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Original subtitles

FPS 25

Coups r�p�t�s

Coup

-Ouille !

-Silence ! Introduction, g�n�rique 2e.

Musique entra�nante

-Qui veut son portrait ?

Qui veut son...

Qui veut son portrait, plus vrai que le vrai ?

Qui veut son portrait ?

-Non, merci, mon vieux.

-Oh !

Et voil�.

Qui veut son portrait, plus vrai...

Musique guillerette

Klaxon

Qui veut son portrait, plus vrai que le vrai ?

Qui veut son portrait ? -Non, merci.

-Gloire aux arts ! Asseyez-vous, jeune homme.

Je suis � vous,

le temps d'un coup de peigne.

-On se croit au cirque ? -C'est Taupin.

Monsieur.

-Lucile. -Quoi ?

-A c�t�. C'est fantastique, stup�fiant.

-Le barbu ? -J'ai une id�e.

-Encore !

-Oh ! "Fulbert Taupin." Combien vous dois-je ?

-5 F, monsieur. -Pour une simple barbe ?

-Oui, mais quelle barbe !

Merci, monsieur. -Merci. Dieu vous le rendra.

-H� !

-Joli geste, monsieur. C'est si rare, � notre �poque.

-Moi ? -Oui, vous.

Baron Bullourde, de la banque Bullourde and Company.

-Banquier ?

-Mlle Lucile, artiste dramatique. -Mais...

-Elle �tait divine dans Shakespeare. Vous vous rappelez ?

-Shakespeare, oui, mais mademoiselle, non.

-C'est le moment de faire sa connaissance.

Croquez-la. -Oserais-je croquer mademoiselle ?

-Ah, jeunesse, timidit� !

Osez, mon vieux, osez.

Fulbert tousse.

-Vous toussez ?

-Evidemment, la vie d'artiste : boh�me, insouciance,

pas d'argent, ni table, ni �dredon, on tousse, et adieu !

-Non, c'est nerveux.

-Gar�on, un Viandox pour Monsieur.

Vous avez un trait qui me va droit au coeur.

La ma�trise.

-J'ai travaill� dans les grandes �coles.

-Et vous faites les terrasses ?

-La destin�e.

-On la fait, la destin�e.

-Peut-�tre, monsieur le baron,

mais de temps en temps, �a vous �chappe.

C'est comme le dessin.

En face, vous avez la beaut�,

un visage charmant...

Il se racle la gorge.

Vous �tes �bloui,

vous regardez votre papier,

et �a n'est plus �a...

On n'a plus confiance en soi.

Adieu, Botticelli,

adieu, Rapha�l.

On sera jamais

dans les mus�es.

Jamais, jamais.

Alors il reste la rue.

La rue.

-C'est le domaine la chance.

-Vous �tes d�sesp�r� ?

-Fini !

Voil�.

-Et voil�.

-50 F ?

Ah non, c'est trop, monsieur le baron.

-Mais non, prenez.

-Le plaisir d'avoir croqu� mademoiselle...

-Coupons la poire en deux. 5 F, �a vous va ?

Voil� ma carte. Je vous attends demain � la maison.

-Un m�c�ne ? Il existe encore des m�c�nes ?

Je vais finir par croire en Dieu.

-Moi aussi, monsieur.

-Ah non !

H� !

Ah non !

-A demain, cher ami.

-Ce billet est faux.

-Comment �a ?

C'est vrai, y a pas de doute.

Ils te l'ont remis � la pharmacie ? Ils vont m'entendre.

Excusez-moi, gar�on.

-Tu te trompes de poche.

-Oui, o� avais-je la t�te ?

Voil�, mon ami. -Merci.

-Un jour, �a va mal tourner.

-On peut pas toujours tomber sur des myopes.

Les ennuis sont termin�s. J'ai vu la main d'or.

Musique solennelle

Couinement

Bonjour, Taupin !

J'ai r�v� de vous cette nuit. J'�tais Henri IV,

et vous �tiez Rubens !

Entrez.

Ils parlent chinois.

-Non, j'ai l� des �chantillons. -Laissez.

-C'est le fruit...

-Seul l'avenir compte, et je le vois �norme.

Combien gagnez-vous ?

-Je... -Je vous donne le double.

Finis les mauvais jours. Nous sommes en pleine installation.

Je vous offre ces murs.

Voil�, d�sormais, le lieu de vos exploits.

-Mes exploits ?

-Bonjour.

Bonjour.

Taupin tousse.

-Vous connaissez Lucile ? -Oui. "Shakespeare."

-Ah !

Ces murs vous attendent.

Vous les couvrirez de fresques, de fleurs, d'oiseaux.

-Des chats. -"Des chats" ?

Et pourquoi pas ? Quartier libre !

-Je vois des jets d'eau,

des cascades, des biblioth�ques...

Enfin, Versailles, quoi !

-C'est �a, "Versailles",

du souffle, de la gr�ce.

-Un train, peut-�tre. -"Un train" ?

-Un train tout en trompe-l'oeil. -Pourquoi pas.

O� sont vos pinceaux ?

-Chez moi. -Vous commencez demain.

Lucile, es-tu heureuse ? -Oh oui.

-Privil�ge des artistes : vous avez le coeur des femmes.

-A demain.

-A demain.

Musique douce

Couinement

Musique solennelle

Quelqu'un ouvre la porte.

-Superbe !

G�nial !

On dirait qu'il va voler. Vite, Lucile, nous sommes en retard.

-Mais oui, j'arrive.

Bonjour, Taupin. -Bonjour.

-Taupin, aimez-vous le th��tre ?

-Elle va jouer la com�die ? -Non, un drame.

C'est la 1re r�p�tition.

-Un drame ?

-Une pi�ce magnifique, cruelle, mordante.

La Ran�on d'une m�re, trois actes de tripes.

-Taupin, souhaitez-moi bonne chance.

-Je sais ce qu'on dit dans ces cas-l�, mais oserais-je ?

-Mais osez, mon vieux, osez ! -Je peux ?

-Mais oui.

Il tousse. -Merde.

-Voil�. A la bonne heure. -Merci.

Fulbert chantonne.

Bonjour, Fulbert.

-Bonjour... Bonjour, mademoiselle.

-C'est un m�le ou une femelle ?

-Il est tout jeune, on ne sait pas encore.

-Laissez-moi peindre la derni�re plume.

-Avec joie. -Merci.

-Non, vous tenez la main comme �a.

-Comme �a ? -Oui.

Mais il ne faut pas trembler.

On tremble seulement quand on peint les friselis du vent.

-Mais j'ai le trac.

-Votre 3e acte, quand vous apportez la ran�on de votre m�re ?

-L'auteur a eu un trait de g�nie.

Un courant d'air emporte ma fortune et la disperse dans la salle.

On pr�tend toucher physiquement le public.

-C'est magnifique.

-Alors, les tourtereaux ?

-Je guidais la main de Mlle Lucile.

-Mais guidez, mon vieux, guidez.

Lucile, tout marche. J'ai retenu une date de g�n�rale.

Cet apr�s-midi, photographe, couturier, perruquier...

Un seul ennui. -Grave ?

-Catastrophique ! Les billets du 3e acte, la ran�on,

ils m'ont flanqu� des cartons, du bristol, tout sauf des billets.

-Que c'est b�te !

-Taupin, je suis comme vous, je suis de la vieille �cole.

Pour moi, un billet de banque est un billet de banque.

Il faut que le public, pris au drame,

croie palper l'�norme quantit� d'argent que constitue la ran�on,

et il faut que la salle soit inond�e de billets de banque

et qu'on y croie.

Vous comprenez, Taupin ? -Certes.

Rien n'est jamais assez vrai, c'est ma formule.

Plus vrai que le vrai.

-Exact.

Vous ne pourriez pas me griffonner un petit billet de 50 000 ?

-Si j'avais un mod�le...

-Facile.

-Pas cette poche-l�. -Comment ? Ah oui.

Tenez, pour vous. -Non, c'est beaucoup trop.

-Oh, vous me le rendrez.

D'autant plus que c'est le dernier.

-Alors, lequel, � votre avis ?

-Celui-ci. -Non, celui-l�.

-Celui-ci ou celui-l� ?

Celui-ci.

-Ca, c'est le vrai ? -Non, c'est le faux.

-Mais c'est de la magie, Taupin.

Lucile, embrasse le ma�tre. Embrasse le grand sorcier.

Il m'en faut 12 000 comme �a.

-Il faut que j'en dessine 12 000 ? -Vous m'en gravez un.

-Ah bon.

-Et je me charge du reste.

On frappe � la porte.

Qui est-ce ?

Musique tr�pidante

-Qui est-ce ?

-Billets tous finis.

-Bon. Parfait.

Une seconde.

Taupin ! -Monsieur le baron ?

-Voulez-vous me rendre un petit service ?

-Oui, monsieur le baron.

-Je voudrais une bo�te d'allumettes. -Bien s�r. Avec plaisir.

-Merci.

Venez !

C'est foutu.

-Mais qu'est-ce qu'il fabrique ?

-Une banque.

Il va nous faire pincer ! Vite, les valises.

-Encore ? J'en ai marre, des valises !

-Voil�, une bo�te d'allumettes et la monnaie.

Musique dramatique

-Je divise Paris en 20 arrondissements,

et chaque arrondissement en sous-arrondissement.

Chacun de vous va m'�cr�mer les bureaux de tabac de son secteur.

Je veux des allumettes. Ils r�pondent en chinois.

-Des grandes ? -Non, des petites.

Une bo�te par billet.

Musique guillerette

Couinement

Musique dramatique

-Messieurs, ce sont les derniers paquets.

Demain, vous ferez la grande banlieue.

Couinement

Musique douce

-Oh, Fulbert,

des roses !

-C'est mon bouquet d'adieu. -D�j� ?

-H�las, j'ai termin�.

J'ai peint toute la maison.

Si vous habitiez le ch�teau de Versailles,

j'en aurais eu pour toute la vie.

-La maison vous est toujours ouverte.

Oh !

Oh, le farceur !

C'est merveilleux. Nous allons surprendre Edmond.

Edmond !

-Regarde, l'adieu de Fulbert.

-Oh, superbe !

Coup Oh !

-Monsieur le baron ! -Oui ?

-Une derni�re faveur.

-Encore ?

-Je voudrais une baignoire.

-Une baignoire ?

-Oui.

Pour la premi�re de Mlle Lucile.

-Ah, le th��tre !

Mais vous aurez tout un rang.

Votre derni�re quinzaine.

-Non, rien ne presse.

-Ah si si. Si si.

Les bons comptes font les bons amis.

Tenez. -Ah non, c'est trop.

-Eh bien voil�, je vous dois bien �a.

-Merci.

Musique entra�nante

Lucile...

Hop !

Hop !

Ils parlent en m�me temps.

-La police est dans les tabacs ? -OUI.

-Vous avez �t� suivis ? -NON.

-Vite !

Les vrais billets, ici, les faux, au feu.

Allez, que �a grouille !

Allez, vite !

Ils parlent chinois.

Lucile, vite, les valises.

-D�j� ? -Oui.

Cap sur Madrid. -En Espagne ?

-Faillite ici, fortune au-del� des Pyr�n�es.

Musique entra�nante

Flamenco

Les grandes id�es sont enfantines.

O� vas-tu chercher de l'argent ? A la banque.

O� vas-tu le d�poser ? A la banque.

O� vas-tu l'�changer ? -A la banque.

-En voil� une, elle est � nous.

-Tu l'as achet�e ? -Oui. Gr�ce aux billets de Taupin.

La banque, Lucile, est un vivier miraculeux.

On y plonge des faux billets pour sortir...

-Des vrais. -Tu m'as saisi.

C'est plus simple que les bo�tes d'allumettes.

Flamenco

Lucile, regarde �a.

-Oh, mon Dieu.

-A perp�tuit�.

"Perp�tuitt�" avec 2 T ?

Ce n'est pas malheureux ?

5 ans, d'accord, 20 ans, � la rigueur,

mais � perp�tuit�, m�me avec 2 T, je marche plus.

Taupin sera l� dans 8 jours.

-"Taupin sera l� dans 8 jours" ? -Oui.

-Comment le feras-tu sortir ?

-J'ai des relations. -Elles sont toutes en prison.

-Justement.

Coups de sifflet

-Taupin, � votre place !

-Demain, on �vade Taupin. -Cette tarte ?

-C'est un ordre. Ca vient de plus haut.

-On �vade Taupin. -J'�vade pas les chouchous.

-Alors pas de soupe. -H�...

-Demain, on �vade Taupin.

Demain...

-Merci, monsieur.

-Demain, on �vade... -Y a pas de sel ?

Il chantonne.

-Ca va, Taupin ? -Oui, oui.

Il balbutie.

Il tousse.

Les prisonniers sifflotent.

Voyons...

-C'est plein, chef.

-Tiens, Taupin !

Que faites-vous l� ?

-Je rentre. -Vous rentrez ?

-Vous avez des farceurs dans votre �tablissement.

On m'a pouss� dans du linge sale,

et...

Des b�tises, quoi.

Pardon, je...

Il tousse.

-Tu tousses, Taupin ?

-C'est le...

-T'es enrhum�, Taupin ?

-C'est le tabac. -Quel tabac ?

-Taupin, tu tousses, hein.

-Je suis irrit�. -C'est pas de l'irritation.

On tousse, on crache, et on cr�ve.

Je fais un rapport. Infirmerie illico.

-AU LIT ! -BONSOIR, MES SOEURS.

-Ce sont des femmes �patantes.

-Pourquoi ?

-Tu comprendras plus tard.

Chant religieux

-Bonsoir, mes soeurs.

Avance, ma soeur.

-Doucement.

-Allez, fonce.

-BONSOIR, MA SOEUR.

-Il a fallu que ces lois sociales passent.

-On a lutt� pour �a.

-Mais...

Mais monsieur l'agent !

Chant religieux

-LE CIEL EST NOTRE CIBLE

O CIEL, O CIEL, O CIEL

ALLONS A TIRE-D'AILE

MAIS LE PLUS TARD POSSIBLE

-O ciel, � ciel, � ciel

-Alors, Taupin, on fait la malle ?

-Dis donc, l'enflure, on se croit dans un moulin ?

-Alors, cafard, on joue les hannetons ?

-Alors, patate, tu vas y aller, au ciel ?

-DANS TES SALUTS, SEIGNEUR

O CIEL, O CIEL, O CIEL

AVANT DE FAIRE LA BELLE

DEVENONS TOUS MEILLEURS

-O ciel, � ciel, �...

-Allez, allez. Rires

-Chef, on pourrait avoir un ballon ?

-Oui. Je vais vous chercher �a.

-Quoi donc, messieurs ?

-OH HISSE ! OH HISSE !

-Voulez-vous me l�cher ?

-OH HISSE ! OH HISSE ! -M. le gardien !

Gardien !

-OH HISSE !

Il crie.

-OH HISSE !

-C'est pas dr�le du tout. -OH HISSE !

-ET HOP !

Musique rythm�e

-Le directeur !

Le direct...

Oh !

Musique intrigante

O�... O� suis-je ?

-Avec moi.

-Mon Dieu, Lucile.

Vous ?

En deuil ?

Le baron est mort ?

-Il est mort pour moi.

-Mais Lucile, que s'est-il pass� ?

-Il nous a compromis, il nous a bern�s.

Nous sommes ses victimes.

-Oh ! Quand je songe qu'il m'a fait jeter en prison !

-Non, non.

Ne soyez pas �go�ste, Fulbert. Ne pensez pas qu'� vous.

Ne vous ai-je pas tir� du gouffre ?

Et vous ne me dites m�me pas merci.

Ingrat.

-Oh, c'est vous ?

Vous qui m'avez tir� de cette basse-fosse ?

-C'est moi. -C'est vous.

C'est vous.

*-Taupin s'est enfui...

-C'est moi !

*-...de la prison de la Sant�.

Ce roi de la fausse monnaie devient ainsi

le prince de l'�vasion.

On l'aurait vu dans l'express de Bruxelles.

La police d'Europe est sur les dents.

-Je suis innocent ! Je vais aller leur dire.

-Personne ne vous croira.

*-Lavez-vous les dents...

-Oh non ! Oh l� l� l� l� !

Alors, c'est fini ? -Non.

Tous les deux, nous ferons �clater la v�rit�. Fuyons.

-Fuir ?

Si on nous voit ensemble, vous �tes perdue.

-Mais on ne nous verra pas : j'ai tout pr�vu.

-Comment �a ?

-Tant que vous serez en vie,

�videmment, vous serez en danger.

-Vous ne voulez tout de m�me pas que je meure ?

-Non, Fulbert, mais...

faire semblant.

Musique entra�nante

Toux

Chut !

Un peu moins de bruit, Fulbert.

Collision -Oh !

-Faites attention, F�lix.

-Je suis nouveau dans le m�tier, madame.

Merde, les flics. C'est fait, on est cuits.

-Allez-y, foncez, on sait ce que c'est.

Ca peut pas se garder longtemps. On vous fraye le chemin.

Sir�ne de police

-Tout baigne dans l'huile.

Tapotement

F�lix sifflote.

-Je vous assure, c'est tr�s inconfortable.

-On t'enterre en 1re classe et tu r�les ?

-Vous irez au cimeti�re de S�ville, aupr�s de vos anc�tres.

-Ils sont au P�re Lachaise. -Gaffe !

-C'est absurde. Vous voulez me faire mourir.

-Mettez-vous bien dans votre nouvelle peau.

Voil� vos papiers.

Vous �tes mon d�funt et vous vous appelez Ramon Corales.

-"Je m'appelais".

-Gaffe !

-Combien de temps cela va durer ? De gr�ce, arr�tez.

-Nous passons la fronti�re espagnole demain.

-Gaffe ! Non, non. Je croyais avoir vu quelque chose.

-Vous devenez lassant, F�lix.

-Toi, le d�funt, fais le mort, c'est tout ce qu'on te demande.

Fulbert crie.

-Faites attention, Fulbert, je suis veuve mais sensible.

-Je me suis pinc�.

Accord�on

*-Au stand 27,

notre humidificateur,

compl�ment indispensable du chauffage central.

-Un tour � gauche.

Plus de fatigue pour la m�nag�re, plus de pilon.

La machine � la port�e de tous.

-Je mangerais bien un petit morceau, moi.

-Tout � l'heure. -Merci.

*-Rien de neuf dans les affaires politiques.

On est toujours sur les traces du faussaire.

Taupin aurait �t� vu dans un cin�ma de Rotterdam

avec une danseuse.

-Zou ! Arr�t casse-cro�te.

Musique jazz

-Le plein, monsieur ? -Oui, � ras bord.

Bon. Je vais...

Il sifflote.

Musique jazz

-Vous vous tapez du combien ? -120, 130.

-A tombeau ouvert, quoi. -Faut bien.

-Double carburateur ? -Oui.

Pistons al�s�s, arbre � cames en t�te et les axes en quinconce.

Un brevet su�dois.

-Ils sont forts, les Su�dois.

Frein � disque ? -Et soupapes en bronze.

Mais le mieux, c'est la suspension.

-Hydraulique ? -A h�lice.

Avec coussinet de renfort.

-Ces Su�dois !

Ingurgitation

Je v�rifie les pneus ?

-Oui. Un 8 � l'avant, et comme pour toi � l'arri�re.

Le moteur d�marre.

-Heureusement que je pars en vacances, moi.

Bris de vaisselle

Klaxon

-Nos routes se sont crois�es dans des circonstances difficiles,

mais comme on est bien, d�j� !

J'aime le cr�puscule. -Vous aussi ?

Comme je suis contente.

-Comme disait M. G�raldy,

c'est dans l'ombre que les coeurs causent.

-Baisse un peu l'abat-jour.

-Vous connaissez ? -Un peu.

-Un sucre ? Deux sucres ?

-Non, trois. Bien sucr�.

Je dors mieux. -Vous aussi ?

-Range ton sucre et rentre dans ta bo�te.

-Pardon ? -Oui, au lit, � la dorme.

-Bonne nuit, Fulbert.

-Bonne nuit, Lucile.

Faites de beaux r�ves. -Merci.

Musique douce

-Et une fronti�re.

La 2e sera pas du papier de soie.

-Tenez votre langage, F�lix.

-C'est l'�motion, Madame.

-Vos papiers.

-Monsieur, voici les papiers de Mme Ramon Corales,

de la voiture, du mort, et de moi-m�me.

-Accompagnez-moi. -Oui.

-Venez-vous de Paris ?

-Oui, Paris.

-Joli, Paris.

-Tr�s bien, nourri, log�, rue de la Sant�... Parfait.

-Madame Corales, si vous voulez descendre pour les formalit�s.

Appuyez-vous sur mon bras.

P�nible devoir. Monsieur !

-S�ville, c'est "Sevilla".

-Je ne comprends pas.

-"Morte Parisi S�ville transf�ro."

-Je ne comprends pas.

-J'en perds mon latin.

-En plus, j'en ai fait tr�s peu.

"Morte transf�ro Paris Sevilla."

Vous voulez pas me filer un coup de pogne ?

Vous voulez pas me servir d'interpr�te, madame ?

-Raymond Vernet, madame, pour vous soutenir.

-Merci. -C'est un plaisir, mademoiselle.

-"Madame". -Pardon, madame, je suis confus.

Pardon. -Merci encore.

-Puis-je vous servir d'interpr�te ?

L'administration semble �prouver un malin plaisir

� prolonger la douleur des afflig�s.

Ils vont m'entendre.

Il baragouine en espagnol.

-Vos papiers.

-Ne vous fatiguez pas.

Vous �tes ensemble ?

-Non.

-Transfert ? -Oui.

-Madame Corales ?

Il parle espagnol.

-Venez.

-Ramon Corales ? -Oui.

-Votre mari s'appelait Raymond ? -Oui.

-Comme moi. -Quelle co�ncidence !

-Le hasard ne fait rien au hasard, madame.

Toux

-"Tuto r�glo" ? OK ?

-Tout est en r�gle, madame. -Merci.

-Merci beaucoup.

Mort, o� est ta victoire ?

Madame, ce qui compte, c'est la vie.

C'est vivre, madame.

C'est penser que le monde tournera

tant qu'il y aura des hommes.

-Merci, monsieur. Je ne sais comment vous dire merci.

-Vous le dites tr�s bien. Je vous en prie, madame. Pardon.

Il parle espagnol.

Ouvrez !

-Je n'ai rien. Ma bonne volont� a des limites.

Mon ami, je suis attendu.

"Ritardo". Rendez-vous. "Understand ?"

-Ouvrez.

-Ne bousculez pas tout.

Mes casquettes, ma robe de chambre, mes chemisettes roses.

J'ai eu un mal fou � ranger tout �a.

Il n'y a rien dans cette valise, rien.

-La femme ?

-Les femmes.

-Et �a ?

-C'est une valise.

Petit rire

-Ouvrez.

Acrobate.

-Tous les matins.

-Roulez !

-Merde !

-Je tombe bien, il me semble.

Alors, crev�e, petite madame ?

-Fatigu�e. -Je veux dire, la voiture.

-Je n'en suis plus � un malheur pr�s.

-Laissez, je vais arranger �a. -Mais non !

-Alors ?

-Ca va. -Vous avez un cric ?

-Oui.

-Tiens, un indig�ne ? Espagnol, hein ?

-Hein ?

-Espagnol ?

-El cric.

-C'est comme chez nous, ils ne parlent gu�re. "Vamos !"

-"Vamos." -Allez-y.

Donnez-moi �a.

Patience, petite madame.

Et voil�, termin�.

-Vous �tes s�r que �a va tenir ?

-J'ai fait 3 rallyes de Monte-Carlo, alors...

Madame, je vous en prie, laissez-moi r�compenser ce mis�rable.

Il baragouine en espagnol.

Il m'a l'air compl�tement abruti.

Merci beaucoup.

-Dis quelque chose, toi.

-Ol�, ol�, ol� !

Il baragouine en espagnol.

-Il n'est pas muet, mais il est brave.

-Que dit-il ?

-Que l'homme n'est pas toujours un loup pour l'homme.

-Si.

-Voil�, madame. Nous pouvons partir.

-Madame... -Que voulez-vous que je fasse ?

Monsieur ! Merci et adieu.

-Mais ne craignez rien, je ne vous quitte pas.

Je veille sur votre route.

Venez, madame, je vous suis.

-Mais...

-Et moi ? -Toi, t'attends.

-Chauffeur, qu'attendez-vous ?

Allons-y.

Merci encore, noble Espagnol.

Adios, caballero!

Klaxon

-BONJOUR ! BONJOUR ! BONJOUR !

-H� ! H� !

Il parle allemand.

Musique entra�nante

-Stop ! Stop ! Je suis arriv�.

H� !

H� ! H� !

-Ca alors ! -Quoi ?

-Ils sont derri�re, maintenant.

-Y A PLUS DE TAUPIN !

-Allez, les enfants, montez.

Grouillez-vous. Baudouin, qu'est-ce que tu fais ?

-F�lix, l� !

-On doit faire demi-tour. -Alors suivez-moi, mon vieux.

-Rentre.

-Non.

-Fulbert, c'est pour votre bien. -Non.

-Allons, un bon mouvement. -Non.

-T'es pas content ?

-Non. Je ne peux plus supporter cette caisse.

Je suis tout moulu.

-Tout quoi ? -Tout moulu.

-C'est ma conduite ?

-Peut-�tre.

-Retourne faire de l'�ne. -Calmez-vous.

-Qu'il retourne faire de l'�ne. Dis-moi qui tu fr�quentes,

je te dirai... -Ne m'�nervez pas, F�lix.

Quand je perds mon contr�le, je ne r�ponds plus de rien.

-Gaffe, une bagnole !

Klaxon

-Qui m'a dit de sortir ?

-Oh non, ne recommencez pas. On a pris du retard.

-A cause du playboy.

-Moi, un playboy ? Retirez ce mot, F�lix.

-Mais non, je parle de l'autre, de Vernet.

-J'aime mieux �a.

-Je vais lui donner une le�on. Cramponne-toi, Taupin.

-Les poign�es sont � l'ext�rieur.

Musique rythm�e

-Dites donc, vieux, �a marche, votre truc.

-Oui... A moi le pompon.

Allez, adieu, Berthe.

-Sauv� !

F�lix, je retire ce que j'ai dit.

Vous �tes un maestro.

-Au 1er h�tel, je m'arr�te, et bonne nuit, les petits.

-Et moi ?

-On te trouvera bien un coin pour dormir.

Vous croyiez bien m'avoir perdu.

Je me disais : la voil� seule.

-Je ne serai jamais seule. -Je suis l�.

-Avec Ramon. Son souvenir est imp�rissable.

C'�tait un �tre exquis.

-Les morts ont toutes les vertus.

-Puisque vous connaissez la recette...

-C'est intelligent.

Aubergiste, pr�parez 2 chambres. -Trois.

-J'en ai d�j� une. -Une pour mon mari.

-Madame, je sais bien qu'il ne fera pas de bruit,

mais M. le cur�, c'est son ressort,

il vous arrangera �a, il le logera.

Chacun son m�tier.

-Reposez-vous sur moi, je vais arranger �a.

Vous venez, vous ?

-Monsieur a-t-il souffert ? -Les routes ne sont pas fameuses.

-Pourtant, nous payons assez d'imp�ts.

Voil�, "senora".

-All� ?

Quoi ? Lucile ?

Mais vous n'�tes que l� ? Qui ? Un homme ?

Il est peut-�tre de la police.

Ecoute, joue le jeu, tout en finesse, mais vite.

Il me faut du liquide, et pas de Taupin, pas de liquide.

-Padre, voy a presentarle a la dama de negro.

-"De negro" ? -Eh oui, "de negro".

Tout est arrang�, madame. L'Eglise est avec nous.

-Mais...

Oh ! Oh !

H� !

H� !

Chant flamenco

Je suis innocent ! Innocent !

-Inocente! Inocente!

-El pequeno franc�s!

-Innocent !

L�chez-moi.

Je cherche mon enterrement. -Si, si!

-L�chez-moi !

Il parle espagnol.

Je suis innocent.

-Me llamo Concepcion.

-Bon. Tr�s bien. Vive la France !

Acclamations

Cloches

Il a mang� qu'un croque-monsieur depuis hier soir.

-Veillez et priez, madame.

-Oui.

-Monsieur. -Mais monsieur...

-Je reste avec vous.

-Bonne nuit.

-Vive la France !

Musique flamenco

Elle parle espagnol.

-Atencion, Concepcion!

-Paco, mi Paco!

-Excusez-moi, j'ai un enterrement.

-Allez.

Brouhaha

-Dites donc, madame,

j'ai la dalle.

-Respectez la douleur de madame. Disposez.

-Je vais m'en jeter un.

-Non ! Ne me laissez pas seule.

-Mais je suis l�.

Laissez-nous. Vous n'�tes pas de la famille.

-A chaque voyage, monsieur, mes clients sont ma famille.

-Madame, permettez-moi de vous offrir une friandise

qui vous fera attendre.

-Vous vous baladez avec des drag�es ?

-Oui. Depuis mon bapt�me, j'en suce toujours une avant de m'endormir.

Craquement

Flamenco

Elle chante en espagnol.

-Ol� !

-Salud, Inocente!

Acclamations

-Salud!

Ronflement

-Chut ! Taupin !

Il siffle.

Ronflements

Taupin, tu dors ?

Flamenco

-Bravo!

Acclamations

Inocente!

Elle parle espagnol.

-Innocent ! -OLE!

-Je vous jure que je suis innocent. -OLE!

-C'est vite dit, "ol�". -OLE!

Flamenco

-Je suis un �vad�.

Trois fois �vad�. -Muy bien!

-Je suis un faussaire.

Je suis un faux mort.

Vous m'entendez ?

Je suis innocent.

Je suis innocent.

-Adios, Inocente! -Adios!

Ils parlent espagnol.

Cloches

-Ah !

Merci. Me voil� rendu.

Mais ils m'ont vol� mon cercueil.

Ca alors !

Claquement de porte

-Fulbert !

-Lucile, ma ch�rie, que se passe-t-il ?

Je vous vois en deuil. -D'o� sortez-vous ?

-De la noce ! -Chut.

-Vous dormiez, madame ?

Notre pauvre nature humaine a ses exigences.

Mon Dieu, vous �tes gel�e.

-Oui, je prendrais bien quelque chose.

-Un petit noir. -Oui, le noir vous va si bien.

-Je veux dire un caf�. -Oui. Bien sucr� ?

-Avec un peu de rhum. -Je vous en prie.

Mon sac, s'il vous pla�t.

Fulbert tousse.

-Qu'est-ce que...

-Merci.

-Veillez et priez. Vous nous rejoindrez apr�s.

-C'est �a, oui.

Qu'est-ce que tu fous l� ?

D'o� tu viens ? -De la noce.

-De la noce ? -Oui. Tiens. Voil� un g�teau.

-Un g�teau ? O� c'est que tu l'as eu ?

-A la noce. Oh !

-T'�tais � la noce ? -Oui.

-Tu manques pas d'air. -J'ai sommeil.

-T'as sommeil ? -Oui.

-Donne-moi un coup de main, on va faire ton lit.

Alors comme �a, t'�tais � la noce ?

-Oui. Et puis ils m'appelaient "Innocent".

J'ai dans�,

et puis j'ai bu de la manzanilla.

-De la quoi ? -De la manzanilla...

Il balbutie.

-De la manzanille ?

Ils rient.

-De la manzanille.

Manzanille.

-Un sucre. Deux sucres.

-Merci.

-Oh, Lucile, vos cheveux.

-Eh bien ?

-Je vous ai appel�e Lucile. Vous pouvez m'appeler Raymond.

-Je dois me recoiffer.

-J'aime ce c�t� un peu fou, un peu flou, un peu froufrou.

Une voiture approche.

-Madame, Monsieur est pr�t.

-Il peut attendre. Allez boire un verre � l'office.

-Je peux, Madame ?

-Faites ce qu'on vous dit.

-Madame flirte.

-Permettez-moi de beurrer vos tartines.

-Il lui beurre ses tartines ? Il va lui touiller son caf�.

-Je touille.

-Quelle audace !

-Je n'avais jamais remarqu� � quel point la vie c�toie la mort.

Vous allez

au terminus, moi, je pense au d�part.

Tendre amie, nos routes se sont crois�es,

et l�, elles se confondent.

J'irai jusqu'au bout de votre peine, comptez sur moi.

-Il va lui offrir son v�hicule.

-Ma voiture est infiniment plus confortable que la v�tre.

-Voil� !

-J'ai des coussins en mousse de plastique,

un velours.

-Je t'en flanquerais, du velours, moi.

Il crie.

-Merci, Raymond, mais je ne peux pas quitter Ramon.

Bourdonnement

Musique entra�nante

-Il est toujours l�, ce con-l�. Klaxon

Oui.

-Vous l'avez laiss� touiller votre caf�.

-On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.

-Il a des fa�ons �tranges de vous beurrer les tartines.

-Pour un voyage incognito, c'est r�ussi.

-Que voulez-vous

que je fasse ? -Rien. Vous, rien.

-Je vais employer les grands moyens.

Musique d'action

Crissement de freins

Collision

-Vous freinez comme une brute !

-Ca va, �a va, le rallye de Monte-Carlo !

-Ma voiture est neuve.

-Elle a rien.

Moi, j'ai plus d'aile !

Et puis vous avez p�t� mon conduit.

-Mais encore une fois, petite madame,

le destin m'a pouss� vers vous.

-Il vous a pouss� un peu fort.

-Vous pouvez reculer votre voiture ? -Laissez, mon vieux, laissez.

Voil�, mon vieux.

-Comme vous �tes fort ! -Un peu, oui.

-Comme ce corbillard est en ruine,

je ne fais plus fi de votre invitation.

M'acceptez-vous ?

-Je vous en prie, madame, installez-vous.

C'est le jour et la nuit, c'est la nuit et le jour.

-Mais Madame, Taupin.

-A moi de jouer. Je vais vous en d�barrasser.

-Bonne chance, Madame.

-Mais F�lix, que se passe-t-il ? -T'occupe, Madame attaque.

Musique rythm�e

-On se croirait dans un bateau.

-D�j� le vague � l'�me.

-Tiens.

Oh ! -Mais oui, c'est moi.

-Il y a longtemps ? -La semaine derni�re.

-Vous �tes superbe.

-Oh, ce n'est qu'une photo.

-J'ai plus de freins.

-C'est tout un art, la remorque, r�flexe, douceur.

-Vous avez toutes les qualit�s. -J'essaie.

*Musique slow -Pardon.

-C'est un slow, il ne pourra pas vous en vouloir.

D'ailleurs, peut-il entendre ? Pardon, vous ai-je bless�e ?

-Non, pas vous.

-Dois-je comprendre que vous n'�tiez pas heureuse ?

-Vous �tes fort, vous �tes galant,

vous �tes tendre, vous.

-Il vous faisait souffrir ? -Il n'aimait rien.

Il coupait la radio.

Il �tait vieux, laid. -N'en dites pas plus, j'ai compris.

-Il y a plus de freins, que je vous dis !

-Raymond, d�s que je vous ai vu, il a fallu que je me retienne.

-Oui, la famille, les conventions.

Quand la b�te se r�veille... -Oh oui.

-Mais non, un homme pareil !

-Fuyez, laissez-moi.

-Mais Lucile...

-Conduisez-moi au garage, je vais faire des folies.

Partez.

Nous n'avons pas le droit.

-Mais Lucile, l'amour...

-Oui, l'amour. Plus tard.

J'ai honte.

Il ne faut pas que je succombe.

Ce soir ? -Oui, ce soir.

-Vous me le jurez ? -Oui.

-Vous partirez ? -Mais...

-Jurez-le-moi. -Je vous le jure.

-Nous nous retrouverons dans 8 jours, � la gare du Nord.

-J'y serai, Lucile, au d�part des grandes lignes.

Je chauffe. -Vous chauffez ?

-Regardez.

-Vous avez des ennuis ? -Oh l� l�, je chauffe.

(-Alors ?)

-Le corbi ! Le corbi !

-Taupin ! -Quoi ?

-C'�tait son surnom !

Musique de corrida

-F�lix, je r�ve ou nous reculons ?

-OLE !

OLE !

-F�lix !

F�lix !

Non ! Non !

-OLE !

-Ol� !

-OLE !

Braiment

OLE !

-Ca alors !

-Chut !

-Ol� !

Klaxon

-Et alors ! Collision

-Ma Mustang !

-Tu veux nous pendre la temp�rature ?

Il parle chinois.

-S'il va bient�t arriver, Taupin ? Oui, comme pr�vu.

Il parle chinois.

-Mais non, ils seront l� vers 7 h.

-J'esp�re.

Cancanement

Pr�parez-lui sa chambre.

Oh, ils m'�nervent, ces chimpanz�s.

Le t�l�phone sonne.

All� ? C'est vous, F�lix ? Oh, ils m'�nervent.

O� �tes-vous ? Comment, � l'h�tel ?

-Oui, une grande b�tisse avec des chambres. Un h�tel, quoi.

Il va rentrer dans sa bo�te, gr�ce � l'halt�rophile.

Il soudoie le g�rant.

-Le playboy ignore que Taupin est un faux mort.

*-Ils couchent tous avec Madame ?

-Un h�tel, �a communique.

Moi, je ferme les yeux.

-Si Taupin n'est pas l� demain,

adieu la banque, adieu piscine, adieu ch�teau, adieu F�lix.

Il imite le perroquet. La ferme !

-Vite. Vite !

Bonsoir, monsieur.

-Je n'aurais jamais d� �couter mon bon coeur.

-Vous pouvez compter sur notre silence.

-Bonsoir, madame.

5, 5... Ah voil�.

Cliquetis de cl�s

La chambre 5 ?

-Par l�.

-Ils m�ritent pas tout ce mal, les chauffeurs.

-Ca va, �a va, quoi.

-Merci. -Je vous en prie.

Je vais faire un brin de toilette.

-Quel pot de colle !

Je vais lui faire sa f�te.

-F�lix a raison, ce playboy est insupportable.

-Je vous en prie.

-J'ai faim. -QUOI ?

-J'aimerais bien une choucroute.

-Bouge pas. -Surtout ne bougez pas.

-Avec de la palette. -Oui, oui.

Musique rythm�e

-Apportez-moi une choucroute garnie.

-Mademoiselle, une choucroute garnie.

-Si, senor.

-Mademoiselle, du champagne, deux verres. Des fl�tes.

-Si, senor.

-Bonsoir, chauffeur.

-Ben alors ?

Lucile !

Lucile !

Ah, Lucile ! Gifle

Elle parle allemand.

-Mais madame !

Lucile ! Raymond frappe � la porte.

(-Vite. Rentrez vite.)

-Lucile !

-Ah non, c'est pas par l�.

-Vite !

-Mon chapeau.

-Lucile.

Lucile !

Gifle

-Mais madame !

(-H�, pour Taupin.)

-Monsieur l'abb�.

-Tenez, mon petit.

-Oh non !

-Raymond, quelle surprise !

Entrez vite.

-Un doigt de champagne, Lucile ?

-Je vais lui virer sa garde-robe.

-Lucile, vous me le promettez ?

-Mais oui. Au revoir.

Au revoir.

Cris

-La chambre 5. -C'est l�.

Nom de Dieu, Taupin.

Il est plus l�. -Quoi ?

-Lucile, ch�re Lucile.

Gifle Cri en allemand

-Madame !

Je sais plus, moi.

Lucile ! Elle crie.

-Que se passe-t-il, Lucile ?

-J'ai cru voir une araign�e.

-Laissez-moi �craser cette bestiole.

-Non, Raymond.

Non, Raymond, ne me tentez pas. Rappelez-vous nos conventions.

-Oui, je sais, Lucile. Dans 8 jours � la gare du Nord.

J'y serai.

Mais avant, accordez-moi une faveur. -Laquelle ?

-Venir vous saluer avant mon d�part. -Oui.

A demain. -A demain.

-Vous vous conduisez comme une... -Ca suffit. Au lit !

-Voil�.

Au lit.

Chant du coq

Ils parlent espagnol.

Bonjour, bonjour.

Brouhaha

Musique intrigante

Lucile !

Luc...

Mais Lucile... Toux

-Ah, Lucile, vous voil�.

Cette fois, je dirai tout, tout, tout.

J'en ai assez de la veuve joyeuse.

Vous vous conduisez comme une h�ta�re !

Et avec qui, mon Dieu ? Avec un halt�rophile.

-Mais... -Taisez-vous !

-Mais... -Taisez-vous.

Promettez-moi de ne plus recommencer.

Lucile, ch�re Lucile, vous savez bien que...

La porte claque.

-Alors comme �a, il toussait ?

-A rendre l'�me.

-Donc le mort tousse ? -Oui. Il s'appelait Raymond.

-Et on a vol� vos valises ?

-Et mes halt�res.

-Vous �tes gymnaste ? -Je suis en vacances.

-Dans un corbillard, avec un mort ?

-J'�tais avec sa veuve.

-Tiens !

-Elle a cri� quand la corde a cass�.

-Vous faites de la corde ?

-Oui. Enfin, j'en ai fait, autrefois.

-Il toussait ou pas ? Il est mort ou pas mort ?

-Oui, mais il toussait.

-Et la veuve ?

-Elle buvait du champagne.

-Avec qui ? -Avec moi.

J'ai cru qu'il y en avait deux.

-Deux morts ? -Deux veuves.

-Oui, oui, oui, oui.

-Oui.

-Alors il toussait. -En me traitant d'h�ta�re.

-Tiens donc !

-Ai-je l'air d'une fille de joie ? -Faut voir.

-J'ai tout fait pour elle, j'ai m�me touill� son caf�.

-Vous avez touill� ?

-Oui. Et dans la chapelle, je lui ai pris la main.

-Au mort ? -Non, � la veuve.

C'�tait avant le rendez-vous de la gare du Nord.

-Voil� le train.

-Je chauffais. Ca sortait du capot.

-Je vois, je vois.

-Quand elle a mis le slow, j'ai eu comme un pressentiment.

-Moi aussi. All� ?

-"All�." -Je vous en prie.

-D�sol�...

-All�, docteur ?

-"All�, docteur ?"

-Ne vous d�rangez pas.

All�, docteur ?

-C'est pas la peine. Il est mort.

-Comment toussait-il ? -Comme �a.

-Oh ! -Ou plut�t comme �a.

-Tiens.

-Non, exactement comme �a...

Cette fois, j'y suis. Au revoir, M. le commissaire.

Mais enfin, messieurs, mais ce n'est pas un taxi !

Il tousse.

Musique entra�nante

-Mon cher Taupin,

enfin, vous voil�.

Vous voil�, cher ami,

et en palanquin, comme un prince des Mille et une nuits.

Ca va ? Et toi, Lucile ?

-Posez-moi.

Lucile ! Lucile, que se passe-t-il ?

C'est un guet-apens, un traquenard.

Vous m'avez trahi. Vous �tes sa complice.

-Non, pas sa complice, sa victime.

-L�che !

-Je vais vous expliquer.

-Rien, rien, rien.

-Votre innocence...

-Retirez ce mot. L'innocence dans cette bouche ?

Pourquoi pas des roses dans un �gout ?

Voyou ! Inf�me ! Energum�ne !

Vous �tes un tuyau. -Quoi ?

-Du creux, du vide.

Que dis-je, un tuyau ? De la baudruche !

-C'est fini ?

-Je me cogne la t�te, et Monsieur dort dans de la plume ?

Ah non, stop, suffit, basta !

-Votre innocence, cher ami...

-Elle �clatera.

Elle sera sur vous comme le glaive de la justice,

comme un soleil insoutenable.

On verra... Et alors... Toux

-Fulbert ! Fulbert !

-Non, ne me retenez pas, bel oiseau, douce amie.

Je m'�nerve.

-O� allez-vous ?

-Retrouver la loi.

-Le seul, le bon, le droit chemin,

celui que vous m'avez fait quitter, le chemin des aveux.

Adieu, Lucile.

-Il nous �chappe. Fais quelque chose.

-Mais... Attends.

Fulbert ! Fulbert !

Musique douce

-Et... et M. le baron ?

-Ensemble, il ne pourra rien contre nous.

-Rien ?

-Allons lui dire la v�rit�.

-Lucile et moi...

-Je sais tout. J'ai tout vu.

Faites ce que je n'ai pas su faire :

aimez-la, rendez-la heureuse.

Je vais aller me jeter dans les bras de la police.

Je dirai tout pour faire �clater votre innocence.

Adieu, Taupin.

Ma valise.

-Voil�, monsieur le baron.

-Adieu, vainqueur.

-Edmond ! Fulbert.

-Je peux faire quelque chose pour vous ?

-Non, merci.

G�missement de douleur

Taupin, mon coeur l�che.

Un dernier service : appelez la police.

Demandez le 22. -Le 22 ?

-Je dirai tout, je vous disculperai.

Allez, le 22. -Merci, M. le baron.

Oh l� l� l� l� !

All� ? All� ? Donnez-moi le 22.

-Mais... -Le fil est coup�.

-All� ? Le 22 ?

Oh l� l� l� l� !

Ca ne r�pond pas. -Alors tout est contre moi.

Il suffit d'avoir un geste pour qu'on vous le refuse.

Nietzsche a dit : "L'homme qui a du remord est pareil

"au chien qui mord une pierre."

-"Quand les dieux remplissent ton assiette, ne crache pas dedans."

-Trop tard.

-Oh non, pas �a !

Il tousse.

Il faut r�agir !

Non ! Non !

-Encore une fois, vous m'avez sauv� la vie.

Je vous sauverai malgr� vous.

-L'oc�an Pacifique, l'immensit�, une �le.

Et cette �le, c'est votre innocence.

-Mon innocence ?

-Comment s'appelle-t-elle ?

-L'Ile aux Rats. "Mouse Island".

-Et c'est mon innocence ? -Mieux : votre gloire.

-Ma "gloire" ? -Oui.

J'ach�te l'�le, 100 000 dollars, je d�ratise, 300 000 dollars.

-C'est un peu cher. -Vous trouvez ?

Qu'est-ce que vous proposez ?

-Peut-�tre qu'avec quelques matous...

-Parfait.

Clac ! La place est nette, un an plus tard,

je construis la cit� radieuse. Co�t : 800 000 dollars.

Building, dancing, sporting, parking...

3 ans plus tard, il aura fait place au paradis terrestre.

On y vit sans argent. -Sans argent ?

-Tout n'est qu'�change gracieux.

C'est l'harmonie, l'�galit�.

-Egalit�, fraternit�. Mais c'est un r�ve !

Plus de famine,

le socialisme dor�.

-"Le socialisme dor�" ? Je le vois.

-M�me les pots de chambre sont en or.

-Comme � Versailles !

-Gr�ce � vous, � vos travaux, � votre main d'or.

En 3 ans, j'ai rembours� les billets faux.

-Les billets faux ? -Ceux que vous allez dessiner.

-Moi ? -Oui.

Et votre innocence �clate aux yeux du monde.

-Non !

Enfin !

-Ne me remerciez pas.

Voil� les boulevards, les places, votre mus�e.

-Mon mus�e ?

-Entendez-vous d�j� les fanfares qui d�filent dans Taupin Street ?

-Dans ma rue ?

-A partir d'aujourd'hui, Taupin n'est plus un innocent,

mais un bienfaiteur.

Fanfare

Vous ne br�lez pas d'impatience ?

-Pourquoi ne pas l'avoir dit plus t�t ?

-Chaque chose � son heure.

Nous commen�ons par les billets de 100 pesetas.

-Pourquoi pas 1 000 ? Ca irait plus vite.

-C'est admirable.

Vous �tes sauv�.

Nous sommes sauv�s. Bravo, Taupin.

-"Taupin" ! "Taupin" !

-"Pesetas" ne prend pas 2 T ?

-Non, pas deux fois.

Voyez vous-m�me. "Pesetas".

-"Pesetas" !

-C'est merveilleux.

-C'est bien peu de choses.

-C'est un chef-d'oeuvre, ne faites pas l'innocent.

Et maintenant, � la banque.

-Lucile, embrasse-le, il l'a bien m�rit�.

Taupin tousse.

Le perroquet tousse.

-Ils m'�nervent, ceux-l�.

Je risque de perdre mon contr�le.

-Moi aussi, ils m'�nervent.

F�lix ! F�lix !

Enlevez ces chimpanz�s, je ne veux plus les voir.

-Que voulez-vous que j'en fasse ? -Du p�t�.

-"Pas bon" ! "Pas bon" !

-Ma banque est en quelque sorte une pompe aspirante et refoulante.

J'aspire l'argent du dehors, de l'argent frais,

et je refoule les billets

de Taupin. B�n�fice : 100 %.

L'�change, en un mot. L'�change parfait.

Il parle chinois.

-Eh oui, petit bonhomme.

-Dis donc !

-Allez. -Oh, �a va.

-Je vous ferai oublier le pass�.

-Pourquoi ? Vous �tes tous mes souvenirs.

-Que ferez-vous plus tard ?

-Je penserai � vous et je serai heureux.

-Et si je pars avec vous ? -Oh !

-Ah ! -Oh !

Vous partez ? -Non, j'arrive.

J'ai une grande nouvelle :

je donne un bal masqu� en l'honneur de l'Ile aux Rats...

Enfin, de la Cit� Radieuse.

Vous serez le h�ros de cette soir�e.

-Ne faut-il pas que je prouve mon innocence avant ?

-Bal masqu�, Taupin. L'innocence est un faux nez.

Cancanement

-Bonjour, monsieur.

-Je d�sire une gerbe. Ce sont mes 20 ans de mariage.

-Vous les portez tr�s bien.

Il tousse.

Les perroquets toussent.

-Monsieur, vous d�sirez des oeillets ?

-Ce sont vos fleurs pr�f�r�es ?

-Coquin ! Coquin !

-Vous m'en mettrez trois douzaines.

-Taupin ! Taupin !

-Vous leur avez appris � parler ?

-Non, je les ai achet�s comme �a, au march� aux oiseaux.

-Au march� aux oiseaux ?

Taupin, Taupin...

Taupin. -Taupin ! Taupin !

Cancanement

-Bon. Reprenons. A toi, Coco. Taupin ! Taupin !

-Taupin !

-Notez.

A toi, maintenant. Un petit effort.

Parle.

-Pesetas. Pesetas.

-Notez.

-Taupin ! Baron !

Musique douce

-Champagne, sirop, limonade,

alcool de poire.

Viandox du chef.

-Venez, Fulbert. -Non.

-Il n'y a rien � craindre. Et puis, c'est un bal masqu�.

-Non. -Je vous le demande.

-Non.

-Parce que vous n'avez pas de costume? Il en reste, � c�t�.

-Non.

-Fulbert, j'ai remis cette robe en votre honneur

et en souvenir.

-Merci, mais je ne tiens pas � me faire remarquer.

-Ch�ri, je vous attends.

Ch�ri, les costumes sont dans l'entr�e.

-"Ch�ri" ?

Elle m'a appel� "ch�ri".

Toux

Cancanement

-C'est fini, oui ?

Mettez-moi le 7 au 2 et le 3 au 6.

Tr�s juste. Le 8 au 5.

Et maintenant, c'est le moment ou jamais.

Du calme. Ne faites pas attention.

N'ayons l'air de rien.

Toux

Le perroquet tousse.

-Taupin ! -Innocent !

-Baron ! -Pesetas !

-Pas bon ! -A la banque !

-"Taupin", "innocent", "baron", "pesetas", "pas bon", "la banque" ?

"Pesetas", "pas bon"...

"Pesetas", "pas bon", "la banque" !

Sir�ne de police

Il parle espagnol.

Musique douce

-Boissons fra�ches,

eau gazeuse, jus de banane...

-Messieurs,

c�l�rit�, discr�tion, voir sans �tre vu.

Ex�cution.

-Psst ! -Oh !

-O� est Lucile ?

-Elle danse avec l'amiral.

-Bi�re, jus de fruits, eau gazeuse.

-O� est Lucile ? -Elle danse avec l'amiral.

-Lucile ?

Lucile !

-Ah, vous voil� !

Vous �tes superbe.

-Mes tr�s chers amis, je vous annonce une grande nouvelle.

-Ca va, Taupin ?

Coup de sifflet

Ordres en espagnol

-Tire-toi, Taupin. Chacun pour soi.

On est cuits.

-Mais l'Ile aux Rats ? -R�veillez-vous.

Brouhaha

-Fuyez, je prot�ge vos arri�res.

-Vous �tes le seul en qui j'ai confiance.

-A moi la prison.

-Non !

-Por favor.

Por favor.

Il parle espagnol.

Coups de sifflet

-Ah.

Messieurs...

Eh ben, voil�.

-Lucile ?

-Je n'y suis pour rien.

Il parle espagnol.

-Vamos.

Vamos.

-Mais Fulbert...

-Mais Fulbert...

-Plus tard.

Vamos.

Vamos, vamos.

-Mais Fulbert ! -Chut !

Maintenant, en avant.

Pardon.

Musique romanesque

-D�livrez-moi, Fulbert.

-J'ai perdu la clef.

-Nous allons passer la nuit ensemble ?

-Pas la nuit, madame, la vie.

Musique douce 00000

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