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Musique pesante
(En anglais) le Président Joe Biden va annoncer
le retrait des troupes américaines
d'Afghanistan.
- Il est temps que cesse la plus longue guerre américaine,
temps que nos troupes rentrent Ă la maison.
- Le Président a annoncé le retrait des troupes américaines
d'ici le 11 septembre 2021,
prolongeant le délai initial
fixé par l'accord signé
entre l'administration Trump et les talibans.
- En moins de trois mois, les talibans ont pris le contrĂ´le
de la plupart des régions en dehors de Kaboul.
- Ce matin, des tirs ont ravivé le chaos...
- Les talibans sont à la périphérie de Kaboul.
- Personne ne pensait que les talibans
rejoindraient Kaboul aussi rapidement.
Musique pesante
Agitation
- Débranchez les ordis et récupérez les disques durs.
Les talibans peuvent reconstituer tous les documents broyés.
Donc on brûle tout, OK ? On broie et on brûle tout.
Téléphone
AllĂ´ ?
- AllĂ´ ? C'est Eva.
- Qui ? - Eva, de l'ONG "La chaîne du cœur".
- Parle plus fort.
- C'est Eva, de l'ONG "La chaîne du cœur".
- Je t'écoute, Eva.
- Je suis avec ma mère, impossible de rentrer dans l'aéroport.
Les vols sont suspendus.
- Venez à l'ambassade. - Les talibans sont déjà dans Kaboul.
- T'es française.
C'est ta meilleure protection.
Dépêchez-vous, bientôt, on sera partis.
Je vous rappelle :
vous récupérez toutes les données, sans oublier les clés USB.
Essentiellement, en priorité.
Musique pesante
- De nombreuses ambassades ont procédé
à l'évacuation de leurs ressortissants.
Peu avant, le président afghan
avait confirmé avoir quitté son pays
pour éviter "un bain de sang".
20 ans après avoir été chassés par une coalition emmenée par les USA,
les talibans font leur retour au pouvoir...
- Donne-moi la masse.
Musique pesante
Brouhaha
Ça, ça peut rester, par contre, le reste, ça part au feu.
Les amis, on prend tous les disques durs, c'est clair ?
Il frappe.
- Les forces spéciales décollent ce soir...
- Je dois rejoindre la base de l'OTAN à l'aéroport.
- Très bien.
- L'hélicoptère m'attend. - On se rappelle.
- De nouveaux ressortissants arrivent, on les récupère
et on vous rejoint. - Ils sont nombreux ?
- Je sais pas, pourquoi ? - On en a déjà 80, plus notre équipe.
- Et alors ? Tu veux les empĂŞcher de venir ?
- Pourquoi les faire venir si on peut pas les évacuer ?
- Hé, je veux juste que tout le monde m'ait rejoint ce soir à l'aéroport.
Stick to the plan, Mo, compris ? - Comme d'habitude.
- Non, pas comme d'habitude.
- Permettez ?
- L'élégance avant tout, hein ?
Musique pesante
Téléphone
- AllĂ´, Sediqi ?
Je capte mal ici, tu m'entends ?
AllĂ´ ?
- AllĂ´ ? Bida ?
- Quitte pas, hein ?
AllĂ´ ? - AllĂ´ ?
- Sediqi, tu m'entends ? - Bida, tu m'entends ?
- Je suis content de t'entendre, mon ami.
OĂą es-tu ?
- J'ai essayé de fuir le pays en vain.
Je sais plus quoi faire. Tous les militaires abandonnent.
- OĂą es-tu ?
- Hein ?
Pas loin de Hashmat Khan Lake. - D'accord.
Bon alors, tu récupères Shohadai Salehin Road, OK ?
Tu vas tomber sur un restaurant, le Focaccio.
- Le Focaccio. - VoilĂ .
Le propriétaire, Amir, est un ami. Il va s'occuper de toi, j'arrive.
- Non, viens pas, les talibans sont déjà dans Kaboul.
Ils me cherchent. - Pas moi.
J'arrive, Sediqi, j'arrive.
Musique de tension
(En anglais) T'es oĂą ?
- Au restaurant, je sauve ce que je peux.
- OK, écoute-moi bien,
j'ai un ami qui va arriver, il est en danger.
Cache-le dans ta réserve, d'accord ?
- Pas de problème. C'est qui ?
- Un haut gradé afghan, je ne peux pas en dire plus.
- OK, je comprends.
- Planquez vos uniformes !
Un homme crie.
Coup de klaxon
- Amir, qu'est-ce que tu fais ? Reste pas lĂ !
- Moi vivant, jamais je ne partirai. Ça, ça part.
Ça vaut cher, je ne leur laisserai pas.
- Les talibans sont déjà en ville.
- OK.
Sediqi, comment vas-tu ?
- Qu'est-ce que tu crois ?
- Tu peux marcher ? - Je pense.
- Viens.
Sediqi gémit.
Ça va ?
- Ça va aller.
- Mo.
En souvenir du bon vieux temps.
- Wow.
Merci.
- Et c'est la moins chère.
Sediqi gémit.
- Allez, viens.
Courage, on y est presque.
Baisse-toi ! Baisse-toi !
Sediqi gémit.
Crissement de pneus
Sediqi respire fort. (Chut.)
(En pachto) - Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Il y a quoi dans la voiture ? - Rien.
- Ouvre-moi ça ! - Il n'y a rien...
- Il y a quoi, lĂ -dedans ? C'est rempli d'alcool.
Détruisez tout !
- Laisse-moi partir.
- Détruisez tout ! - Laissez-moi.
L'affrontement se poursuit.
- Ne bouge pas, reste là ! Amir répond.
- Tais-toi ! Je ne veux plus t'entendre, infidèle !
Tirs
Ça suffit, on y va !
Allez, on y va !
Musique sombre
Musique de tension
Sediqi gémit.
- Ça va ?
- Ça va, ça va.
Sediqi gémit.
- Reste bien allongé.
Sediqi gémit. - OK.
Coups de klaxon
Brouhaha
Crissement de pneus
Brouhaha Coups de klaxon
Musique de tension
Coups de klaxon
Brouhaha Coups de klaxon
Coups de klaxon
- Putain.
Brouhaha Coups de klaxon
(-Il se passe quoi ?) (-Dis pas un mot.)
Le taliban crie.
Je travaille pour l'ambassade de France. Je dois passer.
L'ambassade de France.
- Sors du véhicule.
Sors, je te dis.
- J'ai interdiction de sortir du véhicule.
- Sors, je te dis ! C'est un ordre.
- Français !
- Sors !
- Je travaille pour l'ambassade de France !
- Sors !
- Je dois rentrer Ă l'ambassade !
- Baisse ton arme.
- Bonjour, monsieur.
Ambassade française, je dois rentrer.
- Laissez-le passer.
- Merci.
Clameur de la foule
Coups de klaxon
Clameur de la foule
- S'il vous plaît !
- Je m'occupe de toi. - Je suis avec ma mère.
- Bouge pas, Eva, je m'occupe de toi.
Coups de klaxon
- Concentrés, les gars.
Clameur de la foule
Reculez !
- Je peux pas.
- Aide-moi ! J'ai un blessé.
- Putain. Mais c'est qui ?
- Le chef des renseignements afghans. - Qu'est-ce qu'il fait lĂ ?
Sediqi gémit.
- C'est un frère pour moi.
Clameur de la foule
- Comment on va se sortir d'ici, putain ?
Faut les disperser. Sortez la lance Ă eau.
- Y a des Français dans la foule.
- Et alors ?
Dis-leur d'aller à l'aéroport.
- Non, non, non. On va nulle part sans eux.
- Comment les faire rentrer
sans envahissement ? - Regardez.
- C'est qui, ça ?
(En anglais)
- Que les citoyens afghans n'ont rien Ă craindre.
- Nous sommes là pour assurer leur sécurité.
- Vraiment ?
Que dites-vous aux millions d'Afghanes
qui refusent de vivre sous la loi islamique ?
- OĂą sont-elles ?
- Terrées chez elles, pétrifiées.
- C'est vous qui le dites.
- J'ai parlé à plusieurs d'entre elles.
Que leur dites-vous ?
- Ne filme pas !
- Que leur...
- Baisse ta caméra ! - On a l'autorisation.
- Tais-toi ! - Tu vas la casser !
Ne tire pas !
Je t'en supplie !
Tir Cris de frayeur
- Putain, ils tirent.
Préviens tout le monde. Préparez-vous. J'appelle l'ambassadeur.
- Haider, ça va ?
Laisse-la.
Agitation
Tirs
- Combien sont-ils ?
- Y a à peu près 300 personnes, il faut ouvrir.
- OK. Des femmes, des enfants ? - Oui, menacés par des talibans armés.
Selon moi, ils n'envahiront pas l'ambassade.
- Je suis responsable de mes hommes. Je prends pas ce risque.
- Des Afghans
vont se faire exécuter devant les grilles de l'ambassade.
- Ouvrez les portes.
- Non, monsieur... - C'est un ordre !
- Très bien.
La foule crie et frappe le portail.
Musique émouvante
Ça va ? C'est ta mère ?
Vous êtes en sécurité ici.
Attendez là -bas, avec les réfugiés identifiables.
- D'accord, merci.
Brouhaha
- Avancez, avancez !
Avancez ! Avancez !
Allez !
- Prenez de l'eau et des couvertures.
Allez, allez !
(En anglais) - La situation
à Kaboul s'est rapidement détériorée.
J'ai dû me réfugier à l'ambassade de France.
Des centaines de réfugiés s'y trouvent dans l'attente...
- Vous avez mis tout le monde en danger.
- Le danger, ce sont les talibans, pas moi.
- Vous les avez provoqués.
- Désolée.
J'essayais juste de faire mon travail. - J'essaie de faire le mien.
N'interférez plus, OK ?
Merci.
- Qui ĂŞtes-vous ?
Excusez-moi ?
Comment comptez-vous évacuer
ces centaines de réfugiés ?
- Je n'ai pas à vous répondre.
- Les gens ont besoin de savoir. - Non.
Je suis là pour les protéger, pas les informer, OK ?
- Et moi, je suis là pour témoigner sur ce qui se passe, OK ?
- Restez à l'écart. - Je peux juste...
OK...
L'ambassade de France
est le dernier lieu de Kaboul où l'on peut se réfugier.
- Bon, j'ai une mauvaise nouvelle Ă t'annoncer.
Tu vas devoir dire adieu Ă ton atelier. - Ben pourquoi ?
- C'est la nouvelle chambre de notre petit-fils.
- Ah. Petit rire
Et euh... j'ai mon mot Ă dire ?
- Ben non. Mais par contre,
tu peux choisir la couleur du papier peint.
Petit rire
- Ben, bleu.
- Du bleu ? - Ouais.
C'est bien, bleu. - C'est cliché,
quoi... Ils rient.
- Pourquoi tu me demandes ? C'est toujours toi qui décides.
- Ben oui, mais j'ai meilleur goût, non ?
- C'est pas difficile, ça. Petit rire
Porte
- Vous évacuez quand ? - Demain.
- Je te sens inquiet.
- Ouais, j'aime pas trop comment ça se passe.
Tout se passe un peu vite, c'est...
- Je comprends.
- Faut que je te laisse. - Prends soin de toi.
- Je t'embrasse. - Moi aussi, je t'embrasse.
- Regarde ce mec, lĂ .
Pourquoi il se cache la bouche ?
Et lui, lĂ ?
Pourquoi il veut savoir
comment on les observe ?
Ils préparent quelque chose.
Faut les péter, maintenant.
- On va semer la panique.
On continue d'exfiltrer les identifiés en zone 3.
Et on reste visibles pour maintenir la pression sur eux.
- OK.
Brouhaha
Le silence se fait.
- Une exfiltration aura lieu cette nuit, par hélico depuis l'ambassade.
Les talibans ne prendront pas pour cibles les appareils américains.
- On fait quoi des 300 réfugiés en zone 2 ?
- On évacue que ceux qu'on a identifiés.
Au moindre accroc,
les Américains annulent tout. - On va pas les abandonner, si ?
- Il s'agit pas de les abandonner, mais on s'en occupera plus tard.
Je suis d'abord comptable de la vie des Français.
- Oui, bien sûr.
Ă€ plus tard.
Bon, c'est imminent.
On devrait partir ce soir.
On partira de la zone 1, et on évacue d'abord ces personnes-là ,
dans les 1ers hélicos.
Après, le groupe suivant, on se tient prêts,
ça va aller très vite.
- Vous voulez nous abandonner.
Il faut nous emmener.
- Calmez-vous. - Reculez.
- Vous ne partirez pas sans nous.
- Nous devons d'abord
identifier tout le monde, d'accord ?
- Emmenez-nous.
- Reculez !
Agitation générale
- Calmez-vous !
Calmez-vous !
On est tous sous la protection de la France,
et cet homme
est son représentant.
Si vous avez
un problème avec lui, sortez. Les talibans s'occuperont de vous.
- Ils veulent partir sans nous.
- Pour l'instant, ils sont lĂ .
- Vous n'irez nulle part sans nous.
T'as compris ?
- Retournez vous asseoir.
Allez.
- Merci.
Musique afghane
- Ils sont inquiets, ils ont aucune garantie d'être évacués.
- Mais personne ne l'a.
- Pourquoi vous les enfermez, alors ?
- On doit vérifier l'identité de tout le monde.
- T'as peur de quoi ? Que des talibans se soient infiltrés ?
- Pourquoi pas ?
Petit rire
- Pourquoi t'es pas repartie avec tes collègues de l'ONG ?
- J'ai tout quitté pour revenir ici, j'allais pas partir comme ça.
- Tu travailles ici depuis longtemps ?
- Ça fait cinq ans.
C'était pas facile, au début.
J'avais pas de repères.
Je le connaissais pas bien, ce pays.
- T'as encore de la famille ici ?
- À part ma mère, personne.
Et toi ?
T'as des enfants ?
Musique afghane
- J'ai une fille, oui.
Qui a ton âge, à peu près.
- Ah ?
Vous ĂŞtes proches ?
- Pas assez.
Malheureusement.
- Pour elle ou pour toi ?
- Au début, pour elle.
Et maintenant, pour moi.
- Pourquoi t'es lĂ , alors ?
Musique de tension
- Tout le monde va lĂ -bas !
Allez de ce côté ! Reculez ! Reculez !
De ce côté !
Reculez ! Reculez !
Des hélicoptères approchent.
Tirs
Cris de frayeur
Porte
- J'ai parlé à l'ambassadeur. Il négocie un créneau pour évacuer.
- Quand ? - On sait pas encore.
- On a de quoi faire tenir 50 personnes pendant 15 jours. On est 400.
- On aurait jamais dĂ» ouvrir les portes.
- On rationne la nourriture.
- À quoi ça sert si on reste bloqués ? - Personne va rester bloqué.
Les talibans ont négocié avec les Américains.
Ils nous feront rien. Ils auraient trop Ă perdre.
- Ils l'ont respecté,
leur accord ?
En tirant sur les hélicos ?
- On a reçu l'ordre de faire évacuer la sécurité.
- Comment ça ?
- Le commandement a été obligé de changer de stratégie.
C'est un ordre à effet immédiat. Préparez discrètement vos affaires,
on part dans 1 heure. - Attends.
J'ai jamais entendu ça, ça sort d'où ? - On aurait déjà dû évacuer hier.
On a rempli notre mission, plus rien ne nous retient.
- Les réfugiés qui sont ici, ils sont sous notre protection.
Et s'ils les exécutaient ?
- C'est nous que les talibans vont exécuter !
Qu'est-ce que tu comprends pas ?
Tu crois qu'on a assez d'hommes ? De munitions ?
Tu crois qu'on tiendra s'ils nous prennent d'assaut ?
Tu nous a foutus dans cette merde,
mais personne, tu m'entends,
personne va risquer sa vie pour ça. - Je te comprends.
Mais si j'étais pas sûr de moi, je tiendrais un autre discours.
On peut pas les laisser, on a pas le choix.
- On respecte les ordres. Point.
- C'est ça, votre sens de l'engagement ?
Je suis fils de soldat.
J'avais 6 mois quand ma famille a dû quitter l'Algérie.
Mon père était un combattant.
Il a choisi son camp et...
et en a payé le prix.
S'il avait pas rencontré des gens comme nous,
il serait mort, aujourd'hui.
Mort ou persécuté.
Et je serais pas lĂ pour vous en parler.
Obéir, ça fait partie de notre métier,
mais c'est aussi un choix de désobéir.
J'ai un plan pour sortir de lĂ .
Et tout seul, j'y arriverai pas.
J'ai besoin de vous.
- Qui veut partir ?
Un, deux,
trois, quatre,
cinq.
Qui veut rester ?
Un, deux,
trois, quatre,
cinq.
Je reste.
La majorité a tranché.
C'est quoi, ton plan, pour nous sortir d'ici ?
Appel à la prière
- Eva ?
Eva, c'est Mo.
J'ai besoin de toi.
J'ai besoin de toi pour négocier avec les talibans.
- Pardon ?
- Il me faut une interprète pour leur expliquer la situation.
- C'est une blague ? - Non.
On peut pas sortir par la force.
C'est trop risqué. Il faut traiter avec eux.
- Tu sais ce qu'ils pensent des femmes ?
Ils pourraient me tuer Ă tout moment car ils me trouvent impure.
- Je sais.
Mais t'es pas qu'afghane, t'es aussi française.
Et les gars seront lĂ pour nous couvrir.
Si j'avais une autre solution, je t'aurais épargné tout ça.
Mais c'est le seul moyen.
- Qu'elle se décale sur la gauche.
- Eva, un petit peu plus Ă gauche.
Encore, encore...
Stop. Bouge plus.
Tir
C'est ça, ouvrir les angles de tir.
Tu gardes une bonne distance avec Mo et c'est pas plus compliqué.
Respiration tremblante
Musique pesante
- Au moindre accroc, on annule tout et on revient ici. OK ?
- Surtout, n'oubliez pas : ouvrez les angles de tirs.
- PrĂŞte ?
Ne reste pas en commande avec moi, décale-toi un peu sur la gauche.
- Talibans en approche.
Sept en retrait.
- ArrĂŞte-toi.
- Salam.
Je suis le commandant Bida. Je travaille Ă l'ambassade.
Et... j'aimerais parler Ă votre chef.
Eva traduit.
Il répond en pachto.
- Il nous ordonne de partir...
et menace de me couper la langue.
- Cette jeune femme est française, elle est interprète à l'ambassade.
Vous n'avez aucune raison de la menacer. Vous comprenez ?
Eva traduit.
- Bougez plus.
VoilĂ , c'est bien.
- Notre présence ici pose un problème à l'autorité que vous représentez.
Eva traduit.
J'ai besoin de m'adresser Ă votre chef.
Eva traduit.
- Laisse-nous.
Il parle en pachto.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- On doit évacuer pour rejoindre l'aéroport.
Eva traduit.
Réponse en pachto
- Pourquoi ces Afghans veulent partir ?
- Ils sont sous la protection de la France.
Eva traduit.
- On vous demande juste des bus. Avec chauffeurs.
Eva traduit.
Dis-lui de rester ici. On va sortir du champ de vision.
Dis-lui de rester ici.
Eva traduit.
Réponse en pachto
- Il insiste.
Réponse en pachto
- Putain, Mo, tu fais quoi ?
(En anglais) - Combien de bus ? Pour quand ?
- Une douzaine de bus.
Départ dans l'heure.
Musique de tension
- Les Français peuvent partir.
Les Afghans restent.
- Ce n'est pas ma demande.
Il parle en pachto.
- Vous n'êtes pas en mesure de décider. C'est moi qui décide.
Musique inquiétante
- Préparez-vous à engager le feu.
Il parle en pachto.
- Il dit que...
il peut me tirer dessus Ă tout moment.
- Même après notre départ, il restera 300 de nos ressortissants
dans l'ambassade,
ce qui provoquera un incident diplomatique entre nos pays.
Vous comprenez ?
Vous pouvez régler le problème en nous aidant à évacuer.
La zone verte sera alors entièrement sous votre contrôle.
C'est un bon accord.
- Faites-moi une liste de tous ceux que vous devez évacuer.
Une fois qu'on les aura identifiés, vous pourrez partir.
- Il y a plus de 400 personnes.
- L'homme qu'on recherche
a peut-être infiltré votre groupe.
Qui sait ?
Donnez-moi la liste
et vous aurez vos bus.
- OK.
- OK. Ne lâchez pas vos positions jusqu'à nouvel ordre.
- Tu connais des conducteurs de bus ?
- Oui. Enfin, un seul, pourquoi ?
- Contacte-le.
J'ai aucune confiance en ce type.
Merci.
Si on s'en sort, c'est grâce à toi.
C'est fort, ce que t'as fait.
Musique émouvante
- La situation est tendue, mais nous, Ă Paris,
on ne peut pas arrĂŞter un processus en cours.
- Vous avez compris ce qui se passait ?
- Je vous demande pardon ?
- La situation est hors de contrĂ´le.
BientĂ´t, on aura plus rien Ă manger.
On est 11 contre une ville entière.
Chaque minute, on se rapproche de l'affrontement.
Ça peut basculer à tout moment.
- C'est non, hein ? Moi, je prends pas le risque.
Il toussote.
Commandant Bida,
merci de votre proposition,
mais patientez encore,
on trouvera une solution.
- Impossible de patienter.
- On va pas lâcher près de 400 personnes
sans protection. - Cherchez des solutions,
mais moi, j'agis. C'est clair ?
- Faudra lui dire de mieux me parler.
- Vous pouvez le virer, mais...
il est Ă la retraite dans 15 jours.
Musique émouvante
On frappe. - Monsieur ?
- J'arrive.
- Selon nos sources, 1 200 combattants de Daech
ont été libérés de prisons.
La menace d'une attaque de Daech est imminente.
Des kamikazes ont été recrutés,
mais on ignore oĂą et quand l'attentat pourrait avoir lieu.
- Les opérations d'évacuation sont suspendues ?
- Pour l'instant, non.
Mais la situation évolue drastiquement de jour en jour,
donc je ne peux rien garantir.
D'autres questions ?
- Les évacuations peuvent s'arrêter.
Les Américains craignent un attentat.
- Des talibans ? - Non, selon eux, de Daech,
mais les talibans pourraient recycler des gens Ă eux.
On peut faire confiance Ă votre contact ?
- J'ai aucune raison de douter de ses intentions.
- Sachez que si ça tourne mal,
on pourra pas intervenir. - Je comprends,
mais monsieur l'ambassadeur, y a autant de risques Ă rester ici
qu'à évacuer dans un convoi.
- J'appelle l'Élysée.
Tenez-vous prĂŞt.
- Merci.
Musique afghane
- Y en aura pas assez pour tout le monde.
- Demain, on sera partis, t'inquiète pas.
- Je parle au propriétaire.
Il a 10 bus, mais c'est 100 $ chacun.
- Accepte. - Oui. OK.
OK, c'est bon pour 100.
Ça prendra combien de temps ?
Dépêche-toi, d'accord ?
- Lève un peu plus.
- On avait déjà été au Focaccio, tu te souviens ?
- T'es sûr ?
- Ouais.
Tu te souviens pas ?
Un type qui se prenait pour un cowboy nous avait alpagués.
Il brûlait ses liasses de billets en nous menaçant.
- Oui, je me souviens.
Mais c'était pas au Focaccio. - Si.
C'était y a deux ou trois ans.
- Je me souviens de lui.
"I'm the biggest contractor here. I work with Americans."
Sediqi finit sa phrase.
- Ça paraît loin, maintenant.
Tout paraît loin.
Mo ?
- Oui ?
- Si je me fais prendre,
tu diras Ă ma femme
que je suis mort en héros.
D'accord ? Mo rit.
- D'accord. - Pas pour cette blessure.
Je suis sérieux, Mo.
Je suis sérieux.
- Personne ne va mourir, Sediqi.
Personne.
- Maman, tu fais quoi ? - Je cherche ma bague de mariage.
J'ai pas pu l'oublier. - Faut y aller, lĂ .
- Regarde dans tes affaires.
- Maman... - Regarde dans tes affaires !
(-Maman, c'est pas grave.)
- Faut rentrer. Je sais oĂą elle est.
- Attends.
On peut pas rentrer.
Musique triste
La musique s'assombrit.
(En anglais) - Kate.
Le convoi va partir.
- Et eux ?
- On a une menace d'attentat
et on n'a pas pu les identifier.
Alors, désolé, mais on ne peut prendre aucun risque.
- Identifions-les, dans ce cas.
Viens.
Mo, s'il te plaît.
Voici Rohulla, il est peintre.
Il a son atelier à Hérat
oĂą il expose ses toiles
depuis cinq ans.
Lui, c'est Yanis,
il est musicien. C'est son groupe.
Ils jouent de la musique traditionnelle
dans des écoles, des hôpitaux...
Voici Zaki, un poète.
Le poète le plus respecté d'Afghanistan.
Ce sont des artistes, des putains d'artistes.
Ils les tueront en premier si on les abandonne.
- Ils ne passeront pas la sécurité à l'aéroport.
- On verra sur place.
- Des putains d'artistes. - Des putains d'artistes !
- On les fera monter dans le dernier bus.
Il reste de la place.
- Merci, Mo.
C'est bon.
- Allons-y.
Musique sombre
- Départ prévu à 21h30 après le couvre-feu.
Le convoi comporte 16 véhicules,
il peut casser Ă tout moment et pas de demi-tour possible.
Prises d'otages,
snipers, attentats, ça peut venir de partout, à tout moment.
Vous pouvez riposter en cas de nécessité.
OK ? - OK !
- Au 1er coup de feu, nos chances de s'en sortir
sont quasiment nulles.
Mais ça va aller. Mmh ? J'ai confiance en vous.
Allez.
Musique de tension
(En pachto) - Attendez, ne quittez pas.
Les chauffeurs sont bloqués au checkpoint.
- Merde.
OK.
- Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
- Attendez.
- Psst !
(En anglais) Que faites-vous lĂ ? OĂą sont les bus ?
- Ils sont lĂ . Mais je dois d'abord vous parler.
Je veux partir.
Je veux aussi rejoindre le convoi.
J'ai besoin de quitter ce pays.
Je veux une autre vie pour ma famille.
Un avenir pour mes enfants.
Sans moi, les bus ne pourront pas passer.
- On a un problème avec le chef taliban du checkpoint.
On a pas de bus si on l'embarque pas.
- Hein ?
Et si les talibans le contrĂ´lent ?
- Vous avez des papiers ?
- Vous avez changé la photo ? - Ça fera l'affaire.
- Si je l'ai vu, tout le monde le verra.
- C'est simple : c'est lui ou pas de bus.
On tiendra pas longtemps ici si on reste bloqués.
C'est notre seule chance.
La musique s'intensifie.
- Il me reste plus qu'à prier ? - C'est ça.
Quoi qu'il se passe,
tu bouges pas, compris ?
Bon voyage.
Vrombissement de moteurs
On peut plus attendre,
les talibans pourraient changer d'avis.
- J'attends le feu vert de l'Élysée.
Vous ne bougez pas.
Je vous rappelle.
Tonalité
- Très bien, monsieur l'ambassadeur. C'est parfait.
On fait comme ça.
Merci.
C'est bon, on a le feu vert.
- OK. - On y va.
Musique de tension
Faut y aller, lĂ .
- On les laissera pas profaner le nom de nos morts.
- T'es sûr, tu nous suis pas ?
- Mon pays est ici.
(Merci.)
- Fais attention Ă toi. - Merci.
Musique émouvante
- Ralentis. Ralentis.
(En anglais) - Notre escorte est arrivée.
- Pourquoi ne pas me prévenir plus tôt ?
- Je n'étais pas sûr qu'ils viennent.
Et je ne connais pas ce groupe.
- Je fais quoi lĂ ?
- On les suit.
Musique pesante
- Ce sont vos enfants ?
- Oui.
- Ils sont beaux.
- Merci.
- Ils ont quel âge ?
- Mon fils a quinze ans.
Et ma fille a dix-s... Elle a...
Ma fille a...
Elle aura dix-huit ans ce week-end.
- Qu'est-ce qu'elle veut faire plus tard ?
- Tout sauf journaliste.
- Elle dit ça maintenant.
Vous savez, il y a un proverbe ici :
"Le nuage est sombre,
"mais ce qui en tombe..."
- "est de l'eau pure."
Musique de tension
- Lâche-moi !
- Pas de téléphone.
OK ?
- Qu'est-ce qu'ils foutent ?
(Merde.)
- Ils veulent quoi ?
- Je sais pas.
Musique inquiétante
- Qu'est-ce qu'ils foutent ?
Musique sombre
Murmures affolés
On garde son calme, les gars.
Il parle en pachto.
- Descendez.
- Eva, suis-moi.
- Pourquoi il sort, putain ?
- Un problème ?
Il parle en pachto.
- Ils ont l'ordre de fouiller le convoi.
- On est tous de l'ambassade de France.
Le départ a été accepté par vos supérieurs.
Eva traduit.
Il répond en pachto.
- Y a peut-être des gens infiltrés dans le convoi.
Des réfugiés politiques, par exemple.
Euh...
Coopérez, ça ira plus vite.
- On rejoint l'ambassadeur à l'aéroport. On a déjà beaucoup de retard.
Eva traduit.
Il répond en pachto.
- Faites sortir les gens des jeeps et ouvrez les coffres.
Musique de tension
- Attendez mon signal avant de tirer.
- Tes papiers.
Maintenant !
Regarde-moi.
Tiens.
Affrontement au loin
Agitation
- Descendez !
Descendez tout de suite !
- Restez assis.
- Sortez du bus !
- Ça va aller.
S'il vous plaît !
Il y a des femmes et des enfants dans le bus.
Je suis journaliste.
Tirs
- Putain, c'est quoi ça ?
- Ça devient incontrôlable.
Dis-lui qu'il faut qu'on parte.
Eva traduit.
- Vous avez les montres,
nous avons le temps.
- Ce sont des gens du peuple
qui veulent quitter le pays. Pourquoi les en empĂŞcher ?
- Tais-toi.
- Il se passe quoi ?
- Il veut rien entendre.
- Sors de lĂ et ouvre le coffre.
Allez !
Cris de femmes au loin
Agitation
- Vide le coffre.
- C'est du matériel sensible.
J'ai interdiction... - Dépêche-toi !
- Écoutez, je vais appeler
l'ambassadeur de France,
il va traiter ça avec vos supérieurs.
Votre nom ?
Eva traduit.
Il répond en pachto.
Musique sombre
- Il dit d'attendre.
Agitation
- Nous devons aller à l'aéroport.
Nous devons aller à l'aéroport.
Musique de tension
- Tu n'as pas le droit de me frapper.
- ArrĂŞtez !
On est journalistes !
Haider !
Agitation
Non ! Non !
Journaliste. Journaliste.
- Ne bouge plus.
- Laissez-les !
- À terre.
- D'accord.
Il parle en pachto.
- On peut y aller, mais tu dois faire une déclaration.
- Il veut que je dise quoi ? Eva traduit.
Il parle en pachto.
- Qu'en cas d'incident, les talibans ne sont pas responsables.
- OK.
Moi, Mohamed Bida, consul de l'ambassade de France...
Cris de femmes au loin
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Vous voulez fouiller l'intérieur,
non ?
- Moi, Mohamed Bida, consul de l'ambassade de France,
je déclare que les talibans...
Il arrĂŞte l'audio.
Il parle en pachto.
- On peut y aller.
- Bonne chance.
Laissez-les partir.
Laissez-les partir.
Sifflement
On y va !
- On s'en va.
Elle crie.
Musique pesante
Téléphone
- Oui ? - Bonne nouvelle.
J'ai reçu le feu vert de l'Élysée.
- Entendu.
Musique émouvante
- On entre sur Jalalabad Road. Tenez bien vos positions et...
Ça capte plus.
- C'est quoi ?
- Je sais pas, sûrement un brouilleur.
- Américain ?
- J'espère.
- Stéphane, vous m'entendez ?
Stéphane, est-ce que vous m'entendez ? Stéphane ?
Commandant, vous m'entendez ?
Crissement de pneus
- C'est quoi ça, encore ?
- Ambassade de France.
Oh, putain.
Couvrez-moi.
Ambassade.
France.
Ambassade de France.
- Baissez vos armes.
OĂą allez-vous ?
- À l'aéroport.
- Les routes vont être bloquées.
On ne laisse passer personne.
- Mais l'ambassadeur nous attend à l'aéroport.
Seulement des civils.
- C'est qui ? - Zero Unit.
Le commando afghan de la CIA.
Musique de tension
Choc Cris de surprise
- Y a plus de réseau. Klaxonnez !
Il répond en pachto.
Coups de klaxon
- Ça y est, les gars.
On y est.
- Vous me recevez ? Je répète : vous me recevez ?
- Bida à l'écoute, je vous reçois cinq sur cinq.
- J'ai bien cru qu'on vous reverrait jamais.
Suivez le faisceau lumineux.
On vous attend devant East Gate. D'accord ?
- Entendu, on arrive.
Clameur de la foule
Ça va ? (-Oui, ça va.)
- On est un peu en avance.
- Heureusement que vous avez suivi le plan...
Content de vous revoir.
Mo, vous connaissez Cyril, le chef de l'antenne DGSE Ă Kaboul ?
- Enchanté.
- OĂą est-il ?
- Il est lĂ .
- Avec le jean et la casquette ?
- C'est ça. - OK.
Aboiements
- Mo !
Le contact est rompu avec le dernier bus.
- Comment ça ? - Le chauffeur est injoignable.
- Maman !
- Ouvrez la porte, s'il vous plaît ! - Reculez !
- Ma mère est dehors. - Calmez-vous.
- Elle est en danger !
- Ne restez pas lĂ , rejoignez les autres.
- Laissez-moi passer !
Ouvrez cette porte !
Musique émouvante
- Je peux pas rester lĂ .
Je peux pas rester lĂ alors qu'elle est dehors.
- On peut pas aller les chercher.
Mais on partira pas sans elle.
T'entends ? - Mmh.
- On pourra les joindre quand ils se rapprocheront.
Fais-moi confiance.
On va la retrouver.
Ça va aller ?
- Je voulais récupérer un drapeau afghan avant de partir, mais...
- Je t'en ramènerai un.
Faut y aller.
Fais attention Ă toi. - Toi aussi.
- Depuis le 15 août, des listes de gens à évacuer nous sont transmises.
Elles concernent des Afghans menacés.
Notre mission est de parvenir Ă les identifier
et de les exfiltrer au milieu de la foule.
On acheminera 400 personnes par jour Ă bord de nos deux appareils
qui se relaient toutes les 24 heures.
Prochaine rotation cet après-midi.
- Elles sont Ă East Gate. Faut y aller.
- Allez, merci. Au travail.
Musique de tension
Agitation
Tirs
Agitation
- Mohamed Bida !
Mohamed Bida !
- Y a trop de monde, c'est impossible.
- Rapprochez-vous du portail.
C'est le seul moyen de vous récupérer, maman.
Rapproche-toi !
Clameur de la foule
- Mohamed Bida !
Mohamed Bida !
Mohamed Bida !
- Approchez-vous !
Venez !
- Dégagez ! - Je dois récupérer un groupe.
- Vous avez rien Ă faire ici !
- Je bougerai pas d'ici sans eux ! - Dégagez !
- Laisse-moi faire !
Combien de personnes ?
- Treize.
- On forme un corridor et on les récupère !
- Je te vois pas !
- Kate !
Elle gémit.
- Ça va ?
Elle acquiesce.
Clameur de la foule
Here!
- Ça fait beaucoup plus que treize personnes !
- Vous avez mal compris. J'ai dit trente.
- Avancez !
- Venez, venez !
Clameur de la foule
- Non, non, non !
Non, ne fermez pas !
Maman ! Maman !
- On ferme East Gate ! Il y a beaucoup trop de monde.
- Attendez, il manque...
Tirs
- Plus personne n'entre. - Encore deux femmes !
- C'est fermé.
Affolement
Tirs
Panique générale
Elle crie.
Téléphone
- On va où ? - Contournez l'aéroport vers Abbey Gate.
C'est la dernière porte ouverte, dépêchez-vous, maman !
Panique générale
Musique triste
- Eva.
- Me touche pas, me touche pas !
Me touche pas.
- Je te demande pardon.
Je suis désolé.
Je suis désolé.
Si elle arrive Ă Abbey Gate,
on ira la chercher.
Je te le promets.
- Ça va ?
- T'es encore lĂ ? - Je peux te retourner la question.
Les gars commencent Ă craquer.
J'ai laissé Dom rentrer.
Je sais pas combien de temps
les autres vont tenir.
- Et toi ?
- Moi ?
Ben moi,
je me demande à quoi ça sert, ce qu'on fait.
Nos listes de réfugiés s'allongent.
C'est tout un pays qui veut évacuer. Et on est là , au milieu de ce merdier.
On en récupère parfois au hasard,
parfois pas.
J'aurais jamais imaginé voir ça.
J'avais surtout arrêté cette merde.
Il souffle. (Putain.)
Bon...
T'as jamais eu le feu vert de Martinon, en fait ?
Musique émouvante
- Salut. - Salut.
- Merci de votre aide.
- Les Français sont réputés être menteurs, mais à ce point-là !
- Je vous demande pardon.
- Je m'appelle Nicole.
- Mohamed, mais tout le monde m'appelle Mo.
- Mo ? - Oui, Mo.
- OK.
- Première fois en Afghanistan ?
- Oui, c'est ma première mission sur le terrain.
On était préparés à tout, mais...
jamais j'aurais imaginé ça.
- Si ça peut vous consoler,
c'est ma dernière mission et je n'ai jamais rien vu de pareil.
- Vous pouvez...
- Wow...
- S'il vous plaît.
Mo rit.
- Vous n'avez jamais tenu un bébé ?
- Pas vraiment.
- HĂ©...
On n'arrive pas Ă trouver ses parents.
Je n'ai pas été formée pour ça. - Personne ne l'est.
- Avant qu'on arrive,
on nous a dit :
"Ce sera vite fait, bien fait. On entre et on sort !"
Mais ce n'est pas du tout ça ici.
C'est un cauchemar.
Un putain de cauchemar sans fin.
Désolée, je crois que j'avais besoin de parler.
- Non.
Je comprends très bien.
Bon...
Faites attention Ă vous.
- Merci, vous aussi.
Mo.
Mo rit.
Le bébé pleure.
(Chut, chut, chut.)
(Tout va bien.)
Tout va bien.
(Chut.)
Clameur de la foule
- OK ?
Par ici !
Il parle en arabe.
- Cette vidéo a été authentifiée par nos services de renseignements.
Le projet d'attentat va être exécuté dans les 24 heures qui viennent.
Interdiction de se rendre
sur les portes.
- Eva, c'est Mo. Rappelle-moi, vite.
Musique sombre
Eva ?
Clameur de la foule
Eva ?
Eva ?
HĂ© !
Tu as vu Eva ?
- Elle est partie. Je l'ai vue prendre une voiture.
- Tenez vos positions !
Musique dramatique
- Reculez !
- Maman !
Maman !
Maman !
Musique de tension
- Ça va aller ?
Elle acquiesce.
- T'es sûre ? Reste juste derrière moi.
- HĂ© ! HĂ© !
Recule ! Recule, je te dis !
- Maman !
- Eva !
Eva !
Eva !
Eva !
Je suis lĂ !
Eva !
On est lĂ !
On est lĂ !
Eva !
- Faut sauter !
- Restez pas lĂ !
- C'est une zone interdite. - Je sais !
- Traverse !
- Vous ne pouvez pas rester lĂ !
Vas-y, maman, saute !
Descends !
Descends !
Maman !
Viens !
Vas-y, vas-y !
C'est ma mère ! S'il vous plaît !
- Kate !
Kate ! Kate !
- Aidez-les !
Aidez-les Ă la sortir de lĂ !
- Monsieur !
Qu'est-ce que vous faites ?
- Non !
Non ! Non ! ArrĂŞtez !
Non !
Non ! Non !
Freinage
Mo respire fort.
Sirènes étouffées
Il respire fort.
Il gémit.
Sirènes étouffées
Il respire fort.
Sirènes
Sirènes
Cris de panique
(En anglais) - Les choses ont empiré.
Au moins 169 civils afghans ont été tués ainsi que 13 GI américains.
Musique émouvante
Alarme
- Fin d'alerte.
Fin d'alerte.
Situation sécurisée.
Les civils peuvent retourner dans les zones sécurisées.
- Tu viens ?
- J'arrive.
Notifications
Musique triste
On frappe.
- Mo, faut y aller.
- Tu peux me garder ça ?
Musique mélancolique
Sous-titres : Tiphaine Merahi
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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