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Il était une fois, à Bagdad, un astronome qui, après des nuits et des
calcul et d 'insomnie, eut la confirmation d 'une hypothèse bien
Tu vois ma vieille, la Terre n 'est pas le centre de l 'univers.
Elle tourne autour du Soleil, je n 'ai plus aucun doute là -dessus.
En revanche, je commence à avoir de sérieux doutes sur ton existence, oh
Plus j 'avance dans l 'infini de l 'univers, moins j 'aperçois le bout de
nez.
Comment tu es tout fait de ton créateur, misérable singe entourbané ? Quelle est
cette voix ? La voix de Dieu.
Je veux des preuves, je suis un scientifique, je veux des preuves en
Puisque tu es si sceptique et si curieux, je vais te montrer demain et
autres demain. Je vais te projeter de mille ans dans le futur.
Je te condamne à vivre dans le pays de la pluie éternelle.
N 'essaye donc plus de chercher la vérité dans les étoiles. Et maintenant,
regarde bien cette boîte à images.
Ton exil ne sera pourtant pas absolu.
Tu pourras rentrer chez toi en passant par cette boîte.
Non, pas comme ça.
Le privilège ne te sera accordé qu 'à une seule condition.
Que quelqu 'un retrouve cette lampe et la rallume.
Alors, il pourra te convoquer, mais il sera ton maître et toi,
son esclave.
Attendez, la lampe va s 'éteindre. Tu vas la rallumer.
Ah, je ne vois plus rien.
Et pendant ce temps -là, il est à Milan, à Bagdad.
Moustapha ! Moustapha, écoute ! Aziz et Azaz voudraient te demander quelque
chose. Le maître d 'école d 'Aziz et Azaz va se faire arracher une dent ce
matin. Oh, ça doit être la dernière qui lui reste.
Moi aussi, j 'ai été son élève.
Et par conséquent, ils n 'ont pas d 'école ce matin.
Si tu les amenais avec toi, ils ne t 'ont jamais vu au travail. Je suis sûre
ça les amusera beaucoup.
Tu crois ? Une occasion pareille ne se représentera pas.
Vous voulez venir, les enfants ? Oui, papa.
Eh bien, allez, venez, en route.
Allez.
Est -ce que je peux porter ta pesace, papa ? Ah oui, tiens.
C 'est lourd, hein ? Oui, au palais royal.
Après, tu me lèveras porter un peu, moi aussi ? Oui, oui.
C 'est ton grand jour, Mustapha.
Ah bon, pourquoi ? Tu n 'étais pas hier soir en ville ? Je ne sors jamais de
chez moi, sauf pour mon travail.
Qu 'Allah te protège, toi et les tiens. Qu 'Allah te protège aussi, ami.
Allez ! Allez !
Bonjour, Moustapha. Dis, papa, c 'est encore loin ? Non, c 'est... À quelle
heure ça commence ? Tout de suite.
Ah, c 'est l 'heure.
Maintenant, vous allez vous taire et être bien sage.
Je compte sur vous.
Pendant qu 'on attend, est -ce qu 'on peut attraper des papillons avec notre
bonheur ? Jamais de la vie pour respecter les papillons. Comment on
papillons, papa ? Allah prend une fleur, la glisse entre les pages du Coran, et
quand il l 'ouvre...
C 'est un capillon.
Pourquoi t 'as pas un trou pour la bouche?
Parce qu 'un bourreau n 'a rien à dire. Vous non plus, d 'ailleurs.
Allez, allez vous asseoir.
Voilà l 'ordre du roi, l 'ami.
Procède tranquillement.
Papa, qu 'est -ce que l 'a fait la dame ? Si vous voulez, je vais vous raconter
toute l 'histoire. Oh oui, qu 'est -ce que vous avez fait ? Qu 'est -ce qu
a fait, seigneur Agib ? Ça ne te regarde pas.
Ordre du grand vizir.
Qu 'est -ce que tu dois, comme d 'habitude ? Papa, s 'il te plaît, laisse
raconter la dame. Je veux savoir ce qu 'elle a fait.
On ne peut tout de même pas la laisser pleurer comme ça.
On ne peut pas la laisser pleurer comme ça, petit.
S 'il te plaît.
Dites -leur quel est votre crime, madame.
S 'il te plaît.
Vous permettez ?
Tout a commencé dans le palais du bon roi Sharia, le plus noble des rois.
Il croisait les plus exquis des polènes pour obtenir les plus belles roses que l
'on puisse imaginer.
Et il les offrait à la reine dont il était follement amoureux.
C 'était il y a mille et un jours dans ce jardin ici même.
Le roi passait toutes les heures qu 'il ne consacrait pas à la reine à soigner
ses fleurs.
Elles étaient si délicates que le roi ne laissait que ses eunuques s 'en
approcher.
Le roi cueillait une rose chaque matin.
Et chaque matin, la rose était plus belle.
Au revoir, mesdames. Au revoir, chérie.
C 'est vrai, de quoi on a l 'air ? Je suis la fille la plus vicieuse du
royaume. Dites calme, mesdames. Dites calme, Salomé.
Même toi, je peux te rendre amoureuse. Tu vois, notre grande nuit.
Pour les ministres.
Il négligeait son harem.
pourtant composé de filles intelligentes et sérieuses.
Il faut dire qu 'il était souverain d 'un immense empire, et il fallait bien
'il consacrât quelques -unes de ces précieuses minutes à son gouvernement.
Ah ! Gloire à notre roi, Khalif de Bagdad, commandeur des croyants.
Gloire à mon excellent grand -vizir, premier ministre de mes excellents
ministres. Passons à l 'ordre du jour, sire, si c 'est votre plaisir.
Allez. La révolte gronde au marge de l 'empire.
Il faut lever l 'armée, écraser les barbares infidèles et faire de l
'angouillis.
De bons musulmans.
Quelle décision prenez -vous, Majesté ? Hein ? Que pensez -vous de ce poème ?
Ô ma reine au teint de rose, sois ma rose, ma reine rose.
C 'est tout ? Oui.
Bravo, Majesté, bravo ! J 'ai mis mon poème en musique.
Sur les petits papiers. Et vous allez le chanter.
Un, deux, trois.
Non ! Vous n 'êtes pas à l
'unisson.
Travaillez. Je vous ai une harmonie parfaite pour le conseil des ministres
semaine prochaine.
C 'est l 'anniversaire de la reine.
Une surprise exquise, n 'est -ce pas ? Absolument exquise.
Pardonnez -moi, Excellence, mais je suis à bout. Je vous écoute.
Le harem est au bord de la révolte.
Oui, les concubines de sa majesté ont essayé de me violer.
Moi, moi qui les porte en sautoir depuis l 'âge de six mois.
Je démissionne.
Moi aussi.
Je suis le grand imam, protecteur de la foi et pacoriste de chansonnettes.
Absolument.
Messieurs, messieurs, messieurs, calmez -vous. La situation est effectivement
dramatique. Il faut voir les choses en face.
Notre roi est atteint de la pire des déprimations. Il est monocame.
Monocame ?
C 'est un état morbide. Un signe d 'impuissance.
Il est amoureux de la reine, la première et seule femme qu 'il a connue. Et cela
fait dix ans que ça dure.
Dix ans ? Dix ans.
Vous m 'honorez le matin.
à midi, parfois même l 'après -midi. Parce que je n 'ai pas encore exploré
toutes les parcelles de votre corps, mon amour.
Toute petite orpée, par exemple.
Je n 'y ai pas encore touché.
Elle aime ça ? Oui, oui, c 'est divin.
Vous vous ennuyez.
Il vous manque quelque chose, j 'en suis sûr. Un éléphant rose. J 'en ai déjà
dit. Une rôtissée d 'or ? Ça gratte.
Un amant ? Si même j 'en avais envie, j 'oserais toucher la reine.
Peut -être le courage d 'un tel homme pourrait -il me séduire.
Mais si je n 'étais pas votre époux, je serais prêt à subir les pires supplices
pour l 'instant que je viens de vivre avec vous.
Mon ami, de quel meilleur amant pourrais -je rêver ?
Ma
décision
est prise.
Aucune femme ne mérite que l 'on néglige son royaume pour elle.
Faisons leur roi copine.
Et qu 'ils le sachent, il me faut un homme prêt à se sacrifier pour leur
épreuve. Il y a des décennies, Excellence, que ma vigueur est celle d
banane flambée.
Monsieur le grand eunuque, pouvez -vous faire un petit effort ? Mais comment ?
Il ne reste donc que vous, monsieur le grand chambelan. Mais ne craignez rien,
le bourreau vous étranglera discrètement avant de vous emballer. Un palais, mon
rêve.
Ah oui, c 'est vrai, j 'oubliais.
Alors... Alors...
Mon
beau peuple !
Qu 'est -ce, monsieur le chef de ma garde ? La veine !
Elle est malade ? Elle n 'est pas morte ?
Madame ?
Je vais mourir dans l 'instant, comme un porc au cimetière.
Le joli, avec la petite poignée rouge.
Quelquefois, sire. Un instant. Est -ce très douloureux ? C 'est encore
supportable, sire. Ajoutez deux livres.
À ton avis, lequel de nous deux souffre le plus ? La souffrance morale est bien
pire que toutes les souffrances physiques.
Vous n 'avez pas mis plus de deux livres, là ? Excusez -moi, excellent.
Je me disais aussi... C 'est étrange.
Je souffre plus de ta trahison que de celle de la reine. J 'avais donc raison,
sire. Vous êtes délivré de cet amour.
Nous voulons aussi... Oui, je voulais vous prouver la vanité de votre amour.
De toutes les amourées, je vous jure que je n 'ai trouvé personne d 'autre prêt
à se sacrifier.
Se sacrifier ? Coucher avec ma femme était un sacrifice.
Rajoutez de l 'ivre. Non, non, non, un instant. La question est, pouvez -vous
retirer un petit point ? Oui, la question est, devez -vous me tuer ou ne
-vous pas me tuer ? Parle, tu es encore mon conseiller.
Si, je veux dire conjectivement, tu n 'as pas intérêt à me tuer, considère que
tu ne pourras jamais trouver d 'autres désirs de ma valeur.
En outre... Puis -je me relier ?
Merci.
En outre, disais -je, la défunte souveraine était, pardonnez -moi, Sire,
femme comme les autres. Je suis entré dans sa chambre, un peu d 'audace, un
geste de vie, une plaisanterie, et hop ! Tu mens ! Regardez -moi, Sire, je suis
un insécuriteur. En effet. C 'est pourquoi, puis -je, ô mon roi, vous
encore un conseil, fut -il le dernier ? Pardon ? Vous êtes monogame, soit, mais
n 'accordez plus à aucune femme la couronne royale pour plus d 'un jour.
Celui où vous l 'aurez possédé. Le lendemain, faites -la décapiter. Ainsi,
grands rois pourraient dire un jour, j 'ai eu mille rênes et toutes fidèles.
C 'est le seul moyen, majesté.
Tu as raison.
Et devant Allah, je jure de suivre ton conseil éclairé.
Ma prochaine épouse sera ta gracieuse fille, grand vizir.
Mais si on doit m 'infliger aujourd 'hui le châtiment suprême, ce n 'est pas
pour avoir partagé la couche de sa majesté.
Ça ne s 'est pas passé ainsi.
Car mille et un jours ont passé depuis lors.
Alors vous imaginez combien d 'histoires j 'aurais à raconter.
Si vous souhaitez les entendre, bien sûr, seigneur Bourreau.
J 'aimerais qu 'elle les raconte, monsieur le capitaine de la garde
Oui, mais en vitesse, en vitesse, en vitesse, en vitesse.
Vous permettez ? Au moment de cette grande agitation dans le palais, j
sur la place du marché avec Abdullah.
le célèbre marchand d 'esclaves.
Il faisait de son mieux pour essayer de me vendre.
À vrai dire, cela faisait des années qu 'il essayait.
Ma mère, que j 'avais épuisée avec mon immense appétit, m 'avait échangée
une paire de boucles d 'oreilles que j 'avais en main.
J 'en peux plus de cette perle rare.
Elle ne pense qu 'à manger.
Dès l 'aube, mon garde -manger est vide. Elle ne fait ni le ménage, ni la
cuisine quant à l 'amour. Tiens, regarde.
Quoi, vraiment ? C 'est une escroquerie.
Reprends -la et rends -moi mon argent.
Je te l 'ai vendu combien ? Oh, 10 000 dinars.
Mais elle ne vaut pas un clou. Tiens, voilà tout de même un clou. Je suis mon
prince. C 'est bon, figure -toi. Parce qu 'avec ce qu 'elle mange, je fais
encore une bonne affaire.
Mais qu 'est -ce que je vais faire de toi, hein ? Bon à rien. Moi, j 'ai
une fortune dans toutes les grandes universités. T 'as tout appris. La
musique, la poésie, le pilotage des tapis volants, sans compter l
et puis les 36 positions, hein ? Dis -moi.
Écoute, Abdallah, tu t 'en sors plutôt bien avec moi.
Chaque semaine, tu me vends une fortune et tu me rachètes pour des clous. Oui,
et puis un jour, tu nuiras à ma réputation. Tu devrais me donner un
Un pourcentage ? Le pauvre grand vizir est bien ennuyé.
Sa fille est paresseuse, stupide et dépensière.
Doit -il la laisser devenir reine ? Reine d 'un jour ? Je suis le grand
je suis travailleur, consciencieux, respectité. De quoi aurais -je l 'air si
disais demain on coupe le cou de ma fille ? Bon dimanche.
Place, place, place au grand vizir.
Allez, rentre à la maison.
Les garçons ont bien l 'efficacité. On ne peut pas entrer au palais avant la
semaine prochaine. Mais je veux être reine tout de suite, nain.
Regarde, mon joli maquillage.
Je t 'ai déjà dit cent fois de ne jamais te dévoiler. Maintenant, rentre à la
maison ou je te balance deux cartes.
Un jour, un jour je serai reine et je te ferai cuire un petit feu.
Mais qu 'est -ce que je vais en faire de cette mort ? Regardez.
Regardez.
Ce mouvement -là, c 'est... En l 'air, oui.
Et puis, regardez.
Admirez cette dentition. Ça, c 'est capable de casser des noix, des
des amandes du Sénégal.
Combien il vaut ton cache -noisette ? Quel humour.
Nous avons ici son pédigré. Nous savons d 'où elle vient. Elle aime un seul
homme et elle est disponible tout le temps à la cuisine.
Je ne fais jamais la cuisine.
Si, si, elle fait la cuisine. Elle fait la cuisine. Non.
Non. Non.
Non, non, non, non. Non, elle ne fait pas la cuisine. Elle fait l 'amour.
Plus de crever. Ah ben si.
J 'ai du nom.
Quel caractère.
Orgueil, dignité.
C 'est pourquoi le prix est un peu plus élevé que celui prévu au départ.
On part de 2000 dinars. Oui, je sais, c 'est un peu beaucoup, mais cette femme
les vaut.
Je ne veux pas être une esclave.
Je veux être épouse et mère.
Ou alors reine.
Il n 'y a pas d 'amateur pour ma perle rare ? 3000.
On dit trois mille. Quatre mille. Cinq mille. Six mille.
Un million.
Approche -toi, la fille.
Tu veux être raide.
Si c 'est vous le roi, j 'aime mieux m 'occuper des cochons. Quel caractère,
hein ? Viens avec moi.
Bon, allez, on ferme.
Sais -tu qui est ton nouveau maître ? Je vous préviens, je n 'ai aucun talent de
femme d 'intérieur. J 'ai horreur de ça.
Je ne fais pas la cuisine ni le ménage.
C 'est le cadet de mes soucis.
Je suis, tiens -toi bien, le grand visier.
Et alors ? Achetez -moi des gâteaux, je meurs de faim.
Tu vas avoir toutes les pâtisseries que tu voudras.
Et jusqu 'à la fin du jour.
Vraiment ? T 'as l 'enfant et je m 'explique. J 'ai promis ma fille au roi.
Elle est affreuse. Le roi sera furieux et changera de grand visage.
J 'ai une bonne situation.
Je veux la garder.
Tu me suis ? Pas du tout.
Tu vas remplacer ma fille. D 'ailleurs, dès cet instant, tu es ma fille. Je t
'adopte.
Je ne suis plus une esclave, alors ? Non seulement tu n 'es plus esclave, mais
ce soir, tu seras reine.
Reine ? C 'est une plaisanterie.
Tu verras bien.
Où sont les autres ? Quelles autres ? Il n 'y a pas de cérémonie ? Je croyais qu
'on se mariait. Il n 'y aura aucune autre cérémonie.
Tu seras ma reine.
Alors c 'est vrai ? Avec cette bague, je t 'épouse.
Comment t 'appelles -tu ? J 'ai l 'impression de rêver, Votre Majesté.
Même si ce n 'est qu 'un rêve, tant pis, il me plaît.
Mais pourquoi moi ? N 'es -tu pas la fille de mon grand vizir ?
Suis -je ou ne suis -je pas le roi ? Ainsi en ai -je décidé.
Je m 'appelle Sheraza.
Oh la la, oh il y a des moissons.
Où suis -je ?
Mais tu es
folle ! Mais enfin, ça fait très mal ! Oh, pardon ! Ce n 'est pas la peine d
'amputer.
Vous m 'en voulez ? Faut -il que j 'enlève mes vêtements ? Evidemment.
Allez, va, je te pardonne.
Je suis vraiment désolée. On est peut -être mariés, mais on se connaît à
Eh bien, toi, tu vas me connaître.
Et c 'est ainsi que s 'acheva ma nuit de notes.
Ça a duré toute la nuit.
Le roi n 'a pas eu ce qu 'il voulait.
C 'est vrai, quoi. On ne se met pas au lit comme ça avec le premier venu. Non,
mais... J 'ai fini par m 'endormir.
Bien sûr, j 'ignorais que c 'était ma dernière nuit sur terre.
Garde ! Appelle le grand vizir.
Faites comme il a été prévu.
Majesté, majesté, pardonnez -moi de vous déranger, mais il faut que l 'on vous
coupe la tête immédiatement.
Quoi ? Pourquoi, pourquoi, le roi juré sur Allah ? Voudrais -tu que ton roi
un roi parure, privé de sa propre estime et de celle de son peuple ? Voudrais
-tu que la colère d 'Allah retombe sur sa tête, faisant rouler à terre sa
couronne, faisant de lui un fantoche, un pantin ? Oui, c 'est ce que je
voudrais.
Mais tu es une misérable.
Quand je pense que je t 'ai adopté, quand je pense que tu es ma fille.
J 'ai honte.
Moi, votre fille ? Comment un bâbon tel que vous pourrait -il être mon père ? Oh
non, mais dites -moi que je rêve.
Laissez -moi en aller.
Ça ne me relâche pas. Tout de suite, je raconte toute l 'histoire.
Mais quelle histoire ? Laissez -la.
Si vous ne me laissez pas m 'échapper, alors je vais tout dire aux gardes qui
diront à leur chef pour qu 'ils le disent au roi.
Et alors, votre fille, la vraie, pas moi, sera la prochaine à mourir.
Vous ne trouverez pas deux fois le roi.
D 'accord.
Ah, quelle chaleur aujourd 'hui.
Vivez ça.
Vivez.
Une
fois,
deux fois, trois fois adjugée pour cette asplendide somalienne.
Oh, votre excellence.
Qu 'elle -là soit propice à tous vos désirs. Oui, ça va, ça va, ça va.
Écoute -moi, la fille que tu m 'as vendue... Oui, vous voulez me la
Mais comment le sais -tu ? On lui donne ses huit jours tous les matins, alors...
Vends -la à un Indien, mieux un Chinois, qui l 'emmène au -delà de la grande
muraille. Mais attention, ne montre pas son visage, qu 'elle reste cachée. D
'habitude, je la rachète un clou.
Ah, mais c 'est parfait.
Alors, tu ne dis pas au revoir à ton père ? Va, tique ton clou.
Et maintenant, la perle rare.
Avec son pédigré qui en garantit l 'origine, la fidélité indiscutable et la
totale disponibilité à la cuisine.
Mise à prix, 1000 dinars.
On peut voir la marchandise tout de même.
Montre un bout.
6000 dinars. 7000.
8000.
9000. J 'ai un 9000 dinars là. Un 9000, 9000 qui va me dire 10 000. Oui, allez,
10 000. Alors 10 500 ou 10 500 peut -être, non ?
Alors, 10 200 ? 10 000 ! Enfin 10
000 ! Il ne peut pas être vendu à un de ces gros poussins. Oui, ça je comprends,
oui, je comprends. J 'ai pas entendu 12 000, là ? Ah non, non, non, non, non !
10 000 ? Ah oui, 12 000 ! Là -bas, regarde, quelqu 'un a levé la main. Qui
Sur le mur, le jeune homme qui est assis.
Quoi, le pouilleux ? Hé, toi, là -bas ! Toi, oui, le pouilleux, là !
Tu as levé la main ?
J 'ai levé la main, moi, non ? On en est à 12 000. Tu confies en m 'avoir
relancé ? 12 000 dinars.
Pour 12 000 dinars, c 'est te babou, champion de cordeau.
Une antiquité authentique.
Alors, 12 000 au noble vieillard.
Une fois, deux fois, deux fois.
12 500, oui, 12 500 une fois, deux fois.
Achète -moi.
Avec quoi ? La bague.
14 000 ici.
Alors, 15 000, 15 000. Allez, un effort. 15 000.
15 000.
15 000.
15. Une fois, trois fois, à juger. Allez, allez, allez.
Quand je vois quelqu 'un qui se sauve, je ne vous pose pas la question, je me
sauve aussi.
Et vous fuyez sans raison, que d 'être arrêté pour un motif précis.
Tu es un voleur ? Ça m 'arrive.
Exceptionnellement, ça m 'arrive.
Fou ! Et toi, tu cours comme une vraie gazelle.
Qu 'est -ce que tu fais comme ça ? Je vais te montrer que je suis rapide et en
bonne santé.
Que t 'as fait une affaire.
Comment tu t 'appelles ? Aladin.
Et toi ? Sheherazade.
Je suis ton esclave, Alada.
Tu étais très demandé au marché.
Pourquoi tu voulais que ce soit moi qui t 'achète ? J 'ai besoin d 'un emploi
stable.
Tu es jeune, tu as toute ta vie devant moi.
Qu 'est -ce que je vais faire d 'une esclave, moi ? Moi qui suis tellement
fauché que je songe parfois à me vendre moi -même.
Je ne te coûterai rien.
Tu es mon maître.
Donne -moi des ors.
Maintenant, je ne sais pas.
Fais -moi faire quelque chose.
Bon.
Bon, eh bien, euh... Tiens, porte -moi cette brique.
Oui, t 'es là, facilement.
Où est -ce que je mets la brique ? Oh, n 'importe où. Non, non, tiens, pose -la
là.
La première pierre de notre maison.
L 'entrée sera par ici, avec une terrasse sur le toit. Non, non, je ne
de maison.
T 'as raison.
C 'est très joli chez toi.
Je ne mange jamais.
Comment tu fais ? Tu vis... De quoi ? Je pense.
Tu es beau quand tu penses.
Mais à qui est -ce que tu penses ? Je suis ton esclave.
Je suis là pour t 'obéir en tout.
Ça te tente ? Écoute, mais mettons les choses au point. Je suis pauvre, j 'en
rien et je n 'ai besoin de rien. Je suis un intellectuel.
Je vais changer la société radicalement. Il n 'y aura plus de roi, de sujet, de
marchand, d 'esclave. D 'esclave et de maître.
Oui, c 'est très joli.
Mais ça ne sera pas facile. Pas facile. Je sais, je sais. Je dois consacrer
toute ma vie à cette œuvre.
J 'ai renoncé à tous les plaisirs pour n 'avoir aucune envie, pour n 'avoir
aucune tentation. Je suis pur. Je suis détaché. Je suis un ascète.
Ça ne te plaît pas ? Écoute, si tu continues à m 'empêcher de penser, je
revendre et je vais me racheter des livres d 'intellectuel.
Reine de Bagdad, et le roi, mon mari, veut me faire couper la tête.
Oh,
ça me casse. Qu 'est -ce qui t 'agace ? Tu sens bon ? Je meurs de faim.
Moi aussi.
C 'est drôle, dis -donc, parce que... La dernière fois que j 'ai eu faim,
attends, c 'était... On aurait bien trouvé quelque chose à
vendre dans tout ça.
Une tête de poisson.
Un bouchon de caras, une babouche, trouée.
Une vieille lampe à huile, un crouton de pain, un grain de mouton. Ne te fatigue
pas, va.
Le seul trésor ici, c 'est moi.
Que penses -tu de cette vieille lampe ? Peut -être en or.
C 'est peut -être une idée.
Je trouverais bien un imbécile au marché à qui je le ferais croire.
Parce que les hommes, je sais les mener par le bout du nez.
Je peux leur faire croire n 'importe quoi.
Mais moi, on ne nous tient pas par le bout du nez.
Tu m 'as l 'air bien sûr de toi.
Où suis -je ? Ah, mademoiselle ?
Madame. Oui, excusez -moi, madame. Quel jour sommes -nous ? On est mardi.
Pourquoi ? Non, non, je veux dire, quelle date ? Oui, où sommes -nous ?
-moi, mais qui êtes -vous ? Cheikh Azad.
On est à Bagdad ? Cheikh Azad.
Bagdad, les milliers de nuits.
Je le sentais venir.
Vous avez trouvé la lampe ? Oh, peu importe.
C 'était si tranquille. Bien, je suis votre serviteur. Ordonnez, j 'obéirai.
Mais je ne me suis pas présenté.
Docteur Génie.
Jimmy Génie. Mes hommages, madame.
Un génie ? Un génie ? En quelque sorte.
Je veux des œufs de caille, et du caviar, et des cornes de gazelle sur un
plateau d 'argent, et du nectar de fruits de la passion dans des verres en
cristal. Et avec ça... Calmez -vous, mes pouvoirs sont très limités.
Ne me demandez pas d 'arrêter le soleil ou de faire tomber la pluie. Je ne peux
vous offrir que ce qu 'il y a dans la lampe.
Qu 'est -ce qu 'il y a dans la lampe ? Le XXe siècle.
C 'est quoi ? Un vaste foutoir.
Si je demande des loukoums et du thé, est -ce que ça irait ? Des loukoums dans
mon quartier ? Pas facile.
Je vais voir.
J 'ai vraiment pas le choix. J 'ai besoin d 'être en train de faire plan.
Oh, Jim, nous commençons à nous inquiéter.
Entrez, entrez.
Qu 'est -ce qu 'on... Le monsieur Thompson serait la quatrième. C 'est un
excellent joueur. Alors, excusez -moi, j 'ai un petit problème. Vous avez du thé
? Bien sûr, il est tout prêt. Enlevez votre ampère. Non, je ne fais que
Par hasard, vous n 'avez pas des loukoums ? Des loukoums ? J 'ai du
si vous voulez.
Ah oui, du pudding, ça va faire l 'affaire.
Je vous le prends.
Je reviens tout de suite.
Excusez -moi, il faut que j 'aille faire un saut. Je vais à Bagdad.
Je vous explique.
Oh, quel temps !
Je
vous prie de m 'excuser, mais il faut que je rentre. J 'ai un bridge à 6
chez mes amis les Wilson.
Bridge ? Oh, oui, bien sûr.
Je comprends.
Je vous reverrai ? Je le crains, oui.
Ça vous ennuie ? Oui.
Quoique vous soyez ravissante.
Peut -être à cause de ça, d 'ailleurs.
Je me sauve, voilà du monde.
Bonne nuit.
Et n 'oubliez pas, cher ami, vos désirs sont des orbes.
Parce qu 'il faut que vous sachiez que pour tous ceux qui ne connaissaient pas
la lampe, Jimmy Jenny et tout ce qu 'il rapportait du XXe siècle était
invisible.
Mais revenons à Aladdin, qui m 'attendait sur son tas d 'ordures. La
tombée, comme vous pouvez le constater, et notre ermite ne crachait pas sur le
pouding miraculeux.
Tu dois avouer que ce gâteau n 'est pas mauvais.
Pourquoi tu souffles la lampe ? Il fait nuit.
Jimmy Jenny a une partie de bridge ce soir.
Je ne veux pas le déranger.
Je te demande pardon ? Bridge ? Son bridge à 6 heures.
Son bridge ? Tu ne me croirais pas si je te racontais.
Je suis épuisée.
J 'ai toujours sommeil après avoir mangé.
Moi, plus je mange, plus j 'ai faim.
Et moi, j 'ai sommeil.
Pense.
Tu es fière, quoi, je pense ? Devine.
Non, mais alors, justement, c 'est complètement... Non, non, parce que je
formidable, entre nous, c 'est justement qu 'il n 'y a pas de sous -entendu.
Qu 'il n 'y ait pas d 'idée de sexe et toutes ces choses.
Quoi ?
Je te plais pas ? Non, non, mais je dis simplement que je suis loin.
Ah, bon.
Là, tu me rassures.
On sera amis.
Frères et sœurs.
Oui, moi et sœur. De toute façon, j 'ai pas le choix.
Bonne nuit, Aladin.
Bonne nuit, petite sœur.
C 'est ton pied, là ? Ça tient ?
Non.
Enfin, je ne sais pas.
Enfin, oui, oui, ça me gêne, oui, oui.
Allez, bonsoir.
Je ne vous conseille pas de la toucher.
vous êtes mon maître, ordonnez et j 'obéis.
Bon, écoutez, vous avez vu l 'heure qu 'il est.
Je vous signale que je n 'ai pas eu le temps de prendre mon breakfast, alors
demandez -moi ce que vous voulez, mais finissons -en.
Oh my God !
C 'est trop pire.
Non, ça va.
Et moi, personne ne me demande si je suis encore en vie.
J 'ai dû me casser la jambe.
Non, tu n 'as rien du tout. C 'est de votre faute. Après tout, on ne parle pas
aux conducteurs. C 'est écrit dans tous les bus.
Dans tous les bus ? Regarde -moi ça, ma moto.
Merci.
Mais on s 'en fout de votre moto.
Non, c 'est le coude.
Vous vous foutez de ma moto ? Vous savez ce que c 'est que cette petite
merveille ? Je ne l 'ai survolé.
C 'est la maquette du vainqueur du Paris -Dakar. Mais ça, ça ne vous dit rien,
bien sûr.
On est désolés, Jim. Vous pouvez l 'être.
C 'est un cadeau de Wilson.
Moi, j 'y tiens à cette moto.
Oh, mais vous n 'êtes qu 'un vieil emmerdeur.
Ou alors, si c 'est comme ça, je ne vous prêterai plus rien du tout, puisque je
suis un vieil emmerdeur.
Oh, mon Dieu, 6h10.
Les Wilson doivent être morts d 'attitude.
Ciao.
Les génies ont toujours mauvais cœur.
Il faudrait peut -être mieux de le rappeler.
il est tombé.
Qu 'est -ce qu 'on va devenir ? Regarde, c 'est magnifique.
La pureté originelle, aucune trace de vie.
La terre, le ciel à l 'infini, le vent, pas une herbe.
Dès qu 'il y a vie, il y a pourriture, rien n 'excite plus mes sens.
C 'est agréable.
Moïse, Jésus, maman, ils ont tous trouvé Dieu dans le désert.
Oui, oui, je serai le prophète de la grande révolution.
En attendant, tu ne pourrais pas me trouver, je ne sais pas, un noyau de
je meurs de faim.
Allez, viens ! On va monter sur la dune. Il doit bien y avoir une oasis quelque
part.
Dis à que c 'était si beau.
Et voilà l 'humanité, à peine née, faut que ça gueule.
Bon, faut faire quelque chose.
Oh,
regarde ça.
Le chameau, là, c 'est une chamelle.
Oh,
le petit chéri, il a fait un gros pipi.
Ça aurait pu être pire.
Mais comment je vais le changer, moi ?
Mais c 'est urgent ! J 'avais besoin d 'un paquet de couches -culottes premier
âge ! Oh, tu ne nous caches qu 'un quelque chose.
Aimer, ce n 'est pas prendre, c 'est donner.
Attends.
C 'est un moment important de notre vie. Oui, mais c 'est juste un moment. Mais
attends. J 'attends, j 'attends.
Tu es le premier homme que j 'ai choisi.
Jure que tu ne me revendras jamais.
Jamais. Que tu ne me quitteras pas. Oh, je te le jure.
Je suis bien assez bête pour te croire.
Tu me vends.
C 'est impossible.
Pourquoi ? Je suis déjà mariée.
Quoi ? Je te l 'ai dit.
Mais qui est -ce ? Où est -il ? Je lui expliquerai tout, je t 'aime. Non.
Tu l 'aimes ? Je n 'en suis pas sûre.
Il veut me tuer.
Je suis là.
Si tu savais qui c 'est.
Mais alors, je t 'aime.
Je t 'aime, je lui expliquerai, je te sauverai de ce monstre. Et je déclare ce
soir que tu es ma femme.
Bon, pas que tu voudras.
Maintenant, dormons.
Ce soir, je vais assister.
Aïe !
Eh les chameaux, on dépêche !
Quoi ? Faut pas aller au village.
Pourquoi ? Maman m 'a dit, faut pas aller au village.
Je viendrai te chercher.
C 'est curieux, ça.
T 'es content ? Donne -moi les bébés.
Ils vont voir ce qui se passe.
Mais sois prudent.
Tiens, bois.
Y a quelqu 'un ?
Y
a
personne ? Qu 'est -ce que vous ? Qu 'est -ce que vous
? Ils arrivent.
Qui ça ?
Qu 'est -ce qui se passe ? Ils viennent tous les ans.
Et ils prennent les hommes et les femmes valides. Mais qui ? Les pillards.
Ils viennent depuis des années.
Mais ils vont résister. Mais on a résisté.
Ils ont tué des enfants.
Bon, bougez pas.
Bougez pas, bougez pas.
Jimmy Gini va bien trouver une solution.
Résultant de me cacher avec les enfants.
Et je le vis disparaître.
Impuissante.
La suite ! La suite ! Ah oui, la suite ! La suite ! Enfin, je veux dire, ça n
'en finit plus. Il faut qu 'on lui coupe la tête avant le déjeuner.
Dernier délai.
Est -ce que je pourrais avoir un verre d 'eau ?
Jim, on ne peut pas abandonner ce pauvre Aladin.
Le docteur Spock recommande de prendre une pastille de fluor après chaque tété.
Il faut qu 'on libère ces pauvres gens et qu 'on ramène ces enfants à leur
Écoutez, cher Azad, j 'ai pour au moins 4000 livres de réparation sur ma moto.
Les Wilson cherchent un nouveau partenaire pour notre tournoi de bridge.
Je vous signale que j 'ai quand même passé la nuit entière à chercher une
pharmacie de garde dans Londres.
pour finir par réveiller le pharmacien en face de chez moi et lui supplier de
vendre un paquet de couches -pilotes. Et maintenant, vous me demandez de prendre
d 'assaut cette forteresse.
Allons ! Je suis vraiment désolée, Jimmy.
Mais je vous promets que je ne vous demanderai plus jamais rien.
Ces enfants vont mourir de faim. Aladin finira sans doute par mourir d
'épuisement, vu que, quant à moi, on va me couper la tête.
Après tout, c 'est pas ça qui va empêcher le soleil de tourner. Non, c
terre. C 'est la terre qui tourne autour du soleil.
Ou chez vous.
Bon, je vais voir ce que je peux faire.
Vous êtes si bon.
Vos désirs sont désordres.
Prenez garde, tu me...
Excellence, je suis un honnête commerçant. Il n 'y a pas d 'honnête
Je hais les commerçants.
Les voleurs pullulent. Cet homme m 'a volé trois pommes. Je l 'ai pris la main
dans le sac.
Où est le sac ? Quel sac ? Altesse, il n 'y a aucune preuve.
Écorchez vive cet emmerdeur.
Oh, toi, le voleur.
Je te nomme ministre de la justice.
Mais laissez -moi.
C 'est lui, le voleur.
Mais nous avons déjà 50 ministres de la justice.
Je hais les ministres de la justice.
Faites -les écorcher, vivez les yeux connaissants.
Vite, vite, j 'en peux plus.
Ma potion, il y a combien de diamants aujourd 'hui ? Une fortune, Altesse,
augmentons la cadence.
Même cette fortune que j 'engloutis chaque jour ne me calme plus.
Au début, au début, les démens de ce gâchis me rendaient heureux, mais c 'est
fini, c 'est fini.
Oh, ces coups de pioche ! Puis -je parler, mon doux seigneur ? Non !
S 'il vous plaît.
Ne traite pas tes coups de pioche qui vous font mal à la tête.
Si j 'arrête, l 'ami, je n 'ai plus de diamants. Si je n 'ai plus de diamants,
'est la mort certaine.
Arrêtez tout !
Son
altesse se
repose ! Arrêtez tout !
Oh, et moi ? Et moi ? Tu ne me reposes pas ? Pas de sieste pour les nouveaux.
Excusez -moi, je vous la rends tout de suite.
Tenez, Aladin, elle est fraîche.
Ça fait du bien, hein ? Merci, Jimmy.
Regardez -moi ! Ne bougez plus ! Et voilà !
Excusez -moi, je me dépêche. Il faut que je sois à Londres dans 5 minutes.
C 'est l 'heure du bridge avec les Wilson. Il y a eu un pataquès. Je vais
d 'arranger ce trafalgar, comme disent bizarrement les Français.
Jimmy ! Jimmy ! Deux cachets ! Oui, des murs qui règnent sur cet enfer à des
migraines terribles. C 'est ça qui le rend. C 'est féroce, vous comprenez ?
Alors vous rentrez, vous demandez une audience.
C 'est tout le même pas compliqué ! Jimmy ! Deux cachets. Deux cachets dans
verre d 'eau.
Deux cachets dans un verre d 'eau.
Je m 'alimente les jambes, toi le petit.
Et pourquoi tu es si blanc ? Blanc ? Blanc.
Oh, je ne suis pas si blanc que ça.
Peut -être que je suis légèrement plus blanc que ce soldat. Arrêtez -le !
Arrêtez -le !
Laissez -moi vous parler.
Je peux vous sauver. Et qui est cet imbécile ? C 'est un étion, je viens de
confondre. Regardez le verre.
C 'est curieux. Je suis votre sauveur. Avalez ça et vous connaîtrez les jardins
d 'Allah.
Il veut vous empoisonner, n 'en faites rien.
Oh, ces coups de pioche ! Je n 'en peux plus.
C 'est une potion, dis -tu ? Je gire sur Allah.
Tant pis, je prends le risque. Je préfère trouver tout de suite quand
cette migraine.
Il a souri.
Il a souri, il a souri.
Il a raison, ce sont les jardins d 'Allah.
Des années que je n 'avais pas entendu la veille.
C 'est une mouche, Altesse.
Une mouche ? Une mouche.
Oh, chère petite.
Vous avez des sucres. J 'adore les mouches.
Comment t 'appelles -tu ? Aladin.
Et moi, Altesse ? Aladin, fais emballer ce vieux con.
Quand t 'as trois FBD !
Sous -titrage ST' 501
1, 2, 3, 1, 2, 3, 1, 2, 3, 1, 2, 3, 1, 2, 3, 1, 2, 3, 1.
Allez.
Voilà.
Attention. 1, 2, 3, 1, 2, 3.
Que vous ayez votre main sur mon épaule.
Très coquin, Jim. Vous dansez tout contre moi. Je trouve la danse du ventre
infiniment plus vulnérable. En tout cas, c 'est très agréable. Tout le monde
devrait apprendre la vache.
Merci, Jimmy, merci.
On n 'a compris pas merci, vous permettez ? Mais je vous en prie.
Jim est un excellent cavalier.
Il faut que je me reprenne, je suis heureux.
Je suis heureux.
Je suis un libérateur.
Un libérateur doit rester froid pour être juste.
Un libérateur ? Oui, regardez -les.
Regardez -les.
Je suis leur espoir.
Compte sur moi pour créer la cité idéale où il n 'y aura plus de maître, plus d
'esclave. Un monde sans esclave ? Tu dis vague.
Enfin, moi je suis ton esclave et je veux que ça continue comme ça.
Tu vois, je pense que la première chose à faire, ce serait de supprimer l
'argent. L 'argent pour une tour. On ne pourrait pas parler d 'autre chose ? Je
veux des choses simples dans la vie.
Avoir un mari que j 'aime et un enfant.
Et c 'est tout.
Un enfant, oui, ce serait probablement une bonne idée, mais je vais avoir
beaucoup de soucis pour créer cette cité.
On ne peut pas rire à longueur de journée, tu comprends.
Qu 'est -ce que tu dis ? Non, rien, je rêvais, excuse -moi.
Moi, je pense.
Et je pense que notre place n 'est pas ici, mais dans la salle du trône.
Non ! Je n 'aime pas ce genre d 'endroit.
Pourquoi ? Finalement, j 'aimais mieux ton tas d 'ordures.
Tu feras un joli roi.
Tu es beau.
Tu ne ris plus ? Tu as raison.
Un roi ne doit jamais rire.
Ah oui ? On ne peut rire que du présent, bien d 'un souvenir.
L 'avenir fait peur.
Il faut le dominer.
Et un roi ne vit que dans l 'avenir.
Chère Azad me tracasse.
Elle ne prend pas de hauteur à la mesure de nos responsabilités.
Toutes les femmes sont les mêmes. Non, pas toutes.
Moi, par exemple, je sens chez toi de grandes ambitions.
Tu es de la race de ceux qui changent le monde.
Tu crois ? Prends la place de Némir, il va se réveiller.
Il tournera comme avant.
Il est cruel, sadique.
Regarde, je te parle, tu m 'écoutes, tu es époux.
Je n 'avais jamais le droit de lui parler.
Oui, je saurais le convaincre. Après tout, je suis son vizir.
Mais il ne reconnaitrait même pas son réveil.
Prends sa place.
Deviens notre émir.
Comment ? Tu dois tuer un lion de tes propres mains.
Un lion ? Un lion ? Un lion de mes propres mains ? C 'est la coutume.
Après, tu pourras égorger l 'émir devant tout le monde.
Apprends -toi à aimer le côté de temps.
Laisse -moi.
Tu te fais peur.
Non, je dois dormir.
De grandes tâches m 'attendent.
N 'oublie pas, avant tout, un lien.
De tes mamies.
Il n 'y a personne ? Où est mon petit déjeuner, mon cheval, ma cour ? Oh là,
ministres ! Ah, ma garde.
Réveillez -vous, soldat.
On a encore un peu sommeil, mon vieux.
Je ne suis pas votre vieux.
Je suis le vizir de cet état. Je suis votre chef.
C 'est compris ? Allez -y, on y va.
Je croyais qu 'on faisait ce qu 'on voulait, chef.
D 'accord, mais il y a des limites.
Un prince doit être gardé, et il me plaît d 'être un prince.
Oh, allez, suivez -moi.
Il y a votre âme qui vous demande, chef.
Ils sont vraiment obligés de nous coller tout le temps ? Laissez -nous seuls.
Mais où va un chef ? Je ne sais pas, moi.
Tiens, là -bas, allez nous cueillir des fleurs. Au fer !
Regarde.
C 'est le cadeau de mariage que nous fait Jimmy.
Là, c 'est l 'entrée.
Ah, essuie -toi les pieds.
Tu vois, ça c 'est le living room.
Et au premier, il y aura notre chambre et une autre pièce rien que pour se
laver.
Ah, et puis là, tu vois, ce sera la chambre des enfants.
On pourra en avoir quatre ou cinq, si après il faudra grandir.
Et où je mets mon trône, moi ? À la vache, Jérémie.
Tout le secret du gazon anglais est dans la tonte. Dans la tonte et l 'arrosage.
Matin et soir.
Regarde la cuisine.
Il y a un robot pour faire la bouillie des bébés. Et il y a même une machine à
laver qui lave le linge toute seule. Un robot pour les bouillies ? Une machine à
laver ? Qu 'est -ce que tu vas faire toute la journée, chère Azad ? Je me
balancerai sur ma balançoire.
Je réfléchirai.
Tu réfléchis ?
Mais c 'est terrible, ça.
Enfin, si les femmes ne foutent plus rien, qu 'elles se mettent à réfléchir.
Elles vont se sentir nos égales, elles vont tout comprendre. Et alors ? Tu ne
crois pas à l 'égalité ? Si, mais pas les femmes, tout de même.
Pourquoi vous n 'allez pas apprendre à lire aussi ? Et puis aller au café ? Et
puis devenir ministre ? Je ris, là.
Mais oui, je ris, je ris. Oui, là, je ris.
Excusez -moi, je croyais vous faire plaisir.
Vous êtes une lourde erreur, Jimmy.
Oh, calmez -vous, Aladin.
Je ne vais quand même pas me retirer à mon âge dans un pavillon de banlieue au
fin fond du Noid, en plein milieu de l 'Arabie.
J 'ai un dessin plus grand, monsieur.
D 'ailleurs, venez avec moi. Je vais raser ma lampe.
Comment ça, ta lampe ? Elle est à moi. Elle était dans mes ordures.
Où est -ce que tu vas ? Tu es un lion.
Un lion ? Jimmy, dépêchons.
Vas -y, seul.
Belle bête.
Dis donc, vous avez fait de la peine à la petite tout à l 'heure.
On en reparlera plus tard, c 'est pas le moment.
Vous n 'avez pas une arme plus efficace ? J 'ai un 12 platines, deux coups.
En septembre, j 'ai réussi un très joli doublé de perdre au jetaki, de me perdre
au jeté avec Wilson.
Cet imbécile de Wilson, mon protestant, évidemment, ça marche pour les lions.
Cette distance avec de la chevrotine, ça ne devrait pas faire un pli.
La mire, on ferme un oeil, la gâcher. On ferme un oeil, la gâcher, la gâcher, la
gâcher.
On ferme un oeil, le coup.
Allez, alignez la mire ! Quoi ?
Notre Dieu est là -dedans. Sois notre aimant.
Bienvenue ! Bienvenue ! Dis
-donc,
la civilisation des loisirs, elle n 'est pas pour demain.
Prosterner. À genoux, tous.
Ça ne te rappelle pas le bon vieux temps ? Ça
recommence, c 'est une pièce ! Où est mon
vizir ? Prosterne -toi devant notre roi, notre nouvel émir.
Toi, fils de chien !
Ce porc, ce coq, on l 'a émort.
Bravo, il est beau, le nouvel émir.
Et regardez -moi ce petit maigrichon. Je ne suis pas un petit maigrichon.
Je suis un chef d 'État ! Un chef d 'État ? Tu n 'es même pas un amant. C
faux ! C 'est faux. Merci, Aïcha.
Mais tais -toi donc, putain ! Vous êtes à mettre dans le même sac, toi, ce
crétin ! Comment oses -tu ? Mais qu 'on la jette en prison ! Qu 'on la jette, qu
'on la mette dehors ? Non, j 'ai dit en prison ! En prison ?
Tu vas devenir le maître de l 'univers.
Tu détiens l 'arme absolue.
Va prendre Bagdad.
Prends la place du grand calife, le roi Shariar, le roi Koku.
Scribd, écris.
Moi, Aladin, me proclame grand calife, commandeur des croyants,
et t 'ordonne à toi...
Toi, soi -disant roi chariard.
Je regrette vraiment d 'avoir aimé Aladdin.
Lui qui était si séduisant quand il n 'était qu 'un rêveur.
Et si méchant quand il parvint au pouvoir.
C 'est triste.
Papa, tu es endormi. Tu ne restes rien pendant une heure. Tu as fini ton
histoire ? Oui.
Où est -ce que j 'en étais ? Aladdin était devenu méchant.
Il n 'était pas pire qu 'un autre.
Il était tombé dans le même défaut que bien des gens.
Il se prenait trop au sérieux.
Il oublia que la vie n 'est qu 'un jeu et même parfois une plaisanterie. Qu
-ce que c 'est une plaisanterie ? Quelque chose de beaucoup trop grave
laisser les gens sérieux s 'en occuper.
Mais revenons -en au roi.
Voilà un qui ne se prenait pas trop au sérieux.
Mais là, il était bien obligé d 'être sérieux, parce qu 'il avait un gros
Il n 'en pouvait plus, le roi. Depuis des semaines, il n 'avait pas connu l
'amour. Lui qui avait juré sur Allah de tuer sa femme avant de pouvoir en
prendre une autre.
Ses ambassadeurs avaient parcouru le monde entier à ma recherche.
Des rives du Yangtze -Kiang jusqu 'à la mer d 'Irlande. Des colonnes d 'Hercule
aux sources du Nil.
L 'empereur Charlemagne m 'a reçu personnellement. Il a envoyé des
dans tout l 'Empire d 'Occident.
Introuvable.
Vous allez perdre la raison. Cette chasteté vous monte à la terre.
Je préfère mourir que de vous voir souffrir ainsi.
J 'ai menti.
Mais tu mens tout le temps.
Toujours dans l 'intérêt de l 'Empire, dans l 'intérêt de votre grandeur. Mais
le mensonge dont je vais vous entretenir n 'était destiné qu 'à sauver ma propre
fille. Et alors ? Chirazade n 'est pas ma fille. Je l 'ai achetée au marché et
adoptée pour sauver ma vraie fille.
Mais je le savais.
Je la connais, elle est affreuse.
Un enfant affreux sur simplement moche ?
D 'ailleurs, comment aurais -tu pu enfanter une telle beauté ? T 'es -tu
bien regardé ? Louis, mais peu importe. Sire, vous êtes délivré de votre
serment.
Je développe. Petit A, vous avez juré sur Allah, qu 'il vous soit
miséricordieux, d 'adopter puis de tuer ma fille. Petit B, ma fille n 'est pas
ma fille, voire plus haut. Vous êtes donc délivré de votre serment.
Je ne suis délivré de rien ! Je ne pense qu 'à Cherazade, jour et nuit, à cette
nuit atroce et sublime.
Elle m 'a résisté.
À moi, tu te rends compte ? Je la veux.
Je l 'aurai, je la tuerai.
Sire, il y a un olibrius avec son armée. Il se déclare roi de Bagdad. Vous devez
fuir, dit -il. Vous, sire.
Je ris.
Ou alors c 'est la guerre.
La guerre ? Oui. Ça va nous occuper.
Mon cheval, mes éperons, ma garde impériale, monsieur mon grand vizir,
régent de mon empire pendant la campagne. Mais l 'ennemi est à deux pas,
majesté. C 'est pas grave.
Si c 'est toi le nouveau roi de Bagdad.
Oui, et je t 'accorde la vie sauve.
Voilà, tu trouveras là -dedans une paire de babouses de rechange, une gourde d
'eau, un boule de pain, et tu t 'écarpilles.
Car vois -tu, je suis magnénime.
Petite minute.
Pourquoi te laisserais -je mon trône comme ça ? Parce que je possède l 'arme
absolue.
Tu fais un pas en avant et je te fous droit, dans l 'instant.
Eh bien, je le condensais par foudrer ton casque.
Je suis magnanime.
Aïe, aïe, comment ça va ? C 'est vrai, Jimmy me l 'a bien dit deux coups.
Fais -nous rire, fou.
Rire ? Rire ? Oui.
Vous voyez ce doigt, et vous voyez celui -là. Eh bien...
Non.
Oui ? Ah oui.
N 'est -ce pas ? Voilà.
Emmenez -le.
Oh non ! Je ne suis pas fou.
C 'est Ingrat qui m 'a pris la lampe.
Quelle lampe ? La lampe d 'Aladin.
Vous n 'avez jamais entendu parler de la lampe d 'Aladin ? Oui, enfin, bien sûr,
mais c 'est une plaisanterie.
Non. Tu es fou, mais tu n 'es pas drôle du tout.
De quel Ingrat veux -tu parler ? Une esclave, très belle, une fille sublime.
Un ventre, nacré.
Perlée également ? Des jambes de gazelle. Une tigresse ? Quand elle vous
le lot de l 'oreille.
Chez Azad.
Alors là, je m 'achète un hôtel rue de la Felle, voilà.
Si je tombe là -dessus, c 'est la mort.
Faudrait que je vende mes gares.
Vous les avez hypothéquées déjà.
Faites -moi crédit, soyez humaine.
En affaires, je suis un vrai requin.
Ça y est, ça y est, oui, je veux 2 millions de dollars et je les veux cash.
Vous m 'assassinez.
Oh, vous vous en remettrez.
Qu 'est -ce que je dirais, moi, coincée dans le cul de ce basse -poste ?
trompé par ce crétin qui m 'a laissé pour une autre femme. Qu 'est -ce que je
vais devenir, moi ? Je peux vous faire sortir, si vous voulez.
Je connais un très bon serrurier dans mon quartier. Un coup de chiaméto et
vous êtes dehors.
Non, Jim.
Ça m 'arrange d 'être ici.
Il n 'y a pas d 'homme pour m 'ennuyer.
Je veux dire, pas d 'homme c 'est du temps.
Merci beaucoup.
Excusez -moi.
Je ne voulais pas vous faire de peine.
Vous êtes mon seul ami.
Voulez -vous que je vous rapporte un morceau de pouding avec un doigt d 'œuf
gérard ? Oui.
Au revoir, cher ami.
Vous voulez bien nous suivre, Majesté ? Ta Majesté va être emmenée au bourreau.
On va la découper vivante en morceaux. Et moi, je serai... Qui es -tu, toi ? La
reine de Bagdad, la femme du roi Aladin. Aladin, le fou ?
Parlons entre hommes.
Oui, volontiers.
Ainsi, tu voulais être roi.
Oui, et non. J 'ai été entraîné par les circonstances.
La puissance, ça m 'a tourné la tête.
Tu sais ce que c 'est ? Non, je ne sais pas.
Je suis né roi sans le savoir et je suis resté sans le vouloir, mais peu
importe.
Tu voulais être roi ? Soit.
Mais tu m 'as fait cocu.
Oui ? Oui et non.
Je n 'irais se dire que ma femme était la vôtre.
Ma femme, oui.
Oui et non, comme tu dis, elle n 'est pas vraiment ma femme.
Comment as -tu fait pour la posséder ?
On parle toujours entre hommes ? Vas -y.
Eh bien, je ne l 'ai pas possédée du tout.
Quoi ? Toi non plus ? Non, je vous le jure.
À ton avis, qu 'est -ce qu 'elle veut ? Il ne faut rien lui demander.
L 'amour ne se prend pas, il se donne.
Je vais te torturer avant de mourir.
Tu es libre.
Va lui dire adieu.
Libre ? Vous n 'allez pas vous venger sur elle ? Un roi doit avoir la force d
'ignorer la vengeance, tu vois ? Moi aussi, je suis magnanime.
Et si...
Le bourreau est prêt pour l 'exécution de la reine.
Demain.
Demain matin à l 'aube.
Je comprends parfaitement. Merci.
Je te demande pardon.
Toi ? Oui.
Je t 'ai donné le pouvoir de réaliser tes utopies les plus folles.
Je t 'ai beaucoup aidé quand tu étais pauvre, parce que je t 'aimais.
Je ne t 'aime pas assez pour t 'aimer idiot.
Reste pauvre.
Je crois que c 'est vous qui êtes en cage.
Demain matin, tu vas mourir.
Sûrement pas.
Pourquoi ? Parce que vous voulez me posséder.
Mais vous n 'y arriverez pas.
Alors il vous faudra attendre et attendre et attendre encore.
Je suis très sûr de toi.
Je ne suis sûr de rien du tout.
Je raconte des histoires, je ne fais rien d 'autre.
Et là, j 'ai du mal à vous raconter.
Qui êtes -vous ? Et que voulez -vous ? Toi.
Alors, pourquoi voulez -vous me tuer ? Pour que tu ne m 'échappes plus.
Si je puis me permettre, sire, ce n 'est pas très malin.
En fait, c 'est complètement idiot.
Qu 'attendez -vous de moi ? Je ne veux rien de toi.
L 'amour ne se prend pas, il se donne.
C 'est vous qui avez trouvé ça ? Oui.
Où l 'avez -vous entendu ? De quoi je me mêle ? Est -ce que vous me promettez...
Je ne promets rien.
À cet instant, je te donne mon royaume, mon cœur et ta liberté.
Merci, magie.
Je suis désolé, mais l 'après -midi est très avancé.
Il faudrait me comprendre.
J 'étais à des kilomètres d 'ici. J 'étais dans les nuages.
Vous sembliez minuscule, vu de là -haut. Une toute petite fourmi, Seigneur Agip.
Mais je ne suis pas une fourmi. Je suis un personnage très haut placé, chef
supérieur de la garde royale. Et je t 'ordonne, bourreau, d 'exécuter
immédiatement la sentence.
C 'est un ordre.
Bon, d 'accord.
Tu t 'es envolé comme un oiseau ? Qu 'est -ce que je fais, monsieur le chef
la garde royale ? L 'heure a plus que sonné.
C 'en est fini, madame.
Très bien. Ah, vous voulez la suite.
Parfait.
Je vais chercher Gramby.
Vous l 'aurez voulu.
Je continue.
Alors, j 'étais donc en train de fuir.
Mais je ne me rappelle pas pourquoi.
Il fuyait le roi comme d 'habitude, mais cette fois -ci dans les airs. Ah oui,
je me souviens.
Maintenant, on va un peu redescendre des nuages, à Abaran, le grand port du
golfe Persique, où les marins du monde entier font escale sur la route de l
'Afrique.
D 'où venez -vous, les amis ? Vous devez avoir soif. On vient de la banque, ils
sont pas chez les nègres. Entre -temps, on aimerait bien rigoler un peu. C 'est
facile, vous connaissez les bons points.
Vous descendez, j 'en appelerai.
J 'en ai fait le tour plus de dix fois, à bord de mon 24 morts.
Suivez -moi.
Venez.
Oui, je vous dis que j 'ai visité le monde entier.
J 'ai vu le Métapon, les Lespons, j 'ai vu l 'arbre de Judée, l 'île de Médée, l
'île des Pingouins, l 'île des Crétins, l 'île des Écus, l 'île des Cocus, j 'ai
vu... Arrête tes histoires, on les connaît.
Tu nous les casses. J 'ai vu le Sargasse. Tu nous les as cassés aussi.
dedans. Merci, gentil seigneur. Oh, tu nous bâtis.
Merci beaucoup.
Merci. Voilà ce que j 'attendais.
d 'un si honorable public.
Tiens, vous n 'avez jamais entendu parler de l 'oiseau roc ? Payez -moi à
Allez, tiens, il faut le casser, le tropique.
Vous trouverez l 'île du grand oiseau roc. Son oeuf est énorme, comme ça.
J 'en trouve un, je prends un rocher, je casse la coquille et voilà ! Il en sort
un grand oiseau tout noir.
Immense ! Aussi gros qu 'un liage !
à peine sorti de sa coquille, qu 'il planta ses griffes dans moi et m
dans le désert après sept jours et sept nuits.
Toutes les pompes sont fermées, il faut terminer jusqu 'au pénétrier.
Voilà la mer ! On tient l 'endroit sur la côte pour se poser.
Il va falloir sauter !
L 'oiseau roc est grand comme la grande mosquée de Damas.
Et il pond en l 'air, ce con -là.
Alors il faut faire attention.
Vaut mieux ne pas être dessous, parce que ces oeufs, ils sont gros comme des
marmites.
Il y a de l 'orage.
Attention ! Je vous ai fait mal ? Non.
Qui êtes -vous ? Cheikh Azad.
Et vous ? Simbad le marin.
Ravi de faire votre connaissance.
Moi aussi.
J 'ai un peu froid.
Je meurs de faim.
Et moi, j 'ai un peu bu.
Par là.
C 'est là.
Voilà mon nouveau bateau.
Je le rétape depuis des semaines.
Il ne manque plus que quelques planches ici et là, un coup de goudron, et je
lève l 'encre.
Des mois que je n 'ai pas taillé la mer, ça c 'est dur, tu sais, ma poule, pour
un marin.
J 'ai perdu mon 24 mâts, le splendeur, dans les colonnes d 'Hercule.
Bon, normalement, je ne veux pas de femme à bord, c 'est le début des
mais toi, tu m 'as l 'air d 'une brave fille.
Je vais te faire un frisbee.
Avec des mirettes comme ça, tu devrais pas avoir de problème.
Non, aucun.
Ah, quand on connaît pas une cuisine, où est le sale ? Dans le pot de miel.
Eh oui, avec toi, j 'aurais vite fait de me payer une coque neuve.
Qu 'est -ce que tu sais faire ? Oh, des tas de choses.
Je sais recoudre un bouton, faire des oeufs au plat, voler dans les airs,
courir.
Je suis très forte pour courir.
Et la danse du ventre, tu connais ?
Je trouve ça vulgaire. Oh, mais il faut y mettre de l 'élégance.
Regarde.
Tu vois ? Tu
vois ? C 'est assez délicat.
Tout part des hanches, la tête ne bouge pas.
Qu 'est -ce qui te fait rire ? C 'est pas drôle, la danse du ventre ? C 'est
érotique ?
Vas -y, toi, tu verras, c 'est pas si facile.
Comment on fait ? Comme ça, juste en remontant les hanches ? T
'as des progrès à faire, mais on devrait y arriver. Comme ça ? Arrête,
arrête, ça me tourne la tête.
Arrête ! Allez, dormons un peu.
On pourra t 'allonger là -bas. Bon appétit, moi j 'ai pas faim.
Tu sais, on va se faire une fortune ensemble.
Excuse -moi si je t 'honore pas, mais je mélange jamais les affaires aux
sentiments. Et puis les bonnes femmes, c 'est les amerdes.
Hé, c 'est pas mal ton histoire de voler sur un oiseau de fer.
Je raconte assez de bobards pour croire à ceux des autres.
Ce soir, ce soir, je ne vais pas vous faire voyager au vent de mes bobards.
Le spectacle que je vais vous offrir est en chair et en os.
Plutôt en chair.
Écoutez, on fait la ronde autour du monde.
J 'ai parcouru l 'Asie mineure et majeure. J 'ai vu ce qui est beau, ce
laid. J 'ai vu ceci, j 'ai vu cela.
Mais jamais j 'avais vu la lune.
La lune sur ses deux faces, elle est tombée hier soir du ciel dans mes bras,
légère comme une plume et fraîche comme la rosée.
Maman ?
Merci.
Tu as appris à t 'enfuir comme ça.
Enfuyant ? Eh oui, c 'est la meilleure façon.
Attends. C 'est ce qu 'on les a soumises ? Oui, j 'en ai l 'impression.
Tant mieux.
Allez, maintenant on ralentit.
Comme ça ? C 'est ça, tranquillement.
Ah, il ralentit s 'il n 'a pas pu. Faut triper au cou et accélérer. C 'est la
dernière accélération de votre vie. Allez, on y va. Allez.
Mais que fais -tu, Seigneur ? Tu ris ? D 'épuisement, ou peut -être pour ne pas
pleurer.
Savez -vous depuis combien de temps nous lui courons après ? Eh bien, je vais
vous le dire. Il y a douze lunes, plus quatre demi -lunes qui font deux lunes,
alors sept plus quatre...
Ah non, je ne m 'y retrouve plus.
Je suis fâché avec les chiffres.
En arabe, c 'est le comble.
Savez -vous ce que je pense subitement ? Le chasseur aime sa proie.
Et cette passion le rend proie, sa proie.
Et maintenant, super.
Que fais -tu ? Tu pleures.
C 'est encore l 'épuisement.
Oui, c 'est amourager de la petite, croyez -moi.
Proie de sa proie, il l 'a dit.
Chut. Taisez -vous.
Hollande, partez.
Autrement,
je ne lui couperai pas même le cou, s 'il le faut, à cette maudite.
Quand je pense qu 'il ne me manquait plus que deux semaines pour lancer mon
bateau. Mais peut -être trois.
Allez. Allons -y.
Tenez, prenons celui -là. Vas -y.
Mais attention, je ne sais pas nager.
Ne vous inquiétez pas.
Tout le monde sait que les grands navigateurs ne savent pas nager.
Elle est partie.
Allah la protège.
Tout est bien.
J 'ai besoin d 'aide.
Il est midi ? Non, il est plus tôt que ça. Pourquoi ? Ne me lève jamais avant
midi.
Allô ? Allô ? Je m 'ennuyais de vous, cher ami.
Je n 'ai eu aucun signe de vie depuis des jours.
Des jours interminables.
J 'avais trouvé un petit travail à mi -temps. Je ne voulais pas vous déranger.
Est -ce ton noix de bridge, c 'était bien ? Il est question que je fasse le
tournoi de Pimlico. J 'ai bâti les Wilson à plate couture. Il faut dire qu
jouaient comme des pieds.
Oh, cet air marin.
Moins iodé, moins vif qu 'à Brighton.
Mais enfin, vous êtes.
Merci, Jimmy.
Ça m 'ennuie de ne vous appeler que quand j 'ai des problèmes.
Ça, j 'avais remarqué. De quoi avez -vous besoin aujourd 'hui ? Une clé à
molette, un avion à réaction ? La voile, vous devez connaître. Vous, un
Britannique. D 'adoption. Anglais d 'adoption, mais c 'est vrai que je me
très Britannique.
J 'aimerais tellement vous faire connaître, ce pays.
Vous n 'êtes pas épuisé par cette fuite permanente ? Vous voilà en rouille pour
les Indes ou les Insulindes, avec cette ivrogne qui va probablement vous violer
et son réveil ? Non, pas du tout. C 'est un parfait gentleman.
Je voudrais vous faire faire le plus beau des voyages.
J 'ai beaucoup réfléchi ces derniers jours.
Quoi qu 'on en dise, le XXIe siècle, c 'est la belle époque, particulièrement à
Londres. J 'ai un petit appartement de trois pièces, suffisant pour un coup,
rosiers dans le jardin et même un petit potager.
Avec mes économies, ça ira très bien.
Venez avec moi.
En septembre, on ira à Brighton avec les Wilson.
On y va tous les ans.
En septembre, c 'est moins cher.
Je saurais vous rendre heureuse, cher Azad.
Jim, regardez -moi.
Et ensuite, regardez -vous.
Plus je vous regarde et moins je me vois.
Je suis devant un miroir, je ferme les yeux et je ne vois que vous.
Quand je m 'endors, je ferme les yeux.
Ça suffit. Qu 'est -ce qui vous prend ? Très bien, j 'ai compris.
Pardonnez -moi, je ne suis qu 'un laquer après tout. On me siffle et j 'arrive.
Vos désirs sont des ordres. Bien, que désire madame aujourd 'hui ? Mais qu 'on
ne me parle plus d 'amour à la fin.
J 'en ai assez des hommes, vraiment assez des riches, des pauvres, des
des grands, des mendiants ou des rois.
Je croyais que vous étiez mon ami.
Rien qu 'un ami.
Mais les hommes n 'ont qu 'une idée en tête.
Vous voulez coucher avec moi, c 'est tout.
Vous êtes choquante. C 'est pas vrai, peut -être ? D 'abord, c 'est faux. J
pour vous un sentiment très profond qui part du cœur.
Je vous connais, les bons hommes.
Quand vous prétendez parler du cœur, ça ne vient pas de cette partie -là de
votre corps.
Décidément, vous êtes trop choquante.
Bon, je vous laisse avec votre soulard, là.
Évitez à l 'avenir de me siffler, je ne viendrai que contre mon gré.
Oui, mes enfants.
Où sommes -nous ? Hé, chéché.
Tu sais que tu as un très joli cul.
Je me demande si je pourrais pas t 'aimer.
Eh bien, voilà qui est plus clair.
Mais... On est en pleine mer.
Et là, ici, la voile.
C 'est pas fait pour ça, les voiles ? Avec ce vent, c 'est de la folie.
Alors, c 'est vous Sinbad ? Sinbad le marin.
Bien sûr, j 'avais entendu parler de Sinbad le marin, le grand aventurier.
Jenny avait les mille et une nuits dans sa bibliothèque.
La vraie histoire, pas ma version à moi.
Et en lisant l 'original, j 'ai trouvé que j 'y jouais un rôle trop épisodique.
J 'ai donc décidé de l 'améliorer un peu.
Et comme ça, vous ne connaissez pas la fin.
Et je ne connais pas non plus la mienne.
Quoique ma fin semble bien proche.
Avec le roi qui ne revient pas.
Il est si tard, où peut -il être ? Où il est, le roi ? À cet instant, je ne sais
pas.
Mais quand j 'étais perdue en mer, voici plus d 'un an, le roi était là -bas, à
cet endroit précis.
Sire, ils sont tous là. Mais que faisiez -vous ? Ce livre, c 'est un
dictionnaire de langage d 'oiseau.
Cheikh Razaz est envolé, alors peut -être qu 'un oiseau pourrait la
C 'est pourquoi j 'apprends leur langage.
Ce que l 'a dit, j 'ai de gros doutes sur cette colombe. Je lui ai dit, va la
chercher, et elle me répond, très bien, merci, et vous ? Alors, ou bien ce livre
est un tissu de foutaise, ou cette colombe est idiote. C 'est peut -être
accent, majesté. Ne soyez pas insolents.
Ils sont tous arrivés ? Oui, je réunis tous les plus grands magiciens de l
'Empire, selon vos ordres. Mais je ne vois pas en quoi ils peuvent nous aider.
Une femme qui vole dans les airs est une magicienne.
Répondons à la magie par la magie.
Allez -y, messieurs, je vous regarde.
Est -ce que vous vous foutez de moi, monsieur mon grand vizir ? Vous m 'avez
dit, essayons tout.
Tenez, voici une voyante.
Je ne crois pas beaucoup aux voyants.
Où est chère Azad ? Est -ce que tu la vois ?
Non, je ne vois pas, chère Azade. Je vois un homme complètement habillé qui
pleure.
Il pleure de rire.
Il regarde une fenêtre.
Dans la fenêtre, je vois un marin, une très jolie femme.
Chère Azade.
Ils sont en mer.
Non, ils sont dans une boîte qui est comme une fenêtre.
Ils sont dans une boîte ou en mer ? La mer est dans la boîte. La boîte est dans
la boule de cristal. Je n 'y peux rien.
Des charlatans ne peuvent jamais s 'expliquer clairement.
J 'en ai assez.
Assez ! Vous ne pouvez pas faire attention ? Oh, pardon.
Et toi, l 'aveugle, qu 'est -ce que tu sais faire ? Je ne suis pas sourd.
Excusez -moi.
Je vois.
Je vois dans les cœurs.
Je vois dans les âmes, je vois que tu es amoureux.
Amoureux ? Oui.
Cette femme, tu ne voulais pas la tuer, tu voulais l 'aimer.
Mais c 'est trop tard.
Allah te l 'a donnée, Allah te l 'a reprise.
Mais alors quelle est cette mélancolie qui me ronge ? Ah, ça s 'appelle un
chagrin d 'amour.
Un chagrin d 'amour, parfait, c 'est réglé, je respire. Quand on connaît la
maladie, je convoque le conseil des ministres.
Des décisions graves doivent être prises. La révolte gronde.
Encore ? Vous nous cassez les oreilles, monsieur mon grand vizir. Venez, mon
ami.
Et cette maladie, peut -on guérir ? Il y a un seul remède, le temps.
Il y a deux solutions.
Le temps qui amène l 'oubli, ou bien l 'attente de son retour.
Son retour ? Elle doit me haïr.
Tu vois ce petit chien -là à mes pieds ? Il est laid et méchant. Je le haïssais.
Et lui, il m 'adorait.
J 'ai voulu le noyer, le perdre, le vendre.
Rien à faire.
Alors je l 'ai abandonné avant d 'aller faire mon pèlerinage à la Mecque.
Eh bien, à mon retour, après un an, je l 'ai retrouvé devant ma porte. Il m
'attendait.
Alors j 'ai commencé à l 'aimer.
Sire. Oui ? Nous avons des nouvelles.
Ah ! Sire, je l 'ai retrouvée.
Où est -elle ? Attendez.
Elle dansait, son nombril. La tête me tourne. Je la tenais, elle m 'échappe le
port. Quel port ? Amman, le bateau de Simban, parti en mer évanouie dans la
nuit. Ah, parlez -moi tout de suite, sire. Je vous en supplie.
Ammaran, la mer, ça se confirme.
C 'est grand, la mer.
Attention la veille !
Regarde -moi ça
! Regarde, on va couler !
Vas
-y, vas -y, j 'attrape.
Passe -moi ton sac.
Vous l 'avez ? Viens alors, monte.
On va devoir se rationner.
Aucune terre à l 'horizon.
Un naufrage par un temps pareil ? Ça te paraît pas bizarre, petite ? C 'est la
malchance.
Écoute, à 13 ans, sur la barque de mon oncle, devant la jetée, j 'ai pêché une
sardine.
Eh bien, l 'odeur m 'a donné le mal de mer.
On est rentré au port et je ne l 'ai plus quitté.
Voilà, maintenant tu sais, c 'est dit.
Ça ne vous empêche pas d 'être aussi une bade, le marin ?
J 'ai tellement rêvé de découvrir le monde que je l 'ai inventé.
Pour ça, vous êtes comme moi.
Qu 'est -ce que tu racontes ? Je veux dire que tout ce que je dis fait partie
'une histoire.
Vous voyez, vous êtes déjà un souvenir en ce moment même. Un souvenir que je
raconte, la tête sur le billot, à quelques minutes de ma mort.
Où est le vrai ? Où est l 'imaginaire ? Vous n 'êtes peut -être qu 'une image.
Vous, ce radeau, la mer, le ciel.
Êtes -vous vraiment un souvenir ?
Ou bien est -ce que je vous imaginais ? Au fond, vous me ressemblez, Sinbad.
Sinbad, le fabulateur.
Moi ? Moi, je te ressemble ? Je suis du toc, moi.
Même mes conquêtes féminines, ce n 'est que des bobards.
Dès que je bois, terminé. Et je bois tout le temps.
Et ce qui est pire, je m 'en fous.
Enfin, pas vraiment.
Toi, tu vois, tu me fais assez envie.
Tu veux dire que tu m 'aimes ? Oh, je n 'ai pas dit ça.
Tu voudrais me faire un enfant ? Oh, les grands mots.
Arrête de boire.
Je t 'aiderai si tu veux.
Arrêter de boire ? Avec toute cette flotte autour de nous ? Je crois surtout
'on va boire jusqu 'à plus soif.
Je vais crever sans avoir jamais connu ni le monde ni la femme.
Mais toi, cher Azat, toi qui dois vivre.
Oui. Prends mes rations, prends mon pain.
Tiens, prends ma gourde.
Adieu, ma chéchée.
Tu raconteras ma vie, la vraie, celle du héros.
C 'est fou ! Allez, viens.
Je vais t 'emmener faire le plus beau des voyages.
On va rendre visite à mon ami Jimmy.
Mais faites un peu attention, vous êtes trempé, vous avez salopé mon parquet.
Tout de même.
Bon, je fais lutter et après vous ramenez cet oiseau sur son radeau.
êtes à mes ordres ou pas ? Je suis peut -être le génie de la lampe et je ne suis
pas là pour tenir la chandelle. Alors faites -nous découvrir le XXe siècle.
Vous m 'avez dit que c 'était merveilleux.
Vos désirs sont des ordres.
Vous voulez pas attendre que ça se calme un peu ?
Qu
'est -ce que c 'est ? Une horloge, il est 6 heures.
Je dois faire ma prière. Non, c 'est nouveau, ça.
En tout cas, à l 'étranger.
Où est la maître ? Euh, par là.
Je viens de faire un pouding. Je pensais que ça vous ferait plaisir.
Je ne savais pas que vous avez du monde.
Ce sont les cousins de province.
Merci, M. Justin. Merci bien.
Bonsoir. L 'espionnée, c 'est là avec son pouding immangeable. Du plâtre. Elle
doit faire ça avec du plâtre.
Bon, il ne peut plus. Je vais vous emmener visiter Londres.
La tour, Buckingham Palace, National Gallery.
Enfin, le tour classique, quoi.
Pour reprendre le métro, c 'est moins cher. Mais je vous préviens, moi, à 10h,
je suis au lit.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? C 'est une publicité pour un produit d
'entretien, mais ça doit être truqué. Ils n 'ont pas envoyé une équipe dans l
'espace. Dans l 'espace ? Eh oui, monsieur.
L 'homme a conquis l 'espace.
Regardez.
21 juillet 1969, la plus grande date de l 'histoire de l 'humanité.
Mais l 'Amstrong marche sur la Lune.
Oui, on a encore des images.
Mais bon, je voudrais vous dire une chose, Jim.
Là, je suis quand même épaté.
Oh là,
la lampe va s 'éteindre. Si personne ne la rallume, vous allez rester coincés
ici. Il y a l 'heure, puis il faut passer.
Et si jamais elle tombe dans la mer, et tout de suite quelqu 'un la retrouve...
Allez, hop, vite ! Allez ! Oui, encore un essor ! Vous faites !
Ne me prenez pas cette immigrée jusqu 'à la fin de mes jours !
Quand on crie chez vous, Jim, il n 'y a pas de place pour croire. On va tous se
noyer.
Je ne vous laisserai pas seuls avec cette énergie humaine.
Merci quand même.
Jim, c 'est un ordre.
Ordre à ses conditions.
Un arabe, on dirait.
Je suis sauvée par
l 'équipage de ce navire. Ils étaient perdus.
Jimmy m 'avait donné une petite aiguille qui indique toujours la direction du
nord. Et un livre.
La voile en dit le.
Ce qui me permet de donner quelques petits conseils aux marins.
C 'est quoi le spinnaker, capitaine ? Sans
doute qu 'on ne l 'a pas encore inventé.
À terre, à l 'horizon ! Ça n 'est pas encore fini ?
Qu 'est -ce que ça signifie ? Toute la cour attend le sacre. Quel sacre ? On s
'en fiche.
Madame, s 'il te plaît, raconte -nous la suite.
Bourreau, je t 'ordonne, moi le grand vizir, de trancher immédiatement la tête
de cette diablesse.
Ces galopades vont moi -même épuiser. Laissez -moi souffler un peu.
Un mot de plus, bourreau, et je t 'ordonne de te couper toi -même la tête.
La suite, la suite, la suite, la suite.
Je ne réponds plus de rien.
Moi, Agib, chef supérieur de la garde royale, je crains de ne plus rien garder
du tout si on ne peut entendre la fin de cette histoire.
C 'est d 'une émeute. Oui.
Vous saurez bien vous mater tous.
Ils vont s 'en mordre les doigts.
Et alors ? Et alors ? Et alors ? Et c 'est
ainsi que je devins capitaine de ce bateau et de son équipage de brutes.
Comme ils me croyaient magicienne et qu 'ils redoutaient mes pouvoirs, ils m
'obéirent aux doigts et à l 'œil.
Grâce à mon aiguille aimantée, je réussis à faire le tour de l 'Afrique.
Et je découvris des contrées où vivent d 'immenses sortes de chameaux à la robe
tachetée, au cou très long.
Si haut qu 'on dirait des minarets et d 'énormes cochons dont le nez traîne
jusqu 'au sol.
Alors je partis à la découverte de la terre.
Je décidai de rester déguisé en moussaillon et je devins chasseur de
chercheur d 'or.
J 'ai même exploré les sources du Nil et j 'ai découvert les glaciers de la
terre des vikings.
Ce furent les vacances les plus extraordinaires, des vacances de rêve,
aurait dit mon ami Jimmy.
Lui d 'ailleurs, Jimmy, il était parti en vacances à Brighton avec les Wilson
septembre. Parce que c 'est moins cher hors saison.
Mais j 'avais le mal du pays.
Je retrouvais mon navire et nous fîmes voile pour Abaran, d 'où j 'étais partie
avec Sinbad.
Je te ferai un prix, tu es un beau garçon. Non, je n 'aime pas les femmes.
Je ne sais pas de quoi tu me prie, tu pédales. Je n 'aime pas les hommes non
plus. Mais quoi au juge ? Je suis un ange.
Oh, déconne -moi la tête ! Notre vaisseau venait
de se poser sur la lune.
Nous coupâmes les bombes à feu et nous descendîmes l 'échelle de coupée.
Pas un souffle d 'air. L 'horizon était gris.
Le soleil brillait au milieu de milliards d 'étoiles et parmi elles, une
boule bleue et blanche, la terre.
Parce que la terre n 'est pas couleur de sable ou de forêt. Elle est bleue de
mer et blanche de nuages.
Nous finissons pas, deux pas.
Nous étions légers comme des plumes et nous décidâmes de faire le tour de la
lune à pied, mes amis, un grand bond qui nous faisait franchir les montagnes.
Ce fut l 'affaire de quelques heures.
Au cratère des volcans succédaient des vallées de poussière et sur la face
cachée de la lune, tous les rochers étaient de diamants purs.
Que je suis heureux.
Je savais bien que tu étais en vie.
Viens, raconte -moi, raconte -moi. Et toi, comment tu t 'es sorti de cette
tempête ? Je croyais que tu ne savais pas nager. Bon, il suffit de voir la
en face, tu nages comme un poisson.
Je ne t 'avais pas oublié, tu sais.
J 'ai gagné une fortune avec mon voyage dans la lune.
Ils viennent de partout, ces cons -là, pour m 'attendre.
Tu sais quoi ? On va racheter un bateau.
Parce que ce voyage dans la lune, je commence à en avoir marre.
Oh, ma chérie.
On va faire le tour de la Terre. J 'ai l 'impression de l 'avoir déjà fait.
Écoute, je te raconterai mes histoires. Et ensuite, toi, tu pourras les raconter
à ta façon. Non, non, j 'en ai marre. Je veux commencer à vivre.
Je vais arrêter de boire, tu verras.
Continue plutôt à rêver au voyage sorti de ton imagination.
Ton monde imaginaire est tellement plus joli que la réalité.
Crois -moi.
Bois jusqu 'à plus soif et tu réinventeras l 'univers.
Sinbad, t 'as pas fini ? Oui, oui, j 'arrive, j 'arrive.
Tu m 'attends ? Tu m 'attends, hein ? Reste là.
Mes amis ! En quelques secondes, je viens de faire le tour de la Terre.
Elle a des yeux comme des lacs.
Des hanches comme des montagnes.
Un ventre comme une colline.
La terre et la femme, c 'est la même chose.
La terre est la plus belle des femmes.
Et ma femme est belle comme la terre.
Et il est sûrement un peu fantâme.
Ça fait un an qu 'il est là et qu 'il guette l 'horizon.
Arrête -toi et file. C 'est interdit d 'aller plus loin.
Arrêtez -le ! Arrêtez -le ! Attention !
Arrêtez -le, c 'est un voleur !
Je te tiens.
Vous me faites mal. Qu 'est -ce qui se passe ? Un schnappant de marin qui a
des raisins.
Un marin ? Il revient de voyage ? Oui, monsieur.
Laissez -le.
Il y a plus près, mon garçon. N 'aie pas peur.
Je peux le manger, le raisin, monsieur ?
Vous avez les mêmes yeux que celles que j 'attends.
Vous attendez qui ? Dans tes voyages.
As -tu entendu parler d 'une femme qui vole dans les airs et chante comme une
sirène ? Qu 'est -ce que vous le voulez ? C 'est ma femme.
Le hasard et le temps seuls peuvent me la ramener.
Elle est partie par là et je sais qu 'elle reviendra par ici.
Je l 'attendrai le temps qu 'il faudra.
On raconte que vous l 'attendez depuis un an, c 'est vrai ? Elle reviendra.
Je saurai me faire aimer, elle me donnera un enfant.
Vous n 'avez pas d 'enfants, monsieur ? J 'ai 864 femmes et on me prête 3000
enfants et des poussières.
Mais c 'est pour faire bien, pour ma réputation.
En fait, je n 'ai aimé que deux femmes.
La première est morte et j 'attends ici la deuxième.
Vous n 'êtes pas l 'agent ordinaire.
Si, je suis très ordinaire.
Mon problème, c 'est que je ne suis pas un monsieur, je suis un roi.
Je ne rêve que de planter des roses, d 'écrire des chansons, de vivre sur les
routes et de faire l 'acrobate.
Je suis fatiguée, monsieur.
Je peux me reposer à côté ? Comme tu veux.
Mais je te préviens, je n 'aime pas les garçons.
Ça, j 'avais compris.
Je sais que je vais vous faire de la peine, Jim.
Si vous trouviez le bonheur quel qu 'il soit, ma belle amie, j 'en serais
heureux.
J 'ai trouvé un homme qui veut tout sacrifier pour moi.
Il m 'attend depuis plus d 'un an.
Et il veut un enfant.
Il n 'est pas le seul.
Et vous l 'aimez ? Il est juste à côté, devant la tente.
Mais ne nous précipitons pas.
Est -ce qu 'il y a une bonne situation d 'abord ? Enfin, de quoi faire bouillir
la marmite ? C 'est le roi de Bagdad ? Évidemment, ça demande réflexion.
Mais attention, est -il prêt à vous épouser ? C 'est déjà mon mari.
J 'ai hâte.
Tu ne manges pas ? Je n 'ai pas très faim.
Tu n 'as pas faim, toi ? Vous pouvez m 'excuser.
Mais pourquoi vous excusez -vous, Jim ? On ne rentre pas en Angleterre.
Oh, curieux pays.
À propos, vous m 'avez promis de m 'emmener faire un tour chez vous.
Pourquoi faut -il que les hommes rivalisent tout le temps ? Vous voulez
montagne, alors vous voulez aussi tout grimper dessus pour aller voir ce qu 'il
y a sur l 'autre côté.
C 'est le couscous. Je suis confus, ça me balode.
Eh bien, c 'est agréable.
Non, j 'adore te couscous, mais enfin, tous les soirs quand même.
On faisait ça, oui.
Eh bien, vous n 'avez qu 'à rentrer dîner chez vous à Londres tous les
Je ferais bien une partie des chèques.
Tu veux me passer le jeu ? Ma lune de miel, c 'est dans le coffre. Je suis ta
femme, pas ta bonne.
Elle est un petit peu irracible en ce moment.
Elle n 'aime pas cet extravagant.
C 'est parce qu 'elle s 'ennuie.
Comment ça ? Chez Razad, un gros appétit, il lui manque toujours quelque
Comme quoi ? La peur, la fuite.
Peut -être les révolutions d 'Aladin ? Les voyages de Simba ?
De quoi est -ce que vous
parlez ? Je me demandais s 'il n 'était pas enceinte.
Je pourrais vous emmener à Londres, si vous voulez, pour vous faire faire une
échographie. Qu 'est -ce que c 'est que ce machin -là ? Ils vous mettent une
sorte de boule de cristal sur le ventre de la maman. Le bébé est à peine gros
comme un petit pois et on voit déjà son cœur battre.
Vous serez son précepteur, Jim.
Vous lui enseignerez l 'avenir. Vous plaisantez ? Pas du tout, j 'en serais
ravi. N 'est -ce pas, ma chérie ? Ce serait une bonne idée que Jim soit
professeur de notre enfant.
Ce serait avec joie. Vous ne pouvez pas savoir.
Pour moi qui n 'ai jamais eu d 'enfant.
Heureusement, d 'ailleurs.
Et pourquoi ? Parce que si j 'avais eu des enfants dans ma journée, les
petits -enfants de mes arrières petits -enfants seraient déjà morts depuis
longtemps. Et puis maintenant ? Et maintenant, oui.
Maintenant, les femmes du XXe siècle sont devenues très exigeantes.
Non, surtout, c 'est que...
Je n 'ai jamais trouvé ma femme.
Je ne plais qu 'aux moches.
Oh, ça, les moches ! Mais si je Wilson, par exemple, ça, j 'aurais eu qu 'un mot
à dire.
Non, non, je préfère encore terminer mes jours au couscous qu 'au pouding.
Oui, que ça ne m 'aurait pas déplu de faire que tu, Wilson.
Non, non, comprenez -vous, je n 'aime que les très belles.
Les reines.
Les étoiles.
Calmez -vous, Jim.
En attendant, échec au roi.
Échec et mat.
Allez.
Je vous laisse un amoureux.
Où est la lampe, ma chère amie ? Je vais encore inonder mon parquet.
Pourquoi la Providence a fait de moi le roi des rois, alors que je t 'ai fait
pour être un acrobate, et ton seul amour ? La Providence fait ce qu 'elle fait.
L 'homme a besoin de conquête.
Tu finiras par te lasser de tes galipettes, et de moi.
Jamais.
Merci.
À cet instant, ton cœur dit jamais.
Mais dans quelques heures, ou dans quelques jours, quand c 'est dû, tu as
renoncé à ton trône pour moi.
Tu le regretteras.
Oh, raconte -moi une histoire. D 'habitude, c 'est toujours moi qui
Pourquoi rêver d 'une autre seconde que celle -ci ? Qu 'est -ce qui nous manque
? Rien du tout.
C 'est bien ce qui me fait peur. Tu vois ? Toi aussi, tu veux escalader les
montagnes.
Tu as raison, c 'est pas facile.
Je suppose qu 'un jour, on t 'annonce qu 'un autre a pris ta place sur le trône
de Bagdad.
Qui t 'a dit ça ? Personne.
Le vent. Tu sais quelque chose ? Parle.
Tu vois ? Je plaisantais.
Pour nous, ce sont seulement des vacances prolongées. Des vacances ? C
quoi, les vacances ? Des moments de liberté pour les esclaves du XXe siècle.
Pourquoi tu étais de si mauvaise humeur ? Je n 'étais pas de mauvaise humeur.
J 'ai horreur de faire la vaisselle.
Je suis prêt pour la répétition. On y va.
Maintenant, voici le clou de la soirée.
Non, ça va pas.
Et voici maintenant le clou de notre spectacle.
Moi, c 'est nous.
Allez, vas -y, mon petit cœur.
Bravo ! Jimmy, emmenez Sa Majesté avec vous.
Ensuite, je leur fais le tour avec le lapin. Je continue avec le fleur.
Et après, je ferai réapparaître l 'acrobate.
Bon, allez, reviens maintenant.
Il faut lever l 'armée. Le roi seul peut la commander et le roi est fou.
Proclamons sa déchéance et lisons notre grand vizir, roi de Bagdad. Ah oui, tu
as une bonne idée au fond.
Monsieur, vous devriez savoir qu 'un roi même fou reste un roi.
Seule sa mort peut entraîner sa succession.
Donc je propose qu 'on le sermone et surtout qu 'on le sépare de cette
Allons le trouver. Je suis persuadé qu 'il reviendra à la raison.
Allez, à genoux.
Vous pouvez faire de moi ce que vous voulez.
C 'est pas trop lourd ? Ben si.
Aïe !
Jim, regardez.
Jim, sur le toit.
Majesté, je prie à Allah qu 'il vous maintienne le plus grand des rois.
Mon excellent grand vizir, je suis ravi de vous revoir.
C 'est très gentil d 'être venu. Vous avez vu, c 'est un succès. Je ne vous
explique pas la partie.
Ça ne m 'étonne pas de vous.
Comment ça va à Bagdad ? J 'ai travaillé mes opériaux, vous allez voir. Mais
Jimmy nous a aidé énormément. Cette langue est merveilleuse. Jimmy ? Jimmy
le précepteur de mon fils. Un homme absolument charmant.
Mais je ne vous ai pas dit la grande nouvelle.
Ma femme attend un enfant.
Un garçon à petit poids. Ah oui, et on peut le savoir grâce aux ultrasons.
Je vous présenterai Jimmy, il vous expliquera tout ça.
Ah ben non, c 'est vrai, vous ne pourrez pas le voir, il est invisible.
Il vient de l 'avenir.
Je vous prêterai la langue.
Merci, majesté.
Excusez -moi, il faut que j 'y aille. Vous allez voir ce que vous allez voir.
Rien de grave ? Pas du tout, ils sont venus pour le spectacle. On ne parle que
de ça à Bagdad.
Vous voulez peut -être dans la croix ?
C 'est pas possible !
Silence ! L 'acrobate était votre roi, le grand roi Sharia ! commandeur des
croyants. Cette femme est une sortière. Elle l 'a ensorcelée. Faites -lui un
vagabond. J 'ai voulu leur amener à sa dignité. Elle l 'a envoyée en enfer.
Qu 'elle nous rende notre roi.
Sa majesté est dans la lampe.
Et je parie que c 'est toi qui l 'as volée, espèce de vieux macaque.
Vous entendez comment elle me traite ? Moi, le grand vizir. Le grand vizir.
Avec toi, je vais conquérir le monde, écraser les barbares et tous les crétins
qui ne pensent pas comme moi. Viens, génial génie, sois mon esclave et laisse
crever le roi dans cette lampe.
Bon, qu 'est -ce qui se passe ?
Le roi Sharia est mort.
Prions Allah pour qu 'il soit entre ses saintes mains.
Cette sorcière d 'Ablès, hérétique, satanesque, l 'envoyant en enfer par les
pouvoirs du malin.
Prions Allah le juste pour qu 'il arrache notre bon roi de l 'enfer et le
dans ses saintes mains.
La sorcière sera mise à mort demain matin à l 'aube.
Et juste après l 'exécution, notre bien -aimé grand vizir sera couronné calife,
roi de Bagdad, commandeur des croyants pour la gloire d 'Allah.
Dire qu 'un jour ces gens -là voteront...
Oh, c 'est une catastrophe.
Il y a bien une solution.
Tu peux rester coincé éternellement au XXe siècle.
Je suis désolé, il faut que quelqu 'un retrouve la lampe et la rallume. Un
miracle. Voilà, j 'attends un miracle.
Il n 'y a pas de miracle, Majesté.
Seulement dans les contes de fées.
Enfin, majesté, on était sur la bonne chaîne, la 2.
Celle où passent les mille et une nuits.
Mais arrêtez de pripoter, petit bouton.
Excusez -moi, vous n 'y connaissez rien. Un roi, c 'est tout.
Non, pas un roi barbare du fond du Moyen -Âge au fin fond de l 'Arabie. Je n 'en
peux plus.
Dire ma télé, je sais pas, ça l 'a dit tout de même.
Bravo.
Bravo, ça c 'est malin. C 'était votre dernière chance de rentrer chez vous. Je
suis désolé, Jim.
Vous allez me chercher un tournevis. Un quoi ? Un tournevis, c 'est un truc en
métal avec un bout carré. Et là, c 'est sous la salle de la moto. La moto ?
Les gars, allez sur le trottoir. Sur quel trottoir ? Sur le trottoir, là !
! Oui, j 'avais compris. Le trottoir du tournevis de la moto.
J 'avais compris.
C 'est pénible aussi, quelquefois, vous savez.
On est sur un ton.
Cher monde, ça reste
un problème.
Topi, j 'y vais.
Vous êtes mon maître ? Vos désirs sont des ordres.
Je suis votre serviteur.
Bon, rien de spécial là, parce que je... Bien, je fonce.
Je le savais bien. Où étiez -vous passé ? Dans un nid de pile, pas loin. Qu 'est
-ce qui se passe ? C 'est épouvantable.
Je vais mourir au lever du soleil dans peu de temps.
Il m 'accuse d 'avoir tué le roi.
Rassurez -vous les vivants. Je vais le ramener.
Gagnez du temps. Racontez -leur des histoires. Mais quelles histoires ?
vous êtes chez Razad après tout.
Je reviens tout de suite. Je reviens tout de suite.
Je me demande si ça va se lever. Ah, dis donc, vous pouvez me dire merci, vous,
alors. Vous n 'auriez pas vu, par hasard, un homme assez grand avec une
vêtue comme un oriental ? Oh, je l 'ai vu, bien sûr que je l 'ai vu. Oui, quand
je suis sorti ce matin pour venir prendre la pelouse, je l 'ai vu devant
vous. Il essayait de voler votre moto. J 'ai appelé la police.
Ah, ben, merci.
Oh, je vous en prie. Ils sont venus tout de suite. Ils l 'ont pris sur la fête
et l 'ont embarqué. Mais où ça ? Au commissariat, je suppose, ou peut -être
au scop. Mais c 'était mon ami, malheureux ! Mais enfin ! Avec tous ces
comment je pouvais deviner ?
C 'est très urgent.
Pourquoi un extrait de casier? Oui, c 'est à propos d 'un enlèvement.
Il faut voir l 'inspecteur. En haut bureau à droite.
Oui, merci.
C 'était pour un enlèvement.
Et qui a été enlevé?
Le roi de Bac 2, enfin un arabe.
Bon, je vais faire un rapport.
Oui, dépêchez -vous s 'il vous plaît, c 'est très pressé.
Allez, dépêchez -vous.
Eh oh, asseyez -vous.
Non. Prénom, profession, date de naissance.
Euh, charriard, roi. Non, non, non, je commence par vous. Oui, moi.
Nom, prénom.
Ah, oui, Jimmy James.
Jimmy. Né en l 'an 1050.
Pardon? Non, 1950.
Allez!
Sous -titrage Société Radio -Canada
Les cerisiers du jardin qui bientôt seront en fleurs ne me réjouiront plus
jamais.
Quand les hirondelles reviendront, qui leur agrandira la nouvelle ? Je suis
triste pour les gouttes de pluie argentée que plus jamais je ne verrai
Pour le premier frisson de novembre que j 'accueillais avec plaisir parce qu 'il
me chatouillait de sa fraîcheur.
Ça me fait de la peine pour les amis que j 'avais, pour les amis qui sont ici.
Vous, monsieur le bourreau, et vos deux petits garçons, et même ce vilain museau
d 'Agile.
Emmène -moi avec toi, chère Azor.
De toute façon, je viendrai quand même.
Je vais courir toujours après toi.
Je ne peux plus continuer à fuir.
Je suis fatiguée.
Finissons -en, monsieur le bourreau.
Je vais faire très attention pour ne sortir à rien.
Alors, monsieur Chariot, P -H -A -R... S -H -A -R... Mais l 'emmerdant n 'est
pas si vite. Non, écoutez, c 'est un truc très important.
C 'est un émirat roi du pétrole.
On frôle l 'incident diplomatique.
Qu 'en est -ce que vous, les Ravissons ? Mais c 'est vous ! C 'est la police qui
lui a sorti dessus en sortant de chez moi la nuit dernière !
C 'est un ami personnel de l 'arabe d 'Angleterre. C 'est pas un enlèvement, c
'est une arrestation.
Peut -être c 'est bien cet arabe qui a volé la moto.
Oui, c 'est lui ! Où est -il ? En bas, au poste poli.
Oh, majesté, c 'est moi.
En face de Bourreau. Elle l 'a toujours protégée. Il va intervenir. Il est
toujours intervenu.
Non. Non, je ne peux pas.
Bourreau. Donne -moi ta hache.
Je suis d 'accord pour libérer votre émir. Je vous fais une levée des crues.
Alors, la date... Excusez -moi, plus de rubans.
Merde, Simpson a pris la clé.
Quoi, Simpson?
Quelle clé?
On range les rubans dans le tiroir. Simpson a pris la clé. Il est parti
déjeuner. Qu 'est -ce que vous voulez que je vous dise?
Ça va bien comme ça.
Allez, hop!
C 'est mort, là!
Va, va, mon témoin. Allez, allez!
La dévision, ça paraîtra plus naturel !
Tu pourras donc jamais te passer de lui ? Tu es jaloux ? Je ne veux pas d 'un
vizir invisible.
Et s 'il reconnaissait finalement qu 'Allah est grand, il n 'en remet que son
prophète ? Bon, d 'accord.
Allah est grand, il n 'en remet que son prophète.
Oh, Jim ! Jim ! Tout va bien ?
Bienvenue chez nous, Jim.
Tout le plaisir est pour moi, sire.
Surtout, n 'essayez pas de me démontrer à votre tour qu 'aucune femme ne vaut un
royaume.
Vos désirs sont des ordres, majesté.
C
'est
étrange. Notre voisin, c 'est le portrait craché de cet acteur.
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