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PRIS AU PIÈGE - CAUGHT STEALING

LOWER EAST SIDE, MANHATTAN

4 HEURES DU MATIN...

Dernière commande !

- Tout roule, Paul ? - Ça roule, Hank. Nickel.

Merci, Spo.

Hank, t'es le meilleur !

Allez, les gars...

C'est mort.

La qualif est pour les Mets.

Je t'adore, Amtrak. Sans vouloir t'insulter, ta gueule.

Regarde !

Vous pouvez pas danser ici.

Tu déconnes !

Giuliani a décrété que c'était un délit.

Petit connard.

Je vais te faire valser, danser la bachata.

Botte-lui le cul.

Je gère.

Tournée de shots. Ensuite, tout le monde dehors.

Goûtez-moi ça.

Saletés de boutonneux.

Hank ?

Tu pourras fermer et déposer la recette ?

Allons lire de la poésie

et voir le soleil se lever sur ma terrasse.

On était en 1975,

et Lou m'a envoyé voir Andy.

On finit son verre !

- Tu gères la salle, Britt ? - Oui.

Le visage me dit rien, mais le reste, oui.

- Très classe. - C'est toi qui montres tes seins.

J'ai sauvé un patient, d'une overdose.

T'es incroyable !

Avec l'adrénaline, j'ai pas les idées claires.

Profite de mon manque de discernement.

Je compte dessus.

J'arrive.

Les Giants ont marqué 18 points, hier.

Et aujourd'hui, rien !

Comment ils vont remonter en jouant comme ça ?

Ce que tu racontes, c'est carrément pas sexy.

Je suis sexy sans ouvrir la bouche.

Alors ferme-la, ta bouche.

Faites ça chez vous, les jeunes.

Pardon, Mme Kitty.

Ça va ?

Tu fais quoi, hooligan ?

Trop pourrie, ton imitation.

T'as tout donné ? On dirait Dick Van Dyke.

Yvonne...

Très jolie.

C'est votre petit plan cul ?

Toujours charmant, Russ.

- Un problème ? - J'ai besoin que tu gardes Bud.

Non, je suis nul à ça.

- Bud ? - Mon coloc.

Son chat.

- J'aime bien les chats. - Il mord.

Il t'a jamais bouffé, il t'adore.

Demande à d'autres.

Pense pas qu'à ta gueule. Mon père a fait un AVC.

Je pars à Londres. Nourris-le.

Donne-lui de l'amour. Il sera jouasse.

Les mecs, il est tard.

- Dégage ! - Désolé.

Moi aussi, je suis fêtard, mais y en a qui bossent demain.

- Dégage ! - Désolé.

Je voudrais pas appeler les flics.

Dégage, sale banquier,

avec ton pognon de merde !

Mon père est mourant !

Tu vas finir en pâtée pour chat !

- Je suis pas un sale con de yuppie. - Si !

Je crée des sites Internet.

C'est super, Duane.

Bonne nuit, vieux.

C'est le matin.

"Je crée des sites Internet" !

T'entends ça ?

Le chat !

Duane va le dénoncer aux flics ?

Le pauvre, je vais le voir.

Reviens vite.

Boîte vocale 1.

Vous avez un nouveau message.

Henry, c'est maman.

Jack a encore diminué mes heures.

Et nos Giants, 18 points hier et pas un seul aujourd'hui ?

Exactement !

Ils me rendent dingue !

Ils seraient déjà qualifiés, avec toi dans l'équipe.

Rappelle-moi. Je t'aime. Allez les Giants !

Je t'aime, maman.

Il s'échappe !

Il est là.

Qu'est-ce que t'as ?

Non, attends...

Il reste pas ici.

Allez !

- Il va foutre des poils partout. - Regarde !

Il t'adore.

Moi, j'aime les chiens.

J'ai eu des chiens, gamin.

Évidemment. Tu aimes les chiens, le base-ball.

Tu appelles ta maman, tu lui envoies de l'argent.

Un gentil petit provincial.

Un petit provincial ?

Je suis pas si gentil.

Ah ouais ?

Fais gaffe où tu vises.

T'es un bad boy ?

Si tu me cherches.

Je devrais trembler ?

Les New-Yorkaises sont coriaces.

On est des rapides.

T'es rapide ?

Plus que toi.

Ah ouais ?

C'est une excellente bière.

Tu la boiras après.

Tout va bien ?

Oui, ça va.

Le petit-déj des champions.

C'est mieux que tes bagels surgelés moisis.

- T'es obligée d'y aller ? - Oui, il va être 13 h.

Ça va, t'es sûr ?

Nickel.

T'as plus de dentifrice.

Je t'appelle ?

T'as mon numéro.

Les Giants rencontrent les Pirates.

Mais ils ont trois victoires de retard.

Ils sont cuits. Où est ma fourchette ?

Tu veux une fourchette ?

Je vais t'en planter une, moi !

Salut, Bud. Non, c'est pas pour toi.

C'est pour les humains.

Quoi ?

T'as faim ?

D'accord, je vais te chercher à manger.

T'es qui, toi ?

Russ est là ?

Et vous, vous êtes qui ?

Gros bras.

Mister Base-ball.

Emmène-moi au match...

Russ est chez lui ?

Non, il est pas là.

Mensonge, mensonge

Ton nez s'allonge !

Alors,

il est où ?

C'est pas vos oignons.

Attention, mon bagel.

OK, Mister Base-ball, on joue ?

Vas-y !

Les mecs, arrêtez !

Occupe-toi de ton cul !

Appelle les flics, Duane.

Arrêtez ou j'appelle.

Appelle-les vraiment !

J'appelle !

Ça suffit, Microbe.

Calme-toi !

Les flics vont rappliquer. On se casse !

Ils sont partis ?

Coucou, Bud.

Là, ça craint.

T'as vu Cindy avec ce naze de Danville ?

D'après Melissa, c'est pour te faire chier.

Elle fait ce qu'elle veut.

C'est ça...

Et sinon, t'as vu le recruteur des Dodgers ?

Lâche-moi !

Tu me fais quoi ?

Il te voulait !

Les Dodgers choisissent en deuxième.

Je serai pas aussi haut.

Les Dodgers me recruteront pas. Je serai le quinzième choix.

"Avec le quinzième choix

"au tirage de la Major League,

"les San Francisco Giants recrutent

"Hank Thompson !"

Ça, ça me plaît !

- Une autre ? - À ton avis ?

Puisque t'es pas jaloux,

Cindy était franchement canon !

Merde !

Tout va bien.

Reste tranquille.

Doucement, ils t'ont enlevé un rein.

Hein ? Pourquoi ?

Il a éclaté, ça a failli te tuer.

Non, laisse...

Combien de temps...

Tu comates depuis deux jours.

Deux jours ?

- Et merde ! - Qu'est-ce qui s'est passé ?

Ma mère.

Tu aurais un téléphone ?

Il faut que je l'appelle.

Maman, c'est moi.

Non, ça va. Excuse-moi, j'étais malade.

Oui, une intoxication alimentaire.

Mais ça va, j'ai une amie avec moi.

Juste une amie.

J'ai tout raté depuis deux jours, raconte.

C'est vrai ?

C'est génial !

Je suis encore vraiment dans le gaz,

est-ce qu'on peut...

D'accord. Je t'aime. Allez les Giants !

Plus qu'une victoire de retard !

Tes priorités me fascinent.

Moi, je te fascine.

J'ai pas dit ça.

Pourtant, tu es à mon chevet.

Je viens d'arriver.

Une flic est venue, j'ai pas pu l'aider. Voilà sa carte.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Deux types cherchaient Russ.

Ils se sont énervés contre moi.

Russ... Évidemment.

Il faut que je sorte de là.

Tu te remets d'une opération.

J'ai pas les moyens de rester, ma facture va exploser.

D'accord, mais il y a des conditions.

Régime pauvre en sodium.

J'aime pas le sel.

Pas de tabac.

Le tabac, c'est dégueu.

Pas de caféine.

La caféine me met à cran.

Et...

pas d'alcool.

À vie.

Le rein filtre les toxines.

L'alcool est une toxine. Tu piges ?

Je bois pas tant que ça.

Dur de payer le prêt.

Tiens, Bud.

Aucune nouvelle depuis des jours, tout va bien ?

Rappelle-moi. Je t'aime. Allez les Giants !

Vas-y mollo, petit dur.

J'aime prévoir en cas de visite.

J'aime pas les mecs cons.

Si tu veux un banquier, Duane est au bout du couloir.

C'est pas drôle.

Il est pas banquier.

Il crée des sites Internet.

- C'est quoi, ton problème ? - Quoi ?

Comment ça ?

Tu fais le con quand ça devient sérieux.

Pas du tout.

Bon, c'est vrai.

Je sais pas ce que tu veux.

Je veux savoir si c'est du sérieux.

Tu veux que ce soit sérieux ?

On en est là.

Soit on y va,

soit on arrête.

Alors,

il te faut quoi comme gage de sérieux ?

Je veux être sûre que t'es un mec qui s'assume.

Je veux pas de quelqu'un qui passe sa vie à fuir.

Si tu fuis tes peurs, tu les laisses gagner.

Je t'appelle ?

T'as mon numéro.

T'as ma casquette.

Quoi, tu m'en crois pas capable ?

Je t'emmerde.

Qu'est-ce que t'as ? File.

Pas sur le lit, descends.

Ça suffit, Bud !

Je sais pourquoi j'aime les chiens.

Jason, tu continues la récup ?

Ça marche pas trop mal.

- T'as des canettes ? - Non, que des bouteilles.

- Bois des 50 cl, ça m'aiderait. - Désolé. Tiens.

T'es sympa, Harry.

T'es con, Olej ?

Lexi, tu nous as pris des pizzas ?

Va chier, Microbe.

Qu'est-ce qu'on attend ?

Pourquoi t'as pas tes outils ?

Grand couillon !

- Je m'en charge. - Tais-toi.

Va chier toi-même !

Ça va pas ?

T'as pris deux pepperoni ?

Merde !

Dégage du lit !

Sale bourrique !

Quel empoté...

Regarde sous le lit.

Ils étaient combien ?

Trois en tout,

je crois.

Lieutenant Roman, je peux utiliser les toilettes ?

On peut pas chier sur le lieu d'un crime.

- Baissez la manette, ou ça se bouche. - Je sais tirer une chasse.

La face glamour de la police.

Qu'est-ce qu'on a là ?

- Salut, minou ! - Il mord.

- Un vrai fauve ! - Oui, désolé.

Vous pensez en avoir vu trois.

Vous pouvez me les décrire ?

Les deux Ukrainiens

qui m'avaient tabassé l'autre jour...

Pourquoi ukrainiens ?

Leur accent.

Et Little Ukraine est à deux pas.

Ils sont pas ukrainiens.

La mafia a la mainmise depuis des années.

C'était pas l'accent italien.

La mafia russe. Plus violente, et la bouffe est immonde.

Génial.

Vous êtes fan, ou joueur ?

J'ai joué.

À la fac ? En semi-pro ?

Au lycée.

Pas du vrai base-ball.

Si, c'était du vrai.

Que savez-vous des trafics de M. Miner ?

Rien.

Russ ? Il trafique rien.

Vous vivez ici depuis quand ?

À New York, depuis onze ans.

Ici, depuis six ou sept ans.

Vous avez vu le quartier changer. Présence policière,

restos chics, gentrification.

Oui.

Mais malgré le changement, les stups rappliquent pas ici

pour un cambriolage à deux balles.

Les stups ?

Ross Miner est un suspect potentiel

dans un trafic de drogue pas à deux balles.

- Il vous en a parlé ? - Non, il est avec son père à Londres.

Vous lui en achetez ?

Je me drogue pas.

- Rarement. - Vous dealez ?

Non.

Vous avez parlé à ces types, récemment ?

Je sais pas...

Je les connais pas.

Ces types-là,

c'est des affreux jojos.

Dites-moi si vous fricotez avec eux, avant qu'ils vous éborgnent pour le fun.

Je fricote pas avec eux.

Vous vous fichez de moi ?

Un peu.

Ça peut délier les langues.

Ça s'est bouché.

J'ai terminé mon inspection.

Alors pourquoi t'es venu bousiller ses chiottes ?

C'était pressé.

Fous le camp.

J'ai une question directe.

Vous vous foutez de moi ?

Non, je sais rien, je me fous pas de vous.

Quoi ?

Je me fous de vous.

Ça peut délier les langues.

Mais je sens que vous me cachez un truc.

Anecdotique en apparence, mais peut-être pas.

Alors est-ce que vous avez quelque chose à me dire ?

J'ai très peur.

Ils s'en foutent, de vous.

Ils m'ont envoyé à l'hosto.

Dégât collatéral.

Vous en faites pas.

Sauf si les affreux jojos débarquent.

Dans ce cas-là, appelez-moi.

D'accord ?

Ils ont joué comment, aujourd'hui ?

Ils ont battu les Pirates.

Plus qu'une victoire de retard.

Je mise sur les Mets.

Bonne journée, M. Thompson.

Putain !

Sans déconner, Bud !

T'as mangé quoi ?

C'est quoi, la différence ?

Elle dit que c'est plus amer.

- Tu sais ce que je dis. - Quoi ?

Qu'importe le flacon...

Exactement !

On est d'accord.

Tu fais quoi ?

Je suis en double file.

Lieutenant Roman, police de New York. Laissez un message.

Ici Hank Thompson. Les Affreux viennent de passer.

Et j'ai peut-être trouvé quelque chose. Rappelez-moi.

Non, c'est dangereux, ici. Je vous rappelle.

Salut, mec.

Ça fait un bail.

- T'es passé sous un camion ? - Je t'emmerde.

Paul !

Lennox Lewis est parmi nous ! Viens boire un coup.

Non, je peux pas. J'ai besoin d'un service.

Aux chiottes les services !

J'ai pas le droit de boire.

Tu l'auras voulu ! Alors on trinque aux Giants.

Allez les Giants !

Respecte ton équipe. T'attends quoi ?

Cul sec !

Un seul !

C'est tout.

Russ, dans quelle merde tu m'as foutu ?

Avec des affreux jojos et des giga tarés !

On reprend des shots ?

Rappelle-moi quand t'as ce message.

Britt !

Tavernier, une autre mousse !

Va chier.

Bon, alors je me sers tout seul.

Quand les Giants débarquent...

Fous le camp !

- Un dernier verre ? - Ça va, on s'amuse.

Ta gueule, Paul.

Attention !

Troisième base, il tente le home run...

Banco !

La foule en délire...

Ta base est par là, superstar.

"Superstar" ?

Viens, reste pas sur la route.

Je te ramène.

Quoi ?

Ça t'amuse ?

Tu veux que j'affronte mes peurs mais ça, ça t'amuse ?

Quoi ?

Vas-y, exprime-toi.

J'avais tout.

J'étais à deux doigts, et...

Dis-moi comment j'affronte ça !

Comment faire, alors que j'avais tout

et qu'il me reste que de la merde ?

De la merde ? Sympa.

Non, je parlais pas de toi.

- J'arrête le baby-sitting. - Ma puce...

Bonsoir. À Chinatown.

T'es qu'une merde, Hank.

Harry, mon pote !

Dale...

Il se réveille.

Petit paresseux.

Dunkin' Donut.

C'est le matin !

Voilà le fameux pote de Russ.

Hank, c'est ça ?

Tu peux m'appeler Colorado.

Vous avez fait quoi au chat ?

J'ai caressé le chat, il m'a mordu, alors...

je lui ai botté le cul.

Non, on est venus lui parler.

- Mets-le en laisse. - Désolé.

Microbe, attends ton tour.

C'est une situation...

un petit peu triste.

Laisse-moi t'expliquer ce qui se passe.

Ces gars-là,

ils veulent te taper

jusqu'à ce que tu parles.

Moi, je crois qu'il y a un meilleur moyen

de s'entendre.

Certains agitent leur flingue comme si c'était...

leur bite.

Moi, j'ai pas besoin de l'agiter.

Soit j'ai ce que je veux,

soit mon pistolet parle pour moi.

Pigé ?

Russ est parti voir son père à Londres.

Parfait !

Voilà !

Mais il t'a donné quelque chose, non ?

Il y avait une clé...

Il me l'a pas donnée,

il l'a cachée dans la litière.

Dans la salle de bains.

Sans taper.

Home run, Mr. Baseball.

Dans un faux caca en caoutchouc.

Je l'ai trouvée là.

Je me suis cuité,

je me souviens de rien.

Mais j'ai lavé les draps...

Gros caca.

Rigolo !

Mais pas de clé.

Pourquoi tu me mens

alors que j'ai été gentil ?

Il comprend pas la gentillesse.

- Qu'est-ce que j'ai là ? - Vas-y.

- Arrêtez. - À toi.

Laissez-moi réfléchir.

Où est la clé ?

Attendez !

Emmène-moi au match...

- Elle ouvre quoi ? - Je sais pas.

J'en sais rien !

Achète-moi des cacahuètes...

J'étais bourré, je sais pas ce que j'en ai fait.

Ça suffit, connard !

Les mecs, j'entends tout au bout du couloir.

- C'est qui, ce con ? - Le yuppie.

Dis-lui de pas faire chier. Tout de suite !

Fais pas chier, Duane !

Mec...

Sérieusement, arrête de faire chier.

Toi, arrête de faire chier.

C'est pas vrai...

Fais pas chier, Duane !

Qu'est-ce que tu fous ?

- Il nous a vus, imbécile ! - T'as du bol.

Je t'ai dit de le maîtriser.

Pardon.

Le yuppie va appeler les flics.

Viens.

Écoute-moi bien, Hank.

On sait que t'as parlé à la flic.

Si tu rappelles cette connasse,

ou n'importe quel flic,

on tue tous les gens à qui tu tiens le plus.

Récupère la clé, appelle-moi, déconne pas.

Baise-ball.

Je vais à Disneyland.

On y va, Minnie Mouse !

C'est bon, j'arrive !

J'ai pas pu m'en occuper.

Putain !

- Ils lui ont fait du mal. - Entre.

Bud...

Tu cumules, Hank.

C'est impressionnant.

Malin.

On se voit trop, nos règles se synchronisent.

Trop chou.

Je vais regarder ça.

On a vu pire.

T'as perdu quelques agrafes. Ça devrait aller.

- Tu appelles qui ? - Une ambulance.

Non, pas question.

Il faut te recoudre.

Fais-le, toi.

Je suis pas médecin !

Je dois éviter les hostos et les flics.

Qui t'a fait ça ?

- Explique-moi. - Recouds-moi, ça ira.

J'ai pas de fil de suture.

Je peux pas.

Bon, j'ai une idée.

Mais ça fera une vilaine cicatrice.

Bouge pas, ça sèche.

Reste tranquille.

Comme à la guerre.

Merci.

- Je peux ? - Non.

Pas avant deux jours.

Très drôle.

C'est quoi, ce bordel ?

J'ai tout oublié d'hier soir.

Sans blague ?

T'as demandé un service à Paul,

tu t'es mis à boire, à faire la teuf, à geindre sur le base-ball.

Comme d'hab.

Je dois y aller.

Tu m'as toujours pas dit ce qui se passe.

Je dois gérer ce merdier.

- On appelle les flics. - Ils me l'ont interdit.

- Je m'en occupe. - Tu peux pas.

Ils torturent les chats.

Garde-le.

Je m'occupe de Bud. Occupe-toi de toi.

Je t'appelle ?

Paul's Bar. Paul est pas là, ta femme non plus.

C'est Hank. Il me faut la clé que je t'ai donnée.

Rappelle-moi au...

Attention !

Pauvre con !

Fais un peu gaffe, merde !

Pardon.

Pourquoi tu t'enfuis ?

Détends-toi !

Poussez-vous de là !

Paul's Bar. Paul est pas là...

Une autre bière ?

Je veux bien.

Hank Thompson.

Hank ! Quelque chose te revient ?

- Je sais où est la clé. - Bien !

Elle est où ?

- Me fais pas mariner. - Je vais la chercher.

- Je t'accompagne. - Non, je vais seul chez mon amie.

Quelle amie ?

La chica de Chinatown !

Quoi ?

Je t'ai dit ce qu'on ferait aux gens à qui tu tiens, Hank.

Police Secours.

Vous m'entendez ?

Après votre message et votre appel, j'ai voulu savoir.

J'ai enquêté sur vous.

Je vous ai sous-estimé, vous jouiez dans la cour des grands.

Le paternel devait être un bon coach.

18 ans,

sur le point de signer

en Major League.

Et vous avez tout gâché.

Votre père a dû être déçu.

Adieu le base-ball.

Vous auriez pu en tirer des leçons,

mais voilà.

Ça, c'est un tir à bout touchant.

Le flingue sur la tempe.

Quelqu'un s'est introduit chez elle,

l'a attendue

et l'a exécutée.

Vos embrouilles ont causé sa mort.

Je suis là pour éviter d'autres morts.

Pour ça, j'ai besoin de renseignements.

Je vous enlève ça.

On va prendre l'air.

Venez, allons boire un café.

D'accord ?

Quoi ?

Vous allez m'expliquer ?

Je veux une preuve que vous avez le don de la parole.

C'était ma mère.

Quoi, votre mère ?

Le base-ball. C'était elle, ma coach.

Bien joué, maman !

Les Russes que vous avez chauffés, Pavel et Aleksei,

ils dirigent une franchise pour un baron à Brighton Beach,

Igor Dolokhov.

Et le rouquin portoricain,

Colorado, il gère des discothèques sur leur territoire.

C'est lui qui a tué Yvonne.

Il a récité son couplet de la pistola ?

- Exactement. - C'est que de la gueule.

Il a pas les couilles de tirer une balle.

Les exécutions, c'est signé les frères Drucker.

Lipa et Schmully, juifs orthodoxes.

Elle avait rien fait.

Ils ont suivi les Russes qui vous suivaient.

En fuyant, vous les avez provoqués.

Leur message : "Te fous pas de nous."

Tout ce merdier, c'est une histoire de pognon.

Un magot inimaginable.

La clé ouvre la planque de ce magot, volé par Russ.

Pas par vous.

Hank...

C'est pas votre faute.

J'aurais dû vous appeler.

Elle avait raison. Pourquoi je l'ai pas écoutée ?

Je suis qu'un sale...

La clé est au bar où je bosse.

J'ai dit au patron de la cacher, j'ai trop bu et j'ai tout oublié.

Ça...

C'est pour ça que je suis venue.

On fait quoi, maintenant ?

On attend les renforts.

Déjà mangé un Noir et Blanc ?

Tenez, goûtez.

Vous ratez un truc.

Quand j'étais gamine,

le Noir et Blanc, c'était le soleil de ce quartier pourri.

Je vous parle du vrai Alphabet City,

pas du repaire de bobos avec bistros chics.

J'ai grandi dans une cité,

Riis Houses, au bout de l'avenue D.

J'ai grandi ici, je bosse ici.

Mais je vais pas crever ici.

Quand tout ça sera fini, je partirai à Tulum.

La plage,

un bar au milieu de la piscine.

Je me poserai là, j'écouterai les vagues,

en pensant à ma nouvelle vie.

Le seul truc qui me manquera,

c'est ce gâteau.

Voilà les renforts.

Vous allez où, Hank ?

Belle casquette.

Le voilà.

Alors ?

Il se passe quoi, à l'intérieur ?

Le patron et un gros lard se font des lignes sur le bar.

Combien de temps l'obèse va traîner avec ton boss ?

C'est quoi, son problème ?

Il croit que t'as tué sa nana.

J'ai dit que t'avais pas les couilles.

- On y va. - Non, inutile qu'on se déplace.

Il va nous la rapporter.

Très bien.

Vas-y, toi. Récupère la clé.

Enfoiré !

Arrêtez ça !

Un petit dur !

Vous perdez de vue le but de l'opération.

Abruti.

Peu importe qui l'a tuée.

Faites ce qu'il faut pour qu'il y ait pas d'autre mort.

Vous allez entrer dans ce bar,

reprendre la clé et nous la donner.

Et voilà.

Fin du cauchemar.

Vous avez une minute.

Avant qu'on débarque.

Non, le chat reste là.

Ça va aller.

Là, elle se tourne vers moi et elle me demande si je l'aime.

C'est une question légitime, je trouve.

T'es de mon côté ou tu joues au con ?

Qui s'y connaît mieux en amour ?

Toi ou moi ? Donne-moi ça.

- Moi, ducon. - Ah oui ?

Je suis à l'écoute de ma part féminine.

Sans déconner !

Ouvre !

Voilà les ennuis.

Pas de coke pour lui.

Ni de picole.

- Bien le bonjour, l'ami ! - Il me faut ma clé.

- T'as eu mes messages ? - Quelle clé ?

Ma clé, tout de suite.

Tu l'as perdue où ? Regarde les objets trouvés.

Je te l'ai donnée hier.

Avant ou après avoir bousillé le billard ?

Je t'ai apporté une clé, elle est où ?

Tu m'as rien apporté, à part des emmerdes.

- Quoi ? - Bonjour.

- Laissez-moi une minute. - La ferme.

- Petite fête ? - C'est mon bar.

- Ça fait de mal à personne. - Je sais fermer les yeux.

- C'est qui ? - M. Thompson nous aide sur une enquête.

- Il vous a donné une clé. - Attendez...

Dites-nous où elle est, sinon on fouille.

- Vous avez un mandat ? - T'occupe, gros lard.

Me traite pas de gros lard !

Reprenez ce qui vous appartient.

Oui, mais...

- Non ! - Du calme, Amtrak !

Je vais t'enterrer, fils de pute !

Me braque pas !

- Amtrak ! - Il est pas flic.

Je connais les flics, et c'en est pas un !

Oh putain !

Amtrak !

Où est la clé ? T'as cinq secondes.

Tu fais quoi ?

J'obtiens des réponses.

- Je gère. - De quoi il parle ?

Baisse ton arme.

Arrête de compter, écoute-moi.

- Du calme ! - Baisse ton flingue !

Pitié !

Merci, putain !

Qui va gober ça ?

Ça ressemble à quelque chose, ça brouille les pistes.

Ça ressemble à quelque chose.

Hank vous a donné une clé. Je la veux.

Dans le coffre.

Je l'ai mise au coffre, comme tu me l'as demandé.

11-15-64. Il est faussé, il faut le trifouiller.

- Redonnez-moi les chiffres. - 11-15...

64.

Je vous ai dit...

Il est capricieux.

Il faut savoir s'y prendre.

Fait chier !

Oui, fait chier.

D'accord.

Ouvrez-le et relevez-vous.

Pigé ?

Entendu.

Le mécanisme est sensible.

Il obéit qu'à moi.

Voilà, mon grand.

Hank, elle est là.

- Je l'ai. Merde ! - Relevez-vous.

Mes genoux, putain.

Enfoirés !

Vous osez venir dans mon bar

et tuer mon meilleur pote ?

Tu déconnes, Hank ?

C'est quoi, ce bordel ? C'est qui, ces gus ?

Ils ont buté Amtrak,

flingué mon bar...

Je les emmerde.

Baisse-toi !

Ils ont tiré sur mon lézard !

Viens !

On attend les flics.

Glissez-la dans la fente.

Je sais pas où elle est, putain !

C'est pas la fin du monde.

Sortez, on va...

- Je sors pas d'ici. - Pas le choix.

Si vous vous faites arrêter, je mettrai tout sur votre dos.

On doit se tirer.

Je peux vous tirer de là.

Mais il me faut cette clé.

Vous vous faites arrêter, vous êtes niqué.

Jason !

Salopard !

C'est Hank... Harry.

Harry !

T'as mon fute, mec.

- Ouais, il est super. - Tant mieux.

J'ai oublié un truc dans la poche.

Pardon de te déranger.

Ce truc-là ?

C'est ça. Merci, garde le fute.

T'es sympa, Harry.

Vous avez un nouveau message.

Henry ! Tu as vu les Giants ? Ils sont déchaînés !

Les Mets et les Cubs se chient dessus.

Ils vont se qualifier, même sans toi, ma superstar.

Si tu étais là, on regarderait le match ensemble.

Tu te sens mieux ?

Rappelle-moi. Je t'aime. Allez les Giants !

Putain !

Tu m'as défoncé le crâne, petit con !

Dans quelle merde tu m'as foutu ?

Minute !

Les mecs...

Quelle pute, pas vrai ?

C'est toi, la pute. Pourquoi tu m'as laissé ça ?

Donne !

Elle ouvre quoi ?

- Où est le pognon ? - Quel pognon ?

Ils ont tué Yvonne.

Mec...

Ma caisse est toujours là ?

Tu conduis.

- Allez ! - Pas question.

Je vois flou, putain.

Je conduis pas.

Tous les branleurs californiens conduisent.

- Pas moi. - Comment ça ?

Tu fais chier.

T'as jamais appris ?

Hollywood t'a expulsé pour ça ?

Je suis pas de Hollywood.

Façon de causer.

C'est les Idles !

Attache ta ceinture.

ENFOI-RUSS

Une fusillade dans un bar de l'East Village

a fait au moins trois morts.

La police recherche un employé en fuite...

- T'as merdé, mec. - Moi, j'ai merdé ?

Va te faire foutre. Yvonne a été exécutée, comme ça.

Colorado a tué Amtrak.

Roman a mis une balle à Colorado, et ils ont tué Paul.

Pas Paul !

Tu branles quoi avec ces gens ?

Je vais t'expliquer.

Mais tu m'exploses plus la tronche !

D'accord.

C'est simple.

Plus jeune, j'ai fait la connaissance de Lipa et Schmully, les Hébreux.

Je suis devenu leur goy de service, leur petit livreur.

Tu livrais quoi ?

Des baskets, des sucettes. De la drogue !

C'est ça, mon boulot.

Dealer dans les boîtes de Colorado.

Dégage !

J'avais perdu de vue Lipa et Schmully, mais ils ont refait surface,

après avoir acquis

un stock indécent d'ecstasy belge, de la came de maboul,

qui te fait décoller, à te décrocher la mâchoire.

Mais manque de bol,

je venais de me faire choper par Roman.

Obligé d'être son indic, sinon elle me fout en taule.

Quand j'ai su pour l'ecstasy,

je l'ai rencardée.

Mais, cette pourrie, ça l'intéresse pas de les coffrer.

En fait, elle est redevable à ce sale baron de la mafia russe, Igor.

- Ça va ? - Oui.

J'ai le droit de dealer dans les boîtes de Colorado, le territoire d'Igor.

Chacun a sa part.

Mais y a un hic.

Ils se font pas confiance. Ils partagent le gâteau à la fin.

Et pour ça, mon ami, il leur faut un banquier.

Et c'est toi, leur banquier ?

Je suis pas un branleur, c'est mon boulot.

J'ai de l'expérience.

En plus, je flippe à mort, ils savent que je les niquerai pas.

- Mais tu les as niqués. - Pas exprès.

Et l'AVC de ton père ?

Il a clamsé !

Je suis désolé.

Donc t'as pas voulu les arnaquer.

Mon père m'a appelé, je suis parti, j'étais en vrac.

Et là, je découvre mon père en réa, la gueule en guimauve.

Putain, j'ai le tournis.

Je percute que j'ai averti personne.

Sur mon répondeur, j'ai mille messages disant que je suis mort

si j'aboule pas le pognon.

Alors il est où ?

Qu'est-ce que t'attends ?

Tiens ça, rends-toi utile.

Bienvenue dans le monde de Narnia.

Je devais faire le partage le jour de mon départ.

Il y a combien ?

Un peu plus...

de 4 millions.

Et t'as mis la clé dans la litière ?

Comment savoir que mon voisin fouillerait la merde du chat ?

Bon, on appelle Roman.

On peut pas se fier à elle.

C'est pas si simple.

Rien à battre. Je veux rentrer chez moi, voir ma mère.

Et merde !

Maman...

Un téléphone.

Tu veux appeler ta mère ?

Use pas tout mon forfait.

De rien, surtout !

Va chier.

Maman, c'est moi.

Oui, ils assurent. Écoute-moi.

Tu vas entendre des choses,

peut-être à la télé, ou par la police.

Maman, écoute-moi bien. Tout est faux, j'ai rien fait

de ce qu'on me reproche.

Je peux pas t'expliquer.

Je vais bien. Je te laisse, je t'aime. Allez les Giants.

S'ils croient que je les ai niqués, je suis foutu.

Même si j'apporte le blé.

Alors j'embarque le tout et je me tire.

Je saute dans un avion.

Et moi, là-dedans ?

Désolé, mon pote. T'es niqué.

Entre là-dedans.

S'il te plaît.

Allez !

Tiens, ton téléphone.

Russ, vous étiez passé où ?

C'est Hank.

Hank ?

Russ est revenu. J'ai l'argent.

Intéressant.

Vous disiez pouvoir me tirer de là. Comment ?

Il faudra payer du monde,

donc il me faut l'argent.

Et autre chose.

Je vous écoute.

Un bouc émissaire.

Sauf si vous voulez prendre perpète.

J'ai ça en stock.

Bien.

- Je vous dis où apporter l'argent. - Non, c'est moi.

Très bien. C'est quoi, votre plan ?

Avant toute chose, je veux le chat.

- On va où ? - À l'aéroport.

- Tu conduis. - Je t'indique le chemin.

Tu conduis. Attache-toi. Ça va aller.

Fais gaffe !

C'est bon, ça va.

Prends la sortie.

Tais-toi, je conduis.

Arrête-toi là.

On est en avance.

On passe au sport : en base-ball,

les Mets jouent les Braves au Shea Stadium...

Mikey Oswald ne frappe pas la balle.

Base-ball à la con !

Les Giants jouent la qualif.

Je vais parler foot anglais, moi, tu vas voir.

Dans le Colorado, les Giants prennent l'avantage.

Le camion de glaces !

On est à Flushing Meadows ?

On récupère Bud avant notre vol.

Buddy ?

Il est où ?

Attends, à qui t'as filé mon chat ?

Je l'ai pas donné.

Sale pute !

- Elle va me buter ! - Tais-toi.

- Je suis mort ! - Ça va aller.

Toi aussi, elle te butera !

Laisse-moi démarrer !

Fais-moi confiance.

Pourquoi je ferais ça ?

Mister Base-ball !

- Où est l'argent ? - Je l'ai pas.

Méfie-toi d'elle !

Vous étiez censé l'apporter.

J'apporte la clé. Russ va vous y emmener.

Non, c'est vous qui allez m'y emmener.

Pas question.

Montez tous les deux.

Non, j'irai nulle part !

Va chier.

Reculez, bande de nazes !

Bouge pas, toi !

Mets le chat dans la bagnole.

Toi, recule !

Va chier !

Viens là, connard !

Fait chier !

Je t'emmerde, sale pute !

- Je crois que Roman a tué Yvonne. - Dis pas ça.

À bout touchant, c'est ça ?

Tais-toi !

Comme elle a fait pour Colorado.

Roman avait aucune raison de la tuer !

Roman a pu chercher la clé chez elle.

Yvonne est rentrée, et pan !

Bout touchant.

Putain de merde !

Accélère, Russ !

Je suis au max, putain !

- Je vais où ? - À droite.

- À droite ! - OK.

La vache !

Vous allez où ?

Allez chier !

- Arrêtez-vous ! - Bande d'enfoirés !

Connasse de flic !

Vous êtes des branleurs !

Freine !

- Démarre ! - Dans ta gueule !

Allez, on y va !

Je me sens vraiment pas bien.

Je suis vraiment pas en état de conduire.

Putain, le Shea Stadium !

Je crois que j'ai laissé la gazinière allumée.

Il faut que je m'assoie.

Dans le métro.

Poussez-vous !

Ce mec crache sur les Mets !

Vous avez entendu ?

Lui, le fan des Giants !

C'est mon chat.

On change à la prochaine station, je t'emmène aux urgences.

Prends bien soin de Bud, Hank.

T'inquiète, ça va aller.

Je compte sur toi...

petit con.

Viens, on y va.

J'ai la dalle.

Chinois ou fast-food ?

Il faut que je mange.

Jeune homme ! Terminus.

Hank ?

J'ai quelque chose à vous dire.

1115, Hanover Street.

Patterson, Californie.

Vous pensez vous réfugier chez maman ?

Pensez-y à deux fois.

Tout votre entourage y passe.

Votre pote de lycée, votre patron, votre nana.

Russ, retrouvé au métro Grand Central.

C'est vous, maintenant, le bouc émissaire.

Tout le monde vous prend pour un tueur.

L'homme à abattre.

Apportez l'argent à l'Hermitage Club, à Brighton Beach,

dans deux heures.

Et je pourrai peut-être empêcher les dégâts collatéraux.

Vous ne pouvez pas fuir éternellement.

Fait chier !

Non, maman, il faut que tu quittes la maison.

Oui, je sais ce qu'on dit aux infos.

Je sais que tu sais que c'est faux.

Mais il y a eu des morts à cause de moi.

C'est pas un accident, c'est pas comme avec la voiture...

En fait, si, c'est pareil.

C'était moi, le fautif.

J'ai tué Dale.

Si, maman.

J'ai tué Dale.

Et j'ai pensé qu'à ma blessure qui m'empêchait de jouer.

J'ai même pas pensé à lui.

J'ai tué Dale. J'ai fui mes responsabilités.

J'ai jamais assumé.

Écoute-moi bien, quitte la maison et va chez Jackie.

Regarde le match chez elle !

S'il te plaît,

promets-moi d'y aller.

Je t'aime, maman.

Allez les Giants.

Bud...

Attends.

HÉBREUX

Russ ?

Non, je suis son voisin, Hank.

Hank, l'homme-anguille.

Oui, c'est moi.

Où est Russ ?

Mort.

Ça, c'est une surprise.

Mais je peux avoir l'argent.

D'accord. Rends-moi service, Hank.

Ne nous oblige plus à te courir après.

Non, j'en ai assez de fuir.

Tu as une sacrée frappe.

Ça me rappelle Gil Hodges.

Mignon, ce chat.

Alors, Hank,

tu sais qu'il faut pas nous chercher ?

- Oui. - Tant mieux.

Tu sais où est notre argent ?

Dans un box.

- Russ avait la clé. - Il lui est arrivé quoi ?

Je l'ai tué.

Comment ?

Avec une batte de base-ball.

Donc tu as la clé ?

C'est Roman qui l'a.

Mais moi, je sais où est l'argent.

J'ai rendez-vous avec elle dans une heure.

Tu as hâte de mourir, pour foncer dans ce piège ?

Elle tue ma mère, si je viens pas.

Où est l'argent ?

Je vous le dirai quand vous aurez tué Roman.

Je lui arrache les yeux ?

Avant de savoir où est l'argent ?

Avant d'avoir la clé ?

Si je lui arrache les yeux, il parlera.

Regarde-le, il est coriace.

Si on perd du temps, on rate l'occasion

de liquider Roman et de récupérer la clé.

Alors allons trouver Roman.

Il faut qu'on passe chez Bubbe.

C'est shabbat, frangin.

Et le goy, là-dedans ?

Bubbe aime tout le monde.

On doit faire une mitsva.

Tu sais ce que c'est ?

Une sorte de faveur.

T'es pas juif, par hasard ?

La hallah !

Bon shabbat.

Qui est-ce ?

Quel genre d'invité m'amènes-tu ?

Hank est... un nouvel ami.

Son âme souffre.

On l'aide.

Les malheurs sont à l'homme

ce que la rouille est au fer.

Il est juif ?

À moitié juif.

La bonne moitié.

Peu importe,

il est le bienvenu.

Entrez, entrez.

J'ai pas la clé.

Manifestement pas.

L'heure tourne.

Mieux vaut tenir que courir.

Si Roman y passe,

c'est un souci de moins, non ?

Ils méritent tous de mourir

pour avoir essayé de nous voler.

Bon, rhabille-toi.

Mange, gringalet.

Merci.

Mange ou tu vas la vexer.

Non, les filles ! Du balai !

Mettez le couvert !

Le lieu de rendez-vous fixé par Roman, L'Hermitage,

c'est le resto d'Igor Dolokhov.

Très chic. Las Vegas version russe.

Bourré de mafieux.

Ils seront en confiance.

Ils nous verront pas venir.

- Dieu nous protège. - Dieu nous protège.

Donc on le fait ?

Vous partez déjà ?

C'est bientôt l'heure de shabbat !

On doit y aller, Bubbe.

On revient pour le kiddouch.

Interdiction de conduire.

Hank va conduire.

Mais il est à moitié juif.

C'est sa moitié non juive qui va conduire.

C'est pas drôle.

Tu as l'air d'un gentil garçon.

Pourquoi un gentil garçon se bat ?

Si tu ne sais pas mordre,

ne montre pas les dents.

Merci.

Allez, filez.

Ramène mes fils pour le kiddouch !

Voiture !

Très bien, ici.

Oui, frangin.

Tu as déjà tiré avec une arme à feu ?

Non.

Rien de plus facile au monde.

Triste monde.

Monde brisé.

J'en veux pas.

Pourquoi on t'en donnerait un ?

Tes mains.

Fais-moi voir.

Approche.

Il a les mains douces.

- Doucement. - Arrêtez !

Non, attendez !

- Je viens avec vous. - Pourquoi on risquerait ta vie ?

Tu nous mènes à l'argent.

Je veux vérifier que c'est fait.

Sinon je vous dis rien.

Tu feras ce qu'on te dit.

Sinon,

on touchera pas à ta maman,

mais ce qu'on fera à son fils chéri,

elle s'en remettra pas.

Tu comprends ?

Attends là, t'en fais pas.

Ça va bien se passer.

À notre succès !

Fait chier !

Allez...

Les gars !

C'est pas par là !

Les gars !

Merde.

Connard !

Mister Base-ball !

Mains en l'air !

Achète-moi des bonbons

Des frites, avec ça ?

La clé, tout de suite.

Je l'ai pas.

Elle est où ?

Je l'ai jetée à la mer.

Vous vous foutez de moi ?

Ça peut délier les langues.

- Vous tirerez jamais. - Fermez-la !

J'y ai presque cru.

Vous êtes pas un assassin.

Moi, non.

Mais eux, oui.

Prends la clé.

C'est pas elle qui l'a.

Quoi ?

Venez.

Tout va bien, Bud, je suis là.

Ce mec, c'est un vrai allumé.

On s'en va.

- Tu vas où ? - Je prends le volant.

C'est shabbat.

Mon frère, un vrai rabbin.

- Prends le volant. - Je conduis pas.

On t'a assez laissé nous balader.

On a déjà assez d'ennuis.

On conduit pas pendant shabbat.

Prends le volant, Hank.

- Attachez-vous. - Démarre.

Voilà.

Regarde la route, conduis doucement.

Je deviens quoi, moi ?

Le plus malin serait qu'on t'élimine, non ?

Mais...

un garçon qui aime sa maman,

qui fait tout pour elle et qui est aussi allumé...

comment ne pas être attendri ?

À quoi aspires-tu ?

À rentrer chez moi.

Après ce que tu as fait, tu n'y es peut-être plus le bienvenu.

Quoi ?

Tu veux laver ta conscience ?

C'est possible, tu crois ?

J'en sais rien.

Il nous fera aucun mal.

Bubbe l'aime bien.

On peut te donner 100 000.

Ou un peu plus.

Peut-être un peu plus,

pour services rendus.

Ça te laisse de quoi voir venir.

En plus de ça,

tu voulais pas tuer Russ, la police te croira.

Franchement,

ça se voit que t'es pas un tueur.

Vous me faites une mitsva ?

On te fait une mitsva.

Où est l'allume-cigare ?

C'est ma faute...

- C'est shabbat. - Pas grave.

Hank va me l'allumer.

Tiens.

À toi de me faire une mitsva.

Appuie sur la détente.

Rien de plus facile au monde.

Je voulais pas le voler, seulement fumer.

Frangin...

Tais-toi !

Désolés pour ta copine.

Tu t'es enfui, il fallait pas nous chercher.

C'est vrai.

C'est ta faute.

Triste monde.

Monde brisé.

Tu fais quoi ?

Ralentis. Je veux pas attirer l'attention.

Doucement, Hank.

Ralentis !

- Hank, ralentis ! - Tu fais quoi ?

Ralentis, on peut discuter !

Ralentis !

Arrête !

Tout va bien.

On aurait pas dû laisser le goy conduire.

Mon pote m'a dissuadé de prendre l'underground.

J'imaginais pas avoir un accident en taxi.

Qui met sa ceinture, à part les mamies ?

Je me suis éclaté sur le pare-brise.

- Il y a d'autres blessés ? - Non.

Je vais foutre un procès au cul de la société de taxis.

- Des bagages, M. Miner ? - Un.

Il est lourd.

Entre les câbles, mon mini ampli... J'ai des concerts.

Bon voyage.

Merci.

Suivant !

C'est moi, maman.

Oui, ça va.

Tu peux rentrer, c'est réglé.

Écoute-moi, il faut que je parte quelque temps.

Mais tout ira bien.

Non, je peux pas venir te voir.

J'ai besoin de m'occuper un peu de moi.

Tu vas bientôt recevoir un colis.

C'est la moitié de tout ce que je possède.

Je dois te laisser, mais je t'aime très fort.

Tu pourras regarder le match décisif chez toi. Allez les Giants.

Allez !

L'ouragan a abîmé le satellite.

On n'a plus que ça.

Base-ball ?

Bière, margarita ?

Une eau pétillante.

Joli chat.

Vous prenez bien soin de lui ?

J'essaie.

Il mord.

Vous avez les mêmes yeux.

On n'est plus que tous les deux.

Adapté du roman de Charlie Huston

Allez les Giants !

Putain !

Visa d'exploitation n° 165 413

Adaptation : Anaïs Duchet

Sous-titrage : TransPerfect Media France

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