All language subtitles for Futures vedettes (1955)1h36 (Comedie Drame) (Jean Marais, Brigitte Bardot, Isabelle Pia, Yves Robert) VFF

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Original subtitles

On va ĂŞtre en retard maintenant.

On va ĂŞtre en retard pour la danse. Va lui dire.

Moi, je n 'ai pas peur.

Maître, on va être en retard. Les choristes peuvent s 'en aller.

Les choristes, vous pouvez partir.

Je les dois geler, je ne vais pas pouvoir jouer mes notes. Bon courage, Ă 

l 'heure.

Oui.

Eh non, mes petits enfants, mais non, mais non, je ne sais rien du tout, je ne

sais rien du tout, je ne peux rien vous dire. Les résultats, les résultats à

midi, pas avant midi. Voilà M. Eric Carter, M. le premier ténor, M. le

directeur.

Classe d 'ensemble, l 'histoire de la musique, harmonie, piano, escrime, c

trop. C 'est beaucoup trop. Je sais, je sais, mon cher ami. Les programmes sont

très chargés.

Mais moi, je dis qu 'un élève, c 'est comme une bouteille sans entonnoir.

À force d 'en verser à côté, on finit par la remplir. Ce n 'est pas si simple.

Nos élèves n 'ont pas le temps de vivre.

Oh ! Vous vous ĂŞtes fait mal ? Oh non.

Vous voyez, vous voyez, trop de travail.

Vous les affolez, ces petites.

Vous les affolez.

Ça va, elles rient quand même.

Rendez -moi mon maillot. Mais c 'est pas moi.

Oh, quelle boîte ! C 'est la bande d 'Ali Baba.

Prends la danse, par ici.

Demande Ă  Madeleine.

C 'est toi qui t 'as pris mon maillot ? Non, tu peux me fouiller.

C 'est ta sœur qui l 'a fait.

Je te dis que depuis sa naissance, elle arrĂŞte pas de me voler mes affaires.

Qu 'est -ce que je vais lui passer ? Mon

maillot. Tiens, je croyais

que c 'était le mien. Rends -le -moi.

On m 'y attend, le cours finit dans deux minutes. Rends -le -moi. Marion, tu as

fini de troubler la leçon ? Tu ferais mieux d 'aller te mettre en tenue.

Allez, immédiatement.

Très bien.

C 'est exactement ce que je pensais.

C 'est très extraordinaire, à ton âge, d 'enregistrer une pareille intelligence

des textes.

Tu as un phrasé comme j 'en ai rarement entendu.

Et alors, tu devrais faire attention Ă  certaines choses techniques.

Par exemple, tu ne prends pas ton clavier suffisamment profondément.

Oui, je sais.

Mais dès que j 'ai les doigts sur le piano, je me laisse emporter par la

et je ne pense mĂŞme plus Ă  travailler.

Quand on a les qualités que tu as, on ne doit pas faire ça. Toi, tu ne dois pas

le faire. Oui, mais... Merci, maître.

Alors, qu 'est -ce que tu m 'as travaillé ? Les danses de cheveux.

Très jolie idée.

Fatiguée ? Un peu. Tiens, croque, il y a des vitamines.

Tu le trouves vraiment beau ? Un peu grisonnant, peut -être. Puis il paraît

'il est innocent.

Oh non, quel horreur ! Tu comprends, toi, pourquoi toutes les femmes sont

amoureuses de lui ? Oui.

Et toi ? Moi, oui.

Mais non, mais non, c 'est ridicule. Chantez dans le temps original.

Bien, maître. Et puisque vous êtes là, faites -moi quelques arpèges.

Bien, maître.

Petit doum, tu sais pas ce que j 'ai appris sur le maître ? Qui ? Éric Walter

Oui, Éric.

Eh bien, je sais pourquoi sa femme l 'a quitté. Il la battait. Non. Oui ? Avec

quoi ? Ah, ça, je ne sais pas.

Avec sa ceinture, peut -ĂŞtre.

Avec sa ceinture, sûrement.

Quel homme !

Il faut soutenir dans l 'aigu, soutenir.

Bon.

Alors, qu 'est -ce qui commence aujourd 'hui ? Monsieur Prologue, qu 'est -ce

que vous allez nous donner ? J 'ai préparé le prologue de Payas.

Encore, on commence à le connaître par cœur.

Il fallait lui dire de passer tout juste Ă  la fin. Tu vas voir.

Ah, merci.

Nous le savons. Passe tout de suite, hein. Tu sais.

Monsieur.

Monsieur. Monsieur.

Monsieur.

Monsieur.

Monsieur.

Monsieur.

Monsieur.

Mais non, pas...

Tiens, alors, vas -y. Vas -y.

Bon,

bon, sympa. On parle tout de suite Ă  la fin, tu sais.

Tu sais.

Tu vois ? Allez.

Mademoiselle Pascal ? Non, non, non, je ne peux pas aujourd 'hui, maître. Je l

'ai dérhumé ? Non, maître, mais j 'ai de la congestion ici.

Ça me dure depuis huit jours.

Vous n 'allez pas sortir ? Bon, mademoiselle Lucas.

Monstre ! Comment tu as tué Archer ? Mais tu vas avaler ton bras ! Pauvre

Barthes ! S 'il t 'entendait, il se retournerait dans sa tombe. Un chasseur

C 'est toi qui as joué à la porte simulaire ? Oui.

Je t 'ai reconnu. À quoi ? Tu joues comme tu embrasses.

Embrasse -moi.

Mais on pourrait nous voir.

J 'ai dit embrasse -moi.

Froussard, j 'ai eu le froid dans le dos.

Oui. Alors embrasse -moi.

C 'est très bien. Tu peux partir maintenant.

Est -ce que tu es gentil ? Au revoir. Au revoir.

Ă€ ce soir, n 'oublie pas.

C 'est la mĂŞme chose.

Ce qu 'il y a de plus fâcheux, c 'est qu 'elle est devenue célèbre, elle aussi.

Deveu d 'être dans un ménage, c 'est trop.

Enfin, si vous êtes sûr que c 'est urgent, vous pouvez risquer le coup.

Non, sûr, non, je ne suis pas sûr.

Ouvrez -le.

C 'est déjà fait.

VoilĂ , elle dit, il y a besoin de te voir, Marie.

Oui, mais c 'est bon ou mauvais, ça ? C 'est un peu court pour se faire une

idée.

Il faudrait peut -ĂŞtre mieux attendre la fin du cours, il n 'y en a plus pour

longtemps. C 'est plus prudent.

Prends ton temps pour respirer. Attention, n 'oublie pas que tu es sur

et que ta voix doit porter jusqu 'au poulailler.

La beauté d 'une voix, c 'est qu 'elle remplit seule une scène immense.

Une note devrait suspendre la respiration de 3000 personnes.

Allez, vas -y, continue.

Tu vois, quand le médium est bien placé, les gus sont tout seuls. Je suis

content, c 'est pas mal.

Mais ne te presse pas.

Prends ton temps pour respirer, tu bouscules.

Je m 'essouffle un peu.

Vas -y, respire.

Tu vois, tu respires mal, je te l 'ai pourtant déjà dit.

Ne respire pas par le haut, respire par le bas.

Là, dans la boucle de ta ceinture. Oui, maître.

Et puis tu devrais faire un peu de gymnastique tous les matins pour te

ici.

Je vais te développer ta cachetard, assis.

Oui, maître.

Tu peux retourner Ă  ta place.

Pas mal.

Mademoiselle Peterkin.

Très bonne, la taille.

Non, ça va, ça va. Merci.

Pardon. Non, j 'aime pas ton mabille.

Au revoir, maître. Au revoir.

Au revoir, maître. Au revoir, maître.

Au revoir.

Je ne l 'avais jamais réellement remarqué, cette Sophie du Matère.

T 'as vu sa bouche ? Enfantine.

Les règlements sensés.

Tu as de la chance.

Moi, il ne m 'a même pas écoutée. Il t 'écoutera la prochaine fois.

Couvrez -vous.

Vous allez vous enrhumer.

Encore deux jours avant le prochain cours.

C 'est une éternité.

Tu es encore plus folle de lui que moi.

Oui, je suis folle.

Folle et heureuse.

Heureuse.

Tu es idiote, mais tu me fais du bien.

Vous avez des sons particulières ce soir ? Oui, un son de l 'affaire de Munich.

Tiens, berger, qu 'est -ce qu 'il y a ?

Pardon, monsieur, un télégramme urgent.

Qu 'est -ce que c 'est, un soulevement ? On affiche les noms des élèves désignés

pour la représentation annuelle du conservatoire.

Mauvaise nouvelle ? Je ne sais pas.

Oh, ça y est, vive Rudi ! Et toi, tu es prise ? Oh, j 'ai oublié de regarder.

Tu n 'es pas trop triste de ne pas avoir été choisie ? Un peu, mais tu es prise,

ça me console.

C 'est bien ce que je pensais.

Elle a été chercher la bonne nouvelle dans le lit d 'Éric. Qu 'est -ce qu 'on

est allé chercher dans le lit d 'Éric ? On ne l 'explique plus, elle me fatigue.

Érica, tu sais bien comment se font les enfants.

Oui, en se mariant. Une sainte mitouche, une vraie sainte mitouche. Fais -moi

plaisir, entre dans la première librairie que tu verras. Demande l

expurgée du rapport Kingsley.

Érica, oui, je viens.

Papa voudrait que tu viennes poser tout Ă  l 'heure. Tu peux ? Tu penses ? Merci,

Elise, tu es chic.

Je déjeune à la cantine, je viendrai après. Bon.

Tu viens travailler à la maison cet après -midi ? Bon, d 'accord, à tout à l

'heure. Vique, pour nous, ça sera trois petits salés, deux escalopes. Je vais

chercher les boissons.

Et du pain aussi.

Aujourd 'hui, c 'est moi qui t 'invite. Tu es riche. Elise m 'a trouvé du

travail. Tu poses pour ton père, c 'est un sculpteur, tu comprends ? Tu poses

toute nue ? Au moins, ça m 'est égal.

Mais lui préfère que je pose en collant pour retrouver la forme pure.

Et tu sais, il y a une drôle d 'atmosphère dans cette

maison. Rien ne se passe normalement.

Cet homme qui n 'ouvre jamais la bouche, qui recherche la forme pure.

Et cette femme clue au lit depuis deux ans, c 'est pas drĂ´le pour Elis.

Qu 'est -ce qu 'elle a, sa mère ? Elle est condamnée par les médecins.

Elise lui fait des piqures de morphine pour l 'empĂŞcher de souffrir.

Il ne s 'est pas interrompu aujourd 'hui.

Tu veux que j 'aille le chercher ?

Merci. Vous allez déjeuner, n 'est -ce pas ?

Le

voilĂ .

Alors ? Comment est -elle ? Pas très bien.

Vieux fait sa piquée.

Oui.

Elle veut te voir.

Oui ? Non, je ne peux pas.

Elle essaie de lui expliquer. Elle a déjà compris.

Oui, n 'est -ce pas ? Si je vais près d 'elle, ensuite je ne peux plus

travailler.

Walter ! Eric ! Mais c 'est incroyable de te voir ici. Qu 'est -ce qui t 'a

? Voyons, Marie, c 'est toi qui m 'as télégraphé. Oh mon Dieu, c 'est vrai, j

'avais complètement oublié.

Alors, on envoie des télégrammes en cachette maintenant.

Hier, après la répétition, j 'ai eu un accident, tu sais, au partage, au toit

cruel. Plus une note, ma voix était complètement brisée.

Citronnade chaude, pulvérisation, rien n 'y faisait, prise de panique. Je t 'ai

envoyé ce télégramme. C 'était complètement stupide.

Elle n 'a jamais mieux chanté que ce soir.

Je comprends.

Tu es dans la salle ? Mais non.

Je viens d 'arriver. J 'ai roulé à plus de 90 de moyenne depuis Vienne.

Toujours cette manière ridicule de la vitesse.

Eric, tu te souviens, il y a trois ans... Oh, mais tu me fais mal, brute !

Pardon, ma chérie, pardon, mais tu sais, tu m 'écorces la peau aujourd 'hui.

Tu ne devrais pas parler pendant les autres actes.

Laisse pas debout.

Tu es trop grand.

Je t 'ai toujours trouvé trop grand.

Va -t 'en ou assieds -toi près de moi.

Il faut toujours que tu bougues.

Trop de fleurs.

Je vis noyée, entourée, submergée de fleurs. Et je n 'aime que les roses

blanches.

Dis -moi quelque chose, Eric.

Parle -moi de ces poussillons autour de ta bouche.

Ils sont nouveaux.

Ils te font paraître un peu blasé.

Je les aime.

Comment te sont -ils venus ? Il n 'y a rien Ă  raconter.

Je suis ici les mains vides.

Après ton départ, il ne m 'est rien resté.

Que ces rides.

Mon Dieu, déjà.

Madame, en scène, s 'il vous plaît.

Qu 'est -ce que c 'est que ces roses ? Encore des fleurs. Mais je ne sais pas,

moi. Jette -les ou pose -les n 'importe oĂą.

J 'aurais dû m 'en reposer cinq minutes. J 'ai déjà trop parlé.

Chéri, à quel hôtel es -tu descendu ? Je te téléphone demain matin.

Je vais t 'attendre.

Mais c 'est impossible.

J 'ai déjà promis ma soirée. C 'est idiot.

Des gens affreux et si riches.

Tu ne peux pas venir avec moi. Notre situation est si délicate.

Prenons le petit déjeuner ensemble demain matin, veux -tu ? Demain matin,

serai plus lĂ .

Alors, je te verrai un instant après la représentation, n 'est -ce pas ?

6, 7, 8, 9, 1, 2, 3,

4, 5, 6, 7, 8, 9,

10. Quand on joue comme une gamine, on ne se conduit pas comme une devacondée.

Tu es rentrée à 2 heures du matin.

Tu crois ? Je t 'ai attendue.

Tu étais encore avec ce petit violonneux.

Violoniste. Mauvaise fille.

Non, je l 'aime.

À ton âge et dans ta situation, on n 'a pas le droit d 'aimer.

Une fille, quand elle prend un amant pour vivre, elle est excusable.

Si elle le fait pour son plaisir, c 'est une grue. Et monsieur Dumoulin, tu en

avais besoin ? Tu veux une claque ? Non.

D 'ailleurs, Rudy n 'est pas mon amant. Je suis idiote, démodée, tout ce que

vous voudrez, mais je veux me marier.

Te marier ? Me marier, oui, et avoir des enfants, et faire la cuisine, oui, oui,

oui. Elle est folle.

Je t 'ai bien mariée, toi.

Justement.

Résultat, la cuisine, le ménage, et des filles idiotes.

Et M.

Dumoulin ? Ça m 'est égal.

Je l 'aime. Je suis injuste. Une fille idiote.

Sophie est ma consolation.

Elle, au moins, elle sait ce qu 'elle veut. Elle deviendra une vedette.

Tu crois ça, Sophie ? Oui, ça, j 'en suis sûre.

Un, deux...

Oh, Yann ! Hey ! Oh, Yann, tu viens de jeûner avec

nous ? Oui, d 'accord.

Oh, regarde, c 'est la voiture d 'Eric.

Tiens, une nouvelle conquĂŞte. Tu la connais, celle -lĂ  ? Non.

Je croyais qu 'il ne donnait plus du sang parce qu 'il était malade. Tu

il va se soigner au champagne dans les boîtes de nuit. Qu 'est -ce qui se passe

? Je n 'ai pas vu. Eric Walter, avec une infirmière. Ah bon ? Oubliez.

Oubliez se noyer dans la volupté comme Tannhäuser.

Oubliez.

Comment t 'appelles -tu ? Ah, Eric vous plaisante, j 'espère.

Mais non, mais non, j 'ai oublié, j 'ai tout oublié, tout.

Quelle foule.

Ah, j 'adore les fous.

Mais pas au public, tenez -vous.

Mais je me moque du public.

Je ne chanterai plus. J 'ai donné ma soirée d 'adieu ce soir.

Oh, chéri, mais quelle idée merveilleuse.

Non, mais c 'est vrai, ces grands machins d 'opéra.

Ça ne veut rien dire, c 'est anémodé.

Vous allez retirer ce mot, je m 'en vais.

Quel mot ? Il y a eu un grand machin.

Grand machin ? Des chiens !

Nous sommes depuis quelques jours absolument insensés. Nous lançons nos

la tĂŞte des gens comme jamais.

Et si par là -dessus, nous nous étions enrhumés ? Tiens.

C 'est la première fois que je vois cette porte ouverte.

C 'est la chambre de madame. Nous la fermons toujours à clé. Monsieur peut

que rien n 'a bougé. On croirait que madame est partie hier.

Monsieur le premier ténor a passé encore ici la moitié de la nuit, immobile, les

yeux grands ouverts, comme un homme de cire.

Ce souvenir nous tue.

Oui, allons voir s 'il est réveillé. Mais monsieur, je crains que peut

Réveillez

-vous, belle endormie, réveillez -vous, car il fait jour. Assez, assez, je veux

dormir.

Je dors. Il y a du monde dans la boutique qui demande du feu le jour. Ah

écoutez, non.

Non, alors, moi, je vous ai tiré de la force. Vous n 'étiez rien.

J 'ai fait de vous un répétiteur honoré.

Si vous avez un peu de reconnaissance, laissez -moi dormir.

Non, écoutez, Eric.

Écoutez, vous ne donnez plus vos cours.

Vous vous faites porter malade à l 'opéra.

Le directeur frise la poplexie chaque fois qu 'on prononce votre nom.

Enfin, le ténor qui est venu vous remplacer dans la haine grine a chanté

que vous.

Ah, vous mentez.

Du poulailler, vos élèves ont crié votre nom et l 'ont sifflé, mais leur voix

était couverte par les applaudissements.

Et la critique ? Prélente pour lui.

Oui.

Pourquoi lisez -vous ça ? Vous dites que les critiques sont tous des hommes. Ils

en savent autant sur l 'opéra que moi sur la façon de cultiver les vétras.

Ah, ben, ben, ben, Clément, écoutez ça.

Malgré ses efforts méritoires et ne nous a pas fait oublier la technique

parfaite d 'Eric Walter, dont le timbre si particulier demeure inégalé. Si vous

écoutez les critiques.

Non, non, non, je regarde.

On donne le Heineken ce soir.

Oui, mais vous n 'avez pas l 'intention de chanter après avoir passé une nuit

blanche. Je chanterai.

Berger, apporte -moi ma robe de chambre.

Merci.

Va fermer la chambre de la Koukowska et rapporte -moi la clé.

Soyez prudent avec votre voix. Souvent, j 'ai peur pour vous.

Moi aussi, j 'ai peur.

Ça va changer.

J 'ai fait des bĂŞtises, mais les femmes viennent jusque dans ma chambre.

En tout cas, le galène qui ne viendra plus vous ennuyer.

Qui ça ? La Lucas. Elle a quitté le conservatoire. Ah ben, tant mieux.

Elle avait les cuisses un peu fortes.

Et puis ses aigus tridents.

Elle va débuter dans l 'opérette. Elle vit maintenant avec l 'impressario

Bleulich.

Seulement, son départ laisse un trou dans le programme de la soirée des

Elle nous fera toujours des ennuis, celle -lĂ , mĂŞme en s 'en allant.

Et puis, j 'ai personne pour la remplacer.

Si. Qui ? Élise Peterson.

Élise Peterson ? Pourquoi ? Parce qu 'elle a besoin de se battre avec l

Avec l 'ange ? Oui.

Mais rappelez -vous...

Jacob, craignant d 'être tué par son frère, se battit jusqu 'à l 'aurore avec

ange envoyé par Dieu.

Le lendemain, il marcha ardiment vers celui qu 'il avait craint.

L 'ange, pour les hommes, c 'est la vie. Pour vos élèves, c 'est le public.

Élise a besoin de se battre avec lui pour se connaître.

Pour savoir que le chant, c 'était pas seulement un art, mais aussi un métier.

Élise est quelqu 'un d 'exceptionnel, vous savez, ce que vous avez de mieux

votre classe.

Et vous ne l 'avez peut -ĂŞtre jamais vu. Dis tout de suite que je suis aveugle,

idiot ! Non, seulement mal placé.

Vos élèves, vous leur tournez de l 'eau, vous les voyez que sur l 'estrade.

Moi, en inclinant un peu la tĂŞte, je peux les observer sans qu 'ils s 'en

doutent.

Je connais bien.

Il y a ceux qui ne vous quittent pas des yeux.

Ils ne veulent pas perdre une note, un mot, un geste.

Il y a celles qui passent leur cours Ă  lire des romans policiers.

Et les romantiques, celles qui vous prennent pour le prince charmant.

Ceux qui ne pensent qu 'Ă  faire un bon mot et celles qui en rient.

Celles qui sont heureuses, sûres d 'elles -mêmes et de la vie.

Et puis il y a Élise Pétersen.

Elle a une tête, une âme, une voix.

Mais elle est prisonnière d 'elle -même.

Elle attend un signe pour oser vivre.

Si vous la choisissez... Pour remplacer Mlle Lucas, Mlle Pétersen est désignée.

Moi, à la soirée des élèves ? Mais je ne pourrai jamais.

Mais si, mais si. Venez.

Nous allons choisir ce que vous allez chanter.

Voyons, vous n 'avez pas de voix d 'opéra.

Il vous faudrait un lead.

Vous avez une idée ? Oui, du Schubert, peut -être.

Très bien, mais à quoi pensez -vous ? Vous savez, Clément...

Ah, oui.

Il y en a une que j 'aime beaucoup, mais je ne me souviens plus du titre. Vous

savez, c 'est...

Oui, c

'est très bien.

Puis alors, il y a cette fin qui est si jolie.

Vous cherchez cette tristesse ? Je ne vais pas chercher.

Ce qu 'on aime très fort, on s 'attend toujours à le perdre.

À partir d 'aujourd 'hui, je te défends la musique triste.

Tu vas me chanter Rose des Brouillères. C 'est frais, c 'est enfantin. Ça ira

très bien avec ces violins.

Tu le connais ? Oui, je la chante toujours quand je suis heureuse.

Vas -y.

Partez pas aujourd 'hui, ta petite copine. T 'inquiète pas pour moi.

Tu vas voir tout à l 'heure. J 'ai préparé de la nana.

Tiens, tiens, tiens, c 'est encore M.

Killian.

Vous nous faites l 'honneur d 'une visite, M.

Killian.

En retard, naturellement. Ne protestez pas. J 'adore être dérangé pendant ma

classe, d 'ailleurs, vous le savez.

Faites une place Ă  M.

Killian, de préférence près du chauffage.

Ne vous pressez pas, nous vous attendons.

Vous êtes assis, ça va ? Je peux continuer mon cours.

Bon, merci.

Nous verrons cela une autre fois plus tranquillement. Venez travailler demain

avec Clément chez moi.

Merci. Mlle Dimater, je voudrais vous entendre maintenant.

Qu 'est -ce que vous avez préparé ? Donna Anna de Don Juan.

Bonne idée.

Pourquoi, mec ? Rien.

Allez, j 'écoute.

Elle est folle ! Chanter Donna Anna devant Eric.

Ben quoi ? C 'est le plus grand succès de sa femme, la Koukowska. Ça va barder.

Pas assez expressif. Fais attention Ă  ton pas.

Ne diminue pas ce fa et ce sol.

celle des matières, mais par pitié ! Donna Anna, c 'est une femme aimée,

une femme qui a vécu, souffert.

Tu me chantes ça comme une midinette, invitée à une noce.

Allez, vas -y, continue.

Ta foi

fidèle

Mais Ă  quoi penses -tu ?

Tu n 'as ni le poids, ni le volume de voix suffisant pour chanter ça. Tu ne

penser à la grenouille qui peut se faire aussi grosse que le bœuf.

Y suis -je, n 'y suis -je pas ? Eh ben non, tu n 'y es pas du tout.

Pour chanter un opéra, il faut pouvoir le comprendre.

Il faut être riche, riche de tendresse, de mensonges, d 'expérience.

Il faut ĂŞtre une femme, pas une gamine.

Du feu.

C 'est un tempérament.

Elle réussira.

Allez consoler mademoiselle Dimater.

Vous saurez lui parler.

Voyons, mademoiselle Éricard, nous allons nous arracher votre roman

Oh, le rapport qui ne sait.

Alors, si vous vous instruisez, continuez.

Voyons, mademoiselle Bonnard, voulez -vous nous donner quelque chose ?

Tu pleures ? Je ne pleure jamais, tu le sais bien.

Mais qu 'est -ce qui t 'a pris, Sophie ? La Kokowska passe Ă  Salzbourg, elle le

siffle, il la court comme un toutou. Elle le renvoie, il va se saouler dans

boîtes de nuit.

Ensuite, il passe ses nerfs sur ses élèves.

Quand une femme vous plaque, on ne lui court pas après. Au sens où on n 'est

un homme.

Mais peut -ĂŞtre qu 'il l 'aime toujours.

Penses -tu ? Il est bien incapable d 'aimer.

Qu 'est -ce que tu as Ă  dire ? Eric, c 'est un chevalier de pierre. On le

regarde, mais il ne voit rien.

Ses yeux me parlent Ă  moi.

C 'est bien plus fort que les mots.

Je crois que c 'est ça, l 'amour.

Ce que les gestes et les mots ne peuvent pas dire.

Oh non, Élise.

L 'amour, c 'est de se retourner dans son lit sans pouvoir dormir.

C 'est d 'avoir envie d 'ĂŞtre nue.

Oui, tout nue l 'un contre l 'autre.

Je devrais peut -ĂŞtre me remettre au tennis.

Vous savez qu 'il y a 20 ans, j 'étais champion.

Vous le rappelez chaque fois qu 'on vous interview.

Ah, Mlle Dimater, ça va mieux maintenant ?

Venez demain chez moi en même temps que votre amie. Nous rattraperons la leçon.

J 'ai rompu.

Merci, maître.

Dis donc, c 'est abardé. Pourvu que tu ne sois pas renvoyée. Ça m 'étonnerait.

Je vais travailler chez lui demain.

Non, t 'en as de la chance.

Il y a des gens qui viennent de Paris pour travailler avec Éric Walter.

Oui, je sais.

Bon, ben, il faut que je retourne au conservatoire, maintenant.

C 'est chic de m 'avoir prêté le poule au vin. J 'ai peur qu 'il soit un peu

étroit. Tant mieux, comme ça, Eric verra que je ne suis plus une gagne.

Ça fait déjà cinq leçons que je prends chez lui fagoté comme un sang.

Il parle de moi pendant tes leçons.

Non, il me parle de lui.

Tu ne trouves pas que mon cou fait un peu nu ? Prête -moi ton médaillon.

Oh, mon chou, je ne peux pas. C 'est un cadeau de maman.

Ça ne fait rien, ça ira comme ça.

Je file.

Je passerai chez toi après la leçon pour te raconter. Oh, oui.

Vas -y, vas -y, plus fort, n 'aie pas peur. J 'y vais, monsieur le premier

tenant, j 'y vais.

Allô ? Allô ? Mademoiselle Dimater est en bas pour sa leçon.

Mademoiselle Dimater est en bas pour sa leçon.

Ah, dis -lui qu 'elle commence ses arpèges en m 'attendant.

Qu 'elle commence ses arpèges en m 'attendant.

Il faut que j 'y aille.

J 'avais complètement oublié cette leçon.

Ce soir, berger, je sens que je vais chanter Ă  nos airs comme un dieu.

Mais ils ne comprennent pas le français. Ce sont des poissons chinois.

Vous me trouvez mal élevée. Pas du tout.

Pourquoi ? D 'être entrée ici.

Depuis que je viens prendre Milsan, j 'ai envie de connaître cette pièce.

Elle vous plaît ? Oui.

Les palmiers, les fleurs, les poissons. Oh, le bassin.

Ça donne envie de se baigner.

Eh bien, allez -y, l 'eau est tiède. Il manquait justement une sirène.

Je serais entré.

Je me serais approché doucement pour ne pas effrayer ma petite sirène.

Et je l 'aurais regardé jouer, sauvage et nu.

Mademoiselle Dimater, sortez de l 'eau.

Et venez prendre votre leçon.

Je n 'ai pas demandé à Clément de venir.

J 'avais oublié la leçon. Je vous accompagnerai moi -même. J 'ai préparé

démons.

Mademoiselle Peterson ne vient pas aujourd 'hui ? Non, c 'est demain qu

prend sa leçon.

Elle fait beaucoup de progrès en ce moment. Je lui dirai, elle sera folle de

joie.

J 'avais tort de te considérer comme une toute petite fille.

Vas -y.

Si vous ne commencez pas Ă  jouer, je ne peux pas chanter.

Ne bouge pas.

Tu es belle.

Ce qui est rassé, c 'est ta ligne des hanches.

Une main nerveuse.

Tu es presque troublante.

Presque ?

Tu n 'es encore qu 'une esquisse. Qu 'est -ce que ça veut dire ? Ça veut dire

que tu seras très belle.

Après, plus tard, quand tu seras une femme, une vraie, tu connaîtras l

Eh bien ? Je n 'ai pas envie de chanter.

Tu n 'as pas fini de m 'étonner.

Approche -toi.

Embrassez -moi encore.

Pour une esquisse.

Ok.

Elle a tout de même pensé à reprendre sa partition.

Prendrons -nous notre boisson chaude ? Berger, je chante dans deux heures.

Et un peu plus. Nous nous sommes repris Ă  temps.

Ça prouve notre force de caractère.

Je t 'apprendrai à être fiche de moi. Tu crois que tu m 'intéresses ? Bravo,

drĂ´lement sexy ta danse.

Je t 'ai attendue hier soir.

J 'étais fatiguée, je me suis couchée. T 'as la chance, c 'est bien passé ?

Comme d 'habitude.

Il m 'a parlé de ma hauteur de résonance et de mon calice sonore.

Viens dîner ce soir, on travaillera après.

D 'accord, tu es gentille.

On reprend une dernière fois en enchaînant.

Allons, tous les lanceurs en scène, vite, allons, dépêchez -vous.

Dans ma classe, tu n 'as jamais été aussi vivante. Si chaude, je vais être

jaloux.

Ne prends pas froid.

Tu répètes encore ? Non, pour moi, c 'est fini.

Qu 'est -ce que tu attends de découvrir ? Tu rentres chez toi ? Oui.

Tu veux que je te raccompagne ? Oui.

Très vite, t 'habiller.

Je t 'attends dans la voiture.

Clément, n 'oubliez pas la leçon de demain, dans chez moi avec Bébert.

Je suis très constant de notre petite Élise.

Elle travaille très bien depuis quelque temps.

Les enfants ont une grande chanteuse.

Tu es une drĂ´le de petite fille.

Un jour, tu es rayonnante de bonheur. Le lendemain, au bord des larmes.

Ce n 'est pas difficile Ă  comprendre.

Ça dépend d 'Éric.

Quand il est gentil, je ris.

Quand il devient lointain et désagréable, je pleure.

En ce moment, il est merveilleux avec moi.

Élise, veux -tu me promettre ? Quoi ?

Vous ĂŞtes donc aveugles et idiotes toutes.

Sophie ! Viens me voir.

N 'allume pas.

Viens ici.

Pourquoi rentres -tu si tard ? De quoi as -tu l 'air ? Ayurie chiffonnée.

Viens près de moi.

Ça devait finir par arriver.

C 'était même inévitable.

Est -ce qu 'il t 'a proposé un rôle au moins ? Maman, comment oses -tu ? Bon,

bon.

On en reparlera demain.

Viens m 'embrasser.

Va dormir, maintenant.

Tu étais avec lui ? Oui.

Chez lui ? Qu 'est -ce que tu veux dire ? J 'ai compris, va.

Dis, tu n 'as pas envie de pleurer ? Au contraire.

J 'avais peur que tu sois triste.

Qu 'est -ce que tu ressens ? Dans les romans, ça s 'appelle le bonheur.

Mais c 'est tellement mieux.

Oh, ça, je suis enrhumé, j 'en suis sûr, et je chante Elie Hazard ce soir.

Mais c 'est ta faute aussi, me faire patauger dans la neige pour aller boire

lait frais, c 'est une idée idiote, complètement idiote. Mais je pensais que

te ferait plaisir. Ce n 'est pas raisonnable de nous entraîner dans une

pareille. Ah, pourvu que je ne sois pas pris.

Non, non, je crois que ça ira encore.

Monsieur, le premier ténor a qu 'une fois au pied.

Si les pieds sont restés chauds, nous nous en tirerons peut -être... Mais ils

sont glacés!

Allez, un bain chaud, vite! Non, non, non, non. D 'abord, du vin bouillant.

Non, apporte -moi une infusion de tiguel avec de l 'aspirine et une bouillotte.

Et apporte -moi dans ma chambre tous les radiateurs écrits.

Ah, j 'ai l 'inhalateur.

Mais tu es folle, ma robe de chambre. Non, je garde ma pelisse.

Apporte -moi des couvertures des édredons.

J 'ai essayé une séance d 'oscillation.

Mais, mais, mais... Les culs, ça va encore.

Tu vois, c 'est là que ça se coince, Berger. Nous payons nos imprudences.

Après, nous prendrons notre bain, nous nous mettrons au lit et nous boirons

notre tilleul.

Tu vois, c 'est ça, notre métier.

Un esclavage, n 'est -ce pas, Berger?

Oui, monsieur, un esclavage.

Au revoir, ma chérie.

On va être en retard pour la répétition.

Je ne sais pas si je vais y aller.

Maman n 'est vraiment pas bien.

Il faut que tu y ailles. Le directeur sera dans la salle aujourd 'hui. C 'est

important.

Ça m 'ennuie de laisser maman.

C 'est pour ta maman que tu veux rester ou Ă  cause du trac ? Je ne sais pas.

Je m 'avance peut -être une excuse parce que cette répétition me fait peur.

Eh bien, je vais rester avec ta maman.

Non. Mais si, moi je ne fais pas partie du spectacle.

Rien que de penser qu 'il y aura le directeur et des journalistes, je suis

malade d 'être âgée. En scène, ça passera.

Tu crois ? J 'ai peur de rester muette en scène.

Je rêve ça toutes les nuits.

J 'ouvre la bouche et aucun sang n 'en sort.

Tu rĂŞves trop.

Allez, file.

J 'ai froid, Clément.

J 'ai froid.

Mais non, allez, courage, ça ira très bien.

Elise, regarde -moi.

C 'est rien, ça arrive à tout le monde.

Vas -y, Clément.

Non, je peux pas ! Elise,

regarde -moi. Qu 'est -ce qui t 'arrive, Elise ?

Éloignez -vous.

Ne restez pas là. En scène, vite.

Faites pas que c 'est quelqu 'un d 'incroyable.

VoilĂ , voilĂ , voilĂ .

Allez, vite, Sophie, en scène. Tu vas finir fidèle. Laissez -moi.

Ah, mais pas d 'histoire, pas de caprice. Je me sens pas bien. Je rentre

mise. Ah, ben, tiens, toi. Tu vas jouer ta sonate.

Mais il y a tant de... Laissez -moi aller. Je suis lĂ  pour t 'aider.

Pardon.

Pardon. Je ne pourrai jamais chanter.

Pas de grand mot.

Tu n 'es pas la première à avoir une caisse de nerfs.

J 'ai vu la Sylvanie s 'effondrer comme toi avant d 'entrer en scène.

C 'était à l 'escalade Milan. Il y avait 3000 personnes dans la salle.

Vous dites ça pour me consoler.

J 'ai dit la vérité.

Tu vois, tu ne te sens déjà mieux.

Ils sont ravissants, il ne faut pas les gâcher.

Je vais te passer un peu d 'eau fraîche sur le nez.

Rejoins -moi dans la salle.

Allez, hop, debout.

Élise, il faut que tu rentres tout de suite.

Ta mère est très mal. On a appelé le docteur.

Clément. Où est Elise ? Elle n 'est pas là ? Non, elle n 'est pas revenue dans

la salle. Tiens, tu me traînes d 'elle.

Pourquoi ? Rien, venez, allons boire un verre au trois -huit tard.

Nous rentrerons de bonheur. C 'est -à -dire pour le petit -déjeuner ? Non,

merci, je connais ça.

Ne me laissez pas seule, pas ce soir. Je suis d 'humeur Ă  faire des bĂŞtises.

Vous seriez obligé ensuite de me faire la morale.

Et vous n 'ignorez pas me faire la morale, n 'est -ce pas ? Alors, jurez

que nous rentrerons avant deux heures du matin. Je le jure.

Je t 'en supplie, ne pleure plus.

Va -t 'en.

Laisse -moi.

Élise, mais qu 'est -ce que tu fais dans les rues à 6 heures du matin ? Tu es

pâle comme la mort.

Monte.

Elle est adorable.

C 'est le mot.

Adorable.

Sa maman vient de mourir. Mon Dieu.

Je n 'ai pas l 'habitude des orphelines.

Que dois -je faire, berger ? Nous devrions commencer par la consoler. Ah

'est juste.

Nous lui donnerons du vin vieux. C 'est une bonne idée, ça lui fera du bien. Et

puis, je lui cirerai les chaussures parce qu 'elles sont très sales.

Viens, va chercher du vin.

C 'était autrefois au Danemark, quand j 'étais petit garçon.

J 'étais un vrai sauvage.

Je m 'échappais toujours.

Continuez, je suis bien.

Oui, je m 'échappais toujours.

Je partais dans la forĂŞt, je cherchais des petits animaux, j 'essayais d

'élever.

Mais ils mouraient tous.

Une fois, j 'ai trouvé un jeune écureuil.

Je l 'ai soignée, et bien elle s 'est tout de même enfuie.

Je n 'ai jamais su garder ce que j 'aime.

Je suis seul, Alice.

Très seul.

Moi aussi.

Il ne faut pas me laisser comme ils le font tous.

Ta présence...

Quand ma mère était très mal, je lui caressais toujours les mains comme ça.

Et moi, ma femme, quand elle tremblait avant d 'entrer en scène.

Depuis qu 'elle est partie, je n 'ai plus de repos, jamais.

Tu vois, ce matin, auprès de toi, je découvre quelque chose qui avait disparu

avec elle.

Est -ce que ça porte un nom ? Ah oui, la paix.

Je ne veux pas dormir.

Pas maintenant.

Je suis trop heureuse.

Ce grand ballot s 'est décidé à me demander en mariage. Tu es invitée à la

Tu parles, son cœur est inviolant. C 'est pour ça qu 'elle l 'épouse, par

intérêt. Bon du don.

Elle plaisante.

Tu viens au cours d 'harmonie ? Non, j 'ai des courses Ă  faire.

Tu as changé.

Ça se voit déjà ? Quoi ? Oh, rien.

Bon, allez, au revoir.

Je suis venue vous dire merci.

Mais remercier pour quoi ? Pour les fleurs.

Il n 'y a que vous qui preniez soin de moi depuis la mort de maman.

Mais ne faut pas me remercier.

Si je t 'envoie des fleurs, c 'est pour me faire plaisir.

Mais pourquoi souris -tu ? Eric dit que vous prenez un mal fou Ă  cacher votre

cœur. C 'est un âne.

Vous ne pouvez jamais croire ce qu 'il te dira.

Lévis,

je t 'en supplie, promets -moi de ne jamais croire ce qu 'il te dira.

Ă€ quoi penses -tu ? Tu as l 'air stupide tout Ă  coup.

Élise, à quoi penses -tu ? À lui.

C 'est qu 'il y a de quoi, mademoiselle.

Nous avons reçu une carte postale de madame. C 'est ça qui a tout déclenché.

Déclenché quoi?

Ah, la mauvaise période de monsieur le premier ténor. Allons bon, ça

Nous sommes enfermés dans la chambre de notre femme et nous rugissons chaque

fois que quelqu 'un s 'approche.

Pour une carte postale?

C 'est qu 'il y a carte postale et carte postale. Madame a écrit meilleur

souvenir. Mais c 'est très gentil. Mais pas du tout.

C 'est comme s 'il m 'a envoyé son autographe, relions -nous.

Puis nous avons digéré la carte et depuis tout va mal.

Mais c 'est pas ça qui va m 'empêcher de travailler.

Oh non, mademoiselle, c 'est pas aujourd 'hui. Monsieur ne se porte aucun bruit.

Oh, ce que vous dites, c 'est que je sois arrêté ou je ne réponds plus de

Eh bien, moi, je réponds.

Mademoiselle, oĂą allez -vous? L 'extraire de son sanctuaire.

Oh, tout mais pas ça, mademoiselle. Non, non, non.

Oh ! Oh !

Mais

c 'est dans tes propres lettres que tu relis.

D 'habitude, on relit celle de l 'autre.

Mais qu 'est -ce que tu fais là ? Je viens prendre ma leçon.

Mais personne n 'a le droit d 'entrer ici.

Et toi moins que les autres, va -t 'en.

Va -t 'en ! Tu es beau en colère.

Je t 'aime. Mais tais -toi ! Ne dis pas ça dans cette

chambre. Ah non, ça serait trop facile.

Tu organises sa vie en petits compartiments.

Au rez -de -chaussée, tu embrasses, dans ta chambre, on fait l 'amour, et ici,

tu restes avec ta femme.

Eh bien, non, moi, je ne suis pas compartimentée.

Tu m 'auras partout et toujours, ou tu ne m 'auras pas.

Je ne partage pas avec un fantĂ´me. Mais Marie, il est pas un fantĂ´me.

Je l 'aime.

Hier, c 'est moi que tu aimais.

Oui, oui, je te l 'ai peut -être dit. À toi, ou à une autre, ou à dix autres.

Mais c 'est Ă  elle, c 'est Ă  Marie que je parlais.

C 'est elle que je vois derrière tous vos visages. Et va -t 'en.

Je vais ĂŞtre seul avec elle.

Dansant seul.

Le ténor et le fantôme. Un beau titre pour un opéra.

Va -t 'en ou je vais le mettre en colère.

Oh non, surtout pas.

Monsieur ! Berger, du champagne.

Je veux boire.

Tout va mal.

Oui, tout va mal. Le diable est dans la maison.

Pourquoi faut -il que je me retrouve tout le temps les mains vides ? Pourquoi

'a -t -elle envoyé cette carte postale ? Meilleur souvenir.

Je suis méchant.

J 'ai chassé Sophie.

Elle aussi, elle doit me haĂŻr maintenant.

Tout est fini, je vais quitter l 'opéra. Oui, Berger.

Avant -hier, j 'ai raté un dos aigu dans le capuscule des dieux.

Meilleur souvenir.

Non, elle n 'avait pas le droit.

Elle n 'avait pas le droit.

Elle a pleuré ? Qui ? Sophie.

Elle a pleuré ? Non.

Comment non ? Elle n 'a pas pleuré ? Non.

Oh, pauvre petite, elle doit être bouleversée.

Elle est partie sans son manteau.

Elle n 'est pas partie.

Comment, elle n 'est pas partie ? Non, monsieur, pire.

Pire ? Elle est devenue folle, au jardin d 'hiver, dans le bassin, avec les

poissons chinois, nue.

Lâche -moi ! Sorcière ! Lâche -moi, tu m 'as insultée.

Une autre aurait pleuré, ce serait enfui, après tout ce que je t 'ai dit.

Mais toi, tu es fière, dure. Je te découvre aujourd 'hui.

Bonjour, Sophie.

Je veux que cette porte reste toujours ouverte. Tu peux tout me demander, tout.

Je veux la clé de cette chambre.

Mais oui, mais tout ce que tu veux.

Qu 'est -ce que tu veux, des excuses ? Non, je te veux toi seule, sans partage

et sans fantĂ´me.

Tu es la plus forte.

Vous avez déjà consulté d 'autres médecins ? Oui, enfin, des amis.

Des amis ? Ils m 'ont presque tous dit la mĂŞme chose. Un peu de repos et tout s

'arrangera.

Écoutez, professeur, je suis courageuse.

Si vous jugez qu 'une opération est nécessaire... Non, madame, pas d

c 'est inutile.

Votre voix ne reviendra jamais.

Elle est morte pour le champ.

Morte ? J 'espérais d 'abord qu 'il s 'agissait d 'un simple déme des cordes

vocales.

Malheureusement, ces malaises dont vous vous plaignez, sueur, fatigue,

température, etc., étaient évidemment des signes tuberculeux.

En diagnostic et formel, l 'aryngite tuberculeuse.

Un traitement énergique, repos absolu pendant six mois, et l 'enroulement

passera. Mais l 'organe restera toujours faible.

Vous ne retrouverez jamais votre voix.

Écoute, Berger, c 'est la petite dimatère. Quel progrès elle a fait.

Écoute, c 'est pas dièse. Goûtez.

Cristallin, comme je l 'ai lui appris.

Comprends -tu ? Bouleverse -toi.

Apporte -moi deux œufs.

Monsieur Walter est -il lĂ  ?

Madame

! Ce n 'est pas possible ! Madame ! Monsieur ! Monsieur ! Mélanie ! Madame

lĂ  ! Mais qu 'est -ce qui se passe, berger ? Qu 'est -ce que tu racontes ?

! Mon amour ! Quelle bonheur, celle -lĂ  ! Je ne peux pas le croire, monsieur.

Mais pourquoi ne m 'as -tu pas prévenue ? Je suis allée chercher la gare.

Je ne sais pas, j 'avais peur.

Je n 'étais pas sûre que tu veuilles encore de moi.

Peur, ma chérie.

Mais ce n 'est pas nécessaire de t 'attendre.

Je ne sais pas si Marie, tu es malade.

Je t 'expliquerai.

Je suis si émue.

Je n 'avais pas vu comme tu étais pâle.

Il est arrivé quelque chose de grave, n 'est -ce pas ? Combien de temps vas -tu

rester ? Je ne sais pas.

Toujours, si tu veux.

Il y a peut -ĂŞtre encore quelque chose Ă  faire.

Une opération.

Maintenant, je n 'ai plus que toi.

Il faut que tu m 'aides.

Rien n 'a changé depuis trois ans. Les petites sont toujours amoureuses de toi.

Sophie n 'est pas la seule, n 'est -ce pas ? Si.

Alors c 'est que tu vieillis.

Ah oui, il y en a bien une autre.

Elle m 'écrit une lettre par jour.

Elle croit que je l 'aime.

Je la laisse rĂŞver. Si elle peut la rendre heureuse.

Mais qu 'est -ce que tu fais lĂ  ?

Je ne sais pas.

Je ne pouvais pas rester toute seule. J 'aurais fait une bĂŞtise. Qu 'est -ce qui

t 'arrive ma chérie ? Explique -toi.

C 'est fini.

Fini. Fini. Qu 'est -ce qui est fini ? Tout.

Mais tu es folle.

Je voudrais bien.

C 'est terrible de devoir pleurer. Qu 'est -ce que tu as ? Tu es malade ?

Tu t 'es fâchée avec ta mère ? Sophie, tu me fais peur.

Oh, le salaud ! Je crois que je vais le tuer ! Je n 'en peux plus

! Moi, je lui ai tout donné.

Et lui, Ă  chaque seconde, il me trompait.

Avec son corps, avec ses mains, avec sa bouche ! Qui ?

de moi, j 'ai cru que je vivais un grand amour.

Et lui, il me prenait faute de mieux en l 'attendant. Elle ! Je suis une putain

! Je te choque. Tu me trouves vulgaire. Tu as raison.

C 'est une histoire vulgaire et pas propre.

Je me dégoûte.

Comment voulais -tu que je devine ? Il a l 'habitude de jouer les scènes d

'amour.

Maintenant, c 'est Ă  elle qu 'il les joue.

Avec mes mots Ă  moi, mes caresses.

Je ne pensais pas que vous étiez aussi malheureuse.

Toi, bien sûr, tu ne peux pas comprendre.

Alors toi aussi.

La

petite

Élise, qu 'est -ce qu 'il y a ? Il m 'a embrassée et il ne m 'a même pas...

Ouvre les yeux.

Ouvre les yeux, Élise.

M 'embrasser ne m 'arrĂŞte pas.

Élise.

Tu retournes au cours ? Non.

Alors qu 'est -ce que tu fais là ? Un pèlerinage.

Il y a un an, c 'est moi qui passais l 'examen d 'entrée dans le café avec

Walter.

Je fĂŞte un anniversaire.

Avec cette terre de suivre un enterrement ? C 'est la mĂŞme chose, on

bougies dans les deux cas.

Quand je serai morte, j 'aurai 10 bougies sur mon cercueil.

Tu as fini de faire l 'idiote.

Oh oui, j 'ai fini.

J 'ai fini de faire l 'idiote, j 'ai fini de rire, j 'ai fini de chanter.

Mais non, mais non.

Non, je veux venir chez toi et je te ferai travailler tes mélodies de

pour le programme de la soirée des élèves.

Inutile.

J 'ai essayé, je ne peux pas.

Il y a quelque chose de mort au fond de moi.

Vous savez, c 'est comme un petit automate dont le ressort s 'est brisé.

Mais moi, je suis très fort en mécanique.

Ce petit automate -là, on ne le répare pas.

et la nuit tu pleures ? Dis pas non, je t 'ai entendu.

C 'est pas une vie.

Ça m 'est égal.

Je chanterai la mort d 'Iseult à la soirée des élèves. La mort d 'Iseult ?

Wagner à ton âge ? J 'y arriverai. Tu vas te rendre ridicule.

Tout ça pour Éric.

Non.

Pour moi.

T 'es rentée avec ta fourchette.

Va chez Élise. Elle, au moins, elle a un piano.

On peut très bien travailler avec un diapason.

Pourquoi ne travailles -tu plus chez Élise ? Ça me regarde.

Va -t 'en ! Laisse -moi tranquille ! Bravo ! Concert et bagarre.

Ă€ 7h du matin.

Va mettre de l 'eau sur le feu.

Et toi, monte le café.

Oh non, ne pleure pas comme ça.

Le premier homme, on ne le garde jamais.

Surtout un ténor.

Et surtout celui -lĂ .

Il t 'a plaqué sans même t 'avoir donné un rôle.

Un homme bien élevé, sa paix dans ces cas -là.

Je n 'aurais pas peur de lui dire ça.

Si tu fais ça, je me jette par la fenêtre.

Va -t 'en, laisse -moi travailler, isote ! Iseute ? C 'est tout ce que tu

trouves à faire ? Tiens, tu es aussi bête que ta sœur. Va voir ta bouche !

ne me lèves pas !

Ainsi en est -il aujourd 'hui.

Ah, il faut que j 'ai un papier sur moi avec mon adresse.

Sinon, on pourrait m 'emporter dans n 'importe quel hĂ´pital.

Ça ne doit pas être une chose horrible, puisque... dans le dictionnaire, il y

a...

Oh, mon Dieu, aide -moi.

Maman, aide -moi, je ne pourrai pas.

Tu sois calme.

Ne t 'affole pas.

Qu 'est -ce que c 'est ? Mademoiselle, M.

Clément vient d 'arriver.

Mais je n 'attends pas.

Il est dans la bibliothèque. Il voudrait vous parler.

J 'y vais.

Vous jouez comme les gens fument pour vous donner une contenance.

J 'avais préparé tout un discours en venant, mais je ne sais plus par où le

prendre. Prenez -le par les cheveux.

Oui.

Habille -toi, je t 'emmène au théâtre.

Non, Clément.

Je veux que tu chantes à cette soirée des élèves.

Je ne chanterai jamais plus.

Dans un mois, tu auras changé d 'avis, alors pourquoi laisser passer ta chance

ce soir ? Ce soir, j 'ai un autre programme.

Écoute -moi, Élise, je t 'en supplie.

Je voudrais que tu chantes une fois en public, une seule fois.

Pour toi, ce serait le salut.

Sois gentil.

Habite -toi et viens, nous avons encore le temps.

Non, Clément.

Pourquoi insister ? Je suis décidé à attendre mes forces, s 'il le faut.

Non, laissez -moi !

Il ne faut pas que vous pariez fâché.

Pas ce soir.

Moi, je ne suis pas fâché.

Mais je ne comprends pas que tu puisses tout gâcher pour un petit chagrin d

'amour.

Je croyais que vous aviez compris.

Mais il n 'y a pas d 'amour malheureux, Élise.

C 'est toujours un grand bonheur de pouvoir aimer.

MĂŞme quand on ne vous rend pas votre amour.

Elle mensonge, Clément.

Il m 'a embrassée et il ne m 'aimait pas. Non, ne pleure pas.

C 'est de l 'enfantillage, crois -moi.

Tout cela est ridicule.

Tu n 'as pas envie d 'être ridicule, Élise.

J 'ai envie de plus penser. J 'ai envie de silence.

Tu as toute la vie devant toi.

Tu abandonnes au premier obstacle.

J 'ai honte de vivre.

Mais ce coup -lĂ ... Toi, regarde les choses en face, au lieu de tout

Il n 'y a pas d 'autre solution.

Si.

Tu penses trop Ă  la mort, Alice.

C 'est une amie.

Au dernier moment, tout le monde en a peur.

Pas moi.

Quand Jo viendra, j 'y arriverai avec confiance.

Je serai parée comme à une fête.

Je mettrai ma robe blanche et tous mes bijoux et une fleur dans les cheveux.

Non, ne t 'écoute pas. C 'est toi qui te fais mal et personne d 'autre.

Assez rêvé, Élise. Rêve avec toi, maintenant. Tu m 'entends ? Rêve avec

Ne vous inquiétez pas de moi.

Je voulais voir ta bouche quand tu es venu.

J 'aimerais vous parler seul un instant. C 'est au sujet d 'Elise, je crois.

Attendez, attendez.

Dans un instant.

Oui, c 'est ça, c 'est ça.

Ce mouvement des lèvres comme une moue.

Je n 'arrive pas Ă  l 'attraper.

Alors, ça s 'est bien passé ? Très bien.

Je savais bien que tu viendrais. Je l 'avais dit.

Tu nous as bien laissé tomber, la chose.

C 'était impossible.

Bravo, tu as du cran.

Eric est dans la salle. Oui, dans l 'avant scène, côté cour.

Il y aura la rampe entre vous, ça ira.

Élise, Élise, tu arrives seulement ? Dépêche -toi, le plateau, c 'est par

Je ne viens pas chanter, je serai dans la salle.

Est -ce que Sophie est lĂ  ? Oui, elle va passer.

Tiens, tu lui donneras ça de ma part.

Il y a longtemps qu 'elle en a envie.

Va lui porter, je voudrais qu 'elle l 'a avant d 'entrer en scène.

Mais n 'aie pas peur, ça ira, ça ira.

Tiens, de la part d 'Élise.

Est -ce que c 'est gentil ? Mets -le -moi vite.

C 'est adorable.

Allez, vite, Ă  toi maintenant.

toute pâle dans une grande robe blanche. Où était -elle ? Vers les loges du

fond.

Tu permets que je m 'asseye à côté de toi ? Non, j 'aimerais être seule.

Des voisins ! Laissez -moi ! Donne -moi ce flacon.

Tu sais bien que je le prendrai de force, Tom.

Il peut gâcher.

Vous voulez faire une mort théâtrale, hein ? Regarde.

La mort d 'un mort a lieu sur scène d 'ordre, côté de la rampe.

C 'est Zod qui va mourir, pas Sophie.

Tu te trompes.

Sophie et Zod ne sont qu 'une mĂŞme personne en ce moment.

Sophie meurt pour Éric, mon amour légendaire.

Et que serait ton suicide à côté ?

Une petite mort de rien du tout, inutile et triste.

On voudrait surtout encore une couverture sainte par discrétion.

Parce qu 'un vrai cadavre, c 'est indécent, tu sais.

Regarde.

Ceci, c 'est Montréal.

Il y a tellement de progrès.

Sophie,

tu es une grande cantatrice. Tu as fait en un mois les progrès d 'une année.

Je l 'ai toujours dit à Clément, cette petite s 'épanouira lorsqu 'elle aura

vécu, souffert. Tu as beaucoup pleuré, n 'est -ce pas ? C 'est parfait, c 'est

très bien.

Sais -tu ce que la science moderne a découvert ? Que c 'est très bon pour la

voix de verser quelques larmes.

C 'est humecte la muqueuse. Les cloisons nasales se gonflent. Et la voix, elle

gagne en gravité. Marie, il me vient une idée tout à coup.

Si je lui faisais chanter Desdémon avec moi,

elle n 'a pas encore le coffre nécessaire pour chanter Wagner sur la

Mais Verdi, qu 'est -ce que tu en penses ? Sûrement, elle serait très bien dans

Desdémon. Il faut que j 'en parle au directeur, mais je suis sûr d 'arriver à

convaincre.

Oh, merci.

Oh, merci.

Tu sais, Elise, nous recevons les peines comme un nom.

C 'est parce qu 'elle était très malheureuse que Sophie ait si bien

soir.

Je vous ferai un bon docteur.

Tiens. Je te le rends.

Mais si tu as encore envie de t 'en servir, préviens -moi.

Je vous le promets.

Élise, tu n 'es plus fâchée, c 'est vrai.

Je n 'ai jamais été fâchée.

Clément, Eric vous réclame à corps et à cris sur le plateau. Il vous donne déjà

des noms d 'oiseaux.

Bon, j 'y vais.

Rappelle -toi ta promesse.

Oui.

Tu m 'as porté bonheur, tu sais. Je suis engagée pour chanter des démons de

trancons. J 'ai le cœur qui déborde.

Ça va

ĂŞtre beaucoup plus facile de l 'oublier maintenant.

Oui.

Je ne trouve pas qu 'il commence à se voûter un peu, monsieur le premier

Je sais qu 'elle n 'est plus tout jeune.

J 'ai, il paraît qu 'il a 40 ans.

L 'âge de danger.

Regarde. Je n 'ai qu 'à penser que c 'était un rêve.

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