All language subtitles for La.Sconosciuta.2006.french

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Original subtitles

Tournez-vous.

OK, sortez.

Tournez-vous.

Giorgia, tu restes.

Samantha et son amie, vous pouvez y allez.

Déshabille-toi.

Tourne-toi.

Doucement.

Elle convient très bien.

Merci, ma chérie, tu peux y aller.

L'INCONNUE

Il a l'avantage d'être libre et meublé.

Rénové récemment, il est comme neuf,

mais il coûte le double de l'autre. Comptez deux mois de caution

et les charges, qui sont trois fois plus élevées.

Je préfère vous dire tout de suite

que quand des camions passent, tout tremble.

Vous devriez prendre l'autre.

Je prends celui-ci.

Vous désirez ?

Vous avez besoin d'une bonne ?

- D'où viens-tu ? - D'Ukraine.

On n'a besoin de personne.

Si vous entendez parler de quelque chose...

Repasse plus tard et on verra.

Merci beaucoup.

Qu'est-ce que tu sais faire ?

Tout : laver, cuisiner, nettoyer...

- Repasser. - Tu te sens mal ? Tu as faim ?

Non, j'ai juste besoin de travailler.

- Aidez-moi, je vous donnerai 20 %. - Tu me prends pour qui ?

30 %, d'accord ? Je vous donnerai 30 %.

Les gens, de nos jours !

Madame ?

Repassez encore une fois.

- Vous permettez ? - Allez-y.

Vous aimez les fraises !

- Carte d'identité, s'il vous plaît. - Oui.

- Donnez-moi votre sac. - Tenez.

- Irena Yaru... - Yaroshenko.

- C'est bon. - Désolés, mais on doit...

Qu'est-ce que c'est ?

Mes économies.

- Ça n'arrête pas de sonner. - Ça doit être cassé.

Toutes nos excuses, Madame. Ça arrive.

Nello, où vas-tu ?

Tu as soif ?

Si tu cherches encore du travail, tu peux me remplacer ici.

- Merci, mais j'ai déjà trouvé. - Génial !

- J'en parlerai à une amie. - Comme tu veux.

J'ai eu mon diplôme, je vais bosser chez un avocat.

- Félicitations ! - Tu as de la chance.

D'habitude, les bijoutiers de Velarchi n'emploient pas d'étrangers.

Gina, tu le ferais pour des clopinettes ?

Jamais ! Mais cet escalier est une porcherie !

Ça va, j'ai compris. J'ai compris.

Bravo ! Excellent travail !

- Quand dois-je venir ? - Les mardis et samedis.

Trente euros par jour.

Soixante par semaine.

- Donc, je t'en donne 40. - D'accord.

Vous déposez combien à l'ouverture du compte ?

8000.

Il paraît que vous cherchez du travail.

Ma mère a besoin d'une aide. Ça vous intéresse ?

Désolée, je travaille déjà.

- Je peux en parler à une amie. - Merci.

C'est toi qui as ciré la porte et la plaque du 4e étage ?

Je devais pas ?

C'était pas à toi de le faire.

Mais comme tu as fait des miracles, tu es pardonnée.

Merci. Si vous avez besoin de moi...

Gina,

Tea n'a plus de vitamines.

Je sais, je vais lui en chercher.

Allez, bon courage.

Au revoir, Madame.

Ces maudites marches...

- L'ascenseur fonctionne. - J'en ai une peur panique.

J'y étouffe,

donc je vis dans les escaliers !

J'ai un autre travail.

Un appartement a été repeint. Il faudrait nettoyer, ranger.

- Lequel ? - Le n° 6, au 3e étage.

Combien dois-je demander ?

Plus vous demandez, mieux c'est pour nous deux.

D'accord, alors à lundi.

Écoute...

- Bon appétit. - Merci.

Je ne supporte pas son mutisme.

Elle ne parle qu'à sa fille, c'est un ours avec les autres.

Comment elle fait pour rester muette ?

- Elle doit avoir des problèmes. - Ça, elle n'en manque pas.

- M. Donato travaille dans quoi ? - Ils ont un atelier d'orfèvrerie.

C'est le directeur, elle dessine et cisèle.

Elle est très bonne, mais pas comme compagnie.

Si vous voulez, on peut sortir ensemble.

Je ne suis libre que le jeudi après-midi et le dimanche.

Pourquoi pas ? Mais toi... Je ne sais rien de toi.

- Bon Dieu, c'est quoi ce grabuge ? - C'est Valeria.

- Elle n'est pas à l'atelier ? - Elle s'est séparée de son mari.

C'est une raison pour mettre le bazar ici ?

Avant, c'était les disputes !

On n'avait la paix que lorsqu'ils allaient à la campagne.

Elle y a passé toute sa grossesse.

Moi aussi.

Là, je peux pas parler. Je te rappelle ?

OK, à tout à l'heure.

Au voleur !

Arrêtez-le !

Au voleur !

Je reviens.

37 !

- J'avais demandé du 8mm ! - 42 !

Qui a le 42 ?

Moi !

Faites un double des clés et de la télécommande.

Fais une copie de tout.

Ça ne va pas ?

Je peux déjà régler ?

- 60 euros pour trois clés... - Monsieur était là avant.

Tenez.

- La petite, on l'a pas. - Vous êtes sûr ?

Elle est en commande.

Vous allez me faire virer.

Attends, on a peut-être une solution.

- Ça ne va pas ? - Ça va mieux, maintenant.

Je n'aime pas aller au cinéma toute seule.

Et avec la petite ?

Elle n'aime que les dessins animés !

Elle est encore jeune.

Elle aura 4 ans dimanche.

Et si je lui ouvrais un livret d'épargne ?

- Un compte bancaire ne rapporte rien. - Peu importe.

Chaque mois, j'y déposerai ce que j'aurai économisé.

Ainsi, à 18 ans, elle aura un petit pécule.

Ketchup ?

Elle saura bien quoi en faire.

Pardon, ça m'a échappé ! Je suis désolée.

C'est rien.

Et puis c'est pas demain qu'elle aura 18 ans.

D'ici là, ça lui fera une belle somme.

Ça me semble être un beau cadeau. Ça va lui plaire.

Je jure que je ne dirai rien.

Tu vas mal finir, crois-moi !

Ça fait trois ans que tu cherches Dieu sait quoi !

Tu demandes à droite, à gauche. Une vraie malade !

Regarde-moi ça !

Madame, c'est Matteo. Non, rien de grave.

Vous aviez oublié de mettre l'alarme.

Oui, tout va bien. Vous m'avez fichu la trouille !

Oui, je la branche. Bonne nuit.

Un rêve peut-il exister parmi autant de cauchemars ?

Mais j'existe vraiment ! Tu entends ma voix ?

C'est moi, Nello. Chair, os, peau, nerfs.

Les cauchemars, ça s'oublie.

Fais-moi confiance, je te sortirai de ce bordel.

Rasaniza.

Quoi ?

Kra-sa-vi-ca !

Peut-être qu'un jour, je pourrai oublier mes cauchemars.

Ce sont les miens, c'est facile. Mais toi ?

En clair, qu'est-ce que tu veux dire ?

J'ai besoin d'argent.

Maintenant que j'ai fini au n° 6, vous devez m'aider.

Sois patiente.

Combien de joailliers vivent et travaillent ici ?

Tous, sauf au 3e étage.

Ils n'ont pas besoin d'une aide ménagère

ou de remplacer leur vieille gouvernante ?

C'est difficile, encore plus pour les immigrés.

Ils n'embauchent que des gens d'un certain rang.

Ton amie Gina travaille ici depuis toujours.

Ils ne la vireront jamais.

Des marches, des marches...

Bonjour, Gina ! Alors, l'anniversaire ?

Comme toutes les fêtes d'enfants :

plus ils s'amusent, plus on se sent vieux.

Elle a aimé le cadeau ?

- Sa mère en est restée bouche bée. - Et la petite ?

Elle n'a pas tout compris.

Accaparée par tous ses nouveaux jouets...

Mais peu importe, un jour, elle réalisera.

Hier, elle s'est fait une autre bosse à la tête.

Comment ça ?

Elle a une maladie rare qui inhibe ses réflexes.

Elle est toujours pleine de bleus.

Si quelque chose lui tombe dessus, elle n'a pas le réflexe de se protéger.

Si elle tombe, elle ne se retient pas.

- Ça doit se soigner. - Les médecins disent que non.

Elle doit juste faire attention. Y a pire, comme maladie.

- Je dois y aller. - À plus tard.

Oui, elle convient très bien.

Vous êtes Irena ?

- Permis de séjour ? - Tout est en règle.

32 ans.

- Mariée, des enfants ? - Mariée, sans enfant.

- Et votre mari ? - Il travaille en Ukraine.

- Vous savez cuisiner ? - Oui.

Quels plats, par exemple ?

C'est varié. Côtelettes à la milanaise,

pâtes au pistou, spaghetti à la Bottarga,

- des tartes aux fruits. - C'est bizarre.

- Vous n'aimez pas les tartes ? - Non, bien au contraire !

Vous avez l'expérience des petits enfants ?

- Vous vous en êtes souvent occupé ? - Très souvent.

Vous semblez parfaite !

Gina et le concierge m'ont dit beaucoup de bien de vous.

Commençons par une période d'essai, on verra ensuite.

- Quand voulez-vous que je commence ? - Lundi, c'est bon ?

Parfait. Merci, Madame.

Une dernière chose très importante.

- Vous savez conduire ? - Absolument !

- Ça va comme ça ? - C'est mieux.

- Maintenant, passez la seconde. - D'accord.

- Il fallait vraiment qu'on vienne ici ? - Y avait personne hier.

- Tournez au rond-point. - Barre-toi !

Attention ! Vous voulez qu'on ait un accident ?

Tu me plais.

Ensemble, on va faire de grandes choses.

Pour toi, je veux un nom d'artiste.

Quelque chose de spécial.

Giorgia.

Comme la chanson.

Ça te plaît ?

Détachez-moi une main...

et je vous réponds.

Tu as de très beaux yeux.

Qui c'est ?

Voilà la buanderie. Désolée pour le bazar.

Attention à la machine, elle fuit lors de l'essorage.

Il faudrait la faire réparer.

La hotte a un défaut.

Quand vous l'allumez, donnez un coup pour la faire démarrer.

- Où s'éteint le gaz ? - Ah, oui.

Au début, vous pouvez travailler aussi le jeudi ?

Bien sûr, Madame.

Ici aussi, je dois changer les draps chaque semaine ?

Non, c'était la chambre de Gina. Plus personne n'y dort.

Voilà où je travaille.

Interdiction absolue d'y mettre les pieds

ou de toucher quoi que ce soit en mon absence.

- Même pour laver le sol ? - Pour tout.

Très bien.

Doucement ! C'est rien, chérie !

- Méchante ! - Elle n'a pas fait exprès.

- Pardon. - C'est rien, mon cœur.

Je ne l'ai pas vue.

Je ne veux plus la voir ! Idiote !

Toi aussi, tu t'es fait avoir ! Je t'avais prévenue !

Toutes les mêmes !

Vous disiez de les exciter, même sans...

Et tu salis ma chemise. Tu vas payer !

Tu fous le bordel, tu répares.

- Madame, excusez-moi. - Entre.

Le col de cette blouse est abîmé, qu'est-ce que je fais ?

Y a rien à faire. Jette-la.

C'est dommage, elle m'allait bien.

Je peux essayer de le retourner.

- Vous savez faire ça ? - C'est pas difficile.

Je suis en train de finir le fermoir du bracelet.

Irena, la nouvelle domestique.

- Bonsoir, Monsieur. - Bonsoir. D'accord.

- Tu m'as apporté le château ? - Pardon, j'ai encore oublié.

Laissez-moi, s'il vous plaît. Allez voir la petite.

Tout de suite.

Tea, tu veux goûter ?

Je veux savoir pourquoi !

T'as besoin de hurler ?

- Je ne reconnais plus rien, ici ! - Baisse d'un ton !

Que je baisse d'un ton ? Salope !

- Comment oses-tu ? - J'ose !

Je sais bien que tu bosses ici pour ton compte !

Arrête, tu veux !

Tu es déçue de me voir ?

Ta maman n'a pas pu venir.

Allez, on y va.

Tu as raison, j'ai été stupide.

Que dois-je faire pour me faire pardonner ?

- Tu as menti à ma mère. - Pourquoi ?

Tu ne sais pas conduire. Je vais le lui dire.

Bravo, comme ça tu te débarrasses de moi.

Mais ce n'est pas ma faute, si tu ne sais pas tomber.

Je lui dirai que tu l'espionnes quand elle se dispute avec ton père

puis que tu te caches pour pleurer.

- Maman ! - Bonjour, mon cœur !

Comment ça va ? Ça s'est bien passé, aujourd'hui ?

- Bien. - C'est bien, ça !

Maintenant, va jouer avec Irena.

J'ai un travail urgent. On se voit plus tard, d'accord ?

- Va voir dans ta chambre. - Pourquoi ?

Va voir.

Le château de la princesse !

- Merci. - C'est ton père qui l'a apporté.

Tu as appelé ton père ?

Oui, je suis pas comme toi qui ne l'appelles jamais.

Irena, l'essorage !

Maintenant, tu sais composer le numéro de papa.

- Bravo ! - Oui.

Un seul chiffon ne suffira pas !

- Tout va bien, Madame. - Sinon, ça va faire une mare.

Vous avez pris le seau ?

- Elle a beaucoup fui ? - Rien du tout.

- C'est un miracle ? - J'ai changé le joint.

Vous êtes géniale, c'est la fin du cauchemar !

Si c'est tout,

je vais nettoyer la cuisine et rentrer chez moi.

Attendez un peu.

Votre relation avec Tea s'est améliorée.

Pourriez-vous rester avec elle jusque vers minuit ?

- Allez-y, je n'ai rien de prévu. - Bien.

Je sais que c'est toi.

- Quoi ? - Le cadeau.

Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

Je pensais que tu serais heureuse que ça vienne de ton père.

Tu as eu successivement trois couleurs de cheveux :

Noirs quand tu es née, puis roux, et châtains depuis un an.

Tes yeux,

noirs,

verts, marrons !

Tu connais des berceuses ?

- Des berceuses... Oui, une. - Chante-la-moi !

- Tu as même rangé la réserve ! - Je l'ai vidée, elle était inondée.

- Tout est à jeter. - Pas mes affaires !

Tu te souviens de ça ?

- Comme c'est beau ! - On ne la reconnaît pas !

Magnifique !

Tout ce travail en trois jours ? Superbe !

Irena, les serviettes !

Pardon, c'est parce que je les ai toutes lavées.

Quel froid ! Merci.

Félicitations, Madame.

Vous avez un corps de jeune fille.

N'exagère pas !

Donato, attention, tu vas la faire tomber !

Oui, mon Colonel !

Je suis contente que vous et votre mari...

Même Tea est plus gaie.

Tu peux me passer de la crème dans le dos ?

On est ridicules, je te tutoie, tu me vouvoies...

Tutoyons-nous.

Comme vous voulez, Madame.

Ce n'était pas un compliment. Vous avez un joli corps.

On ne dirait pas que vous avez eu un enfant.

- Tea, attention ! - Ne cours pas comme ça !

Ne la traumatisez pas. Si elle tombe, elle se relèvera !

On veut éviter qu'elle se blesse sans arrêt.

- Laissez-la vivre. - Il n'existe rien pour la soigner ?

Elle n'est pas malade, rentrez-vous ça dans le crâne !

Irena, comment est ton mari ?

- Mon mari ? - Tu n'en parles jamais.

Déposez-moi à l'arrêt de bus.

- On te ramène chez toi. - C'est pas la peine.

Comme ça, on verra où tu vis.

Une autre fois, je vais marcher.

Irena, attends !

Je t'accompagne, on pourra parler.

Y a un problème ?

Ça a été vraiment dur de les convaincre de te prendre.

Beaucoup avaient de meilleures références.

J'ai compris. Il faut revoir notre accord ?

Non,

je pensais que tu pourrais être plus gentille avec moi.

Laisse-moi t'aider. Tu habites dans le coin ?

Écoutez-moi bien, Matteo :

à partir d'aujourd'hui, je vous donne 50 % de mon salaire.

D'accord ?

Mais ne vous approchez plus de moi. Merci.

ORFÈVRERIE ADACHER

J'ai quelque chose d'important à te demander.

Ça te dérangerait de garder Tea ici, toute la semaine ?

Avant Noël, j'ai besoin d'avoir du temps à moi, de rester seule.

- Vous n'avez pas à me donner de raison. - Bien.

Tu toucheras un supplément, bien sûr.

Je te laisserai de l'argent pour les courses.

Pour le reste, vois avec mon mari à son atelier.

- D'accord. - Attends un peu.

Tu pourras me joindre à tout moment sur mon portable.

Ne vous inquiétez pas, tout ira bien.

Je m'inquiète pour Tea. Ne la perds jamais de vue, d'accord ?

Il vaut peut-être mieux qu'elle rate l'école. Qu'en penses-tu ?

Je ne crois pas. Ça lui ferait trop de changements.

Le dernier jour d'école est vendredi ou samedi ?

Vendredi, je crois.

Laissons tomber, elle poserait trop de questions.

- Une dernière chose. - Oui ?

Voilà longtemps que je ne suis pas allée à la Villa Robinia.

J'irai. Vous, pensez à être heureuse.

- Qu'est-ce que t'as fait ? - Moi, rien.

Te voilà ! Je l'ai cherchée partout.

Je vous avais demandé de la garder en classe jusqu'à ce que j'arrive.

- Elle s'est enfuie. - Ça, j'ai saisi.

C'est le reste que je ne comprends pas !

Mes copines m'ont poussée dans les escaliers.

Si ça se reproduit, vous aurez de sérieux problèmes.

- Tu as encore mal ? - Oui.

La prochaine fois, tu dois réagir. Frappe-les.

Et comment on fait avec l'histoire de la joue ?

Si quelqu'un te gifle, il faut tendre l'autre joue.

C'est ce que disent ceux qui mettent le premier coup.

Tu dois apprendre à te défendre et te protéger quand tu tombes.

Comment ?

Si tu veux savoir, tu devras faire tout ce que je dirai.

C'est d'accord.

Serre-moi la main.

Il faut fêter ça.

- Je parie que tu aimes les fraises. - Gagné !

J'en étais sûre.

Le pédiatre m'a interdit d'en manger.

Tu ne diras rien à ma mère ?

Impossible ! Je ne peux pas trahir notre pacte.

Je sais garder les secrets.

- Ça te fait mal ? - Non.

- C'est le jeu du saucisson ? - En quelque sorte.

Lève-toi.

Je vais t'aider.

Allez !

Toute seule.

Toute seule, maintenant.

C'est bien. Debout !

Allez, Tea. Lève-toi !

C'est bien. Lève-toi.

- Lève-toi. Bravo. - Je l'ai fait. Maintenant, stop !

Lève-toi toute seule !

Debout ! Allez !

- T'es méchante ! - Allez ! Toute seule !

Lève-toi !

Encore ! Lève-toi ! Allez, lève-toi !

- Je le dirai à ma mère, tu seras virée. - Tu veux me virer ?

- Qui tu veux virer ? - T'es méchante !

Méchante !

- Encore ! - Méchante !

- Relève-toi ! - Arrête, s'il te plaît !

- Relève-toi ! - Arrête !

Allez, relève-toi !

Encore ! Allez !

Putain ! Putain !

C'est bien ! Tu vois que tu peux le faire ?

Pourquoi tu ne m'as pas giflée avant ?

Pourquoi tu ne l'as pas fait avant ? Tu es forte, tu comprends ?

Venez.

Dites à Mme Adacher qu'elle a un paiement de retard.

- Je viens de payer. - Ah, pardon.

Nous y voilà.

Voilà la patiente la plus douce de la Villa Robinia.

Vous me reconnaissez ?

N'insistez pas. S'il ne fait pas trop froid,

vous pouvez lui faire prendre l'air. Ça lui fera du bien.

Je suis désolée.

Je sais que vous ne me pardonnerez jamais.

Mais si je ne l'avais pas fait,

c'est moi qui serais morte.

Vous comprenez ?

En tout cas, je vous revaudrai ça, d'une façon ou d'une autre.

Elle est trop petite pour cette longue branche.

Mets-la plus haut.

Bien sûr, Madame la Présidente.

Mets l'étoile au sommet.

- M. Donato, vous restez dîner ? - Qu'en dit Madame la Présidente ?

Passer une soirée avec moi, ça va pas te tuer.

Tu veux manger avec nous ?

Ce serait déplacé.

- Papa, dis-le-lui. - Arrête avec tes caprices.

Si je suis la présidente,

pourquoi c'est toujours vous qui décidez ?

Irena, s'il vous plaît.

Qui vous a appris à cuisiner aussi bien ?

Personne.

J'ai lu beaucoup de recettes.

- J'ai encore faim ! - Il a faim !

- À présent, j'ai besoin de trois enfants ! - Moi, moi !

Toi, toi et toi !

Laissez-la.

Allez, en piste ! Sauter fait digérer !

Quelle odeur !

Lève-toi.

Lève-toi.

Debout !

Ça ne sert à rien, laisse-moi tranquille.

- Gifle-moi ! Frappe-moi ! - Arrête, s'il te plaît !

Je ferai tout ce que vous voulez. Faites-moi sortir.

J'y arriverai jamais.

Il ne travaille plus depuis longtemps.

- Il est même pas venu prendre sa paye. - Où je peux le trouver ?

Qui sait ?

Une photo avec le Père Noël ? Approchez !

Souriez.

Rapproche-toi de maman.

C'est pas...

- Quoi ? - Rien. Rien.

- On ne bouge plus. - Souriez.

Un joli sourire. Et voilà !

Bonjour, ma chérie !

Comment ça va ? Quelle élégance !

Joyeux Noël, Madame.

- Merci, Matteo. - Au revoir.

Laisse-moi te regarder.

Qu'est-ce que c'est ?

- Qu'est-ce que t'as fait au bras ? - Rien. Rien.

Irena, que s'est-il passé ?

C'est à la balançoire, au parc.

- Tu sais comment je suis. - Oui, ma chérie.

- Que dois-je préparer ? - J'ai oublié, on dîne dehors.

Merci, Irena. Si tu as fini, tu peux y aller.

On parlera demain.

- D'accord. Passez une bonne soirée. - Merci.

- Avec qui tu vas manger, ce soir ? - Avec des amies.

Toi, mes amies, tu les connais. Pourquoi tu ne me présentes pas les tiennes ?

Ça t'ennuierait à mourir.

- On se voit demain ? - Pourquoi on se verrait pas ?

Tout va redevenir comme avant.

- Joyeux Noël ! - Joyeux Noël.

Joyeux Noël !

Qui est-ce ?

Doux Jésus ! Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Entre. Entre.

Debout. Voilà.

Tu ne veux aller ni à l'hôpital ni au commissariat.

Pardon.

Tu t'es fourrée dans de sales draps.

Je vous en prie. Laissez-moi rester ici quelques jours.

Tu veux m'entraîner dans tes ennuis ?

Juste si vous ne m'aidez pas.

Désolé, mais tu devras partir avant le lever du jour.

Et pour toujours, compris ?

Avant, je veux dire au revoir à tous les locataires.

Comme tu veux, du moment que je ne te revoie plus.

Comme ça, je leur raconterai l'histoire de la poussière d'or.

Qu'est-ce que tu...

Ils auraient dû frapper plus fort !

Entre.

- Ça te plaît ? - Enfermée ici jour et nuit ?

C'est pour ton bien, chérie.

Le soir, Lucrezia te fera prendre l'air.

Cuisine italienne.

- Tiens. - Pour moi ?

Comment tu savais que j'aimais les rouges ?

Je t'observe, je t'étudie.

Il m'arrive parfois d'avoir la main lourde,

mais au fond, je t'aime.

Il faudrait me rendre un service. J'ai quelques amis...

- Mais, je... - Ils sont un peu particuliers.

Après, repos absolu jusqu'à la dernière semaine.

Qui passe en premier ?

Bon...

Voilà les médicaments.

Et du chocolat.

Dites à Mme Adacher

que j'ai la grippe et que je suis clouée pour un moment.

D'accord.

Vite !

- Pas une fois ? - Non, j'ai toujours avorté.

Tu ne dois pas trop prendre soin de toi.

C'est triste, à ton âge.

Qu'est-ce que vous voulez dire ?

Que tu n'auras jamais d'enfant.

- Il va à Velarchi ? - Oui, Madame.

Il faut que tu fasses attention, il y a des rumeurs.

Les types ne s'amusent plus. Ils se plaignent de tes pleurs.

Le vent a tourné, Giorgia, surveille tes arrières.

Moisi est doux et gentil, mais quand il n'a plus besoin de toi...

Que peut-il faire de plus ? Me liquider ?

Chacun mène sa vie comme il l'entend.

On refuse pas à un condamné à mort sa dernière volonté.

Donnez-moi ce nom.

C'est moi. Ça ne s'ouvrait pas.

Elle t'a cherchée toute la journée.

- Tu as besoin d'un docteur ? - Non, merci.

- Comment va Tea ? - Elle aussi a de la fièvre.

Elle est là. Je te la passe.

Quelle voix horrible !

Tu vois, je suis malade, moi aussi. Quand est-ce que tu reviens ?

Bientôt.

Viens maintenant. Tu n'as qu'à bien te couvrir.

Je peux pas, mon trésor.

Chante-moi cette chanson que je ne comprends pas

- mais qui m'endort très vite. - D'accord.

- Tu es sous la couverture ? - Oui.

- Tu es heureuse, ce soir. - Ça m'arrive.

Deux types t'ont demandée, aujourd'hui.

Je leur ai dit que tu ne travaillais plus ici.

- C'est bien. - Autre chose.

Ils cherchent une nouvelle domestique.

Il est temps de t'en aller.

Je t'avais prévenue.

J'ai l'impression de marcher sans arrêt

sans bouger de mon point de départ.

Et je ne trouve pas la sortie, s'il y en a une.

Chaque pas est une erreur.

J'ai fait tant d'erreurs.

Une vie entière serait trop courte pour les racheter.

Mais croire que quelqu'un comme moi

pouvait avoir un futur...

Ça a été ma plus grosse erreur.

C'est pour ça que je mérite de mourir, pas pour ce salaud.

Ça, c'est pour Nello.

Je le referais. Je n'ai aucun remord, juste peur

car je croyais avoir réglé mes comptes avec le passé.

Mais le passé n'a pas réglé ses comptes avec moi.

Je t'ai assez fatiguée pour aujourd'hui.

Merci et au revoir.

- Tu es guérie. - Je vais mieux.

C'est la première fois que je sors. Je pensais vous appeler cet après-midi.

Comment tu vas ?

Qu'est-ce que t'as fait à ton visage ?

À force de trop penser à toi, moi aussi je suis tombée.

Vous avez trouvé une nouvelle domestique ?

Quelles sont tes intentions ?

Il y a eu plusieurs cambriolages dans l'immeuble.

C'est vrai ?

Tu devrais me rendre les clés.

- C'est pour ton bien. - Bien sûr !

- Je suis toujours là, je t'ouvrirai. - D'accord.

Tu veux boire quelque chose, Tea ?

Les enfants, vous avez soif ?

Je t'ai apporté un nouveau dessin animé.

Tu vois pas qu'on joue ? Laisse-nous tranquilles !

Pourquoi tu me traites aussi mal ?

Apprends-moi à jouer à cache-cache.

Où est-ce que tu te caches ?

Tea, où es-tu ?

Tea, sors de là !

Qu'est-ce qui se passe ? Calme-toi !

Que se passe-t-il ?

Ils ont kidnappé la petite.

Qui ça ?

Qu'est-ce que tu racontes ? Où étais-tu ?

Réponds-moi !

J'ai gagné, t'as pas réussi à me trouver !

Pardon.

C'est fini.

Je peux t'aider ?

Convaincs ta mère de me laisser dormir ici ce soir.

- Tu as peur de l'homme au journal ? - C'est juste pour rester avec toi.

D'accord, mais si elle dit oui, on peut faire la paix ?

On a déjà fait la paix, mon cœur.

- Plus vite, on est en retard ! - Ne cours pas !

Comment on va faire pour aller à l'école ?

Ça y est, tu t'es fait virer.

Je l'aurais parié.

Les malheurs pleuvent depuis ton arrivée.

Laissez-moi rester encore quelques jours.

Où je te mets ? En bas, tout est inondé.

Et je ne veux pas d'ennuis.

Tu es trop dangereuse.

- Et ingrate. - J'ai toujours respecté nos accords.

L'argent ? Je te le rendrai.

Tu n'as rien compris.

Je t'aime !

Tous les deux, on ira loin.

Tu as déjà décidé comment tu allais me tuer ?

Quoi ?

Tu sais que tu m'as toujours plu.

Si tu n'étais pas devenue si bizarre, on serait allés loin !

On serait restés là où on est maintenant,

au bout du chemin.

- Il reste encore du chemin. - Alors, buvons.

Si c'est la dernière fois, je veux m'enivrer avec toi.

Pourquoi ils t'appellent "Moisi" ?

Tiens.

Ne me touchez pas.

Pardon.

Tu veux que je parle à Mme Adacher ?

Elle te reprendra.

Je suis trop vieux pour toi.

Qu'est-ce que tu fais ?

N'ayez pas peur.

Un bisou à papa.

Comment tu vas ?

J'ai essayé, mais elle est en colère. Elle a peur.

- De quoi ? - De toi.

- Qu'est-ce que t'as fait à ma mère ? - Rien.

Tu ne me caches rien ?

Je t'aime, je ferais n'importe quoi pour toi.

Je suis juste passée lui dire bonjour.

- S'il vous plaît... - J'ai compris.

Elle veut revenir, mais maman ne veut pas.

Il faut être patiente, ma femme est comme ça.

Ça lui passera.

C'est petit mais il m'a vraiment porté chance.

J'y ai préparé tous mes examens.

Le loyer n'est pas cher. Ça serait super que tu le prennes !

- Où monte cette échelle ? - À une entrée de service.

Tais-toi !

Tu croyais te débarrasser aussi facilement de moi ?

Deux coups de ciseaux et bye-bye, comme au cinéma ?

Tout le monde n'est pas aussi bon que toi.

Depuis que tu t'es enfuie, j'ai eu le temps

de réfléchir à la façon de te liquider.

J'ai déjà quelques idées.

Choisis celle que tu préfères et finissons-en.

Chaque chose en son temps.

Je suis plus généreux que toi, Giorgia.

Si tu me réponds, je promets de te laisser tranquille.

Où est l'argent ?

J'ignore de quoi tu parles.

N'entrez pas !

Je vous en prie.

MALADIES MUSCULAIRES INFANTILES

J'aurais dû voir qui tu étais.

Que c'était du chantage.

Combien tu veux ?

Je ne veux rien.

Qu'est-ce que tu cherches ? De l'amitié, de la compréhension ?

Rentre-toi ça dans le crâne :

je ne te laisserai jamais me voler ma fille.

- Ta fille ? - Oui, c'est ma fille.

Résigne-toi.

Tout est légal.

Tu ne peux rien faire.

Je suis sa mère à tous points de vue.

Dis une somme.

Je ne veux rien de vous, Madame.

Alors, laisse ma fille tranquille.

Je ne veux plus te revoir.

Jamais !

Rends-moi les clés de la voiture.

Et celles-là ?

Les clés de la maison.

Je croyais que tu me les avais rendues, sale voleuse.

Qui est l'homme au journal ?

Partez, Madame.

Disparais ou vous le regretterez, toi et tes complices !

Tu t'es fourrée dans un truc qui te dépasse.

Tu imagines tout le fric à se faire avec cette histoire ?

Du calme, elle n'a rien à voir avec ça.

Mais elle est dangereuse.

Crache le fric ! Tu as une semaine ou t'es morte !

Je te connais. Tu me tueras quand même.

Crois-moi, trésor, tu ferais mieux d'obéir.

J'aurais pu le faire à plusieurs reprises

mais je n'ai jamais voulu l'enlever.

Je voulais juste être près d'elle.

Ça me suffisait.

La voir grandir,

voir à quel point elle ressemblerait à son père.

J'aurais dû faire comme tant d'autres,

débarquer un beau jour, faire un scandale

et récupérer mon bien.

Je peux encore le faire.

Pourquoi tu me fais toujours signer ?

Pourquoi tu me fais toujours signer ?

Vous avez entendu ? Ça fait déjà quelques jours.

Alors, elle pourra remarcher !

L'important est qu'elle puisse communiquer.

Vous avez rendez-vous ?

Non, mais M. Adacher me connaît, j'ai travaillé pour sa femme.

- Écoutez... - Juste cinq minutes, c'est urgent.

D'accord, je vais voir ce que je peux faire.

Vous êtes Irena Yaroshenko ?

Désolé, M. Adacher ne peut vous recevoir.

Il est arrivé quelque chose ?

Continue ! Encore !

Bonjour, M. Adacher.

C'est bien que vous soyez venue, je vous cherchais.

Je voulais venir avant, mais je craignais de déranger.

Ne vous inquiétez pas.

Comment va Tea ?

Pas très bien.

Elle est nerveuse et pose plein de questions,

comme quand Valeria rentrera de son voyage imaginaire.

- Elle a beaucoup manqué l'école ? - Elle est chez mes sœurs,

mais elle ne s'y plaît pas.

Elle vous réclame.

Si vous voulez,

je peux lui tenir compagnie quelques heures par jour.

En fait, je voulais vous demander de revenir à plein temps.

Il y a une chambre pour vous dans notre nouvelle maison.

Tea serait contente.

Tu aimes bien déménager.

Quand on quitte son pays, on perd toute attache.

Belle prose, mais je perds patience.

Où est le fric ?

Comment croire que tu me laisseras partir ?

J'ai juré devant Dieu de te briser le cou.

Mais Il peut fermer l'œil.

Juste toi et moi.

Tu ne m'avais pas habitué aux mots doux.

Dommage.

Rassurée ?

Ceux-là vont dans le bureau de M. Donato.

Celui-là, il faut le réparer.

- Comment tu vas ? - Bien, et toi ?

Mieux, maintenant que je te vois.

Viens voir ta chambre.

Elle est grande, non ?

Et la chambre de maman ?

On ira après. Comment dois-je placer tes meubles ?

Allez, chérie, fais marcher ton imagination.

Pas besoin, je veux que tout soit comme avant.

Qu'est-ce que t'as fait à tes mains ?

C'est pour vous.

Vous êtes Irena Yaroshenko ?

Suivez-nous au poste.

- Pourquoi ? - Une formalité.

Qu'est-ce qui se passe ?

Rien.

Je reviens tout de suite.

Je t'en prie, laisse-moi garder celui-là !

Qu'est-ce que ça change ? Je travaillerai encore plus,

mais laisse-moi le garder !

Dégage !

Oublie-le, compris !

Vous avez le permis de conduire ?

J'ai dû l'oublier,

mais je connais le numéro : RC 30...

97...

254B.

C'est bien le vôtre ?

Et ça ?

Comment étaient vos relations avec Mme Valeria Corsini Adacher ?

Excellentes.

Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ?

Croyez-moi, je l'aimais beaucoup.

Mais vous vous êtes violemment disputées.

Pourquoi ?

Elle n'était pas contente de mon travail.

Comment expliquez-vous vos empreintes sur le tableau de bord ?

Elle conduisait cette voiture tous les jours.

Mais la chaussure, le permis...

J'ai dû les perdre. Quel rapport avec l'accident ?

Mme Adacher a quitté la route

car ses freins ont été trafiqués.

Ce n'était pas un accident, mais un meurtre.

Je ne sais même pas où sont les freins d'une voiture !

Il est évident qu'Irena Yaroshenko est innocente.

Les éléments sont minces.

D'accord.

Ce "d'accord" voulait dire quoi ?

Qu'ils ne sont pas convaincus.

Gardien !

On est où, là ?

À partir de l'abreuvoir, cinq pas vers la tombe du chien.

L'argent se trouve là.

La tombe, l'abreuvoir...

C'est quoi, une chasse au trésor ?

- Pas loin. - Alors, commence à creuser, salope !

Du nerf !

Un, deux, trois, quatre...

cinq. Là !

Comment je dois te le dire ?

Ramasse la pelle !

La putain de ta mère !

C'est lui, votre coupable.

Vous me croyez, maintenant ?

Pourquoi vous a t-il poussée à faire tout ça ?

Pour me punir.

Je m'embrouille. Ça doit être plus par là.

"Plus par là" ? De quel côté ?

Retrouve le fric !

Sale pute !

On était ses esclaves.

Si on ne rapportait pas assez,

il nous déshabillait et nous pissait dessus.

Et les cadeaux ?

À chaque fois que j'étais enceinte.

C'était sa façon de bien me traiter :

parfums, téléphones, chaussures.

Et 400 ou 500 euros à la fin.

À la fin ?

Quand l'affaire était bouclée.

Connaissiez-vous les personnes avec qui vous faisiez affaires ?

Non, à partir du 4e mois, j'étais enfermée.

Je ne voyais personne, il s'occupait de tout.

Expliquez-nous.

Moisi trouvait les acheteurs.

La première fois,

j'étais alors au 8e mois. J'étais enceinte par accident.

Après, c'était toujours organisé.

C'est-à-dire ?

L'acheteur choisissait l'une d'entre nous.

Puis, la fille choisie ne se protégeait plus

- et tombait enceinte. - Ça vous est arrivé combien de fois ?

Neuf fois.

Neuf bébés en douze ans.

La dernière est Tea Adacher.

Pousse !

Encore un effort !

- C'est bien ! - Allez, continue comme ça !

- Ça vient ! - Ça y est !

Allez, chérie !

C'est bien ! Tu y es arrivée !

Montrez-le-moi.

Montrez-le-moi !

Je le prends.

Montrez-le-moi.

Regarde-le.

Et oublie-le.

Qu'est-ce qui vous rend certaine que Tea Adacher est votre fille ?

Sa date de naissance est d'à peine trois jours après mon accouchement.

D'habitude, ça prend plus de temps pour les enregistrer.

Ce n'est pas une preuve suffisante.

Personne n'a jamais vu Mme Adacher enceinte.

Aucune photo de son ventre.

Chaque mère en a une !

Pas plus que d'analyses durant la grossesse.

C'est fou, non ?

En plus, Tea ne ressemble à aucun de ses parents.

En fait, c'est leur fille adoptive.

Comment en êtes-vous sûre ?

J'ai vu le certificat d'adoption, ils le gardent en lieu sûr.

Dis aux juges ce que tu penses de la famille Adacher.

Je les aimais.

Ils avaient permis à ma fille

d'avoir un futur qu'elle n'aurait pas eu avec moi.

Comment avez-vous localisé la famille Adacher ?

Il y a douze familles Adacher à Velarchi,

mais c'était la seule à avoir un enfant de cet âge.

Comment avez-vous découvert que les acheteurs s'appelaient

Adacher ?

La sage-femme me l'avait dit.

Genna Lucrezia, connaissez-vous Yaroshenko Irena ?

Ils l'appelaient Giorgia, hein ?

Tu l'as dit au juge ?

Oui, je la connais.

Vos déclarations sont contradictoires.

Vous avez vu qui achetait les enfants.

Je n'ai vu personne ! Je ne sais rien sur les enfants !

- Tu es malade ! - On était chez vous,

vous cuisiniez des aubergines, vous m'avez dit : "Adacher à Velarchi".

- Je ne cuisine pas les aubergines. - Votre déclaration cite Adacher.

Comment connaissez-vous ce nom ?

Elle me harcelait

pour savoir des choses que j'ignorais.

Elle était insupportable.

Elle voulait que je fasse parler Moisi.

Un jour, j'y suis allée.

Donne-le-lui, leur nom !

Je ne le connais pas !

Comment ils s'appelaient...

Il faudrait un nom original.

Dis : "Adacher à Velarchi".

Et c'est ce que je t'ai dit.

C'est pas possible.

Elle dit ça pour se venger.

ORFÈVRERIE ADACHER

Ta décision de collaborer avec la justice a été appréciée,

mais le juge ne fermera pas les yeux sur tout.

J'ai atteint mon objectif, le reste importe peu.

Vous avez été formidables.

J'aurais aimé te poser une question.

Maintenant, vous savez tout de moi. Je vous écoute.

Tu as déjà songé à chercher tes enfants ?

Les autres ?

Non, juste le dernier.

Pourquoi ?

Je sais pas.

Peut-être parce que je savais qui était le père.

Dernièrement, j'ai pensé aussi à chercher les autres.

Je ne connais que leur âge.

Le reste...

je me l'imagine.

Si je n'avais pas retrouvé Tea,

je les aurais peut-être cherchés.

J'ai autre chose à te dire.

Vas-y.

Le test ADN a montré que Tea n'était pas ta fille.

Ce document n'était qu'un formulaire d'adoption.

Tu n'as pas vu qu'il manquait le nom de l'enfant.

C'est une adoption tout à fait légale.

La mère naturelle a disparu juste après l'accouchement.

Le juge m'a chargée

de te faire une proposition

un peu particulière.

Tu n'es pas obligée d'accepter.

Ma puce.

Tu me reconnais ? Tu es en colère contre moi ?

Pardon.

J'ai dû rentrer dans mon pays,

loin d'ici.

Toi aussi, tu voyages.

Tu n'es plus une bonne nounou.

Tu aurais dû demander la permission à maman.

Je deviens vieille, j'oublie les choses.

- Demande-moi, la prochaine fois. - D'accord, Madame la Présidente.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je suis tombée.

Cette fois, je sais pas qui m'a poussée.

C'est pour ça que tu ne veux plus manger ?

Si tu ne sais pas qui t'a poussée,

défoule-toi sur le premier venu, mais jamais sur toi.

Aujourd'hui, tu ne m'as pas apporté de cadeau.

C'est vrai.

Mais, j'ai beaucoup travaillé pour t'en faire un très gros.

C'est un secret pour le moment, mais bientôt,

tu auras une belle surprise.

Quand ça ?

Quand tu seras devenue une grande et jolie fille.

Je peux pas attendre aussi longtemps.

Les choses importantes demandent beaucoup de patience.

Donc tu dois manger pour grandir.

Comme ça, tu n'auras plus besoin d'une nounou pour t'aider à manger

ou pour choisir tes vêtements le matin.

Tu feras tout par toi-même.

Tu es en train de dire que tu t'en vas ?

Une domestique ne reste jamais à vie. Tôt ou tard, elle part.

Ou elle est licenciée.

Je ne t'ai pas licenciée.

Je sais,

mais j'ai dû trouver un autre travail.

Renonces-y ou fais-toi virer.

C'est difficile.

Ce n'est pas un travail comme les autres.

Si tu te dépêches d'apprendre à écrire, on s'écrira souvent.

Et tu me diras

ce que ça fait de devenir une femme.

Tu devrais le savoir.

Durant ma vie, j'ai été trop distraite...

pour m'en apercevoir.

Donc tu as inventé tout ce que tu m'as appris ?

Quelquefois.

On ne peut pas faire confiance aux adultes.

Vous vous sentez mal ?

J'y arrive toute seule, merci.

Bonne chance !

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