Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Mesdames et messieurs, je vous demande pardon une minute,
et vous prie de ne pas prendre au s�rieux ce Monocle noir
qui �tudie le comportement d'un intellectuel fou
entour� par de nombreux et curieux espions.
Les espions sont ceux des autres. Les n�tres sont des agents secrets.
L'humour noir est � l'honneur dans ces aventures que le colonel Remy
a imagin�es sans oublier que la r�alit� d�passe parfois la fiction.
Bien entendu, toute ressemblance avec des personnages existants
ne serait que pure co�ncidence. Ben voyons...
Pour une fois que les agents secrets n'ont pas de secrets pour nous,
profitons-en. � tout de suite.
Le fond de l'air est frais.
C'est un temps de saison, nous ne devons pas nous plaindre.
La quille !
- Vous fumez ? - Je ne fume jamais.
On va boire un coup, bon Dieu !
Ce salaud nous a suivis jusqu'ici.
Sa bagnole est dans la rue derri�re.
On va lui organiser un accident maison.
- Comment on va rentrer ? - � pied. �a vous fera du bien.
On va aller se pager � quelle heure ?
Si j'attrape pas la cr�ve...
Vilemaur est un ch�teau f�odal
dont les origines remontent au Xe si�cle.
Ras� au XIIe si�cle,
reconstruit au XIIIe.
L'aile nord,
aujourd'hui disparue,
y compris la tour d'angle sud-est,
et l'aile ouest, datent de 1465-75.
Tout le reste est du XVIe si�cle.
Par ici, messieurs dames.
Par ici, messieurs dames.
Comme vous pouvez le constater, c'est ancien et historique.
Je t'avais dit que j'attraperais la cr�ve.
- Il faut faire un grog. - T'es fou ? Jamais d'alcool.
Ici, l'ancienne salle des gardes.
Rendue tristement c�l�bre par l'assassinat du duc de Vergy
par les spadassins de Hugues III, marquis de Vilemaur.
Je vous demande un peu de silence.
La victime est entr�e par ici.
Et les autres se sont ru�s sur lui en grand nombre.
Le corps est tomb� l�.
Avant, on voyait des traces de sang.
Avant, on voyait des traces de sang.
C'est affreux.
- Historique. - Sait-on les motifs du crime ?
Une histoire de religion.
Certains chantaient la messe en latin, d'autres en fran�ais.
Ils se comprenaient pas. Vous savez ce que c'est...
un mot en am�ne un autre.
Tout est �crit dans la brochure que vous pourrez m'acheter � la sortie.
C'est l'usage. Chacun fait...
Ici, la chambre de Diane de Poitiers.
- Bonjour, monsieur le conservateur. - Bonjour, mon ami.
Vous noterez, en entrant, les deux chandeliers en argent massif.
Et les deux fontaines Empire.
Vous avez beaucoup de visiteurs. Je suis jalouse.
Par exemple ! Et les ch�teaux du Rhin ? Vos vieux bourgs ?
Je devrais �tre jaloux. La Lorelei vaut bien Diane de Poitiers.
Depuis quelques jours,
j'ai l'impression que la Lorelei est ici.
Incognito.
- Monsieur le conservateur... - Appelez-moi Hubert.
Ce sera plus administratif ?
Entre confr�res,
"madame la conservatrice", c'est un peu officiel.
- Alors, Erika. - Erika, c'est joli comme tout.
Monsieur, il y a une lettre du minist�re.
Oui, tout � l'heure, mademoiselle. Vous voyez bien que je suis occup�.
Je vois.
D'ici partait une galerie qui conduisait � la tour des supplici�s.
Vous pouvez la voir par la fen�tre.
La tour.
On y trouve la salle des tortures, des cachots, des oubliettes,
des escaliers d�rob�s, des couloirs secrets.
C'est unique et historique.
On ne visite pas en raison de l'�tat de ruine.
Les Beaux-Arts �tudient les travaux de r�fection depuis 20 ans.
Le dossier est en bonne voie.
Allons... Par l�, on ne visite pas non plus.
C'est le conservateur. Il a install� son bureau.
Et le marquis de Vilemaur y a son appartement.
C'est habit� bourgeoisement.
- Il n'y a pas de fant�mes ? - Le week-end et les jours f�ri�s.
Pour la migraine, bois de l'eau chaude touill�e avec un fer rouge.
C'est un rem�de de bonne femme souverain.
- Salut, les gars. - Salut.
- On dirait qu'il se moque de vous. - On peut essayer. On sait jamais.
Alors, Trochu, vous avez contact� ces messieurs ?
Ils sont arriv�s tard. La bagnole est pas mal.
Et eux, qu'est-ce que vous leur trouvez ?
Une sant� fragile. Et vos projets avec M. le marquis ?
Ils se pr�cisent. Nous avons ce soir un d�ner important.
Je dirais m�me capital.
- Bon anniversaire, papa. - Merci, mon petit.
Merci � tous. Je bois � la r�ussite de mes projets.
Je ne peux pas vous les d�voiler, mais mes vrais amis s'en r�jouiront.
� vos projets. Ils sont tr�s secrets ?
Tr�s.
Alors j'esp�re faire partie de vos vrais amis.
�tes-vous contente de votre s�jour ?
Ravie. Et puis j'apprends tellement de choses.
Vraiment ?
M. le conservateur est si coop�ratif.
Il aime les vieilles pierres et les jolies femmes.
C'est vrai ?
Je ne permets pas � mon travail d'envahir ma vie priv�e.
C'est pour cela que vous demeurez ailleurs ?
Peut-�tre.
Les Fran�ais sont bien organis�s.
Oui. Nous savons cr�er autour de nous un agr�able d�sordre.
Monsieur le marquis, votre fille ne conna�t pas notre pays.
Excusez-la. Ses �tudes, ses fian�ailles,
ne lui ont pas donn� le temps de d�couvrir le monde.
Le monde actuel.
Venise, c'est un voyage de noces.
Tr�s juste. Alors, vous nous am�nerez votre jeune femme ?
C'est B�n�dicte qui nous conduira o� elle veut aller.
Mathyas va me montrer son pays. Je ne connais pas l'Allemagne.
Notre soleil vous attend. Il brille pour tout le monde.
Vous devez exag�rer, monsieur.
- Je m'excuse. - C'�tait une boutade.
Dans mon camp, on aime mettre le soleil dans son tort.
- Vous �tes f�roce. - C'est mon seul luxe.
Il me fait froid dans le dos.
C'est un h�ros.
�videmment. �a explique bien des choses.
Vous permettez, madame ?
Allons, viens dans le jardin.
Tu sais bien que j'aimerais, mais pas ce soir.
Tu deviens snob, Mathyas.
Non, mais ton p�re a besoin de moi.
Vous allez encore refaire le monde.
- Ton p�re est un grand savant. - Un r�veur.
�a te d�pla�t qu'il me consid�re d�j� comme son fils ?
Oui. Depuis que je t'ai amen� ici, tu n'es plus le m�me.
Mathyas, tu me caches quelque chose.
Mais non. C'est maintenant toi qui r�ves.
Je te rejoins le plus vite possible.
C'est bon, l'amour. C'est sain.
- Cigare ? - Merci, avec joie.
- Madame ? - Non.
Merci.
Madame, je suis s�r que vous connaissez Venise.
Naturellement.
J'ai d�j� �t� mari�e... quelques fois.
Toutes les chambres se ressemblent.
� part le petit d�jeuner. Et encore...
Vous n'aimez pas les Italiens.
- Je pr�f�re les Fran�ais. - Merci.
Pas tous.
Je l'esp�re bien.
Peu d'hommes osent se vanter d'�tre f�roces.
- C'�tait une plaisanterie. - Je ne crois pas.
- On conna�t votre pass�. - C'est l'avenir qui est int�ressant.
Un seul avenir est possible. Celui que nous ferons ensemble.
Flatt� de votre confiance.
Cher ami, Mme Murger, dans le cadre de son voyage d'�tudes,
souhaiterait voir mon installation son et lumi�re.
- Si vous permettez... - J'allais vous en prier.
Montrez vos travaux.
Excusez-moi de ne pas vous accompagner.
Je vous remercie.
Cette charmante Allemande obtient tout ce qu'elle veut du conservateur.
Il est dispos� � lui montrer tous ses talents.
C'est un exhibitionniste.
Et si c'�tait le seul qui n'ait rien � cacher ?
Nous voulions �tre seuls, l'amour lui-m�me est notre complice.
"L'amour" !
C'est le seul mot qu'on ait trouv� pour d�signer ce sentiment.
Voulez-vous me suivre ? Nous serons plus tranquilles.
Messieurs...
J'ai une nouvelle importante � vous annoncer.
Nos amis sont arriv�s cette nuit.
Voici Henrich von Moersch,
qui a �t� charg� de prendre contact avec nous.
C'est une �tape. Bient�t, nous pourrons agir.
Ce n'est rien. M. le conservateur cr�e l'ambiance.
Les jeunes ont besoin de grands moyens pour d�clarer leur flamme.
- Et l�, on ne visite pas ? - Non.
�a fait partie du domaine priv� du marquis.
Que fait-il ?
Rien. Il est de l'Acad�mie fran�aise.
Il �crit ?
Des bricoles. Des ouvrages politiques. Il pense, surtout.
Vous n'�tes jamais rentr� dans la tour ?
Il a fait condamner les entr�es.
On ne peut pas y p�n�trer ?
Le ch�teau communique avec la tour par les souterrains.
Toute cette terrasse qui domine la rivi�re est creuse.
On a recouvert les ruines.
Il y a des entr�es de souterrains un peu partout dans les remparts.
J'ai dans mes archives tous les vieux plans du ch�teau.
- Vous me les montrerez ? - Chez moi.
On n'aura jamais le temps de tout faire.
N'oubliez pas, messieurs...
Adolf Hitler, dans sa sagesse, disait :
"Je ne cherche pas � attirer la grande masse.
"Ce que nous devons �tre, c'est une minorit� agissante.
"Une minorit� historique. Dans notre combat, il y a 2 choses possibles.
"Ou bien l'ennemi passera sur nos corps,
"ou bien nous passerons sur le sien."
Cher Adolf !
Le commandant nous am�ne le mouvement Patrie et Libert�,
dont il est le vivant symbole.
Vittorio Prozzi est le responsable du n�ofascisme italien.
Ce n'est qu'une poign�e d'hommes.
Les bolcheviks n'�taient pas plus nombreux.
Nous non plus, pour la marche sur Rome.
Une partie de la jeunesse allemande nous suivra.
Il faut l'inventer.
Erreur !
Chez nous, les r�volutions se font s�rieusement.
Nous n'avons pas besoin de l'inventer.
Adolf Goerman sera avec nous.
Il est mort � la prise de Berlin.
- Disparu, en tout cas. - Oui, bien s�r.
Adolf Goerman, alors chef des jeunesses hitl�riennes,
a r�ussi � s'enfuir de la chancellerie
au moment-m�me o� les Russes y entraient.
Il a pu rejoindre un refuge en Bavi�re, puis l'Espagne
et l'Am�rique du Sud.
Depuis quinze ans, il a �t� signal� partout,
mais il n'y a jamais eu de preuve de son existence.
Beaucoup d'hommes sont morts pour prot�ger sa retraite.
Mais lui est bien vivant et il est pr�t � se joindre � nous.
Enfin une bonne nouvelle.
Il est certain que... avec Goerman...
Mais o� est-il ?
Ici.
Il est arriv� hier soir, venant de Barcelone.
Henrich von Moersch, chef de sa garde personnelle,
peut vous le confirmer.
Cela n'a pas �t� sans mal.
On nous a suivis jusqu'ici.
Mais nous avons �limin� le dernier maillon de la cha�ne.
- Vous �tes s�r ? - Il ne parlera plus jamais.
Qui �tait-ce ?
Un Russe, un Fran�ais, un Anglais,
un agent de Bonn ou d'Isra�l. �a change quoi ?
Ou l'ennemi passera sur nos cadavres ou on passera sur le sien.
Accidenti ! La luce.
Il recommence.
L'heure est venue.
Demain, nous allons pouvoir r�aliser la grande Europe.
Nous sauverons la civilisation occidentale malgr� elle.
Demain, nous b�tirons un monde nouveau.
Un ordre nouveau.
C'est merveilleux !
Chez moi, j'ai tout. La st�r�ophonie, la haute-fid�lit�.
- J'aime beaucoup la musique. - Ah, Wagner !
Bach !
Oh oui, Bach ! C'est sublime, Bach !
- Aimez-vous Brahms ? - Mais oui !
�a aussi, c'est de la haute-fid�lit�.
C'est dommage que vous couchiez au ch�teau.
J'ignorais que M. le conservateur �tait si joli gar�on.
Et qu'il embrasserait si bien.
Petit Fran�ais irrespectueux !
Oui, laissez-moi vous manquer de respect !
Pas ici. Demain, chez vous.
Pourquoi remettre � demain ?
Depuis la prise de Berlin, d�s que je fais l'amour en plein air,
j'ai l'impression d'�tre viol�e. Et c'est rat�.
Puisque Goerman est l�, mettons ces choses au point avec lui.
- Oui, c'est un manque de confiance. - Non. C'est une derni�re pr�caution.
Quand je lui aurai rendu compte de cet entretien,
il vous recevra sans doute.
C'est indispensable. Il faut agir vite.
Les autres vont revenir maintenant.
Il nous faut nous s�parer. Passons de l'autre c�t�, voulez-vous ?
Laissez-les partir et venez me rejoindre.
- Que se passe-t-il ? - Il y a un tra�tre parmi nous.
- Il faut agir vite. - Un tra�tre ?
Le ver est d�j� dans le fruit.
Charmante soir�e.
Le marquis a de tr�s saines id�es politiques.
Vous savez, moi, la politique, je lui pr�f�re l'architecture romane.
Je vous croyais un penchant pour les �changes culturels.
- Voyons, commandant... - C'�tait une finesse.
- J'ai � te parler ! - Non.
- Fiche-moi la paix ! - Tu n'as pas honte ?
- Moi ? Pas du tout. Et de quoi ? - De nous.
�coute, tu vas aller te coucher bien gentiment.
- Ce que tu peux �tre moche ! - Oh l� l� !
- Pardon. - C'est moi.
Les aveugles ont l'ou�e fine.
- C'est votre secr�taire, je crois. - Oui. Qu'ont-elles apr�s moi ?
Vous leur plaisez, peut-�tre.
Je suis trop faible avec les femmes.
- � Vilemaur, elle �tait seule. - Vous aussi.
Voil�. Elle devrait comprendre.
Elle a l'air d'avoir compris.
On est trop bons pour le petit personnel.
- C'est quoi ? - Des coups de feu. Retournons.
- Il faudrait alerter la police. - Vous croyez � la police ?
- C'est peut-�tre un suicide. - Non, il n'aurait pas...
�a doit �tre un braconnier.
D'abord, ils ont ferm� la porte.
Vous �tes fatigu�. Je vous d�pose. Et je viendrai voir si c'est calme.
Vous �tes tr�s aimable. Pas d'imprudence.
Attrapez-le !
Nous le tenons.
- Ils vont le tuer ! - Mais tais-toi donc.
Ils vont le tuer.
Qu'est-ce qui se passe ?
Rien. Enfin, un incident regrettable. Nous avons surpris un r�deur.
On a tir� pour l'effrayer.
Mais c'est B�n�dicte qui a eu le plus peur.
Tu es rassur�e, ma ch�rie ?
Oui, je vais beaucoup mieux.
Je vous demanderai de veiller un peu sur elle.
Le temps de m'assurer que tout va bien.
Bien s�r, comptez sur moi. Venez, B�n�dicte.
Touch�.
Nous le tenons.
C'est plein de trous et de courants d'air, ici.
N'ayez pas peur. Ne dites rien.
Je me suis perdu. Vous connaissez tous les passages.
Faites-moi sortir sans qu'on me voie.
Si je suis d�couvert, vous n'aurez que des ennuis.
Allons-y.
- C'est pas ma soir�e. - Pourquoi ?
M. le conservateur a fait faux bond ?
Il y a deux ans, � Barcelone,
ce salopard �tait d�j� sur la piste de Goerman.
Il ne savait pas que je l'avais rep�r�.
- On l'a perdu. - Cherchez-le.
Il y en a marre !
Nous ne sommes pas assez nombreux.
- On se dissimule facilement, ici. - Je voulais pas le rater.
Monsieur, la secr�taire a disparu aussi.
Personne mieux qu'elle ne conna�t cette aile du ch�teau.
Il n'y a que dans le parc que nous puissions les arr�ter.
Allons-y !
On est dans les douves. Vous allez vous d�brouiller seul.
Rien � dire � B�n�dicte ?
Ce serait trop long � vous expliquer.
Il ne doit pas sortir vivant d'ici.
Il a compris.
La petite non plus. Je ne veux pas de t�moin.
Ne vous inqui�tez pas.
Ne me laissez pas, je vous en supplie.
Viens.
�a, mon pote, �a me rappelle quand j'�tais dans la DCA.
Tiens, le voil� !
- Bonsoir, monsieur le conservateur. - Bonsoir, mon commandant.
- Bonne soir�e, commandant ? - Int�ressante, mais longue.
Je me suis fait un cassoulet.
J'ai rencontr� un personnage peu sympathique.
Vous ne pr�f�reriez pas un cerceau ?
C'est tr�s s�rieux. � Gen�ve, le gars qu'ils ont eu
avec une fl�chette empoisonn�e, c'�tait bien trouv�.
Je me perfectionne.
Et puis ici, je m'emmerde.
On est sur une voie de garage. On perd notre jeunesse.
Vous m'avez dit �a en Irak.
Le roi a �t� �ventr� et le pays mis � sac.
C'�tait le bon temps.
Ils ont fait �a pour vous �gayer.
Vilemaur et ses gars font pas le poids.
Trochu, vous n'�tes qu'un primaire.
Possible, mais j'ai du pif.
Et vous ne sentez pas tous les agents secrets �trangers autour du ch�teau ?
On est des mouches. D�s qu'il y a un sucre, �a rapplique.
Le sucre est de taille : Adolf Goerman.
- Il est mort. - Au ch�teau.
- Vous l'avez vu ? - Je suis un espion aveugle...
Quand le patron a des id�es !
Un ancien combattant s�rieux. �a inspire confiance.
Il y a eu bagarre au ch�teau.
- Qui ? - M�rignac n'est pas curieux.
- On va voir ? - C'est trop risqu�.
J'ai la confiance du marquis, je veux la conserver.
La barbe !
Enfin...
Monique, ici ? Mais tu es folle !
�a va pas ?
La police ! La police...
Non, pas la police...
Mademoiselle... Ici le 18. Je voudrais le 11.
Me faire �a � moi ! Quand m�me...
Oui, commandant Dromard ?
Vous n'auriez pas d� faire �a.
- Je suis innocent. - Il faut le prouver.
On l'est tous. Il suffit d'�tre de m�chante humeur.
- Je vous donne ma parole d'honneur. - Alors M�rignac, je vous crois.
Nous allons voir le procureur.
Faites vite, je vous attends.
- Vous n'avez touch� � rien ? - Non.
- Vous n'avez touch� � rien ? - Non.
Elle n'avait pas d'autres v�tements ?
Non. C'est bizarre, n'est-ce pas ?
Vous n'avez vu personne ?
Vous n'avez vu personne ?
Non. Cette malheureuse s'est effondr�e, elle �tait morte.
On va me suspecter ?
Je le crains.
Mais enfin, je l'aimais, cette petite.
Vous couchiez avec elle.
Circonstance d�favorable, mais je vous suis tout acquis.
Le procureur est intelligent, on lui expliquera. Je le convaincrai.
Comment vous remercier ?
Je venais de vous quitter. Vous m'aviez sembl� compr�hensif.
- J'ai fait appel � vous en premier. - Le plus dur reste � faire.
- Je tenais � vous le dire. - Vous me remercierez plus tard.
Bien, monsieur le procureur. Tr�s bien, monsieur le procureur.
J'envoie un inspecteur enqu�ter au ch�teau.
Oui, je m'occupe moi-m�me de M. de M�rignac.
C'est �a... Avec tous les �gards dus � sa position dans le pays.
Tranquillisez-vous.
Je n'ignore pas que M. de M�rignac est de vos amis.
Au revoir, monsieur le procureur.
On va s'occuper de M. le conservateur.
Mlle Abadi logeait dans les locaux r�serv�s au conservateur.
Celui-ci en disposait � son gr�.
Vous avez r�cemment chang� tout votre personnel.
Une partie seulement. Celle qui demeure au ch�teau.
Et l� non plus, aucune relation possible
avec Mlle Abadi ?
Pas que je sache.
Les autres habitants du ch�teau ?
J'avais des invit�s. Un homme d'affaires italien
et une architecte allemande que M�rignac m'a demand� d'accueillir.
Elle est en France pour �tudier nos installations son et lumi�re.
Nous sommes encore les plus forts dans ce domaine.
Adolf Hitler l'avait bien dit : "La France sera un Luna Park."
Et puis il y avait votre fille et votre futur gendre.
C'est cela, oui. Mon futur gendre s'est absent� pour quelque temps.
C'est vous qui avez recouvert le corps ?
Pourquoi ?
- Vous n'avez touch� � rien ? - Non, monsieur le commissaire.
Et l'arme du crime ?
Je n'y ai pas touch�. Elle est rest�e plant�e dans son dos.
Personne n'est entr� ?
Non, monsieur le commissaire. J'avais ferm� � cl�.
O� avez-vous mis l'arme du crime ?
Enfin, je... Je comprends pas.
- Goulet ! - Oui, monsieur le commissaire ?
- Passez l'appartement au peigne fin. - Bien, monsieur le commissaire.
Vous pr�tendez que le couteau est rest� dans la blessure ?
Mais enfin ! Le commandant l'a vu comme moi.
Pardon. Je sais plus ce que je dis.
Comment expliquez-vous la disparition de ce couteau ?
- C'est impossible. - Oui.
L'assassin est revenu quand on �tait chez le procureur.
Impossible. La porte n'a pas �t� fractur�e.
Si vous voulez bien, nous allons tout reprendre depuis le d�but.
Mlle Abadi �tait votre amie, n'est-ce pas ?
Oui ou non ?
- Vous comprenez... - Non. Expliquez-vous.
Si vous le permettez, monsieur le commissaire de police,
je tiens � pr�ciser que j'ai �t� le t�moin d'une sc�ne.
M. de M�rignac ne tenait pas � prolonger cette entente.
Il voulait rompre.
Mlle Abadi l'exasp�rait.
C'est tr�s compr�hensible. Quand a eu lieu cette sc�ne ?
� notre sortie du ch�teau.
Cette nuit.
- Et apr�s ? - Il m'a reconduit chez moi.
Dans la voiture, il m'a confi� son d�sir de mettre fin � une idylle
qui le g�nait.
C'�tait une fa�on de parler.
J'avais compris.
C'est tr�s bon, tout �a.
Donc Mlle Abadi vient chez vous,
en chemise de nuit, naturellement.
Elle sonne, vous lui ouvrez, et que se passe-t-il ?
- Elle tombe morte. - Tout de suite ?
Elle est venue avec un couteau dans le dos.
C'est peut-�tre un suicide. Qu'en pensez-vous ?
C'est pas moi.
Il faut bien constater
que les circonstances vous accablent.
Si vous ne m'aviez pas donn� votre parole...
J'ai sa parole, commissaire.
- C'est important. - Ben voyons !
Mlle Abadi �tait jalouse. M. le conservateur �tait brillant.
Tr�s aimable avec les femmes.
Il avait jet� son mouchoir ailleurs. C'est une image.
Monsieur le marquis ! Ils ont arr�t� M. le conservateur.
- M�rignac ? Pourquoi ? - Il aurait tu� Mlle Monique.
Allons ! Eux qui s'embrassaient dans toutes les tours.
Voulez-vous que je vous dise ? Les policiers, c'est tous des...
Non, je vous en prie, Chauvet.
La police a des raisons que nous ne saisissons pas.
Elle arr�te un innocent, pour le bien de la soci�t�.
N�anmoins, il serait habile de supprimer temporairement
les visites publiques du ch�teau. En signe de protestation.
Monsieur le marquis...
O� allez-vous ? C'est malin, de venir ici !
- Il est l� ? - Laissez-moi lui demander.
Faux jeton ! Faux aveugle ! Faux fr�re !
Ce sera toujours pareil. Tu ne peux pas �tre r�gulier ?
- Je suis r�gulier. - Comme � Port-Sa�d.
On vous a sauv� la mise.
Juste au moment o� tu allais �tre d�shonor�e.
Vous avez fil� avec les documents que j'ai d� vous confier.
- Toute peine m�rite salaire. - Je vous fais 2 oeufs ?
Tu sais o� tu te les mets, tes oeufs ?
Oui, bien cuits.
Boris, c'est idiot de se tirer dans les pattes.
- �coute, Gretchen... - Je m'appelle pas Gretchen !
Pour un espion allemand, vous �tes susceptible.
Depuis 10 ans que vous en croquez...
Vous me cassez les pieds.
Toujours aussi b�te. Tous les deux.
Bon. Maintenant, dis-moi ce que tu viens faire ici.
M�rignac arr�t�, je n'avais plus rien � faire au ch�teau.
Tr�s juste. Mais que cherchais-tu au ch�teau ?
Une nouvelle vie. Propre, saine, vou�e � l'art.
Je cherchais Goerman. Un de nos agents �tait sur la piste.
Je devais m'introduire au ch�teau et attendre.
Depuis, plus de nouvelles.
On a retrouv� sa voiture dans la rivi�re et son corps dedans.
- Dis donc... - Oui ?
Tu crois pas M�rignac capable d'assassiner une bonne femme ?
- Non. - Pourquoi tu l'as fait arr�ter ?
Tu vois ce couteau dont tu te sers ?
Eh bien, c'est celui que j'ai retir� du corps de la victime.
La disparition de ce couteau accable M�rignac, on l'arr�te.
Si on n'avait pas trouv� un coupable tout de suite, n'importe qui,
l'enqu�te continuait, et principalement au ch�teau.
Goerman sachant la police sur les lieux ne venait pas.
Logique, non ?
- Une tartine ? - Non, merci.
Vous pourriez avoir une bonne !
La derni�re, on a juste eu le temps de lui filer ses 8 jours.
Elle salait nos tortillas avec de l'arsenic.
Pourquoi a-t-on tu� Monique Abadi ? Et qui ?
Elle a peut-�tre vu des choses qui ne la regardaient pas.
J'ai entendu des coups de feu en sortant du ch�teau.
Sais-tu sur qui on tirait ?
Non, mais tu vas me le dire.
- Mathyas. - "Mathyas".
Par exemple !
Et depuis on l'a plus revu. Parti en voyage.
- Et tu ne vois pas pourquoi ? - Pas la moindre id�e.
Tu ne sais rien. Tu ne sais pas quand arrive Goerman ?
Tu me dis bien la v�rit� ?
Parole d'honneur.
Bonjour, commandant.
J'avais � vous parler d'urgence.
- En priv�. - Trochu, laissez-nous.
- Il y avait un tra�tre parmi nous. - Pas possible.
Il y avait Mathyas. Mon propre futur gendre.
On ne peut se fier � personne.
C'�tait un agent de l'Est. Von Moersch l'a d�masqu�.
Je n'ai pas pu vous pr�venir Il y avait trop de risques.
Le ch�teau �tait plein de gendarmes. Nous n'avons pas retrouv� le corps.
Il n'a pas d� aller loin. Dans les douves ou dans un buisson.
L'arrestation de M�rignac m'a donn� plus de facilit�.
De toute fa�on, il y a deux pr�cautions � prendre.
Premi�rement, vous devez espacer vos visites au ch�teau.
Deuxi�mement, Goerman n'est plus en s�ret� chez moi.
Henrich von Moersch va l'emmener cette nuit.
Voil� qui me para�t raisonnable.
C'est cette approbation que j'attendais.
- Et Monique Abadi ? - Un incident regrettable.
Mais une pr�caution indispensable.
Pauvre M�rignac !
Je crains qu'il n'ait �t� victime d'une tragique m�prise.
Ah, c'est vous qui...
Bravo !
Il fallait trouver un coupable, rapidement.
J'ai craint aussi que la d�couverte d'une arme de chasse
n'attire les enqu�teurs vers le ch�teau.
Oui... Mais comment l'avez-vous vue ?
- Quoi donc ? - Cette arme de v�nerie ?
C'est Trochu.
Brave Trochu.
Au revoir.
Reposez-vous et attendez mes instructions.
Au revoir, Vilemaur. Merci.
Trochu.
Monsieur le marquis ?
Je veux vous remercier.
Pour le poignard ? C'est la moindre des choses.
Merci quand m�me.
La vache ! Il a essay� de nous avoir.
Le voil�. Il sort. Heureusement que j'avais entendu.
Si vous avez entendu, Gretchen...
Gretchen aussi, elle a entendu. Alors, ta parole d'honneur ?
�a m'a �chapp�.
Crapule ! Tu �tais dans le coup et tu me le cachais.
Goerman est l� et tu me le cachais ! Et von Moersch, tu m'en avais parl� ?
Pour qui vous me prenez ?
Pour celle qui � Londres nous a endormis.
Et les coordonn�es du sous-marin atomique filaient en Allemagne.
J'ai dormi avec lui.
Je vous en prie.
Goerman est peut-�tre en train de s'enfuir et nous marivaudons.
- Que peut-on faire ? - Il faut aller le chercher.
Le ch�teau est plein de recoins secrets.
Je connais une des entr�es de la partie secr�te du ch�teau.
On peut essayer.
Mais...
Comment le sais-tu ?
M�rignac.
C'�tait donc �a.
Bien s�r.
Et vous l'avez fait arr�ter juste au moment o� il allait me donner
les plans de l'ancienne partie secr�te du ch�teau.
Mais...
Je suis bonne joueuse. Je vais vous montrer l'entr�e.
Bien s�r ! Elle ne peut rien en faire seule.
- Vous, l'adjudant, �a suffit ! - Allons-y.
Mais...
pas d'imprudence.
Je ne vous accompagne que jusqu'� l'entr�e.
Ben voyons !
Elle nous enterrera tous.
Voil�, c'est l�. Bonne chance.
Vous avez lu Fantomas ?
Laissez. C'est sale.
On ne peut se fier � personne, commandant ?
Des tra�tres ! Toujours des tra�tres !
Ni aveugle, ni honn�te homme.
Vous ne sortirez pas vivants d'ici.
- Charmante perspective. - C'est �a, les guerres souterraines.
Vous ne pourrez pas vous en sortir.
Vous �tes coinc�, Dromard. Rendez-vous.
Vous nous devez quelques explications, Dromard.
- Et vite ! - Oui.
Vous nous devez quelques explications. Faites vite.
On vous veut vivant.
- Enfin ! Vivant... provisoirement ! - Il n'y pas de fuite possible.
Allez !
�a ne sert � rien, Dromard.
- Trochu. - Filez, commandant !
- O� �tes-vous ? - Filez, bon Dieu !
Filez !
- J'arrive. - Attrapez l'autre !
Attrapez-le !
Il me les faut tous les deux.
Tous les deux !
Trochu. Trochu !
Qui c'est, celui-l� ?
C'est le bras droit du commandant.
Puisque l'autre est parti, il parlera pour les deux.
Benissimo.
Pauvre Trochu ! Dans son genre, c'�tait un brave type.
N'en parle pas comme s'il �tait mort.
�a vaudrait peut-�tre mieux.
Il ne parlera pas.
�a arrangera ses affaires ?
Gretchen, il faut que je le sorte de l�.
Comment ? Si tu pr�viens les copains, ils arriveront trop tard.
Je vais alerter la police.
Tu n'auras pas l'autorisation.
Je me ris de leur autorisation.
D�cid�ment, les Fran�ais ne sont pas tr�s s�rieux.
Trochu a toujours �t� avec moi. l'Italie, l'Allemagne, l'Indochine.
L�, les services de renseignements. Il m'a sauv� la vie 10 fois, 20 fois.
L�, les services de renseignements. Il m'a sauv� la vie 10 fois, 20 fois.
Et alors ? Qu'est-ce qu'elle vaut, ta vie ? Et la sienne ?
Et alors ? Qu'est-ce qu'elle vaut, ta vie ? Et la sienne ?
Et la mienne ?
Nous sommes d�j� morts, tu le sais bien.
On efface un num�ro de matricule. Un trait sur un nom.
Vrai ou faux. Et c'est comme si nous n'avions jamais exist�.
Allons, allons.
Je te dis �a pour te consoler.
Et puis les flics ne marcheront jamais.
Ceux de Vilemaur, si.
Apr�s, je n'aurai plus besoin des autres.
Si tu pr�viens la police, Goerman va filer et nous perdrons sa piste.
Sa piste ?
Je n'ai trouv� aucune trace de lui dans les souterrains.
Et puis je prends le risque.
Moi, je veux pas le prendre.
Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Je retourne au ch�teau. - Compl�tement folle !
Non. Toi, tu es grill� chez le marquis.
Mais la charmante d�l�gu�e des Beaux-Arts de Bonn
est irr�prochable.
- Chacun pour soi. - Ils vont te d�couper en morceaux.
Le ch�teau est bourr� d'hommes.
Et les hommes... c'est ma sp�cialit�.
Tu comptes tomber le marquis ?
Peut-�tre le marquis. Peut-�tre von Moersch.
Qui sait ? Peut-�tre Goerman.
"Goerman"... "Von Moersch"...
Oui.
- Le marquis ? - Oui.
Oui, oui. Ben voyons ! N�turlich.
Soulevez-le un peu.
Il est lourd. C'est comme �a qu'on se file un tour de reins.
Mais non, mon vieux. En souplesse !
Un, deux.
Et voil� !
Quand on pense qu'ils nous obligent � employer de tels moyens !
Ce sont des criminels.
Ce sont des criminels.
Il est �vanoui. Nous n'en tirerons rien.
Laissons-lui le temps de se remettre. Il deviendra plus compr�hensif.
Croyez-moi, j'ai l'habitude.
� table !
Pas trop t�t ! J'avais faim.
Dites donc, vous pourriez m'attendre !
Rien n'est chang�. Ils ne veulent pas comprendre.
Le monde entier est contre nous.
Et je ne pense qu'� sauver ces fous.
Je les obligerai � se pencher sur les vrais probl�mes. Vous entendez ?
Le bonheur du monde.
C'est affreux. Mon p�re est en train de devenir fou.
L'homme qu'ils avaient attrap�, c'est Trochu.
Ils l'ont tortur�.
Tu es s�re que Dromard, lui, a pu filer ?
Oui, je suis s�re. Ils �taient furieux.
- Tr�s bien. - Non ! Je n'en peux plus !
Si je t'avais pas retrouv� cette nuit, tu serais mort.
- On dirait que c'est la guerre. - Mais c'est la guerre, B�n�dicte.
La guerre ne s'arr�te jamais. Elle a commenc� il y a dix mille ans.
Oui.
Pour les gens comme vous. Tous cruels, menteurs.
Toi, le premier, tu m'as menti, Mathyas.
J'ai �t� sinc�re, comme j'ai pu.
Tu t'es servi de moi pour approcher mon p�re.
Pourquoi ?
Je suis russe, alors je travaille pour la Russie. C'est normal, non ?
Tu pourrais �tre russe et �tre architecte ou m�decin.
Un Russe a dit : "Il faut de tout pour faire un monde."
C'est un proverbe de chez nous. Vous avez construit la tour Eiffel ?
�coute, B�n�dicte, on ne parle pas politique.
Embrasse-moi.
- J'aime quand tu es dans mes bras. - Comment veux-tu que je te croie ?
Tu sais, chez nous, �tre sinc�re, c'est un genre de suicide.
Et pourtant,
je t'aime... sinc�rement.
Pourquoi le dis-tu avec cet air tout triste ?
C'est un sentiment si nouveau.
Comme un mauvais signe.
Comment oses-tu parler comme �a ? Tu as peur d'�tre heureux.
Tu sais, le bonheur, je n'y ai jamais beaucoup pens�.
Il faut me donner le temps de m'y habituer.
Mathyas ! Si on partait maintenant, tous les deux ?
O� �a ? � Moscou ?
Mais non, n'importe o�. Cette nuit, tu voulais.
- Toi aussi, tu n'en pouvais plus. - C'est vrai.
Maintenant, tu vas mieux.
Il faut que j'aille voir ce type, B�n�dicte.
- Qui ? L'ami de Dromard ? - Oui.
On ne peut quand m�me pas le laisser crever.
Alors tout �a va recommencer.
M�rignac �tait pourtant un assassin des plus convenables.
L'affaire �tait en bonne voie.
Il avait �t� arr�t� dans d'excellentes conditions.
Il ne restait plus qu'� le condamner.
Je m'�tais habitu� � lui. On sympathisait.
- Que de complications ! - Il vous reste Vilemaur.
Un marquis, un acad�micien... � qui se fier ?
Je m'excuse, mais vous prenez bien tout sous votre responsabilit� ?
Ne vous inqui�tez de rien.
Elle est bien bonne. Les aveugles ne sont plus aveugles,
les innocents sont coupables, et vice-versa,
les espions courent les rues.
On tue, on torture, sans plus s'occuper de la justice.
Et je ne dois pas m'inqui�ter. C'est merveilleux.
Envoyez-moi M�rignac d�s sa lev�e d'�crou.
Rassurez-vous, je ne tiens pas � le garder, votre M�rignac.
Et puis, c'est compris ? Pas de fausse manoeuvre.
Je veux r�cup�rer l'adjudant Trochu vivant.
Et votre bouclage doit �tre total.
Ni Goerman ni personne ne doit pouvoir franchir le barrage.
� la tomb�e de la nuit, les gendarmes devront cerner le ch�teau.
Parfait. Je m'occuperai de tout.
Le risque de ridicule, la retraite anticip�e,
la r�probation g�n�rale...
Mais soyez tranquille.
Fais pas le con. En voil� des mani�res !
C'�tait juste pour te r�veiller.
D�tache-moi.
Causons un peu, d'abord.
Je suis pas tr�s � l'aise.
- Tu te d�p�ches jamais ? - �a va. Il n'y a pas le feu.
- Alors, t'es un Popof. - Et toi, un SR fran�ais.
- On ne peut rien se cacher. - J'aurais d� m'en douter.
Dromard, ancien officier, monocle.
Le 2e bureau.
Pourquoi tu as refus� de parler ?
T'aurais voulu que je leur dise quoi ? La v�rit� ?
Ou ils ne l'auraient pas crue et m'auraient tortur�,
ou ils l'auraient crue et...
Je les int�ressais plus. Il faut se mettre � leur place.
Vous voulez Goerman ?
Il para�t.
Toi aussi ?
Ouais. Henrich von Moersch m'a rep�r� le 1er.
Manque de pot. On te croyait noy�.
Je sais nager et puis la fille du marquis m'a cach�.
Ils vont pas venir te chercher l�.
Nous, on est venus � ton secours.
Si je te croyais, je serais �mu.
�coute, Popof, on est sur le m�me coup.
Jouons-la ensemble. On peut plus les avoir � la chansonnette.
Barbouzes de tous les pays, unissons-nous.
Viens voir !
- Qu'y a-t-il eu ? - C'est une explosion.
N'approchez pas trop ! Faites attention !
Il �tait arr�t� au stop, il a s�rement pas eu le temps de sortir.
�a doit �tre lui, l�. Je le vois.
C'est le r�servoir qui a d� exploser.
- Ils m'ont fait les poches. - C'�tait dur ?
Ils ne m'ont pas fait de cadeaux.
Allez !
- Que leur avez-vous racont� ? - Je les ai engueul�s.
Pour gueuler, j'ai gueul�.
Les Viets �taient bons pour l'interrogatoire.
Apr�s eux... Von Moersch, lui, a re�u une bonne �ducation.
Mais il a perdu la main.
Comment leur avez-vous �chapp� ?
Par Mathyas. Il est russe, entre parenth�ses.
Il est l�-bas. On a tenu une conf�rence au sommet.
Pas vu Goerman ?
Non. J'ai donn� ma parole au Popof qu'on irait cette nuit
Justement, on y va.
Il ne faut pas se croire oblig�s. Ma parole, j'y tiens pas tellement.
Nous sommes oblig�s. Moi, j'ai parl�.
- � qui ? - � la police.
Alors, on est grill�s.
Pourquoi avez-vous fait �a ? Pas pour moi ?
- Qu'auriez-vous fait � ma place ? - C'est pas pareil.
Ben si. Tu vois.
Et le patron, qu'est-ce qu'il va dire ?
Quoi ?
J'ai enferm� la Gretchen pour l'emp�cher de faire des b�tises.
- Elle dort peut-�tre. - Seule ? �a m'�tonnerait.
"Tu as le bonjour de Bismarck.
"Je te laisse ces quelques bricoles
"qui risquent de s'envoler. Ton Erika pour la vie."
Elle a du sentiment.
Par exemple ! Par o� est-elle sortie ?
Elle a peut-�tre saut� par la fen�tre.
Ce serait trop beau.
Salut !
Ciao !
- Elle a pris l'ascenseur. - Pour aller o� ?
- Au ch�teau. - Elle est gonfl�e, la souris !
Trop.
Beaucoup trop.
Tiens, Mme Murger !
Qu'est-ce qu'elle vient faire ici ?
Jolie femme, n'est-ce pas ?
Les jolies femmes sont dangereuses.
Je ne d�teste pas le danger.
Auriez-vous manqu� votre avion, madame ?
- Je nous le souhaite. - J'ai annul� mon d�part.
Jean, allez chercher les bagages de Mme Murger et payez son taxi.
- Mais... - Je vous en prie.
Rien de f�cheux, j'esp�re ?
Si... Une nouvelle grave
dont je voulais vous faire part.
Je vous en prie.
Quand reviendra le fianc� de votre fille, Mathyas Fischer ?
Je n'attends pas de ses nouvelles avant plusieurs jours.
- Souhaitez qu'il ne revienne pas. - Je ne comprends pas.
Quand vous m'avez pr�sent� Mathyas Fischer,
j'avais un soup�on, une impression.
Tiens, tiens... Un soup�on ?
Je me suis renseign�e aupr�s d'un de mes amis.
Et maintenant, je suis formelle.
Mathyas Fischer est un redoutable aventurier.
Il a �t� condamn� dans mon pays.
Ce serait une m�salliance pour votre famille.
Pauvre B�n�dicte !
D�sirez-vous que je lui parle ? Que je la pr�pare ?
Nous reparlerons de tout cela plus tard.
Jean va vous conduire � votre chambre.
J'ai donn� 1 F de pourboire.
- Deux. - Un.
- Deux. - Bon. 3.
Je suis si heureux de votre retour. Si, si.
Quand on vit dans la m�fiance et le doute,
quelle joie de retrouver quelqu'un � qui se fier !
Pouvoir lire � livre ouvert dans ce beau regard !
- Et alors, Dromard ? - Parfait.
- Un tr�s joli feu d'artifice. - Bravo. Merci.
C'est la moindre des choses.
Mais si ! J'aime le travail bien fait.
N'est-il pas dangereux d'introduire ici un t�moin ?
- Vous �tes m�fiant, von Moersch. - J'ai mes raisons.
Mathyas, agent de l'Est, Dromard, sans doute agent fran�ais...
Ils sont �limin�s. Une poign�e d'hommes d�cid�s
suffit � gouverner des moutons.
D'autres viendront. J'ai des responsabilit�s.
Je ne veux pas prendre de risque.
Ce soir, vous et votre pr�cieux compagnon,
gagnerez une retraite s�re.
Et vous y attendrez mes ordres sans danger.
Raison de plus pour �viter les t�moins de ce d�part.
Sauf l'Italien, tout le monde vous a trahi.
Plus on s'�l�ve, plus on est seul.
Plus on s'�l�ve, plus on est seul.
Et l�-haut, sur les sommets d'o� l'aigle prend son vol,
Et l�-haut, sur les sommets d'o� l'aigle prend son vol,
il y a fort peu d'hommes sup�rieurs.
Mais je ne vous emp�che pas de prendre vos pr�cautions.
- Je vous en donne m�me l'ordre. - Alors comme �a, c'est d'accord.
M�me pour Mme Murger ?
Mais voyons, m�me pour elle.
- Tu es s�r que Dromard est mort ? - Oui. Il faudrait un miracle.
- Bon. Alors tu y retournes. - Pour quoi faire ?
Voir s'il n'y pas eu de miracle. Je ne veux pas de t�moin.
- Qu'est-ce qu'on parie ? - Ta peau.
- Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? - Les bagages.
On liquide les t�moins et on file.
- On emm�ne le marquis ? - Non.
Lui, il veut rester seul sur les sommets.
- Comment ? - C'est pas grave.
D�s que j'ai eu toutes les preuves en main, je vous ai fait lib�rer.
Il �tait temps. J'allais douter de la justice de mon pays.
Mais non, il faut pas !
Versez-lui � boire.
- Non, pas trop ! - C'est que de l'alcool.
J'ai cru que vous me trahissiez. Mais en prison, j'ai tout compris.
- Encore un petit coup. - Si, si.
L'affaire du courrier de Lyon, Monte-Cristo, Jean Valjean,
le duc d'Enghien, ils �taient tous l� dans ma cellule.
Ils pleuraient.
Remettez-vous.
Ce ne sont que de petites erreurs.
Je sais bien qu'on a toujours l'espoir d'�tre r�habilit�, mais...
Et le marquis...
Est un criminel.
Un homme si riche...
Incroyable ! Et puis tout...
Votre mission, votre c�cit�, toute cette conspiration...
Nous avons besoin de vous.
Tous ces �v�nements, �a m'a un peu d�courag�.
Mlle Erika Murger est entre leurs mains.
Mais il faut porter plainte, la d�livrer !
Il a compris.
La police intervient ce soir.
Pourquoi si tard ?
Ils ne fuiront pas avant la nuit. D'autre part, ils peuvent la tuer.
En nous voyant arriver. Notre progression doit �tre discr�te.
Il nous faudrait les plans de la partie secr�te du ch�teau.
- Je les ai. Je vais les chercher. - Nous venons.
Alors, on se quitte plus.
Erika Murger, ils l'ont enlev�e sous nos yeux. N'est-ce pas ?
Il faut dire que votre arrestation l'avait beaucoup affect�e.
Pauvre petite !
Elle criait : "Hubert !"
- Trochu ! - Mon commandant ?
Le comit� de vigilance est en bas.
Celui-l�, je le veux.
Vous avez r�cup�r� ?
Rien que de le voir.
Sortez par l'escalier de service.
"L'escalier" ? Ah oui !
Elle a de bonnes id�es, la Gretchen.
Ce ne sera pas long.
Comment �a va, la sant� ?
Pas fort.
Viens, on va te soigner.
- Quel �tage ? - Salaud !
Il aurait pas d� faire �a.
Personne d'autre ?
Juste ce tordu. On le liquide ?
Mais vous n'allez quand m�me pas tuer un homme de sang-froid ?
S'il faut se f�cher...
- Ils vont filer. - On a cri� !
- C'est rien. Allons-y. - C'est par l�.
Il faut d�marrer tout de suite.
Vous �tes s�r ?
- J'envoie tout ? - Oui.
- La musique ? - On pr�vient Dromard.
- Pr�t ? - Moi, oui.
Feu !
Et Wagner ? Maintenant !
Il faut que l'ampli chauffe.
Vite, nom d'un chien !
�a y est.
J'�tais s�r qu'ils se d�cideraient.
Quand j'ai pas vu revenir Raymond...
Et puis c'est pas son genre de rentrer tard...
Il est impossible de partir avec la voiture.
L�, nous sommes cern�s.
Par les souterrains et les ruines, vous pourrez franchir les barrages.
Et moi ?
Certains morts servent mieux la cause que des survivants.
Goerman seul compte.
On prot�gera leur retraite
et on effacera traces et t�moignages.
Allons, allons. Du courage.
Mme Murger a �t� enferm�e.
Elle vous tiendra compagnie.
Il nous manquait une h�ro�ne, nous l'avons.
Et si on se rendait ?
On risque un peu d'indignit� nationale, mais enfin...
nous pouvons apr�s reprendre la lutte.
Non. Une chose doit nous survivre :
Notre id�e, notre id�al. Notre embl�me.
C'est sur le sang que flotte un drapeau.
On est cuits. Toutes les issues doivent �tre gard�es.
Lui seul peut nous en sortir par les souterrains.
De toute fa�on, pour nous, pas question d'�tre pris.
Bon.
Tu les retardes et tu nous rejoins.
T'en fais pas. Je vais m'en payer.
- Il faut y aller. - On n'avait pas pr�vu �a.
- Il faut savoir improviser. - Alors en route.
La honte. La r�probation universelle.
Nous allons � un d�sastre.
Sil ne se passe rien, que dira-t-on au marquis ?
On l'inculpera d'assassinat.
- Vous avez le mot pour rire. - Pr�cis�ment, je ne ris pas.
- Il y a une femme en danger. - "Une femme" ?
Oh l� l�, quelle aventure !
Commandant ! Ils allaient filer. J'ai d� tout d�clencher.
On les a surpris. Faites-moi venir le commissaire de police.
Moi aussi, je veux Goerman. D'accord ?
D'accord. Nous ferons les comptes apr�s.
On m'avait dit qu'il �tait mort, lui. Vous aussi.
On vous expliquera plus tard.
Mathyas, avez-vous vu Erika Murger ?
Non, Dromard. Il n'y a plus personne dans les �tages.
Ils ont d� l'emmener. Il est encore temps.
Venez.
Non, arr�tez-vous.
- Allons... - N'avancez pas.
Vus d�fendez Goerman, un assassin, un criminel de guerre.
Fichez-moi la paix. J'avais 4 ans, quand elle s'est finie.
Je d�fends mon p�re.
Je ne veux pas que Mathyas aille dans les ruines. On le tuera.
Vous autres avec vos histoires de gamine.
- Soyez prudent. Elle tirerait. - Et alors ?
Non, B�n�dicte !
Exaltant, non ?
Tenez, commissaire. Mettez-la en �tat d'arrestation.
Mlle B�n�dicte ? Sous quel motif ?
Menaces de mort. �a saute aux yeux.
- Qu'y a-t-il l� derri�re ? - Une des entr�es du souterrain.
Il se passe des choses. Rassur� ?
On ne me tire pas dessus.
Tiens, tiens.
- C'�taient des coups de feu ? - Un pneu crev�, imb�cile !
Allez, embraquez-moi �a.
Dromard, les plans de M�rignac.
Je vais lui dire deux mots, au marquis.
Les issues sont bloqu�es. Nous allons les d�loger.
Les souterrains m�nent � la tour, aux ruines, aux communs.
Je vous pr�viens que �a va �tre difficile et dangereux.
Et alors ?
Allez-y. Il est l�-haut.
On a cherch� partout, il n'y a plus personne.
Il y a peut-�tre une autre issue.
Par l�, on va aux communs. Un seul et minces espoir.
Dans les ruines, � part les deux, il n'y a plus rien.
Ne tirez pas !
Ne tirez pas !
- Qui est ce monsieur ? - Prozzi.
Jamais entendu parler de lui. On ne me dit jamais rien.
Je suis au courant de rien.
Goerman, descendez !
Vous m'entendez, Goerman ? Rendez-vous !
Le marquis ?
Goerman, c'�tait le marquis ?
Non. Non, pas possible.
Erika.
C'�tait lui ou c'�tait moi.
Elle a pas d� trop h�siter.
Allez r�cup�rer von Moersch.
Que faisais-tu l�-haut ?
C'est ce fou qui m'avait enferm�e l�.
Et l�, il a essay� de m'�trangler.
C'est tout.
J'ai vraiment eu peur.
Enfin !
D�sol�. J'aurais fort aim� vous l'avoir vivant.
Goerman, il est mort en 1945.
� Berlin.
� la chancellerie, avec Hitler.
C'est moi-m�me qui ai jet� l'essence sur le corps
et qui ai mis le feu.
Depuis seize ans, on le recherche.
Pourquoi avoir entretenu sa l�gende ?
En tant que repr�sentant de Goerman, j'�tais quelqu'un.
Au d�but, j'ai cru que la lutte pouvait continuer.
Apr�s, j'ai �t� traqu� par les commandos isra�liens.
Il a fallu simplement survivre.
Alors des pauvres fous comme le marquis m'ont aid�.
Il y croyait, � sa r�volution.
Vous, vous �tes un soldat, Dromard.
Je vous donnerai la liste de ses correspondants dans le monde.
Ils sont plus nombreux que vous croyez.
Mais tous, comme le marquis, des amateurs.
Goerman, lui, c'�tait quelqu'un.
Et puis c'�tait le bon temps.
Et si von Moersch mentait ? Si Goerman �tait venu au ch�teau
et nous avait �chapp� ? Le marquis l'a vu ?
On ne saura pas. Le marquis est mort. Quant � von Moersch,
il jurera que Goerman a br�l� � Berlin.
Qui a tu� le marquis ?
Moi.
L�gitime d�fense...
Il tentait de m'�trangler.
Moi, je veux bien. Et vous, vous n'avez rien vu ?
J'�tais �vanouie.
Ben voyons !
Et le Popof ?
Je l'ai fait transporter au ch�teau.
Le marquis est mort.
Vous m'avez fait peur.
�a ne vous fait rien ?
Vous me dites �a quand tout est fini.
J'avais demand� qu'on m'attende !
Tu me jures qu'on n'aura plus de secrets ?
Parole d'honneur.
�a, je ne le verrai pas.
Ah non !
Il faut pas vous formaliser, mon vieux.
Laissez-moi vous dire une bonne chose.
On n'est pas des gens fr�quentables.
Sous-titrage : Isabel Fournier
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.