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Original subtitles

Notre histoire se déroule à Monte Carlo,

le dernier refuge des romantiques.

Le casino se situe en haut de la colline,

à côté du célèbre Hôtel au Milieu du Monde.

C'est le lieu de rassemblement des riches qui restent à terre.

Le port qui se trouve au-dessous

est le lieu de rassemblement des riches vivant sur l'eau.

Et leur cri de ralliement à tous est :

"Messieurs, faites vos jeux."

Comte Dino !

Comte Dino !

Regardez !

Bravo !

Gabriel, tu as vu le Comte Dino ?

Oui. Il est allé à terre au casino.

Va.

Le dernier des romantiques, le joueur.

Voici le Comte Dino Michele Giocondo della Fiaba,

issu d'une riche et honorable famille, le dernier de sa lignée.

Demandez s'il est riche. La réponse est : il l'a été.

Demandez s'il est pauvre. On peut répondre : pas en esprit.

La mesure de l'espoir d'un homme n'est pas son compte en banque.

On rêve bien avec l'estomac vide.

Et le joueur sait qu'il possède le bien le plus précieux de tous :

demain.

La vie de cet homme peut se raconter en trois temps :

au passé, l'imparfait.

Le présent de l'indicatif.

Et le futur... conditionnel.

Bonsoir.

Vos pinces.

Merci.

Bonsoir, Louise.

Bonsoir, Comte Dino.

Comte Dino.

Bonne chance !

Bonsoir, Comte Dino.

François ! Papa a dit de vous rappeler la réunion de ce soir.

Comte Dino, avez-vous entendu ?

Une réunion spéciale ce soir. Très importante.

- Papa l'a dit ce matin... - Va le dire aux autres.

La chance ?

Qu'est-ce que cette réunion a de spécial ?

Rien.

- A plus tard. - Je passerai vous prendre.

Pas si tu as un client. Ciao.

Zizi, le Comte Dino est là.

Bonsoir, Zizi.

Le rouge est beaucoup sorti à votre table.

Merci.

C'est formidable que tu aies gagné tout cet argent. Vraiment formidable.

- Noir. - Bien.

Mme Ewing, M. Ewing.

Bonsoir, Comte della Fiaba. Vous nous avez manqué hier soir.

J'ai joué au Sporting Club.

Oui, nous adorons le Sporting en été. C'est tellement gai.

Si notre chance dure,

nous allons retourner à la roulette, n'est-ce pas Frank ?

Oui, ma chérie. Vous ne jouez plus à la roulette, Comte della Fiaba ?

Pas depuis cinq ans.

Ne sois pas insultant, Hector.

Tu es né pour être serveur, pas le comte Dino.

Je connais un comte qui vend des cartes postales osées rue de Rivoli.

Tu crois qu'il est né pour ça ?

Quand même, dire au Comte Dino de prendre les pourboires...

Non, Albert a raison.

La solution pour lui est de trouver une femme riche.

Je perds patience, maintenant.

Comment peux-tu parler ainsi ?

C'est un homme que tu aimes !

Et quand il a perdu une fortune à la roulette,

tu lui as dit : "Je vous en prie, laissez-nous vous aider."

En cinq ans, tu lui as prêté 3000 francs par jour pour jouer.

C'est ce qu'il a fait. Laissez-le tranquille.

C'est une façon de vivre pour un homme comme lui ?

Sur les quelques francs qu'il gagne en jouant tous les soirs ?

- Il est heureux. - Je ne crois pas.

Aie la politesse de lui demander. Ne décidez pas de changer sa vie.

Et l'argent qu'il nous doit ?

- Pas tant que ça. - Quoi ?!

Ne vous levez pas.

- Vous voyez, Sophia. - Combien ?

3,5 millions de francs.

En dollars, Comte Dino. Ça paraît mieux.

- 10 000 dollars. - Ça paraît pire.

C'était un bon soir, mes amis. J'ai gagné 1200 francs.

Votre part... 600 francs.

Je vais vendre mon bateau.

- Non ! - Vous ne pouvez pas.

C'est votre maison, c'est tout ce que vous avez.

Bien, je ne le vendrai pas.

Mais quoi, alors ? Je vous dois 10 000 dollars.

Vous ne voulez plus jouer avec moi ?

Un bon soir, avec une bonne mise, je peux gagner ça en une demi-heure.

- Vous m'avez vu le faire. - Il y a longtemps.

On peut être malchanceux, mais on ne perd pas son talent.

Vous avez oublié ? Quand tout allait mal,

j'ai gagné mon bateau à un Grec dans une partie de poker.

Gagner un bateau à un Grec au poker ne demande pas de talent.

Ça demande que le Grec possède des bateaux.

Et un bateau sans moteur !

- Il y avait un moteur. - Plus maintenant.

Le Grec m'avait demandé de passer une dernière nuit à bord

pour récupérer des affaires personnelles.

Comment pouvais-je savoir qu'il était si attaché au moteur ?

Ce n'est pas la question. On ne veut pas que vous cessiez de jouer.

C'est votre vie. Il ne s'agit pas d'argent...

On s'inquiète de votre avenir !

Un homme doit penser à son avenir. Si vous étiez serveur...

- Hector ! - Vous voulez que je travaille ?

Non, on est tous d'accord là-dessus.

Un homme doit utiliser ses talents.

- Excusez-moi. Je vous en prie. - Merci.

Asseyez-vous.

Le Comte Dino n'est pas doué pour le travail.

Je suis d'accord. Alors quoi ?

On en arrive à la question : où est le talent qui assurera votre avenir ?

- Où ? - Vous l'avez.

Quoi donc ?

Pour le dire délicatement, vous êtes doué pour l'amour.

C'est un talent ? C'est sûrement contraire à la loi.

Ce n'est pas contraire à la loi d'épouser une femme riche.

Les prisons seraient pleines de joueurs de polo.

Et vous, Sophia, vous êtes d'accord ?

Ce n'est pas bien qu'un homme vive seul.

Vous ne mangez pas bien.

Mais je ne dois pas épouser une bonne cuisinière.

Je dois épouser une femme qui peut s'offrir une bonne cuisinière.

Et cette épouse riche,

une des riches célibataires de l'hôtel,

je suppose que vous l'avez déjà choisie pour moi.

Il y a plusieurs candidates.

En voilà une.

C'est la dame sud-américaine, la señora Ybarra.

Son père lui a légué 20 millions de dollars,

et son mari 12 millions de plus.

Une femme charmante.

- Elle s'habille toujours comme ça ? - Non.

Le lundi, elle s'habille en jaune.

Le mardi, en rouge. Le mercredi...

Assez. Je devrai porter des lunettes de soleil toute ma vie.

Vous vous êtes fait mal ?

Vous n'aimez pas la Sud-Américaine ?

Je suis d'accord. Trop bariolée. Attendez de voir les autres.

Celle-ci vous plaira. La dame allemande, de Hambourg.

Elle est si gaie et pleine de vie.

Elle aime danser, elle aime boire...

Et la fortune ?

Fantastique. Elle a fait fortune dans l'immobilier.

L'immobilier ? J'aime beaucoup la terre.

Je ne peux pas prendre de décision tout de suite,

mais dans ce cas...

Non ! Non, non.

Mais Comte Dino ! C'est la plus grosse propriétaire d'Europe !

Je le vois bien et je n'en veux pas. C'est fini.

Je retourne sur mon bateau travailler sur mon système à roulette.

Mais ça, jamais. Ne me parlez plus de mariage.

Je vous en prie, ne parlons plus de...

Bonjour, M. Dalio.

Ravis de vous avoir de nouveau parmi nous.

Votre télégramme nous a laissé peu de temps,

mais votre suite est prête.

Parfait.

Avez-vous fait bon voyage de Paris ?

Oui, merci.

La marquise de Crèvecoeur.

- Et où est le marquis ? - Mort.

En laissant une fortune à sa veuve ?

Vous pouvez le dire.

L'an dernier, elle a perdu une petite fortune au jeu

sans broncher.

Où étais-je ? Je ne m'en souviens pas.

Sur le bateau. Gabriel vous avait donné les oreillons,

et Zizi, la vendeuse de cigarettes, vous a soigné.

Ah, oui.

Vous nous avez dit de ne plus parler de cela,

mais le destin a fait irruption.

Elle est belle, elle est riche et elle aime jouer.

Elle est seule.

Bon... si vous insistez.

Si Madame le souhaite, je peux vous servir personnellement.

Oui, je vous appellerai.

- Où est ma boîte à bijoux ? - Dans la chambre. Vous la voulez ?

Oui, apportez-la-moi.

Merci. Renvoyez le portier et déballez mes affaires.

- Quel est votre nom ? - Caroline. Merci, madame.

Est-elle très riche ?

Louis, combien la marquise t'a donné de pourboire ?

Rien.

Vous voyez ? Vraiment riche.

Vous avez porté les bagages de la marquise de Crèvecoeur ?

Pourriez-vous me donner le numéro de sa chambre ?

39 311.

Merci beaucoup.

- Qui est-ce ? - Des fleurs pour madame la Marquise.

- N'allez pas plus loin... - Fermez la porte, madame.

Ou devrai-je le faire ?

Vous n'avez pas le droit d'entrer ainsi. J'appelle la direction.

Ce serait malvenu, madame,

car je serai obligé d'expliquer pour me défendre

que la marquise de Crèvecoeur n'a aucuns fonds,

aucune liquidité,

qu'elle est, comme on dit...

- ...fauchée. Complètement fauchée. - Je ne vous connais pas.

Non, madame. Je suis Hippolyte Duval,

de chez Duval & Fils, prêteurs sur gage.

Vous avez toujours traité avec mon frère Théophile.

Vous n'avez aucune raison d'être ici.

Les bijoux sont à moi, votre entreprise a mon chèque.

Mais madame, on ne peut faire de chèque sans argent en banque.

La loi le désapprouve.

Votre frère m'a promis de ne pas déposer le chèque,

jusqu'à la fin du mois.

Votre frère est le directeur. Il peut faire ce qui lui plaît.

Non, madame. Il n'est plus directeur.

Il a été nommé président du conseil d'administration hier.

Pourriez-vous avoir l'amabilité de rendre les bijoux ?

Deux semaines, c'est tout ce que je demande.

- Et puis ? - J'aurai gagné l'argent.

Avec votre chance ? Non, madame...

Nous sommes les seuls à savoir qu'en un peu plus d'un an,

vous avez perdu au jeu tout ce que votre mari vous a légué, et plus.

Nous sommes discrets, mais nous ne sommes pas fous.

Mais vous êtes humains, non ?

Vous voulez m'aider, n'est-ce pas ?

Vous avez du coeur, comme votre frère Théophile.

Il a été gentil et compréhensif et il a pris le chèque.

Vous devez seulement le garder deux semaines.

Ce n'est pas trop demander, n'est-ce pas ?

En tant qu'ami... Nous pouvons être amis, vous et moi.

Soyez mon ami, M. Duval...

Je vous en prie.

Je suis un homme simple, aux goûts simples.

Mais je comprends mieux mon frère maintenant, et je lui pardonne.

Non, monsieur. Votre frère était un homme déçu.

Alors, moi aussi.

Mais il n'y a pas de mal.

Et maintenant, si Mme la Marquise voulait bien rendre les bijoux...

Je vous donne une chance de doubler votre mise.

Une carte. La plus forte garde les bijoux.

Je vous en prie, madame. Les Duval ne jouent pas.

Vous ne faites donc rien ?

Permettez-moi...

Je n'ai rien vendu, vous ne m'en avez laissé le temps.

Sauf erreur de ma part, les boucles d'oreille...

Et la bague.

Non, excusez-moi, la bague n'est pas à nous.

100 000 francs.

Mme la Marquise, vous êtes seule ?

- Oui. - Une table tranquille ?

Je ne me cache de personne.

Comte Dino della Fiaba ! C'est un grand honneur.

- Je suis honoré... - Bonsoir, Hector.

L'argent... Votre table est prête.

Vous passez trop de temps sur votre superbe yacht.

Dites à Lucien que le comte Dino est là.

Je suis à vous, madame la Marquise.

- Bien sûr, Comte Dino. - Juste un peu.

- Hector ? - Oui, monsieur ?

- Le comte a de l'argent à nouveau ? - Soudain.

- Espérons qu'il le gardera. - Espérons qu'il l'augmentera.

Merci.

Et maintenant, le kirsch.

Une larme de chartreuse, mon secret.

Et maintenant, le cognac, toujours en dernier.

Soyons honnêtes, vous exagérez un peu.

Trop de cognac.

La voiture du comte della Fiaba !

100 000 francs.

Comme d'habitude, un million.

J'ignorais qu'on péchait la nuit.

Le passe-temps favori à Monte-Carlo.

- Le pratiquez-vous ? - Je le pratique maintenant.

- Que faites-vous en hiver ? - En hiver ?

Des croisières.

Où est votre bateau ? Ou l'appelez-vous un yacht ?

Cela dépend de quand date votre fortune.

Il est là, au milieu du port. Le Speranza.

Speranza ? L'espoir... un beau nom pour un joueur.

- L'espoir est la Bourse du joueur. - C'est celui-ci ?

Il est beau.

Emmenez-moi faire un tour, maintenant.

- Maintenant ? - Pour une sortie au clair de lune.

Mais le moteur... la lune est partie.

Le moteur est bruyant. Cela réveillerait les gens.

Peut-être demain, ou dans la semaine.

- Je comptais partir demain. - Oh, non !

- Aimeriez-vous que je reste ? - J'aimerais beaucoup.

Pour jouer ensemble ?

On joue seul, mais il y a d'autres choses à faire.

Monte-Carlo, ce n'est pas seulement le Sporting Club ou le Casino.

Je ne savais pas.

- Puis-je vous le montrer ? - Quoi ?

Eh bien, aimez-vous... tirer ?

Je vous dois 2000 francs.

- Ne soyez pas nerveuse. - Je ne suis jamais nerveuse.

Pull !

Pas de chance.

J'avais l'esprit ailleurs.

Il faut vous concentrer sur la cible.

C'est ce que je vais faire.

Un double !

Je vous dois 3000 francs.

Et le double sur le second tir.

Pull !

Cette fois, vous étiez concentrée.

Oui.

Un double, Gabriel.

Qui vous a appris à tirer ainsi ?

Un maharadja que j'ai connu autrefois.

Vous avez donc chassé le gros gibier en Inde. Pull !

Je n'ai jamais chassé le petit gibier.

Quel est le pari ?

1000 francs que la prochaine voiture est rouge.

Donnez.

Deux de plus.

- Qu'est-ce que c'est ? - C'est aujourd'hui mercredi.

Mercredi ?

Déjeuner, dîner, champagne, souper.

Déjeuner, dîner, champagne, souper. Déjeuner, dîner, champagne...

- Souper ? - Souper.

Comment deux personnes peuvent-elles manger autant ?

- Le patron sait qu'on a son bateau ? - Il est à Paris pour la semaine.

Maria ! Par ici.

Comment dit-on en langage maritime ? La poupe ?

La poupe.

En bas ?

Il dit cela de manière terrible.

Vous ne vivez pas seul. Mais c'est un piètre substitut à une femme.

Un grand avantage. Si je veux être tranquille,

il me suffit de faire cela.

Son talent est limité.

Un petit réconfort quand il fait froid le soir.

Maintenant que vous avez vu mon bateau, vous plaît-il ?

Permettez ?

J'aime votre chez-vous.

Vous pouvez y être seul sans vous sentir esseulé.

Mais la cuisine n'est pas à la hauteur.

La cambuse.

Vous ne portez jamais de bijoux ?

- Je devrais ? - La plupart des femmes en portent.

La plupart des femmes en ont besoin.

Le revoilà ! Jean ! Guillaume !

Voleur, viens ici tout de suite !

Entrez, Caroline.

Monsieur Duval, entrez, entrez.

Je suis ravi d'être ici.

J'étais si content de recevoir votre télégramme !

Alors ça s'est bien passé ? Vous pouvez rembourser vos bijoux.

J'ai pris le premier avion, comme vous étiez pressée.

Je suis si heureux pour vous.

Dites-moi tout. Vous avez gagné au jeu ?

Ou un beau gentleman est venu à votre secours ?

Un très beau gentleman.

De mieux en mieux ! Un gentleman est beaucoup plus sûr.

J'espère qu'il vous a donné du liquide.

Je ne peux accepter de chèque, suite à notre expérience passée.

- Je n'ai pas d'argent. - Je vous demande pardon ?

Je n'ai pas d'argent.

Mais il se demande pourquoi je ne porte pas de bijoux.

Je veux vous les louer 24 h, au prix que vous voudrez.

Madame, vous avez rompu la confiance de Duval & Fils.

- Je vous souhaite le bonjour. - Agissez en homme d'affaires.

Si vous me laissez porter les bijoux ce soir,

je promets de vous rembourser demain.

Et en attendant, vous ne me quitterez pas un instant.

Ou presque.

Est-il vraiment riche ?

Vraiment riche.

Bonsoir.

- Superbe ! - Merci.

Vous parliez de moi ?

Oui, mais ces bijoux ne gâchent rien.

J'aimerais aller au Sporting Club.

Mais bien sûr.

Comte Dino, nous venons de recevoir du caviar d'Irak.

Je vous le mets de côté.

Bonsoir.

Frank, nous devrions retourner à la roulette ce soir.

Si tu veux, ma chérie.

Voilà le comte della Fiaba. Avec elle, à nouveau.

Ils sont charmants, et quel beau collier.

Réalisez-vous que nous n'avons pas joué de la semaine ?

Façon de parler.

C'est vrai.

J'ai oublié de vous remercier pour les fleurs. Merci.

Excusez-moi.

Je n'en ai que pour une minute.

Oui.

Qu'est-ce que c'est ?

Le souper. Caviar, champagne, j'ai voulu les apporter moi-même.

La marquise l'a commandé cet après-midi.

- Pour ce soir ? - Vous ne saviez pas ?

Elle savait !

Eh bien, merci, Hector.

Je vous sers maintenant, ou dois-je revenir ?

Nous nous servirons, merci.

- Ça ne m'ennuie pas... - Nous nous servirons.

- Je peux ouvrir la bouteille. - Je suis capable de le faire.

Oui, Comte della Fiaba.

Les voilà. Vas-y, joue.

Doucement.

Comme c'est romantique !

Oui, les Monégasques sont très romantiques.

J'ai l'impression que le monde entier sait que nous sommes ici.

J'en suis certain.

On pourrait même vendre des billets.

Il joue avec sentiment.

Il se donne complètement.

A quoi buvons-nous ?

- A nous. - Ça porte malchance.

- Aux amis absents. - Aux amis absents !

On dirait qu'il n'a pas résisté à sa musique.

C'en était trop.

- Encore du champagne ? - Merci.

Pourquoi ne vous êtes-vous jamais marié ?

Pour la même raison que je ne suis pas devenu alcoolique.

On peut aimer le vin,

mais pas besoin d'avoir une bouteille avec soi jour et nuit.

Je suis désolé.

C'était grossier.

Une femme n'aime pas être comparée à une mauvaise habitude.

On pourrait vite devenir dépendant de vous.

Dois-je vous remercier ?

J'ai changé d'avis. Je n'aime plus être seul.

Depuis quand ?

Depuis qu'une dame est venue sur mon bateau

et m'a dit que ma cambuse n'était pas à la hauteur,

et ma vie...

Et vous l'avez crue ?

Je me laisse facilement persuader.

A notre première rencontre.

Croyez-vous qu'elle était écrite... dans les étoiles ?

Peut-être pas dans les étoiles, mais elle était écrite.

Vous me connaissez à peine.

- Les femmes disent toujours cela. - Quand ?

A un certain moment, dans toute liaison.

- Est-ce une liaison ? - Désolé.

- Mais viendriez-vous ? - Vivre sur votre bateau ? Non.

Pour réarranger la cambuse, vous comprenez.

Bien sûr. Non.

Pourquoi ?

Je vous connais à peine.

Comte Dino Michele Giocondo della Fiaba. Joueur.

Maria, marquise de Crèvecoeur. Joueuse.

On se ressemble. C'est tout ce qu'on a besoin de savoir.

Je joue gros.

Moi aussi.

Vous vous êtes fait mal ?

Vous êtes sûr ?

J'aime assez le goût des émeraudes.

Aidez-moi.

C'est mon tour.

Que s'est-il passé ?

Il a essayé de l'embrasser, mais l'a ratée et a embrassé son collier.

Comment peut-on viser si mal ?

- Je vous ai vexé, pardon. - Non.

Mais si. Je n'ai pas voulu tourner la tête. C'était instinctif.

Vous avez de bons instincts, c'est louable.

Vous pouvez m'embrasser si vous voulez.

Que se passe-t-il maintenant ?

Qu'est-ce qu'ils font ?

Parlez-moi de votre autre maison. Vous en avez une, ou en avez eu une ?

- Très loin, il y a longtemps. - Où ça ?

Sur une colline, surplombant la baie de Naples.

Il y a une vaste et vieille maison, vide aujourd'hui.

Et les oliviers descendent jusqu'à la mer, vieux et tordus.

Pas entretenus.

- Alors vous êtes tout seul ? - Non.

A Naples, il y a une adorable vieille dame, dans un vieux palazzo.

Ma mère.

Seule ?

Oui, je sais. La solitude peut prendre bien des formes.

On peut être très entourés, et être toujours seul.

- Alors ? Alors ? - Albert, que s'est-il passé ?

- Dino ! - Bonjour, ma chérie.

Tu es radieuse.

Comme si j'avais remporté une grande victoire !

Mais oui.

J'ai oublié de te demander quelque chose hier soir.

- Veux-tu m'épouser ? - J'en serais charmée.

- Tout de suite. - Dès que je serai habillée.

J'ai faim.

Dino, regarde notre maison !

Notre maison... elle est magnifique.

Oui... tu n'imagines pas comme je la trouve belle.

Regarde, là-bas !

Une beauté. C'est ce qu'il nous faudrait. M'en achèteras-tu un ?

Bien sûr ! Deux ou trois.

Papa ! Où es-tu ?

- Viens regarder ça. Vite ! - J'arrive.

On ne peut plus dormir sur son propre yacht ? Me voici.

- Regarde ! - Regardez, Homer.

C'est donc Monte-Carlo ? Je ne pensais jamais y aller un jour.

Je suis si contente que j'en ai le souffle coupé.

Tu aimes, Edith ?

Magnifique. Ça me rappelle un peu Santa Monica.

- Pas toi, Frank ? - Un peu.

Tu n'as pas vu ça en Californie, tante Edith.

La Californie n'est pas si mal.

J'aimerai rencontrer quelqu'un du continent.

M. Christian, je vais prendre la barre.

- Papa ! - C'est mon bateau, non ?

M. Christian, permettez...

Je vais prendre une photo. Ne bougez plus.

Merci !

C'est la belle vie !

Tu peux avoir tout ce que tu désires.

Tu ne veux pas un plus gros bateau, comme la goélette qui arrive ?

Non, j'aime ton bateau. Juste comme il est.

Oui, juste comme il est.

Chéri, où irons-nous pour notre lune de miel ?

Allons en bateau dans les îles grecques

et on s'arrêtera à Naples pour voir ta maman.

Oui, mais si on prend le bateau...

Écoute...

Que veux-tu comme cadeau de mariage ?

- Rien. - Allons ! Tu aimes les bonbons ?

Non... Je te le dirai plus tard.

Qu'est-ce que tu aimerais ? Tu aimes les bonbons ?

Non. Si on va dans les îles grecques, on aura besoin de quelque chose...

- Quoi ? - Un moteur.

- Quoi ? - Un moteur pour le bateau.

Ton bateau n'a pas de moteur ?

Non. J'ai gagné le bateau au poker. Mais le moteur n'était pas inclus.

Je ne ferai plus jamais confiance à un Grec.

Tu as gagné le bateau au poker ?

Pourquoi n'as-tu pas mis de moteur ?

Je n'en avais pas les moyens.

Tu n'en... mais tu es riche !

Pas exactement.

Comment cela, "pas exactement" ?

Pas du tout. Avant, j'étais riche, mais...

Il y a quelques années, j'ai eu une mauvaise semaine à la roulette...

Maria, je sais que j'aurais dû te le dire plus tôt, mais...

je ne voulais pas créer de barrières entre nous.

De plus, tu en as assez pour nous deux.

Je trouve cela ostentatoire que les riches se marient entre eux.

Tu veux donc m'épouser pour mon argent ?

Non, je ne peux accepter cela.

Je veux que tu comprennes que j'ai des sentiments pour toi.

Merci.

Je peux t'aider à profiter de ton argent. Est-ce si mal ?

Non, je trouve cela assez charmant.

Je n'ai jamais pensé que tu pouvais être un aventurier.

Je n'y avais jamais pensé jusqu'à il y a une semaine.

Et cet étalage de fortune pour m'impressionner, comment as-tu fait ?

- La limousine et le chauffeur. - C'est un ami.

Et ces dîners servis personnellement par Hector ?

- C'est un ami. - Et le marin avec le hors-bord ?

C'est un ami aussi.

Tu as beaucoup de relations.

Quoi d'autre était faux ?

Le titre est vrai, à moins que tu ne l'aies vendu.

Ça, jamais.

Et la maison, cette vieille maison surplombant la baie de Naples ?

Elle est toujours là, mais la vue est gâchée par une station-service.

Et ta mère ?

Cette gentille vieille dame, seule dans son palazzo ?

C'est un petit hôtel et elle passe le plus clair de son temps au bar.

Qui est-ce ?

Bonjour. Je n'arrive pas trop tôt ?

Non, M. Duval, entrez. J'ai quelque chose pour vous.

- Déjà ? Mes compliments, madame. - Voici le comte della Fiaba.

Mes compliments, monsieur. Vous êtes très généreux.

Mais vous ne le regretterez pas. C'est une femme merveilleuse !

Voilà. Vous avez été charmant, merci. Vous pouvez ajouter les frais.

J'espère vous voir bientôt.

- Mais... - Il n'a pas d'argent non plus !

Mais...

Que voulait-elle dire par "non plus" ?

- Lui non plus. - Mais elle est riche !

- Riche ! - N'est-ce pas ?

Comment cela, "non plus" ?

Vous avez dit : "Il n'a pas d'argent non plus."

J'aurais dû me douter que c'était trop beau pour être vrai.

Tu m'as demandé ce que je voulais comme cadeau.

Il y avait quelque chose.

J'espérais que tu puisses régler cela pour moi.

M. Duval aussi.

Des tickets de mont-de-piété.

Des tickets de mont-de-piété.

Des tickets de mont-de-piété.

Allons-nous-en.

Jours heureux...

Que se passe-t-il ? On n'entrera pas comme ça.

Il faut empanner, M. Hinckley.

- Empanner. - Oh, empanner !

- On empanne ! Attention ! - Doucement, papa.

Fais attention à ta tête.

Virement de bord !

- Mauvais côté. - Attention.

- Sois prudent, papa ! - Attention !

- Pourquoi tous ces cris ? - Homer !

- Tu nous as fait peur. - Pas de quoi avoir peur.

C'est juste un virement de bord. J'adore ça.

C'est un miracle que ces cordes tiennent.

On ne dit pas des cordes, on dit des bouts.

Je sais ce qu'est une corde, je ne vais pas changer à mon âge !

Il est temps d'amener les voiles et de mettre le moteur.

Je vais entrer au port à la voile.

Je vais les épater. Vous me prenez pour une mauviette ?

- Non, M. Hinckley... - Papa, c'est trop compliqué.

- Compliqué ? L'entrée est large. - Homer, sois prudent.

- Papa... - M. Hinckley...

- A qui est ce yacht ? - Tu l'as depuis trois semaines.

Oui, mais ça n'a rien de compliqué, la voile.

Par où souffle le vent ?

- Que faisons-nous, maintenant ? - "Nous" ?

Je vais me trouver un autre homme, exactement comme vous.

Mais riche !

Vous avez été malhonnête avec moi.

Vous l'avez déjà dit.

Orientez les voiles !

- Changez de cap. - Tu vas nous faire échouer !

- Virez ! - Lâche les toiles, les voiles !

- Tu as des freins ? - Sous le vent !

- Non, de l'autre côté. - De l'autre côté !

- Trop tard, il faut virer ! - Virez de bord !

Oh non !

D'où est-ce qu'il vient ?

Tout est perdu.

Regardez. C'est la plus belle vue.

- Vous êtes un drôle d'Américain. - Pourquoi ?

Vous ne critiquez pas l'Europe. Vous aimez tout ce que vous voyez.

Pourquoi pas ? J'espérais que l'Europe soit comme cela.

Au nom de tous les Européens, je vous remercie.

C'est mieux que je ne l'espérais, grâce à votre frère.

Vous aimez mon frère ?

Quand il est monté sur mon bateau, j'ai cru qu'il allait me tuer.

Et je lui donnais raison.

Cinq minutes après, c'était comme si je lui avais fait une faveur.

- C'est quelque chose. - Oui, il est adorable.

- Vous aussi. - Merci.

Je me réjouis que votre frère vous ait persuadée de monter à bord.

- Vous ne le regrettez pas ? - Non, c'est un magnifique bateau.

Je l'ai depuis trois semaines. J'en voulais un depuis toujours.

Je l'ai eu à Marseille.

Voir le monde du pont de son propre bateau !

Pourquoi n'avez-vous pas eu de bateau avant ?

Je n'avais pas les moyens.

Jeune, on n'a pas d'argent. Vieux, on n'a pas la force !

- Ce n'est pas vrai pour vous. - C'est un peu tard, mais pas trop.

- Vous aimez beaucoup votre père. - Je l'adore.

Il profite bien de ce voyage.

Ça m'épate comme il s'entend bien avec votre soeur.

Oui, de vrais copains.

Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

Comment se fait-il que vous ayez un accent italien

et votre soeur un accent différent ?

Nous avons des mères différentes.

C'est très intéressant !

Il y a une question que je me pose, Marquise.

C'est un peu personnel...

Allez-y.

Je me demandais pourquoi vous aviez un accent différent de votre frère.

Nous avons des pères différents.

Oui... ça explique tout.

- Des boîtes de conserve. - Quoi, des boîtes de conserve ?

Ce M. Hinckley travaille dans les boîtes de conserve.

On peut faire fortune dans les boîtes de conserve ?

Oui, imbécile. En Amérique, ils mangent tous des conserves.

Un fabricant de boîtes de conserve peut faire fortune.

Fantastique. Et que fait un serveur là-bas ? Il ouvre des boîtes ?

Non, ça, c'est le boulot du chef.

- Mais on fait quoi, maintenant ? - Qu'a dit le comte Dino ?

- Il nous demande de la patience. - On en a, plus que de l'argent.

Ces gens sont riches et l'apprécient.

Pas assez pour lui donner un million de dollars.

Ce n'est pas impossible. Je ne sais pas, mais...

- Mais quoi ? - Il y a la fille.

La fille !

Les affaires reprennent !

- Par-dessus... - Regardez-moi !

- Jane, quelle jolie robe ! - Pas mal !

- Ça vous plaît ? - Tu es très mignonne.

- Je ne veux pas être mignonne. - C'est le cas.

C'est un noeud marin.

- A quoi ça sert ? - C'est pour la raccourcir.

- Les hommes ! - Où est tout le monde ?

Je ne t'ai guère vue ces jours-ci, soeurette.

Dans combien de temps sauront-ils que je ne suis pas ta soeur ?

Ils n'en sauront rien, tant que tu me traites comme un frère.

- Tu aimes M. Hinckley ? - Je le trouve très sympathique.

Jolie façon de le dire.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Les cocktails sont servis. - Nous sommes malpolis, mon frère.

- Vous êtes adorable, Jane. - Merci.

- Si je pouvais être comme elle ! - Comment cela ?

Pas juste sophistiquée et mondaine,

mais aussi sûre de moi, fière et avertie.

- Je ne serai jamais comme ça. - Cela en vaut-il la peine ?

- Bien sûr. - Je vous aime comme vous êtes.

J'en ai assez d'être la petite Jane Hinckley de l'Indiana.

Je veux être une femme transformée.

Cette transformation ne vient pas vite. Il faut vivre pour cela.

Mais je veux vivre plein de choses !

Ce n'est pas cela. Je ne vais pas vous séduire.

J'aimerais bien, mais je ne suis pas si bête.

Je sais que ça ne marcherait pas.

Vous croyez que ça marcherait ?

- Non. - Non ?

Mais vous m'avez envoyé des fleurs.

D'un invité à son hôtesse.

Si votre mère était là, c'est à elle que je les aurais envoyées.

Oh, je vois.

Mais nous pouvons être proches ?

Je ne connais personne comme vous, vous pouvez m'apprendre des choses.

- Vous m'apprendrez des choses ? - Ce que je pourrai.

Ce serait bien !

La première chose que je peux vous apprendre, c'est de ne pas faire ça.

Tu vas goûter ces crêpes Suzette. J'en ai mangé à Chicago.

- Ce sont des crêpes. - Oui, mais il faut les flamber.

Attention. Regardez, Marquise.

- Edith. - Quoi ?

Il va les faire flamber.

Alors ?

Quoi, ce gars ne connaît pas son affaire ?

C'est une opération délicate.

C'est parti.

J'ai mis mon appareil photo au vestiaire. Où est Homer ?

- Il est avec la Marquise. - Faisons un tour.

- C'est très chic. - Pas mal, cet endroit.

- C'est quoi ? - La roulette.

- Vous aimez ? - Beaucoup. Tenez, Marquise. Jouez.

Merci. Mais si je joue avec votre argent, appelez-moi Maria.

Vraiment ? Maria...

Homer ! Homer Hinckley !

Walter Peebles ! Mais qu'est-ce que tu fais là ?

Je suis ici depuis deux semaines. Tu te souviens de Harry Turner ?

- Salut, Harry. - Quand es-tu arrivé ?

- Il y a quelques jours. - Tu es à l'hôtel ?

Non, j'ai un yacht. Je rentrerai aux Etats-Unis avec.

Désolé. Maria, M. Peebles, M. Turner. La marquise de Crèvecoeur.

- Enchanté, Marquise. - Enchantée.

Nous allons jouer aux cartes. A bientôt.

Marquise.

- Tu crois que c'en est une vraie ? - Tu crois que ça compte ?

Il faut faire attention au début.

A ce que vous m'avez dit, ça ressemble au black-jack.

Je suis plutôt bon au black-jack chez moi.

Je ne suis pas habitué à jouer aux cartes avec mon manteau.

Si je veux miser, je dis "banco", c'est ça ?

Banco !

Enfin... banco.

100 000 francs, c'est environ 300 dollars, c'est ça ?

C'est ça.

Ils savent séparer les hommes des gamins, ici.

Pas de chiffres ? Donnez.

- Donnez. - Vous devez dire "carte".

J'ai dit "carte" et il m'a eu.

Bon, Homer Hinckley. Au travail, c'est de l'argent.

Que fait cette dame ?

Elle joue un "cheval", deux chiffres côte à côte.

Charmant ! C'est ce que j'aimerais faire.

On met un jeton sur la ligne et on a deux chiffres ?

Oui. Ça rapporte à 17 contre 1.

Il suffit de trouver deux chiffres qui vont bien ensemble.

Voyez-vous ce que je veux dire ?

Elle a joué le 20 et le 23. Ces chiffres ne vont pas ensemble.

- Ils se détestent. - Elle ne peut pas gagner.

Une place se libère.

- J'aime ce jeu. - Pas étonnant.

Dommage. Mauvaise carte. Tenez, restez dans le jeu.

Merci.

Allons, Edith. Juste une fois, ça paraît facile.

D'accord, mais seulement 10 dollars. Il ne faut pas s'emballer.

Les jours heureux sont de retour...

Il y a combien, un million ?

- Pas mal, hein ? - Vous apprenez vite.

Oui, les cartes. Une pour vous, une pour moi...

Neuf.

Je vois ce que vous voulez dire.

Papa, donne-moi des jetons, j'ai tout perdu.

Tu as de l'argent, va t'en acheter.

Je n'en ai plus, je suis ton invitée.

- Je joue. - Allez, je commence à apprendre.

J'ai dit à ta mère que tu finirais par me demander...

- On fait trop de bruit. - Désolée.

On a toujours été une famille bruyante. Tiens.

- Va jouer comme une dame. - Merci, papa. Venez, Dino.

Comte Dino ! Passez les cartes.

Rendez-moi service. Remplacez-moi une minute.

C'est où ?

Huit.

Ne me pressez pas !

Joue sur le noir, Edith !

Laisse-moi décider, Fred. Rouge !

J'ai encore gagné !

300 000 francs !

- Comment ça va, ma puce ? - Pas mal, papa.

- On a bien joué, ce soir. - Désolé d'avoir perdu pour vous.

Ça ne fait rien, on ne gagne pas à tous les coups.

Votre soeur n'a pas eu de chance non plus. Mais moi, oui.

Où sont Fred et Edith ? Les voilà.

- Regarde, Homer ! - Formidable.

- Regardez, Marquise ! - Félicitations.

- Qu'en dites-vous, Comte ? - Félicitations.

Combien as-tu gagné ?

Je ne sais pas, mais on a commencé avec 10 dollars.

Je me demande comment ils ne font pas faillite !

Venez, Maria.

- Vous aimez tant que ça le jeu ? - Vous connaissez mon secret.

Vous savez quoi ? Ce n'est pas grave.

Tant mieux, car je vais rentrer à Paris demain.

Pourquoi ?

Marquise, Maria... ai-je fait quelque chose de mal ?

Non, vous avez été adorable, mais je dois partir.

Juste quand je... nous...

Ça a été la meilleure semaine de ma vie, grâce à vous.

C'est tout ce que je veux dire.

Je vous en prie, ne partez pas.

- Ça n'a pas été une semaine facile. - Pourquoi ?

- Mieux vaut nous dire au revoir. - Je vous accompagne.

Vous n'êtes pas obligée de parler.

Mais je pars dans quelques jours, samedi.

J'aimerais beaucoup que vous restiez.

Garçon, une autre bouteille !

- Elle est pour moi. - Non, Homer, elle est pour moi !

C'est merveilleux, M. le Comte !

On a passé deux semaines et on n'a pas vu cet endroit.

On ne connaît jamais un lieu si on ne rencontre pas les habitants.

Il y a une sacrée ambiance ici.

J'adore cette chanson, je veux l'apprendre !

Fais attention, Jane !

Jane !

Ça va, ma puce ?

Maintenant je sais que je suis en Europe !

- Ça n'arrive pas en Amérique ? - Juste dans les grands magasins.

- Allez, Homer ! - Moi aussi.

François, je peux vous poser quelques questions ?

Ça ne vous embête pas ?

D'accord. Question numéro un.

La marquise est-elle vraiment la soeur du Comte Dino ?

- Bien sûr. - D'accord.

Question numéro 2. Depuis quand est-elle sa soeur ?

Depuis... Comment répondre à une telle question ?

La marquise est-elle vraiment la soeur du comte Dino ?

Je vous en prie, faites-le. Je me fiche de ce que ça coûtera.

- Installez le moteur. - Mademoiselle, on a si peu de temps.

Justement. Nous partons après-demain.

Il faut le faire avant demain après-midi.

- Le comte Dino saura... - Je m'en occupe.

- Vous le ferez ? - Je ferai de mon mieux.

Mieux que ça, s'il vous plaît.

- Oui, mademoiselle. - Vous êtes un ange. Au revoir.

Au revoir.

On doit se mettre sur notre 31, ce soir.

Les galas du Sporting Club sont somptueux, avec des feux d'artifice.

Je vais sortir mes bijoux de famille.

- Dommage qu'on parte demain. - On ne peut pas rester éternellement

et tu as toujours voulu voir l'Espagne.

Je ne crois pas que j'aimerai la cuisine espagnole.

Sottises, tu aimes la cuisine mexicaine.

Comte Dino, est-ce votre bateau ?

Il est beau. On devrait mettre des drapeaux, Homer.

Il a de l'allure, M. Comte. Je suis content qu'ils l'aient réparé.

- Surtout que j'ai payé d'avance. - Vous n'auriez pas dû...

- J'ai juste réparé la coque. - Merci.

- Qu'avez-vous fait ? - Je vous en prie, ne dites rien.

- Allez, papa, viens danser. - Je n'ai pas envie.

Je t'ai offert des cours de danse à Noël, tu pourrais venir.

Va danser avec ta fille, Homer.

- Allez, papa. - Tu arrives toujours à tes fins.

- D'accord, allons danser. - C'est parti.

- Ça ne fait aucune différence ? - Que tu aies un moteur ? Non.

Mais c'est bien, tu peux aller et venir à ta guise.

Seul. Ce n'est pas ce que j'avais prévu.

Tu avais prévu d'épouser une femme riche.

Je t'ai déçu.

Tu voulais trouver un homme riche. Et tu l'as trouvé.

Comment cela ?

10 contre 1 quand tu pars en Indiana avec M. Hinckley.

Un conseil, prends ce pari.

Je pourrais perdre. Tu devrais l'épouser.

C'est l'homme qu'il te faut.

Merci de me le dire.

Tu sais danser, aussi bien que n'importe qui chez nous.

- Bien sûr. - Encore quelques leçons...

M. le Comte !

Si vous ne dansez pas avec ma fille, vous lui briserez le coeur.

- Papa ! - Le mien aussi. Voulez-vous danser ?

Venez, Maria.

- Je suis désolée. - Pourquoi ?

C'est en français. Qu'est-ce que ça dit ?

Une chanson d'adieu entre deux personnes qui ont joué avec l'amour.

Allez, chérie. Traduis pour nous.

"Comme tous bons joueurs, nous avons joué avec le sourire."

"Qui a perdu, qui a gagné..."

C'était superbe !

- C'était superbe. - Merci. Ça vous a plu ?

Beaucoup. J'aimerais vous parler seul à seule.

Jack, joue-la encore pour moi.

C'est une magnifique chanson.

Qu'arrive-t-il à votre frère ?

Chantez-vous beaucoup en français ?

- La fête est finie ? - Allons-y.

- Où ça ? - A l'intérieur, un moment.

Je n'ai pas fini mon champagne.

Fred Freeman, parfois je me demande... Viens.

J'aurais dû m'en douter.

Maintenant que je le sais,

c'était impossible que vous soyez frère et soeur.

C'est drôle comme on peut être bête parfois.

Mais c'est fini, ça n'a duré que quelque temps...

Rien ne s'est passé sur le bateau...

Je suis un homme du monde.

Ce genre de chose ne devrait pas me contrarier.

On est des adultes.

Que je n'aie pas d'argent

et que je sois une aventurière ne vous gêne pas ?

Si vous étiez une aventurière, vous ne me l'auriez pas dit.

Je suis peut-être une aventurière très maligne.

Non, je ne crois pas. Pas dans ce sens-là.

Alors je suis une joueuse.

Une joueuse très malchanceuse.

Muncie, Indiana, n'est pas Monte-Carlo,

mais il y a plein d'opportunités pour jouer.

Avez-vous déjà joué au Bingo ?

C'est un bon petit jeu. On vous donne une carte,

avec des chiffres, et un tas de pions.

Il y a une roue, un peu comme la roulette.

Quand les chiffres sortent, on remplit sa carte

et c'est très tendu à la fin.

Le premier qui a fini sa carte crie : "Bingo !"

Maria, venez à Muncie avec moi.

- Pour jouer au bingo ? - Pour faire ce que vous voudrez.

Si je vais avec vous, je ne jouerai plus jamais.

Vous êtes sincère ?

Je ne veux pas que vous changiez pour moi.

Alors pour moi-même.

- Désolée que vous ayez perdu. - On s'y habitue.

Je sais, mais... papa la rendra heureuse. C'est un homme bien.

C'est vrai.

Je... je ne pense pas que vous me prendriez à la place.

Je sais, mais... vous êtes seul et vous avez besoin de quelqu'un.

Pas forcément moi, mais...

- Je suis pratique. - Jane...

Je sais. On n'a pas à parler d'amour. Je ne sais même pas ce que je ressens

mais je préférerais être avec vous qu'avec n'importe qui.

Si vous acceptez, je ferai ce que vous voudrez,

pourvu qu'on soit ensemble.

On n'aura aucun souci d'argent, je suis riche.

Jane !

Je sais ce que vous allez dire, la différence d'âge ne compte pas.

Pas forcément pour toujours. Si vous m'épousez,

nous serons heureux longtemps.

Puis si vous décidez de partir, je ne vous le reprocherai pas.

Mais ce ne sera pas moi qui partirai.

Je ne suis pas sûre de beaucoup de choses, mais de ça, oui.

Jane...

Si toutes les Américaines sont comme vous,

j'aimerais tout recommencer et être né à Muncie, dans l'Indiana.

Je suis contente que vous ne l'êtes pas.

Mais la différence d'âge compte.

Quand j'avais cinq ans, vous étiez déjà un homme.

Quand j'avais 10 ans, vous n'étiez guère plus vieux

et à 19 ans, je vous ai presque rattrapé. On a le temps !

- Qu'avez-vous dit ? - Quoi ?

Jane, 5, 10 et 19 !

- Quand j'avais cinq ans... - 5, 10 et 19 !

Pas 20. Le double, moins 1 !

- Moins un quoi ? - Jane !

- Jane Hinckley ! - M. le Comte !

Je vous aime aussi. Venez !

Allez-vous vraiment jouer ?

Betty serait très heureuse et elle vous adore...

Voilà le Comte Dino. Je dois le dire à Betty.

Excusez-moi.

- Allons-y. - Je m'amuse, je ne veux pas partir.

Où est Betty ? Le comte della Fiaba est à la roulette.

Le comte Dino est à la roulette !

Le comte Dino est à la roulette !

Le comte Dino est à la roulette !

Servez-vous.

Une minute !

- Que se passe-t-il ? - La lumière. J'arrive !

- Le comte Dino est à la roulette ! - A la roulette !

Excusez-moi. Désolée.

- Regarde, il gagne ! - Eh bien !

Sept.

7, 14...

et 27.

- Il a gagné ! - C'est merveilleux.

Mon Dieu, regardez !

- Je suis si heureuse ! - Il a gagné !

Neuf.

- 18. - 18.

Huit.

16.

Mon Dieu !

- Il a gagné. - Tout le monde essaie de...

Un brave homme ne reste pas à terre !

Ça suffit, maintenant, Dino.

Bon sang, il a encore gagné !

- Dino, vous devriez arrêter. - Il faut saisir sa chance, Jane.

Je ne pensais pas voir un homme vider la banque !

Comment tout cela a-t-il commencé ?

- On bavardait. - De quoi ?

J'ai parlé de quand j'avais cinq ans...

Et de quand j'avais 10 ans...

Puis j'ai dit que j'avais 19 ans...

- Tu n'as que 18 ans. - J'en ai presque 19.

- Vous avez 18 ans ? - Et trois quarts.

Et trois quarts...

Il faut savoir quand sa chance tourne.

Elle va revenir.

Dino, le zéro et les quatre premiers. Il est temps qu'ils reviennent.

Non.

Dino, je vous prie, arrêtez !

Arrêtez, je vous en prie.

Il perd tout.

Comte Dino, on vous demande au téléphone.

- Arrêtez, votre chance a tourné. - Ça va aller.

- Ecoutez... - Pardonnez-moi, Comte Dino.

Jane, Fred. Il va bien ?

Vous avez vu ça ?

Veuillez nous excuser.

Au revoir.

Au revoir.

Dino !

Souhaite-moi bonne chance.

Bonne chance.

Jane. Voulez-vous bien faire quelque chose pour moi ?

Quand vous vous marierez, prévenez-moi.

Où que je sois, si je peux, je viendrai,

pour danser à votre mariage.

On se dira au revoir demain.

Au revoir. Ne vous inquiétez plus pour moi. Je vous le demande.

- C'est devenu une habitude. - Une habitude à oublier.

Je dis que c'est trop.

Payer ce qu'on doit est une chose, mais vous nous avez donné bien plus.

On s'était mis d'accord. La moitié des gains.

On paie des intérêts à la banque, et pas à ses amis ?

- Nous étions partenaires. - Le jeu, c'est fini ?

Je ne jouerai plus jamais. Jamais.

- Sûr ? - Plus jamais. Je le jure.

Mais qu'allez-vous faire ?

Vous avez de l'argent, mais pas tant que ça.

Je vais aller à Naples, voir ma vieille mère.

Puis je prendrai ma retraite, dans la maison sur la colline.

Ça me plaît bien.

Albert, merci beaucoup.

Prenez soin de vous. Je vous le demande.

Hector, tu crois toujours que je ferai un bon serveur ?

Le meilleur.

Non, le meilleur est ici. Pour beaucoup de choses.

Roland.

Il y a une bouteille de cognac dans votre cabine.

Au revoir, mes amis. Embrassez Sophia pour moi.

Prenez soin de vous. Au revoir, Comte Dino.

Comte Dino !

Amarrez !

Les voiles sont prêtes, M. Hinckley.

Très bien, en route. Diminuez !

C'est la dernière.

Au revoir, Monte-Carlo.

Au revoir !

Au revoir, Monte-Carlo et merci pour tout.

Vous ne dites pas au revoir, Maria ?

J'ai hâte de rentrer.

Prochaine escale, l'Espagne, puis...

Je rentre chez moi, dans l'Indiana...

Allez, Maria. Chantez-la pour nous.

Allez, Maria.

Je ne peux pas partir. Je vous en prie, ramenez-moi.

Prenez la barre, M. Christian.

Pourquoi ?

Je suis désolée.

Je suis vraiment désolée.

Qu'y a-t-il ?

Je suis toujours une joueuse.

Vous m'offrez la sécurité et je ne peux la prendre.

Ma place est ici.

Avec lui.

Bien, M. Christian. Faites s'activer les gars.

Parés !

Prêts !

Relâchez !

Merci.

Réglez les voiles !

Bravo, M. Hinckley.

Relâchez !

Écartez !

Au revoir !

Au revoir !

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