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Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa
mission, la remplir ou la trahir.
Au revoir.
Vous allez à l 'entrée.
Bonjour, madame.
Votre mari, quand il arrive ? Le docteur Fanon. Le docteur Fanon.
Et vous êtes ? Emilio, le gardien. Non, merci.
C 'est grave.
Bonjour, messieurs.
Docteur Fanon, votre nouveau chef de service.
Il y a des activités ? Comment ça, des activités ? Eux, pas savoir s 'habiller
tout seuls.
Déjà qu 'il faut les torcher matin et soir, on leur rationne l 'eau.
Par cette chaleur.
Pour pas qu 'ils nous jettent leur urine à la gueule.
Là -bas, c 'est les autres.
Ils ont le droit de sortir ? Un petit tour seulement.
Le matin, avant le déjeuner et le soir.
Juste quand il fait un peu plus frais.
Mais seulement s 'ils se sont bien comportés.
Ils sont morts de peur.
Ils ont appris à nous respecter ?
Détachez -les.
Monsieur le directeur n 'acceptera jamais.
Appelez vos collègues.
Faites ce que je vous dis.
Faites -le vous -même.
Alors, que de journée ? Eh bien, ceux de mon service ne me suivent pas.
Mais bon, ce n 'est pas l 'intention d 'accepter ce qu 'ils m 'imposent.
Je vais perturber tout ça.
Bonsoir, Auguste Darmanin.
Bonsoir. Docteur Franz Fanon.
C 'est bien ça, monsieur le directeur.
Dites -moi, libérer les patients, c 'est une idée à vous ?
Je n 'enchaîne pas les patients.
C 'est pour leur propre sécurité.
Vous croyez que vous allez changer la nature des Nord -Africains ? Dans mon
service, ils auront le même traitement que les patients européens.
Les mêmes droits.
Vous ne les connaissez pas. Ils sont dangereux.
Les Nord -Africains sont plus violents.
Primitif, absence de l 'aube préfrontale.
Poro, notre maître à tous, c 'est lui qui a fondé cet hôpital. Il sait de quoi
il parle.
Ce sont des hommes comme vous et moi.
C 'est vous qui avez choisi l 'Algérie pour votre premier poste ?
Vous pensez que j 'aurais été plus légitime à soigner mes congénères
Je vous préviens, Fanon, au moindre incident, je vous tiendrai
responsable. Ça tombe bien, monsieur Darmanin.
Je n 'ai pas l 'habitude de fuir mes responsabilités.
Nouvelle amie ?
Jamais il ne se serait permis de venir faire la leçon chez un de ses collègues.
Jamais.
Est -ce qu 'il porte de temps ou qu 'on fiche ? C 'est pas toi qui demande à
être jugé sur ta résultat ? Dans mon service, les patrons peuvent aller et
venir. C 'est à vous de contrôler les entrées et les sorties.
Les clés.
Vous comprenez pourquoi j 'ai besoin de vous ici ? Qu 'est -ce qu 'il dit ?
Il veut revoir sa famille, docteur.
Sa famille.
D 'après sa fiche, il n 'en a pas.
C 'est peut -être sa manière à lui de parler de son isolement.
Nineta.
Je veux savoir d 'où vous venez.
Je suis né à la Martinique, une petite île près de l 'Amérique.
La plus vieille colonie française.
Mes grands -parents avaient des chiennes aux pieds, des esclaves.
Ils venaient d 'Afrique, eux aussi.
J 'ai une question, docteur.
C 'est pas risqué de les laisser circuler ? La marche est un besoin
Ça permet de faire fonctionner son cerveau.
Et puis ce ne sont pas des prisonniers, mais des hommes comme vous et moi.
Vous allez apprendre à vivre avec eux, et eux avec vous.
Voilà.
Ceux qui veulent travailler avec moi, passez à mon bureau.
Alors, c 'est ça, vos belles théories.
Elle ne parle pas grand -chose face à la réalité.
On ne va pas changer un siècle de domination en quelques mois.
Je n 'ai pas ces prétentions -là.
Pourquoi vous vous obstinez ? Reconnaissez que vous avez tort.
Laissez -moi vous démontrer le contraire.
On ne peut pas avoir raison contre tout le monde.
Ils ne savent même pas respecter les règles.
Hier, encore, ils se regardaient en chien de faïence.
Et maintenant, ils jouent ensemble.
D 'ailleurs, je vais déposer au prochain budget une demande pour la construction
d 'un vrai terrain de foot.
Vous n 'êtes pas content ? N 'essayez pas de vous en sortir avec des
Mais c 'est sérieux, monsieur le directeur.
Très sérieux.
L 'activité physique les socialise et les régule.
C 'est un homme seul, Fanon.
Docteur ? Monsieur Penon ? Soyez bref, jeune homme, je n 'ai pas le temps.
D 'accord. Je m 'appelle Jacques Azoulay, je suis interne, et je veux
votre équipe.
Je veux travailler avec vous.
Et qu 'est -ce qu 'on dit de moi, la faute d 'Alger ? On dit que vous ouvrez
brèches dans une psychiatrie coloniale complètement dépassée.
Et que personne ne veut travailler avec vous, sauf les Algériens.
En somme, vous venez vers mon secours.
Non.
C 'est vrai que vous avez travaillé avec Tosquelles, à Saint -Alban ? C 'est lui
qui m 'a appris mon métier, oui.
Vous voulez devenir psychiatre ? En fait, moi, au départ, je voulais plutôt
faire philo.
Mais mes parents pensent que c 'est pas un vrai métier. Alors que mes parents,
oui.
Et qu 'est -ce qu 'ils font dans la vie, vos parents ? Ils sont ailleurs.
Intéressant, ça.
À Alger ? Oui.
Eh bien, vous me donnerez leur adresse.
D 'accord.
Vous commencez demain.
Très bien.
Le peuple colonisé est présenté comme un peuple arrêté dans son évolution.
Imperméable à la raison, incapable de diriger ses propres affaires, exigeant
présence permanente d 'une direction.
En fait, l 'histoire des peuples colonisés est transformée en agitation
aucune signification et de ce fait, on a bien l 'impression que pour ces
peuples, l 'humanité a commencé avec l 'arrivée de ces valeureux colons.
Ce sont des notes sur la situation coloniale.
Ici, je l 'aperçois différemment qu 'aux Antilles.
La vie en Algérie me la fait apparaître autrement.
Je l 'ai trouvé ce matin en arrivant.
Ce n 'est pas de sa faute.
Trouble du comportement ? Stéréotypie verbale ?
Il a sûrement subi un
choc violent.
On sait qui l 'a déposé ?
On le met en observation.
Pas de signes extérieurs de psychose ni de schizophrénie, mais je penche moi
aussi pour un choc récent.
Peut -être transitoire.
Il a peut -être participé à un attentat.
Ça, c 'est le vocabulaire des autorités.
Les Allemands aussi parlaient de terroristes.
Nous, on disait plutôt rédictants.
C 'est vrai.
Si encore on avait...
conscience qu 'on occupe l 'Algérie.
Maintenant, pour nous, c 'est la France.
Faire réaliser aux colons que lui aussi est aliéné et qu 'on ne peut pas soigner
l 'un sans l 'autre.
C 'est le défi qui nous attend.
Tu gardes un oeil sur lui.
Je vous laisse terminer l 'analyse de ce dossier. Vous reviendrez vers moi un
peu plus tard.
Très bien, docteur.
Vous connaissez Armstrong ? Let my people go.
Un chant de libération.
Le jazz, une musique de révolte du peuple nord -américain.
Vous avez forcément un avis sur ce qui se passe.
Les attentats contre l 'armée française.
Vous pensez que le peuple algérien va se soulever ? Je ne fais pas de politique,
madame Salon.
C 'est normal de se révolter quand on est opprimé.
C 'est ce que dit votre mari.
Lui, il est déchaîné.
Depuis longtemps.
Et nous, on court derrière.
Le rail, vous connaissez ? Non.
Je peux vous passer des visques ?
Avec plaisir.
Ma femme Josie, Jacques Adoulé. Bonjour madame.
Bonjour, enchantée, bienvenue monsieur Adoulé. Non Jacques, appelez -moi
Jacques.
Vous pouvez lui dire qu 'elle est jolie.
Merci pour ce bon repas.
Venez retourner au buffet, j 'ai quelque chose à vous montrer.
Alors, déjà, vous pouvez vous servir. Vous avez des acras, des brochettes, et
puis ça.
Il faut absolument que vous goûtiez ça.
C 'est une spécialité antillaise.
Chez nous, il y a beaucoup de crabes.
Le touloulou, le mantou et le terrible sémaphote.
La coutume veut qu 'à pas que les enfants les pourchassent.
Un rite d 'initiation.
Moi, je me suis contenté de ma barbe de bain.
Excusez -moi.
Oui, monsieur.
Excusez -moi, où est la salle de bain, s 'il vous plaît ?
La première chose que je regarde quand j 'arrive chez quelqu 'un, c 'est sa
bibliothèque.
Allez -y.
Beau noir, masque blanc.
Voilà ce qui arrive à une thèse refusée.
Et pour quelle raison ? Trop atypique.
J 'ai dû en écrire une deuxième rapidement pour les convaincre que je
rentrer dans les rangs.
Mais bon, ici je suis psychiatre, pas écrivain.
Retour au pays natal de Aimé Césaire.
Mon prof de lettres au lycée Solcher.
C 'est lui qui m 'a ouvert la voie, même si je ne partage pas tout à fait ses
choix.
Réflexion sur la question juive.
Jean -Paul Sartre.
Tout ça fait du Sartre.
Moi, la première fois que je me suis senti juif...
Moi, c 'était en 40, quand Vichy nous a interdits d 'aller à l 'école.
C 'est le regard de l 'autre qui fait le juif, le noir, le fou.
Vous êtes là tous les deux.
Je me demandais où vous étiez passés.
Un cas typique.
Ex -philosophe tombé dans les études de psychiatrie.
Ne tardez pas trop.
La simplité devrait y aller.
L 'idée essentielle de Todd Keyes, c 'est que le regard du psychiatre sur le
malade doit changer.
Il faut avant tout les traiter comme des êtres humains, les écouter puis les
intégrer dans une communauté.
Mais comment vous voulez changer les choses, ici en Algérie ? Ici comme
ailleurs.
Allons, nos amis algériens ont un couvre -feu à respecter.
Docteur, vite, les militaires.
Ahmed.
Stop.
De quel droit l 'emmenez -vous ?
Ce patient est de ma responsabilité.
Alors c 'est vous le défonceur des crouilles.
Il faudrait que vous les faites jouer au foot.
Docteur Fallon, chef de service.
On a besoin de l 'interroger, lui, contre le terrorisme.
Je doute qu 'il puisse vous dire quoi que ce soit. C 'est moi qui décide ça.
Dans votre organisation, il n 'entrait pas dans mon service.
J 'imagine que vous le connaissez, ce sergent.
Je vous écoute.
Aussi.
On m 'a demandé de trouver un endroit pour cacher nos blessés.
Et l 'hôpital Bida est une solution.
Et c 'est parce que vous les soignez que je suis resté docteur.
Vous savez très bien que je déteste être remis devant le fêtard.
Et c 'est qui ce con ? Je dois le voir demain.
Ça tombe bien.
J 'ai besoin de prendre l 'air.
On est tous ici.
Il faut faire attention, docteur.
Très attention.
Votre femme, c 'est pas un peu risqué ? Elle n 'est pas différente de moi, elle
veut juste découvrir votre pays.
Et puis on ne va pas reprocher à un jeune couple d 'aller passer une journée
la montagne.
Méfiez -vous, si vous défendez des Algériens, ils vont faire un dossier
vous.
Comment ils ont su qu 'il était dans mon service ? Il a pu être vendu par n
'importe qui à l 'hôpital.
Le directeur.
Je crois qu 'il soigne le sergent Roland.
Sergent à son âge ? Ça fait longtemps qu 'il est dans l 'armée, pourtant, non ?
Il est connu pour ses interrogatoires très poussés.
Dans votre jargon, vous diriez de lui que c 'est un sociopathe, une grande
gueule, impulsif, avec une absence totale d 'empathie.
Et impitoyable si vous lui révisitez.
Une chose est sûre, il faut éviter de le fréquenter.
Oui, il a probablement des traits psychopathiques, mais pas de conclusions
hâtives.
Je constate que tu travailles tes sémiologiques psychiatriques.
C 'est bien.
C 'est lui.
C 'est Randon.
Bienvenue.
Je n 'ai pas d 'autre prudence de penser que la révolution algérienne a besoin
de moi.
Mais si je peux être utile.
Votre réputation a dépassé les murs de l 'hôpital.
Sous -titrage ST'
501
Sous
-titrage
ST'
501
Vous n 'avez pas le droit de visiter votre pays.
Vous n 'avez pas le droit de visiter votre pays.
Regardez ici.
Tout le monde a le droit de voter comme 7 personnes.
Vous, vous, vous, vous, vous, vous, vous, vous, vous, vous, vous.
... ... ... ...
...
Non. Dis -moi.
Vos enfants sont -ils mieux que vos enfants ? Non.
Ils cherchent vos enfants dans les musées.
Pour qu 'ils sachent qu 'ils ne sont pas les meilleurs.
Ils ne sont pas les meilleurs.
Nous n 'avons pas d 'origine.
Nous n 'avons pas d 'esprit.
Nous n 'avons pas d 'esprit.
C 'est vrai, c 'est vrai
... ... ... ...
...
Avec cette jeune fille, j 'ai senti tellement d 'hostilité dans le fourgat.
S 'il avait pu, elle m 'aurait mis sur le bateau hélico.
C 'est pas à vous qu 'elle en veut, madame.
C 'est aux colons et à leur mépris.
Chez moi, à la Martinique, on n 'a pas appris à avoir conduit noir à tel point
qu 'on se regarde avec méfiance.
Incapables d 'agir ensemble.
Mais ici, c 'est différent.
Docteur, attention ! Ça va ?
Ça va ?
Tu crois qu 'il a fait ça ? Bonsoir, monsieur.
L 'autre animal, il a dû s 'échapper et... Eh, ta gueule.
Tu veux dire que c 'est ma faute ? Si ma bête est morte, là, je suis sur la
route.
Je sais que tu as gagné cette voiture.
On n 'a pas beaucoup de nègres à conduire par ici.
C 'est mon mari.
Le docteur Fanon.
Je suis psychiatre à l 'hôpital de Bida.
Écoutez, je vais vous dédommager.
Vous en voulez combien ? 40 000 francs. 40 000 francs ? 40 000 francs.
Je ne les ai pas sur moi. Je peux vous faire une reconnaissance de dette et
demain je vous règle si vous voulez.
Vous n 'êtes pas des gens de confiance, vous les nègres.
Alors tu sais ce qu 'on va faire.
Tu vas me laisser ta voiture et vous allez repartir à pied.
C 'est beaucoup, beaucoup trop pour votre mouton.
Vous le savez très bien.
Oh,
je ne voulais pas quelque chose.
Antoine !
C 'est pas eux qui m 'ont neutralisé avec leurs armes.
J 'ai pensé à vous.
Je veux pas qu 'il arrive quelque chose à ce petit.
On tiendra, Franz.
Ce qui se passe ici, c 'est plus supportable.
Cette fille du Doir, c 'est elle qui a raison.
J 'étais assez plein de ses entiers qui veulent rester français malgré toutes
les humiliations.
Et enfin, une chance que ça change ici.
On n 'a pas le droit de se défiler.
Tu te souviens que tu m 'as parlé du temps, Robert ? Quand ils ont essayé d
'affamer la population à la Martinique.
Les gens ont replanté des légumes pour pas mourir de faim.
Colonie. L 'interlocuteur du colonisé, le mandat remonte au soldat.
La ville du colonisé ou la ville indigène, la Médina, est un lieu
peuplé d 'hommes malfamés.
Le monde colonisé est un monde coupé en deux. La ligne de partage, les
frontières sont indiquées par des cadernes et des postes de police.
Attends, au moins vite.
Désolé.
Tu comprends pourquoi cette machine me rend fou.
le colonisé porte sur la ville du colon est un regard de luxe, un regard d
'envie.
Rêve de possession, s 'asseoir à la table du colon, coucher dans la ville du
colon avec sa femme si possible.
Le colonisé est un envieux.
Et le colon ne l 'ignore pas, mais qui compte à ta mère, on met toujours sur le
Kévin.
Ils veulent prendre notre place.
Encore un mot de colon.
Comment on dit en arabe ? Awa harbi.
Mais avec le directeur... Il fait tout ce qu 'il peut pour nous compliquer la
vie. Arrêtons de passer par lui.
Salaam alaikum Ahmed.
Nous ne savons pas où est votre fils, madame.
Il
dit
que ce n 'est pas possible.
C 'est un gentil, un bon garçon.
Qu 'est -ce qu 'ils lui ont fait ? Tout ce que je peux lui dire.
Dis -lui que j 'ai déjà lancé plusieurs demandes officielles pour qu 'on me
restitue mon passion et que je ne vais pas lâcher l 'affaire.
Je ne
vais pas les lâcher.
Oui, allô, bonjour, monsieur.
Docteur Fanon, j 'appelle pour avoir des nouvelles de mon patient Ahmed
Messaoui.
Oui.
Il a été emmené par un certain Sergent Roland.
Oui, il habite à Alger.
1932, oui.
Très bien, écoutez, monsieur, je vous laisse me rappeler.
Oui, j 'attends votre appel, monsieur, merci beaucoup.
J 'attends vos propositions.
Pour que votre culture s 'arrache à celle qu 'on a voulu vous imposer.
Pour que vous vous sentiez ici chez vous.
Moi, j 'ai une remarque, docteur.
Ici, nous n 'avons pas d 'endroit pour prier.
Il nous faudrait une salle.
D 'accord.
Pas de problème.
Prenez -vous en main et moi, je me charge des autorisations.
Ici, il y a assez de place pour une salle de prière et même pour une
Mais c 'est à vous de le faire.
On pourrait changer la déco, par exemple.
Mettre des nouvelles couleurs, que ce soit joyeux, qu 'on se sente bien.
On pourrait faire des ateliers de bricolage aussi.
Réparer des vélos. On pourrait faire un club de jazz.
Ahmed, on pourrait danser. Toi, t 'aimes bien danser, regardez.
On pourrait danser.
Faire un ciné -club, projeter des films.
Non ? Je vous parle de faire des choses ensemble.
Comme le foot, par exemple.
Des activités manuelles.
J 'ai proposé un journal et j 'attends vos suggestions.
Vous avez entendu ce qu 'il a dit ? Vous avez entendu ce qu 'il a dit ? Il va se
détruire. Non, non, non.
Il y en a beaucoup qui sont morts.
Faire sauter le monde colonial est désormais une image d 'action très
très compréhensible et pouvant être reprise par chacun des individus
le peuple colonisé.
Détruire le monde colonial, c 'est ni plus ni moins abolir une zone, l 'enfuir
au plus profond du sol ou l 'expulser du territoire.
C 'est un garçon.
Est -ce que je peux le... Attendez ici, je vais le laver.
C 'est un garçon. C 'est un garçon.
Félicitations.
Je suis désolé de vous demander, docteur.
Qu 'est -ce qui se passe ? On a une urgence.
Vous allez l 'appeler comment ? Olivier.
Livre de France, petit plus deux.
C 'est -à -dire ? Il est né sur le territoire algérien. Et on peut remonter
plusieurs générations comme ça.
Corvée de bois, docteur.
Mais comment ça, corvée de bois ? Faut croire au prisonnier qu 'il va chercher
du bois, il le laisse s 'éloigner et il l 'abatte.
Comme si c 'était une évasion.
Et comme ça, ils sont couverts par leur hiérarchie.
Va chercher Azoulay. Tu vis de préparer la salle de chirurgie.
Je l 'ai.
Je l 'ai.
Voilà.
La pacification.
Je sais pas.
On va y refaire un. Mais il doit repartir demain.
Pas trop long, docteur, je m 'en occupe.
Tiens bien.
Je signe le pont d 'admission.
Tu mets le nom que tu veux.
C 'est d 'avoir fait un contrôle, on est protégé par la légalité.
Ça va aller. Ça va, ça va.
Respirez, respirez.
On dirait que t 'as fait ça toute ta vie.
J 'ai quand même un courant accéléré.
48 en Israël.
Pourquoi t 'es pas resté en Israël ? À cause de mes parents.
C 'est bon ?
les équités que je ne les ai plus en moi.
Je vais devoir rouler.
Josy a besoin de moi.
La montagne de Créa est bourrée de fèdres.
S 'il y a une toute -sécurité pour se faire soigner, ça risque d 'être
compliqué. On fera avec ou alors je ne pourrai plus me regarder en face.
Avant de partir, vous nettoyez tout.
Il ne faut rien laisser traîner.
Rien.
D 'accord.
Bon courage. Ça va aller.
Merci, docteur.
Chers docteurs, dans mes bras, toutes les villes s 'attendent, docteur.
Bonjour, merci.
Merci, merci à tous.
Merci beaucoup.
C 'est la coutume, docteur.
Quand un enfant est né, on mange de la tamina.
Et en plus, c 'est la meilleure.
C 'est ma femme qui l 'a préparée.
Tenez, docteur.
Eh bien, merci pour tout. Merci, merci beaucoup.
Premier enfant, ça se fait.
Après la guerre, j 'ai eu une petite fille.
Mireille.
Elle est tombée trop poil avec sa mère.
On ne l 'a jamais rencontrée.
Vous avez vu, docteur ? Regardez.
Cette fois -ci, il partit type.
Sous leurs sourires, il y a de la violence.
Et l 'oublieront pas.
Bon, bienvenue dans l 'hôpital de Porot.
L 'ancien monde de la psychiatrie.
Ta blouse.
Qu 'est -ce que t 'étais, là ? Mon déjeuner.
D 'accord.
Bon, tu notes tout ce qu 'il dit.
D 'accord ? J 'ai le droit de parler ? Oui, bien sûr.
Tout le monde a la parole.
Par revanche, si tu dis une connerie, il te rattrapera.
J 'en ai fait les cons.
Bon, des fois, il est difficile à suivre, mais qui compte, c 'est d
Son entrat, c 'est débrouillez -vous.
Comment t 'es arrivée là, toi ? C 'est le docteur Fanon qui m 'a proposé de
rejoindre.
Tu dois être une tête, alors.
Oui. Oui, je suis brillante.
Plutôt très brillante.
C 'est incroyable.
Et le reste de l 'hôpital ? Le reste de l 'hôpital, il nous supporte.
Enfin, pas vraiment.
En fait, il nous déteste.
Cordialement.
Et tu viens d 'où ? D 'Alger.
D 'une famille vive.
Plutôt conservatrice.
Merci, merci, merci.
Merci à tous.
Merci au docteur Azoulay pour l 'invitation.
Une société.
qui accule ses membres à des solutions de désespoir, à la violence, est une
société non viable.
C 'est une société à remplacer.
Le devoir du citoyen, le vôtre, le mien, est de le dire.
Le peuple colonisé est présenté comme un peuple arrêté dans son évolution,
incapable de gérer ses propres affaires, sans victoire.
Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique.
On fait allusion à la puanteur, au pullulement, au grouillement, aux
gesticulations. Le colon, pour trouver le mot juste, se réfère constamment aux
bestiaires.
Et la première chose que l 'indigène apprend à faire, c 'est à rester à sa
place.
C 'est pourquoi les rêves de l 'indigène sont des rêves musculaires, des rêves d
'action, des rêves agressifs.
Je rêve que je saute, que je nage, que je cours, que je grimpe, je rêve que j
'éclate de rire, que je franchis le fleuve du Nanjambé, que je suis
par une meute de voitures qui ne me rattrape jamais.
Cette agressivité sédimentée dans ses muscles.
Le colonisé va d 'abord les manifester contre les siens.
... ... ...
...
...
Ils ne peuvent pas gérer et ils sont encore au Tunis.
Vous n 'avez rien vu.
Vous n 'avez rien vu.
Ramdad, qu 'est -ce qui se passe ? L 'élection de la défense.
La démocratie.
Nous avons décidé de arrêter l 'exécution et l 'exécution.
Nous ne devons pas apprendre la même chose.
Sous -titrage Société Radio
-Canada
Gros topelkom ! T 'as l 'affaire au Haka -Steromba !
Il est où Ramdam ?
Je
vais y rentrer.
Allez, allez, allez !
Face à l 'arrangement colonial, le colonisé se trouve dans un état de
permanente.
Le monde du colon est un monde hostile qui rejette, mais dans le même temps c
'est un monde qui fait envie.
Le colonisé rêve toujours de s 'installer à la place du colon.
Le colonisé est toujours sur le qui -vive car déchiffrant difficilement les
multiples signes du monde colonial.
Il ne sait jamais s 'il a franchi ou non la limite.
Face au monde arrangé par le colonialiste, le colonisé est toujours
coupable.
Or, au plus profond de lui -même, le colonisé ne reconnaît aucune instance.
Il est dominé, mais non domestiqué.
Dans ses muscles, le colonisé est toujours en attente.
On ne peut pas dire qu 'il soit inquiet, qu 'il soit terrorisé.
En fait, il est toujours prêt à abandonner son rôle de gibier.
pour prendre celui de chasseur.
Il n 'est pas possible d 'asservir les hommes sans logiquement les inférioriser
de part en part.
Et le racisme n 'est que l 'explication émotionnelle, affective, quelquefois
intellectuelle de cette infériorisation.
En fait, le racisme obéit à une logique sans faille.
Un pays qui vit tire sa substance de l 'exploitation de peuples différents,
infériorise ses peuples.
Le racisme n 'est pas une constante de l 'esprit humain.
Il est une disposition inscrite dans un système déterminé.
C 'est très ordinaire.
Allez, vite, vite.
Bonsoir.
Vous restez ? Je préfère rentrer.
Merci, madame.
Je préviens nos hommes à Tunis.
D 'accord.
J 'ai appris ce qui s 'est passé dans le doigt.
Merci pour la chemise.
Je vous en prie.
Et pour vos collègues ? Ne vous inquiétez pas, eux s 'abstiennent de
rendre visite.
Tout a commencé en 45, assez tif.
Dès qu 'on a réclamé la liberté, la citoyenneté, ils ont tiré.
J 'étais secrétaire de la commune de Châteaudun.
Un bon petit fonctionnaire, bien tranquille.
Quand j 'ai quitté mes parents en 43 pour aller me battre, c 'était pour
défendre la liberté.
La République.
De Gaulle, j 'y croyais.
Et puis, y compris, juste avant le défilé de la victoire, quand les
'ont donné l 'ordre de refiler mon uniforme à un jeune maquisard parce que
était blanc.
À la Martinique, nous sommes citoyens français depuis 1848.
Nous n 'avons jamais été reconnus comme anciens combattants.
Je me suis battu pour le paysan de la Creuse, mais je voudrais toujours moins
que lui.
Mais bon, mon cas, ce n 'est rien.
Nous avons besoin de gens comme vous pour porter notre parole.
Voulez -vous écrire pour El Moudjahid notre journal ?
faites partie des nôtres maintenant.
Et notre combat ne s 'arrêtera pas après le départ des Français.
C 'est un autre genre de guerre qui nous attend.
Après l 'Algérie indépendante, la lutte pour le pouvoir ou pour la
démocratie.
Depuis que je suis né, j 'ai vu mourir mon père.
J 'ai vu partir mes frères et pleurer des enfants.
faire qu 'elle est dedans sa tombe et se moquer des bombes et se moquer des
verres. C 'est du Boris Vian ? Est -ce que tu sais où sont mes cigarettes,
chérie ? Sur la table.
Je ne l 'ai jamais vu comme ça.
Il se confiera un mot.
Salaam alaikum.
Entrez. Mon capitaine, Sergeant Rolland.
Il a parlé ?
Comment
vous avez pu rater Ramdan ? Le renseignement était sûr.
Cette ville, c 'est ma ville.
Sergent, j 'ai une meilleure idée.
On va faire autrement.
Pardon.
Elle disait au capitaine Ferrer que vous étiez le psychiatre le plus original de
l 'hôpital. Un cas à part.
Le sergent Roland a eu un épisode violent avec sa femme.
Je suis sûr que vous pouvez faire quelque chose.
Il me semble que vous avez déjà traité des militaires en dépression grave.
Pourquoi vous ne le prenez pas en charge ? Si je vous le confie.
C 'est parce que je crois en vos méthodes.
On peut se parler ?
On
ne devient pas une menace pour sa femme ou son fils sans avoir subi un choc ou
un traumatisme, Capitaine.
Bah oui, c 'est à vous de me dire ce qui se passe, docteur, je ne suis pas dans
sa tête.
Non, c 'est vous qui lui donnez des ordres.
Donc vous savez s 'il a subi ou commis des actes inhumains.
Il ne dit rien.
Les boutonnes.
Dans mon service, mes patients sont libres.
Bonjour, sergent.
Bonjour.
On va faire un médecin normal.
Sauf les casernes.
On dit que c 'est un repère de fait, ce service de courante.
On raconte beaucoup de choses.
Moi, je fais juste mon travail.
Moi aussi, j 'obéis.
Il paraît que ça me bouffe la tête, je le prends trop à cœur.
Et oh, oh, oh ! C 'est ce que je leur fais aux terroristes, aux haineux de la
France.
Les portraits de couvertes, ici ? C 'est le nom des courandaires ?
Mais qu 'est -ce que tu penses ? Comme ça, tu m 'en foutes, là. Va bosser, là.
Dégage.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ?
Où sont les blessés ? Ils sont réfugiés.
Je sais ce que vous allez me dire.
La révolte.
Est -ce qu 'il y a une autre thérapie ?
Barrage militaire, l 'opération en cours. On va devoir dormir là ce soir.
Vous ne dormez jamais, docteur ? J 'ai peur d 'oublier.
Rappelle -moi le nom de cette musique.
C 'est du shahabi.
Shahab, c 'est le peuple.
Et comment on appelle les femmes qui chuchotent aux oreilles des malades ?
guérisseuses ? Chez nous, en Martinique, on les appelle les frotteuses.
Elles frottent ton corps avec des herbes. Elles vont fuir la maladie.
Tu crois que tu pourras m 'en faire rencontrer une ? Tu sais, celle qui a
joué qualité enceinte.
Bonjour docteur.
C 'est pour une expertise judiciaire.
La mine.
La mine.
Qu 'est -ce qu 'il s 'est passé ?
Mais tu es un enfant et ce sont des choses d 'adultes.
C 'est tout.
C 'est ce que vous aimez.
Sauverez -moi pas.
Enrôlez les enfants.
Quelle bande de sauvages.
Je ne vais pas vous lâcher.
Comment ça va ? Vous dormez mieux ?
Les infirmières m 'ont rapporté que votre sommeil était encore très agité.
Vous voulez qu 'on en parle ?
Ça viendra. Pour l 'instant, c 'est là -bas que vous mettez le plus d 'utile.
Qu 'est -ce que vous pensez de ce fanon ? Un bon médecin. De l 'homme ?
Quelqu 'un.
Mais il est contre nous.
C 'est qu 'une fille ne veut parler qu 'à toi.
Je n 'ai rien à cacher à ma femme.
Très bien, venez avec moi.
Tu vas arriver au barrage et il y aura un homme devant toi qui va te fouiller.
Tu vas avoir le cœur qui va battre très vite.
À quoi tu vas penser ? Ce sont des porcs.
Ils n 'ont pas le droit de me fouiller. Non.
Pense à quelque chose qui te fait sourire.
Un souvenir d 'enfance.
Les Français, tu les détestes ? Ceux que torturer, tu es ? Oui.
Pourquoi tu t 'es engagée ? Mon père.
Si les militaires te provoquent, qu 'est -ce que tu fais ?
Bonjour mademoiselle.
Qu 'est -ce que vous faites dans la vie ? Qu 'est -ce que vous faites dans la
vie ? Des études.
Des études infirmières.
Et vous allez où ? À l 'hôpital.
C 'est très bien.
Tu donneras ça à Abdel.
Il faut qu 'on le fasse sortir.
Il tiendra plus longtemps.
Très bien.
Il refuse de me parler.
Vous connaissez l 'armée, Fabien. La première chose qu 'on leur apprend, c
de fermer leur gueule.
Ne me dites pas que vous allez avancer. Ça ne vous ressemble pas.
C 'est avec des hommes comme lui, ravagés par le discours occidental de
supériorité, que mon action prend tout son sens.
C 'est -à -dire ? Des aliens.
Arrêtez avec vos théories, vous confondez la médecine avec la
Et quel type de traitement vous lui avez prescrit jusque -là ? Chlorpromazine, l
'un des doses toujours plus importantes pour essayer de réguler ses changements
d 'humeur et son sommeil.
Je ne veux plus être mêlé à tout ça. Je vais changer de molécule.
Mon diagnostic sera plus précis quand je le connaîtrai mieux.
Une séance d 'hypnose serait peut -être bénéfique.
Je voulais vous dire que j 'ai plus à faire avec vous qu 'avec... Arrête.
Fais plaire à mes chéris.
Tu n 'as plus besoin de moi.
La psychiatrie a gagné un bon combattant.
Et où est -ce que tu vas le faire, ton service ? À Mayo.
À l 'hôpital militaire d 'Alger.
T 'imagines combien je meurs d 'envie d 'aller servir l 'armée française.
J 'ai bien pensé déserter, mais je peux pas faire ça à mes parents.
Je comprends.
Non, bien non.
Allez là.
Docteur ? Pardon ? Il
nous reste de la pénicilline ? Non, les stocks sont vides.
Je vais m 'arranger avec un de mes collègues pour en récupérer.
Bonsoir.
Vous étiez au courant pour le café ? Qui a fait ça ? Je suis sûr que vous savez.
Vous avez eu le nombre de morts que les Européens.
Et combien de morts algériens depuis le début de la colonisation ?
Tuer,
c 'est mon métier.
Je croyais que le vôtre, c 'était sauver des vies.
Vous n 'avez pas le droit d 'entrer chez moi.
Dehors.
C 'est pas vous qui m 'avez dit quand j 'ai envie de parler.
Ici, je ne suis pas médecin.
Je suis un mari et un père comme vous.
Et même si je ne suis pas d 'accord avec vous, vous n 'êtes pas mon ennemi.
Vous ne vous valez pas mieux que moi.
Si vous voulez parler, c 'est demain dans mon bureau. Maintenant, vous sortez
chez moi.
Sortez de chez moi.
Et doucement le nègre.
Je suis allergique aux ordres.
Et personne ne m 'en voudra si je te fous une balle dans la tête.
Très bien.
Il ne va pas s 'énerver.
C 'est vraiment...
Je n 'ai rien à cacher.
Vous avez mal dormi, docteur ? Beaucoup de travail.
J 'ai toujours servi mon pays, j 'ai jamais refusé une mission.
Les militaires, on est toujours les derniers, on part.
J 'ai rien à dire de plus.
Ce que vous leur faites là, ça vous détruit de l 'intérieur.
Si vous acceptez d 'en parler, vous pourrez peut -être aller mieux.
Sous -titrage FR ?
Il a mis plus de temps à s 'endormir.
On doit sentir cette tension qu 'on a en nous.
Oui.
Même les enfants.
Moi aussi, j 'ai peur pour Olivier.
Si on part, on est des lâches. Oui, mais si on reste, on est des cibles.
On continue.
Parmi les caractéristiques du peuple algérien, celles que le colonialisme les
étend, nous retiendrons la criminalité apparente.
Avant 1950, les magistrats, les policiers, les avocats convenaient de
unanime que la criminalité de l 'Algérien faisait problème.
C 'est un criminel né, disait -on.
Une théorie fut élaborée et des preuves scientifiques apportées.
Le Nord -Africain est un criminel né. Son entrain prédateur est croyé.
et son agressivité massive est perceptible à vue d 'œil.
La criminalité de l 'Algérien.
La violence de ces meurtres n 'est pas la conséquence d 'une organisation, du
système nerveux, ni d 'une originalité caractérielle comme croit l 'avoir
démontré le professeur Porome et le projet direct de la situation coloniale.
Les Français sont dans la plaine, avec l 'armée et les tanks.
Sur la montagne, il n 'y a que des Algériens.
Là -haut, le ciel et ses promesses d 'outre tombent.
En bas, les Français avec leurs promesses concrètes d 'emprisonnement,
matraquage, d 'exécution.
Alors forcément, on bute sur soi -même.
On découvre le milieu de cette haine de soi -même qui caractérise...
Mais qu 'est -ce qui vous a pris ? Il a tué mon père.
Mais pourquoi vous le soignez ? Je ne choisis pas mes passions.
Ramadan, je vous attends à Tunis.
Je continue mon travail ici.
Allez, c 'est parti.
Docteur ? Docteur ?
Faites que mon bureau ait récupéré les dossiers de tous ceux qu 'on a fait
passer sous les radars.
Et aussi...
Vous êtes content de vous ? Vous voyez où ça nous mène vos idées ? Vous êtes
à interner.
Regrousse.
Ça a été un honneur de travailler avec vous.
Ceux du doigt et des vils sont à qui parler.
et de l 'eau s 'équipement.
Il est où aussi ?
Arrêtez
-moi.
C 'est moi le responsable.
Vous serez en bonne position dans mon rapport.
Soutien aux terroristes.
Allez ! Arrêtez.
Arrêtez ! Arrêtez !
Alors ? Roland, vous les faites monter dans le camion.
Roland, faites -les monter dans le camion.
Tiens, Jean -Roland.
Vous êtes mis aux arrêts.
Ramenez -le.
Ramenez -le !
Monsieur le ministre, pendant près de trois ans, je me suis mis totalement au
service de ce pays et des hommes qui l 'habitent.
Je n 'ai pas ménagé mes efforts, ni mon enthousiasme.
Mais que sont l 'enthousiasme ? et le souci de l 'homme si journellement la
réalité est de mensonges, de lâcheté, du mépris de l 'homme.
La folie est l 'un des moyens qu 'a l 'homme de perdre sa liberté.
Et je puis dire que, placé à cette intersection, j 'ai mesuré avec effroi l
'ampleur de l 'aliénation des habitants de ce pays.
Le statut de l 'Algérie,
une déshumanisation systématisée.
Depuis de longs mois, ma conscience est le siège de débats impardonnables.
Et leur conclusion est de ne pas désespérer de l 'homme, c 'est -à -dire
-même.
Pour toutes ces raisons, j 'ai l 'honneur, monsieur le ministre, de vous
demander de bien vouloir accepter ma démission et de mettre fin à ma mission
Algérie.
C 'est un plaisir, Thomas.
Pareil.
Bonjour.
Bonjour.
Allez, entrez, je vous en prie.
Alors, ce voyage s 'est bien passé dans ce vieux coucou qui date de Mathusalem ?
On peut se prouver, Olivier n 'a même pas eu peur.
Tu peux aller visiter.
Sinon, toi.
Ça va comme tu veux ? Compliqué.
Bon, tu pourras continuer ton travail. Tu as un poste à l 'hôpital de Tunis.
Et j 'ai soumis ton nom pour devenir ambassadeur du gouvernement provisoire
la République algérienne au Ghana.
Je te tiendrai au courant.
Merci.
Monsieur l 'ambassadeur, allez.
Installez -vous et on se verra à mon retour. Inch 'Allah.
Les colonels veulent me voir.
Il se passe quelque chose.
Je ne promène qu 'avec moi.
Allez, à bientôt.
Il ne faut pas seulement combattre pour la liberté de son peuple.
Il faut aussi pendant tout le temps que dure ce combat réapprendre à ce peuple
et à soi -même la vie.
Tu peux reprendre la fin, s 'il te plaît.
Il faut aussi, pendant tout le temps que dure ce combat,
réapprendre à ce peuple et à toi -même
la dimension de l 'homme.
Il faut relancer les thèmes de l 'histoire.
Allô ? Oui, c 'est moi.
Merci.
C 'est Ramdan.
Ils l 'ont vu ici.
Mais pourquoi ? En
l 'éliminant, les colonels prennent le risque d 'en faire un martyr ? Oui, mais
c 'est un démocrate et il était proche du peuple.
Ils m 'ont même déjà donné le nom de l 'article à écrire.
Abban Ramdan est mort au champ d 'honneur.
Évidemment.
Et tu vas les suivre ?
Franz,
tu vas les suivre ?
Démocratie.
Mon sang les connaissait pas, moi.
T
'as
choisi quoi comme titre, finalement ?
Les
damnés de la Terre.
Je crois que je ne verrai jamais l 'un des points d 'offre.
Je suis mort le 6 décembre 1961 d 'une
leucémie foudroyante, un an avant l 'indépendance de l 'Algérie.
À ma demande, j 'ai été secrètement enterré en Algérie,
près de la frontière tunisienne.
Mon épouse Josie, elle a continué à vivre en Algérie.
Et 28 ans après, elle s 'est donnée l 'amour.
Amen.
Merci à tous.
... ... ...
Sous -titrage FR ?
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