All language subtitles for 54_maigret_et_l_etoile_du_nord1

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil) Download
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

On n 'est pas en train de prendre, patron ? Oh non, Mme Maigret ne m

avant demain.

Dis donc, je n 'arrive pas à mettre la main sur le dossier des abbesses. Moi,

ne sais pas où j 'ai pu le mettre.

Le petit juge le réclame.

Bon, ne faites pas de mourons. Il n 'en aura pas besoin avant lundi.

Et tout le monde file à l 'approche des fêtes. Il en aura sûrement fait autant.

En tout cas, il aura de la neige. Un vrai temps de Noël.

Oui. Ben justement, je vais en profiter pour mettre un peu d 'ordre là -dedans.

C 'est tard si, patron. Il est quasiment 20h. Vous faites du zèle. Ben t 'as vu

mon bureau ? Si ça continue, je pourrais même plus m 'asseoir.

Bon ben alors, je vais vous aider.

Oh non, non, non.

Je te sens trop pressé de rentrer chez toi.

Laisse -moi, je me débrouillerai bien tout seul.

Vous êtes sûr ? À condition qu 'on me laisse tranquille.

Vous savez, patron, si on en croit les statistiques, le crime ne connaît pas

jours fériés.

Ah, j 'oubliais. Je ne vous l 'ai peut -être pas dit, mais j 'ai pris ma

de demain. Alors, avec un peu d 'avance, joyeux Noël, patron.

C 'est vraiment très gentil, ça. C 'est du tabac ? Des fruits secs.

Ah bon.

Écoute, je les goûterai plus tard.

D 'accord. Très bien.

Je vous laisse.

Allez, file.

Merci, patron. Merci.

Joyeuses fêtes.

Allô ? Non, c 'est le commissaire Maigret.

Oui ? Il n 'y a personne à cette heure -ci.

De quel côté ? Gare du Nord ? Mais c 'est le secteur

du commissaire Verdier, ça, la Gare du Nord, oui.

Bon.

On va écouter.

Oui, oui, j 'arrive.

Le corps est dans quelle chambre ? L 'Aveyron.

L 'Aveyron ?

Ici, nous avons l 'habitude de désigner les chambres par le département qui

correspond au numéro.

Vous savez, la clientèle est surtout composée de voyageurs, alors... Alors,

l 'a l 'air, on sait, le 12.

Exactement. Premier étage, à gauche.

Où allez -vous, mademoiselle ? Je vais prendre mon train.

Ah non, il faut remonter dans votre chambre.

Mais je... Personne ne peut quitter cet hôtel sans mon autorisation.

Oh, mais alors, ça t 'encombre.

Et c 'est très long ? Je ne sais pas, mais il faut remonter dans votre

Pardon ? Ah, vous êtes le commissaire Verdier ? Non, Maigret.

Commissaire Maigret.

Bonjour, docteur. Bonjour, commissaire.

Je suis Ludovic Larieux, le patron de l 'hôtel.

Depuis cinq ans que je fais ce métier, c 'est bien la première fois.

C 'est un établissement calme et bien tenu, et je peux vous garantir que notre

clientèle est irréprochable.

La mort ? Presque instantanée.

Il a dû ramper jusque -là pour chercher les secours.

Je vais vous dire, commissaire, il était 5h20 quand ça s 'est passé.

Je peux être précis, car mon réveil sonne tous les jours à 5h30.

Vous comprenez, notre clientèle est surtout une clientèle qui prend le

parfois très tôt.

Donc, j 'ai entendu des bruits de porte.

Des bruits de porte ? Ben oui, il me semble.

Je ne sais plus au juste. Enfin, j 'ai entendu un remubinage. Des pas aussi ?

Des pas, bien sûr.

Dans le couloir ou dans l 'escalier ? Alors ça, je me demande.

Non, mais essayez de vous souvenir, parce que c 'est très important. Des

de pas dans le couloir ne sont pas les mêmes que dans l 'escalier.

Peut -être qu 'il y en avait des deux sortes.

J 'ai entendu un cri. Oui, un cri terrible.

Je pense qu 'il a hurlé, le malheureux.

Oui, monsieur, retournez dans votre chambre.

Moi, ce que j 'en dis, ça m 'a filé la chair de poule.

Bon, continuez.

Eh bien, je me suis levé, puis j 'ai ouvert ma porte.

Où est votre chambre ? Au fond du couloir à droite.

C 'est un petit cabinet qu 'on ne peut pas louer parce qu 'il n 'est éclairé

par une lucarne.

On peut y jeter un coup d 'œil ? Oui, si vous voulez, mais je n 'ai pas eu le

temps de ranger.

C 'est ce que vous appelez le désordre, si vous voyez mon bureau.

Je suis très maniaque.

Le patron ne donnait pas l 'exemple.

L 'exemple.

L 'exemple.

Bon.

Alors, reprenons où vous en étiez.

Vous sortez dans le couloir et... Et rien. Je suis accouru et j 'ai découvert

cet homme par terre en train de perdre son sang.

Quelle horreur.

Tout a dû se passer très vite.

Oui, ça, ils ne l 'ont pas raté.

Alors, ce couteau ? Couteau à lame large, deux coups portés avec violence.

Je pencherai pour un crime d 'homme, commissaire. A plus tard.

A plus tard.

Jean Jompard, 17 rue de Miroménil.

Il n 'avait pas l 'habitude de descendre ici, avant.

Non, il ne faisait pas partie de nos habitués.

Et il n 'avait pas d 'autre bagage que ça ? Bon.

J 'espère qu 'il a pris du bon temps avant de se faire poignarder.

Dis -moi, Bastien, tu avais raison.

Les Macchabées ne connaissent pas les jours fériés.

Je vais te demander de me rejoindre.

Oui.

À l 'hôtel de l 'Étoile du Nord.

Là, à côté de la gare.

La gare du Nord.

Oui. Allez, à tout de suite.

Voilà ce qu 'il sert.

Ce sont les fiches des clients de cette nuit.

Dites -moi, M.

Bompard, il est arrivé seul cette nuit ? Oui.

Il ne vous a pas donné l 'impression d 'attendre de la visite ? En tout cas,

personne n 'est arrivé après lui à l 'hôtel.

Et à quelle heure est -il arrivé ? Environ trois heures et demie.

Qui dort là ? Moi.

Ah bon.

Vous êtes bien, là.

Oui.

Ça va.

Mais comment faites -vous pour avoir une plante aussi magnifique dans un lieu

sans lumière ? J 'ai la main verte.

Ah oui, ça... Et puis, de temps en temps, je la sens au grand jour.

Ah, ben, ça doit lui faire du bien.

Ah, ça...

Dites -moi, si notre homme n 'attendait personne, en revanche, peut -être que

quelqu 'un l 'attendait, lui.

Il n 'y a presque que des femmes dans votre établissement.

Ça dépend.

Vous détestez être réveillé en pleine nuit.

Alors, Verdier, toujours bon dernier ? Pour être bon dans la femme, le lierre

la tortue, je ne me rappelle pas qui a gagné.

C 'est une drôle d 'idée de s 'entretuer. La veille de Noël, il n 'y a

morale.

Sommet 12.

Pardon, monsieur le commissaire.

Est -ce que ça va durer encore longtemps ? Je suis attendu à Bruxelles à midi et

mon train part dans une heure. Ah, monsieur, je n 'y peux rien.

Rentrez dans votre chambre.

Alors, patron.

Il n 'y a rien que je déteste plus que les drames dans les hôtels. On ne sait

pas où donner de la tête.

Tu as une préférence, toi, dans les départements français ?

Madame Denise

Marquette ?

Oui, monsieur le commissaire, qu 'est -ce que vous allez me faire ? Oh, ne

inquiétez pas.

Juste quelques questions.

Je suis tout retournée.

Un meurtre, vraiment ? Je pensais que l 'Étoile du Nord était une maison bien

tenue.

Si j 'avais pu imaginer.

Vous savez, ça peut arriver n 'importe où.

Je connais beaucoup de maisons.

où les armoires sont pleines de cadavres.

Quel âge avez -vous ? Pardon, c 'est la routine.

J 'ai 42 ans.

Enfin, pas tout à fait.

Et je suis veuve.

Vous travaillez ? Je tiens une boutique d 'antiquité brocante à Compiègne.

Pour quel motif êtes -vous venue à Paris ? Je suis venue voir ma sœur.

Elle est infirmière -chef à la Riboisière.

Je suis en visite une fois par mois et c 'est ici que je descends toujours. C

'est tout près de l 'hôpital.

Ce soir, nous avons fêté Noël ensemble. Elle n 'est pas de service.

Vous n 'avez rien entendu de suspect cette nuit ? Je veux dire, avant le

Suspect, je ne sais pas.

Je n 'ai pas pour habitude d 'écouter ce qui se passe chez les autres.

Mais déplaisant, certainement.

Qu 'est -ce que vous voulez dire ? J 'ai eu l

'impression... Vous savez ce que c 'est, dans les petits hôtels, les cloisons

sont si minces.

J 'ai eu l 'impression que ce monsieur n 'était pas seul et qu 'il... Enfin, que

tous les deux...

Après, j 'ai quand même réussi à m 'endormir.

Puis j 'ai été réveillée par le hurlement.

De la femme ? Le commissaire.

Pardon.

Vous portez des bas ? Je vous demande pardon.

Non, je voulais vous demander de quelle matière sont vos bas.

Ils sont en fil.

Je ne supporte que le fil. C 'est malheureux.

Ah non, aujourd 'hui, pour vous.

Le fil, c 'est mieux que la soie.

Mes jambes, que vous regardez comme ça ? Et pourquoi pas ?

Vous ne portez pas de bas.

Même en cette saison.

Et alors ? C 'est un crime.

J 'en porte jamais.

J 'imagine que c 'est pas pour vous rincer là et que vous nous retenez là.

Ça va durer encore longtemps ? Vous n 'avez pas de bagages ? Non.

Vous voyagez très légèrement, à ce que je vois.

Ils sont plus libres.

Je travaille.

Oui, moi aussi, je travaille. Police judiciaire, réouvrir cette porte, s 'il

vous plaît.

Là -bas, j 'arrive.

Vous gâchez le métier, commissaire. J 'ai pas eu le temps de le finir.

Respecteur, pardon.

Où allons -nous ? Relevez votre jupe.

Vous êtes fou ? Je vous prie de bien vouloir relever votre jupe.

Donc, espèce de saligot, je vous préviens que je vais porter plainte.

Moi, je vous rappelle qu 'un homme a été tué dans cet hôtel.

Allez, vite.

Eh ben, il ne manque plus que les bas.

Est -ce que ça te plaît ? Tu peux en avier comme je veux.

Pardon.

J 'en prie, faites comme chez vous.

Vous avez appelé la direction pour qu 'elle demande un plombier ? Non, mais j

'allais le faire, justement.

Je n 'ai même pas pu faire ma toilette ce matin.

C 'est un scandale.

Le plombier, je vais l 'appeler moi -même.

Bastien !

Ouais, patron ! Trouve -moi une clé anglaise ! D 'accord ! Qu 'est -ce qu

vous prend ? Il te faisait de le signaler à la réception ? Non, non, mais

faut pas traiter avec la plomberie et le dégât des eaux, tout ça, non ? Bon,

puisque c 'est comme ça, moi, je vais vous laisser.

Et puis moi, je vais prendre mon train.

Maintenant, vous allez rester tranquilles, c 'est compris ? Mais

Mais vous êtes malades ! Au secours, on pourrait t 'aller ! Allons ! Bon,

Alain, patron, le veilleur de nuit, on avait une solution en Berlin, mais c

pour quoi faire ?

Débauche le lavabo, moi je m 'occupe de mademoiselle. Elle griffe.

Je l 'ai toujours eu sur moi, il ne me quitte jamais.

Ce jeune homme se balade avec un couteau de grande taille dans sa poche.

Exactement le genre de joujou dont se servent les voyous.

Faut bien te les respecter, non ? Oui, c 'est ça, allez, avancez.

Je suis honorablement connu, je n 'ai rien à voir avec cette affaire, ni avec

ces personnes.

Allez, n 'aggravez pas votre cas, d 'accord, monsieur ? Et vous vous calmez.

Il a pu nous échapper, celui -là, chambre 11.

En passant, j 'ai entendu du bruit, il a refusé d 'ouvrir.

Chambre 11.

Mais il n 'y a personne à l 'ensemble 11.

Bizarre, non ? On verra ça plus tard.

Le pourgon est là, commissaire.

Bon, alors c 'est dame à part.

Allez, hop là ! Allez, on va voir tout le monde ! Ça va pas, non ?

Tu m 'envoies le reste des dépositions au bureau.

Ah, oui, oui. J 'adore jouer les coups de gueule.

Téléphone à Perretier pour le mettre au courant. Et passe voir chez Bompard. On

ne sait jamais.

Peut -être qu 'il y a quelque chose qui peut nous intéresser. D 'accord. On se

retrouve au bureau, par contre. Oui.

Monsieur Berlang, vous n 'êtes pas sans savoir que vous êtes à la disposition de

la police et que donc vous ne pouvez pas quitter Paris.

Ah. J 'irai où, commissaire ? Monsieur Varieux, étant

donné les circonstances, je vais vous demander de me suivre.

Beretti, t 'occupes de ce monsieur.

Bien.

Si vous voulez me suivre.

Je vous en prie.

Asseyez -vous.

Pourquoi n 'aviez -vous pas de fiche à l 'hôtel ? Vous n 'étiez ainsi nulle

part.

Je descends très souvent à l 'école du Nord. Je suis un vieil habitué, alors...

Vous voulez combien ?

Je ne sais pas, au juste, peut -être deux ou trois fois par mois.

Raison de plus.

Alors, qu 'est -ce que vous appelez de faire obstruction à la police ? Je vous

demande pardon, monsieur le commissaire.

Inspecteur. Pardon, inspecteur, je ne voulais pas faire obstruction.

Qu 'est -ce que vous fous ? L 'inspecteur Bastien a dû vous menacer d

la porte pour que vous consentiez à lui ouvrir.

Ça fait peur.

Cette histoire m 'a complètement chamboulé. J 'étais dans la chambre à

la victime.

On ne se rend pas bien compte de ce qui se passe dans ces moments -là.

Bien, bien.

J 'aime mieux ça.

Bon.

Vous vous appelez Marc -Antoine Lealeu et vous avez 52 ans.

C 'est exact.

Vous habitez 15 rue des petites écuries à Paris.

Oui, inspecteur.

Comment se fait -il que vous n 'ayez pas de papier d 'identité ? Je n 'ai jamais

eu. Moi, je sais qui je suis, ça me suffit.

Vous vous appelez Céline Germain.

C 'est ce qui est écrit, non ? Et vous êtes domiciliée à Orléans, rue des

Sceaux.

Oui.

Quel âge avez -vous ?

19 ans.

Vous ne jeûnez pas ?

J 'aime pas la fumée.

Vous avez des cigarettes dans votre sac ? Oui, mais chacun sa fumée. Moi, j

'aime pas la vôtre.

Puis -je vous demander la raison qui vous fait prendre une chambre à l

du Nord deux à trois fois par mois, alors que vous habitez à 20 minutes à

Disons que l 'Étoile du Nord représente pour moi une halte sentimentale.

Expliquez -vous, M.

Le Halleux.

Eh bien, il se trouve que je connais M.

Larieux depuis longtemps.

M. Larieux ? Oui, le patron de l 'hôtel. Ah, oui.

Avant qu 'il prenne la direction de l 'hôtel, nous faisions un tour de champ.

Tu musicoles ? Oui.

Ludovic et Mario.

Vous avez peut -être entendu parler de nous.

Non ? Nous faisions un duo épatant.

Vous pouvez me croire.

Ludovic et Mario, le charme de Paris.

On a eu notre heure de gloire.

Petite. Le gala en province, les balles.

Notre répertoire à nous, c 'était le mélo romantique.

Rien à voir avec les gaudeluraux gominés qui ont pris le créneau aujourd 'hui.

Enfin, nous étions passés de mode.

Vous avez quitté la scène.

Oui, Ludovic a repris cet hôtel.

Mais nous aimons nous voir pour évoquer nos bons souvenirs.

Nous écoutons nos disques, nous regardons les photos, parfois tard la

Rien de plus.

Vous voulez dire qu 'hier soir, vous avez passé la soirée avec M. Larieux ?

oui, mais juste une partie de la nuit. Je connais ses obligations.

L 'hôtel lui laisse peu de répit. C 'est d 'ailleurs la raison pour laquelle je

viens le voir sur place.

À quelle heure vous êtes -vous quitté ? Environ minuit, minuit et demi.

Nous étions fatigués tous les deux.

Ludovic doit se lever tôt.

Et après son départ ? Je me suis couché aussitôt.

Je ne me suis réveillé qu 'en entendant le vacarme dans les couloirs.

D 'où ma réaction à l 'arrivée de la police.

Vous n 'avez rien entendu ? Non.

C 'est étonnant, vous étiez dans la chambre voisine.

Oui, mais j 'ai la chance d 'avoir un sommeil de plomb.

Et avec les tournées, j 'ai appris à dormir dans n 'importe quelle condition.

Bon. Je vais vous demander de vous tenir encore à notre disposition.

Le temps de vérifier.

Bien sûr, inspecteur.

Alors que ça s 'est bien passé.

Oui, oui.

T 'inquiète pas.

Depuis combien de temps ? Quoi ? Vous tapinez.

Ça vous regarde ? Tout me regarde, surtout ce qui ne me regarde pas.

Et vous, combien de temps vous comptez me garder ici ? Aussi longtemps qu 'il

sera nécessaire.

Ne faites pas peur.

Je n 'ai rien à me reprocher.

D 'ailleurs, vous ne pouvez même me laisser partir tout de suite.

Mais ça dépend de vous.

Vous n 'avez aucune piste.

Vous avez oublié ça dans la chambre d 'un homme qui a été assassiné de deux

coups de couteau.

Alors maintenant, vous allez me dire où vous avez rencontré Georges Bompard ?

Dans la rue.

Quelle rue ? À Montmartre.

Vous faisiez de la retape ? Et après ? Il était quelle heure ?

Et vous êtes entrée avec lui à l 'hôtel ? Non, je suis entrée un peu avant.

J 'ai pris une chambre.

Celui qui avait voulu que ça se passe comme ça.

Oui ? Patron ?

Je reviens de la rue de Miromenila.

Bonpard y était bien domicilié.

Mais j 'ai parlé avec la gardienne.

Et d 'après elle, Bonpard n 'y venait presque jamais.

C 'était un représentant de commerce et voyageait beaucoup.

C 'est tout ? Ça devait être un fait très rigolo.

Je suis tombé sur un paquet de photographies. Ah bon ? Des photos d

c 'est ça, oui. Une véritable exposition. Il y en a partout sur les

tous les tiroirs.

Un vrai amateur.

Il n 'y avait pas le portrait de mademoiselle dans la collection ? Il ne

jamais demandé de poser.

Comment jamais ? Je croyais que vous l 'aviez racolé cette nuit.

Non, patron, elle n 'y était pas.

Je crois que mademoiselle a besoin de se rafraîchir un peu.

Les idées, surtout.

Emmène -la au lavabo.

S 'il vous plaît.

Je vais en profiter pour prendre un petit renseignement.

Allô ? C 'est moi, la brigade mobile d 'Orléans, s 'il vous plaît.

Ici, c 'est le commissaire Maigret.

J 'aurais voulu avoir un petit renseignement d 'ordre privé. Mais si

voulez, je vous envoie une commission rogatoire.

Bon. Non, c 'est pour savoir si vous aviez quelque chose sur une certaine...

Céline Germain.

Ça... Ça vous change ? Et alors, vous préférez comment ?

Ça, pour vous reluquer, ces messieurs de la police sont des

vrais vicieux.

Une question un peu directe et les voilà honteux comme des collégiens.

Ça va.

Oh, calmez -vous.

Sans votre maquillage, vous n 'en êtes pas très loin.

De quoi ? Du collège ? Ça vous dérangerait de sortir un instant,

mais pour ça aussi, il faut que je demande la permission.

Ben, c 'est demandé si gentiment.

Ça donne envie de dire oui.

Je vous attends de dehors.

Alors, Sven, t 'es permanent ? Ben ouais.

Ça va ? Ouais, ça va, c 'est pas pareil, quoi.

C 'est quoi, c 'est la même chose. J 'espère qu 'on va pas y passer dans l

'avion.

Vous êtes sûr ? En banlieue non plus ?

Bon.

Remarquez, je m 'en doutais un peu.

Bon.

Eh bien, au revoir.

Pardon ? Ah, oui, le joyeux Noël, oui, c 'est ça.

Au revoir.

Je lis sur votre carte d 'identité que vous vous appelez Jean -Pierre

Né à Neuilly -sur -Marne, le 13 février 1925.

C 'est exact ? C 'est exact.

En revanche, sur la fiche de l 'hôtel, vous vous êtes inscrit sous le nom de

Jean Delègle.

On peut savoir pourquoi ? C 'est un pseudo.

Pardon ? Un pseudonyme.

Delègle, c 'est mon nom d 'artiste si vous préférez.

Je ne préfère rien, moi, M. Loisillon.

Avouez que Delègle, ça en jette davantage que Loisillon.

Et c 'est un emploi qui rapporte, ça ? Ça, bien sûr, c 'est moins stable que la

fonction publique.

Et ça consiste en quoi ? Ça dépend.

De temps à autre, je décroche des figurations au cinéma.

Mais pour moi, la figuration, c 'est temporaire.

Non, non, ce que je voudrais vraiment, c 'est écrire des scénarios.

Voir mes éditoires portés à l 'écran, vous voyez.

Mais bon, il faut bien commencer quelque part.

Belle ambition, dites -moi.

Vous, vous ne devez pas manquer l 'imagination.

Ah si, si, si.

Il suffit de regarder votre casier judiciaire.

Arrêtez deux fois à six mois d 'intervalle pour vol à l 'arraché à la

Voyez la différence ? Et comment ? L 'arraché, c 'est antipathique. La tire,

'est virtuose.

Ce genre de nuance, c 'est ce que vous appelez la vocation, j 'imagine, comme

vous balader avec une arme.

Beaucoup de gens ont des couteaux sur eux et ça n 'en fait pas des criminels.

Écoutez, tout de même, un couteau de cette taille...

On vous en servait pas pour éplucher les oranges et vous faire les ongles. Et

après, s 'il fallait compter sur la police pour vous défendre, quand vous

des portefeuilles, par exemple.

J 'ai jamais menacé personne, moi.

Bon.

Que faisiez -vous à l 'hôtel de l 'Étoile du Nord ? Oh, cette question !

monde a besoin d 'un toit pour dormir.

La plupart du temps, je vis à l 'hôtel.

C 'était votre première nuit à l 'Étoile du Nord ? La première et la dernière,

ça, je peux vous le garantir.

Et toi, tu fais quoi ? Ah, je sais pas encore.

T 'es tout seul ? Bah ouais.

Il a passé Noël à la maison. Oh bah non, j 'ai pas d 'argent.

Je lui brins de cire. Hein ? Putain de merde ! Est -ce que vous connaissiez la

victime ? Jamais rencontrée de ma vie.

Pourquoi vous me demandez ça ? Parce que j 'avais un couteau sur moi ? Comment

savez -vous que M.

Bompard était tué avec un couteau ? J 'ai entendu dire.

Les gens en parlaient dans le couloir de l 'hôtel.

Votre chambre, c 'était bien la 26 ?

La Drôme.

Vous vous trouviez donc à l 'étage au -dessus.

Et vous êtes descendu pour avoir des renseignements.

La curiosité, sans doute.

Chercher, respiration.

Là, je vous vois venir. Pas question que vous me fassiez porter le chapeau.

Moi, je dormais bien tranquille.

J 'ai entendu des bruits, des claquements de portes.

Vous auriez fait quoi à ma place ? Ah ben voilà, je me suis levé.

Mais je n 'ai rien vu, tout était déjà fini.

Et vous n 'avez pas été tenté d 'aller faire un tour dans la chambre pour lever

un portefeuille, par exemple ? Ben dites, entre deux figurations, il faut

vivre.

Et tout ce liquide, là, ça vient d 'où ? Mais je rêve, c 'est mon fric.

Il y a deux jours, j 'ai donné un coup de main pour un déchargement en voile.

Au moment des fêtes, ils ont toujours besoin d 'extra. Vous pouvez vérifier.

vérifiera, on vérifiera.

Pour l 'instant, une petite figuration dans nos locaux, ça ne vous dérange pas

Je crains que cette fois -ci, elle ne soit pas temporaire.

Non, mais c 'est de l 'abus de pouvoir.

Et puis quoi encore ? Bon, puisque c 'est comme ça, il n 'y a pas de raison

ce soit pour ma pomme.

Moi aussi, il y a des trucs que je trouve douces.

Ben, on vous écoute.

Il n 'y a pas de raison.

Oui, j 'ai vu quelque chose.

Quand je suis descendu au premier, j 'ai aperçu quelqu 'un dans le couloir.

Qui ? Le patron de l 'hôtel.

Il était le premier sur les lieux.

Ça correspond à sa déposition.

Il sortait du cagibi pour aller dans le couloir.

Justement, il sortait pas du cagibi, mais d 'une chambre.

La 11, si vous voulez savoir.

C 'est celle qui est à côté de mon part.

Oui, celle de Mario.

Vous êtes là, patron. Je vous cherchais.

On a un pépin. La petite Staline Germain a essayé de se faire la malle.

Mon couteau, vous allez me le rendre maintenant que je vous ai dit ce que je

savais ? C 'est un cadeau, j 'y tiens.

Pas d 'inquiétude à avoir, il entre de bonnes mains.

À l 'analyse.

Un peu de solitude vous aidera à réfléchir.

Je vous la confie.

Bon.

On va s 'occuper de Larieux et compagnie.

Oui, très bien.

Et puis essaye de téléphoner à Verdier pour savoir s 'il y a quelque chose de

nouveau du côté de l 'héros.

D 'accord.

Lourdes, patron.

Le 11, c 'est Lourdes.

Les duétistes, en piste.

L 'amour de Londres a ses limites.

Il ne viendrait à l 'idée de personne, dans la situation d 'urgence où vous

trouviez, de s 'amuser à faire son lit avant de s 'habiller.

Ce détail me chiffonnait depuis le début.

Monsieur Larieux, vous n 'avez pas dormi dans votre réduit.

Pourquoi vous ne le répondez pas ? Monsieur Loisillon vous a vu sortir de

chambre 11.

Et comme j 'ai eu l 'honneur de l 'expliquer à votre collègue, M. Larieux

aimons nous retrouver deux ou trois fois par mois pour évoquer nos souvenirs de

scène. N 'est -ce pas, Ludovic ? Et dans ces moments -là, on ne va pas leur

tourner.

Effectivement, Ludovic est resté une bonne partie de la nuit dans ma chambre.

Il faudrait savoir.

Vous m 'avez déclaré tout à l 'heure que vous étiez séparés aux alentours de

minuit parce que vous étiez fatigué.

Et vous, monsieur Larieux, vous m 'avez dit que vous étiez en train de vous

réveiller quand vous avez entendu tous ces bruits.

Moi, ça ne me gêne pas que vous égrégniez vos souvenirs toute la nuit,

alors pourquoi avoir menti ? Eh bien,

comme le crime a eu lieu à cette heure -là et que Mario logeait dans la chambre

voisine... Ah, vous avez eu peur d 'être suspecté immédiatement.

Oui, c 'est cela.

Vous m 'avez dit que lors de ces réunions, vous regardiez les photos et

les éditions.

Oui, nous en avons enregistré deux.

Hier soir, vous les avez écoutées ? Je pense bien.

Et puis, nous avons feuilleté les albums d 'une de nos tournées.

Et dans l 'un d 'eux, on voit Ludovic photographié avec Fernandelle.

C 'était pour un gala de charité à Rodez.

Je vous le montrerai, si vous voulez.

Madame Maigret aime beaucoup Fernandelle.

Eh bien, on va regarder dans la chambre si on trouve le tourne -disque et l

'album photo.

Patron, je viens d 'avoir verdié l 'artéphane et il me dit qu 'il a fouillé

chambre. Il a trouvé quelque chose de bizarre.

Oui, un tourne -disque et des albums photo.

Non, il a trouvé une brosse à dents et un peignoir planqué sur le matelas.

C 'est assez moins romantique.

Monsieur Larieux, pourquoi cachez -vous votre liaison avec monsieur ?

C 'est une maison bien tenue, vous comprenez ? Je voulais éviter à tout

ragots. La réputation de l 'Étoile du Nord est irréprochable.

Le réduit, c 'est pour donner le change pour le personnel.

C 'est ça, hein ? Toujours donner l 'exemple.

Ça fait des années que nous prenons des précautions.

Déjà, à l 'époque, quand nous tournions, vous savez, pendant la guerre, des gens

comme nous... Oui, oui, je sais.

Où est le gardien ? Oh, il est très gentil.

Il allait me chercher un verre d 'eau.

Vous êtes sûr, patron ? Oui, oui.

Et coller un rapport au gardien.

Pour quel motif ? Abandon de poste.

Vous êtes contente ? Assez, ouais.

Il va falloir ranger tout ça.

C 'était déjà un bordel, on voit pas la différence.

Je crois qu 'on n 'en a pas encore fini, tous les deux.

Je m 'en fous, personne ne m 'attend pour le réveillon.

Je suis fatiguée, je voudrais dormir.

Oui, mais ce n 'est pas pour tout de suite.

Après, non.

Je vous ai déjà dit que je ne sais rien. Restez ici.

Vous prétendez toujours être Céline Germain et faire le trottoir.

Et après ? Bon part.

Vous vous emmenez à l 'hôtel ? Pas tout de suite.

On est d 'abord allés dans son boîte de nuit.

Et une fois à l 'hôtel ? Je l 'ai rejoint dans sa chambre quand il est

On s 'est couché.

Vous voulez que je vous fasse un compte -rendu ? Non, non, c 'est pas la peine.

J 'ai déjà fait.

Une voisine.

Et après, quelqu 'un est entré.

Je sais pas, je suis retournée dans ma chambre.

En chemise.

Je me suis rhabillée qu 'à moitié.

C 'est comme ça que j 'ai dû oublier en bas sous le lit.

Je sais plus, je suis fatiguée.

Bon, une fois dans la chambre.

Mais qu 'est -ce que vous voulez qu 'on fasse dans mon hôtel à ce quart -là, à

part dormir ? C 'est exactement ce que je te demande. Mais je vous le dis,

dormez ! J 'ai seulement été réveillée par des pas dans le couloir et des

de porte qu 'on ouvre et qu 'on referme.

Quand je sais ce qui est passé, je me suis doutée qu 'on ferait des histoires

et... C 'est pour ça que je me suis enfuie.

Je me suis rappelée du bas et j 'ai caché l 'autre dans le tuyau, voilà, c

tout.

Combien mon père t 'a -t -il donné pour la nuit ? Puisqu 'il t 'a trouvé dans la

rue, c 'est normal.

Qui m 'a payé ? Oui.

Il m 'a donné mille francs.

Mille francs. Ça vous intéresse ? Non, non, ils sont dans le sac.

Et les autres clients étaient tous aussi généreux ? Je sais pas, ça dépend

lesquels.

Tu te fous de moi ?

Tu te crois où ? Tu te rends compte de ce que tu risques ? Tu sais ce que c

qu 'un délit de fuite ? Un faux témoignage ? Tu aurais mon père.

Ton père aurait pu t 'expliquer deux ou trois choses. Allez, viens.

C 'est lui la paix, cette gamine.

C 'est la Gestapo ici.

Madame Lassa.

Allez, viens.

Fais comme les autres, toi.

Allez.

Et qui te dépêche.

Tu prétends toujours faire du racolage sur la voie publique ?

Monsieur

la carrière.

Inspecteur Bastien.

Victor Lacarrière.

Je vous en prie, monsieur Lacarrière, c 'est bon.

Lacarrière a un seul C, mais deux fois deux R.

Ah, bien, bien.

Merci de vous être déplacé si vite.

C 'est naturel.

Parce que j 'ai appris la triste nouvelle.

Je vous cache.

Mais pour aujourd 'hui. Oui, je vous comprends.

Vous étiez donc, M. Le Carrière, l 'employeur de M. Georges Bompard ? Oui,

édition musicale Melodia, boulevard Mazerve.

Georges était l 'un de nos représentants.

Je dois dire que malgré tout, il était excellent dans son domaine.

Excusez -moi, je ne comprends pas très bien quand vous dites malgré tout.

Disons que dans la maison, il faisait figure d 'original.

Rien de grave, bien entendu.

Je ne voudrais pas que mes paroles soient mal interprétées. Non, non, non,

vous inquiétez pas. Pour le moment, nous tentons de réunir le maximum d

'informations concernant... Commissaire Végret.

Bonjour, commissaire.

Suivez -vous.

Continuez.

Eh bien, Georges aimait s 'entourer de mystères.

Quel genre de mystère ? Pour moi, l 'essentiel, c 'était qu 'il fasse bien

travail. Vous comprenez ? Mais...

Il aimait se donner des airs, s 'inventer une personnalité. Parfois, il

entendre qu 'il descendait d 'une famille illustre.

Dans sa façon de s 'habiller aussi, il poussait très loin le raffinement.

C 'est -à -dire ? Il voulait se donner un genre artiste, je suppose.

Puis il avait ses manies aussi, comme de changer sans cesse ses itinéraires.

Ah oui, j 'imagine que de par sa profession, M. Bompard voyageait

Oui, il était constamment sur les routes.

Je dois dire qu 'il ne se laissait pas démonter par les kilomètres.

Un jour à Lille, un autre à Metz, la Côte d 'Azur aussi, bien sûr, et le Sud

-Ouest. Alors là, c 'était son territoire, si je puis dire.

Récemment, il avait réussi une très belle percée pour les petits formats

et surtout les nouveautés micro -sillons.

Est -ce que vous ne pensez pas que cette existence itinérante due à son métier

de représentant aurait pu l 'entraîner à mener une double vie ?

Je ne crois pas.

Alors, alors, alors...

Faire des rencontres, par exemple.

Changer d 'identité. Vous nous avez dit tout à l 'heure qu 'il aimait à se

composer des personnalités différentes.

Pour ça, je ne sais pas. Il ne m 'en a jamais parlé.

Si vous savez quelque chose, il vaut mieux le dire tout de suite.

Bien sûr, commissaire.

Ce que je peux vous dire, c 'est qu 'il aimait les voyages.

Même à l 'époque de son mariage.

Ah bon ? Il a été marié, maintenant ? Oui, bien sûr.

C 'est d 'ailleurs elle qui a gardé leur appartement, ce corps de croisique.

Je l 'ai appelé ce matin quand j 'ai appris... Quel numéro, secours du

s 'il vous plaît ? Le 10 -1.

Le 10 -7.

Merci.

Alors ? Mais elle n 'est pas fichée, bien entendu.

Elle n 'a jamais eu affaire à la police.

Et on a des nouvelles de Verdier ? Oui.

Ils fouillent l 'hôtel de Fontencomble.

Mais pour l 'instant, l 'arme reste introuvable.

Ils ont même démonté les WC.

Donc piétine, hein ? Et qu 'est -ce que vous comptez faire ? Pour le moment,

tiens, j 'aimerais bien que tu nous fasses avoir des cafés. Bien, patron.

On en a besoin.

Et un croissant.

Non, ça va durer encore longtemps, je vais finir par prendre un petit boire.

Bon, j 'en ai pas fini avec vous, monsieur Vazion.

Je m 'intéresse beaucoup aux artistes.

Vous pouvez nous laisser.

Ça vous servira de leçon.

Oui ?

Je

peux

? Allez -y.

Vous aimez ça ? Vous

aurez un thé de café ? Bon.

Essayons de raisonner calmement, si vous le voulez bien.

Si je me trompe, vous pouvez m 'arrêter.

Bampard a été assassiné de deux coups de couteau.

Je ne pense pas qu 'une jeune femme de votre acabit et prit le risque de jouer

du couteau.

Si elle avait l 'intention de tuer, elle aurait été s 'acheter un revolver.

Est -ce que vous en savez ? Prenez les femmes pour de faibles créatures.

Non, mais je constate que vous avez été prise de panique et que vous vous êtes

sauvée en oubliant un de vos bas au pied du lit.

Si vous étiez sortie de la chambre calmement, vous auriez rassemblé vos

comme une personne

raisonnable que vous êtes.

Bampard a été frappé dans le dos, ce qui donne lieu à deux hypothèses.

Ou bien il était avec vous et il a été surpris, ou bien il connaissait son

agresseur.

Il ne s 'est pas méfié.

Mais je sais que ce n 'est pas vous qui avez tué Bompard.

Alors maintenant, vous pourriez peut -être un peu m 'aider.

Vous étiez là.

Vous avez vu ce qui s 'est passé.

Depuis ce matin, vous n 'arrêtez pas de mentir.

Pourquoi ? Ça crève les yeux que vous n 'êtes pas une prostituée.

Bompard avait l 'âge d 'être votre père.

Peut -être y a -t -il un autre amant, plus jeune, qui, vous voyant avec un

d 'apparence riche dans un hôtel, a voulu se venger, voulu dévaliser

un jeune homme dans le genre de celui qui attend dans le couloir.

Intéressant.

Monsieur Loisillon.

Dites de l 'aigle.

Vous connaissez cette jeune fille ? Salut.

Alors ça va, ils ont pas été trop bruts.

Les flics, c 'est pas les manières qui les étouffent.

Vous pouvez me puissons violon si ça vous chante, mais à condition de nous

mettre tous les deux dans la même cellule.

Vous savez que c 'est pour répondre d 'un meurtre.

Qu 'est -ce que c 'est que cette histoire ? Elle ne vous plaît pas ? Je

que vous aimiez les histoires à rebondissement, monsieur le scénariste.

C 'est elle qui vous a dit ça ? Avouez qu 'il y a des coïncidences un peu

troublantes.

Vous avez tous les deux le même âge.

Vous réservez l 'un et l 'autre une chambre pour une seule nuit.

Vous vous faites enregistrer.

sous des noms fantaisistes.

Et vous, monsieur Loisillon, on vous retrouve sur le lieu du meurtre avec un

grand couteau dans la poche qui pourrait être l 'arme du crime.

Avouez que ce n 'est pas la peine de faire du cinéma pour se poser des

questions. Je vous ai dit que j 'étais descendu voir ce qui se passait et là...

J 'ai aperçu le patron de l 'hôtel. Mais lui, bien entendu, vous l 'avez laissé

filer.

Ah oui.

Allô, oui.

Ah.

Ah bon.

Vous êtes formel ? Oui, je m 'en doutais.

Oui, merci.

Vous ne dites rien ?

Je le connais pas.

Nous allons nous séparer, monsieur Loisillon.

Vous pouvez retourner à côté.

On va vous rendre votre liberté, ainsi que votre couteau, qui n 'intéresse plus

l 'enquête.

Vous pouvez filer, vous aussi.

Mais parlez, bon Dieu !

Je

crois

que

vous avez compris quelque chose avec votre joli raisonnement.

J 'aimerais bien comprendre si vous m 'aidiez.

Pourquoi

ne

pas avouer tout de suite ce que vous allez être obligé d 'avouer dans une ou

deux heures ? Céline, c 'est dans votre intérêt.

Oui,

je sais.

Mais non, vous ne savez rien du tout.

Je ne vous le sais rien parce que je ne peux rien vous dire.

Bastien. T 'as bien l 'arrivée.

Voilà un petit échantillon de photos retrouvées chez mon père.

Vous voulez voir si elle est jolie ? Oui.

Elle avait l 'air de les aimer très jeunes.

Alpha Roger, la brigade des mœurs.

Dis donc, j 'aimerais que tu conduises la petite à l 'identification.

Il faudrait qu 'une de ses photos paraisse dans les journaux de demain.

Peut -être que quelqu 'un la reconnaîtra.

Oui. J 'espère qu 'elle a de la famille, patron.

Avec les robes qu 'elle porte.

Elle doit appartenir au milieu assez aisé.

Ce n 'est pas une fleur de pavé. C 'est ce que je pense.

Alors, en douceur. D 'accord.

Elle dort.

Elle ne griffe plus.

Franchement, vous ne pouviez pas demander à quelqu 'un d 'autre ? Ils

en repos, moi.

Désolé, on n 'avait personne sous la main.

Ils se sont tous tirés pour les fêtes, c 'est ça ? Tu as perdu, tu es le seul à

m 'avoir répondu au téléphone.

Je vous préviens tout de suite, je n 'ai pas d 'argent de l 'année.

Alors, il ne faut pas vous attendre à du grand tard.

Ouais, t 'inquiète pas, c 'est pas ce qu 'on te demande.

Ouais. Eh ben, t 'avais une petite mine, hein ? Tu t 'appelles comment ?

Quand on me demande, tu diras que je sais pas.

Bon, j 'essayais de détendre l 'atmosphère.

Bon, face de profil.

Ouais. Attendez.

Bon, alors de fait, on ne bouge plus.

C 'est malin.

Vous l 'avez trouvée, celle -là ? Elle est marrante, hein ? Oui, occupe -toi de

tes photos.

Bien, mon seigneur.

On va passer au profil, maintenant.

Hé, tranquille, on n 'est pas là pour rigoler.

On ne bouge plus.

Patron, Verdier vous envoie les dépositions qu 'il a prises à l 'école

Il a interrogé tous les clients ? J 'ai malheureusement l 'impression que nous n

'apprendrons plus rien de ce côté -là.

Personne ne connaissait la victime et personne n 'avait de raison de s

à elle.

Tiens, Larieux, le patron, il est de Toulouse.

La ville rose ?

Et le gardien de nuit, il est de moins sac.

Et c 'est pour ça que Larieux l 'a embauché.

Vous pensez à quoi, patron ? Non, tout repose sur leurs affirmations.

Je déclare tous les deux que personne n 'est sorti de l 'hôtel.

Ils auraient menti ? Ils pourraient très bien avoir connu bon part auparavant.

Un règlement de compte ? Du temps où Larieux poussait la chansonnette...

Il a très bien pu faire des affaires avec Bompard.

Bon, c 'est un peu tordu, mais on a vu pire.

Mais quand Bompard est arrivé, le veilleur de nuit était seul debout.

Bon, alors admettons qu 'il a reculé Bompard.

S 'il s 'agit d 'un règlement de compte, cela serait produit avant, dès 3h30 du

matin.

Oui, probablement.

N 'empêche que le veilleur de nuit est le seul à avoir vu entrer Bompard.

Et il est le seul qui aurait pu voir sortir l 'assassin.

Téléphone à Verdier tout de suite.

Qu 'il m 'envoie ce veilleur de nuit. J 'aimerais bien éplucher sa déclaration

avec lui.

Ah, un secteur. Madame dit qu 'elle est attendue par le commissaire Maigret.

Oui, j 'étais sur le point de me rendre à la gare pour partir en vacances

lorsque j 'ai reçu votre convocation. Aussi, je préférais éviter d 'avoir

impatienté trop longtemps.

Je vais vous demander un instant. Madame ? Salavin.

Irène Salavin, ex -épouse Bompard.

Je suis désolé d 'avoir retardé votre départ.

Sans indiscrétion, vous partiez où ? Chamonix. Je n 'aime pas

les fêtes de famille, alors je profite de la fin de l 'année pour aller

le grand air.

Vous ne semblez pas particulièrement affecté par le décès de votre mari.

Vous n 'avez pas jugé bon de retarder votre séjour ? Que voulez -vous que je

vous réponde, commissaire ? Je ne partageais plus l 'avis de Georges et n

que rarement de ses nouvelles. Maintenant qu 'il n 'est plus, de quelle

puis -je lui être ? Oui, évidemment, malheureusement, je pense que vous ne

pouvez plus grand -chose pour lui.

Mais pour nous, oui. Que puis -je pour vous ? Eh bien, répondre à quelques

questions. Bien sûr, je vous écoute.

Salavin, c 'est votre nom de jeune fille ? Oui.

L 'expérience avec Georges m 'a suffi. Je n 'ai jamais cherché à me remarier.

Depuis combien de temps êtes -vous divorcée ? Cela aurait fait six ans le

prochain.

Nous n 'avions plus aucun contact direct depuis lors.

Vous lui en vouliez beaucoup ? Commissaire, vous pourriez me demander

autant. Pourquoi je l 'ai épousée ? Oui, mais je vous le demande.

En réalité, la jeune femme que j 'étais alors n 'a plus grand -chose à voir avec

la femme qui vous parle aujourd 'hui.

Georges était séduisant, beau parleur.

À l 'entendre, le monde lui appartenait.

Pour une bourgeoise de province comme moi, c 'était le prince charmant.

Je l 'ai suivi contre l 'avis de ma famille et il m 'a épousée entre deux

tournées.

Et vous avez été mariée pendant combien de temps ? Dix ans.

Je l 'aimais, commissaire.

Pendant dix ans, je n 'ai rien voulu voir, rien voulu savoir.

Georges ne rentrait qu 'en coup de vent pour repartir aussitôt, mais je ne me

plaignais pas.

Vous parlez de son travail, n 'est -ce pas ? Oui, son travail, bien sûr.

Georges était représentant.

Comme d 'autres sont marins, sans port d 'attache.

Une conquête à chaque escale. Oh, j 'ai mis longtemps à me rendre compte.

Il a fallu que je sois mise devant l 'évidence.

Au bout d 'un moment, il ne prenait même plus vraiment de précautions.

Ah bon ? Comment avez -vous découvert qu 'il vous trompait ? Bien sûr, j 'ai

voulu lui faire une surprise.

Je suis partie le rejoindre.

On n 'était pas seules.

Une femme très jeune ? Oui.

Vous étiez où hier soir ?

Hier soir, Pelléas et Mélisande à l 'Opéra Garnier, avec des amis, des

vilards.

Vous connaissez l 'opéra, commissaire ? Surtout les maîtres chanteurs.

Je dois vous sembler bien légère, n 'est -ce pas ? Après tout ce qui s 'est

passé.

En réalité, je ne le connaissais pas.

J 'ai aimé un courant d 'air.

À force de mystère, je crois qu 'il s 'est perdu lui -même, et puis...

A toujours fréquenté des femmes tellement plus jeunes que soi, on prend

risques.

C 'est étrange, mais quand j 'ai appris la nouvelle, je n 'ai pas été surprise.

Vous pensez qu 'il pourrait s 'agir d 'un règlement de compte ? Vous savez ce

'on dit, commissaire ? Qui a tué par Leclerc ? Allez,

à la bouche. Tu penses qu 'il n 'y en aura une de bonne ? La seule chose que

peux te garantir, c 'est qu 'elle sera plus.

Pour ce qui est de l 'art en blanc, tu m 'en tires deux ou trois avant le

déjeuner. C 'est pour les journaux de demain matin.

Au revoir.

Alors, elle s 'est bien tenue ? Si on la reconnaît sur les photographies, on

aura beaucoup de chance. Je pense qu 'elle nous a fait une petite galette de

personnages.

Je vous la laisse ?

Alors, commissaire McGregor, elle avance cette enquête ? Vous n 'avez toujours

rien à me dire.

C 'est pas moi de faire votre travail.

J 'espère que vous commencez à vous sentir comme chez vous.

C 'est pas trop mon style.

Il va falloir vous y faire parce que la chambre qu 'on vous réserve...

est encore moins affriolante que celle que vous aviez à l 'Étoile du Nord.

C 'est du chantage. Mais non, vous ne comprenez rien.

Cessez de vous sauver la mise, imbéciles. Si vous passez cette porte,

inculpés. Et vous ne dépendrez plus que du parquet.

Que ça change.

D 'où ? Vous m 'avez vu prendre des notes ? Non.

Vous ne m 'avez pas vu non plus remplir de procès verbal de cet interrogatoire.

Et c 'est aussi pour jouer les bons samaritains que vous allez donner ma

au journaux ? Bah si vous me disiez qui vous êtes, j 'aurais pas besoin de

lancer des avis de recherche.

Si vous espérez quelque chose de ce côté -là, vous mettez encore une fois le

doigt dans l 'œil, mes parents sont morts.

Ah oui, bien sûr.

Je sais très bien que vous n 'êtes pas celle que vous voudriez que je croie.

Vos vêtements, votre éducation, vos manières, toutes trahies, vos origines

petites bourgeoises, même si ça ne vous plaît pas.

J 'ai bien compris que vous n 'arrivez pas d 'Orléans.

Mais je sais aussi que quelque part, un père de famille se lamente de ne pas

avoir de nouvelles de sa fille.

Même si c 'est le cas, j 'en ai rien à faire. Je le déteste.

Ah.

Nous y voilà.

Je vais vous dire ce qui s 'est passé.

Bompard vous a séduite, vos parents étaient contre cette liaison et vous

êtes enfuis pour le retrouver à Paris.

Il devrait écrire des romans populaires.

Seulement ce que je comprends moins,

C 'est que vous soyez tombée amoureuse d 'un représentant de commerce.

Alors là, et qui plus est, un représentant de commerce un peu plus âgé

Non, mais il n 'était pas que représentant de commerce.

Ah bon ? Il faisait ça pour gagner sa vie, mais c 'était un grand compositeur.

Il jouait du piano aussi.

Oui.

Ah.

Oui.

Comment ? Ben écoute, moi je ne sais pas, l 'électricien fait pour le mieux.

Oui.

Ah non, j 'ai passé une nuit blanche, oui.

Écoute, j 'arrive dès que je peux, hein.

Allez, au revoir.

C 'est votre femme ? Oui.

Elle m 'attend à la campagne pour le réveillon.

Comment avez -vous rencontré ? Je suis musicienne, vous savez.

Il avait même promis de composer pour moi.

Mais vous saviez qu 'il avait été marié ? Oui.

C 'est elle que j 'ai croisée tout à l 'heure, non ? Oui.

J 'en étais sûre.

Elle est exactement comme je l 'imagine.

C 'est -à -dire ? Bah, hautaine, sans cœur.

On avait parlé.

Elle a rendu vraiment malheureuse, je crois.

Oh, elle avait peut -être des excuses.

Bonpart aussi avait rendu quelques femmes malheureuses.

C 'est cette vipère qui vous a dit ça.

Moi, je sais que c 'était quelqu 'un de joyeux.

Il lui arrivait d 'être infidèle.

Non, mais je suis sûre qu 'avec moi, il aurait pu recommencer une nouvelle vie.

Et qui l 'en a empêché ? Ça, je ne peux pas le dire.

Qui l 'a tué ? Ce n 'est pas vous.

Alors, qui protégez -vous ? Céline ? Je m 'appelle Geneviève.

Oui ? Patron, le veilleur de nuit est arrivé.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Non, rien.

Ah bon.

Trouve un endroit pour Mlle Geneviève et donne -lui quelque chose à manger, elle

meurt de faim.

Ah, maintenant c 'est Geneviève.

Oui, enfin c 'est comme il veut.

Je vous ai arraché à votre comptoir, je suis désolé, mais j 'avais quelques

petits détails à éclaircir avec vous.

J 'ai dit tout ce que je savais.

Oui, mais asseyez -vous, je vous en prie.

Vous pensez que ce sera long ? Parce qu 'il n 'y a personne pour me remplacer à

l 'hôtel. Ah oui, vous êtes un gardien consciencieux, je sais.

Asseyez -vous, asseyez -vous.

C 'est pour ça que je suis persuadé que rien ne vous échappe.

Alors, voyons.

Vous vous appelez Joseph Perlong et vous êtes né à Moissac.

Ah oui, une jolie petite localité, ça, Moissac.

Bah oui, on vient tous de quelque part.

Votre patron, il est originaire de là -bas aussi. Ah non, non, lui, il vient

la grande ville.

Ah bon. Et vous avez vu son spectacle, là ?

Ludovic et Mario dans Le Charme de Paris.

Ah oui, ben oui, ils sont bien passés par Moissac dans le temps.

Mais vous savez, Le Charme de Paris et tous ces trucs -là, ça n 'a jamais

vraiment pris chez nous.

D 'ailleurs, c 'est pour ça que le patron s 'est mis dans l 'hôtellerie.

Mais moi, je ne le connaissais pas à l 'époque.

J 'ai fait sa connaissance après la guerre, quand je suis monté à Paris pour

trouver du boulot.

J 'ai vu une annonce, je me suis présenté.

Alors, comme j 'étais du même coin, voilà.

La solidarité.

Eh oui, la solidarité, monsieur. En province, on se serre les coudes. On a l

'esprit de famille.

Pourquoi pas à Paris, vous pensez ? Moi, je veux dire du mal de personne.

Bon, allez, revenons à votre déclaration.

Alors, vous aviez dit que vous aviez entendu des appels venant du premier

mais pas dans l 'escalier.

Je ne suis pas monté.

Sur ordre de votre directeur, vous avez téléphoné à police secours, puis à votre

initiative personnelle, vous avez appelé un agent qui passait et qui s 'est mis

en faction devant l 'hôtel. C 'est bien ça ? C 'est ça, c 'est exact.

Vous avez déclaré également que personne n 'était entré à l 'hôtel ni sorti

après le début de la soirée.

Hormis Bonpart et la jeune femme qui s 'est fait appeler Céline Germain.

Vous confirmez tout ça ?

Ah oui ? Bien.

Vous comprenez ce que signifie votre déclaration, M. Perlon ? Oui.

Non.

Que l 'assassin est quelqu 'un qui se trouvait déjà obligatoirement dans l

'hôtel.

Or, nous avons recensé et interrogé tout le monde.

Je vois pas où vous voulez en venir.

Vous croyez que c 'est moi qui l 'ai tué ? C 'est ça ? Ah, vous en avez de l

'imagination, commissaire. Alors là... Non, mais je n 'imagine rien, moi. Je

raisonne. Oui.

Vous seul avez vu entrer la victime.

Vous seul étiez éveillé. Mais c 'est de la folie.

Moi, je ne vais jamais dans les chambres. Ce n 'est pas dans mes

Ce qui se passe dans les étages ne me regarde pas. Qu 'est -ce que j 'irais y

faire ? J 'enregistre, je donne les clés, c 'est tout.

Vous donnez les clés ? Ben oui.

Peretti ! Oui, patron ? On a interrogé tout le

personnel de l 'hôtel ? Oui.

Il n 'y a que deux femmes de ménage qui couchent à l 'hôtel, au dernier étage. C

'est tout ? C 'est tout.

Ah ben, c 'est pas le rite, ça.

Elles n 'ont rien entendu, fatalement.

Elles sont descendues les dernières quand le remue -ménage les a tirées du

sommeil.

T 'as leur nom ? Ils sont au bureau.

Ben, allons -y.

Passez -moi les éditions musicales Melodia, s 'il vous plaît. Boulevard

Malzerbe.

Dans quelle région Bompard a -t -il fait sa dernière tournée ? Le Sud -Ouest.

Ah oui, oui, je me souviens, vous m 'aviez parlé des petits formats papier

des micro -sillons.

Vous ne savez pas s 'il est passé par Moissac.

Ah bon ? Un gros chiffre d 'affaires ? Ah bien, très bien, tant mieux.

Allez, au revoir, merci.

Saute dans une voiture et va me chercher Lucienne Florac, tout de suite.

Il demande à Verdier de couiller sa chambre.

Et celle du gardien de nuit aussi.

Quel rapport vous avez avec Mme Florac ? C 'est ma belle -sœur.

Pourquoi l 'avoir pas dit ? On me l 'a pas demandé.

Et puis je vois pas en quoi ça vous intéresse.

Ah, mais les histoires de famille m 'intéressent beaucoup aujourd 'hui.

Depuis quand travaille -t -elle à l 'Étoile du Nord ? C 'est vous qui lui

fait avoir ce travail ?

Oh oui, la solidarité.

Lucienne est une brave femme.

Je ne laisserai personne en dire du mal.

Quand on a eu des malheurs et qu 'on reste droit comme elle, ça force le

respect. Ah ça, j 'en doute pas, monsieur Perlongue.

Et quel genre de malheur ? Oh, la pauvre.

Elle a perdu son mari et puis sa fille.

Vous vous rendez compte ? C 'est pour ça qu 'elle a quitté Moissac et qu 'elle

est venue rejoindre son beau -frère à Paris.

Elle se retrouvait toute seule. Fallait bien qu 'elle subvienne à ses besoins.

C 'est comme ça qu 'elle est entrée à l 'Étoile du Nord.

Oh, elle se plaint jamais, hein ? Oui, je comprends.

Oh, c 'est... C 'est terrible pour une mère.

Oh ! Quel âge avait sa fille ? 17 ans.

Ah, le même âge que la jeune fille que vous avez reçue hier soir.

Oui, Roselyne avait le même âge que mademoiselle Blanchon.

Oui.

La fille du juge Blanchon.

Oui.

Patron ?

Oui, j 'ai une bonne nouvelle et une mauvaise. Je commence par laquelle ? La

bonne, c 'est qu 'on a retrouvé le couteau dans la chambre du veilleur de

Et l 'arme était soyeusement cachée dans la plante verte.

On vous apporte tout ça, oui.

La mauvaise, c 'est que Luciane Florac a décampé il y a une heure.

Elle a déclaré qu 'elle partait faire des courses.

Il n 'avait aucune raison de la retenir.

Lancez un avis de recherche dans les commissariats et les gares.

Avec un peu de chance, on peut la retrouver garde au Sterlitz.

Oui.

Bon, vous pouvez tous rentrer au bureau, maintenant.

À tout de suite.

Qu 'est -ce que vous lui voulez, Alicienne ? Vous trouvez qu 'elle n 'a

assez d 'ennuis, comme ça ? C 'est pour la soulager d 'un de ses ennuis que vous

avez enterré l 'arme du crime dans la plante verte.

Ou bien c 'est quelqu 'un d 'autre qui s 'en est chargé.

Parce que je ne suis pas un botaniste émérique, mais je n 'ai pas l

que ça serve à sa croissance.

Le jour, oui.

Je suis convaincu que la place de cette plante verte ne se trouve pas dans votre

chambre, M.

Perlongue. Je me trompe ? Geneviève Blanchon.

Je regrette.

Ne refaites pas le petit pardon.

Je ne vous présente pas.

C 'est à Moissac que vous avez rencontré Bompard ? A votre avis ? C 'est lui qui

vous a emmené à Paris ? Je répète ma question.

C 'est lui qui vous a emmené à Paris ? Non.

C 'est moi qui suis venue.

Je voulais lui faire la surprise.

La dernière fois qu 'on s 'était vus, il m 'avait promis de m 'écrire.

Mais j 'attendais, j 'attendais et rien ne venait.

Et quand avez -vous quitté Moissac ? Hier, à l 'aube.

Je suis partie comme ça, sans rien dire à personne.

Et vous avez laissé son adresse ? Non, mais je savais qu 'il fréquentait un

petit café du boulevard Saint -Germain.

Alors je l 'ai rejoint là -bas.

Et il était content de vous voir ? Je sais pas.

Je crois.

Il m 'a dit qu 'il avait beaucoup de travail et que c 'était pour ça qu 'il

avait pas pu me donner de nouvelles.

Et après ? Il s 'est dit qu 'on se retrouverait le soir.

Et il m 'a dit que d 'ici quelques jours, il se serait libéré de ses

obligations.

Mais il vous a pas dit lesquels. Non, mais genre, je faisais un mystère de

Moi, je trouvais ça romantique.

Puis il m 'a dit qu 'après, il se consacrerait tout à moi et à nos

Il devait écrire une sonate pour moi, je vous l 'ai dit.

Puis ce soir, on devait passer Noël ensemble.

Ensuite, il vous a quitté, il vous a donné de l 'argent.

Et il m 'a dit qu 'il m 'en apporterait le soir même.

Le fameux mille francs.

Ouais, c 'était pour payer l 'hôtel.

Alors qu 'est -ce que vous avez fait le reste de la journée ? Vous n 'aviez pas

un sou en poche ? Je me suis baladée dans Paris.

Tout me paraissait beau.

Je le voyais partout.

Puis je l 'ai rejoint assez tard dans son café, boulevard Saint -Germain.

Et enfin, vous vous êtes rendu à l 'étoile du Nord.

Vous avez dû être surpris, vous.

De voir arriver une jeune fille de Moissac, toute seule, qui de surcroît

la fille du juge Blanchon, une sommité de la région.

C 'est pas si petit que ça, Moissac.

On connaît pas tout le monde, quand même.

Mais vous l 'avez reconnue, vous.

Ne me dites pas que vous ne la connaissiez pas.

C 'est rien.

Geneviève était une amie de ma fille Roselyne.

Comme terre, madame s 'est présentée d 'elle -même en vain il y a cinq minutes.

Merci.

Madame Florac ? C 'est vous.

Eh bien, vous revoilà en famille.

Madame Florac, qu 'est -ce qui est arrivé à votre fille Rosine ? Elle est

d 'une opération qu 'elle s 'est fait faire.

Parce qu 'elle était enceinte.

Ça s 'est passé à Moissac ? À Moissac.

Il y a trois ans.

Monsieur Bompard se trouvait entourné dans la région à l 'époque ? C 'est lui

qui a tout fait.

Quand Roselyne est allée le trouver pour lui annoncer qu 'elle était enceinte,

il l 'a emmenée voir une sage -femme.

Un jour, j 'ai appris que Bompard s 'était mis à fréquenter Geneviève.

Et c 'était quand ? Il y a quelques semaines.

Sur le moment, ça m 'a choquée.

Geneviève, vous étiez au courant que Rosine avait été la maîtresse de Bompard

Oui.

Et qu 'il l 'avait emmenée se faire avorter ?

Et malgré ça, vous avez décidé de venir leur joindre.

Je l 'aimais.

Il m 'avait dit que... que Rosine avait eu d 'autres amants.

Que c 'était pas lui, père.

Je l 'ai cru.

Madame Florac, pouvez -vous me raconter ce qui est arrivé hier soir ?

J 'ai souvent imaginé ce qui se passerait si je tenais cette montre en

mains.

Mais là, c 'était un signe du destin.

Vas -y, Joseph.

Nous avons fait ce qui devait être fait.

Rosine est en paix.

Quand Mlle Blanchon est arrivée à l 'hôtel, il était très tard.

Et j 'attendais plus personne.

Bonsoir, mademoiselle.

D 'ailleurs, je ne l 'ai pas

reconnue tout de suite parce que je ne l 'avais pas vue depuis des années et qu

'elle était devenue une jeune femme.

De son côté, elle n 'avait aucune raison de se souvenir de moi.

Elle n 'avait pas l 'air très à l 'aise.

La fin.

Merci. Deuxième étage gauche. Je lui ai donné une chambre.

En revanche, comment avez -vous réagi lorsque Bompard a fait irruption

minutes plus tard ? Sur le coup, je ne voulais pas y

croire.

Vous avez fait le lien entre les deux visiteurs ? Oui.

J 'ai choisi une chambre à l 'étage au -dessous pour les empêcher de se

retrouver.

Aucun doute n 'était possible quant aux intentions de ce monsieur.

La 12.

Premier étage gauche.

Merci.

Et vous êtes monté prévenir votre belle -sœur.

Pas tout de suite. J 'ai hésité pendant un moment.

J 'avais peur de remuer et tout ça.

Et à ce moment -là, vous étiez conscient que ça ne pouvait finir que par un

drame.

Ah, écoutez, je connaissais les souffrances endurées par ma belle -sœur

trois ans.

C 'est ça qui m 'a décidé.

Je ne pouvais pas lui taire à la présence de l 'assassin de sa fille.

Vous imaginez ? Le lendemain, elle aurait pu le croiser dans le couloir ou

faisant la chambre.

J 'aurais eu l 'air de quoi ? Et que s 'est -il passé ensuite ?

Joseph n 'a fait que son devoir.

Il est monté dans ma chambre.

et m 'a averti de la situation, je n 'ai pas hésité une seconde.

Le couteau appartenait à mon mari et je l 'ai toujours gardé avec moi.

De par chez nous, chaque famille en possède un de ce genre.

C 'est un couteau traditionnel.

Paul aurait été fier que je lave l 'honneur de notre fille comme il l

fait lui -même.

J 'ai attendu un bon moment.

en espérant qu 'il serait seul.

Mais je ne pouvais pas courir le risque de voir M.

Larieux se réveiller.

Je ne pouvais plus renoncer.

C 'est moi qui ai caché le couteau pendant que Lucienne est remontée à son

étage.

Geneviève, vous avez eu le temps de reconnaître Madame Florac ? Oui, quand

est rentrée, j 'ai compris tout de suite.

Quand je suis entré dans la chambre et que je t 'ai vu dans les bras de ce

monstre, pendant un instant, j 'ai cru que ma Rosine était encore en vie et

que je pouvais encore empêcher tout ce qui s 'est passé.

Tu lui ressembles tellement.

Alors je l 'ai frappé, frappé de toutes mes forces.

Comme tu as dû avoir peur.

Tu comprends ?

Il devait payer.

Tu n 'y es pas bien.

C 'est fini maintenant.

Telle que je connais les jurés de la Seine, elle va être acquittée.

Son cas relève plutôt de la psychiatrie.

Et lui ? Lui, il sera condamné.

Pour complicité.

Pourquoi avez -vous menti ? C 'était la mère de Rosine. Je ne pouvais pas la

dénoncer.

Je ne voulais pas qu 'on me fasse un message.

Permettez -nous de vous offrir ce petit mousseux pour Noël. C 'est une bonne

idée, ça.

Je crois qu 'on l 'a tous bien mérité.

Allez, à la vôtre. À la vôtre.

Désolé pour les verres. On n 'a fait que les moyens du bord.

Joyeux Noël, patron.

Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Non, mais écoute, c 'est pas sérieux.

Laisse -moi deviner. Ça, c 'est des raisins secs. Ah non, patron.

Du tabac.

Du tabac ? Oui.

C 'est une bonne idée.

Tiens, tu me le gardes ?

L 'Étoile du Nord est une affaire classée.

Madame Florac a été très claire.

Elle a agi pour laver la mémoire de sa fille et ce, avec la complicité du

veilleur de nuit qui se trouve être son beau -frère.

Dans la chambre, la victime était en compagnie d 'une prostituée, une

Céline Germain.

Enfin, c 'est le nom.

Il était sur la fiche d 'enregistrement.

La police continue les recherches, mais à mon avis, elle va s 'arrêter, parce

que le témoignage de Céline Germain n 'a plus aucun intérêt pour l 'enquête.

Voilà. Maintenant, je vais vous demander de m 'excuser, mais j 'ai encore

beaucoup de travail, moi.

Peretti.

Oui, patron.

Je vais bien raccompagner mademoiselle jusqu 'à un taxi.

Elle a encore une chance d 'avoir son train.

N 'oublie pas d 'annuler les photos pour la presse de demain.

Bien sûr, patron.

Allez, file.

Voilà une neige qui ne cessera pas de tomber, patron.

De toute façon, moi, j 'ai mon train à prendre.

Mais là, je ne rentrerai pas.

Et où est ton rangement, patron ? Rangement ? Quel rangement ? Pardon

?

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.