All language subtitles for It.Was.Just.an.Accident.2025.1080p.ENG.SUB.SCREENER.WEB-DL.H265.AAC-AOC.FR

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Original subtitles

FESTIVAL DE CANNES PALME D'OR 2025

Il nous a fait un beau salto.

Il sera assurément gymnaste.

Danse, maman. Ça va faire danser mon petit frère.

Allez, papa, danse.

Mais papa, pourquoi tu baisses ?

C'est pas bien. Le bruit dérange les gens.

Quels gens ?

Franchement,

tu vois une seule personne ici ?

A la maison, il faut faire attention aux voisins.

Alors qu'on n'a pas de voisins !

Et personne vient jamais chez nous.

Maman ?

Demande-lui de monter le son.

Allez, papa, monte le son.

Voilà, tu peux danser.

C'était quoi ?

Je sais pas.

N'aie pas peur, ma petite.

N'aie pas peur.

Passe-moi un mouchoir.

Niloufar, ne reste près de la fenêtre.

Dieu merci, on est sains et saufs.

Éteins.

Tu l'as tué.

Je l'ai même pas vu. Il s'est jeté sous la voiture.

Ma chérie, la route n'est pas éclairée,

ces pauvres bêtes se font écraser.

C'est un simple accident.

Ce qui doit arriver arrive.

Dieu ne l'a pas mis sur notre chemin sans raison.

Il a tué un chien.

Ça a rien à voir avec Dieu.

Il n'y est pour rien. Il ne l'a pas fait exprès.

Encore un signe.

Sous titre: Nizar Ezzeddine

X: @NizarEzzeddine Facebook: nizar.ezz

Un Simple accident

Un film de Jafar Panahi

C’est la courroie ?

J'en sais rien. Redémarre.

Vas-y.

Encore.

Ça suffit, ça sert à rien.

S’il vous plaît.

Il y a un garage par ici ?

À deux kilomètres.

C'est trop loin. Je suis tombé en panne avec ma famille.

Il y a pas plus près.

Je pourrais les appeler ?

J'ai pas le numéro.

OK, merci.

Monsieur...

Je peux essayer de vous la réparer.

C’est gentil.

Mais enfin, Rahim, on est potes.

Si un jour, t'as un problème, tu peux compter sur moi.

C'est ça.

- Omid ! - Quoi ?

Quitte pas. Je te reprends tout de suite.

Qu'est-ce qui se passe ?

Il y a une famille qui est tombée en panne.

Je vais essayer de les aider.

Tes toujours là, Rahim ?

Tu m'écoutes ?

Tu le rapportes quand, le van ?

Je dois y être dans une heure.

C'est toujours comme ça.

Puisque le client est pas là,

rapporte la marchandise.

Oui. Je dois livrer le trousseau.

C'est urgent, sois sympa.

Attends, j'ai un appel. On se parle plus tard.

Bonjour, maman, ça va ?

Qui allumé la lumière ?

Omid !

C'est toi qui as allumé ?

Omid ?

Désolée, je voulais allumer les toilettes,

je me suis trompée.

Éteignez. C'est l'autre interrupteur

D'accord, désolée.

Pardon, maman.

C'était un client.

Tu as dîné ?

Pourquoi ?

Mange, j'arrive.

Enfin, maman, il est pas à moi, ce van.

OK.

Je peux pas venir maintenant, maman chérie.

Je l'ai pris, oui.

Exactement ce que tu avais demandé.

Une marque étrangère.

Oui.

T'inquiète, il y aura tout ce qu'il faut.

Autre chose ?

Je t'embrasse. 

À tout à l'heure..

Comment il s'appelle ?

Vahid.

Vahid ?

Vahid ?

Vahid ?

Oui ?

Omid a besoin de la boîte à outils.

Passez cette porte,

à droite, il y a le placard des boîtes à outils.

Par là ?

Oui.

Merci bien.

Mettez le contact.

Je l'ai un peu bricolé.

C'est provisoire.

- Merci beaucoup. - Je vous en prie.

- Quoi ? - La clé !

- Pour quoi faire ? - C'est urgent.

Et le trousseau pour ta sœur ?

Tu me rejoindras en van. N'oublie pas mes fringues.

Fais gaffe à la moto !

Mais oui, c'est bon.

Sors de là.

Qu'est-ce que tu fous ?

La ferme, ordure.

Ferme-la.

Arrête de gigoter.

- Je vais t'enterrer. - Non !

Saloperie.

Qu'est-ce que tu fous ?

Arrête !

Arrête ! Je peux pas respirer !

Fais pas ça ! Arrête !

J'ai une famille. Fais pas ça !

C'est ça, ton vrai nom ? Rashid Shahsavari.

Oui, c'est moi.

Écoute, prends ma carte bancaire.

Le code, c'est 1329. Retire ce que tu veux.

C'était pas bien, Eghbal, comme nom ?

C'est plus court, plus sec.

Arrête !

C'est qui, Eghbal ?

Ta gueule, fils de pute !

C'est toi qui disais ça.

Tu te souviens ?

Tu disais : "Si ta mère était pas une pute,

"elle aurait pas mis au monde une merde pareille."

Alors, sale merde ?

T'as oublié Eghbal ?

Eghbal la Guibole.

Ça te parle ?

Ça va te revenir.

J'ai jamais entendu ce nom !

C'est qui ?

Fais pas le malin avec moi.

Tu crois que cette vie de misère m'a fait tout oublier ?

Que je reconnais pas ?

Qu'il suffit de nous bander les yeux

et de nous asseoir face au mur, pour qu'on te reconnaisse pas ?

Nos oreilles entendaient, pourtant.

Le bruit de tes pas...

Je sais le reconnaître entre mille grincements de prothèse.

Ce bruit atroce, je l'ai encore dans l'oreille.

Tu me prends pour un con ?

Ça fait des années qu'il m'obsède.

Tu as pourri ma vie, connard.

Dès années ? J'ai perdu ma jambe l'an dernier dans un accident !

Arrête !

Tu vas voir !

Je te jure ! Regarde toi-même !

Regarde mes cicatrices !

Tu verras qu'elles sont récentes !

J'ai rendez-vous chez le médecin aujourd'hui.

Regarde toi-même. Regarde toi-même.

Je t'en prie, arrête.

Je peux plus respirer.

Tire pas ! C'est une prothèse !

Remonte mon pantalon.

Tu vas voir...

Tire pas !

C'est une vieille cicatrice, ça ?

Où t'es passé ?

Sors-moi de là.

Viens, j'étouffe. Sors-moi de là.

Viens, je t'en supplie.

Dépêche-toi, j'étouffe.

Mais qu'est-ce que je t'ai fait ?

Sors-moi-d'ici !

- Bonjour. Ça va. - Très en, et toi.

- Salar est là ? - Oui, là-haut.

Bonjour, Salar.

- Vahid ! Comment tu as ? - Bien.

Et toi ?

Bien, merci. Ou tu étais passé, mon gars ?

Et ce rein ?

Ça peut aller.

Assieds-toi.

- Je te dérange ? - Quel bon vent t'amène ?

Comme t'es là le mardi, je suis venu. J'ai préféré ne pas t'appeler.

C'est important.

Dis-moi plutôt si tu as vu un médecin.

Je t'ai pris dix rendez-vous, exagères.

Occupe-toi de ton rein.

On t'a toujours traité de cruche,

mais à force de te tenir le dos, tu ressembles vraiment à une cruche.

J'ai été débordé. J'irai.

Alors...

Tiens.

C'est qui, ça ?

C'est à la Guibole.

Comment tu l'as eue ?

J'ai fini par le retrouver.

Je l'ai percuté en voiture. Il est dans mon coffre.

Ça va pas, Vahid ?

Ne t'inquiète pas, il est vivant.

J'ai besoin de toi parce que je doute.

Dis-moi si c'est bien lui.

Suis-moi.

Qu'est-ce qui t'a pris ?

Tu as pensé aux conséquences ?

Je savais pas quoi faire.

En le voyant, j'ai perdu la tête.

Tu sais ce qu'il m'a fait, ce fils de pute ?

Il m'a tout pris : ma dignité, ma femme, mon boulot !

J'ai tout perdu !

J'ai même creusé un trou pour l'enterrer vivant.

Mais il m'a fait douter. Il dit qu'il est pas Eghbal.

Je voudrais juste que tu m'aides à l'identifier.

Ça m'étonne de toi.

On n'est pas des tueurs. On n'est pas comme eux.

Pas besoin de creuser leur tombe. Ils s'en sont chargés eux-mêmes.

Ce sont tes idéaux que tu enterrerais.

Écoute, je suis pas venu pour entendre ça.

Je n'en suis plus là.

Je vais finir ce que j'ai commencé.

Tout ce que je te demande, c'est de vérifier que c'est lui.

Même si c'est lui, relâche-le. Tu ne t'en sortiras pas.

Salar,

dans les pires moments de ma vie, tu as été là, tu m'as soutenu.

Je t'oublierai jamais.

Si tu veux pas m'aider, je t'en voudrai pas.

Je ferai ce que j'ai à faire.

Laisse tomber, Vahid.

Dis-moi.

Appelle ce numéro.

Fais ce qu'elle te dira.

D'accord.

Tournez à droite.

Vous êtes arrivée à destination.

C'est ça, Souris, Goli.

Pardon, deux secondes.

Attention à la traîne.

- Je dois répondre. - Pas de problème.

Allô ?

Bonjour, Maryam. Comment ça va ?

Oui, toute la série est prête.

Je te l'envoie ce soir.

Excusez-moi...

Le mariage, c’est demain. Là, je fais les portraits.

Les retouches sont faites. Tu les airas...

Mais oui, t'inquiète.

Je te laisse faire ta sélection. Mais évite-nous les ennuis.

OK.

OK.

On fait comme ça.

Merci, je t'embrasse. A plus tard.

Bonjour, vous allez bien ?

On va en faire d'autres dans le bâtiment en brique, là-bas.

C'est bien de changer de décor.

Je vous l'ai déjà dit, je suis débordée.

Comme c'est Salar qui vous envoie je vous écoute.

C'est bien Mlle Biglari, qui a été arrêté avec vous ?

On peut sortir deux minutes ?

Pour quoi faire ?

Je vous écoute.

Disons que c'est un peu délicat. Je peux pas en parler ici.

J'ai beaucoup faire, monsieur.

Vous le voyez bien.

Vous pouvez sortir et je vous rejoindrai quand j'aurai fini. Merci.

J'ai retrouvé la Guibole.

Vous appeliez l'éclopé, je crois.

Vous été qui, au juste ?

J'ai été arrêt deux semaines après vous.

Pour collusion et propagande contre le régime.

J'ai lu votre enquête.

J'ai besoin de vous.

Pour m'assurer que c'est bien lui.

Il est ici ?

Oui, n'ayez pas peur. Il peut ni bouger ni parler.

Il est dans coffre du van.

Vous l'avez tué ?

Non, ce salaud est encore vivant.

Je veux que vous m'aidiez à l'identifier.

Je ne peux eux pas vous aider.

Salar a fait une grave erreur en vous adressant à moi.

Moi, je reprends tout juste une vie normale.

Et elle, elle en pleins préparatifs pour son mariage demain.

Partez je vous en prie.

Il m'a tellement frappé que je me tiens le dos permanence.

J'ai l'air de quoi ?

On m'appelle la cruche.

J'attends votre confirmation pour m'occuper de lui.

Cruche ou pas, je m'en fous !

Je peux rien faire pour toi.

Pars ou je te fais virer.

Allez, tire-toi.

Désolée, les amis.

Alors, ça donne quoi ici ?

Ali, par ici. Goli de l'autre côté.

Oui, pas mal...

La, ça fait noir sur noir.

Revenez comme avant.

Ça, c'est bien.

Bon..

Regarde-la.

Je passe un coup de fil et j'arrive. Désolée.

Allô ?

Bonjour, Salar.

Il est dans le van.

Surtout, Shiva, vous dites rien.

Pourquoi ?

Il pourrait vous entendre.

On parlera après, OK ?

Tes sûr que c'est lui ?

Non. Sinon, je serais pas là.

- Et après ? - Comment ça ?

Même si c'est lui, tu vas faire quoi ?

J'en fais mon affaire, vous inquiétez pas.

Je veux pas vous attirer d'ennuis.

- Mais c'est lui ? - J'en sais rien, moi !

J'avais toujours les yeux bandés.

Shiva...

Dégage.

- Oui, ma chérie ? - C'est qui ? Il veut quoi ?

Bonjour, frère. Ça va?

On se marie, on est venus faire des photos. Tout est en règle.

La fête est demain. Vous voyez ce que je veux dire.

J'ai ce qu'il faut pour vous.

Ali ?

Tu lui as dit quoi ?

Dis-moi ce qu'il veut.

T'inquiète. Il est venu me ire un truc.

T'as l'air perturbée.

Rentre.

Il a amené l'éclopé.

- C'est qui ? - Quoi ?

L'éclopé.

Goli..

Apportez de l'eau !

Te mets pas dans cet état...

Goli, calme-toi, c'est rien.

Rentre.

Ça va.

Goli !

Goli !

Où est ce salaud ?

Du calme !

Il va vous entende !

Ouvre-moi ça !

Tais-toi !

D'où tu le sors ?

Je sais pas qui t'es ni ce que tu veux.

Mais je sais que c'en est trop pour Goli.

S'il lui arrive quelque chose, tu verras.

Ali, arrête. Rentrez.

T'a compris ? On peut pas dire si c'est lui ou pas. Va-t'en.

Ça va pas ? Ce mec a foutu ma vie en l'air.

Je lâcherai pas tant que je saurai pas si c'est lui.

Je t'avais dit de parti.

Tu nous as mis dans un sacré pétrin.

Ouvre encore, que je le voie.

Pas toi.

Il pue là sueur comme lui, en tout cas.

- Mais... - Quoi ?

Le seul capable de l'identifier, c'est Hamid.

Shiva, tu vas pas nous amener l'autre taré !

C'est nous qui allons le voir.

Goli se remet tout juste. On ne peut plus prendre de risque.

Pourquoi vous êtes sortis ?

Écoute, moi, j'ai rien à perdre. Écoute, moi, j'ai rien à perdre.

Mais Goli est trop fragile.

Hamid est le seul à pouvoir nous aider...

C'est qui, Hamid ?

- C'est un des... - On attend quoi ?

Viens voir.

On est attendus à la maison.

File-moi mon portable.

Allez !

Bonjour, maman.

Ça va.

On part faire d'autres photos avec Ali et Shiva.

Oui, c'est ça.

Non, mais ce soir...

Ne t'inquiète pas. Je vais rentrer tard.

D'accord. Je t'embrasse.

T'es rassuré ?

On y va ?

OK. Mais vous me donnez d'abord vos portables.

Éteints.

Montez.

Il faut aller tout droit.

Tu parles d'une séance photo.

C'est bon, on en a fait plein. Arrête un peu.

Quelle galère.

Tu te plains tout le temps. Ça suffit.

Je comprends pas...

- Bonjour. - Salut, comment ça

Bonjour.

- Vahid, Abolfazl. - Enchanté.

- Le docteur est là ? - Oui, entre.

Je voulais le voir.

Bien sûr.

- Ça va mieux, la santé ? - Oui, merci.

- Et toi ? - Tout va bien.

Merci, au revoir.

Avec plaisir, au revoir.

Hamid va piquer une crise.

J'ai pris des bouchons d'oreille pour l'éclopé.

Et ça, pour le faire dormir.

C'est fiable, ces trucs ?

Oui. Hamid m'en avait parlé et ami m'a expliqué quoi faire.

Faudrait pas qu'on le tue.

S'il vous plaît, vous permettez ?

- C'est quoi ? - File-leur du fric.

Tenez.

- C'est tout ? - Oui.

On n'a pas de liquide.

Gare-toi à côté de la camionnette.

Le voilà.

Il est pas bien, lui !

Où tu vas ?

Les voilà !

Ça suffit. asseyez-vous.

Pourquoi faites-vous cela ?

Allons dans un endroit calme.

Pourquoi me traites-tu toujours de cette façon ?

Cher Hamid, c'est une affaire très sérieuse.

Et depuis quand suis-je devenue Cher Hamid ?

La ferme, Hamid !

Dis-nous où on peut aller pour discuter au calme.

Tout droit, ensuite la première à droite.

Espèce de fils de pute !

Hamid !

C'est lui ! C'est cette ordure !

Lâche-moi !

- Lâche-moi ! - Hamid, tais-toi ou je te jette dehors.

Je te jure que c'est lui !

C'est sa jambe de merde perdue en Syrie !

Il se défoulait sur des mecs comme moi !

Depuis cinq ans, dans mes cauchemars, je passe la main sur sa jambe.

Lâchez-moi !

On doit d'abord être sûrs...

Sûrs de quoi ?

Il me faisait toucher sa jambe pourrie avec les yeux bandés,

pour me montrer ses exploits dans leur guerre sainte de merde !

- Lâchez-moi ! - Calme-toi.

Il a avoué qu'il était Eghbal ?

Comment ça, avoué ? Vous lui avez parlé ?

Avant de l'assommer, oui.

Mais ils sont tous tarés, ma parole !

Tu t'attends à ce qu'il avoue ?

Tu lui laisses deux minutes, il nous pend tous !

Si on le laisse faire, il va nous piéger à nouveau.

Tant qu'il aura pas parlé, je...

Je vais le faire parler, moi !

Personne n'a le droit de le toucher tant qu'il aura pas avoué que c'est lui.

D'où il sort, cet abruti ?

Combien de gars peuvent avoir la jambe droite coupée au même niveau

et la gauche avec les mêmes cicatrices ?

Tais-toi, c'est un ami de Salar.

Tout s'explique ! Ce dégonflé de Salar ! Tout s'explique ! Ce dégonflé de Salar !

- Lâche-moi ! - Dégage !

Lâche-moi, je te dis !

Laissez-moi une minute.

Te mets pas dans cet état. Pourquoi tu cries ?

Tu vas avoir une attaque.

Si tu gueules comme ça, on va t'entendre

C'est du racket ou quoi ?

Mais non, on rigole, on est potes.

On a l'air de racketteurs ?

Non, mais il y a des secousses et des bruits bizarres dans votre van.

- Ça va mieux, Hamid ? - C'est notre pote.

Il se passe quoi, là-dedans ?

Rien du tout.

Vous faites quoi, les gars ?

On parle à ces messieurs.

Bonjour, comment allez-vous ?

Je suis photographe de mariage. On est venus prendre quelques photos.

- Ici ? - La vue est superbe.

- Vous avez une autorisation ? - Une autorisation ?

- Oui. - - Pour des photos de mariage ?

- Bien sûr. - Tu délires ?

Racket, tapage...

C'est que des vigiles...

- On plaisantait. - Je vois.

Il n'a pas toute sa tête... Goli !

Il y a rien à voir.

On jette un œil, c'est tout.

On va de l'autre côté, la vue est plus belle.

Vite.

Goli, un sourire.

Ali, va là-bas. Je prends Goli seule.

- On sa dérangés. - Mais non.

Allez, on y va.

C'est parti.

- Un petit cadeau pour nous ? - Comment ?

Il veut quoi encore ?

Il va pas bien, votre ami

- T'es médecin ? - Excusez-le.

J'ai pas d'espèces, la prochaine fois.

Tu comptes te remarier ?

Comment ?

Tas des espèces ?

J'ai une machine, sinon.

Tenez.

Voilà.

- C'est pas trop ? - Il faut pas être radin.

Allez, c'est bon.

Descendez tous 'il vous plaît.

Pardon ?

Je vous ai déranges pour rien. Je vais continuer seul.

Je veux pas vous embêter avec mon histoire.

Ah oui ? C'est ton histoire ?

Moi, tant que j'aurai pas bousillé ce salopard,

je bougerai pas d'ici.

Je suis très bien ici, merci.

Je vous le répéterai pas :

si vous descendez pas, je bouge plus d'ici !

Moi non plus. Et je le répéterai pas.

Nous, on y va.

Viens, ma chérie.

Où ça ?

Il a raison et on a à faire.

Tu te rends compte ?

C'est lui qui l'a trouvé, il peut en faire ce qu'il veut.

Vas-y si tu veux.

Sans toi ? Ça va pas ?

Bien sûr que ça va pas !

Même si c'est lui et qu'on te le laisse,

tu vas en faire quoi ?

C'est un bourbier, ma chérie.

Plus tu avances, plus tu t'enfonces.

Vous allez tous y rester.

On s'en va. On oublie tout ça.

Tout ça est arrivé avant toi et il faut en finir un jour.

C'est tombé aujourd'hui. J'en fais mon affaire.

On se marie. Comment ça, ton affaire ?

Écoutez-moi bien tous : il faut à tout prix que cette ordure parle.

Sinon, je serai pas vivante pour le mariage demain.

Écoute, Goli, je dis ça pour toi.

Je sais bien.

Tu me passes une clope ?

Tu vas faire quoi ?

J'en sais trop rien.

Tu agis toujours avant de réfléchir ?

Pourquoi vous dites ça ?

C'est comme ça.

Tu t’emballes, tu prends des décisions trop vite...

Mais ensuite, tu deviens raisonnable. C'est bien.

Je croyais que t'avais arrêté de fumer.

C'est sûr que quand on flirte, c'est trop tentant.

Bouge pas, j'ai à te parler.

Là, votre problème, c'est bien que ce mec ait pas avoué ?

Si on va dans un coin calme,

je jure sur la tombe de ma mère

que je lui tire des aveux en moins de deux.

Avec leurs méthodes ?

Pas du tout, je vais lui préparer un bon repas,

une bonne douche... Tu fais semblant ou quoi ?

Ils nous ont suspendus trois jours la tête en bas pour avoir un nom.

On n'a pas vu la lumière du jour pendant trois mois.

Et t'as pitié d'eux ?

Pas du tout.

C’est pas parce qu'ils ont eu recours à la violence qu'on doit le faire aussi.

Ça ne va jamais s'arrêter ?

Shiva, reviens sur terre.

Vous l'avez kidnappé,

ligoté,

assommé.

Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ?

C'est moi qui ai fait tout ça. J'avais pas le choix.

Là non plus.

S'il y échappe, on va tous en prendre plein la gueule.

Il ne nous a pas vus, il a les yeux bandés.

Il sait où je travaille.

Oh putain !

Bravo, Vahid !

Tu joues les pros en confisquant nos portables

et il sait où tu bosses ?

Je rêve !

Je savais pas qu'on en arriverait là.

C'est quoi ?

- Qu'est-ce qui se passe ? - Je sais pas.

On a calé.

Pardon.

On dirait que t'as fait ça toute ta vie.

Ton collègue s’est fait dessus !

Laissez-moi faire.

Qu'est-ce qui t’arrive, mon cœur ?

Ça va ?

Vous avez un problème ?

Pas du tout.

Les mariés ont mis la charrue avant les bœufs, on dirait.

Vous êtes un parent du marié ?

- De la mariée. - Félicitations.

C'est fait.

40 litres, 120 tomans.

Le code, c'est 1962.

- J'ajoute un zéro ? - Enfin !

Il faut partager votre bonheur.

Je fais un lot pour le mariage et la naissance.

C'est trop, non ?

Je rigole.

Comme ça, ça vous va ?

Tu le connais depuis quand ?

Je l'ai rencontré aujourd'hui.

Shiva, me baratine pas, c'est qui ?

Pourquoi tu lui fais confiance ?

C'est Salar qui me l'a envoyé.

N'importe qui peut venir de sa part et tu le crois ?

Je suis pas pro, comme toi.

N'importe quoi.

Pas besoin d'être pro pour voir que c'est un des leurs.

Tu vois pas qu'il est muet comme une tombe ?

Il sait déjà tout de nous.

Et là, il veut filer.

Comment ça ?

Il nous a tiré les vers du nez.

Et le gars, Eghbal ?

C'est son complice, évidemment.

Le touchez pas.

Laisse-moi faire.

Qu'est-ce qu'il y a ?

C'est quoi ? Ça va ?

Debout.

On l'emmène.

Quel con ! Attrapez-le !

Attrape-le, Ali !

Arrête-toi, Hamid !

Arrête-toi !

Qu'est-ce que tu fous ?

Laisse tomber.

Peut-être que la dose était trop forte et qu'il a claqué.

J'ai vérifié tout à l'heure, il faut attendre.

- On attend quoi ? - Son réveil.

À quoi bon ? Réveillé ou pas, on veut l'enterrer.

Il a droit de savoir.

Sans blague.

La majorité silencieuse s'est fendue d'une opinion.

Tu attendais de voir de quel côté soufflait le vent pour t'y engouffrer ?

Bien joué.

Toi, l'abruti !

Le gars entendu ta voix, il va te trouver dans la seconde

et te transforme en bouillie, tu vas voir.

Shiva, toi, tu fais confiance au pote de Salar ?

T'es sûre qu'il vous donnera pas ?

Moi, je te dis qu'à la première claque, il crachera le morceau.

Et toi, le donneur de leçons,

tu piges que dalle !

Il y a que toi qui piges ?

Chacun peut donner son avis.

Toi, tu peux parler !

C'est sûr, t'as trouvé un bon parti.

Tu crois qu'on le connaît pas ?

Tu sais comment son papa a été promu du jour en lendemain,

comme une flèche ?

Qu’est-ce que t'es naïf.

Arrête de provoquer tout le monde pour te défouler.

Tu veux pas grandir ?

Goli ! Calme-toi. Rentre pas dans son jeu.

Me calmer ?

Que je me gave encore de médocs pour être un zombie ?

Ça suffit, maintenant !

Il va me dire que je suis énervée pour une mariée.

À ma sortie de taule, ce salaud a raconté que j'avais collaboré.

Pour que ma vie dehors soit une prison plus grande.

J'ai voulu que tu sois là..

pour tout entendre la bouche de cette ordure.

Écoute, Ali..

en prison,

On m’a bandé

les yeux

Ils m’ont montée sur une estrade.

J'ai entendu une femme dire : "Je la lui mets ?"

Et puis ce salaud :

"Oui, vas-y. Mais comme elle est jeune,

"mets la corde en biais pour que son cou se casse vite"

"et qu'elle souffre moins."

J'attendais à chaque seconde

de tomber dans le vide.

Je suis restée trois heures comme ça.

Et plis, j'ai réentendu sa voix.

Il a dit :

"Faites-la descendre.

"Elle doit d'abord être déflorée pour aller direct en enfer."

Il disait..

que si j'étais vierge, j'irais au paradis.

Qu'il rait en sorte que je sois en enfer, même sur terre.

Crois-moi, je voulais te dire tout ça avant qu'on se marie.

J'attendais une occasion.

Alors, Hamid,

tu veux me pendre à sa place ?

Sympa, tu me compares à ces gens ?

- Ça suffit ! - Toi, ta gueule !

T'a pas passé une seule heure les yeux bardés avec ce fils de pute !

Je me suis retenu jusqu'à maintenant,

Mais je peux te répondre !

J'attends plus de réponses depuis longtemps, minet.

Depuis qu'on n'a changé de cellule

en me traînant nu par terre.

Il faisait quoi, ton papa, à l'époque ?

Il vendait des dollars au marché noir

pour assurer ton avenir.

Il s'en est bien sorti.

Un jour, tous ces gens devront s'expliquer. Tous !

D'accord, Hamid.

Vivement ce jour. Mais c'est pas ça la justice.

Toi, me parle pas de justice.

Tu me dégoûtes.

Quand tu m'as abandonné sans le sou, t'as été juste ?

Et tes promesses de rester toujours ensemble ?

Je suis pas partie pour ça.

T'as jamais eu de sous, et t'en auras jamais.

Tu confonds tes amis et tes ennemis.

Arrête ! Vous avez la trouille, c'est tout !

Bande de poules mouillées !

Vous avez peur que ça vous retombe dessus.

Vous êtes trop cons ! Laissez-moi faire, je vous dis !

C'est dans votre intérêt !

Vous vous serez vengés, en restant de gentils non-violents.

Je te parle plus de violence,

mais de crime, tu piges ?

Shiva, on est en guerre !

C'est plis une blague ! Si tu tues pas, tu te fais tuer !

Ali-le-neutre !

Viens m'aider à l'enterrer, qu'on en finisse.

Traite-moi de neutre, de collabo, si tu veux.

Je sais que ceux qui devaient nous libérer

tuent nos jeunes en récitant des prières.

Tu veux qu'on le tue ?

Pitié, épargne-moi tes discours.

Quel merdier...

De loin, tu me faisais penser à la pièce qu'on avait vue.

Avec juste un arbre...

En attendant Godot.

En attendant Godot.

On est exactement dans la même situation.

T'as jamais voulu m'écouter.

Mais là, crois-moi, c'est à nous de nous prendre en main.

Pas la peine d'attendre un miracle.

Toi, tu ne penses qu'à te venger.

Il ne t'a pas tué, lui...

Bien sûr que si ! Il a fait pire.

Ces fils de pute m'ont pris les cinq plus belles années de ma vie.

Il a bien fait ça à cent personnes.

Ça fait combien d'années en tout ?

Le problème, ce n'est pas un individu.

Tu confonds un agent soumis avec la structure.

Quelle structure ? Tu me rends dingue !

C'est ces ordures qui l'ont créée, la structure !

Tu crois qu'il est juste soumis ? Il est à la racine du mal !

Oublie pas qu'il voulait déflorer Goli !

Il croit de tout son être à l’enfer où il voulait nous envoyer.

Arrêtez, enfin !

50 ans de discours permanents !

Tiens, tu veux le tuer ?

Debout ! Vas-y, tue-le !

Passe-moi la clé.

Passe-moi la clé!

Passe-la-moi au lieu de me regarder comme ça !

Ça va pas ?

Pousse-toi, je l'ouvre.

C'est bon !

Abruti ! C'est là-dedans !

- Je le lui avais pris... - Ouvre.

Le voilà.

Réponds surtout pas. Ils vont nous localiser tout de suite.

C'est de sa maison.

Évidemment. Ils appellent exprès d'un numéro sûr.

Réponds pas.

Allô ?

D'accord.

C'était qui ?

Sa fille qui pleurait. Sa mère a fait un malaise dans la cuisine.

Bon sang, c'est un piège !

Quel piège ?

On tient un des leurs, donc, ils nous tendent un piège.

Elle pleurait. Elle jouait pas la comédie.

Purée !

Je vais l'aider. Faites comme vous voulez.

Je viens avec toi.

Il a raison. J'y vais aussi.

Tu vas où ? Tu risques de te faire prendre.

Kidnapper un agent des renseignements, c'est pas rien !

Tu viens, beau gosse ?

C'est là.

Si c'était un piège, ils seraient déjà là.

Attends un peu, la flèche.

Décroche.

Réponds et mets le haut-parleur.

Allô ? Papa ? Mon papa ?

Viens vite. J'ai peur que maman meure.

Mon papa ! Mon papa !

Allô ? Papa ?

J'y vais.

Si vous voyez quelque chose de louche,

partez vite avec le van.

Attends, je viens avec toi.

Oui ?

- Coucou... - Ma chérie, tu ouvres ?

On est des amis de ton père. On est venus aider ta mère

Maman...

Viens, mon cœur, viens dans mes bras.

Pleure pas, ta maman va vite guérir, n'aie pas peur.

Dis-moi, ma puce, tu voudrais un petit frère ou une petite sœur ?

Je voudrais que ma maman guérisse.

Mais oui, mon cœur, ne t'inquiète pas.

Dis-moi, tu sais ce que ton père a eu à la jambe ?

Tu vas te taire, Hamid ?

Madame!

On a une urgence.

- Qu'est-ce qu'elle a ? - Elle est enceinte.

Quel est son nom ?

Azam Pourniaz.

Son adresse ?

Avenue Mohammadi...

Rue Shahin, numéro 39.

Sa carte d'identité ?

On ne l'a pas prise dans la précipitation.

Vous êtes son mari ?

Non, c'est mon oncle ;

Il faut que ton papa soit là, ma chérie.

Son père est occupé,

on a essayé de le joindre. Vous n'allez pas la laisser mourir.

C'est la loi, monsieur. Le père doit être présent.

Comment ça ? Et si je l'avais trouvée dans la rue ?

Occupez-vous-en !

Que se passe-t-il ? Dites-moi.

Docteur,

On n'a pas les papiers pour l'admission.

Elle est à combien de mois ?

Elle s'est évanouie, elle est tombée et elle a pas rouvert les yeux.

- Tu es sa première enfant ? - Oui.

C'est sa deuxième grossesse ?

C'est ça.

- Tu sais si elle a une maladie ? - Non.

C'est urgent, elle a perdu les eaux.

Arrangez tout, je l'emmène au bloc sous ma responsabilité.

- Merci beaucoup. - Faites vite.

Monsieur ! Vous avez une carte bancaire ?

- Oui. - Allez régler ceci à la caisse.

- C'est ou, la caisse ? - Là.

Tenez.

Votre carte bancaire.

Bien sûr.

Prenez celle-ci.

Vous en voulez ?

J'ai pas faim. C'est pour toi.

- Niloufar ? - Oui ?

Je peux te poser une question ?

Oui.

T'as pas une tante ou un oncle

que tu aurais pu appeler ?

Si, mais bon...

papa m’a dit d'appeler personne d'autre que lui.

J'ai pas le droit d'appeler d'autres gens.

La famille de maman vit en province.

Je peux pas les appeler.

Pur madame Pourniaz...

Oui ?

Félicitations, princesse.

Tu as un petit frère.

Il est beau comme toi.

Je peux les voir ?

Bien sûr que tu vas les voir.

Ton tonton sait faire des cadeaux ou juste des scandales ?

- Quoi ? - Rien.

Bouge pas, je reviens.

Va t'asseoir.

Servez-vous.

Merci beaucoup.

- Il est né ? - Oui.

Tant mieux.

- Alors ? - C'est un garçon. La mère va bien.

T'apportes de bonnes nouvelles !

Mission accomplie, tu dois être fier.

Vous avez des espèces ?

Non.

Pour quoi faire ?

J'hallucine.

Tu vas casquer pour eux, en plus ?

Les gâteaux, c'est la coutume et l'infirmière veut un pourboire.

Laisse tomber. Tu en as déjà assez fait.

Non, je peux pas laisser la petite toute seule.

Vous avez une carte bancaire ?

Oui.

Venez tirer 200 tomans chacun, je me débrouille.

Sans façon. Je reste ici.

Allez faire vos B.A., vous.

OK, comme tu veux.

Ah d'accord, je vois...

Lui, ça se comprend.

Il me connaît pas, c'est son van.

Mais vous, vous me faites pas confiance ?

Ce n'est pas la question. On préfère être prudents.

Tu vois, même assommé,

cette ordure fout la merde entre nous.

Même morts, ils nuisent à l'humanité.

T'as qu'à venir avec nous.

Où ça ?

Fêter la naissance du chiot de ce salopard ?

Mais enfin ! C'est un enfant !

Et alors ? Il sera pire que son père.

Toutes les fausses couches en prison,

on en parle ?

Les amis, après leur chute, vous aurez tous des comptes à rendre

Eux se croient connectés à Dieu et se cachent derrière la charia.

Mais vous ? Vous saurez répondre de votre faiblesse ?

Je suis sûr que non.

J'ai su dès ce matin que vous étiez des bras cassés.

Je perds mon temps.

Le plus con de cette assemblée, c'est moi, en fait.

Tu veux pas arrêter ?

Tu vas encore nous embrouiller pour n'en faire qu'à ta tête ?

N'importe quoi !

Soit tu me jettes, soit tu viens me chercher

et tu te débrouilles pour que je me sente de trop.

Qu'est-ce que j'ai fait ?

Tu m'as pas appelé quand ma mère est morte.

- Quoi ? - Tu m'as abandonné.

Tu es une trouillarde. Tu fuis les épreuves.

Bien sûr ! C'est toi qui me fais fuir !

Ton comportement, tes décisions !

Tu me dégoûtes !

C'est bon, je me casse.

Il est vraiment parti.

Shiva, vous venez ?

Félicitations, les mariés.

Merci.

Tous mes vœux de bonheur.

Désolé d'avoir gâché votre journée.

Je vous demande pardon.

On ferait mieux de se séparer maintenant.

Essayez de convaincre Goli.

Maintenant, elle va être plus facile à convaincre.

Elle s'est défoulée, ça va mieux.

Mais qu'est-ce que tu vas faire de lui ?

Je sais pas trop.

Mais vous faites pas de souci.

Quoi qu'il arrive,

je vous dénoncerai jamais.

Vahid, tiens.

- Merci. - Pas de quoi.

Vous êtes encore là ?

J'allais pas te laisser tomber.

Ou alors vous me faites pas confiance.

Je sais pas.

Ou alors j'ai fait une promesse à Salar.

Je te pensais pas capable de ça.

Pourquoi ?

Tu disais que tu étais contre la violence.

Je suis pas une lâche.

Si je l'avais pas fait, il t'aurait tué.

Au nom de tous les saints, détache-moi.

Je reconnais tes expressions !

En nous frappant, tu jurais que ça te faisait de la peine !

Tu sais ce que tu m'as fait, espèce d'ordure ?

De quoi tu te vengeais ?

On était juste de pauvres ouvriers qui réclamaient leurs droits.

On crevait la dalle.

- On était pas payés depuis 8 mois. - Qu'est-ce que tu racontes ?

Pourquoi tu as bousillé nos vies ?

J'avais trimé toute ma vie dans cette fournaise.

pour nourrir ma famille.

T'as fait de moi un salaud comme toi !

C'est quoi, ce délire ? Détache-moi.

Ta gueule ! C'est du délire ?

Moi qui aurais pas fait de mal à une mouche.

j'ai creusé ta tombe aujourd'hui.

Tu serais déjà enterré.

Si j'avais pas eu un doute.

J'ai rien à voir avec tout ça. Tu fais erreur.

Tais-toi. Écoute-moi bien.

Je t'assure que mentir ne y a pas t'aider.

Si j'étais celui que tu crois, tu serais déjà mort.

Détache-moi, je te dis.

Tu m'as tué cent fois. T'as oublié ?

Je suis un mort-vivant.

En mettant la corde autour de mon cou, tu m'as tué.

Quelle corde ? Pourquoi j'aurais fait ça ?

Tu me l'as mise,

t'as fait tomber le tabouret et je me suis pissé dessus.

Ça a rien à voir avec moi !

Tu m'as dit : "Ta fiancée est morte, pense à quelqu'un d’autre."

Alors qu'elle s'était suicidée par ta faute !

Qu'est-ce que j'ai à voir avec ta fiancée ?

Si c'était moi, je vous aurais tués.

Elle s'est tuée à cause de toi, salopard !

- C'est pas moi, je te dis... - Je vais te tuer !

Viens là.

Je sais vraiment pas ce que tu racontes.

Viens là.

J'ai une famille moi aussi, je te comprends.

Je suis pas la personne dont tu parles. Libère-moi.

Lâche l'affaire.

Tu me parles de famille, toi ?

Toi qui amenais les familles des détenus devant la prison

pour leur tirer des aveux !

Comment tu oses ?

Quels détenus ?

Quels détenus ?!

Dis ta dernière volonté, c'est la fin !

Pour ta femme, ta fille, ton fils,

dis ce que tu veux !

Pourquoi tu me frappes ?

Tu vois bien que tu te trompes.

Moi, j'ai pas de fils.

J'ai juste une fille.

Tu me maltraites depuis ce matin sur un malentendu.

Laisse-moi partir.

J'ai pas de fils.

T'es sûr de ça ?

T'as pas de fils ?

Ton fils est né tout à l'heure.

Il est né ?

C'est moi qui ai emmené ta femme à l'hôpital.

Enfoiré !

Enfoiré !

Tu as touché ma femme, saloperie ?

Je vais te tuer, espèce de porc !

Je vais te tuer !

La ferme, connard !

Tout le monde est pas comme toi !

Moi, je m'en prends pas à ta femme !

Je l'ai emmenée à l'hôpital.

Elle était allongée sur le coffre où tu dormais !

Elle s'en est sortie.

Elle va bien ?

- Tu l'as vue ? - Oui.

Elle allait bien ?

Elle va bien.

Mais je vais te priver d'elle.

Tu vas crever d'envie de la voir, salopard.

Je vais te dire quelque chose.

T'es pas un tueur.

Sinon, tu te serais pas occupé d'elle.

Réfléchis.

Écoute bien ce que je vais te dire.

Je dis pas ça par peur de mourir.

Mais parce que tu l'as emmenée à l'hôpital.

Écoute...

En fait...

T'es où ? Tu t'appelles comment ?

Réponds-moi.

Tu vois ce que ça fait ?

- La ferme. - C'est toi qui la fermes !

Tu nous bandais les yeux...

Je te retrouverai. Je te reconnaîtrai à ta voix.

Tu te fatigues pour rien.

D'accord,

t'es trop fort.

T'as trouvé, je suis Eghbal.

Alias la Guibole.

Et après ?

Et après ? Tu vas faire quoi ?

- C'est toi ? - Fais ce que tu veux !

Je vais t'étrangler !

Ordure !

C'est moi, Eghbal la Guibole !

Je donnerais ma vie pour le régime, mon pauvre !

J'ai perdu ma jambe en Syrie.

Je l'ai sacrifiée au régime, à notre Guide suprême.

Tu vois ? Rien n'est plus important pour moi.

Tu vas faire quoi ?

Tu crois qu'on va laisser des nazes comme toi

mettre le régime en danger pour un retard de salaire ?

C'est ça ?

Tu te mets le doigt dans l'œil.

On a eu des milliers de martyrs, de blessés.

C'est pas pour...

Pour vous laisser faire.

Vous laisser nous livrer à l'ennemi.

Ça se passe pas comme ça.

Écoute-moi et ferme-la.

- Ta gueule ! - Toi, ta gueule.

Écoute-moi bien.

Soit tu méritais ta peine et tu l'as eue.

Soit tu ne la méritais pas et le ciel te rendra justice.

T'as compris ? C'est tout.

Alors comme ça,

tu parles comme Daech ?

Ils tuaient des innocents et ils disaient :

"S'ils étaient coupables, bien fait pour eux,

"sinon, ils iront au paradis."

Bande de salopards !

Peu importe ce que tu fais, à qui tu parles,

en quoi tu crois, je m'en fous !

Si je pars d'ici

et que je trouve ma famille saine et sauve,

je te laisserai tranquille.

Je fermerai les yeux et les oreilles.

Et si je meurs,

J'atteindrai mon rêve d'être un martyr.

Je ne dis plus un mot.

Dis ta dernière volonté, je vais t'enterrer.

Je vais te tuer.

Espèce d'ordure !

Tu fais quoi, Shiva ?

Saloperie, tu rêves d'être un martyr ?

T'es qui ? Vous êtes combien ?

- Tu rêves de crever ? - Me touche pas.

- La ferme ! - Me touche pas !

Tu veux être un martyr ?

Je suis l'ange de la mort, je viens réaliser ton rêve.

Salopard, t'avais dit que tu parlerais plus.

Ferme-la.

C'est toi qui vas la fermer.

À part des regrets, tu as le droit de rien exprimer.

Espèce de saloperie,

si tu dis un autre mot,

je défoncerai ta gueule à coups de pelle.

- Qu'est-ce que tu... - Ferme-la !

Ta gueule !

T'as juste le droit de dire que t'es une merde !

Compris ? Ta gueule.

Espèce de pourriture.

- Tu te crois encore inspecteur ? - Oui.

C'est ça, sale merde. Tes qu'un moins que rien.

T'es qu'une merde, compris ?

- T'as compris, pourriture ? - Merdeuse.

Le merdeux, c'est toi. T'es qu'un tas de merde.

C'est toi, t'as compris ?

Tu te bats pour le régime ? Tu crois que le pays vous appartient ?

Tu te bas pour le Guide ?

Espèce de pourriture.

Toutes ces richesses qui s'envolent, c'est notre faute ?

Et vous, vous faites main basse sur le pays.

Espèce de saloperie.

Tu crois que je vais te laisser t'en tirer comme ça ?

Pourrir la vie d’autres comme la mienne ?

Je connais bien ta sale voix.

Tout ce qu'elle peut encore dire, c'est que t'es un tas de merde.

Tu me demandais combien j'avais touché pour brandir mon voile sur un bâton.

Tu faisais grincer ta prothèse exprès

pour te vanter de tes exploits en Syrie.

Tu te souviens ?

De ta bouche crade,

tu me susurrais à l’oreille.

Combien de dollars pour te mettre à poil ?

Tu vas tomber en martyr.

Je vais réaliser ton rêve.

Tu vas voir, je vais t'envoyer en l’air.

Depuis le temps que ta voix résonne dans ma tête.

Dis-moi que tu regrettes, ordure.

- Je regrette. - Dis-le.

Non, pas comme ça !

Tu disais que ma voix devait se graver sur les murs de la prison.

Là, c'est la tienne qui doit se graver sur la terre !

Je regrette.

Tu disais que je m'étais mise à poil.

C'est toi que ton fils va voir à poil.

En photo, puisque tu seras tombé en martyr.

Dis que tu regrettes.

- Je regrette. - Plus fort.

Plus fort !

Je regrette !

- Espèce de merde ! - Je regrette !

Je regrette !

Espèce de merde !

Je vous jure que je suis comme vous.

Je dois gagner ma vie...

Je regrette.

Quand vous refusiez d'avouer, je me sentais humilié.

Je pensais que vous vous moquiez de moi.

Comme quand j'étais petit.

Je vous le jure.

Je vous jure que je regrette.

Laissez-moi voir mon fils, je vous en supplie.

J'avais mauvaise conscience, mais j'ai fini par m'habituer.

Je veux voir mon fils.

Je regrette.

Je regrette.

Passe-moi tes mains.

Ton portable et tes papiers sont là.

Je te laisse un cutter

pour que tu te détaches.

La route est à un quart d'heure de marche.

Omid, ça va ?

C'est vraiment sympa. Désolé de t'embêter avec ça.

Mais pas du tout.

- Je t'apporte quelque chose ? - Non, merci.

Laisse, maman.

- Je peux le faire. - Non !

Donne-moi ça, je te dis.

- Bonjour, ça va ? - Très bien, et vous ?

- Félicitations. - Merci.

- Entrez. - Non, merci.

- Au revoir. - Au revoir.

Merci.

Tas pas tout acheté. Il manque des choses.

C'est quoi, ce trousseau ?

Je suis tout seul, maman.

Dites-lui, vous.

Ça fait minable.

Je fais ce que je peux. Me fais pas honte devant mon ami.

Va servir le thé. Ça va aller.

Sous titre: Nizar Ezzeddine

X: @NizarEzzeddine Facebook: nizar.ezz

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