Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (SoranĂ®)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
[musique enjouée]
[explosion]
[tambours]
[la musique s'arrĂŞte]
[musique douce]
[en allemand] MĂŞme sans bras, les proportions sont remarquables !
La pure beauté de ce corps féminin est incroyable.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Il dit que c'est une pure merveille. Un enchantement pour les yeux.
C'est aussi l'avis du feld-maréchal Goering.
Je crois qu'il en est amoureux.
Monsieur Goering est un amateur éclairé.
Si j'en juge par les œuvres d'art
qu'il a fait transférer en Allemagne des quatre coins de l'Europe…
Il doit posséder une fort belle collection.
À laquelle manque cet admirable chef-d'œuvre.
Vous n'avez tout de même pas l'intention d'emmener la Vénus de Milo en Allemagne ?
L'art n'a pas de pairie, monsieur le conservateur.
Quoi de plus naturel que de collaborer sur le plan culturel ?
Au profit de monsieur Goering.
Vous ne nous avez pas déjà suffisamment pillés ?
[en allemand] Les Français sont tous des porcs,
faudrait en descendre encore plus.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? - C'est un ordre, vous ne discutez pas.
Vous avez à obéir.
Faites emballer la statue dans une caisse.
[officier] Demain matin, Ă l'aube,
viendra un détachement de la Wehrmacht en prendre livraison.
D'ici lĂ , vous en ĂŞtes responsable.
[ensemble] Heil Hitler.
[musique dansante]
Tu connais pas un type qui pourrait m'avoir deux pneus
contre 50 kilos de charbon ?
Non. Pas moi, en tout cas. On me l'a piqué, mon vélo.
Avec l'antivol encore.
En prime, je lui refilerai mon ticket BK de juin.
Ça donne droit à une tablette de chocolat et à un pot de confiture.
- Salut ! - [femme] Salut.
- Ça va bien ? - Ça va.
- Je viens d'en apprendre une belle. - Hitler est mort ?
Les Américains ont débarqué ?
Pas encore. Vous connaissez la dernière des Fritz ?
Ils embarquent la Vénus de Milo en Allemagne.
- C'est pas vrai ? - Officiel. La caisse est clouée.
Qu'est-ce que tu veux que ça nous foute ?
On l'avait fauchée aux Grecs. Chacun son tour.
Les Allemands ont le droit d'en profiter un peu.
[musique légère]
Tu peux te rhabiller, va.
C'est pas trop tĂ´t. J'avais des crampes.
Côté conneries, t'es en vente libre, t'as pas besoin de tickets.
On ne l'a pas fauchée, on est dépositaires d'un des plus grands trésors antiques.
Notre devoir est de le soustraire Ă la barbarie nazie.
[elle fredonne l'air de "La Marseillaise"]
Et comment tu comptes t'y prendre ?
Tu travailles au Louvre en ce moment ?
Tu connais bien les lieux, hein ?
Il y a sûrement un moyen.
Ça va pas dans ta tête ?
Je sais qu'aux Beaux-Arts vous êtes cinglés, mais y a des limites.
Oh… eh, dis !
Je peux partir ? Je suis invitée à une surboum.
C'est ça, salut, tire-toi. Allez, bonne nuit.
On va réfléchir, nous.
- Faites quand mĂŞme pas les cons. - Allez, hop.
[elle fredonne l'air de "La Marseillaise"]
- Ils l'embarquent quand ? - Demain matin.
Faudrait une voiture. Henri ! On va appeler Henri.
Hé, de plus en plus givré, non ? Je te préviens, j'en suis pas.
[brouhaha]
[accent allemand] Ce vin sent le pipi.
C'est parce que vous êtes déjà bourré au champagne.
Ce vin sent la pierre à fusil, le goût du terroir.
Was "fusil" ? Warum "fusil" ?
Qu'il est con ce mec…
[en allemand] Vous avez commencé avec du champagne,
continuez au champagne, c'est plus élégant.
[en allemand] Bon champagne ! Merci !
C'est bien ce que je disais.
- [il parle en allemand] - [cris enthousiastes]
[sonnerie de téléphone]
Allô, j'écoute.
Oui, c'est moi.
Non, je peux pas me barrer maintenant.
Grave et urgent ? Qu'est-ce qui est grave et urgent ?
Oh, non…
Bon, d'accord, je me démerde.
On va planquer la statue chez l'oncle Édouard.
C'est lui qui me prête cet atelier, l'oncle Édouard.
C'est un type comme ça !
Il peut pas piffrer les Fritz.
En 17, en Champagne, il a fait 72 prisonniers Ă lui tout seul.
Avec une grenade et un couteau de cuisine.
Il a un château dans le Cotentin, près de Saint-Sauveur-le-Vicomte.
Mais… Le tire-bouchon…
Ah, oui.
Là -bas, la statue sera en sécurité.
Eh oui !
C'est tout simple.
Tu piques la camionnette de ton patron, on sort la caisse du Louvre,
on se taille avec le chargement et on se tape 350 bornes,
les frisés au cul.
Comme occasion de se marrer, t'auras pas ça tous les jours.
Alors, t'es avec nous ?
Faut vous calmer, les gars, vous mettre au pieu avec une tisane.
Vous vous croyez aux scouts ou quoi ?
Si les Chleuhs nous tombent dessus, ce sera pas pour une prise de foulard.
Tu te déballonnes ?
ArrĂŞte de dire des conneries !
T'oublies qu'on devrait ĂŞtre en Allemagne pour le service de travail obligatoire,
Ă visser des boulons et Ă recevoir les bombes sur la gueule.
C'est pas le moment de se faire repérer !
T'es un sage, mec. Lui, c'est un dingue.
Mais c'est contagieux.
T'inquiète pas, on se débrouillera sans toi.
Qu'est-ce que vous cherchez à faire dans votre délire ?
Ă€ vous faire piquer et me donner mauvaise conscience ?
Donne-moi ça.
Puisque je l'ai amené, on va l'ouvrir.
Je sens que je vais en avoir besoin.
Ouh, dis donc…
Vu le poids de la caisse… [il siffle]
Tu parles pas allemand, toi ?
Oublie-moi, tu veux.
[radio]
- Merde, les nouvelles ! - [homme] Ici, Londres.
Veuillez écouter tout d'abord quelques messages personnels.
"Les primevères ont besoin d'engrais."
"Grand-père a retrouvé ses lunettes."
"Le mille-pattes fait des claquettes."
Nous répétons.
"Le mille-pattes fait des claquettes."
Fred Astaire l'a dans le baba.
[il soupire]
Je veux bien prendre la camionnette et vous aider Ă sortir de Paris.
Mais attention, à la première occasion,
vous transvasez le chef-d'œuvre dans une autre bagnole et je rentre.
On se grouille, ils embarquent la caisse demain matin.
On prépare le terrain, on te bigophone si tout va bien.
Faites gaffe au téléphone. Quelquefois, la nuit, le patron décroche.
- On en dira le minimum. - "Le mille-pattes fait des claquettes."
- D'acc ? - D'acc !
- Ok. - Allez, hop, oust !
[musique intrigante]
Dans le vestiaire des gardiens, on trouvera des uniformes.
[musique comique]
[silence]
On va trouver une caisse de la mĂŞme dimension ?
T'en fais pas. Je connais les lieux.
[musique de suspense]
[la musique s'arrĂŞte]
Celle-là , ça ira.
Faut la lester.
Ça suffira de couper la lumière ?
Oui, il y en a sûrement un qui ira voir au disjoncteur de l'étage.
- Et l'autre ? - Je lui dirai qu'on a volé la Joconde.
Il fera qu'un bond, c'est leur chouchou, la Joconde.
Faudra faire fissa pour échanger les caisses
- Et si ça marche pas ? - On trouvera autre chose.
Bonne idée.
Il est temps qu'Henri se pointe.
Vu le poids de la caisse et ce qu'on bouffe,
on sera pas trop de trois.
Qu'est-ce qu'ils foutent ?
- [sonnerie de téléphone] - Allô.
- [homme] Henri ? - Oui.
- Jacques. - Oui, oui.
"Le mille-pattes fait des claquettes."
Je répète. "Le mille-pattes fait des claquettes." T'as compris ?
Ça va, je suis pas sourd.
J'arrive.
[musique inquiétante]
Qu'est-ce que ça veut dire ça, hein ?
T'attendais le message de Londres pour agir ?
"Le mille-pattes fait des claquettes", c'est bien ça ?
Je l'ai repéré ce soir au bulletin de 9h15.
Allez, dis-moi tout.
T'es pas tout seul dans ce coup-lĂ .
Hein ?
Vous avez décidez de vous mettre en travers des ordres qu'on a reçus.
C'est bien ça ? Hein ?
Bravo, petit ! Je suis avec vous.
[soupir de soulagement]
[musique de suspense]
[Henri] Tout baigne dans l'huile ?
[Jacques] Un coup de pot. On a un allié dans la place.
[homme] Oui, mais faut pas roupiller, suis-nous.
Tout de mĂŞme.
Laisser partir la Vénus sans pouvoir rien faire, ça te fait rien ?
Un fonctionnaire, Émile, ça discute pas.
Ça obéit aux ordres du gouvernement.
Les Allemands, c'est pas le gouvernement.
Le Maréchal…
il a bien serré la main du Führer.
N'oublie jamais ça, Émile.
Un petit gorgeon ?
Non, non, arrĂŞte. Puis toi aussi.
Tu vas nous prendre un carré de valets pour une belote.
Ben, je soigne ma grippe.
En plein été ?
C'est les plus mauvaises.
[discussion lointaine]
Maintenant, c'est à moi de jouer avec ça.
Une épingle à nourrice ?
Tu la mets Ă la place d'un plomb et pouf, plus de jus.
Dis, tu vas pas faire un cours. Allez, fonce.
[musique de suspense]
Oh, merde !
Encore une coupure.
Ă€ cette heure-ci ? Va voir au disjoncteur.
Ah, non, vas-y toi. Moi, j'ai des vertiges. Ma grippe.
Moi, j'ai peur dans le noir depuis petit. Allons-y ensemble.
Bon, ben… allons-y. Attends.
Oh ! Et la caisse ?
- Y en a pour deux minutes. Viens. - Oui, deux minutes…
[il chuchote]
[gardien] Émile !
Je vois deux caisses.
Calme-toi, c'est ta grippe. T'as la fièvre.
Je te dis que je vois deux caisses !
Je vais te donner un bon café, j'en ai dans mon thermos.
Mais… tu crois ?
Oui, oui, calme-toi. Ça va aller mieux.
[soupirs d'effort]
Y a une sortie par lĂ ?
T'occupes, le gardien m'a filé son pass.
C'est plus court par ici.
[gardien] Oh !
- Y a plus qu'une caisse. - Tu vois, ça va mieux.
Décidément le café, il y a que ça de vrai !
Oui…
[musique de cérémonie militaire]
[il parle en allemand]
[il parle en allemand]
BASE AÉRIENNE 5e ESCADRILLE DE LA LUFTWAFFE
[la musique s'arrĂŞte]
[musique pressante]
On a déjà fait 100 bornes.
Faut que je ramène la charrette rapido, je vous avais prévenu.
Si on veut trouver une autre voiture,
y a intérêt à pas rester en gardien de musée.
S'il y a eu du suif au Louvre, c'est un peu comme un insigne.
T'as raison, vaut mieux d'abord remettre nos fringues.
Bon, ben je m'arrête là , ça a l'air peinard.
[musique stressante]
On a fauché la bagnole.
Non, c'est pas vrai.
[Jacques] Des gendarmes !
Planquez-vous !
[musique comique]
[musique de suspense]
- Les vélos ! - Ah, les vélos !
[il essaie de démarrer]
[ronronnement du moteur]
Ça y est, on est repéré.
Dans dix minutes, on aura toute la gendarmerie sur le dos.
La seule solution, c'est de prendre les petites routes.
Comment je vais faire pour rentrer Ă Paris ?
- Ah, ça… - [les deux] On s'en fout !
[il grogne]
J'ai comme l'impression qu'on est paumé.
Ă€ peine.
- Je vais voir. - Dans une ferme, on trouve quoi ?
Des œufs, du beurre, du fromage, du lait,
du jambon, du pinard et du pain.
Bien mené, on pourrait peut-être se faire offrir un petit casse-dalle.
- J'ai comme un creux. - Dis donc, t'es pas con comme mec.
Ben non. Allez.
- [aboiements] - Allons, allons… Oh !
HĂ© !
[femme] Donne, quoi !
[femme] Lâche ça !
Mais… Mais lâche un peu !
[aboiements]
Allez.
Allez !
Sage, le chien.
[il crie]
Eh bien, eh bien ! Juliette, qu'est-ce qui t'arrive alors ?
- C'est eux qui t'ont poussée ? - Non, papa, c'est la faute à Poum.
Sans eux, je me noyais.
Je t'avais dit de pas jouer avec le chien, c'est dangereux, tu vois.
Merci, mes petits gars, hein.
[Jacques crie]
Les gars, sortez-moi de lĂ , je sais pas nager !
- Attrape ma main. - Je vais attraper la crève.
- Viens lĂ . - [Henri] Attrape ma main.
[soupirs d'effort]
- Quelle poule mouillée. - Ouais.
Elle est glacée voire flotte. C'est pas la Méditerranée.
Venez vous sécher à la ferme. Un coup de gnole, ça va vous réchauffer.
Allez.
- Encore un petit verre ? - Oui, oui.
Oh lĂ lĂ , mollo mollo, c'est moi qui conduis.
Mais c'est du mien, c'est pas de celui que je vends.
Ça change tout alors.
Santé.
Oui.
Bon, ben, faut pas qu'on s'attarde. Allez, cul sec, va.
[petit cri]
On a encore de la route Ă faire.
Il refait surface, notre copain ?
Il reprend couleur. On l'a bien frictionné partout.
Janine s'occupe de lui.
Elle est un peu guérisseuse, notre ainée.
La vache, il doit pas s'ennuyer le salaud.
[gémissements]
Et voilĂ ! Un bain de pied pour terminer et vous serez remis Ă neuf.
Allez, debout.
J'ai encore des frissons et j'ai mal dans le dos.
J'ai dĂ» me heurter contre une pierre. Je vais vous montrer.
LĂ .
C'est par lĂ .
C'est par là …
- Je croyais que c'était dans le dos. - Ça va, ça vient, ça irradie.
C'est pas précis.
Ça suffit, debout.
[il hurle]
Oh, c'est brûlant !
Ne bougez pas.
[il hurle] Ça brûle ! Qu'avez-vous mis dedans ?
De la farine de moutarde, ça va vous tirer le mal.
Non, mais ça brûle !
[elle crie] C'est malin, vous m'avez aspergée.
[l'eau bout]
Ça vous détend ?
Ça me… ?
Si, si…
Maman m'a mise au lit avec un grog, mais je voulais savoir comment ça allait.
- Ça va ? - Ça pourrait être pire.
Vos cheveux sont encore mouillés. C'est par la tête qu'on s'enrhume.
VoilĂ , c'est sec. On peut se rhabiller.
Faut nous excuser, monsieur, mais on est très pressé.
Vous partirez pas les mains vides, mes petits gars.
Je vais vous chercher quelques bonnes choses Ă la remise.
- Allez, viens, toi. - OĂą ?
- On va rhabiller le malade - Ah, oui !
[musique orientale]
Vous me chatouillez.
Pardonnez-moi de vous arracher aux délices de l'alcôve, Sire.
Que Sa Majesté se refringue vite fait !
[petit soupir]
[Henri] Hop lĂ , attention.
- Tenez. - Oh lĂ lĂ !
Tiens.
- Pincez-moi, je rĂŞve. - Je sais pas comment vous remercier.
Ne dites pas que ça vient d'ici.
Non, non. Allez, hop, en voiture.
Allez, vite. Dépêchez-vous.
Merci, hein. Merci.
- Au revoir ! - [paysan] Au revoir.
[paysan] Bonne route.
[musique pressante]
Oh, mollo quoi !
- Si on se plante, on avancera pas. - Vous avez vu l'heure ?
J'irai pas jusqu'au bout, les gars, je vous le redis.
Mais oĂą veux-tu qu'on trouve une autre bagnole ?
Dans ce cas, je garde la bouffe du pécore.
- [les deux] Oh ! - Oh, bravo !
Bravo, c'est beau l'amitié.
C'est la seule façon de calmer mon patron.
J'étais sur un coup de ravitaillement et j'ai pas eu le temps de le prévenir.
- Ben voyons. - Il fallait laisser la Vénus à la ferme.
J'avais un ticket avec grande.
C'est grisant. L'électro prêt à virer au retour à la terre.
Tout ça parce qu'il s'est fait ébouillanter les pinceaux.
Ah, le con !
Oh…
[musique de cérémonie militaire]
Oh…
Je vous avais dit qu'on aurait mieux fait de rester Ă la ferme.
- Fonce ! - Ça va pas, non ?
Dites, je suis en panne.
Pouvez-vous m'emmener Ă la Kommandantur du prochain village ?
Oui, certainement. Montez.
Ne vous dérangez pas, je serai très bien à l'arrière.
Mais non, montez devant.
J'insiste parce que là , c'est encombré.
Allons, je suis assez pressé.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Il a dit qu'il était assez pressé.
Ils ont autre chose à foutre que de s'occuper de marché noir. Roule.
[on parle en allemand]
[un soldat parle en allemand]
- Qu'est-ce qu'il veut ? - Tu le demandes !
Marché noir, hein ?
- Un cadeau. - Bien sûr.
Sans moi, tout cela, confisqué, et de gros ennuis, non ?
- Si vous voulez. - La moitié.
Mes hommes aussi ont faim, correct, non ?
Je pourrais prendre tout, n'est-ce pas ?
Allez, vous autres ! Donnons sa part au capitaine.
Dépêchons-nous, on va pas moisir ici.
Qu'est-ce qu'il y a dans cette caisse ?
C'est rien, c'est de la vieille vaisselle.
Ce ne serait pas plutôt…
du bon vin, du foie gras ?
Non, aucun rapport, croyez-moi.
Ouvrez !
- Ça va vous retarder. - Ouvrez !
[des soldats parlent en allemand]
[des soldats parlent en allemand]
[capitaine] Mais…
Il semblerait que…
[en allemand] La Vénus de Milo !
Oh, non, ça y ressemble, mais non.
Pensez-vous, c'était dans le grenier de ma grand-mère.
Je vais téléphoner au Musée du Louvre !
Je suis l'adjoint du conservateur du Musée de Leipzig !
Je sais reconnaitre ! Ça, c'est la Venus von Milo !
Terroristes ! Iconoclastes ! Vous serez fusillés !
[il crie]
[en allemand] C'est quoi ces cris qui viennent du camion ?
[cri de surprise] Vite, planquez-le ! V'lĂ les Fritz !
[en allemand] Qu'est-ce qui se passe ici ? C'est quoi ce boucan ?
[il bégaie]
C'est rien, ce sont mes deux aides…
Ils… Ils veulent rien foutre. C'est des feignants.
[Henri] Faul, feignants, comme la plupart des Français.
[il parle en allemand]
Ja…
[en allemand] Des saucisses, du jambon, du pain, des œufs, du boudin, du beurre…
et du Calvados !
[officier 1] Bon, tout ça ! Gut.
[officier 2, en allemand] Oui, bien évidemment !
[Ă voix basse] La gapette !
[Henri] La gapette par terre !
La gapette par terre !
[petit cri]
[il bégaie]
- [en allemand] Ils sont fous ! - [en allemand] Oui !
[en allemand] Avez-vous un permis pour transporter tout ça ?
Tout ça, c'est pour vous ! Prenez !
- On travaille au service agricole. - [en allemand] Pour nous ? Ah oui !
[en allemand] Pour vous.
On obéit aux ordres du Maréchal.
[en allemand] Les ordres du Maréchal !
- [en allemand] Ah, le Maréchal ! - Pour vous !
On aime bien les Allemands. Notre patron les aime bien.
[en allemand] Bons Français, bons Allemands !
Allez, prenez. Calvados.
Prenez, voilà . Prenez tout ça.
Voilà . Ça améliorera les rations. Prenez encore celui-là .
Non, pas celui-là ! La gapette…
[il bégaie] Ça va, c'est fini, voilà . Fertig.
[en allemand] Fini, fini !
[Henri, en allemand] Au revoir.
Ă€ la prochaine.
[cris en allemand au loin]
[le moteur continue de tourner]
[Henri] Allez.
Vas-y.
[soupirs d'effort]
Allez, on va par lĂ .
- Attention. - LĂ .
- VoilĂ . - Doucement.
On a dĂ» lui refiler un coup pour le rendormir.
On a intérêt à mettre de la distance entre lui et nous.
- Allez, hop, en vitesse ! - Allez, viens.
La casquette, hop !
Allez.
[homme, en allemand] C'est une insulte !
Je ferai régner la culture aryenne ! De force, s'il le faut !
Vous venez avec un bec de gaz, alors que je veux la Vénus de Milo !
Le Reich dominera le monde pendant mille ans !
Il sera la patrie des arts !
Je veux la Vénus de Milo !
La Vénus ! Et si vous ne la trouvez pas,
c'est la mort !
La mort !
[en allemand] Je ne comprends pas comment ça a pu arriver.
[homme, en allemand] Ça m'est égal !
Réglez ça, sinon vous finissez en Russie !
[en allemand] Oui, mon général !
[accent allemand] Où est la Vénus ?
Mais… à Berlin.
C'est un bec de gaz qui est Ă Berlin.
Ne me dites pas que vous ne saviez pas. Vous ĂŞtes complice.
[sonnerie de téléphone]
Permettez.
AllĂ´, oui ?
Oui, c'est moi.
[accent allemand] Avez-vous toujours la Venus von Milo ?
Ah, je le savais.
C'est pour ça qu'ils m'ont assommé. Il faut arrêter ces bandits !
Elle est retrouvée. Tenez.
Friedrich, j'écoute.
[en allemand] Oui, oui, oui. Oui !
Trois terroristes dans une camionnette à gazogène beige.
Dans le secteur Livarot-Harcourt.
Ils ne nous échapperont pas !
J'espère bien que si.
[le moteur râle]
[ils grognent]
C'est pas possible qu'on soit à sec, c'est le brûleur qui déconne.
Ah, putain !
Il n'y a plus de charbon de bois ?
C'est pas normal, j'en avais mis pour aller jusqu'Ă Saint-LĂ´.
Bref, on est en rideau.
Il y a une auberge pas loin. Ils pourraient nous dépanner.
J'y vais. Cachez-vous.
Fais gaffe, leur raconte pas ta vie.
Oh, hé !
Vise un peu ce qui nous arrive.
AĂŻe, merde.
[musique comique et romantique]
C'est pas le moment, faut d'abord planquer la gazogène.
On va le pousser jusqu'au petit bois.
Ce qu'on peut rater comme occases depuis ce matin.
Oh, tu viens, oui !
Allez, pousse.
Mais tu pousses, oui ! Allez !
[soupirs d'effort]
[musique enjouée]
[femme] Madame ! Il y a quelqu'un !
Bonjour, monsieur. Vous désirez ?
- Heu… - Oui ?
Bonjour, madame.
- Voilà , c'est assez délicat… - Mais non, mais non.
Soyez pas timide, j'ai l'habitude.
Vous allez vous décontracter et tout ira mieux.
Vous boirez bien un peu de champagne ?
- Avec moi. - [homme] C'est…
[homme] Oui.
Ne soyez pas nerveux comme ça.
Ça ira très bien.
Je suis en panne de gazogène près d'ici.
Pourriez-vous me prĂŞter un peu de charbon de bois ?
Heil !
Vous nous quittez déjà , commandant ?
Ja. Je suis un soldat, madame Lorette.
On m'a confié un travail de gendarme.
Je mets le barrage en place et je reviens.
Madame.
[Lorette] Commandant.
Que se passe-t-il ?
On lui a téléphoné de la Kommandantur.
Trois terroristes ont volé la Vénus de Milo au Musée du Louvre.
- Non ? - Si !
Qu'est-ce que ça vient faire avec les Fritz ?
Ils ont assommé un capitaine allemand pas loin d'ici.
Il paraît qu'ils ont un gazogène beige.
Beige ?
Tu tombes bien, toi !
Le commandant Kruger t'a cherché partout. Tu l'as pas croisé ?
Non, j'ai vu personne.
Sauf deux types en panne à côté avec un gazogène.
Beige ?
Heu, je crois, oui.
Dites-moi, jeune homme,
un plus deux plus, ça fait trois ?
- Oui. - Non, restez lĂ .
- Combien je vous dois ? - Rien, c'est ma tournée.
Expliquez-moi ce que vous allez faire de la Vénus de Milo.
EmpĂŞcher Goering de l'emmener en Allemagne.
Faut être cinglé pour voler une statue et risquer sa vie !
Oui… Enfin, disons que c'est un symbole.
Ça va vous coûter cher la petite ballade. Surtout que vous avez assommé un Chleuh !
On a une cachette sûre. Enfin, si on y arrive.
S'ils repartent maintenant, ils vont se faire prendre.
Il y a des Allemands partout, et même de la police française.
Il est loin ton gazogène ?
Près du petit bois.
Gisèle !
- [Lorette] Gisèle ! - Madame ?
Allez, ma chérie, vite. On n'a pas le temps, on se dépêche.
[Lorette] Allez.
Les filles, vous l'emmenez.
Vous planquez le gazogène dans l'abri à bestiaux du père Cowal.
Je vous remercie, mais restez ici… vu votre clientèle…
Vous inquiétez pas, ma clientèle est très disciplinée.
[musique pressente au piano]
[musique enjouée]
Tu as vu ces culs sublimes ?
Dire qu'on aurait pu tomber en rade près d'un monastère !
Attends de voir la mère supérieure.
[rires des femmes]
[soupir]
Dites donc, ça doit pas désemplir votre auberge.
C'est épuisant.
Le jour de fermeture, on reste au lit toute la journée.
Seules ?
Il faut bien récupérer.
C'est gonflé ce que vous faites là . Vous êtes de la Résistance ?
Pas officiellement, non.
Alors vous avez décidé ça, comme ça ?
Comme ça.
Il y avait urgence, on n'a pas réfléchi.
Il y a des moments oĂą il faut suivre ses impulsions.
[la blonde crie]
- Ce qu'on est bien dans ce foin ! - Ça vaut tous les lits du monde.
- [Jacques rit] - [la blonde crie]
[Jacques soupire]
Vous êtes nombreuses comme ça ?
Six.
Plus madame Lorette.
Ça fait beaucoup.
Je ne sais plus oĂą me mettre.
J'espère que vous allez nous gâter.
Bien sûr.
En ce moment, on a si peu l'occasion de travailler pour la France.
[musique enjouée légère]
[musique dansante]
- [la musique s'arrĂŞte] - [les femmes crient]
Allez.
Allez, mesdemoiselles, c'est l'heure d'aller se coucher.
[toutes] Oh, non !
J'ai pas dit qu'il fallait dormir.
[toutes] Ah !
Montrez leur chambre Ă ces messieurs.
[musique enjouée et romantique]
[rires des femmes]
- [Jacques] Au revoir ! - [toutes] Au revoir !
Bonsoir, les filles.
Vous n'oubliez pas notre charbon de bois ?
Demain matin, j'enverrai une fille en chercher au village.
Ça ne risque rien ?
Par prudence, vaut mieux attendre que les Allemands lèvent le barrage.
Vous avez tout le temps.
Vous pouvez faire la grâce matinée.
Allez, accompagne-le.
Avec plaisir.
Suivez le guide.
C'est une chambre Ă deux lits.
Moi, j'ai horreur des lits-cages.
Non, moi, je…
C'est pas très féminin ça.
N'y touchez pas, ce sont des affaires des clients.
[accent allemand] Gestapo !
[rire diabolique]
Vous êtes sûres qu'il n'y a pas de chambres plus sympathiques ?
Vous promettez de ne rien dire Ă madame Lorette ?
C'est promis.
[musique romantique]
T'as pas un petit biscuit ou quelque chose Ă becqueter ?
Tu vas pas me croire, j'ai comme un petit creux.
Qu'est-ce que ce sera tout à l'heure…
Oh…
Et si… ta patronne apprend que j'ai passé la nuit dans ta chambre ?
Elle n'est pas jalouse.
Oui, mais si elle fait des histoires.
Le mal sera fait.
[musique romantique]
Dis-moi, je te plais comme ça ?
Je te préfère en garçon.
Alors ?
- Vous avez passé une bonne nuit ? - Ça mérite au moins quatre étoiles.
Hm…
VoilĂ le charbon de bois.
T'as vu des barrages sur les routes ?
Je suis revenue par le Mesnil-Raoult, il n'y en avait plus.
[Lorette] Bon.
Je vais charger le gazo et je prends les autres au vol.
Merci pour tout.
[sonnerie de téléphone]
Oui ?
Oui, madame.
Chérie, réveille-toi.
Dépêche-toi de t'habiller, on t'attend en bas.
Oh, j'aurais bien pris pension.
Tu y laisserais ta santé !
[sonnerie de téléphone]
[elle râle] Ils répondent pas, va les réveiller.
[une porte s'ouvre]
[musique grave]
[silence]
Police française.
Nous recherchons trois jeunes gens, des terroristes.
Ils se déplacent dans un gazogène beige.
Vous n'avez vu personne répondant à ce signalement ?
Nous sommes fermés, inspecteur. Vous n'avez pas vu l'écriteau ?
Ils sont dans le secteur, nous le savons.
Les barrages n'ont rien donné. Ils se cachent sûrement dans la région.
Et votre établissement…
a la réputation d'être très accueillant !
Et surtout très cher.
Je doute que ces jeunes gens aient les moyens.
Madame, j'avais oublié de prendre de l'argent pour le charbon de bois.
[femme] J'ai dit Ă monsieur Lambert de le mettre sur la note.
Du charbon de bois…
C'est bien ce qu'on met dans les gazogènes ?
Je fais des grillades sur ma rĂ´tissoire dans le jardin.
Des grillades, hm !
On peut les voir, ces sacs ?
Je les ai utilisés. La petite est allée les chercher avant-hier.
N'est-ce pas, Gisèle ?
Oui, madame.
Bon.
On verra ça plus tard.
Pour l'instant, messieurs, fouillez les chambres.
Et faites descendre ces demoiselles.
Ça ne se passera pas comme ça ! Le colonel Rothman est un ami.
Je m'en fous !
[sonnerie]
Hm, tes amis s'impatientent. AllĂ´ ?
[Lorette] Monsieur l'Inspecteur, vous outrepassez vos droits.
- La police a certains privilèges. - Écoute !
Mais elle a aussi le devoir de faire preuve de correction.
Que la police française fouille pour chercher des soi-disant terroristes,
je veux bien.
Mais qu'elle soit à peine polie et qu'elle refuse de croire à ma parole…
on aura tout vu.
Va prévenir les autres.
[Jacques] Vite !
- Vite ! - Comme ça ?
- Fonce, bon Dieu ! - [elle soupire]
[musique de suspense]
Ils arrivent !
[il soupire] Ferme la fenĂŞtre !
[la musique s'arrĂŞte]
Police !
- [on toque] - Entrez !
Vous ĂŞtes seule ?
Plus maintenant.
Vous voulez que je vous fasse une petite place ?
Allez, debout et en vitesse !
Ben tournez-vous !
S'il y a des terroristes ici, ils sont lĂ Ă mon insu !
Ces temps-ci, la police fait un drôle de métier !
La police, chérie ! C'est la police !
Hein ?
Ouvrez ou j'enfonce la porte !
Ils sont Ă la porte, il n'y a pas d'autres issues.
J'ai une idée.
Mais vous voyez bien qu'elle a mis le verrou !
Éliane !
Oui, madame, qu'est-ce que c'est ?
C'est la police, ouvre, il n'y a que ça à faire.
Mais je suis toute nue !
C'est pas une raison !
[Éliane] J'arrive !
J'arrive !
Vous m'avez appelé, madame ?
[musique enchantée]
Qu'est-ce que vous fabriquiez toutes les deux ?
Toi, Françoise, je vais finir par te changer de chambre !
- Oh, madame. - Allez !
[Lorette] Et l'autre qui va se pointer avec son gazogène.
Inspecteur, puisque vous ĂŞtes convaincu que tout va bien,
on peut inviter le chauffeur Ă prendre un verre ?
Si on veut.
Allez, va le chercher.
HĂ© ! [il siffle]
[brouhaha]
Pardon.
Attention.
VoilĂ , inspecteur.
Ne croyez pas que ça nous amuse, mais on a des ordres.
Les Allemands prennent cette affaire à cœur,
on est bien obligé de suivre.
Vous y avez mis un zèle remarquable.
[rire des femmes]
C'est Françoise, votre prénom ?
J'ai une sœur qui s'appelle Françoise.
On l'appelle "Fanfan".
Non, inspecteur, pas de pensées incestueuses.
Permettez que j'aille chercher un mouchoir ?
Bien sûr.
Je vous accompagne.
[brouhaha]
Qu'est-ce que c'est que cette bagnole lĂ -bas ?
Les flics.
Et Francis ?
Coincé. Il s'est déguisé en gonzesse.
HĂ© !
Vous en mettez du temps pour prendre un mouchoir ! Dépêchez-vous.
J'adore les filles dans ton genre.
On pourrait passer un petit moment ensemble, tous les deux.
Allez, fais pas ta mijaurée !
[musique comique]
- Espèce de pédé ! - Pédé toi-même !
Viens un peu par ici, mon salaud !
C'est cuit ! Faut absolument le sortir de lĂ .
Je sais ! Amène-toi.
OĂą sont tes copains ?
Ça va vous coûter un maximum !
OĂą sont les deux autres ?
Très bien.
[musique grave]
Police allemande.
C'est le troisième homme.
Félicitations !
[il baragouine en allemand]
- Ja, ja. - Vous saviez qu'il était ici ?
Ja, ja. Nous avons arrêté ses deux complices.
Ils ont parlé.
Nous sommes venus le cueillir.
[il baragouine en allemand]
[Henri] Terroriste !
[il baragouine en allemand]
[il baragouine en allemand]
Beau travail, messieurs.
Nous signalerons votre réussite à vos supérieurs.
- [il baragouine en allemand] - [Francis râle]
[ensemble] Heil Hitler !
[cris en allemand]
J'ai planqué le gazogène au fond du jardin.
- Je prends mon costard, je vous rejoins. - Grouille !
[musique pressante]
[la musique s'arrĂŞte]
Les bougies sont nazes.
On est encore loin ?
Mais non, une trentaine de bornes.
Faut trouver un garage.
Vaut mieux rester ensemble. On va mettre la caisse Ă l'abri.
[soupirs d'effort]
[musique comique]
[ils râlent]
[Francis] Pousse, nom de Dieu.
[Francis] Allez. C'est bon.
Allez, on y va.
[homme] Grouillez-vous d'enlever les parachutes.
[homme 1] Allez.
[homme 1] Ramassez les caisses avant qu'on soit repéré.
- [homme 1] La grande caisse, ici. - [homme 2] J'arrive.
- Vous saurez monter les bougies ? - Ça ira, merci.
Allez, bonne chance.
- [homme] Au revoir. - Au revoir.
[musique intrigante]
[musique enjouée]
Avec un peu de pot, dans une heure, on est arrivé.
À moins qu'un connard ait trouvé le bahut et donné l'alerte.
Paré, les gars. Allez, on va chercher la caisse.
[musique grave]
[musique enjouée]
[musique grave]
C'est pourtant lĂ qu'on l'a mise.
Les herbes sont piétinées. Ils devaient être plusieurs.
Qui ça, "ils" ?
Vous creusez pas, les mecs.
C'est le parachutage de cette nuit. La Résistance est passée par là .
[musique légère]
[musique de suspense]
[musique grave]
Regardez !
[Jacques] Nom de Dieu !
[musique grave]
Tes conneries !
En tripotant les bougies, t'as foutu un court-circuit.
Toi, alors, c'est vraiment n'importe quoi.
Plus de bagnole, plus de statue. On prend le train, on rentre !
[Henri] Qu'est-ce que je vais dire Ă mon patron ?
Il va me virer et je serai bon pour le S.T.O. !
Faut que je sois givré pour m'être laissé embarquer
dans cette expédition à la con !
[musique triste]
Attention, les voilĂ !
Les Fritz nous prennent pour des terroristes.
Les résistants, pour des collaborateurs, je sais plus où me situer.
Du côté des cloches.
On a vérifié. Je vous dois des excuses et des félicitations.
OĂą est-elle ?
Dans une ferme près d'ici, on va vous conduire.
C'était pas la peine de nous traiter comme des malpropres
et de foutre le feu Ă la camionnette.
Désolé, les apparences étaient contre vous.
Et la Vénus, on en fait quoi ? On la porte sur le dos ?
Il y a une voiture Ă votre disposition. Allez, venez.
[des enfants crient au loin]
- Nom de Dieu ! - Déjà qu'elle est pas mal esquintée !
[Francis] ArrĂŞtez !
Vraiment !
Mais, hé !
Les mômes, ça respecte vraiment plus rien.
Je te jure que j'en voudrais pas dans mon salon.
Qu'est-ce que vous allez en faire de cette saloperie ?
[musique légère]
[soldat 1, en allemand] Continuez ! Vite, vite !
Merde ! Tirons-nous !
T'es dingue ! Avance jusqu'à l'entrée.
Laissez-moi faire.
Gardez le sourire.
Jovial ou réservé ?
[soldat 1, en allemand] Bougez-vous, bande de lourdingues !
[soldat 1] Je vous ferai bouger !
[ordres en allemand]
[soldat 1] Ouste !
[propos indistincts en allemand]
[soldat 2] Compagnie ! Halte !
[cris indistincts en allemand]
[en allemand] Nous voulons parler Ă M. Beaugenay.
Dis donc, au poil votre combine.
J'ai une fausse carte d'identité, les papiers de la bagnole sont bidons,
y a deux mitraillettes dans la coffre. Ça, on peut pas dire !
On s'emmerde pas avec vous !
- On fignole, mon pote. - Ah, oui.
Oh, Francis ! Mais quelle surprise !
Pour nous aussi, c'est une surprise. J'ignorais que tu avais… du monde.
Ces messieurs de l'état-major
ont fort aimablement réquisitionné les lieux hier soir.
Nous sommes honorés que vous ayez accepté de nous recevoir, M. de Beaugenay.
Vous ne m'avez pas laissez le choix.
Heu, colonel Von Obrecht,
mon neveu, Francis Lavillé.
[Francis] Heureux de vous connaître.
- [Francis] Henri Moreau, un ami. - [Henri] Monsieur.
Faut que je me tire. Démerde-toi de faire décharger le colis.
T'as entendu les ordres. Garde le sourire.
Oui, je me marre.
[les soldats parlent en allemand]
[soldat] Halte !
Jacques Lemoine, un autre ami.
Nous sommes tombés en panne. Monsieur nous a véhiculés jusqu'ici.
Vous êtes lourdement chargés.
Ah, oui ! Oh, oui.
Ce sont tes bouquins, mon oncle.
[Francis] J'ai profité de cette occasion pour te les rapporter.
Mes bouquins ?
Oui, tes bouquins. Les bouquins… Enfin, tu sais bien, tes bouquins !
[Francis] Tu y tiens beaucoup Ă ces livres.
Mon oncle me prĂŞte son atelier Ă Montparnasse.
J'ai profité de cette occasion pour lui rapporter,
parce que je sais que tu y tiens beaucoup Ă ces bouquins.
- J'y tiens ? - Oui.
Ah, oui… j'y tiens.
J'y tiens énormément.
Ce sont des tirages réservés et limités.
Ce sont des ouvrages Ă ne pas mettre entre toutes les mains.
- Oh, non… - Ouh là !
C'est ça…
M'autoriseriez-vous à y jeter un coup d'œil ?
Heu… Oui. Oui.
L'érotisme, lorsqu'il est de qualité,
peut être considéré comme l'un des beaux-arts.
Heu, oui, en quelque sorte…
[cri en allemand]
Excusez-moi.
Ă€ tout Ă l'heure, messieurs.
[cris en allemand au loin]
[en allemand] Ramenez la caisse à la bibliothèque.
- Il a dit quoi ? - Ils l'amènent dans la bibliothèque.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire de bouquins ?
Ă€ mon avis, vaudrait mieux pas qu'ils l'ouvrent.
- Vous allez m'expliquer ? - Attends, tu vas voir !
[soldat 1, en allemand] Bougez-vous, bande de lourdingues !
[cris indistincts en allemand]
[en allemand] Doucement !
Fais attention Ă la porte !
[cris indistincts en allemand]
Bon, je me tire. Bonne chance.
[soldat] Halte !
Eh ben, dis donc, au moins quand tu viens, tu arrives pas les mains vides.
Je pensais qu'elle serait en sécurité ici.
Tu choisis bien ton moment.
Attention.
OĂą ils sont vos pornos ?
Au grenier, pourquoi ?
- On va les mettre dans la caisse. - Et la statue ?
- À côté, dans ma chambre. - Ouais !
Allez, vite maintenant, dépêchons-nous !
Demain, on trouvera une cachette sûre. Aujourd'hui, ils s'installent.
Il y a trop d'allées et venues.
Allez, j'ai pas envie de me faire fusiller !
Attention.
[Jacques] Attends. Oui, mais…
Doucement.
Dans le coin, derrière les rideaux.
[Henri] Allez, c'est bon. Allez.
[Jacques] Attention.
[Jacques] Fermez.
Maintenant, les livres. Suivez-moi, au grenier.
[les soldats parlent en allemand]
Ce sont les derniers, il y en a plus.
Ça ira, la caisse est presque pleine.
Heureusement parce que je suis lessivé.
Vos étages me remontent dans la gorge.
[il bégaie] J'ai compté.
On a fait six voyages.
Multipliés par trois étages, ça fait 18 étages.
- Ah bon ? - Oui, j'en peux plus.
Ah, les voilĂ !
- Vous permettez ? - Oui, oui.
[Von Obrecht] Oh…
[De Beaugenay] Emportez ce que vous voulez dans votre chambre.
Vous pourrez les examiner à tête reposée.
Je ne sais pas comment vous remercier, monsieur de Beaugenay.
Après le diner, nous fêtons l'anniversaire d'un de mes officiers.
Voulez-vous vous joindre Ă nous, ainsi que ces jeunes gens ?
Mais avec plaisir, colonel.
Être invité chez soi est un paradoxe rare dont je ne voudrais pas être privé.
Alors, Ă ce soir, messieurs.
[les soldats chantent en allemand]
Ça ne vous gêne pas de trinquer avec ces salauds de boches ?
Oh, non, pas du tout.
Aujourd'hui, on dit plus "les Boches".
On dit…
"les Fritz", "les Chleuhs".
"Les doryphores", "les fridolins"…
[Francis] Vous retardez d'une guerre, colonel.
Celle que vous avez perdue.
Et celle-ci n'est pas encore gagnée.
De quel côté seront les vaincus, monsieur de Beaugenay ?
Je suppose que vous ĂŞtes tous les trois pour de Gaulle ?
Vous ne voulez pas répondre ?
Mais…
PlutĂ´t que de jouer aux devinettes, colonel,
buvons Ă l'amour, aux femmes et au bon vin.
Oui.
[brouhaha, rires]
Heil Hitler.
[général, en allemand] Attention !
- [en allemand] La plus belle chambre. - Oui, mon général.
[en allemand] C'est quoi ce bordel ?
[en allemand] Mon général, nous ne sommes arrivés qu'hier.
[en allemand] Et si les alliés débarquaient ce soir,
vous leur demanderez d'attendre pendant que vous vous installez ici ?
Encore une fois, je dois constater la négligence des renforts !
On ne gagne pas une guerre avec un état-major de clowns !
Qui sont ces gens ?
Édouard de Beaugenay.
Mon neveu, des amis.
Vous ĂŞtes chez moi. C'est Ă moi de vous demander qui vous ĂŞtes
et ce… que vous voulez.
Général Von Richter.
En tournée d'inspection.
Je partirai demain matin tĂ´t.
[en allemand] Votre chambre est prĂŞte.
Suivez-moi.
[en allemand] Continuez, messieurs.
[en allemand] Départ à 8 h.
[en allemand] À vos ordres !
Qu'est-ce que c'est que ce con ?
Il commandait en Russie. Maintenant, il s'occupe des défenses côtières.
Comment tu sais ça, toi ?
- Je l'ai vu aux actualités. - C'est la terreur des états-majors.
Un ouragan !
Vous avez vu la petite souris grise qui lui file le train ?
Je lui offrirais bien mes tickets de pain.
[en allemand] Votre chambre, mon général.
[en allemand] Elle vous plaît ?
[en allemand] Pas mal, Hartmann !
- [en allemand] Prépare-moi un bain. - Oui, mon général.
[De Beaugenay] C'est ma chambre !
Je veux bien vous avoir sur le dos, mais pas dans mon lit !
Je la prends.
C'est évidemment plus facile que de prendre… Stalingrad.
Des soldats français, j'en ai vu beaucoup. Tous de dos.
Alors fermez votre grande gueule.
Ce sagouin a pris ma chambre. Demain, forcément, il ouvrira les rideaux.
Je vois plus qu'une chose Ă faire. Foutre le camp et en vitesse.
Faudrait récupérer la Vénus avant qu'il se réveille, non ?
Dans la chambre ? Tu t'amuses avec un rien, toi.
- [il bégaie] J'ai une idée. Venez. - Ah oui ?
[De Beaugenay] Venez.
- Hartmann. - [en allemand] Oui, mon général.
- [en allemand] Du champagne ! - À vos ordres, mon général.
[en allemand] Que faites-vous ici ?
J'ai besoin de mon rasoir et de ma brosse Ă dents !
[en allemand] Ce n'est pas possible !
[De Beaugenay] Y a pas de "nein" !
[Hartmann, en allemand] Vous ne pouvez pas entrer maintenant !
[Hartmann] Non, vous ne pouvez pas entrer !
[en allemand] Laisse-le entrer, Hartmann !
[en allemand] Vous devez entrer ? Alors allez-y !
[en allemand] J'y vais.
[en allemand] Quel type horrible !
HĂ©.
[en allemand] Mon général.
Heu… Vous devriez essayer ça.
Ce sont des algues.
Des algues.
[De Beaugenay] Ce sont des extraits d'algues.
[en allemand] Ah oui, oui…
Iode.
C'est épatant pour se reposer.
C'est formidable pour les muscles.
- Ah, ah ! - Ja.
Je vous en mets un peu ?
[en allemand] Oui, oui !
- Vingt minutes, hein. - [en allemand] Oui !
Au moins, 20 minutes.
[en allemand] Vingt minutes !
[en allemand] Oui, oui ! Merci.
Le général n'a plus besoin de vous, vous pouvez aller vous coucher.
- [en allemand] Quoi ? - Vous pouvez aller vous coucher.
[en allemand] Qu'est-ce que vous voulez ?
Allez, couchez.
[en allemand] Je ne comprends rien.
Oui. Heu, Cognac ?
- Ja. - Vous comprenez le français ?
Ja, Cognac.
Ah, Cognac ! [il marmonne]
Attention.
Allez, vas-y.
[Henri] Allez.
[en allemand] Espèce d'idiot ! Qu'as-tu cassé cette fois ?
[en allemand] Rien, mon général, juste un petit vase.
Je vais me coucher…
Bonne nuit, mon général !
[en allemand] Ramène-moi d'abord du champagne !
- Réponds ! - Il veut du champagne.
On sort de lĂ parce que c'est nous qui allons trinquer.
[femme] Ludwig… [elle toque]
[en allemand] Puis-je entrer ?
[femme] Ludwig ?
[en allemand] Tu me l'apportes ce champagne ?
[en allemand] Où il est, cet imbécile ?
- [en allemand] À vos ordres, mon général. - Repos.
[musique légère]
[Von Richter] Ah, le champagne !
[Von Richter] J'aime la France.
Imaginons que vous ĂŞtes une petite Parisienne.
Parlez-moi en français.
J'ai fini de taper le rapport de Blumentritt.
Il se plaint de la nourriture et du moral des troupes.
Un incapable.
J'enverrai une note au 24e corps d'armée. Un bon tour de vis.
La 132e Panzer
réclame des mécaniciens et des pièces de rechange.
Nous les prendrons sur le 83e qui est en réserve.
Heil Hitler !
[musique de cérémonie militaire]
[gémissements]
Au clair de lune, Ludwig. Au clair de lune.
[musique légère]
[femme] De l'air, Ludwig ! De l'air !
Comme en Ukraine, Ludwig !
Comme en Ukraine !
[musique de cérémonie militaire]
[gémissements]
Viens !
Comme en Libye ! Viens dans la nature !
[femme] Comme en Libye !
[femme] Comme en Lybie !
Jacques ?
[Francis] Allez !
Ça va ?
- AĂŻe ! - Oh, le con.
Alors mon bébé, ça va ? T'es prêt à te remettre en mêlée ?
- Ils en ont mis un paquet ! - Oui !
On se grouille. Pendant qu'ils continuent leur numéro de main à main,
on a juste le temps de remettre la statue dans la caisse.
Faut sortir les bouquins ? C'est un vicelard.
Oui, on remettra les bouquins par-dessus, c'est plus prudent.
Allez, hop !
En tout cas, je vous préviens,
demain, je fais un trou et on enterre le chef-d'œuvre.
Parti comme on est, y a pas de raisons pour qu'on aille pas jusqu'Ă Tombouctou.
- Hartmann ? - [en allemand] Oui ?
[en allemand] Tout est prêt pour le départ ?
[en allemand] Tout est prĂŞt !
[en allemand] Je vais prévenir le général.
[en allemand] Nous sommes prêts à partir, mon général.
[en allemand] Bien !
[en allemand] Bien dormi, mon général ?
[en allemand] Non, Ă cause des moustiques. Et vous ?
[en allemand] J'en ai eu aussi, mon général.
[en allemand] Intéressant. Qu'est-ce que vous en pensez ?
[en allemand] Cela mériterait qu'on s'y attarde, mon général.
[en allemand] Faites monter la caisse dans la voiture.
[en allemand] À vos ordres, mon général !
[des soldats parlent en allemand]
- [en allemand] Doucement. - Faites attention.
[en allemand] Ça passe ?
Merde !
HĂ© !
Réveillez-vous !
- Von Richter embarque la caisse. - Comment ?
- Von Richter embarque la caisse. - Il a vu la statue ?
Je crois pas, ça ferait du ramdam sinon.
- Alors c'est les bouquins. - Tu parles !
Là -dedans, il y a de quoi améliorer sa technique.
- Monsieur de Beaugenay, merci. - Monsieur.
[en allemand] Garde Ă vous !
[en allemand] Connaissez-vous un bon restaurant ?
[en allemand] Nous ne sommes arrivés qu'hier.
Je voudrais déjeuner dans un bon restaurant, près de Valognes.
Connaissez-vous quelque chose ?
Heu… Chez Louis.
Chez Louis, près de Fleurville. C'est un bistrot, mais très bon.
Merci.
[en allemand] Garde Ă vous !
[aboiements]
Et voilĂ . Il s'en va, tout va bien.
Je lui ai indiqué le bistrot le plus dégueulasse de la région.
- Mais où ça ? - À Fleurville, pourquoi ?
La Vénus est dans la caisse.
S'il l'embarque Ă son Q.G. de Cherbourg, c'est foutu.
Autrement dit, il faut la repiquer avant Ă dix Allemands en armes.
Un jeu d'enfant.
Belle journée, monsieur de Beaugenay.
Ces jeunes gens devraient en profiter pour faire un tour Ă bicyclette.
Ah, oui, c'est une bonne idée.
- Au revoir, mon oncle. - Allez.
- Au revoir. - On reviendra.
Au revoir, monsieur.
Tiens.
HĂ©, oh, les mecs !
ArrĂŞtez ! Oh !
Revenez !
Et faucher les vélos des Fritz et se taper 50 bornes de montagnes russes.
Je suis ni un grimpeur ni un suicidaire, les gars !
Faut une limite Ă la connerie !
Ben allez-y, allez les cueillir les emmerdes !
[il souffle]
[il donne un coup de pied]
Regardez-moi ces cons, avec leurs bras de gonzesses.
Comment ils vont la porter cette putain de caisse ?
Attendez-moi, les gars ! Attendez-moi !
[musique pressante]
[Henri] Oh !
[musique légère]
[la musique s'arrĂŞte]
[il sifflote]
[en allemand] Salut, les gars !
Vous n'en avez plus pour longtemps Ă nous emmerder.
L'Allemagne est kaputt !
Vous l'avez dans le cul, hein ?
Hitler est un gros connard.
Vive la France !
Vive de Gaulle !
[cris]
[en allemand] Il n'y a plus personne pour surveiller la caisse.
[en allemand] Où étiez-vous ?
[Hartmann] Vous deviez attendre dans la voiture !
[en allemand] Vite, vite ! On doit avancer !
Pour filer en douce, c'est râpé.
Ben, oui…
[la portière claque]
[en allemand] Qu'est-ce qui s'est passé ?
[en allemand] Il a mal au ventre. On les rattrapera.
[il se moque]
[en allemand] Ça m'aurait plu d'être motard.
Tu me laisses l'essayer ?
[en allemand] Le général est pressé.
[en allemand] Avec sa secrétaire, il voit pas le temps passer.
[rires]
[en allemand] Juste cinq minutes, oui ? Cinq minutes.
- [en allemand] Cinq minutes ! - Cinq minutes, oui. Merci !
[en allemand] Ma moto !
Attendez-moi !
[musique pressante]
[Jacques] Oh !
[Jacques crie]
- Faudrait camoufler la caisse. - Avec quoi ?
- Avec ça. - Ah, ouais !
- Vas-y, fonce ! - Ouais, fonce !
Allez.
[ils crient]
[musique pressante]
[musique de cérémonie militaire]
Attention, derrière !
Oh, les vaches ! Il y en a partout.
C'est parce qu'on est pas loin de la cĂ´te.
Replonge dans les bois après le virage, là -bas.
[Henri] D'accord, oui. D'accord.
Oh, merde.
Cette fois-ci,
on est piégé.
[en allemand] Descendez tout de suite !
[en allemand] Descendez et aidez Ă pousser, vite !
[en allemand] Descendez !
[le moteur patine]
[en allemand] Allez !
Poussez plus fort, mon salaud. Allez, espèce de feignant.
Tu veux que je te fasse ta fête, espèce de con ?
[brouhaha en allemand]
Comment on fait maintenant ? On les accompagne sagement Ă la caserne ?
- Écrase, tu veux ! - Pour filer d'ici, ça va pas être coton.
QUARTIER GENERAL DE LA WEHRMACHT
Mais oĂą on est lĂ ?
Tu vois le drapeau lĂ -bas ? C'est la Kommandantur du coin.
- Et alors ? - Alors c'est la merde.
- [vrombissement de moteur] - [une portière claque]
HĂ©, regardez, les gars !
La voiture, c'est le général et les Fritz qu'on a assommés.
[en allemand] Qu'est-ce qui s'est passé ?
Répondez !
[en allemand] Des terroristes nous ont attaqués, mon général.
[en allemand] Comment ont-ils opéré ? Parlez !
- "Vive de Gaulle." - [en allemand] Répétez.
"Vive de Gaulle !"
[en allemand] Hartmann ! Lieutenant !
Barrez toutes les routes ! Envoyez des patrouilles !
Ces trois terroristes doivent être capturés aujourd'hui !
- Oh là là , ça sent le roussi. - Faut se barrer coûte que coûte.
Ou on se fait buter ou demain, on respire la bonne odeur du métro.
Allez, grouille.
Halte !
- [en allemand] OĂą allez-vous ? - Nulle part, mon lieutenant.
[en allemand] Patrouillez dans le secteur.
Et si vous voyez une voiture immatriculée 635/125,
vous tirez, ce sont des terroristes !
[en allemand] Oui, mon capitaine !
[les deux] Qu'est-ce qu'il a dit ?
On doit se poursuivre nous-mĂŞmes et si on se voit, on se tire dessus.
Faut espérer qu'on se verra pas !
[musique intrigante]
[en allemand] C'est le numéro ! Les terroristes !
[musique pressante]
HĂ© !
On a side-car aux fesses !
- [coups de feu] - Ils nous tirent dessus !
Oh, les cons ! Ils vont bousiller la statue !
J'en ai rien à foutre, moi, de la rombière !
Je tiens Ă ma peau, je veux pas crever moi !
Allez, cramponnez-vous !
- [coups de feu] - [musique pressante]
[la musique s'arrĂŞte]
[sifflement]
[vrombissement de moteur]
[coups de feu]
[en allemand] Merde !
[en allemand] Quel bordel !
HĂ©, les mecs, il y a un bateau au port. C'est tout Ă fait ce qu'il nous faut.
- J'ai le mal de mer ! - C'est notre seule chance.
On débarquera dans un coin plus peinard.
Avec nos uniformes, y aura pas de problème.
Si on la foutait au jus cette putain de merde de Vénus ?
Avec ou sans, si on reste lĂ , maintenant, c'est 12 balles dans la peau.
On embarquera à la tombée de la nuit.
Et voilĂ .
[vrombissement de moteur]
[propos indistincts]
[soupirs d'effort]
[Henri soupire]
D'après mes calculs, on n'est pas loin du Havre.
C'est quand mĂŞme bizarre, il n'y a pas un rat.
[Jacques] Ça y est, ça recommence !
[musique de cérémonie militaire]
Oh, les English !
Dis donc, toi, comme navigateur, t'es champion.
C'est les English !
[roulement de tambours]
[en anglais] Mains en l'air !
On… On est français.
[en anglais] Français !
Heu… Amis.
- Salut, les copains. - Vive de Gaulle.
Qu'est-ce qu'il y a lĂ -dedans ?
Heu…
- C'est la Vénus. - Voilà .
- De Milo. - Oui, c'est la Vénus…
C'est la Vénus de Milo, quoi.
[en anglais] Ce sont des cinglés.
[soldat] Remettez-les aux forces de la France libre.
Quoiqu'il arrive, gardez la caisse !
[musique de cérémonie militaire]
[la musique s'arrĂŞte]
[brouhaha en anglais]
[homme] Dites-moi, Winston,
vous n'allez pas nous refaire le coup de Fachoda avec la Vénus ?
[homme] Je tiens à vous prévenir qu'elle restera française !
[Winston, accent anglais] L'exploit de vos garçons, Charles,
mérite qu'elle vous revienne.
[Winston] Heu… J'espère que vous les avez félicités
comme il convient.
[Charles] Bien sûr.
J'ai veillé personnellement à ce que ces jeunes gens
aient la récompense dont leur héroïsme les a rendus dignes !
[musique de cérémonie militaire]
Attention, les hommes !
Couchez-vous !
[adjudant] Rampez !
[adjudant] Coude, genou, coude, genou !
[adjudant] Baissez la tête ! Je vois un cul qui se lève !
Sautez !
[adjudant] Allez, ramenez les genoux en haut !
[adjudant] Dessous, dessus, dessous, dessus !
Ça roupille ! Restez groupés !
[musique rythmée]
[adjudant] Vous avez des culs de plomb !
[adjudant] Quarante pompes pour avoir contourné le mur !
Fayots !
Une, deux… Je vais vous apprendre, moi !
[adjudant] Une, deux !
Ă€ pieds joints !
Ă€ plat ventre !
Quand je pense que ce soir, on va becqueter du roastbeef à la menthe…
Samedi, on pourrait faire une virée à Londres.
Visiter le British Museum.
Le premier qui me parle de mettre les pieds dans un musée,
je le bute !
[air enjoué de "La Marseillaise"]
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.