All language subtitles for cabessa

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

UN ENFANT DE CALABRE

J'en ai marre, je ne prends jamais rien !

Je vais à la chasse pour rien. Je n'ai même pas pris un oiseau !

- Et toi, tu as fait quoi aujourd'hui ? - Rien.

Pourquoi tu as délacé tes souliers ?

J'avais chaud.

Allons manger.

C'est bon.

Mange, allez !

Bien !

Un jour, je te le réparerai.

Ça fait plus d'un an que tu me dis ça.

Tu es prête ?

Vite, Mariù, si on arrive et que l'enterrement est déjà fini,

on va faire mauvaise impression.

Oui, tout de suite, voilà.

Mimì ?

Ah, te voilà.

N'oublie pas, occupe-toi de tes frères.

Et surveille les bêtes.

Je reviens tout de suite, Michelì.

Étudie.

C'est bientôt la rentrée.

Mais s'il surveille les bêtes, il ne peut pas étudier.

Il peut le faire. Mimì peut tout faire.

Mimì est courageux, s'il veut, il peut le faire.

Viens là, Nico.

Bonjour, oncle Peppino.

Bonjour à toi, Nicola.

Tu as vu ?

Le pauvre Angelo est parti, lui aussi.

Qu'est-ce qu'on y peut ? On vieillit tous un peu.

Ceux qui sont partis sont plus nombreux que sont qui sont là.

- Allez, tais-toi, tu es jeune. - Oh, jeune, oncle Peppino…

Dis-moi plutôt… Comment vas-tu, Nico ?

Bien, bien.

Tu te sens bien, dans le travail que je t'ai procuré ?

Oui, oncle Peppino. Certes…

Ça n'est pas drôle d'être gardien dans un asile de fous.

Mais ça vaut mieux que de partir en Allemagne.

- Oui… - Souviens-toi…

Nous autres, en Allemagne, on ne doit pas y aller.

- Il ne faut pas y aller, oncle Peppino. - Et Mimì ?

- Comment va-t-il ? - Bien, oncle Peppino, il va bien.

- Ah, il est intelligent ce garçon. - Merci, oncle Peppino.

- Il m'a toujours plu. - Merci, oncle Peppino.

J'ai pensé à lui, tu sais.

Mais… Ce garçon, tu dois le faire étudier.

- Bien sûr. - Tu as compris ?

Bien sûr.

- Il doit étudier. - Oui, oncle Peppino.

Il doit étudier.

Sale bête à corne.

Quand il est arrivé, il n'y avait rien,

et personne ne voulait rester là.

Lui, ça lui plaisait quand même.

Lui seul voyait à quel point c'était beau.

Alors que les autres ne réalisaient pas et ne pensaient qu'à partir.

Mais lui, même s'il ne connaissait pas d'autres endroits,

il savait que celui-ci était le plus beau.

C'était comme son secret…

Et c'est pour ça qu'il devenait plus fort que tout le monde.

Parce que lui voulait partir loin pour revenir,

et remplir son village de belles choses.

On va voir si tu cours aussi vite que moi.

Avance, allez.

- Où tu es allé ? - Faire un tour.

Et là, qu'est-ce que tu t'es fait ?

Rien.

Comment ça, rien ? Qu'est-ce que tu t'es fait, sur le front ?

Je ne te ferai rien, n'aie pas peur, dis-moi ce que tu t'es fait.

On m'a jeté une pierre.

Parce que je suis passé devant de la maison rouge.

Tu ne dois pas y aller ! Tu es fou !

Ce sont des ennemis de ton père ! Et encore avant, de ton grand-père !

Quelle mouche t'a piqué ?

Je n'ai pas réalisé. Je courais, et je n'ai pas réalisé…

Tu courais ?

Seuls les fous courent sans savoir où ils vont !

Toi, tu n'es pas fou, c'est clair ? Tu n'es pas fou !

Mets tes souliers et détache la chèvre. File !

Sale bête à corne. Saleté de bestiole.

Fils de cocu.

HÔPITAL NEUROPSYCHIATRIQUE RÉGIONAL

Si j'attrape celui qui a fait ça, je lui fais nettoyer avec la langue.

Regardez-moi ça…

NOUS NE SOMMES PAS TOUS ICI

Bonjour docteur.

Salut Nico.

Je te le dis, Mimì, tu dois t'y mettre tout de suite.

Dès le premier jour. Il n'y a que comme ça que tu y arriveras.

Rappelle-toi que l'oncle Peppino t'aime bien.

Si tu étudies, il te fera un beau cadeau, hein ?

Oui papa.

Vous n'avez même plus à y aller à pied. Cette année, on a le car.

Vite, Mariù, dépêche-toi, sinon ils vont le rater.

- Oui, j'arrive. - Mimì…

Le premier, tu dois être, pas le deuxième, le premier !

Oui !

Au revoir…

Allez, dépêche-toi !

Et tu te rappelles, hein ?

Ils ont grandi, hein ?

Et la pisseuse, on la fait quand ?

Allons-y, allons-y !

Où sont mes livres ?

Ils sont là, à l'avant !

Alors ?

Alors c'est toi qui laisses tous les jours tes livres et tes chaussures…

et qui descends ?

Oui, c'est moi !

Et comment tu arrives ici ?

À pied !

- Comment ? - À pied !

- Pourquoi ? - Parce que j'aime courir.

Tu aimes courir ?

Oui.

Merci.

J'ai toujours envie de courir.

Depuis que je suis petit.

Mes jambes bougent toutes seules.

Sans que je m'en aperçoive.

À quoi tu penses quand tu coures ?

À rien.

C'est pour ça que ça me plaît.

Je rêve.

Eh !

- C'est comme ça qu'on gagne les courses. - Qu'est-ce qu'on gagne ?

La coupe.

Si tu gagnes, ils te donnent la coupe.

Et si tu en gagnes beaucoup…

tu deviens un champion.

Et qu'est ce que tu fais quand tu es un champion ?

Quand tu deviens un champion tu dois t'entraîner

pour améliorer tes temps.

Et tu peux aller courir partout.

Partout dans le monde, même aux Jeux Olympiques.

J'en ai fait, des courses, tu sais ?

Jeune, moi aussi j'ai été coureur.

C'est vrai ?

Tu ne me crois pas parce que tu me vois boiter ?

C'est une mule qui m'a détruit.

D'un coup de sabot, elle m'a fracassé la jambe.

La veille du jour où je devais aller courir à Rome.

À Rome ?

- Tu as gagné une course ? - Une ? Des tas.

Moi aussi j'ai envie de gagner toutes les courses, comme toi.

Eh, c'est bien.

Va chercher un peu de vin, va.

Les courses…

Pour gagner des courses, il faut se fatiguer.

Très souvent, on perd.

Chaque fois, il faut recommencer à zéro.

S'entraîner, s'entraîner, tous les jours.

Quoique par ici, il vaut mieux la nuit que pendant la journée.

Et pourquoi ?

Eh, parce qu'ici, ils se foutent de toi. Les gens te traitent de fou.

Mais toi, tu n'es pas d'ici ?

Non d'un autre village, mais c'est pareil.

Les gens sont ignorants.

Ils ne te laissent pas vivre comme tu veux.

Personne ne croît aux rêves.

Personne ne veut te laisser rêver.

Mais toi, tu m'as dit que quand tu courais, tu rêvais.

Alors, tu ne dois jamais cesser de rêver.

Si tu veux que ton rêve devienne réalité,

tu dois t'entraîner, t'entraîner et encore t'entraîner.

N'écoute surtout pas les gens.

Tu dois aller de l'avant, de l'avant, et continuer ton chemin.

Poursuivre ton rêve et c'est tout. Tu as compris ?

Oui.

Vas me chercher une cigarette.

Alors, tu veux toujours les faire, ces courses ?

Oui.

Assied-toi là.

Voyons un peu…

Tu as une idée des temps que tu fais en ce moment ?

Non, je ne sais pas.

À partir de demain, c'est moi qui t'entraîne.

Avec le car.

Si je te fais arrêter maintenant, je fais une erreur.

Tu as compris ?

Parce qu'alors, adieu les rêves.

Adieu les coupes, adieu les courses.

Les premiers jours c'est dur, fatigant, je le sais.

Tu dois résister, tu dois tenir le coup.

- Sois fort, allez. - D'accord.

Moi, j'y crois. Courage !

Allez !

Felice, salut !

- Qu'est-ce que tu fais ? - Je suis avec les bêtes. J'étudie.

- Hein ? - Je suis avec les bêtes. J'étudie.

Et tu étudies quoi ?

L'histoire.

L'histoire de Rome.

- Et les Grecs, tu les as déjà étudiés ? - Non.

Alors tu ne sais rien des Philippidès ?

C'était en l'an…

Je ne me souviens plus exactement quand c'était…

avant Jésus Christ.

Mais… en cette année-là,

les Perses…

tentèrent d'envahir la Grèce.

À Marathon…

ce fut une terrible bataille. que les Grecs remportèrent.

Celui qui apporta la nouvelle…

de la victoire d'Athènes…

Mimì…

ce fut Philippidès !

Qui fit…

les 42 kilomètres…

qui séparent Marathon d'Athènes…

en courant…

- et sans jamais s'arrêter. - 42 kilomètres sans jamais s'arrêter ?

42 kilomètres sans jamais s'arrêter.

Et c'est là que naquit le marathon.

- Et qu'est ce que c'est ? - Eh, Mimì.

C'est la plus belle de toutes les courses.

C'est la course pour les misérables comme nous,

habitués à peiner dès la naissance.

C'est ta course, Mimì.

C'est vrai, ce que tu dis ?

C'est la course que tu dois gagner.

Toi, quand tu cours…

cours toujours sur de longues, longues distances.

Dimanche, à Rome,

aux Jeux Olympiques,

c'est le Marathon.

Il y a un Noir qui court… sans chaussures.

Comme moi !

Oui, comme toi.

Mon père.

Quoi, tu ne veux pas le connaître ?

Non, là, il ne vaut mieux pas.

Bonjour, papa.

- Qu'est-ce que tu faisais avec ce boiteux ? - Felice ?

Je me fiche de comment il s'appelle.

Pour moi, c'est le boiteux, et c'est tout.

Qu'est-ce que tu faisais ?

On bavardait.

Toi l'après-midi, tu dois amener les bêtes pâturer et étudier.

Tu as compris, hein ?

Allez, prends tes livres et ramène les bêtes à la maison.

Tu vas voir, si je te revois perdre ton temps avec cet étranger boiteux.

Felice, il s'appelle… Felice.

Felice, c'est vrai qu'à la course de Palizzi,

ils donnent le départ avec un coup de pistolet ?

Oui, comme dans les véritables courses.

Avec un coup de pistolet.

Je veux participer à cette course.

Alors si tu veux participer à cette course…

Aujourd'hui tu vas devoir t'entraîner sur un parcours plus dur.

Tu dois descendre jusqu'à la rivière,

et remonter par la route de Mendolare.

Je ne peux pas. Je vais arriver en retard à l'école.

Alors, si tu as peur d'arriver en retard à l'école,

oublie la course de Palizzi.

Crisalinda, cours ! Le car s'en va !

Aujourd'hui, je longe toute la rivière en courant.

Non. Fais seulement ce que je te dis de faire.

Bon, d'accord.

Crisalinda…

Maintenant, je sais comment tu t'appelles.

Crisalinda.

Arrête, arrête !

Arrête !

Arrête…

J'en peux plus.

Non, tu dois courir, si tu veux devenir un marathonien.

Tu dois apprendre à souffrir. Tu dois courir.

Avec la bouche fermée…

et les dents serrées. Tu as compris ?

Cours ! Cours !

Jeune homme, vous avez raté le bus ?

- Vous voulez monter ? - Non, merci.

On est nombreux, mais si vous voulez, mais on peut se serrer.

Oui, oui :

Il vous est arrivé quelque chose ? Des problèmes dans la famille ?

Vous voulez un médecin ?

J'ai dit non.

Vous voulez un peu d'eau ?

Ne faites pas de manières.

Va te faire voir.

Qu'est-ce que vous avez dit ?

Va te faire voir.

À l'école, on ne court pas.

On arrive à l'heure.

Tu as compris ?

Tu as mal au dos, maman ?

J'aurais besoin d'une machine à coudre.

Mais tout l'argent qui reste, ton père le dépense en cartouches.

Et il ne prend jamais rien.

Tu sais que ce dimanche, il y a une course à la télévision ?

Et qui l'a, la télévision, ici ?

Les Tripodi.

Eux, ils l'ont, ils sont riches.

Dimanche, on bat le grain.

Je sais.

Tu dois travailler comme tous les autres.

Ensuite, si c'est possible, tu iras regarder la télévision.

C'est moi seule qui décide.

Et ton père ne doit pas le savoir.

Le voilà, file ! Il doit te trouver en train d'étudier.

Bonsoir, Nicola.

Jésus.

Mais qu'est-ce qui est arrivé ?

Viens.

Montre-moi.

Mais qu'est-ce qui s'est passé ?

- Tu t'es battu ? - Non, c'était un fou.

On était en train de lui mettre la camisole de force.

Tu as vu, Mimì ?

Tu as vu à quoi en est réduit ton père ?

Ça aurait pu être pire, tu aurais pu perdre un œil.

Tu as entendu ? J'aurais pu perdre un œil !

Tu étais seul ?

Mais tu dois toujours te mettre dans ces situations là ?

Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre, dans cet endroit ?

Les médecins font semblant de les soigner.

Les infirmières aussi, mais quand il s'agit de leur donner des coups…

ils nous appellent.

Parce que nous sommes des ignorants.

Et puis, parfois, les coups, on les prend aussi…

Aïe, tu me fais mal !

- Ça suffit ! - Je voulais juste nettoyer la plaie.

Tu as vu ?

Tu sais pourquoi c'est arrivé ?

Parce que je ne sais rien faire. Voilà pourquoi.

Mes parents m'ont appris à labourer la terre…

et maintenant je ne sers plus à rien.

Tu dois étudier, Mimì.

Étudie. L'oncle Peppino t'aidera.

Étudie, si tu ne veux pas prendre des coups, toi aussi. Regarde !

Voilà Nicola qui va à la chasse.

Travaillez, femmes, travaillez !

Mimì, doucement. Ne te fatigue pas pour rien.

Ne va pas te blesser.

Mimì !

Tu ne devais pas aller récupérer quelque chose pour ton père ?

Chez oncle Peppino.

Dépêche-toi, alors !

Avant qu'il revienne.

Oui.

Gemente n'a pas invoqué la mort

comme unique moyen de se libérer de ses peines

Puis est venu le temps de la paix.

Même pour toi, Anna, sœur dans la douleur…

Ce jour-là arrivera.

Et tes yeux ont déjà trop pleuré.

Écoute ce cœur d'anges.

C'est ton fils qui te dit : « Maman ! »

Espère !

Et il est tout prêt le jour où je serai avec toi pour toujours.

Pour toujours !

Allez, Luciana.

Dis, ma fille…

Ma fille !

Maman ! Tu vois ?

Papa !

Anna !

Carlo !

Mais…

- Est-ce un rêve ? - Non.

Ce n'est pas un rêve.

Je suis libre.

Ils ont reconnu mon innocence.

Pauvre Anna !

Combien tu as dû souffrir…

Non !

Serre-moi !

Je suis tellement heureuse !

Bonsoir, et merci.

Bonsoir.

Bonsoir.

- C'est mieux que le cinéma. - Bof.

À l'occasion des 17ᵉ Olympiades,

nous passons en Eurovision pour diffuser de Rome

l'épreuve du marathon de 42 kilomètres.

Maintenant, il y a les Jeux Olympiques à la télévision.

- Oui, tu aimes les courses, n'est ce pas ? - Oui.

Je t'ai vu courir l'autre jour derrière le car.

Toi aussi, tu veux faire des courses ?

Oui, j'aime courir.

Même sans récompense.

Gagner me suffit.

Pourquoi tu ne viens pas t'asseoir ici ?

Allez, viens.

Merci.

Mesdames et messieurs, bonsoir.

Mario Schifani, en direct de Rome.

L'extraordinaire humanité du marathon défile devant les Dioscures.

Avec Keyli, sont en tête l'Irlandais Messitt et le Belge Vandendriessche,

les Marocains Rhadi et Saoudi

et il y a la révélation de cette édition du marathon.

Il s'appelle Abebe Bikila…

C'est lui ! Il court sans chaussures.

C'est lui qui va gagner.

Ne le dis à personne que je veux faire des courses.

C'est un secret.

Très bien, je te promets.

Les concurrents s'engouffrent dans un tunnel de feu.

Le marathon, à présent, se poursuit sur l'Appia Antica.

Depuis le trentième kilomètre, Abebe Bikila est toujours en tête.

C'est incroyable. Le rythme de ses pas est implacable.

Rhadi a parfois un sursaut, puis perd quelques mètres,

puis se reprend.

Abebe caresse l'asphalte.

Rhadi, par contre, le percute de plus en plus lourdement.

Il tente encore de contrer son adversaire

pour gagner du terrain, mais sans résultat.

Abebe impose son rythme, mais il est seul contre Rhadi,

il n'y a personne derrière eux.

Tous les autres concurrents ont disparu,

usés par la fatigue, épuisés.

Sous l'arc de Saint Sébastien

les athlètes passent avec une avance considérable.

À présent, Rhadi est lâché par Abebe

qui va seul dans sa nuit fantastique.

Avec une foulée légère, il court vers la victoire.

Cet athlète magnifique, presque inconnu

premier de cette course internationale,

provenant d'un noble pays marqué par la pauvreté,

court pieds nus comme un fier guerrier,

comme un nouveau Philippidès,

faisant revivre au Marathon ses origines antiques et nobles.

Voilà. Il est désormais proche de la ligne d'arrivée.

Ceux sont les derniers mètres.

Il semble voler

Une foulée magnifique !

Le voilà.

En ce moment…

Il a franchi la ligne d'arrivée !

Il célèbre son triomphe sous l'arc de Constantin,

gagnant la médaille d'or,

qui porte l'Éthiopie sans nul doute

au rang des nations triomphantes de ces dix-septièmes Olympiades.

Maintenant, son nom,

le nom d'Abebe Bikila,

entre dans la légende !

Je vous avais donné le sujet suivant :

« Un jour je serai adulte.

« J'affronterai la vie.

« Dites avec sincérité

« quelles sont vos espérances

« pour le futur qui vous attend. »

Bien, bien…

Dans ensemble vous avez bien cerné le sujet,

décrivant avec les mots appropriés vos angoisses,

vos inquiétudes.

Je dois dire que pour la plupart, vous avez exprimé des espérances concrètes,

objectivant et dépersonnalisant le sujet,

permettant d'entrer dans une thématique plus générale,

passionnée et revendicative à propos de notre terre injustement abandonnée,

et pourtant fertile d'idéaux souvent bafoués.

Sileca !

J'ai vu que tu te souciais d'autre chose pendant que je parlais.

…pendant que je parlais…

La voilà.

Tu veux savoir quelle note je t'ai mise ?

- Non. - Je t'ai mis deux.

Tu as le droit de savoir pourquoi je t'ai mis deux.

Mais à présent, je vais lire ton travail à toute la classe,

afin que tout le monde puisse juger de ta stupidité.

Non, je ne veux pas…

Comment ça, tu ne veux pas ? Lève-toi quand tu me parles.

Je suis ton professeur.

Je ne veux pas, je n'ai pas écrit ça pour que ça soit lu en classe.

Je ne te permets pas de m'interrompre !

Donc…

Vous devez savoir que monsieur Sileca

quand il sera grand, voudrait…

Dehors, Sileca ! Chez le directeur !

Regardez dans quel état il l'a réduit.

Je lis.

« J'aime courir,

« pieds nus, loin à travers les sentiers.

« Quand je cours, je sens le vent sur mon visage.

« et tout me semble plus beau.

« Je ne pense à rien, je me sens heureux.

« J'aime aussi courir dans l'herbe,

« quand elle est mouillée, surtout la nuit.

« Les lucioles me sourient. » Ah !

« Quand je cours au milieu d'elles, je suis heureux.

« Je les regarde et elles m'applaudissent à chaque pas.

« C'est pourquoi, quand je serai grand, je veux devenir coureur,

« même si mon père ne veut pas.

Où on va ?

Je peux y aller ?

Je peux partir ?

Ouvre, ouvre, ouvre !

Ouvre !

Où est Mimì ?

Mimì !

Je lui ai donné la punition qu'il méritait.

Ne crois pas que tu vas dormir avant de m'avoir dit où est Mimì !

Qu'est-ce que tu fais, Nicola ? Tu pleures ?

Où est Mimì ?

Chez les fous, ton fils, voilà où il est !

Jésus Marie…

Il va bien. Il a une chambre pour lui tout seul.

Il va bien.

Mais tu es fou.

Non, c'est lui, qui est fou.

Pas moi.

Je veux courir !

Je veux courir pour te défier !

Qui est là ? Ah !

Tu te souviens de moi ? Je suis Mario.

Le fils… Le fis de la couturière.

Je veux que tu l'embrasses.

Alors toi, tu vas voir ma maman.

Tu l'emb… Tu l'emb… Tu l'embrasses.

Tu l'embrasses et tu lui dis que toi…

tu es Mario. Comme ça, elle… elle…

elle sera heureuse.

Comment s'est passée ta nuit ?

Bien.

Tu as pris ton petit déjeuner ?

On va le prendre, viens.

Oh ! Mimì !

Allez, on ne plaisante pas ! Sors, Mimì !

Sors. Ne plaisantons pas, hein !

Mimì !

Oh !

Où t'es tu caché, Mimì !

COURSE CHAMPÊTRE RÉSERVÉE AUX ÉLÈVES PARCOURS : 5 KM

Arrêtez-vous !

Vous savez où est cette course ?

À Palizzi, par là.

Merci.

Messieurs les coureurs, préparez-vous pour le départ.

Tous les pieds derrière la ligne blanche.

Espèce de fou ! Où tu cours, comme ça ?

Tu cours où ?

Mais qui tu es ? Tu ne peux pas courir sans chaussures !

Tu es qui ?

Sileca Domenico !

Au bout, tournez à droite !

Au bout, tournez à droite !

Tu n'as pas de numéro !

Tu n'es pas inscrit !

Reprends tes chaussures !

Tu ne peux pas courir ! Reprends tes chaussures !

Ne t'occupe pas de lui. Ne l'attaque pas. Il va bientôt lâcher.

Vas à ton rythme.

Vas à ton rythme !

Monsieur, vous êtes prié de dégager la route.

Hé ! C'est à vous que je parle, jeune homme !

Et pourquoi ?

La route appartient à tout le monde !

Les forces de l'ordre sont priées d'intervenir !

Dégagez la place !

Fin du premier tour.

Début du deuxième.

Mais il est fou.

Pardon, pardon. Ils repassent quand ?

- Dans combien de temps ? - Dans 4 à 5 minutes au plus.

Deux, trois minutes maximum.

Deux trois minutes au maximum.

Les voilà !

Je suis l'entraîneur de celui qui est passé en tête.

Il n'a pas de dossard.

Allez, allez.

Vomis, va…

Allez !

Tu es parti trop vite !

Non, ce n'est rien. Un petit saignement de nez.

Un peu d'eau ! Un peu d'eau !

Qu'est-ce qui est arrivé ?

Rien. C'était une longue course.

Il est parti trop vite, comme un fou.

Il a encore à apprendre à repartir ses efforts.

Quelle course ? Celle de Palizzi ?

Viens, viens dans le lit.

Ça suffit de lui mettre ces idées dans la tête.

Sinon son père va s'en mêler.

Il n'a rien à voir la dedans. J'y suis allé tout seul.

- Qu'est-ce qui est arrivé ? - Non, rien…

C'est qu'il n'a pas encore appris à répartir son effort.

C'est rien, c'est rien. Il s'est senti mal.

Ne te fâche pas.

Ce monsieur l'a ramené.

Je vais te casser les jambes !

- Comment tu vas ? - Bien.

Que ça pue.

- Je nettoie. - Change-le !

Tu ne vois pas ? Il est plein de sang ! Et puis il pue !

Je veux savoir ce qui s'est passé.

Tu sais ce qu'il a fait ? Tu sais ce qu'il a fait ?

Il s'est enfui !

Devant tout le monde ! Comme un voyou, il s'est enfui !

J'aimerais savoir où tu es allé.

Dis-moi où tu es allé !

Attends que j'aie fini de le nettoyer.

Tais-toi ! Dis-moi où tu es allé !

À la course de Palizzi. Il est parti trop vite et il n'a pas tenu.

Sors ! Je veux te parler dehors.

Qu'est-ce que tu fais chez moi à tourner autour de mon fils ?

Je l'ai ramené chez toi,

je ne pouvais pas le laisser évanoui au milieu de la route.

Ça aurait été mieux. Beaucoup mieux !

- On est des gens bien, nous. - Et pourquoi, moi, je ne suis pas bien ?

Tu dois le laisser tranquille ! C'est compris ?

Pour moi, Mimì a l'étoffe d'un champion.

Mais qu'est-ce que tu connais à l'étoffe de champion ?

- Je m'y connais. - En quoi tu t'y connais, toi ?

Tu es né boiteux !

Tu n'as jamais fait une seule course de ta vie !

C'est comme si j'avais gagné des centaines de courses.

Des champions, je sais tout ce qu'il faut savoir.

Et quand l'un deux arrive premier

c'est comme si j'avais couru à l'intérieur de son corps !

Et en plus…

qui peut m'interdire de rêver ?

Tu es fou.

Je dis toujours que les fous sont dehors, et que dedans, il n'y a personne !

Tu es un menteur !

Tu lui as raconté plein de mensonges !

Je lui ai raconté des mensonges magnifiques.

Pendant que tu le trompes avec ta réalité.

Mais, écoute-moi, Nico…

Ici, la seule chose vraie…

c'est que si on n'invente pas quelque chose,

Mimì finira pauvre, comme toi et comme ton père !

Non, Mimì peut étudier. Moi je n'ai pas pu !

Et puis, Mimì est mon fils ! C'est moi qui décide pour lui !

Trouve-toi une femme…

qui veut épouser un handicapé comme toi,

qui te fera un fils, et tu décideras pour lui.

Il n'est pas ta propriété.

Dis-le-toi, c'est ma propriété.

C'est mon fils, et toi, tu n'as plus à tourner autour de lui !

Sinon je te tire dessus. Tu as compris ?

Et bien, tire !

Tire !

Tout le monde tire, par ici.

Feli'…

Qu'est-ce que tu veux ?

Mimì est mon aîné, je veux qu'il étudie, qu'il devienne quelqu'un.

Si tu le laisses tranquille…

je ne lui dirai pas que tu es boiteux de naissance

et que tu n'as pas fait une seule course de toute ta vie. Hein ?

Non, non, dis-lui, dis-lui !

Je ne marche pas dans ce chantage.

Je lui dis…

Je lui dis ?

Je lui dis ! Mais je ne veux plus te voir par ici. C'est compris ?

Sinon, je te tire dessus !

Je ne veux plus te voir ici !

Tu as compris ?

Je te tire dessus, si je te revois !

Et toi, tu fais quoi ? Tu ne manges pas ?

Je n'ai pas faim.

Alors je n'ai pas faim, moi non plus.

Pourquoi tu pleures, maman ?

Je me sens si mal.

Toutes ces choses dans ma famille…

Comme un voleur il s'est enfui. Comme un voleur !

Je suis désolé, papa. Je ne recommencerai plus.

Devant tout le monde, tu m'as fait honte. Devant tout le monde !

Excuse-moi, j'ai dit. Je ne le ferai plus jamais.

Eh, je ne le ferai plus jamais…

Je ne le ferai plus jamais…

Jamais plus, que tu dis…

Tu dois me promettre de ne plus jamais courir.

Tu dois me le promettre, si tu ne veux pas faire mourir ton père de chagrin.

Oui, oui, je promets. Je ne courrai plus jamais.

Voilà, bravo…

Maintenant, va embrasser ton père.

Je ne courrai plus jamais.

Tu ne courras plus jamais ?

Plus jamais tu ne courras ?

Plus jamais tu ne courras…

Laisse cette Vespa tranquille.

Arrête !

- Prenez-soin de vous, madame. - Au revoir.

Mimì…

Entrez, madame !

Le cœur est solide comme un roc.

Maintenant, on va regarder ce sacré nez, Mimì !

Docteur, il court tout le temps… Plus d'une fois, je lui ai dit d'arrêter.

Pourquoi il ne devrait pas courir ?

Avec un cœur aussi fort, on doit faire du sport.

Et puis c'est bon pour la santé.

Oui, mais pourquoi courir ? Il se fatigue pour rien.

Avec toutes les choses qu'il a à étudier…

Ah, oui, c'est sûr, l'école doit toujours passer en priorité.

Habille-toi, habille-toi, Mimì !

En ce qui concerne les saignements de nez,

il faut les considérer comme un fait épisodique.

Ce n'est pas grave.

Et puis ça n'a rien à voir avec le sport.

Super !

Je peux courir ! Je peux courir !

À présent, je vais te prescrire une petite cure reconstituante.

Et tout rentrera en ordre.

- Heureux ? - Pas tout à fait.

Pourquoi ?

Parce que maintenant, il veut courir. Qui va l'arrêter ?

Tais-toi. Tais-toi !

C'est vrai que vous vous êtes acheté la 600 ?

Oui c'est vrai. Tu sais tout, toi, hein ?

Et de quelle couleur elle est ?

Vert pâle. Tu ne l'as pas vue ? Elle est là, dehors.

Sors, tu la verras.

Je te promets qu'un jour je te ferai faire une belle balade.

- Content ? - Merci.

- Et la Topolino, vous en avez fait quoi ? - Je l'ai encore.

Tu veux me l'acheter, Nico ? Hein ?

Mimì !

À qui elle est, cette voiture ?

À moi.

Non.

Comment ça non ? Elle est à moi, monte.

Aujourd'hui, c'est moi qui te ramène à la maison.

Tu l'as achetée où ?

C'est le docteur qui me l'a vendue.

J'ai fait une affaire. Monte, aujourd'hui, tu rentres avec moi.

Tu deviens fou.

La vache donnait du lait, et tu l'as vendue.

Je l'ai fait pour les enfants.

Je l'ai fait pour Mimì.

Pour les enfants…

Comme ça son père peut le conduire.

Il peut l'emmener à l'école.

Et beaucoup plus vite que ça !

Maintenant, toi et moi, on doit se voir en cachette, pour des raisons…

Tu as compris ?

Je ne peux plus t'entraîner avec le bus.

Et je ne saurai plus les temps que je fais !

Je dois courir, je deviens fou !

À Mendolara…

il paraît qu'ils ont ouvert un nouveau complexe sportif.

Peut être que là-bas, quelqu'un pourra t'aider.

Demain, j'irai.

Après l'école.

Maintenant, va dormir.

- Au revoir. - Au revoir.

Allez, file !

Si ton père ne te trouve pas dans ton lit…

Combien ça coûte, pour entrer ici ?

L'entrée est gratuite.

Mais tu dois faire partie d'une association sportive.

Comment je fais pour m'inscrire dans un club ?

Viens avec ton père, tu passeras une visite médicale

et on te donnera ta licence.

Et sans mon père, je peux venir ?

Non, tu ne peux pas venir.

Il faut l'accord de ton père.

J'ai 500 lires.

Si je te les donne, tu me fais entrer ?

Tu me fais entrer ? Seulement pour aujourd'hui.

Seulement pour aujourd'hui.

- Merci. - De rien.

Eh !

Tu ne peux pas courir avec ces chaussures.

Ça abîme la piste, tu ne vois pas ? Sors !

Ta chaussure a déjà trouvé un amateur.

Là, c'est écrit 120.

Si c'est écrit 120, c'est qu'elle fait du 120.

C'est vrai, c'est écrit. Mais ils écrivent ce qu'ils veulent.

Il faut voir si elle les fait.

Elle les fait, elle les fait. C'est un bon moteur.

Pas vrai Giovanni ?

Eh oui…

Tu veux voir qui est le plus rapide d'ici à l'église ?

Moi en courant, et toi avec ta voiture.

Ah, tu as entendu ?

- Mais va-t'en donc. - Mimì, tu es stupide.

- Comment tu veux battre une 600 ? - Moi, je ne me dégonfle pas.

Mais qu'est-ce que tu fais ?

J'enlève mes chaussures pour courir plus vite.

Que se passe-t-il ?

- Bonjour, mon oncle. - Mimì veut faire une course contre la 600.

- C'est pour rire. - Ne t'inquiète pas.

Je veux voir si tu es vraiment aussi bon à la course que ce qu'on raconte.

Enlève tes chaussures. Je fais le juge de course.

Ne restez pas au milieu, s'il vous plaît.

Prêts ? Partez !

Bravo! Bravo ! Fantastique !

Maintenant, je dois te dire une chose.

Si tu aimes courir tout le temps, c'est bien.

Je t'aiderai.

Mais tu dois obéir à ton père.

Tu ne dois pas écouter ce boiteux qui conduit l'autobus.

Ce communiste blasphémateur de Dieu tout-puissant.

Ce communiste blasphémateur, il ne restera pas longtemps ici.

Parce que nous, on ne veut pas de lui ici.

Bravo, bien dit !

Bravo !

Impressionnant, pas vrai ?

Eh bien, c'est une bonne chose.

Maintenant, on va devoir s'entraîner sérieusement.

Où tu l'as pris ?

Je me suis arrangé…

Verse-moi un peu de vin, allez !

Il n'a pas coûté trop cher ?

Il était bradé…

Écoute, Mimì…

Samedi prochain…

à Sibari…

il y a une course très importante.

C'est l'occasion de prouver qui tu es à la face de ce village minable.

Mais si tu ne le supporte pas, pourquoi tu restes ici ?

Tu es toujours à te plaindre.

Bah, tous les pays se ressemblent.

Moi, je suis né dans cet endroit. C'est pour ça que je l'aime.

Et toi, tu es né où ?

Dans un autre village.

À un moment, je suis parti.

Et pourquoi ?

Je me suis retrouvé seul avec ma mère.

Mon père, je ne l'ai jamais rencontré.

Tu vois, il y a une chose…

une chose sur laquelle je t'ai menti,

et tu dois m'excuser.

Je suis né avec la jambe comme ça.

Je suis un boiteux…

et ma mère était si belle.

Crois-moi. Une beauté hors du commun.

À bien y réfléchir,

c'est comme être paralysé.

Parce que, tu vois Mimì…

il suffit d'une petite différence,

avoir quelque chose de plus,

ou quelque chose de moins,

et les gens te regardent avec suspicion.

Ma mère n'a pas supporté ces regards.

Et elle a préféré… disons…

renoncer à sa beauté et disparaître. Je me suis retrouvé seul.

J'ai pris le bus.

J'ai commencé à boire, à rêver…

Et à raconter des histoires aux gens.

Cette course, on va la gagner, Felice.

Va prendre place.

Non, enlève les mains de tes oreilles !

Regarde droit devant, ne me regarde pas.

Prêt ?

Partez !

Non, non, non, faux départ. Reviens, reviens !

Voilà, comme ça.

Bouche fermée, bouche fermée !

Prêt ?

Partez !

Maintenant, on sait.

Allez, allez, allez.

Courage, allez !

Bouche fermée, bouche fermée ! Bouche fermée !

Félicitations. Bonne chance.

Ne force pas dans les premiers tours. Écoute-moi, compris ?

Je lui ai pris le numéro 9.

- Et Morabito, je l'ai mis en numéro… 7. - Ah oui ?

- Le nom, je vous l'ai donné. - C'est juste…

- C'est faux. Il garde son numéro. - S'il vous plaît…

- Voilà, merci. - Celui-là, je l'ai rapporté.

Tout est en ordre. Merci.

Cette machine à coudre, c'est le premier prix ?

Eh oui…

Si je gagne, je l'offrirai à ma maman.

Il ne faut pas y penser maintenant.

Répète ce que je t'ai dit.

Pendant les sept premiers tours, tu restes avec les autres,

dans le peloton, tranquillement.

Pendant les sept premiers tours, je suis dans le peloton des dix premiers.

- Changement de foulée… - Changement de foulée.

- Bouche fermée. - Bouche fermée.

Et les deux tours suivants…

tu accélères progressivement.

Et dans les deux autres tours, j'accélère.

- Et tu te détaches. - Et je me détache.

- Et le dernier tour, à fond. - Et le dernier tour, à fond.

Ça veut dire quoi, « à fond » ?

Que tu vas à toute vitesse.

Qu'est-ce qu'il a contre moi, celui-là ?

Ah, ne t'occupe pas, va.

Les concurrents des clubs suivants

sont priés de se présenter au départ.

Association Sportive pour la Patrie,

Groupe sportif du Détroit de Messine,

Association Polysportive Polimeni,

Paroisse Christ Roi.

Prenez place sur la ligne de départ.

La marraine de la course

va donner le départ !

Prêts ?

- Excusez-moi, je peux juste un instant… - Faites…

Merci.

Rendez-moi ces jumelles, s'il vous plaît.

Excusez-moi, j'avais demandé la permission à madame.

Mimì !

Il y a encore un autre tour, vas-y doucement !

Je t'ai dit ce que tu dois faire.

Tu ne dois pas faire ça, arrête !

Arrête !

Maintenant, fonce, fonce, fonce !

Salut !

Qu'est-ce que tu fais ?

Pourquoi tu ne cours pas ?

Cours, allez !

Dernier tour !

Il s'est bien repris, hein ?

À son rythme.

- Vous ne pouvez pas rentrer. - Je suis l'entraîneur !

Mimì !

Mimì !

- À quel club appartient ce garçon ? - Hein ?

Dans quel club est inscrit ce garçon ?

On appartient à aucun club.

Alors, je suis désolé…

- Vous êtes le père ? - Non, non, je suis l'entraîneur.

Impossible de gagner le prix. Le garçon n'est pas inscrit à la FIDA.

Comment ?

Impossible de retirer le premier prix, ce garçon n'est pas inscrit à la FIDA.

Pourquoi il ne peut pas son prix ? Il est arrivé le premier !

- Du calme ! - Gardez votre calme !

Il doit être inscrit dans un club !

Gardez votre calme.

Mimì…

- Oublie la machine. - Mais pourquoi ?

Mais c'est moi qui l'ai gagnée !

C'est moi qui l'ai gagnée…

Oh, c'est moi qui l'ai gagnée !

Voleurs.

Du calme !

- Ne me touchez pas ! - Gardez votre calme !

Mon Dieu ! Mais qu'est-ce-que tu as fait ?

Mais qu'est-ce qui t'ont fait ? Ils t'ont frappé ?

Un petit saignement de nez…

Assieds-toi.

Penche la tête en arrière.

Tiens-la en arrière.

Doucement…

Tu fais quoi, tu fais quoi ? Tu le soignes, crétine !

Où tu vas ? Viens là. Viens là.

Sale menteur, misérable ! Viens là !

Je vais te casser les jambes, tu as compris ?

Je vais te tuer, tu comprends ?

Misérable !

Je vais te les couper, ces jambes, viens ici !

Je te le dirai même en allemand.

Viens ici, ne bouge pas, je vais te détruire !

Viens là !

Sors !

Ne bouge pas !

Pousse-toi de là, toi !

Si je t'attrape, tu vas voir !

Viens là !

Viens là…

Viens là !

Viens là, misérable ! Viens là !

Les jambes, je vais te les briser, moi.

Tu ne courras plus jamais, compris ?

Non, pas les jambes !

Tu ne courras plus sans jambes !

Mimì !

Non ! Maman !

- Misérable ! - Arrête !

Arrête, par pitié, tu va le tuer !

Aïe ! Les jambes, non !

Je vais te faire devenir boiteux comme ton ami, tu as compris ou non ?

- Descends, descends ! - Mimì !

Lâche, menteur, voilà ce que tu es !

Arrête !

Les jambes, non !

Tu ne m'as jamais donné un baiser…

Durant toutes ces années…

jamais tu ne m'as donné un baiser.

Salut, Marco !

Salut, Nico.

Mais c'est ton fils ?

Oui, c'est lui. Viens, Mimì !

Alors, s'il te plaît, tu dois lui faire faire un travail fatigant.

Es-tu sûr qu'il va le supporter ?

Bien sûr, il est fort. Qu'est-ce que tu crois ?

Essayons.

Le salaire que je peux te donner

à la fin de la semaine est de 200 lires par jour.

Huit heures de travail.

Ça ne m'intéresse pas. L'important est qu'il s'épuise.

Lui, ça lui plaît de se fatiguer, hein ?

- Essayons. - Ça lui apprendra.

Voilà comment va finir quelqu'un qui n'étudie pas

et qui n'a pas un métier dans les mains.

Giuse ! Il y a un nouveau.

Montre-lui ce qu'il y a à faire.

Entre. Entre dans la grotte.

Bon alors… Je… J'y vais…

À bientôt…

Salut ! Je m'appelle Giuseppe.

Et moi, c'est Mimì. Salut.

Comment on fait ?

Je vais te montrer.

Du nerf !

Voilà. C'est parti. Fais comme moi.

Avec les deux mains.

Comme tu es nouveau, tu dois utiliser tes deux mains.

C'est lourd.

Parce que tu n'es pas habitué. Tu vas t'y faire.

- Depuis combien de temps tu es ici ? - Deux ans.

Tu vas à l'école ?

Oui, le soir, mais ils m'ont dit que j'allais redoubler.

Je peux entrer ?

C'est qui ?

- Bonjour, Mariù. - Ah, c'est vous ?

Qu'est-ce que vous voulez ?

Rien, je voulais des nouvelles de Mimì…

Ça fait un moment que je ne l'ai pas vu.

Il va bien, ne vous en faites pas.

Mais comme il ne prend plus le bus le matin…

c'est qu'il ne va pas à l'école…

Et s'il ne va pas à l'école, j'ai pensé…

qu'il était malade.

C'est vrai ?

Non, non, il va bien.

C'est son père… Il avait besoin de lui pour travailler.

Je sais, je sais, qu'il travaille chez le cordier !

Tout se sait, au village.

Mais Nicola est fou. Complètement fou !

On ne peut pas le laisser cet enfant se tuer à la tâche dans cet endroit !

Oui, je sais !

Qu'est-ce que je peux y faire ?

Alors, qui ?

Et c'est aussi ton fils, ou pas ?

Oui !

Bien sûr !

Mais qu'est-ce-que je peux y faire ?

Il va nous tuer tous les deux !

Quel dommage… Quel dommage !

C'est un enfant exceptionnel !

Il peut devenir un champion !

Il ne peut pas devenir cordier !

Il l'a tellement frappé qu'il est quasi estropié !

Qu'est-ce que tu dis ? Tu plaisantes ?

Non !

La semaine prochaine, c'est les qualifications pour la course nationale de Rome !

Mimì doit absolument y aller !

- Non, pitié, mon mari va le tuer ! - Écoute-moi, écoute moi !

Donne-lui une dernière chance.

Qu'est-ce que ça coûte ? Au point où on en est…

Écoute-moi, faisons ceci…

S'il ne réussit pas à se qualifier,

il doit promettre de ne plus penser à la course.

Je lui ferai comprendre. Moi, il m'écoute.

Mais maintenant, s'il te plaît…

faisons en sorte…

de lui donner cette dernière chance !

Ce n'est pas bien qu'une femme vienne ici pour parler des choses de la famille

sans le chef de famille !

Si Nicola le sait…

qu'est-ce qu'il dira ?

Nicola est au travail.

- Vous seul pouvez le convaincre. - Je t'écoute…

Mimì est un brave garçon.

- Vous pouvez tant de choses ! - Oui, je sais.

Il m'a promis que s'il n'arrive pas à aller à la finale de Rome,

il renoncera à courir pour toujours.

Il l'a vraiment promis.

Moi, il m'écoute.

Entendu !

Je vais essayer d'intervenir auprès de Nicola.

Je ne lui dirai pas que tu es venue ici, sinon, il te battra à mort !

Pause !

C'est quoi ?

Pâtes et haricots.

Les pâtes et les haricots me plaisent sans les pâtes !

Et toi, tu ne manges pas ?

J'ai déjà mangé avant !68

Et Mimì ?

Il mange dans la cuisine.

Mimì !

Viens manger avec ton père. Mimì !

Mimì !

Le travail, comment ça va ?

Bien…

Et la jambe ?

Elle te fait mal ?

Un peu…

Ça passera !

Commence doucement, et suis-le tranquillement.

Mais ne te fais pas distancer, hein ?

- Maman, tu me donnes à boire ? - Oui !

Suis bien mes conseils.

Sois fort !

Derrière la ligne !

Madame ! Madame, écartez-vous !

Écartez-vous, écartez-vous ! Reculez, les enfants !

Reculez, reculez ! Derrière la ligne !

Prêts ? Partez !

Mimì ! Mimì !

Mais pourquoi tu cours comme ça ?

Tu sais que si tu cours comme ça, tu vas t'effondrer !

- Tu me retardes ! - Tu dois rester avec les autres !

Regarde-les en face !

Et vas avec eux !

- Mais qu'est-ce que tu fais là ? - Je n'ai pas le courage de regarder.

Allez Mimì !

Allez, cours !

Attention au trois coureurs !

Allez Mimì !

Allez Mimì !

Votre attention !

Nous communiquons le classement !

Premier…

Langieri Josué !

Deuxième…

Quattroni Fabio, de la paroisse du Christ Roi.

Troisième…

Sileca Domenico,

Ces coureurs sont qualifiés pour la finale de Rome.

Moi, à Rome, je ne l'y enverrai pas !11

Et pourquoi ?

Ça va lui monter à la tête !

Comme tu veux…

Une bière !

Ils disent quoi ? Ils disent quelque chose ?

Ils ne disent rien !

Pourtant, c'est une course importante, hein ?

Il faudrait un journal de Rome.

On a dit qu'elle avait lieu quand, cette course ?

Demain après-midi à 16 h 00.

À 16 h 00 ?

Avant, il y a d'autres courses, et…

Mais pour nous, c'est parfait, demain à 16 h 00.

Pourquoi ?

Eh bien, ça fait un jour pour s'acclimater…

Il ne faut pas courir avec la fatigue du voyage sur les épaules.

Et puis, pour Mimì, les premières heures de l'après-midi sont les meilleures.

Et nous, comment on fera pour se tenir au courant ?

Ils nous enverrons un télégramme !

Ou on attendra qu'ils reviennent…

C'est sûr que ça va un supplice, d'attendre comme ça…

Eh… Si tu savais comme j'aimerais le voir arriver !

Mais qu'est-ce que tu en sais, qu'il va gagner ?

Il y a les meilleurs de toute l'Italie !

Il va gagner, il va gagner. Seul toi, son propre père, n'y croit pas.

Peut-être parce que tu es son père ?

Moi, même si je n'y crois pas,

je crois qu'il va gagner !

Et moi, je me suis dit…

que s'il gagnait…

il n'a pas de tenue pour se présenter sur le podium.

On ne peut pas recevoir une médaille,

habillé comme le fils de personne,

Écoute, Felice. Combien coûte une tenue pour courir ?

Eh… Ça coûte, ça coûte…

Je paye la moitié…

si tu payes l'autre moitié !

Très bien, c'est d'accord.

- La tenue. - Bravo !

Alors ?

Ça va durer encore longtemps ?

Allez savoir !

Alors ?

- Tu n'as rien vu ? - … température qui atteint les 40° C…

Et qu'est-ce que tu veux qu'on voie ?

Mon fils !

Eh, ton fils…

Il a pris son envol !

Il est devenu un garçon comme un autre.

- Ils sont partis ! - Pourquoi tu me dis ça ?

Parmi eux, il y a peut-être le champion de demain.

Allez, allez, courage !

Allez, les gars, là, à la ligne de départ !

Eh, Mimì !

Va t'échauffer comme tous les autres !

Ça va bientôt commencer ! Va te préparer, Mimì !

Vous bouchez la vue, on n'y voit rien !

Mimì !

Mimì ! Mais qu'est-ce qui se passe ?

- Tu ne te sens pas bien ? - Mes jambes tremblent !

- Quoi ? - Mes jambes tremblent !

Ah non, Mimì, pas maintenant !

Après tout ce que Felice a fait pour toi !

Un peu de courage !

Je ne veux pas la faire. Je veux rentrer à la maison !

Je vais te tuer !

La raison pour laquelle nous diffusons les Jeux de la Jeunesse

dans un stade olympique désert et suffocant,

- c'est l'espoir de découvrir un nouveau champion. - Le voilà !

C'est mon fils ! C'est lui !

- C'est Mimì ! - Oui, c'est eux.

Et où il est ?

Il était ici !

Il s'appelle Giovanni Bodona, il a douze ans.

Prêts ?

Mais où il est ?

Voici le deuxième essai de Giorgio Alessandroni.

Bonne posture, il prend son élan…

Il a réussi !

Nous nous tournons à présent vers le saut en hauteur,

les garçons s'élancent rapidement

Le numéro 45 passe la barre,

ici nous voyons un autre concurrent, le numéro 29

Il échoue, même si la barre est encore plutôt basse.

Et le jeune garçon est pieds nus.

Le peloton des premiers de cette…

Il est premier.

C'est un enfant de Calabre.

Traduit de l'italien par eMartini

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.