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Original subtitles

LE DIABOLIQUE DOCTEUR MABUSE

SERVICE DES ENQU�TES CRIMINELLES DIRECTION

Brigade criminelle. Inspecteur adjoint Neubert � l'appareil.

Pour vous, chef. C'est Cornelius.

Oh non, pas lui, c'est le type qui a des visions. Dites que je suis mort.

C'est tout de m�me gr�ce � lui qu'on a pinc� l'assassin de la prostitu�e.

- Commissaire Kras. - Cornelius � l'appareil.

Commissaire, peut-�tre pouvez-vous emp�cher le pire.

J'ai eu une vision.

Je vous �coute.

Deux voitures c�te � c�te...

au milieu d'autres voitures.

Un panneau de rue indiquant: "Hansaring".

Je ne connais pas ces gens, ni le contexte.

Mais je pressens un malheur.

Un crime.

Un meurtre...

O� est Barter ?

L'�mission va commencer.

Il va arriver. Au t�l�phone, il a dit avoir une nouvelle sensationnelle.

- La diffusion est maintenue. - Allez, d�p�chons.

Silence sur le plateau. Plus que deux secondes.

Mesdames et messieurs,

nous sommes contraints d'annuler notre �mission "Les actualit�s du jour".

Nous venons d'apprendre avec tristesse que notre reporter, Peter Barter,

est d�c�d� au volant de sa voiture en se rendant � nos studios.

Il s'agirait d'un arr�t cardiaque.

All�, docteur ? Ici, num�ro douze. Mission accomplie.

Bien. Changez la plaque de la voiture.

D�montez la radio, repeignez le v�hicule et faites-la passer en Hollande.

Tr�s bien.

Au fait, ce docteur, tu as enfin vu sa t�te ?

En quoi �a te regarde ? Tu touches ton oseille, non ?

C'est juste une question.

J'aimerais savoir � quoi il ressemble.

Dans ce cas, commande ton cercueil !

Tu te souviens de l'Am�ricain ?

Lui aussi il voulait le rencontrer en personne.

On l'a retrouv� quelques heures plus tard...

avec la gorge tranch�e.

N'emp�che que j'aimerais bien voir sa t�te, au docteur.

Je n'en ai aucune id�e.

Je ne peux pas vous expliquer mes visions, monsieur le Commissaire.

La magie �chappe � toute pens�e rationnelle.

Je sens qu'une chose terrible va arriver et je vis un cauchemar �pouvantable.

Je souffre terriblement car je ne peux l'emp�cher.

Une loi hostile issue de la magie noire fait qu'� chaque fois, au moment cl�,

un voile noir dissimule toute vision nette des faits.

Laissant ainsi un peu de travail aux services de police.

Vous connaissiez ce reporter, Barter ?

Il y a environ un an, peu apr�s mon arriv�e ici,

il est venu me voir une fois ou deux.

Il avait un faible pour le sensationnel.

Pourtant c'�tait un sceptique, comme vous.

D�formation professionnelle, mon cher Cornelius.

En tant que policier, je n'ai pas le loisir de m'occuper de magie.

Et il est rare qu'un voile noir me masque la r�alit�.

Si vous aviez grandi en Irlande, comme moi,

l� o� l'on croit aux forces naturelles �l�mentaires,

vous parleriez autrement.

Mais peut-�tre les aveugles voient-ils davantage que les voyants ?

Possible. Mais en ce qui concerne Barter, vous vous �tes tromp�.

Le voile noir a peut-�tre g�n� vos visions.

Il ne s'agit pas d'un meurtre, mon cher Cornelius.

Il est mort d'une simple crise cardiaque.

Cornelius.

Pour vous, commissaire.

Kras � l'appareil.

Envoyez-la au labo. J'y serai dans une heure.

Vous aviez raison.

D'apr�s l'autopsie, Barter n'est pas mort d'une crise cardiaque.

Une aiguille en acier �tait log�e dans son cerveau.

C'est un alliage tr�s fin d'acier et d'iridium.

Longueur: 38,4 millim�tres.

L'aiguille en acier a travers� sans difficult� la paroi cr�nienne

et atteint le cerveau sans laisser aucune trace ext�rieure.

On ne trouvera rien ici non plus.

"� mon bien-aim� Peter, avec amour, en souvenir de notre premier No�l."

Sign� : "Corinna".

Sa petite amie. Pauvre gosse.

PROGRAMME DES �MISSIONS DE PETER BARTER

Aucune trace du moindre bout de papier.

M�me le buvard a disparu.

Les bandes du magn�tophone aussi.

�videmment.

Ils cherchaient les notes de Barter au sujet de l'�mission pr�vue hier.

S'il gardait quoi que ce soit ici, ils l'ont trouv�.

On ne trouvera pas d'empreintes ici. Ce n'est pas du boulot d'amateur.

Notre seul indice est donc la petite aiguille en acier.

L'arme est terrible, messieurs.

Un fusil silencieux � air comprim� qui envoie des aiguilles en acier.

Cette arme a �t� con�ue pour l'infanterie

et a �t� test�e � Fort Benning, aux �tats-Unis.

Mais il s'est produit un �v�nement tr�s curieux.

Avant m�me le lancement de la fabrication en s�rie,

le prototype de cette arme a disparu. Il a �t� vol�.

Les services secrets militaires am�ricains ont d�couvert le coupable,

un soldat am�ricain, dans un bunker abandonn�, en Allemagne.

La gorge tranch�e.

Il avait �t� mutil� et manifestement tortur�.

Aucune trace du prototype, �videmment.

- �a s'est pass� quand ? -Il y a environ un an.

Cela ne fait aucun doute : cette arme qui a servi � tuer Barter.

Bizarre, cette affaire m'en rappelle une autre, il y a longtemps.

Messieurs...

le nom "Docteur Mabuse" vous dit-il quelque chose ?

- Non. - Qui est-ce ?

Un g�nie du crime.

Il voulait semer la terreur au sein de la population

en d�truisant les structures de l'�tat

et instaurer ainsi un r�gne fantasmagorique du crime.

Il a fini dans un asile de fous o� il a �crit un testament,

une liste des crimes qu'il avait planifi�s.

Il est mort en 1932, compl�tement fou.

Pourtant, si vous parlez aux crapules qui l'ont connu � l'�poque,

ils vous diront : "Le docteur Mabuse n'est pas mort. Il est immortel."

Fadaises !

Mais quel est le rapport entre notre affaire et ce docteur...

Mabuse. Le docteur Mabuse.

� l'�poque, je venais d'�tre nomm� inspecteur adjoint.

Nous avons eu un cas semblable :

un homme au volant de sa voiture tu� depuis un autre v�hicule.

L'affaire Barter est une r�plique exacte des m�thodes du docteur Mabuse.

- Mais vous disiez qu'il �tait mort. - Eh oui...

Je l'ai vu mort de mes propres yeux, et pourtant...

Pourquoi n'en a-t-on pas parl� ?

L'affaire a �t� class�e � cause de la mont�e des nazis.

Il doit cependant exister un dossier sur l'affaire Mabuse.

BRIGADE CRIMINELLE DU REICH DOCTEUR MABUSE

Ici num�ro huit. �tablis le contact.

D�chiffrage en cours. Prends note.

Mabuse. Ici, le docteur Mabuse. Ici, le docteur Mabuse.

Depuis quatre jours, l'Am�ricain Henry B. Taylor est en ville.

Le gouvernement britannique a donn� son accord.

Parfait.

- Eh bien, messieurs ? - Nous acceptons.

Juste une question.

En acqu�rant la totalit� des actions des centrales atomiques Taran,

vous agissez pour le compte du gouvernement am�ricain ou pour vous ?

Cela n'a aucune importance.

Si j'exploite les plans de fabrication secrets de vos missiles en Am�rique,

ce sera sous le contr�le de l'�tat.

Et comment envisagez-vous l'aspect financier ?

D�s que mes avocats auront lu les contrats,

je r�glerai la totalit� de la somme.

Nom : Taylor. C'est un nom d'emprunt.

Les sections B et C surveillent toutes les all�es et venues de Taylor

et m'en font un compte rendu d�taill� toutes les douze heures.

Taylor loge dans une suite de luxe au quatorzi�me �tage de l'h�tel Luxor.

Un message radio du commissaire Kras :

"Avant d'�tre assassin� en route pour le studio de t�l�vision,

Peter Barter se trouvait, selon le voiturier, � l'h�tel Luxor."

Convoquez ces messieurs en salle de r�union dans 20 minutes.

De mon c�t�, j'informe le chef d'Interpol.

Depuis un certain temps, Interpol est saisi d'affaires curieuses

qui demeurent toutes irr�solues.

La premi�re remonte � deux ans.

Le 15 mai 1958,

un avion de ligne s'est �cras� sur la piste de l'a�roport de Schipol.

Il avait �t� sabot�.

Aucune trace des coupables � ce jour.

Parmi les victimes se trouvait le banquier fran�ais Luchard.

Sa mort a provoqu� un effondrement des cours � la Bourse de Paris.

Lors de son s�jour en Allemagne,

Luchard avait pass� quelques jours � l'h�tel Luxor.

Le 2 novembre 1958, un certain monsieur Delanuus,

mandataire du groupe sid�rurgique P.C.A.,

a �t� assassin� dans le train couchettes reliant Oslo � Paris.

Deux semaines avant sa mort,

M. Delanuus avait pass� trois soir�es au casino de l'h�tel Luxor.

Le 12 mai 1959,

un trafiquant d'armes d'origine alg�rienne, M. Hussein,

est mort juste apr�s avoir franchi la fronti�re belge.

Attentat � la voiture pi�g�e.

La veille, il avait pass� la soir�e au bar du Luxor avec une call-girl.

Et la liste continue : crimes capitaux, assassinats, vols, enl�vements.

Les affaires, toutes diff�rentes, n'aboutissent jamais.

Mais elles ont un point commun.

Toutes les victimes ont fr�quent� l'h�tel Luxor.

L'un de nos meilleurs agents est donc sur place.

Seuls le chef de la police judiciaire et moi-m�me connaissons son identit�

afin qu'il n'y ait pas la moindre fuite, dans aucun de nos services.

Il est donc descendu au Luxor

avec pour seule mission de faire la lumi�re sur ce qui s'y passe.

J'ai le vertige rien qu'� la regarder.

Les pompiers devraient tendre une toile.

�a y est, elle va sauter!

Revenez par ici !

Soyez raisonnable.

�vitons le scandale.

S'il s'agit d'argent, la direction vous aidera.

Messieurs, vous ne passerez pas.

Soyez raisonnables. La vie d'une personne est en jeu.

- On fait notre boulot. - On veut des photos.

- C'est vrai, quoi ! - Je regrette.

Pour une fois qu'une femme se jette du 14e !

- Son nom ? - N'insistez pas.

C'est M�nil, son nom. Marion M�nil.

Elle loge ici. J'ai failli lui faire signer une assurance-vie.

Avouez que j'ai eu de la veine.

Ne craignez rien.

Pourquoi faire une chose pareille ? Aussi d�finitive.

Vous �tes jeune. Vous avez toute la vie devant vous.

Et elle peut �tre tr�s belle. R�fl�chissez bien.

Si vous ne mourez pas sur le coup, vous pourriez atrocement souffrir...

avant que tout soit fini.

Ou bien vous vous ratez et vivez handicap�e. Allons, voyons.

J'ai peur. Tellement peur.

Donnez-moi votre main.

Faites-moi confiance.

Je vous tiens.

- Elle a boug� ! - �a y est! Il tient sa main.

Heureusement qu'elle n'a pas saut�, �a m'aurait g�ch� mon d�ner !

Buvez, �a vous fera du bien.

Je suis le directeur de l'h�tel. Ouvrez.

- Ne laissez entrer personne ! - Ne craignez rien.

Ouvrez cette porte. Police !

- Je vous en prie. - Passez � c�t�. Je vais leur parler.

Michael.

Entrez, messieurs. Uniquement vous deux.

Messieurs, pas de bousculade.

- On veut voir la femme. - C'est notre droit.

Je ne veux pas d'ennuis. M. Taylor est un client am�ricain.

- Qu'est-ce qu'il a dit? Quel nom ? - Taylor.

Taylor... Non mais, il se fiche de nous ! Tu sais qui c'est ?

Oui ! Je l'ai vu dans les journaux. Je me disais bien aussi.

File � la r�daction. Publie sa photo dans l'�dition du soir.

Moi, je leur dicte le compte-rendu par t�l�phone.

Pardon, messieurs, qui est donc l'auteur de cette action h�ro�que ?

Mistelzweig. Hieronymus B. Mistelzweig. B, comme brioche.

Assurance-vie, accident, voyage, maladie,

incendie, gr�le, vol, cambriolage.

On assure tout, sauf les c�urs bris�s et les paniers perc�s.

Si ce gars-l� est votre client, vous �tes riche.

- Pourquoi ? Il en a donc tant que �a ? - Des milliards.

- C'est Travers, un riche Am�ricain. - C�libataire, qui plus est.

Madame M�nil a l'air assez fortun�e.

Elle poss�de des bijoux et des fourrures.

Elle est arriv�e de Paris en avion il y a cinq jours.

Le d�tective de l'h�tel en sait peut-�tre plus.

- Allez le chercher. - Volontiers.

�tes-vous s�r que la femme ne va pas remettre �a ?

Mon secr�taire est aupr�s d'elle.

Qui est-ce ?

Messieurs, allez vous rafra�chir au bar. Vous �tes mes invit�s.

Je vous donnerai toutes les informations que vous d�sirez plus tard.

Mme M�nil m�ne une vie retir�e et n'a pas de mauvaises fr�quentations.

Le t�l�gramme qu'elle a re�u plus t�t pourrait avoir motiv� son geste.

- Savez-vous ce qu'il contenait ? - Non.

Mais d'apr�s le r�ceptionniste, elle semblait boulevers�e apr�s l'avoir eu lu

et aurait regagn� sa chambre.

Je vais l'interroger moi-m�me.

Cette dame doit quitter l'h�tel sans plus tarder.

- Et moi je dois absolument... - Un instant, messieurs.

On ne peut pas emp�cher une personne de se suicider

pour ensuite l'abandonner � son destin.

Laissez-lui le temps de se remettre.

Comment savez-vous qu'elle ne va pas recommencer ?

J'en prends la responsabilit�.

Peut-�tre Monsieur...

- Rappelez-moi votre nom. - Berg.

- Vous pourriez peut-�tre la surveiller ? - Bien s�r.

Ces messieurs sont partis.

On ne viendra plus vous emb�ter pour l'instant.

Puis-je vous aider en quoi que ce soit?

Personne ne peut m'aider.

Pourquoi m'avez-vous emp�ch�e de... Tout serait termin�.

Mais choisir de mourir est si d�finitif.

On croit souvent que la catastrophe est proche

et le d�sespoir nous envahit tel un nuage noir.

Mais il y a une solution � tout.

Pas dans mon cas.

Vous avez des probl�mes d'argent?

Un chagrin d'amour ?

Vous aviez confiance en moi tout � l'heure, sur le rebord.

Je devrais vous �tre reconnaissante,

mais je ne le suis pas.

D�sirez-vous que je pr�vienne quelqu'un de votre entourage ?

Je ne veux voir personne. Je veux retourner dans ma chambre.

Je ne veux pas vous laisser seule.

Bien s�r.

Dans ce cas, pr�venez mon m�decin, le docteur Jordan.

Oui ?

- O� est-il ? En bas ? - Non, � c�t�.

Monsieur le Professeur ?

Excusez-moi, on m'a dit que Mme M�nil �tait chez vous.

Mon infirmi�re a entendu � la radio ce qui s'est pass� ici.

Mme M�nil est une de mes patientes. Puis-je la voir ?

J'allais vous le demander, professeur.

Marion !

Comment avez-vous pu faire �a ?

Allons, calmez-vous.

Je vous reconduis � votre chambre.

Je vais vous faire une piq�re et vous allez dormir un peu.

Cette nuit, Agn�s restera aupr�s de vous.

Vous aurez ainsi un visage familier � vos c�t�s.

Vous devez me trouver bien ingrate, mais...

Il faut avant tout qu'elle se repose.

Si vous le permettez, je vais reconduire Madame � sa chambre.

- Monsieur. - Professeur...

Mme M�nil est une patiente r�guli�re ?

Pas du tout. Elle a fait une grave d�pression, il y a un an.

Elle a alors pass� deux mois dans ma clinique.

Et elle n'a pas de mari.

Ou de petit ami ?

En tant que m�decin, je n'ai pas le droit de d�voiler sa vie priv�e.

Naturellement. C'est juste que je m'int�resse � elle.

Elle est tr�s solitaire, tr�s renferm�e.

Il est tr�s difficile de gagner sa confiance.

Vous...

Vous devez avoir une grande influence sur elle. Enfin, sur son subconscient.

Sans quoi vous n'auriez pas pu l'emp�cher de se tuer.

J'avoue que cela me surprend beaucoup.

Mais �galement tr�s heureux. Je dois vous laisser.

UN MULTI-MILLIONNAIRE SAUVE UNE FEMME DU SUICIDE A l'H�TEL LUXOR

Voil� une publicit� regrettable pour notre h�tel.

- Bonsoir. - Messieurs.

- Commissaire, un demi ? - Comme d'habitude.

Il s'en passe de bonnes chez vous.

Vos notes sont si sal�es que les clients sautent par la fen�tre ?

�a vous fait rire, commissaire. Moi pas. C'est moi qui trinque.

Comme si je pouvais surveiller tous les clients.

Et ces reporters abjects. Qu'ils aillent au diable !

Je ne vous le fais pas dire. Ils �crivent n'importe quoi.

Ce pauvre Barter. Lui, il aurait su �crire un article sur cette histoire.

Depuis sa mort, je n'allume plus la t�l�.

Celui qui a eu un arr�t cardiaque ?

Oui. Un type formidable, commissaire. Un homme au grand c�ur.

- Monsieur Berg ? - Oui ?

Le secr�taire de M. Travers est au t�l�phone. Cabine num�ro deux.

Veuillez m'excuser un instant.

Vous connaissiez bien Barter ?

Il venait me demander des tuyaux sur des clients de marque.

Les clientes, surtout ?

Figurez-vous que c'est moi qui lui ai parl� de Mme M�nil.

D�s le soir de son arriv�e.

Elle �tait assise l�-bas et Barter buvait son whisky l�.

Bref. Un moment apr�s, c'�tait dans la poche.

Ils sont mont�s ensemble.

Int�ressant.

Bonsoir. J'aimerais parler � Mme M�nil, s'il vous pla�t.

Je regrette, elle vient juste de prendre un somnif�re.

- Elle dort? - Non, mais...

- Je voudrais lui parler. - Demain...

Non. Je suis le commissaire Kras, de la brigade criminelle.

Bon.

Un certain commissaire Kras insiste pour vous voir.

Mais on ne peut donc pas me laisser tranquille.

Je vous en prie. Mais tenez compte de l'�tat de faiblesse de madame M�nil.

Je suis d�sol� de venir aussi tard, madame, mais c'est tr�s urgent.

Soyez bref. Je me sens si faible.

Le nom Barter vous dit-il quelque chose, ch�re madame ?

Barter ? Non.

Un t�l�reporter.

Je n'ai jamais entendu ce nom.

Cette photo vous rafra�chit-elle la m�moire ?

Ah, lui ! Bien s�r que je le connais.

Il est venu se pr�senter au bar, un soir.

Je n'ai pas bien compris son nom.

Il voulait m'interviewer, mais j'ai refus�.

Je ne suis pas une star de cin�ma.

Il �tait tr�s importun.

Vous �tes tout de m�me mont�e avec lui.

Je voulais �viter une sc�ne au bar.

Je l'ai fait monter, mais une fois ici, il est devenu agressif.

� tel point que j'ai d� le prier de ne plus m'importuner.

Pas de danger qu'il revienne vous d�ranger.

En effet, peu apr�s vous avoir quitt�e, Monsieur Barter est... mort.

Mais c'est affreux !

Et ceux qui veulent mourir, on les en emp�che.

"Reviens tout de suite ou tu devras en assumer les cons�quences.

J'ai toutes les preuves de ta culpabilit�."

Madame M�nil,

trois heures apr�s l'arriv�e de ce t�l�gramme,

vous avez tent� de vous suicider.

Comment avez-vous eu ce t�l�gramme ? Ma vie priv�e ne vous regarde pas.

Quand la police enqu�te sur une affaire, il n'y a pas de vie priv�e.

Pourquoi me torturez-vous comme �a ? Laissez-moi en paix !

Partez ! Voyez dans quel �tat elle est.

Bon. Mais je reviendrai vous voir pour parler de Barter.

J'ai re�u un coup de t�l�phone tr�s �trange � ce sujet.

Ne quittez pas la ville jusqu'� nouvel ordre.

Bonne nuit.

H.B. MISTELZWEIG ASSURANCES

Les temps sont durs pour les affaires.

La faute � Mars qui est dans la maison de la mort.

- Qui se trouve o� ? - Mars. Dans la maison de la mort.

L'homme d'affaires moderne se fie � l'astrologie.

� quoi bon assurer un client, si on sait qu'il va mourir bient�t.

J'aurais tr�s bien pu assurer votre ami Barter. Il �tait en pleine forme.

Il aurait fait un versement et vlan, arr�t cardiaque.

J'en aurais �t� pour mes frais.

Non. Il faut avoir le nez pour rep�rer les bons candidats.

- Tr�s int�ressant. - Que dites-vous ?

Vous aviez lu l'horoscope de Barter ?

- C'est le commissaire Kras. - Oh, enchant�.

Permettez. Hieronymus B. Mistelzweig. B, comme brioche.

Assurance-vie, accident, voyage, maladie,

incendie, gr�le, vol, cambriolage.

On n'assure pas les c�urs bris�s ni les paniers perc�s.

Impressionnant. Pour qui travaillez-vous ?

Lloyds � Londres, Assurances La Paix � Paris, Securos Atlantica � Madrid,

Condor � Hambourg. � l'�tranger, en Am�rique.

J'ai des relations dans le monde entier.

Une branche qui rapporte bien, non ?

Je pr�f�re ne pas en parler. J'en vis.

Karl... Permettez, messieurs, c'est ma tourn�e.

- Bien. - Oui.

Une gn�le avec la bi�re, �a ne fait pas de mal.

Je le fais passer en frais de d�placement.

Karl ? Un de plus, s'il te pla�t.

- Un autre pour notre ing�nieur. - Je regrette. Plus tard.

La salle de r�frig�ration est inond�e. S�rement un court-circuit.

Vous avez la cl� de la salle des agr�gats ?

- Non. Mais il y a un double. - Je ne le trouve pas. Venez avec moi.

Vous pouvez me servir. Je reviens dans un instant.

- Votre bureau est dans l'h�tel ? - Mon bureau ? Non, non.

Mon bureau est ici, dans ma t�te.

Je fais mes affaires ici, au Luxor, mais...

avoir un bureau ici, �a non. Merci bien !

- Qu'avez-vous contre l'h�tel ? -Il est sous de mauvais auspices.

Comme tout ce qu'ont fait les nazis � la fin de la guerre.

Quel rapport avec le Luxor ?

Disons que...

Les humains sont influenc�s par les plan�tes � leur naissance.

- Les b�timents aussi. - Voyons ! Un b�timent ne na�t pas.

Si, monsieur le Commissaire.

La premi�re pierre pos�e pour le b�tir est l'heure de sa naissance.

La premi�re pierre du Luxor, ce sont les nazis qui l'ont pos�e en mai 1944

lorsqu'ils croyaient encore � la victoire finale.

Les hauts grad�s S.S. voulaient b�tir des h�tels fastes

pour les politiciens et les diplomates.

Log�s tous ensemble, ils �taient plus faciles � espionner.

Le Luxor n'est pas n� sous une bonne �toile.

Mais vos affaires marchent bien.

Ce genre d'h�tel attire les clients riches

qui font assurer bijoux ou bagages

ou veulent s'assurer sur la vie ou contre les accidents.

Ma femme insiste pour que je prenne une assurance-vie.

Tout d�pend des plan�tes, commissaire. Des plan�tes.

Et avec le m�tier que vous faites...

Vous pourriez aussi bien mourir demain.

Votre m�tier comporte des risques. Et les criminels ne dorment jamais.

Mais pourquoi pas ? On verra.

Appelez-moi donc en matin�e au bureau. C'est calme en ce moment.

J'aimerais bien discuter avec vous de M. Barter.

Lui aussi voulait prendre une assurance.

J'ai re�u � ce sujet un appel des plus curieux.

- � la v�tre, monsieur Mistelzweig. - Sant�, commissaire.

Karl.

- J'ai �t� enchant�. - Moi de m�me, commissaire.

Je ne manquerai pas de vous appeler.

Je vais bien, merci. Mais vous seriez bien aimable de me faire traverser.

Puis-je vous d�poser quelque part ?

C'est tr�s gentil de votre part.

Je n'habite pas loin.

- Y a-t-il une place pour mon chien ? Naturellement.

Naturellement.

En Irlande, nous connaissons bien ce temps froid et humide.

Je le sens sur ma peau, comme du coton mouill�.

Je ne sais pas...

Attention ! Ne tournez pas trop vite ! Un danger !

Il s'en est fallu de peu. Merci de m'avoir averti.

Comment le saviez-vous ?

Je vois parfois ce qui va se produire.

VOUS ne me croyez pas.

Ce matin, le verre � dents de l'h�tel vous a �chapp� des mains.

En ramassant les d�bris, vous vous �tes coup� au majeur droit.

�a alors... J'�tais seul lorsque c'est arriv�.

Ce matin, vers 11 heures,

vous avez sign� un ch�que � l'ordre d'une banque anglaise.

Mais la transaction pr�vue n'aura pas lieu.

Pour le ch�que, c'est vrai aussi. Mais comment savez-vous le reste ?

Je vous l'ai dit. Je vois parfois les choses avant qu'elles aient lieu.

Si vous pouvez pr�dire l'avenir,

pourquoi n'avez-vous pas vu qu'une voiture allait vous �craser ?

L'heure de ma mort n'est pas encore venue.

- Qui �tes-vous ? - Mon nom est Cornelius.

Bonsoir, monsieur le Commissaire.

- Pourquoi allumer, Cornelius ? - Pour que vous voyiez mieux.

J'aurais pu �tre un cambrioleur.

Mon chien a grogn� et aboy�.

Cela signifie qu'il conna�t la personne.

Face � un inconnu, il se comporte diff�remment.

Et puis... J'ai reconnu l'odeur de votre tabac.

Vos v�tements en sont impr�gn�s.

Je savais donc que vous m'attendiez dans le noir.

Les sens des aveugles sont mieux aiguis�s que ceux des voyants.

Mais comment �tes-vous entr� ? Mon domestique est absent.

Je me suis introduit chez vous par effraction. Je m'en excuse.

Mais je dois vous parler.

L'affaire Barter a pris une nouvelle tournure.

Avez-vous trouv� un indice dans sa voiture ?

Non...

Dans sa t�te.

Une petite chose d�sagr�able.

Pour vous dire la v�rit�, Cornelius,

je pi�tine dans cette affaire.

Vous savez que je suis un sceptique, mais...

Je suis bien oblig� de me contenter de ce que j'ai.

Du calme, Ferro.

En vous concentrant sur cet objet,

voyez-vous quelque chose qui puisse m'aider � avancer ?

Un homme...

Son visage est...

totalement flou.

Je ne vois plus rien.

Voil� le voile noir qui revient.

Il recouvre tout.

Il est plus fort que moi.

Il me menace moi, personnellement. Je le sens.

Je vous serais donc tr�s reconnaissant

de me tenir au courant de vos avanc�es dans l'affaire Barter.

Nous n'avons rien r�v�l� aux journalistes

au sujet de la mort violente de Barter.

J'ai toutefois re�u un appel tr�s curieux cet apr�s-midi.

Un homme s'est dit pr�t,

moyennant une r�duction de sa peine et une r�compense,

� me livrer certaines informations au sujet de cette aiguille en acier.

Nos recherches ont montr� que l'appel provenait d'une cabine � pi�ces.

Mais le type est rus�.

� l'arriv�e de la patrouille, il avait fil�.

Avant de raccrocher, il m'a conseill� de bien r�fl�chir

et a dit qu'il me rappellerait demain.

Qu'est-ce qu'on fiche ici ?

C'est la cave o� on a retrouv� l'Amerloque.

Tu sais bien. Le fameux Amerloque.

- Et nous, qu'est-ce qu'on fait ici ? - On t�l�phone.

- Tu aimes �a, t�l�phoner. - Moi ? Pourquoi tu dis �a ?

Tu le sais tr�s bien. Je t'avais pr�venu.

Le docteur n'aime pas �a.

- Quoi donc ? - Qu'on t�l�phone.

Mais je n'ai pas...

Je n'ai pas...

- Bonjour, commissaire. - Bonjour.

La nuit a �t� courte. Du nouveau ?

Rien. Tout est calme.

Le t�l�phone �tait en panne, mais on l'a r�par�.

- Un employ� est venu. - Ne d�crochez...

Je serais pr�t � l'acheter.

Me le c�deriez-vous pour 45 O00 marks ?

- Mais... Il en vaut beaucoup plus. - Et pour 50 O00 ?

- Bon, j'accepte. - Voulez-vous un ch�que ou des esp�ces ?

Des esp�ces, je pars peut-�tre aujourd'hui.

Les banques sont d�j� ferm�es.

Rien.

Vous avez eu de la veine, commissaire.

Sans l'armoire pour vous prot�ger, vous seriez mort.

J'aurais pr�f�r� �a.

Sa femme attend son premier enfant.

Croyez-vous qu'on s'habitue � voir des coll�gues y passer ?

� ce que �a devienne la routine.

- C'est ma faute. - Votre faute ? Pourquoi donc ?

J'ai pos� trois app�ts hier.

La r�action a �t� plus rapide que je pensais.

Mais qui est-ce ?

Le type qui a des visions ?

L'agent d'assurances ?

Ou bien la femme ?

Pourquoi n'�tes-vous pas honn�te envers moi ?

Je ne vois pas de quoi vous parlez.

Vous avez vendu ce collier aujourd'hui.

- Vous me faites suivre ? - Je me sens responsable de vous.

Vous avez r�serv� des places d'avion sur quatre vols diff�rents.

Pour quatre jours cons�cutifs.

Pour quatre destinations diff�rentes.

Et sous quatre noms diff�rents, � part le v�tre.

- Pourquoi ? - Ne me posez pas de questions !

Que redoutez-vous, Marion ?

De quoi avez-vous peur au point de vouloir en finir ?

Ne me le demandez pas ! Je vous en prie !

Je ne veux pas vous torturer, Marion. Laissez-moi vous aider.

Je ne veux rien devoir � personne.

- Je n'accepterai pas d'argent de vous. - Alors reprenez au moins ceci.

Je sais ce que �a signifie pour une femme de se s�parer de ses bijoux.

Il ne me reste plus qu'� le garder.

Peut-�tre nos chemins se recroiseront-ils un jour.

D'ici l�, j'aurai ce collier en souvenir de vous.

Mon avion part demain.

Demain d�j� ?

Me feriez-vous une faveur en guise d'adieu ?

Si je peux, volontiers.

Passez cette derni�re soir�e avec moi.

Il faut vous changer les id�es pour retrouver l'envie de vivre.

Vous devez voir du monde, entendre rire, �couter de la musique.

Je trinque au prochain hasard qui nous r�unira.

Les soucis et les probl�mes sont � d�poser aux vestiaires.

D'accord, buvons au prochain hasard.

- Quelle musique ! �a donne des frissons. - Oui.

Je suis Scorpion, signe de feu. De quel signe �tes-vous, ma ch�re ?

- Balance ? - Non ! Je suis Sagittaire.

Touch� en plein c�ur!

- Voulez-vous danser un peu ? - Oui, volontiers.

- Vous aimez danser ? - J'adore �a.

Du moins autrefois...

Je crois que vous �tes d'un naturel joyeux.

J'ai toujours �t� joyeuse et enjou�e. J'aimais rire.

Pourquoi ne pas essayer ?

Vous voyez. C'est bien mieux ainsi. Venez danser.

N'ai-je pas eu raison de vous tirer de votre solitude morose ?

Peut-�tre.

Vous dansez � ravir.

Vous voyez, vous �tes m�tamorphos�e.

Marion, prenez l'avion avec moi demain pour Paris.

Pour Paris ? C'est impossible.

Ne croyez pas que je sois prude.

J'adorerais y aller, mais je ne peux pas partir.

Pourquoi pas ?

Je ne suis pas libre. Je suis une femme mari�e.

- Aimez-vous votre �poux ? - Je le hais.

Quand la dame qui vient de sortir reviendra, dites-lui que je reviens.

Bien s�r, monsieur.

-Il a un holster avec un revolver. - Vous en �tes s�re ?

Je suis pleine de bleus � force de m'�tre serr�e contre lui.

N'avez-vous jamais pens� au divorce ?

Si, tr�s souvent. Mais mon mari ne me laissera jamais partir.

L'argent permet de supprimer bien des obstacles.

Pas dans mon cas. L'argent ne r�soudra rien.

Mais cessons de ne parler que de moi.

Parlez-moi de vous, de votre vie.

Rien de passionnant, � part les affaires et les conf�rences.

- Et les femmes dans tout �a ? - Des aventures passag�res, rien d'autre.

Vous savez, lorsqu'on vit pour sa profession comme moi,

d'assembl�es g�n�rales en r�unions et en discussions,

on passe son temps dans des avions et des salles de conf�rence.

Je trouve le temps de m'amuser, mais jamais davantage.

Vraiment ? C'est triste.

On ne peut pas tout avoir.

M. Travers ? Excusez-moi. On vient de me remettre ceci pour vous.

- O� est le ch�que ? - Encore chez les avocats.

- Arr�tez tout sur-le-champ. - Bien.

Vous n'arrivez plus � vous changer les id�es.

Tout � l'heure, lorsque nous dansions, j'ai cru un instant que je pouvais fuir.

Mais je ne peux pas. Personne ne le peut.

- Chacun doit suivre son chemin. - Marion.

Non. Je ne ferais que vous porter malheur.

Si nous nous �tions rencontr�s il y a trois ans, j'aurais dit oui.

Mais maintenant, ce serait me mentir � moi-m�me.

D�sol�e de vous g�cher cette charmante soir�e.

Pardonnez-moi et oubliez-moi. C'est s�rement pr�f�rable.

Souhaitez-vous r�ellement que je vous oublie ?

Oui.

AVIS DE RADIO LONDRES :

EXPLOSION D'UN R�ACTEUR NUCL�AIRE AUX USINES TARAN.

SITE ENTI�REMENT D�TRUIT PAR LE FEU. NOMBREUSES VICTIMES.

POPULATION �VACU�E SUR UN P�RIM�TRE DE 40 KM PAR MESURE DE S�CURIT�.

Je n'ai pas vu la catastrophe qui allait se produire.

J'ai simplement senti une ombre noire planer sur votre projet.

Apr�s le verre � dents et le camion que nous avons failli percuter,

cet accident aux usines Taran.

Comment expliquez-vous cela de mani�re rationnelle ?

Le destin a voulu que ma route croise la v�tre.

Je dois peut-�tre vous prot�ger d'autres malheurs.

L'explosion dans les usines Taran n'est pas un malheur.

Une simple transaction qui n'a pas pu se faire, rien de plus.

Je parle de votre propre destin.

J'ai beau �tre aveugle, la lumi�re trop vive me d�range.

Et elle distrait vos pens�es.

Fixez toute votre attention sur moi.

Vous devriez partir, quitter cette ville.

Quelque chose a crois� votre chemin.

Cette chose est d�sormais dans l'ombre d'un voile noir.

Je vois une silhouette.

Elle est totalement floue.

- Un animal. - Ou une femme ?

Cela se pourrait.

Je ne parviens pas � la distinguer dans l'obscurit�.

Mais je vois une chose.

VOUS avez sauv� une vie.

C'est justement de la vie que vous avez sauv�e que vient le danger.

Et la mort.

Croit-elle r�ellement qu'on ignore qu'elle a r�serv� sur quatre vols ?

Sous des noms d'emprunt, mais enfin...

Je n'y comprends rien.

Bref. Notez : "V�rification aupr�s d'Interpol.

L'assureur Mistelzweig travaille-t-il bien pour Lloyds,

pour les assurances La Paix et les autres compagnies ?"

Commissaire,

Mme M�nil vient d'annuler ses quatre billets d'avion par t�l�phone.

Int�ressant.

Elle passe la soir�e avec l'Am�ricain et annule ses vols le lendemain.

Elle n'avait pourtant pas l'air r�joui en remontant.

Int�ressant.

J'ai une mission pour vous.

Procurez-vous en douce la derni�re d�claration d'imp�ts de Cornelius.

All�, monsieur Cornelius ? Ici Kras.

Non, pas grand-chose de nouveau.

L'homme qui voulait vous donner une information secr�te n'a pas appel� ?

Il ne pouvait pas le faire, M. Cornelius,

figurez-vous que mon t�l�phone a explos� hier.

Petite tentative de meurtre � mon encontre.

Un soi-disant employ� de la centrale t�l�phonique l'a "r�par�" juste avant.

Pouvez-vous me d�crire l'homme en question ?

Le seul en mesure de le faire serait mon assistant,

mais le pauvre est mort.

Pourquoi ne pas m'avoir pr�venu � temps ?

Que voulez-vous dire ?

J'aurais d� pr�dire votre mort ? Vous �tes en vie que je sache !

Vous l'avez bien fait pour Barter!

Mais lui est bien mort. Commissaire, je sens votre m�fiance.

Je sais que vous �tes incr�dule, et j'aimerais vous convaincre.

Venez ce soir � une s�ance de t�l�pathie chez moi.

Choisissez vous-m�me qui vous voulez y convier.

Venez avec qui vous voulez.

Croyez-vous � ces sornettes ?

Michael, vous savez que j'ai toujours �t� m�fiant,

mais pour la premi�re fois de ma vie, j'ai envie de croire en quelqu'un.

Vous parlez du voyant ou de la femme ?

Vous devriez me conna�tre mieux que �a.

Je fais ce que bon me semble.

Aucun voyant sur terre ne me fera changer.

Donc, vous restez ?

Oui. Vous partez seul � Londres. Aujourd'hui.

Voyez quels sont les effets de la catastrophe

et si les documents secrets sur les fus�es Taran ont pu �tre sauv�s.

- Bien. - Une derni�re chose avant de partir.

Choisissez 50 roses chez le fleuriste d'en bas,

et faites-les livrer � madame M�nil avec ce mot.

Certainement.

Oui ?

Excusez-moi, M. Travers.

- Puis-je vous parler seul � seul ? - � quel sujet?

Madame M�nil.

Disons que... M. Travers...

Je n'ai pas l'habitude de m'immiscer dans la vie priv�e de nos clients,

mais je crois savoir que tout ce qui concerne Mme M�nil vous int�resse.

Il est malheureusement tr�s difficile

de surveiller continuellement cette dame.

Elle passe la quasi-totalit� de la journ�e dans sa chambre,

t�l�phone tr�s souvent

et y re�oit �galement des visites.

Je pourrais vous d�voiler une chose susceptible de vous int�resser.

- Combien voulez-vous ? - � vous de me faire une proposition.

Mais c'est confidentiel. Cela peut me co�ter ma place.

C'est bon, j'ai compris.

J'�coute.

Disons que... il faut que je vous le montre.

Si vous voulez bien me suivre. Ce ne sera pas long.

C'est ici.

C'est l'appartement mitoyen de celui o� est log�e Mme M�nil.

Apr�s vous.

Un mari tr�s jaloux vivait dans cette chambre

et � c�t� logeait sa femme.

Il se demandait sans cesse si elle le trompait ou non.

Je l'ai un peu aid� en mettant au point cette petite installation.

Et un beau jour, il l'a surprise en flagrant d�lit d'adult�re.

D'ici, on voit et on entend tout. Mais pas de l'autre c�t�.

Je branche le haut-parleur. Chut!

Incroyable, non ? C'est un simple miroir.

- Betty ? - Oui.

- Pourriez-vous m'aider � m'habiller ? - Bien s�r.

Merci.

Allez voir qui c'est.

On a fait livrer ces roses pour madame.

Ces roses sont magnifiques.

Je vais chercher un grand vase.

Alors, qu'en dites-vous, M. Travers ?

Arr�tez �a. C'est immonde d'observer ainsi les gens � leur insu.

- J'ai cru que... - D�branchez !

N'ayez crainte, M. Berg, je vous paierai pour ce secret.

Mais afin que personne n'en fasse mauvais usage,

r�servez cet appartement � mon nom.

Dites � la r�ception que j'attends des clients.

Naturellement, M. Travers.

Oui ?

Je vous rappelle que nous avons rendez-vous.

J'aimerais vous convier � une s�ance de t�l�pathie.

Oui, ch�re madame.

Chez le voyant. Ce soir � 20h30.

Je tiens � ce que vous veniez.

Bonjour, commissaire. Oh... Je vous d�range ? J'avais appel�, je...

Ne bougez pas de l'h�tel. Je vous rappelle plus tard.

Vous vous sentez bien ici ? �a aurait besoin d'un coup de peinture, non ?

Vous avez eu du nez hier, M. Mistelzweig.

On avait pr�vu de m'envoyer au ciel.

- Je peux revenir un autre jour si... - Non, vous tombez � pic. Asseyez-vous.

Vous vous int�ressez � l'astrologie, non ?

�a me sert pour les affaires, je vous le disais...

- Oh ! Votre �pouse ? - Oui, oui.

Voudriez-vous participer � une s�ance passionnante chez un voyant ?

Je suis flatt�. Quand cela ?

Ce soir � 20h30.

Nous parlerons peut-�tre affaires. Ma femme y sera.

Je vous pr�sente ma femme. Monsieur Cornelius.

Enchant�, ch�re madame.

Mon assistant, M. Kayser, et M. Mistelzweig.

Hieronymus B. Mistelzweig. B, comme brioche.

Assurances g�n�rales: vie, accident, bagages perdus, sant�...

...incendie, gr�le, vol et cambriolage.

C'est un passionn� de pratiques occultes et d'astrologie.

Oui, enfin... En amateur, M. Cornelius. Je suis un dilettante.

Aujourd'hui le soleil est en conjonction avec Neptune. C'est signe d'eau.

Un orage se pr�pare. J'aurais d� prendre mon parapluie.

C'est un bel animal que vous avez l�.

Viens voir, mon chien. Tonton a quelque chose pour toi.

Du calme, Ferro. Sois gentil.

Bien dress�. Il n'accepte rien de la main d'un �tranger.

Bonsoir, ch�re madame.

Voici M. Cornelius. Mon �pouse. M. Kayser.

- Vous connaissez M. Mistelzweig. - Je ne suis pas en retard ?

Absolument pas. Je vous en prie, asseyez-vous l� o� il vous plaira.

Veuillez maintenant tous fixer votre attention sur moi.

Je ne parviens pas � me concentrer.

J'ai du mal, quelque chose m'en emp�che.

Ce n'est pas d� � l'orage.

- Monsieur le Commissaire ? - Oui.

Voulez-vous bien changer de place avec moi ?

Mais bien entendu.

- Oh, je m'excuse. -Il n'y a pas de mal.

J'esp�re que mes cigares sont intacts.

Je le savais.

Saturne en maison onze, incident dans le cercle d'amis.

- Veuillez m'excuser. - Bien s�r.

Commen�ons la s�ance.

Dans ce cercle se trouve une personne

qui souhaite se faire passer pour quelqu'un d'autre.

Je vois sa main. Une main de femme avec une bague.

Un bague qui n'a pas sa place � cette main.

Un �v�nement tragique a enlev� � cette femme l'homme qu'elle aimait.

Un voile noir dissimule cet homme.

L'image devient floue.

Je vois une voiture.

L'homme se trouve au volant. Il est mort.

Peter Barter.

Une personne pr�sente dans cette assembl�e l'a vu...

avant sa mort.

Une autre personne ici pr�sente vengera sa mort.

Mais elle n'aura pas la t�che facile.

Le voile noir est tout-puissant.

Il s'�paissit et s'approche plus pr�s... encore plus pr�s.

Non ! Ce n'est pas un voile.

C'est un visage.

Le visage d'un mort.

Non !

Le visage d'un vivant.

Mabuse. Docteur Mabuse.

Le visage a disparu.

Le voile noir est revenu.

Il est proche. Tout proche.

Il est l�. Il recouvre...

Kras ! �loignez-vous de la fen�tre ! �loignez-vous !

�teignez la lumi�re !

On a tir� de cet immeuble. Du toit ou d'une mansarde.

Kayser, on peut encore pincer le gars !

Je ne reste pas ici davantage. M. Mistelzweig, ramenez-moi � l'h�tel.

Ne me laissez pas seule.

Le danger est pass�.

Je regrette que la s�ance s'ach�ve ainsi.

Prenez donc un rafra�chissement pour vous remettre de vos �motions.

Monsieur Cornelius...

J'admire vos dons de voyance.

C'est v�ritablement fabuleux, formidable...

Au fait, quel est ce dr�le de nom que vous avez �voqu� ?

Docteur... Marguse ? Ou comment �tait-ce d�j� ?

Je ne m'en souviens pas. Je ne suis pas ma�tre de mes mots.

Peu importe.

Au fait, entre nous...

Pensez-vous que le commissaire Kras vive encore longtemps ?

Je ne suis pas omniscient, M. Mistelzweig.

Il veut prendre une assurance-vie,

alors si vous aviez des tuyaux � me donner...

Je ne fais pas d'affaires en misant sur la vie des gens.

�videmment. Excusez-moi. Comment ai-je pu penser �a ?

Au fait... Avez-vous remarqu� que...

Le coup a �t� tir� � l'instant o� votre horloge a sonn� le premier coup.

- Elle est � l'heure ? - Je suppose que oui.

Non. Elle avance d'une minute exactement.

Regardez.

Excusez-moi. J'oubliais que vous �tiez aveugle.

Mais ne croyez-vous pas aussi que ce d�calage d'une minute

a peut-�tre sauv� la vie du commissaire ?

Alors, commissaire. Vous l'avez ?

Rien du tout.

Mon assistant continue les recherches, mais...

Le type est d�j� loin � l'heure qu'il est.

Cornelius, je ne vous ai pas encore remerci�.

Sans votre avertissement, je serais mort.

La balle a travers� la chaise juste � l'endroit o� se trouvait ma t�te.

�trange.

�a fait deux fois en 48 heures qu'on tente de me tuer.

- Vous vous m�prenez, commissaire. - Pourquoi ?

Vous oubliez que c'est moi qui �tais assis l� avant vous.

C'�tait moi la cible de cette tentative de meurtre.

Vos roses m'ont fait immens�ment plaisir.

Marion ! Mais que faites-vous ici ?

J'�tais si seule dans ma chambre.

C'est un peu pu�ril, mais je suis toujours terrifi�e par l'orage.

Vous ne m'en voulez pas d'�tre entr�e ainsi ?

- La porte �tait ouverte. - Je suis heureux de vous voir.

Est-ce � cause de moi que vous n'�tes pas parti ?

Avant de me replonger dans le travail,

j'avais une derni�re question � vous poser.

Je vous �coute.

- Pr�f�rez-vous le whisky ou le cognac ? - Un whisky, s'il vous pla�t. Sans glace.

- C'�tait �a, votre question ? - Non.

- Sant�. - Sant�.

Posez votre question.

Si vous �tiez libre... M'�pouseriez-vous ?

Je vais �tre franche avec vous, Henry.

Tout � fait franche.

Mon mariage est en r�alit� un enfer.

Mon mari a toujours �t� un homme d'une jalousie maladive.

Il a un handicap physique.

C'est un handicap au pied. Cela ne m'a jamais d�rang�e.

Mais c'est certainement ce qui motive sa jalousie.

Il est persuad� que je le trompe.

Il est arriv� qu'il me frappe pour me pousser � avouer.

- Mais je n'avais rien � avouer. - Mais c'est une cause de divorce !

Je lui ai d�j� propos� de divorcer. Tr�s souvent.

Il a dit qu'il me tuerait plut�t que de me laisser libre.

L'an dernier, je me suis enfuie.

J'�tais � bout de nerfs.

J'ai fait un s�jour � la clinique du Dr Jordan.

C'est un ami de la famille depuis longtemps.

� peine r�tablie, mon mari m'a ramen�e � la maison.

Tortures, menaces et s�vices reprirent de plus belle.

Il y a dix jours, j'ai �t� prise d'un acc�s de folie.

Tout m'�tait �gal.

Je m'�tais procur� du poison afin de le tuer.

Mais il s'en est aper�u et m'a battue � mort.

Je ne savais pas quoi faire, alors je me suis � nouveau enfuie.

Sans r�fl�chir. Loin de lui, c'est tout.

Voici comment je suis arriv�e ici.

Mais il a retrouv� ma trace.

Dans un t�l�gramme il m'a �crit de revenir sur-le-champ

sans quoi il me d�noncerait � la police.

Je comprends mieux maintenant.

Je ne voyais pas d'autre issue que d'en finir.

Voil�, vous savez tout.

Voulez-vous encore �pouser une femme qui a voulu tuer mon mari ?

Marion...

- Oui ? - Mme M�nil est-elle chez vous ?

Je ne peux pas la joindre dans sa chambre.

- C'est pour vous. Le professeur Jordan. - Le professeur ?

Oui ? Marion � l'appareil.

Comment? Depuis quand ?

Mon Dieu ! Il y a dix minutes ?

Oui. D'accord. Vous restez � la clinique ?

Oui, merci... Je vous remercie.

Que se passe-t-il ?

Mon mari est en route. Il peut arriver d'une minute � l'autre.

-Il ne faut pas qu'il me voie ici. - Restez. Vous �tes en s�curit� ici.

Ne vous m�lez pas de �a. Vous ne connaissez pas Roberto.

Laissez-moi partir, je vous en prie.

Si je n'ai pas appel� dans 30 minutes, venez dans ma chambre.

Marion !

- La pluie a-t-elle cess� ? - Je peux demander...

Non, non, laissez. Je le ferai moi-m�me.

- Qu'y a-t-il ? Je suis d�j� couch�e. - Ouvre si tu ne veux pas de scandale.

- Reviens demain. - Ouvre ! Sinon je d�fonce la porte.

C'est mieux ainsi. Pourquoi me faire attendre ?

Je m'excuse si je mets � mal tes petits nerfs fragiles

en faisant irruption chez toi.

Une �pouse aimante devrait se r�jouir en voyant son mari

et se montrer plus affectueuse.

Que me veux-tu ?

Je ne le sais pas moi-m�me.

Nous verrons bien.

Un peu idiot de ta part de t'enfuir une fois de plus

et de t'imaginer que je ne te retrouverais pas.

Aussi idiot que d'essayer de m'empoisonner.

Tu as cru que personne ne s'apercevrait de ma disparition ?

Il suffit que je dise un seul mot, et tu vas droit en prison.

Cette fois, tu ne t'en tireras pas aussi facilement.

Voil� de belles roses. Elles viennent de lui, pas vrai ?

Apr�s ta tentative de suicide th��trale,

tous les journaux parlent de toi et de ton nouvel amant.

Tu dois �tre reconnaissante � ton sauveur.

Tu lui t�moignes ta gratitude avec des gestes tendres et affectueux.

Pas vrai ?

Tu es un mufle !

Voil� ! Tu as mal � ton pauvre petit c�ur ?

- Tu l'aimes, pas vrai ? - Oui, je l'aime.

Je l'aime autant que je te hais, tu entends ?

Je ne regrette pas une seconde d'avoir voulu te tuer.

Tu n'es pas un homme, tu es un monstre.

Tout doux, ma petite ch�rie. Tout doux.

On verra si monsieur l'Am�ricain aura toujours envie te mettre dans son lit

une fois que tu seras d�figur�e.

Tue-le !

- Par o� es-tu pass� ? - Par le miroir.

Le d�tective de l'h�tel... Je t'expliquerai.

Penses-tu que quelqu'un a entendu le coup de feu ?

Attends.

Le couloir est d�sert.

J'appelle le Dr Jordan. Il doit venir sur-le-champ.

Il peut peut-�tre sauver Roberto.

C'est Marion, professeur.

Venez vite ! Un malheur s'est produit.

Oui... Roberto.

Peut-�tre pouvez-vous encore le sauver ? Merci.

Il arrive.

- Karl ? O� est mon cognac ? - L�. Je vous croyais parti.

Un agent d'assurances revient toujours.

Il tombe des seaux.

� vos souhaits.

Un temps � ne pas mettre le nez dehors, m�me pour un chien.

Docteur Jordan ! Merci d'�tre venu.

- C'est moi qui ai tir�. - Professeur, en v�rit�...

C'�tait de la l�gitime d�fense. Voyez, son couteau est l�.

Il est mort.

Je ne voulais pas le tuer. Je n'ai pas voulu �a.

Aidez-moi, professeur.

Ne m'abandonnez pas, je vous en prie. Ne m'abandonnez pas.

Calmez-vous, Marion. Laissez-moi r�fl�chir.

Je suis en partie responsable.

Moi aussi je le suis. Je savais combien cet homme �tait dangereux.

J'aurais d� venir tout de suite. Venez par l�.

L'important est pour l'instant de tenir la police en dehors de �a.

L'ambulance de ma clinique est gar�e dans une ruelle. C'est plus discret.

Comment faire pour faire sortir le corps de l'h�tel ?

Un arr�t cardiaque � soigner d'urgence.

J'inscrirais ensuite "Arr�t cardiaque" sur le certificat de d�c�s.

Mais comment le transporter hors de l'h�tel ?

Le d�tective de l'h�tel est pr�t � tout si on le paie. Et il me doit un service.

Et maintenant, hop. Je file dans mon lit, malheureusement vide.

- � vos souhaits. - Merci.

Vous auriez un imperm�able � me pr�ter ? J'ai oubli� le mien.

J'en ai un vieux derri�re. Je vais le chercher.

- Tenez, j'esp�re que �a ira. - Merci. Vous �tes bien aimable.

- Je vous le rapporte demain. - Aucun probl�me.

- Bonne nuit. - Bonne nuit, M. Mistelzweig.

Une simple crise cardiaque, madame.

Ne vous inqui�tez pas.

Quelques jours de repos dans ma clinique et il sera de nouveau sur pied.

Il devra se m�nager au d�but. Pas d'agitation, pas d'affaires.

Il doit penser � sa sant� en premier lieu.

5 O00 dollars si vous nous aidez, M. Berg. La presse ne doit rien savoir.

Mais bien entendu, M. Travers.

L'h�tel n'a aucun int�r�t � voir cette nouvelle f�cheuse se r�pandre.

Comment transporter discr�tement M. M�nil � l'ambulance ?

Rien de plus simple : le monte-charge.

- Et le miroir bris� ? -Il sera r�par� d'ici une heure.

Je r�veille l'ing�nieur. Il loge ici, c'est mon meilleur ami.

CLINIQUE JORDAN

A�e ! Attends un peu, sale b�te.

Bon. �a, c'est r�gl�.

Ni sir�ne, ni gyrophare. Il ne faut pas attirer l'attention.

Je vous rejoins en voiture.

Je connais Dr Jordan depuis mon enfance. Il ferait tout pour m'aider,

mais lui dire que c'est toi qui as tir�...

L'id�e de me cacher derri�re une femme...

J'ai toujours assum� mes actes.

S'il n'avait pas �t� plus rapide que moi, j'aurais tir�.

Cela n'a pas d'importance. Tu m'as sauv� la vie � deux reprises.

Tout de m�me.

Il y a deux heures,

dans cette pi�ce...

tu m'as demand� si je t'�pouserais si j'�tais libre.

D�sormais, je suis libre.

Bon, �a a fonctionn�.

Exactement comme l'avait pr�vu le docteur.

Tout � fait.

Non !

Ici Kras.

Que se passe-t-il ?

La patrouille huit a d�cel� un incendie

� l'�tage sup�rieur de l'immeuble bombard�.

Avec un macchab�e � l'int�rieur.

Vous me r�veillez pour �a ? Franke est de service.

Laissez-moi dormir...

Que dites-vous ?

Un �metteur clandestin ?

Le dossier du docteur Mabuse ?

Dr�le de piaule. Pas de nom � la porte. Rien.

En voyant de la rue la lueur de l'incendie, mon coll�gue m'a dit :

"Mais personne n'habite l� !"

Et voil� qu'on d�couvre ce cadavre.

Il a �t� touch� � la poitrine. En plein c�ur, on dirait.

Ils l'ont descendu et ont voulu br�ler la piaule.

On a arrach� les rideaux et vers� de l'eau sur le canap�.

On a �teint l'incendie en pi�tinant le reste.

-Il avait des papiers sur lui ? - Non. Rien.

Mabuse.

Mabuse...

C'est gentil de votre part de me recevoir si t�t, M. Cornelius.

J'�tais dans le coin et je me suis dit: "Tiens, je vais monter."

Tiens donc. Ce brave chien... n'est pas l� aujourd'hui ?

Simple visite de routine chez le v�t�rinaire.

Que puis-je pour vous, M. Mistelzweig ?

Je me disais que vous et moi pourrions peut-�tre faire affaire.

Faire affaire avec moi ?

N'ayez crainte, je ne veux pas vous assurer. Non, non !

- Je voulais juste... Je peux fumer ? - Bien s�r.

- Je vous en prie. - C'est une mauvaise habitude, je sais.

Oh, pardon ! Je vous ai fait peur ?

Je vous ai pris par surprise � votre petit jeu de colin-maillard ?

Votre truc l�, votre jeu d'aveugle, je le trouve �patant.

Vraiment.

Quand vous �tez vos lunettes et que vous regardez au loin, �a en jette !

C'est tr�s r�ussi.

Et les lentilles comme dans les films d'�pouvante am�ricains.

Mais non ! Voyons.

Ne faites pas de b�tises.

Le t�l�phone va sonner dans un instant. C'est un ami � moi.

Je me suis permis de lui donner votre num�ro par pr�caution,

pour �viter qu'il ne m'arrive quelque chose.

Que voulez-vous ?

Partager avec vous. Faire moiti�-moiti�.

Avant-hier, pendant la s�ance , l'id�e m'est venue...

Vous savez, quand il s'agit d'assurances...

les gens sont un peu froussards.

Tandis que si vous, avec vos dons, vous leur conseilliez de s'assurer,

ils se pr�cipiteraient tous chez moi, vous voyez ?

Ah, le voil�. Oui?

Oui, je suis encore ici...

Je n'en ai plus pour longtemps. Quelques minutes.

Je te rappelle, oui.

Il n'est pas de la police, ne craignez rien.

Au fait, ce Kras...

vous ne vous �tes pas demand� pourquoi il m'a convi� � votre s�ance ?

Il voulait me rappeler � l'ordre.

J'ai d�j� pass� deux ans en taule.

Fraude � l'assurance.

Depuis, on a appris pas mal de choses.

Mais nous deux, on va jouer un bon tour � ce Kras, pas vrai ?

Alors Cornelius, r�fl�chissez-y bien. Moiti�-moiti�.

Le projectile qui a travers� la chaise du voyant

et la balle retrouv�e dans le cadavre

ont le m�me calibre, le m�me rainurage.

Ils proviennent de la m�me arme.

Tr�s int�ressant.

- Merci. - Je vous en prie.

Bonjour.

- Des nouvelles de Mistelzweig ? -Il sera l� � 11 heures.

- On a re�u la r�ponse d'Interpol. - Alors ?

Mistelzweig, Hieronymus Balthasar, assureur de longue date.

Meilleure r�f�rence de Lloyds � Londres. Pas de casier.

Mais sa bille ne me revient pas.

- Monsieur Mistelzweig ! - La ponctualit�, �a me conna�t.

- Bonjour. - Bonjour.

- Commissaire. - Bonjour.

Qu'avez-vous � la main droite ?

Une rixe qui s'est mal termin�e ?

Oh, commissaire. Merci bien.

Un homme pacifique comme moi.

Vous vous �tes d�j� fait mordre par un chien ?

Tant mieux pour vous. �a fait horriblement mal.

Je rentrais � pied la nuit derni�re lorsqu'un molosse m'a saut� dessus.

Il m'a attrap� la main et ne l'a plus l�ch�e.

Et c'est � moi que �a arrive, alors que j'adore les chiens.

Enfin... Euh...

Vous avez appel� chez moi. Vous vouliez me parler.

C'est au sujet de la s�ance d'hier soir ?

Non.

J'aimerais vous montrer quelque chose.

Eh oui.

C'est la vie.

Encore bien vivant hier,

le voil� mort d'une balle en plein c�ur.

- Comment le savez-vous ? - Quoi donc ?

Qu'il a re�u une balle dans le c�ur ? �a ne se voit pas.

Commissaire, c'est une fa�on de parler.

Vous voil� � nouveau m�fiant.

Une balle dans le c�ur. Abominable.

On se prom�ne tout content, heureux de vivre,

et quelques heures plus tard, on est mort.

Raide mort.

- Vous le connaissez ? - C'est beaucoup dire.

Je l'ai vu hier soir au Luxor, pr�s de l'ascenseur.

J'ai remarqu� son pied bot. Il a bien un pied bot, non ?

C'est bien ce que je dis.

Il montait au troisi�me �tage, l� o� loge Mme M�nil.

Vous �tes au courant qu'elle a rendu ses cl�s ?

Elle part avec l'Am�ricain.

Disons au revoir au professeur et partons. Son num�ro ?

425527.

5...

Dis-moi...

Lorsque tu l'as appel� hier soir, tu n'as compos� que trois chiffres.

- Trois ? - Oui.

Non, non, tu dois te tromper.

Je connais le num�ro de Jordan depuis des ann�es. C'est le 425527.

Il y a encore une chose.

Comment a-t-il pu �tre ici aussi vite hier,

cinq minutes apr�s ton appel ?

Et avec une ambulance.

Je t'en supplie, tais-toi ! Ils voient et entendent tout.

- Qui donc ? - Apr�s, apr�s !

Quittons l'h�tel au plus vite, sinon nous sommes perdus.

De quoi parles-tu ? De quoi as-tu peur ?

L� ! Regarde.

L�-bas aussi ! Et ici !

Il y en a dans tout l'h�tel.

Au bar, dans chaque chambre, au dancing.

Ils nous observent partout.

-Il faut partir sur-le-champ ! - Mais...

Je t'en supplie ! Fais-moi confiance.

�coute, Henry. Je t'ai menti.

Depuis le d�but.

Mais maintenant, il faut que tu me croies, rien qu'une fois.

- Je t'en prie. Sinon il sera trop tard. - Pourquoi ?

Pour l'amour du ciel, ne pose pas de questions. Viens !

Viens avant qu'il ne soit trop tard. Allez !

Viens !

Douze... Onze...

Dix... Neuf...

J'aimerais savoir si Mme M�nil est encore � l'h�tel

ou si elle est d�j� partie avec M. Travers.

Ils devraient encore �tre dans la chambre de M. Travers.

- Je sonne. - Non, merci. Je monte.

- Mais enfin, parle ! - Ne dis rien.

Ils nous entendent ici aussi. Nous devons partir.

Sale garce !

Allez. Allez !

Par-l� ! Tu le sais bien.

Tu es d�j� venue ici souvent.

Berg !

C'est quoi, �a ?

M. Travers ?

Mme M�nil ?

M. Travers ? Mme M�nil ?

Il peut chercher longtemps.

Elle va se vider de son sang sans un m�decin.

Ne vous en faites pas, le docteur arrive.

Mais avec un peu de chance, elle canera avant.

Allons-y.

On est dans de beaux draps � cause de cette tra�n�e.

Une fois en Am�rique, elle se serait d�gonfl�e.

Elle l'aime. M�me un aveugle le verrait.

Un aveugle...

Tu es conscient qu'on est les deux derniers

� conna�tre l'existence des cam�ras ?

� part lui, bien s�r.

�a te fiche pas un peu les jetons ?

Je ne sais pas. J'ai un dr�le de pressentiment.

Lorsque Barter t'a surpris au moment o� tu rempla�ais la cam�ra de la chambre,

on l'a retrouv� raide mort une heure apr�s.

Num�ro onze. Mort lui aussi.

Cette nuit, la mission du pied bot a pris fin. R�sultat: liquid�.

Maintenant qu'on a loup� notre coup avec l'Am�ricain,

tu crois qu'on lui sert encore � quelque chose ?

Qui a tout install� ici ? C'est moi.

Qui lui a procur� tous les plans de la Gestapo et les a mis sur bande ? Moi.

�a lui a rapport� des millions.

-Il ne me laissera pas tomber. -Il est capable de tout.

D'ici, il pouvait tout voir et tout entendre.

Il pouvait ainsi jouer le r�le d'un voyant

et faisait chanter ses victimes.

Ma tentative de suicide...

L'homme au pied bot dans ma chambre. De la mise en sc�ne.

Mon revolver �tait charg� � blanc.

Tu n'as tu� personne.

Mais pourquoi ? Pourquoi tout �a ?

Tout �a pour que tu t'attaches � moi.

En Am�rique, une fois notre mariage c�l�br�,

ils t'auraient supprim�.

Un simulacre d'accident.

Et j'aurais h�rit� de tous tes millions

et de toutes tes usines.

Il serait alors venu...

Sa soif de pouvoir n'a aucune limite.

Je devais faire tout ce qu'il voulait.

Je t'aurais tout avou� une fois dans l'avion.

D�sormais, c'est trop tard.

Je t'aime.

Je sais que tu ne peux plus me faire confiance.

C'est trop tard.

Trop tard.

Ils se sont volatilis�s, commissaire.

M. Berg pense qu'ils ont d� sortir de l'h�tel.

Mais ni le portier ni les grooms ne les ont vus.

Sans compter qu'ils n'ont pas pay� leur note

et que Travers n'a pas vid� sa chambre.

Attendez avant de lancer l'alerte. J'arrive.

- Alors ? - J'ai termin� l'autopsie.

L'homme au pied bot �tait d�j� mort quand il a re�u la balle en plein c�ur.

Le d�c�s est d� � une aiguille en acier dans le cerveau.

Ouvrez.

Refermez derri�re moi et renvoyez l'ascenseur.

Bien.

Je suis profond�ment navr�, M. Travers,

que vous ayez d�couvert mes plans.

Nous avons tous les deux perdu.

Moi, une partie d�cisive, et vous, votre vie.

�tes-vous assez inf�me pour laisser Marion se vider ainsi de son sang ?

Elle ne souffrira pas, M. Travers.

Et ce sera plus rapide que la mort que je lui r�servais.

Cette femme a provoqu� notre perte.

La v�tre car vous avez cru en son amour.

Et la mienne car je n'ai pas cru

que cet amour serait plus fort que l'hypnose.

Marion �tait sous hypnose ?

Croyez-vous qu'elle aurait pu simuler ce suicide

sans tomber dans le vide ?

Vous pensez vraiment qu'en vous octroyant tous mes biens gr�ce � Marion,

vous auriez r�gn� en seul ma�tre sur toute ma fortune ?

Vous parlez d'argent...

Si je m'�tais empar� de vos centrales nucl�aires,

j'aurais instaur� un chaos mondial avec les missiles de vos stations d'essais.

Le fameux bouton qui d�clenche tout,

je l'aurais press�.

- Vous �tes compl�tement fou. - Peut-�tre.

Mais o� sont les limites ?

Fou...

C'est ce qu'on a dit du docteur Mabuse,

qui est mort il y a 25 ans et dont j'ai utilis� le nom et les plans.

Ses contemporains, avec leur arrogance suffisante,

le consid�raient comme un criminel.

Pour ma part, je vois en lui un g�nie

qui voulait pr�cipiter dans le chaos ce monde gangren�.

Afin que celui qui prendrait le pouvoir utilise � ses fins ce chaos.

Moi !

Tous vos plans �choueront quand je mourrai.

Demandez-moi ce que vous voudrez en �change de la vie de cette femme.

Dites une somme.

Je ne parle pas de moi.

Je sais bien que vous ne pouvez pas me laisser en vie.

J'admire votre lucidit�, M. Travers.

Dites une somme.

Allez jusqu'au bout.

Tirez l'ultime cons�quence de votre d�b�cle.

Vous me sous-estimez, M. Travers.

Accepter un ch�que de votre main signerait ma perte.

C'est ce que vous esp�rez, n'est-ce pas ?

Leurs affaires sont encore l�.

- Vous avez trouv� autre chose ? - Non. Tout est vide � c�t�.

On vous cherche d�j�, mais on ne vous trouvera pas.

Ou seulement quand il sera trop tard. Pour vous.

- Vous ne l'avez pas vu sortir ? - Non.

Je n'ai pas le temps de discuter avec vous plus longtemps.

Tenez.

Si vous souhaitez tirer l'ultime cons�quence

et �chapper � une mort lente.

Au fait...

Cette pi�ce est insonoris�e.

Je vous envoie Berg.

- Attendez mes ordres. - Bien.

Il faut faire fouiller tout l'h�tel.

De la cave au dernier �tage. Toutes les issues sont gard�es.

Kayser, restez ici.

L'h�tel est cern�. Deux policiers devant, une voiture derri�re.

Tr�s bien. Nous...

Surtout l'entr�e principale. Et le couloir sur la droite.

Professeur Jordan !

Cornelius ! Cornelius !

L�, Ferre'. Attrape-�'.!

Kras ! Le type blond !

C'est le docteur Mabuse !

Restez o� vous �tes !

Trois hommes avec moi ! Les autres, ne laissez passer personne.

Laisse-moi le volant !

Allez par l�.

Passez-lui les menottes.

Il �tait temps, un peu plus et j'y passais.

- Nom de nom ! Mais qui �tes-vous ? - Interpol.

- Comment �a ? - Plus tard.

Je sais o� sont la femme et l'Am�ricain. Lancez les poursuites.

Une voiture de police devant l'h�tel !

Kras...

Une grande... berline grise.

Marque am�ricaine.

GX...

737.

Kras, brigade criminelle. Lancez les recherches.

Une grande berline am�ricaine grise immatricul�e GX 737.

Branche-toi sur le canal de la police.

Patrouilles et postes de contr�le doivent stopper la voiture en fuite.

Les personnes � bord doivent �tre arr�t�es.

Attention, elles sont arm�es.

Je r�p�te : grande berline grise immatricul�e GX 737...

Change la plaque.

Un v�hicule de type am�ricain, immatriculation inconnue,

vient de passer � grande vitesse dans la rue Willerdamm

et a pris vers le sud au niveau de Weidentor.

Ici Kras. Bloquez toutes les sorties sud s'il n'est pas d�j� trop tard.

Il veut s�rement rejoindre l'autoroute.

Annoncez en message crypt� un barrage sur la section routi�re 16.

Si jamais ils nous �coutent, diffusez une fausse annonce.

Annoncez qu'on les attend � la sortie Neustatt.

Envoyez-moi quatre motards et l'artillerie lourde � S�dstern.

Bien re�u.

Et demande au Luxor si le satan� gars d'Interpol a trouv� Travers et la fille.

Allez, rentre l�-dedans.

La cl�.

La cl� pour le sous-sol.

Ouvre.

La police !

Nom d'un chien !

Ici Dobikan-lKZ302, le carr� a atteint la s�quence. Termin�.

Mon vieux... C'est l'autoroute sud-est. Fonce, petit ! Vas-y !

Grande berline am�ricaine, immatriculation inconnue,

vient de passer le barrage en direction de Neustatt.

Les acc�s vers Neustatt sont bloqu�s.

Ils vont chercher longtemps. C'est � 70 km d'ici !

C'est peut-�tre un pi�ge. On quitte l'autoroute. Attention !

Ici Dobikan lFKA79. Termin�.

Sacrebleu ! On ne les a pas rep�r�s sur l'autoroute. Ils devraient y �tre.

Ils ont d� sortir au niveau des kilom�tres 215 et 225.

Prends la nationale � l'embranchement.

Les voil� ! Plus vite ! Pr�pare-toi !

Voiture de police et quatre motos derri�re nous.

- � quelle distance ? - Environ 300 m�tres.

Ne tirez pas. Laissez-les s'approcher.

Je ralentis.

150 m�tres. 100.

Maintenant !

Vise les pneus !

Nom de nom ! Il me faut un nouveau chargeur.

Laissez-le l� ! On continue !

Sous-titres : C. Gervaise-B�hmert et al. CINEMEDIA audiovision 2016

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