Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Roumanie, 1987
D'accord.
Merci.
Tu m'aides un peu ?
Tu l'as eu comme ça, cet aquarium ?
J'ai changé les poissons.
Drôle de paysage, quand même.
Tu diras à Daniela de venir les nourrir ?
Ils vont pas crever de faim en 2 jours.
Tu as pris le dentifrice ?
Oui. Au fait, je t'ai pris du coton.
Tu t'en rachèteras ?
Il te reste du savon ?
Regarde dans le tiroir.
Il y en a plus.
J'allais justement y aller...
Prends-moi du Amo ou du Lux,
pas de Palmolive, ça me donne des pellicules.
Tu prends mon sèche-cheveux chez Petronela ?
On dirait que tu pars en voyage.
Il te reste du fric ?
Dans mon jean, la poche arrière.
Madame a un portefeuille, la classe !
Pas comme toi qui fourres ton fric dans tes poches !
La porte !
Petronela est là ?
Elle était dans les douches.
- L'eau est chaude ? - Oui.
Petronela ?
- Otilia ? - Oui.
Quoi ?
L'officier te cherchait.
- Pourquoi ? - Pour ton absence.
Je t'avais dit de la prévenir !
Elle dit que tu avais déjà tes règles il y a quinze jours !
Elle veut un certificat médical.
D'accord, je vais la voir.
Elle fume ?
Des Vikend.
C'est ouvert.
Bonjour. T'es déjà levé ?
J'ai un examen jeudi avec le recteur.
"Les oiseaux se cachent pour mourir". Tu viens à la projo ?
"À l'est d'Éden", c'est à toi ?
- Gabita, ça va ? - Elle s'épile.
Je veux des Assos et des Kent.
Des Kent, j'en ai pas.
Il me les faut absolument !
T'en trouveras nulle part.
- Prends des Marlboro. - J'en veux pas.
Je vais prendre des Assos et un savon Lux.
- Des Salem ? - Non merci.
Des Wrigley's ?
Non, donne-moi des Tic Tac orange.
Le Tic Tac, c'est cadeau.
Merci.
Essayez de venir voir le film ce soir.
Il y aura Ramona et Virgil.
On va voir. Merci.
Oh ! Les minous !
Ils sont mignons. Ils sont à toi ?
Je les ai trouvés hier.
T'en veux un ?
Je peux pas, Gabita est allergique.
- Ils mangent quoi ? - Hier, du chou.
- Je t'apporte du lait en poudre. - Merci.
Hé ! Les filles !
Quoi ?
Dis à Gabi que son père a téléphoné.
Il va venir en voiture. Il arrive vers 10 h.
- OK, je lui dis. - Merci.
Ton père a appelé, il arrive.
Eh merde !
Tu l'as dit à tes parents ?
Leur dire quoi ?
Il arrive vers 10 h.
Je sais pas quoi faire pour l'examen de lundi.
Tu le repasseras, t'inquiète.
Je prends mes cours avec moi ?
Pas la peine.
Pas la peine, hein ?
T'avais pas du lait en poudre ?
Oui, dans une boîte de Nescafé.
- Combien je te dois ? - 80.
Voilà le lait en poudre.
Ça sent trop bon !
C'est une femelle ?
- Combien, le Rexona ? - 50.
T'as pas de Kent, par hasard ?
Faut aller chez les Arabes.
C'est combien, ça ?
25.
Progesterol... hongrois ?
Allemand fabriqué en Hongrie.
Tu t'y connais, toi !
Je le sais par ma cousine. Moi, je suis déjà trop grosse !
90 lei, les 4 boîtes.
Vu la fréquence de mes rapports...
Et tu en vends ?
Au foyer des couples, j'en vends plein !
J'y vais, j'ai mis de l'eau à chauffer.
- Je me teins en rousse ! - C'est vrai ?
Mais non ! C'est un soin anti-chute.
Tu dis à Petronela de rapporter le sèche-cheveux ?
Je passerai, Petronela a des examens.
- Bonne chance ! - Merci.
À quelle heure tu vois Adi ?
À 11 heures.
Je me sens fiévreuse.
Prends de l'aspirine.
Non, c'est ma dent. J'ai besoin d'Algocalmine en ampoule.
Regarde s'il en reste dans la trousse.
Il manquait plus que ça.
J'aurais dû aller chez le dentiste.
Tu vas pas en mourir d'ici samedi !
- Je voulais te demander... - Quoi ?
Tu peux régler les histoires d'argent ?
Je sais même pas acheter un contrôleur.
T'inquiète. Je m'en occupe.
Tiens, compte.
- 2 700, c'est ça ? - Oui.
J'ai un trou dans l'estomac.
Mange quelque chose.
Je peux rien manger.
Calme-toi, tout va bien se passer.
Allez, fais pas cette tête. Salut !
- Reviens pas sur tes pas ! - J'ai oublié l'adresse !
Arrête avec tes superstitions de provinciale !
J'ai envie de prendre mes cours.
Alors, prends-les.
Contrôle des billets.
Vos billets, s'il vous plaît.
Vous avez un billet en rab ?
Votre billet, madame.
Contrôle des billets.
Excuse-moi, Adi est entré ?
- Tu bachotes ? - Non, je survolais ces résumés.
Il y a quelqu'un qui passe ?
Ils ont pris du retard, ils trouvaient plus la clé.
Arrête, on nous voit.
- Et alors ? - Ça me gêne.
Diana m'a demandé si on pouvait faire un échange.
Qu'elle aille à Izvor et nous à Costinesti.
Pendant la même période ?
Non, elle partirait du 7 au 14 à Izvor, et nous du 15 au 22 à Costinesti.
Mon dernier examen est le 6.
Je devrais d'abord aller une semaine chez moi, puis revenir ici.
Ça compliquerait tout.
Donne-moi une clope.
- T'as pensé à l'argent ? - Oui, attends.
Pourquoi une enveloppe ?
Pour le séparer de l'argent des fleurs.
300, c'est ça ?
Je te les rends dès que j'ai ma bourse.
Tu veux manger un morceau ?
Maman m'a fait des sandwiches.
Elle s'est levée exprès pour ça ?
Non, pour faire son gâteau avant la baisse du gaz !
Pour ce soir...
Tu achètes les fleurs ? Je vais finir tard.
Je crois pas que...
Je ne pourrai pas venir.
Où ça ?
Ce soir, je peux pas.
Tu ne viens pas à l'anniversaire de ma mère ?
Pourquoi tu t'énerves ?
Pourquoi ?
Elle t'a fait une meringue et tu ne viens pas ?
Elle l'a faite pour moi ?
Je lui ai dit que tu aimais ça.
Mais je ne peux pas.
Tu ne peux pas ?
Qu'est-ce que tu as à faire ? Dis-moi.
Je ne peux pas te le dire.
Tu peux pas me le dire ?
Tu n'as pas confiance en moi ?
C'est pas la question.
Je ne comprends pas ces secrets.
On n'a pas de secrets.
Je te le dirai plus tard. C'est pas si grave !
Si tu ne trouves pas ça grave, je ne sais plus quoi dire.
Si je t'avais fait faux bond, tu trouverais ça très grave.
Je veux pas qu'on se dispute.
Qui a commencé ?
Tu m'annonces que tu ne viens pas !
Bon, je viens !
Je ne sais pas comment mais je me débrouillerai.
Tu es trop bonne...
Arrête un peu...
Le professeur vous demande de faire moins de bruit.
- Quelles fleurs tu veux ? - Aucune.
Allez, arrête ! Des œillets ?
Des glaïeuls, plutôt.
Des glaïeuls ?
Oui, pourquoi ?
- Combien tu en veux ? - 48.
Il faut un nombre impair.
- Combien, alors ? - Je sais pas, 49.
- Et pas de glaïeuls. - Ce sont ses préférées...
Elle va croire que je ne sais pas son âge...
Tu crois qu'elle va les compter ?
Tu ne la connais pas !
Prends-en 47, alors. J'en sais rien.
Fais comme tu veux.
C'est pas un vrai dîner, hein ?
Rien de formel, juste des amis de mon père.
Une flûte de champagne et on file dans ma chambre.
Je vais voir...
C'est tout vu ! Tu dois y être à 5 heures !
J'y serai.
Et pas de retard !
Là, tu m'énerves ! Je suis jamais en retard !
Sauf si j'ai un empêchement, comme tout le monde.
Sinon, jamais.
Tu as ta carte d'étudiant ? On ne peut pas entrer sans carte.
Allez, j'y vais.
- Il est quelle heure ? - Il est 20. Tu la veux ?
Non, garde-la.
À plus tard.
Tu ne m'embrasses pas ?
Non, tu m'as énervée.
- Arrête de m'énerver. - Toi aussi.
- Salut. - Salut.
Tu sais où je peux trouver des Kent ?
Tu aurais dû me dire.
C'est pour Gabita.
À l'Unirea, les vendeurs en ont peut-être.
À l'Unirea, le marché noir.
Bonjour !
Oui ?
J'ai fait une réservation au nom de Dragut.
Une réservation ? Depuis quand ?
Aujourd'hui. Ce soir, en fait.
À quelle date l'avez-vous faite ?
Ah ! Mardi dernier.
Je ne vois rien qui corresponde.
Mon amie l'a faite mardi, j'en suis sûre.
Vous savez à qui elle a parlé ?
Non, mais elle a laissé ses coordonnées.
C'est à quel nom ?
Dragut.
Je ne vois aucun Dragut ici.
S'il te plaît...
Dis à Nelu de venir.
Mon collègue vous reconnaîtra peut-être.
Ce n'est pas moi qui ai réservé.
Mon amie a eu un monsieur au téléphone.
- Elle a téléphoné ? - Oui.
Elle n'est pas venue sur place ?
Je crois qu'elle a appelé.
N'importe qui peut avoir téléphoné !
La réservation a été confirmée hier ?
Pour quoi faire ?
Ne me parlez pas sur ce ton.
Il faut confirmer la veille.
Mais on ne le lui a pas dit.
Ça m'étonnerait.
Nelu...
J'ai encore mal.
Il y a quelqu'un ici pour une réservation
que tu aurais faite hier.
Pas hier. Elle a appelé mardi.
Ou bien mardi.
- Quel nom déjà ? - Dragut.
Dragut.
Oui, c'est son nom.
Oui, merci.
Tu m'appelles si on reçoit la paye ?
D'accord.
Si on l'avait, elle serait notée là.
On fait quoi alors ?
Comment ça "on fait quoi" ?
Il y a quelqu'un pour la boutique ?
Oui, j'arrive.
Il nous la faut, cette chambre.
Si on pouvait s'arranger...
S'arranger comment ?
Une délégation est arrivée de Bucarest, l'hôtel est complet.
Vous comprenez ?
Même une chambre triple ?
Mais vous comprenez le roumain ?
On dirait que non.
- T'as des Kent ? - 80 le paquet.
Il y a une délégation qui arrive demain.
Fais pour le mieux.
Je dois y aller, je te rappelle.
D'accord. Allez, salut !
Oui ?
Bonjour. J'aurais besoin de trouver une chambre
à partir de ce soir...
Dès ce soir ?
Oui, s'il vous plaît.
C'est complet.
Même une chambre triple...
Appelle Marcu, s'il te plaît.
Combien de nuits ?
Au moins 2. Peut-être plus.
Pour ce soir, je ne crois pas.
Il y aurait bien une chambre...
Mais elle se libère demain.
Il nous la faut pour ce soir, si possible.
- Combien de personnes ? - Deux.
- Ça sera un grand lit. - Ça ira.
Oui ?
Va chercher 2 cafés au bar et pose-les là-bas pour moi.
Nechezol ou Nescafé ?
Dis-lui que c'est pour moi.
Elle saura.
Vous pouvez m'aider, alors ?
Je ne sais pas. J'attends une confirmation.
Je vous en prie...
- C'est un lit double. - C'est parfait.
Votre pièce d'identité ?
Résidence temporaire... Vous êtes étudiante ?
Pourquoi venir à l'hôtel si vous êtes en foyer ?
À six dans la chambre, c'est difficile de réviser.
- Deux personnes ? - Oui.
J'aurais aussi une chambre pour 4,
vous pourrez la partager avec d'autres clients.
- Non, ça ira. - C'est peut-être mieux pour vous.
Non, je prends l'autre.
Comme vous voudrez.
- Mihartzescu ? - Mihartescu. Avec un T.
Il faut la changer. Si la milice vous contrôle...
Oui, elle est passée à la machine !
La 2e personne ?
Dragut.
Elle s'appelle comme ça !
- Une autre demoiselle ? - Oui.
À l'école, les professeurs ont réagi comme vous...
Dragut Gabriela.
186 lei.
- Combien ? - 186.
Pardon, mais c'est combien la nuit ?
C'est affiché là : chambre double, 62 lei.
Je peux régler juste la première nuit ?
Je vous ai déjà fait une faveur.
Si vous ne la prenez pas, tant pis.
La chambre est libre à 12 h.
Vous laissez la clé ici en sortant.
Merci.
T14, bonjour.
Je ne sais pas si elle est là.
Je monte voir. Tu patientes ?
Gabita ? Ça y est, j'ai pris la chambre.
Mais pas à l'Unirea, au Tineretului.
Ils n'avaient aucune réservation !
Je leur ai dit, mais...
Écoute, c'est comme ça. Il comprendra.
Au fait, la chambre a coûté 186 lei.
C'est un grand lit. J'ai rien trouvé d'autre.
T'avais qu'à t'en occuper ! T'es énervante !
Écoute, va voir les filles et emprunte 200 lei de plus.
Débrouille-toi, t'es grande.
T'y arriveras !
La clé est à la réception.
Comment je vais le reconnaître, ce type ?
Et lui, il me reconnaîtra ?
Gabita, t'es malade ?
Tu savais que ce serait moi et tu as donné ta description ?
T'es vraiment un cas !
Bon, je vais voir...
Oublie pas ta carte d'identité.
À tout à l'heure, salut !
S'il vous plaît !
Le 24, c'est ici ?
- Vous cherchez quoi ? - J'ai un rendez-vous.
On m'a donné cette adresse : 24, rue Decebal.
Vous n'auriez pas vu quelqu'un attendre ?
Non.
Il n'y aurait pas un monsieur Bebe qui travaille ici ?
Bebe comment ?
On m'a juste dit : "Monsieur Bebe".
Connais pas. Demandez au garage.
En tout cas, il travaille pas ici.
Excusez-moi ? Monsieur Bebe ?
Mademoiselle Gabi ?
Gabi ne se sentait pas bien. Je suis Otilia.
Elle devait venir elle-même.
Je paniquais un peu. J'étais pas sûre qu'on se reconnaisse.
J'ai demandé aux ambulanciers.
Demander quoi ?
S'ils avaient vu quelqu'un attendre.
J'avais peur de vous avoir raté.
On prend votre voiture ?
Où est-elle ?
Elle nous attend à l'hôtel.
La portière n'est pas bien fermée.
Vous travaillez ici ?
Qu'est-ce que ça peut faire ?
Je demandais ça comme ça.
Je peux fumer ?
À propos de notre affaire,
je n'ai rien à cacher.
Je viens avec ma voiture.
Vous pouvez noter le numéro.
Si ça se trouve, c'est déjà trop tard,
mais sachez une chose :
tout se joue sur la confiance.
Je vois toujours la personne avant, pour savoir à qui j'ai affaire.
Vous pouvez nous faire confiance.
Elle se sentait mal, elle n'a pas pu venir.
On a voulu vous contacter par Ramona mais elle était partie.
On n'avait aucun numéro.
Je vous dis ça en général.
C'est trop tard pour cette fois.
- Vous êtes à quel hôtel ? - Au Tineretului.
J'avais été très clair avec mademoiselle Gabi,
il fallait prendre une chambre à l'Unirea ou au Moldova.
Je sais mais ils étaient complets !
J'ai même eu du mal au Tineretului.
Votre sœur a déjà fait ça avant ?
Ma sœur ? Non.
- Elle a quel âge ? - 22 ans. 23, en mars.
- Elle est jeune. - Oui.
- Vous habitez ensemble ? - Oui.
Vous n'êtes pas d'ici ?
Non.
D'où êtes-vous ?
De Campulung.
Campulung ?
Je n'y suis jamais allé.
Vous n'avez rien perdu.
- Vous êtes locataires ? - Non, en foyer.
C'est comment, le foyer ?
C'est bruyant. Impossible de réviser.
Vous étudiez quoi ?
Polytechnique.
Au moins, vous ne serez pas nommée à la campagne.
Oui, c'est vrai.
J'ai une petite course à faire avant.
Attendez-moi ici.
Qu'est-ce que tu fais dehors ?
Je t'avais dit de ne pas sortir !
Pourquoi t'es sortie ?
Il y avait du sucre au magasin.
Du sucre, pour quoi faire ?
Pas pour moi.
J'en ai rien à faire de ton sucre !
Tout ce que je veux, c'est que tu ne sortes pas !
C'est la 3e fois que tu t'enfermes dehors !
- Il y a eu un courant d'air... - Putain de porte !
Tiens ! C'est la dernière clé qui me reste.
Ne t'inquiète pas, mon petit. Je ne la perdrai pas.
Et pourquoi tu rentres pas, là ?
Tu veux attraper la mort ?
Madame Iancu fait la queue...
Et pourquoi elle t'a pas laissée chez elle ?
- Elle a peur que tu la voles ? - Mais non, enfin...
Je vais lui dire deux mots...
Et maintenant, t'attends quoi ?
Elle m'a gardé ma place...
Ça suffit ! Rentre immédiatement !
Bon, je vais y aller.
Non, maintenant !
Tu viens manger ?
Lâche-moi et rentre à la maison !
Viorel, quelqu'un t'a appelé.
Un appel pour moi ?
Je t'avais pas dit de pas répondre quand je suis pas là ?
Vous allez où, comme ça ?
Chambre 206. Elle est réglée.
Il faut laisser la clé en sortant.
Il y a quelqu'un dans la chambre.
Quel numéro ?
206.
Dragut Gabriela ?
Elle y est. Je suis la 2e personne.
- Et monsieur ? - C'est un visiteur.
Les visites doivent être annoncées. On n'entre pas comme ça !
C'est pas après 22 h ? Votre collègue me l'a dit.
Vous avez mal compris :
après 22 h, il faut payer un lit supplémentaire
mais les visites doivent être annoncées.
Votre carte d'identité ?
Je peux la reprendre ?
Vous la récupérerez en descendant.
206.
Gabita ?
- C'est toi ? - Oui.
Je suis avec Monsieur Bebe.
Attends.
- Bonjour. Gabriela. - Bonjour.
Entrez, s'il vous plaît.
J'ai oublié la toile cirée.
- T'as trouvé l'argent ? - Quand ?
- Un Nescafé ? - Non merci.
- Un gâteau ? - Non.
Ils sont faits maison.
Asseyez-vous, je vous en prie.
Heureusement que vous vous êtes retrouvés.
Nous étions inquiètes...
Écoutez, je crois qu'on commence mal.
Je vous ai dit deux choses au téléphone.
Un, descendre à l'Unirea ou au Moldova.
Deux, venir en personne au rendez-vous.
Vous pensez que j'ai dit tout ça en l'air ?
Non, j'avais bien compris mais...
on n'a pas trouvé.
Votre sœur me l'a déjà dit.
Dans ce cas, on aurait pu attendre.
Maintenant, ma carte est à la réception...
Je suis désolée.
Vous êtes désolée mais ça change rien.
Je me suis dit qu'il ne fallait plus reporter.
Vous êtes à quel mois ?
Au troisième.
Au téléphone, vous m'avez dit 2e.
Oui, quand on a parlé...
Maintenant, c'est le 3e.
Quel groupe sanguin ?
O.
Pas d'hypotension ?
Je ne sais pas... Non.
Des allergies ?
Non. Sauf aux poils de chat.
Ça me fait juste des plaques sur le cou.
Vous lui faites une anesthésie ?
Je demande parce que j'ignore comment ça se passe.
Une amie qui a fait une...
interruption, m'a dit qu'on l'avait endormie.
Vous n'avez jamais avorté, vous ?
Alors, je vous explique.
Je fais pas de curetage, d'accord ?
On n'en a pas parlé et ce n'est pas nécessaire.
Si on s'entend, je vais poser une sonde
qui provoquera un avortement spontané, d'accord ?
Bien sûr, c'est douloureux et vous saignerez.
Mais vous n'avez pas besoin d'anesthésie.
Ce n'est pas douloureux à ce point.
Et puis, on n'est pas équipés ici.
On ne fait pas des anesthésies n'importe où.
Le plus important, c'est de rester immobile
tant que vous avez la sonde !
Elle ne doit pas bouger.
Je ne la poserai pas une 2e fois. C'est compris ?
À quoi vous vous attendiez ?
Au téléphone, vous aviez l'air décidée.
Je suis décidée mais...
Mais quoi ?
Mademoiselle, ce n'est pas un jeu.
Nous risquons la prison pour ça.
Vous, comme moi. Mais moi, je risque plus gros.
On ne joue pas avec ça, d'accord ?
Si on se lance, on va jusqu'au bout.
Si tout se passe bien, une fois la sonde posée,
vous allez saigner et le fœtus sera expulsé.
Après, il faudra faire très attention.
L'hémorragie peut être importante. Vous aurez besoin d'aide.
Si vous souillez cette chambre, on aura tous des problèmes.
D'où l'utilité de la toile cirée.
Je l'ai oubliée au foyer...
Vous l'avez oubliée ?
Alors, mettez un sac en plastique, quelque chose...
Et encore une fois, très important :
ne laissez entrer personne.
Personne ! Verrouillez la porte en permanence.
Combien de temps ça durera ?
De la pose de la sonde jusqu'à...
On a payé la chambre pour 3 jours.
Ça dépend. Ça peut durer deux heures,
comme ça peut durer 2 ou 3 jours...
Ça dépend de votre organisme.
Et si je dois aller aux toilettes ?
Votre sœur vous aidera.
Vous ne devez bouger sous aucun prétexte.
Si la sonde tombe, c'est fichu !
Je ne viendrai pas une 2e fois.
C'est pour ça qu'il faut que quelqu'un vous aide.
Dès que vous sentirez les contractions et que vous saignerez, ce sera bon.
Mais avant vous ne devez absolument pas bouger.
Et attention aux infections !
Quand je pose la sonde, je la stérilise, j'ai l'alcool et tout le reste.
Mais après, il y a un risque d'infection.
Vous savez que le sang favorise ça.
Je vous laisse de l'ampicyline, au cas où.
- Vous en avez déjà pris ? - Oui.
Mais c'est dangereux de...
Je veux dire, ça peut arriver... qu'elle ne l'expulse pas ?
Tout peut arriver mais il n'y a pas de raison.
Excusez-moi, mais on doit envisager le pire.
Si, par malheur, elle s'évanouit ou si elle a de la fièvre,
ou si elle perd beaucoup de sang, je fais quoi ?
J'appelle une ambulance, ou vous ?
Si vous appelez une ambulance,
on a tous un pied en prison.
Alors, faites attention.
Mais si vous le faites, ne niez pas votre grossesse.
Ils le verront tout de suite.
Dites juste que... je ne sais pas...
que quelque chose est sorti...
Personne ne vous croira,
mais ils seront couverts.
Mais mieux vaut éviter tout ça.
Comment sont vos règles d'habitude ?
Elles sont abondantes ?
Plutôt, oui...
Allongez-vous que je vous palpe.
Baissez la fermeture éclair.
Restez assise.
Vous en êtes à quel mois, déjà ?
Au troisième.
Concentrez-vous un peu.
Quand avez-vous eu vos dernières règles ?
En décembre. Je devais les avoir le 20.
Et vous ne les avez pas eues.
Non.
Donc, la dernière fois, c'était... en novembre.
Il me semble, oui.
Eh bien, nous allons compter !
Novembre, décembre, janvier, février...
Ça fait combien ?
Mais je ne les ai plus depuis décembre.
On compte depuis que vous n'avez plus vos règles, ou avant ?
Ça fait peut-être plus de 3 mois.
Ce n'est pas "peut-être". Vous avez dépassé les 3 mois.
Je vous demande de vous concentrer,
à quel mois en êtes-vous ?
On ne procède pas pareil au 3e ou au 4e mois...
J'en suis peut-être au 4e.
Au quatrième ?
Ou bien au cinquième ?
Faites attention à ces choses-là.
Cinquième, c'est impossible.
Mais quatrième, peut-être...
J'ai un cycle très irrégulier.
Vous prenez ça à la légère !
Quatrième, cinquième...
À partir du 4e, c'est tout autre chose.
Ce n'est plus un avortement.
On vous arrête pour meurtre. On risque cinq à dix ans !
Vous saviez ça, vous ?
Vous vous en fichez...
Mes règles ne sont pas régulières.
Parfois tous les 2 mois et demi. Je ne me suis pas inquiétée.
Je vous en prie.
Vous ne me croyez pas.
Je ne vous crois pas.
Si votre cycle est irrégulier, allez voir un médecin !
Les gens sont comme ça :
ils attendent, ils attendent,
et après, ils viennent pleurnicher.
Pourquoi quelqu'un d'autre paierait pour vous ?
Ce n'est pas moi qui suis allé batifoler.
Je ne sais pas, mademoiselle.
C'est très dangereux, tout ça.
Vous pensez trouver quelqu'un
qui vous le fera au 4e ou 5e mois ?
S'il vous plaît...
S'il me plaît...
Vous savez que tout a un prix dans ce monde.
Mais on vous paye !
Vraiment ?
Combien d'argent vous avez ?
Je vous explique...
On a dû prendre la chambre pour 3 jours.
Sinon, on ne l'aurait pas eue.
Oui, et alors ?
On avait d'abord réussi à réunir 3 000 lei.
Mais avec la chambre, il ne nous reste plus que 2 850.
C'est un problème ?
Je vous ai parlé d'argent ?
Au téléphone, on a parlé d'argent ?
Justement, vous n'avez rien dit.
Alors, on a demandé à Ramona.
On s'est renseignées.
On nous a dit que ce serait 3 000 maximum.
Ramona vous a dit 3 000 ?
Elle pensait que ce serait ça.
Elle devrait le faire, Ramona, puisqu'elle est si bien renseignée.
De quoi avons-nous parlé au téléphone ?
J'ai dit que je vous comprenais et que je vous aiderais.
Oui ou non ?
J'ai parlé d'argent ?
Vous avez dit qu'on s'entendrait.
Justement !
Je voulais vous voir en personne pour ça.
Pour qu'on puisse s'entendre.
Je ne vous juge pas pour ce que vous avez fait.
Tout le monde peut se tromper.
Je ne vous ai demandé
ni votre nom ni qui est le père, ça ne me regarde pas.
Vous avez vu que je n'ai rien à cacher,
je suis venu avec ma voiture,
et ma carte d'identité est à la réception.
Si la milice arrive, elle m'arrête en premier.
Je risque ma liberté.
J'ai une famille, un enfant.
Je suis gentil avec vous, je vous viens en aide.
Vous pourriez être gentilles aussi.
Ça me paraît normal.
Attendez, je comprends pas...
Moi, je peux attendre.
Mais vous, je ne crois pas...
Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ?
J'ai été très clair et j'aime pas me répéter.
Mais qu'est-ce que vous croyiez ?
Que je risquerais 10 ans de prison pour 3 000 lei ?
C'est ça que vous pensiez ?
Vous me prenez pour qui ? Un mendiant ?
Vous m'avez vu mendier ou quoi ?
Voilà ce qu'on va faire,
je vais aux toilettes pendant que vous réfléchissez.
Si c'est oui, vous me dites qui commence.
Sinon, je m'en vais.
C'est vous qui avez besoin d'aide, pas moi.
Je me sens mal. J'arrive pas à y croire.
Pourquoi tu as dit que tu en étais au 2e mois ?
C'est Ramona qui me l'a dit, pour qu'il accepte.
Parce qu'il accepte, là ?
Pourquoi tu as tellement attendu ?
Et maintenant, on fait quoi ? Tu as déjà payé la chambre.
La chambre ?
Ce que tu m'énerves parfois !
Je t'avais dit de faire attention !
Et je fais quoi maintenant ?
Calme-toi. Tu n'as aucune obligation.
C'est bien d'être venue m'aider mais...
Donne-moi l'argent.
Dites combien. 4 000, c'est bien ?
5 000 ? Combien ?
Vous l'avez, cet argent ?
Alors à quoi bon en parler ?
- On peut l'emprunter. - L'emprunter ?
Vous pleurnichez pour le prix de l'hôtel
et vous allez trouver ça comme ça...
Comment vous allez vous le procurer ?
- On l'emprunte. - Et pour rembourser ?
C'est mon affaire.
Tu hausses le ton ?
Non, je vous explique...
Combien de temps pour le réunir ?
Samedi prochain au plus tard.
- Le tout samedi prochain ? - Oui.
D'accord, mademoiselle.
Si vous le dites...
Appelez-moi quand vous l'aurez, on verra.
Non, ne partez pas. Si on pouvait le faire aujourd'hui...
La chambre est réglée.
Comment ça, "on" ? C'est toi qui le fais ?
Non, pardon. Je veux dire "vous".
Et alors, on fait quoi ?
Vous prenez les 2 800 lei qu'on a aujourd'hui,
et je vous promets d'en trouver 2 000 d'ici mardi.
Ça vous va ?
Faites-nous confiance...
Quelle confiance ? On se connaît ?
Je ne sais rien de vous.
Demain, vous pouvez disparaître dans la nature !
Et moi, je serai perdant !
On peut pas faire ça !
- Vous voulez ma carte ? - Qu'est-ce que j'en ferais ?
Je courrais les rues avec ?
On est étudiantes ici, on va pas s'envoler.
Si on a l'argent lundi, ça va ?
Mais enfin, tu te fous de moi ?
Je me suis pas foutu de vous.
- Je ne me moque pas, mais... - Mais quoi ?
J'ai horreur de me répéter, sachez-le.
Si on avait cet argent, on vous l'aurait donné. Mais on ne l'a pas.
Je vous promets que samedi...
Putain de salope !
Tu crois que tu vas me baiser comme un puceau ?
J'en bouffe deux comme toi au petit-déj, compris ?
Des plus malins ont voulu me baiser, et toi, tu te fous de moi ?
Deux finaudes contre un débile ?
Allez vous faire foutre !
Attendez ! Aidez-moi, je vous en supplie !
C'est mon problème. Ça la regarde pas.
Je vous supplie de m'aider comme vous l'avez dit.
Comme je l'ai dit ?
Oui.
Le fautif doit payer. J'ai fait une bêtise.
Elle n'y est pour rien.
J'ai pas posé cette condition-là.
Je sais. Mais ce n'est pas ma sœur.
Désolée de vous avoir menti.
On est dans la même chambre au foyer.
Je t'en pose des questions, moi ?
Dans ce cas, je peux le faire.
Mon amie n'a aucune obligation.
Je vous proposais...
Ne me propose rien !
Au mieux, tu peux demander !
Je t'ai proposé mon aide et mes conditions.
Si tu veux pas comprendre, tant pis.
Qu'est-ce qu'elle a dit ?
J'ai pas entendu.
Elle a ses règles...
Si c'est pour marchander !
Je vous en supplie ! Pitié !
Allez ! Posez-lui cette sonde et...
Et quoi ?
Tu me prends pour un bleu ?
Pardon...
Vous auriez une cigarette ?
Merci.
Allonge-toi.
- Vous me faites une piqûre ? - Non.
- C'est quoi ? - De l'eau.
S'il n'y a rien d'ici demain, remets-la toi-même.
Passe-moi la sonde.
Ne te contracte pas.
Dis-moi quand ça pique.
- Ça pique ? - Oui.
Quand tu le sens sortir,
va t'asseoir sur les toilettes.
Donne-moi le pansement.
Tiens-le.
Très important :
ne coupe pas le cordon avant l'expulsion du placenta.
C'est grave s'il en reste dedans.
Reste tranquille jusqu'à l'expulsion.
Ne bouge pas !
- Je peux me couvrir ? - Oui.
J'ai oublié de vous dire,
ne jetez pas le fœtus dans les toilettes, ça les boucherait.
Ni entier ni en morceaux.
Et n'allez pas l'enterrer, les chiens le déterreraient.
Tu l'enroules dans un torchon,
tu prends le bus pour un autre quartier.
Tu vas dans un immeuble,
et tu le jettes du vide-ordures du 10e étage.
Tu as compris ?
Oui.
Tu prends sa température matin et soir.
Si elle a 37-38 °C, tu la laisses tranquille.
Si elle dépasse 39,
tu lui donnes de l'aspirine.
Je peux passer demain à 2 heures, ou bien ce soir...
Non, c'est bon.
- Allez, il ne faut pas... - Non.
Comme tu veux.
Si tu as mal ou si tu as besoin de moi,
téléphonez-moi et je passe.
Mais surtout ne bouge pas.
Des questions ?
Alors, je m'en vais.
Allez, bonne chance !
Merci.
Dis-moi...
je suis curieuse de savoir,
pourquoi Ramona t'a recommandé ce type ?
Il a avorté Luciana.
C'est même pas Ramona, alors !
Non.
Mais pourquoi elle le recommande ?
Et si c'était un porc ou un crétin ?
Elle pense t'avoir rendu service ?
Elle a dit qu'il faisait les grossesses de plus de 3 mois.
Alors pourquoi t'as dit à ce porc que t'en étais au 2e ?
J'ai pensé que c'était mieux.
Arrête de penser, alors !
Et si tu décides de mentir, préviens-moi !
Pourquoi tu as dit que j'étais ta sœur ?
Qu'est-ce qui t'a pris ?
Il voulait que j'y aille en personne,
qu'est-ce que je pouvais dire ?
Alors pourquoi t'y es pas allée ?
Ben... je t'ai demandé d'y aller.
Gabita, tu m'écoutes ?
Pourquoi t'y es pas allée, toi ?
Parce que ça m'était pénible !
Donc, tu as préféré mentir.
Je ne t'ai pas menti à toi.
Peu importe à qui.
J'ai oublié de te le dire, mais j'ai pas menti.
Ça compte plus...
Mais ça m'énerve qu'on soit dans la merde
à cause de tes conneries.
On aurait pu aller chez Mme Jéni ou chez celle dont a parlé Dorina,
et ça se serait passé différemment.
C'est facile à dire maintenant.
Mais rappelle-toi, tu étais d'accord
pour prendre le moins cher, même si c'était un homme.
J'ai dit ça, moi ?
Bien sûr, j'ai dit qu'on devait aller au moins cher,
mais pas qu'on se foutait que ce soit un homme.
Ça, je n'y ai même pas pensé.
Quoi, tu crois que j'y ai pensé ?
Putain de merde !
Dans l'autre hôtel, ça se serait peut-être mieux passé...
Comment t'as eu l'idée de réserver par téléphone ?
Je me suis dit que c'était comme si j'appelais d'une autre ville.
Tu t'es dit...
Enfin bon...
- Il reste des clopes ? - Non.
Drôle de nature morte...
Ça va ?
Oui.
Ça te fait mal, ce truc ?
Ça brûle un peu.
Ça m'a fait mal quand il l'a posée.
Bon, je dois aller chez Adi.
C'est l'anniversaire de sa mère. J'ai promis.
J'allume la lampe ?
Non, laisse comme ça.
Tu peux juste m'apporter un verre d'eau ?
Je rentre dans une heure.
Je te rapporte à manger ?
Je n'ai pas faim.
Peut-être plus tard ?
Non, j'ai les gâteaux.
Je te rapporte une salade ?
Non, je la mangerai pas.
Bon, on verra.
Je te laisse le numéro.
Appelle-moi si tu as besoin.
Je t'appellerai pas là-bas.
Je t'appellerai en arrivant.
Bon, j'y vais. Sois sage.
Ne laisse entrer personne.
Tu y vas ?
Comment on fait pour la clé ?
Je t'enferme et je la prends ?
Il t'arrivera rien, va ! Je rentre vite.
Allez, salut !
Mademoiselle.
Mademoiselle...
Votre visiteur a oublié sa carte d'identité.
T'es en retard et t'as oublié les fleurs ?
Si tu me parles sur ce ton, je pars !
T'es énervée en plus ?
- Bonsoir. - Bonsoir.
Je suis la mère de Adi.
Otilia. Joyeux anniversaire !
Merci. Viens que je t'embrasse.
Merci d'être venue.
Gina, ces concombres !
Allez-y, je vais chercher les concombres.
Allez-y !
Je dois passer un coup de fil.
Bonsoir, chambre 206.
Otilia, mon père.
Tu me présentes comme ça ?
Otilia. Enchantée.
Enchanté. Entrez.
Ce n'est pas la peine...
Adi, donne-lui tes chaussons ! Il n'y en a pas d'autres.
Tu veux attraper froid ? Prends cette paire.
- J'en ai pas besoin. - Prends-les.
Venez par ici. Allez, entrez.
Bonsoir.
Voici la petite amie d'Adi.
Otilia.
M. et Mme Rusu, les parrains d'Adi.
Le Docteur Aldea et Madame.
Le Dr Racoviceanu, cardiologue, et Madame.
Laisse-la s'asseoir, tu la fatigues avec tes présentations.
Toi, il te présente comme cardiologue,
et moi comme simple docteur !
Quand tu viendras pour ta prostate,
on verra qui est le grand spécialiste !
Et moi ? Toute ma vie, on m'a donné du "Madame le Docteur"
alors que je suis chimiste !
Les toilettes ?
Excusez-moi.
Allume-lui la lumière.
- Tu veux de la soupe ? - Je ne vais pas rester.
Mais tu viens d'arriver !
Tu t'es lavé les mains ?
Tu m'as dit de passer, pas de dîner avec tes parents.
Le temps d'ouvrir le champagne, et on va dans ma chambre.
Tu t'es calmée ?
Laisse-moi, je suis en nage.
La soupe...
Allez, vas-y !
Tant que Dima ne partira pas à la retraite, rien ne changera.
Arrêtez avec cet Institut ! Vous ne parlez que de ça !
- Et alors ? Tu veux un whisky ? - Non, un jus.
Adi, un verre de jus.
- Elle ne boit pas d'alcool. - Je n'en ai pas envie.
C'est très bien qu'elle ne boive pas.
- Et de la dinde ? - Même pas un vermouth ?
- Je vais me servir. - Elle jeûne peut-être.
- Et alors ? - Je ne jeûne pas.
Et le poisson ? Vous êtes de Galati, non ?
Oui, de la ville.
Vous connaissez le docteur Ivanov ? Un chirurgien.
Non, je suis partie après le lycée.
C'était mon étudiant, il m'apportait du poisson.
- Celui qui a eu 20 de moyenne ? - Non, 19,5 !
Nous, quand on avait un 14 en anatomie, on faisait la fête !
Aujourd'hui, il y en a plein qui ont des 19,5.
Et des 21 ! Adi a un collègue qui a eu 20 de moyenne.
Avec le point de l'association étudiante, ça fait 21 !
Bientôt, les étudiants mariés auront 0,5 en plus !
Tu vas te marier d'ici là !
Tes parents sont aussi dans l'enseignement ?
Mon père est militaire, ma mère en pré-retraite.
Avant, ils travaillaient ensemble.
Les gens simples ont souvent plus de bon sens que les gens instruits.
Ça dépend dans quel milieu tu les mets.
Dima aussi vient de la campagne.
Il a eu un bon poste au parti grâce à ses origines saines...
Vous recommencez ! Allez, on trinque !
Tu trinques avec ton jus ?
Plus fort, on n'entend pas l'Intelligence Suprême.
Les boulettes sont au porc ?
Cette famille est impossible à nourrir.
Petit, Adi ne mangeait pas de porc.
Le moindre bout de gras, et il ne mangeait plus.
Même la soupe ! S'il voyait un peu de graisse,
il ne la mangeait plus ! Pareil avec la peau du poulet.
Ses sandwichs au jambon, il les donnait à ses copains !
J'étais furieuse ! On avait moins de relations à l'époque.
On avait un salaire de 2 280 lei.
3 heures de queue pour 1 kg de viande !
Et lui se permettait des caprices.
Les enfants doivent être élevés à la dure.
Plus tard, personne ne les gâtera. Moi, on m'envoyait avec les vaches.
Je faisais mes devoirs sous la lampe.
On était neuf frères, maman posait la polenta au milieu.
- Il fallait de la chance pour manger ! - Et toi, tu en as eu !
C'est une famille de capricieux. Quand j'ai épousé Grigore,
si je préparais pas la purée comme sa mère, il la mangeait pas.
On peut changer ses habitudes...
Ce n'est toujours pas la purée de maman.
- Mais elle est bonne. - Délicieuse.
Elle la prépare comment ?
- Ma mère ajoutait du lait. - Moi aussi, j'ajoute du lait.
Moi, du beurre et l'eau des pommes de terre.
- Ça dépend des habitudes. - Chez nous, pas de beurre.
Maman ajoutait des pommes de terre dans la polenta !
Quand on était jeunes, c'était différent.
Aujourd'hui, ils reçoivent tout sur un plateau !
Regardez-les : foyers, bourses, papa-maman qui les nourrissent...
Tout est relatif ! Et les affectations d'état ?
S'ils sont nommés dans un trou perdu, ils doivent s'y enterrer !
Mais c'est très bien, les affectations.
Avant d'arriver à Roman, j'ai passé 8 ans à Cotnari,
je n'en suis pas mort !
S'il vous plaît, servez-vous.
Qu'est-ce qui vous tente ?
Si les filles ne trouvent pas de mari à la fac,
elles se retrouvent à la campagne à épouser le maître ou le Pope.
Le Pope est souvent l'ivrogne du village.
Tu exagères. Il y a des prêtres très corrects.
Des exceptions.
La plupart ont la télé couleur, un magnétoscope,
et ils ne sont jamais disponibles ! Qu'est-ce qu'ils font ?
Des confessions !
Je ne sais pas, je ne vais plus à l'église.
Nous y allons à Pâques, au risque de se faire arrêter.
- Par qui ? - Mais par le Pope !
Elle est bonne, celle-là !
Mes œufs de Pâques étaient superbes !
Moi, c'est ma belle-mère qui me les fait.
Devinez qui j'ai rencontré à l'église à Pâques ?
Gentiment caché derrière un pilier ?
Tonès !
Aurel lui a dit : "Où est ton carnet de notes ?"
Non, je lui ai juste dit de me le donner.
Ah oui ?
Il a commencé à dire : "Écoute, Aurel..."
Ma belle-sœur d'Allemagne m'a donné de la teinture pour œufs.
Et un délicieux massepain à Noël.
L'année dernière, tous mes œufs se sont fissurés. Dieu sait pourquoi.
- Les miens étaient très réussis ! - Si la teinture est bonne...
- Je les fait briller avec de l'huile. - Moi, du beurre.
Avec cette teinture, pas besoin de graisse.
J'ai eu du jaune, du vert et de l'orange.
Et du bleu...
En mélangeant le jaune et le vert.
Et on en donne à nos voisins.
- Cette année, c'était Mme Albu. - Offrande de Pâques !
- Merci. Tu veux une cigarette ? - Je ne change pas de marque...
- Vas-y. - Merci.
- Qu'est-ce que vous étudiez ? - Polytechnique.
Avant, les garçons faisaient Polytechnique et les filles Médecine.
Quelle différence ?
Au moins, vous ne serez pas nommée à la campagne.
Mais travailler toute ta vie dans une entreprise...
- Et tu habites en foyer ? - Oui.
À combien par chambre ?
Quatre. Mais on s'est arrangées pour être deux.
- Elle s'est bien débrouillée ! - Eh oui !
Une jeune fille comme vous
qui fume en présence des parents de son ami...
- Emilian ! - Quoi ?
J'avais 43 ans quand mon père est mort, et je n'ai jamais fumé devant lui.
- C'est bien. - Comme s'il savait pas...
- Adi, tu sors le champagne ? - C'est une question de respect.
Les jeunes sont devenus insolents. Mon Valentin...
- Quelle insolence ? - Ce n'est peut-être pas le bon mot...
Je ne voulais pas que mon fils soit exempté.
Pourquoi ne pas aller à l'armée ? Qu'il apprenne à être un homme !
- Ma femme aussi couve notre fils ! - Moi, je ne suis pas d'accord.
Tu crois que de rester 9 mois à se vider le cerveau,
ça fait de lui un homme ?
Je ne veux pas que mon fils souffre pour rien.
Tu devrais voir ceux qui en prennent pour 16 mois...
- Les pauvres... - Le pire, c'est à la frontière.
- Non, c'est le bataillon disciplinaire. - On parle pas de ça...
Adi n'a pas été exempté. Son père a refusé par principe.
- Du coup, il fait chimie. - Pas à table...
C'est bien, la chimie. Je le prendrai comme assistant. Il sera ravi.
Il aurait pu repasser l'examen.
- Il peut encore ? - Pour étudier deux matières ?
- On l'ouvre, ce champagne ? - Oui, allons-y.
Grigore, tu peux me passer les verres à pied verts ?
Joyeux anniversaire !
Servez-vous, je vous en prie.
Joyeux anniversaire, ma chère filleule !
- Tu m'apportes le téléphone ? - Oui, attends.
Adela est au téléphone.
Tu veux me dire ce qui se passe ?
Tu es toute retournée depuis ton arrivée.
- Je n'ai pas envie d'en parler. - Tu me le dis ou quoi ?
- T'es sûr de vouloir savoir ? - Évidemment !
Je veux savoir ce qui se passe.
J'ai dû aider Gabita à se faire avorter.
C'était pour ça, l'argent ?
Tu crois qu'un avortement coûte 300 lei ?
Pourquoi, alors ?
Je te rembourse lundi et on n'en parle plus.
Mon père a un collègue médecin
qui a pris 3 ans pour avoir aidé une patiente.
Et si je tombais enceinte ?
- Arrête avec ça ! - Mais c'est très possible.
Tu y as déjà pensé ? Qu'est-ce que tu ferais ?
Ne lève pas les yeux au ciel, réponds !
À quoi veux-tu que je pense ?
À ce qu'on ferait si j'étais enceinte.
C'est impossible !
Comment tu sais que je ne le suis pas ?
Tu l'es ?
Tu ne sais pas quand j'ai mes règles.
Mais si, c'est ces jours-ci !
Toi, c'est pas ton problème !
Pourquoi tu me dis ça ?
Tu es tombée enceinte depuis qu'on est ensemble ?
Jeudi, je t'ai demandé de faire attention,
de te retirer. Mais tu t'en fiches.
Comment tu parles de ces choses ?
Comment je parle ?
Tu trouves plus honteux d'en parler que de le faire ?
Pourquoi cette discussion si tu n'es pas enceinte ?
Je veux savoir à quoi m'attendre.
Calme-toi. Si ça arrive, j'arrangerai tout.
C'est ça...
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je t'ai laissée tomber quand tu as eu besoin de moi ?
Est-ce que tu sais quand j'ai eu besoin de toi ?
C'est de ma faute si tu ne parles pas ?
Tu voudrais que je devine tes problèmes ?
Pour Gabi, j'aurais pu t'aider.
C'est ça, tu m'aurais aidée...
Même de manière théorique, tu peux pas te poser le problème.
L'important, c'est que tu fasses attention.
Sois tranquille, je ne compterais pas sur toi.
Gabita, elle au moins, elle m'aiderait.
Tu veux dire que je ne t'aiderais pas ?
Je ne suis pas pour l'avortement, c'est dangereux. C'est tout.
Quelle serait la solution, selon toi ?
Je sais pas, je t'épouserais.
Donc si je tombe enceinte...
Ne t'emballe pas...
T'inquiète ! Je n'ai pas l'intention de passer ma vie à te faire de la purée !
Otilia...
Les invités t'ont énervée ?
Oui. Mais ce n'est pas la question.
Tu trouves mes parents simples parce qu'ils n'ont pas fait d'études.
Tu m'as déjà entendu dire une chose pareille ?
Inutile. Je sais ce que tu penses...
Et tu l'as dit une fois.
J'ai dit quoi ?
Je peux entrer ?
Je vous ai apporté de la crème brûlée.
Mais gardez une petite place pour la meringue !
Pourquoi vous êtes assis dans le noir ?
Tu m'apportes le téléphone ?
Bon, écoute.
Je m'excuse si j'ai fait une erreur.
Je t'aime et je veux qu'on reste ensemble.
Donne-moi le téléphone.
- Otilia, je t'ai demandé pardon. - Tu viens de t'excuser.
Tu sais au moins pour quoi ?
Dis.
Pourquoi ?
Je ne veux pas que tu sois triste à cause de moi.
Si j'ai fait une erreur, c'était pas mon intention.
Je veux qu'on s'entende bien.
Jusqu'à quand ?
Jusqu'à ce que je sois affectée loin de toi ?
Je t'ai dit de ne pas me toucher.
Ça va aller.
On va partir tous les deux. On ne se disputera plus.
Apporte-moi le téléphone.
Je peux parler seule à Gabita ?
Ce ne sera pas long.
Bonsoir, chambre 206.
Savez-vous si quelqu'un est monté dans la chambre 206 ?
Mihartescu. Vous m'avez parlé ce matin.
Non, ce n'est pas la peine que vous montiez. Merci.
Je dois y aller...
Quoi ? Gabi ne va pas bien ?
Encore 5 minutes. Elle coupe justement la meringue.
Je voudrais bien, mais je ne peux pas. Désolée.
Viens au moins dire au revoir.
Dis-leur de ma part. Je dois vraiment y aller.
De quoi je vais avoir l'air devant tout le monde ?
Je suis désolée.
Salut.
S'il te plaît, ne me raccompagne pas.
Rentre. C'est pénible ce silence en attendant l'ascenseur.
Bonsoir, chambre 206.
Votre carte d'identité.
La réceptionniste a noté mes coordonnées ce matin.
- Mihartescu... - Votre carte d'identité.
Je crois qu'elle est en haut.
Appelez pour qu'on vous l'apporte.
J'ai appelé plus tôt, mon amie dormait.
Je vais vous la chercher, pour ne pas la réveiller.
Vous sortez sans pièce d'identité ?
Je suis sortie acheter des cigarettes, et j'ai rencontré quelqu'un.
Vous êtes sortie...
Je redescends.
Gabita !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Pourquoi tu ne réponds pas ?
Je l'ai expulsé. C'est dans la salle de bains.
Décroche !
Dis-leur que j'arrive !
T'as un sac ?
Un sac ?
Ça, c'est bien ?
C'est trop petit.
Tu l'enterres, hein ?
Tu me le promets ?
Je ne vais pas le jeter.
Arrête. Ferme à clé.
Si quelqu'un vient, dis que je suis descendue.
À quelle heure passe le dernier bus ?
Dans une heure environ, je crois...
Il y a des taxis par ici ?
Non, pas dans ce coin.
- Merci. - Je vous en prie.
Gabita !
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Une bagarre pendant le mariage...
Votre amie vous attend au restaurant.
Au restaurant ?
Oui. Elle vient de descendre.
Passez de l'autre côté. Là, c'est le mariage.
Merci.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je ne savais pas où tu étais...
J'avais très faim.
Je crois que j'ai un peu de fièvre.
Tu as pris de l'aspirine ?
J'ai pris l'ampicyline.
Tu l'as enterré ?
Écoute, tu sais ce qu'on va faire ?
On ne parlera plus jamais de ça, d'accord ?
Qu'est-ce qu'ils servent à cette heure-ci ?
Il arrive tout de suite.
C'est quoi ?
C'est le menu du mariage.
Filet de bœuf, filet de porc, foie, cerveau pané, moelle...
Je peux avoir une autre bouteille d'eau minérale,
le temps d'y penser ?
4 mois, 3 semaines et 2 jours
dans la série les contes de l'âge d'or
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.