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PRÉCÉDEMMENT
Doctore !
Korris est vivant, bien que grièvement blessé.
Proculus s'en prend Ă nous ?
Fides est connu pour ĂŞtre son homme, Ă l'occasion.
Et ta mission ?
J'ai partagé des mots et du vin avec Opiter, j'ai gagné sa confiance.
Mes hommes méritent leur place dans les prochains jeux.
Élever le Syrien de son rang à mes frais ?
Et les dépêches de Rome ?
- On en a reçu ? - Non, Dominus.
Viridia !
Ravi de te voir hors de ta chambre.
Le Syrien ?
Si les dieux te choisissent pour l'arène, tu en auras trois.
Les frères Ferox. Des demi-hommes cruels.
Dominus a bafoué notre honneur en menant une femme vers l'arène.
Saisis le destin telle une championne de cette foutue maison.
Les frères Ferox sont peut-être difformes, mais ce sont des adversaires féroces.
Capables d'expédier n'importe quel homme,
ou n'importe quelle femme, dans l'au-delĂ .
Éliminez-la, qu'on en finisse.
Vois la distraction !
Détourne l'attention et attaque Satyrus ouvertement.
Très bien.
Profites-en maintenant !
Tu es Ă ta place.
Celle d'un faible animal.
Vas-tu te reposer toute la matinée ?
Ou seras-tu digne de la marque de la Confrérie que tu portes,
en te montrant Ă la hauteur ?
Dominus ! Un message de Crassus.
"Préparez l'estimable arrivée."
C'est tout ?
- Tout est lĂ . - Quand ?
Quand Crassus nous honorera-t-il de sa présence ?
On ne sait pas.
La question ne demandait aucune putain de réponse.
Que le sol soit poli comme un miroir.
Remplissez la piscine d'eau fraîche et limpide.
Messia s'occupera des tâches subalternes. Va !
Il faut offrir du vin fin et des viandes exotiques.
Prépare un repas à faire saliver les dieux eux-mêmes.
Pour aujourd'hui ?
Tous les jours, jusqu'Ă ce que Crassus apparaisse,
ou que l'argent soit épuisé.
On ne tiendra que jusqu'Ă la fin de la semaine.
Tu ne parles donc jamais que de calamités ?
Mes excuses.
Mes sentiments n'auraient pas dû passer mes lèvres.
Putain de tĂŞte de Jupiter !
La venue de Crassus est inopportune si nous n'avons pas de place aux Jeux.
Comment le travail avance-t-il Ă ce sujet ?
De façon déplaisante, au mieux.
Gabinius est en charge,
mais Cossutia grogne et bave tel Cerbère, empêchant quiconque de passer.
Et Opiter ?
Korris est alité, infirme...
Incapable d'enjĂ´ler l'homme pour le rallier Ă la cause.
Même s'il l'est, je crains que Cossutia ne résiste, par obstination vicieuse.
Une inquiétude partagée.
Pourtant, quelque chose doit pouvoir toucher cette femme !
Les talents de ton homme s'étendent bien au-delà du sable de l'arène.
Son enthousiasme est à la hauteur de ta beauté.
Encore du vin ?
J'aimerais... faire une pause...
Juste un instant.
Je te remercie.
Laisse-nous.
J'adorerais que mon vieil époux ait une langue aussi habile.
Au-delà de l'oratoire du Sénat.
Comment s'en sort ce brave Gabinius ?
Oh, je ne sais pas trop.
Il est constamment tourné vers Rome
et la tension croissante entre Pompée et Crassus.
La guerre civile est une grave préoccupation.
Mais la menace cilicienne contre les ports et les marchandises est plus urgente.
Nous sommes bien éloignés des eaux de la Tyrrhénienne
et des putains de pilleurs sur ses vagues.
Pourtant, des corps ont été trouvés dans nos rues...
Peut-ĂŞtre victimes de lames ciliciennes ?
- Des corps ? - Six, découverts après la tempête.
La brute Fides était l'un d'entre eux.
Un individu désagréable, protégé de Proculus.
La gorge tranchée comme un poisson à l'étal.
Je ne le connaissais pas.
Il a peut-être été victime de ses propres machinations.
Le mystère le plus profond, c'est pourquoi je porte encore ça.
La mode d'hier, qui s'attarde au-delà de l'usage et de la considération.
Un sac deviendrait aussi beau que de la soie sur ta silhouette.
Le sac pourrait bientôt être une bénédiction.
Obtenir du tissu neuf est devenu un défi impossible
avec ces putains de Ciliciens qui s'en prennent Ă nos navires marchands.
Un petit oiseau m'a dit que du lin égyptien de grande qualité
arrivera demain Ă la fermeture des portes,
pour le négociant Spurius.
De l'égyptien ?
- C'est sûr ? - Aussi sûr que le lever du jour au matin.
Merci pour l'information opportune.
Entre amis...
Je déplacerais des montagnes pour notre intérêt mutuel.
Je ne demanderais jamais un effort aussi herculéen.
Cependant...
Il y a une faveur que je souhaite demander humblement.
Parle et elle sera bien reçue.
Mes pensées se tournent vers les Jeux apollinaires,
avec ton noble mari.
Calme tes inquiétudes. Tes hommes y auront leur place.
J'en suis toujours honoré.
Mais je n'aborde pas ce sujet pour moi, mais...
Pour la Maison d'Ashur.
Tu parles pour le putain de Syrien ?
Seulement par association.
Je parle pour son éminent Doctore, Korris.
Il mérite que son travail soit présenté.
Qu'as-tu à gagner par cette requête déplaisante ?
L'homme redevable d'une telle bonté la repaiera au centuple, si besoin est.
Tu as toujours eu une prédilection pour la prévoyance.
Mais je crains que ceci ne soit une rare erreur de calcul.
Comment cela ?
Le bruit court que l'homme du Syrien est gravement blessé.
Blessé ?
Il est encore en vie ?
Putains de dieux !
Nous sommes enfin d'accord lĂ -dessus.
Comment va-t-il ?
Tu ne me vois pas debout devant toi ?
L'esprit est ardent. Mais la chair est faible.
Pourtant, je respire.
Le reste suivra bientĂ´t.
Une info Ă faire bander.
Tout comme ce que je vais dire.
Crassus annonce son arrivée imminente.
Crassus ? À quelle heure ?
Le mystère reste entier.
On se demande ce qu'il pensera
d'une maison qui tente de présenter une femme dans l'arène.
Tant que ça suscite l'adulation de la foule et que c'est lucratif,
Crassus sera ravi.
Son humeur favorable sera Ă notre avantage
et nous le pousserons à reconstruire l'arène,
détruite par Spartacus et ses chiens bâtards.
Si nous sommes présents dans l'arène.
Quand on sera présents, vieux bouc.
Viens. Tu as besoin de nourriture et de vin.
Et d'eau fraîche pour éliminer l'odeur de la mort évitée de justesse.
Des hommes sont sur la crĂŞte
pour nous avertir de l'approche de la procession.
À leur signal, je te ferai venir à mes côtés et...
Dominus ! Nous avons un invité surprise.
Ce brave Opiter !
Ta présence inattendue nous honore !
Ton généreux don de grain suscite toute notre gratitude !
Oh, n'y pense plus.
Pardon d'être venu sans prévenir.
Je viens d'apprendre que ton homme est blessé.
Je craignais qu'il ne soit plus parmi nous.
Je m'accroche à la vie, pas d'inquiétude.
Son orgueil lui fait exagérer sa guérison.
Je t'offrirais bien un repas et du vin, mais...
Des problèmes urgents m'appellent au marché.
Alors, je prends congé.
Mais non, reste.
Korris va se baigner afin d'amollir ses blessures.
Je serais rassuré de savoir que le poids de sa souffrance
puisse être soulagé par des mains attentionnées.
Votre présence serait réconfortante.
Le Syrien vous invite souvent au bain ?
Cela arrive. À l'occasion.
J'ignorais qu'il avait de tels goûts.
Ses désirs ne s'étendent pas à son putain de Doctore.
Ni les miens vers lui.
Vous n'aimez pas un homme au teint si riche ?
Le ton de la peau d'un homme importe peu.
Quand on coupe,
la couleur est la mĂŞme.
Hors de ma vue.
Les mains d'une femme offrent un réconfort grossier.
Celles d'un homme
sont plus habituées aux terrains accidentés.
Elles les traversent avec aisance.
Ne vous chargez pas d'une telle corvée.
C'est un privilège rare,
pour un simple mortel, de toucher le ciel.
Qui vous a brutalisé ainsi ?
Une vieille connaissance, qui s'est fâchée lors d'une conversation récente.
Ce méchant a un nom ?
Fides.
Il m'a attaqué avec plusieurs hommes.
Ils y ont laissé leur vie,
mais l'homme lui-même s'est envolé.
Mais il est vite retombé, pour ne plus jamais déployer ses ailes.
Fides ne vit plus ?
Difficile avec la gorge tranchée.
Mes mains n'ont pas infligé cette blessure.
Qui, alors ?
Il faisait affaire avec Proculus...
Ce que vous devriez bien savoir.
J'en ai été le témoin.
J'en ai parlé à Cossutia aujourd'hui même.
Cette chair abîmée par de si viles manœuvres me peine.
J'aimerais voir les hommes de Proculus souffrir dix fois plus dans l'arène.
Deux fois déjà , vous avez dit vouloir participer aux Jeux.
C'est donc votre seule raison pour vouloir ma compagnie ?
Je suis le Doctore ici.
La gloire de l'arène me consume l'esprit.
Celui du Syrien aussi...
On peut le supposer.
C'est sans importance.
Nous avons tous un rĂ´le Ă tenir dans ce jeu d'hommes et d'ambitions.
Nous sommes bien d'accord.
Oubliez vos soucis.
J'ai abordé le sujet avec Cossutia,
et j'y reviendrai dès que possible.
Merci pour vos efforts...
Quel qu'en soit le résultat.
La prochaine fois que vous aurez besoin d'aide...
Parlez.
Et je conquerrai l'Olympe pour vous satisfaire.
Une promesse audacieuse...
Pour quelqu'un d'aussi délicat.
Le courage s'enflamme en votre présence.
Un geste effectué au service du Syrien ?
Il est bien loin de mes pensées.
Ce bœuf et ces volailles sont sans pareils dans tout Capoue !
Les huîtres sont fraîches ?
Bénies par Neptune lui-même.
Elles ont l'arĂ´me de son cul.
Que penses-tu de la murène et du sar ?
Je crains que ce soit au-delĂ des moyens de notre bourse,
avec tout ce qu'on a déjà acheté.
Voudrais-tu présenter une offrande insignifiante à Crassus ?
Je veux qu'il soit bien reçu,
sans pour autant vider les coffres.
- Tu t'inquiètes trop. - Mais avec raison.
En tant que vilica, ne suis-je pas chargée des comptes de votre maison ?
Tu l'es.
Et moi, je bénéficie de tes conseils attentionnés.
Ammonius ! Vainqueur Ă nouveau !
J'ai failli l'avoir !
Tu as failli l'avoir dans le cul !
Chers citoyens de Capoue !
En l'honneur des prochains Jeux apollinaires,
j'invite à nouveau tout Romain à se présenter
pour tester sa valeur contre la Maison de Proculus !
Ouais !
La Maison d'Ashur accepte le défi !
Sur le sable de l'arène.
Ton ombre est absente.
OĂą se cache ton puissant Doctore ?
L'entraîneur de ceux qui tombent aux pieds d'hommes plus forts !
Une courtoisie, de peur qu'il n'éclipse tes enfants, fils de monstruosités.
Le vin seul sera versé !
Et le sang des merdeux que tu juges dignes de te représenter !
Une victoire méritée.
MĂŞme pour des sous-hommes.
Mais la compétition doit reprendre
avec la nouvelle offrande de la Maison d'Ashur !
Une vision merveilleuse,
du jamais-vu sur le sable de l'arène !
Le Syrien devra éliminer Gabinius pour assurer sa place aux Jeux !
Voici les frères Ferox,
qui une fois encore, envoient un "champion" vers une fin méritée !
Nous sommes prêts à démonter quiconque osera se présenter devant nous !
De bien grands mots venant d'un homme si petit !
Peut-ĂŞtre...
Frère Balbus nous montre la voie !
Honorons le Syrien avec de la nourriture
pour les hommes qui meurent de faim sous son toit !
Putain de Syrien !
Qu'on brûle sa putain de maison !
Connard !
Les mots issus de ta bouche puent la merde !
C'est bien vrai !
J'ai vu une femme dotée d'une chatte et d'une queue,
l'une sur l'autre !
Tu l'as donc baisée ?
Ou elle t'a baisé ?
Ma merde aurait plus de goût que ça.
Il y a autre chose que du putain de porridge ?
Les maisons plus nobles ont parfois de la viande.
Les dieux nous entubent.
Une chose fréquente sous ce toit.
Tu n'as pas peur ?
De quoi ?
De manger avec quelqu'un d'aussi détesté.
Cela les rend malades
de te savoir promue championne.
Sans le temps et les efforts qu'ils y ont mis.
Je porte la marque de la Confrérie comme eux.
Ils l'ont gagnée autrement.
Je n'ai pas eu le choix.
Nous suivons chacun notre voie.
Pas à pas, l'un après l'autre.
Tu t'es assis pour parler sans rien dire ?
Des paroles audacieuses pour qui a passé la matinée à terre,
la bouche pleine de boue.
Aucun d'entre nous n'aurait pu battre trois adversaires.
Si Dominus parvient Ă s'immiscer dans les Jeux,
tu devras en combattre autant.
Les frères Ferox ?
Des sous-hommes difformes, presque des enfants.
Écoute bien mes paroles et ne les prends pas à la légère.
Les frères se battent et pensent comme un seul homme.
Ici, tes adversaires n'ont pas cet état d'esprit.
Ils semblent n'avoir qu'un seul esprit.
Mais ils attaquent sans réfléchir
Ă qui pourrait leur venir en aide.
Tu ne combats qu'un seul adversaire.
Si tu le vaincs, les autres tomberont vite.
Tu parles de ton fils...
Tarchon.
Non. Je parle d'un gladiateur.
Rongé par l'orgueil et la soif de gloire.
Une attitude à corriger s'il veut survivre dans l'arène.
Regardez bien ce que vous avez sous les yeux.
Ça, c'est ce que Capoue pense de notre maison.
Parce qu'aucun de vous n'a prouvé sa valeur.
Vous vous gavez grâce à ma générosité.
En retour, rien d'autre que des excuses et de la déception.
Mais sachez une chose.
Le travail et les efforts de votre Dominus
mèneront cette maison à la place qu'elle mérite aux Jeux.
Ce jour-lĂ , vous remporterez la victoire contre la Maison de Proculus.
Sinon, je vous enverrai tous aux putains de mines !
Doctore !
Le marché ne te réussit pas, on dirait.
Parle avantageusement Ă Opiter,
que je puisse entuber Proculus.
Il a l'air intéressé.
Pour nous aider.
Comment envisages-tu de réussir ?
Contre toute attente, Opiter s'est révélé très persuasif.
Après toutes ces années de sacrifices sanglants,
au bord du gouffre pour la place enviée...
Pour finalement tout miser sur un homme aussi insignifiant.
Ce genre d'ectoplasme peut aller lĂ oĂą de plus forts ne peuvent pas.
Que vois-tu ?
Une salle, emplie de vide.
Ça n'a pas toujours été le cas.
Ici, autrefois, se tenaient les champions de la Maison de Batiatus.
Le visage et la queue sculptés dans la pierre.
Gannicus. Crixus.
Le Thrace fou, Spartacus.
Les dieux de l'arène.
Les dieux de l'arène.
Mon ancien Dominus a réussi à gravir des montagnes de détritus
pour s'emparer de la victoire sur leurs dos.
Pourtant, Ashur est lĂ ...
Toujours le meilleur, s'accrochant Ă un fil
pour une opportunité.
Alors tissons la tapisserie de la victoire.
Montrons Ă cette ville que nous sommes au-dessus de tous.
Dominus !
Pardon.
Un autre message de Crassus.
Précise-t-il l'heure de son arrivée ?
Pas de sa personne, mais de ses bagages.
Il envoie ses affaires Ă l'avance.
Il m'ordonne de m'en charger tel une bĂŞte de somme, demain au coucher du soleil.
Une tâche plus digne d'un esclave.
C'est ainsi qu'il me considère.
Ce ne sera plus le cas si Achillia est victorieuse malgré tout.
Je reprendrai le flambeau Ă Celadus.
Non.
Proculus a remarqué ton absence à l'Albana.
Je veux que tu sois à mes côtés
et que tu y restes pour parer Ă toute provocation.
Ta volonté... est entre mes putains de mains.
Ta vue lui donne envie de baiser.
Elle trouvera l'étreinte de mes bras bien amère.
Tarchon.
Ephesius. Erato. Prenez vos places.
Achillia !
Commencez.
Je vais pleurer ta mort,
infligée par les petites mains de Satyrus et de ses frères.
Le titre de champion
sera décerné à un nom plus digne.
Concentre tes efforts.
Souviens-toi de notre conversation.
Tu es Ă ta place, celle d'un faible animal.
Bien.
Mes instructions pour la victoire semblent enfin rentrer.
Elle se moque de la maison !
Par ses prouesses ?
Par un statut qu'elle n'a pas encore mérité.
Par Dominus qui la récompense avec la marque de la Confrérie,
sans test digne de ce nom.
Et...
En détournant la loyauté d'un père de son but légitime.
Peut-être. Mais rien de cela n'excuse ta piètre performance avec Achillia.
Erato et Ephesius auraient dĂ» vaincre.
Oui. Ils auraient pu,
si tu n'avais pas abusé de ton propre avantage.
Une erreur fréquente.
C'est ce que tu lui as dit pendant le repas d'hier ?
Comment vaincre ton fils ?
En l'absence de Korris, c'est moi le Doctore.
Nous en avons discuté.
Tu préfères sa victoire à la mienne ?
Je préférerais la victoire de cette putain de maison !
Plus que toute autre chose.
MĂŞme plus que les liens du sang.
Ce lien est donc si fragile ?
Tu es mon fils.
Je voudrais te voir triompher de tous.
Alors, je te ferai honneur...
Quand mon heure sera venue dans l'arène.
D'abord, fais-toi honneur.
Avec une bonne stratégie.
Je me bats comme j'ai appris.
Avec mon père.
Alors, la faute me revient.
La Nubienne sera peut-être une meilleure élève.
Mon fils.
Tu te déchaînes encore sans penser aux conséquences.
Mais tu rages qu'une femme te batte.
Laisse ce jeu et prépare-toi. Tu viens avec moi.
- Où ça ? - Là où ta mère te l'ordonne.
Si des passions sont au-delĂ de ces murs, je crains de ne pas ĂŞtre Ă ta hauteur.
Sommes-nous si éloignées, toi et moi ?
Quand tu étais enfant, nous partagions tout.
L'enfant que j'étais est bien loin.
Pourtant je suis lĂ , prĂŞte Ă t'accepter ainsi.
Pardonne-moi.
Je ne suis pas moi-mĂŞme.
Cela fait trop longtemps que tu ne l'es plus.
La vie a été bien cruelle.
Ce n'est qu'une succession de joie et de désespoir.
Chaque jour offre Ă nouveau le choix entre les deux.
Pourquoi choisir quand c'est le destin qui aura le dernier mot ?
Ne laissant que des vestiges brisés dans son sillage.
Tu es en vie cependant.
Et j'en remercie les dieux.
J'aimerais retrouver l'enfant heureuse qui illuminait cette maison !
Ainsi que le reste du monde.
Et si on n'y trouve que des ombres ?
On ne peut arrĂŞter le coucher du soleil.
Mais ensemble, nous pourrions allumer une torche pour sortir de ces ténèbres.
J'ai promis une partie de latroncules Ă papa.
Le jeu attendra ton retour.
Opiter dit que le négociant Spurius attend une livraison de lin égyptien.
Je nous verrais bien vêtues richement, telles une mère et sa fille rayonnante.
Allons au marché, ensemble.
Le soleil menace de me faire perdre la tĂŞte.
Faisons une pause et mettons-nous Ă l'ombre.
Sur la peau, je trouve ça réconfortant.
Je me réjouis de te voir revenir à la vie, Viridia.
Regardez.
Tertius nous honore de sa présence.
OĂą est sa femme ?
Son nom m'échappe.
Une femme insignifiante.
Elle a été récemment rappelée dans l'au-delà .
Le pauvre !
Une perte très dure.
Ils n'étaient pas amoureux.
Le mariage a juste servi Ă renforcer leurs familles respectives.
Il est bel homme, non ?
L'épouser serait une chance pour n'importe quelle femme.
Nous devrions peut-être le saluer et tenter de le réconforter.
La chaleur semble animée de vie, non ?
J'aimerais voir ce lin égyptien qu'on m'a ardemment promis,
avant qu'il ne s'évapore.
Trouvons-le, alors.
Nous parlerons avec Tertius plus tard.
Renvoyé sur un caprice,
sans que mon devoir soit mis en cause.
Crassus tire sur la laisse
et veut que son chiot obéisse sans broncher.
Ma voix t'agace ?
Ou tes pensées t'empêchent de me prêter attention ?
Je n'aime pas qu'on nous observe.
Réglons nos affaires et rentrons à la villa.
Sans incident si possible.
C'est tout ?
Essaie-t-il de faire transporter Rome tout entière ?
Tout ce que je devais livrer est sous vos yeux.
L'affaire est donc close. Hors de ma vue.
J'aimerais qu'on soit sortis de la rue avant la tombée de la nuit.
Tu as quelque chose Ă ajouter ?
Ou es-tu stupéfait par cette vision glorieuse ?
Mes excuses, on m'avait promis un paiement Ă la livraison.
- Combien ? - Trente deniers.
Trente deniers.
Ma bourse ne contient pas cette somme.
Envoie une facture et tu seras payé.
Quand ?
Quand je voudrai.
Si tu insistes, tu pourrais ne plus jamais avoir besoin d'argent.
Comme vous voulez.
Crassus est l'homme le plus riche de la République
mais c'est cette maison qui paie ses dettes.
Comment crois-tu qu'il soit devenu si riche ?
En utilisant habilement l'argent des autres Ă la place du sien.
Une source d'inspiration.
Faites bien attention !
Tout dommage coûtera dix fois plus aux responsables.
Apporte plus d'eau.
La piscine doit ĂŞtre remplie avant le retour du Dominus.
Sinon, nous devrons braver son légendaire mécontentement.
Son humeur n'est que le reflet de ce qu'il doit endurer.
Il ne faut pas lui en vouloir.
Tes désirs sont des ordres.
Ne me parle pas sur ce ton.
Pardon.
Pour avoir parlé sans réfléchir.
Messia.
Que dois-je faire ?
Je ne peux forcer mes sentiments.
J'aimerais pouvoir revenir au passé pour taire les miens.
- Je ne veux pas te blesser. - Moi non plus.
Pourtant, je ne sais que faire...
Quand je vois chaque jour l'objet de mon désir,
mais que je ne peux l'avoir.
Tu es distrait, mon frère.
Pour une fâcheuse raison.
Le style d'un dimachère te convient bien.
Je ne l'aime pas trop.
On est trop vulnérable sans bouclier.
Le tien t'a peu protégé quand je t'ai envoyé à terre.
La faute d'un autre, ce n'est pas de l'habileté.
Je ferai plus attention la prochaine fois.
Quelqu'un de plus expérimenté t'a conseillé ?
C'est bien.
C'est pesant de vivre dans l'ombre d'un père si noble.
Aucun homme ne me fait d'ombre.
Peut-ĂŞtre une femme, alors ?
Un jour... Nubienne.
Un putain de jour.
Ephesius !
Battons-nous comme il faut !
Non.
Que dis-tu de...
- Celle-ci. - Un cadeau des dieux !
Je n'ai jamais rien touché de tel.
J'ai bien plus Ă proposer pour une aussi radieuse.
Nous allons créer la plus belle stola que cette ville ait jamais vue.
Pour les Jeux de ton père.
Les Jeux ?
Entrer dans le pulvinus vĂŞtue de si beaux atours
provoquera une émeute !
Je n'y serai pas.
Ton père y tient.
Un désir que je n'ai pas entendu de sa bouche.
Tu dois venir, Viridia !
Tu t'es éloignée trop longtemps des regards de ton public adoré...
Gardes !
Viens. Allez !
Emparez-vous d'elles !
Viridia !
Pourquoi nous assaillir ?
Pose la question à ton noble époux.
Mère !
Une seule suffira. Tue-la.
Espèces de salauds !
Avance, sale garce ! Ou ton sang va couler.
Derrière vous !
Vous êtes en sécurité maintenant.
Vous êtes blessé.
Je tolérerais des milliers de blessures,
si cela vous faisait paraître.
Je ne voudrais pas que vous succombiez par ma faute.
Viridia !
Mère !
Oh, je te croyais morte !
Cela aurait été le cas si Ashur et son homme n'avaient pas été là .
Qui sont ces hommes ?
Des Ciliciens.
On vous ramène à la villa.
Vite.
Des pirates ?
Ici, entre les murs de la ville ?
Si loin de la mer ?
Ils s'enhardissent car Rome ne riposte pas.
Bénis soient les dieux !
Ces malfaisants vindicatifs vous ont épargnées.
Les dieux n'y sont pour rien.
Ashur et son homme nous ont sauvées d'une mort prématurée.
Horatia n'a pas eu autant de chance.
La femme de l'édile ?
Tuée dans la rue, en plein jour ?
Ils voulaient une rançon pour votre femme et votre fille.
Une rançon ? C'est possible.
Cet outrage sera lavé dans le sang.
Le sang a déjà coulé, je le crains.
Il a été blessé lors de l'échauffourée.
Il ne pensait qu'à notre sécurité.
On va s'occuper de lui.
Prenez un bain et du vin pour calmer vos nerfs enflammés.
Encore une fois,
vous avez ma gratitude.
C'est inutile.
Mais très apprécié.
Je remercie les dieux pour votre présence.
Et que vous n'ayez pas succombé à vos blessures précédentes.
N'importe quel homme de bien aurait agi de mĂŞme,
pour la République.
Allez aux bains.
Je souhaite parler au Syrien en privé.
Je m'occupe de la cargaison de Crassus.
Crassus ?
Son arrivée est imminente.
Il part en laissant son armée à Rome, retranchée devant ses portes ?
C'est le message qui m'a été envoyé.
Pas comme Pompée.
Il reste insensible Ă toute demande de quitter son perchoir
pour réprimer les assassins ciliciens.
Peut-être que les pertes innombrables le feront réfléchir.
Ou les efforts redoubleront, Ă un rythme intenable.
Nous devons garder cette possibilité à l'esprit.
Les paroles de ma fille bien-aimée sont pleines de vérité.
Je vous dois des remerciements.
Ainsi qu'une récompense proportionnée à vos actes.
La survie de votre noble fille est déjà une immense récompense.
Une dette impayée promet des dépenses dans l'avenir.
Souvent plus importantes que la somme d'origine.
Quiconque a des oreilles sait
que vous souhaitez participer aux prochains Jeux apollinaires.
La pensée m'a parfois effleuré l'esprit.
Cessez de penser. Je ferai en sorte que vous ayez une bonne place.
Je...
Je ne sais que dire.
Ne vous méprenez pas.
Je ne fais qu'effacer une dette.
Une que je préfère ne pas avoir à repayer à un moment gênant.
Nous sommes donc quittes.
Venez. Mon Medicus va soigner vos blessures.
Ne prenez pas cette peine.
Le mien s'occupera de cette blessure sans gravité.
Le mien est plus habile, je vous assure.
Je n'en doute pas.
Mais je préfère ne pas vous être redevable.
Vous apprenez vite, Syrien.
Très bien.
Séparons-nous donc, libres de tout engagement mutuel.
Tu es revenu seul en laissant Dominus Ă la villa de Gabinius ?
Ashur s'est montré compétent.
Ceux qui le sous-estiment le font à leurs risques et périls.
- Je veux envoyer des gardes. - Pas d'inquiétude.
Le voilĂ en personne.
Dominus !
Va chercher le Medicus. Vite !
J'emmerde le Medicus !
Je souhaite laver mes blessures dans une rivière de vin !
Qu'a dit Gabinius pour provoquer une humeur si exaltée ?
Il a prononcé les mots qui vont élever cette maison !
Nous bénéficierons d'une place...
Dans ses putains de Jeux !
Et toi !
Putain de titan !
Ton rôle dans tout ça ne tombera pas de sitôt dans l'oubli.
Du vin ! OĂą est ce putain de vin ?
Tu as pu aborder le sujet avec Gabinius ?
C'était inutile.
Il a offert de lui-même une récompense pour avoir sauvé
sa femme et sa fille bien-aimées.
Vous avez donc négocié pour avoir l'avantage dans l'arène ?
Je n'ai rien négocié.
Les mots ont failli jaillir de ma bouche, mais...
Mon cœur les a retenus.
La vie de Viridia était une récompense suffisante pour étouffer tout autre désir.
Les dieux auxquels je ne crois pas ont favorisé l'humble Ashur.
Et toi aussi, tu es libéré de ta mission si peu désirée.
Ma mission ?
Te rabaisser Ă feindre de l'affection afin d'obtenir l'aide d'Opiter.
Ce petit prétentieux ne nous est plus d'aucune utilité.
C'est un soulagement de ne plus être obligé de le côtoyer.
Rassemble tout le monde.
Annonçons-leur la glorieuse nouvelle de notre putain d'ascension !
Tu cherches à l'enflammer avec ton regard brûlant ?
Si j'avais cette chance,
mon père se précipiterait pour éteindre les flammes.
Cette maison a donné naissance à des champions de légende.
Mais nos prédécesseurs pâliront devant le combat que j'ai mené,
suant sang et eau pour obtenir cette opportunité.
Et je l'ai obtenue.
Nous avons une place aux Jeux apollinaires !
Qui y foulera le sable, Dominus ?
Tais-toi, Tarchon.
Le gamin est dévoré par des rêves de gloire !
Les positions et les places ne sont pas encore fixées.
Mais retenez ceci...
Nous éliminerons les frères Ferox
pour l'affront dont Proculus s'est rendu coupable,
par les mains de la Déesse de la Mort.
Allez vous coucher, prenez des forces pour les jours Ă venir.
J'annoncerai ceux
- qui iront dans l'arène... - Dominus !
La procession a été repérée sur la route de la villa.
Oui.
Notre bienfaiteur, Crassus, arrive enfin !
Qu'il soit ébahi par les redoutables offrandes
de la putain de Maison d'Ashur !
Doctore !
Rejoins-moi et embrassons dignement notre destin.
Mes robes tombent-elles de manière plaisante ?
Tu comptes l'accueillir ou lui offrir ton cul ?
Son chariot arrive.
Tenez-vous droits.
Ayez l'air agréable,
avec les yeux baissés pour ne pas croiser son regard.
Korris, trois pas derrière moi.
Puissant Crassus ! Votre noble présence nous honore.
Tu fais erreur, Syrien.
César.
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