Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (SoranĂ®)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
1930
En remontant le cours du temps, nous sommes arrivés en 1930.
Nous allons maintenant repartir en avant.
À cette époque, vous le savez, le cinéma était en noir et blanc.
Mais nous avons préféré mettre un peu de couleur dans tout cela.
Et si quelques personnages en noir et blanc traînent encore par-ci par-là ,
ce sera bien malgré nous.
M. Galipeau, s'il vous plait ? M. Émile ou M. Léon ?
Le docteur. Au 3e étage.
Tournez-vous.
Toussez.
Ça suffit.
Ça suffit.
C'est grave, docteur ?
Vous pouvez vivre très longtemps avec ce que vous avez. Faites-moi confiance.
Alors, c'est...
Alors ça, c'est... C'est que c'est grave.
C'est le cœur, n'est-ce pas?
Non, non. C'est un peu tout. Euh... Comment vous dire ?
Vous êtes usé, monsieur... ?
Martinet.
Vous êtes usé.
Usé? Qu'est ce que je dois faire?
Quel âge avez vous?
J'ai 59 ans, bientĂ´t 60.
Moi, je serais vous, je prendrais ma retraite anticipée.
Ma retraite? C'est que ça... Ça ne va pas faire bien lourd.
M. Martinet,
vous avez bien quelques petits sous de côté ? Quelques petites économies ?
Des économies... oui.
Je vais vous montrer.
J'ai acheté une petite maison au bord de la Méditerranée,
dans un village de pĂŞcheur.
Voyez.
C'est bien. C'est très joli.
Le village s'appelle Saint Tropez.
Saint quoi ?
Saint Tropez, c'est dans le Var, sur la CĂ´te d'Azur. C'est tranquille.
L'air est bon. J'ai toujours aimé la mer.
Je vieillis, docteur. Maintenant, j'ai besoin de chaleur, de soleil.
De ciel bleu aussi.
Votre famille va vous aider. Vous avez des enfants?
Non. Vous êtes marié ?
- Non. Pas de liaison, pas d'amie ?
Non, docteur. Je me suis usé tout seul.
Vous n'avez pas pensé au viager?
Au viager ?
Oui. Le viager, ça serait la bonne solution.
Je ne sais pas très bien comment ça fonctionne, le viager...
C'est très simple. Un enfant pourrait vous l'expliquer.
Il y a un vieux monsieur qui vend sa maison en viager
à un autre monsieur. Alors, chaque année,
l'autre monsieur donne de l'argent au vieux monsieur. Mais,
la maison n'est pas encore Ă lui.
Le jour de la mort du vieux monsieur, l'autre monsieur rigole drĂ´lement,
parce que la maison est enfin Ă lui.
Alors, il y a un chouette enterrement.
Et tout le monde est content. C'est ça le viager, c'est intéressant, hein ?
Ah oui, c'est intéressant...
Pensez-y, Monsieur Martinet. Pensez-y...
J'y penserai, Docteur. J'y penserai...
Mais... j'ai encore quelques années devant moi ?
Hein ? Oh oui, bien sûr ! Bien sûr, bien sûr...
Maintenant, reposez vous.
Evitez les émotions.
Je vous donne des fortifiants.
Dès demain, vous prendrez de l'huile de foie de morue.
Trois cuillerées à soupe, après chaque repas.
Demain, c'est Noël! . Prenez un peu de champagne avec.
Ça sera plus gai.
Voilà , joyeux Noël !
N'oubliez pas votre photo.
C'est pour quoi ?
Vous ĂŞtes nouvelle, vous! Je suis le docteur...
On vous attend, docteur.
Non, c'est par ici. Je connais.
Émile !
Léon, te voilà ! J'ai une affaire en or pour toi.
Ta belle-soeur va accoucher et tu me parles d'affaires... ?
Mais non, Elvire ne vas pas encore accoucher. Ta petite fille, c'est pas pour aujourd'hui.
Écoute... - Émile !
Ah ! Tu vois Léon, tu vois ?
J'arrive, Elvire ! J'arrive !
Il arrive ! Émile,
reste là . On s'affole toujours trop vite pour le premier bébé.
Je m'occupe d'Elvire.
Léon, ça fait au moins cinq heures qu'elle a mal. Écoute moi...
Tu t'es donné beaucoup de mal pour que ta petite fille
ait une jolie petite chambre rose.
Est-ce que tu n'aimerais pas qu'elle ait aussi une belle maison ?
Rose ? Peut-ĂŞtre !
- ÉMILE !!
C'est un garçon !
Oh, qu'il est mignon ! Qu'il est mignon !
Vous allez l'appeler comment ? Nous avions pensé à Clotilde...
Évidemment, maintenant....
Aujourd'hui, c'est Noël... Si on l'appelait Noël ?
Ah ! Ça, c'est une idée.
En tout cas...
Il n'est pas de notre côté.
Il a les yeux de Léon, les oreilles de Léon.
Le sourire de Léon!
En plus, il ressemble à Léon.
Bon...
Moi, je vais finir de mettre le couvert.
Tu te rends compte ? Pour une bouchée de pain, tu pourrais avoir une belle maison.
Vous seriez bien lĂ -bas...
Et puis, nous viendrons vous voir !... Cette affaire, je l'ai examiné à fond.
Le bonhomme n'en a pas pour deux ans Ă vivre.
Deux ans Ă vivre...
Usé... Je me suis usé tout seul.
Un viager en or, Émile. Pas plus de deux ans.
Tu crois ? Fais-moi confiance...
Mazette !
Léon, c'est magnifique !
Alors, on dit merci à son grand frère ?
...
Entrez. Je vais vous faire visiter.
LĂ , c'est la cuisine.
Ce n'est pas en état, mais avec quelques travaux...
LĂ , le salon ou la salle Ă manger. C'est comme on veut.
Et là -haut? C'est le premier étage...
Ils montent... Ils montent...
Il faudra bricoler ce truc-là . Il y a du travail pour pépé.
Qu'est ce que c'est joli, ici !
Vous vous y voyez déjà ?
Hein, Elvire ?
C'est un viager de tout repos
Martinet va mourir bientĂ´t...
Mourir bientĂ´t...
BientĂ´t...
C'est un viager de tout repos...
Martinet va mourir bientĂ´t...
BientĂ´t...
Ce qu'il fait beau ici !
On se sent revivre.
- Je disais donc
que j'ai établi le contrat de rente viagère suivant vos désirs.
Mais il me semble qu'il serait bon de l'indexer.
Indexer?
Indexer oui, monsieur Martinet.
Si la vie du crédit-rentier se prolonge, il me semble honnête
de réviser annuellement cette rente viagère,
d'après le cours d'une matière première quelconque.
Je ne sais pas moi... Disons... L'aluminium. C'est Ă la mode.
Qu'en pensez vous M. Martinet ?
Maître Laguarrigue, M. Galipeau et le Dr Galipeau sont si bons pour moi...
Est-ce bien nécessaire? Mais si, mon cher Martinet...
Indexons, Maître, indexons!
Si ça gêne monsieur Martinet... Mais si, mais si!
On l'indexe. On indexe!
D'accord.
De toute façon, deux ans ça va pas chercher bien loin.
Même avec l'aluminium, ça ne fera pas lourd.
C'est parfait. Vous allez signer cette option.
Elle fait de vous, monsieur Martinet, un crédit rentier. Je pense donc
que nous aurons le plaisir de vous revoir bientôt dans notre région.
Et j''espère que nous aurons le plaisir de vous revoir de temps en temps à Paris.
C'est avec regret que nous vous voyons partir.
après 36 ans de service dans notre maison.
Moi aussi ça me fait aussi de la peine de vous quitter, M. Levasseur.
Oh !
Tout ça va bien me manquer. Mon cher Martinet...
Vous êtes entré dans cette maison il y a 36 ans,
en qualité de manutentionnaire auxiliaire.
À force de persévérance, d'assiduité dans le travail,
vous avez gravi un à un les échelons de la hiérachie jusqu'à devenir sous chef,
de la manutention.
Aussi,
au soir de cette vie bien remplie,
au nom de vos camarades... Mon Dieu, ils sont tous lĂ .
Au nom de notre maison,
acceptez ce témoignage de notre reconnaissance.
Cette modeste statue vous rappellera nos spécialités
qui formèrent jusqu'à aujourd'hui la trame de votre vie quotidienne.
Vous me gâtez, monsieur Levasseur. C'est... C'est trop.
C'est trop.
Noël...
On sonne. Allez ouvrir, ma fille !
Elle ne fera pas long feu ici celle-lĂ .
Vous ĂŞtes nouvelle vous...?
Joyeux Noël ! Joyeux Noël.
Joyeux Noël, Elvire. Joyeux Noël.
Je vous apporté du boudin blanc. Merci Marguerite, quelle bonne surprise.
Joyeux anniversaire, bonne fête, et joyeux Noël, Noël !
Chère Marguerite, elle a fait ça elle même...?
Il est en pleine forme, mon neveu. Il n'y a pas que lui qui est en pleine forme.
C'est le père Martinet nous envoie ses vœux. Il se porte très bien, lui aussi. Très, très bien.
Vous dites ça pour moi ma chère belle-sœur ?
Ça devrait vous faire plaisir de savoir qu'un de vos clients
a retrouvé la santé après vous avoir consulté.
On va passer à table. Et moi, je vais vous servir l'apéritif.
Oh, du Malaga !
Alors, un doigt seulement. Un tout petit doigt.
Très bien. Vous trouvez ça très bien, vous.
Elvire, je t'en prie!
Oh toi, dès qu'il s'agit de ton frère, tu le défends.
Mais ma chère belle-sœur, de quoi suis je coupable ?
Émile rêvait d'acheter une maison,
je lui ai apporté une affaire inespérée.
Je lui avais dit que ce malheureux Martinet n'en avait que pour deux ans tout au plus...
Oui mais ça va faire deux ans dans un mois, et il se porte très bien.
Elvire...
Laisse, Émile, laisse !
J'ai vu des gens en bonne santé et quelques jours après, clac !
Qui vous dit
que ce malheurex Martinet va si bien que ça ?
Lui !
Si on les écoutait. J'aimerais bien l'ausculter en ce moment...
Je suir sûr de ce que je trouverais.
Ça, c'est facile !
Allons tous ensemble à St Tropèze. Enfin, St Tropé, comme ils disent là -bas.
Bonne idée.
On ira l'été prochain, et on en profitera
pour lui donner sa rente viagère. Ça nous fera des petites vacances.
Sera-t-il encore vivant ?
Et voilĂ ...
Le compte y est.
C'est plus que l'an dernier ?
Oui, parce que l'aluminium monte.
J'ai lu dans le journal que c'est Ă cause
de l'industrie des aéroplanes.
On en fait aussi des casseroles. Pas d'aluminium chez moi !
En tout cas,
la maison est en ordre. Le jour où je partirai, tout sera en état.
Je ne veux pas que vous soyez volés.
Voulez-vous bien vous taire.
Santé !
A votre bonne santé, monsieur Martinet !
Il faut que je vous montre quelque chose.
Je vous ai planté un olivier.
LĂ , regardez.
Ce n'est pas moi qui profiterai de l'huile.
Vous nous enterrerez tous M. Martinet ! Vous êtes bâti à chaux et à sable.
Allons, allons cher M. Martinet, vous avez une santé de fer.
N'est ce pas, Léon ? Je dirais même d'aluminium !
Ce que vous ĂŞtes rigolo,
docteur !
Pardon.
Il me vient une idée !
Si vous l'auscultiez ? Ça va tous nous rassurer.
Ça, c'est une idée. Oui, c'est une idée.
Oui, c'est une très bonne idée. Alors, on y va?
Non, docteur. Vous ĂŞtes trop bon.
Sans vous, je ne serais plus là . Ne dites pas ça. Venez.
D'accord, mais je tiens Ă payer la consultation.
Ne dites pas de bêtises ! C'est ma tournée.
Toussez. "Toussez".
Dites 33. 33.
33 ! Pas 43 ! 18 heures 33 ! Il vient de partir.
Le prochain pour Paris est Ă 23 heures 59.
L'omnibus. Vous changerez Ă Toulon.
Tu vois Léon, je te l'avais bien dit. Tout le monde peut se tromper.
Oh, pour çà , vous ne craignez personne. Elvire, je t'en prie.
Ma chère belle-sœur, cette fois, c'est vous qui vous trompez. Martinet va mal.
Mal? Mal.
Mais alors, s'il va mal, c'est que ça va bien ?!
Vous m'étonnez Léon. Moi, je l'ai trouvé mieux que la dernière fois.
C'est le dernier "mieux". Vous verrez à Noël, on en reparlera.
Et bien, parlons en,
cher Léon. Regardez.
Martinet dit que son ami le facteur s'est foulé la cheville et qu'il le remplace dans sa tournée.
Treize kilomètres par jour, dont huit de côtes.
Alors, qu'en dites-vous mon cher beau-frère ? Ça va l'achever.
La marche, c'est très mauvais. Il creuse sa tombe avec ses pieds.
Je vous ai apporté du boudin blanc. Quelle bonne surprise !
Comme c'est gentil...
Oh, la belle bĂŞte !
Je parle du gigot. Monsieur le maître de maison.
Vous avez lu les journaux ?
Il m'amuse, leur Hitler. C'est qu'un petit peintre en bâtiment.
Il ne fait pas le poids devant Hindenburg.
Petit caporal !
Mon pauvre Émile,
donne moi ça. Tu n'as jamais été très fort sur la cuisse !
Qu'il est drôle, mon Léon !
Qu'est ce que c'est
le nazisme ?! C'est un feu de paille !
Faites-moi confiance !
Noël...
L'an dernier,
c'était le gigot.
Toujours aussi adroit, mon cher beau-frère.
J'aime pas le boudin blanc!
Vous ne nous demandez pas des nouvelles de Martinet? Et bien, il va de mieux en mieux...
Oui, je dois lui envoyer sa rente le mois prochain. L'aluminium a encore augmenté.
Ah oui, l'aluminium a encore augmenté.
À cause de ces marchands de canons ! Tous des métèques !
Faut leur botter le cul !
Léon, il y a un enfant à table.
Dans le cul !
Dans le cul ! Dans le cul ! Dans le cul !
Noël...
Çà lui fait quel âge, cette année ? Cinq ans.
Cinq ans et toutes ses dents ! Justement, elles lui font mal.
Quelqu'un n'en a pas pris ?
Oui, moi.
Je n'aime pas le boudin blanc !
Elle est intéressante la carte de Martinet cette année.
Il dit que ça se construit de plus en plus dans le coin.
Il aide le facteur, son ami, à bâtir sa maison.
Un ange passe.
Léon...
Tu sais ce que chantent les enfants, cette année ?
Vas-y Noël, chante à Léon la chanson du Négus.
As-tu vu le Négus Sur la route de Djibouti
Qui grattait les puces Ă Mussolini
Comme c'est mignon !
Mussolini va se casser les dents sur l'Éthiopie.
Et la Société des Nations, vous oubliez ?
Ça va pas se passer comme ça ! Faites-moi confiance.
Noël...
Ă€ propos de Martinet...
Avec son copain le facteur,
ils ont acheté un tandem.
Ils font les routes de montagne.
Noël ! Veux tu manger proprement ?
Laissez, Elvire, il n'a que six ans.
Moi, quand j'étais petite... Laissez, Marguerite.
Elvire a raison. Il faut de l'autorité.
C'est comme l'Espagne. Le gouvernement légal aura tôt fait de mettre au pas ce général.
Comment... comment l'appelez-vous ? Franco.
Ah oui, Franco.
Dis donc Léon, tu crois qu'on peut lui donner un peu de vin au grand-père ?
Mais oui, il a une santé de jeune homme. Fais-moi confiance.
Cul sec !
Noël...
Pauvre grand.père. L'an dernier, il buvait encore sa petite goutte.
Il ne parlait pas beaucoup, mais il n'en pensait pas moins.
Ça ne lui a pas fait plaisir tout ce qui s'est passé en France.
La semaine de quarante heures, les congés payés !
Nous aurions bien besoin d'un Franco !
C'est bien toujours les meilleurs qui s'en vont les premiers.
Oui... Martinet lui, se porte très bien.
Le plus beau de tous les tangos du monde
C'est celui
que j'ai dansé dans vos bras
J'ai connu
d'autres tangos Ă la ronde
Mais mon cœur
n'oubliera pas celui-lĂ .
Noël...
Pour tes huit ans, tu as droit Ă un petit fond de vin blanc.
C'est gentil.
C'est bon ? Léon ?
Oui ? Vous savez ce que c'est ?
Non. C'est de l'huile d'olive.
Cadeau de Martinet. C'est de l'huile de l'olivier qu'il a planté pour nous.
Tu es encore là , toi? Ça va faire deux ans. Deux ans de suite !
Bon, vous ne la reverrez pas l'année prochaine. L'huile, ça se garde.
En cas de guerre... Hitler va se dégonfler.
Il sait bien que la ligne Maginot est infranchissable.
Pas de guerre, faites-moi confiance.
Noël...
Oh, le beau gâteau ! Neuf ans, neuf ans déjà .
Eh oui !
Léon, quand je pense que tu disais "La mobilisation n'est pas la guerre".
Ce que ton frère veux dire, c'est qu'en ce qui te concerne,
la guerre n'est pas la mobilisation.
Ce n'est pas ma faute, ma chère belle-sœur,
si mon pays a jugé que j'étais plus utile à l'arrière qu'au front.
Je ne tue pas des Allemands, mais je guéris des Français.
On devrait vendre la France en viager aux Allemands.
Merci.
En tout cas, les nouvelles du front sont bonnes... Y'a rien qui bouge.
L'état-major n'est pas fou.
Il laisse mariner les Boches depuis trois mois, mais vous allez voir, au printemps,
on va rire !
Nous arrivons bientĂ´t Ă Saint-Tropez, Elvire, dans notre maison !
Dans notre maison. Oui, dans votre maison.
Enfin, presque votre maison.
Émile finira bien par nous rejoindre.
J'ai envie de faire pipi. Non !
Quand on fait l'exode, on prend ses précautions.
Trahis ! Nous avons été trahis par tous ces métèques !
Par la soif de jouissance ! Ne t'énerve pas comme ça.
Regardez moi tous ces fuyards
si c'est pas malheureux !
Ces militaires, on devrait les fusiller !
Fainéants ! Racaille !
Léon ! Léon !
Attendez-moi !
Attention, Léon.
Dis donc! Martinet!
Oh, docteur ! Madame Elvire ! Madame Marguerite !
Le petit Noël !
Quelle surprise !
Nous venions nous réfugier chez nous. Euh... chez vous.
Mais, vous auriez dû me prévenir.
Je suis complet.
J'ai des petits réfugiés belges.
Je les loge dans la maison
en attendant qu'ils retrouvent leurs familles.
On va s'arranger.
Venez par lĂ .
Allez.
Vous serez un peu à l'étroit.
Mais Ă la guerre comme Ă la guerre !
C'est que nous sommes cinq.
Léon ! C'est moi !
Non, nous serons six.
La nuit est profonde
et la lune blonde
De pâleur inonde
le bois et l'étang
Que le feu qui monte
dans le ciel raconte
d'une flamme prompte
notre feu de camp
Allez les enfants, au lit. Non, attendez.
Extinction des feux !
Soixante-huit ans aux prunes !
Il est en pleine forme Martinet, vous ne trouvez pas ?
En pleine forme...
Il est excité, bien sûr.
Mais demain, il paiera ça.
Oh, une étoile filante. Il faut faire un vœu.
C'est fait.
Je venais juste de m'endormir. J'ai pas fermé l'œil de la nuit.
Allez vous autres,
vous ne savez pas faire une fois un peu moins de bruit ?
Vous avez réveillé M. Martinet.
J'ai l'impression qu'il n'y a pas que Marguerite qui a passée une nuit blanche.
Qui vous dit qu'il n'est pas malade ?
Émile,
va me chercher de l'eau !
Marguerite, tu as du sparadrap ?
Je vais faire une passe !
Attention !
Tu vas voir une passe !
Vous cassez votre maison ?!
Votre maison? Oui, enfin... Votre maison.
Qu'est ce que vous lui avez encore fait Ă ma maison ?
Regardez... Regardez ce vieil imbécile !
Il joue comme un gosse, et avec des étrangers encore !
Pauvre France.
Çà n'a pas l'air de lui faire beaucoup de peine tout ce qui se passe en ce moment.
Je ne vous le fais pas dire !
Des gens comme ça, on devrait les dénoncer. Ce sont des traîtres!
Parfaitement, des traîtres! Comme les espions allemands.
Ce n'est pas la même chose. Léon, tu exagères.
Traître! Au même titre que les espions allemands.
Les espions, ça se dénonce. Écoutez, vous autres...
Attention ! LĂ , il se passe quelque chose d'important.
Le docteur Galipeau vient d'avoir une idée.
Exaspéré par ce malade qui depuis dix ans refuse de mourir,
il décide de pousser un peu les choses.
Quel meilleur moment que cette époque troublée..
où l'on écrit n'importe quoi.
On se méfie de tout. On dit par exemple que les murs ont des oreilles.
On voit des espions n'importe oĂą. On dit que les portiers
sont des généraux nazis.
Que les parachutistes allemands se déguisent
en bonnes sœurs.
- Otto! Was ?
- Le monocle !
Qu'ils s'infiltrent dans les usines d'armement.
À la tienne, Étienne ! Prosit, Étienne. Ah !
On les voit partout.
Guerre de Cent ans...
Ach !
Gross malheur !
Et même à l'état-major...
Bitte schön.
Danke schön.
La famille Galipeau va passer Ă l'action.
Mais dénoncer un espion, ce n'est pas si facile.
Aucune administration n'a jamais prévu un "Guichet de Dénonciation".
Heureusement, la Providence va mettre l'homme de la situation
sur le chemin des Galipeau.
Il y a du monde ?!
Oui il y a du monde
Et mĂŞme du beau monde.
Capitaine, des gens demandent à parler à l'autorité supérieure.
Qu'attendez-vous pour les faire entrer ?
Belle figure d'officier.
À l'école navale, il fût un élève des plus médiocre,
qui porte la blessure de ne pas ĂŞtre un Bucigny du Maine.
Il voit sa carrière marquer le pas à la suite d'un incident.
Mis à la retraite anticipée d'office,
il regagne les terres de ses aĂŻeux.
En 1940, profitant du désordre de l'époque,
il attend l'occasion de faire preuve d'initiative.
Vous avez solicité un entretien? Oui, amiral.
Non, madame.
Chef de la circonscription du Var CĂ´te d'Azur,
responsable de la continuité nationale.
Je suis le docteur Léon Galipeau.
Vous m'en voyez charmé.
Nous sommes de bons Français et nous venons dénoncer
un traître. Un agent de la cinquième colonne.
Un traître ? - Un traître.
Un instant... Factionnaire!
Surveillez les issues : je suis en conférence hautement confidentielle.
Ouais.
Vous disiez, un traître ?
Oui amiral, il s'appelle Louis Martinet et il habite la colline des Canebis.
Parfaitement, M. le chef
de la circonscription du Var CĂ´te d'Azur,
responsable de la continuité nationale.
Je puis témoigner
des activités suspectes du sieur Martinet
qui se réjouit des succès de l'ennemi.
Faites votre devoir. Martinet ?
Martinet. N-E-T.
Merci.
Docteur,
je m'occupe personnellement de cette affaire.
Louis Martinet ? Oui.
Au nom de la circonscription du Var CĂ´te d'Azur... Excusez-moi, mon amiral,
il se passe des choses très graves. Je n'ai pas le temps.
Le maréchal Pétain s'adressera à la nation.
Hallebardier !
L'armistice est signé.
Cette nuit, à 0h35, les clairons ont sonné.
M Martinet, au nom de la circonscription du Var CĂ´te d'Azur, je...
Les combats avec l'ennemi d'hier
ont cessé sur tout le front
Les Français auront à cœur
de comprendre cette situation, d'envisager leur devoir
d'une façon nouvelle et de s'adapter aux circonstances.
M. Martinet...
Dans le calme et la dignité,
tous les responsables sur l'étendu du territoire doivent se mettre
à la disposition des autorités allemandes.
Les autorités allemandes...
Cher Monsieur Martinet,
au nom de la circonscription du Var CĂ´te d'Azur,
je tiens Ă vous assurer que je suis Ă vos ordres.
"Ă€ vos ordres", mais...
Quels ordres ?
En ces temps difficiles mais qui marquent la renaissance de notre pauvre pays,
je tiens Ă rendre hommage Ă votre patriotisme qui vous a fait voir le chemin
de la rénovation de la nation. En toute circonstance, comptez
sur ma collaboration.
Je vous dois quelque chose ?
Non, c'est moi. Pardon, hallebardier.
S'il vous plaît.
Raté.
Les Galipeau sont dépités
Leur mauvais coup ayant raté
Il se porte bien, le viager
Et le temps passe...
Le docteur Galipeau a repris ses activités.
Vous ne me feriez pas de l'anémie graisseuse?
C'est un embarras gastrique. Vous vous nourrissez trop bien.
Alors,
je vais vous donner une petite pincée,
une toute petite pincée de bicarbonate de soude.
Et puis alors, vous allez prendre de l'huile de foie de morue.
Par le simple exercice de sa profession,..
Le Dr Galipeau faisait de la résistance sans le savoir.
Car le soir mĂŞme, le Gal Von Swchartzenberg
allait mourir d'une appendicite foudroyante.
Les temps étaient durs.
Accablés de malheurs, les Français ne perdaient pas l'espoir.
Les Galipeau eux aussi,
gardaient "leur" espoir.
Tiens...
Cette fois-ci, c'est la bonne. Ma pauvre Elvire, j'y crois pas.
On a déjà essayé en 40, çà n'a rien donné. C'était la débâcle !
Maintenant, avec la police allemande, la Gestapo...
En ont-ils une à Saint Tropez? Ah, j'espère bien !
Oh et puis Émile, il faut faire quelque chose... Ça fait treize ans que çà dure !...
Je veux y habiter moi dans cette maison.
Je veux lui survivre Ă Martinet.
Allez Émile, continue. Écris.
"Gaulliste de la première heure,
le père Martinet ravitaille des maquisards,
et cache chez lui des parachutistes américains.
Je vous ai apporté
un boudin blanc.
Et c'est ainsi qu'en 1944,
la lettre de dénonciation arrive à la poste de Saint Tropez.
Lucien ?
Oui ? Ça y est.
Ça y est... ? Oui, on monte au maquis.
Le débarquement, c'est pour bientôt.
Tu as toujours dis que tu voulais venir avec nous...
Oui. Ben alors, viens.
Alors, tu viens ?
Et mon vélo ? Embarque-le.
Ça peut servir. Et ma femme ?
On la préviendra. Mes enfants ?
Martinet s'occupera d'eux. On peut compter sur lui.
Et mon courrier ? Il attendra, ton courrier.
Bien sûr, nous avons notre Debussy, mais vous avez votre Wagner !
Votre Mozart !
Trop chaud.
Tonton,
tu viens m'aider pour faire la carte ?
Voyons ça.
Monsieur Martinet, vous ĂŞtes gentil de me les garder.
Ils ne vous ont pas trop dérangé? Non. Ils ont été très sages.
Il est tard. On rentre.
Nan mais attendez. J'ai presque terminé.
Il faut que je finisse ça. Tonton, où est Saint Tropez ?
LĂ .
C'est lĂ , Saint Tropez. On est lĂ . OĂą est la guerre ?
Elle est loin. Elle est loin la guerre.
On est lĂ , bien tranquilles.
- Saint what ? Saint Tropez !
Schnell ! Schnell !
Bonjour, messieurs. Au revoir !
Bonsoir, messieurs.
Nom de Dieu !
Nom de Dieu !
Facteur ! Tu reprends ta tournée ?
Le courrier de la mairie, il a huit mois de retard.
Donne-le au chef.
Chef, on l'a trouvé. Il se cachait dans le phare.
L'amiral Marie Salope !
Non monsieur.
Capitaine de corvette Bucigny Dumaine.
Pardon, dans la région, on t'appelle "amiral Marie Salope".
C'est indigne.
Tu vas me dire que tu jouais le double jeu ?
Ja wohl mein Herr !
Je veux dire certainement, monsieur.
Je surveillais les habitants de ma circonscription du Var CĂ´te d'Azur.
Et j'avais particulièrement à l'œil un individu,
que je savais ĂŞtre un espion Ă la solde de l'ennemi depuis 1940.
Le sieur Martinet.
Martinet ?
Oui.
Tu n'as vraiment pas de chance, amiral...
Voici une lettre envoyée par une famille, euh
Galipeau.
Des bons Français, ils le disent eux-mêmes.
"Martinet, gaulliste...
"ll cache des parachutistes américains"
Ça, ça mérite une médaille.
Mais... C'est les Galipeau !
Mes amis !
Mes bons amis !
C'est gentil de venir me voir !
Regarde, Léon !
Ils sont tous lĂ . C'est bien naturel.
Cette médaille, c'est un peu à vous que je la dois.
Vous exagérez.
C'est votre amitié qui m'a permis de supporter ces années terribles.
- M. Martinet ?
Vous m'invitez Ă danser ? Oh ! Charmante !
Permettez ?
Tu me fais danser, Léon ? Non !
Oh !
Ça va pas, Martinet ?
C'est ton cœur ? Non !
Laissez-moi, j'ai perdu ma médaille.
Elle est perdue.
"Les grandes réussites sont dues à la persévérance". C'est long.
La personne suivante ? C'est toi ?
Tu es malade ? Montre ta langue. Mais non, c'est pas ça !
J'ai reçu une carte de Martinet. Martinet ?
On risque pas de l'oublier.
Et alors ? Il vient Ă Paris.
Pourquoi ? Son ancien patron est mort.
Il y a quand même des départs. Il vient à l'enterrement.
À son âge, ça lui fera une distraction.
Alors, il va venir nous voir.
Et alors, c'est ça qui te rend malade ?
J'ai pas payé le viager
cette année.
Comment ?
J'ai pas osé le dire à Elvire... J'ai fait de mauvais placements.
Un expert-comptable !
Cette affaire de vélo-taxis, elle marchait tellement bien, que avant la Libération,
j'ai acheté des parts...
Et alors, maintenant.
Des vélo-taxis !
Il s'agit de parer au plus pressé.
Je ne vais pas tout de même te laisser gâcher une affaire aussi formidable.
Alors, attends-moi,
je vais en parler Ă Marguerite.
Elle a quelques économies...
De l'argent pour eux ?!
Il n'en est pas question !
Il n'avait qu'Ă pas acheter leur maison !
C'est un bon Ă rien ! Ils n'auront pas un sou !
Pas un sou !
Tout va bien. Tu as l'argent ?
On le laisse venir, il ne partira pas vivant !
Tu vas pas l'assassiner ? Il va se tuer lui-mĂŞme.
Est-ce que tu te rends compte de la vie qu'il mène ton Martinet ?
Il se nourrit avec trois olives, boit de l'eau, il se couche avec les poules.
Ă€ Paris, on va lui changer sa petite routine.
Il a 78 ans, ton Martinet... Notre Martinet.
Si tu veux. Il a 78 ans, ton Martinet.
Tu as entendu parlé des effets de l'alcool, de la fatigue, de la bonne chère
de la congestion pulmonaire. Paris sera toujours Paris !
On va lui faire visiter les monuments Ă pied.
L'Arc de triomphe : 284 marches.
Notre-Dame : 368 marches.
La tour Eiffel : 1719 marches.
La Bastille...
- 238 marches. Que c'est beau ! Émile, donne-moi la main.
Dites donc, depuis ce matin j'additionne toutes les marches...
Ça fait 3564 dans la journée.
Ça alors, c'est un record. Alors maintenant, on mange ?
Le facteur est bourguignon. Quand on mange des escargots
chez lui, on en mange une grosse!
Une grosse. Douze douzaines !
Et pas des comme ça !
Des gros !
VoilĂ le cassoulet.
Un peu d'air.
C'est intéressant, les catacombes.
Quand on connait pas, on doit se perdre lĂ -dedans.
Léon !
Marguerite ?!
Trouvez pas qu'elles étaient plus copieuses avant-guerre ?
Quand j'étais petit, ma grand-mère était alsacienne,
elle nous préparait des choucroutes énormes.
On en mangeait même au petit-déjeuner.
Vous ne la finissez pas ?
Vous n'en voulez plus ? Vraiment ? On va se faire une douce violence.
Ben cocotte,
chacun son tour.
Ça me fait pas peur.
Je me régale.
Qu'est ce qu'on respire mal ici, c'est pas sain.
La fumée vous incommode ?
Pas du tout. À votre santé.
Il faut que je goûte le whisky, j'en ai jamais bu.
C'est fort ?
Non, c'est doux.
C'est pas comme le schnaps de ma grand-mère, l'Alsacienne.
Après la choucroute, il fallait boire du schnaps.
Elle disait...
Qu'est-ce que vous dites? Rien. C'est de l'alsacien.
J'ai pas que ça à faire...
J'ai mon train, moi.
Vous plaisantez, la soirée ne fait que commencer !
On va aller à Pigalle. De là , on vous mènera à la gare.
Finissez vos verres, tous ! Ah non, pas moi.
Cul sec !
Les petites femmes de Paris qui chantent et qui sourient
dans la Ville lumière
Les vieux messieurs coquins Les traitent de petits trottins
Mais ça les indiffère
Leurs jolis p'tits museaux et leurs deux longs fuseaux
Leurs aimables manières
En font le chic, le charme, et la gloire de nos nuits
Boum boum...
Femmes de Paris!
Vous n'avez pas aussi un grand-père champenois...
Non, pourquoi?
Bon, c'est pas que je m'ennuie mais y'a mon train.
Ne bougeons plus !
Léon...
Mon Léon, vite...
Ça va mal, très mal. Fais quelque chose.
Je suis lĂ , Marguerite. Fais-moi confiance.
Je m'en vais...
On est peu de chose.
C'est la dame blonde, lĂ .
Pauvre madame Marguerite. On s'était si bien amusés.
Ils ont été gentils avec moi. - Martinet !
Les gens de la ville, ça n'a pas de santé!
Ils passent toute la nuit dans des caves.
Je crois que cette pauvre femme, elle buvait.
Martinet, bois un coup. Ça te remettra.
Adrien, tu nous sers deux pastis ! Non pour moi, ce sera un whisky.
Léon ! Léon !
Qu'est.ce qui se passe ? Émile est devenu fou !
Il est dans la cave !
Tiens ! Saint Tropez !
Ouvre ! - Non !
Laissez-moi faire.
Émile ! C'est moi, ton frère. Mon frère, je l'emmerde !
Vous avez raison, il est devenu fou. Tiens, pour le viager !
Émile ! Qu'est-ce que tu fais ?!
Je recharge mon revolver.
Mais qu'est ce qui te prends ?
Je m'entraîne. Je veux tuer Martinet.
Ă€ coup de revolver ? Oui.
Mais ça fait du bruit un revolver.
Je l'emmènerai en mer, très loin, et là je le tuerai.
Mais, on retrouvera le corps...
Non, il n'y a pas de marée en Méditerranée.
On le retrouvera jamais. "ll est tombé. Un accident."
Fini le viager. A nous la maison. 20 ans !
Ça fait 20 ans que j'attends ! Ça suffit !
Et il monte l'aluminium !
Tiens, voilĂ ce que j'en fais moi de l'aluminium.
Regarde la casserole !
VoilĂ .
Je suis prĂŞt.
Martinet !
Bon Dieu de bon Dieu !
Vous avez failli me faire tomber, crapule.
C'est des trucs Ă se tuer.
Vous en auriez fait une tête si j'étais mort. Assassin.
Je descends.
Et comment va Mme Elvire ?
Je suis venu faire du pédalo. Et le petit Noël ?
Venez avec moi. Faire quoi ?
En pédalo. Un tour en pédalo ?
Vous êtes venu jusqu'ici pour ça ? Ben oui.
Je veux vous parler en pédalo. En ?
En pédalo. C'est pas la saison du pédalo.
Pour bavarder, nous pourrions aller dans la maison.
Il n'y a personne. Non, en pédalo. Venez avec moi.
Oui, bien sûr.
Vous laissez votre valise ici? Non, non.
Un pédalo ?
C'est pas la saison.
Prenez celui-lĂ . C'est le meilleur de l'Escadre. Le Redoutable, lĂ .
Elle est pas chaude.
Allez hop ! Allez, on embarque !
Allez, installez-vous. Moi, je pousse.
Allez, en avant toute !
Vous vouliez me parler ? Plus loin, on doit pas entendre.
Loin, là où c'est profond. C'est agréable, non ?
On respire mieux que dans vos caves.
Pédalez ! Pédalez fort !
Allons bon, qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Je ne sais pas. On regarde.
Faites contrepoids ! Quoi, contrepoids ?
Pour pas tomber.
Qu'est-ce que vous voulez... c'est coincé.
C'est le fourbi. Il faudrait un outil.
Vous n'avez rien dans votre valise ? Non. Qu'est ce qu'on va faire ?
Je vais aller chercher du secours. Du secours ? Ah non.
La marée ne va pas nous ramener, il n'y a pas de marée ici.
Vous, les Parisiens !
Tenez, prenez ça. Je vous les confie.
Ne vous affolez pas. Je vais foutre ça là .
Allez!
Martinet ! Ne me laissez pas seul. Je ne sais pas nager...
Martinet !
Martinet ! Martinet ! Au secours !
Vous avez fait quoi à mon pédalo ? Il faudrait y aller.
Parce que la chaîne et le...
Enfin tout ça s'est coincé. Il y a monsieur Galipeau...
Comment dites-vous ? Monsieur Galipeau.
Galipeau ?
C'est Galipeau ? Vous le connaissez ?
Si je connais, les bons Français ! Les quoi ?
Je me comprends. Prenez ça, rentrez. Vous allez avoir froid.
Je vais m'en occuper du Galipeau. Faites-moi confiance !
Galipeau ! Ah ah !
Galipeau !
Garde-toi, Galipeau ! Je me garde !
Pauvre monsieur Émile. Si bon, si généreux.
C'est la vie, ça.
Mais non, justement ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
On le saura jamais. On n'a pas retrouvé les corps.
Pauvres Galipeau.
D'abord Marguerite,
maintenant Émile.
C'est un peu comme ma famille. Je sais Martinet, je sais.
Je vais envoyer les actualités. Vous venez voir dans la cabine ?
Oui, viens Martinet. Ça te changera les idées. Non.
Je n'ai pas envie de voir du cinéma.
Comme chaque année, les forts des Halles sont venus apporter
au président de la République, le muguet porte-bonheur.
C'est un peu de printemps qui entre à l'Élysée.
De part et d'autre du 38e parallèle,
les combats continuent sans solution pacifique au conflit.
En Corée, c'est la guerre.
Mais en Floride, on fait de l'aquaplane. Joie de l'onde,
joie du sport !
Et voici les vacances. La capitale présente
un visage inhabituel avec ses avenues désertes et ses magasins fermés.
On ne trouve plus aux terrasses vides des cafés que ceux qui n'ont pas les moyens
de partir vers le soleil !
C'est déjà Noël !
Les rues ont retrouvé leur animation joyeuse.
Mails ils sont nombreux les citadins qui ont quitté la ville,
pour retrouver les plaisirs de la neige !
Comme chaque année, les forts des Halles sont venus apporter
le muguet porte-bonheur. C'est un peu de printemps qui entre à l'Élysée
Et voici les vacances. A Saint-Tropez,
Brigitte Bardot vient d'épouser Jacques Charrier.
Les jolies baigneuses présentent la mode.
On applaudit sur le port une gloire locale,
surnommée l'increvable.
C'est déjà Noël.
Les rues ont retrouvées leur animation joyeuse, mails is sont nombreux les citadins
qui ont quitté la ville pour les plaisirs de la neige.
Comme chaque année, les forts des Halles sont venus apporter
un peu de printemps à l'Elysée.
Ă€ Wall Street,
une matière première vient d'atteindre une valeur record :
l'aluminium !
C'est déjà Noël. Les rues ont retrouvé leur animation joyeuse.
Mails ils sont nombreux les citadins qui ont quittés la ville pour
retrouver sur le tapis blanc les plaisirs de la neige !
Comme chaque année, les forts des Halles sont venu apporter un peu de printemps à l'Elysée.
La grippe asiatique une fois de plus nous menace.
Elle mobilise les soins de nos savants qui préparent le vaccin nécessaire.
Hélas, les plus faibles seront les premières victimes.
D'abord les vieillards, dont les forces déclinantes...
- Lucien!
Tu as des nouvelles
de Martinet ?!
Quoi ?!
Comment va Martinet ?
Je suis inquiet. La grippe à son âge, c'est mauvais.
- ll est où ? À l'hôpital.
J'ai prévenu le Dr Galipeau.
Qu'y a-t-il ? Je cherche ma belle-sœur.
Mauvaise nouvelle ? Non. Il est mourant.
Elvire !
Elvire, ça y est ! Ça y est ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Le viager... Martinet a la grippe. Il a 99 ans.
Je vous l'avais bien dit, hein ?
J'avais raison. Elvire, il ne faut pas pleurer.
Je pense Ă maman.
Elle l'a raté de quelques semaines.
Elle voulait tant lui survivre.
Si elle avait pu savoir avant qu'il allait partir si vite !
Ne pensez pas à tout ça. Allons le voir.
Pas comme ça...
Je vais me changer !
Allez, nous partons pour Saint Tropez.
Vous avez demandé monsieur Martinet ? Vous êtes de sa famille ?
Je suis le docteur Galipeau, madame Galipeau.
Cher confrère, madame. Suivez-moi.
Vous êtes son médecin traitant ?
Je le soigne depuis longtemps. Ça fait 40 ans.
Votre mari a fait du beau travail. C'est pas mon mari.
Beau travail, en effet !
M. Martinet, quel vilain garnement !
- Entrez !
Oh ! Docteur !
Madame Elvire ! Vous ĂŞtes lĂ !
C'est gentil. Venez !
Venez ! Venez !
Tout près de moi.
Vous ĂŞtes mes amis. Mes vrais amis.
40 ans déjà .
Alors, vous avez vu ? On vous l'a bien tiré d'affaire.
Contente ? Très. Et vous, Léon ?
Je n'y suis pour rien. - Mais si. Mais si.
Mes sauveurs !
Venez près de moi tous les deux, que je vous serre la main.
Docteur, c'est grâce à vous que je suis si solide.
Vous docteur, vous m'avez bien soigné.
Il m'a bien soigné. J'étais pas bien, j'étais mal.
Mes docteurs. Mes bons docteurs.
C'est Ă moi, ces deux-lĂ ... Ah ! ah !
VoilĂ ma petite biche.
C'est ma petite perdrix, mon canard sauvage.
Oui, oui. Ne vous agitez pas.
J'étais venu vous dire
que vous allez bientĂ´t pouvoir rentrer chez vous.
Demain, peut-ĂŞtre. Quand ?
Demain, peut-ĂŞtre. Pourquoi demain ?
Non. Je suis bien moi, ici.
Il ne faut rien exagérer. Ils sont bien tous pareils !
N'est-ce pas ? Tous pareils...
Cher monsieur Martinet, nous allons vous attendre Ă la maison.
On va mettre de l'ordre. Elle sera pimpante Ă votre retour.
Vous êtes trop bonne, ma princesse. Voilà . Un gros bécot.
Je crois que j'ai trouvé quelque chose. Moi aussi.
Venez voir !
Elvire... vous ne remarquez rien ?
Vraiment rien ?
Qu'est-ce qu'il faut remarquer ? Je vais vous expliquer.
Quand Martinet va revenir, nous nous cacherons dans le jardin.
Nous lui laissons le temps de monter dans sa chambre,
et nous crions... - Coucou !
Elvire !
Aaahhh !
Je croyais vous faire une surprise.
Et je vois tomber madame Elvire.
Pauvre madame Elvire.
Quand je pense que la dernière chose qu'elle aura faite, c'est le ménage chez moi.
Maintenant docteur, il ne reste plus que vous et Noël.
Qu'est-ce qu'il devient, le petit Noël ?
Et oui, qu'est-ce qu'il devient,
le petit Noël ? Et bien, il a grandi.
Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas interessé à lui.
Vous vous en souvenez, du dernier des Galipeau ? ...
Bébé capricieux.
Garçonné désobéissant.
Écolier médiocre.
Il satisfait sans enthousiasme ses obligations militaires.
Rendu Ă la vie civile, il ne roule pas carrosse tous les jours.
Et en des endroits mal famés, il rencontre des personnages malfaisants,
et mĂŞme souvent, malhonnĂŞtes.
Bref, Noël Galipeau est un malfaiteur. Un cambrioleur, pour être précis.
qui bien qu'habituellement malchanceux,
continue Ă faire confiance au hasard.
- Le 13.
Ça porte bonheur.
BONNE FETE, M. LE PREFET!
Je ne pouvais pas le deviner que c'était l'appartement du préfet de police.
Tu choisis le jour de sa fĂŞte pour le cambrioler.
Si j'avais un bon avocat,
il pourrait peut-être dire au juge que moi aussi j'étais venu pour lui souhaiter sa fête.
Avec tes outils ? Non, mais tu plaisantes ?
Les apparences sont contre moi. Tu vas me tirer de lĂ , tonton?
Je me demande ce que serait devenue cette famille sans moi.
Je vais continuer Ă payer ce viager.
Je m'occuperai de cette maison si tu restes 20 ans en prison.
20 ans?!
Non... tu vas me trouver un très bon avocat.
Enfin... Un avocat très cher.
Très cher ? Mais, Noël il ne reste plus d'argent dans la famille!
Le viager nous coûte déjà três cher ! Mais, je ne peux pas faire plus.
Je ne peux pas !
Tonton Léon, tu savais que maman tenait un journal ?
Ah ?
Il y a tout. Les lettres, pendant la guerre,
l'expédition de papa.
Moins fort. OĂą te crois-tu ?
- Trouve un avocat.
Très cher. Si je suis condamné, je te promets de ne rien dire.
Autrement, fais-moi confiance.
Mais Noël, mon petit, comment pouvais tu croire que je t'abandonnerais ?
On va te sortir d'ici. Je trouverai un bon avocat.
Très cher.
Oui.
Le plus cher des avocats.
On a déjà donné.
Non ! Je voudrais voir maître Vierzon !
C'est pour une consultation !
Une consultation.
Un verre ?
Silence !
Merci. L'audition des témoins est terminée.
M. Le Procureur, vous avez la parole.
M. Le Président,
si toutes les affaires étaient comme celle.ci,
notre rĂ´le Ă nous les procureurs,
serait ce chemin jonché de pétales de roses, dont parle
le poète persan.
Qu'y a-t-il devant nous? Un individu,
qui s'introduit par effraction
chez un haut fonctionnaire,
et ce, devant plusieurs témoins.
Quels témoins, M. Le Président! La fine fleur
de la police française.
Comme si notre rôle n'était pas assez facile,
il y a le passé de l'accusé.
Un passé chargé qui ne plaide pas en sa faveur.
Plaider en sa faveur
sera par contre la tâche, si difficile de...
Maître Vierzon.
J'en ai terminé.
Je demande le maximum de la peine.
Maître, c'est à vous.
Monsieur le Proc... Monsieur le Président,
récapitulons,
si vous voulez bien.
Nous sommes au soir du 28 juin,
nous sommes harassés par une longue journée laborieuse.
Nous nous trouvons par hasard
devant le 13 de la rue du Général Renard.
Nous montons deux étages, nous ouvrons une porte,
et lĂ , que trouvons-nous ?! Quarante fonctionnaires !
Je vous pose la question ?
Que faisaient-ils tous dans l'obscurité ?
Oui, enfin... pardon.
Funeste erreur, M. Le Président.
Songez-y. Il aurait suffit que le condamné.
Pas encore...
"Pas encore", vous avez entendu ? Ça, c'est bon pour nous.
Pour une simple erreur, on veut nous arracher
à l'affection d'une famille chérie et ô combien
aimante !
Et Monsieur le Procureur veut nous flétrir
en évoquant
notre jeunesse. Notre passé ? Parlons-en...
Doucement... Quel est-il, notre passé ?
En ce temps-là , Cicéron disait à ses disciples
dans une épître bien connue... Qu'est ce que c'est ?
Un témoin en faveur de l'accusé demande à être entendu.
Un témoin de moralité.
De moralité ? Oui...
M. Le Procureur, voulez-vous entendre ce témoin ?
- Oui.
- lntroduisez le témoin.
Nom, prénom,
âge et qualité? Martinet Louis, 99 ans.
Crédit-rentier.
Ni parent ni allié de l'accusé?
Jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
Je le jure.
Apportez une chaise au témoin !
Pour quoi faire ?
Vu votre grand âge.
Oui, j'ai 99 ans,
mais toujours bon pied bon œil, grâce à la famille de l'accusé.
- Comme vous voudrez.
Faites votre déposition.
Je suis venu ici, monsieur le Président,
pour défendre ce jeune homme, car j'ai une dette à rembourser.
J'étais seul comme un chien, et toute une famille
m'a pris dans ses bras.
Une famille généreuse dont la bonté ne s'est jamais démentie.
Quarante ans de bienfaits m'ont transformé.
Grâce à cette famille, à mon âge, je peux regarder l'avenir
avec confiance.
Et j'ai lu, car les Galipeau ne racontent pas leurs ennuis,
j'ai lu dans le journal
que cette famille était aujourd'hui,
dans le malheur. Aussi, monsieur le Président, aidez-moi.
Aidez-moi Ă payer ma dette.
Aidez-moi Ă donner la joie, moi qui, toute ma vie,
ai tant reçu. Merci.
Acquitté ! Il est acquitté ! Il est mort ! Crise cardiaque !
Laissez passer le brancard !
- C'est maître Vierzon ! Il n'a pas souffert.
Pauvre garçon, la dernière affaire qu'il aura gagnée.
La première aussi.
Alors docteur, vous êtes content ? Il est acquitté.
Ça va pas ? C'est la joie...
Vous avez besoin de repos.
Je vais très bien.
Vous devriez voir un médecin. Foutez-moi la paix !
Je n'ai pas besoin de vos conseils !
M. Léon ! Allons !
Je vous assure...
que je vais très bien.
Faites-moi confiance.
À chacun son métier et les vaches seront bien gardées.
Hélas...
Cette annĂ©e-lĂ
Les vachettes ne l'étaient pas !
Depuis 40 ans,
j'en ai enterré.
Je connais bien le cimetière. Vous, les Galipeau,
vous ĂŞtes sur la gauche.
Quand ton papa nous a quittés, Léon a acheté un caveau.
Ils sont tous lĂ .
Ils aimaient bien Saint Tropez.
Ils avaient envie d'y finir leurs jours.
C'est fait.
Léon ne laisse que des regrets. C'est tout ce qu'il laisse.
Il aurait été si content de venir à mon centenaire.
Parce que vous allez ĂŞtre centenaire ? Oui !
La municipalité va me faire une petite fête. Tu devrais venir...
Jeannot !
Tu nous oublies ?
Doucement avec les fleurs.
J'ai fait écrire : "A mon bienfaiteur".
Il est joli, ce petit cimetière. C'est bien.
C'est tranquille.
Et puis regarde, d'ici on voit la maison.
Là , c'en est trop. Et l'idée d'une dernière tentative
vient de germer dans l'esprit du dernier des Galipeau.
- Faites semblant de souffler !
Mais pourquoi semblant ? Ben alors !
Bravo ! Je lève mon verre à la jeunesse.
À la jeunesse éternelle, à Louis Martinet,
Le doyen de mes électeurs !
M. Le député, un sourire !
À cette petite fête, il ne manque plus qu'un invité.
Noël. Mais cette fois-ci, il ne laisse rien au hasard.
et fait appel à deux professionnels pleins d'expérience.
J'en ai fait des expéditions avec cette bagnole.
Tu vas pas la ranger ? Il est marrant, mon pote.
Regarde moi ça !
Mauvais contact.
T'as un plan pour notre petite affaire ? Ouais.
Faut que des gens me voie pour que j'ai un alibi. Je les occuperai et vous pourrez travailler tranquille.
C'est l'allume-cigare !
Ça brûle !
Il marche bien.
Encore un mauvais contact.
Ta portière est mal fermée.
Comment tu vas les occuper les copains de ton vieux pour qu'on travaille tranquille ?
Ben, je ferai du bruit. Comme la voiture Ă Jojo !
Circulez !
Mettez vous bien dans la lumière !
Laissez-les faire leur photo. Allons !
On dit pardon. C'est la télé.
Oh, pardon.
Monsieur Martinet, vous allez passer en direct à la télévision.
Ă€ notre signal,
vous racontez toute votre vie. 100 ans, c'est long.
On a une minute et demie. Ah bon, d'accord...
On dit pardon. T'es pas chez toi !
Noël ! Comme je suis content. J'aurais pas voulu vous rater.
Tu es bon. J'ai une surprise.
Ce soir, dans votre jardin, je tirerai un feu d'artifice. Vous le verrez du lit.
Tu es gentil ! Tu es bien un Galipeau.
T'es mon petit Noël. Pardon...
C'est mon petit Noël ! Ah non !
Les enfants, en vitesse lĂ !
Tu me le fais en gros plan. Non, pas trop. Normal.
Là , ça va.
Ils sont prĂŞts, Ă Paris. Ils sont prĂŞts. Paris ? AllĂ´ ?
Ça va pas durer 100 ans, votre truc ?
Je ne suis plus chez moi.
Top ! Mesdames et messieurs...
En tant que député-maire, je ne m'étonne pas..
de la longévité du doyen de mes électeurs.
Notre département est le moins pollué de France.
C'est ma place. Grâce à une poignée d'hommes
qui font passer avec courage l'intérêt du département.
Vous avez vu l'heure ?
Les pétards viennent de Toulon. Il y a de quoi saborder la flotte.
Vous avez pas regardé à la dépense. Ça va être un beau feu d'artifice.
Et ben tant mieux. Comme ça, vous aurez tout le temps pour travailler.
Vous voyez la maison ?
Vous rentrerez par derrière pendant que Martinet sera dans sa chambre. J'ai fait un plan.
Ouais.
Vous pourrez tirer le canon, on vous entendra pas.
Dis donc,
on pourrait attendre qu'il est cassé sa pipe tout seul ?
C'est qu'il est drĂ´lement populaire.
On se dégonfle ?
C'est pas ça ! - Écoutez moi bien les gars...
S'il meurt tout seul, la maison est pour moi seul.
On peut discuter, mĂ´me. J'suis pas un mĂ´me. J'ai 40 ans.
Le viager aussi il a 40 ans ! Le vieux vient d'avoir 100 ans,
il aura 110, 120, 150 ! Te fâche pas, mon pote !
Vous allez me le buter, oui ? Vous croyez que je vous ai amené ici pour vous faire bronzer ?
40 ans que j'attends ! Je ne vais pas encore attendre 40 ans !
MĂ´me...
Mon pote ! Ma bagnole !
Tu vois, Kiki, c'était le bouquet.
Il est beau, mon jardin.
C'est peut-ĂŞtre parce qu'ils sont tous lĂ .
Les Galipeau...
Jamais je n'oublierai tout ce qu'ils ont fait pour moi.
Faites-moi confiance.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.