All language subtitles for 53_maigret_et_les_septs_petites_croix1

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Original subtitles

C 'est chaud, hein ? Arrête, c 'est trop.

Je tiens plus, moi, aux archives.

Y a pas d 'aération ?

Moi aussi, j 'ai le courant d 'air.

À condition d 'aimer l 'air chaud.

Ce qu 'il nous faudrait, c 'est un bon orage.

Je crois pas qu 'aujourd 'hui, ça reste difficile à tomber.

Et alors ? Toujours rien.

Le patron ? Il est encore là.

Il est là ? J 'ai l 'impression que le tueur va faire quelque chose cette nuit,

mais pour l 'instant, on l 'attend.

Allez, bon courage.

Avec cette chaleur, il y a quoi de devenir dingue ?

3 semaines que ça dure, j 'en peux plus, moi.

Bon allez, bonne nuit, les gars.

Moi, avec cette chaleur, je peux pas dormir.

Bonne nuit, les gars.

C 'est très mieux, hein. Parait que ça peut durer jusqu 'à la fin du mois.

T 'es là, toi ? Même le 15 août, t 'es fidèle au poste.

C 'est mon gendarme qui m 'a demandé de le remplacer.

Ah, mon gendarme.

On en est où pour cette nuit ? Euh... 57 accidents,

25 vols de voiture,

154 cibrognes, 3 coups de couteau, 2 portes d 'Italie et 1 à eau à

Et le tueur ? Il a fait parler de lui ? Non, rien pour le moment.

Tu diras que c 'est un piqué, quoi.

Enfin... Un piqué qui débrouille des gens.

Oui ? Sharon ? Un vol de voiture ? D 'accord, je note.

C 'est à toi, ça ? Moi ? Non.

Ben si, je vais en trouver à côté de ta chaise, par terre.

Ben reste, je vais trouver à côté de ta chaise.

Non, c 'est sûr, c 'est pas moi.

Oh, allez, arrête, laisse -le, c 'est pas le jour. Oh, ça va, je rigole.

Tu n 'en veux pas, hein ? Non, non. T 'es sûr ? Oui. Allez, viens.

Vous avez encore le temps d 'attraper votre train ? Vous allez pouvoir

au bord de la loi ? Vous n 'avez pas promis à madame Maigret ? De toute

hein ?

Les 4 crimes précédents, ils ont tous eu lieu à 22h. Si avec quoi que ce soit,

cette nuit, on sera au courant.

Ben oui, justement.

C 'est le matin qu 'on découvre les victimes.

Bon, ben... On revient au courant à la moindre alerte ? Vous connaissez les

stations de mon train ? C 'est bon, comptez sur nous, patron.

Vous partez ? Eh oui.

Vous aviez l 'air de dire que...

C 'est pas pour s 'éteindre, alors.

Vous ne partez plus ? J 'ai oublié ma paix.

Encore une bande cassée ? D 'accord.

Trois bandes facturées en une heure.

Trois quand même.

Comment ça ? Trois bandes facturées en une heure.

Quelqu 'un qui saute sans rien dire.

Rien d 'autre ? Non, rien pour le moment.

Des quelles bandes exactement ? La première c 'était au croisement de la

Popincourt et du boulevard Voltaire.

La deuxième rue du Faubourg du Temple au coin du Parmentier.

Et la troisième qu 'on vient de me signaler, c 'est rue de Paradis.

T 'as noté les heures ? Euh... 1h50, 2h10 et

2h40 plus.

Il marche d 'un bon pas.

Mais il a pas l 'air de bien savoir où il va.

Bon.

Y a quelque chose qui me prévient ? Du nouveau, patron ?

Trois bandes de secours brisées à la suite des unes des autres.

Encore un qui veut nous faire courir.

Mais non, mais ça se trouve, c 'est un ivrogne. Vous savez comment la fois

dernière, là.

Un ivrogne qui met moins d 'une heure pour descendre le faubourg du Temple,

traverser le canal Saint -Martin, aller jusqu 'au faubourg Poissonnière par la

rue de Paradis.

Comme ivrogne.

Et votre train, alors ? Je crois que c 'est raté.

Avec un changement à Saint -Pierre -des -Corps.

Je vous remercie, mademoiselle.

Ça y est, patron, on a retrouvé le corps d 'une femme assassinée.

26 rue de la Roquette.

Une femme, la soixantaine, retrouvée dans son appartement, la fenêtre

au quatrième étage.

Son nom ? Son nom ? Fayet.

Madame Fayet ? Quoi, qu 'est -ce qu 'il y a ? D 'accord, c 'est bon, on y va.

Ça vous dit quelque chose ? Non, non.

Mon fils, appelle le parquet de médecins légistes.

Et toi, tu préviens le directeur.

Le directeur, je l 'appelle certainement.

Et vous -même, on le prévient avant qu 'il reste en charge.

5 victimes en 3 mois, c 'est interdit pour eux.

Appelez aussi le fichier s 'ils ont quelque chose dont on ne faillait.

Bon, vous notez bien tout, le coeur.

Alors, ça se présente comment ? Comme les quatre crimes précédents, une

seule, sans famille, milieu simple, meurtre accompagné d 'un vol,

pas des millions, mais sans doute quelques économies.

La fenêtre était ouverte.

J 'imagine que par cette chaleur.

On a tout laissé en l 'état.

Bon, ben, à la prochaine.

Ah,

je vois, c 'est Gino.

C 'est son coin.

Il y a encore des clients avec cette chaleur.

Il y a peut -être des choses à nous raconter.

Oui, vous la connaissez ? Oui.

On se connaît.

Il faudrait voir aussi qui habite là.

Et puis essayez de trouver des témoins.

Bon,

j 'attends pas le parquet, je vais te laisser continuer.

C 'est peut -être une coïncidence, mais... Dis au médecin

légiste et à l 'identité judiciaire de m 'appeler.

C 'est bien tué en série ? Tandis que les vacanciers

insouciants s 'ébattent au bord de l 'eau, seul dans Paris, déserté pour

de canicule, agonise la cinquième victime du tueur de Londres. À quoi vous

jouez, là ? Je me mettais à la place des journalistes.

Oui ? Place Blanche ? Personne n 'a parlé ?

Vous prévenez si vous trouvez quelque chose ou quelqu 'un dans les environs.

D 'accord, merci.

Encore une bande cassée.

C 'est bien gassant.

La première intérieure de la roquette.

Pas loin du lieu du crime.

Je m 'apprêtais à aller dans l 'immeuble en face de chez Fayet.

Vous savez, là où la fenêtre est allumée.

Et en chemin, vous ne devinerez jamais qui j 'ai rencontré.

Comment vous savez ? Figurez -vous qu 'il a fui dès qu 'il m 'a vu. J 'ai

ça quand même un peu bizarre.

J 'ai appelé les agents qui l 'ont rattrapé.

Il n 'a rien voulu expliquer.

J 'ai bien fait, non ?

Non seulement tu as bien fait, mais tu me le ramènes d 'art d 'art.

Le cœur qui abandonne son standard ? Ça alors ? Depuis 15 ans que je suis là, j

'ai jamais vu ça moi.

Il me semblait bien que le nom de Fayet, ça lui disait quelque chose. Il aurait

pu nous en parler quand même.

Qu 'est -ce que c 'est ? Le commissariat du boulevard Voltaire.

Ils nous ont rappelé pour dire qu 'ils avaient trouvé un mouchoir dans les

débris de la borne.

Alors j 'aurais demandé de nous l 'apporter.

mouchoir de femme ou d 'enfant.

Il y a des traces de sang.

Il s 'est peut -être blessé en voulant briser la vitre.

Il y a des initiales.

F .L.

J 'étais là -haut, chez moi.

J 'arrive pas à dormir avec cette chaleur.

J 'ai la fenêtre grande ouverte, mais même là, je peux pas respirer. C 'est

comme ça que je l 'ai vu.

Qu 'est -ce que vous avez vu ? Le gamin.

Il grimpait sur la gouttière jusqu 'au balcon de Mme Fayet.

Comment vous savez que c 'est le balcon de Mme Fayet ? Ça fait 45 ans que j

'habite ici.

Puis d 'ailleurs, tout le monde la connaît. Ah bon ? On fait appel à elle

on a des difficultés, vous voyez ce que je veux dire.

Fin de mois difficile, comme ça ? Oui, c 'est une prêteuse à la petite semaine,

quoi. Oui, oui, en quelque sorte.

Et pour en revenir là, l 'enfant qui grimpait, vous pourriez me le décrire

physiquement ? Ben oui, 9 -10 ans, un peu débraillé, culotte courte, nue tête.

Ah, nue tête.

Quelle couleur les cheveux ? Bras.

Ah bah dites donc, vous avez de bons yeux, je le connais.

Il est comme tous les gosses du quartier, il était gentil quand il était

Vous pourriez me dire vers quelle heure ça s 'est passé ? Une heure et demie.

Une heure et demie ? Ah bah vous êtes catégorique là.

Quand on ne dort pas, on compte les heures.

Et vous n 'avez pas pensé à appeler la police ? Témoigner, je veux bien. Alors

dénoncer, alors ça, excusez -moi, mais ça c 'est autre chose.

Il y a un labo qui vient d 'appeler.

Ils ont trouvé plusieurs empreintes, mais en particulier des empreintes d

'enfants dans la chambre de Fayet.

Ça recoupe ce que nous disait Jamin.

Et ça pourrait peut -être avoir un rapport avec l 'enfant, vous savez, dont

trouvé le mouchoir près d 'une des bornes.

Ça pourrait.

Oui, mais c 'est quand même pas un monde qui aurait... Si ? Si c 'est lui qui

avait tué, il ne s 'amuserait pas à casser les bornes.

C 'est sûr que ce n 'est pas très discret comme manière de fuir.

En tous les cas, il faut retrouver ce gosse.

On voit des hommes ratisser le quartier autour de la dernière borne. On n 'a pas

vraiment tout la merde, mon patron.

Débrouille -toi.

Mais qu 'est -ce que t 'as fait ? Oh putain

!

Oui

? Hein ? D 'accord.

Où ça ? Je vois.

Entendu. Je transmettrai.

Au revoir.

Un vol par effraction dans un magasin de jouy.

Casser une vitrine pour un ours en peluche ? Et alors ? C 'est important

gosse.

Les parents n 'ont pas le moyen d 'en offrir.

Oui, bien sûr.

T 'as sûrement raison.

C 'est vrai, il a raison.

Le cœur !

Vous la connaissiez,

Mme Fayet ?

J 'ai jamais vu.

Je vous jure que c 'est vrai.

Qu 'est -ce que vous allez faire là -bas ? Vous savez que leur fuite témoignée,

ça peut vous coûter cher.

Vous protégez quelqu 'un ?

Vous ne pourrez pas tomber plus mal.

Un 15 août.

Les journalistes ne savent pas quoi écrire et vont se précipiter là -dessus.

quand on les a sur le dos, je suppose que c 'est toujours notre homme.

Ça correspond aux autres crimes.

Je n 'ai pas le résultat des expertises.

Ça va prendre longtemps.

Certaines caractéristiques ressemblent à celles des autres crimes.

Une victime vivant seule, une petite somme d 'argent volée.

Enfin, à part ça, je ne sais pas.

Personne n 'est au courant.

Vos hommes n 'ont rien dit.

J 'attends votre feu vert.

Dans quelques heures, tout le monde va se réveiller. Il faut qu 'on puisse

communiquer quelque chose à la presse.

Il va falloir que je téléphone au préfet.

Je n 'ose pas imaginer de quelle manière il va prendre la nouvelle.

Ça tombe vraiment mal.

Il faut que je repasse par la maison.

Ma femme emmène les enfants à la boule.

Je vais l 'aider à finir de préparer les bagages.

Enfin, s 'il se passe quoi que ce soit, vous savez comment me joindre. Oui, bien

sûr.

Une arrestation, mes gars.

Ce serait un beau cadeau.

La station.

Dis -moi le mouchoir qui a été trouvé, vous l 'avez ?

Qu 'est -ce que ça fait là ? On l 'a trouvé près d 'une borne.

Près d 'une borne ? F .L.

François Lecoeur.

Lecoeur.

Mon neveu.

Votre neveu ? Bip, quoi.

Et c 'est le fils de votre... De mon frère.

Et à votre avis, pourquoi il s 'amuse à fracturer les bornes ? Je sais pas.

Je lui avais montré ce que c 'était.

Il sait que c 'est vous qui centralisez les appels quand une borne est cassée ?

Ben oui.

Alors il sait que vous êtes alerté ? Forcément.

Ben oui, peut -être qu 'il casse les bornes pour vous prévenir.

Une quatrième borne qui a été cassée en votre absence.

Quatre ? Pour ça ? Place blanche.

Regarde, il a quelque chose, c 'est sûr.

Il a quel âge ? Dix ans. Il est un peu petit pour son âge, mais c 'est pour

ça... Pour ça quoi ? Que j 'étais parti.

Je me doutais que ça pouvait être lui, je voulais vérifier.

Vous pouvez nous le décrire ?

Johnny, demande aux voitures radio de chercher un gamin d 'une dizaine d

'années, pas très grand.

Oui ? Ah, Fabien, c 'est toi ?

On a finalement du gosse.

Alors, une dizaine d 'années.

Un mètre vingt, trente, avec un poil aux manches courtes.

Voilà. Tu transmets ? Ok, merci.

La mère est morte, il avait tout juste un an.

Mon frère est resté seul avec le petit.

C 'est lui qui l 'élève ? Oui.

Les biberons, les couches, tout ça.

Et même maintenant, dans la journée, mon frère prépare les repas, fait le

ménage.

Et sa mère est morte comment ? Quelque chose au ventre, une opération qui n 'a

pas été pratiquée à temps, et puis ça s 'est infecté.

C 'est pas la faute de mon frère, bien sûr.

Et il est où, votre frère, en ce moment, pendant que son petit se balade dans la

rue, en pleine nuit ? Il travaille.

Il est l 'unotipiste dans une imprimerie, un journal, l 'imprimerie du

Il travaille la nuit ?

Il commence à 20 heures, il met son fils au lit avant de partir et il réveille

en rentrant.

Il va être rentré chez lui en ce moment.

Il habite où ? Quatre passages Saint -Samin.

Passage Saint -Samin ? C 'est derrière la rue de la Roquette, ça ? Tout près d

'où habite Mme Fayet ? Il la connaissait ? Votre frère ?

Mme Fayet ?

Le cœur.

C 'est sa belle -mère.

C 'est sa belle -mère.

Patron, vous pouvez venir une minute ? Ah !

Vous n 'allez jamais deviner, patron.

Encore une devinette ? C 'est pas une devinette.

Il y a huit ans, Mme Fayet, vous savez la victime ? Oui, j 'ai compris.

Elle a porté plainte sur la personne de sa fille, Edzi Chahier, pour homicide

involontaire contre son gendre.

Et vous savez comment il s 'appelle, le gendre ? Lecoeur ? Pas le nom de son

frère, Olivier Lecoeur.

Oui.

Rappelez le fichier, je veux un dossier complet le plus vite possible.

Et mettez -vous en contact avec Jamin, qu 'il aille voir si Olivier Lecoeur est

rentré chez lui.

C 'est là -bas qu 'il allait.

Il voulait parler du meurtre avec son frère.

Oui, allô ? Oui, je patiente.

Depuis 15 ans qu 'il est là, sans faire de bruit.

S 'il a quitté son poste en pleine nuit, c 'est que... Il a peur. Il a peur que

son frère ait fait une belle connerie.

Allô, patron ?

J 'ai du nouveau.

À 3h30, Olivier Lecoeur est entré chez lui.

Il a réveillé la concierge en tapant sur sa porte comme un fou.

Il lui a demandé si elle avait vu son fils.

Il avait l 'air complètement affolé.

Il lui a expliqué que son fils avait disparu et puis après, il est parti en

courant.

Il paraît que le gosse lui a donné rendez -vous à la garde Austerlitz.

Garde Austerlitz ? On voit une patrouille, garde Austerlitz.

qu 'il recherche Olivier Locker.

Demande ton signe allemand à son frère.

Ouais.

Bon, c 'est bon.

Dis -moi, toi, profites -en pour faire un tour à l 'imprimerie où il travaille.

Je sais bien, mais... Mais il y a peut -être quelqu 'un, un gardien, je sais

pas, moi.

Oui. Je te repasse mon fils. Allez, à tout à l 'heure.

Dites -moi, Locker, pourquoi votre neveu brise les avertisseurs en s 'éloignant

vers le nord de Paris alors qu 'il a donné rendez -vous à son père, Cardo

Sterlitz ? Je sais pas.

Pour signaler sa présence ? Si vous voulez signaler sa présence, il

Il peut peut -être pas.

Il sait à quoi ça sert, un avertisseur.

Alors c 'est qu 'il veut signaler un danger.

Mais quel danger ?

Le mécénégiste, il vient d 'arriver.

Ah, plus de bêtises, hein, le cœur ? Vous restez à votre peuple.

La mort est due à un coup, porté à la pampe, avec un engin dur, crosse de

revolver, sans doute.

À quelle heure, là -bas ? Entre 1h30 et 2h.

1h30, c 'est l 'heure où on a vu pénétrer le gosse chez Mme Fayet.

Un enfant ? Oui.

Mais de quel âge ? 10 ans.

Non.

Mme Fayet n 'était pas vraiment fluette.

La position du corps montre qu 'elle a été attaquée de face.

Traumatiste de la région pariétale gauche, avec l 'hématome soudural ayant

entraîné la mort.

Elle s 'est même peut -être défendue.

Passe à son agresseur. Un enfant, ça me paraît tout à fait impossible.

Toujours est -il que le gosse se trouvait chez Mme Fayet en même temps

'assassin.

Et vous pensez qu 'il serait complice ? Vous témoignez.

Allô ?

Oui ? Une bombe ? On lui collait un cours ? Vous n 'avez rien vu autour

? D 'accord.

Rappelez -moi si jamais.

Il a l 'air de s 'éloigner du centre de Paris.

Est -ce qu 'il voudrait nous soumer dans les petites rues ?

Ce n 'est pas possible, êtes -vous le responsable ? Asseyez -vous.

Mais j 'ai mon mot, moi qui m 'attends, garde au Sterlitz.

Vous vous rendez compte ? Un gamin tout seul en pleine nuit dans Paris.

Asseyez -vous.

Alors ça non, ça vous n 'avez aucun droit de me garder.

Juste pour vous informer, on nous a signalé une cinquième borne.

Où ça ? Récollin -Court.

Bon, je te remercie.

Messieurs, vous étiez où cette nuit ?

J 'ai travaillé cette nuit, voilà, comme toute la nuit.

Ça vous va, ça ? Où ça ? Dans une imprimerie.

Et après ? Après quoi ? Je veux rentrer chez moi.

À quelle heure ? Je sais pas, moi, écoutez...

Vers 3h, voilà, 3h30.

La nuit du 11 juin ? Le 4 juillet, vers 23h, vous faisiez quoi ?

Pardi, Levan, la petite Messenier, ça vous dit rien ? Mais bien sûr que non,

me dit rien, moi. J 'ai mon gosse qui m 'attend, Gardo Sterlitz.

C 'est quand même pas un délit, ça, non ? Ah, c 'est...

Donnez rendez -vous à un enfant de 10 ans,

Gardo Sterlitz, à 3h du matin.

Vous trouvez pas ça un peu curieux, non ? Vous pourriez pas comprendre de toute

façon, alors.

Et il faisait quoi, Gardo Sterlitz ?

Il m 'a donné rendez -vous ce matin à la gare parce qu 'il y a son oncle qui

arrive. Voilà, c 'est ce qu 'il m 'a dit sur le mot, en tous les cas.

Son oncle ? Son oncle d 'Amérique.

Enfin, son oncle d 'Amérique. C 'est comme ça qu 'on l 'appelle, quoi.

Mais c 'est pas possible ! Pourquoi c 'est pas possible ? Mais parce que c

des histoires qu 'on lui racontait.

C 'est un oncle du côté de mes parents qu 'on appelait comme ça. Mais cet

il est mort.

Il est mort et en tiré depuis longtemps.

Oui. Tu me le passes à côté.

Oui, je viens de voir le responsable de l 'imprimerie.

Il m 'a dit qu 'Olivier Lecoeur avait été viré.

Ça fait trois mois.

Trois mois ? Trois mois, mais...

Ça correspond au crime de la rue Cardiné, ça.

Juste un petit truc.

Il y a quelqu 'un qui est venu le demander un jeudi, il y a de ça trois

semaines.

Un gosse.

Ah non, ils ne m 'ont pas dit si c 'était son gosse. De toute façon, ils ne

connaissent pas. Alors, ils l 'ont envoyé balader avec en prime ce genre de

réflexion.

Qu 'est -ce que tu veux à ce peignant ? On l 'a fichu à la porte.

C 'est bien, enfin bon.

J 'ai bien peur que ce soit son fils.

Donc il savait.

Tous les soirs, le père prenait sa gamelle et le gosse faisait semblant de

Il jouait le jeu.

Dites -moi le cas.

Il aurait été renvoyé de son dernier repas.

Vous le saviez ? Ça n 'a pas l 'air de vous surprendre.

Ce n 'est pas la première fois.

Je pense qu 'il doit avoir des problèmes d 'argent.

Il vous en a déjà emprunté ? Récemment ? C 'est -à -dire que... Oui

? J 'ai refusé.

Je me doute que vous avez peut -être pas les moyens non plus de... Non, c 'est

pas ça, en fait.

J 'ai de l 'argent de côté, que j 'ai économisé pour Bib.

On sait jamais ce qui peut arriver.

Et là, je sais pas ce qui m 'a pris.

J 'en ai eu assez.

Je savais pas qu 'il avait plus de travail.

Si ça se trouve, c 'est à cause de moi que... Ah, puis j 'en ai marre, tiens.

Toujours fallu faire ses quatre volontés. Il y en a toujours eu pour

Moi, j 'ai passé mon temps à fermer ma gueule.

Et là, vous qui m 'attendez ? Non, mais quand j 'y aille, je n 'ose plus m

'attendre. Ne t 'énerve pas, tu te calmes.

Mon fils ! Tu te calmes, t 'as compris ? Je vais t 'attendre directement à toi.

Fais attention.

Mon fils !

Qu 'est -ce qui vous est arrivé ? C 'est rien, il essayait de s 'enfuir et puis

il s 'est cogné contre la porte.

C 'est pas vrai, c 'est lui.

C 'est toi qui m 'as poussé, t 'as même fait tomber un montre.

Il est chopé, il était en train de partir.

Comment je fais pour le retenir, moi, si... C 'est bon, ça saigne plus. Allez,

essayez -nous votre nom.

Bon, d 'accord.

Je ne vais pas aller travailler cette nuit.

Je suis parti il y a trois mois.

Parti ? D 'accord, je me suis fait virer.

Et comment vous avez vécu pendant ces trois mois ? Des petits boulots au hall

ailleurs, selon ce que je trouve.

Rien. Quand j 'allais partir, mon fils était en train de s 'endormir. Je suis

allé l 'embrasser.

Après, j 'ai d 'abord marché un petit peu dans le quartier.

Puis, de rue en rue, je suis arrivé sur le bord de la Seine.

Je me suis arrêté pour fumer une cigarette sur le parapet.

De là...

Je suis remonté au HAL pour voir s 'il y avait du boulot, mais en ce moment, il

n 'y a rien du tout.

Tous les commerces sont fermés, tout le monde est en vacances.

Après, j 'ai marché, je ne sais plus moi.

J 'ai attiré sur les grands boulevards, il devait être environ minuit.

Il y avait plein de gens qui sortaient des théâtres, des cinémas.

Il y avait des groupes qui faisaient du bruit aussi.

Et puis après, je suis allé dans un cinéma permanent qui reste ouvert toute

nuit.

Vous y allez souvent, au cinéma ? Oui.

C 'est moins cher qu 'un verre dans un comptoir. Puis ça permet d 'y rester

le temps qu 'on veut.

Vous vous souvenez du film ? Oui.

C 'était un film d 'aventure.

Tempête sur le Pacifique. Ça, vous pouvez vérifier.

Et après ? Ben... Après, je vous l 'ai dit,

je suis rentré chez moi vers 4 heures.

Oui, et puis ? C 'est là que je me suis rendu compte que mon fils, il n 'était

pas à la maison.

Tenez.

Après, je suis reparti.

Garde au Sterlitz.

L 'oncle d 'Amérique arrive ce matin, garde en sérénité.

Et moi, j 'y comprends rien du tout.

C 'est pas normal, ça. Il lui est sûrement arrivé quelque chose.

C 'est surtout à Mme Fayet qu 'il est arrivé quelque chose.

Fayet ? Oui, Mme Fayet.

Vous la connaissez bien, non ? Vous êtes allée chez elle, cette nuit.

Vous avez oublié de nous le dire, ça.

Vous aviez besoin d 'argent.

Alors, vous êtes allé la voir.

Mais non.

Mais si.

Et puis merde de toute façon. Et même si je suis allé la voir, je ne demande

vraiment pas où il sera le mal.

Madame Fayet est morte cette nuit. Elle a été assassinée.

La Fayet ? Assassinée ?

Ah bah merde, non alors ! Ouais, je suis allé la voir, mais c 'est pas moi.

Je l 'ai pas tué.

Et comment ça s 'est passé ? J 'avais plus un centime.

Et c 'est bientôt l 'anniversaire de Bib, et j 'avais même pas de quoi lui

offrir quelque chose.

Alors finalement, je me suis décidé à aller la voir, voilà.

Bon, alors vous êtes monté, vous avez sonné à la porte.

Et votre belle -mère, elle était couchée ? Non.

Elle m 'a ouvert la porte, elle m 'a regardé, elle m 'a traité de bon à rien.

Mais vous saviez très bien qu 'elle finirait par vous donner de l 'argent.

Elle était bien trop contente que j 'aie besoin d 'elle.

Elle a fini par accepter de me prêter de l 'argent.

À condition que je lui rende le double.

J 'ai signé un papier.

C 'est remboursable quand ? Dans un mois.

qu 'il y a le fer ? Hein ? Je sais pas.

Non.

Ramenez -le dans mon bureau.

On a le dossier de Olivier Lecoeur.

Et je crois qu 'on tient quelque chose là.

Ah bon, qu 'est -ce qui te fait dire ça ? C 'est le genre fort en gueule qui ne

va jamais au bout de ses projets.

Il a une formation d 'imprimeur, il est plutôt compétent après ses employeurs,

mais instable.

Il se fait renvoyer toutes ses places.

C 'est pas bien méchant. Enfin, c 'est pas bien méchant, il crée quelques

bagarres, il baisse un contrôleur d 'autobus au boulevard Richard -Lenoir,

prend pour trois mois.

Là, après ça, il monte un garage avec des associés douteux qu 'il laisse

en rade.

Bon, après, il ne fait plus trop parler de lui, mais après, de nouveau, il est

accusé pour avoir volé un fourreur.

Il nie, enfin, il nie, il la repompe un an.

Ouais. Après, il fait quelques bricoles diverses, jusqu 'à ce que, encore de

nouveau, il est accusé pour le décès de sa femme pendant l 'assistance à sa

personne en danger.

Non, non, il y a eu non -lieu.

Où il y a eu non -lieu ? Il n 'y a pas non -lieu, là.

Ah, c 'est vrai, papa, il y a non -lieu.

Oui, enfin, bon, il a fait tout ça avant, quand même.

Vous avez trouvé un lien avec les quatre autres victimes ? Ah non, non, rien.

Moi, je suis côté de médecinier. Il y a un temps, elle a travaillé dans une

imprimerie. Moi, j 'étais dans l 'Oise.

Oui ? Oui, je vous le passe.

Oui, j 'arrive.

Je me suis fait ouvrir l 'appartement d 'Olivier Lecoeur.

Oh, c 'est pas quatre étoiles, mais enfin, il n 'y a rien de spécial à

Oui, c 'est ça, c 'est un intérieur plutôt modeste, mais bien tenu.

La première pièce, ça doit être sa chambre.

Il y avait un paquet cadeau sur son lit.

Et juste à côté, une chambre d 'enfant avec un lit des fées.

Je ne sais pas si quelqu 'un a dormi dans cette nuit, mais en tout cas...

La fenêtre était ouverte et la lumière était restée allumée.

Et qu 'est -ce qu 'on voit de la chambre du gosse ? La fenêtre de Mme Freyer ?

Oui, on voit une bonne partie de la chambre, mais pas jusqu 'au fond.

De là -haut, le gosse a très bien pu voir le corps.

Votre fils a l 'habitude de se réveiller la nuit ? Celle qui arrive.

Enfin, pas souvent, mais... Non, parce qu 'il aurait pu se réveiller et vous

voir avec Mme Fayet.

Vous êtes allé près de la fenêtre ? Oui.

Oui, oui, je me suis assis sur leur bord.

La fenêtre était ouverte.

La gamelle !

Je l 'avais prise hier et je l 'ai laissée sur le radiateur près de la

C 'est con ! Pas vrai

! Le cœur.

Appelez -moi Jamin, s 'il vous plaît.

Ne quittez pas.

Jamin, regarde si de la chambre du gosse, on pourrait voir le radiateur

la fenêtre.

Et s 'il y avait une gamelle dessus.

Bon.

Bon,

d 'accord.

C 'est à l 'heure.

Il vous a vu ? Il vous a peut -être pas pris sur le fait, mais... Il se lève la

nuit.

Dans le quartier, tout est sombre.

Une seule fenêtre est éclairée.

Et il voit le corps allongé.

Et sur le radiateur près de la fenêtre, votre gamelle.

Alors qu 'est -ce qu 'il s 'est dit, vous croyez ? Hein, à votre avis ?

Réfléchissez.

Il a vu votre gamelle qui allait servir à vous identifier.

Alors il s 'est dit qu 'il fallait la récupérer à tout prix et la cacher

part.

Et la garde Austerlitz, c 'était pour vous éloigner du lieu du crime.

Il est très fort votre gamin.

Il était rue de la Jonquière.

Il a fracturé la borne, mais il n 'a toujours pas parlé.

C 'est bien ce que je craignais.

Il s 'éloigne de plus en plus du centre.

Qu 'est -ce que ça peut bien vouloir dire ? Qu 'il a peur de quelque chose ?

Ou de quelqu 'un.

Dites -moi, patron, est -ce que vous avez encore besoin de moi ? Bien sûr.

J 'avais prévu de rejoindre ma femme. Je suis désolé.

Faites -la entrer, alors.

Vous êtes là, commissaire.

Franchement, me faire un coup pareil.

C 'est la chaleur ou le tueur en liberté qui vous met les nerfs en boule ? C

'est justement pour ça que je voulais te voir.

Parce qu 'il a fait une nouvelle victime, cette nuit.

Et à côté du lieu où tu travailles. Alors, tu dois être au courant.

J 'ai bien vu tout le va -et -vient.

Mais c 'est qui qui a été tué ? Madame Fayet.

La Fayet ? Ils ont piqué son pognon ?

Ben, elle n 'aura même pas profité.

Je peux vous dire qu 'elle ne doit pas être au paradis en ce moment.

Ça y est, ça y est.

Tu la connaissais bien ? Ben oui. Non, mais moi, je ne lui devais rien, je vous

jure. Allez, commissaire, il faut que je rentre, parce que je n 'ai pas fini ma

nuit et puis ça n 'a pas commencé fort.

Alors, merci. Dis -moi, dis -moi, dis -moi.

Tu as bien remarqué quelque chose.

Vers quelle heure ? Une heure, une heure et demie.

Je faisais le boulevard Richard Lenoir, non, non.

C 'était désert.

S 'il y avait quelque chose, je vous l 'aurais dit.

L 'autre fois, à Place Voltaire, je vous l 'ai dit, non ? Et Olivier Lecoeur, ça

te rappelle rien ? Oui.

J 'ai du quartier, puis il était marié avec la... la fille de Lafayette.

Je suppose qu 'il avait des raisons de lui en vouloir, sa belle -mère.

Non, mais... Vous seriez pas en train de me faire dire qu 'il y serait pour

quelque chose, hein ? Hein ? Pour qui vous me prenez, là ? Je suis pas une

balance, moi.

Et puis, ce mec, il a été réglo avec ma copine.

Il lui a mis la bague au doigt, figurez -vous. Alors, comptez pas sur moi pour

le charger.

Dis donc.

Quoi ? Et sa femme, elle est morte de quoi ? Ben, d 'un truc dans le ventre,

une... Ah, merde.

Une pérille, pérille.

Péritonite. Ben oui, oui, c 'est ça.

Après, ils ont accusé Olivier d 'avoir attendu trop longtemps pour l 'emmener à

l 'hôpital. Mais moi, je dis que c 'est aux urgences qu 'ils ont traîné pour s

'occuper d 'elle.

Le fait que tu connais, toi.

T 'as fait médecine ?

Que j 'y connais ? C 'est que c 'est moi qui l 'ai emmené dans la voiture d 'un

client.

T 'as fait une déposition pour ça ? Je pensais bien que mon témoin avait

dans la nature depuis longtemps.

Alors mon témoignage... Tu vas raconter tout ça, l 'inspecteur.

Oh, mais non ! Tu vas prendre ta déposition.

Commissaire.

La merde, alors.

Des flics.

Vous voulez venir quelque chose ? Oui, docteur.

Vous croyez qu 'il est coupable ? Je crois rien du tout.

C 'est -à -dire, je parle pas de Fayet, mais des autres, Pardy, Maisonnier, tout

ça.

C 'est pas compliqué d 'imaginer ce qu 'il a pu se passer chez Fayet.

Mais de là à faire un malgame avec des autres crimes...

parler.

S 'il a fait une bêtise, il vaut mieux qu 'il le dise tout de suite. Les aveux

spontanés, on en tient compte.

Bré, c 'est pour rien. On a fait quelque chose. Dis -leur, toi.

Calme -toi.

Calme -toi. Assieds -toi. Écoute, c 'est compliqué, Olivier.

Je ne l 'ai pas tué. Est -ce que tu me crois ? Ne t 'énerve pas.

Tu me crois ou non ? Oui.

C 'est bien que t 'aies pas allé là -bas pour ça.

Et crime et crime.

Parce que toi aussi, tu crois que c 'est moi ? J 'essaie de t 'aider.

Je vois.

J 'ai la revanche, hein ? Des années à courber la tête.

Encaissé, là, à l 'intérieur ? Hein ? C 'est le moment de payer, hein ?

Vaut mieux toujours dire la vérité.

Olivier, je veux t 'aider, le plus important, c 'est ton fils.

Fous le camp.

Quoi qu 'il arrive, je te laisserai pas tomber.

Je m 'occuperai de lui, je te le promets, Olivier.

Fous le camp, je te dis !

Olivier. Tire -toi !

C

'est

un orage de chaleur.

Ça donnera pas de pluie.

Pourtant, il fallait que ça tombe.

J 'ai des pieds sensibles.

La chaleur me fait gonfler les pieds.

J 'ai des chaussures spéciales. Y a rien à faire.

Joli, tu vas prendre sa déposition dans les règles.

J 'ai fait ce que j 'ai pu.

Je le sais.

Bon, tu vis de tes poches ? Moi ? Ben oui, toi, à qui tu crois que je parle ?

Oui ?

Oui, c 'est madame Bencarre.

À cette heure -ci ? Passez à moi dans vos bureaux.

Oui.

Oui, je vous le passe.

Asseyez -toi.

Voilà.

Mais comme d 'habitude, hein ? Non ? Adresse ? Je n 'ai pas voulu te

en pleine nuit.

Mais écoute, tu le sais bien, ce n 'est pas la première fois.

Non.

Mais non, je ne pourrai pas venir.

Mais je te rejoindrai plus tard.

Allez.

Écoute, je ne peux pas rester au téléphone.

Je te rappellerai demain.

Alors il y a beaucoup de choses.

Oui.

... ...

...

... ... ... ...

Alors, où en est -on ? Pour le moment...

Le

frère d 'un de vos agents.

Enfin.

L 'important, c 'est qu 'on ait mis la main dessus.

C 'est trop tôt pour le dire.

J 'ai attendu le plus longtemps possible avant d 'appeler le préfet, mais alors

là, maintenant... Il y a un tas d 'éléments qui ne me concordent pas.

Mais Grès, je comprends que ce soit contrarion pour vous que le frère d 'un

vos hommes puisse être coupable.

C 'est regrettable.

Mais vous pensez bien que ça ne m 'arrange pas non plus. Si c 'est arrivé

autre moment, je ne dis pas, mais à 15 août.

Les journaux n 'ont rien à se mettre sous la dent, ils vont se précipiter là

-dessus.

Et là, on va avoir droit à tout le folklore.

Le frère, le flic, l 'assassin, pour faire vendre du papier.

Bien, je dois absolument appeler le préfet. Je peux utiliser votre ligne ? J

'avoue. Vous voyez, il avoue.

Allô ? Monsieur Barry, ça dit rien.

Ça dit rien ou ça dit quelque chose ?

Ici, oui, ça me dit quelque chose.

Mlle Messonnier ? La nuit du 4 juillet à 2h30. J 'y étais.

J 'étais là -bas.

Où ça ? Chez elle.

Comment t 'es entré chez elle ? C 'est parfait.

Je compte sur vous, maigré.

Il devait prendre ma déposition, l 'autre, il me laisse en rade.

Tu attends, t 'as l 'habitude.

Comme avec Bardi et comme avec Levan.

À quel moment tu la frappes ? Là, tout de suite.

Non, pas tout de suite.

Tu lui demandes pas d 'argent avant ? Si, si.

Et après que... Ben oui.

Évidemment. Parce qu 'elle arrive.

C 'est ça.

Donc, elle essaie de se sauver. Tu la rattrapes et c 'est là que vous

la table.

Tempête sur le Pacifique, 15 au séance de minuit.

Bon, allez, ça suffit maintenant.

Rendez -lui ses affaires.

Il a un alibi, mais ce n 'est pas une bonne nouvelle pour lui.

Parce que son fils est vraiment en danger.

Je voulais te dire... Faut me comprendre... Qu

'est -ce qui se passe ? On vient de rendre les affaires à Olivier

Lecoeur. Ça va ? Lecoeur, ça va ?

Bon, allez.

Est -ce que quelqu 'un sait si Mme Fayet avait un casier ? Mais oui.

À cause de ses petits commerces, vous savez.

Elle a été interpellée plusieurs fois.

Je crois qu 'elle avait porté plein de contrées pour une arnaque. Je ne me

rappelle pas très bien les circonstances.

Et les autres victimes du tueur ? Elles ont eu des démêlés avec la police ? Oui,

oui. Bardi et Massonnier, en effet.

Et Levan aussi, c 'est vrai.

Dans tous les cas, il ne tue pas n 'importe qui.

Il connaît les antécédents de ses victimes.

Dites -moi, le cœur, la dernière bande, c 'était où ?

Rue de la Jonquière.

À quelle heure ? Il y a de bonnes heures.

Supposons que le gosse s 'est vu ou bien soit tombé sur l 'assassin au moment où

il grimpait chez Fayet.

Celui -ci a dû réaliser que l 'enfant pourrait témoigner contre lui.

Au Pincourt, il évite la place Léon Blum.

Après, le faubourg du Temple, il contourne la République.

Et puis, il évite Pigalle et il remonte vers la rue Colin Court.

Dites -donc, le cœur, vous y comprenez quelque chose, vous ? Vous qui

Paris comme votre poche.

Il fait des détours bizarres. Oui.

Comme s 'il faisait exprès d 'éviter le commissariat.

Mais c 'est vous qui avez donné à votre neveu l 'adresse des commissariats ? Ah

non, je vais parler des bandes de cons, mais pas les commissariats. Ah bon ?

Bon, alors... Supposons que le petit

repère l 'assassin qui sort de chez Mme Fayet.

Il a décidé de le suivre ? Ce qui expliquerait qu 'il essaye de donner l

'alerte.

Comment ? Il peut pas s 'arrêter, il peut pas parler, il a pas le temps.

Ben oui.

Je vous disais que l 'homme s 'est laissé voir nulle part, il a laissé

trace.

Ou bien que ses collègues patrouillaient des heures où il y a pratiquement

personne dans les rues.

Il s 'est pas fait une seule fois remarquer.

Je peux avoir l 'air de... C 'est seulement l 'effet que j 'ai enregistré

mon carnet.

Continuez, continuez.

Cette nuit, par exemple.

Il a fait la moitié de Paris pour passer devant un poste de police.

Il a jamais traversé un carrefour surveillé.

Et il choisit pas ses victimes au hasard.

Pour tout, il savait que c 'était des solitaires qu 'il peut attaquer sans

risque.

C 'est pour être quelqu 'un de chez nous ? Mais pourquoi il volerait de l

'argent ? Votre frère aussi, il avait besoin d 'argent pour faire croire à son

fils qui travaillait toujours.

C 'est peut -être un policier de nuit qui doit faire croire à quelqu 'un qu

est toujours en fonction.

Une borne ou ça ? Boulevard Ney ? Vous avez envoyé un car ?

Les agents n 'ont rien vu ? Non, non, on continue à surveiller.

Oui, j 'attends votre appel dès que vous avez dit nouveau.

Pierrot, tu montes aux archives et tu regardes si tu trouves quelque chose.

Ah, Jamin, tu téléphones au directeur du personnel.

Donne -lui le numéro.

Et tu lui demandes s 'il n 'y a pas quelqu 'un qui a eu des problèmes avec

maison il y a trois mois.

Attends, attends, attends. Écoute, maintenant, il faut que je voie mon

moi, absolument.

Mais tout le monde le cherche, votre fils.

Toutes les informations arrivent ici, alors.

Ça ne sert à rien que vous sortiez errer dans la rue.

Non, mais je sais que le directeur n 'est pas chez lui. Il est chez sa fille,

Hauteuil.

Mademoiselle Guillaume.

Mais bien sûr, c 'est important, sinon je ne le dérangerais pas à une heure

pareille, voyons.

Non, je ne quitte pas.

Alors, il y a le gardien de la paix, Morillon.

Faute grave, mi -juin, mais depuis en dépression nerveuse et hospitalisée à

Saint -Anne.

Ah bon ?

L 'inspecteur Saudel, conseil de discipline, 28 mai, mutation

Nantes.

Et l 'agent Ramonet, viré le 23 mai, mais malheureusement décédé 15 jours

tard. C 'est tout ce qu 'il y a. C 'est tout ce qu 'il y a.

C 'est peut -être plus vieux, je ne sais pas.

Un huiteux qui aurait travaillé dans plusieurs arrondissements et qui n

pas accepté sa radiation.

Elle serait devenue fou.

Elle continue de chercher.

Oui, monsieur, bien sûr. Oui.

L 'agent Loubet.

Il y a trois ans.

Loubet ? Oui. Je vous remercie, monsieur.

Pourquoi vous le connaissez ? Ben oui, forcément.

C 'est un huiteux du commissariat de la rue Ordonnaire.

Il était un peu porté sur la bouteille et il avait le vin mauvais.

Enfin, trois ans.

Il n 'a pas mis trois ans pour agir.

Il a reçu toute une série d 'avertissements. Après, il est allé dans

quatre commissariats avant d 'être évoqué.

Et Guillaume pense qu 'il est entré dans une agence de police privée, genre

Argos. Enfin, on va chercher, de toute façon.

Et il y a combien d 'agences de police privée dans Paris ? Ou peut -être l

'agence Tissandier, boulevard Saint -Martin, parce que c 'est là qu 'il

toute la racaille.

Et à 5h du matin, vous avez trouvé quelqu 'un dans les bureaux ?

Mais c 'est pas vrai ! Mais c 'est lui qui m 'attrape, alors moi je me défends

Tu devrais te casser ! Mais oui, il m 'attrape ! Mais ça va pas ! Regarde !

c 'est tout le temps comme ça, il est tout le temps après moi ! Et l 'autre

fois, il a embarqué Fanny comme ça ! Attends, tu arrêtes ! Tu me cherches

Fanny, on va t 'expliquer, d 'accord ? Ben oui !

Il est tout le temps avec nous, à croire qu 'il attend qu 'on mette un pied sur

le trottoir pour nous combattre.

Je leur dis, je leur dis. Vous n 'avez rien à foutre.

Tu peux monter Rupia.

Ah ouais ? Rupia, Rupia. Et qu 'est -ce qu 'on va y faire dans la Rupia ? C 'est

vrai, commissaire ? Allez, donnez le coup de main à vos collègues. Mais quoi,

à la fin ? Vous n 'avez rien de mal.

Je vais m 'accarter tout.

Viens avec moi.

On est réglo.

Sinon, sur le trottoir, des filles comme toi, les heures à attendre le client,

rien ne vous échappe.

Surtout en ce moment, par la chaleur.

Il n 'y a pas foule dehors.

Vous savez que vous voulez en venir ? Olivier, il s 'inquiète pour son fils

a disparu.

Alors, peut -être que tu pourrais aider à le retrouver.

C 'est pas un piège, là.

Rodrigue, je passe quelques coupes d 'égophone, c 'est ça ? Je vous garantis

rien parce que c 'est calme en ce moment.

Mais si vous me promettez de pas faire d 'ennuis à ceux que j 'apprête.

Promis.

Eh, vous pourriez peut -être prévoir une petite récompense ? Pourquoi pas une

retraite, on va dire.

Janine, tu sais pas où je suis ?

Tu devineras jamais.

T 'as pas vu un gaffe ? Il faut comme trois pommes, ouais.

Un petit brin.

Eh ben, t 'as qu 'à lui demander, ouais.

Elle est où, ce soir ? Oh là ! Tu m 'entends, toi ?

Dis donc, t 'es où, là ? Elle ne sert à plus ? Tu peux me passer la renée, là ?

Elle a du monde ? Eh ben, tu lui dis que c 'est genou.

Qu 'elle se dépêche.

Qu 'elle se magne.

Oui, c 'est ça.

Comment ça, elle ne peut pas ? C 'est vraiment le monde à l 'envers.

Peut -être qu 'un jour, on fera le trottoir.

Dites -moi, est -ce que votre fils pourrait être au courant de la prime ?

Promise à celui qui nous aiderait à retrouver le tueur.

On en a parlé, dimanche.

Je lui ai même dit que si j 'arrivais à mettre la main sur le type qui a fait

ça, on ferait tirage à faire pour un bon bout de temps.

C

'est

bon, je l 'ai.

Agent Loubet, 103 boulevard Magenta.

Ciao.

Il s 'est fait virer de l 'agence 610 il y a 3 mois, il s 'est présenté

plusieurs fois depuis, il a supplié pour qu 'on le revienne, mais le vieux a pas

confiance.

Qu 'est -ce que c 'est ? Bonjour, madame.

Est -ce que votre mari est là ? Il n 'est pas là.

Vous êtes un collègue à Roger ? En quelque sorte, oui.

Vous allez peut -être me dire pourquoi il n 'est pas encore rentré.

Si vous m 'ouvrez, je pourrais peut -être vous expliquer.

Votre mari ne fait plus partie de la justice en vie depuis trois mois.

Qu 'est -ce que vous me chantez là ? Ah, parce que vous n 'êtes pas au courant ?

Ça veut dire que... Il partait tous les soirs comme ça, comme si de rien n

'était. Où voulez -vous qu 'il aille ? Au fou les bergères ? C 'est ce que je

demande. Et comment il fait alors pour me ramener sa paille à la fin du mois ?

Vous avez vraiment aucune idée de l 'endroit où il pourrait passer ses nuits

Comment voulez -vous que je le sache ? Il est parti prendre son service, il ne

'a rien dit.

Puis d 'abord, qu 'est -ce qui me dit que tout ça est vrai ? Il n 'est pas

ça, Roger.

Vous savez s 'il a encore une âme ? Évidemment, même qu 'on lui a changé.

Et hier, il est parti avec.

Forcément.

Tenez. Sinon, il l 'aurait laissé là.

Vous voyez quelque chose ? Non.

Alors, vous voyez bien ? C 'est lui ? Non, c 'est le pape.

Vous dites donc, vous gênez pas, surtout, hein ? Euh, non, mais vous

pas, je vous la rendrai.

Marquis, elle est plutôt mieux que l 'originale.

Vous êtes sûr que vous me la rendrez, hein ? Parce que si il voit qu 'elle est

plus là, ça va encore.

Vous avez pas plus récente ? Non, il aime pas les photos.

Et là, ça passe encore, c 'était quand on s 'est rencontrés.

Il jouait du bugle dans l 'orchestre de la police.

Moi, dimanche, j 'étais montée sur scène et puis j 'avais chanté le dénicheur.

Puis après, on était allés danser.

Il n 'est pas méchant, Roger.

Dites, vous êtes sûr qu 'il n 'a rien fait ? Son pistolet était chargé.

Chargé sur mon pas.

Ah bon, pourquoi ? Parce que je ne veux pas de ça ici.

Sinon, quand il est dans un certain état, on ne sait jamais.

On ne sait jamais quoi.

Ah, il peut faire l 'idiot avec ça.

Non, non, pas question.

Et qu 'est -ce que vous avez fait des balles ? Elles sont là, dans l 'armoire.

C 'est moi qui les ai appelées.

Et vous êtes sûr que... elles sont toujours là ?

C 'est néanmoins là qu 'il avait voulu continuer la musique.

Mais non.

Oh mince.

Faut que je m 'assieds.

Excusez -moi.

Armée ? D 'accord.

T 'as laissé quelqu 'un en bas ?

On ne sait jamais s 'il rentre chez lui.

Tu as pu interroger les voisins ? Essayez de savoir qui il fréquente.

Dans la journée, il ne sort qu 'avec elle.

Et quand il dort, quand elle a besoin de faire des courses, elle l 'enferme et

elle emporte la clé.

Donne -moi son signalement.

45 ans, taille moyenne.

Brun, viens.

A tout à l 'heure.

Ce qui est curieux, c 'est que le gosse ne casse plus de bande.

Mais s 'il lui était arrivé quelque chose, Loubet serait rentré chez lui.

Il aurait eu plus rien à craindre.

Une femme, elle dit avoir des informations.

Une femme ? Mais pas seulement dans mon bureau.

Elle demande à parler à Gino, elle veut parler à personne d 'autre.

Gino. Bon, alors faites -la venir ici.

Oui, un instant.

On arrive.

Allô ? Bah oui, c 'est moi, c 'est pas la reine d 'Angleterre.

C 'est une collègue, elle a vu le mot me refoucher.

Il y a combien de temps ? Il y a combien de temps ? Une heure.

Elle dit qu 'ils sont rentrés dans un bistrot.

Le type a bu un calvados et il a commandé un vin blanc pour le petit.

Mais le gamin n 'a pas voulu le prendre.

Il a mangé deux oeufs durs et ils sont repartis.

Tu sais où ils sont allés ? Ils sont repartis vers le boulevard Bessières.

Elle dit que le bonhomme en avait déjà dans les voiles.

Jeannie, envoie tous les cartes disponibles sur les grands boulevards,

Ney, Bessières et Vertier.

Tant de race, c 'est rien. Merci, ça vaudrait ça.

Le quartier doit être désert à ce temps -ci.

Il doit être facilement repérable.

Et puis maintenant qu 'il a commencé à boire, il va continuer jusqu 'au bout.

Surtout une nuit comme celle -ci. Il fait chaud, il marche depuis des heures.

Et plus il va boire, plus il va avoir soif.

Excusez -moi, commissaire.

Bon, ça va.

Il ne doit pas y avoir tellement de cafés ouverts la nuit dans le coin.

Il faut les appeler.

Oui. en s 'en étant toutes.

Bonjour.

La marque 1503.

Oui, s 'il vous plaît.

Vous êtes le plus important.

Non, mais c 'est important.

Oui, oui, c 'est un petit garçon.

C 'est bon, les inférés. Je vous appelle, nous sommes à la recherche d

'ai pas pris un café, trois blancs secs, et il correspond signalement. Et où c

'était ? Reclaté, il y a une demi -heure.

Il a cassé un verre, il avait des mouvements plutôt maladroits, et...

Il est parti en récanant comme s 'il avait fait une bonne blague.

Il était encore là il y a une demi -heure.

Il faut que je continue à téléphoner.

Il y a une trotte de la rue touchée jusqu 'à la rue cloquée.

Il n 'est peut -être pas si ivre que ça.

Il sait ce qu 'il fait.

Il va vers la banlieue, les terrains vagues.

Là où le petit ne pourra pas se défendre.

... ... ...

... ...

Pas du tout.

Ne bouge pas.

N 'écoutez pas.

Ça y est ! Rue Saint -Just, Lorient -Barre, près du cimetière des

Ils sont là -bas !

Mon petit bonhomme, tu nous as fait peur, hein ? Ça te va, hein ? Ça te va ?

va la voir, là -dessus.

Bon,

alors, lui, là, c 'est bientôt fini.

Heureusement, il quittait pas le gosse des lieux. C 'est comme ça qu 'on a pu

jeter sur lui.

Vous auriez vu ça, il avait beau être un peu chelasse, il s 'est sacrément

défendu. On était pas trop de trois.

Bon, je vous laisse l 'emmener à la pégée.

J 'ai compris que c 'était lui quand j 'ai vu le gosse.

Sinon, je ne savais pas comment faire pour aller le payer. Il aurait pu tout

casser, se tirer avant que vous arriviez.

C 'est seulement quand il s 'est assis qu 'on s 'est décidé à y aller.

Attendez, attendez, il faut voir d 'abord.

On vous l 'embarquait. Venez lui donner un coup de main.

Bon, ça y est, j 'étais tombé.

Un problème ? Ouais, ouais, c 'est... C 'est quelqu 'un qui dépensait la vitre

de la bande de secours... Porte de Clichy. Il disait qu 'il y avait du

dans un bar.

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