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Le son de leur venue m'est trop familier.
Chaque ride de leur peau...
Chaque geste qui les rapproche de moi...
Couvre mes yeux d'une taie douloureuse.
Quel serait ton visage s'il ne venait obscurcir ma vue.
Les monstres ont perdu leur route.
Ils ne sont plus repoussants, ni invisibles,
Ils viennent, je le sais...
Ils repoussent devant eux les rides d'un temps qui me prot�geait du vent.
Ils viennent... chevauchant des montures illusoires.
Ils nagent dans un r�el qui zigzag.
Le bruit calamit� de leurs venues secoue dans ma t�te de petites portes natt�es.
Ils poss�dent dans leurs bagages des instruments de tortures raffin�es.
Mais je ne me laisserai plus prendre aux pi�ges de leurs silhouettes.
Je jouerai le jeu.
Je transformerai mes yeux en obsidienne.
Je ferai de mes bras de longues antennes de carnivore.
Je casserai la fermeture �clair d'une femme...
...et sa nudit� lui ferra fuir.
Ton visage...
Ton visage...
Quel est ton visage?
Quel est ton visage?
Je sens fourmiller en moi les mill�naires
La soif de fureur.
Le bouillonnement d'une tribu d'hommes rouges.
L'�rosion de la lumi�re poursuit son travaille...
...et je m'aveugle lentement � la recherche d'un signe.
Quel sont tes yeux?
Quel est ton visage?
Les signes du temps coulent sur mes mains.
Le temps que je poursuis s'effritent sous mes doigts.
Mais je ne trouve pas ton visage,
Ni la couleur de tes cheveux,
Ni tes chevilles rondes,
La rondeur effr�n�e de tes seins.
Quel est ton visage?
Avec ses ombres folles...
Ses vrilles de lumi�re...
Leur �craser la t�te. Oui...
Il faudrait leur �craser la t�te entre les roches qui peuplent mes r�ves.
Le rythme du lourd �t�...
Bat dans mes tempes moites...
Un casque enserre ma t�te de v�g�tales
O� est la porte de sortie de l'univers serti de faux diamants?
Si je pouvais mettre bout � bout mes mots.
Une encre noir�tre sortirait de mes yeux.
Je ne veux pas de sauf-conduit.
Je veux... ma libert�.
Ouvrirais-je moi-m�me les portes de l'interdit?
Ou devrais-je attendre la tomb�e du jour... et la perte de mes forces?
Les calculs encombres mon cerveau d'une houle d�vastatrice.
Et je ne peux plus d'arithm�tique herm�tique.
Je sens encore une fleur pousser dans le coin de mon oeil
L'agonie de l'horizon qui s'efface.
Que chercher devant cet espace qu'on offre � mes yeux.
O� diriger mes regards sans tomber dans d'autres pi�ges
Une femme v�g�tale je le sens... encore m'�tourdir.
Se d�roule devant mes yeux, une panoplie monstrueuse.
Le temps noy� porte les cicatrices de mon passage.
Et je ne peux plus d�finir le trac� de ma route.
Ouvrez devant moi les portes interdites.
D�barrassez les affreux croque-morts de leurs d�guisements.
Laissez-moi luter face nue... � face nue.
La descente aux enfers ne pr�sage rien de bons aux interdits de s�jour.
Et le cul des ind�frisables me force � me r�p�ter dans mon interminable soliloque.
Mais le temps ne va pas raison de ma retraite.
Ni le temps tampon.
Ni le vent marteau.
Je poursuis mon long travail de sape.
Je suis une taupe qui ronge la lumi�re...
...� la recherche d'un sexe soyeux. Petite araign�e.
Quel est ce visage fr�missant mille abeilles de lumi�re?
Quel est ce ventre rond qui blanchit sous la morsure du sel?
Du vent?
Quel serait ton visage...
...si ces monstres n'existaient pas?
Le lobe de ton oreille serait-il blanc?
La cause de ta jambe vertigineuse cesserait-elle de se d�rober?
Quel serait ton visage...
...si je pouvais fuir?
O� est ce visage?
Les yeux vert jade...
...n'auront pas raison de mon obstination.
Les yeux vert jade...
Les yeux vert jade...
Les jeux d'eau sale...
Les eaux inusables...
Et ses jambes serpentes.
Et ses seins.
Et ses cheveux... sombres confessionnaux.
L'attraction muscicole m'enserre de toutes parts.
Mais je d�verrouille toutes les portes conseilles.
Elle s'entre ouvrent...
...laissant passage � ma titanesque soif.
Je m'empare des portes-vitres pour en faire des portes-voix.
Je ne serais plus cet �tre pr�valent vous saurez la teneur de mes paroles.
Vous ouvrirez toutes grandes la porte de vos d�sirs et ma soif sera votre soif.
Nous violerons ensemble les plus belles des filles juives.
Nous nouerons ensemble nos mains dans ces chevelures pleines de parfums... hurlants.
Les citadelles de nos amours se signaleront de loin par leurs pavillons noirs.
Celui des flibustiers du d�sir fou.
Et fermeront leurs gueules d'angoisse:
Les sinistres pseudonymes liturgiques,...
...et fermeront leurs gueules sinistres: les marchands de peau!
Nous ouvrirons les portes des harems aux fruits d�fendus.
Nous �gorgerons l'image d'un dieu hallucin�.
Et p�trirons les seins lourds, les hanches rondes des orients nord.
La chute imminente d'un empire d�calcifi�.
Le raz-de-mar�e d'une voix.
L'hal�tement sourd d'un rut universel...
...porteront dans vos coeurs la danse des all�gories de Holpen.
J'ouvrirais les vannes d'une voix trop longtemps contenue.
Et son souffle balayera les cendres...
...d'un langage �mascul�.
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