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Original subtitles

LES PROIES DU VAMPIRE

Exp : R. BUKOVITCH BAKONIA HONGRIE

Dest : M. DUVAL SIERRA NEGRA MEXICO

Bonjour, monsieur.

Oui, Mademoiselle ?

Personne n'est venu me chercher ?

C'est vous Marta, la ni�ce de Don Emilio ?

Je suis surprise de ne pas le voir.

En effet, il est venu � midi.

Il est parti d�s qu'il a appris le d�raillement.

A quelle heure reviendra-t-il ?

Je ne crois pas qu'il reviendra ce soir.

Il �tait s�r qu'il n'y aurait pas de train sur la ligne avant demain.

�a fait � peine une demi-heure qu'il recommence � circuler.

Personne ne pourrait me mener aux Cycomores ?

Je ne crois pas.

Et vous savez, quand vient le soir les gens refusent de sortir.

Comment je vais faire ?

Attendre demain matin.

Voil� justement un jeune homme qui est dans la m�me situation.

Ce n'est pas la peine de l'interroger, il m'a d�j� tout dit.

C'est que j'ai une tante qui est au plus mal

et il faut que j'arrive ce soir.

J'ai fait appel � un neveu mais sans r�sultat.

Venez vous asseoir, �a risque de durer.

Laissez-moi vous aider.

J'ai l'impression que les gens d'ici ne tiennent pas � sortir, la nuit.

Je voulais aller jusqu'au village qui se trouve � 3h de marche d'ici,

le petit gros me l'a d�conseill�.

Tenez, une charrette.

Qu'il est laid.

Il n'a pas la t�te d'un enfant de ch�ur.

Je viens chercher la caisse.

Voici le bon de commande.

C'est bon, chargez-la.

Quelle id�e d'envoyer de la terre de Hongrie.

Celle-ci ne vaut rien ?

Caprice de gens riches.

C'est pour M. Duval. Il habite ici depuis 10 ans.

�a ne tourne pas rond l�-dedans.

Un dr�le de type qui ne sort que la nuit

Il porte une cape noire, comme cet homme.

Attendez, il me vient une id�e de g�nie.

Excusez-moi, pourriez-vous emmener cette jeune fille ?

Elle vous tiendrait compagnie.

- Je ne vais pas au village. - Elle non plus.

- Elle va aux Cycomores. - O� �a ?

C'est bon. Qu'elle vienne.

Tout est arrang�, il nous emm�ne. D�p�chez-vous !

Dites-moi, o� allez-vous ?

Vous allez aux Cycomores, et moi aussi.

Un instant, mes amis. Je veux la voir une derni�re fois.

Puis-je le garder en souvenir ?

Repose en paix, ch�re s�ur.

Elle voulait reposer dans la maison o� elle est n�e.

Qu'elle repose en paix pour l'�ternit�.

Ainsi soit-il.

Les Cycomores resteront � nous.

Anselmo !

Que faites-vous ?

Descendez.

Mais, nous ne sommes pas arriv�s.

Je ne vais pas par l�.

Vous n'avez qu'� prendre ce chemin.

Emmenez-nous aux Cycomores, je paierai.

Impossible.

C'est bon.

Quel sale type !

Il aurait pu nous emmener.

O� sommes-nous ?

On est � la fourche.

Ce sentier nous conduit aux Cycomores.

- C'est encore loin ? - A une demi-heure.

Tant qu'� marcher en plein brouillard,

autant faire connaissance.

- Je m'appelle Enrique - Et moi, Marta.

Je vais vous parler un peu de moi.

J'ai un grain de beaut� dans le dos.

Je hais la campagne

car selon moi, elle a �t� cr��e pour les vaches.

Je suis dans le commerce.

Je suis vendeuse. J'ai obtenu un cong�.

Mon Oncle Emilio m'a �crit il y a 2 jours.

Il me priait de venir. C'�tait presque un ordre.

- C'est le mari de la malade ? - Non, ils sont fr�re et s�ur.

J'ai une autre tante qui demeure aussi aux Cycomores.

Mais tous les trois sont c�libataires.

Etes-vous s�re que nous sommes bien sur la bonne route

parce que �a me para�t un peu long ce trajet.

Mais oui, je connais le chemin.

Esp�rons que �a n'a rien de grave, la maladie de ma tante.

Parce qu'elle a �t� pour moi comme une m�re.

Elle m'a �lev�e et dorlot�e.

Pourquoi aucune des deux ne s'est-elle mari�e ?

- Elles ne sont pas jolies ? - Si, au contraire.

On les trouvait m�me tr�s jolies.

Mais elles sont d�j� �g�es maintenant.

Elles ont toujours v�cu sur leurs terres, sans aucun contact avec l'ext�rieur.

- Le temps passe, on reste vieux. - Oui, j'imagine.

- Et votre oncle ? - Oncle Emilio, c'est autre chose.

Il a roul� sa bosse un peu partout et il est revenu il y a � peine 2 mois.

Je me souviens de tout. Le patio rempli de fleurs,

les portails ensoleill�s,

les cages pleines d'oiseaux, la fontaine.

Tous les souvenirs de mon enfance sont li�s � cette maison.

Regardez, c'est l'arbre du pendu.

Et ici, le chemin bifurque. Nous serons bient�t arriv�s.

Qu'est-ce que vous regardez ?

Je ne saurais pas vous le dire.

J'ai comme une dr�le d'impression depuis qu'on suit ce chemin.

Comme si quelqu'un nous avait suivi depuis le d�but.

Je n'ai vu personne.

Mais j'ai senti un frisson me parcourir.

Je suis Marta. Mon oncle et mes tantes m'attendent.

Oui, mon enfant, je vais vous ouvrir.

Comment vas-tu, Anselmo ?

Si monsieur veut bien me permettre...

Mais tout est � l'abandon ici.

Il y a longtemps que tout est dans cet �tat mis�rable.

C'est que personne ne veut plus travailler ici.

Les bonnes gens refusent de venir � Sierra Negra.

Ils sont presque tous partis au village.

On ne reste plus qu'entre nous.

On se croirait presque dans un cimeti�re ici.

Monsieur, c'est mademoiselle votre ni�ce.

Elle est l� avec un jeune homme.

C'�tait ce matin que nous t'attendions, ma ch�rie.

Alors, tu ne viens pas m'embrasser ?

C'est ta tante Elo�se.

Tu ne reconnais pas ta tante Elo�se ?

C'est sa vieille tante ?

Mais tu es plus jeune que lorsque je t'ai quitt�e !

On ne s'�tait pas vues depuis des ann�es.

Mais c'est incroyable. Tu n'as pas du tout vieilli.

Et ma tante Marie-Th�r�se, o� est-elle ?

Morte hier.

Nous venons de l'enterrer.

Ne pleure pas, allons. A quoi cela sert-il ?

Pardon, pourriez-vous demander qu'on me ram�ne ma valise ?

Oui, je m'en vais.

Oui, il le faut.

Ce jeune homme nous quitte.

Ce monsieur a eu la gentillesse de m'accompagner de la gare jusqu'ici.

Pourquoi ne restez-vous pas chez nous cette nuit ?

- O� voulez-vous aller ? - A l'h�tel.

Il n'y a plus d'h�tel depuis quelques ann�es � Sierra Negra.

Vous �tes chez vous ici, restez.

J'aurais aim� vous rencontrer en d'autres circonstances.

C'est triste.

Cependant nous devrions nous r�jouir de sa mort.

Pourquoi, ma tante ?

Tu ne sais pas combien elle a souffert la pauvre.

N'est-ce pas, Emilio ?

En v�rit�, seule la mort a pu la d�livrer de ses angoisses terribles.

- Elle est morte de quoi ? - D'une crise cardiaque.

Mais au cours des derni�res ann�es elle �tait...

- Elle d�raisonnait. - Elle �tait folle ?

- Une maniaque de la pers�cution. - De quoi avait-elle peur ?

Euh... Des vampires.

Des id�es que les villageois voisins lui avaient mis en t�te.

Ils sont extr�mement superstitieux.

Elle �tait persuad�e que dans les recoins de cette maison,

se cachait un vampire qui la guettait sans cesse pour lui sucer le sang.

Quand le soir tombait,

sa peur augmentait de plus en plus.

Elle s'enfermait alors dans sa chambre et refusait d'en sortir.

Elle s'entourait de tous les crucifix et tous les miroirs qu'elle trouvait.

Et pourquoi faisait-elle cela ?

Ce sont des sottises. Des l�gendes.

On raconte que les vampires

fuient quand ils voient un crucifix et que,

m�me quand ils sont pr�sents dans une pi�ce,

on ne les voit pas dans un miroir.

Oui, j'ai d�j� entendu �a.

Leur image ne se refl�te pas dans une glace.

- Oui, c'est ce qu'on raconte. - Un peu de repos lui fera du bien.

Le voyage a d� la fatiguer, et elle n'est pas en �tat d'entendre ces histoires.

Oui, je vais aller dormir.

Vous collectionnez les livres anciens ?

Non. Je vous avouerais que je n'y entends rien.

Ces livres sont l� depuis toujours.

Ils faisaient partie, para�t-il, d'archives trouv�es dans une mine de Sierra Negra.

Malheureusement, je suis venu trop tard.

J'ai suivi vos instructions.

Elle ne sait pas qui je suis ni pourquoi je suis venu.

Je vous en prie, jouez ce jeu jusqu'� ce qu'elle s'en aille.

Ce serait trop p�nible de savoir que vous �tes venu pour...

Ouvrez-la.

De la terre ?

C'est cette terre qui ram�nera � la vie mon fr�re, le Comte Karol Duval.

Ses ennemis acharn�s l'ont mis dans un s�pulcre indigne.

C'est de la terre des cimeti�res du bois de Bakonia

que nous porterons dans deux lunaisons � sa tombe.

Son pouvoir occulte

le fera revenir � la vie,

dans le m�me instant que s'accomplira

la centi�me ann�e de sa mort.

Et tous les deux nous allons pouvoir d�sormais

et pour l'�ternit� jouir de ce bonheur enfoui

qui nous avait uni en des temps meilleurs.

Unis nous imposerons enfin notre puissance.

Le pouvoir et la domination de la caste des Duval.

Tu vas sceller les chevaux, Boris. Nous partons sur-le-champ.

Tu poss�des toi aussi une part des Cycomores.

Je ne le savais pas.

Marie-Th�r�se t'a c�d� la sienne dans son testament.

Elle �tait si bonne avec moi.

Tu as autant de droits sur les Cycomores que mon fr�re et moi.

La propri�t� ne ressemble plus � ce qu'elle �tait autrefois.

Nous avons un acheteur �ventuel

qui en paierait un bon prix.

Mais vous voulez vendre les Cycomores ?

Je suis pour que cette vente se fasse. Emilio refuse.

Selon la loi, il faut absolument qu'une majorit� opte pour la vente.

C'est � nous de nous entendre.

Dans ce cas... c'est � moi que revient la d�cision ?

Nous en reparlerons plus tard, veux-tu ?

Tout est arriv� si soudainement que j'ai l'impression de vivre un cauchemar.

Mais voyons, r�fl�chis.

Tout ici tombe en ruines.

Les gens des environs ne veulent plus travailler pour nous.

Mais Tantine est enterr�e ici.

- Qu'y a-t-il ? - Ce n'est rien.

Quelqu'un vient.

Faites attention.

- Il y a un �tranger dans la maison. - Je le sais.

Ayez l'�il sur lui.

C'est un voisin, un noble fortun�. Il vient prendre part � notre peine.

Je veux que tu fasses sa connaissance.

Excuse-moi aupr�s de lui, veux-tu, ma tante ?

Je le verrai une autre fois.

Je suis lasse et je n'ai envie de parler � personne ce soir.

Je vais le recevoir.

Et passe une bonne nuit.

Monsieur Duval. Un de nos voisins.

Duval ? Ah, �a y est j'y suis !

Vous �tes un importateur de terre de Hongrie.

Monsieur exag�re un peu.

Il aura vu en gare une caisse de terre qui est arriv�e pour moi.

Ce n'est qu'un simple �chantillon.

Il n'y a pas de quoi en faire des plantations.

Et bien si ce n'est pour vous qu'un simple �chantillon,

j'aimerais bien voir la commande.

Il s'agit d'une antique tradition.

Pour peu que �a devienne de la terre de cimeti�re.

Non, ce n'est rien de tout �a.

C'est pour transplanter des rosiers des bois de Bakonia.

Par tradition nous utilisons de la terre d'origine.

Voil� pourquoi on me l'exp�die.

- Qu'est-ce que c'est ? - Un livre qui est tomb� d'un rayon.

Mais comment ? Qui l'aurait fait tomber ?

Il �tait mal rang�.

C'est un livre fort int�ressant.

C'est un manuscrit

qui date de plus de cent ans.

Ces livres sont presque tous de la m�me �poque.

Relation des actes se rapportant � l'assassinat du Comte Karol de Lavud

fondateur des Cycomores

originaire de Bakonia dans le royaume de Hongrie.

�a c'est une co�ncidence.

C'�tait un de vos compatriotes ?

Il semble en effet.

Ce Lavud... Est-ce le m�me qui a �t� enterr� dans la crypte ?

Sans aucun doute.

Si on en croit ce livre, il y a bien cent ans qu'il est enterr� l�.

Ce qui est certain c'est que sa tombe est visiblement la plus ancienne.

Le pauvre, il n'en reste que poussi�re.

La chambre de monsieur est pr�te.

Avec votre permission, je me retire.

Puis-je vous emprunter ce livre ?

�a m'int�resserait beaucoup d'y jeter un coup d'�il.

Vous ne voudriez pas me montrer le chemin ?

Comment vous appelez-vous ?

Maria ? C'est un joli nom. Maria comment ?

Santayo, monsieur.

Un gar�on des plus int�ressants.

- Qu'est-ce qui l'am�ne ici ? - Je l'ignore.

Je crois que c'est un commis voyageur.

Il est venu pour accompagner notre Marta qui se trouvait seule � la gare.

Elle ne le conna�t pas plus que nous, d'ailleurs.

Demain il s'en ira.

Votre ni�ce est d�j� arriv�e ?

Mais elle ne pourra pas descendre ce soir.

Le voyage l'a fatigu�e.

Est-ce que vous lui avez d�j� dit que je pensais acheter les Cycomores ?

N'ayez aucune illusion, M. Duval.

Ma ni�ce est profond�ment attach�e � cette terre.

Elle sera d'accord avec moi pour que nous refusions de vendre.

Ce serait fort regrettable si elle d�cidait de repousser mon offre.

Oui, en v�rit�, fort regrettable.

Non, restez un instant, Maria. Je d�sire vous parler.

Dites-moi, qui soignait cette dame qui est morte ?

Une servante, monsieur.

Ces sortes de crises nerveuses qu'elle avait derni�rement,

elles survenaient � une heure pr�cise ou � n'importe quelle heure ?

Elles ne survenaient qu'� la nuit.

Ma d�funte patronne, pour tout vous dire,

n'avait pas de crises nerveuses et elle n'�tait pas folle.

Bon, ce n'�tait que des superstitions alors ?

Ce n'�tait ni cela ni des id�es non plus.

Mais des choses r�elles.

Mais comment pouvait-elle croire aux vampires ?

Les vampires existent, quoique vous en doutiez.

- Vous en avez vu ? - Non, que Dieu me pr�serve.

Un vampire a tu� mon a�eul il y a cent ans de cela.

Dans la galerie d'une mine qui avait �t� creus�e sous la maison.

Beaucoup de gens sont morts � cette �poque.

Leur sang s'est vid� par une plaie qu'ils avaient au cou.

Et personne n'a plus voulu travailler dans cette mine.

Avec le temps, elle a fini par s'effondrer.

Les hommes du village ont r�ussi � tuer le vampire.

Comment l'ont-ils tu� ?

De la seule mani�re dont on puisse abattre un vampire.

Il n'y a ni couteau ni coup de feu qui puisse les tuer.

Mais alors comment les d�truit-on ?

En leur enfon�ant un grand pieu ac�r�, l�, dans la poitrine.

Quand ils sont endormis.

Un vampire mort il y a une centaine d'ann�es vous effraie encore ?

Celui-l� est bien enterr� dans la crypte.

C'est qu'il s'agit d'un autre.

Celui-ci, personne ne l'a vu encore.

Mais les histoires de l'ancien temps recommencent � circuler.

On trouve � nouveau des morts dans les chemins.

Ils ont tous une plaie ici.

Dans le cou.

Sans une seule goutte de sang dans le corps.

Les gens restent chez eux d�s que la nuit tombe.

Et m�me les animaux de la montagne ont fui de peur vers d'autres terres.

Ce sont des sottises.

Ne vous moquez pas de ce que disent les gens de la campagne.

Les vampires existent.

Ils dorment pendant la journ�e et sortent la nuit

pour sucer le sang des jeunes personnes.

C'est leur seule nourriture.

Que Dieu vous prot�ge afin qu'il ne s'attaque pas � vous.

Ou sinon ils ne vous �pargneront pas.

Ils se jetteraient sur vous.

Et alors, vous ne ferez pas de vieux os.

Et vous vivrez comme toutes ces �mes du purgatoire

qui errent sans cesse sans que la mort les soulage.

Que la Vierge secourable vous accompagne.

Encore une fois,

recevez toutes mes condol�ances.

Vous allez prendre froid.

Pleurez, ne vous arr�tez pas.

Allez, pleurez, ne vous g�nez pas pour moi.

Vous savez bien que les larmes rendent les femmes plus belles ?

Tous les experts en soins de beaut� le disent.

Les larmes ont aussi un effet salutaire.

Vous ne le saviez pas ? C'est pourtant vrai.

Je sanglote tous les jours en avalant mon caf� entre sept et neuf.

C'est la meilleure heure pour pleurer.

Faites comme moi ! Et vous verrez comme �a fait du bien.

Je vous en prie, ne plaisantez pas.

Un tel paysage n'est pas assez romantique pour vous tenir �veill�e.

Et puis, qui vous rendrait visite ?

Il faut �tre dans le ton et dans l'ambiance.

Faites comme moi.

Je suis entrain de lire une histoire de crime.

De crime ? Et bien, tenez, en voil� un autre.

Regardez ce qu'est devenu le patio le plus beau du monde.

J'en ai souffert autant que de la mort en le voyant dans cet �tat.

Comme dirait le po�te,

voil� tout ce qui reste de ce qui fut un Eden.

Pourquoi vous en �tonner ?

Tout est tel que jadis.

Vous le voyez avec d'autres yeux, voil� tout.

Ainsi va toute chose.

Par exemple,

vous �tes ravissante.

C'est vrai !

Plus je vous regarde et plus je vous trouve adorable, vraiment.

Mais comment vous seriez s'il ne restait de vous que votre squelette ?

Je me revois encore sur le quai, quand on s'est rencontr�, � la gare.

- Vous vous en souvenez ? - Quelle co�ncidence !

Vous connaissez ce dicton ?

Que tout a la couleur du crystal dans lequel on voit toute chose.

Cette couleur qui rev�t tout ce que l'on aime sur terre.

C'est la meilleure recette du parfait bonheur.

- Est-ce vrai ? - Comment �a ?

Il n'y a rien de plus certain.

R�ver est ce qu'il y a de plus important.

En allant dormir tout de suite. Allez vous coucher.

Demain vous verrez tout sous un autre jour.

Verrouillez bien votre porte.

- Pourquoi ? - Parce que je suis somnambule.

C'est un m�decin. Ils l'ont fait venir en secret.

Ne crains rien.

Il n'a plus rien � faire aux Cycomores.

Il �tait venu pour la malade.

Et elle est d�j� dans la tombe, ensevelie hier soir.

Je vous en prie, m�fiez-vous.

Il a dit qu'il s'en irait demain.

S'il a menti et s'il reste,

Alors, il mourra.

Et Marta ?

Elle sera des n�tres, bien s�r. D�s que son sang se m�langera au mien.

Elle restera ainsi,

durant des si�cles et des si�cles.

Alt�r�e de son propre sang.

Mais elle recherchera en vain son sang, toutes les nuits,

sur d'autres mortels,

comme le commande notre destin � tous.

Comme toi tu le fais.

Comme je le fais et comme il faut que tous nous le fassions.

Pareil � tous ceux qui comme nous

se sont arr�t�s sur cette �trange passerelle

qui m�ne de la fin de la vie au commencement de la mort.

Vous partez d�j� ?

J'aimerais bien attraper le train du matin.

Comment vous sentez-vous ?

- Pas trop mal dormi ? - Couci-cou�a.

J'ai fait un horrible cauchemar qui m'a tenue �veill�e toute la nuit.

Dites-moi, quel genre de cauchemar ?

J'ai vu un homme tr�s grand,

v�tu d'une cape noire.

Il avait de grands yeux et il me fixait du pied de mon lit, sans bouger.

Il s'approchait de moi, il voulait m'embrasser,

ensuite j'ai perdu connaissance, je ne sais plus rien.

Et alors vous esp�rez le voir appara�tre et vous embrasser.

Qu'est-ce que vous regardiez, dites-moi.

Si vous saviez ce qu'il y a derri�re cette porte-l�.

En v�rit� je n'en ai pas la moindre id�e.

Je dormais dans cette chambre �tant enfant.

Ma tante m'a promis de ne permettre � personne

d'entrer dans cette chambre jusqu'� mon retour.

Elle est rest�e comme telle et je n'ose plus y entrer.

Pourquoi donc ? Venez avec moi.

Je pr�f�re encore suivre votre conseil de cette nuit.

Aller r�ver.

C'est ici qu'on m'a chant� ma premi�re berceuse.

Ma tante l'avait compos�e pour moi.

Elle la chantait uniquement pour moi.

C'�tait notre grand secret.

Dors, mon ange,

le rossignol moqueur

berce ton petit c�ur.

Une berceuse ravissante, mais je la connaissais.

Vous la chantiez hier soir.

Mais non, c'est la premi�re fois que je la chante.

Ah, non, j'ai entendu quelqu'un la chanter hier soir.

C'est impossible. Seules ma tante et moi pouvions la conna�tre.

Et elle est morte !

Ou alors vous l'avez entendue chanter de l'autre monde.

Alors c'est �a, elle chantait de l'autre monde.

De l'autre monde ? Est-ce que l'on chante de l�-haut ?

A croire que j'entends des voix, ou c'�tait un autre air,

j'ai pas l'oreille tr�s musicale. Allons voir votre chambre.

N'entrez pas l�.

On dirait qu'on ne l'a pas ouverte depuis cent ans.

Elle est tapiss�e de toiles d'araign�es.

Il y a une poup�e dans une bercelonnette.

C'est la v�tre ?

Pourquoi n'entrez-vous pas ?

Un jour vous y entrerez.

Ah ! C'est horrible, horrible ! J'ai vu ma tante !

Ma tante Marie-Th�r�se, la morte.

- Que se passe-t-il ? - Je l'ai vue ! Je l'ai vue !

Toute v�tue de noir, elle avait un crucifix sur la poitrine.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? - Elle avait la chevelure d�faite et...

Emmenez-la, et donnez-lui un calmant pour les nerfs.

Il n'y a pas une seule trace.

Je crois que Marta a eu une vision.

N'en dites rien, Docteur.

Elle a d�crit ma d�funte s�ur

telle qu'elle repose dans la tombe depuis hier.

- Elle n'a pas r�v� alors ? - Je puis vous l'assurer.

- C'est bon, je m'en vais. - Restez encore, je vous en supplie.

Attendez que la crise nerveuse soit pass�e, qu'elle soit calm�e un peu.

Qu'elle soit tranquillis�e.

Mais Don Emilio, il faudrait que nous parlions de tout �a de sang froid.

Vous m'avez fait venir ici afin que je puisse dire si votre s�ur,

qui jurait avoir vu des vampires, �tait folle ?

Or, entre temps, votre pauvre s�ur est morte.

Mais votre ni�ce l'a vue comme je vous vois en cet instant

se promenant dans cette pi�ce.

Je vous en prie, restez, Docteur.

Mais seulement pour quelques heures

parce que je tiens � prendre mon train de huit heures trente.

Je m'en irai � huit heures pr�cises.

- O� est votre ni�ce ? - Dans sa chambre.

Allons, recoiffez-vous.

Et ne pensez plus � ces choses.

Ce n'est que votre imagination qui vous joue des tours.

Vous avez entendu ce qu'a dit ce jeune homme ?

Vous n'avez que �a en t�te depuis que vous �tes parmi nous.

Faut plus y songer.

Jamais les d�funts ne reviennent.

D�p�che-toi, Marta. M. Duval ne va pas tarder � arriver.

Toi mets un petit peu d'ordre dans le salon.

Fais-toi bien jolie.

Monsieur Duval tient beaucoup � faire ta connaissance.

C'est lui qui veut acheter au prix fort les Cycomores.

Il vient ici dans le but de te parler de cette affaire.

Tu vas mettre un beau bijou.

Monsieur Duval vient d'arriver.

Marta a vu que je n'apparaissais pas dans un miroir. Que faire ?

L'ignorez-vous ?

Marta va descendre dans une seconde.

Je ne m'attarde pas, je pars au plus vite.

Il faut que je parte.

Mais quoi, vous nous quittez d�j� ?

Oui, j'arriverai juste � temps pour le train.

Voici votre livre. Je vous remercie.

Nous allons vous pr�senter ma ni�ce, monsieur Duval.

Comment va la malade ?

Ecoutez, il vient de se passer une chose horrible.

- Je vous le dirai plus tard. - Je te pr�sente monsieur Duval.

Comme elle est jolie.

Je suis ravi de faire votre connaissance, mademoiselle.

C'est une grande joie, un vrai plaisir pour les yeux.

Bien adieu, je m'en vais.

Oh non, ne partez pas je vous en prie.

Le train ne m'attendra pas.

Au moins faites-nous l'honneur de prendre un verre.

Bon, s'il ne s'agit que d'un seul.

Un seul. Et du meilleur, monsieur.

Je pense que vous devriez lire ce livre.

C'est tr�s int�ressant.

Le h�ros est un de vos compatriotes qui a v�cu ici il y a longtemps

et qui fut tu� � l'aide d'un pieu enfonc� dans le c�ur.

C'�tait un vampire.

On raconte cette histoire dans ce livre ?

Et toi, Marta ?

Et pourquoi pas ? Allons, buvez. �a vous fera du bien.

Et qui a �crit ce livre ?

- Ce n'est pas un farceur ? - Il n'a �t� �crit par personne.

Ce sont les copies des d�clarations et des t�moignages des voisins

recueillis au cours du proc�s de ce criminel.

Et qui euh... l'a enterr� dans la crypte ?

Les gens du village, parbleu.

Ils ont fait �a pour qu'on ne revoit jamais de vampire dans le pays.

C'est une croyance populaire.

Au contraire, la l�gende dit

Le vampire doit rester seul � l'endroit o� il a �t� abattu.

Sinon avec le temps un autre vampire appara�tra.

Un autre de la m�me famille viendra le venger.

Si l'on tient � ce que celui qui est enterr�

soit sans d�fense dans la tombe, il faut qu'il soit seul.

Mais vous croyez aux vampires, vous ?

Jamais de la vie. Les vampires prennent corps dans l'imagination.

- Vous permettez ? - Retire-toi, Anselmo !

Marta, qu'est-ce que tu as ?

Don Emilio, ma valise.

Je regrette que le malaise de ma ni�ce ne nous fasse vous n�gliger.

Ne vous tourmentez pas pour cela, mademoiselle.

Je reviendrai une autre fois.

Dans ma valise, il y a une trousse. Donnez-la-moi.

Qu'est-ce qui lui arrive ?

Mais qu'est-ce qu'elle a ?

Morte.

Votre ni�ce vient de bouger, Ma�tre.

Elle vient de bouger, Ma�tre.

Je l'ai vue de mes propres yeux. Elle a relev� son petit doigt.

C'est impossible.

Anselmo n'a jamais menti.

Elle se r�veillerait dans sa tombe si on l'enterrait telle qu'elle est.

Sa pupille est contract�e. Donnez-moi ma trousse.

Elle respire.

Enlevez tout �a, donnez-lui � boire. Portons-la sur son lit.

Je vais lui injecter de la choramine.

Quand tout sera normal, elle se r�veillera tr�s lentement.

Les sympt�mes, quand on est dans cet �tat,

sont-ils souvent les m�mes ?

Assez souvent.

Ma pauvre s�ur.

�a s'est pass� comme pour Marta.

Elle �tait bien tranquille assise et puis subitement elle s'est lev�e.

La pauvre a d� se r�veiller dans son...

Calmez-vous. M�me si c'�tait vrai, il est trop tard maintenant.

Il n'est jamais trop tard, venez avec moi.

Je veux que vous la voyiez imm�diatement, venez avec moi.

Je ne peux pas perdre une seconde. Allons-y.

Vide !

- Comment expliques-tu �a ? - J'en sais rien Ma�tre.

Dis-lui tout, Anselmo.

Il n'y a aucune raison maintenant pour que nous gardions le secret.

De quoi parles-tu ?

Voici ce que j'ai trouv� dans le scapulaire.

Je ne suis pas morte.

Sors-moi d'ici et emm�ne-moi dans le tunnel derri�re la croix.

Nous l'avons fait.

D�masque l'ouverture du tunnel.

Qui va l� ?

Marie-Th�r�se !

C'est un docteur. Un ami.

Tu as appel� un m�decin pour voir si je suis folle, hein ?

Tu ne me crois pas encore. Tu as vu ce qu'on a fait de moi ?

Ils ont voulu me tuer. Commettre un assassinat,

qui ne laisse pas de trace.

En me faisant avaler cette maudite poudre,

je ne devais me r�veiller que dans la tombe.

Je serais morte asphyxi�e et de terreur dans mon cercueil.

Mais je me suis aper�ue � temps de leur man�ge

et aucun de leurs agissements n'avait de secret pour moi.

Je les ai entendus parler. A travers le tunnel.

Un jour,

ils s'aper�urent que je les espionnais.

Ils ont d�cid� de me tuer.

Ce sont des vampires. Tous les deux.

Le maudit est venu une nuit d�terrer l'autre

qui �tait dans la crypte.

Il n'y a qu'une mani�re d'en finir avec eux.

Les mettre � mort dans leur sommeil.

En leur enfon�ant un pieu dans la poitrine.

Avant qu'il ne soit trop tard.

Je n'ai rien d'une folle !

J'ai tr�s peur. Je ne suis pas folle !

Ici elle se sent prot�g�e, qu'elle y reste.

Demain nous viendrons la chercher.

Vous devinez la raison, pour laquelle je vous ai fait venir ici en secret.

Si elle est tout � fait normale, ce qu'elle dit doit �tre la v�rit�.

- Ils sont de la m�me famille. - Qui donc ?

Duval et le Comte de Lavud.

Regardez dans ce miroir.

Marta a disparu !

Ils sont sortis par l�.

C'est une porte secr�te.

Je vais chercher une lampe.

Il faut nous dire au revoir.

Mais avant de partir, je voudrais vous dire une chose.

Vous ne croyez pas que...

de toute mon �me.

Au revoir.

Votre valise !

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