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Original subtitles

T'aurais tout de même pu te mettre en noir de quoi je vais avoir l'air.

Tu es marrante, je ne suis pas dans le coup, moi !

Tout de même ! Ben ! C'est vrai ou c'est pas vrai!

Alors !

Oh ! je dis pas que tu l'aimais pas, mais entre nous hein !

Quand il était vivant, t'allais pas souvent le voir !

Tu sais bien pourquoi j'y allais pas...

il m'aurait drôlement reçu !

Oui bien sûr, tout ça à cause de moi, hein !

Pas exactement.

Enfin,

Il n'aimait pas la vie qu'on menait...

ça le plaisait pas,

C'est pas dans ses idées, quoi !

Il trouvait pas ça convenable ! Sans doute !

En tout cas, si tu m'avais épousé...

On serait venu à Port pour la noce au lieu de...

Mais à quoi bon parler de tout ça !

c'est tout de même gentil de m'avoir accompagné.

Ah ben ! tu sais...

c'est une chance !

Enfin...

je veux dire, un hasard, quoi !

J'ai justement quelque chose à faire à Port-en-Bessin.

Quelque chose à faire ! Oui, j'ai des gens à voir.

Mais tu ne connais personne.

Raison de plus pour faire connaissance !

Il faut Hubert que tu apprennes à te débrouiller tout seul maintenant !

Pourquoi ! Tu viens pas avec moi !

Laisse Marie tranquille...

puisqu'elle a dit qu'elle ne voulait pas venir !

Alors, je te vois plus !

Mais si tante Mathilde habite tout près !

J'irai te voir.

Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider Marie!

Si vous étiez gentille, vous allez porter le rôti chez le boulanger.

Attendez, je vais chercher une serviette propre. Ben et la petite ?

Vous l'habillez et puis, vous l'amenez pour déjeuner.

Naturellement, Odile est en retard.

On enterre son père...

Toute la famille se dérange...

Mademoiselle se fait attendre.

Bon, ben ! alors à cet après-midi, et puis...

Ne soit pas trop triste, quoi !

Je suis pas triste, mais j'ai de la peine.

C'est à cette heure que tu arrives toi !

c'est pas ma faute...on a eu une panne.

Bonjour, Monsieur !

Un petit blanc, s'il vous plaît.

Bien sec, hein !

Merci !

Vous m'excuserez, un enterrement dans le pays...

Alors vous comprenez... Je vous en prie, je vous en prie !

Pas beaucoup de monde, hein !

Normal, ils sont tous à l'enterrement.

Dites donc, on aime ça par ici les enterrements!

Oh ! c'est pas ça !

Le pauvre Le Flem, vous comprenez...

Il n'avait que des amis dans le pays.

Pas beaucoup de chance, mais...

Des amis...des ennemis aussi.

Oh ben ! l'un n'empêche pas l'autre, hein !

Vous pensez !

Veuf avec 5 enfants.

Évidemment...

Odile, l'aînée, aurait pu l'aider un peu.

Seulement voilà, le père avait son caractère...

Alors, on la voit jamais !

Elle vit à Cherbourg...

à la brasserie centrale.

Avec le patron...

Un nommé Chatelard.

Ah ! oui !

Cinéma à côté de la brasserie est à lui aussi !

Autant dire, qu'elle ne manque de rien...

et une belle voiture avec ça !

ça vous intéresse ! Quoi ?

Ben ! La belle voiture.

Vous voulez la voir, il faut pas vous gêner, elle est là, dehors !

Oh ! Pardon, excusez-moi !

Je parlais comme ça, hein !

C'était pour dire des choses....

Ah ! voyons, parce que vous n'avez pas dit de mal.

Ah ! mais n'en pensez pas non plus !

Il paraît qu'on mange bien à la brasserie centrale !

Oh !...

Et ici on ne mange pas bien !

C'est plus modeste, forcement !

En tout ça, ça sent bon...

et puis ça me donne faim...

Dis donc, croyez pas me trouver une belle sole bien épaisse...

et beaucoup de moules et puis de crevettes, hein !

Quel monde !

Vous avez vu ! Oui, j'ai vu.

Pauvre Le Flem, !

Dans le fond...

On l'aimait bien !

La preuve...

Pas un bateau n'est sorti ce matin !

Celui-là non plus puisqu'il est à vendre !

ça vous intéresse les bateaux ! Ben ! celui-là, il m'intéresse.

C'est un beau bateau, il paraît !

Mais le patron, lui, il est à désirer...

Oh ! c'est un bon client, trop même !

Ah ! bon...

Alors le café, il n'a pas toujours le pied marin !

Alors on vend son bateau, quoi ! Oui, à 2 heures.

Le pauvre Le Flem le trouverait au moins à son goût lui.

Il naviguait pas à son compte, lui !

Alors, c'est toi qui prends Joseph?

Oui, je prends, et après !

Je ne veux pas aller dans une ferme.

Tu iras où on voudra de toi !

Tu prends Joseph...tu prends Joseph...

T'es l’aîné, on a l'habitude de t'écouter seulement...

Si, tu prends Joseph, il faut prendre Yvonne avec !

Comment !

Joseph est déjà fort, il peut rendre des services...

Hubert n'a que 8 ans.

Il faut être juste...

D'ici à ce que les deux petits puissent se rendre utiles.

En attendant ça fait deux bouches à nourrir.

Deux petites bouches...

Je peux vous aider, s'il s'agit que de ça !

On te demande rien.

Il s'agit pas de ça...

Il s'agit du travail !

Et toi Marie, qu'est-ce que tu fais !

Ce qu'elle fait !

Elle n'en fait qu'à sa tête comme d'habitude !

Elle ne veut pas quitter Port...

Toujours ses mystères !

T'as un secret !

T'as un secret !...

On m'a rien demandé !

On t'a rien demandé parce que tu ne réponds jamais...

Autant parler à un mur.

Ce qu'elle a dans la tête, celle-là !

Celle-là...

Celle-là, elle va au café du port si ça vous intéresse !

Au café du port !

Eh ben ! pour une bonne place !

Tu veux finir comme ta sœur, sans doute !

Je vous remercie.

J'ai pas auprès toi...

Mais il faut comprendre tout de même...

On a notre réputation...

Moi, pas, bien entendu !

Voyons, ça suffit...

On parle pas de toi, on parle de Marie.

Marie a 18 ans...

Elle est libre après tout !

Libre, libre, n'empêche...

Que s'il arrive quelque chose...

Des ennuis.

ça sera pour nous !

T'as donnée ta réponse.

Tu peux peut-être encore réfléchir !

C'est tout réfléchi.

Parfaitement...

Tout le monde boit.

Mais pas autant que moi

Mais tout le monde boit...

Allons vieux, un jour comme aujourd'hui...

Ah ! c'est une affaire entendue.

Un jour comme aujourd'hui...

Est-ce pauvre Le Flem.

Mais, c'est tout de même un jour comme aujourd'hui !

Qu'on vend mon bateau.

Oh ! bien sûr, et je vous demande pas de porter le deuil...

Donc enfin tout de même !

Je sais...

Je suis pas à plaindre, et je bois !

Patron !

Un calva.

Je suis même pas veuf.

Ma femme m'a quitté...

Elle m'a laissé le gosse.

Mais je vous fous mon billet, que mon fils, il boira pas.

Et il naviguera pas comme son père.

Qu'est-ce que vous avez à rire vous, hein !

Je ris pas.

Ah ! vous souriez...

Parce que vous n'êtes pas d'ici...

Vous êtes de Paris !

Naturellement, tu es encore là.

Qu'est-ce que tu viens faire ici Marcel !

Je te l'avais interdit.

Écoute papa, tu vas pas causer de scandale un jour...

Je sais, un jour comme aujourd'hui !

Tu parles des obsèques ou de la vente !

Parce que, sacré nom de Dieu! on le vend mon bateau!

Il trouvera pas d'acheteur, d'ailleurs.

Il est comme moi...

Il a perdu son gouvernail...

Parfaitement son gouvernail !

Allons, viens papa. C'est toi qui commandes maintenant !

Il va être deux heures. Deux heures...

la vente va commencer, je voudrais pas rater le spectacle.

Sur mon compte patron.

L'addition ! Voilà, c'est fait !

Tu es là ! Marie !

Qu'est-ce qui t'amène ma pauvre petite !

Je suis à toi tout de suite !

Elle est gentille.

Vous ne la connaissez pas ! Non !

C'est la sœur d'Odile.

Alors Marie !

Je viens pour la place madame Jocelin, elle est toujours libre !

Bien sûr...

Catherine nous quitte...

Alors, je serais contente de t'avoir.

Mais tes oncles sont d'accord !

Eux n'ont rien à dire !

Je veux pas aller chez eux !

J'aime pas la compagne !

Elle est comme moi, elle veut la mer, hein !

Je vous demande rien !

Hé ! là ! Tu n'es pas encore en place...

et tu te disputes déjà avec un client !

Un client...il faut dire un parent, oui !

Un parent...

Mais je vous connais pas.

He ! c'est possible, mais je suis presque ton beau-frère, moi !

Presque ! mais c'est pas beaucoup.

He ben ! à la bonne heure !

Elle a du caractère ma petite belle soeur, hein !

J'aime ça, moi ça me plaît !

Caractère, mais caractère !

Un mauvais caractère, oui...

c'est ça qu'il voulait dire, tu sais !

Il a dit que ça lui plaisait !

L'adjudication...

aura lieu au plus offrant et dernier enchérisseur.

Elle sera définitive.

L'adjudicataire enlèvera le lot adjugé à ses risques et périls.

L'adjudication sera payée comptant.

Et il sera perçu en outre de celle-ci...

Les droits et frais ordinaires.

Afférents aux ventes...

Soit 16%.

Faute de paiement immédiat de l'objet adjugé...

Il sera aussitôt revendu à la folle enchère.

Et le premier adjudicataire...

Sera tenu de solder la différence.

S'il en existe...

... sans pouvoir réclamer d'excédent.

Tiens, le voilà celui-là !

He ! l'ami !

Délai d’enlèvement 40 jours.

Mise à prix deux millions huit cent mille francs.

J'ai dit deux millions huit cent mille.

Ne t'en fais pas, Thomas.

Le carreau te restera !

He ! Regarde tes créanciers.

Ils font une drôle de gueule !

Allons, messieurs...dites un chiffre...

50.000 francs.

Non, monsieur, je vous en prie !

Personne ne fait une offre !

Deux millions huit cent mille francs

Deux millions sept cent mille.

J'ai dit deux millions sept cent mille.

Si tu l'aimais tellement, t'avais qu'à venir avec lui !

Aller, aller, au revoir...

Tu viens nous voir quand tu veux !

Aller !

Il faut que je m'en aille, Henri m'attend.

Oui, je l'ai vu...

Il était chez Jocelin.

Ah ! tu l'as vu...

Comment le trouves-tu !

Il est bien...

Mais c'est drôle...

Il a les cheveux tout blancs.

T'es heureuse avec lui !

Je ne suis pas malheureuse...

Je ne manque de rien.

Alors, il est gentil avec toi !

Oh ! tu sais...

Il est gentil avec toutes les femmes.

Enfin celles qui lui plaisent...

C'est déjà beaucoup !

Remarque, je me plains pas...

Mais c'est pas le rêve.

Le rêve !

Bien sûr, le rêve.

Au début, on se fait des tas d'idées, puis...

Tout à coup, c'est plus ça !

Tiens...

Quand j'ai quitté Port...

Je voulais aller à Paris...

C'était ça mon rêve.

Je me suis arrêtée à Cherbourg.

Tu le regrettes !

Non !

Mais j'irai quand même à Paris.

Toute seule ?

Avec toi, si tu veux !

J'ai là un ami qui m’achèterait une parfumerie.

Une parfumerie !

Pas une fabrique...

Un petit magasin.

Tu seras la vendeuse !

Et toi, tu te promènerais toute la journée !

moi, je serai la patronne.

Ah ! te voilà !

Je te cherchais partout, qu'est-ce que tu faisais !

Eh ben ! j'ai acheté un bateau.

Tu veux naviguer ! Pourquoi pas !

Figure-toi, que je vais rester toute ma vie en cachette à Cherbourg, non !

C'est un bon bateau, c'est une affaire...

Pour la pêche !

Qu'est-ce que tu crois !

La pêche aussi c'est une bonne affaire.

Non et non !...

T’ira pas travailler chez Jocelyn.

Mais enfin pourquoi ?

Mais qu'est-ce qui te prend !

Pardonne-moi.

Je voulais pas te faire de la peine.

T'as assez de raison d'être triste aujourd'hui.

Mais...

Mais !

C'est difficile à dire.

Dis-le quand même !

Là-bas...

Tu verras trop de monde.

ça me changerait les idées.

Je suis toute seule maintenant.

Et moi...

Je compte pas !

Je parle de la maison.

Depuis que mes frères sont partis, elle est toute vide.

Dans le fond, je les aimais bien !

Surtout Hubert...

le plus petit...

Je vais lui manquer !

Pourquoi t'es pas allée avec eux !

J'aime mieux rester à Port.

A cause de moi !

Bien sûr...

Si, j'irai ailleurs, tu me verrais plus !

Et puis toi aussi, t'en vois du monde à ta boutique !

Moi, c'est pas pareil, c'est des hommes...

Il y a pas de quoi être jalouse.

Je suis pas jalouse.

Moi, je le suis !

T'as tort !

à quoi ça sert !

Ne sois pas triste...

Viens...

je t'ai apporté quelque chose.

Qu'est-ce que c'est ?

du parfum ! La Lavande.

Mais il n'est pas grand ! On me l'a donné.

Un voyageur.

C'est la publicité...

Alors, forcément...

Ils en donnent pas des litres.

Tu veux donc que je me parfume !

Oui !

Alors, tu vois...

T'es pas tellement jaloux!

Mais oui, c'est le penalty, l'arbitre siffle...

Voyez-vous, le chef vous attend, hein !

A présent en différer...

Quelques images sonores.

Du grand match du championnat régional...

Qui a vu la victoire...

de l'Arsenal de Cherbourg sur Rennes par 3 buts à 2...

Vous avez l'air content.

Vous avez parié sans doute !

Parier, parier...

C'est pas des chevaux les mômes de l'Arsenal, non !

Donnez, donnez !

Allô...oui !

Le petit salon pour ce soir, entendu !

Huit heures et demie... 4 personnes !

D'accord !

Oui, oui, excusez-moi, je suis pressé, à ce soir.

Châtelard, Châtelard !

Tiens, justement on parlait de vous. Ah ! Oui, à la radio...

Oh ! pas seulement à la radio.

Un petit coup de banc...

C'est pas de refus, hein ! Ben ! donnez-nous un coup de blanc, tiens !

Alors qu'est-ce qu'il y a pour votre service les gars ?

Eh ben voilà ! on a gagné.

Ah ! c'est pas la peine de le dire, ça s'entent...

Alors on voudrait fêter ça, quoi, c'est normal.

Aussi, on a pensé qu'on pourrait peut-être se réunir ce soir dans le petit salon du fond !

Ah ! bon Dieu, c'est qu'il est retenu le petit salon.

Enfin, quoi...

Il est retenu, puisque vous le retenez !

Pour le prix...

On vous frappait pas, va, ça sera raisonnable.

Allez, à la vôtre ! A la vôtre !

Merci M. Châtelard Merci bien !

Bonsoir les gars ! Bonsoir !

Oh ! Grands !

Tiens, bloque la balle.

Il faut améliorer l'ordinaire !

Merci M. Châtelard à ce soir !

He !

Où allez-vous avec ça, vous ?

C'est le petit déjeuner de Mme Odile...

Je le remporte, elle n'est pas encore réveillée !

Donnez-moi ça, allez !

Tu dors encore !

Je dors pas, je rêve !

Est-ce que tu te lèves de bonne heure, hein !

Qu'est-ce que tu veux que je fasse !

Je m'ennuie, alors !

Et moi...

Tu crois que je m'amuse, peut-être, hein !

Toujours aimable.

Ah ! c'est pas que je m'ennuie avec toi, mais...

En même temps que toi, va !

Enfin...

L'essentiel, c'est qu'on fasse bon ménage tous ensemble.

L'ennui, toi puis moi.

Un ménage à trois, quoi !

La vie d'aujourd'hui!

J'aimais mieux l'autre.

Laquelle !

Tu veux dire quand t'étais petite !

J'ai envie de te connaître quand t'étais môme, toi !

Quand j'étais jeune!

Oh ! tu parles, et puis t'es vieille maintenant !

Oh ! et toi ! t'es pas vieux, peut-être !

Eh ! tout de même, le temps passe, et puis je le sens passer.

C'est marrant le temps, d'ailleurs !

Quand on s'ennuie, il passe pas vite, mais...

Il se dépêche quand on vieillit !

Je t'en prie ne fais pas le modeste.

ça t'empêche pas de te regarder dans la glace !

Et alors !

Si tu te regardes dans la glace.

C'est dans l'espoir qu'on te regarde dans la rue!

Ah !...oui, je sais...

Les filles, hein !

Tu crois que tu leur plais pas.

Tiens, ma sœur par exemple.

Quoi ta sœur !

Elle t'a vu...

Elle t'a remarqué !

Et alors !

Alors, rien...

Oh ! si j'en parle, c'est pour causer !

Causer pour ne rien dire, hein !

Allons, oui,

Ne vous impatientez pas monsieur Châtelard,

c'est en route.

Alors, les apéritifs...

Et le patron s'impatiente.

Une seconde, j'y vais.

Non, je suis pas mécontent au contraire...

C'est un bon bateau.

Alors les réparations, c'est pour quand...

Entrer !

Ah ! Tu peux laisser ça là Gaston !.

Merci !

Tenez Dorchain. Merci.

Alors qu'est ce qu'on décide !

Vous êtes le capitaine, c'est à vous de décider.

De toute façon, on ne peut pas le faire venir tout de suite !

Oui, je sais, le moteur...

Aucune importance...

D'ailleurs j'irai là-bas vous donner un petit coup de main.

Pour ne rien vous cacher mon vieux...

J'ai un petit faible pour Port-en-Bessin.

ça me plaît moi, ce coin là. Dites une vacance, quoi.

Oui, oui...

Ba ! puis je changerai d'air, quoi !

Oh ! vous savez...

Il y a dix ans que j'ai jeté l'ancre ici, dans cette brasserie.

Tu sais bien que je ne me plains pas, c'est un héritage.

Mais pour un type qui aime voir du pays...

Les clients comme paysage, hein !

Autant faire le tour du monde en wagon-restaurant, hein !

Et le cinéma, alors !

Cinéma ! Bof !

On bouge pas, on regarde les images.

Parler d'une croisière, vous !

Oh ! Je sais pas, il y a des moments, j'ai envie de...

Parfois, ça me plairait un grand voyage.

Un voyage de noces peut-être ! Bof !

Vous êtes marié, vous ! Moi ! Non !

Pourquoi ?

La mariée était trop belle, elle n'a pas voulu de moi !

Vous êtes pas mal pourtant...

J'étais pas mal...

Mais je n'avais pas le sou.

Oui !

Qu'est-ce que c'est ? On vous demande en bas !

Des clients mécontents.

Oh ! je descends.

C'est incroyable...

Ben, où sommes-nous tombés.

On m'avait pourtant recommandé cet endroit.

Mes compliments monsieur.

Vos compliments !

Pourquoi ?

Vous êtes bien le patron de l'établissement !

Ah non, non, le patron c'est monsieur.

Au revoir monsieur Dorchain ! Au revoir !

Qu'est-ce qu'il y a pour votre service, Monsieur!

Ah ! Parlons-en du service !

Impeccable !

Quand je pense que je vous ai moi-même téléphoné...

Vous savez ici, on téléphone souvent, alors tout le monde répond !

Oui, service «impeccable».

je vous disais !

C'est pas terrible, on peut manger dans la salle.

Mais à la salle ! pourquoi pas dans la cour...

En tout cas charmante soirée !

Je téléphone...

On me promet formellement...

Vous avez téléphoné, ben ! puis après...

Comment et puis après ! J'arrive ...

Et je trouve le petit salon tenu par moi déjà occupé ...

Parfaitement, il est occupé par l'équipe de football !

Elle a gagné un match.

Alors, je leur ai donné la préférence, c'est naturel, non !

Et qu'est-ce que vous voulez, moi j'aime la jeunesse, alors là !

C'est de votre âge !

Mais dites donc, he !

Vous aussi vous l'aimiez la jeunesse

à votre âge !

Charmante, d'ailleurs !

Alors qu'est-ce qu'on fait ?

Ce qu'on fait ! en voilà une question !

On va dîner ailleurs.

Dieu merci, ce sont pas les bons restaurants qui manquent à Cherbourg.

Ailleurs, c'est trop loin !

Et puis j'ai plus faim.

Vous m'avez coupé l'appétit avec toutes vos histoires.

Moi, je vais au cinéma. Mais Françoise, attends-nous!

Dites donc, à défaut de salon...

Si vous voulez des places pour le cinéma.

Je peux vous en donner.

Des places, excellente idée.

On mangerait des sandwichs.

Tu dînes pas ce soir !

Non...

Ils m'ont donné une idée, tiens...

Penses-y, passe-moi un sandwich.

ça t'amuse de renvoyer des clients !

Non, mais ça me réveille un peu.

Ben ! moi, j'ai envie de dormir...

Je suis fatiguée...

Je vais me coucher.

T'as raison, rude journée, hein !

Merci !

Ah ! Je vais dans la salle...

Si on me demande, je suis monté me coucher...

J'ai sommeil, moi aussi !

Et, finalement, c'est le chat Miamou un magnifique persan bleu...

Qui remporte le premier prix aux applaudissements de l'assistance.

Manœuvres navales dans l'Atlantique.

La flotte, elle non plus ne reste pas inactive.

Au large du Finistère l'escadre est bien appareillé !

À bord...on prie pour lui !

Les hommes comme les officiers sont remplis d’enthousiasme.

Les sourires sont sur toutes les lèvres.

Les canons de même relèvent fièrement la tête.

Manœuvres destinées à prouver à la nation tout entière...

la valeur des hommes, aussi bien que l'efficacité du matériel.

Mais les exercices deviennent plus sérieux...

en branle-bas de combat.

Tous les hommes à leurs postes !

Excusez-moi, je dîne.

Vous n'avez pas faim, vous !

Si, forcément !

On partage, alors !

Et c'était pas drôle tout à l'heure !

Et ça, vous trouvez que c'est drôle !

Pas davantage.

Vous êtes de passage à Cherbourg ?

Oui, je suis à Paris.

Et connaisser Cherbourg !

Non...c'est drôle Cherbourg !

Oh ! ça dépend du point où on se place !

Vous voudrez visiter !

Pourquoi pas !

Vous partez quand ! Demain.

Alors raison de plus pour visiter ce soir.

Dans la majesté du soleil couchant...

... l'escadre rentre maintenant au port...

Après avoir administré une fois de plus la preuve de l'adage fameux !

Montrer sa force...

Pour ne pas avoir à s'en servir !

Amsterdam...

Conférence internationale pour la paix.

Alors le patron est là !

Toujours en bas, aux moteurs...

Il tient à bricoler.

Il à l'habitude.

Bien sûr...

A Cherbourg, il est capitaine, mais dans sa brasserie !

Tandis qu'ici, le moteur...

Il sait pas faire lui !

T'aurais mieux fait de te taire !

Et admettons que j'ai rien dit !

Alors ça marche ton moteur !

ça, il connait la question...

pour le Diesel, il y a qu'à s'incliner.

Qu'est-ce que vous croyez...

C'est pas pour rien que j'ai tiré cinq ans aux sous-marins, eh ben !

Tout ça, il commence pas mal.

Et puis je vous annonce que les chaluts sont arrivés.

Ah ben ! ça c'est une bonne nouvelle !

ça s'arrose.

Ben ! Somme toute, tout va bien à bord, hein !

Un calva !

Un autre ! Oui, et à mon compte.

Parce que l'assemblée générale, j'en suis pas !

Même si c'est pour m'éclabousser.

Qu'il l'arrose, leur bateau !

Qu'est-ce que tu regardes ? Moi, rien.

Rien, bien sûr...

Mais quelqu'un.

La même chose.

Pour moi aussi, Marie, la même chose.

Voilà !

Pour les autres, on s'empresse.

Mais pour moi, Zéro !

J'ai dit "la même chose"!

Tout de suite.

Dis-donc, t'es pas aimable avec les clients !

ça dépend lesquels !

Il est aimable lui !

Ah ! Pas trop, et moi, je suis aimable !

Aimable !...

Qu'est-ce que ça veut dire aimable ?

Ben ! aimable, comme ça se prononce, quoi !

Aimable, celui qu'on peut aimer.

Eh ben ! c'est un succès !

Vous avez fait rire la petite.

Pourquoi ! elle rit jamais !

J'ai pas tellement l'occasion.

Marie !

Tenez !

Si vous croyez que c'est drôle.

Alors, les clients, on les laisse tomber.

Mais les oiseaux de passage, et le beau monde...

Tiens, un bon conseil...

Tu ferais mieux d'aller à Cherbourg comme ta sœur.

Je t’ai rien demandé.

Et moi, est-ce que je te demande quelque chose !

Oui, un calva !

Bon ! à tout à l'heure, hein !

Bon appétit ! Bon appétit !

Allez à tout à l'heure !

T'as entendu ce qu'il disait, là ? Si vous croyez que je l'écoute...

Ah ben ! c'est dommage, c'est intéressant.

Il disait que tu devrais venir à Cherbourg...

Après tout c'est une bonne idée.

Pourquoi tu viendrais pas chez moi...

A la brasserie !

Avec Odile, ou à la place d'Odile ?

Eh ben ! mais pour les devinettes, toi...

T'es drôlement à la page, dis donc !

Pour les devinettes ! et vous quand vous venez...

... «Pourquoi tu viendrais pas chez moi, à la brasserie"...

C'est pas une devinette, ça aussi ?

Tu te fais attendre, à présent.

Je travaille, tu sais ! Moi aussi, je travaille !

Il y a eu des clients jusqu'à maintenant, ils voulaient pas s'en aller

Que je peux en avoir assez !

Balayer, faire les lits, servir les gens...

Toujours les mêmes têtes.

Enfin on choisit pas !

Mais tout de même si j'étais un homme, j'aurais navigué.

C'est pour moi, que tu dis ça ?

Moi aussi je peux naviguer.

Il y a des coiffeurs sur les grands paquebots.

Je serai en mer tout le temps.

Je penserai à toi !

Et même si je coiffais des femmes...

Des belles américaines...

C'est toujours à tes cheveux, que je penserai.

Tu parles comme dans "confidences".

Moi, c'est plus simple...

Je voudrais changer d'air !

Ou de pays !

Pourquoi pas !

J'irai bien à Cherbourg.

T'as raison...

Pour finir comme ta sœur.

Toi aussi !

Je te l'ai déjà dit, je veux pas que t'ailles à Cherbourg.

Je veux que tu restes là.

Et tu te maries avec moi.

Et ton père ? Oh ! Mon père !

Bien sûr...

Il dirai pas non, maintenant qu'il n'a plus rien !

Mais avant, il ne voulait pas de moi !

Il disait pas de mal !

Il disait qu'on était trop jeunes.

Trop jeune !

Pourquoi faire !

Pour se marier.

Bien sûr...

Et maintenant t'as l'âge.

Tout de même, je suis un homme. Un homme !

Et ils sont tous comme toi !

Allons, ne fais pas la mauvaise tête.

Allons, non, laisse-moi, t'embrasse pas bien !

Si tu savais comme je t'aime.

Non, je sais pas...

Et toi tu le sais pas davantage !

Tout de même...

ça ce voit, c'était mieux avant.

Pourquoi...

Avant c'était merveilleux ?

Peut-être pas...

On était plus heureux.

On sortait souvent le soir.

On se couchait tard.

T'es un petit peu plus...

Un peu plus quoi ?

Que je veux dire...

Tout moins matinal !

Qu'est-ce que tu veux...

Aujourd'hui, je suis pressé,moi !

Comme tous les matins...

Puisque tu vas à Port-en-Bessin...

... et tu m’emmènes pas !

Tu veux venir !

Non !

Tout de même...

Depuis huit jours, j'aurais aimé que tu me le demandes !

Au moins une fois.

Oh ! Puis au fond, j'aime mieux rester ici.

Au chaud...

Je suis bien.

Et puis...

J'ai toute la place !

Et tu sais...

Je tiens pas forcément à la garder pour moi toute seule.

Merci, j'ai compris !...

N'oublie pas de dire bonjour à Marie.

Oui, oui, je prête à ta condition.

Oh ! dis donc ! Hum !

Elle a son petit caractère, ta sœur, hein !

Tous comme ça dans la famille !

Et si tu la connaissais !

Parfois la connaître ? tu sais.

Avec ça !.

Oh ! dis...

Tu vas pas être jalouse d'une môme, non !

Je ne suis jalouse de personne...

Surtout pas de Marie.

Au fond, je l'aime bien ma Marie...

Tiens...

La preuve, je lui ai même promis que...

Tu as promis quoi ?

Que je l’emmènerai avec moi quand je partirai à Paris.

Tu penses toujours !

Ah ! tu insistes pas beaucoup, pour que je reste.

Alors !

Un de ces jours...

C'est pas que ça soit drôle de faire ses valises, tu sais !

Tous, on a un train à prendre...

A quoi bon attendre le suivant !

Remarque, je suis pas tellement pressée !

Dis donc patron...

Les hommes donnaient un coup ..

Si ça continue comme ça...

On pourra bientôt le mettre à l'eau votre bateau.

Ah ben ! ça me plaît ! et puis...

ça fait les muscles.

Et ça donne soif, tiens...

Je vais m'en jeter un petit, moi !

Salut ! ça va !

Elle est pas là, Marie !

Elle fait les chambres ! Ah !

ça arrange pas les mains, travailler tard !

Forcément, mais...

Vous savez où est le lavabo!

Oui !

Bonjour.

Pour moi, que tu te fais belle !

Ah ! tu vois que tu rigoles quelquefois !

C'est moi qui te fais rire ?

Oui !

Tu te fous de moi !

Non !

Ah ! Je veux dire, tu te moques du monde, quoi !

Off ! Le monde !

Il est pas tellement drôle.

Pourquoi, t'es malheureuse !

Vous êtes heureux, vous !

Ah ! là, alors, t'es trop curieuse.

Je suis pas curieuse...

je suis sournoise...

enfin des fois on m'appelle comme ça...

"la sournoise" !

ça te déplaît !

Pourquoi vous me tutoyez.

Moi, je vous dis vous !

C'est parce que je sers à table?

Non !...

Je te tutoie parce que tu es toute jeune.

Toute gosse, quoi !

Eh ben ! Si je suis toute jeune, toute gosse...

Pourquoi vous tournez autour de moi !

Oh ! Je tourne pas autour de toi...

Je te regarde.

He ! dis-moi...

"sournoise", c'est parce que tu dis rien, qu'ils t'appellent comme ça !

Quand je parle, on me trouve méchante !

Pourtant, je dis ce que je pense et je pense pas de mal.

Et ça plaît à personne !

Et à ton amoureux ! Tu lui dis ce que tu penses.

Qui est-ce qui vous a dit que j'avais un amoureux.

Et d'abord qu'est-ce que ça peut vous faire !

Tu veux que je t'aide !

A faire le lit ou le dessert !

Ah !

Et ton amoureux, lui, qu'est-ce qu'il fait ?

Qu'est-ce que vous faites tous les deux?

On se donne des rendez-vous...

On s'embrasse...

On dit qu'on s'aime !

Et vous vous aimez ?

Eh ben ! Vous êtes pas sournois vous !

Eh ! moi, non !

Dis donc capitaine...

Votre bateau...

Parce que c'est le vôtre maintenant...

Le mien !

Le vôtre ou pas le vôtre...

Enfin, c'est plus le mien...

Quand est-ce qu'il s'en va !

Je commence à en avoir assez !

Il s'en va pas, il reste là.

Comment, il reste là ! Patron veut rester ici !

Et je sais pas pourquoi, d'ailleurs !

Vous êtes le seul, alors...

Ou plutôt vous êtes discret.

Alors, vous n'allez pas recommencer, non !

Mais qu'est-ce que vous avez contre Marie?

On n'a rien contre...

C'est plutôt votre patron qui a quelque chose pour elle.

Ah ! vous voyez, vous le connaissez pas !

C'est bien simple, toutes les filles lui plaisent.

Celle-là surtout !

Tu entends, Marcel !

Je te l'avais dit, c'est pas une grande chose ta Marie !

Elle perd pas son temps, crois-moi...

Et avec qui !

Avec l'autre qui nous a ruinés, c'est le comble !

C'est une petite pour toi !!!

je l'avais prévenu.

Et il n'écoute jamais son père...

Et vous patron, il vous écoute !

J'écoute personne.

Marie, j'ai à te parler !

Je t'ai formellement interdit de mettre les pieds ici !

ça va, papa !

ça va, papa...

On répond à son père et en public encore...

Mais c'est le monde à l'envers !

Laisse-moi, toi...

Je veux parler à Marie.

Tu vois pas, qu'elle veut pas t'entendre...

Elle a ses raisons...

Ces bonnes raisons.

Tu es dans un bel état !

Ben ! s'il oserait !

Il me frapperait...

Tu frapperais ton père !

Ton père plus âgé que toi !

Aller, va-t'en !

Ou, je vais faire un malheur, là, devant tout le monde...

Je te fous une de ces corrections.

Marie !

Mais, nom de Dieu, tu vas me foutre le camp, hein !

Un calva...

Si ça dérange personne !

Pourquoi tu m'as pas répondu tout à l'heure !

Répondu !

tu venais de faire du scandale.

Aussi malin, pour me faire perdre ma place !

Ta place...

Tu t'en moques pas mal !

C'est l'autre qui t'intéresse...

L'homme à ta sœur.

Il court après toi...

Il t'aime peut-être.

Et toi, tu l'aimes !

Oh ! fiche-moi la paix avec l'amour!

Bien sûr...

Tout le monde s'aime...

Ils pensent qu'à ça, tous !

Je t'aime, tu m'aimes, il m'aime.

Puis ils se trompent...

Ils se fâchent...

Et ils se quittent !

Bonsoir ! Bonsoir !

Tu sais ce que je vais faire...

Je vais aller le retrouver moi, ton Chatelard.

Oh ! dis donc, pas de bêtises...

je suis libre, non ! Non !

On dirait ton père...

Ah ! tu commandes, hein !

T'as des droits sur moi ! Parfaitement !

Parce qu'on s'embrasse quelquefois dans le noir !

Puisque je te dis que je t'aime.

C'est pas une raison.

Et lui...

C'est une raison !

Lui, il dit pas qu'il m'aime.

Mais je sais bien que je lui plais.

Tiens, la preuve...

Il m'emmenait avec lui.

Bien sûr, à Cherbourg...

Comme ta sœur.

Ma sœur !

Ils vont m'emmener à Paris.

Et je vais te dire...

Je pars ce soir en voiture avec lui !

Menteuse !

Puisque je te le dis !

Si tu fais ça...

Tu verras ce que je vais faire moi !

Tu verras !

Tiens, paye-toi !

Vous n'avez pas de monnaie ! Non !

Alors, c'est lui ! Qui ?

Tu sais pas ce que je veux dire ! Non !

Vous allez souvent le retrouver sur le port !

Chaque fois que je peux.

Dis donc, il n'a pas l'air commode, hein !

T'as vu, il voulait battre son père.

Eh ben ! pour un peu, il me collait dans les plumes.

Alors !

Le grand amour, hein !

Je vous ai déjà demandé de ne pas me tutoyer!

Qu'est-ce que tu fais là ?

T'as bu ? Non !

J'ai pas bu...

Je bois jamais.

Je suis par terre, parce que c'est ma place.

Tout le monde m'a marché dessus.

Et toi avec !

Parfaitement je suis par terre...

Et je bouge plus.

Écoute-moi, mon fils...

Oh ! je t'écoute mais je t'entends pas...

Ah ! c'est en voilà assez !

Je me suis saigné aux quatre membres...

Nous avons des tas d'ennuis...

Et c'est comme ça que tu me récompenses !

Récompense...

Tais-toi donc...

Belle récompense !

Je suis coiffeur !

Je coupe les cheveux.

Et qu'est-ce que t'aurais voulu !

Naviguer !

être Officier de marine, peut-être !

Tiens...

Eh ben ! tu vois que tu bois...

Et du calva encore !

C'est toi qui me donnes l'exemple !

Je suis pas saoul...

Mais ça va venir !

Tiens, je t'écoute, papa !

tu m'as dit de plus jamais mettre les pieds au café du port !

Mais, je t'avertis que je foutrai plus jamais les pieds ici non plus!

T'es fou !

Ni fou ni saoul.

Je m'en vais...

C'est fini, fini...

Je veux plus te voir...

Je veux plus voir personne.

Alors bonsoir, à demain...

Tu fermeras Marie. Bonsoir !

Fatiguée !

Viens t'asseoir !

Viens, j'ai à te parler.

Le dernier client... tu voudrais bien qu'il s'en aille, hein !

Bien sûr, puisque je pars avec lui.

Quoi !

Vous m'avez pas dit que vous me prendriez bien à Cherbourg !

Si, je l'ai dit, mais...

t'as pris ça au sérieux !

Ah ! c'était pour rire !

Vous aimez bien me faire rire, hein !

T'aimerais mieux que je te fasse pleurer !

Oh ! je pleure pas facilement, non plus !

Je vous assure que je pleurerai pas si vous me laissez ici.

Et, assieds-toi, va !

Assieds-toi, je te dis !

Tu te rends à Cherbourg !

Et Odile, alors !

Quoi Odile !

Vous l'avez dit vous-même...

Elle fait rien.

Elle dort toute la journée.

Moi, c'était pour travailler.

Toi, t'es formidable.

Bien sûr...

Et sournoise.

Et le môme, ton amoureux...

Tu laisserais ici à la consigne !

Oh ! J'avais pas l'intention de partir pour toujours.

Ah, naturellement...

Tu seras venue le retrouver un jour ou l'autre

Pour te marier, peut-être, hein !

Pourquoi pas...

Il m'aime.

Off ! et dans le fond peut-être que je l'aime aussi !

Bien sûr, que tu l'aimes...

En voilà une question !

C'est le grand amour...

La belle amour, ah ! là, là !

Vous êtes toutes les même les femmes avec l'amour.

Je l'aime, il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément...

En tout cas pour la noce c'est promis, hein !

Tu me prends comme "garçon d'honneur".

Parce que tu sais des fois dans les noces...

Les garçons d'honneur...

Ils plaisent à la mariée.

Si vous étiez le marié...

Vous aimeriez ça ?

Et toi...

Tu te marierais avec moi, si je te le demandais!

Qu'est-ce qu'il y a dans cette petite tête, là, hein ?

Qu'est-ce que tu cherches ? Qu'est-ce que tu veux ?

Oh ! est-ce que je sais, moi ce que je veux !

Eh ! Tu sais pas ce que tu veux, mais tu le veux bien, hein !

Seulement voilà...

Moi je veux pas !

Marie!

Marie!

Ah ! c'est toi !

Eh ben ! ça continue !

T'as rien de cassé !

J'en sais rien.

Eh là ! non plus, figure-toi, où t'as mal ?

Eh ben ! les jambes... Les pieds.

T'as voulu te suicider ma parole, hein !

Oh ! puis tu pues l'alcool, t'as une bonne cuite, oui !

Eh ben ! décidément, ça tient de famille.

Mais, qu'est-ce qui t'a pris, hein?

Marie !

Marie, Marie, Marie, elle est pas là, Marie !

Allez viens, je vais te raccompagner chez ton père !

Je veux pas y aller...

Il m'a flanqué dehors...

C'est de votre faute !

Allons !

Vous m'avez blessé. Oui, oui, vas-y...

Y a-t-il un bon médecin par ici ?

Il y a rien ici, il y a personne...

Et Marie, où est-elle ?

Tout le monde m'abandonne à cause de vous.

Ah ! dites, tu vas pas ameuter les populations, non !

Aller, hop ! tu vas venir avec moi à Cherbourg...

J'ai un copain là-bas, il va te soigner, parce que...

Le scandale, moi j'en ai marre, hein !

Il n'y a pas de quoi se frapper...

Une belle entorse, trois fois rien.

ça exige tout de même quelques jours de repos...

Et on peut dire qu'il est verni.

Vous prenez un verre !

Non, merci, j'ai pas soif, j'ai sommeil !

Toi aussi, t'es verni...

Où l'as-tu renversé ?

Je l'ai pas renversé...

C'est lui qui s'est jeté sous les roues !

Ah ! oui ! Ben !

Aller, au revoir.

Au revoir... et merci, hein ! Oh ! De rien.

Ton père est au courant !

Je veux pas qu'on prévienne mon père !

Ah ! pour une fois, t'as raison...

Parce que sonné comme il est...

Il est capable de faire un procès encore !

Alors qu'est-ce qu'on va faire de lui !

Est-ce que je sais, moi...

Je peux pas non plus l'emmener à l'hôpital...

On me prendra pour un chauffard !

Ah ! merde, je m'en tairais de Port-en-Bessin!

On pourrait peut-être le mettre dans mon ancienne chambre.

Ah ! je m'en fous met-le où tu veux !

Dans le frigidaire si tu veux...

On parle plus de lui !

Dis, après tout, débrouille-toi...

c'est la faute à ta sœur, hein !

Ma sœur !

Ah ! oui, parfaitement, ta bonne petite sœur.

Oui, à cause de Marie...

C'est à cause de vous surtout.

Oh ! mais tu l'entends, tu l'entends, écoutez!

Pourquoi vous êtes venu à Port !

On était bien tranquille sans vous !

Ma parole, il délire maintenant !

Dis, n'oublie pas de lui mettre de la glace sur la tête, hein !

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, moi !

J'en sais rien où il est !

En tout cas, ça m'arrange pas pour le commerce !

Même c'est pas ordinaire !

Le père Viaut est dans tous ses états...

il prétend que son fils est allé se noyer.

Dans l'alcool, oui... comme papa.

Se noyer...

Qu'est-ce qu'ils vont pas chercher...

D’abord, il sait nager, c'est moi qui lui ai appris !

T'as raison, il faut rien dramatiser.

Il est parti parce qu'il était jaloux, c'est tout.

Jaloux ?

Mais oui, de l'autre...

Et si tu croyais qu'il venait pour toi drôle d'idée!

Il venait tellement pour toi, qu'on le voit plus !

Et j'ai idée, qu'on le reverra pas de sitôt !

Qu'est-ce que vous en savez ?

S'il était mort, tout de même...ça se saurait !

Puis enfin...

ça serait dans les journaux !

Et elle...

Elle sait pas où il est, peut-être !

Alors...

Toujours rien du patron ! Rien.

Eh ben ! ça continue...

Puisque c'est ça, je m'en vais l’appeler moi.

Allô !

Le 395 à Cherbourg...oui !

Pour le 148 à Port.

Ne fais pas cette tête-là...

Il est pas perdu ton petit gars !

Allô ! le 395 !

Je voudrais parler à M. Chatelard.

Comment il n'est pas là !

Il est porté disparu, lui aussi !

Décidément, c'est une épidémie!

Eh ben ! ça fait bientôt une semaine que j'attends des instructions.

Mais, c'est important...

Très important.

On a mis le bateau à l'eau, qu'est-ce que je dois faire ?

En fait, qui est à l'appareil ?

Bon Dieu, puisque je vous dis qu'il est pas là, quoi !

Vous n'êtes pas de bonne humeur, aujourd'hui, M. Chatelard.

Bonne humeur ou pas madame blanc...

Vous devriez savoir qu'on mange pas de moules avec ses doigts.

D'abord, quand on est à la caisse, on mange pas de moules.

Mais, monsieur...

Il n'y a pas de monsieur qui tienne, hein !

Mais qu'est-ce qu'il a aujourd'hui ?

Aujourd'hui...

Hier...avant-hier...

Il y a huit jours que ça dure !

Tu perds ton temps, il est là pour lire les journaux...

il s’intéresse pas à l'amour!

On sait pas, il peut se décider.

Eh ben ! insiste un peu...

Il te demandera peut-être en mariage !

T'aime bien ça, à ne faire Fanny ! Ce n'est rien !

Avant, j'avais jamais mangé au lit.

La bonne vie !

Blessé de guerre...

Et puis une belle infirmière.

Oui, mais maintenant la guerre est terminée...

Il va falloir rentrer à la maison.

Je retournerai plus jamais à Port...

j'ai tiré un trait, Marie, c'est fini.

Vous lui avez jamais dit que j'étais là !

Oh ! il n'y a personne ne sait que t'es ici !

Je veux pas qu'elle sache où je suis.

Tu veux quelqu'un près !

Oh ! Je suis plus jaloux...

Pas même de Chatelard.

Il peut courir après elle, si ça lui chante !

Après elle.

Il a bien couru après moi !

Ne t’inquiète pas, va...

Il court trop vite...

Il nous laisse là.

Il ira pas si loin que moi.

Qu'est-ce que tu veux faire ?

Aller à Paris !

Paris...c'est pas assez loin !

Au bout du monde, j'irai.

Je ferai quelque chose, moi...

Et je serai quelqu'un.

Et je les étonnerai tous !

Et ils me tireront le chapeau...

Si jamais j'y retourne à Port-en-Bessin.

Coiffeur, c'est pas un bon métier.

Mais coiffeur pour dames...

C'est autre chose.

Sur les paquebots...

Il y en a des coiffeurs pour dames.

Ils y vont en Amérique.

Et puis des fois...

Ils reviennent plus...

Ils restent là-bas...

Et même...

Les dames...

Ils les coiffent plus.

Ils les décoiffent peut-être...

Tu me fais rire...

Tiens...

à sa prochaine escale à Cherbourg...

Tu devrais partir sur le "Queen Mary".

Ne parlez plus de "Marie", je vous dis...

J'y pense plus.

Je pense qu'à ma carrière.

T'es pas prétentieux, toi, hein!

Vous ne savez pas !

Si vous étiez gentille...

Vous me laisseriez essayer.

Essayez ! Oui !

Vous avez bien un peigne...

C'est pas sorcier une mise en plis.

On met les doigts sur les cheveux.

Comme ça !

C'est bête, tiens !

110...117...121...tierce et belote, et dix de der.

Eh ben ! vous êtes dedans mon vieux Chatelard ! Eh ben !

On fait la revanche ! Ah ! non, merci, ce soir, ça tourne pas rond.

Oh ! vous frappez pas.

Vous connaissez le proverbe: malheureux aux jeux...

Heureux en amour, comme vous dites !

He ! Les consommations pour moi, là. Bien !

Mme Odile...vous, fait dire que... Me dire quoi !

Le changement de programme aujourd'hui M. Chatelard !

Ah ! t'as bien fait de me le dire.

Il est vrai qu'on les change jamais.

Cette nuit, j'ai fait un rêve !

Je marchais sur une plage.

J'ai senti quelqu'un à côté de moi.

j'ai tourné la tête, j'ai vu un ange.

Il était si éclatant de blancheur...

que je suis tombée à genoux...

cachant ma tête dans le sable.

J'étais aveuglée, je pleurais de joie.

Mais, quand j'ai voulu le revoir encore une fois...

Il avait disparu.

Et à sa place...

j'ai vu un petit homme en redingote râpée

Avec un gros lion sous le bras.

Il y a du monde, hein ! Ce soir ! Oui !

Tout à l'heure, il y avait qui étaient étonnés.

"L'idiot"...ils croyaient voir un film comique avec Fernandel.

Oh ! ça leur plaira tout de même, c'est un film d'amour.

Et à toi, ça te plaît !

Oh ! moi...

Malgré tout, j'aime mieux que ceux de "Tarzan".

Pourquoi, t'aimes pas Tarzan !

Quand c'est "Tarzan", il y a que des gosses...

alors, on fait de pourboires !

Ben ! Si tu veux mon avis...

Moi je trouve que c'est rudement bien trouvé «L'Idiot» comme titre...

... pour un film d'amour.

T'es encore là, toi !

Tu bois un verre !

J'ai pas soif.

Alors, moi j'ai soif, je boirai le tiens.

Oh ! Etienne...

Deux fines, là.

Mais, t'es pas d'ici toi !

Non, je suis de Quimper.

Ah ! tu voyages pour ton compte...

Ah ! je veux dire pour ton compte en banque, quoi.

Oh ! c'est pas ça !

Mais j'ai une petite fille à Quimper...

Marie, elle s'appelle.

C'est un joli nom.

à Quimper, c'est pas les Marie qui manquent.

Oh ! là, non plus, va !

Tu l'as eu jeune ! A 18 ans...

c'est plus si jeune aujourd'hui !

Toi, t'as fait des bêtises, hein ! Trop long à raconter.

Oh ben !...

Je te demande rien.

Moi d'ailleurs, tu sais...

Tout le monde, en fait, des bêtises.

Tiens, pour parler que de moi...

Ben ! il n'y a pas longtemps, j'allais en faire sérieuse de bêtise.

... terrible !

Pourquoi vous l'avez pas faite...

Puisque vous avez l'air de le regretter.

Ah ! Je veux pas me compliquer la vie...

j'ai plus le temps.

Et merci.

Tiens...

Prends ça et va te coucher...

Et puis fais pas de mauvais rêve, va !

J'en fais jamais quand je dors toute seule.

Moi, je dors pas tout seul, et puis...

J'en fais quand même des mauvais rêves !

Même s'ils sont jeunes...

Ne me parle plus de Marie, va. j'en parle pas.

Moi, j'en parle...

Tout seul même...

ça n'avance pas à grand-chose, va.

Je vous demande pardon...

je vous dérange pas !

Eh ben ! il manquait plus que vous !

Un ami qui montait à Cherbourg...

j'en ai profité.

Parce que pour vous avoir au téléphone !

Surtout quand c'est moi qui réponds !

Qu'est-ce qui a ?

Il y a des tas de choses...

Vous ne venez plus...

On vous demande là-bas !

Qui ça on !

Tout le monde, quoi, les mécanos, les copains...

Les copains, ben ! hein !

J'aime mieux ça, parce que...

Les insinuations, moi, hein !

Vous prenez une fine ! Oui, je veux bien.

Donne-nous deux fines.

Ah ! qu'est-ce qu'il y a de cassé !

Il a coulé votre bateau ! Non !

On l'a mis à l'eau comme convenu à la marinière.

Ah ! Qu'il y reste,

Parce que moi j'en ai ma claque.

La brasserie...

Le bobinard là...

L'orphelinat puis là-haut une clinique.

Une clinique ! Oui, oui...

Un hôpital, et des enfants malades, parfaitement.

Le môme...

Le petit Viaut, comme dit Odile...

Il est là-haut en traitement.

En traitement ! mais à Port, on le cherche partout.

Partout, ben ! n'en parlez nulle part, hein !

Secret professionnel capitaine.

Oh ! "Capitaine"...du train où ça marche !

Écoutez mon vieux...

Il faut pas m'en vouloir, mais...

Pour le bateau, je coupe les ponts avec Port-en-Bessin !

... J'arrête les frais !

Ne fais pas cette tête-là, quoi !

Et puis je l'ai pas acheté pour faire le tour du monde, non !

Je l'ai acheté pour faire une bonne affaire, un point c'est tout.

Puis d'ailleurs...

Je vous dédommagerai...

Alors ramenez le ici !

Ah ! te voilà, toi...

On te cherche partout ! Qui ça !

Tes patrons...

Ils sont pas contents que tu disparais tous les jours maintenant.

Je disparais pas...

Je me promène.

C'est vrai qu'il s'en va votre bateau !

Oui, demain, pour Cherbourg...

le patron a décidé de vendre.

Il coupe les ponts avec Port-en-Bessin, comme il dit.

Eh ben ! ne sois pas triste comme ça !

Je sais bien pourquoi tu es triste.

Non, vous pouvez pas savoir.

He ! là !

Tu ne songes pas à te ficher à l'eau toi aussi !

ça arrangerait peut-être les choses.

Dans le fond, ça doit pas être tellement terrible de se noyer!

Iil faut se laisser aller !

Mais, ne dis pas de bêtises...

Il n'est pas perdu ton Marcel !

Si tu savez où il est, tu parlerais pas comme ça.

Où il est ?

Écoute, moi je sais où il est...

Je devrais pas te le dire, j'ai promis de me taire.

Je veux pas le savoir!

Il est à Cherbourg!

A Cherbourg !

Et puis après !

Tu peux me croire, à Cherbourg, je te dis...

Chez Chatelard !

Chez Chatelard !

Eh ! oui, chez le patron...

Et puisque je te le dis...

Certains de vos collègues font deux entractes par séance.

Ils prétendent que nos chocolats leur rapportent autant que le film.

Bon, c'est un point de vue, quoi !

Mais enfin !

Moi, je tiens un cinéma pas une confiserie, hein !

Au revoir. Au revoir.

Et ils sont bien gentils les petits jeunes du ciné-club...

Mais leur film est dans un fichu état ! Ah !

J'ai été obligé de passer la copie tout à l'heure...

Enfin, deux ou trois bobines pour voir...

Mais qu'est-ce que c'est leur film ?

"Tabou"...un bon film, il parait !

ça se passe à Tahiti...

Mais c'est un vieux film, un muet.

Ah ! bon...

Tiens beauté, qu'est-ce qui t'amène...

Qu'est-ce qu'il y a pour ton service !

La première fois que je suis venue ici...

Tu m'as pas demandé, quel est ton service.

Pour parler du passé, pour remuer des souvenirs...

Que tu me fais une petite visite !

Non !

A quoi bon...

Avec toi les souvenirs...

On les met dans un tiroir...

Sous une pile de linge,

Et on n'en parle plus !

Non, je voulais savoir...

Est-ce que tu connais des gens, sur les transats ?

Ben ! il y a beaucoup qui viennent ici, oui, tu le sais bien !

ça c'est difficile de faire engager quelqu'un !

Pourquoi tu me demandes ça !

Pour le petit là-haut...

Il veut voir du pays.

Ah ! il a une tête à voir du pays celui-là !

Te moque pas de lui...

Il est gentil dans le fond.

Voir du pays...

les transats...

mais je croyais que c'était pour toi, moi !

On prend pas le bateau pour aller à Paris !

Ah ! parce que ça y est...

C'est décidé...

Cette fois-ci, c'est pour de bon !

Ah !

Tu préférais que je fasse semblant?

A quoi ça servirait !

On se connaît trop tous les deux...

On n'a plus de secrets !

Alors...

Pour le départ !

A l'amiable !

On se quitte...

Sans pleurs ni grincement de dents !

Tu viendras bien me voir quand je serai installée là-bas !

Oh ! Pourquoi pas !

C'est pas le bout du monde, la capitale !

Et puis d'abord, tu seras pas toute seule, là-bas !

Comment ça, pas toute seule !

T'as pas dit que tu l'emmenais avec toi ta petite soeur !

Tu préférais peut-être que je te la laisse !

Qu'est-ce qui te prend...

Qu'est-ce que tu vas encore chercher avec Marie !

Mais je ne veux rien chercher, c'est toi qui en parles !

Toi, t'en penses pas moins !

Je cours après elle, hein !

Et tu dis que tu me connais, ben ! Merde alors !

Tu me connais bien mal.

Une gosse, une môme...

Je suis pas tombé sur la tête, non !

Détournement de mineurs pendant que vous y êtes !

Oh ! je la vois mieux ta petite soeur...

entrain de faire ta valise, va !

... puis tirer la ficelle !

Ah ! la bonne idée, j'ai eu d'aller à Port-en-Bessin, la bonne idée !

Mais rassure-toi...

Je suis pas prêt à foutre les pieds dans ton pays natal !

Tu peux me faire confiance...

Et puis sois tranquille...

Je suis pas pré de la revoir moi, ta petite Marie.

Je vous l'ai déjà dit madame Blanc, je voulais pas être dérangé

Je suis occupé...

Très occupé.

A ne rien foutre si ça vous intéresse !

Oui !

Qu'est-ce qu'il y a encore ? On vous demande !

J'ai dit que je voulais voir personne. C'est la soeur de Mme Odile.

Où est-elle ?

Eh ben ! pour une surprise!

Tiens, justement, on parlait de toi tout à l'heure avec ta sœur.

Où est-elle Odile !

En bas , ils m'ont dit qu'ils n'en savaient rien.

Ah ! J'en sais pas plus...

Elle devait aller faire des courses cet après-midi.

Oh ! elle ne va pas tarder, va.

Entre...

Tu peux bien l'attendre ici.

Ah ! quoi, je te fais peur !

Non ! Alors !

Après tout...

Pourquoi je te ferais peur?

J'ai peur de personne.

Alors comme ça, on est d'accord...

Assieds-toi, chez moi c'est chez toi.

ça fait plaisir de te voir.

Je croyais que je te verrais plus.

Pourquoi ?

Parce que...

Je voulais plus te voir.

Tout de même, t'es pas désagréable à regarder.

Alors, pourquoi vous voulez plus me voir? Off !

T'es trop môme, tu pourras pas comprendre...

C'est pas convenable.

Ça te gênerait que je parle franchement !

Je suis tellement sournoise...

Rien ne me gêne.

Sournoise ou pas sournoise, je vais te le dire moi.

Tu me plaisais, t'entends,...

Oui, tu me plaisais...

Tu comprends !

Non, je comprends pas...

Je suis trop môme.

Maintenant, je vous plaîs plus ?

ah ! J'ai pas dit ça.

T'es gentille avec ton petit tailleur, tu sais !

Oh ! mais j'ai une jolie blouse aussi !

Oh ! Il fait chaud ici...

Vous trouvez pas !

Sous la blouse là...

Jolie blouse,

Il fait chaud aussi !

Pourquoi vous avez fermé la porte?

Tu le sais pas peut-être ! Non !

Je m'en doute. Tu veux que je l'ouvre !

Oh ! dans le fond, c'est pas la peine !

C'est Vrai, t'as peur de rien.

Puisque t'as peur de rien...

Viens ici...

Qu'est-ce que tu risques !

Viens...

C'est peut-être idiot, ce que je vais te dire...

Mais j'ai pensé à toi tout le temps

Tout le temps, t'entends !

Et puis...

J'aurais voulu...

Vous avez voulu quoi !

C'est toi que j'aurais voulu !

Tu sais peut-être pas ça, non plus !

ça vous fait tellement plaisir !

Tu me le demandes !

Et à moi...

Est-ce que ça me fait tellement plaisir !

Quoi ! Je te plais pas !

J'ai pas voulu dire ça !

Eh ben ! Pourquoi tu es venu ici ?

Pourquoi je suis venue ? Oui !

Eh ben ! Pour voir Marcel.

Marcel, Marcel...

C'est lui qui t'a appelé peut-être, hein !

Parfaitement.

Oh ben ! ça, ça m'étonnerait...

Parce qu'il voulait plus te voir lui non plus !

Et qu'est-ce que vous en savez ?

Oh !

Je n'en sais rien...ou plutôt...

Il en sait de trop.

Il y a longtemps que j'ai compris...

C'est pas le genre "oui" tu sais...

Un bel idiot ton Marcel, si tu veux mon avis.

Tu me le demandes pas, mais je te le dis, moi...

Bel idiot !

Il t'aime...

Il t'adore ...

Il a voulu de toi, pourquoi !

Et toi...

Toi, t'aime que lui...

L'amour, le grand amour !

La romance, les grandes ondes, hein !

Ne bouge pas, puisqu'il pense qu'à toi...

Qu'il t'attend et qu'il t'adore...

Ton Marcel , je vais le prévenir, moi...

L'amour, toujours l'amour, la nature et les petits oiseaux.

Marcel...

Bonne nouvelle, garde ton bonheur !

Oh ben ! ça va pas mieux !

Oh ! Le "garçon d'honneur", ben ! je croyais pas si bien dire...

Ah ! ça c'est formidable !

Ah ben ! t'as bien fait de venir...

ça vaut le déplacement, non !

Écoute.

Ah ! Tu t'attendais pas à ça !

Oh ! Vous auriez pu fermer le verrou quand même, non !

C'est trop fort !

Marie, ben !

Marie écoute donc, voyons, quoi !

Ecoute-moi, voyons, quoi !

D'abord pourquoi tu te sauves...

Ce n'était pas drôle le spectacle ! Oh ! Laissez-moi !

Et je pensais, t'avais raison, c'est moi, je croyais que t'avais rien dans le fond !

Ah ! Bien sûr...

Hé ! je te comprends...

t'arrives là comme une fleur...

Et puis tu trouves ton Marcel...

Dans les bras d'une autre.

Evidemment, il n'y a pas de quoi jubiler...

enfin, quoi !

Oh ! Si vous savez ce que j'en moque de Marcel !

Même avec une autre...

Et même si c'est ma sœur.

Ah ! je t'ai pas dragué...

Je t'en ai pas parlé, je suis discret.

Et puis...

Larges d'idées...

Tu peux me croire. Oh ! Laissez-moi.

Ben ! Tu vois pas que ma cage est fermée...

Hein !...

Tu veux que je l'ouvre !

Ah, tu veux plus partir...

T'as raison, va !

Pourquoi tu serais venue, alors !

Ne t'en fais pas, ça s'arrangera pour le môme, va !

C'est pas pour lui, que j'étais venue.

Pour moi, alors !

Oui !

Tu vois, j'aurais dû m'en douter...

c'est pour moi, hein !

Je devrais pas vous le dire, mais c'est vrai.

Et passe par là, on sera plus tranquille. Oh ! non.

Quoi, tu veux que je te dise, vous !

Hein ! aller, viens !

Aller, viens !

Un cinéma....

Tu vois c'est pas dangereux, le cinéma !

Il ne ferait de peur à personne!

Tout de même j'aimerais bien savoir...

Pourquoi t'es venue me voir.

Oh ! des tas de raisons.

Oh ! je les connais...

Enfin je les devine, quoi !

Elles sont pas toutes mauvaises.

Ah ! tu me rassures, ça c'est gentil !

Oh ! le tiens, j'étais pas inquiet...

C'est tout simple, c'est l'amour !

T'es venue me voir parce que tu m'aimes... hein !

Oh ! ça existe peut-être l'amour...

Il faut pas en dire du mal !

Mais je comprends, ça existe, enfin.

On en parle, quoi !

oh ! l'essentiel, c'est qu'on y croit, hein !

C'est tout de même, c'est une jolie chanson.

Tiens, toi par exemple, t'as une jolie voix.

Tu parles sans rien dire, à ta manière...

Pour me dire que tu m'aimes !

Ce que t'aimerais surtout...

C'est être heureuse confortablement !

Avec moi, bien sûr!

Enfin, tu ferais mieux qu'à Port.

Tu dirigerais tout...

Je te donnerais les clés de la brasserie.

Oh ! Vous savez...

Je suis pas tellement intéressée.

Non...oh ! ça te déplaît pas !

Mais enfin, t'aimerais que je mettrais les formes...

Que je prenne des gants.

Tiens, par exemple...

Tu voudrais que je demande ta main !

Ben ! là, t’exagère.

Parce que si tous les gens qui se plaisent...

Devaient passer par la mairie!

Tu parles d'un encombrement.

Et puis dans les cathédrales, on refuserait du monde, hein !

Tiens, et que ça part !

Excuse-moi, je suis infortuné, c'est un vieux film.

Mais...

Il paraît que c'est pas mal !

ça se passe dans les mers du Sud, Tahiti.

C'est joli.

Ah, c'est beau de voir du pays !

C'est comme la vie, tiens, elle est belle quelquefois.

Dommage qu'elle soit si courte.

Elle va plus vite que nous...

Que moi surtout !

ça se tasse...

C'est vrai que ça se tasse...

ça s'arrange quelquefois !

Tiens, ta sœur, elle va partir pour Paris.

Marcel aussi, il va partir.

Coiffeur pour dames sur le "Queen Mary".

Tiens...

Pourquoi que je m'en irai pas là-bas, moi...

à Tahiti...

Sur mon petit chalutier...

Tout seul.

Pourquoi tout seul !

Il est pas grand... tu sais !

Alors on est plus tranquille, ça repose un peu !

On est pas tellement seul quand on voyage !

Surtout quand on débarque, tiens.

C'est pas les filles qui manquent là-bas...

Marie café du port.

Elles aussi en ont de jolies blouses,...

Et pour les retirer, elles posent pas de conditions.

Mariage, la bague au doigt !

T'en va déjà, t'attends pas la fin...

Et dis, je t'embarasse peut-être !

Oui, je m'en vais

Et pour de bon...

Et puis croyez-moi, je reviendrai plus.

Alors je te ramène.

C'est pas la peine...

J'ai pris le car pour venir, je le prendrai pour m'en retourner !

Eh ben ! alors je t'accompagne au car...

ça te fait pas plaisir...

Hein !

Alors quoi, t'es devenue muette maintenant !

Eh ben ! je te raccompagne quand même, va !

Je travaille seul, j'ai l'habitude.

Alors...

Tu vas t'en aller comme ça,

Sans ajouter un mot...

Sans me dire au revoir, hein !

Pourquoi je vous dirai au revoir...

Puisque je vous verrai plus !

Ah ! c'est ça, tout est fini ! par idée !

T'es incomprise et le désespoir, quoi.

Tiens, pendant que tu y es, tu devrais aller te jeter à l'eau...

Il paraît c'est ce qu'on fait qu'on on est désespéré.

J'ai pas attendu que vous me le disiez pour y penser.

Qu'est-ce qui te prend...

J'ai dit ça pour plaisanter, voyons, quoi !

Naturellement...

Pour me faire rire, comme d'habitude.

Mais rassurez-vous...

Le jour où je me jetterai, ça sera aussi pour plaisanter !

Et vous pourrez rire de bon coeur...

ça sera bien votre tour !

Allô, ne quittez pas, voilà justement M. Chatelard.

M. Chatelard, voilà votre "Equipe" ! Garde-le pour toi, va !

Pas envie de lire aujourd'hui, tiens !

Qu'est-ce que c'est ?

Vous arrivez juste, on vous demande, c'est Port-en-Bessin...

Vous le prenez...

Et passez-le-moi à la cabine.

Allô! oui...

Dorchain?

C'est pour le bateau !

Vous partez tout à l'heure !

Oh ! entendu ! ben ! je serai sur le quai.

Avec la fanfare.

On peut plus plaisanter à présent !

Quoi Marie ?

Qu'est-ce que vous me racontez avec Marie, hein !

Je ne raconte rien, vous fâchez pas.

Je disais... Vous disiez, quoi ?

Elle est partie depuis ce matin.

Alors, je pensais qu'elle était allée voir sa sœur.

Vous ne l'avez pas vu.?

Sa sœur, je la vois tous les jours...

N'en plaisantez pas !

Je parle de la petite, je suis inquiet pour elle...

Elle est drôle depuis quelque temps, vous savez !

Tenez, pas plus tard qu'hier...

Elle parlait de se ficher à l'eau.

Comment se fiche à l'eau !

Oui, oui, je vous dis bel et bien se ficher à l'eau.

J'étais là...

Je vous assure qu'elle en parlait sérieusement !

Mais, mais...

Coupez pas, bon Dieu! coupez pas...

ça y est, on nous a coupé.

Personne pour Le Vieux Logis !

Marie !

Aller, descends...

J'ai oublié de te dire quelque chose.

Alors...

Vous descendez ou vous ne descendez pas !

Qu'est-ce que vous faites là !

Ah ! Je t'attendais...

Je te fais peur ! Non !

Toi qui m'as fait peur.

J'ai peur que tu fasses une blague, enfin, quoi...

Une bêtise !

Alors, je voudrais pas être responsable...

Qu'après tout t'es une môme, quoi !

Tandis que moi...

J'ai âge de faire des bêtises.

Aller, viens. Pour aller où ?

Ben !

Tu vas pas rester toute seule sur la route, non !

J'avais dit que je te raccompagnais...

Alors viens !

J'avais pas avec toi la bêtise, je la ferais avec une autre !

Alors...

Autant qu'on en profite tous les deux...

Tu trouves pas, hein !

Alors bon voyage, hein ! Partez pas avec nous !

Ah, non, excusez-moi, mais moi je préfère la route.

Surtout si vous êtes pressés...

Parce qu'on est pas encore arrivé, nous, à Cherbourg.

He ! dites donc...

Vous m'en voulez pas !

Ah ! Pourquoi vous en voudriez mon vieux !

Pour Marie. Comment pour Marie?

Elle est allée chez vous ! Oui, et après !

C'est moi, qui vous l'ai envoyé ! Ah !

Oui, elle était malheureuse...

Elle pleurait presque.

Alors malgré que vous me l'aillez interdit...

J'ai dit où était le gosse. Hen ! hen !

Ils se sont vus, hein ! Ah ! pour ça, ils se sont vus !

Je suis tout de même content qu'ils se soient retrouvés !

ça fait deux jeunesses heureuses.

Comme vous dites...

ça fera peut-être deux heureux...

En route capitaine.

Aller au revoir ! Au revoir !

Demarre !

Alors, tu penses encore à te jeter à l'eau !

Non, c'est fini.

Et puis, j'ai jamais songé pour de bon...

je nage comme un poisson.

Eh ben !

Une sirène pendant que tu es !

Sournoise, va !

Alors, c'est moi qui me jette à l'eau maintenant, hein !

On me met la corde au cou, et puis je me laisse faire.

Tiens, la preuve là...

Voilà les clés.

Les clés ! Oui, les clés de la brasserie, quoi !

Prends-les.

Et en cherchant bien, tu trouveras aussi les clés de la mairie !

Si ça leur plaît pas dans le quartier...

On leur dira que tu fais ta communion et puis...

... et je suis ton père.

Parce que tu te marieras en blanc...

T'as l'âge.

ça ira bien avec tes cheveux.

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