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Original subtitles

Il apparaît donc clairement qu 'en débarquant le 14 mai au Malagaoui, l

Jocelyn Gaumont avait l 'intention d 'attenter à l 'avis du colonel Ndjala,

président à vie de la République malagavienne.

Monsieur le Président, c 'est à peine croyable.

L 'accusé se vante d 'avoir agi de sa propre...

Vous reconnaissez être venu au Malagaoui à la seule fin d 'assassiner le

président Jalla ? Oui, M. le Président.

Et vous reconnaissez ce qu 'un tel crime peut avoir d 'objet ? Oui, M. le

Président.

Vous reconnaissez n 'avoir été l 'objet d 'aucune manipulation politique ?

Vous vous rendez compte, Jocelyn Beaumont, que je vais être obligé de

requérir un châtiment exemplaire.

Appuyez, répondez à monsieur le procureur.

Appuyez, levez -vous.

disposée par la chaleur.

La séance est suspendue.

Non. Non ! Non ! Non ! J 'en peux plus ! Allez,

branle -toi avec vos trucs !

Allons,

qu 'est -ce qui te prend ? Allons, viens.

Qu 'est -ce que c 'est que ces capouilles ? Allez, viens.

Je veux plus ça.

Et bien voilà.

Sois raisonnable, viens.

Très bien.

Rabillez -le.

Maintenant, lâchez -le.

Eh bien, monsieur Beaumont,

Parfait.

Impeccable.

Reprenons où nous en étions.

Je vais être obligé de recueillir un châtiment exemplaire.

Oui, monsieur le président.

Eh bien, voilà.

Vous êtes confiant.

de mériter un châtiment exemplaire ? Oui, monsieur le président.

Je m 'en ferai trois copies. Une pour l 'Elysée, une pour Matignon et une pour

le colonel Marta.

Comme ça, tous nos amis se le repasseront de temps en temps.

Nous sommes à nouveau en ligne avec le tribunal où se déroule actuellement le

procès de Joss Beaumont.

Seule la grâce présidentielle semble pouvoir épargner au terroriste Josselin

Beaumont la peine capitale.

On s 'en remet encore à l 'infinie beauté de son excellence.

Pour que la France soit un pays ami, il faut que Beaumont soit un malade.

Nous allons donc le rééduquer.

... ... ... ...

Sauter ! Sauter ! Sauter !

Plus en plus.

Parce que moi, j 'aurais peur.

Le Akira Ofabeka Ludokoda ? C 'est quoi Ludokoda ? C 'est la signature.

Ah bon ? Capitaine

Valera ! Si vous pouviez monter une seconde, il y a un télégramme bizarre.

Je ne comprends rien du tout.

Ça correspond à aucun des codes en vigueur.

Ça a été posté où ? Là -haut, au coin de la rue.

Et vous savez à quoi ça ressemble ? Aux grilles qu 'on utilisait en Afrique.

Eh ben, c 'est pas d 'hier.

Vous savez depuis combien de temps on n 'utilise plus ce code -là ? Vous savez à

combien de temps ça remonte ? Deux ans, mon capitaine.

Mais qu 'est -ce qui peut utiliser un code vieux de deux ans ? Un type qui a

disparu depuis deux ans.

Comment savoir plus si on veut le passer à la bécane ?

Allô ? Allô, Alice ? Edouard ? Tu te déranges pas que c 'était pas notre bar

Non, non, je viens juste d 'arriver.

C 'est très bien.

Comme ça, tu ne te déshabilles pas, tu sautes dans un taxi et tu rappliques.

Alice, tu m 'as entendu ? Oui, Edouard.

Tu rappliques tout de suite.

Pourquoi ? Qu 'est -ce qui vous arrive ? Rien de bon.

Dépêche -toi.

Jos Beaumont au colonel Martin.

Tu appelles le colonel ? Partout, tout de suite.

Il n 'y a pas de quoi rien.

Jos Beaumont est de retour.

Eh bien, bravo. Il est très fort.

Et qu 'est -ce qu 'il dit, ce télégramme ? Une seconde.

Il dit que le contrat sera exécuté entre le 12 et le 15.

Le contrat entre le 12...

Le 12, c 'est dans une heure.

Et je vous rappelle que du 12 au 15, le président de Jala est l 'hôte de la

France.

Voilà pourquoi nous n 'avions aucune nouvelle de Beaumont depuis son évasion.

Bon, je vous rejoins tout de suite. Vous me convoquez immédiatement, Rosen, de

la section spéciale.

Et puis, dis ta licence l 'un de rester.

Ça peut être utile. Et vous me convoquez aussi le gars de l 'école de flingage,

là. Il peut nous aider à retrouver Beaumont.

Comment s 'appelle -t -il déjà, l 'abruti ? Instructeur Picard.

Oui, c 'est ça, Picard.

Et surtout, surtout, vous allez me chercher le ministre.

Je veux être couvert, moi.

Entendu, mon colonel.

Capitaine Valéra.

Oui ? Vous me mettez immédiatement une surveillance chez la femme de Jos

Beaumont. Il serait d 'un goût d 'y aller.

Et le télégramme, c 'est pas d 'un goût ? Bien, mon colonel.

Vous pouvez peut -être venir sans femme.

Qu 'est -ce que tu crois que je suis en train de faire ?

Quelqu 'un l 'appelle en ce moment.

Allô, service des écoutes ? Tu peux peut -être leur laisser deux minutes ?

Jeanne, ma chérie, tu vas être sur écoute dans très peu de temps. Je

plus te parler.

Non, Joss, raccroche pas.

Je t 'en prie, Joss.

Viens.

Jeanne, ils vont probablement venir chez toi.

Dès qu 'ils seront partis, tu baisses le store du salon.

Je passerai te voir dans la nuit.

Quoi ? Qu 'est -ce que c 'est ? Je ne suis pas bien. C 'est le mois dernier à

douche.

Bon, bon, d 'accord.

On dirait le faux monde.

Mais ce n 'est pas la police.

C 'est rien.

Qu 'est -ce que vous voulez en échange ? Un associé. Quoi ? Un associé pour

monter une affaire.

Vous vous rendez compte, Jocelyn Bonneau ?

que je vais être obligé de requérir en châtiment exemplaire.

Jocelyn Beaumont, vous êtes un monstre.

Évidemment.

Vous reconnaissez n 'avoir été l 'objet d 'aucune manipulation politique.

Oui, M. le Président.

Jocelyn Beaumont.

Vous reconnaissez l 'abomination de votre projet ? Oui,

monsieur.

Bonjour, Martin.

Je vous remercie, monsieur le ministre. Je récupère un peu.

Vous avez du café ? Bien sûr.

Tout de suite, monsieur le ministre.

J 'ai pensé à disposer d 'une longue nuit.

J 'ai des problèmes de sommeil, je dors mal en ce moment.

J 'ai pris un Mogadon.

Je vous ai demandé du café ? Le voilà, monsieur le ministre. Ah, merci.

Alors, je vous écoute, colonel Martin.

Jocelyne Beaumont est à Paris.

Qui ça ?

Le commandant Jocelyn Beaumont, un agent du service action.

Il est revenu après deux ans de captivité.

Son retour nous pose un problème, monsieur le ministre.

Pourquoi ? Il veut assassiner le président Djalla.

Djalla ? Assassiner Djalla ? Mais pourquoi ?

C 'est pas simple à expliquer.

Voilà.

Nous l 'avions... Comment dirais -je ?

Nous l 'avions chargé de cette mission,

il y a deux ans.

Qui ça, nous ? Votre prédécesseur, monsieur le ministre.

Marchandot ?

Philippe Marchandot ? Oui, monsieur le ministre.

Je pourrais vous expliquer les motivations politiques de monsieur

n 'est pas utile.

Que s 'est -il passé exactement ? Eh bien, nous avons envoyé le commandant

Beaumont en Afrique.

Oui, ça, vous me l 'avez déjà dit.

Voulez -vous être gentil de me donner un petit peu de café, mademoiselle, s 'il

vous plaît ? Je vous écoute.

Lorsqu 'il a débarqué au Malagaoué...

La situation politique n 'était plus la même.

Il n 'était plus question d 'exécuter N 'Jala.

Surtout plus.

Donc vous avez rappelé Beaumont ? Non, monsieur le ministre.

Pourquoi ? Vous voulez un petit peu de cognac

dans votre café, monsieur le ministre ? Je vous demande pourquoi vous n 'avez

pas rappelé Beaumont ? Eh bien...

Parce qu 'on a jugé opportun, en haut lieu, de signaler la présence de

au président Tchala.

Vous l 'avez vendu ? Non.

Pas vendu, monsieur le ministre.

Donné.

Par raison d 'État. C 'est gratuit, la raison d 'État. Enfin, souvent.

Je vous présente mon associé.

Il va vous expliquer notre affaire.

On va aller se balader ensemble et je vous dirai de quoi il retourne. Ça

rapporte quoi ? Oui, c 'est vrai, ça nous rapporte quoi ? Demande à mon

Vous inquiétez pas.

Vous le regretterez pas, monsieur est honnête.

On y va ? Ouais, d 'accord.

Allez, en route.

J 'aimerais bien savoir pourquoi il a envoyé ce message.

Pourquoi ? Regardez -nous, monsieur le ministre.

C 'est notre première nuit blanche.

Et il y en aura d 'autres.

Et que comptez -vous faire ? Le nécessaire.

Ah, ça va pas être de la soie.

Instructeur Picard, c 'est lui qui a formé Beaumont.

Le chien à dents, voyez -vous, M. le ministre, c 'est que Beaumont connaît

les coups.

Et pourquoi les connaît -il ? Parce que nous lui avons appris, coup par coup, la

malice par malice.

Mon meilleur souvenir d 'instructeur, M. le ministre.

S 'il avait un fils,

j 'aimerais qu 'il lui ressemble.

C 'est très touchant.

Mais ça n 'arrange pas nos affaires.

S 'il est si doué que ça, il ne va pas être facile à arrêter.

Il va quand même être obligé de se déplacer, de prendre des contacts.

Bon, fatalement, je lui ai appris à évoluer sans contact, à opérer en terre

brûlée.

Pour tout arranger, il a les Blancs. Hein ? C 'est un terme d 'échec.

Les Blancs le bénéficient de l 'offensive.

Il aura toujours un coup d 'avance. Il va nous faire des trucs impossibles. Il

improvisera sans arrêt. Il nous tendra autour.

Il va nous rendre fous.

Il ne viendra pas, Beaumont.

On ne va pas rater toute la nuit pour rien.

Si tu étais en cavale, tu irais chez ta femme ? Moi, non. J 'irais chez la

tienne. Très drôle.

Allez -y.

Salaud ! C 'est quoi,

ça ? Des clodos.

Ils ont l 'air complètement poivrés.

Allez -y, putain de merde.

Stop ! Suis -moi !

Tu ne peux pas l 'aider, espèce de con ! Je ne peux pas ! Je suis poiché !

Allez, allez, cassez -vous ! Dégagez -vous ! Qu 'est -ce que c 'est que ça

encore ? C 'est mon réveil, c 'est mon petit réveil ! Allez, tire -toi de là !

Allez, dégage ! Doucement ! Il

a été...

le moment de se boire un petit café, non ? Oui, t 'as raison.

Qu 'est -ce que c 'est que ce quartier de merde ? C 'est un quartier de merde.

Tous les quartiers sont des quartiers de merde. C 'est pas parce que tu fous du

gazon, de toute façon, ce sera toujours un quartier de merde.

Et tu n 'as plus la vie naze, merde.

Écoutez, messieurs, je voudrais bien pésimiste.

Ce Beaumont a tout de même subi d 'abord un lavage de cerveau, puis deux ans

dans l 'ébagne malagavien et enfin les fatigues d 'une évasion extravagante.

Il est probable qu 'il est très affaibli.

Affaibli ? Pensez donc, le régime Biribi a dû au contraire le galvaniser,

Beaumont. Il doit être au top niveau.

Je vais vous dire une bonne chose, monsieur le ministre.

Il n 'y a pas de triture sur la ligne. Je veux dire, si les politicards ne le

balancent pas une fois de plus, alors braoum !

Plus de négros. Ça va, Picard, merci.

Je vous remercie, Picard.

Messieurs, après ce brillant exposé, je peux vous dire ceci.

Si plus de négros, plus de service.

Et plus de ministre. Tout le monde saute.

Non, non, non.

On va l 'arrêter.

Le stopper. Le stopper.

Il le saura.

Moi, commissaire Reuven de la brigade d 'intervention.

Joss ? C 'est toi, Joss ?

J 'ai failli devenir folle à t 'attendre.

Jeanne, je t 'ai fait déjà assez de mal.

Je sais pas en plus de passer des bus.

Le type qui m 'a refilé ce manteau n 'avait pas dû voir un bout de savon

des années.

Une minute de tendresse, dix heures à se gratter.

Yo.

Tu as prévenu Alice Ancelin de ton retour ? Oublie Alice Ancelin.

Ça fait deux ans.

Précription maintenant.

Je n 'oublie pas.

Je suis sûre qu 'elle non plus, elle n 'oublie pas.

C 'est près de toi que je suis en ce moment, non ?

Deux minutes

après ton coup de fil, le service m 'a appelée.

Valéra. Il m 'a parlé du télégramme.

Pourquoi n 'es -tu pas venue avant de l 'envoyer ? C 'est ce télégramme qui a

déclenché ma mise sur écoute, la fouille de l 'appartement et les barrages en

bas.

Pourquoi t 'as fait ça, Jean ? T 'es venue ici pour me voir ou pour jouer

eux ? Ta visite, c 'est de la tendresse ou de la provocation ?

Valera m 'a dit que tu voulais tuer N 'Jala ? Que t 'étais devenu fou ?

Je pourrais pas te perdre une deuxième fois, Joss.

Je t 'aime.

Je ne les aime pas, Jeanne.

Sans tuer un petit soldat, le commandant Joss Limbaumont a battu dans un guet

-apens.

Est -ce que tu penses bien qu 'avant de m 'envoyer là -bas, il a fallu m

'expliquer beaucoup de choses ? Avant que je glisse un fusil à lunettes dans

bagages.

Notamment qu 'Angel a été une ordure, que c 'était une question d 'honneur que

de la battre.

À l 'époque, j 'avais des idées sautes.

Sur l 'honneur, la nécessité de vivre debout.

J 'aurais dû avoir les yeux bleus.

Je l 'ai, Jeanne.

Au début, Valéra est venu tous les dimanches.

Puis un dimanche sur deux, et puis un dimanche sur trois.

Puis un soir, il est venu, et il m 'a dit que je démissionne.

Les journaux venaient d 'annoncer ton procès, ta condamnation.

Sa démission a été refusée, mais il l 'a donnée.

Oui, il l 'a donnée.

A quelle heure il sort les poubelles, le concierge ? Vers sept heures, sept

heures et demie.

Tu vas aller mettre les vêtements et le réveil du clochard sur le dessus de la

poubelle. Rien d 'en évidence.

Pourquoi ? Qu 'est -ce que tu fais ? Je m 'en vais.

Tu vas certainement avoir de la visite.

Dans le meilleur des cas, Martin.

Dans le pire, Rosen.

C 'est un salaud, mais un super flic.

Il va sûrement t 'emmerder.

Et après ? Après, il s 'en ira.

Mais non, je te parle de nous deux.

Écoute, Jeanne.

Pour l 'instant, il y a Injala, il y a Rosen, il y a Martin, il y a nous

il y a nous six, il y a nous douze.

Tant qu 'il y aura tout ce monde -là, il ne pourra pas y avoir nous deux.

Allô ? Edouard ? Je suis chez Jeanne.

Mais je ne vais pas tarder à filer car je crains un débarquement de Rosen.

Mais pourquoi Rosen ? Même si tu ne le savais pas.

Ça serait pas mal si tu venais.

Mais pourquoi tu appelles ? Tu sais très bien qu 'on est sur écoute.

On n 'a plus le droit de mettre les gens sur écoute.

Le bruit que tu viens d 'entendre, c 'est les oiseaux qui se posent sur le

Allez, sois gentil, viens vite.

Le conflit est sorti de la poubelle.

J 'ai juste eu le temps de poser des fruits.

Je passe ?

Allons, M. l 'Auxiliaire, on fait les poubelles.

Tu appelles Rosane qui vient immédiatement, beau mot réussi à passer.

Reviens aussi les autres, demande -leur s 'ils n 'ont rien vu dans leur coin.

Comment il l 'a fait ? Le char ! Où il est

? Où il est ? Je te le demande encore une fois !

Il n 'est pas là.

Je ne suis pas des innocents. Je te préviens, il ne faut pas nous prendre

des cons.

Alors ? Je viens de retrouver les fringues dans la poubelle et puis le

Je l 'ai reconnu, ce réveil.

Alors, pour la dernière fois, où il est parti ? Vous avez tort, Mme Beaumont, de

ne pas vouloir parler.

Parce que tout à l 'heure, avec Rosen, vous allez passer un moment beaucoup

désagréable.

De toute façon, vous ne le rattraperez pas.

Rosen arrive, je vais le chercher.

Le sixième étage.

Monsieur le commissaire, bonjour.

Bonjour, monsieur le commissaire.

Bravo, Farge.

Félicitations.

Il est venu, il est reparti, et tout ça sous votre nez.

Dans le fond, vous voyez, je vous comprends très bien.

Vous attendez un officier solitaire, traqué, et vous voyez arriver une bande

clochards qui braillent, qui chantent.

Bien sûr, ce n 'est aucun rapport.

Vous avez certainement raison, inspecteur Farge.

Inspecteur auxiliaire Farge.

Allez, maintenant, tirez -vous.

Élevez tous les barrages.

Il ne reviendra pas.

Très drôle, le réveil dans la poubelle.

Mais maintenant, vous allez me dire quand il est parti.

Qui ça ? Madame Beaumont, s 'il vous plaît.

Quand est -il parti ?

Je ne sais pas.

Où est -il maintenant ? Je ne sais pas.

Quand devez -vous le revoir ? Je ne sais pas.

Je sens que je lui perds patience.

Ne vous en portez pas, commissaire, ça ne sert à rien.

Elle le protège, c 'est plus fort qu 'elle.

C 'est l 'amour, la passion.

C 'est la faute à personne.

Vous avez sans doute raison, sergent.

J 'ai tort de m 'emporter.

Je vous prie de m 'excuser, madame.

Vous voyez, il s 'excuse.

Il est comme ça.

Si vous lui diriez la vérité, vous deviendriez peut -être amis.

Mais à moi, tu vas la dire la vérité, j 'en suis sûre.

Tu le revois quand, Beaumont ?

Je ne suis pas sûr que votre gentillesse soit très payante, sergent.

Mais si.

On va très bien s 'entendre, toutes les deux.

Moi, tu vas dire la vérité.

Toute la vérité.

Toute la vérité.

Tu sais que t 'es bien foutu.

Là, tu es trop content de t 'avoir, Beaumont.

Après deux ans.

Tu as les yeux cernés, madame.

Vous avez dû en faire des trucs cette nuit.

Des trucs, vraiment.

Des trucs.

Des trucs.

Des trucs.

Après une nuit pareille, t 'as pas envie de prendre une douche ? Une douche bien

chaude ? Non.

Une bonne douche chaude et puis très froide.

Et puis très chaude.

Non. Je te saluerai. Tu vas voir ce que je peux faire avec un savon.

Mme Beaumont, je ne peux pas rester en prison avec une femme nue.

Ce serait parfaitement incorrect et tout à fait contraire au règlement.

Sergent, occupez -vous de Mme Beaumont.

C 'est un ordre, commissaire.

Pas la peine de gueuler. Rosa ne se fiche de ce que je peux bien faire

que je te fasse parler.

Et si ça peut aider à capter cet enfoiré de Beaumont, ça lui sera égal que je te

le donne.

Tu vas voir, c 'est vachement tonique.

Ça fait circuler le sang.

Ils font ça en suède, après ils se fouettent. Tu veux pas que je te fouette

'est -ce que t 'es mignonne !

Elle trempe.

La même qui était là et qui nous attendait.

Je l 'aurai, toi encore, je l 'aurai.

Oh, Edouard.

Tu vois, Rosane, maintenant je sais comment retrouvera Joss Beaumont.

En te collant au cul, mon grand.

Parce que le jour où tu prendras une balle dans la tête, Joss sera tout à

Malin. Un peu de café, maintenant.

Laisse.

Pour moi.

Je voulais pas la gifler, je te jure.

C 'est Rosen qui me l 'a demandé.

Moi non plus, je voulais pas te gifler.

C 'est ma femme qui me l 'a demandé.

Vous êtes vache, commandant.

C 'était le boulot, non ? J 'aime pas donner des baffes. T 'as raison.

Le boulot, c 'est le boulot.

Le croissant, c 'est pour mon ami.

Il restera trois jours en plus.

C 'est long.

C 'est très long.

Pas pour nous.

Nous espérons bien lui échanger une partie de son sous -sol contre une usine

nucléaire clé en main.

Pour le convaincre, trois jours, c 'est court.

Oui, mais pour le tuer, c 'est amplement suffisant.

Excellences, je ne voulais pas vous déranger, mais... Martin,

le colonel de la sécurité, voudrait voir votre Excellence.

Bien, je le recevrai après le dîner, ou peut -être demain.

Excellences, demain, vous avez rendez -vous avec M. le Président du Conseil.

Nous avons une journée chargée.

Eh bien, alors, jamais.

Excellences, ça doit être urgent. Il attend depuis plus d 'une heure.

Ils m 'ont fait attendre 15 heures, et la majeure partie du temps est présente.

Alors, une petite heure n 'a pas dû lui faire de mal.

Messieurs, son excellence doit vous recevoir.

Parlez -y, s 'il vous plaît.

Oui ? En ce qui concerne ma protection, comment comptez -vous vous y prendre ?

Eh bien, nous comprenons tous les agréments que présente un palace et

commodités qu 'offre ce quartier, mais malheureusement, il n 'en est pas de

pour la sécurité.

Trop d 'entrées, trop de sorties, une clientèle de marques qu 'il est

de contrôler.

Du point de vue de la sécurité, c 'est désastreux.

J 'essaie de vous suivre, messieurs.

Vous n 'auriez pas en tête de m 'enfermer dans mon ambassade.

Alors là, absolument pas, monsieur le président.

L 'idée ne nous a même pas effleuré. Son Excellence ne désire rien d 'autre.

Non, merci.

Vous envisagez de me mettre où ? Dieu merci, la République ne manque pas de

châteaux.

A moins que vous ne parliez du palais du Sénat au Luxembourg, je vois se

procéder une de vos grandes glacières campagnardes où vos rois mourraient dans

la nuit.

Oh, pardon !

Mademoiselle Frederiksen.

Mademoiselle.

Doris, ma fleur, que pensez -vous de la campagne française ? Merde.

Ce que la prudence me dictait, la galantrie m 'a l 'interdit.

Au revoir, messieurs.

Bonne soirée. A toi aussi. Merci.

Oh merde, encore une !

Et quoi la première question ? Doris Frédéricsen.

Nous sommes fidèles depuis plusieurs années à son excellence, mais nous

depuis quelque temps une aventure extrêmement italienne et extrêmement

accaparante.

Il gagne.

Avec qui ? Wolfoni Talvatore. Wolfoni des gelatis et boissons gazeuses.

Il gagne.

Où ça ? À l 'hôtel Hilton.

Je peux même vous dire où joindre Mlle Doris Frederiksen.

Perdue.

225 -05 -63, Mme Clot. Quand on perd la troisième question, on perd tout.

Bravo quand même.

Quittez pas, je vais vous la passer.

C 'est Madame.

Madame qui ? Madame.

Allô ? Allô, Doris ? Oui, c 'est vous, Madame ?

Ça dépend pour qui ? J 'ai une écrou à cette heure.

Salvatore Evolfone. Ah, Salvatore, et c 'est autre chose.

Où il tourne, toujours ? L 'appartement 1056.

Claude, il transmet au commissaire Rosen.

Doris Raddickson ? Oui.

Commissaire Rosen, de la Brigade Sauvage.

Il y a menace d 'attentat sur le président de Jala.

Je tenais à vous prévenir.

Et en quoi ça me concerne ? Disons que vous êtes le professeur du président.

C 'est par vous que le tueur va tenter d 'agir.

Alors, s 'il vous contacte, essayez de le retenir. Et prévenez -moi

immédiatement de ce numéro.

Deux de mes hommes vont vous suivre pendant quelques jours.

Vous ne me demandez pas mon avis ? Ton avis ? Je m 'en branle.

Si je refuse...

Si tu refuses, t 'auras un accident.

C 'est un accident d 'ascenseur, par exemple.

La crème ailleurs qui pète, et on te retrouve six étages plus bas avec tes

talons aiguilles dans la bouche.

À bientôt, mademoiselle.

Oui ? Monsieur Volponi, aux gazeuses et gélatine ? Oui.

J 'ai ce beau mot.

Espionnage et chataillerie.

Ça

vous amuse

de me suivre comme ça ? Non, on ne s 'amuse pas. On bosse.

Vous allez où ? Bosser !

C 'est plus beau.

Goulou ! Qui c 'est ? C 'est Doris.

J 'arrive.

On reste bien sages, hein ?

Excusez

-moi.

J 'ai dû me tromper de sang, c 'est pas le 1056 ? Si.

Mais c 'est moi qui m 'excuse.

Je débarque sans prévenir un promptu pour un peu sans gêne.

Salvatore ne m 'avait pas prévenu qu 'on serait trois.

J 'ai rien contre, mais... Trois, Salvatore.

Ah, ce cher Salvatore. Mais vous m 'avez la tête. Mais si, il est dans le

placard, sous les cravates.

Mais quel placard ? J 'aurais dû dire la penderie. C 'est une tuile.

Je ne mens jamais.

J 'espère qu 'il ne va pas trop se friper. J 'ai oublié de la mettre sur un

cintre. Vous trouvez que c 'est un genre, vous, d 'enfermer les gens dans

placards ? J 'avais besoin de vous voir seul, personnellement.

On m 'a beaucoup parlé de vous.

Qui ça ? Le nègre.

Chut.

Vous n 'auriez pas des fois le malfaisant dont le furieux m 'a parlé ?

furieux ne vous a pas dit je m 'appelle Rosen de la brigade sauvage et je vais

te faire bouffer des chaussures ? Ah non, il n 'a pas dit mes chaussures, il

dit mes godasses.

Qu 'est -ce qu 'il me veut cet ostrogone ? Rosen ? Ce qu 'il aimerait bien, c

'est me tuer.

Et pour ça, pour me mettre la main dessus.

Et pour me mettre la main dessus, je compte sur vous.

Et vous ? Qu 'est -ce que vous avez dans la tête ? Vous voulez vraiment tuer N

'Jala ? Ça vous ferait beaucoup de peine ? Non, il ne s 'agit pas de ça. Mais si

vous mettez la moitié de mes michetons au placard et que vous butez l 'autre

moitié, je vais me retrouver à poil, moi.

Enfin, c 'est une image.

Écoutez, on va faire un marché, tous les deux.

Je vous laisse Angela un petit bout de temps, le temps que vous lui preniez un

maximum de fric.

En échange de quoi, vous allez me rendre un service.

Un service ? Oui, vous allez dire à Rosen que je vous ai posé un tas de

questions sur la sécurité d 'Angela.

Le nombre de ses gardes du corps, l 'emplacement de son lit, ses habitudes,

ça, quoi.

Qu 'est -ce que ça vous rapportera à vous ?

Ça empêchera Rosen de dormir.

Et dans sa spécialité, quand on dort pute, on a les mains qui prendent, la

qui se brouille.

Disons que ça me rend service, moi.

Il m 'a demandé de vous retenir et de lui téléphoner.

Ça vous amuse ? Non, j 'étais en train de penser que je ne détesterais pas vous

retenir.

Mais sans lui téléphoner.

Mais où il est, ce fou ?

Il me dit les espions, les châtaignes. Les affaires reprennent.

Je ne dirai rien.

Je n 'aimerai pas l 'hôtel, je ne poserai pas de questions, mais dehors !

'abord, qu 'est -ce que vous faites là, vous ? C 'est moi le responsable.

Je m 'en vais.

Nero a rejoint Colombie.

Harlequin est disparu sur la pointe de pied.

Tu ne vas pas sortir comme ça, il y a deux flics dehors. Tes cinglés vont te

tomber dessus.

Aucune importance.

J 'ai ce qu 'ils appellent l 'avantage de la surprise.

Mme Beaumont, d 'abord.

La pute présidentielle, après.

D 'ici peu de temps, nous serons les seuls à Paris à ne pas avoir rencontré

commandant Beaumont. Je vous félicite, messieurs.

Excusez -moi, colonel.

Je ne peux pas surveiller en même temps Mme Beaumont, les postes de la pute et

les 5 km de couloir de l 'intercontinentale.

L 'intercontinentale n 'est plus au programme.

Nous allons déménager le président.

Vous savez comment il a accueilli ce projet ?

Parce que c 'était le nôtre, maintenant.

C 'est celui de l 'Elysée.

J 'allais le mettre où ? À la campagne, au château de la Ferrière.

Deux enceintes, un bâtiment principal, un étage et le pavillon imprenables.

Le Beaumont ? Quoi, Beaumont ? Oui, Beaumont.

On le stoppe ou on le stoppe plus ? Évidemment, on le stoppe.

Pourquoi vous me demandez ça ? Ce n 'est pas à vous que je le demande, mon

colonel.

C 'est à Valera.

T 'es vraiment pourri dans ta tête, Rosen.

Parce que je crois deviner où tu veux en venir.

Mais... Que reprochez -vous au capitaine Valera ? Je reproche rien, colonel.

Je voudrais simplement qu 'il nous dise de quel bord il est.

Le nôtre ou celui de bon... Ma question n 'a rien d 'extraordinaire.

Si j 'ai bonne mémoire, vous étiez drôlement copain, je sais toi.

Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire simplement que si quelqu 'un de

vous allait, par exemple, donner rendez -vous à Georges Beaumont,

Georges viendrait au rendez -vous.

C 'est pas une bonne idée, ça ? T 'es encore plus pourri que je pensais.

Les trucs expéditifs n 'ayant pas fonctionné, c 'est autre chose.

Les autres pièges n 'ayant pas fonctionné, vous en inventez un autre.

Un peu plus dégueulasse de préférence.

Non, Alice.

Une entrevue n 'est pas forcément un piège.

Capitaine, je crois que le commissaire Rosen n 'a pas tout à fait tort.

En tout cas, si quelqu 'un doit rencontrer Beaumont, ça ne peut être que

D 'accord.

Je vais essayer de contacter Joss.

Mais je veux que vous m 'assuriez d 'une chose.

Laissez -moi le temps de le convaincre.

En tout cas, des filles.

Bien sûr qu 'on te laissera le temps, Edouard.

N 'est -ce pas, colonel ? Évidemment.

Mais Edouard, comment peux -tu dire ça ? Enfin, tu les connais.

Tu te souviens très bien qu 'ils veulent le tuer. C 'est leur seul but, leur

seule envie.

C 'est parce que je le sais que je veux le voir.

Il va trop loin, Jeanne.

Il faut qu 'il arrête ses conneries.

Si j 'arrive pas à lui faire comprendre ce soir, je crois qu 'après, il sera

trop tard.

Bon. Bien.

Je peux rien te promettre, mais si Joss m 'appelle, je lui ferai ta commission.

Mais... Avange en moi que Joss ne risque rien chez toi.

C

'est

bien. Valéra ?

Edouard

? C 'est même très...

Tu sais que t 'es mignon, Edouard, quand tu fais semblant de dormir ? Je fais

pas semblant de dormir ? Pourquoi tu dis ça ?

Deux

ans, Edouard.

Quoi, deux ans ? Tu vas me demander il y a combien de temps qu 'on s 'est pas

vus ? Moi, je te dis deux ans.

Je sais bien qu 'il y a deux ans.

Pourquoi tu te marres ? Parce que je pense à la tête de Martin.

S 'ils nous voyaient là, tous les deux.

C 'est vrai que tu pourrais lui foutre ta démission.

Comme il l 'accepte pas, c 'est pas grave.

C 'est Jeanne qui t 'a parlé de ma démission ? Oui.

Même que ça l 'avait impressionnée.

Marc, c 'est normal.

Je te vois en train de lui dire, Jeanne, ce matin, j 'ai démissionné.

Comme tu m 'avais dit un peu avant,

j 'ose.

J 'aimerais partir à ta place.

Tu sais quel sens a cette elle -là, toi ? Pas un peu de café ? Il est prêt, je

vais le chercher.

En parlant de Jeanne...

Tu crois vraiment que c 'était utile d 'aller chez elle ? Chez elle ? Chez

t 'es marrant.

C 'est chez moi aussi.

Tiens, le Condor Interceptor.

Pas celui que je t 'avais ramené d 'Hong Kong ? C 'est qui ? C 'est pas avec tes

robots que tu me faisais le plus chier.

Avec tes piles.

Les piles allemandes n 'allaient pas sur les robots japonais.

Je ne sais même pas si les piles bretonnes allaient sur les robots

Comment va Alice ? Bien, pourquoi ? C 'est elle qui a déchiffré mon télégramme

Oui.

Elle a dû se marrer.

Pas tellement, non.

Elle aurait préféré avoir de tes nouvelles autrement.

Moi aussi.

Tout le monde.

Ça t 'en fait combien ? Des robots.

Ça t 'en fait combien, maintenant ?

Une centaine.

150, peut -être.

Petite armée, en somme.

Et des flics, là, tout autour.

Il y en a combien ? Petite armée, aussi ? Je sais pas.

Mais il y en a pas mal.

On en a mis sur les toits.

Dans la voiture banalisée, il y a Louvier et Farge.

Tu l 'as rangé, celui -là ?

À l 'arrière, il y a repères du Guano et Perrin.

Et en bas de l 'immeuble à côté, Vittore et Goulet.

Au bistrot, Martin et Michalon.

Si tu les as vus, pourquoi t 'es monté ? Mais parce que tu m 'as invité,

Edouard.

J 'ai souhaité te rencontrer pour que tu t 'arrêtes pendant qu 'il est encore

temps, Joss.

Ils vont t 'abattre comme un chien.

Et puis tout ça n 'a plus aucun sens.

Depuis deux ans, les choses ont complètement changé.

La politique, les circonstances ont changé.

Oui.

Moi aussi j 'ai changé.

Tout a changé.

Sauf Djala et le service.

Et si c 'était bien de tuer Djala hier, c 'est bien de le tuer aujourd 'hui.

C 'était peut -être pas bien de le tuer hier.

Alors fallait pas me convaincre que ça l 'était.

Je comprends pas.

Je comprends plus ton entêtement, Joss.

C 'est à se demander à qui tu en veux le plus.

À Djala,

Vos services.

Devine.

Bon, c 'est pas le tout.

Je te recommande, dis -moi, un verre d 'épiée de vin, bien sûr.

Parce qu 'il faudrait peut -être me donner le mot de passe, maintenant que t

mis des cadenas partout.

Des josses.

T 'as pas compris que c 'est fini ? Cuit ? Raté ?

Non, mon cher Édouard, c 'est pas fini.

C 'était pas fait.

Mais qu 'est -ce qui fait que ça ? La presse.

La presse démocratique.

Il y a deux ans qu 'ils n 'avaient pas parlé de moi.

Alors je leur ai fait miroiter une suite.

Et quoi ? Qu 'est -ce que tu leur as dit ? Qu 'est -ce que tu leur as raconté ?

Je leur ai dit qu 'ils allaient assister en direct à l 'exécution d 'un agent

des services secrets.

Ils m 'ont paru en bas.

Lait. Mais t 'es complètement cinglé, c 'est contraire à toutes les règles. C

'est dans les règles du service de balancer un de ses agents.

Et le coup de téléphone que t 'as passé ce matin à Jeanne, c 'est dans les

règles ?

Messieurs,

merci d 'être à l 'heure.

Messieurs les journalistes, je tiens à vous informer que je suis en parfait

de santé.

Je rentre de vacances, je n 'ai que des amis, je n 'ai donc aucune raison de me

suicider. Je dis ça au cas où vous me retrouveriez allongé sur une carpette.

Messieurs, j 'ai juste deux étages à descendre avant d 'arriver à vos micros,

donc à tout de suite.

Parce que je vais être obligé de faire trois mètres en tournant le dos.

Je...

Si la lumière vous gêne, faites -la éteindre.

Qu 'est -ce que vous préférez, mon colonel ? Où je sors par devant et je

aux questions que tout le monde se pose ? Où je sors par derrière et vous

rappelez vos hommes ? Vous sortez par derrière.

Dans ce cas, je veux une voiture.

Et personne autour.

Vu ? Vous vous rappelez repères du Boisneau et Perrin.

Vous, Louvier, vous amenez une voiture dans la rue derrière.

Et ben voilà.

C 'est mieux comme ça.

Je n 'ai jamais eu confiance en la force de persuasion d 'Edouard.

Juste une raflure.

C 'est rien, mais ça faigne beaucoup.

C 'est gentil de m 'avoir envoyé des mots.

Tu vois, Alice, j 'ai couru, couru.

Couru avec une idée qu 'il ne fallait pas que je perde en route.

Et dès que j 'arrivais à Paris, je connaissais tous les sortilèges.

Le sourire du colonel Martin, la poignée de main de Valéra.

Tu ne l 'appelles plus Édouard ? Non, je ne l 'appelle plus Édouard.

La poignée de main de Valéra, l 'irréprochable Jeanne, la

merveilleuse Alice.

Bref, toutes les raisons pour ne pas faire ce que j 'avais à faire.

C 'est pour ça que j 'ai envoyé le télégramme.

Pour que toutes ces raisons -là n 'existent plus.

Que ma folie soit irrémédiable.

Mais on peut toujours changer d 'avis.

Et bien voilà, justement.

Même si je changeais d 'avis, ça servirait à rien.

La machine est emballée.

Il n 'y a plus que des cris, des ordres, des cibles.

Et des cibles, il n 'y en a que deux.

Angela et moi.

Et je préférais qu 'il n 'y en ait qu 'une.

Je ne te le cache pas.

Tout à l 'heure, la porte. Maintenant, la fenêtre.

Tu ne penses tout de même pas que quelqu 'un aurait la tête assez pourrie pour

venir te chercher ici ? Des têtes pourries ? J 'en connais deux.

Rosen et Farge.

Surtout...

Et si on partait, toi et moi, on trouverait qui, Rosen ? Évidemment, c

façon de voir les choses.

On peut faire des projets, prendre des allions, jouer des parasols.

Malheureusement, on est le 15.

Et j 'ai rendez -vous dans un palace parisien pour tuer un président.

Tu as raison, on est le 15.

Seulement, tu joues plus avec un coup d 'avance, Joss.

T 'aurais plutôt un coup de retard.

Ton président, il n 'y est plus dans son palace.

Il est au château de la Ferrière, à dix kilomètres de Rambouillet.

Yvelines.

À l 'heure qu 'il est, ils doivent être en train de creuser des tranchées et d

'installer des sacs de sable.

C 'est ce qu 'il y a.

T 'as l 'air étonné.

Tu croyais qu 'ils allaient te prévenir ?

Ils sont nombreux, là -bas ? Eh bien, des CRS, des gendarmes, les rombiers de

Rosen.

Ah, et puis aussi un pilote.

Un pilote ? Parce qu 'on envisage, je crois, de faire venir Mlle Doris

Andersen... Fredricksen.

C 'est ça, de faire venir Mlle Fredricksen en hélicoptère.

Eh bien, voilà.

C 'est par ça qu 'il fallait commencer, ma petite Alice.

L 'hélicoptère.

Je suis sûr d 'avoir touché.

J 'en suis sûr.

Où il peut aller ? Dans ce taux, je le saurai.

Si sa femme l 'aurait sûre, j 'ai des amis dans la pluie.

Écoutez, vous vous occupez de Beaumont et moi je veille sur le président.

Farge et Valéra sont déjà au château sur place.

Je vais partir les rejoindre.

Pour Valéra, il me fait de la peine.

Mon colonel, mademoiselle Ancelin s 'est excusée, elle ne viendra pas aujourd

'hui.

Qu 'est -ce qu 'elle a ? Elles sont pas bien.

Elle est fatiguée.

Surmenée, peut -être.

Rosen !

Je

t 'avais dit que je serais toujours derrière toi.

Pardon, monsieur.

Le docteur toucha, s 'il vous plaît.

J 'ai regardé sur la... Enfin, sur la liste de la concierge.

Je t 'ai bien porté.

Vous demandez le refus de nom ? Je vous le promets.

Aucun papier d 'identité.

Allô ? Allô ? Aucun papier d 'identité.

Juste une plaque matricule au nom de Beaumont Jocelyn. D 'après les premières

constatations, l 'officier aurait été tué par bain.

Oh, merde.

Portez autour du cou la plaque matricule numéro 322 -460 au

nom de Beaumont Jocelyn.

D 'après les premières constatations de police,

L 'officier a été tué par balle.

Je ne comprends pas dans quel traquenard il a pu tomber, parce que mano à mano,

c 'est impensable.

Tuer par balle.

Celui qui a fait ça, j 'aimerais qu 'on me le présente.

Le rapport ne dit rien d 'autre ? Que le corps est un institut médico -légal.

Le sujet, vous direz au colonel Martin.

que pour l 'identification du corps, je n 'irai pas. Il démerde. Il connaît mes

sentiments. Calmez -vous, je lui dirai.

Nous savions, n 'est -ce pas, que tout ça finirait mal.

Mais pourquoi s 'est -il entêté ?

Bon, enfin, je vous file

à Paris. Vous allez à la morgue et vous identifiez vos noms.

Oui, qu 'est -ce qu 'il y a ? Voilà, son excellence aimerait savoir si toutes

les dispositions concernant l 'hélicoptère de mademoiselle Frédéric

été prises.

Mais qu 'est -ce qui vient me faire chier avec sa pute, celui -là ? Oui,

tout est prêt.

Il a quatre chifflées et l 'atterrira sur le gazon. Voilà. Content, Arthur ?

Oui, content.

Ça n 'est -il pas devenu un peu excessif ? Nous allons renvoyer tous ces gens

dans leur caserne.

Pour la garde du Bézodrome, le service d 'ordre normal sera amplement suffisant.

Pensez -moi immédiatement le colonel Martin.

Allô, colonel ? Allô, Farge ? Allô, Farge ? C 'est moi

que t 'as vu sur la table.

Allô ? Colonel ? Je... J 'ai pu identifier

Beaumont. C 'était bien lui.

Que se passe -t -il, Farge ? Vous avez une drôle de voix.

Je l 'aimais bien, Beaumont.

Oui, je ne croyais pas à Rosen quand il me disait qu 'il avait touché Beaumont.

C 'est un drôle de flic, hein, Rosen.

Un sale con.

Mais un flic mammousse.

Bon, vous me retrouvez au bureau, je vais annoncer la bonne nouvelle à son

excellence.

Il arrive à quelle heure l 'hélico de la demoiselle ? 15h30.

Pourquoi ? Parce qu 'on va se régler là -dessus.

Relax, auxiliaire.

Relax.

C 'est bon de rouler.

Respire à fond, ça sent le printemps.

Quand on va passer le portail, essaie d 'avoir l 'air aussi con que nature.

Tu m 'entends ? Naturel.

Bien, le colonel renvoie ses villages.

La voie est libre.

N 'oublie pas ce que je t 'ai dit, naturel.

Là, tu forces et fais un pas.

Merci.

Tu t 'arrêteras devant le perron.

Où sont les appartements de son excellence ? Tu veux finir au frigo

? Où sont les appartements d 'Enjola ? Au premier en face de l 'escalier.

Les grandes fenêtres.

L 'hélico, il se pose.

Devant ou derrière ? Là sur la pelouse.

Maintenant, tu as compris.

Mais respect, mon colonel.

Et c 'était qui à la mort ? Rosen.

Déçu ? Déçu par Rosen ? Oui, beaucoup.

Je venais justement de dire que c 'était un flic extra. On est tous des types

extra.

Maintenant, vous allez me donner votre arme. On la tiendra à deux doigts, comme

vous avez vu faire à la télé.

Vous savez pas la joie que ça me procure de vous voir si bien placé pour le

dernier acte.

C 'est N 'Jala qui vous a donné des places ? On va dire le remercier.

Passez devant.

Vous pouvez disposer, colonel.

Vous avez du pain sur la planche.

Écoutez les explications de Sarge.

Mettre vos tireurs d 'élite sur les toits.

Bref, le branle -bas habituel avant les désastres.

Prévenez le ministre que lorsque vos conneries seront bien au point.

Entrez. Très bien, laissez aborder encore un peu, mais ne faites pas

son excellente.

N 'allume pas.

Et surtout, ne parle pas, Arthur.

C 'est pas Arthur.

Le picheur pour vous, commandant Beaumont.

Ouvrir les rideaux, allumer la lampe et mourir, monsieur le président.

Je vois un coin de bureau.

Je devine une silhouette.

Elle vient d 'allumer une lampe. C 'est un signal ou quoi ? Je t 'envoie une

astuce du président pour amener ce traitant en pleine lumière.

Je vais le tirer comme un oeuf sur un gélo.

Il nous reste combien de temps ?

À vous de diminuer tout au plus.

Et sincèrement, je vois aucune raison pour que vous viviez plus longtemps.

Mon pays a besoin de moi.

Aucun pays n 'a besoin d 'un tyran.

L 'annonce de votre mort donnera lieu à des réjouissances populaires.

On dansera dans les rues.

On brûlera votre effigie sous le cocotier de la liberté.

Bref, vous ne laisserez aucun regret.

Moi, j 'en ai un.

Celui de ne pas vous avoir tué.

Alors ça, vraiment, je le regrette.

Et pourquoi ? Je me le demande.

Vos convictions religieuses, peut -être ? Non.

Je vous ai sûrement gardé dans l 'intention de vous échanger un jour.

Mais contre quoi ? Vous ne représentez aucune valeur.

Ce qui vous a égaré jusqu 'à présent, ces notions de valeur, le bien, le mal,

bon, le mauvais, bref, les idées générales.

Et maintenant qu 'on est là tous les deux, On s 'achemine vers des solutions

simples.

Malheureusement pour vous, définitives.

Alors, qu 'est -ce que vous attendez ? Silico.

Je ne vous demande pas de noter mon appel, je vous demande de me passer

le ministre.

Je vous demande le ministre, mademoiselle.

Vous êtes vraiment extraordinaire.

Il vous aura fallu trois révolutions et cinq républiques pour parvenir à une

caricature de démocratie.

Et vous voudriez que j 'y arrive du premier coup.

Je m 'en fous.

Tout est salade sur l 'éthique, la morale et l 'histoire comparée.

J 'en ai rien à...

Tu vois ? Même malin comme un saint, ça ne veut plus rien dire.

Appelle -les.

Qu 'est -ce qui se passe ? Je ne sais pas, je ne comprends pas, ça a bougé.

Oui ? Capitaine, c 'est le président de Jala.

Quand nous sortirons, nous ne voulons voir personne.

Ni dans les escaliers, ni dans le vestibule, et ni sur les pelouses.

Et l 'hélico attend, prêt à partir.

Et l 'hélico attend, prêt à partir.

Passez -moi Beaumont.

Il veut vous parler.

Allô ? Allô, Joss ? Nous n 'aurons peut -être plus l 'occasion de nous voir.

Pourquoi ? Invite -moi chez toi, c 'est toujours un plaisir.

Vous espérez dire quelque chose qui te fasse changer d 'avis ? Je ne vois pas

quoi.

Mais je te promets d 'y réfléchir.

Allons -y.

En finir, oui.

Mais j 'ai jamais eu l 'intention de vous tuer.

Et ça, ça marche avec des amorces, peut -être ? Non.

C 'est ça.

C 'est vide, monsieur le président.

Alors là, je ne comprends plus.

Vous allez comprendre très vite, Monsieur le Président.

Écoutez, dites -le moi.

Je l 'ai eu ! Je vous dis que je l 'ai eu ! Une seconde, Monsieur le Ministre.

Que personne ne bouge, on attend les ordres.

Allô, monsieur le ministre ? Le président de Jala est mort.

Non, l 'inspecteur auxiliaire Farge.

Non, non, c 'est pas une bavure.

C 'est une machination.

Est -ce que nous sommes sur écoute ? Bien sûr, monsieur le ministre.

Surtout, ne tirez pas ! Personne ne bouge sans ordre.

Mais j 'attends vos ordres.

Il y a un hélicoptère qui est prêt à décoller.

Eh bien, Beaubon va le prendre.

Oui, bien sûr.

Alors, qu 'est -ce que je fais ?

Et le colonel fait ce que vous croyez nécessaire.

Je ne crois plus rien, monsieur le ministre.

J 'ai expédié les affaires courantes. Ma démission sera sur votre bureau avant

18 heures.

Alors, qu 'est -ce qu 'on fait, monsieur le ministre ? Qu 'est -ce qu 'il y a à

faire ? Eh bien, le tuer ou le laisser partir.

Mais c 'est vous qui décidez.

Qu 'est -ce qui se passe ici ? Rosen est mort.

Injala est mort.

Quant à moi, ça se décide en ce moment.

Je te ramène à Paris ? Non.

Mais je serai vous, je ne resterai pas dans la ligne de tir.

Monsieur le ministre, c 'est une question de seconde.

Il y a l 'aspect criminel de l 'affaire, mais il y a aussi son aspect politique.

Après les déclarations que Beaumont a faites à la presse... Mais bordel de

merde, qu 'est -ce que je fais ?

C 'est un ordre.

Je vous donne l 'ordre de le stopper.

Vous voulez stopper quand ?

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