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Koudbila, cesse tes pleurs.
C'est la volonté de Dieu !
Et s'il était vivant ?
Rends-toi un peu compte, il y a 13 mois qu'il a disparu.
Personne n'a vu son corps. Peut-être s'est-il égaré ?
Pas un bon chasseur comme lui !
Oublie, accepte un autre époux. Il fera de ton fils un homme.
Ton fils appartient...
au clan.
Que vais-je faire ?
Comment m'en sortir ?
M'enfuir... c'est cela.
M'enfuir très loin, avec mon fils. C'est l'unique solution.
M'enfuir...
Petit ! Petit !
Eh bien, tu es mal en point !
Bois, tu en as besoin.
Ça suffit, ça te ferait mal.
Comment te trouves-tu ici, seul ?
Qui es-tu ?
OĂą sont tes parents ?
D'oĂą viens-tu ?
Tu m'entends ?
Tu ne parles pas ?
Bonté divine ! Serait-ce un muet ?
Hélas, c'en est un !
Je ne peux pas t'abandonner ici. Allons, viens, lève-toi !
Tiens, mange cette galette.
As-tu bientĂ´t fini ?
Oui, maman.
- Je vous salue ! - Bonjour Ă vous !
Comment allez-vous ?
- Bien. Et vous ? - Très bien.
Qu'y a-t-il ?
J'ai trouvé ce gamin dans la brousse.
Il gisait à moitié mort.
Je ne pouvais l'abandonner lĂ .
En effet.
Je me suis arrêté chez vous...
Peut-ĂŞtre le connaissez-vous ?
Quel est son nom ?
Il n'a pas pu me répondre.
Je pense qu'il est muet.
Je ne crois pas qu'il est d'ici.
Cependant, je vais vous le confier.
Moi, je ne suis qu'un voyageur de passage.
Laissez-le-moi...
Je ferai tout pour retrouver ses parents.
C'est tout de même étrange ! Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver ?
Puis-je avoir de l'eau ?
Ma route est encore longue, et il fait chaud.
Bien sûr.
Pognèré !
Va remplir cette gourde !
Je suis colporteur.
Aujourd'hui, je suis lĂ
et demain ailleurs.
Comment t'appelles-tu ?
Tu m'entends ?
Eh bien, réponds-moi !
Je m'appelle Pognèré. Et toi ?
Il est temps que je parte.
- Bonne route. - Merci.
Entrons !
Le chef du village décide...
qu'il enverra partout des cavaliers.
Ils répandront partout la nouvelle.
Les parents de l'enfant...
devront se présenter à la cour pour le récupérer.
OĂą dois-tu te rendre ?
Ă€ Tanlarghin, Seuloghin et Moghdin.
Moi, je vais Ă Toudoubweogo et Gonssin.
- Bonne route. - À bientôt.
- Bonjour. - Bonjour.
Un enfant a été trouvé,
je suis Ă la recherche de ses parents.
Il faudrait aller voir le notable.
OĂą demeure-t-il ?
De ce côté. Passez par là .
- Je vous remercie. - Bonne route.
- As-tu des nouvelles ? - Aucune, et toi ?
- Rien non plus. - Allons-nous en !
- Tinga ! - Oui.
Les recherches sont restées vaines.
Souhaites-tu adopter l'enfant...
ou le remettre Ă la cour ?
Je le garderai, avec votre permission.
Comment vas-tu l'appeler ?
Le destin l'a conduit chez moi,
je l'appellerai Wendkouni.
Très bien. Rentre chez toi.
Tu seras convoqué en cas de besoin.
Cela se passait il y a longtemps, bien avant l'arrivée du Blanc.
L'empire Mossi...
était dans sa plus grande splendeur.
Les greniers regorgeaient de mil, puits et rivières débordaient d'eau.
Nul ne connaissait la faim. Tout respirait paix et santé.
Chaque étoffe vaut 75 cauris.
Tu peux en accepter 70. As-tu bien compris ?
Je reviens tout Ă l'heure.
Petit, combien coûtent tes étoffes ?
75 cauris ! C'est bien cher ! Fais-moi un prix.
70 ! Écoute, je les prends à 55.
Eh bien, tu es intraitable !
Je les achète quand même.
Vérifie que le compte y est.
De belles étoffes, mais quel prix !
Merci et bonne vente.
Wendkouni, donne Ă boire aux bĂŞtes.
Merci. Tiens comme ceci.
Bonne arrivée. Je voudrais de l'eau.
Êtes-vous content de votre journée ?
- Oui. Et votre commerce ? - Ça va, merci.
Pognèré, que fais-tu à l'intérieur ? Viens allumer le feu !
- Bonjour. - Bonjour.
- Je ne vous ai pas vu au marché. - Pourtant, j'y étais !
Mes étoffes ont été vite achetées.
- Et vos affaires à vous ? - Ça va.
- Vous en ĂŞtes content ? - Je ne me plains pas.
C'est cela. Pose-le lĂ !
C'est celui que vous avez adopté ?
Oui, il est avec moi depuis 2 ans.
- Il a l'air d'un brave garçon. - Hélas, il ne peut parler !
Aucun parent ne l'a réclamé ?
Personne jusqu'ici.
Quel destin tout de mĂŞme !
Bien, le soleil décline,
je vais rentrer.
Bien, bien.
Dieu nous garde !
Bonjour. Ça va ?
Pognèré, vas-tu te lever, oui ?
Si tu ne sors pas, je viens te chercher.
Tu exagères à dormir ainsi.
Attends un peu !
Que vais-je faire d'une paresseuse comme toi ?
Allez ! Viens me ramasser ça !
Wendkouni,
tu sais, j'ai fait un rĂŞve.
Tu parlais. Ça avait l'air si vrai !
Tu verras, mon rêve va se réaliser.
Balaie ma case !
Dis à ton père que je m'absente.
Wendkouni a désormais une nouvelle famille.
Pourtant, il souffrait profondément.
Il songeait à tout ce qu'il avait vécu.
Muet, il ne pouvait se confier Ă personne.
Il est temps d'aller au marigot.
Prends ton canari et cours-y !
Bonjour, les fillettes.
- Comment vont vos mamans ? - Bien.
Vous venez chercher Pognèré.
Oui.
Revenez vite.
Je vais chez Koudougou.
Dites bonjour Ă sa famille.
- Pognèré ! - Oui, maman.
As-tu fini la vaisselle ?
Pose-les lĂ !
Va porter ce beurre Ă ta tante.
Ne le renverse pas ! Compris ?
Oui, maman.
Et tu ne vas pas aux pâturages.
Allez, va !
Tu resteras et tu me feras des enfants.
ContrĂ´le-toi, voyons !
Tu n'es plus un enfant.
Calme-toi, elle va rester.
Je ne veux pas de ce vieux !
Je ne veux plus ĂŞtre sa femme !
Laissez-moi égorger cette bâtarde !
Calme-toi ! Ne te ridiculise pas !
Qu'il vienne m'égorger, il saura qui je suis !
Cette garce empoisonne ma vie. Qu'ai-je fait à cette bâtarde ?
Je ne veux pas ĂŞtre sa femme. D'ailleurs, il n'est plus viril.
Je ne veux pas d'un vieil impuissant !
Ne dis pas de telles paroles !
Je ne resterai pas dans sa maison.
Ça suffit ! Tais-toi !
Vas-tu cesser de vomir des sottises ?
Conduisez-la chez le vieux Yamba.
Je l'aurais égorgée, cette diablesse.
Eh bien, quelle éducation !
De quoi je me mêle, vieille sorcière !
Ça va, tout est fini.
Cette femme est une vipère !
Inadmissible !
C'est scandaleux !
Je vais chez ma tante.
Je t'ai apporté ta flûte.
Ne crains rien,
j'ai couru pour gagner du temps. Maman ne saura rien.
Joue un air, après je m'en vais.
Tu ne veux pas ?
Me joueras-tu un air cet après-midi au marigot ?
Promis ?
Ce jour-là , Wendkouni se réveilla...
avec un étrange pressentiment.
Toute la journée, cette appréhension ne cessa de l'habiter.
Que va-t-il arriver ?
Mais qu'est-ce qu'elle fait depuis tout ce temps ?
Allons, ne te tracasse pas.
Elle ne tardera plus.
Ah, te voilà ! Tu as manqué ta tante, elle est à l'intérieur.
Tiens, tu es lĂ !
J'avais peur pour mon beurre.
Donne-le-moi !
C'en est du bon.
Je reviens dans un instant.
Ta mère est mécontente, tu sais.
- Elle t'appelle. Réponds ! - Oui, maman.
Tu y es allée, n'est-ce pas ? Quand seras-tu obéissante ?
Je finirai par le dire à ton père et tu verras ce qu'il te fera.
Que se passe-t-il ?
Cette gamine est désobéissante.
Il faut que je la corrige.
Cette fois, ça va.
Nous t'avons envahi.
Mais non, voyons.
Je rentre faire des galettes.
Pensez Ă m'en envoyer !
Ce sera fait.
Pognèré, tu viendras en chercher.
Tu devrais en faire pour ton mari.
C'est vrai, écoute !
- Comment allez-vous ? - Ça va, et vous ?
Tout va bien. Rassure-toi, la querelle est close.
Très bien. Ce n'était qu'une visite.
Je vais repartir.
Dites mon bonjour Ă Lale.
Je n'y manquerai pas.
- Bonjour. - Bonjour.
Comment ça se passe chez Bila ?
Tout semble aller bien.
Timpoko est vraiment insolente.
Les filles d'aujourd'hui manquent d'éducation.
Les temps ont changé, mon fils.
C'est bien possible...
- Avez-vous vu Bila ? - Bien sûr.
Il semble complètement calmé.
Tant mieux ! Et Timpoko ?
Elle rejoindra son foyer demain.
Je demeure cependant inquiet.
As-tu vu mon jeune bélier ?
Le roux !
Je vais voir derrière la colline.
Si tu le vois, ramène-le.
- Salut, Tinga. - Bonjour, Razougou.
- Entrez boire de l'eau fraîche. - Je suis plutôt pressé.
Peux-tu venir un instant ?
Que s'est-il passé ce matin ?
Des éclats de voix chez Bila.
- Encore ? - Oui, Bila et sa jeune femme.
Il y a eu du raffut ce matin,
mais à présent, c'est fini.
Tant mieux.
- Et votre malade ? - Hélas, ça ne va pas mieux.
- Que Dieu lui donne la santé ! - Merci.
Le jour baisse, je me sauve.
- Saluez bien tout le monde. - Je n'y manquerai pas.
Maman !
Où est passé Wendkouni ?
Son couteau est resté aux pâturages.
Il est reparti le chercher.
Il aurait pu attendre demain.
Le vieux Bila... aux pâturages... pendu.
Calme-toi et raconte.
Que dis-tu ?
Je suis allé chercher mon couteau... j'ai trouvé Bila pendu.
- Wendkouni parle ! - Tais-toi !
Tu vois, mon appréhension, Lale.
Wendkouni parle !
En effet. Depuis quand parles-tu ?
Je ne sais pas.
Annonce le drame.
Wendkouni, guide-nous !
Que fais-tu lĂ ?
- Je suis passée te voir. - Maman te l'a défendu.
Elle n'en saura rien.
Si j'étais un garçon, nous garderions les moutons ensemble.
N'as-tu pas peur quand tu es seul ?
Non.
Les moutons me tiennent compagnie.
Le vieux Pusga a dit qu'il existe des génies...
qui peuvent transformer les filles en garçons. Tu y crois ?
Oui, les génies sont puissants.
- Aurais-tu aimé être une fille ? - Oui.
Tu le dis pour me faire plaisir.
Qu'as-tu raconté à mes parents ?
Mais tu étais là !
Ils n'ont pas voulu que j'écoute.
- Il ne faut pas que tu saches. - Raconte-moi, je t'en prie.
Je me souviens : ma mère et moi, nous vivions très pauvrement.
J'étais constamment malade.
Ma mère pleurait souvent...
Elle parlait de mon père.
Moi, je ne l'ai pas connu.
Un jour...
Si seulement ton père était là , nous ne souffririons pas tant.
Notre misère provient de son absence.
Il est sûrement quelque part, il n'est pas mort.
Il nous recherche.
Il reviendra et notre misère cessera.
C'est sûr, il nous cherche.
Mon Dieu, quelle misère !
Maman ! Maman ! Quel est ce bruit dehors ?
Je n'en sais rien, chéri. Attends, je prête l'oreille.
Mon Dieu, que nous arrive-t-il encore ?
Je vais sortir pour voir.
Non, ne me laisse pas seul, j'ai peur.
Alors, viens avec moi.
Sors de là , sorcière !
Elle a tué mon enfant.
On va bien l'extirper de lĂ !
- Tu es démasquée, sorcière ! - Sors, vipère !
La voilĂ qui sort.
Femme, la douleur t'aveugle.
Je n'ai pas tué ton enfant. Le mien aussi est malade.
Bien fait, qu'il crève !
Tu crois peut-ĂŞtre nous apitoyer ? Attends un peu !
Mon pauvre enfant, quelle misère !
Nous retrouvera-t-il ? Qu'allons-nous devenir ?
Qu'adviendra-t-il de toi ?
Comme je suis lasse !
Maman ! Maman !
J'ai couru très longtemps,
puis j'ai trébuché.
À mon réveil...
Le voyageur était penché sur toi.
Oh ! Le soleil se couche, cours vite Ă la maison !
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