All language subtitles for Eles.Nao.Usam.Black.Tie.(1981).RIP

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Original subtitles

ILS NE PORTENT PAS DE SMOKING

-Allez ! Dis-le-moi ! -Pas maintenant.

-Et bien quoi, ch�rie ! Dis-le-moi. -Je t'ai dit que non.

Pas ma guitare !

C'est un bon gars. Je r�ponds de lui.

Identit� ?

Cours pas, c'est pire. Ils pensent pas, ils tirent.

Tu peux pas circuler sans papiers.

Et puis ici on joue pas de guitare.

On va s'arr�ter � la maison.

-Il est tard, Ti�o. -Demain c'est dimanche.

Il va se calmer.

-Ma sandale ! -Et les pantalons !

Plus bas, tu vas r�veiller tout le monde.

Pas de danger.

Vaux mieux partir. Ram�ne-moi chez moi.

Dans cette boue ?

-Tu m�re va r�ler. -Attendons qu'il pleuve plus.

Pourquoi tu te f�ches ?

Alors, ce secret ? Tu me le racontes ou non ?

Tu m'aimes ? Vraiment ?

Sans toi j'suis rien.

Parle plus bas. Il va se r�veiller.

Chiquinho ? Alors l�, on risque pas.

Vas-y ! Raconte.

Vas-y ! C'est quoi, ton secret ?

C'est s�rieux, Ti�o.

Je veux que tu sois sinc�re avec moi.

Tu m'aimes vraiment ? Tu veux vivre avec moi ?

Je t'adore, Maria.

J'ai jamais senti �a avant.

Je ne pense qu�� toi.

Moi aussi je t'aime. Je t'aime vraiment.

Parle... Raconte-moi tout, mon ange.

Voil�... je...

Tu es enceinte ?

Un enfant ?

Plaisante pas, Maria. Te marre pas avec �a.

-T'es s�re ? -Oui.

J'ai eu le r�sultat de l'examen.

Et tu ne m'as rien dit de la journ�e ?

J'avais peur que tu crois que je voulais te forcer...

-Je ne veux t'obliger � rien. -On se marie demain si tu veux.

Si on attend trop, �a se remarquera.

Si on se marie vite, �a se remarquera aussi.

-Fian�ons-nous, c'est mieux. -Tu le veux vraiment ?

�coute, il y a encore une autre possibilit�.

Tais toi !

Pas question.

J'attendais seulement une augmentation.

J'aurais voulu trouver un bon appartement.

Mais �a ne fait rien.

On avance la date. Pas de probl�me.

T'es vraiment content ?

Cesse de te faire du souci. J'demande qu�� vivre avec toi.

Tu vivras ! Les fian�ailles dans deux semaines.

J'te l'avais dit qu'il se r�veillerait.

Rendors-toi, Chiquinho ! C'est rien.

-Vous �tes l� ? -Tu vas r�veiller ta m�re

Je r�vais que je jouais au baby-foot.

Viens jouer un jour, Ti�o. J'ai marqu� deux buts.

Dors... Tu sais que ta m�re est pas commode.

On va se fiancer dans deux semaines.

-Formidable ! Et vous mariez quand ? -Bient�t.

Moi aussi je me marierai.

Je travaillerai en usine.

-Pour crever de faim ! -T'y travailles bien, toi!

Il est tard. Allons-nous-en.

Attendons qu'il cesse de pleuvoir.

Maman ne laisse jamais rien � manger.

Elle est marrante. Elle r�le, mais elle est chouette.

Elle a voulu me battre avec une cuiller. Je me suis baiss�

et elle a cass� la cuiller sur l'�vier. Elle s'est marr�e.

Maintenant dors, sinon tu vas �coper.

Qu'est-ce que c'est ?

On attend qu'il cesse de pleuvoir.

-Bonsoir, Monsieur Ot�vio. -Salut !

-Vous �tes tremp�s. -J'ai march� dans la boue.

Ah ! Cette mairie !

Les trottoirs, les bouches d'�gout, les canalisations...

Ils parlent, parlent, font des promesses... Mais �a en reste l�

Bande de propres � rien !

J'croyais que tu dormais. Tu faisais la f�te ?

La f�te, on va la leur faire � l'usine.

Prenez le parapluie. Il sert encore.

Ils me font marrer, ces gars-l�.

Ils se moquent de la loi. Mais pour l'augmentation,

alors l�, ils savent l'appliquer.

Pr�pare-toi, Ti�o !

S'ils continuent comme �a, dans deux semaines,

�a sera la gr�ve.

Ils la donnent cette augmentation, oui ou merde ?

S'ils la donnent pas, on d�braye.

Pas d'autre solution.

-On s'en va, Maria ? -M'sieur Ot�vio,

Ti�o a pris une d�cision.

Oui, papa... nous allons nous fiancer.

Dans deux semaines.

Vous �tes pas un peu press�s ?

C'est qu'on veut... faire vite.

C'est une th�orie. Mais nous...

... on a pas d'argent.

C'est un sommet ? Et moi, je suis pas invit�e ?

Apr�s �a, te plains pas de rhumatismes.

Sortir sous cette pluie ! C'est pas raisonnable.

Plus le temps passe, plus il devient b�te.

�a va, Maria ? Vaut mieux que tu partes.

Ta m�re pourrait venir te chercher.

-Du calme !... -Comment, du calme ?

Qui c'est qui se l�ve t�t pour faire le caf�, hein ?

J'voudrais t'y voir.

Il pleuvait. On est entr�s, papa est arriv� et on discutait.

Ils vont se fiancer dans deux semaines.

Vous �tes devenus fous ?

T'aurais pu attendre demain pour m'annoncer �a.

J'dis pas �a pour toi, Maria. Ces deux-l� ils pensent � rien.

Ils arrivent en criant et moi, l'idiote,

je dors pas, je me tue dans la cuisine, je me l�ve t�t � cause d'eux...

Qu'est-ce que c'est cette histoire de fian�ailles ?

On a d�cid� de se fiancer.

Dans deux semaines.

Ot�vio, c'est pas une heure pour parler de fian�ailles.

Je t'ai entendu parler de gr�ve

J't'en supplie, Ot�vio, tu vas pas recommencer !

Fian�ailles...

... gr�ve ! Et moi, idiote, qui me tracasse !

-Moi aussi je vais me marier. -Toi, dors. On t'a pas sonn�.

On ferait mieux d'aller se coucher.

On en reparlera demain, J'dis pas �a pour toi, Maria.

Ces deux-l� ils sont terribles.

Et bois pas cette saloperie.

Demain tu dois te lever t�t pour r�parer le puits.

Elle a raison, la pauvre. On en reparlera demain.

Dans deux semaines, hein ? Eh oui, c'est la vie.

Emmerdements, fian�ailles, gr�ve...

A demain, petite. Prends le parapluie.

T'as pas ouvert la bouche.

C'est � cause de lui ?

Je comprends, Ti�o. Je ne veux pas te forcer � te marier.

C'est pas �a. C'est la situation � l'usine, la gr�ve

Y'a toujours quelque chose.

Ouvre ! C'est moi.

C'que t'es chiante, Maria !

Je dormais presque.

Ouvre et aide-moi. Papa est dans la salle.

-Demain il me faudra plus d'argent. -D'accord.

Tu peux me l�cher, merci.

Dors, p'tit fr�re. Il est tard.

L'argent, demain !

D'accord.

Eh, Maria ! C'est pas pour dire mais t'es dr�lement bien foutue.

Heureusement, je vais pas moisir ici.

Comment �a va, maman ?

�a va mieux. T'en as mis du temps.

C'est � cause de la pluie. T'as pris ton rem�de ?

Je ne sais pas quoi penser...

Pense � rien, maman. Dors.

T'en as besoin.

� demain, maman.

Que Dieu te garde, ma fille.

T'es rentr�e ?

Tu crois que j't'ai pas vue ?

Alors ? T'es fatigu�e de te faire peloter ?

T'en as pris un bon coup ?

Tu m�riterais une racl�e.

J'sais pas c'qui me retient.

Viens dormir, Jurandir. �teins la t�l�.

Aujourd'hui �a va barder.

Dors, Bi�.

Tu veux un coup de main, m'man ?

Va-t'en. Et sois � l'heure pour le d�jeuner.

Ti�o, on se fait une partie ?

Tu ferais mieux de te trouver une nana.

Al�pio, un petit verre. Je commence � trembler.

-C'est la solitude ? -Va faire la morale � ta m�re

Elle est sensible, aujourd'hui.

Dis donc, t'es rien susceptible aujourd'hui. Qu'est-ce qui t'arrive ?

J'suis pas d'humeur � plaisanter.

Excuse... mettons que j'ai rien dit.

On peut savoir pourquoi t'es de mauvais poil ?

J'ai des probl�mes.

En fais pas un fromage. �a sert � quoi ?

Facile � dire.

Et penser �a avance � rien.

Allez ! Un peu de courage !

La gr�ve, o� �a en est ?

Ton p�re �tait en train de faire un meeting sur la place.

Lui et Braulio, distribuant des prospectus.

Il s'arr�tera que quand on le mettra en taule.

Il sait c'qu'il fait.

Et puis j'm'en fous.

Ce vieux l�, faut se le faire.

Un petit verre... pour pr�parer l'estomac.

Une autre bi�re.

Et deux petites fines, Al�pio.

-Doucement, bonhomme ! -Fais pas chier, Al�pio !

Parlons s�rieusement.

J'ai parl� aux gars.

Leur proposition est bonne, aucun doute l�-dessus.

Au pire, on sera bombard�s chefs de section.

�a fera quelques billets en plus.

Une seule condition : les appuyer,

surveiller le personnel avant qu'ils fassent la gr�ve

Compris ?

Faire l'espion, quoi !

Assistant de direction.

J'aime pas �a.

Ces gars-l�, ils n'ont pas fait gr�ve l'ann�e derni�re ?

Une autre cette ann�e ! Et une autre... on n'en finira jamais.

On vit la corde au cou, mon vieux.

Alors, que faire ?

�tre du c�t� de celui qui commande.

Ils connaissent la musique. Y'a pas d'autre issue.

Maria attend un enfant de moi.

Toi, avoir un gosse ! �a va pas, non ?

Maria attend un enfant. Je me marie avant un mois.

Je vais me marier et j'te jure il leur manquera rien.

Merde ! Al�pio, une bi�re

Attends. Je sers ces messieurs.

Mais y'a un probl�me

Je vais �tre franc avec toi.

J'ai peur que les copains me m�prisent.

Ils nous appellent des tra�tres, des jaunes. Tu les connais.

La gr�ve est la d�fense d'un droit.

Si tu veux pas la faire, c'est tes oignons.

C'est vrai. Chacun se d�merde comme il peut.

C'est �vident.

Alors, comme �a, on va �tre p�re ! Marrant !

Et ta m�re, elle est marrante ?

-C'est pas trop t�t. -Voil�, ivrognes.

Regarde-le. Il sait m�me pas servir.

Maintenant on va voir.

La po�sie c'est fini. Rien ne nous tombe cuit du ciel.

-C'est pas une raison pour faire la gueule. -J'fais pas la gueule. J'ai des emmerdes.

Il me faut un logement, du fric...

-Et ton indemnisation ? -Parlons-en !

Non... je m'arrangerai autrement. J'emprunterai.

Parce que, ma femme, elle va manquer de rien.

Chambre particuli�re, fleurs, petits chaussons bleus...

Parce que �a sera un homme comme moi.

Elle t'a envo�t�.

On fait un saut chez Silene ?

Il est tard.

Tu veux pas ?

D�vergond�e !

Ti�o, mon ch�ri...

Encore quelques jours et on se s�pare plus.

J'te parle, j'te parle. Et tu t'en fiches.

Mais non, Maria. Je suis bien ici.

Non... t'es plus le m�me.

Qu'est-ce que tu chantes ? Je t'aime.

Elle te pla�t ?

Et comme �a ?

Profites-en... parce que dans quelques jours...

CLUB DES AMIS DU QUARTIER

L'accord est difficile.

Ils veulent que le syndicat d�cide. Et ils ont raison.

Sartini et ses amis forcent � la gr�ve

A croire qu'ils n'ont rien appris.

Quelle bande de couillons !

On peut pas arr�ter l'usine et le syndicat...

Le syndicat est entre les mains de salauds.

Les prix montent, les salaires baissent...

L'ouvrier est dans la mis�re.

On y est tous, dans la mis�re...

On va causer longtemps ? N�gocier ?

On stoppe les machines. C'est le seul langage qu'ils connaissent.

On fait son meeting, Sartini ?

Faut bien. Vous �tes contre la gr�ve

On est contre l'irresponsabilit�.

On sera pour gr�ve quand tous la voudront.

Et ils la veulent pas ?

On n'a pas de quoi bouffer et l'inflation...

Arr�te, Sartini. On le sait.

On descend ensemble demain ?

Je passe te prendre.

Tu m'as fait peur ? Que fais-tu dans le noir ?

Je r�fl�chis, ma fille.

Va dormir, �a vaudra mieux.

Attends un peu.

F�licitations. Tu vas �pouser un brave gar�on.

Je le sais.

C'est � �a que je pensais.

On est pas toujours d'accord tous les deux.

C'est rien. On finira par s'entendre.

Je demande pas mieux.

J'profite que suis pas saoul pour penser.

J'ai rien bu depuis hier midi.

Cris�stomo est pass�. Il m'a trouv� un boulot.

J'commence la semaine prochaine.

C'est bien. Plus de raison de t'en faire.

Maintenant je suis plus tranquille.

Tout va aller mieux.

Et puis la boisson �a r�solvait rien.

J'ai arr�t� de boire.

Je suis contente, papa.

Allez ! Embrasse ton vieux papa.

Pardonne-moi, ma fille, si j'ai eu tort parfois...

Allez ! Pas de m�lo ! Va te coucher.

Je vais rester encore un peu.

C'est si bon de penser la t�te claire.

Qu'est-ce que tu fais l� ? Ils t'ont foutu � la porte ?

Ils dorment tous et moi, j'ai pas sommeil.

Je voulais te causer.

C'est pas tellement important. Allons pendre un verre.

Demain on travaille.

Travail, travail ! Un seul, pour calibrer.

C'est pas ferm� ?

Allez, entrez !

Qu'est-ce que je vous sers ?

Une bi�re

Non, la bi�re gonfle. Pour moi, une gn�le.

Et alors ? T'as fait beaucoup de subversion aujourd'hui ?

On a eu une r�union. J'ai parl� de toi.

Pour leur dire quoi ?

Que j'ai d� t'envoyer un certain temps vivre avec les parrains.

Cette exp�rience t'a tourn� la t�te, Ti�o.

Quand on change de maison, on change d'id�es.

J'�tais bien forc�. Moi en taule, ton petit fr�re...

J'y arrivais plus.

Quand je me suis mari�, c'�tait pas brillant non plus.

Traqu�... sans boulot...

Mais on a d�cid� de r�sister... de lutter...

Moi aussi je suis pour la bagarre, papa.

Mais j'ai l'impression que t'es un peu perdu.

Si on causait plus souvent, je pourrais peut-�tre t'aider.

Merci, papa.

Mais je crois que personne ne peut m'aider.

Des fois, on a un probl�me...

et on voit que lui. Rien d'autre.

T'en fais pas. Je sais ce qui ne tourne pas rond.

Tu le sais vraiment ?

Tu veux parler ?

On en reparlera dans quelques ann�es.

Allons nous coucher.

Le dernier.

Je descends le premier qui bouge.

Planque-moi, Al�pio. J'ai les flics aux fesses.

Et o� j'vais te planquer ?

Cache-moi, merde, parce que cette fois-ci...

On mourra tous ici mais ils m'auront pas.

La porte du fond. Saute le mur.

�a va chauffer.

Arr�tez-vous. La police va pas tarder.

O� est cet enfant de putain ?

Il nous a menac�s et il s'est barr� par la porte du fond.

Arr�te-toi !

Vous n'allez plus faire du mal.

Y'en a marre, enfants de putain ! Vous m'avez fait mal.

Vous pouvez pas me faire �a. Je suis mineur.

Vaut mieux sortir. Je vais fermer.

Ils en ont convoqu� cinq. Ils parlent de renvoi.

Je crois qu'Onofre, Mafra et Tito ont �t� vir�s.

Finie notre organisation ! Ils virent tout le monde.

T'as aim� le trousseau et t'as pas eu le temps de le voir.

J'ai aim�. On en parlera apr�s.

Ils en ont vir� trois du montage. Et c'est pas fini.

Trois ?

Ils les ont m�me pas laiss� entrer.

Ils ont fait leur compte et on en parle plus.

Ils renvoient les meilleurs des secteurs les plus faibles.

Ils veulent en finir avec les meneurs.

Ils peuvent pas nous foutre � la porte comme �a.

Allez, les gars ! On arr�te tout.

Du calme, Rital ! Pas si vite !

On va rien faire ?

Si, mais du calme ! Tous au boulot !

Tout le monde au charbon.

Ils veulent qu'on perde la t�te.

Y'a des mouchards parmi nous.

En plus !

Mais quelle saloperie, le gars !

Ils en ont vir� huit.

Putain de leur m�re !

Ti�o, on t'appelle au bureau. Vas-y !

Et alors ?

Et alors ?

C'est moi qui te demande : et alors ?

Pourquoi ils t'ont appel� aux bureaux ?

Pour rien. J'avais demand� un jour de cong�.

Ils te l'ont donn� ?

Demain, toute la journ�e.

J'te l'avais dit. Tu leur es sympa.

Profites-en. Fais-leur une fleur.

Comment �a ?

Moi, par exemple... Eh bien, je...

Ils voulaient des noms. Je leur en ai donn�.

J'ai parl�. Ti�o, sinon ils me l�chaient plus.

T'es un beau salaud.

Invente des noms. Tu vas voir, ils vont t'emmerder.

T'as le choix : Braulio, Ot�vio...

Dans la vie faut savoir faire des concessions.

C'est notre chance. Faut miser sur le bon cheval.

Un service ici, un autre l� Et te voil� chef...

Personne te demandera comment tu t'es d�merd�.

Tu peux tuer, voler... Personne te demandera jamais rien.

Si on te demande, tu diras : '' J'ai eu du vase ! ''

C'est comme �a qu'on devient pr�sident.

Monsieur le Pr�sident, mangez !

Regarde-les. Regarde-les ces paillasses !

�a file doux. �a baisse son froc... Tas de foireux !

Fais comme si rein ne s'�tait pass�.

Ils renvoient des camarades et on ne fait rien !

Ils veulent qu'on aille bouffer dans leurs mains.

Du calme, Sartini ! La situation est mauvaise.

Cet italien, je peux pas le blairer.

Moi non plus. Il se prend pas pour un confetti.

Pour moi, ils peuvent le foutre � la porte.

Encore de la soupe ?

J'en veux pas, Dona Romana.

Allez, allez, petite ! Dis pas de b�tise.

L� o� y'en a pour quatre, y'en a pour cinq.

Maman m'a recommand� de ne pas abuser.

Elle dit des b�tises, ta maman.

Pauvre gosse ! Elle fait tout... avec ce ventre !

Mange ! T'es maigre comme un clou

et tu ne veux pas manger ?

T'as vu, Romana ? Ils en ont vir� huit.

Les plus bagarreurs. Ils ont choisi

les meilleurs de chaque section.

Fais attention, Ot�vio.

Oh, moi, ils savent que j'ai l'appui des autres.

Peut-�tre, mais fais attention.

Je sais ce que je fais.

�a sera pas facile d'arranger une autre place.

Doucement ! Dis tout de suite que j'suis un bon � rien.

J'te dis seulement de faire attention.

Je tiens pas � maintenir deux familles.

O� tu vas chercher �a ?

Je suis un bon ouvrier. Je connais mon m�tier.

C'est pour �a que j'ai jamais manqu� de boulot.

Sauf quand j'�tais en taule. On reconna�t mes capacit�s.

Je parle pas de tes capacit�s.

T'as la p�toche.

Ton mariage � la '' feu au cul '' - j'sais pas pourquoi -

te rend nerveux. Mais t'as pas � t'en faire.

J'suis ici et t'auras pas � maintenir deux familles.

Occupe-toi de la tienne si tu peux.

Tais-toi, Ot�vio.

Je suis pas nerveux.

Mais �a m'fout en boule de voir un gars qu'a la vie devant lui

et qu'a peur de son ombre et se regarde les pieds.

Rel�ve la t�te. Les temps ont chang�.

T'as grandi sous la dictature, d'accord. Mais r�fl�chis un peu.

Tais-toi, j'te dis, Ot�vio.

On veut manger en paix.

J'parle comme �a pour qu'on la retrouve, la paix.

Du courage, bon Dieu !

Les travailleurs s'organisent.

C'est pas facile. Faut dire c'qui est.

C'est pas le moment de penser � ne pas perdre sa place.

C'est l'heure de lutter. Courage, Ti�o !

Viens aux r�unions du syndicat. Donne ton opinion.

Vis davantage avec tes amis. Tu te lib�reras

de cette angoisse que je lis dans tes yeux.

Quelle angoisse ! J'aurais mieux fait de fermer ma gueule.

T'as peur qu'ils m'arr�tent, que je perde ma place...

�a d�rangerait ta vie, ton mariage.

C'est pas vrai.

Encore, Ot�vio ! Tu vas pas recommencer.

J'sais ce que j'ai pass�. Je tiens pas � recommencer.

Recommencer quoi ?

Je sais... 15 ans de dictature, �a marque son bonhomme.

Mais les choses changent.

Et tu penses comme si rien ne changeait.

Pour toi, l'eau courante �a existe pas. Tu vois qu'une mare.

Regarde l'eau ! Elle coule.

Eau courante, mare ! Tu d�connes.

Depuis que je suis gosse j'entends �a et la merde continue.

Et c'est moi qui vois pas ? Tu vois ce que tu veux voir.

Le jour o� tu verras les choses comme elles sont,

tu te flingueras

parce que tu te rendras compte du mal que tu nous auras fait

avec ton optimisme � la con. '' Organiser la classe ouvri�re ! ''

Toujours la merde !

En taule, � moiti� crev�, bossant comme un n�gre � l'usine...

sans autre futur que celui de mourir � un tour !

T'es p�nible, tiens.

Moi, j'suis p�nible !

J'suis pas � plaindre.

Je vais mieux que toi.

Je vois la merde dans laquelle on est.

Mais, comme tu dis, c'est de la merde courante.

Faut renforcer cette porte. Elle tiendra pas.

T'es malade ?

T'as pas �t� travailler ?

Ils m'ont donn� un jour de cong�.

Oublie pas de parler � ton p�re

Tu l'as offens� hier.

Il est chiant lui aussi. Il voit tout en rose.

Il se laisse aller. Il l'aura dans l'os comme nous tous.

T'es pas juste avec lui.

Peut-�tre.

C'est vrai.

C'est bon. J'y ferai mes excuses.

Fais-les. C'est pas joli de s'engueuler avec son p�re

Je veux plus que �a arrive.

Fais attention. Complique pas les choses plus qu'elles le sont.

Allez, radote pas !

Je radote, moi !

Je sais ce que j'dis.

Un coeur de m�re, �a se trompe jamais.

Trois jours, c'est pas assez. Regarde Braulio.

Dialoguer avec le patron, �a veut dire arr�ter la production.

C'est le seul langage qu'ils comprennent.

C'est ton tour.

Et deux de plus ! Qu'ils me virent, passe encore...

Ils veulent montrer qu'ils ne virent pas que les n�tres.

Ils m'ont m�me pas laiss� entrer prendre mes affaires.

T'occupe, Sartini. Tu vas trouver du boulot.

Ils vont vous virer aussi. Tout le monde va y passer.

Y'a longtemps que j'voyais pas �a.

Flirtant devant la porte ! L'amour � l'antique !

C'�tait le bon temps.

Pouvez rester. J'vais me coucher. Demain, faut se lever t�t, hein !

Demain je me sentirai un homme utile.

J'arriverai de bonne heure au chantier.

Tr�s bien, m'sieur Jurandir. Mas f�licitations.

� demain !

T'attarde pas, ma fille. T'as pas beaucoup dormi.

Embrasse-moi.

Je ne t'ai pas vu hier.

J'ai cherch� un logement et de l'argent...

Ils m'ont donn� un jour de cong�. Je le leur rendrai.

Je le sais.

Autre chose, papa.

Oublie ce que je t'ai dit.

T'avais raison. Je suis � moiti� perdu.

J'ai trop de responsabilit�s.

On finit par dire ce qu'on pense, on parle de trop...

Comme quand on est rond.

Te fais pas de bile.

Oublie tout �a.

J'ai d�j� oubli�.

Je te respecte... et je t'admire beaucoup.

Il y a longtemps que j'entendais pas �a.

Tu viens de l'entendre.

Tu es un brave gar�on.

Un peu emport�, mais un brave gar�on.

Maria est enceinte ?

Oui, elle l'est.

J'en �tais s�r.

Tu descends avec moi ?

C'est bon d'�tre grand-p�re.

J'suis rest� longtemps sans rien faire. J'ai perdu l'habitude.

Je suis �puis�.

M'sieur Jurandir, la poutre peut �tre r�cup�r�e ?

Sans aucun doute.

La fente est petite. Je vais r�parer �a.

Demain, hein ?

Sans vouloir abuser, comme �a, le premier jour

tu peux m'avancer 200 balles ?

C'est pour payer mes dettes. Je les paie toujours.

J'te les trouve. Attends-moi � la sortie.

Et ton p�re qui n'arrive pas !

Appelle-moi quand il arrive pour servir le d�ner.

Va te coucher. Je lui servirai son d�ner.

Jamais de la vie ! Appelle-moi.

D'accord.

Va te coucher.

Mais pourquoi "Durval" ?

C'est joli. Pourquoi Roberto ou Antonio ?

�coute-moi bien.

Tu aimes ce fils mais, en m�me temps, tu ne l'aimes pas.

Mon amour, on va �claircir �a une fois pour toutes.

Durval me pla�t beaucoup.

J'adore le nom Durval.

Mais Durval, je l'aurais voulu dans quelques ann�es... trois ans...

mais il est venu avant.

Ce que je veux dire, c'est que Durval est en avance.

Mais y'a pas de probl�me

Et puisqu'il est l�...

c'est parfait. Vive Durval !

Il est encore temps.

Si �a te met dans cet �tat,

on renvoie Durval et on en fera un autre.

Si tu reparles d'avortement, je me f�che.

Mon fils est l� et je suis assez homme pour l'assumer.

Ne reparle plus de �a, tu m'entends ?

Dis donc, tu vas �tre un mari pas commode !

Arr�tez ! Haut les mains !

�a va. Fais pas le con.

Haut les mains ! Allez, vite sinon je te tue.

Pourquoi tu rigoles ? � plat ventre, tout de suite.

C'est rat�. Tu repasseras.

J'ai plus rien. J'ai tout d�pens� au troquet.

Je rigole pas. A plat ventre.

J'ai que mes fringues. Elles sont plus vieilles que moi.

Tu perds ton temps.

Allez ! Fais pas l'andouille.

Fais gaffe. C'est pas un joujou. Je te tue.

Tu repasseras pour le hold-up. Trouve une autre poire.

Tu veux mourir, enfant de putain ?

Oublie �a... Allons dormir.

Ils n'ont lib�r� le corps qu'� cinq heures.

Maintenant �a change tout.

-On en discutera plus tard. -Non. Maintenant.

On peut pas abandonner ma m�re et Bi�.

Une fois mari�s, on vivra ici

tant que ma m�re vivra.

Je sais qu'elle ne va pas tenir longtemps.

Et puis faut s'occuper de Bi�.

Je l'ai berc� d�s que papa l'a adopt�.

Je sais.

Mon ange, ne t'inqui�te pas.

On se marie et on vient vivre ici.

Je n'ais pas trouv� de logement.

On reste ici et on s'occupe d'eux.

On rentre ?

Rentre chez nous avec Ti�o et repose-toi un peu.

Non. Je veux voir mon p�re

Il me semble ne l'avoir jamais regard�.

Quelle stupidit�, mon Dieu ! Mourir comme �a !

Ti�o inqui�te

Il va s'arranger.

On est tous pass�s par l�, pas vrai ?

Je ne voulais pas te le dire.

Mais c'est pas juste que tu ne saches pas.

Maria... elle m'a racont�...

Je ne devais pas te le dire.

-Mais elle me l'a dit... -Elle est enceinte de Ti�o.

Comment le sais-tu ?

Le coup du mariage pr�cipit�, tu penses si je connais !

Et tu ne m'as rien dit !

Tu l'as su.

Par moi ! Mais je te l'aurais dit.

Tu savais tout et t'as rien dit !

Calme-toi, grand-m�re.

Attention au coeur.

On va �tre grands-p�res, Ot�vio !

Tu te fais vieux, Ot�vio.

Toi peut-�tre.

Parce que moi je suis en pleine forme.

�a se complique.

Te l�ve pas. Reste o� tu es.

Du calme ! On arrive.

Tu es p�le. Qu'est-ce qui t'arrive ?

Les extr�mistes ont gagn�. Gr�ve g�n�rale lundi.

Impossible ! On sera battus !

On a essay�. Le Pr�sident du syndicat s'est d�fil�.

Il a jet� la responsabilit� sur l'opposition.

L'assembl�e a approuv�. Gr�ve g�n�rale lundi.

Quelle connerie !

Ils vont nous piquer en cale�on. On a rien pr�par�.

Ils font les conneries et c'est nous qui sommes bais�s.

Rentre te reposer, camarade. On en reparlera demain.

Comment �a va ici ?

Ti�o est all� passer la nuit chez Maria.

Sa m�re fait peine � voir.

C'est horrible.

Plus que �a.

Sartini, o� �tais-tu fourr� toute la journ�e ?

Commence pas. �a a �t� une d�cision de l'assembl�e.

D�cision de l'assembl�e, nom �il !

Assez caus� ! Demain on arr�te tout.

Tu crois que tu vas gagner quelque chose avec cette gr�ve ?

Y'aura une r�pression et on est pas pr�ts.

Qui va gagner en fin de compte ? Le patron.

R�pression ! Et alors ? On va continuer � baisser notre froc.

On va organiser des piquets de gr�ve

Quels piquets ? Tu crois pouvoir paralyser la classe

avec tes piquets de gr�ve ?

Tu te crois chez Ford ?

Non, bonhomme ! On est pas organis�s pour.

Vous vous �tes pr�cipit�s et avez tout foutu en l'air.

Vous croyez qu'une demi douzaine de compagnons

vont r�soudre les probl�mes de 17.000 usines ?

Tu d�connes. T'es en rogne parce qu'ils t'ont vir�.

C'est pas �a. Je suis d�go�t� des d�missions.

Moi, ces choses-l�, j'les dig�re pas.

C'est ton attitude, Ot�vio, qui me fait peur.

J'esp�re que les bruits qui courent sur ton fils

ne t'ont pas mont� � la t�te.

Sois pas con !

Vous savez que les patrons r�pandent ces bruits

pour nous diviser et nous d�moraliser.

C'est pas pour un de ces imb�ciles...

Minute ! Pas de cas personnel.

Allons prendre un verre pour nous calmer.

C'est pas un cas personnel.

C'est un cas politique.

Je vais m'�tendre un peu.

N'oublie pas de tout fermer, Maria.

Non, Ti�o, je te remercie mais ce n'est pas la peine.

Demain tu travailles. Va dormir chez toi.

Non. Y'a pas de probl�me

�a vaut mieux. Aujourd'hui tu t'es lev� tout moulu.

D'accord.

Va dormir toi aussi, Bi�. Il est tard.

Ob�is � ta maman.

Que vas-tu faire demain ?

Leur donner un coup de main.

Demain tu sors pas de la maison, tu m'entends ?

Je te le demande... Non, je te d'ordonne.

T'occupe pas de la gr�ve Je sais que tu ne vas pas travailler.

Je ne veux pas voir ma femme m�l�e � �a. Va y avoir de la bagarre.

Tu me donnes des ordres maintenant ?

Je vais les aider. Bien s�r que je vais les aider !

Fais ce que je te dis, Maria.

Sinon je me f�che.

C'est moi que me f�che.

J'accepte pas tes ordres.

Je fais ce qui me semble juste.

Je t'ai dit...

-Tu veux en faire � ta t�te, c'est �a ? -C'est �a.

Je vois. Tu veux me faire une sc�ne.

Une sc�ne, moi !

Tout le monde est fou ! On a tous perdu la t�te.

Complique pas les choses, Maria.

Rentre chez toi, Ti�o. Parle � ton p�re

Et ne fais pas de b�tises demain.

Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi es-tu d�j� debout ?

Et toi ?

Moi, j'ai du travail.

Tu n'attends pas ton p�re ?

Quand y'a gr�ve, est nerveux.

J'ai pas envie de discuter.

Tu vas faire le piquet ?

Piquet de gr�ve ? Tu en es ?

Non. Y'a beaucoup de volontaires.

Si la police arrive, disparais, hein !

Je sais ce que je fais. inqui�te pas.

T'as notre adresse ?

Pour qu'on nous avise, s'il t'arrive quelque chose.

C'que tu es b�te, maman !

-T'as l'adresse ou non ? -Je l'ai... dans mon portefeuille.

Que Dieu te garde !

J'en ai pas pour longtemps.

T'as mis un cale�on propre ?

Sous cette pile, dans le coin.

-Toi et ta manie de tout empiler ! -T'as de la chance que je l'ai lav�.

L�ve-toi, morveux !

Il est l'heure. L�ve

Je me r�veille... Du calme. Je me l�ve

J'ai trop dormi.

Il est encore t�t.

Je devrais �tre � l'usine. Le caf� est pr�t ?

Il est chaud.

Laisse pas Chiquinho arriver en retard.

Je l'ai appel�.

Il est encore t�t. Je vais le laisser dormir.

Et Ti�o ?

Il est sorti.

Il m'a pas attendu ?

Celui-l�, il va me donner bien des soucis.

Non, j'veux pas de pain.

Le caf� est pas bon, Romana.

Monsieur veut du luxe, hein !

Heureusement qu'il est chaud. On sent pas le go�t.

Oublie pas, Ot�vio. Attends pas la police.

-Joue pas les h�ros. -inqui�te pas.

T'as notre adresse ?

Pour qu'ils nous avisent, s'il t'arrive quelque chose.

Que dis-tu l�, Romana ?

-T'as l'adresse ou non ? -Oui.

Je l'ai, mais cesse de penser � ces b�tises.

Que Dieu t'accompagne !

Ne le laisse pas arriver en retard.

L�ve Il est l'heure.

Allez, debout ! Paresseux !

Un de ces jours moi aussi je vais faire gr�ve

J'aime pas ce minus.

Qu'y a t-il, maman ?

Pas encore pr�t? Si t'arrives en retard, tu prends une correction.

-Tu fais les cartes ? -Tu le vois bien.

-Quelque chose te pr�occupe ? -Va te laver.

-C'est � cause de la gr�ve ? -Te m�le pas de �a.

Elles disent quoi, les cartes ?

Dis donc, tu veux une paire de gifles ?

Que la volont� de Dieu soit faite !

Personne n'entre dans l'usine. Tous au stade !

Tous unis ! Personne ne travaille.

Gr�ve ! Gr�ve !

Travailleurs unis ! Victoire garantie !

Travailleurs unis ! Victoire garantie !

Plus de la moiti� ont d�j� d�bray�.

C'est pas nous qui allons la briser, cette gr�ve

Gr�ve g�n�rale ! Allez, p'tit gars !

T'as l'air d'un flic. Sans violence. On va discuter.

Regarde-les, Ot�vio ! Des vrais moutons !

C'est la gr�ve g�n�rale. Bon Dieu ! Tous au stade !

Tous au stade !

Tous au stade ! Personne n'entre dans l'usine.

O� vas-tu, Ti�o ? Attends !

T'es le fils d'Ot�vio. Tu vas pas faire �a.

La gr�ve c'est la d�fense d'un droit. J'ai pas envie de le d�fendre.

Que ceux qui veulent travailler, travailler ! Garde !

Garde, je veux travailler.

Ot�vio, regarde !

Cette lopette a d� me d�noncer.

Entre qui veut ! On est en d�mocratie, non ?

Entrez ! N'ayez pas peur d'eux.

Cette gr�ve est termin�e avant de commencer.

Camarades, la gr�ve est notre seule arme.

C'est nous qui enrichissons ces quelques patrons.

C'est nous qui produisons et nous vivons dans la mis�re

La gr�ve est un droit sacr� du travailleur.

N'entre pas, camarade ! Tu vas pas entrer.

�te-toi de l�, Braulio !

Quelle violence absurde !

C'est comme �a qu'ils traitent l'ouvrier br�silien.

T'�nerve pas, Silene !

Ils peuvent pas nous obliger � entrer.

On va se battre, d�fendre nos droits.

Maria, j'ai peur ! J'ai fait pipi dans ma culotte.

Allons au bar.

-Je suis morte de peur. -Nous avons toutes peur.

-Tu t'es essuy�e ? -C'est fichu !

Non ! �a a pas march�, c'est tout !

Que faites-vous l� ? Tout au stade !

Ou vous entrez ou vous vous barrez !

-Bas les pattes ! -Va travailler, putain !

Je saigne, Silene ! Le b�b�... je saigne.

Barre-toi, tra�tre fils de pute !

Canaille ! Salaud !

Laisse-le. C'est pas un ennemi.

Notre ennemi, c'est celui qui nous exploite.

C'est la r�pression qui nous malm�ne.

L�ve, Ti�o ! Va-t'en !

Et maintenant, que vont-ils faire ?

Vous allez d�rouiller tous ceux qui ont bris� la gr�ve ?

Occupe-toi de tes fesses ! On a � faire.

R�union au Syndicat ! R�union au stade !

C'est une r�volte, bon Dieu !

C'est pas vous qui l'avez commenc�e, cette gr�ve ?

Et vous allez vous d�fouler sur cette chiffe

qui ne voit que sa petite personne ?

Les flics ! Du calme, Braulio. Barrons-nous.

J'arrive !

J'arrive !

Que s'est-il pass� ?

�a a �t�, Dona Romana. �'aurait pu �tre pire.

�a a chauff� � l'usine. Ils l'ont battue.

Mais le docteur dit que c'est pas grave.

-Viens te coucher. -Excusez-moi d'�tre venue ici.

J'ai pas voulu aller chez moi.

T'as bien fait. Vien t'�tendre. Appuie-toi sur moi.

Je cherche une fille qui a �t� bless�e � l'usine.

-Elle perdait du sang... -Je sais.

-Le b�b�... je crois qu'elle l'a perdu. -Maria ?

Elle est partie y'a un quart d'heure.

-Alors... c'est pas bien grave ! -�a, j'peux pas vous le dire.

-O� est-elle all�e ? -Comment le savoir ?

Elle �tait seule ?

Un gars et deux filles l'avaient amen�e ici.

Dites donc, c'est vous qui avez besoin de soins.

Ils ont arr�t� Ot�vio ? Et c'est maintenant que tu m'le dis ?

Ben oui ! Ils m'ont envoy� vous le dire.

O� est-il ?

Ne vous en faites pas. Il a un avocat.

Il va le faire rel�cher.

Mon mari arr�t� ! Je ne vais pas rester ici. O� est-il ?

J'sais pas. J'crois qu'il est au DOPS.

Au DOPS ! Ah ! Vierge Marie !

Au DOPS !

-J'y vais. -�a n'avancera � rien.

On va le retirer de l�

Qui, on ? Je suis sa femme, oui ou non ?

Et avec mon mari en prison, qui va s'occuper de la maison ?

Il y a d�j� pass� trois ans, en prison !

J'vais faire un scandale mais j'le tire de l�

Les gosses du 28 sont venus chercher leur ballon et ont sali la linge.

Si j'leur mets la main dessus, j'leur tords le cou.

Aide-moi. Ramasse le linge e rince-le.

Mets les haricots et le riz sur le feu. Je vais � la Police.

Ils ont arr�t� Ot�vio.

Range un peu. Je dirai � Candida que tu es ici.

Et j'te donnerai de l'argent pour sortir avec Chiquinho.

Faut trouver Braulio. Reste ici aupr�s de Maria.

DOPS !... Ils l'ont peut- �tre pass� � tabac !

Ils font qu'�a : arr�ter Mr. Ot�vio.

Je suis bien, Silene. Tu peux t'en aller, si tu veux.

Je reste avec toi.

J'ai un de ces maux de t�te !

�tends-toi.

�tends-toi.

Quel scandale ! Qu'est-ce qui t'arrive ?

-O� este Maria ? -Dans la chambre de ta m�re

Elle aussi est bless�e.

-T'el l� ? -Qu'est-il arriv� ?

Il demande c'qui est arriv� !

Je sors. J'ai des naus�es.

�coute, toi ! Va a merde !

De quoi �a se m�le !

Je suis chez toi parce que ta m�re l'a voulu...

Parle pas comme �a � Silene, t'entends ?

Ne nous �nervons pas.

Gardons notre calme. Je te demande pardon, Silene.

Je suis � c�t�, Maria.

Qu'est-ce qui s'est pass�, mon ange ?

Me touche pas. Mon ange, des clous !

Une paum�e qui re�oit des coups de pieds dans la ventre, oui !

J'ai rien d'un ange.

Raconte !

Tous ont d�rouill� ! T'es un vrai salaud.

Un vrai massacre ! Pour eux, on est de la merde !

Et toi, tu les vois tabasser ton p�re

et tu dis rien ! T'as aucune r�action !

J'te demande pas d'�tre un h�ros, mais un homme.

Quel est ton id�al dans la vie ?

Une femme qui te fasse � bouffer ?

Un gosse qui fr�quente un bon lyc�e ?

Moi aussi je veux une vie d�cente...

mais pas � ce prix-l� !

Ils nous baisent et toi, tu les aides � nous baiser.

T'as pas honte, Ti�o ?

Fous-moi le camp !

La Police a failli tuer ton fils.

Le docteur a dit que le f�tus avait pas �t� affect�.

S'il na�t, il ne sera que le petit-fils d'Ot�vio.

J'aurai honte de dire qu'il est ton fils.

T'es nerveuse. Tu sais pas ce que tu dis.

T'es � moiti� fausse comme tout le monde.

C'est pas �a... Vous comprenez rien � rien.

Vous vous rendez ! Vous faites des conneries...

Seul celui qui sait nager dans la merde s'en sortira.

Va-t'en, Ti�o ! Va-t'en une fois pour toutes.

Sans fian�ailles, sans mariage... sans rien !

Je m'attendais � ce que tu fasses des conneries.

Mais toi supporter tout �a... sans rien dire.

T'es devenu une merde !

Vas-y! Bats-moi aussi.

Bats ta m�re, ton p�re, tes copains !

Tu peux nous battre. Tu es leur larbin.

Vas-y ! Bats-moi encore !

Ces enfants de putain ont fait bonne �cole.

Verse encore du sang !

Moi... verser du sang !

Ils ont rel�ch� Ot�vio ! Ils ont rel�ch� Ot�vio !

Ils t'ont beaucoup battu ?

J'te dis que non. J'ai rien senti.

Assieds-toi !

Dona Romana a fait un de ces scandales !

Fallait bien ! Ils l'ont arr�t� pour rien.

Que fais-tu l� ? T'as vu comment �tait Sartini ?

Il est plus fou que d'habitude. Rends-moi un service :

Colle-lui au train et le laisse pas faire de b�tises.

inqui�te S'il arrive quelque chose, j'te tien au courant.

Assieds-toi ici.

M'asseoir ? J'vais prendre une douche, oui !

Qu'est-ce que t'as ?

C'est ta premi�re gr�ve, hein ?

J'ai encore beaucoup � apprendre.

Avant, on regardait �a � la t�l�. Dans la rue, y'a plus de mouvement.

Et comment !

Y'a du caf�, Romana ?

Reste. Fais les honneurs de la maison � nos invit�s.

A quoi �a t'avance de te cacher ?

Je t'attendais.

Je veux te parler.

On n'a pas grand-chose � se dire tous les deux.

Pour ma part, je veux te dire

que j'ai �t� surpris... Je me suis tromp�.

Je veux que tu suives ton chemin...

Le chemin que tu as choisi.

Parce que cette maison...

... ne sera jamais la maison d'un jaune.

Je voulais te dire que j'ai pas fait �a par l�chet�.

C'est possible.

T'as m�me eu un certain courage.

T'y as �t� de ton petit meeting,

sans secret.

T'as pas fait comme Jesuino qui allumait un cierge � Dieu

et un autre au Diable.

T'es plus salaud que lui.

T'es pas un tra�tre par l�chet�.

T'es un tra�tre par conviction.

Je suis pas un salaud !

J'ai des copains, mais j'ai pr�f�r� leurs m�pris

� voir ma femme et ma m�re souffrir comme tous ici.

Dans le fond t'es pas le seul fautif.

C'est aussi ma faute.

Mais no, c'est pas ta faute.

Pourquoi, �a serait ta faute !

Et laisse-moi penser que �a l'est. Sinon je souffrirai davantage.

Je penserai que mon fils est tomb� dans la merde tout seul.

Je penserai que mon fils est un tra�tre de naissance.

On n'a plus rien � se dire.

Cette maison ne t'appartient pas.

T'as choisi. C'est ton droit.

-Bonne chance ! -J'ai pas �t� un l�che...

Et je regrette rien.

Ta m�re veut peut-�tre te parler.

A un de ces jours.

Vous avez tous la t�te � l'envers.

J'ai pas fait �a par l�chet�. Je regrette rien.

Je sais. Tu n'es pas un l�che.

Tu es t�tu, c'est tout.

O� vas-tu aller ?

Chez un copain.

Il vit � Diadema.

Tu vas vivre l� ?

Lui aussi a bris� la gr�ve ?

Je ne sais pas.

C'est un copain, c'est tout. Il vit avec sa m�re

Je vais recevoir mes indemnit�s. Si je le peux...

Je vais arranger un autre emploi.

J'ai une profession.

Je m'�tablis et je viens chercher Maria.

Tu crois que �a valait la peine ?

C'est fait. N'en parlons plus.

Dans quelques jours, envoie quelqu'un chercher ton linge propre.

T'es chouette, maman.

Tu verras qu'il vaut mieux �tre pauvre entre les siens

qu'entre des �trangers.

Sans doute.

Mais faut tout tenter.

Tu sais, maman...

Je vais m'en tirer.

Embrasse-moi !

Que Dieu t'accompagne !

Tu as notre adresse dans ta poche ?

S'il t'arrive quelque chose, on nous avisera.

Venant de quelqu'un d'autre, �a me porterait malheur.

Prends soin de Maria.

Nous en prendrons soin... et de ton fils aussi.

-Tu vois ? Je ne te l'avais pas dit ? -Ils ont doubl� le nombre de gardes.

�a va pas se passer comme �a.

Des b�tons contre des bombes !

L'�quipe de nuit n'entre pas.

Calme-toi, Sartini !

La gr�ve continue !

Aujourd'hui on laisse entrer personne.

Gr�ve g�n�rale. On s'en fout de la r�pression.

Doucement, Sartini !

Pas de violence !

On forme un cordon devant la porte.

Aujourd'hui personne n'entre !

Du calme ! Pas de violence !

Allons-nous-en !

�a jamais !

Allons-nous-en, les gars !

Le n�gre ! Le n�gre !

Rentrons chez nous.

N'acceptons pas la provocation.

Jamais un copain merveilleux comme lui n'aurait pens�

qu'il y aurait tant de monde � son enterrement.

Braulio �tait unique en son genre.

Tu verras, Chiquinho... un jour...

ton fils �tudiera Braulio dans l'Histoire du Br�sil !

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