quart de

T 'as de la veine d 'être tombé sur moi, salopard.

Mais n 'y reviens pas.

Elle ne doit pas être bégueule, la foule.

C 'est une belle peinture de Masorino da Panicale, l 'un des premiers maestres

de notre 400, c 'est le renoncement piérentien.

Cette belle peinture, nous la verrons dans les appartements privés.

je crois que je t 'aime c 'est horrible

Sous -titrage Société Radio -Canada

Oh non, écoute, merde, allez,

ça suffit !

Je t 'ai rien demandé, c 'est vrai ! Excuse -moi, c 'est une chanson qui me

rappelle quelque chose.

La guerre.

Allez, on s 'en va.

Ciao, ciao, bambina.

C 'est pourquoi je me suis laissé aller.

C 'est le futur.

C 'est des guitaristes.

C 'est de ta faute.

J 'aperçois un comptoir.

J 'aperçois la femme de ma vie.

Son cœur brille et elle a soif.

Est -ce qu 'elles ont mes mains ? Tu as de belles mains.

Arrête ! Tu tiens pas debout.

À ta santé, fiston.

Lâche -moi la tâche.

Lâche -moi la tâche.

Véronique Allais.

Trouble pour cette nuit.

D 'accord, mais avant, je veux voir.

Elle me demande 10 000 lire.

Ça les vaut, non ? Allons -y.

Tu ne peux pas me faire ça.

Tu n 'as pas le droit.

L 'amour m 'ennuie ce soir, c 'est mon droit.

J 'ai envie d 'une putain, c 'est mon droit.

J 'ai

froid.

Décide -toi vite.

Renaud n 'est pas là ? Non.

Où vas -tu ? Faire du café.

Tu en as besoin.

À Paris, tu m 'as dit que tu étais prête à aller jusqu 'au bout.

Vraiment jusqu 'au bout.

Avec Renaud, il n 'y a pas de fin.

Il n 'y aura jamais de fin.

Tu as appris à l 'aimer.

Tu apprendras à l 'oublier.

Je ne veux pas l 'oublier.

Tout à l 'heure, devant ces filles, j 'ai eu l 'impression que quelque chose

venait de changer, comme ça, en une seconde.

Tu sais, comme lorsqu 'on est petit et qu 'on construit une maison sur la plage

avec des lignes.

On dit, ça c 'est la porte, puis on est dehors.

Je l 'aime.

Je ne suis plus la même.

Il m 'a poussée dehors.

Et s 'il revient ? Je ne sais pas.

Oh, le soleil ! Tu vas continuer ?

Je l 'aime.

Mais je sais que ce ne sera plus jamais pareil.

C 'est comme un accouchement.

Comme si maintenant j 'avais la force de vivre pour moi.

De bouger pour moi.

D 'aimer pour moi.

Je suis malheureuse.

C 'est l 'hôtel Saint -Miquel à Florent.

Ah non, ça suffit.

120 000 lire en trois jours.

Ça fiche de moi.

Je ne paye plus ! Qu 'il aille au diable ! Tu connais Renaud Sarty ? Dieu t 'en

préserve. Voilà trois jours que cet espèce d 'animal assèche tous les bars

Toscane et me fait envoyer les notes.

C 'est la cinquième fois qu 'on me téléphone. C 'est pas une avoine ! C

baron Avento ! Ah bon ? Renaud va

débarquer un de ces quatre matins.

Qu 'à temps s 'y attendra le moins.

Ici ou ailleurs.

Pour ce que ça change.

Tu es toujours dans son jardin ?

Oui, j 'ai fermé la grille.

Jardin de nuages.

Un jour, tu souffleras dessus, il ne restera plus rien.

Souffler n 'est pas jouer.

Tiens, tu parles comme lui.

J 'en mets assez, Katov. Je peux bouger ? Oui, ça va.

C 'est une tasse.

Une tasse ? Ma Vénus ! Bandale !

Tu n 'as jamais été aussi belle.

Si on m 'avait dit il y a seulement trois jours que je pouvais vivre sans

Renaud, j 'aurais poussé des hurlements.

Hurle !

Au contraire, j 'ai l 'impression que je n 'ai jamais si bien compris.

Mais je suis moi, tu comprends ? C 'est merveilleux comme sensation.

Papa !

Renaud Sarty.

Regardez -le.

Il n 'y a rien à ajouter.

Mais si ! Je vous croyais mort ? Ou devenu fou ? Je suis l 'un et l 'autre.

Où est le directeur de l 'asile ? Le directeur te dit merde.

Il est fâché ? Alors partons, les chevaux sont en bas.

Il est vraiment fâché.

Je lui pardonne.

Où est le briscoute ? L 'ange florentin.

Où est le Saint -Bernard ?

Tu vas lui foutre la paix.

Quelle paix ? Je ne peux plus rien lui donner, elle m 'a tout volé.

Regarde, je suis une loque.

Tu vas lui foutre la paix.

Elle m 'a collé son amour comme un virus.

Je saigne, Katow.

Depuis trois jours, j 'ai rempli mes artères d 'alcool.

Une transfusion complète.

Rien à faire, je signe toujours.

Où est -elle ?

Tu

vois, Katov, j 'ai quatre solutions.

Rire.

Ah non, ça ne marche pas.

Le mélo.

Surgir et agiter mes mains pleines de doigts et de revolvers.

Non.

Ça se terminerait en foutuile.

Le suicide.

Trop dangereux.

On ne sait jamais comment ça se termine.

Et puis j 'en sors, merci.

Ou souffrir en silence.

Ça ne manque pas de grandeur.

Mais c 'est un peu mondain.

Tu choisis.

Le vide par le whisky.

La transfusion totale.

Je t 'ai cherché toute la nuit ! Je

calme ! Je t 'aime ! J 'en ai marre !

Je remonte à briller ! Je suis patiné et je veux m 'en poser.

Je me constitue prisonnier ! Prends -moi comme ça ! Ramasse -moi, je suis inter

!

Passe -moi les menottes ! Je veux plus de la liberté ! La liberté de rien !

Je veux faire partie de l 'espèce humaine ! Vous êtes salamois d 'espèce

! Épouse -moi ! Épouse -moi !

Force -moi à vivre.

C 'est tout ce que je te demande.

Je te jure que je parle sérieusement.

Épouse -moi, épouse -moi, épouse -moi.

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