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1536 - MEXIQUE CĂTE PACIFIQUE
Huit ans !
Eh, petit... Tu as quel Ăąge ?
19 ans, monsieur,
dont deux passés dans ces contrées.
Contrées...
Dans ces contrées...
Dans ces terres...
Et votre capitaine ?
Laisse, laisse...
Comment ?
Il est devenu quoi, votre capitaine ?
Ah, NarvĂĄez...
Mort !
Et avec lui, plus de 600 hommes.
Ăa a dĂ» ĂȘtre dur...
Vivre tant d'années parmi ces sauvages...
Huit ans auparavant en Floride
Quelle assemblée, messieurs ! Quelle assemblée !
Que de grĂące et de douceur...
Et nos habits, somptueux,
sont rehaussés de l'or des Indes !
Bénis soient la Croix et la sainte Veracruz,
et le Seigneur de la vérité et la Sainte Trinité !
Bénie soit l'ùme dont le Seigneur nous pourvoit !
Béni soit le jour que le Seigneur nous envoie !
Les navires ?
Tous perdus !
Est-ce lĂ toute l'Espagne qu'il nous reste ?
Ces bateaux sont l'Espagne...
OĂč...
OĂč...
sont les autres bateaux ?
Ohé, du bateau !
LĂ -bas !
LĂ -bas !
Je vois une ombre !
C'est NarvĂĄez !
- Ici ! - Capitaine !
Ohé, du bateau !
- Ici ! - Par Ici !
Ici, capitaine !
Par ici, capitaine !
Encore un ennui, Ălvar NĂșñez ?
Capitaine, Ă cette vitesse, on ne peut pas vous suivre.
Alors que me suggĂšres-tu donc ?
D'amarrer un cordage Ă notre radeau.
En considérant...
que vos hommes sont plus jeunes et plus robustes.
Ăcoutez, trĂ©sorier,
ce n'est plus le moment de donner des ordres.
Ă partir de maintenant que chacun fasse...
ce qui lui semble préférable pour sauver sa vie !
Vous ĂȘtes le capitaine !
Et ces vies...
vous ont été confiées !
Pensez aux hommes dans cette barque !
Ils sont malades, épuisés.
Donnez-moi des rameurs !
Attrape-le !
Vous ĂȘtes prĂ©venu, Don Ălvar.
C'est chacun pour soi, il n'y a plus d'autorité.
Ici s'achĂšve l'Espagne.
Ramez, vous autres !
Capitaine NarvĂĄez,
la petitesse de votre ùme n'a d'égale
que l'énormité de votre égoïsme.
Soigne ton langage, saloperie de curé !
Je le soignerai,
mais mes derniers mots seront pour vous.
Ici s'achĂšve l'Espagne, dites-vous ?
Eh bien, ici s'achĂšve aussi pour vous
tout espoir d'une vie éternelle !
Bonne navigation, moussaillons !
ArrĂȘte !
Quelle assemblée, messieurs ! Quelle assemblée !
ArrĂȘte, tu me saoules depuis des jours !
ArrĂȘte ! Et meurs donc ! Va au diable !
Laissez-le !
Terre !
Terre...
Un endroit pour mourir.
LIBREMENT INSPIRĂ
DU RĂCIT "NAUFRAGE"
DE CABEZA DE VACA (1542)
Rien.
Je n'ai pas trouvé d'eau.
Estebanico ira en chercher.
Dans cette direction. Vite.
Ălvar !
Je reconnais ces caisses,
elles viennent du bateau du capitaine.
Elles sont pleines de pacotilles et de marchandises.
Un peu d'étoffe nous serait bien utile.
Que diable font-elles ici ?
Vas-y, Esteban.
Qu'est-il arrivé ?
Il est mort.
C'est de la sorcellerie.
- Il faut le brûler. - Comment ça ?
Rapprochez les caisses.
Mettez-y le feu.
FrĂšre SuĂĄrez...
- Ces objets de sorcellerie... - C'était un bon chrétien.
Arrachez-les. Tous !
Il faut l'enterrer.
Du bois !
On ne peut pas le brûler.
Ramassez tout le bois que vous pouvez.
- Allons... - J'ai dit non !
ArrĂȘte, Ălvar.
Son corps est encore chaud. Vous ĂȘtes fou !
Pourquoi ne pas brûler mon sang ?
C'est le mĂȘme sang !
J'agis au nom de Dieu ! Je sais ce que je fais !
Au nom de Dieu ? Vous répondrez de vos actes devant Lui.
C'est Mauvaise Chose.
Qu'est-ce qu'ils me veulent, ces chiens ?
Ne l'emmenez pas !
LĂąchez-moi !
LĂąchez-moi !
Rappelez-vous... Allez vers Panuco.
Toujours vers Panuco !
Ne l'emmenez pas !
Rappelez-vous... Panuco.
Oui, vers le couchant !
Mon Dieu ! Qu'est-ce que je fais ici ?
Dans ces terres, dans ce monde !
Mon Dieu !
Qu'est-ce que je fais ici ?
Je suis l'esclave d'un fils de pute d'Indien.
D'un sorcier !
Un ĂȘtre monstrueux...
Maudit soit le jour oĂč je t'ai connu.
Triste événement, mauvaise chose.
C'est ça, ris !
Dans mon pays, on t'aurait déjà empalé.
Riez... Riez... Riez !
Je parle, je parle...
Parce que je suis plus humain que vous.
Parce que j'ai un monde, mĂȘme si je suis un naufragĂ©.
J'ai un monde ! Et un Dieu !
Parce que je crois aussi...
au Créateur du Ciel et de la Terre.
Parce que vous aussi, Il vous a créés, Dieu !
Je suis Ălvar NĂșñez Cabeza de Vaca,
trésorier de Charles Ier d'Espagne,
Charles V d'Allemagne et maĂźtre des Indes.
Et c'est cela... Les Indes...
Moi, je suis de Séville.
Et ceci... C'est le sol
Et cela, le ciel.
Et ceci...
Une plante.
Et quoi d'autre ? Et quoi d'autre ?
Ceci, c'est du sable...
Et au loin, l'horizon...
Et la mer.
Quelque part.
La mer...
La mer...
"La mer était étale...
la lune pleine"
"Un Maure né sous ce signe ne saurait mentir"
Quand j'étais enfant, et adolescent,
ma mĂšre...
Me le disait :
dire des mensonges,
c'est une grande vilenie.
"Questionne-moi, roi, car la vérité, je te dirai."
Je te la dirai, sire,
mĂȘme si cela me coĂ»te la vie.
"Si tu voulais, Grenade...
Avec toi...
Je me marierais."
"Et comme dot, je te donnerais Cordoue...
Et Séville"
"Je suis mariée...
Roi Don Juan...
Je suis mariée et non veuve"
"Et le Maure dont je suis l'épouse...
Grand bien me voulait"
Mains.
Mes mains.
Mes mains.
L'ancre. L'ancre !
Quel est ce radeau ?
Qui commande ici ?
Alvar !
Ici s'achĂšve l'Espagne.
Pourquoi vous ne me laissez pas ?
Puisque je dois me condamner,
je veux me condamner en paix !
Tu renies encore ton grand-pĂšre, Alvar.
Or il n'y a pas d'autre façon de conquérir !
Pour avoir conquis la racaille,
accru la fortune de la couronne
et ouvert la voie Ă tes prĂȘtres,
je suis en enfer !
Je l'ai brûlé !
Elle est aussi morte qu'une pierre.
Ăcoutez-moi, Ălvar.
Partons d'ici.
Vous ne pouvez rien faire !
Partons !
Il faut partir.
Que faites-vous ?
Elle est morte comme une pierre.
Ăa sent le souffre, ici.
Que se passe-t-il, nĂšgre ?
NĂšgre !
- Elle est ici... - Qui ?
La morte !
La mort est ici...
La mort...
C'est une balle d'arquebuse...
- Tu ne le ressuscites pas ? - Non, Alonso.
Lui...
On ne peut pas le ressusciter.
Mieux vaut cesser de parler de résurrections.
On atteindra peut-ĂȘtre les terres chrĂ©tiennes.
Si tu racontes ce qu'on a vécu,
on te croira fou.
On te tuera. On t'enfermera.
Tu rentreras en Espagne couvert de chaĂźnes.
C'est une menace ?
Non, ce n'est pas une menace.
C'est ce qui t'attend !
Il va falloir...
Dire des mensonges.
Alonso !
LĂ -bas !
Nous sommes des chrétiens.
Des serviteurs de Sa Majesté !
Nous sommes des soldats.
Comme vous !
Monsieur Cabeza de Vaca
est le trésorier de l'expédition.
On a fait naufrage en Floride !
De grĂące !
Monsieur Cabeza est le trésorier de l'expédition.
Quel jour...
Sommes-nous ?
Quel jour sommes-nous ?
178, capitaine.
Il nous en faut davantage, 80 de plus au moins.
Mon Dieu, c'est quoi, ça ?
Le trésorier de l'expédition de Narvåez.
Un chrétien accoutré ainsi...
On voit de ces choses par ici...
Trésorier, nous construisons une cathédrale.
Le capitaine compte sur vous pour lui trouver des esclaves.
Vos Indiens vous aiment,
vous avez gagné
leur estime.
Mille... cinq cent...
trente... six... l'An...
Huit ans !
Huit ans...
Votre requĂȘte...
Offense davantage la foi
qu'elle n'offense mes...
De quelle foi parlez-vous ?
De celle-lĂ , ou de la nĂŽtre, la foi de l'Espagne ?
De la seule qui soit.
La foi.
L'Espagne... Ceci est l'Espagne.
Ceci...
Ceci est...
L'Espagne !
Cela, capitaine,
c'est... L'Espagne.
Votre justice, je l'ai vue Ă l'Âuvre
sur tous les chemins de cette terre.
Cette terre...
Cela fait huit ans.
Huit ans.
Trois, quatre, huit...
Placez cet homme sous bonne garde !
On est des soldats !
Santé !
Vous avez du en voir, des choses ces années !
En effet.
Racontez-nous.
Vous avez vu les cités d'or ?
Ces yeux en ont vu une.
Grande et jaune.
D'un tel éclat que j'en ai été ébloui pendant deux jours.
Les temples,
Les rues, les maisons... Tout était en or massif !
Des cités d'or...
Vous avez été prisonnier ?
Quelques jours.
On m'a accouplé à des Indiennes avec trois seins.
Trois seins ?
à part ça, elles étaient quelconques.
Des femmes avec trois...
Seins.
Dans cette ville,
un sorcier m'a donné une pommade pestilentielle.
On se la passe sur la trique, et une heure aprĂšs,
on baise avec la vigueur de vingt ùnes réunis !
Vous ne me croyez pas, hein ?
Ces citĂ©s, Dorantes, oĂč sont-elles ?
Oui, oĂč sont-elles ?
Ces cités ?
Mes cités d'or.
Jeunesse éternelle,
riviÚres de réglisse,
femmes dorées,
manne aussi douce que du lait tombé du ciel...
Je sais oĂč elles sont, ces citĂ©s.
Allez, dis-le nous.
LĂ -bas, au nord !
Dire des mensonges...
Comme eux...
Estebanico...
Pourquoi on ne dit pas la vérité ?
C'est Araino !
- OĂč allez-vous ? - Monsieur !
ArrĂȘtez-vous !
Qu'avez-vous fait ?
Laissez-les, salopards ! Il n'y a plus rien Ă en tirer.
Fils de pute !
Pourquoi ?
Pourquoi ?
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