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Original subtitles

Pépiements d'oiseaux

Les cloches de l'église sonnent.

Thème onirique et répétitif à la flûte

- Merci à toutes et à tous d'avoir aujourd'hui répondu présents

afin d'honorer la mémoire de Barbara...

Marie Hélène Monge.

Barbara était une femme appréciée par ceux qui lui étaient proches.

Ses amis, si nombreux aujourd'hui,

ses clients et ses enfants, Myriam et Michaël.

Barbara était une femme généreuse, pleine de bonté et de compassion.

Et malgré la particularité de son métier,

elle a toujours été très attentive

au chemin tracé par notre Seigneur Jésus-Christ.

Un portable vibre.

- Une femme : - AllĂ´ ?

AllĂ´ ?

Michaël, je t'entends pas.

Tu m'entends ?

- Tu es sur haut-parleur, Clémence.

- Je voulais pas te dire ça au téléphone, mais c'est fini.

Faut qu'on arrĂŞte de se voir.

Attends, ne me quitte pas.

- Non, j'en ai marre, tu viens prendre tes affaires.

- Notre Seigneur Jésus-Christ

qui, dans sa grande bonté, accueille aujourd'hui

Barbara Monge,

dans Son royaume.

Tout le monde ne l'appréciait pas, mais la respectait.

- Hm... - Elle faisait une place Ă  chacun.

- Elle disait que tu avais hérité de ses dons.

Elle a pas pu dire ça.

- Si. - C'est pas possible.

Quel gâchis, quand même.

Je vois pas ce que je gâche.

Je vais très bien.

Tu vas mal.

Je vais bien.

Mal !

- Tu les vois, les esprits ou pas ?

Tu les vois ?

Oui, depuis qu'il est tout petit.

Il sent tout, il voit tout.

Ça, Michaël, c'est un don que tu as.

Tu devrais le partager avec un tas de personnes.

C'est vrai, sinon...

On peut parler d'autre chose ?

- Sans cabinet, je paye pas le loyer. Je vais tout liquider.

Ça, c'est pas

mon problème.

- Et tous ces gens en détresse ? - Qu'ils se suicident.

Je suis pas Mère Teresa.

Désolée, j'avais besoin de le dire.

Michaël, tu te souviens de moi ?

Mme Manoukian.

Bonjour, ça va ?

- Il faut que je parle Ă  Antoine, c'est urgent.

Ta maman m'a dit que tu t'en occuperais.

- Non, désolé, ça va pas être possible, Mme Manoukian.

Je paye le double.

- Non, c'est pas une question d'argent.

Rentrez chez vous, allez vous reposer.

Demain est un autre jour. Ça ira mieux.

- Excusez-moi, je vais y aller.

Au revoir, Michaël.

Antoine...

tu es lĂ  ?

- Ah non. - S'il te plaît.

- Réponds-moi. - Non, non, non..

Ne faites pas ça.

- Antoine... - ArrĂŞtez.

ArrĂŞtez, stop.

- Tu me manques. - Vous me faites mal.

Antoine.

Je te vois, je te vois.

Je le vois, je vous dis.

Non.

Non... Non.

Oh non.

Elle a laissé

son chocolat au lait.

Chuchotements

Mais ?

Oh non.

- Que faites-vous avec ça ? - On appelle mamie.

Elle répond pas.

- Je sais pas quoi leur dire. Elles croient au Père Noël.

Trouve un truc.

Invente.

Dis-leur qu'elle est dans les étoiles, je sais pas.

On va l'appeler avec tonton.

Ça, ça va marcher.

Thème énigmatique

Mamie, es-tu lĂ  ?

- Allez, tonton. - S'il te plaît, tonton.

- Oui ? - Oui ?

G...

R...

O...

S...

B...

I...

S...

O...

U...

S.

"Gros bisous" !

Elle a dit "Gros bisous" !

Air mélodique à la guitare sèche

L'élève joue le thème de "Still loving you" de Scorpions.

Ils se mettent tous Ă  jouer.

Fausses notes

Sol, sol, sol, mi.

Mi, do, ré. Mi, do, ré.

C'est pas compliqué. Mi, do, ré, il y a trois notes.

Sonnerie de fin de cours

Brouhaha

Thème mystérieux

Oui, oui...

Gémissements

Un téléphone sonne.

Bonjour.

Vous êtes bien au cabinet de Barbara Monge, médium.

Laissez-moi un message et je...

Clémence.

Ça fait un an qu'on est ensemble.

On n'est pas ensemble.

- D'accord. Vous ĂŞtes ensemble avec Cyril.

Non, avec Cyril,

on vit une histoire, mais on n'est pas ensemble.

On a du désir l'un pour l'autre et je peux pas

aller contre ça, c'est tout.

- Mais tu vas te mettre avec lui ? - Non.

J'ai pas envie d'ĂŞtre exclusive et on a la mĂŞme vision de l'amour.

Et voilĂ .

- Si c'est pas exclusif, tu peux rester avec moi.

Ben non, je peux pas.

Ça te plaît pas, tu es en souffrance, tu n'es pas bien.

ll faut que tu prennes du recul et j'ai aussi besoin de souffler.

Un jour, on se retrouvera peut-ĂŞtre.

On se retrouvera, ah bon ?

Oui.

Mais quand ?

Je sais pas.

Alors, pourquoi tu dis

- qu'on se retrouvera ? - Je sais pas, j'ai dit ça comme ça.

On se retrouvera, mais quand ?

Ça veut dire quoi ?

- Qu'on se remettra ensemble ? - J'en sais rien.

C'est une hypothèse.

OK.

- Je... Je vais y aller. - Ben oui.

T'oublies pas quelque chose ?

Merci.

"Yaourts au bifidus, miel..."

Chocolat Lindt.

Maman ?

Thème bucolique

Cris d'enfants qui jouent sur la plage.

Stop, les chips.

- Aïe ! - Ça va pas la tête ?

Tu la lâches. Je compte jusqu'à 3, Anouk !

Anouk ! 1, 2...

3 !

Ah non !

Elle sanglote.

Bonjour.

Thème bucolique

Sinon, on a "Le Voyage de l'eau".

De la goutte de pluie jusqu'aux vagues de l'océan.

- Je vous le mets un peu ? - Volontiers.

C'est vraiment très fort.

On plonge.

Musique de relaxation

Tintement

Bonjour, vous cherchez quelque chose ?

Ce serait

pour une consultation avec Barbara Monge.

- Désolée, c'est fermé. - Ah.

- Bonjour. - Bonjour.

Je peux vous aider ?

- J'espérais voir la médium, mais... - Oui.

C'est moi, je suis médium.

Vous ĂŞtes Barbara Monge ?

Je suis son fils.

Elle est décédée. J'ai hérité de ses dons.

Bien. Enfin, désolée pour elle.

- Dites-moi tout. Qu'est-ce qui vous arrive ?

En fait...

j'entends des sons dans ma maison.

D'accord. Quel genre de sons ?

- C'est comme des respirations avec un sifflement aigu au milieu.

D'accord.

- Pas des sifflements, plutôt des gémissements.

- Gémissements. - Oui.

Et c'est pas Satan.

Satan ?

Satan, mon chien.

D'accord.

C'est des gémissements de quel genre ?

C'est difficile

à décrire.

Un peu comme une jouissance, mais un peu étouffée.

Ça fait...

Elle gémit.

Gémissement plus aigu

D'accord.

LĂ , je vois pas tout de suite.

Mais le mieux est que je vienne chez vous effectuer un diagnostic.

Ce serait bien, oui.

Dimanche ?

Ça vous va ?

Je vous laisse

mon numéro et vous me donnez votre adresse.

- Oui. - VoilĂ .

Merci beaucoup.

- À dimanche. - Oui, au revoir.

Il frappe Ă  la vitre.

Thème à suspense

Il y a quelqu'un ?

Oui, je suis en bas.

Venez.

Bonjour.

Bonjour.

Deux secondes, je termine.

Vous faites des natures mortes ?

Des vanités, plutôt.

C'est beau.

Il y a une mélancolie, une profondeur.

MĂŞme une noirceur, aussi.

C'est impressionnant.

En même temps, il y a une lumière, quelque chose qui jaillit

en souterrain comme ça.

J'aime beaucoup.

Vous allez peindre tous ces objets ?

La centrifugeuse, aussi ?

Ben non.

Ma centrifugeuse, c'est pour faire des jus.

Vous me prenez pour une conne qui peint de l'électroménager ?

Non, je peins des objets qui comptent pour moi

et qui appartenaient Ă  mon compagnon, Christian Rizzi, l'architecte.

- Vous le connaissez ? - De nom.

Vous avez une photo ?

Oui.

Oui.

Je voulais faire son portrait.

C'est lui.

Oui.

Oui, oui.

Je vois.

- Il est mort comment ? - Il s'est noyé le soir du réveillon.

D'habitude, il est frileux,

mais lĂ ...

Il est parti d'un coup Ă  la nage. Il avait bu.

Alors ?

Vous sentez qu'il est lĂ , vous pouvez m'aider ?

LĂ , tout de suite, je le vois pas.

Mais je peux tenter une imprécation.

Oui, bonne idée, oui.

- Christian, es-tu lĂ  ?

Geignement

Satan !

Tais-toi ! Aboiements

Tu te tais !

Merci.

Christian.

Si tu es avec nous dans cet atelier de peinture,

fais-nous signe.

Christian.

Je te le demande une dernière fois, si tu es parmi nous,

donne-nous un signe tangible de ta présence.

Aboiements

Mais qu'il est con.

Mais qu'il est con, ce chien, c'est pas vrai !

Satan !

Écoutez, je suis désolée, mais je préfère arrêter là.

Je pense pas que c'était lui, les gémissements,

- et, en plus, je ne les entends plus. - Ah bon.

- Vous prenez la carte bleue ? - Non, je ne prends pas d'argent.

Ah.

Merci, c'est gentil.

Désolée pour le dérangement.

- Vous connaissez le chemin. - D'accord.

Au revoir.

- Au revoir. - On va se sécher, Satan, viens.

Tintements cristallins

- Avant de devenir architecte, j'étais très sensible à la laideur.

Alors, j'ai décidé de réagir. Habiter la planète Terre,

c'est d'abord faire un choix.

Car habiter une maison, c'est consacrer sa vie Ă  un espace

et consacrer un espace Ă  sa vie.

Moi, j'ai décidé d'habiter le Var. Je n'ai jamais regretté ce choix.

Un petit pastis ?

Il démarre.

Quelqu'un inspire et expire de façon rapide.

Thème à suspense

Elle souffle.

Non.

- Quoi ? - Maman, me fais pas ça.

Je viens de comprendre que tu es morte.

Oh...

- Si tu reviens aussi vite, il y a un truc d'illogique.

Pour moi aussi, c'est difficile.

Fais face à ton chagrin et laisse-moi, s'il te plaît.

Ne me fais pas la leçon.

Tu sais pas ce que c'est de mourir et tu sais pas ce que c'est de vivre.

Je vais le dire Ă  Myriam.

- Non, s'il te plaît. Je ne veux pas vous déranger.

Je veux juste rester lĂ  quelques jours.

Je suis pas prĂŞte.

Pas prĂŞte du tout.

Je suis pas prête à basculer dans le néant.

- Le néant ? - Oui.

Quel néant ?

Tu n'es que du néant, là.

Non !

- Là, je parle à du néant. - Ne me parle pas, va-t'en.

Chéri, tu devrais faire comme moi, tu devrais respirer en six.

- Enfin, expirer en six. - Allez, bonne nuit.

- Tu as eu le dernier mot, tu es content, hein ?

Non, toi, le dernier mot.

Elle expire en six.

Dors, maman !

- J'ai vendu trois livres ce mois-ci.

Les gens ne rentrent plus dans cette boutique.

- On ne va pas s'en sortir. - Si, tu vas t'en sortir.

Les gens vont revenir, il y aura une panne d'Internet.

Un krach boursier.

Les gens vont revenir, ils vont redécouvrir la lecture.

- Ta cliente, tu es retourné la voir ?

Pourquoi tu me parles de ça ?

Je fais pas de séance, Myriam. Je fais pas ça pour de l'argent.

- Le directeur de la bibliothèque m'appelle une fois par jour,

il me supplie qu'on l'aide.

Si tu le fais pas pour l'argent, tu le fais pour...

moi, ou les filles, ou toi.

- Tu négocies, tu t'occupes du devis, je dis pas un mot sur l'argent.

J'y vais, je le fais.

Oh, merci.

"Michaël Monge. Médium."

- Les gens aiment bien qu'on leur dise "Bonjour".

Alors, je fais une coupure.

- "Bonjour." - Ouais. "Bonjour."

- "Bonjour." - "Bonjour."

Fais le...

- Je fais le "Bonjour", tu fais l'autre.

Je te réponds.

- Bonjour. - Bonjour.

Michaël Monge. Médium.

Vous pouvez tout me dire.

- Bonjour. - Bonjour.

- Bonjour. - Bonjour.

- Michaël Monge. Médium. Vous pouvez tout me dire.

Craquements du plancher

D'où ça vient exactement ?

Ça n'arrête pas de changer.

Ça a été le rayon de littérature américaine.

Une autre fois, les récits de voyage.

La semaine dernière, le rayonnage Yourcenar est tombé sur une lectrice.

- Ah bon ? - Oui.

Avec un râle ?

Oui, suivi d'un râle.

- Rhaaaa... - Oui, je vois.

Vous permettez ?

- Qu'est-ce que c'est que ça ? - Du vin blanc et des rillettes.

J'ai mis ça là pour l'attirer, c'est ce qu'elle préférait.

C'est bien.

Marguerite ?

- Qui ĂŞtes-vous ?

Je suis Michaël Monge.

Michaël...

J'ai connu un Michaël, je l'ai aimé.

Beaucoup.

Vous m'entendez ?

Je vous entends,

Marguerite.

Alors,

je vais vous dire quelque chose.

J'ai raté ma vie.

- "J'ai raté ma vie", dit-elle.

- Non, elle a écrit des choses merveilleuses.

L'écriture m'a séparée de la vie.

La vie est faite pour jouir. J'ai pas assez joui.

"La vie est faite pour jouir."

Et je peux l'aider ?

- Pas lui. - Taisez-vous.

On va écrire un livre.

Un roman posthume. Je vais vous le dicter.

Vous direz que vous l'avez retrouvé

Ă  l'hĂ´tel des Roches Noires, ou ailleurs, vous trouverez.

Il s'appellera...

"La Jouissance".

Elle veut me dicter un roman.

Un roman ?

- Un roman, ça a un prix. Combien de pages ?

- 800. - 800.

Donc, ça nous fait

- 50 000 euros, c'est pas cher. - Impossible.

Je ne trouverai jamais un tel budget.

- Si c'est impossible... Michaël, on y va.

Maintenant ?

Oui. Monsieur va réfléchir.

Désolé, Marguerite.

Non, ne partez pas.

- Ne me faites pas ça. - Au revoir.

Marguerite ?

- "Visite dans l'au-delĂ , ouverture des horizons.

"Satisfait ou remboursé."

- Je sens que tu vas rencontrer quelqu'un, cette année.

- J'ai pas besoin de ça, je vais bien.

Mais je le sens. LĂ , je le sens.

- J'ai pas de place, tout l'amour est pour mes filles.

L'un n'empĂŞche pas l'autre.

- Qu'est-ce que tu en sais ?

Tu as des enfants, toi ?

Tu te sens pas seul ?

Toi, tu te sens pas seul ?

- Mais ça, c'est un fait. Je vois que je suis seul.

On s'ouvre pas malgré soi.

Ça va arriver.

Tu vas aimer de nouveau. "Retour de l'être aimé".

C'est pour moi que tu dis ça ?

Non, pour le flyer.

Tiens ? Michaël.

Ça alors.

Quelle coĂŻncidence.

Oui.

Je peux m'asseoir ?

- Oui, allez-y.

Vous faites du sport ?

- Je fais courir le chien, il est dépressif depuis six mois.

Le chien grogne.

Ça me fait aussi courir. Une cigarette ?

Non, j'ai arrêté.

Je n'ai plus aucun plaisir Ă  fumer,

ni Ă  boire ni Ă  manger.

Siphon Ă  chantilly

- Il faut faire confiance au temps. Ça va revenir.

Je connais ces phrases.

Vous savez pas ce que je ressens. C'est le désert en moi.

Regardez ce serveur, ce restaurant, cette plage.

Pour moi, ça n'existe pas.

Tous ces gens, lĂ , n'existent pas.

En fait, ils sont tous morts.

Moi aussi, alors, je suis mort ?

Non, pas vous.

Ou alors, moi, je suis morte et vous me voyez car vous êtes médium.

- Je vous rassure tout de suite, vous ĂŞtes bien vivante.

Ça y est,

tu consultes.

Ah !

- Je vois une femme. C'est qui ? - C'est pas tes affaires.

Je dois y aller.

- Mets la télé, s'il te plaît. J'ai envie de regarder la télé.

"EnquĂŞtes criminelles".

- Non, mais maman, je vais pas mettre "EnquĂŞtes criminelles".

Tu es morte, c'est trop glauque.

- Mets-moi la radio, alors.

- Bienvenue sur "Les Chemins de la philosophie".

Nous allons saisir

ce qui nous échappe...

- Non, mets-moi Nostalgie.

Ah, tu m'emmerdes, lĂ  !

- Nostalgie. - Non !

Tu es morte, tu rentres dans une phase spirituelle de ta vie.

Tu écoutes France Culture, c'est normal.

Tu veux que je me suicide ?

- ...quand le souvenir surgit, quand on surprend l'absence.

Drôle de paradoxe : peut-on faire l'expérience de l'oubli ?

Comment cultiver la disparition d'une partie de nous

et pourquoi faudrait-il même s'en réjouir ?

J'y vais.

Pablo Picasso,

es-tu lĂ  ?

Oui, je sens une présence.

Thème mystérieux

Non, non, non.

- Non, c'est pas lui. - C'est qui ?

- C'est Dali. - Dali ?

Je l'ai pas convoqué.

- Dites-lui de partir. - Appelez-moi

"Monsieur le marquis".

Monsieur le marquis,

je suis médium.

Je vous ordonne de repartir dans la mort.

Dali ne peut pas mourir.

Dali...

est éterrrnel !

Souffle

Il pousse un râle.

Mon Dieu, il est possédé.

Il veut quelque chose.

Il veut dessiner ?

Vite.

Laissez-le dessiner.

Thème inquiétant

Michaël, tu es là ?

Michaël, reviens.

Extraordinaire.

Il n'a mĂŞme plus Parkinson.

Michaël, reviens !

La signature.

Salvador, sors de lĂ  !

Gémissements

Tu rentres tard.

C'est qui, lui ?

Tu te souviens pas ? Lorenzo.

Il s'est électrocuté au bal avec la guirlande.

Salut.

- On avait une histoire avant ton père, mais il était

avec Sylvia, la grande brune

qui habite en face du terrain de boules.

Elle venait de tomber enceinte.

- C'était compliqué. - Oui.

Maintenant, c'est plus simple.

Il arrive mĂŞme Ă  toucher les objets.

Tu lui montres ?

Ouais, c'est ça.

Thème onirique

Le thème devient mélancolique.

Un portable vibre.

Bip

Michaël, c'est Alicia.

Je me permets de vous appeler tard

car j'ai été prise d'angoisse quand vous êtes parti l'autre fois.

J'ai pris des anxiolytiques, mais j'arrive pas Ă  dormir.

J'aimerais qu'on...

Qu'on puisse se revoir, par exemple demain.

On peut dire vers 18h, si ça vous va.

J'espère à demain. Merci.

- C'est ça que je voulais vous montrer.

C'est très beau, bel endroit.

C'est là qu'il s'est noyé.

Ah, pardon.

Non, c'est pas grave.

On avait posé nos habits sur cette branche.

J'adorais me baigner ici, avant. Maintenant, je me sens paralysée.

J'ai l'impression que si je vais dans l'eau, il va débarquer,

qu'il va m'attraper les jambes, me bloquer, me faire couler au fond.

Je suis hyper angoissée d'être là.

J'ai peur de me baigner.

Peur d'aller dans l'eau.

Moi, je sens des énergies positives.

Ah bon ?

Moi, je trouve que tout est mort, tout est pourri.

- Il est très vivant, cet arbre, il y a de la sève qui coule.

Ça colle aux doigts. Je suis assis dessus, en plus.

Thème onirique

Elle soupire.

Satan ! Satan !

Tu arrĂŞtes, c'est interdit !

C'est pas vrai.

Désolée, hein.

C'est interdit, Satan !

Je suis pas contente.

On va aller chez moi par la forêt. Venez, on va se sécher.

D'accord.

Voix disparates, des verres tintent.

Bon appétit.

- Merci. - Merci.

Ben, Satan ?

Qu'est-ce que tu fais, mon chacha ?

Allez, viens.

Vous voulez un petit apéro ?

Non, merci, on va se sécher.

Entrez.

Je vais chercher des habits secs.

Notes de guitare

Jolie guitare, elle est Ă  vous ?

Non, je l'avais offerte Ă  Christian.

C'est une réplique d'une guitare de Jean-Jacques Goldman,

mais j'ai appris après

qu'il le détestait.

- LĂ -bas...

Tout est neuf et tout est sauvage

Libre continent sans grillage

Ici, nos rêves sont étroits

Hm...

C'est pour ça que j'irai là-bas

N'y va pas

Il y a des tempĂŞtes et des naufrages

Le feu, les diables et les mirages

Je te sais si fragile, parfois

Ouh...

Reste au creux de moi

Thème à suspense

Gémissements

Attends.

Attends une seconde.

C'est bizarre, lĂ .

- Pardon. - Une seconde.

Excuse-moi, c'est la première fois depuis Christian.

Je pense beaucoup trop Ă  Christian, lĂ .

- D'accord. - Je suis désolée.

Non, non.

Y a pas de mal.

- Tu m'en veux pas ? - Non.

Le chien ronfle.

Michaël ?

- Tu t'en vas ? - Oui.

Ă€ cause de Christian ?

Pas du tout.

Si, j'en ai trop parlé.

J'arrête pas de parler de Christian. Il me gâche la vie.

- C'est quoi, alors ? - C'est pas ça.

C'est moi.

Je...

J'ai...

Je sors d'une histoire compliquée.

- Tu me dis ça après qu'on ait couché ensemble, c'est...

- C'est un peu goujat, non ? - Je sais.

C'est moi qui ai un problème.

Je suis désolé.

Oui, mais...

Faut que j'y aille.

"Still loving you" - Scorpions

Time, it needs time

To win back your love again

I will be there

I will be there

Love, only love

Can bring back

your love someday

I will be there

I will be there

Oh, putain.

Virginie m'a re-liké sur mon compte posthume.

- Pff ! Elle voulait mĂŞme pas sortir avec toi.

Elle a vraiment pas de vie.

Thème sombre

VoilĂ  comment il fallait faire.

Thème intrigant

Christian ?

On peut discuter ?

Moi, je suis tout Ă  fait d'accord.

Je demande que ça.

- Tu le sais, au fond de toi, que c'est fini.

Elle ne te voit plus, ne t'entend plus.

Tu es dans un souvenir.

Tt, Tt, Tt.

Non, ça, c'est ce que tu crois.

Mais il y a des choses qui restent dans la vie.

Des choses matérielles, comme cette maison.

Ça, c'est concret.

Tu comprends pas qu'elle et moi, on a une connivence artistique.

Ça, tu l'auras jamais.

Et alors ?

- Les objets restent, les gens partent.

Ces disques de jazz, ça va rester.

Et la petite bouteille de whisky, derrière,

tu crois que c'est juste du whisky ?

Eh ben, non.

C'est notre histoire d'amour qui a voyagé au Japon,

il y a dix ans.

Eh ben, tu vois, ce voyage, il va rester.

Que fais-tu ? Touche pas à ça.

Salaud.

Putain.

Merde.

Putain de connerie.

MĂŞme pas capable de...

Il soupire.

- Regarde-toi.

Tu es mort, Christian.

- C'est possible de lui parler une dernière fois ?

Pour dire quoi ?

Juste au revoir.

Je suis parti d'un coup, c'est la moindre des politesses.

Tu lui dis au revoir et tu t'en vas ?

Oui.

Promis.

Thème intrigant

Alicia...

C'est moi.

Christian.

Joue pas avec ça, Michaël.

C'est vraiment pas drĂ´le !

Si, c'est moi, Minou.

Je suis entré dans le corps de Michaël.

C'est toi ?

Oui, c'est moi, mon chaton.

C'est vraiment toi ?

Oui.

Alicia...

Mon amour.

Christian, mon amour.

Tu es encore plus belle qu'avant.

- J'essaye de pas me laisser aller, c'est pas toujours facile.

Tu me manques.

Moi aussi, tu me manques, mon amour.

- Je m'en veux de t'avoir dit tout ça le soir du réveillon.

De m'avoir dit quoi ?

- Que tu étais un connard, que j'allais te quitter.

C'est pas grave, on avait trop bu.

- C'est pas pour ça que tu es parti à la nage ?

Non, j'avais envie de nager.

Ah bon ?

- J'ai eu une belle mort, je ne sentais plus le froid.

Je me sentais léger, je suis sorti de mon corps.

- Comment tu vas, comment tu te sens, lĂ  maintenant ?

- Écoute, ça va, couci-couça.

On fait aller, quoi. J'essaye de me remettre au sport.

- Tu as toujours tes migraines ? - Non.

- Tu te souviens de ce que tu m'as dit quand on s'est rencontrés ?

Tu m'as regardée et tu m'as dit...

- Tu m'as dit que j'étais... - "Le...

"Le début de ma vie."

J'ai besoin d'une cigarette.

Tu veux une taffe ?

Thème mélancolique

Je vais y aller.

Il va falloir que je me bouge parce que je vais jamais décoller.

Ça va être trop dur, autrement.

Michaël ?

C'est bon.

Ça a marché.

Je lui ai parlé.

- Qu'est-ce que tu fais, Alicia ?

C'est important pour moi.

Prends-le.

J'ai besoin d'y croire jusqu'au bout.

Prends.

Merci pour tout, Michaël.

Une voiture approche.

Le portail est fermé.

Un chœur chante un cantique.

Hosanna.

Hosanna, au plus haut des cieux.

Hosanna, Hosanna.

Hosanna...

Michaël ?

J'ai besoin d'un exorcisme.

LĂ , tout de suite, ici ?

Oui, tout de suite.

Je vois.

Restez lĂ .

Il doit ĂŞtre sur "LaVie.fr".

VoilĂ .

On trouve tout sur ce site.

- Vous ĂŞtes prĂŞt ? - Hm.

On le tente.

Je te conjure, Satan,

ennemi du salut des hommes,

de reconnaître la justice et la bonté de Dieu le Père,

qui, par Son juste jugement,

a condamné ton orgueil et ton envie.

Quitte Michaël,

ce serviteur de Dieu, que le Seigneur a fait Ă  Son image,

l'a paré de Ses dons et l'a adopté comme Son fils.

Reconnais la puissance et la vertu de Jésus-Christ

qui t'a vaincu dans le désert, a triomphé de toi dans le jardin.

Sur la croix, t'a dépouillé.

Et, se relevant du tombeau,

a transporté tes trophées au royaume de la lumière.

Retire-toi de cette créature,

reconnais l'esprit de vérité et de justice

qui repousse tes embuscades et embrouille tes mensonges.

Va-t'en de Michaël, Satan !

Va-t'en de cet humain créé par Dieu. Retire-toi de cet homme.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !

Par le signe de la Sainte Croix,

de notre Seigneur Jésus-Christ qui vit et règne avec toi à jamais.

Amen !

Ça va ?

Oui.

Thème mélancolique

- Oh, mais ça suffit de tirer sur la laisse comme ça !

Mais ça suffit, franchement !

Le chien couine. Regarde.

Regarde. Oh, mais tu es embĂŞtant.

Regarde.

Oh, mon chéri.

Tu ne dis rien. Tu es mon amour.

Tu sais qu'on descend tous dans le noir.

Ah, salut.

Bonjour.

Ça va ?

Ça va. Et vous ?

Mouais.

Il est joli, ce plateau.

- Oui. - Il est marocain ?

Je pense que ça vient

de Chefchaouen, non ?

De Chefchaouen, oui.

- Ça irait bien chez nous, tu crois pas ?

Dans l'entrée, oui.

- Il est Ă  combien ? - 40 euros.

Bon, on vous le prend.

Ben... Bravo.

Mes félicitations.

Salut.

Au revoir.

Brouhaha

- Bonjour Ă  tous. - Bonjour.

- Ça va ? - Oui.

Je sais, les vacances sont finies.

Mais si elles finissaient pas, ce serait pas des vacances.

Il y en a qui sont tombés amoureux pendant les vacances ?

Levez la main, ceux qui sont tombés amoureux.

Et il y en a

qui se sont fait... Comment vous dites, "tèj" ?

N'ayez pas honte. Ça arrive à tout le monde.

Ah oui, quand mĂŞme.

Oui.

Qui a déjà joué d'un instrument ?

Pas mal.

Attendez.

Ceux qui se sont fait larguer, relevez la main pour voir ?

Ah ouais.

Crissement

Slow Ă  la guitare hawaĂŻenne :

« The Moon of Manakoora » - Los Indios Tabajaras

"Tu jouis avec moi."

"Oui."

Points de suspension.

"Avec toi."

"Oui."

"Avec toi. Oui."

"Puis", virgule.

"De nouveau", virgule.

"Puis, de nouveau", virgule...

"La jouissance", point.

"La jouissance"

Point.

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