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• Votre pastille, Lord Cardinal. • Merci, Fouquet.
Vous êtes toujours aussi attentionné.
Cela pourrait ĂŞtre un grand jour pour la France.
Hmm. Puis-je suggérer que si Sa Majesté a un fils,
que ce fils pourrait avoir besoin d'un tuteur ?
J'ai remarqué que vous pensez aussi loin devant.
Ma seule pensée est de servir jusqu'à la limite de mes faibles capacités.
Sa Majesté le Roi !
Eh bien, combien de temps devons-nous encore attendre ?
• Il n'y a pas encore de nouvelles ? • Pas encore, Votre Majesté.
Une affaire de ce genre demande de la patience. MĂŞme de la part d'un roi.
Pour un cardinal, on n'est pas très consolant en temps de crise.
D'Artagnan, tu te souviens de ce matin où nous nous préparions
combattre l'armée autrichienne ? • Oui, Sire, très bien.
Je me sentais beaucoup plus courageux ce matin-lĂ .
S'il plaît à Votre Majesté,
c'est un garçon ! Un beau garçon !
Un garçon !
Cela a plu au Dieu Tout-Puissant, Roi du Ciel,
pour bénir l'union de Sa Majesté le Roi Louis XIII de France
et notre chère reine bien-aimée
en leur donnant, ainsi qu'Ă vous, un fils.
C'est l'héritier du trône de France.
• Faites venir le roi immédiatement. • Le roi ? Impossible. Écouter.
Colbert donc. Oui, c'est ça, Colbert. Il saura quoi faire.
Colbert ! Où est M. Colbert, s'il vous plaît ?
Sur le balcon avec Sa Majesté.
Bien? Qu'est-ce que c'est?
Sa Majesté a donné naissance à un deuxième enfant.
• Deuxième enfant ? • Oui.
Un fils. Un jumeau.
Un autre fils...
Dois-je emmener cet autre fils chez le roi ?
Impossible!
Qui est au courant ?
Seulement la sage-femme et moi-mĂŞme.
Personne d’autre ne doit le savoir.
• Devez-vous l'emmener aussi ? • Votre Majesté sait mieux que moi
que vos fils appartiennent Ă la France.
• Suis-moi. • Oui, mais Sa Majesté...
• Je répondrai pour Sa Majesté. • Oui, mon Seigneur.
Eh bien, le messager a dit que c'était urgent. Qu'est-ce que c'est?
Il est de mon devoir de présenter à Votre Majesté votre deuxième fils.
Le destin a donné à la France des jumeaux dauphins.
Deux fils.
Deux héritiers du trône de France.
Votre Majesté sait qu'il ne peut y avoir qu'un seul Dauphin de France.
Pour tout autre homme de ce royaume, des fils jumeaux seraient une bénédiction.
Seulement pour moi, un roi, ils pourraient être une malédiction.
Pire qu'une malédiction, Sire.
Deux fils signifieraient la guerre civile.
Des hommes égoïstes opposant frère contre frère.
L’avenir de la France dépend de ce moment.
Sur le fait que vous soyez assez fort pour penser comme un roi plutôt que comme un père.
De tes fils, un seul peut gouverner.
Colbert,
Je ne peux pas ordonner un arrĂŞt de mort contre mon propre fils.
Ce n'est pas nécessaire, Sire.
Renvoyez-le. Personne n’a besoin de le savoir.
• Même lui ne doit jamais le savoir. • Avec qui?
Existe-t-il un homme au monde avec qui un tel secret serait en sécurité ?
Oui, Sire. Un homme.
• D'Artagnan. • D'Artagnan ?
Dois-je perdre mon fils et mon meilleur ami aussi ?
D'Artagnan est mon bras droit.
C'est aussi mon ami, Sire.
Mais tu dois lui donner l'enfant.
Renvoyez-le chez lui en Gascogne.
Réglez-lui un revenu.
Permettez-lui d'élever le garçon comme le sien.
Alors la France sera en sécurité.
Mon fils.
Combien de fois avons-nous combattu cĂ´te Ă cĂ´te pour la France ?
Combien de fois la vie du roi de France a-t-elle été en sécurité entre vos mains ?
Mon ami d'Artagnan,
Veux-tu faire ça pour moi ?
Je suis soldat, Sire.
Assurez-vous qu'il ait des chevaux, tout.
Tout sera fait, Sire.
Tu vas me manquer, mon ami.
Allez-y maintenant. Rapidement.
Dans les jours Ă venir, Sire,
il peut demander le nom de son père.
Dis-lui que son père était un homme qui a tout donné pour la France
et c'était ton très bon ami.
Nommez-le Philippe, comme moi.
Le médecin et la sage-femme ?
C'est dommage qu'il n'y ait pas de d'Artagnan pour eux.
Veux-tu doubler la mise, Fouquet ?
Mais la corde casse toujours la quatrième fois.
• Votre Majesté a une chance exceptionnelle. • Je suis une personne très inhabituelle.
Il ne s'est pas cassé.
Ça casse toujours la quatrième fois.
Es-tu sûr de ne pas avoir altéré cette corde, Fouquet ?
Votre Majesté.
Je regrette d'avoir gêné l'amusement de Votre Majesté.
Je double la mise sur le prochain, Fouquet.
Monsieur Colbert a pris sur lui d'annuler les autres exécutions.
Pour quelle raison ?
J'ai l'honneur d'informer Votre Majesté
que Son Altesse Royale la Princesse Marie-Thérèse est entrée à Paris ce matin.
Il ne faut sûrement pas assister à l'arrivée de votre fiancée,
par des tentures. • Ne pend-on pas les gens en Espagne,
ou est-ce que tout le monde paie ses impĂ´ts ?
Eh bien, elle va s'y habituer.
Surtout si la taxe sur le sel n'est pas supprimée.
Mais Fouquet m'a dit que je pouvais récolter des millions avec... une petite pincée de sel.
Une si belle taxe. Alors bien sûr. Personne ne peut vivre sans sel.
L'histoire montre que les gens ont une façon de vivre,
quoi qu'il arrive.
En parlant de la taxe sur le sel, ça me rappelle,
J'ai peur de devoir adopter des mesures drastiques en Gascogne.
Les habitants de la commune de Tartas
ont fait une prétention ridicule à l'exonération de tous les impôts, et ils
résisté au collecteur d'impôts de Votre Majesté. • Vous avez résisté ?
Plus que résisté. Ils ont mis en fuite les représentants de Votre Majesté.
Ils étaient dirigés par un homme nommé d'Artagnan.
Faut-il toujours être agacé par ces rebelles ?
Je connais cet homme, Sire.
Il était capitaine des mousquetaires de votre père et il disait la vérité.
Pour services rendus à la Couronne, ton père lui a donné le village de Tartas,
libre d'impĂ´ts.
Une telle récompense est probablement née d’un service spécial ?
Collectez les impĂ´ts en Gascogne et arrĂŞtez les rebelles.
J'ai anticipé les deux ordres de Votre Majesté.
Astucieux, Fouquet.
Il me semble que j'ai des fiançailles avec Mlle. de La Vallière.
Je la trouve si utile pour me soulager de ces ennuyeux problèmes d'État.
Ah !
Assez intéressante cette situation gasconne, vous ne trouvez pas ?
J'ai suivi votre carrière avec beaucoup d'intérêt, Fouquet.
Je sais que tu es ambitieux, avare et dangereux.
Mais ce n’est que maintenant que je vous ai su totalement sans honneur.
Sans honneur, moi ?
Tu connaissais très bien l'identité de d'Artagnan
et des hommes avec lui. • Oh, oui, certainement,
dont Philippe. • Et pourtant pour s'attirer les faveurs du roi
vous trahiriez un dépôt sacré.
Un secret qui a été gardé jusqu'à présent.
Mon cher Colbert, comment peux-tu dire une chose pareille ?
Tu devrais savoir mieux que quiconque qu'un certain secret m'a transformé
du messager d'un cardinal Ă un ministre du roi.
Garder des secrets, c'est mon affaire.
Et vos intentions sont-elles aussi l’un de vos secrets ?
Pas du tout. J'ai l'intention d'arrĂŞter Philippe et d'Artagnan
et les pendre comme rebelles. C'est un compliment
Ă toi, mon ami.
Colbert,
tu es un homme très intelligent.
Vous avez la fâcheuse habitude de toujours provoquer les choses
vous souhaitez provoquer. Par exemple, ce mariage avec Marie-Thérèse,
ce qui ne me convient pas du tout.
L'union de la France avec l'Espagne et l'Autriche est nécessaire
à la sécurité et à l'avenir de la France.
Mais je ne m'intéresse pas à l'avenir de la France.
Je m'intéresse à l'avenir de Fouquet.
Qui sait,
un jour, tu auras peut-ĂŞtre certains projets pour Philippe.
Eh bien, ce serait très regrettable pour moi, mais
ne vous inquiétez pas, j'ai l'intention de garder ce secret.
Quand je pendrai Philippe,
personne ne saura qu'il est le frère jumeau du roi.
Avant de le pendre, le monde saura qui il est.
Chut.
Rappelez-vous,
secrets.
Messieurs!
Mousquetaires !
Il parle de toi aussi.
Selon la tradition régissant ces occasions,
Je tiens à vous exprimer mon plaisir d'avoir l'honneur de vous avoir aidé à arriver
à l'âge de vingt-deux ans. • Écoutez, écoutez !
Pour la France !
À mon père, mort pour toujours, vrai.
A mes quatre parrains, qui m'ont élevé avec tant de soin dans la meilleure tradition
des Mousquetaires du Roi.
Mousquetaires !
Je réclame le prochain toast.
À notre filleul très accompli,
la meilleure lame de France—
à côté de moi, bien sûr.
Et l'élève le plus brillant
dans les langues et les sciences que j'ai enseignées.
Et dont l'habileté en lutte est surpassée par un autre homme - et moi,
Je suis trop modeste pour mentionner son nom.
Et qui surpasse mĂŞme moi
dans les passe-temps les plus romantiques, notamment
les dés tremblent.
Hourra !
• Tu es sûr que c'est la maison de d'Artagnan ? • Comment pourrais-je me tromper ?
Je suis déjà venu ici.
Connaissez-vous les habitants de notre propre ville de Tartas
sont les seuls Français qui ne soient pas affamés et en haillons ?
Ce qui est trop beau pour durer longtemps.
N'oubliez pas que nous avons déjà eu une rencontre avec les percepteurs royaux.
A quoi on met un point, avec la pointe d'une épée.
Je ne me souviens pas avoir invité d'autres invités.
Capitaine d'Artagnan, ancien des Mousquetaires du Roi ?
Et Seigneur de Tanas par ordre de Louis XIII.
Par ordre de Sa Majesté Louis XIV, je vous arrête pour haute trahison :
une attaque contre les officiers de Sa Majesté.
Vous voulez dire, les voleurs de Sa Majesté ?
Je vous ordonne de vous rendre au nom du Roi !
Doucement, mon ami.
À Tartas, j’administre la justice haute, moyenne et basse.
Je procède aux arrestations.
Le roi devient-il économe ? Seulement neuf hommes ?
• Il y en a quatre-vingt-dix autres dehors. • Plus flatteur !
Saisissez-les !
Venez. Monter.
C'est mon premier voyage Ă Paris depuis vingt ans !
Et aux frais du Roi !
Votre Majesté!
Son Altesse Royale Marie-Thérèse,
Infante d'Espagne, princesse d'Autriche,
et Son Excellence le Comte Mendosa,
Ambassadeur du Roi d'Espagne.
Votre Majesté,
Je présente Son Excellence l'Ambassadeur d'Espagne.
Votre Majesté.
Nous sommes heureux de vous recevoir.
J'ai l'honneur de vous présenter Son Altesse Royale,
Marie-Thérèse.
Ma mère.
Monsieur Fouquet.
J'espère que Votre Altesse Royale a fait un voyage confortable.
Monsieur Colbert, que vous avez envoyé pour nous accueillir, a été très prévenant.
Pourquoi m'as-tu permis de penser que je me sacrifiais
pour le bien de l'État,
quand je la trouve belle ?
Est-ce que je te rends nerveux ?
Non.
Non, Votre Majesté.
• C'était le canon. • Oh, tu vas t'y habituer.
On dirait qu'ils tirent toujours au canon en mon honneur.
Vous êtes très adorable, ma chérie.
Bien sûr, tu es nerveux.
Je sais exactement ce que tu ressens.
Mais vous vous sentirez très vite chez vous.
Je vais essayer très fort.
Vos Majestés, le dîner est servi.
Nous avons toujours une réunion de famille le jour de mon anniversaire.
Juste quelques invités spéciaux.
Ah, Mademoiselle.
Pardonnez-moi, Votre Altesse Royale,
puis-je vous présenter Mlle. de La Vallière ?
Vous pourriez me féliciter.
Ce n'est pas seulement mon anniversaire, mais je suis fiancé.
Félicitations, Votre Majesté.
J'espère que Votre Altesse Royale sera très heureuse.
• Un centime pour vos pensées. • Ils ne valent pas grand-chose.
Je me souvenais juste. Votre Majesté a mentionné
un dîner en famille.
Mlle. de La Vallière ?
Oh, je la considère toujours comme un membre de la famille.
J'espère que vous avez apprécié votre voyage à travers la France.
C'était un peu déroutant, Votre Majesté.
J'ai beaucoup de mal à associer la pauvreté des provinces
avec la splendeur du palais.
Les Français sont notoirement avares.
Mais je ne suis pas un avare.
On m'a appris Ă croire que quand les gens portent des haillons
et le roi et sa cour portent du velours, le résultat est toujours désastreux.
Puis-je vous demander pourquoi vous vous intéressez autant aux Français ?
C'est peut-être parce que j'ai accepté de devenir reine de France.
Mon père se considère comme un serviteur de l'État.
C'est différent avec moi.
En France, je suis l'État.
Une douce protestation contre la taxe sur le sel, sans doute.
C'est pour l'anniversaire de Sa Majesté.
Demain, il meurt.
Éloignez-vous de ces portes ! Chacun d'entre vous, loin de ces portes !
• Arrêtez-le ! • Je ne l'ai pas fait ! Je ne l'ai pas fait !
• Qui l'a fait ? • Je ne sais pas! Je ne sais pas!
Emmenez-le Ă la Bastille, nous le saurons.
Donc, ils n’aiment pas la taxe sur le sel.
Doublez-le !
Réanimez-le.
Procéder.
Non! Non!
Je ne peux pas le supporter ! Je vais le dire ! Je vais le dire !
Tu vois? Le gant fonctionne toujours.
Généralement au premier ou au deuxième doigt.
Je me souviens d'un gars très têtu. Il a résisté à quatre doigts.
Jusqu'Ă ce que nous arrivions Ă son pouce.
Je lui ai presque pardonné.
Demain,
quand Sa Majesté se rend à la Cathédrale
pour allumer une bougie, il sera assassiné.
Par qui ?
Je ne sais pas, Sire.
Je les ai seulement entendus parler, juste avant mon arrestation.
Je n’en faisais pas partie.
Quand et oĂą ?
Je ne sais pas, Sire, je ne sais pas.
Je ne sais pas!
Il dit peut-être la vérité, Sire.
Il dit la vérité.
Une fois qu’ils commencent à parler, ils racontent tout ce qu’ils savent.
Ce serait bien si mon Lord High Constable me disait
quelques choses sur cet assassinat. • Je fais tout ce que je peux, Sire.
Ce n'est pas suffisant !
Comme c'est attentionné de leur part.
Ils ont envoyé ma voiture plus tôt pour être sûr que je ne serai pas en retard à mon rendez-vous
avec les assassins. • Mais, Votre Majesté, c'est de la folie.
• Vous ne pouvez pas vous exposer ainsi. • Mon cher Lord Constable,
vous avez dit la mĂŞme chose au moins cinquante fois. Mais cela ne change pas la situation.
Aujourd'hui, c'est la fête de mon regretté père. La tradition exige
que j'allume une bougie à sa mémoire dans la Cathédrale.
Le roi craint plus la tradition que l’assassinat.
J'ai une chance d'échapper à l'assassinat, mais aucune chance d'échapper à la tradition.
• C'est une de ces choses malheureuses liées au fait d'être roi. • Mais Votre Majesté, donnez-moi plus de temps,
ne serait-ce que pour découvrir quand et où ils comptent frapper.
Des milliers d'hommes ont essayé de découvrir ce petit point depuis hier soir.
et c'est encore un secret.
Dans exactement une heure et 20 minutes, ce ne sera plus un secret.
• Personne n'est au courant ? • Non, Sire.
Juste toi et moi, et les assassins.
Je suis heureux d'annoncer que les affaires de Gascogne sont terminées, Votre Majesté.
• J'ai les rebelles ci-dessous. • Gascogne ? Des rebelles ?
Eh bien oui, Votre Majesté, d'Artagnan et les hommes qui ont agressé les officiers de Votre Majesté.
Pourquoi m'énervez-vous avec des prisonniers gascons ?
N'avez-vous pas encore appris quoi faire avec les rebelles ?
Cela sera fait dès que j'aurai la signature de Votre Majesté
à l'ordre d'exécution.
• Assurez-vous que ma voiture soit prête. • Oui, Sire.
Euh, Votre Majesté pend un prisonnier très intéressant.
Quoi?
Fouquet a négligé de prévenir Votre Majesté
qu'en venant de Gascogne il fut acclamé à plusieurs reprises
par les villageois. Et tout Ă l'heure, dans la cour en contrebas,
vos propres officiers l'ont salué. •Pourquoi ?
Probablement Ă cause de la ressemblance frappante du prisonnier
à Votre Majesté.
Fouquet n'en a-t-il pas parlé ?
Je n'ai décelé aucune ressemblance.
Vous voulez dire, ils ont applaudi parce qu'ils pensaient que le prisonnier était moi ?
• Oui, Sire. • Hum,
intéressant,
et très inhabituel.
• Est-ce qu'il me ressemble vraiment ? • C'est étonnant.
Ă€ part la moustache, il pourrait ĂŞtre votre double.
Mais...
• Je pense que j'aimerais voir ce type. • Mais, Votre Majesté, c'est absurde.
J'ai envie d'absurdités.
• Amenez-le-moi. • Mais...
Amenez-le, dis-je.
Pourquoi ne pas tous les amener ?
Ils engendrent en Gascogne un type de rebelle plus fringant.
Votre Majesté pourrait aussi les trouver intéressantes.
Amenez-les tous.
Faites la queue lĂ -bas.
Vos yeux ne vous ont pas trompé, Colbert.
Il me ressemble,
sauf, bien sûr, la moustache idiote.
• J'ai du mal à y croire. • J'ai aussi une légère cicatrice,
un souvenir d'un des collecteurs d'impôts de Votre Majesté.
Alors tu es le rebelle gascon qui refuse de payer des impĂ´ts et qui vaque
abattre mes hommes.
Votre Majesté aurait pu enseigner de meilleures manières à vos hommes.
A aussi le sens de l'humour.
Oui. Un sens de l'humour très pointu, Votre Majesté.
Il a fallu une troupe des meilleurs hommes de Votre Majesté pour l'endiguer.
Emmenez-les Ă la Bastille.
Tous sauf celui-ci. Je souhaite lui parler.
Ce que nous en faisons dépend de notre conversation.
Très bien, Votre Majesté.
Emportez-les.
• Tous sauf celui-ci. • Mars!
Venez ici.
Savez-vous ce qui arrive aux rebelles ?
• Je les accroche habituellement. • C'est ce que j'ai entendu.
Je vois que tu aimes beaucoup tes amis.
Très affectueux, Sire.
Vous pourriez m'être très utile.
Par exemple, en ce moment ma voiture m'attend pour m'emmener à la Cathédrale
allumer une bougie à la mémoire de mon père.
C'est très aimable de la part de Votre Majesté de se souvenir de son père.
Ce serait très amusant si vous faisiez la cérémonie en vous faisant passer pour moi.
Je suis prĂŞt Ă tout pour sauver mes amis, Sire.
Bien! J'espérais que tu dirais ça.
Et si vous commenciez par vous rendre à la Cathédrale dans ma calèche ?
Sans la moustache, bien sûr.
J'ai quitté la Gascogne assez brutalement, je vais donc devoir emprunter le rasoir de Votre Majesté
et ses vĂŞtements.
Mais dépêchez-vous.
Attention!
Sa Majesté le Roi !
À la Cathédrale. En avant, marchez !
Les voilĂ ! Les voilĂ !
Les voilĂ !
Le roi est en route. Sa voiture tourne dans la rue.
Bien!
Les voilĂ !
Saisissez-les ! Coupez-les !
ArrĂŞt!
Bien?
Continue. Tuez-moi comme vous avez tué le reste de la France !
• Pourquoi devrais-je souhaiter te tuer ? • Mais, Votre Majesté !
C'est un assassinat !
Ce ne sont pas des ennemis que vous affrontez. Ce sont les Français.
Depuis quand le roi de France a-t-il à craindre les Français ?
• Quel est ton nom, mon ami ? • Jean Paul, Votre Majesté.
• Pourquoi vouliez-vous tuer le roi ? • Eh bien, pourquoi veux-tu nous tuer ?
Votre Majesté, cet homme n'est pas un assassin.
Hier soir, son bébé est mort de faim.
Et cet homme n'est pas un meurtrier, Votre Majesté.
Avant-hier, sa femme est décédée.
Pas de médicament, pas de médecin.
Tous ces gens ont souffert, Votre Majesté.
Mais que sait Votre Majesté de la souffrance ?
Vous vivez dans un palais.
Je veux que tu crois que je ferai tout ce que je peux pour changer tout ça.
Oh, Sire, si seulement nous pouvions croire cela.
Le roi de France a commis de nombreuses erreurs.
Le plus grand est de perdre le contact avec son peuple.
Je prie pour que le roi soit pardonné son erreur.
Que Dieu bénisse Votre Majesté.
Vive le Roi !
Vive le Roi !
Pardonnez mon intrusion.
J'ai insisté pour que je sois autorisé à entrer.
Je viens d'apprendre que tu as prouvé que tu étais un vrai roi.
Bizarrement, je ne me suis jamais senti autant comme un roi.
Je suis venu au moment où j'ai su que tu étais en danger.
Pourquoi?
N'est-ce pas mon devoir de reine de France
être aux côtés du Roi en cas de danger ?
Le roi serait un misérable ingrat
s'il n'a pas apprécié un tel sens du devoir,
mais le plus malheureux des hommes si ce n'était que le devoir qui vous attirait à ses côtés.
Le roi n'a montré que très peu de plaisir à la perspective de ma compagnie.
En ce moment, je prie pour que le roi soit pardonné son erreur.
Moi aussi je souhaite allumer une bougie,
pas en commémoration,
mais en remerciement.
Ils sont magnifiques,
cĂ´te Ă cĂ´te.
Prions. En nomine pa...
Je suis sûr que vous comprenez pourquoi il est préférable pour vous de vivre à Fontainebleau.
L'ambassadeur d'Espagne devient juste un peu difficile.
Vous êtes sûr que ce n'est pas la princesse espagnole ?
Je suis plutôt déçu par les Espagnols.
J'ai entendu dire que c'était une race au sang très chaud.
• Pas si Marie-Thérèse est un exemple. • Oui, j'ai remarqué.
Peut-être a-t-elle besoin d’un encouragement particulier.
Je suis devenu roi le jour de mon cinquième anniversaire.
À ma sixième année, j'avais appris à ne pas offrir d'encouragements.
TĂ´t ou tard, tout le monde vient vers moi.
Dommage que vous n'ayez pas également appris à être à deux endroits en même temps.
Je vais peut-ĂŞtre vous surprendre.
N'oubliez pas que je suis une personne très inhabituelle.
Vraiment?
• Sa Majesté ? • J'ai le regret d'informer Votre Altesse Royale
que Sa Majesté est fiancée.
• Oh, mais si tu lui disais qui c'est ? • Je suis désolé.
Mais quand j'ai quitté Sa Majesté il y a une demi-heure à notre retour de la Cathédrale
il semblait très désireux de poursuivre notre conversation.
Je sais.
Je sais. Les rois ont la mémoire si courte.
Mais je suis sûr que cela ne le dérangerait pas de savoir que je...
Votre Altesse Royale,
J'ai appris grâce à une longue expérience à ne jamais déranger Sa Majesté
pour n'importe qui... quand il est avec Mlle. de La Vallière.
Merci.
Sa Majesté n'a pas à craindre que je le dérange à nouveau !
Remettez-le en personne à mon père le roi. Gardez-le de votre vie.
• Oui, Votre Altesse Royale. • Partez maintenant.
S'il plaît à Votre Excellence.
Oui, oui, oui, oui ? Eh bien, que s'est-il passé ?
La princesse était furieuse. Elle est entrée en trombe et a immédiatement écrit
une dépêche à son père.
Son père, hein ? Qu'a-t-elle dit ?
Je ne sais pas. Je ne pouvais pas m'approcher suffisamment pour voir.
Tu aurais dû faire mieux, imbécile !
Maintenant, je dois découvrir ce qu'elle a écrit !
Sortir!
Je t'ai cherché partout.
Je suppose que je devrais me sentir honoré.
N'avez-vous pas rendez-vous avec moi au salon pour écouter de la musique ?
• Est-il de bon ton de faire attendre le roi ? • Je ne pouvais guère m'attendre à ce que Votre Majesté
me souvenir d'une chose aussi insignifiante qu'un engagement avec moi pour écouter de la musique !
C'est très important. Du moins pour les musiciens.
Je ne me sens pas d'humeur à écouter de la musique. Au cours des dernières heures
mon appréciation du beau en souffrait beaucoup.
Je ne dirais pas ça.
C'est la plus belle robe que j'ai jamais vue,
mais dès que je te quitte, j'oublie complètement ce que tu portais.
Et qui l'a porté.
Je ne me souviendrais de rien d'autre que de ta beauté.
Tu ne veux pas t'asseoir ?
S'il te plaît.
Votre Majesté n'est pas toujours aussi préoccupée.
A quoi penses-tu ?
Je pense qu'après tout, il n'est peut-être pas nécessaire que vous alliez à Fontainebleau.
Mais l'ambassadeur d'Espagne...
Il y a une chose que l'ambassadeur d'Espagne ne sait pas :
que je suis une personne très inhabituelle.
Vous savez, je viens de faire une superbe découverte :
les étoiles sont très belles dans un cadre approprié.
Votre Majesté ne m'a jamais donné de raison de le soupçonner de
penchants romantiques.
Dernièrement, j'ai appris que le roi était coupable
de nombreux péchés par omission.
Pourquoi étais-tu en colère ?
Parce que je devrais te détester. Soigneusement.
Et je ne peux pas.
Au moins, il y a encore de l'espoir si tu dois te forcer à me détester.
Pourquoi?
Peut-être parce que j'ai été très seul.
Je suis un étranger dans un pays étranger.
Une inconnue très belle et très aimée.
Pour devenir reine, j'ai dĂ» abandonner tout ce que j'aimais.
J'avais espéré que peut-être le roi oublierait parfois que j'étais reine
et rappelez-vous que je suis aussi une femme.
Vous aviez peur que le roi oublie que vous ĂŞtes une femme ?
Comment un homme pourrait-il oublier cela ?
Je pense que le roi s'en est souvenu Ă deux reprises.
Une fois dans la cathédrale.
Et maintenant.
Quand les rois furent créés
on ne leur a pas donné de qualités divines pour les sauver des erreurs.
N'avez-vous jamais eu pitié d'un roi ?
Oui.
Je commence à réaliser que les princesses font aussi des erreurs.
On peut oublier toute erreur qu’une princesse pourrait commettre.
Pas quand c'est écrit.
Votre Majesté,
Je me retrouve en possession d'un message des plus confidentiels et urgents
de Son Altesse Royale Marie-Thérèse à son père.
J'ai pensé que Votre Majesté pourrait être intéressée.
• De Marie-Thérèse ? • Oui.
Comment se retrouve-t-on en possession de celui-ci ?
Le courrier qui le transportait eut un accident des plus malheureux.
• Votre type d'accident habituel, je suppose ? • Oh non, Sire, bien mieux que d'habitude.
• Avez-vous lu ceci ? • Euh...
eh bien... non... c'est...
pas officiellement.
Alors, je suis cruel, arrogant, dépensier, menteur et Turc !
Mais bien sûr, vous lui pardonnerez. Elle ne comprend tout simplement pas Votre Majesté.
Lui pardonner ?
L'ambassadeur d'Espagne
exige une audience avec Votre Majesté.
Vous voyez ce qui se passe lorsque vous encouragez les barbares ?
Il exige !
Même parmi les barbares, un courrier du roi peut voyager en toute sécurité.
Je proteste avec toute la véhémence, au nom de mon Roi,
le meurtre froid de son messager !
Mon cher ambassadeur, que dites-vous ?
Je dis qu'un courrier transportant une lettre de Son Altesse Royale
la princesse Marie-Thérèse du roi d'Espagne a été assassinée,
son corps volé et jeté dans un fossé.
Pourquoi n’en ai-je pas été informé ?
C'est épouvantable, impossible !
Vous êtes sûr que Votre Excellence n'exagère pas ?
Son corps repose chez moi.
J'espère que vous accepterez mes excuses.
Si ma fiancée réécrit sa lettre, je garantirai sa livraison.
Était-ce une lettre importante ?
C'était une lettre d'une fille à son père.
Ah oui,
je mentionne probablement ici son bonheur complet
et l'impatience avec laquelle elle attend de devenir reine de France.
J'espère qu'elle a inclus mes souvenirs les plus chaleureux.
Je ne doute pas qu'elle ait parlé de vous, Sire.
J'ai correctement dit à son père que j'étais cruel, arrogant,
un dépensier.
Mais pardonnez-moi votre indignation.
Veuillez assurer le roi d'Espagne que je découvrirai l'auteur du crime
de cet outrage et saura le récompenser.
Je transmettrai vos assurances Ă mon souverain.
J'ai assuré l'ambassadeur que je récompenserais l'auteur de cet outrage.
Voici un bibelot qui y ira très bien.
Votre Majesté.
Oh, j'ai négligé d'informer Votre Majesté
que Son Altesse Royale est en train de préparer ses malles.
Son Altesse Royale nous évite d'avoir à le faire à sa place.
Mais qu’en est-il de l’alliance espagnole, si chère à Colbert ?
J'ai décidé de préférer l'alliance anglaise.
Après tout, une marine est tout aussi importante qu’une armée.
Ce sera très difficile d’expliquer cela à Colbert.
Je n'ai pas l'intention de l'expliquer Ă Colbert.
En fait, je ressens soudain le besoin de m’éloigner des affaires d’État.
Oui, définitivement, j'irai à Fontainebleau.
Bel endroit, Fontainebleau.
Hum, charmant.
Son Excellence le Comte Mendosa.
Bien? Je suppose qu'il a plaidé l'ignorance de toute l'affaire.
C'est une situation des plus délicates, Votre Altesse Royale.
Je n'arrive pas Ă comprendre cet homme.
En un instant, il me tient la main et me fait l'amour,
me faisant presque le croire. Et dans le suivant,
il assassine un de mes serviteurs ! • Meurtrier ou non,
il connaît le contenu de votre lettre. • Bien!
Je suis heureux! J'espère que chaque mot
l'exaspère et l'humilie autant que moi lorsque je l'ai écrit.
• J'espère que tu m'apporteras la liberté. • Plus que la liberté.
• Je vous apporte une opportunité. • Tout ce dont j'ai besoin, c'est d'une opportunité.
Philippe,
J'ai très bien connu ton père.
Vous connaissiez mon père ?
Comment était-il ?
C'est le chagrin de ma vie de ne jamais l'avoir connu.
C'était un grand homme.
Aucun sacrifice pour son pays n'était trop difficile.
Vous pouvez suivre ses traces.
Il y a une heure, de rage et de dégoût,
Son Altesse Royale la Princesse Maria Theresa est partie pour l'Espagne.
• Tu veux dire, elle s'est enfuie de Louis ? • Oui.
Bien!
Mais je suis ici pour vous demander de la suivre et de la ramener.
La ramener Ă un tel homme ? Jamais!
Ton père aurait oublié ses sentiments personnels
et ne se souvenait que de son devoir envers la France.
Mais c'est de la folie. Seul le roi pouvait la ramener.
Je vous offre l'opportunité d'être roi ! Ne serait-ce que pour une journée.
La France a besoin d'un bon roi. Tu n'as qu'Ă te lever
sur le balcon devant le peuple pour la cérémonie des fiançailles.
Assez longtemps pour proclamer l'union entre
Espagne et France.
Roi pour un jour.
En une minute, le Roi pouvait libérer d'Artagnan et mes amis.
Je n’aurais besoin d’être roi qu’un jour pour atteindre mon objectif.
Et pour le mien.
ArrĂŞt! ArrĂŞt!
• Tire, imbécile ! • Tirer?
• Le roi ? • Le roi ?
Pourquoi on s'arrĂŞte ?
J'ai pris la liberté d'arrêter votre voiture.
Votre Majesté s'est-elle rendue elle-même au vol de grand chemin ?
Si c’est le cas, je suis simplement votre exemple.
Après tout, tu me prives de ta présence.
Je vous interdit de monter dans ma voiture !
Il doit y avoir une erreur.
Je pensais que j'étais le roi de France qui donnait les commandements.
• Vous auriez peut-être au moins dit au revoir. • Au revoir!
Tu vas me manquer. La France ne sera plus la mĂŞme.
Pourquoi tu pars ?
Comment oses-tu me poser une telle question ?
J'ose parce que la France et moi vous aimons tous les deux.
Amour? Vous ne connaissez pas le sens du mot.
Tu n'as jamais aimé personne d'autre que toi-même.
Quel genre d'homme es-tu ? En un instant tu parles d'amour,
pendant qu'en mĂŞme temps vous assassinez mon courrier.
Je ne croirai plus jamais ce que tu dis ou fais !
Pouvez-vous croire que je ne sais rien de votre courrier ?
Croyez-vous? Quand avez-vous cité ma lettre à l’ambassadeur ?
Mais je n'ai jamais vu votre lettre. Sur mon honneur.
Sur votre honneur royal ?
Plus que mon honneur royal. Sur mon honneur sacré.
Je ne vous crois pas!
Dans ce cas, c'est peut-ĂŞtre aussi bien que vous retourniez en Espagne.
Vous n'êtes guère faite pour devenir reine de France.
Vous n'avez pas appris que les problèmes de la nation et de son peuple
sont plus importants que les problèmes de n’importe quel individu.
Je n’ai pas besoin de vos leçons de devoir ou de conduite.
Si c'était l'armée, votre retraite serait appelée désertion,
la lâcheté face à l'ennemi,
si j'étais ton ennemi.
Si nos problèmes étaient aussi simples.
Ce serait si simple de te prendre par la main et de t'enfuir.
Le problème d’être roi, c’est qu’on ne peut jamais s’enfuir, même avec vous.
Je ne pensais pas que Votre Majesté était du genre à fuir.
avec n'importe qui.
Chère dame, croyez-moi, si nous pouvions échapper à notre destin
par mon oubli que j'ai toujours été roi de France,
en te prenant par la main et en partant avec toi Ă travers ces champs,
nous descendrions de cet entraîneur pour toujours, et je serais
l'homme le plus heureux du monde,
bien plus heureux que je ne l’aurais jamais imaginé en tant que roi.
J'aimerais pouvoir te croire.
Avez-vous déjà rêvé les yeux grands ouverts ?
Je rĂŞvais.
Il y a très, très longtemps.
Je veux que tu rĂŞves d'un balcon,
et sous ce balcon des milliers de visages te regardent avec adoration
et de l'affection.
Je veux que vous entendiez la voix d'un cardinal disant Ă ces gens :
"Le Ciel est heureux de joindre l'Espagne Ă la France."
Je veux que tu me voies à côté de toi à ce moment-là .
Je dois rĂŞver.
Je te crois.
Le Ciel est heureux de joindre l'Espagne Ă la France.
Est-ce que toi, Marie-Thérèse, prends cet homme pour fiancé ?
Moi, Marie-Thérèse, je te prends, Louis, pour fiancée.
Et toi, Louis, prends-tu cette femme pour fiancée ?
Je... Louis, je te prends, Marie-Thérèse, pour être ma fiancée.
Je me retrouve à souhaiter que ce soit une cérémonie de mariage
au lieu de simplement des fiançailles.
Ensuite, je pourrais ajouter : « avoir et détenir ».
Permettez-moi de vous féliciter, mon ami. Mais alors
tu as toujours eu la très ennuyeuse habitude de provoquer les choses
vous souhaitez provoquer.
Une comédie des plus amusantes, digne d'un si grand dramaturge.
En tant que collègue dramaturge, vous comprenez à quel point la ligne de démarcation est étroite
la comédie à partir de la tragédie. • Tout à fait vrai,
et j'ai peur que le bourreau de Sa Majesté ne provoque la tragédie
quand cette charmante petite comédie sera terminée.
Le bourreau de Sa Majesté pourrait provoquer la tragédie
avant que la comédie ne soit terminée. Souvenez-vous de nos secrets.
Vous et moi savons que le Roi est Ă Fontainebleau,
mais pas le bourreau. Un mot de Philippe...
Sa Majesté est partie pour Fontainebleau il y a une heure.
Il y arrivera avant vous. Dis-lui
que l'annonce de ses fiançailles avec Son Altesse Royale Marie-Thérèse
a suscité une grande joie parmi le peuple. Roulez vite !
Sa Majesté sera très impatiente de recevoir de telles nouvelles.
Pardon, Majesté, c'est la cellule.
Ce sont des hommes désespérés, Majesté.
Je suis assez habitué à avoir affaire à des hommes désespérés.
Non, non, Sire, j'insiste.
Je vais y aller en premier.
À genoux, les chiens ! Sa Majesté le Roi !
Donc, ce sont les rebelles.
Nous regrettons notre ignorance de la visite de Votre Majesté
sinon nous vous aurions reçu avec plus d'honneur.
J'espère que vous avez apprécié notre hospitalité, messieurs ?
Beaucoup. Nous avons reçu toutes les considérations que nous attendions.
Je suis heureux de voir que tu es entièrement heureux.
Nous serions bien plus heureux si nous avions des nouvelles de Philippe.
Je suggère que Votre Majesté le traite bien,
juste au cas où nous échapperions à la pendaison.
Votre Majesté,
il veut dire par lĂ que nous aimons beaucoup Philippe.
Je ne comprends pas comment quelqu'un puisse aimer un tel individu.
Je le trouve ennuyeux,
de mauvaise humeur et enclin à être un imbécile.
Votre Majesté n'a jamais eu le plaisir de le rencontrer
à la pointe d'une épée.
Laissez-nous. Ils peuvent avoir des secrets.
Oui, Votre Majesté. Certainement, Votre Majesté.
Tu ne me connais pas ?
Vous reconnaissez cela ?
Philippe !
Il n'y a pas de temps pour faire la fête. C'est la seule façon pour moi de te libérer.
J'ai écrit une note de votre libération.
Il y a des armes, des chevaux, tout dehors.
Vous vous souvenez de la petite auberge de Bordeaux ? Attends-moi lĂ -bas. Revenir!
Ce sont des hommes innocents.
Voici ma commande pour leur libération. Assurez-vous que cela soit exécuté.
• Immédiatement. • Oui, Votre Majesté.
C'est tout.
Philippe.
Vous ne comprenez pas ? Il faut partir, vite.
• Même maintenant, il est peut-être trop tard. • J'étais roi pour votre objet.
Tu ne voudrais pas que j'oublie le mien.
Désormais d'Artagnan, Aramis, Porthos et Athos
roulent vers le sud sur les quatre meilleurs chevaux de France.
Ils sont partis ?
Ce n'était pas très difficile. Je suis simplement entré dans la Bastille.
• La Bastille ? • Un endroit très triste.
• J'étais content de m'en sortir moi-même. • Je devrais le dire.
• Mais maintenant, il faut partir, vite. • Non, pas encore.
Avant d'abdiquer,
Je dois dire au revoir à la seule personne qui, je l'espère,
je regretterai que mon règne soit terminé. • Philippe, pars tant que tu peux.
Tout est prĂŞt. Un cheval, de l'argent, un passeport.
Merci, mon ami.
J'apprécie tout ce que vous avez fait pour moi.
J'espère que la France appréciera tout ce que vous avez fait pour elle.
Rappelez-vous,
vous n'agissez pas tant qu'il n'a pas quitté la ville.
Mais, Excellence, je ne comprends pas. Capturer le roi ?
Je n'ai pas besoin que tu comprennes.
Je comprends.
Votre Majesté.
Pardonne-moi d'appeler si tard,
mais je sentais que je devais te voir, te dire bonsoir.
Ce soir, je me tenais avec toi sur un balcon et je t'ai embrassé.
Je veux que tu saches que je me souviendrai à quel point tu étais belle
jusqu'au moment de ma mort.
Louis,
tu as un air tellement effrayé.
Si j'ai peur, c'est à l'idée de te perdre.
Me perdre ?
Les rois sont des hommes étranges.
C'est vrai qu'ils ont la mémoire courte
et sont capables de soigner des blessures profondes.
Ne faites jamais entièrement confiance à un roi.
Pas mĂŞme Louis.
Gardez ce souvenir de moi.
Bonne nuit.
Écarte-toi, Fouquet. Comment oses-tu attaquer le roi ?
Votre Majesté,
Qui pourrait rĂŞver que tu voles seul hors du palais comme un criminel ? Pourquoi,
Je t'ai pris pour un vulgaire voleur. Vous auriez pu être grièvement blessé, voire tué !
Eh bien, maintenant que tu sais qui je suis, éloigne-toi.
Je ne pouvais pas permettre à Votre Majesté de prendre de tels risques.
Ce serait bien mieux si Votre Majesté retournait au palais...
volontiers.
Je commence à comprendre pourquoi vous êtes si précieux aux yeux du roi.
Hmm. Très efficace.
Mais ensuite, ils ont eu beaucoup de pratique.
J'aurais dĂ» suivre le conseil de Fouquet et te pendre en premier lieu !
Vous êtes également coupable !
Votre Majesté ne pouvait guère s'attendre à ce que je sache que vous étiez absente
quand tu ne juges pas bon de me le dire.
Il est étrange qu'une telle imitation impromptue ait abouti
toutes vos envies. • Tout, Sire ?
Ne suffit-il pas que vous m'ayez compromis avec l'Espagne ?
J'ai fait de moi la risée ?
Le seul malheur pour vous deux, c'est que je suis sur le point d'avoir le dernier mot.
Cette fois, je parie que la corde ne cassera pas !
J'ai toujours dit que Votre Majesté avait une chance exceptionnelle.
Je suis heureux que ma fin soit au moins une proposition sportive.
Je vis ma vie de la même manière.
Ce n'est que par hasard que je suis du mauvais côté de la corde.
Je regrette de devoir te demander de précéder tes amis que tu as si intelligemment
mis en liberté. Mais je veillerai à ce qu'ils vous suivent, vite.
C'est aussi une proposition sportive.
Je suis heureux que les chances soient bien plus grandes en leur faveur qu'en ma faveur.
Appelez la garde d'honneur.
Nous devons escorter l'ex-roi jusqu'à l'échafaud avec la cérémonie appropriée.
Oui, Votre Majesté. Et bien sûr,
avec des tambours roulants.
Bien sûr avec des tambours roulants. Vous pouvez également tirer avec un canon ou deux.
J'apprécie cet honneur.
Cela me chagrine d'empêcher une cérémonie aussi touchante,
mais la pendaison de Philippe est tout Ă fait impossible.
Impossible?
Mon cher Colbert, mĂŞme ta pendaison n'est pas impossible.
Le mien? Non, Sire. Mais le sien, oui.
MĂŞme un roi ne peut pas verser le sang royal.
Du sang royal ?
Je sauve Votre Majesté de l'embarras
de pendre ton frère jumeau !
Frère?
Il semble que vous ayez perdu votre utilité.
Pas encore, Sire, j'espère.
Vous attendez-vous à ce que je croie un mensonge aussi insensé ?
Dans le passé, tu as été plus intelligent, Colbert !
Mais jamais plus véridique, Sire,
comme en témoignera Fouquet, l'ami de Votre Majesté.
Tu vois, nous étions tous les deux présents à ta naissance, et à la sienne.
Moi, de droit.
Fouquet, comme d'habitude.
Dites à Sa Majesté, Fouquet,
comment son père, le roi Louis XIII, envoya son fils jumeau, Philippe,
en Gascogne avec d'Artagnan, et comment, tout Ă fait par hasard,
Louis devient roi.
Je suppose que vous avez une autre preuve convaincante.
Si Votre Majesté n'est pas convaincue qu'elle se trouve face à face
avec sa propre image, je serai heureux de présenter la finale,
une preuve irréfutable. Avec la permission de Votre Majesté, bien sûr.
J'espère que c'est une agréable surprise.
Je promets que Votre Majesté ne sera pas déçue.
Philippe....
Mon fils.
Mon fils.
J'ai souvent rêvé de rencontrer ma mère dans la vie.
Je trouve un bonheur égal à la rencontrer dans la mort.
Dans la mort ?
Votre Majesté a-t-elle besoin de preuves supplémentaires ?
Il aurait mieux valu, Madame, que vous soyez restée dans votre couvent.
Pourquoi exigez-vous vengeance sur un garçon qui n'a commis aucun crime
mais naître ton jumeau ?
Les rois ne contrĂ´lent pas ces choses. Le destin les contrĂ´le.
Si la ressemblance de Philippe avec Votre Majesté vous offense,
tu pourrais l'exiler
dans un endroit oĂą la ressemblance n'aurait aucun sens.
Il y a des moments, Colbert, même si tu m'énerves,
quand je te soupçonne d'être un génie.
Tu as raison. Je ne pouvais pas le pendre,
pas parce que c'est mon frère,
mais parce que ce serait comme me pendre,
me regardant pendre au bout de la corde.
Fini la ressemblance.
Envoyez-le dans un endroit oĂą on ne le reverra plus jamais.
Bien sûr...
Je sais Ă quel point tu aimes le pouvoir, Fouquet.
Mais vous ne connaîtrez jamais le pouvoir complet tant que vous n'aurez pas été obéi dans un endroit comme celui-ci.
Ici, seul le roi est obéi.
Je n'aspire pas au trône, Votre Majesté.
Ce qui est le plus heureux.
En ce moment, je suis engagé dans la création d'un royaume
pour un homme qui pourrait avoir une telle aspiration.
Bien sûr, je suis généreux :
Je lui fournirai tous les attributs d'un roi, mĂŞme jusqu'Ă un trĂ´ne.
Il est vrai que son royaume est peut-être plutôt limité.
En fait, c'est limité.
Limité aux murs de la cellule ci-dessus ici.
Une pensée très amusante, Votre Majesté.
Oui. Cela devient vraiment hilarant quand on pense que
Colbert m'a donné l'idée.
C'est un chef-d'œuvre.
Bien sûr, c'était mon idée.
Je pensais que ce serait trop déroutant, deux rois, tous deux tellement semblables.
Alors, j'ai décidé qu'un des rois devrait porter le masque
afin d'éviter toute confusion.
Assez ingénieux. Couvre toute la tête
et se verrouille autour du cou. • Le plus ingénieux.
Je me demande combien de temps met la barbe Ă pousser, Fouquet.
Imagine ne pas pouvoir te débarrasser de cette chose de la tête
et être étranglé à mort par sa propre barbe.
Bien sûr
il n'y aura qu'une seule clé, que je garderai.
Je pense que je vais le porter sur une chaîne dorée,
ici, à côté de mon cœur.
Entrez-y !
Ordonnance d'emprisonnement de Sa Majesté
pour la vie.
"Coupable de haute trahison.
Isolement Ă vie.
Ne recevez aucun visiteur.
Être traité comme n'importe quel autre prisonnier,
sauf qu'il faut lui parler comme Ă un roi.
Roi...
on parle comme d'un roi !
Bonne nuit, "Votre Majesté".
Bonjour, Votre Majesté.
Je suis sûr que Votre Majesté sera ravie de savoir que le roi de
la Bastille est solidement assise sur son trĂ´ne. C'est son anniversaire, tu sais.
Il a commencé son règne il y a un mois aujourd'hui.
J'espère que "Sa Majesté" trouvera son royaume à son goût.
Et sa couronne.
J'ai réfléchi.
Il peut être nécessaire d'en créer un autre
royaume pour mon estimé collègue Colbert.
Si tu me pardonnes,
Je connais Colbert.
Il consacrera sa vie
à la libération de Philippe, ce qui, bien entendu,
peut être interprété comme un geste patriotique, notamment
s'il devait se convaincre que Philip a un droit égal
à la couronne de Votre Majesté.
Un homme mort d’une fracture du cou ne peut consacrer sa vie à rien.
Quoi?
Pendre Colbert ? Oh non. Non, Votre Majesté.
Votre Majesté oublie,
Colbert est l'ami du peuple. Ils admirent son honnêteté.
Une des choses chez Colbert qui m'énerve le plus
c'est que, comme la femme de César, il est irréprochable.
Oh, je ne dirais pas ça, Votre Majesté.
• Tous les hommes font des erreurs. • Pas Colbert.
Eh bien, je pense qu'il a fait une erreur
lorsqu'il a signé ce reçu.
Erreur? Un reçu de 50 francs ?
Votre Majesté, en supposant une virgule
et trois zéros apparaissaient après le 50, ce qui faisait 50 000 francs ?
Votre Majesté demanderait alors à l'inexpugnable Colbert de
ce qu'il a fait avec les 49.950 francs restants, et
il n'aurait pas de réponse.
Il est tout Ă fait possible, n'est-ce pas, que les gens n'applaudissent pas
assez fort pour un détourneur de fonds
et criminel.
Mon ami n'avait pas non plus de place pour une autre médaille.
Si Votre Majesté songe à une récompense pour mes pauvres services,
puis-je suggérer, Mme. Fouquet
j'adorerais ĂŞtre duchesse.
Vous savez comment sont les femmes.
Le jour oĂą Colbert sera pendu,
Mme. Fouquet deviendra duchesse.
Votre Majesté.
Quel dommage.
Un si grand patriote.
Faites attention Ă vos pieds ici, messieurs.
Le tout à l'égout de Paris passe par ici.
D'Artagnan !
• Comment êtes-vous arrivé ici ? • Je n'ai pas oublié
les passages souterrains même après 20 ans.
Oh, mais c'est fou. Votre tĂŞte est mise Ă prix, vous tous.
• Une bonne, j'espère. • J'aime toujours qu'on se souvienne de moi.
Ne suffit-il pas que tu sois pourchassé, je suis sur le point d'être chassé,
pourquoi dois-tu venir ici entre tous ?
Nous avions rendez-vous avec Philippe Ă Bordeaux, qu'il n'a pas tenu.
Oui je sais.
OĂą est Philippe ?
Philippe est Ă la Bastille.
Un masque de fer sur la tĂŞte, Ă vie.
• Quoi? • Oui.
L'invention la plus diabolique de Louis.
Maintenant, tu dois partir. Votre seul espoir d'échapper à la corde, ou pire,
c'est d'y aller pendant que vous en avez l'occasion. • Aller?
Avez-vous perdu votre courage ?
La bravoure est une bonne chose quand il y a une chance de se battre.
La bravoure n’est grande que lorsqu’il n’y a aucune chance.
Écoute, mon ami. À tout moment, les hommes du roi peuvent être là .
Je suis déjà qualifié de criminel. Maintenant, je vous supplie de sauver vos propres vies.
Eh bien, Philip n'a pas pensé à lui sauver la vie.
Êtes-vous prêt à livrer la France entre les mains d’un pilleur comme Fouquet ?
Et un roi à moitié fou ?
Je me souviens de l'époque où vous teniez la France entre vos mains.
C'était Louis XIII.
C'est le règne de Louis XIV.
Revenez par oĂą vous ĂŞtes venu.
• Je n'ouvrirai pas cette porte avant votre départ. • Nous en avons fini avec la course à pied. Ici,
donne-moi ton manteau. Je vais ouvrir la porte.
Ouvrez cette porte !
Oui, oui, j'arrive. J'arrive.
Maintenant, contrĂ´lez-vous, messieurs. C'est un combat dont nous ne voulons pas.
Oui, oui, j'arrive.
• Qui est-ce? • Ouvrez au nom du Roi !
Oh, oh ! Oui, mon seigneur, oui, mon seigneur.
• Entrez, monseigneur. • Monsieur Colbert ?
Oh, comme c'est dommage.
Il y a Ă peine une heure, il partait pour le sud de la France,
pour sa santé.
• Je dois m'en assurer. • Oh, oui, mon seigneur.
Entrez, mon seigneur.
Vous voyez, je suis tout Ă fait seul.
Le vieux fou dit la vérité.
Sud de la France ? Par quelle route ?
Oh, je ne connais rien aux routes, monseigneur. Je ne suis qu'un serviteur. Pardonnez-moi.
Oh, mais je me souviens qu'il avait mentionné Marseille.
La route de Marseille !
• D'Artagnan, tu es un beau menteur. • Merci, mon seigneur.
Vous voyez, nous pouvons délivrer Philip tout aussi facilement.
Mais le délivrer ne suffit pas. N'oubliez pas le masque.
Eh bien, ce qui peut être mis peut être enlevé.
Vous ĂŞtes un homme audacieux, mon ami.
Mais à ma manière douce, je suis aussi audacieux.
La clé,
non seulement la clé de la libération de Philippe,
mais la libération de la France entière !
Alors voyez-vous, le garçon du dîner d'anniversaire et de Mlle. de La Vallière
c'est Louis.
Le garçon de la Cathédrale et du balcon
et qui t'a racheté, c'est Philippe.
Philip est le nom de mon père. J'ai toujours aimé ça.
Où vais-je trouver la clé ?
Le Roi le porte autour du cou.
Merci.
Je vais le faire.
• Bonne nuit, ma chère. • Bonne nuit.
Bonne nuit, Votre Majesté.
Bonne nuit.
Mais j'ai dit, bonne nuit !
Bien,
Son Altesse Royale.
Je pourrais dire que c'est une surprise,
mais ce n'est pas le cas.
En fait, je t'attends depuis longtemps.
J'ai découvert que tôt ou tard tout arrive à un roi qui attend.
Peut-être n'auriez-vous pas attendu si longtemps, Votre Majesté,
si vous n'aviez pas été plus agréablement fiancés.
Le problème avec toi, ma chère,
c'est que vous avez tendance Ă ĂŞtre un peu trop sensible.
je commence Ă comprendre
combien de choses une reine doit négliger.
Vraiment?
Asseyez-vous, ma chère. Asseyez-vous.
Tu sais,
jusqu'Ă ce soir, je,
J'ai été très déçu par les Espagnols.
Parce que nous sommes un peuple jaloux et au sang chaud ?
Oh non.
Bien au contraire.
Nous sommes également un peuple très impulsif.
Rapide à détester. Rapide à aimer.
Après que je sois reine,
J'espère te faire changer d'avis
Ă propos des Espagnols.
Vous pouvez, assez facilement.
Ne trouvez-vous pas cela un peu sensuel ici ?
Je n'avais pas remarqué, Votre Majesté.
Merci, Votre Altesse Royale.
Désormais, le destin de la France est entre vos mains.
• Vous vous souvenez du chemin de la Bastille ? • Comment pourrais-je oublier ?
Je pense que tu es la fille la plus courageuse que j'ai jamais connue.
Peu importe si vous ramenez Philippe comme roi de France.
Tant que tu le ramènes.
Dépendez de ceci :
Philip revient ou nous restons.
Éteignez vos torches. De là , nous partons dans l'obscurité.
C'est l'heure des tours.
Pourquoi y aller ? Il ne se passe jamais rien.
Restez tranquille là ! Je vais te réparer !
Porthos, bâillonne-le. Liez-le.
Philippe.
D'Artagnan !
Asseyez-vous.
Enlève-moi ce truc de la tête.
• Mon cerveau éclate. • Oui, oui, j'ai la clé.
Comment ton propre frère peut-il être un tel monstre ?
Deux heures. Trente-trois voit Ă nouveau des fantĂ´mes.
Eh bien...
Tourne, mais ne s'ouvre pas.
C'est une double serrure. Un truc chinois.
Je... je ne m'en souviens pas.
• Ouvrez la porte ! • Fermez-la!
Tais-toi lĂ -dedans !
Maintenant, tu vas te taire ?
Le garde vient de passer.
Il faut sortir pendant qu'il est encore temps.
Tout est clair.
Vous avez assez souffert.
Tu peux ĂŞtre roi, ou tu peux ĂŞtre libre,
C'est à vous de décider.
Emmenez-moi oĂą se trouve la couronne de France.
Athos, garde cette porte.
Réveillez-le.
Non, ce n'est pas un rêve, mon frère.
Souviens-toi de moi? Le rebelle gascon qui t'amusait jusqu'à ce que tu découvres
c'était ton frère ?
Vous devriez également vous en souvenir.
Une de vos inventions les plus intelligentes.
Non, ce n'est pas lĂ . C'est ici.
S'en aller.
Tu es mort, étranglé.
À quelle vitesse pousse ta propre barbe, mon frère ?
Je te donnerai n'importe quoi. Je te reconnaîtrai.
Je vous rendrai riches, vous tous.
Un million de francs en or !
Deux millions !
Quand tu as tourné le verrou sur ça
tu as bloqué toute miséricorde qui aurait pu être dans mon cœur.
Tu savais que j'étais ton frère, ton jumeau.
Nous étions presque un seul corps, une seule vie.
Toi à moitié, moi à moitié.
Mais tu as forcé ma moitié à vivre dans l'ombre et le désespoir
afin que votre moitié puisse vivre dans la grandeur et la gloire.
Il y a une loi dans la vie, frère, à laquelle même un roi ne peut échapper.
La loi du châtiment.
Le pendule de l'horloge de la vie oscille jusqu'à présent dans une direction
et très sûrement revient en arrière.
Le pendule tourne pour toi, mon frère.
Le moment est venu où votre moitié doit vivre dans l'ombre...
pas pour ce que tu m'as fait,
mais pour ce que vous avez fait au peuple français ;
non pas parce que j'ai souffert de votre part, mais parce qu'eux ont souffert davantage ;
non pas parce que vous vouliez m'assassiner, mais parce que vous les avez assassinés ;
parce que vous avez trahi un dépôt sacré ;
parce que vous vous êtes révélé inapte à vivre à la lumière du jour.
Échange équitable, mon frère.
Mon royaume... pour le vĂ´tre.
Mettez-le.
Aide!!
Maintenant, voyez comment vous l'aimez !
Laissez-moi sortir !
Laissez-moi sortir !
Un million de francs en or !
Laissez-moi sortir ! Je suis le roi !
Laissez-moi sortir !
Laissez-moi sortir !
Laissez-moi sortir ! Je suis le roi !
Laissez-moi sortir ! Je suis le roi !
Ouais, qui est-ce ? Entrez!
Excellence! Excellence!
Je vous ai dit de faire taire ces chiens !
Mais Excellence ! Les hommes sont venus ! Messieurs! Avec des épées !
• Ils m'ont étouffé ! • Messieurs avec des épées !
ĂŠtes-vous fou? Personne n'entre ici Ă moins que j'ouvre la porte !
• Des prisonniers sont-ils portés disparus ? • Non, Excellence.
Eh bien, imbéciles, vous êtes ivres ! Pensez-vous que les mensonges peuvent le dissimuler ?
Vous négligez votre devoir et permettez à ces chiens de me réveiller à nouveau !
Eh bien, je m'en occuperai d'abord, et vous plus tard !
Écartez-vous de mon chemin !
Laissez-moi sortir !
Vous entendez ? Or!
Je te donnerai n'importe quoi ! Je t'ordonne de me laisser sortir !
Je suis le roi !
• Je ne l'ai jamais entendu crier auparavant. • Non, commandant.
TĂ´t ou tard, ils deviennent tous fous.
Ouvrez la porte !
J'ai un meilleur remède contre la folie que n'importe quel médecin.
Alors maintenant !
Eh bien, vous me croyez, n'est-ce pas ? Vous devez me libérer !
Je te rendrai riche ! Ces imbéciles, de penser qu'ils pourraient faire ça au roi !
Dépêchez-vous!
Soyez rapide ! Je vous le dis, je suis le roi !
Alors je suis venu te laisser sortir, n'est-ce pas ?
Je suis le roi ! Vous serez pendu pour ça !
Oui, « Votre Majesté » ! Mais après cela, commandez à voix basse !
• Mais je suis le roi ! • Maintenant, je peux peut-être dormir un peu.
Bonne nuit, "Votre Majesté" !
Mais je suis le roi.
Bonjour, Votre Majesté. J'espère que vous avez passé une bonne nuit de sommeil.
Oh, Fouquet, bonjour. Pardonnez-moi.
Moi, j'ai informé Mme. Fouquet que Votre Majesté a gracieusement promis
pour en faire une duchesse. • Duchesse ?
Pourquoi, oui. Euh, Colbert.
Oh oui.
Son système d'espionnage fonctionne très bien.
Il semblerait qu'il ait été prévenu. Il a échappé à mes hommes à la maison.
Mais je l'aurai avant la nuit. Chaque route est fermée.
Votre Majesté, je suis très heureux de vous annoncer
que la taxe sur le sel rapporte le double des revenus escomptés.
Et je suis sûr que cela vous plaira également.
Mais, Votre Majesté, cela annule la taxe sur le sel.
Je sais.
As-tu déjà goûté du poisson sans sel, Fouquet ?
PĂŞcher sans... pourquoi... euh...
ça... • Ce n'est pas bon.
• Non. • Horrible.
• Oui. • D'ailleurs, les gens s'y opposent.
• Ils ne m'aiment pas. • Oh.
On ne peut pas manger de poisson sans sel
pas plus qu'on ne peut fabriquer du tissu sans laine
ou du pain sans farine.
J'ai donc décidé de supprimer toutes ces taxes.
Mais pourquoi, Votre Majesté ? Pourquoi?
J'ai fait un rĂŞve, Fouquet.
Savez-vous oĂą vont les mauvais rois ?
• Votre Majesté, vous ne pouvez pas faire ça ! • Je suis sûr que vous avez tort.
Tu as passé toute ta vie à m'assurer que je pouvais tout faire.
Par exemple, je pourrais mĂŞme te pendre.
Oh, Votre Majesté.
Votre Majesté est d'humeur plaisante ce matin.
Oui, amusant, n'est-ce pas ?
Très amusant.
Votre Majesté.
Monsieur Fouquet,
Je regrette mon absence d'hier soir.
Cela m'aurait fait grand plaisir de vous recevoir lors de votre appel
avec vos amis.
On me dit que Votre Majesté me cherche en toute hâte.
Oh oui.
Je voulais que vous proclamiez ces décrets abolissant les impôts.
Votre Majesté, c'est l'un des plus grands jours de ma vie.
Mais... le reçu ?
Reçu?
Oh, nous avons trouvé l'argent. Tout cela n’était qu’une erreur.
Si tu veux bien m'excuser,
Votre Majesté, je me sens légèrement indisposé.
Bien sûr! Vous devez faire très attention à votre santé.
Oh, j'espère que Mme. Fouquet ne sera pas trop mécontent.
Excusez-moi,
excusez-moi, s'il vous plaît.
LĂ -bas!
Bonjour!
Cet imbécile ne m'entend pas.
Garde! Garde! Écoutez-moi.
• Je vais te rendre riche ! • Oui je sais!
Tu es le roi de France. Un million de francs en or !
Écoute, demande-moi n'importe quoi. Je vais te le donner.
Rien?
Vous ne comprenez pas ! Vous devez m'écouter !
Je les sens grandir ! Croissance!
Ils vont m'étrangler ! Il faut l'enlever !
Quoi? Enlever la couronne de « Votre Majesté » ?
Je devrais dire non.
Eh bien, espèce de chien ! Je vais en parler au commandant !
Bonjour, Madame. Belle journée.
Bonjour!
Bonjour!
"Portez ceci à Fouquet, ministre du Roi, et recevez 5 000 francs de récompense."
Mon fils,
il y a une chose que nous devons faire, et vite.
• Vous devez épouser Marie-Thérèse immédiatement. • Doit?
Eh bien, c'est la chose la plus agréable que j'ai entendue depuis que j'ai quitté la Gascogne.
Une fois que vous aurez épousé Marie-Thérèse et le peuple espagnol
et notre propre pays la reconnaît comme reine de France,
il ne peut y avoir aucun doute quant Ă savoir qui est le roi.
Son Altesse Royale la Princesse Marie-Thérèse.
Vous souvenez-vous de ce jour dans votre voiture où nous avons vu le garçon et la fille courir à travers champ ?
Je ressens exactement ce qu’ils ont dû ressentir.
Colbert aimerait vous poser une question.
Non, je pense que je vais poser cette question moi-mĂŞme.
Oh, oh, certainement, Votre Majesté.
Serez-vous reine de France ?
Oui, Votre Majesté.
MĂŞme si le titre est un peu flou ?
MĂŞme s'il n'y avait pas de titre.
Même après t'avoir dit de ne jamais faire confiance à un roi ?
Je peux te faire confiance.
Eh bien, il y a plus que cela.
Une question technique qui doit être réglée avant de pouvoir devenir Reine.
Est-ce que tu m'aimes?
Je t'ai toujours aimé, Philippe.
C'est peut-être Sa Majesté qui se marie,
mais vous, Votre Excellence, serez le plus bel homme de la cérémonie.
Certainement le mieux habillé.
La voiture de la Princesse vient de passer le pont
en route vers Fontainebleau. • Vraiment?
Quelle chance que le pont ne s’effondre pas.
Votre propre garde attend avec votre voiture.
Votre Excellence, cette personne, un berger,
insiste pour vous parler. • Un berger ?
Qu'ai-je Ă voir avec un berger ? Que veux-tu?
Euh, 5 000 francs.
Pour quoi?
Pour une assiette en fer blanc. Il y a des écrits idiots dessus.
Une assiette ? En écrivant? Que veux-tu dire?
Oui, Votre Excellence, j'écris sur une assiette.
Il dit,
" Philippe de Gascogne siège sur le trône de France "
quand tout le monde sait que le nom du roi est Louis.
• Donnez-moi l'assiette. • 5 000 francs, c'est écrit, Votre Excellence.
Calme!
Philippe de Gascogne...
TrĂ´ne de France...
Pour la première fois de ma vie, j'étais un imbécile.
• Faites venir le capitaine de ma garde ! • Oui, Votre Excellence.
Prenez ma voiture et toute ma garde. Allez Ă la Bastille.
Sortez de sa cellule un prisonnier qui porte un masque de fer.
Livrez-le-moi à l'église de Fontainebleau.
• Mais Votre Excellence la Bastille ? • As-tu peur de la pendaison, mon ami ?
À ce stade, il est nécessaire que nous soyons tous unis
ou nous serons tous pendus séparément. • Oui, Votre Excellence.
Plus vite, imbéciles ! Plus rapide!
• Mais ça peut tuer les chevaux ! • Tuez-les alors !
Bien-aimés, nous sommes réunis ici
aux yeux de Dieu et des hommes
et de la Sainte Mère l'Église
joindre cet homme Ă cette femme dans les liens du saint mariage.
S'il y en a parmi vous qui savent pourquoi cela ne devrait pas ĂŞtre fait,
laissez-le parler maintenant ou taisez-vous pour toujours.
Je vais parler !
Monseigneur Cardinal, je vous préviens !
Vous célébrez ce mariage à vos risques et périls.
Cet homme n'est pas le roi de France !
L'homme est fou ! Saisissez-le !
Restez oĂą vous ĂŞtes !
Il peut ressembler au roi, il peut s'habiller comme le roi,
il peut mĂŞme parler comme le roi, mais
il n'est pas le roi.
Mais n'ayez crainte, monseigneur Cardinal.
Sa Majesté le Roi de France assistera à votre cérémonie.
En fait, il est en route en ce moment,
et j'ai rendez-vous avec lui sur la route Paris-Fontainebleau.
Attends, je vais avec toi.
• Où vas-tu? • Après un meurtrier,
et barrer la route de Paris.
Je promets ma vie que tu es le seul roi Ă venir ici par cette route aujourd'hui.
Vous oubliez, mon ami, que seul un roi peut barrer la route.
Nous barrerons la route.
Monseigneur Cardinal, mes Seigneurs et Mesdames,
Je demande votre indulgence pour avoir affaire Ă un ennemi de la France.
Pardonne-moi, ma chère.
Je trouve que je dois disposer d'une autre technicité
avant de pouvoir devenir reine de France.
Votre Majesté,
Je suis très heureux d'être l'instrument de votre libération.
Toi? Libération?
Vous les avez laissés me faire ça !
Mais Votre Majesté, je...
Fouquet et son roi.
Si nous devons nous battre, combattons au sommet de la colline. Leurs chevaux seront fatigués par la montée.
Jusqu'où est-il maintenant de Fontainebleau et de l'église ?
• Deux lieues, Votre Majesté. • Deux ligues pour se venger.
Rien ne doit arriver à mon cher frère.
Il m'appartient !
Maintenant, nous combattons Ă pied. Surprenez-les lorsqu'ils arrivent au sommet de la colline.
Vous trois de ce côté, Philip et moi ici.
Et que le diable prenne le dessus !
• Trouvez d'abord le capitaine. • Oui.
Maintenant!
Pourquoi les imbéciles ne continuent-ils pas ?
Nous sommes attaqués, Votre Majesté. Philippe se livre à nous !
Pars sans moi ! ArrĂŞtez le coach !
Il a raison ! Il faut arrĂŞter le car !
J'ai appris ce petit truc en Flandre.
Rappelez-moi de vous l'apprendre un jour.
Êtes-vous blessé ?
N'oubliez jamais de panser vos blessures après la bataille.
Plus vite, chauffeur ! Plus rapide!
Laissez-moi sortir !
Je me trouve désolé pour lui,
mais il m'a donné une raison de ne ressentir que de la haine.
Votre Majesté a d'autres affaires urgentes en suspens.
Vous pouvez continuer, monseigneur Cardinal.
Qui donne cette femme Ă cet homme.
Je revendique ce privilège.
Je vous rejoins en mariage au nom du Père,
le Fils et le Saint-Esprit. • Amen!
Félicitations, mon fils.
Vous êtes désormais le plus grand épéiste de France.
D'Artagnan !
Porthos, Athos et Aramis attendront.
Vous ne voudriez pas que je les déçoive.
Dieu sauve le roi !
C'était un homme courageux.
La France aura toujours besoin d'hommes courageux.
Et des femmes courageuses pour rappeler aux hommes leur devoir.
Dieu sauve la France !
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