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Notre histoire commence en Ecosse en 1465,
� l'�poque o� la chevalerie entame son d�clin.
Les Ecossais, fid�les � eux-m�mes,
ont de grandes qualit�s mais pas d'argent.
Durward, neveu de lord Crawford.
Il vous attend.
Attends, Quentin.
Tu peux avancer maintenant !
Mon oncle.
Vous pouvez disposer.
Je vous suis redevable encore une fois.
Magnifique.
Du velours ! Tr�s extravagant.
Vous m'�tonnez.
Tu �tais en loques.
Je n'allais pas laisser mon neveu, ma chair et mon sang,
vaguer � travers tous les campements d'Ecosse
en donnant l'impression d'�tre pauvre comme Job !
Je le fais depuis des ann�es.
Il ne le faut plus.
Tu vas amener mon portrait � la plus belle cour d'Europe.
Moi ?
Il te pla�t ?
Il est quelque peu flatteur.
Excellent ! Sinon, j'aurais tordu le cou de l'artiste !
Vous m'envoyez donc en Europe ?
En France.
A la cour de Charles le T�m�raire, duc de Bourgogne.
Tu livreras ce portrait � l'ambassadeur d'Ecosse.
Il le donnera � une certaine dame.
J'envisage de me marier.
Vous marier ? A votre �ge ?
Allons, Quentin...
Tu sais bien que les Ecossais sont endurants.
Qui est l'heureuse �lue ?
La comtesse Isabelle de Marcroy.
Je comprends � pr�sent.
Oui, elle est riche.
Et surtout tr�s belle.
Ce sera ta premi�re t�che.
Apr�s avoir livr� mon portrait � l'ambassadeur,
tu d�cideras si ce portrait est aussi flatteur
que le mien.
Tu �tabliras ensuite si elle fera une bonne �pouse.
Est-elle modeste, humble, chaste et douce ?
Gracieuse et timide comme il le faut ?
Bref... Est-elle �conome ?
Pardonnez-moi, mais pourquoi veut-elle vous �pouser ?
C'est une d�cision politique.
J'accepte cette mission.
Tu n'es plus un enfant.
Cela me chagrine de te voir si pauvre.
Cela me co�te cher aussi.
Mais tu es un homme d'honneur qui fait notre fiert�.
C'est � vous que je dois tout �a.
Voil� ta chance de me rembourser.
Je te fais confiance.
Je promets de faire honneur � votre nom.
Je jugerai le caract�re de cette dame
et remplirai ma mission au p�ril de ma vie.
Pas la peine de faire grand cas de ses attributs.
V�rifie surtout la r�gularit� de ses revenus.
France - P�ronne Le ch�teau du duc de Bourgogne
Le duc de Bourgogne.
L'ambassadeur d'Ecosse attend.
- Qu'il attende. - Impossible.
- Vous connaissez ma r�ponse. - Et vous, mes besoins.
Je me moque bien de vos besoins.
J'ai aussi les miens.
Je refuse d'�tre vendue au plus offrant, telle du b�tail.
Cessez cette insolence.
Mon alliance avec l'Ecosse en d�pend.
Je pr�f�rerais vous voir alli� � la lune
et �tre vendue aux �toiles.
Grand Dieu ! Un comte �cossais d�cati...
Le tr�ne �cossais l'attend.
Tout comme le cimeti�re.
Je ne suis pas encore s�nile.
Je refuse un tel mariage.
Vous �tes sous ma protection
et vous m'ob�irez.
Je ne me laisserai pas manipuler.
J'ai un ch�teau, des villes, des terres et des sujets fid�les
sur les collines de la Bourgogne.
Je ne suis ni faible ni stupide.
De quel droit
m'obligez-vous � agir ainsi ?
Je ne vous oblige � rien.
Ce soir a lieu un banquet pour l'ambassadeur.
Vous y prendrez part.
On annoncera vos fian�ailles.
- Madame. - Monseigneur.
Tout va bien, lord Malcom.
Lord Malcom ?
Quentin Durward. De la part de lord Crawford.
Son portrait.
Remarquable.
Est-ce ma vue qui baisse,
ou Crawford a-t-il rajeuni ?
Mon oncle est jeune d'esprit.
Sa bravoure, son courage, sa g�n�rosit�, sa vertu...
Allons, nous sommes entre nous.
De plus, il me doit de l'argent.
On lui offre l'affaire du si�cle et il veut la passer en revue !
Que j'aimerais repr�senter une race faible d'esprit,
comme les Anglais.
Que voulez-vous?
La rencontrer
et v�rifier qu'elle fera une �pouse digne de mon oncle.
Il aura toute la chance du monde si elle accepte.
C'est la femme la plus riche d'Europe.
- Et une des plus belles. - Quand puis-je la rencontrer ?
Au banquet de ce soir qui est donn� en mon honneur.
Je...
J'ai besoin de faire des emplettes.
Mon oncle esp�rait que vous me donneriez des fonds.
Vous �tes fid�le � vos origines.
Vous �tes certes en France,
mais ce n'est pas une raison pour �tre extravagant.
N'oubliez pas...
que notre nation est pauvre.
Elle est partie !
Envol�e !
Elle n'est plus l�.
Allez � Marcroy !
Trouvez-la !
Avez-vous vu une cal�che ?
- Oui. - Elle allait vers Beauvais.
Tout est pr�t.
Mes bijoux.
Bigre !
Vite ! Elle est partie dans cette direction.
Un coffret � bijoux aussi grand qu'une malle !
Cela ne m�rite pas quelques louis ?
Un coffret � bijoux de cette taille ?
Animal !
Une dame est-elle pass�e par ici ?
Oui. Mais ils l'ont vendue � de La Marck.
Qui est de La Marck ?
De La Marck...
Qui est de La Marck ?
Je suis un honn�te aubergiste ! Tu n'es qu'un animal !
Qu'y a-t-il ?
Le cocher h�site entre deux chemins.
Il se renseigne aupr�s d'un colporteur.
A gauche apr�s le pont.
Merci !
Gardes, c'est de La Marck !
Retardez-le !
Combien �tes-vous ?
Autant que vous voulez !
Par ici !
Je ne suis qu'un incapable.
J'ai d�shonor� mon oncle, ma famille et mon pays.
Elle a �chapp� � de La Marck et � moi aussi !
De La Marck ?
Un brigand qui voulait la kidnapper. Je l'en ai emp�ch�.
Vous avez triomph� de De La Marck ?
Le comte de La Marck est la terreur des Flandres.
Ce ren�gat hante la for�t aid� de 1000 brigands.
On le surnomme la b�te des Ardennes.
O� �tait-ce ?
Je l'ignore. Il faisait nuit.
Sur quelle route ?
La route de Beauvais, je crois.
Beauvais...
Le duc a envoy� ses hommes � Marcroy.
Pourtant Beauvais n'est pas sur la route de Marcroy.
O� est-elle all�e ?
La fianc�e de votre oncle va vous faire entrer dans l'histoire.
Etes-vous intelligent ou simplement courageux ?
Doutez-vous de mon honneur ?
Vous �tes d�courageant.
Vous allez rivaliser d'esprit avec Louis.
Il n'a pas d'honneur.
Il m�prise votre code de la chevalerie.
Il est sans piti� et sans scrupules.
Sa seule loyaut� est envers la France.
Son seul don est son g�nie.
Moi et Louis ?
Je parie qu'elle se rend � Tours se mettre sous sa protection.
J'y vais.
Calmez votre ardeur.
Si le duc d�couvre o� elle est, la France risque la guerre civile.
Ce n'est pas dans l'int�r�t de l'Ecosse.
Je peux m'infiltrer � la cour, gagner la confiance d'Isabelle et...
Vous �tes un homme beau, fier, galant, honorable
aux principes quelque peu d�suets.
Je vous admire. Je regrette cette �poque.
Les lances ont �t� rang�es.
La poudre � canon si�ge � la place des juges.
L'histoire cr�e un nouveau monde
domin� par la cruaut�, la politique, le calcul et la violence.
Louis le symbolise.
Pour �tre � sa hauteur, cher chevalier,
vous devrez restreindre vos �lans glorieux.
Faites-moi confiance.
Vous aurez besoin de fonds, j'imagine.
Le ch�teau du roi Louis XI � Plessis les Tours.
Dr�le de fa�on d'accueillir un �tranger !
Que fais-tu ici ?
Je suis venu d'Ecosse offrir mes services � Sa Majest�.
Je peux vous montrer.
Montre-nous plut�t ta bourse !
Mon honneur est ma seule richesse.
Peut-�tre pouvons-nous encore le sauver.
Aidez-nous !
D�tache-le.
Vous serrez mal vos n�uds.
- On a fait votre travail. - Le sien !
S�rement pas. Que Dieu m'en soit t�moin.
Oh ! Royaume des cieux ! Pose tes yeux sur...
Quel oiseau �trange...
As-tu coup� cette corde ?
Je suis un �tranger qui a pris piti�.
Je veux voir Sa Majest�.
L�che ton �p�e et descend ou nous te r�duirons en miettes.
Tu vas d�couvrir les joies de l'autre vie.
Celle-ci me pla�t. Dehors !
Puisque tu es heureux et que ta bourse est pleine,
peut-�tre pourrait-on passer un accord ?
Je suis un Ecossais honorable.
Ma vie n'est pas � vendre. Regardez plut�t comme je la d�fends.
Un vrai Ecossais, ardent, fier et pauvre sans aucun doute.
C'en est assez !
Des vauriens me tirent dessus, des brigands veulent me pendre
et des laquais m'insultent !
Dites � votre roi qu'un Ecossais honn�te lui offre ses services.
Mais s'il fait confiance � de tels escrocs,
il manque d'intelligence.
C'est un b�b� qui vient de na�tre ou un vieillard na�f.
Merci. Je suis Louis.
Rel�chez-le !
S'il est toujours l� ce soir, il est � vous.
C'est moi le b�b� qui vient de na�tre.
Quel est ton nom ?
Quentin Durward, � votre service.
Non. Je ne fais pas confiance � ceux que je ne peux acheter.
Pars ou tu seras pendu.
Ne faites pas l'idiot. Pourquoi �tes-vous si courageux ?
- Qui es-tu ? - Hayraddin, le gitan.
Vous avez essay� de sauver mon fr�re.
Je vous suis redevable.
Votre courage me remplit d'inqui�tude.
N'y allez pas.
C'est le ch�teau le mieux gard� d'Europe.
Je le sais, je suis un espion.
Un espion du duc ?
Non, de Louis.
Mon fr�re travaillait pour le duc. Moi aussi parfois.
Parfois, il travaillait pour Louis. Sauf aujourd'hui et...
- Dommage. - Ecoute-moi...
- Une dame est-elle arriv�e ? - La comtesse de Marcroy.
Les espions savent tout.
- R�side-t-elle ici ? - Bien s�r.
Ils ont tu� mon fr�re qui l'avait d�couvert.
- A-t-il pr�venu le duc ? - Bien s�r.
Il conna�t son travail.
C'�tait le meilleur espion de la famille.
Apr�s moi.
Monsieur le fou... Je dois vous en emp�cher.
Ah, le destin...
Pourquoi dois-je tant � un homme si courageux
moi qui suis si l�che ?
J'ai honte.
Connais-tu ce ch�teau ?
Bien s�r. Comme votre poche.
Il dort.
Votre Majest�...
Vous rabrouez un homme au code de l'honneur d�suet
et placez votre confiance dans ceux qui se laissent acheter.
Mais cette dague est honn�te et vos gardes sont absents.
Vous avez besoin de moi, Sire.
Mais si vous en doutez...
Je vous sers un verre ?
S'il vous pla�t.
C'est un peu long, non ?
Quel dommage que le bon vieux temps de la chevalerie soit r�volu.
Les dames avaient une telle place.
Des massacres grandioses �taient tenus en notre honneur.
Quand ma ch�re grand-m�re accorda ses faveurs � mon grand-p�re,
un grand tournoi fut organis�.
Deux hommes y trouv�rent la mort,
un autre se cassa la clavicule, trois, la jambe, deux, le bras,
mais mon a�eul surv�cut.
Magnifique.
Je suis s�re que ce fut un mariage malheureux
et que votre grand-p�re battait votre ch�re grand-m�re.
Une �poque merveilleuse.
Vous disiez ?
Mesdames, je m'excuse. Je me suis tromp� de porte.
Lady Hameline, qui �tait-ce ?
Je n'en ai pas la moindre id�e.
Fichtre !
Une exp�rience �pouvantable, Votre Majest�.
- Ma main ne tremble plus, j'esp�re. - Si.
Pas �tonnant.
Un vrai monstre de plus de deux m�tres.
Des bras �pais comme des ch�nes.
Un poing comme un maillet qui s'est abattu sur moi.
Une brute.
D�s que j'ai repris connaissance, j'ai inform� les gardes.
Ils n'avaient rien remarqu� d'inhabituel. Etrange.
Etrange...
S�rement un personnage mesquin et vengeur,
jaloux de la confiance totale que vous m'accordez.
J'ai certes des ennemis.
Mais quel homme ignoble.
Vous vouliez me voir ?
Tr�s bien, Durward. Patientez.
Sire ! C'est lui !
J'ai commenc� � me prendre d'affection
pour les hommes audacieux, perspicaces et imaginatifs.
Des qualit�s rares autour de moi.
Finis de me raser.
Le duc de Bourgogne en personne ?
Que c'est effrayant !
Que c'est excitant !
Je vous laisse, Lady Isabelle.
Le comte de Cr�ville, ambassadeur du duc de Bourgogne,
exige d'�tre re�u par sa Majest�.
La Bourgogne a des exigences ?
Donnez l'ordre au grand pr�v�t
d'organiser une garde d'honneur.
N'avons-nous pas d'amour-propre ?
Je ne sais pas pour vous, Dunois. Moi, je n'en ai pas.
Mon barbier va vous mener � un appartement
o� se trouve une dame dont l'identit� restera secr�te.
Elle ne doit pas sortir sans mon autorisation.
Qu'elle ne s'approche pas de la fen�tre.
Laissez entrer quelqu'un d'autre que moi
et vous le paierez de votre vie.
Elle est tr�s belle. Vous �tes un homme d'honneur.
Qui �tes-vous ?
Quentin Durward. A votre service.
Vous seriez-vous encore tromp� de porte ?
J'ob�is aux ordres de Sa Majest�.
Je suis capable de crier, vous savez.
Sa Majest� vous l'interdit.
A l'aide !
Lady Hameline ! A l'aide...
Toutes mes excuses.
Vous ne devez ni partir ni r�v�ler votre pr�sence,
jusqu'au d�part des Bourguignons
et l'arriv�e du roi.
J'ai observ� de Cr�ville. L'insolent est arm� de pied en cap.
Nous sommes pr�ts � recevoir l'ambassadeur de notre cousin.
Une insulte pr�m�dit�e.
Le duc de Bourgogne vous envoie mes r�f�rences.
Nous n'en avons pas besoin, Philippe de Cr�ville.
Pourvu que votre mission soit de meilleur augure que votre habit.
Nous verrons.
Mon souverain a des exigences.
Premi�rement : cessez vos transactions secr�tes
avec les mouvements r�volutionnaires des villes bourguignonnes
de Gand et de Li�ge.
J'ignore ces faits.
Deuxi�mement :
rendez imm�diatement � notre souverain
la comtesse Isabelle de Marcroy.
Isabelle ? J'ai entendu dire qu'elle est tr�s belle.
Vous lui avez donn� refuge dans ce ch�teau.
C'est un mensonge.
C'est vous qui mentez !
Arr�tez ! Avez-vous des preuves ?
J'ai un t�moin.
Zamet, le gitan.
O� est-il ? Qu'il t�moigne.
Vous savez bien qu'il ne peut t�moigner.
Il est mort. Pendu par votre police.
Qui doit croire la France ?
Un roi ou un gitan mort ?
Je ne peux me prononcer pour toute la France
mais la Bourgogne choisit le gitan.
De Cr�ville ! Vous vous adressez � votre roi !
Oh non !
Oyez !
Louis de Valois, roi de France,
moi, Philippe de Cr�ville,
au nom de mon prince souverain, Charles, le duc de Bourgogne,
vous fais savoir ouvertement
que mon seigneur renonce � toute all�geance � votre tr�ne,
proclame votre fourberie,
et met au d�fi le prince et l'homme.
Je jette mon gant !
Silence ! Dunois ! Ne le ramassez pas !
Il n'y a pas si longtemps,
votre p�re se battait aux c�t�s de Jeanne d'Arc,
avant qu'elle ne soit captur�e par le p�re du duc de Bourgogne
et vendue au tr�ne d'Angleterre.
La France ne doutera jamais de votre loyaut�.
Il y a encore moins longtemps,
mon p�re boutait les Anglais hors de France.
Nous �tions enfin un pays libre et uni.
Plaise � Dieu que je ramasse ce gant ridicule
et que je vous le jette au visage.
Mais je ne le ferai pas.
Vous choisissez la guerre,
une guerre sanglante et absurde
qui divisera et ruinera la France,
et ram�nera les Anglais en force.
Je choisis la paix.
Je mentirai, je volerai,
j'accepterai les insultes et le d�shonneur,
mais je continuerai � r�gner, sacrebleu !
Je refuse que la France soit d�membr�e.
Ramassez votre gant, de Cr�ville !
Mis�rable monarque...
qu'il reste ici � jamais
comme symbole de l�chet�.
Mon cardinal,
il vous incombe de faire r�gner la paix parmi les princes.
Ramassez le gant.
Si dans 30 jours, votre seigneur continue son discours belliqueux,
je viendrai � sa cour, � P�ronne,
en personne, seul, pour r�gler nos diff�rends.
Majest�, je vous en supplie...
Vous viendrez seul ?
Seul. Accompagn� d'une garde d'honneur r�duite.
Echec et mat !
Vous voil� coinc�.
Je dois pouvoir m'en sortir.
Mat ! Impossible de m'�chapper.
Vous me devez cinq ducats.
Avions-nous convenu de cinq ducats ?
Cinq ducats.
Je ne porte jamais ma bourse en service.
Je vous les devrai.
Ce n'est pas un nom anglais. Pas � la cour de Louis.
Je suis �cossais.
Je ne verrai jamais ces cinq ducats...
Vous vous moquez.
Vous me rappelez mon oncle pr�f�r�.
Tant mieux.
Parlez-moi de lui.
Je vous �coute. Vous doit-il cinq ducats ?
C'est un mod�le de virilit�, de valeur, de vertu et de g�n�rosit�.
Vraiment ?
Quentin Durward, vous �tes bien �trange.
Je m'en excuse.
Non, vous me plaisez.
Je vis une vie solitaire.
Ce n'est pas une vie pour une femme.
Tellement solitaire que je salue les �v�nements d'aujourd'hui.
J'ai pu ainsi passer l'apr�s-midi avec un Ecossais
qui alterne �lans d'enthousiasme et moments d'angoisse,
qui m'a fait une pi�tre description de son oncle pr�f�r�,
qui me doit de l'argent et qui...
qui, en r�sum�, me fascine �norm�ment.
Vous vous moquez.
Je suis incorrigible.
A votre tour...
Que pensez-vous de moi ?
Allez-y, je n'ai pas peur.
Vous �tes la plus belle, la plus extraordinaire des femmes.
Il y a du mouvement en bas.
C'est du suicide, Votre Majest�.
J'admire le courage mais c'est de la folie pure.
Il vous fera kidnapper, emprisonner ou prendre en otage.
La France sera � sa merci.
Merci, Dunois.
Consultez votre barbier.
- Son avis vous est si pr�cieux. - Peut-�tre pas son avis.
Mais le roi doit faire confiance � celui
qui lui met tous les jours une lame sous la gorge.
Voulez-vous parler de votre promesse ?
Une promesse magnifique.
J'�tais dans la galerie.
Vous avez montr� une telle hardiesse.
Le choc a failli me tuer.
Je n'ai pas la moindre intention d'aller � P�ronne.
Que ce soit seul ou pas.
Mais vous l'avez promis devant tous.
A-t-on jamais invent� de coiffe plus inconfortable !
J'ai dit : "S'il continue son discours belliqueux".
Ce ne sera pas le cas.
Notre d�shonneur se fera en secret.
Je suis soulag�.
Comment peut-on contacter de La Marck ?
De La Marck ? Gr�ce aux gitans.
Si de La Marck avait des terres, des sujets
et une forteresse en Bourgogne,
notre cousin serait moins belliqueux.
Est-ce le souhait de ce brigand qui vit dans la for�t ?
Plus qu'un souhait.
Dis � Hayraddin de venir ici � minuit.
Il aura besoin d'un bon cheval.
Nous allons entreprendre une mission ignoble.
Ignoble et n�cessaire.
Dont seuls sont capables les gitans et les rois.
Qui �tes-vous, Durward ?
Que faites-vous si loin de l'Ecosse, � la cour de Louis ?
- C'est une longue histoire. - J'aimerais la conna�tre.
J'ignore qui vous �tes et ce que vous faites ici.
C'est un droit que je me r�serve.
Je vous en prie...
On m'a dit que mes principes �taient d�suets.
J'ai appris � �tre chevalier, � manier les armes,
� �tre fier, � glorifier Dieu, � d�fendre les faibles,
� respecter les femmes, � �tre fid�le � ma famille
et surtout � tenir ma parole.
Nous n'avons plus besoin de bougies.
Voil� qui je suis, comtesse Isabelle.
Je suis n� peut-�tre quelques minutes trop tard.
Quant � ma pr�sence ici...
Qui vous a dit mon nom ?
Sa Majest�.
Revenez bient�t. Vous me devez de l'argent !
Enfin un homme auquel je ne reste pas insensible.
Vous lui avez r�v�l� mon identit� ?
Non. Asseyez-vous.
N'importe qui aurait pu le faire.
Votre pr�sence ici est loin d'�tre un secret d'Etat.
Vous devez partir, madame.
Sans plus tarder.
J'ai pris le risque de nier votre pr�sence ici.
J'ai menti devant t�moin � l'�missaire du duc de Bourgogne.
Le roi de France est-il incapable de me d�fendre ?
Et de faire la guerre
pour vous �viter un mariage hostile ?
Je ne veux pas que vous fassiez la guerre pour moi.
Si c'�tait dans l'int�r�t de la France, je le ferais
ou je vous rendrais au duc de Bourgogne.
Ce n'est pas le cas.
Votre forteresse et vos terres sont strat�giques.
Cela ne vous pla�t peut-�tre pas,
mais celui qui gagnera votre c�ur fera pencher la balance en France.
Je ne laisserai pas cette chance � mon cousin.
Je vous remercie de votre franchise.
Vous ne pouvez pas rester ici.
J'irai voir l'�v�que de Li�ge.
Li�ge est aux Bourguignons. L'�v�que est de leur famille.
C'est mon parrain.
C'est un homme saint, prot�g� par l'Eglise.
Enfant, j'ai pass� des semaines dans son ch�teau.
Il m'aime et il me donnera refuge.
Si tel est votre choix...
Li�ge... C'est au-del� de P�ronne.
Pour la contourner, je pr�parerai un itin�raire vers le sud,
� travers la for�t des Ardennes.
Je ferai tout pour vous aider.
Je vous donnerai une garde r�duite pour ne pas attirer l'attention.
Voil� qui est r�gl�.
Ce voyage sera long et p�rilleux.
Je suis habitu�e au danger.
Quoi qu'il arrive, ma ch�re, pardonnez-moi.
Pour la France.
Je comprends.
Dois-je faire entrer le gitan ?
Je ne peux �tre m�l� � cette affaire. Vous lui parlerez.
Ceci est pour de La Marck.
Fichtre !
Voil� pour le gitan.
Lui faites-vous confiance ?
Il est suffisamment pay�.
Qu'il trouve de La Marck
et lui indique la date du passage de la comtesse de Marcroy.
Voici l'itin�raire et les noms des auberges.
- Elle lui appartient. - La pauvre.
En effet.
Qu'il dise � de La Marck que je m'indignerai de ce scandale.
Que de La Marck ignore mes protestations.
Qu'il pr�vienne de La Marck que la garde de la comtesse
a pour ordre de la d�fendre jusqu'au bout.
Personne ne doit mettre en doute notre int�grit�.
Ils sont peu nombreux.
Ce sera facile.
Quel plan rus�.
Je retarderai le d�part de la comtesse,
pour qu'il ait le temps de trouver de La Marck.
Il se rendra ensuite � l'endroit indiqu�
et leur servira de guide pour le reste du trajet.
Vous pensez � tout !
File !
Qui lui servira de garde ?
Un homme incorruptible et pr�t � mourir.
Difficile � trouver.
Je vous assure que j'ai pens� � tout.
J'esp�re que ce n'est pas moi.
Pas cette fois-ci.
J'envoie celui qu'elle aime.
Te voil� enfin rassur� ?
Tout � fait. Est-il amoureux d'elle ?
Je l'ignore. Mais il le sera avant d'atteindre les Ardennes.
Vous �tes vraiment un g�nie, Votre Majest� !
Vous ne vous �carterez pas du chemin indiqu�.
Les aubergistes choisis sont dignes de confiance.
Votre guide vous rejoindra quand vous aurez pass� la Seine.
J'ai veill� � la s�curit� de votre passager.
Je n'en doute pas.
Vous ferez de m�me.
Vous aviez raison.
Un roi peut aussi employer un homme d'honneur.
Qui d'autre serait pr�t � mourir en faisant son devoir ?
Je mourrai s'il le faut.
Qui est le passager ?
Madame la comtesse !
Le temps est au beau fixe. Il ne pleut plus.
Votre garde.
Le meilleur que j'aie.
Bonne chance.
Et au revoir...
Avancez !
J'ai pass� une journ�e fort agr�able.
Comme au bon vieux temps des chevaliers servants.
Voyager tout en vous sachant si pr�s de moi...
Savoir que cette fois-ci, ce n'est pas ma volont� qui me prot�ge.
Ce n'est pas la premi�re fois que je voyage pr�s de vous.
Comment cela ? Dans quelles circonstances ?
Dans un r�ve.
Joliment dit.
Vous aviez faim.
Connaissez-vous
lord Crawford ?
Excusez-moi. Qui ?
Etant tous les deux Ecossais...
Lord Crawford.
Je l'ai rencontr�.
Comment est-il ?
Le plus vertueux, g�n�reux et sensible des hommes.
- Le plus noble. - Le plus vieux aussi.
Oh ! Vous les Ecossais
et votre esprit de clan !
Cela risque de vous surprendre,
mais c'est gr�ce � votre compatriote
que nous parcourons la France ensemble.
Int�ressant.
Mon seigneur, le duc de Bourgogne veut que je l'�pouse.
Suis-je absurde de penser que mon c�ur et mon �me sont miens
et que j'en d�cide comme je l'entends ?
Je suis une femme...
Suis-je une marchandise qu'on �tiquette ?
Suis-je ridicule ?
Je sais...
Il s'agit de ma vie intime.
Je dois en d�cider dans mon for int�rieur.
J'ai pris ma d�cision.
Je me suis enfuie.
Je m'enfuis encore.
Je me r�veille parfois la nuit
et je me dis que je suis une idiote.
Devrais-je me rendre et retourner � P�ronne ?
Ne pas �couter mon c�ur, accepter mon sort
et me donner � ce vieillard d�cati ?
Du vin ?
Mon honneur m'interdit de critiquer un compatriote.
En fait, il n'est pas mal du tout.
Il n'est pas jeune, certes... Un peu mince.
Mais il est tr�s sage.
Il fera un excellent mari.
Seriez-vous au service du duc de Bourgogne ?
- Grand Dieu, non ! - Vous connaissiez mon nom.
Gr�ce � Sa Majest�.
Il n'a rien dit, je le sais.
Vous ne m'avez jamais dit ce que vous faites en France.
Je ne peux vous le dire.
J'ai pr�t� trop de serments.
Ma vie est devenue compliqu�e.
Mon dernier serment �tait de vous amener � Li�ge.
Je m'en acquitterai.
Je suis dans la chambre � c�t�.
Criez si on vous importune. Je viendrai.
Je vais bien. Qu'y a-t-il ?
Je l'ignore.
Mon ami espion serait notre guide ?
Et monsieur le fou serait le garde ?
Je suis un bon garde.
J'en suis s�r. Votre courage me fait peur !
J'ignorais que ce serait vous.
Moi aussi. J'en suis ravi. Tu me portes chance.
J'en ai besoin.
Une r�paration provisoire prendra deux heures.
Deux heures...
Cela va nous retarder.
Choisissez une autre auberge. Celle-ci est �pouvantable.
Allez � mon campement. Vous serez les bienvenus.
Musique, danse...
C'est une dame.
Je vous suis redevable. C'est un conseil.
L'auberge est horrible.
On y mange mal, c'est sale, inconfortable...
J'ai des instructions pr�cises de Sa Majest�.
Suffit ! Je ne vous fais pas confiance.
Je vous aime.
Cela ne sert � rien.
Je ne peux en dire plus
ou vous me feriez encore moins confiance.
C'est insens�. Vous avez besoin de moi
jusqu'� ce que vous soyez en s�curit� � Li�ge.
L�-bas, je vous expliquerai.
Votre chambre est pr�te.
C'est la premi�re � l'�tage.
Il faut trouver un forgeron.
Peux-tu t'en charger ?
Ne restons pas ici. Le campement est proche.
Il faut r�parer la cal�che.
Fais-toi aussi pr�ter main forte.
Ce sera facile. Trop facile.
Laissez la dame ici.
Vous et moi, allons...
Vous �tes trop honorable.
Et toi pas assez !
C'est ce qu'on attend d'un gitan !
Trouve un forgeron.
Je vous en supplie...
Je me mettrais � genoux pour que vous l'�pargniez.
J'ai d'autres ordres.
Je vous ai donn� ces ordres !
Louis a dit : "Prenez la dame et �pargnez le garde".
Il a dit : "Prenez le gitan"...
"Prenez le..."
J'ai cru que c'�tait le valet.
J'esp�re que le bruit des r�parations ne vous d�rangera pas.
J'ai peur.
Du valet, de l'homme en bas, de l'aubergiste... O� serez-vous ?
Au-dessus de l'�curie. L'auberge est compl�te.
Restez ici.
Le roi a choisi cette auberge. Il n'y a rien � craindre.
Qu'est-ce que l'honneur ?
Sors.
J'ai besoin de conseil.
Et moi, de dormir.
Qu'est-ce que l'honneur ? Et le d�shonneur ?
C'est tr�s difficile.
Disons que moi, Hayraddin le gitan,
je veuille �tre honorable.
Envers qui devrais-je l'�tre ?
Tu bois trop.
Je bois pour la premi�re fois.
J'ai de bonnes raisons.
J'ai de graves d�cisions � prendre.
Vous savez qui honorer, contrairement � moi, simple gitan.
Je n'ai pas d'honneur.
- L'argent ! - Tu devrais avoir honte.
Si le duc me paie, je lui rends honneur.
Si Louis me paie, je lui rends honneur.
C'est affreux.
C'est pire que �a. C'est barbare, fourbe,
inf�me...
Je suis un barbare fourbe et inf�me.
Laisse-moi dormir.
J'ai trouv� !
Je vais rendre l'argent.
On va vous assassiner.
Je me sens mieux !
Cocher ! La comtesse !
Va l'aider !
Impossible.
Je suis un l�che.
D�p�chez-vous !
Va l'aider, malheureux !
Moi, le fils d'un voleur de chevaux ?
Un voleur de chevaux...
Fais vite !
Debout ! Rattrapez-les ! A cheval !
A cheval !
Attrapez-les !
Porcs ! A cheval !
Rattrapez-les !
Tu l'as laiss�e s'�chapper, idiot !
C'est de ta faute !
Je travaille pour de La Marck.
C'est pareil, mon fr�re.
C'est tr�s diff�rent.
Am�ne-les au cousin Yakko. Il travaille pour le duc.
Si je vous ai ha�, si j'ai dout� de vous....
Si j'ai �t� si stupide...
De La Marck ne va pas tarder.
Les rois agissent de fa�on bien �trange.
Prenez Louis.
Il envoie de l'or � de La Marck.
Beaucoup d'or. Je le sais, je l'ai port�.
Dans quel but ?
Persuader ce monstre de vous enlever sur la route de Li�ge
et de s'accaparer de vos terres.
Madame...
Cela n'a pas de sens.
C'est lui qui devrait en fait payer Louis !
Pourtant Louis lui envoie de l'argent.
Louis m'a livr�e � de La Marck ?
Oh oui...
Maintenant je dois mentir
et d�clarer ne jamais �tre all�e � la cour de Louis
afin de prot�ger son innocence
et d'�viter que la France entre en guerre.
La mort serait plus douce.
Aidez-le !
Je suis Isabelle de Marcroy.
Mon enfant ! Mon enfant !
Monsieur le duc.
Elle s'est r�fugi�e chez l'�v�que de Li�ge.
Elle nie �tre all�e � Tours.
Exigez son retour.
On me l'a refus�.
Et si Louis tenait sa promesse et venait � P�ronne ?
C'est un menteur, un l�che. Il ne viendra pas.
S'il venait, vous n'auriez plus d'excuse pour faire la guerre.
J'en trouverai une autre.
On vient de m'informer d'un potin des plus int�ressants.
Je viens de discuter avec un de mes fr�res.
Il a r�cemment quitt� Li�ge
pour se rendre en p�lerinage en Espagne.
Il a dit incidemment qu'une certaine dame
venait d'arriver � Li�ge.
Je vous laisse vous rafra�chir la m�moire.
L'�missaire du duc a r�cemment port� une accusation.
Ma m�moire n'a jamais �t� aussi bonne.
Alors, vous serez int�ress� de savoir,
tr�s heureux de savoir,
que la dame en question
nie les accusations du duc de Bourgogne.
C'est tr�s int�ressant.
Je vais me reposer.
Je souffre tout � coup d'une horrible migraine.
Maudite coiffe !
J'ai de terribles nouvelles. La comtesse.
Je sais. Et l'Ecossais ?
Il est � Li�ge, bless�.
Une blessure mortelle ?
Mais de La Marck continue � faire couler le sang.
J'ai fait confiance � un homme honn�te une seule fois.
Il doit l'aimer profond�ment.
Oh, ma t�te...
Qu'allez-vous faire ?
Vous avez promis d'aller � P�ronne.
En dernier recours.
Quand tout sera perdu.
Quand il n'y aura plus d'espoir ni rien � faire.
Absolument rien.
Alors, le roi devra tenir sa promesse.
Allez � Metz.
Achetez un canon avec l'or de Louis.
Marcroy me manque.
Le jardin doit �tre en fleurs.
L'Ecosse vous manque-t-elle ?
Je suis nostalgique parfois.
Mon chevalier, votre silence est si triste...
M�me les roses pleurent.
Regardez.
Je vous aime.
Je le dis au ciel, � la brise
et aux roses.
Je le clame haut et fort.
Jamais une femme n'a �t� aussi amoureuse.
Ou un homme aussi peu.
Vous m'aviez promis des explications.
Je n'en ai pas eu le courage.
J'attendrai que vous le trouviez.
J'attendrai, en marchant sur vos talons tel un petit chien,
que vous parliez.
Je deviendrai vieille.
Je pars ce soir.
- Vous partez ? - Je vais mieux.
- Non ! - Si, suffisamment.
Vous ne pouvez pas me laisser !
Vous ne risquez rien ici avec Hayraddin.
O� devez-vous aller ?
A Tours, � la cour de Louis ?
A P�ronne.
Vous �tes un espion du duc !
Amoureux de sa victime.
Quel drame...
Quelle ironie...
Pas du tout.
Je suis en fait le neveu de lord Crawford.
Je suis ici pour vous rencontrer et plaider sa cause.
Est-ce vraiment tout ?
Oui.
Il est vaniteux, sec comme un coup de trique,
maigre comme un clou, rus� comme un renard
et dur comme la pierre.
- Je l'adore. - Votre oncle pr�f�r�.
Je lui dois beaucoup.
Je lui suis redevable de m'avoir tout donn�.
Mais... vous m'aimez.
Belle fa�on de montrer ma gratitude.
Suis-je absurde ?
Je me vois dans toute mon absurdit�.
Un homme de parole
fid�le � un code d'honneur obsol�te,
ramen� enfin � la r�alit� par le d�shonneur d'un roi.
Pardonnez-moi. Je ne peux �tre autrement.
Je continuerai dans toute mon absurdit�
jusqu'� ce que m'emporte une mort ridicule et futile.
Merci, Hayraddin. Nos chemins se s�parent ici.
Je vais vous suivre en ville, pour espionner un peu.
Il ne faut pas que je perde la main.
Monsieur le fou ?
Venez boire un verre.
J'en ai besoin, pour la deuxi�me fois de ma vie.
Je vous invite !
As-tu rendu l'argent � Louis ?
J'y r�fl�chis encore.
Je dois continuer.
Je suis bien malheureux.
Comment pouvez-vous partir ?
Je suis un espion. Je sais qu'elle vous aime.
Oui ?
Je sais autre chose. Je sais tout !
Vous l'aimez.
Oui...
Comment pouvez-vous partir, monsieur le fou ?
Prends soin d'elle.
Attrapez-le !
Vite, � cheval !
Feu !
D�shabillez-la.
Couvrez-la.
Allez chercher un pr�tre.
L'�v�que !
Je veux l'�pouser.
Je veux l'�pouser !
Marie-nous imm�diatement !
Esp�ce de vieil imb�cile, je suis le comte de La Marck !
C'est la comtesse de Marcroy.
Qu'attends-tu ?
Monstre des Ardennes, pourceau de la for�t.
Tu as d�fi� la maison de Dieu.
Tu ne violeras pas la loi du Seigneur !
Retourne dans la for�t, vil animal !
Je te maudis !
Va me chercher un autre pr�tre.
Arr�te-toi, sc�l�rat.
Comte William de La Marck !
Je suis envoy� par votre ami, sa Majest�
Louis de France.
Il vous salue et vous f�licite.
Il reconna�t votre conqu�te
et b�nit votre mariage.
Mais il insiste pour qu'il se d�roule selon les rites.
Cette dame a-t-elle m�dit� ? S'est-elle confess�e ?
A-t-on dit la messe ?
J'ai trouv� un pr�tre.
J'aurai l'honneur de conduire votre fianc�e � l'autel.
Attrapez-les !
Suivez-moi !
Il y a une autre sortie.
Il existe un escalier secret cach� dans le mur.
Je m'en souviens tr�s bien.
Enfant, je...
Je ne sais plus dans quelle pi�ce...
- Par o� peut-on monter ? - Le clocher.
Impossible de descendre par l�.
C'est cette pi�ce !
Je m'en souviens ! Pr�s du clocher. Mon parrain m'amenait ici.
O� se trouve le panneau ?
Qui peut bien sonner les cloches par une telle soir�e ?
Je l'ai trouv� !
Je vous arr�te, Louis, au nom de la France.
Je suis votre roi, c'est de la haute trahison.
Que ces nobles seigneurs me jugent
et vous jugent aussi.
Qui est le tra�tre ?
Moi, qui ai d� arr�ter mon roi
ou vous, qui avez commis un crime ignoble
et innommable.
Je n'ai commis aucun crime.
Je suis venu seul ici, sans armes ni arm�e
pour r�gler nos diff�rends de fa�on pacifique.
Oui... Je vais d�montrer devant Dieu et la France
qu'au moment m�me o� nous �tions ici, en train de n�gocier,
vous, Louis, avez maniganc� le meurtre de l'�v�que de Li�ge.
Je vous arr�te !
Je suis au service de Sa Majest�, le roi de France.
Sa Majest� a �t� arr�t�e.
Faites-la surveiller.
Restez ici ! Il vous est interdit de communiquer.
Il est mon prisonnier.
C'est un sujet �cossais. J'insiste !
Je vous donne une minute.
Echappez-vous ! Je ne peux rien pour vous.
- Que je la laisse ici ? - J'ai les mains li�es.
Le duc a pris les r�nes.
L'Ecosse a perdu la face.
Crawford est mort. Il n'y aura pas d'alliance.
Crawford ?
Votre oncle est mort soudainement.
Triste nouvelle.
Je suis d�sol�.
Sauvez votre t�te.
Votre or n'a-t-il pas financ� le canon de De La Marck ?
Je ne sais rien � ce sujet.
Votre �missaire n'a-t-il pas proclam� � Li�ge lors de cette nuit horrible
votre reconnaissance de la victoire de De La Marck ?
Je n'ai envoy� personne.
Vous mentez...
Allez-vous me condamner sans preuves ni t�moins ?
Voil� votre t�moin !
D'o� venez-vous, mon p�re ?
De Li�ge.
Avez-vous assist� � l'attaque du ch�teau ?
J'y ai �t� bless�.
De La Marck a-t-il pay� son canon avec l'or de Sa Majest� ?
Je l'ai entendu.
Je nie cette rumeur !
Avez-vous vu l'�missaire de Sa Majest� ?
De mes propres yeux.
Je n'ai envoy� personne.
Quand l'�missaire est-il arriv� ?
L'�v�que gisait mort.
Qu'a dit l'�missaire ?
"De La Marck, Sa Majest� vous salue et vous f�licite.
"Il reconna�t votre conqu�te."
Je n'ai envoy� ni �missaire ni f�licitations.
Messieurs !
Monseigneur...
C'est l'�missaire !
Je l'identifie devant Dieu.
Expliquez-leur, Durward.
Je suis Quentin Durward, aux ordres de Sa Majest�.
Je l'ai vu de mes propres yeux.
Niez que je vous ai envoy� � Li�ge pour me repr�senter !
Je vous ai ob�i.
Menteur !
Pourquoi m'avez-vous fait �a ?
Pour tuer de La Marck en votre nom.
Cessons les mensonges.
Jusqu'� aujourd'hui.
Je d�missionne.
Enlevez cette salet�.
Cher cousin, reprenons sur-le-champ nos n�gociations
pour une France libre, unie et imp�rissable.
Tout le monde dit
que vous avez promis la comtesse � de Cr�ville.
- A qui ? - A de Cr�ville.
Quel dommage que l'Ecossais ne l'�pouse pas.
Un tel amour... Quel g�chis.
- Tu es un idiot. - C'est vrai. Mais r�fl�chissez.
Marcroy appartiendra au lieutenant le plus belliqueux du duc.
R�fl�chissez-y.
R�fl�chissez !
Que crois-tu que je fais ?
Continue de me raser.
Bon... Au sujet de la comtesse de Marcroy...
Ah oui ! La comtesse.
Elle va �pouser de Cr�ville.
C'est impossible. J'ai pr�vu qu'elle �pouse Dunois.
- C'est votre lieutenant en chef ! - Et de Cr�ville, le v�tre.
Je ne tol�rerai pas...
Marcroy ne vous appartiendra pas !
A vous non plus !
Elle �pousera Dunois !
Elle �pousera de Cr�ville !
Je voulais vous voir.
J'attends qu'ils d�cident de mon sort.
Mon amour...
Mon oncle n'est plus.
Il est mort.
Je sais.
Vous savez ?
Je suis libre.
Ils veulent que j'�pouse de Cr�ville.
Vous appelez �a r�gler nos diff�rends,
donner Marcroy � Dunois ?
C'est une d�claration de guerre.
Nous n'avan�ons pas.
Reconnaissons-le et prenons les armes.
Attendez...
J'ai une proposition r�volutionnaire et scandaleuse.
Ne nous en m�lons pas.
Permettons-lui d'�pouser
qui elle veut.
Qu'elle �pouse qui elle veut...
Je suis bouche b�e.
C'est une id�e plut�t immorale.
Que complotez-vous ?
C'est une simple suggestion, afin d'arriver � un compromis.
Que la comtesse choisisse son mari.
A l'exception de Dunois.
A l'exception de Dunois et de De Cr�ville.
C'est d'accord.
Faites entrer la comtesse.
S'il s'agit de l'une de vos manigances...
- Qui d�sirez-vous �pouser ? - Vous vous en moquez.
C'est impossible. Vous ne pouvez pas me faire �a.
- Quoi donc ? - Durward est un choix saugrenu.
Nous avions convenu. Pourquoi non ?
C'est ridicule.
Il est pauvre, �tranger, honn�te... Je ne lui fais pas confiance.
Faisons une autre exception.
Vous �tes ridicule.
Cousin, pour tout vous dire...
Il me d�teste.
Je l'ai trahi une fois.
Si peu pourtant.
Je ne peux consentir.
Vous allez consentir, sacrebleu !
Pris � votre propre pi�ge, vous honorerez notre accord.
J'ai perdu.
Tr�s bien. J'accepte.
Allez chercher votre fianc� et partez !
Continuons nos n�gociations.
Que s'est-il pass� ?
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