All language subtitles for Duvivier, Julien Maria Chapdelaine, français VO (1934) [rodriguezalvarez.com]

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Original subtitles

Oh !

que je ne suis pas descendu au village.

C 'est dans trois ans déjà.

Eh oui.

Deux ans que j 'ai passé au Labrador.

Et un de même a commercé avec les sauvages du côté de la rivière au coin.

d 'habitude, j 'ai pratiquement passé tous les verres à couper du bois au camp

numéro deux.

Une bonne job.

Il a fait bain frais, ce petit verre.

64 degrés à basse zéro, on avait pratiquement les yeux qui gelaient. Mais

rien. On gagne de bonnes gages et demain je serai à la maison.

C 'est le père de la laine qui va être content.

Il s 'en a gagné pendant la mauvaise saison.

Comment ils vont de même tous à la maison?

Il y a des nouvelles le mois dernier par un frappeur.

Toujours toutes bien solides.

À ce printemps, Barik Masson -Maria est descendu à Péry -Bronca, passé un mois

chez les Larouches, des parents à nous.

Ah, Maria, elle, ça fait bien... Cinq ans que je ne viens pas aller.

Elle était bien plaisante. Oui, avec ses nouvelles dans le dos.

Hé, Maria, tu te suis pour moi, tu te fais si belle.

Ah, c 'est bien dommage que des jeunesses comme nous, là, elles soient

forcées de se séparer. T 'es une fois belle gueule.

Je savais que les jeunes étaient comme toi, qu 'on fait les meilleurs mots.

Avant d 'aller à la mer, je vais passer au magasin pour dire au revoir à tous.

J 'aurais jamais cru qu 'à un mois, ça passait si vite.

C 'est un malheur, ton père, avec ses idées d 'habiter si loin des paroisses

dans les bois.

Sans quoi tu serais plus souvent la bienvenue par ici.

Merci, Satan.

Ah, pour sûr, c 'est un grand malheur.

Oui, c 'est.

Paris, vous allez à Périmoga pour chercher Maria.

C 'est correct, François. Voilà, venu bain, François.

Mondeau. Merci.

Allez.

Uuuuh. J 'ai vu le pas, ce matin, sur la rivière.

Bon, ça.

Mais toi, vous ne voyiez plus. T 'avais donc quitté le pays ? Non, mais... Vous

savez, dépriger, ça n 'a jamais été mon plaisir.

Alors, à la mort du père, j 'ai vendu la terre, et puis je cours les bois et les

baies. Moi, faut que je bouge. Mais t 'en goûtes, François.

Moi, si autrement.

Faut que je fasse de la terre.

Quand je vois des bois comme ça, c 'est une rage qui me prend.

Faut que j 'abatte tes arbres, que je t 'éterre les souches. Et alors je sais.

Et quand j 'ai bain sué, bain peiné, la moisson est là, elle dit vous me

prendre. Faut que j 'aille ailleurs. Là où il y a de nouveau des arbres à

battre, et quoi, vingt après l 'envoi.

C 'est drôle qu 'on soit pareil, hein, François.

Ce serait pas pire que ce chapelet, c 'est votre génie.

un bain à planches et une fille de même dedans.

Avec ça, tu peux passer l 'hiver, hein ? Eh, chap de laine, mais j 'oubliais...

Bonjour, père ! Bonjour, chapin ! Bonjour, Nazaire ! Bonjour, son père !

Bonjour, son lézard ! Bonjour ! On s 'est ennuyé de toi à la maison, Marc.

ben, nous, on n 'a pas eu le temps. On a eu des veillées de chaleur et du jus à

chaque soir.

Eh, mais c 'est François Paradis.

Tu reconnais bien François Paradis, Marc.

François Paradis de Saint -Michel -de -Vistache.

Bien sûr, son père.

Il approche en ligue.

Bonjour.

Vous non plus, monsieur Chabdelaine.

Votre fils est différent, mais je l 'aurais pas connu tout de même.

Ah, que c 'était plaisant d 'en voir tout ce monde quand on a passé sept mois

dans les méchants bois.

Êtes -vous bûchon comme mon frère Esdras, monsieur Pantouas?

Non. Il chasse la fourrure. Oh, il voit une fille.

Il le souhaite, il fait la veillée avec les sauvages et leur moseuse de dames

qui foutent la pipe.

Tiens, viens, la mesquissonne.

Ah, c 'est donc plaisant, Maria.

Ténisae.

Il y a ici un homme qui a de l 'argent pour acheter des

pelletries. Si vous avez des pots d 'ours, de viseaux ou de renards, allez

cet homme -là au magasin. J 'ai adressé vous à François Paradis, le mystère

cynique. C 'est qui ton beau, cet homme -là, François?

Va -t 'être! Le point de vote, c 'est le mec, M. Chabdelaine?

Non, c 'est un bête. Il est arrivé un matin, j 'ai rendez -vous avec lui au

magasin.

Alors, vous êtes venu comme ça par les chars?

Hein? Oui, vous êtes venu jusqu 'à Dolbo par les chars.

Les chars? Je suis venu par le chemin de fer. Ah oui, les chars.

Et pourquoi donc vous riez de même?

Parce que vous avez un drôle d 'accord, savez -vous, de capiger nous. On parle

pas le même français qu 'ici. Oui, ben, je vais vous dire.

Vous autres canadiens, quand on parle au meilleur de notre connaissance, ben ça,

c 'est du vrai français.

Oh, regardez -vous, faites une fois rire, savez -vous.

Pour stresser, il a du bien pour le poquet de l 'eau.

Un verre bien, M.

Vermelaine. Merci,

M.

Chapelet. J 'espère qu 'on vous verra la fin d 'an.

Vous avez raison, M. Médard. Au revoir, M.

Médard. Au revoir, M.

Médard. Au revoir, M. Médard. Au revoir, M. Médard. Au revoir, M.

Médard. Maria, il faut nous dépêcher pour arriver à la maison à la brune. Au

revoir, M. Chapelet.

Au revoir, M. Médard.

Je vais monter dans le nord avec mon belge pour acheter des pêcheries au

trouvage, mais dans deux ou trois semaines, je vais redescendre et passer

de chez vous, mon cher Tolède.

Alors si on compte près de vos terres, au -dessus des chutes, je viendrai bien

veiller un soir. C 'est correct, François, on t 'attendra.

Au revoir.

J 'ai souvent du regret de ne rester en si loin des églises.

Peut -être que de ne pas pouvoir faire notre religion tous les dimanches, ça

nous empêche d 'être si chanceux que les autres.

Les autres n 'ont pas plus de bonheur que nous, sans plus.

Les hommes arrière.

Je serai réfugié à son père et je le tuerai. Je ne suis pas des démons.

Je suis devenue binguée de la ville, Marie.

Mais c 'est le printemps, sa mère.

Salut à chacun.

Le trop gagnant est venu veiller.

J 'ai pensé venir pour voir si vous étiez de retour.

Il y a du nouveau dans la...

Vous savez, Maria, j 'ai abattu le grand sapin, celui qui était derrière ma

maison. Tout seul ? Oui, Maria, tout seul. Vous êtes forme, ce gagnant. Vous

rentrez là -dessus pour boire avec nous, monsieur le grand ? Ben, ça me fera

bien du plaisir, madame Chabdolaine.

Vénie Bouchard a abattu une grange neuve l 'été dernier.

Et bien, c 'est une petite Perron, très bien sa mère.

Une fille d 'Abelard Perron, de Saint -Géraud. Oh, la sœur habite Saint

-Quentin. C 'est elle qui fait la classe.

Ah, c 'est une belle paroisse, Thierry Bronquin.

Et qui m 'aurait bien donné pour y passer mon rêve.

Ça donne des regrets, Laura.

C 'est peut -être péché de le dire, mais voilà, Liberté a duré plus de sept

mois. Ça en fait des jours et des jours sans voir personne, à part vous, M.

Bagnan. C 'est une belle vie.

Personne ne vient nous gêner.

On est tout près les uns des autres.

On s 'aime bien.

Les enfants ne nous font point de soucis. Ça, non.

Et ce drasse gagne de bonnes gages à la drame.

Il va revenir demain, on aura de l 'argent. Oui.

La vie, c 'est ça.

Et oui.

À partir de demain, Edwige Légar est notre homme engagé. Revenez.

des Tibets, on va faire de la terre. Oh oui, son père.

Et je suis fort à cette heure.

Et dans deux ans d 'ici, autour de la maison, il y aura des cultures et des

pacages. Patience.

Ce sera comme ça aussi de mon bord.

Ah oui, c 'est une belle vie. Pour moi, elle faisait le mariage.

Les Indiens ont passé par ici la semaine dernière. Ils doivent camper maintenant

vers le lac des Duars.

Pogène de Pogène ! Tors, belle biche, tords ! On va mourir, Paul ! On va

mourir à faire sa terre ! Mais sans terre ! À quoi, Jean -Yves ? Allez, vite

On vient d 'Auclair, Maria.

Et la soupe au foie va bientôt être prête.

Ce qui pourrait me consoler de rester si loin dans le bois, c 'est de voir mes

hommes faire un beau morceau de terre.

Il n 'y a rien au monde de plus beau et de plus aimable.

Oh, celui -là ! J 'aime bien aussi le trope -gagnon.

Il me rappelle ton père autant que je t 'ai demoiselle.

Je t 'ai fille. Il me plairait.

Il a de bons yeux, le mariage, dans ses regards.

Il a de bons yeux.

Qu 'est -ce qu 'il dit ? Il dit que c 'est pour vous faire la fête qu 'ils ont

mis leur grand costume de cérémonie.

Alors descendez demain par la rivière, le métis nous guidera.

Je vous retrouverai dans deux jours au chute de la savane.

Moi, je vais voir des amis.

On a entendu.

Tu dis toujours que nous sommes perdus dans les bois, que nous ne voyons

personne, que les parois sont trop loin.

Compte un peu.

Douze grandes personnes.

Asseyez -vous, monsieur surprenant.

C 'est pas plaisant à vous d 'être venu veiller avec ces messieurs.

C 'est mon neveu, Lorenzo, un garçon de mon frère Elzéard, qui est mort l

'automne dernier.

Il a quitté la terre et travaille à présent à la ville, dans les

ce temps, il est revenu au pays pour vendre la maison à ces trois -là.

Les Françards.

Asseyez -vous, messieurs les Françards.

Merci.

Ma goselle Maria, la monde veut Lorenzo.

Y en a -t -il des belles de même à la ville ? Sûrement non.

Maria, fais donc de la boucane, on est emmaudis par les marins groins. Les

marins groins, ce sont ces petites bestioles qui font devenir le nez comme

patate et ils jouent comme un gros derrier.

Vous déparlez.

Faut bien que j 'apprenne à ces gentlemen les douceurs du pays de

Comme ça, vous arrivez de la France.

Oui, de Paris.

Et avant de venir ici, étiez -vous cultivateur aussi ? Oh non, mes fils

employés dans les bureaux, moi j 'étais accordeur de piano.

Accordeur de piano ? Accordeur de piano ? Ouais.

Et c 'était un bon métier, ça.

Gagnez -vous de bonne gage.

Pas trop bonne, hein ? Même vous n 'êtes pas instruit, vous et vos garçons. Vous

savez lire, écrire et du calcul.

Et moi qui ne sais seulement pas lire.

Ni moi.

Ni moi.

Ni moi.

On n 'a pas besoin de ça.

Ce qu 'il faut, c 'est de l 'air, des arbres et de la liberté.

Ici, tout est épatant.

Les grands lacs, les sapins.

Oui, oui. Pour les chapins.

Mais il y a l 'hiver.

On fera des sports.

Des sports.

Des sports d 'hiver.

Oui, oui.

Oui, du bob, du ski, de la luge.

Oui, oui, oui.

Allez, on fêtait une partie de bob ? Ah, sans oui.

Fais la bande.

Pardon,

messieurs les Français.

Et nous autres, on va faire la bande, hein, M. Larmont. Et on va chanter la

louette en l 'honneur des Français.

C 'est François, je le reconnais bien.

Tu connais bien Nazaire Larouche ? Oui, bien sûr.

Ah, et puis voici trois Français qui sont venus au Canada.

Ah, c 'est M. le Français.

Bonjour, Mlle Maria.

Ah, c 'est trois habitants comme nous, c 'est un trappeur. Ils passent dans le

nord, là -bas.

Hé, hé, ça fait bien des garçons, mais rien qu 'une fille. Les commandants !

c 'est une belle veillée avec bain du monde.

Comme quand j 'étais jeune fille, j 'avais des sangs -fruits au bord du

On a des habitants, des messieurs de la ville.

Un trappeur, ça manquait, poursuivre.

Je repars le soir, Maria.

Mais je reviendrai.

On aura encore le temps de cueillir des bleuets avant la nuit.

Des bleuets ? Mme Châtelaine, cueillir des bleuets, ce n 'est pas une

pour un pauvre diable comme moi.

Où est -ce qu 'il y en a par ici ?

On aura des compitures pour

tout l 'hiver.

Il y a une grosse troupe par ici.

Les autres ne doivent pas être loin.

Je vais descendre à la tuque la semaine prochaine pour travailler sur les puces

à voir, mais... boire à rien, Maria.

Je prendrai pas un coup.

Pas un seul.

Peut -être qu 'on vous a dit quelque chose sur moi ? Oh non, François.

C 'est vrai que j 'avais coutumeux de boire pas mal.

En descendant des chantiers et de la drave, c 'est fini.

Oh, mais je sais bien, François.

Quand un homme a passé six mois dans le bois à travailler fort, et puis à avoir

de la misère et jamais plaisir, et qu 'il arrive dans les paroisses avec toute

la paie de l 'hiver dans sa poche, c 'est quasiment toujours que la tête est

tournée.

Il fait la dépense et puis il se fait chaud des fois.

Mais c 'est fini.

Maria, je vais travailler tout l 'été à cinq places par jour. Je mettrai de l

'argent de côté, certain.

Et puis à l 'automne, je m 'engagerai comme format dans un chantier.

Ça fait qu 'au printemps, j 'aurai d 'un sauvé.

Il y a.

Alors, j 'en viendrai.

Oui, j 'en viendrai.

Mais vous serez encore ici tout printemps prochain, Marianne ? Oui.

C 'est qu 'il y aura tout l 'été, l 'automne, l 'hiver, puis j 'en viendrai.

J 'attendrai, François.

Le convoi part demain matin à 7h. Correct.

Et vous ne pourrez pas redescendre avant mars, hein? Si moi, c 'est correct.

OK.

Passe, Michel, son pied bourbon, José, Simon, Rifford, Pandore, quand est -ce

'on est dehors?

Vingt ans, hein?

Sinon, quand je reviendrai à ce printemps, mon petit doigt, il me dira

Oh, oui!

Oui, il me voit bien.

Mais c 'est parce que je pense à mes voix. Non, non, non. Au revoir.

Voilà la première neige, sa mère.

Déjà ?

Il n 'y a pas de bon sens d 'abandonner le chantier au beau milieu de l 'hiver.

Il n 'y a rien à dire, boss.

J 'ai décidé d 'aller procéder le nouvel an à Péribonquin, j 'irai.

Si les hommes se mettent à prendre des dix et quinze jours en plein travail,

autant vous casser le chantier tout de suite.

C 'est décidé, c 'est décidé.

Ça n 'a pas de sens, François.

Et il n 'y a plus de huit pieds de neige dans le bouet.

Oh là là, je suis accoutumé à la misère.

Et vu que les sauvages y passent, je pense à Badrette aussi.

Ah oui ? Oui.

Les sauvages vont plusieurs ensemble.

Et avec les siens.

Tiens donc.

Eh bien, je descendrai la rivière Croche d 'abord, et puis la rivière Ouatchane

qui tombe à Robertval.

Si le Nord -Ouest se met à souffler, tu vas t 'écarter dans le bois, c 'est sûr.

Il a raison. Oui, oui, oui.

Allez,

au revoir à tous, hein.

Et puis la bonne année.

Au revoir, François.

C 'est la faute de sens, François.

Les chemins sont aussi méchants que l 'an dernier.

On ne pourra peut -être pas aller à la messe de minuit demain.

Les chemins sont moutes.

Avec tout ce qui est tombé dessus depuis deux semaines, il n 'y a pas d 'espoir.

C 'est -il vrai, sa mère, qu 'on obtient toujours ce qu 'on demande quand on dit

« Mille Ave Maria » le jour avant Noël ? C 'est vrai.

Une personne qui a quelque chose à demander et qui dit ses « Mille Ave

comme il faut avant la minuit de Noël, c 'est bien rare qu 'elle ne reçoive pas

ce qu 'elle demande.

On n 'en a pas outi.

Oh, cris d 'autant.

Il n 'y a pas de soin.

Les chemins sont abolis. On ne pourra pas passer avant plusieurs jours.

On nous doit faire méchant dans le bois.

Y a -t -il rien de plus beau que la messe de minuit à 5 heures de Marie ?

Yvonne Boilly à l 'Harmonium.

Hé, Pacifique Timard, qui chante si bellement.

C 'est bien vrai, Laura.

J 'aurais fait une vie plus heureuse avec un autre homme que moi.

Il serait resté sur une belle terre, près des villages.

Non, Samuel.

As -tu l 'envie de te faire bercer ? Non.

Va -t -on chanter aussi ? C 'est correct.

Alors chante avec moi.

Il est né le divin enfant.

Il est né le divin enfant.

Jouer de quoi ? Raisonner musette.

Il est né le divin enfant.

C 'est la chanson de François Paradis.

Me voilà, Maria.

Vous êtes -vous ennuyée de moi ? Me

voilà,

Maria.

Vous êtes -vous ennuyée de moi ?

Et vous savez aussi comme mon cœur est tout chaviré quand je pense à ces

mariages.

Les gens s 'apprêtent.

C 'est pas le cafard.

Non, non.

Non, c 'est pas le cafard.

Très loin.

Comme ça doit être bon.

Une minuit.

Pour effacer l 'attache originelle.

Comme on est loin.

Qu 'il revienne au printemps.

J 'ai venu vous souhaiter la bonne année.

C 'est correct, trop.

On s 'embrasse, hein ? Comme les chemins sont ailleurs, on va dîner chez le

curé. Et puis, on ira quasiment faire la veillée chez un frein surprenant. Viens

-tu avec nous ? Mais comme de raison, M. Chabdelaine. Tu es venu avec mon sleg.

Je serais bien sage. Est -ce qu 'il y en a trois de tour ? Bien sûr, ça m 'est.

On aurait été bien en maudit s 'il n 'avait pas dû passer les fêtes sans voir

personne.

On va avoir bien du plaisir au village.

François Paradis.

C 'était un mort que vous ramenez de même ? Oui.

Avez -vous connu François Paradis ? C 'est Saint -Michel -Mistassini.

Certain. C 'est un bon gars.

Il avait quitté le camp deux jours avant la Noël.

Il voulait passer les fêtes au village, qu 'il disait. Il avait promu.

Mais le Norvois a dû le prendre dans les brûlés.

La veille de Noël, une tempête s 'est levée, alors il s 'est écarté.

J 'ai trouvé son cadavre du côté de la rivière Croce.

Les loups l 'avaient point respecté.

C 'est un bonhomme.

Un vrai.

Fort et brillant.

Et sans malice.

Comme de raison.

Le bandit avait pas de motif pour le faire mourir.

Lui plutôt qu 'un autre.

Un garçon comme il y en a plus beaucoup.

Un homme dépareillé.

C 'était un homme rare pour l 'ouvrage.

Propéré de rien.

Et c 'est reviable avec ça.

Tous ceux qui l 'ont connu avaient de l 'amitié pour lui.

Laura, t 'as dit le mot.

C 'est bien vrai.

Un homme dépareillé.

Il n 'avait quasiment pas de famille.

Alors on fera dire une messe ou deux pour lui et Laura.

Sûrement. Trois grandes messes. Avec chaud.

Il était comme tous les autres, pas parfait, mais propre dans la vie.

C 'était difficile de ne pas l 'aimer.

Le bon Dieu et la Sainte Vierge auront pitié de lui, va.

je le pousse bien gentiment contre le mur, et je lui dis, mon Moses d

tu sauras que d 'autre bord, on parle français.

Et si des fois ça t 'écorche les oreilles, ben les chars sont pas loin,

le tient pas.

S 'il y avait de l 'amitié entre vous, c 'est tout naturel que tu aies du

chagrin.

Mais vous n 'étiez pas fiancée puisque tu n 'en avais rien dit à tes parents,

lui non plus.

Alors, te désoler de même.

Et ne te laissez pas dire pour un garçon, pour un garçon qui ne t 'était

après tout.

C 'est pas convenable.

Perdir des messes et prier pour lui, ça c 'est correct.

Il aimera mieux ça que des lamentations.

Mais de chagriner sans raison, mon Dieu n 'aime pas ça.

Une fille comme toi, plaisante à voir, en bonne santé, avec sa vaillante et

ménagère, c 'est fait pour encourager ses vieux parents d 'abord.

Et après se marier, effonder une famille chrétienne.

Alors c 'est promis, Maria ? Tu vas abandonner de te tourmenter de même.

Le bon Dieu sait ce qui est bon pour nous.

Faut pas se révolter ni se plaindre.

François Paradis est mort, faut prier pour lui.

Bien sûr que si je prie pour lui, j 'ai pas de regrets.

Il voit plaisir, va où il est.

Comme de raison, Maria.

Et maintenant,

mes amis, nous allons dire un parer et un ave pour celui qui s 'est écarté dans

le bois.

C 'est

dur

ici.

La vie, c 'est dur. Ah oui, c 'est dur.

Là, c 'est Montréal.

À chaque voyage ici, moi je me demande comment les gens ne sont pas partis

depuis longtemps.

Mais oui, pour aller vivre ailleurs, dans des places moins dures.

Dans nos petites maisons de plage qui ne vous font dire ça, M.

Larambeau. Non, pas seulement vos petites maisons, tout.

Tout. L 'été qui est trop court, l 'hiver qui est trop long. Oh, dites pas

Il n 'y a pas de plus belle vie que la vie d 'un habitant qui a une bonne

une bonne terre, trois bêtes.

Ce n 'est pas de patron.

Des places moins dures. Des places où on ne peut sortir de l 'air sans avoir

peur de mourir.

Sans avoir peur de mourir.

C 'est demain dimanche.

Je viendrai bien vous voir passer le midi.

Si c 'est votre plaisir, monsieur Lorenzo.

Le premier jour que je vous ai vu, rien qu 'à vous regarder, j 'ai pensé que ni

à Boston, aux Etats, ni à Ottawa, je n 'avais vu une fille comme vous.

Maria.

Maria, c 'est pour vous que je suis revenu.

Malgré que c 'est un long voyage.

Pour vous dire ce que j 'avais à vous dire.

Et pour savoir ce que vous répondriez.

Ici, ce n 'est pas une place pour vous, Maria.

La vie est trop dure et le travail aussi.

On se fait mourir rien que pour gagner son pain.

Vous avez toujours vécu par ici, alors vous ne pouvez pas imaginer comment c

'est ailleurs.

Vous ne pouvez pas savoir.

Les rues, avec des trottoirs larges comme une salle.

Les maisons de chaque côté.

Et puis, les chars électriques.

Les magasins pleins de lumière au soir.

Et tous les plaisirs qu 'on peut avoir.

Les théâtres, les vues animées.

Vous ne savez pas, Maria, les vues animées, où on voit tous les pays.

Les pays où il y a du soleil toujours.

C 'est parce que je vous aime, Maria.

Si vous vouliez bien me marier, car si vous vouliez, je vous emmènerais dans

belle place.

Vous gagnez assez pour deux. Oh, vous n 'avez pas besoin de dire oui tout de

suite.

Je reviendrai, Maria.

Je reviendrai, Laurence.

Vous savez bien que j 'ai de l 'amitié pour vous, Maria.

Je ne vous en ai pas parlé encore parce que j 'avais deviné que c 'était

François Paradis que vous aimiez le mieux.

Et puisqu 'il est mort maintenant, et que cet autre garçon des villes est

vous, je me suis dit que moi aussi, je pourrais bien essayer ma chance.

Les villes, c 'est pas fait pour des gens comme nous.

L 'amitié que j 'ai pour vous, Maria... Monsieur Gagnon, quand sa mère est

banale, ça l 'a pris un matin dans les rognons, même qu 'elle n 'a pas pu se

lever.

Vous n 'avez pas toujours ces pilules -là que vous aviez fait venir l 'an

? Les pilules ? Oui.

Ah oui, Maria.

C 'est un bon maître.

Ça vient des États. Oh, merci, merci bien. Mais si le chemin n 'était pas si

mauvais, on serait partis aux médecins. Je vais avec vous.

Les médecins, vous savez, moi, j 'y crois pas.

Vous aurez mieux un grand mancheux.

J 'irai guérir celui de Saint -Félicien. Oui, c 'est ça, merci.

dans tout le corps et la tête me brûle. Je vais mourir.

Tu mourras quand le bon Dieu voudra que tu meures. Et à mon idée, ce n 'est pas

encore pour ce temps ici.

Qu 'est -ce qu 'il ferait de toi ? Le paradis est plein de vieilles femmes,

tandis qu 'ici, t 'en en as qu 'une. Elle peut encore en détourner.

C 'est à vous de recommencer le chemin. Faudrait que j 'aille guérir le médecin.

Ni son père.

Ah, que je suis partie.

Maria, va me changer de l 'eau. Fred, j 'ai soif à mourir. Oui, oui, sa mère,

oui.

Je vais acquérir de l 'eau. Je vais avec vous, Maria.

C 'est pas l 'heure de parler de ces choses -là. Je vous en prie, Maria.

Le chemin est coupé. Son père pourra pas rejoindre la route.

Ça serait tant mon plaisir de vous faire de la terre à vous, Maria.

Une belle terre.

Une terre sur laquelle on a de la misère à longueur de journée.

C 'était comme ça que je voulais faire mon rêve.

Et j 'ai point pensé à toi, Laura.

T 'aurais pu vivre comme les femmes des vieilles paroisses, avec de beaux champs

autour de la maison, aussi loin qu 'on peut vouer.

Tous les deux, seuls avec notre belle amitié, en attendant des enfants qui

aimeraient et qui nous aideraient.

Et nous voilà, avec nos enfants de même, dans une place à moitié savage, loin

des autres maisons et des églises, et si près du bois qu 'il y a des nuits qu

'on entend crier les remards.

Avec vous.

qui êtes toujours si capablement encouragés et de belle humeur.

On arriverait, sans jamais un mot de chicane ni de malice, à la fin de notre

vie.

Et on aurait point de regret.

À boire.

Ah, ces points endurables.

Oh, mon Dieu.

Maintenant, c 'est bien sûr que je vais mourir.

Mais c 'est ma faute. Ma faute.

Non, Samuel, et point de regret.

C 'est ma faute.

On est là à devoir pâtir, mais on ne peut rien.

Je ne peux rien vous dire.

Ni oui, ni non. Pas maintenant.

Je n 'ai rien promis à faire peur.

Sois tendre.

Je passerai bien tout de même et je le ramènerai au médecin.

Demain, je reviendrai avec M.

Moissico et il guérira.

à ce que ta mère barbasse pointe trop pour pampirer son mal.

Je vais tâcher de gagner Péridot.

Maria, je vous ai dit mon idée. Les médecins, moi, j 'y crois pas.

Alors je vais aller guérir Tisset, vous savez, le romancheux.

Il a pas passé par les écoles, mais il guérit son monde, c 'est sûr.

C 'est...

Ça fait qu 'au printemps prochain, j 'aurai ben mille piastres de sauvée.

Alors je reviendrai.

Nous ferions une belle vie dans les villes, sans misère.

Vous n 'avez pas besoin de dire oui tout de suite, Maria.

Je reviendrai.

Avec vous, qui êtes toujours si capablement encouragés et de belle

arriverait sans jamais un mot de chicane ni de malice.

à la fin de notre vie.

Et on n 'aurait point le regret.

Faut pas vous mettre à être malade de même, la mère.

Tout comme les gens qui en ont le moyen.

C

'est

certain, je vais mourir.

Ce médecin -là est un grand simple qui ne sait point quoi faire.

Pour qu 'elle reste tranquille, sans rien prendre.

Je reviendrai demain.

Bonjour.

Bonjour, c 'est moi.

Bonjour, monsieur.

Ah oui.

Eh bien ! Eh ! Un bon moment.

C 'est là ? Oui.

Non, non, vous ne ferez pas de mal.

Ne bougez pas, ne bougez pas donc.

Et là, c 'est drôle ça.

Ne bougez pas, ne bougez pas. Non, non, non, ne ferez pas de mal.

Ne ferez pas de mal.

Ah oui.

Ah, j 'y peux, hein.

C 'est une maladie dans le corps que je ne connais pas.

Je pourrais y poser des mouches noires. Ça étirerait le sang.

Ça la soulagerait un temps.

Je pourrais lui donner une boisson faite avec des rognons de castor, mais ça la

guérirait point.

Et les mouches noires et la boisson.

Eh bien, c 'est le bon Dieu. Elle va mourir.

Mon Dieu m 'avait donné le don de guérir les os brisés, je les guéris.

Mais elle ne m 'avait point donné le don de guérir des mots comme ceci.

Alors je ne suis pas obligé de lécher cette pauvre femme mourir.

Le médecin est de retour.

Le médecin m 'a dit qu 'il ne pouvait plus rien.

Alors, je suis venu.

Tout voilà de même, Nazaire. Es -tu venu pour veiller comme quand j 'étais jeune

fille et que j 'habitais Saint -Prime ? Tu me faisais pas rire alors, hein,

belle gueule ? Tu chantais, tu te rappelles.

Chante -moi, Nazaire.

Chante -nous.

Qu 'en va -t -il d 'avoir du plaisir ? Qu 'en va -t -il d 'avoir du plaisir ?

Tiens, c 'est Abelard Perron.

Et Cléophos Besant.

Et Louis Stramblet.

Et Wilfried Bouchard.

Vous êtes donc tous venus ce soir.

Oh, la belle veillée.

Chante, Nazaire Larouche.

Chante, moi.

Marianne s 'en va au moulin.

Marianne s 'en va au moulin, Marianne s 'en va au moulin, c 'est pour y faire

moudre son grain, c 'est pour y faire moudre son grain.

qu 'à des filles et des garçons qui veulent se marier, c 'est la pure

Bonsoir, mes amis, bonsoir.

Quand on est si bien ensemble,

quand on est si bien ensemble, devrait -on jamais se

séparer ? Bonsoir, mes amis, bonsoir.

Bonsoir, mes amis, bonsoir.

Bonsoir, mes amis, bonsoir.

Bonsoir, mes amis, bonsoir.

L 'hiver est fini.

Bien gré de femme, Samuel.

Personne ne peut rien dire à d 'autres.

Ta mère était une bonne femme, Mario.

Et j 'en vois ici qui désespèrent et qui sont prêts de maudire le Seigneur.

Habiter toute l 'année dans une place solitaire, ils l 'ont fait. Et ils vont

bien souffrir et bien trimer.

Et maintenant ils se disent, pourquoi ? Pourquoi rester ici, puisque le pays est

si dur ? Ils écoutent cela, la voix du pays de Québec qui leur parle.

Elle leur dit, nous sommes venus ici il y a 300 ans.

Nous sommes venus de France.

Et nous sommes restés.

Et nous n 'avons rien oublié. Ni nos prières, ni nos chants.

Autour de nous, d 'autres sont venus aussi.

Des étrangers.

Mais au pays de Québec, rien n 'a changé. Et rien ne changera.

Parce que nous sommes un témoignage.

d 'autres sont venus.

Ils ont pris le pouvoir, ils avaient l 'argent.

Nous, nous nous sommes maintenus pour que dans plusieurs siècles le monde se

tourne vers nous et dise ces gens -là sont d 'une race qui ne sait pas mourir.

Et c 'est pourquoi nous devons rester dans la province où nos pères sont

et vivre comme ils ont vécu pour obéir au commandement inexprimé qui s 'est

formé dans leur cœur.

qui est passé dans les nôtres et que nous devons transmettre à notre tour à

nombreux enfants.

Au pays de Québec, rien ne doit mourir et rien ne doit changer.

Partez -en, M. Lorangeau. Oui, M. Chabdelaine. Je retourne à la ville. Il

que je fasse demain la manufacture.

Au revoir. Bonne chance, alors.

Merci, M. Chabdelaine.

Au revoir, mademoiselle Marga.

Je ne vous oublierai jamais, Maria.

Calculez -vous toujours de partir dans la ville, Maria ? Non.

Il faut nous dépêcher, Maria. Les enfants sont seuls à la maison. Oui,

père. Au revoir.

Vous viendrez bien veiller un soir à la maison ? Oui, Maria.

Je suis tellement seul.

Alors nous parlerons.

Et si vous le voulez toujours, eh bien...

Le printemps, d 'après ce printemps -ci, quand les hommes reviendront du bois

pour les semailles, je vous marierai.

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