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-Ce n'est pas mal, petit.
Applaudissements.
-Ce n'est pas mal, petit.
Ce n'est pas mal, donc, ce n'est pas bien.
Le couteau est affûté ?
Ah non.
Tu te dis que tu es au-dessus de ça, toi.
C'est ça la différence entre toi et moi.
Tu n'as pas fait tes classes. Tu n'as pas appris les bases.
Personne ne t'a appris à tenir la lame dans le bon sens.
Tu n'es pas à la hauteur.
Laisse-moi faire. C'est moi le chef.
Tu t'y prends mal.
-Oh !
-Romain ?
Romain ?
Rom...
On frappe à la porte.
-Entrez.
Ben...
C'est mon fils, non ?
-Vous lui avez parlé ?
-Pour lui dire quoi ?
Qu'ici, c'est chez moi et personne d'autre ?
Il y a de quoi avoir envie de tuer. A sa place, je n'hésiterais pas.
Vous voulez une tragédie grecque, du sang plein les murs ?
-Ca peut être une idée déco sympa.
Vous avez raison. Les sentiments, c'est dégoûtant.
-Delphine.
Delphine. Ca va ? Vous êtes toute pâle.
-Le fournisseur doit arriver. Venez.
-Ouais. OK.
-Voilà, je...
Je veux être votre élève.
Je veux apprendre à me servir
de mes couteaux. -Pourquoi ?
-Parce que c'est le geste qui précède la cuisine.
Parce qu'avant, il n'y a rien. Il y a juste un produit mort
et après, c'est du superflu.
Ce que je veux, c'est apprendre la coupe.
Aller à l'essentiel. A la pureté.
-Je ne prends pas d'élèves.
-Qu'est-ce que vous proposez ?
-Alors ?
-Avec le budget, je ne vois qu'un 4 feux 2 fours. Un Leduc.
J'en ai un d'occasion.
-Non mais... Vous avez vu quoi sur la devanture ? "Crêperie" ?
4 feux seulement ? -Vous voudriez quoi ?
-Mon piano et mon fourneau !
La Rolls. Sauf que vous avez à peine de quoi payer un Solex.
-Combien pour la Rolls ?
-10 000 tout rond.
La moitié maintenant, le solde à la livraison.
-2 minutes. Qu'est-ce que vous faites ?
-Vous vous mettez au volant de la Rolls. Je remplis le réservoir.
-Livraison
la semaine prochaine ? -Cette semaine.
-Elle sait
ce qu'elle veut. Vous l'aurez jeudi.
-Ca marche.
-Merci.
Au plaisir.
-Parfois, je ne vous comprends pas. -Ce n'est pas grave.
-C'est un peu compliqué à comprendre. Le plan est inversé.
Le coin ici, c'est ça. C'est ce coin-là.
Ce que je vois,
ce serait une grande banquette ici qui prend tout le coin.
Au-dessus, on met un miroir. Ca va agrandir la pièce.
Et là, tout le long, suspension. -Yann.
-Genre style brut, industriel. Tu aimes ?
Ce qu'il faut,
c'est que... -Yann,
arrête, merde ! L'argent, il vient d'où ?
-On s'en fout, de ça. On s'en fout.
Ici, on va mettre une énorme table en chêne massif.
Viens voir.
Regarde cette puissance de fou. Regarde le potentiel de malade.
-Yann. Arrête. J'ai juste besoin de savoir où je mets les pieds.
-Tu ne me fais pas confiance ?
Tu crois que j'ai volé des mamies ou que j'ai braqué une banque ?
-Non.
-Si. C'est exactement ce que tu dis.
Putain.
Je fais ça pour nous.
Toi, tu me prends la tête avec des histoires de thunes.
-Enfin, c'est normal. Je veux juste savoir.
-Tu veux la vérité ? -Hm.
-OK.
J'ai... quelqu'un qui m'aide.
Mais c'est réglo. D'accord ?
Il ne faut pas que tu te prennes la tête avec ça.
Pense à tout ce qu'on va pouvoir faire ici à deux. Hein ?
-Yann, c'est Edouard ?
-Attends. -Hein ?
-Donne-moi tes petites mains. Regarde.
Ca,
c'est le resto.
Et ça, c'est moi.
Voilà.
-Ah non.
Je ne suis pas certaine
que ce soit déductible.
Je ne vous en veux pas.
C'est normal.
C'est anonyme.
Allô ?
Oui. Bien sûr.
La conjoncture.
Une autre fois.
Evidemment.
C'est peu au vu de...
Peut-être.
Allô ?
-Tout me ramène dans cet endroit.
Mes souvenirs, mes sentiments.
Mon accident.
-On ne change pas le passé.
Qu'est-ce que vous voulez, Edouard ?
-Bonjour, Delphine.
-Bonjour.
-Je voudrais...
vous aider...
financièrement.
-On a déjà été associés. On n'en garde pas un bon souvenir.
-Je souhaite m'amender.
Je ne suis plus le même homme, vous comprenez ?
Prenez-le
comme un signe.
-Un "signe" ? Un "signe" de quoi ?
-De paix.
De pénitence.
-Je doute que ce soit une très bonne idée.
-Vous en avez besoin.
Mais je ne demande rien en retour.
-Pardonnez-moi... de refuser, Edouard.
Je ne veux plus traiter avec vous.
Il déchire le chèque.
-Et s'il était sincère ?
-Mais il l'est.
C'est ça qui fait peur.
Cigales.
-Heu... Je les mets où ?
-Vous avez un cerveau comme moi. Vous en pensez quoi ?
-Sur une table ?
-Voilà. Belle idée,
Inès.
-Bonjour.
-Vous le voulez en chêne, votre piano ?
-Je... Je vous demande pardon ?
-Vous me faites un chèque en bois. Je vous propose du matériel
du même tonneau.
-Mais... Il y a forcément un malentendu. Je vais appeler
la banque.
On doit être livrés après-demain.
-La maison ne fait pas crédit.
-Faites un petit effort.
-Non. C'est à vous d'en faire un si vous voulez votre fourneau.
Je préfère les vrais sous.
C'est plus franc du collier.
Du liquide, du cash.
C'est clair, ma petite dame ?
-Parfaitement clair.
Et je ne suis pas votre petite dame.
-Oui.
-Heu...
-Mettez-le sur votre tête.
-Heu... Oui.
-Vous êtes sincère et plein de bonne volonté.
Mais votre désir n'est pas... pur.
-Qu'en savez-vous ?
-Vous portez votre vrai sentiment sur votre visage.
Et si vous ne parvenez pas à vous en dépouiller,
vous n'apprendrez rien. Jamais.
-Mais c'est pour ça que je suis ici.
Pour me débarrasser de...
la colère.
De tout ce qui m'encombre.
-Désherbage. Là-bas.
Cris d'enfants.
-Mademoiselle ?
Que me vaut le plaisir d'une visite ?
Mon état vous inspire
peut-être un peu de compassion ?
-J'ai une question.
-Dommage.
Je vous écoute.
-Vous avez donné de l'argent
à Yann ? -Vous êtes du genre direct.
Ca me plaît.
En quoi ça vous regarde ?
-C'est important.
Pour lui et pour moi.
-Si c'est important, alors...
Clara, peux-tu nous laisser ?
-Vous êtes sûr ? -Oui.
-Très bien.
-Approchez, mademoiselle.
Yann m'a rendu, disons, quelques... précieux services.
J'ai souhaité le remercier.
-Quels "services" ?
-Comment me trouvez-vous ?
En forme, n'est-ce pas ?
Quand on se retrouve dans cet état,
on aime savoir qui en est responsable.
-Pardon ? -Vous avez très bien compris.
Yann est venu s'ouvrir à moi d'une information cruciale,
mais ce n'est pas le genre d'homme à dispenser gracieusement
ses bons offices.
Vous êtes déçue ?
Il ne faut pas.
Il faut prendre l'argent là où il pousse.
Le parfum est le même.
-1 500. -Je vous demande pardon ?
-1 800. Parce que c'est vous.
-On n'est pas en train de marchander 2 kg de pistaches.
-C'est vous qui voyez.
Vous avez peut-être
autre chose ?
Comme ça, par exemple ? On peut voir ?
-Non. C'est un bijou de famille.
-Très bien. Je comprends.
La valeur sentimentale, c'est important.
La personne qui vous l'a offert doit beaucoup tenir à vous.
C'est magnifique.
-Combien, les sentiments ?
-Vous pouvez compter. Tout y est. -Nous voilà quittes.
-Vers quelle heure, la livraison ?
-Il reste le solde. -C'est après la livraison.
-Ma petite. Madame. La confiance entre nous s'est émoussée.
Pour le piano, ça sera après le solde.
-Quelqu'un vous attend. -Merci, Guillaume.
-Votre mère est arrivée.
-Bonjour, maman.
Je peux avoir un café, s'il vous plaît ?
Je suis pressée.
-Je voulais de tes nouvelles. Comment va ma fille chérie ?
-Tout va bien.
-Dans ton état, tu devrais te ménager. Arrêter le café.
-Quel "état" ?
-Ta grossesse.
Le bébé.
Il faut te reposer.
Eviter les excitants.
Tu as un bon acupuncteur ?
-Je n'ai aucune envie de parler de ça.
-Tu me repousses sans arrêt. -Non.
-Tu te crois si forte. Mais qu'est-ce que tu crois ?
C'est si glorieux de tomber enceinte de ce tocard ?
-J'ai 40 ans. Je n'ai aucun compte à te rendre.
-Qu'en as-tu fait ?
-Pardon ?
-Ton collier. Celui de ton arrière-grand-mère.
Tu es folle.
Je t'avais apporté ça.
Pour le bébé.
-Il ne faut retirer que la peau.
Fine comme du papier de soie.
Vous devez voir au travers.
-Vous, vous avez quelque chose à m'annoncer.
Je lis en vous comme dans un livre ouvert.
On est à sec, c'est ça ?
-J'ai cru qu'on allait y arriver, et puis...
Et puis, rien du tout.
On va droit dans le mur.
-Mais non.
On ne va pas dans le mur. On a survécu l'un à l'autre.
C'est bien la preuve de quelque chose, ça, non ?
Je ne sais pas où on va.
Mais si on y va ensemble,
moi, ça me suffit.
Laissez-moi faire.
Je vous promets qu'on va s'en sortir.
Je vous jure qu'on va y arriver.
-Tu vois, chef. Les chiens reviennent toujours à la niche.
-Ca dépend si la soupe est bonne. Qu'est-ce que tu as au menu ?
Sans rancune. -Sans rancune, chef. Je t'adore.
Laisse-moi deviner. Tu as besoin d'argent
pour ton restaurant.
Tu sais quoi ? Tu tombes bien. J'ai quelque chose pour toi.
Recette spéciale.
La dernière fois, tu n'as pas fini
ta soupe. Je te l'ai mise de côté
pour le jour où tu reviendrais.
Mais si tu veux sortir,
finis ton assiette. -Arrête.
-Moi, j'ai le temps.
-Qu'est-ce qui me dit que tu n'as pas mis de la mort-aux-rats ?
-Rien. C'est ça qui est marrant.
Bonsoir, chef.
-Comme ça, là ?
-Soyez le poisson.
Laissez la lame vous perforer.
Puis guidez-la à travers vos entrailles.
-Salut.
Quoi ?
-Comment j'ai été assez conne pour y croire une seconde ?
-Attends...
-Arrête, s'il te plaît. Je ne veux plus te voir.
-Mais qu'est-ce que j'ai fait ?
-Ce que tu as fait, c'est minable ! Tu l'as laissé pourrir en taule !
-Ah ouais. C'est ça.
Je comprends. Tu penses encore à lui ?
C'est quoi que tu as avec ce mec ?
Il baise mieux ? -Arrête !
-Putain !
-Chef ?
Chef...
Chef ?
-C'est le moment.
Vous l'appelez poisson-lune,
mais nous disons "fugu".
C'est le poisson-dieu.
Un mets princier qui ne se laisse préparer
que par les meilleurs.
Un faux geste et c'est la mort.
Etes-vous prêt, au moins ?
Il vomit.
-Mais vous êtes dégueulasse. Viens. Ne mange pas ça.
-Georges.
Vous avez raison. J'ai fait n'importe quoi.
J'étais amoureuse. C'est idiot. J'ai tout foiré.
-C'est dommage. Mais c'est trop tard pour les regrets.
-Il faut absolument que je parle à Rollman.
Je prends l'avion tout à l'heure.
Que vous m'aidiez ou non, je pars. Je recommencerai à zéro.
Je ferai la pluche. Je ferai la plonge.
Je m'en fous, mais j'y vais.
C'est ce que je veux, Georges. Plus que n'importe quoi.
-Ca,
c'est les mots
que je rêvais d'entendre.
-Pour un restaurant qui compte ouvrir dans les jours qui viennent,
ça sent le naufrage.
-Vous êtes qui ?
-Votre bienfaitrice.
-Madame. -Je ne me suis pas présentée.
Je suis la maman de Delphine.
-Ah...
Enchanté.
Je suis...
Ravi de faire votre connaissance. Delphine n'est pas là ?
-Pourriez-vous me faire un café ?
-Ben... Noir ? -S'il vous plaît.
Et serré.
-D'accord.
Après ?
-Un don. Pour le fourneau et le reste.
-Mais c'est très généreux de votre part.
Delphine et moi sommes... -Il y a une petite condition.
-Avec une somme pareille, vous êtes notre invitée à vie.
-Je souhaite
que vous preniez vos distances avec ma fille.
-Pardon ? Je ne comprends pas.
-Vous comprenez très bien, au contraire.
-Sérieusement ?
C'est une grande fille.
-Vous êtes toxique.
Dans son état, elle a besoin d'être préservée.
-"Son état" ?
Quel "état" ?
-A plus tard.
Vous étiez où ?
Vous ne pouvez pas venir ici comme ça.
-Vous aussi, vous m'auriez fait ça ?
-Pardon ? De quoi ?
-L'enfant.
Vous comptiez m'en parler ?
Votre maman m'a gentiment informé.
Je ne comprends pas, Delphine. Pourquoi tu me fais ça ?
-Je...
Je ne sais pas si j'ai envie d'être la mère de quelqu'un
et si je peux.
-On est deux. Toi et moi. Je suis là. Je serai toujours là.
-Toi, tu es ailleurs. Sur une autre planète.
-Il y a un problème, Delphine ? -Si tu la touches, je te tue.
Viens avec moi.
-Vous plaisantez ? J'appelle la sécurité ?
-Pas la peine. Je partais.
-Quel pauvre type.
Une vraie loque.
C'est triste.
-Pardon, monsieur.
-C'est bon. C'est bon. Ca va.
-Le quartier est très agréable.
Pas mal de jeunes, plutôt branchés.
Des gens qui aiment bien sortir. Des familles aussi.
La clientèle ne manque pas. Je vous fais confiance pour la faire venir.
Vous lisez tout ça. Vous paraphez
à chaque page et vous signez à la fin, ici et ici.
C'est quelque chose,
le moment où on crée sa 1re affaire.
C'est comme un 1er amour. Ca reste.
Les histoires d'après, ça compte, mais ce n'est jamais pareil.
Vous signez là.
Vous avez oublié de signer là. -Je n'ai pas oublié.
J'ai changé d'avis.
-OK. Je comprends très bien. Vous avez besoin de temps.
-Pardon.
Je ne vais pas signer.
Je suis désolé.
-Je...
-Non. Pardon. C'est...
Monsieur... Voilà. J'ai changé d'avis.
-Je ne peux pas vous rendre ce que vous m'avez donné.
-Vous pouvez reprendre votre fric.
-C'est votre problème. Je paie toujours ce que j'achète.
Même la bassesse. -Attendez, monsieur.
-Je n'ai plus très faim.
-On s'est quittés un peu chagrins. Comme je suis un type bien,
j'ai envie de te donner une seconde chance.
-Oui. En quel honneur ?
-Une belle partie. Beaucoup d'argent.
Le gratin.
-Un faux geste et c'est la mort.
Vous avez chassé la haine. C'est bien.
-Vous êtes sûre de vous ?
Parce qu'il vous reste encore un peu de temps.
Je vois tous les jours
des femmes de votre âge désespérées de ne pas pouvoir faire d'enfant
et prêtes à tout pour y parvenir. -En quoi ça me concerne ?
-Je ne connais pas votre vie, mais...
Vous n'aurez peut-être pas de 2de chance.
-Vous avez raison. Vous ne connaissez pas ma vie.
-Charlène.
Excuse-moi.
Je voulais te dire...
Tu avais raison. Je suis un connard.
J'ai tout merdé.
Mais j'ai fait tout ça par amour. C'est parce que je t'aime.
Je n'ai jamais aimé quelqu'un comme toi.
-Yann, je... -Ne dis rien. Ce n'est pas grave.
C'est juste que...
Ne te souviens pas de moi comme d'un salaud. S'il te plaît.
-D'accord.
Applaudissements.
Chuchotements.
Brouhaha.
-Pas contre lui.
-Vous avez peur ?
-J'ai peur pour toi.
-Si ce n'est pas vous, ça sera un autre.
-J'ai peur que tu deviennes comme moi.
-Ce n'est pas un peu tard
pour se poser ce genre de questions ?
-C'est beaucoup d'argent, chef. Qu'est-ce qui te reste à perdre ?
Ton fils a eu cette idée.
Elle est excellente.
Fugu, messieurs dames.
Poisson-poison.
Mal découpé, la mort sans antidote.
-1 ou 2 ? -Sur le 2.
-Moi, le 1.
-Les paris sont faits.
Messieurs les fines lames,
à vos couteaux.
Messieurs,
j'ai oublié de spécifier
un dernier point.
Renoncer à sa propre vie, c'est une chose.
Tuer son adversaire en est une autre.
Lequel de vous deux osera prendre ce risque ?
C'est qui ? Encore un de tes invités surprise ?
-Je ne suis pas le genre de gars
qu'on invite.
-Arrête. Ne fais pas ça.
-Quoi, "ne fais pas ça" ? Hein ?
-OH.
-C'est bon.
Je n'aurais jamais pu faire aussi bien.
Brouhaha.
-Non. Non.
Putain !
Non !
Yann !
Non !
Sous-titrage MFP.
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