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Quand je suis arrivée chez ma tante Madeleine, qui aurait pu deviner ce qui
allait se passer ? Ce jour -là, il pleuvait.
Le voyage avait été long.
Tante Madeleine m 'accueillait chez elle pour que je puisse continuer mes études
au lycée sans être obligée de devenir pensionnaire.
Elle m 'attendait à la gare en compagnie de Franz, le jeune jardinier.
Il y avait là mon oncle Georges, un homme très sévère.
Mais il m 'a quand même fait un sourire.
J 'espère que tu seras bien sage, ma petite Alice, et que nous ferons de toi
bonne élève.
Martine, je vous présente ma nièce Alice.
Bonjour, mademoiselle.
Conduisez -la à sa chambre.
Franz a dû monter son sac.
Préparez -vous pour votre bain. Vous devez en avoir besoin après un tel
Je vous trouve bien pâle, mademoiselle.
Vous avez besoin de recevoir un petit traitement.
J 'allais faire connaissance avec un instrument dont le seul nom ferait
de honte n 'importe quelle jeune fille bien élevée.
Cousse -toi sur le ventre. Pour ça ? C 'est pour te soigner.
Allez, cousse -toi.
Oh ! Allô ? Non !
Reste tranquille.
Allons.
Là.
Bébé. Bébé.
Reste tranquille.
Ça pille.
Il sera calme après.
Mettez -vous sur le dos.
Merci.
Vous sentez comme c 'est bon, bébé?
Ça va vous faire du bien.
Merci.
Merci.
Merci.
Tu allais tomber, Alice.
Monsieur Georges, et puis... C 'est pas grave, ma petite Alice.
Viens t 'asseoir sur mes genoux.
Tiens, prends un gâteau.
C 'est bon, Alec ? Goûte.
Allez.
C 'est bon avec de la confiture ? Je vous promets.
Oh, c 'est pas grave, Alice.
On refermera le pot et personne n 'en saura rien.
Alors, et toi, Alice, tu es jeune fille, sage ? Oui, je crois.
Tu n 'as pas un petit ami, un flirt ? Non, monsieur.
Oh, appelle -moi Tonton Georges.
Oui, Tonton Georges.
Tu n 'as pas d 'amoureux ? Non, je vous le jure.
Oh, tu fais bien des choses, des fois avec tes petits camarades.
Rien du tout.
Et des fois, toute seule le soir ? C 'est normal à ton âge.
Et des fois, avec tes petites copines ? Ou alors avec... J 'avais peur de l
'oncle Georges. Mais il était très gentil avec moi.
Je crois que j 'ai deviné juste.
C 'est pas grave, Alice.
On verra bien maintenant.
Je ne dirai rien. Ce sera un petit secret.
C 'est promis.
Il m 'a même appris des jeux nouveaux et très excitants.
On va faire un jeu tous les deux.
Chic, d 'accord.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Qu 'est -ce que c 'est ?
Un cake.
Oui, très bien.
T 'as gagné un point.
Et ça ? Une courgette.
Tu en es sûre ? Un concombre. Un concombre.
Goûte -le.
Oui, c 'est un cocon.
Encore un point.
Maintenant, viens.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ?
Je ne sais pas. C 'est chaud, c 'est dur.
Goûte encore.
Goûte encore.
Et là, tu ne trouves toujours pas.
Le bateau est entré dans le derrière de la petite fille.
Ah oui, ça va être drôle.
Comme le lavement.
Tu aimes ce jeu -là ? Ah oui.
Retourne -toi.
Je vais te faire un cadeau, Alice.
Ouvre bien la bouche.
Goutte, c 'est bon ? C 'est quoi ?
De la crème fouettée.
Tu aimes ce jeu -là ? Oh oui.
C 'est tout ? Pour aujourd 'hui.
C 'est bon.
Depuis ce jour, je sentais comme un malaise à la maison.
Tante Madeleine n 'avait pas l 'air contente.
alors que Tonton Georges me faisait toujours des sourires.
Martine aussi paraissait furieuse.
Par contre, Franz était de plus en plus gentil avec moi.
Je le trouvais beau et jeune, et je me demandais si lui aussi connaissait des
jeux aussi amusants que ceux de Tonton Georges.
J 'ai eu douze en compo de maths.
Heureusement.
Je me demandais ce qu 'ils avaient tous contre moi.
Regardez Martine.
Elle me faisait toujours la gueule.
J 'aimais bien jouer avec elle pourtant.
Attends, c 'est vrai.
Bouge pas.
Ah ! Ah ! Ah !
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Attention, maintenant, ça va couler.
Attention.
C 'est bon.
C 'est bon, là.
Allez, viens quand même.
Oui,
mais non.
Vraiment, je ne comprenais pas pourquoi Martine me faisait la gueule.
Oncle Georges était le seul à nous sourire.
Pourtant, hier, il a été très mécontent de moi.
Mais c 'était un secret.
Je ne l 'ai raconté à personne.
Merci.
C 'est toujours par là.
C 'est bon, tu aimes le café, là ? Oui.
C 'est bon, c 'est bon.
Ah,
c 'est mouillé, maintenant.
C 'est bon, hein ? C 'est bon, là.
C 'est fort.
Oui. C 'est bon.
C 'est bon.
Voilà.
Voilà.
Voilà.
Oui, bien, bien.
Je constatais avec plaisir que Franz connaissait des jeux aussi drôles que
de l 'oncle Georges.
Voilà.
Il y a ça là.
Je vous retiens. Ah oui.
Oh, elle retient. Elle retient.
Non,
attends. Viens, toi.
C 'était bon.
Eh bien, qu 'est -ce que tu fais là ? Comme il était très en colère après moi,
tonton Georges m 'avait donné une fessée.
Les fesses tenues.
Mais elle était beaucoup moins sévère que celle de Martine.
Bonjour, Franck. Venez voir un peu.
Oui, madame.
Comme... Comme...
C 'est une bonne salope.
Oui, c 'est bien.
Merci Madame.
Merci.
pas fort madame
Tout le monde se détestait à la maison.
J 'avais découvert que l 'amour n 'était pas un jeu, mais une chose sérieuse,
une affaire de grande personne.
Comment aurais -je pu savoir que c 'était sérieux au point de provoquer de
drames ?
Souvent, Franz se me conduisait à la ville en moto.
Nous partions pour de grandes balades.
Et ce qui devait arriver, arriva, bien sûr.
Il te les faut tous, salope.
Rabis -toi, petite garce.
Allez, vite.
Allez, à la maison.
Allez, dépêche -toi.
Plus vite que ça.
Qu 'as -tu fait avec Franck, petite traînée ? Rien, je vous promets.
Petite menteuse ! Montre -moi ! Lâche -moi maintenant ! Montre -moi !
Non ! Non ! Baisse ta culotte ! Non, je ne veux pas !
Oh non !
Écarte !
Que je regarde de plus près.
Vous avez vu, tante ? Il n 'y a rien dedans.
En tout cas, tu n 'es plus vierge.
Je suis bien, petite sœur.
Je n 'ai plus de viage.
Tante Madeleine m 'interdit formellement de revoir Franz.
Sinon, il risquait de perdre sa place par ma faute.
Mais par contre, cela ne l 'empêchait pas, elle, de le voir souvent.
Beaucoup trop souvent, à mon avis.
Bah !
Pendant ce temps -là, tonton Georges, lui, ne restait pas inactif.
Quand j 'ai la faim, je pars.
Et si la faim se part, moi aussi je pars. Toi, tu n 'as rien à dire. Va
J 'aime France.
Je vais partir avec lui.
Allons, c 'est une grande fille maintenant.
Ne perdons pas de temps.
Allez, venez.
Au lit, mesdames.
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