All language subtitles for Josette - de Christian-Jaque - avec Fernandel, Mona Goya, Lucien Rozenberg - 1937 VO

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Original subtitles

et quatre sont treize et huit ça fait vingt

et quatre et neuf ça fait

Je suis ici pour chanter, mon ami, mais pour travailler.

Mais je chante en travaillant pour égayer un tantin et ma besogne.

Ainsi font d 'ailleurs le maçon en gâchant le plat, le forgeron en frappant

fer et le peintre en ravalant une façade. Le service des comptes courants

pas un chantier, monsieur.

Est -ce que je vous obligerai Ă  ravaler ce sont vos impertinences et vos

chansons ? Vous passerez à la caisse. On vous y règlera pour huit jours. Ah,

pardon, monsieur. Pardon, monsieur. Pas huit jours.

Un mois. J 'ai droit à un mois de préavis.

Monsieur, vous n 'ĂŞtes Ă  la Banque internationale que depuis quatre jours.

durant lesquelles vous n 'avez fait autre chose que de troubler le travail

vos collègues. Vous êtes très moqué.

Ma décision est irrévocable.

Bien.

Nous nous retrouverons dans les prudents, monsieur.

présente mon vieux copain Albert.

Oui, nous avons été élevés ensemble.

C 'est pour ça, d 'ailleurs, que nous sommes à peu près de la même taille.

Monsieur est également compositeur? Ah non, lui, le vénard, il est banquier.

banquier. Ne le croyez pas, mademoiselle, c 'est un blagueur.

Non, non, un simple employé de banque seulement, oui.

Sans place, d 'ailleurs.

Sans place.

Au revoir, cher ami. Au revoir, splendeur.

Pardon, monsieur.

Ă€ demain.

Ă€ demain.

Elle a du talent.

Le plus beau talent du monde.

Elle est jolie.

Oh, oui.

Dis -donc, qu 'est -ce que je t 'ai entendu marmonner tout Ă  l 'heure ? Tu

perdu ton emploi.

Eh oui. Moi, j 'ai fait le troisième en deux mois.

Mais qu 'est -ce que tu veux ? Moi, je ne veux pas rester en place.

Je suis trop nerveux. Et puis, je déteste le travail de manque.

Je hais la comptabilité.

J 'abomine les comptes courants.

Aussi, quoi qu 'il arrive, j 'en fais serment.

Je ne mettrai plus jamais les pieds dans un bureau.

Jamais.

Alors qu 'est -ce qui te fera vivre ?

Avec mon cœur.

C 'est très gentil tout ça, mais la sensibilité et le cœur, ça s 'entend

Tu as un organe.

Au fait, quelle est ta tessiture ? Ma tessiture ? Oui, ta tessiture.

Tu la connais, ta tessiture ? En as -tu seulement une, ta tessiture ? Et

pourquoi ? Que je n 'aurai pas de tessiture ? Je ne te demande pas

'as pas de tessiture, je te demande quelle est ta tessiture. Je ne vois pas

pourquoi je viens de faire des confidents sur ma tessiture, alors que

train de douter que j 'en ai une, ta tessiture.

Tessiture.

Tessiture. Et d 'abord, qu 'est -ce que c 'est qu 'une tessiture ?

C 'est pas une maladie.

Non, c 'est la sonorité de la voix.

Et tu ténors, bariton ou basse ? Je ne sais pas.

Et ça n 'a aucune importance.

Ah, ça n 'a aucune importance.

Non, il faut que tu m 'aides, Rémi.

Il le faut. Ben oui, mon gars, je parlerai de toi à Coutanson, l 'éditeur.

'est ça, bravo. Tu crois qu 'il me donnerait une audition ? Une audition ?

certainement pas. Mais pourquoi il me donnerait une audition ? Mais des

additions, peut -être. Il emploie beaucoup de monde à sa comptabilité.

Mais il faut penser à sa croûte avant de s 'en venir chanter, mon vieux. Mais si

tu claquais du bec, tu ne pourrais pas l 'ouvrir.

Allez, tiens, en attendant, prends ça.

Non, non, non, on ne fait pas de manière, mon vieux. Allez, prends ça,

ça. Faut ton amour propre dedans et mets -le dans ta poche. Non, mais non, c

'est toi qui le mets. Non, je dis que je ne le voulais pas.

Monsieur Rémi Doré, compositeur de musique et tapeur de piano.

Écoutez -moi bien.

Je n 'ai pour toute fortune que 300 francs.

Je dois... tous les commerçants du quartier et trois -terme mon

Quand je rentre dans le sombre immeuble où je gîte, je suis obligé d 'employer

la ruse pour éviter les récriminations de ma vieille sorcière de concierge.

Ceci dit, je ne sais pas si un jour je serai grand vedette. Ça peut arriver

comme ça ne peut pas l 'arriver.

D 'ailleurs, c 'est pas l 'importance.

Mais il y a une chose dont je suis sûr, c 'est que je préférerais mourir

plutôt que de renoncer à mon âme.

Je vous salue bien, monsieur.

Réflexion faite, je préfère te prendre les 500 francs pour te prouver que je n

'ai pas mauvais caractère et qu 'en toutes circonstances, tu peux compter

mon amitié, malgré tout.

Au revoir.

Adieu, poubelle.

Alors, comment va ta mère aujourd 'hui ? Toujours pareil.

Le docteur est avec elle. Et c 'est pour ça que je m 'amuse sur le palier. Ah,

ben, il fallait aller dans ma chambre. C 'est pour ça. Ce n 'est pas la peine d

'insister. Et il y a longtemps qu 'il n 'est lĂ , le docteur ? Non.

Mais tu crois qu 'il la guérira ? Mais bien sûr qu 'il la guérira, bien sûr.

C 'est un bon enchanteur.

Lui, de première classe.

Tu as vu, d 'ailleurs.

Il trace des formules sur un tout petit bout de papier qu 'il transforme en

pilule. Et hop, le mal a disparu.

Il nous faudrait un véritable magicien qui nous transporterait tous dans un

château avec des poules, des vaches et des cochons.

Mais bien sûr, ne t 'en fais pas, voyons.

Ta maman aura tout ça d 'ici peu.

Les petits miracles comme ça, les bonnes fées, elles en fabriquent tous les

jours Ă  la pelle.

Madame Dufloque, qui habite au fond du corridor, me dit que je suis une petite

imbécile de croire aux fées, aux sorcières et aux enchanteurs.

Et il me dit aussi que pour me mettre de pareilles idées en tête, tu dois avoir

la cafetière qui fuit.

Elle a dit que j 'ai la cafetière qui fuit ? Elle a dit ça ? Oui, elle a dit

La Dufloque est une vilaine femme.

Méchante et jalouse. Et les bonnes fées ne permettent pas aux méchants et aux

jaloux de croire en elle. Ils ne le méritent pas.

Bien sûr.

Viens, le docker s 'en va.

Prends ton livre.

Allons, au revoir, mon enfant. Ça va très bien. Je reviendrai ce soir vers

rencontré beaucoup aujourd 'hui. Et non, docteur, vous êtes le premier.

Et bonjour, Jeannette. Bonjour, Albert.

Alors, et cette santé, comment ça va?

Tenez, croquez -moi ce raisin. Il vient de notre Provence. Chaque grain contient

un peu de soleil. Que vous ĂŞtes gentil.

Croquez -moi ça et crachez les pépins, à cause de l 'appendicite. Que serions

-nous devenus sans vous, grand Dieu?

Si en ton méridion, on se dépeint un peu, alors... Ma petite fille, j 'ai une

bonne nouvelle Ă  t 'apprendre.

Je ne vais pas avec maman.

Tu ne vas pas me laisser, dit maman.

Ma chérie.

Je vais avec toi, maman.

Ma petite fille, il faut ĂŞtre raisonnable.

Tu iras dans une belle maison.

Et tu seras au milieu de petits camarades. Non.

Oh, je la connais, votre maison.

C 'est l 'assistance publique.

Albert.

Albert. Je ne veux pas aller aux enfants trouvés. Bien sûr que tu n 'iras pas.

Il n 'y a que les enfants perdus qui ont mis aux enfants trouvés.

Et toi, tu n 'es pas perdu.

Tu resteras avec moi.

Je mettrai ton lit dans ma chambre.

Je te conduirai à l 'école tous les matins.

Et le soir, tu nous feras la dînette.

Quant Ă  ta maman, on lui tira tous les jours.

On lui téléphonera tous les dimanches.

Et puis, on ira la voir aux vacances.

Merci.

On a reçu de bonnes nouvelles de maman. On est content.

Tu crois qu 'elle va rester longtemps lĂ  -bas?

Il y a trois semaines qu 'elle est partie.

Tu ne vas pas marchander la santé à ta mère?

Oh, non.

Moi, je vais voir Rémi à Radio Lutetia.

Et j 'espère que pendant ce temps -là, tu ne vas pas te livrer à des

excentricités. Mais non ! Tu ne laisseras pas le robinet de la vie

jouant aux inondations, hein ? Oh non ! Tu n 'iras pas sur le palier du second

pousser des hurlements de douleur pour faire croire aux voisins et que le

dentiste assassine quelqu 'un ? Mais non, mais non ! Alors, tu peux partir

tranquille. Mais bien sûr, je viens avec toi.

Tu viens avec moi ? Oui, je viens avec toi. C 'est aujourd 'hui jeudi, il n 'y

pas d 'école.

Alors, tu viens avec moi ?

Oui, j 'y arrive, j 'y arrive.

Change un peu ta cravate.

Voilà, ça va ? As -tu un mouchoir ? Non, j 'ai pas de mouchoir, non. Non, j 'ai

oublié. Ça, j 'en étais sûr. Ah, tu en étais sûr. Tu sais, j 'ai pris mes

chansons et j 'ai oublié ton choix, ça, forcément.

On va penser Ă  tout, hein. Et ton machin pour la gorge ? Ah, non, je l 'ai pas

non plus, non.

Ah, ben, heureusement que tu es lĂ , hein.

LĂ .

Brosse, brosse.

Là, ça suffit, ça suffit.

Ah, lĂ , lĂ , les hommes ! Qu 'est -ce que vous deviendriez sans nous ? Ah, ben,

heureusement que tu es lĂ .

Allez, parce que...

Bonjour, Raguelo. Bonjour, mon cher. Bonjour, mademoiselle Séloane. Bonjour,

monsieur le directeur. Vous pouvez aller respirer dehors pendant 20 minutes, mon

petit. Avec joie.

Alors, tout est prêt pour l 'interview du puériculteur ? Oui, le public s

'installe, mais il manque encore le professeur et son élève. Non, il est

depuis 10 minutes. Je l 'ai vu tout Ă  l 'heure dans l 'antichambre. Je vais tout

de suite. C 'est ça, oui, je vous rejoins.

M. Rémi Doré vous fait dire qu 'il est avec une dame et qu 'en attendant, vous

alliez écouter une conférence dans le grand studio.

Elle est drôle, cette conférence ? Vous le verrez bien, vous. Ah bon ? Très

bien, je vois.

Je vais vous demander un peu de silence, nous allons commencer notre émission.

AllĂ´, allĂ´, ici Radio Dutessia.

Mes chers auditeurs, vous allez entendre la diffusion du concours de

puériculture organisé par la Ligue des Pères et Mères de Famille.

Des concours éliminatoires nous ont déjà permis de sélectionner dans chaque

région des enfants de 6 à 12 ans représentant le type parfait.

de leur race.

La concurrente que vous allez entendre aujourd 'hui vient du Cantal.

Elle est en compagnie de son professeur, Ă  qui nous demanderons de vous exposer

ses idées sur la puériculture et ses méthodes.

Ah, voici justement notre jeune concurrente.

Monsieur,

monsieur, par ici, sur l 'estrade, lĂ . On nous a dit sur l 'estrade.

Qui, nous, sur l 'estrade? Oui.

Eh bien, allons sur l 'estrade.

Pardon.

Mesdames, messieurs, nous allons commencer notre interview.

Monsieur.

Monsieur.

Mais vous, monsieur.

Moi? Oui.

Je vais, si vous le voulez bien, vous poser quelques questions.

À moi? Oui, ainsi qu 'à votre jeune élève.

Vous n 'avez pas peur du micro, mademoiselle?

Peur? Oh lĂ  lĂ !

Elle, peur?

Parfait. Bravo!

Alors, si vous voulez bien avoir l 'amabilité de vous présenter devant ce

microphone... Ah oui, je vois ce que c 'est, Radio Crochet, oui. Allez -y,

-y.

Vous pensez bien que ce n 'est pas ça qui va nous intimider, Josette et moi.

ben, je pense bien.

Merci, monsieur.

Mais qu 'est -ce que vous mâchez, mademoiselle?

Des boules de gomme.

Des boules de gomme? Oui, enfin quoi, des boules de gomme. Ah, des boules de

gomme. Dites -moi, monsieur, est -ce que les boules de gomme font partie du

régime que vous imposez à votre jeune élève?

Non, non, non, moi je n 'impose rien.

Non seulement les boules de gomme, c 'est nourrissant, mais ça développe les

muscles de la mâchoire et ça active la salivation.

Alors ce qui fait que... C 'est un très bon exercice.

Faites -le un peu, monsieur. Moi ?

Et maintenant, monsieur, je voudrais vous demander votre opinion sur l

'allaitement. L 'allaitement?

Non, non, non.

Non, pas l 'allaitement. Ah non, sur l 'allaitement, c 'est -Ă  -dire l

'opération qui consiste à donner le lait à un enfant.

Ah oui, quand le gosse... C 'est ça, c 'est ça.

Voyons, est -ce que... ĂŞtes -vous partisan?

De l 'allaitement maternel ou artificiel ? Électrique, mécanique, enfin quoi,

artificiel, oui.

Bon, en somme, vous êtes partisan du biberon, vous préconisez le biberon.

Puisque mon opinion vous intéresse, je vous répondrai avec la franchise qui me

caractérise, le biberon.

Le biberon, le biberon.

Son opinion nous intéresse. Enfin, voyons.

Continuez, monsieur.

Je continue, monsieur, je continue.

Je le maintiendrai envers et contre tous.

La femme n 'est pas un garde -manger.

Ni un appareil Ă  distribuer le lait.

A baisser la femme Ă  ce rĂ´le humiliant, c 'est un crime.

Et obliger l 'enfant Ă  se nourrir avec du lait qu 'il n 'a pas bouilli, c 'est

un assassinat.

Bravo!

Merci, monsieur, merci.

Comment ? C 'est ridicule ? Parce que vous êtes une dame, forcément, c 'est

ridicule. Qu 'est -ce que c 'est ? Mesdames, messieurs, je conclurai, en

criant avec toute ma conviction et avec tout mon cœur, nourrissons le nourrisson

sans nourrice.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Puisqu 'on est Ă  la radio, chante quelque chose. Oh, c

'est une bonne idée, ça.

Allons, monsieur.

Est -ce qu 'on peut chanter ici ? Chanter ? Oui.

Oui, oui, oui, mon dieu. Si vous voulez, oui.

Oui.

Silence.

Silence, silence.

Mesdames, messieurs, puisque vous avez été gentils avec nous, nous allons

chanter une petite chanson, Josette et moi.

Mes chers auditeurs, ainsi que vous voulez l 'entendre, le professeur et son

élève... C 'est nous, ça.

... vont chanter une petite chanson. C 'est la fĂŞte Ă  Tante Aurore, chanson

sentimentale Ă  deux voix.

Deux.

C 'est la fĂŞte Ă  Tante Aurore. Elle a quatre -vingt -seize ans.

Si elle vit un an encore.

Sous -titrage

Société

Radio -Canada

Sous -titrage MFP.

C 'est imprudent.

Si je le connais, à ma naissance, la première fois que j 'ai vu, c 'est le

la seconde, c 'est le meilleur.

Ce petit bâton de rouge, quelle veine il a.

Pourquoi ? Il s 'use à caresser vos lèvres. Un grand idiot.

On ne peut jamais travailler tranquille ici.

Madame, comment allez -vous? Bonjour, monsieur.

Oui, ça va.

Tenez, mettez -vous là tous les deux, voulez -vous? Ça va bien, oui? Oui, ça

très bien.

Attendez -moi un instant.

Au revoir, cher ami.

Et n 'oubliez pas que vous êtes chanté demain à deux heures ici, n 'est -ce

Au revoir, cher ami.

Excuse -moi, je t 'ai fait attendre un peu, mais j 'étais en train de faire

répéter Viviane et Rose. Oh, tu la faisais répéter?

Oh, vénère.

Oh, comme elle est jolie. Jolie?

Elle est vieille, elle fait des machins comme ça, moi, dis -toi, ma chère.

Jalouse, envieuse et mauvaise foi, quoi. Déjà, femme.

Et à part ça, ça boulotte?

Si ça boulotte, il y a déjà une semaine qu 'on fait deux repas par jour.

Tu as trouvé un emploi? Un emploi?

Tu n 'y es plus, voyons. Et bien, alors?

Et bien, alors? Il chante.

Tu chantes? Je chante, mon cher.

En public?

Mais bien sûr.

Semblaille.

Et...

Je ne touche pas de gros cachets, mais comme j 'en fais beaucoup, ça compense.

Et oĂą est -ce que tu t 'exhibes ? Un peu partout.

Ah, tu fais un circuit ? Oui, c 'est ça, oui, je circuite.

Et quel genre chantes -tu, les comiques tristes ? Oh, mais dis donc, pour qui tu

me prends, moi ? Je chante la romance, mon cher.

La romance ? Oui. Oh, ça, c 'est fou, alors. Oui, oui, ça va, ça va. Allez, au

revoir. Je t 'ai passé ici seulement pour prendre tes nouvelles.

Et maintenant, je suis déjà en retard.

Oui, la matinée.

Euh, dis donc, mais...

Comment te présentes -tu en public? En veston, en smoking?

Non, non, moi, je ne fais pas tant de chichi, moi.

Moi, je me présente tel que tu me vois.

Mesdames et messieurs, j 'ai l 'honneur de vous interpréter un tango à la mode,

Ă  la musique.

Ton amour me fait peur aux sirènes.

Je ne sais vers quel gouffre il m 'entraîne.

Il faudrait peu pour autant à ta rancœur pour changer ta fureur en

douceur. Et tout comme un forçat à sa chaîne, je le sais,

je le sens, il m 'enchaîne. Je voudrais près de toi.

Vigitaline, au millième, cinq gouttes.

nous avons une bonne petite panade Ă  la farine de manioc.

Et la France aux Français !

Encore une belle recette qui fout le temps.

T 'en fais pas, ne bouge pas, dis -moi ça.

Qu 'est -ce qu 'on va faire ? Josette, Josette, oĂą vas -tu ?

Au sol espoir d 'aimer un bel jour, craindre

l 'amour et folia, et la soie refuser puis

s 'arrĂŞter.

La fine que j 'ai achetée en 97 à Ibrahim Pacha.

Il en reste encore.

Bien sûr, M. le Baron.

28 bouteilles.

J 'en ai servi pour la dernière fois en 1906, lorsque M. le Baron a été promu

commandeur de la Légion d 'honneur. Oui.

Eh bien, vous allez en resservir aujourd 'hui, Emile.

Non, M. le Baron veut de la fine.

Oui, Émile.

Mais M.

le Baron n 'est pas raisonnable. Le docteur l 'a pourtant bien dit Ă  M. le

Baron. Si M. le Baron ne fait pas très attention, le cœur de M. le Baron lui

jouera un mauvais tour.

Le cœur a toujours joué de mauvais tours aux hommes, Émile.

Et puis à mon âge, seul comme je suis, est -ce qu 'on a encore besoin d 'un

? Allez me chercher la fine, Émile.

Voyons, M. le Baron. Allez me chercher la fine, Émile.

Qu 'est -ce que tu feras ?

Ça alors, c 'est une recette. Je le savais. C 'est un bon jour aujourd 'hui.

crois qu 'il y a du miracle dans l 'air ? Oui.

Ça ne m 'étonnerait pas, tu sais.

Cette histoire de TSF, déjà, ce n 'était pas très clair.

Puis cette recette fabuleuse.

Il me semble que nous vivons une journée où les fées et les enchanteurs sont

lâchés en liberté.

Tâchons d 'ouvrir l 'œil.

Dis donc, tu sais qui c 'est ? Non.

C 'est Rothmeyer, un des hommes les plus riches du monde. On lui donnerait deux

francs. Ne t 'y risque pas, c 'est un banquier. Tu serais capable de les

? Qu 'est

-ce

qui arrive ?

Monsieur ! Monsieur ! Alors ? Albert, qu 'est -ce qu 'il a ? Tiens, essuie -lui

la figure.

Oh,

c 'est une syncope, c 'est rien.

Une poule bat pas fort, mais il bat, c 'est le principal.

Ouf, monsieur, il faut l 'amener vivement Ă  l 'hĂ´pital.

Mais non, moi je te dis que non.

C 'est pas de soin qu 'il a besoin, c 'est une bonne souffle. Mais tu crois ?

Mais j 'en suis sûr, il n 'y a qu 'à la regarder, tiens.

Ça crève les yeux, il crève de faim.

Encore une victime de notre époque.

C 'est sûrement un vieil employé de banque, probablement.

Alors, pas de retraite, pas d 'économie, et voilà.

Vous habitez en propre, pourtant.

Oui. Ah, le voilĂ  qui t 'aime de l 'oeil.

Attends.

HĂ©, venez, venez, venez.

Qu 'est -ce que j 'ai eu ? Oh, vous ne faites pas de biles. Allez, c 'est

maintenant.

Je me sens bien faible. Ah oui, bien sûr, ça.

C 'est la fin.

Vous croyez que je vais mourir ? Mais qu 'est -ce que vous racontez lĂ , voyons ?

Qu 'est -ce que vous racontez ? C 'est la fin. C 'est la fin, je n 'ai pas

dire c 'est la fin. F -I -N, c 'est la fin.

La pétille, vous comprenez ? La fin.

C 'est bien possible.

Oh, ça c 'est sûr.

Et naturellement, personne Ă  l 'horizon.

Pas le taxi.

Merci, merci.

Je vais rentrer chez moi. Vous voulez vous rester tranquille ? On vous attend

chez vous ? Chez moi ? Oh non.

Vous n 'avez pas d 'enfant ? Non.

Eh bien, alors, on vous adopte.

Josette et moi, on compte faire un bon petit repas. Nous transformerons ça en

banquet.

Tourne le coin de l 'avenue, Josette, et ramène -moi un taxi.

Allez, dépêche -toi.

Bien, mais... C 'est votre petite ? Josette, non, non.

C 'est la fille d 'une voisine qui est en traitement dans un sanatorium.

Alors, en attendant que la mère guérisse, eh bien, je l 'ai prise avec

Vous ĂŞtes un brave homme.

Ah oui, je suis un brave homme. Mais nous ne nous attendrissons pas.

Tiens, voilĂ  le taxi.

Je vous en prie.

Vous ĂŞtes lourds.

Je vous en donne des tracas.

Et je vous en cause des frais.

Aujourd 'hui, on peut dire que vous êtes bien tombés.

C 'est facile de se dire.

Nous avons fait le maximum.

Je vous en prie.

Je vous en prie. Allez, je vous en prie.

Mettez -vous la tĂŞte.

Mettez -vous.

Bon, mon vieux, ça fait plaisir de vous voir avaler.

Il y a bien plusieurs jours que vous n 'avez pas mangé comme ça.

Plusieurs jours ? Plusieurs années.

Il y a dix ans que je n 'avais pas fait un repas pareil.

Si ce n 'est pas malheureux. Dix ans.

Attention, pas si fort.

Un excès de nourriture peut vous faire du mal.

Je viens de comprendre que c 'est plutôt un excès de privation qui m 'était

néfaste.

Si je faisais deux repas comme celui -là tous les jours, la vie m 'apparaîtrait

tout autre.

Manger, à sa faim, des mets simples, boire un vin épais et sincère

qui traverse le corps et le réchauffe.

Disons, disons que j 'avais faim. Monsieur, vous viendrez manger tous les

avec nous.

Alors, sans travail depuis longtemps, hein ? Ah ben, bien sûr.

Trop vieux.

Ah lĂ  lĂ , votre histoire, mon brave homme, allez, je la connais.

C 'est l 'histoire de beaucoup de pauvres bourgs.

On eut un homme en le faisant une turbine Ă  dur.

Et quand il est devenu à moitié gaga, allez, on le fiche dehors.

Sans lui donner de retraite.

Car vous n 'avez pas de retraite, évidemment.

Vous avez une retraite, vous ? Une retraite, moi ?

Non.

Il n 'y a pas de retraite.

J 'en étais sûr, allez.

Pas de retraite.

Les économies qui fondent.

Vous n 'avez pas travaillé dans la banque, vous ? Si.

Je l 'aurais parié.

Tiens.

De quoi avez -vous vu ça ? Je l 'ai flairé.

Vous avez tout du caissier comptable, mon vieux.

Et chez qui étiez -vous ? C 'était chez... chez Rottmeyer.

Bonne maison, ça. C 'est tranquille.

Tiens, tiens, mais... Je me suis laissé dire que le vieux baron donnait une

rente à ses anciens employés.

Vous avez passé au travers, hein ? Voilà.

Il m 'a oublié.

Oh, ça, c 'est pas juste. Oh, non.

Oh, mais... Vous n 'auriez pas dû vous laisser faire. Vous auriez dû réclamer.

Le baron vous aurait écouté. Il paraît que... C 'est un bon bourre, vous savez,

le baron.

Un bon bourre ?

Pas avec moi, en tout cas.

Un an.

Un an, il n 'a pas été un bon bourre avec moi, le baron.

Et pourtant, il me doit beaucoup.

Lui et sa banque.

Pour eux, j 'ai travaillé dur pendant 50 ans.

Je lui ai consacré toute ma jeunesse, mon ange mûr.

J 'ai sacrifié tous les plaisirs que je pouvais attendre de la vie.

Pour eux.

J 'ai renoncé à toutes les joies de la famille et de l 'amour.

Et j 'ai travaillé, travaillé, travaillé.

Et qu 'est -ce qu 'ils m 'ont donné en échange ? Qu 'est -ce qu 'ils ont fait

moi, le vieux baron et sa bande ? Un vieillard solitaire qui attend la mort

crevant de faim.

Poug, monsieur, je vais vous montrer Poug.

C 'est ça, va me montrer Poug. Et moi, je me suis rendu à la vaisselle.

Vous avez fini, oui ? Oui.

Non, c 'est le fromage.

VoilĂ  Poug.

C 'est pas extraordinaire, vous savez.

Ah, je vois.

Oui, il est joli.

Non, il est très moche, mais il est enchanté.

Il est enchanté d 'être moche ? Non, vous ne le comprenez pas. C 'est un vrai

chien qui a été changé en jouet par la concierge.

Elle en a un pouvoir, ta concierge.

Oh, je comprends, c 'est une sorcière.

Ah, vous n 'êtes pas tombé sur des n 'importe qui ici.

Je m 'en suis aperçu.

Je suis tombé sur des braves gens.

Et vous savez, Albert, c 'est le plus grand artiste du monde.

Ah, mais qu 'est -ce qu 'il fait?

Il chante.

Écoutez, je vais vous avouer quelque chose.

Mais vous n 'allez pas vous fâcher. Me fâcher, moi ? Oh non ! Eh bien, j 'ai l

'impression que vous n 'ĂŞtes pas un pauvre vieux malade, mais un enchanteur

déguisé. Un enchanteur, moi ? Oh non !

Qu 'est -ce qu 'il faudrait que je fasse ? Oh, ce ne serait pas compliqué.

Josette ! Peux -tu laisser ce brave homme tranquille ? Voyons, il n 'en

pas. Tu as tout gâché. Ça marchait si bien.

Mais oui, tu ne vois pas qu 'il a sommeil. Et que ça ne l 'amuse pas, ton

histoire de conte de fées. Si, si, ça l 'amuse, n 'est -ce pas ? Mais oui, mais

oui, ça m 'amuse. Et puis, ce n 'est pas un jeu. Eh bien, alors, amusez -vous.

Alors, alors.

Alors, nous recommençons, monsieur, je vous en prie. Bon, qu 'est -ce qu 'il

faut que je fasse ? Oh, ben, vous le savez bien. D 'abord, vous me prenez

vos bras. OĂą ?

Serrez contre vous et vous me dites, Josette, tu es une bonne petite fille.

Josette, tu es une bonne petite fille.

Fais trois vœux et je les réaliserai. Fais trois vœux et je les réaliserai.

Merci.

Vous ĂŞtes gentille, vous savez.

et qu 'on habite ensemble Ă  la campagne.

Secondo, je voudrais que Pougre soit un vrai chien en chair et en poils.

Et enfin, je voudrais qu 'Albert devienne un grand acteur et qu 'il gagne

beaucoup d 'argent.

Alors, ce n 'est pas trop demander?

Non, non, va, mon petit, va, va.

C 'est vrai?

Tu es vraiment un enchanteur? Oui, oui, je suis un enchanteur.

Il usait son pouvoir à réaliser des entreprises imbéciles au lieu d 'exaucer

voeux des bonnes petites filles comme toi.

J 'étais fou.

J 'étais fou.

Ah, mais ça va changer.

Ça va changer.

À partir d 'aujourd 'hui, je vais employer ma puissance à réaliser des

miracles.

sincère, lui a monté au cigare.

Ne dis pas ça.

A toi.

Ainsi, jeune homme, s 'il y a quelque chose que vous souhaitiez, dites -le

Ah, mon brave homme.

Il y a un miracle que je voudrais que vous réussissiez. Ce serait qu 'en

fouillant dans la poche de mon veston, je trouve de quoi payer les trois termes

que je dois à mon propriétaire.

Alors lĂ , on pourrait m 'asseoir par terre, rien qu 'en me soufflant dessus.

C 'est pas possible.

OĂą est -il ? OĂą est -il ? OĂą est -il ?

Il est parti.

Il est parti.

Il s 'est évanoui dans l 'air.

Mille francs.

Mille francs.

Mais lorsque je lui ai appris que je faisais cette démarche au nom de M. le

Baron, M. Coutanson s 'est empressé de m 'assurer qu 'il allait convoquer le

jeune homme et qu 'il lui signerait un contrat lui garantissant 6 000 francs

mois, soit 72 000 francs par an, somme qu 'il porterait bien entendu au débit

M. le Baron. Bien entendu.

Dites -moi, et la jeune dame ? Elle sera ici dans deux heures, M. le Baron.

Je suis content, Emile.

Je suis très content. Je le vois, M. le Baron. Et si M. le Baron m 'y autorise,

je m 'en réjouis.

Je vous autorise, Emile.

Je vous autorise.

Vous n 'avez jamais fait de miracle.

Oh non, M. le Baron, jamais.

Oui, oh ben, évidemment.

Je vais vous apprendre une bonne chose, Emile.

Vous ĂŞtes en train d 'en faire.

Mademoiselle, M. Coutanson, s 'il vous plaît.

Vous avez un rendez -vous ? Mais oui, mademoiselle. Asseyez -vous. Oui.

Allô ? Allô, oui, c 'est l 'édition Coutanson.

Oui, ne quittez pas.

Mademoiselle, s 'il vous plaît.

Il n 'y a rien. Il n 'y a rien ? C 'est moi, je... VoilĂ .

J 'ai rendez -vous avec M. Coutanson, alors j 'ai peur qu 'il m 'ait oublié.

Vous savez ce que c 'est ? Il y a deux heures que j 'attends. M. Coutanson est

très occupé. Si vous êtes presté, revenez un autre jour. Non, non, non.

J 'attendrai, j 'attendrai.

Oui, ne quittez pas.

J 'attendrai. Oui, vous y attendez. Moi, je suis convoqué.

J 'ai une lettre au champ d 'affaires portée et voilà une heure que j 'attends

un garçon. Et alors, ma soeur a bien attendu le sien pendant neuf mois.

J 'ai les guissards sautés en course.

Dès que l 'un d 'eux sera rentré, tu lui feras porter cette lettre. Et

attention, il y a une réponse.

Entendu.

Toi, qu 'est -ce que tu fais ici ? Rien.

J 'attends.

Je suis convoqué par Coutence.

Je vois ce que c 'est. Je vais donner ton adresse.

Au cas oĂą il aurait besoin d 'un comptable.

Oui ? Tu sais pas s 'il y a une vacance à la comptabilité ? Si vous appelez

vacances une place oĂą il faut tourner de 9h du matin jusqu 'Ă  7h du soir, il y

en a une.

Ah, tu vois, qu 'est -ce que je te disais.

Je vais demander Ă  un coute -en -son de te recevoir tout de suite.

Non ! Non.

Marguerite, vous direz Ă  M.

Coutemasson qu 'il ne compte pas sur moi pour la...

C 'est toi ? Je ne veux pas ĂŞtre comptable. Ce n 'est pas pour ĂŞtre

que Coutançon t 'a fait convoquer.

Il veut te faire signer un contrat.

Dans une heure, tu passes une audition publique au Folie Belleville, chez les

recours.

Mais bon, c 'est rien, mon vieux, c 'est rien. C 'est rien du quoi ? Mais non,

ce coup de foire, ce coup de foire. Tu laissais pleurer ton déjeuner au Cap

-Ponce, mon vieux. Oh, je suis malade, Rémi.

Mais qu 'est -ce que t 'as ? J 'ai mal au cœur.

Eh bien, vas -y.

Non, je peux pas, lĂ , c 'est le trac.

Oublie -le, mais pense que Coutençon est dans la salle et toute ta carrière

dépend de cette audition.

Allez, t 'as ta musique ? Non.

Oui, oui, oui. Ah.

Oh, tu vas chanter cette... Cette rengaine sentimentale ! Oui, alors ? C

fou, mon vieux ! Tu es artiste ? Oui, oui.

Donne -moi un peu le temps. Allez, allez, allez. Pousse -toi, pousse -toi,

de cran, mon vieux.

Je te soutiendrai. Je ne serai pas le Bastille, je suis un rouet. Mais non,

vieux.

C 'est bizarre, si j 'avais le... Je l 'ai oublié. Oui, naturellement.

Qu 'est -ce que tu veux ? Un verre de rhum ? Une cigarette en temps de la

? Non, je ne suis pas condamné à mort.

Attention, ça va être à toi.

Le temps de faire une annonce et tu vends ta salade. Au fait, comment tu t

'appelles ? Albert Durandal.

Durandal, ce n 'est pas un nom de théâtre. Il n 'a pas un nom de théâtre.

Tu as un nom de théâtre ? Albert Fall. C 'est ton nom de théâtre ? Peut -être.

Dis -le, mon vieux. Je l 'ai dit.

Non, non.

Qu 'est -ce que tu fais ? Quand tu m 'as vu ce qu 'ils ont fait, comme un

pourri, ils ont dit à les vaches, à les salauds. Non, non, Rémi, non, Rémi, non,

Rémi, non, Rémi, non, Rémi, non, Rémi, non, Rémi, non,

Rémi,

Supplément au programme, vous allez entendre le fin -diseur albertal.

Bonjour !

Du fond du cœur, je vous remercie, oui.

Votre charmant accueil. Surtout ce soir.

Parce que ce soir, c 'est l 'anniversaire.

Il y a exactement un an, j 'ai débuté au CAF CONS.

Et j 'avais la conviction que j 'étais fait pour chanter la romance.

Non, non, non, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi,

moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi,

moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi,

moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi,

moi, moi, moi, moi, moi, moi,

moi,

moi,

moi, moi Ça m 'affroissait.

Et puis j 'en ai pris mon parti.

Et maintenant, je suis ravi d 'être un comique. Non, moi ça m 'amuse.

Ah ben, puisque je vois que ça vous amuse aussi, tout est pour le mieux.

Oui, oui, oui, tout est pour le mieux.

Et si j 'ai parcouru si vite le chemin qui mène du kafkons au musical, mais c

'est Ă  vous que je le dois.

Pour fĂŞter cet heureux anniversaire, je vais avoir le plaisir de vous

interpréter une de mes dernières nouveautés intitulée « Célestine » de

Mance et Vincent Scotto.

Sous -titrage

Société

Radio -Canada

Célestine, Célestine, lorsqu 'au restaurant elle boit des vins fins, on

'elle lorgne les voisins.

Elle louche sur le poulet de demi -deuil, elle a une coquetterie dans l

J 'ai connu de vraies encenseleuses, mĂŞme des vampos sexapiles.

Des chaudes, des froides, des vaporeuses qui abusaient de leur style.

Ma Célestine me les fit rayer d 'entrée Car le secret de sa

rétine A pour moi vraiment bien plus d 'affraie Elle a

une coquetterie dans l 'œil Célestine, Célestine Au

ciel flatte mon orgueil Célestine, Célestine Et quand

on croit qu 'elle va dire bonjour Ă  Germain C 'est Ă  Paul qu 'elle tend la

Elle louche sur leur portefeuille.

Elle a eu ta catapulte.

Et lĂ 

?

Attendez une seconde, mon cher.

Je le balance.

Mais jamais de la vie, voyons.

Une chanteuse ne balance pas Rémi Doré, le compositeur en vogue.

Alors reste.

Ah, mais moi je veux bien.

Mais tu sais, si tu tiens Ă  ce que ton article passe demain, il faut absolument

que j 'aille au journal.

Bon, on retient dans une heure. On ne se trachait pas.

Mais chez moi, mon petit, il n 'y a rien Ă  manger.

Tu viens pour ça, idiot.

Alors, Ă  tout Ă  l 'heure. Oui, oui, allez, va.

VoilĂ .

VoilĂ .

Moi, j 'étais à moitié nuit.

Vous êtes à moitié d 'une mauvaise raison pour ne pas m 'ouvrir.

Qu 'est -ce que vous devenez ? On ne vous voit plus.

Où étiez -vous ? Eh bien, j 'étais à Londres, insister aux dernières

de mon opérité, coûtant sur la vendue très chère à Cochrane.

C 'est une petite affaire qui va m 'apporter la bagatelle de 200 billets,

le moins.

Je ne dis pas ça par vanité, mais j 'ai remarqué que les détails matériels vous

touchaient plus que les propos sentimentaux.

C 'est ça, dites tout de suite que je suis une femme intéressée. Je le dis,

chère amie.

Tu sais, Albert, nous sommes depuis hier Ă  Paris chez l 'oncle Samuel.

Oui, oncle Samuel nous gâte trop.

Et par moments, j 'éprouve la sensation que nous abusons. Et moi, je crains que

de tenir compagnie à un vieil homme ne vous rende pas très heureuse. Oh,

Enfin, comment pouvez -vous dire cela?

Alors, alors, mais profitez de l 'existence, quoi. On est contents, on

heureux, on est tous ensemble.

Vous ĂŞtes avec nous?

Non, non, non, je ne rentre pas avec vous parce que...

J 'ai une affaire très importante à réagir ce soir.

Ce n 'est pas un mauvais parti, vous savez.

Évidemment, Albert gagne beaucoup plus d 'argent que moi. Mais il gagne

tellement d 'argent que ça, Albert.

Mais c 'est fantastique.

Cette année, il a fait deux films, n 'est -ce pas ? Pour chacun d 'eux, il a

touché une petite fortune.

Chaque fois qu 'il sort Ă  la PSF, c 'est 10 000 balles.

Et ici, il a 5 000 francs par représentation, plus un pourcentage. Et

copain est un chopin.

Oui, mais pas pour vous.

Non, il est amoureux.

Il en tient pour la mère à José.

Oh, cette petite insignifiante.

Elle est si froide que chaque fois qu 'elle se voit dans une glace, elle doit

'enrhumer. Voyons, Viviane.

Raccompagnez -moi, madame. Encore bien tous.

Ça ne me dérange pas trop si je ne tiens pas la pose, non ? Au contraire.

Bravo, bravo, bravo.

Monsieur, il y a un pompier de service qui dit comme ça qu 'il voudrait un

autographe. Le pompier ? Oui.

Mais qui l 'attend ? Je vais lui en donner une toute Ă  l 'heure. Bien,

trop chargé, n 'est -ce pas ? Non, parce que généralement, les caricaturistes,

vous savez ce que c 'est ? Non, pas trop vilain, quoi.

Et vous, quand allez -vous ĂŞtre Ă  moi ? Laissez -moi le temps de me faire

à cette idée -là. Ah bon, mais pas longtemps, n 'est -ce pas ? Écoutez, je

attends ici. Après votre tour de champ, je vous emmène souper et au dessert,

vous me ferez part de votre décision favorable.

Ah non, non, pas souper. D 'abord... J 'ai horreur d 'être bousculée. Et puis,

je n 'aime pas me coucher tant le jour du premier jour.

VoilĂ ,

voilĂ , voilĂ .

Écoutez, jurez -moi de ne pas essayer de me voir ce soir. Bon, alors, demain ?

On verra.

Déjeuner ? Peut -être.

Téléphonez -moi vers une heure. Au revoir, merveilleuse. Au revoir.

Au revoir.

Vite, Joséphine ! Monsieur Albertal.

Nous sommes venus vous prier de prêter votre concours à un gala de charité.

Organisez en faveur des enfants qu 'on va laisser.

Monsieur, je vous arrĂŞte. Je ne prĂŞte jamais mon concours en pareille

circonstance. Je le donne.

Louise, Louise.

Monsieur. Cette sonnerie, c 'est bien pour les lions.

Ah non, monsieur, c 'est Viviane et Ron qui ont un français. Ron, ton chien.

Excusez -moi, messieurs, excusez -moi, pardon.

Le petit jardin...

de mettre ces merveilles dans ma loge.

Je ne vous ai pas encore remercié. Ça vous a fait plaisir?

Je ne sais pas encore.

J 'étais tellement surprise.

Écoutez, je vous dirai ça dans quelques secondes, mais pas ici. Faites un

courant d 'air. Oh, pardon, excusez -moi.

Venez avec moi.

Et maintenant, ma chérie, bonne nuit.

Dors bien.

Je ne sais pas si je vais bien dormir. Je ne suis pas contente.

Et pourquoi?

Il l 'a dit lui -mĂŞme.

Il est retenu par une affaire importante.

Oh, je la connais, son affaire importante.

Elle est teinte, elle marche comme une oie et elle chante faux.

Ah, qui est -ce ? Viviane Eros.

Oh, par exemple.

Mais qu 'est -ce qui peut te faire croire qu 'Albert s 'intéresse à cette

personne ? Il la connaît à peine.

Il la connaît beaucoup trop.

Et tu sais, l 'oncle Samuel, je ne veux pas qu 'il se marie avec cette méchante

femme. Je veux qu 'il épouse maman. C 'est une excellente idée, ma chérie. Ce

projet a toute mon approbation.

Et je crois que tu es assez forte pour obtenir ce résultat.

Alors, dors, ma chérie.

Dors.

Bonne nuit, Antoine Samuel.

Dors bien.

Chaque fois que je montais l 'échelon, je me rapprochais de vous.

D 'ailleurs, je m 'étais juré de ne pas vous parler avant d 'être une vedette.

Je mettais de côté tous mes succès.

Comme un gosse qui force ses économies dans une tirelire.

Et je me disais, quand il y en aura beaucoup, j 'irai les lui offrir.

Comme c 'est extraordinaire.

Vous ne me connaissiez pas ? Vous ne m 'aviez jamais parlé.

Oh oui, je vous connaissais, oui. Et puis je vous avais parlé deux fois.

La première fois, c 'était au cours, chez Rémi.

Et vous portiez une robe noire, avec... Avec un grand col blanc. C 'est ça, avec

un grand col blanc. Et un petit chapeau noir.

Avec une voilette. Un voilĂ .

Mais vous étiez debout, là, prête à partir.

Et j 'étais malheureux à l 'idée que peut -être je ne vous reverrai plus

Et la deuxième fois ? C 'était à Radio Lutetia, dans le bureau de Rémi.

Ah oui, c 'est vrai, vous étiez un grand ami de Rémi Doré. C 'est un frère pour

moi. Et je suis heureux que ce soit par lui que je vous ai connus.

Ça me donne confiance.

Alors, vous n 'êtes pas fâché de tout ce que je vous ai dit, non ? Ça ne vous

déplaît pas trop que je sois à zébris de vous, non ? Ça me flatte. Non, non,

non, oui, pour ça, je vous en prie, dites -moi la vérité, non, non. Même si

va me faire du mal, je suis un homme, après tout.

Si vous me dites que ce n 'est pas possible, eh bien, je m 'en irai, et

me reverrez plus, jamais.

Quel drĂ´le d 'homme vous faites.

Sans m 'être attrapée à la porte, vous entrez dans ma vie, au risque de la

trouver occupée par un autre. Ne me dites pas ça, ce n 'est pas possible.

comment ce n 'est pas possible ? Vous n 'êtes pas mariée, quoi, je le saurais.

Mais non, je ne suis pas mariée.

Si je comprends bien, c 'est ma main que vous me demandez, c 'est bien ça ? Mais

qu 'est -ce que vous voulez que ce soit ? Vous n 'allez pas croire que je vous

fais une proposition malhonnĂŞte tout de mĂŞme.

Comme il est genre. Venez vous asseoir près de moi.

Viviane. Quoi ? Viviane, écoutez, dites -moi oui. Dites -moi que vous voulez

ĂŞtre ma femme. Mais pourquoi croyez -vous si je peux dire oui tout de suite

faut que j 'apprenne à vous connaître. Oui, mais vous, intelligente comme vous

ĂŞtes, vous devez apprendre facilement.

Venez jouer avec moi ce soir. Non, non, non, pas ce soir.

Rentrez sagement chez vous, laissez -moi réfléchir. Vous allez réfléchir demain,

oui. Peut -être. Demain, vous viendrez à déjeuner avec moi.

Téléphonez -moi vers midi. Maintenant, laissez -moi.

Oui, je vous laisse. Mais c 'est difficile.

Vous savez, je voudrais apporter quelque chose de vous. Un gant, une mèche de

vaisseau. Ce que vous voulez, tout.

Attendez.

Tenez, voilĂ  un peu de moi pour vous donner compagnie.

Jusqu 'Ă  demain.

VoilĂ .

Merci. Merci, Viviane.

Et ça, voyez -vous, Louise, c 'est énorme. Vous n 'avez pas vu M. Rami d

Si, il est venu. Je lui ai aussi lavé l 'air heureux. Il a dit qu 'il nous

attendait au bar du Crillon. Au bar du Crillon, j 'y vais. Et que la vie était

belle. Je comprends qu 'elle est belle, la vie.

Bien sûr, oui, excellent idée.

Bien sûr, bien sûr, bien sûr.

Mais tu es ivre. Oui, ivre, ivre, ivre de joie.

Et puis, je suis amoureux.

Bravo, moi aussi, sans blague.

Ah ben, je suis beaucoup moins content que le sujet amoureux tous les deux en

même temps. Ça va nous porter chance, ça.

Entre le compositeur et le chanteur règne l 'harmonie. Oh, celle que j

elle est belle, elle est voluptueuse, elle est impeccable, elle est fine. C

exactement le portrait de mon béguin, c 'est vrai.

Et elle déjeune demain chez moi, oui. En fin du mois, j 'espère.

Il est probable que demain aussi, je me nourrirai de sa présence et d 'un foie

gras truffé au porto.

Je m 'excuse de ne pas te dire son nom aujourd 'hui, mais comme elle n 'a pas

encore prononcé le oui définitif, j 'aurais peur, si je te le disais, que ça

fisse la voix ainsi.

Mais la tienne, qui est -ce?

Pour la même raison que toi, précisément, je ne voudrais pas, si j

vendre la peau de l 'ours.

Tout de même, quelle coïncidence, mon vieux bébé.

Aujourd 'hui, nous avons frappé tous les deux à la porte du bonheur. Et

maintenant, nous attendons qu 'on nous dise entrer.

Pourvu qu 'on nous ouvre.

Que tes désirs soient comblés.

Que tes vœux se réalisent.

Non, non.

Ce n 'est pas le droit de t 'empĂŞcher d 'ĂŞtre raisonnable.

Ce mariage inespéré t 'assure une fortune, un foyer, la sécurité, la

considération. Enfin, toutes choses qui, à l 'heure actuelle, sont

inappréciables. Oh, mais je sais ça aussi bien que toi.

N 'en ai pas la question.

Je ne veux pas te perdre, Lucien.

Mais je ne serai pas perdu parce que tu seras marié.

Nous nous verrons en amis.

En amis.

Oh, est -ce que la vie est bĂŞte.

Je ne connais pas beaucoup les femmes, mais mon instinct me dit...

Que celle que j 'avais pure, loyale, sincère.

Oui,

oui. Oui, oui, elle avait dĂ» m 'envoyer promener il y a longtemps qu 'elle l

'aurait fait.

Du moment qu 'elle ne l 'a pas fait... Tu ne crois pas ? Évidemment.

Tu seras rudement étonné quand tu sauras qui c 'est.

Enfant, comme si je ne le savais pas.

Comment tu le sais ? Tu lui as parlé ce soir au théâtre ? Bien sûr.

Et elle t 'a tout raconté?

Ne crains rien.

Évidemment, il y a un an que je m 'en doute.

Et d 'ailleurs, ce mariage était tout indiqué. Non seulement il fera ton

et celui de Jeanne, mais encore l 'enchantement du vieux baron et la joie

petite Josette.

Il s 'imagine que c 'est de Jeanne qu 'il s 'agit.

Il ne s 'agit pas de Jeanne?

Mais non.

Je la connais?

Oui.

Et je lui ai parlé ce soir au théâtre.

Aussi romantique.

Qu 'est -ce que c 'est que ce parfum ? Je ne sais pas.

Je te demande, qu 'est -ce que c 'est que ce parfum ? Je te dis que je ne sais

pas. On m 'a vaporisé, mais on n 'a pas dit son nom.

Donne -moi tes lèvres ! C 'est le Donne -moi tes lèvres, le parfum de chez

Guerlain. C 'est le parfum de Viviane.

Ah, et moi qui me disais, cette femme me hante, j 'ai son parfum dans le nez.

C 'était la tête de monsieur qui en était imprégnée. Qu 'est -ce que tu veux

dire ? Pourquoi parles -tu de Viviane ? Il y a que ta dulcinée et la mienne ne

font qu 'une, comprends -tu ? Non. Et que le donne -moi tes lèvres, c 'est

c 'est moi qui lui ai payé, ainsi que le vaporisateur.

C 'est pas possible, l 'homme ne dit pas une chose comme ça, voyons. Alors nous

serions rivaux ? Non, non, c 'était épouvantable. Non, non, Viviane est une

femme trop loyale, trop sincère. Si elle t 'aimait vraiment, elle me l 'aurait

dit Ă  moi.

Non, pas de grand mot. Il n 'y a pas d 'amour. dans cette histoire.

Comprends -tu ? Il y a une coquette, une dupe et un imbécile.

La dupe sortir, l 'imbécile reste.

Au revoir. Je te laisse les consommations.

Merci.

AllĂ´ ? Qu 'est -ce que c 'est ? C 'est vous, Albert Hall ?

Mais pourquoi vous me téléphonez en pleine nuit ? Je vous avais dit midi.

Quoi ? Midi dix ? Ah,

vous avez parlé avec Rémy Doré.

Mon cher monsieur, je n 'ai pas d 'explication Ă  vous donner.

Mais non, je ne suis pas méchante.

Est -ce que ce monsieur vous a dit que j 'avais répondu à ses avances ? Non ?

Alors ? Ah, vous m 'avez l 'air de posséder une petite nature suspicieuse,

Non. Non, non, je... Non, je crois pas que j 'irai déjeuner chez vous.

D 'abord, je suis fatiguée, puis j 'ai horreur qu 'on me fasse des scènes.

Comment ? Ah, vous serez gentil.

Vous me demandez pardon ? Bon.

Bon, alors je serai lĂ  dans une heure, hein ? Au revoir.

Tu as vu Albert ce matin ? Ah, non.

Tu vas déjeuner avec lui ? Non, non, non, non.

J 'ai téléphoné chez lui.

Il était dans le bain. Eh bien, qu 'il y reste.

Il ne m 'a pas rappelé. Tu le vois tantôt ? Je ne crois pas.

Écoute -moi, je vais te dire.

Nous sommes, Albert et moi, un peu en froid, momentanément.

C 'est un petit différent, moins que rien.

Bien sûr, moins que rien. La sorcière. La sorcière ? La quelle sorcière ? La

vivienne, celle qui lui a jeté un sort.

Oh, celle -là ! Tu ne pouvais pas faire attention puisque tu voulais l 'épouser

? Oh, ça, l 'épouser, l 'épouser... Mais dis -moi...

Comment es -tu aperçu qu 'Albert et Viviane... Moi, j 'ai vu que du feu...

vous ĂŞtes si bĂŞtes, les hommes.

Et tu sais, je ne veux pas qu 'ils l 'épousent. Je ne veux pas, je ne veux

Tu as parfaitement raison.

Et je n 'en parle sans aucun sentiment d 'égoïsme.

Il ne faut pas qu 'ils l 'épousent.

Mais qu 'est -ce qu 'on va faire ? Évidemment, Viviane n 'en veut qu 'à son

argent. Il faudrait lui ouvrir les yeux, quoi.

C 'est très délicat.

Et ce n 'est pas moi qui peux le faire.

J 'y vais.

Où ça ? Chez Albert.

Mais non, voyons, toi, ce n 'est pas ta place.

Et ce n 'est pas la place de la sorcière non plus.

Mais ça n 'a pas 12 ans.

Entrez.

Messieurs, une demoiselle.

Comment c 'est toi ? Bien sûr, c 'est pour moi ça. Merci.

Alors, tu ne m 'embrasses pas ? Mais si, mais si.

Mais qu 'est -ce que tu viens faire ici, toi ? Ben, déjeuner parti.

Je t 'ai dit qu 'on est ce matin dans Sauvage.

Il ne te l 'a pas dit ? Ah, c 'est vrai.

Tu ne comprends pas le blanc et moi je ne parle pas le noir. Alors on ne s

'entend pas. Oui.

Ah, mais si tu m 'attendais. Il y a deux couverts, c 'est très bien. Mais non,

écoute, Josette, écoute, c 'est pas toi que j 'attendais. C 'est pas toi.

Tu me gênes un peu, tu me gênes un peu. Non, je déjeunais avec quelqu 'un pour

affaire. Alors je suis là vrai, mais je suis obligé de te dire de t 'en aller.

Nous déjeunons demain ensemble au restaurant.

Allez, va, ma chérie, va.

Qui est -ce qui vient déjeuner ? Une dame ? Mais non, mais non, je ne suis

une dame. Je ne déjeune pas avec les dames. Et puis d 'abord, les dames, ça

'est pas parlé à faire. Non, non, c 'est mon producteur de films.

Ah, et c 'est pour lui, toutes ces roses ? Mais oui, mais non, mais non, c 'est

pour sa femme. Ce n 'est pas pour lui, voyons.

Ah, au fait, je le connais, ton producteur. Il est très gentil. Oui,

'a dit un jour qu 'il me ferait tourner. Je reste pour lui dire bonjour. Ah,

mais non, mais non, mais non. Ah, non, non, je reste... Je te dis que tu vas t

'en aller. Joseph, tu attends, je vais me fâcher. Tu vas t 'en aller, allez, va

-t 'en. Alors tu me chasses. Mais non, je ne te chasse pas.

Mais enfin, je te prie de t 'en aller.

Tu m 'as chassé.

Mais non, je ne t 'ai pas chassé. Mais sois raisonnable. Oh, le méchant, il ne

'aime plus.

Mais si, mais si, voyons. Ne dis pas des bĂŞtises. Tu prends tout au tragique,

voyons. Et puis, je ne veux pas que tu pleures. Parce que si toi tu pleures,

alors moi je me mets Ă  sangloter.

Tu l 'aimes toujours ton petit Joseph?

Mais bien sûr.

Tout va bien, je vais m 'en aller. C 'est ça, parfait.

Je vais m 'en aller déjeuner à la cuisine avec Bamboula. Et je reviendrai

pour le dessert.

Josette, je... Oh, ça y est, ça y est.

C 'est bon, puisque je te gĂŞne, je m 'en vais.

Josette, par lĂ  -bas, tiens, lĂ , ici.

une autre mamizelle plus grande.

Oh, enfin, vous.

Bonjour.

Ah, c 'est charmant chez vous.

N 'est -ce pas?

Oh, c 'est tout petit, vous savez.

Il y a cette pièce et puis ma chambre.

Mais c 'est très suffisant pour une garçonnière. N 'est -ce pas? Est -ce que

peux passer par là et me faire une beauté? Non, non, non.

Oh, pardon, mais...

Je ne savais pas être indiscrète.

Excusez -moi, je n 'ai vraiment pas de chance aujourd 'hui. J 'ai des mots

malheureux. Et j 'ai frami à l 'idée que vous puissiez changer quoi que ce soit

Ă  votre visage charmant.

Chez moi, vous ĂŞtes chez vous.

Et puis, je n 'ai rien Ă  vous cacher ici.

Il n 'y a personne derrière cette porte.

C 'est mon noir qui fait le ménage.

Eh bien, il le fait mal.

Il est comme tous les noirs. Il est un peu bruyant.

Ma misère, elle est sortie.

Ă€ table.

Oh,

ce chapeau.

Oh,

Viviane.

Dites -moi que je ne râle pas.

Mais non, vous ne râlez pas.

C 'est bien vrai, nous sommes lĂ , tous les deux.

Seules.

Je ne crois pas.

Mon cher ami, vous devriez aller voir ce qui se passe dans cette chambre

mystérieuse.

Non, Viviane, asseyez -vous.

Je sais ce que c 'est.

Ce n 'est rien d 'angoissant.

C 'est ma chère Siamoise qui s 'amuse, oui. Tiens.

Elle adore jongler avec les potes. Eh bien, elle jongle mal.

Oui, peut -ĂŞtre. Elle jongle mal.

Messieurs.

Messieurs. Messieurs. Cher ami. Oui. L 'Afrique vous parle.

Qu 'est -ce que tu veux? Vous permettez? Oui.

Pourquoi n 'apportez pas le caviar?

Caviar, il n 'y a pas bon. Comment il n 'y a pas bon caviar? Petite mamiselle, j

'avais le caviar par les fenĂŞtres.

Zimboum, caviar.

Zimboum, caviar.

Alors, ils cherchent le poulet.

Poulet, il n 'y a pas bon. Comment, il n 'y a pas bon poulet ? Zimboume, par la

fenêtre aussi ? Non, poulet, flic -flac, dans la boîte ardure.

Flic -flac, boîte ardure, poulet, c 'est épouvantable.

Corbite à la cuisine et tâche de sauver la glace à la vanille.

Glace Ă  la vanille, il n 'y a pas bon.

Comment, il n 'y a pas bon flic -flac ou zimboume ? Non, glou -glou, ma misère.

Glou -glou, glace. Alors, tais -toi.

Corbite, restons en face. Rapporte -moi poulet Ă  la vanille, caviar Ă  la glace,

zimboume, flic -flac.

Allez, brouille -toi, brouille -toi.

Excusez -moi, Jarmie. Je vous demande infiniment pardon. Je suis désespéré.

le caviar est tombé par terre, zim -boum, et le poulet a glissé également

flic -flac. C 'est une série de catastrophes épouvantables.

Oui, encore la chatte camoise.

Oui, voilà, oui, c 'est ça. Oh, mais j 'ai envoyé Bamboula au restaurant d 'en

face. Nous allons déjeuner dans cinq minutes. Tant mieux.

Oh, Viviane.

Si vous m 'aimez un peu, entrouvrez un tout petit peu vos lèvres et faites -moi

un tout petit sourire.

Vous avez souri.

C 'est donc vous m 'aimez un peu.

Vous ne pouvez pas savoir.

Vous ne pouvez pas savoir ce que votre amour représente pour moi.

Ton amour me fait peur.

Laissez -moi venir vous chercher.

Oui, vous cherchez.

Je vous l 'ai dit, c 'est pour aller chez le baron Rothmeyer.

C 'est un grand ami Ă  moi, oui.

Je voudrais qu 'il vous connaisse. Vous comprenez, je voudrais ça.

Quoi ? Vous voulez bien ? Oh, vous voulez ? Oh,

merci.

Merci, Viviane, merci.

AllĂ´, vous ĂŞtes plus lĂ  ? Merci.

Dites -moi, mademoiselle, il me paraît que vous avez l 'intention d 'abandonner

la carrière artistique. Je trouverais ridicule que ma femme fie du théâtre.

Le public aussi.

As -tu vu, Josette, la bague que j 'ai achetée à Viviane ? Viviane, montrez la

bague Ă  Josette.

Mais non, Albert, voyons.

Non, parce que Josette adore les bijoux.

N 'est -ce pas, Joseph ? Non.

Ça m 'étonne, parce qu 'autrefois, tu avais comme moi le goût des belles

Et tu as changé.

Toi aussi.

Et où vas -tu, Joseph ? Reste dedans, tu n 'es pas pressé. C 'est pas moi qui

suis pressé, c 'est lui. C 'est l 'heure où c 'est petit besoin. Reste ici,

Joseph.

Bon, non.

Et toi, t 'as le jeu de se retenir, tu as compris ? Mademoiselle, j 'ai l

'intention, dans quelques jours...

de donner une cocktail party au cours de laquelle vous pourriez rendre vos

fiançailles officielles. Bien entendu, vos invités seraient les miens. C 'est

très aimable.

Voyons, voulez -vous que nous fixions ça un samedi prochain, 5 heures ? Faites

joie.

Je viens ici pour attendre. C 'est ça.

Bien, monsieur le journaliste, vous allez bien ? Mais Ă  ravir, mademoiselle.

Je t 'attends dans le petit salon, viens me rejoindre.

D 'accord.

Au revoir, cher monsieur.

Au revoir, chère amie, au plaisir. Au revoir.

Non, non, tu resteras ici. Je ne veux pas que tu rencontres cette vilaine

C 'est un nouveau ancien de carton.

Tu as vu ce qu 'il a fait d 'Albert ? C 'est plus un homme, c 'est un mouton qui

bĂŞle.

Pourquoi n 'es -tu pas venu à la maison depuis trois jours ? C 'est très

difficile. Alberta est toujours avec toi.

Mais pas la nuit.

Je t 'assure que c 'est excessivement gĂŞnant.

Je t 'ai téléphoné hier soir trois fois. Où étais -tu ? Au journal,

probablement. Il faut absolument que je te parle.

Oui, eh bien, veux -tu ce soir chez toi vers 11 heures ? Non, non, non, tout de

suite. Va dans le salon de musique, il n 'y a personne.

Mais où est le salon de musique ? Au premier étage, en face de l 'escalier.

Allez, va, je t 'en joins.

Mais on

dit que vous êtes fâché avec Rémi Doré.

Oh non, il ne faut pas confondre. C 'est lui qui est fâché avec moi.

Onxamel ! Onxamel ! Tu devrais montrer ta collection d 'instruments. C 'est

André Midalbert.

Voilà, c 'est une très bonne idée. Alors, dans le salon de musique.

vous intéresserait, monsieur ? Je n 'osais vous le demander. Votre

est d 'unique au monde.

J 'en ai fait quelques pièces assez rares. Mais elle a surpris nous. Une

surprise, vous la verrez lĂ  -haut.

Eh bien, venez. Je vais vous conduire au salon de musique. Allez, monsieur.

Allez, venez.

Ça dépasse mes forces.

Je croyais qu 'il suffirait que la pilule soit bien dorée, mais... Je ne

pas, je ne peux pas.

Qu 'est -ce que je vais faire maintenant ? Mais mon petit chou, Ă  bout toi,

Albertal. Évidemment, je vais tout lui dire, mais... C 'est difficile.

Pauvre type.

Il est si bon, et en mĂŞme temps... Donne

-moi du courage.

Pardon, monsieur.

Viviane.

C 'est pas possible.

Allons parler, quoi.

Dites -moi quelque chose.

Expliquez -vous.

Hein ? Non ?

Non ?

Enfin.

On vous a promis une surprise.

VoilĂ .

Pardon.

On met cette glace sur ta tĂŞte.

Non !

Le docteur a dit que tu gardes ça sur ton crâne tant que tu serais fou.

Tu es encore fou ? Non.

Eh bien, c 'est pas malheureux. Tu as faim ? Oui.

Tu auras un pigeon et une poire.

Ce que tu veux déguer encore.

Dis -moi, mais c 'est toi qui as amené tout le monde dans le salon de musique ?

Oui. Et pourquoi ? Pour que les gens apprennent comment la sorcière se

de toi.

Tu m 'as fait beaucoup de mal, Josette.

Du mal ? Ça t 'a fait beaucoup de bien. Tu croyais pouvoir épouser une femme

déjà fiancée ? Tu étais fou.

D 'abord, tu as toujours été fou.

Tu as tout près de toi une femme épatante.

Et jamais tu t 'en es aperçue.

Une femme épatante ? Et qui ça ? Maman.

Jeanne ? Elle s 'affiche pas mal de moi. Oh lĂ  lĂ , elle ne parle que de toi.

Albert par -ci, Albert par -lĂ .

Puis le plus intelligent, le meilleur, le plus beau, le... En fait rien.

Elle a dit le plus beau ? Oui, le plus beau. Tu te rends compte ? Jojo, mais tu

t 'affiches de moi.

Tu vas voir.

Maman ?

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Albert va plus mal. Il va très bien, mais il a besoin

de toi.

Vous avez besoin de moi, Albert ? Oui, Jeanne.

J 'ai tant de choses Ă  vous dire.

Alors, comment va -t -il ? Il est guéri. Il est ici avec maman. Tu crois que ça

va s 'arranger ? Oh, bien sûr. Bravo, bravo.

Tu sais, ton ami Viviane... Ben quoi ? Eh bien, je t 'en ai débarrassé. Tu l

tué ?

Non, je l 'ai tuée. Mais non, je ne l 'ai pas tuée. Je lui ai donné un chèque.

Comme ça, elle va pouvoir partir en Amérique avec son fiancé.

Que le bon Dieu lui donne mal de mer.

Viens voir ce qui se passe lĂ  -haut. Ce n 'est pas indiscret.

Mais non, mais non. Au contraire, ça leur fera plaisir. Bon, eh bien, viens

vite.

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