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Original subtitles

- Alexandre, tu te magnes.

Bribes de conversations

Vrombissement d'un avion

Bribes de conversations

- "Fran�ais, la Pologne, �tat de 34 millions d'habitants,

"n'existe plus.

"La Hollande

"a d�pos� les armes.

"L'arm�e belge a capitul�.

"L'arm�e allemande avance.

"Plus de 500000 soldats se sont rendus.

Jeanne d'Arc..." - Les gars,

des nouvelles du 110e?

- Non. - Non.

- H�, vous auriez pas des nouvelles du 110e, par hasard?

- Du 110e?

Viens avec moi.

Voil� un sous-officier du 110e R.I.

- Vous �tes du 110e?

- Oui, mon capitaine.

Sergent-chef Maillat.

- O� se trouve le 110e?

- J'ai perdu le contact.

- Quand? - Hier apr�s-midi.

- Montrez-moi o� sur la carte.

- Ici, � Killem. - Ils ont pris Killem?

- Oui.

- Lieutenant, transmettez.

Ils sont � Killem.

Vous pouvez disposer, sergent.

- C'est si grave? - T'as vu la carte.

- Je fais quoi, moi?

- Tu sais nager?

Gagne Dunkerque

et traverse.

18 km, c'est pas la mer � boire.

De l'autre c�t�, y a l'Angleterre.

Et ils sont peinards, l�-bas.

Ils jouent au tennis.

- On va nous embarquer?

- Les Anglais, oui, mais nous...

- Allez, salut. - Salut.

- "Jeanne d'Arc pleurerait en voyant le sang de la France couler encore.

"Pourquoi ces sacrifices, ces combats?

"Pour les marchands de canons, les financiers anglais.

L'Angleterre combattra jusqu'au dernier Fran�ais."

- Ce culot! - On est encercl�s, tu crois?

- C'est un bobard. - Non, c'est vrai.

Tu sais ce qu'est une poche, l'abb�?

On est dans une poche.

A 60 ans, tu diras � tes paroissiens "les Fritz m'ont fait prisonnier

dans la poche de Dunkerque". - Non.

�a se traverse, une poche.

- Bon, faut prendre une d�cision.

- On s'en va.

- O� �a?

- A la mer.

On vient de se taper 200 km � pied en 6 jours.

�a vaut bien un week-end.

Vrombissements d'avions

Sifflements stridents

Explosions

Tirs

Vrombissements

Explosion

- H�, salaud! - Mais barre-toi de l�!

- Fous-moi le camp, dis!

- Moi? - Oui!

Tu vas nous faire rep�rer.

- Vous �tes cingl�s.

Un Stuka � 500 km/h ne... - Salaud, tu fais expr�s.

Je vais venir te les couper. - Je t'attends.

Fais vite, voil� un Stuka.

Explosion

H�! Ho!

H�, l�-bas!

- T'as pas une pipe?

- Excuse-moi, je t'avais pas vu.

- C'est pas que j'aime fumer,

mais �a chasse la trouille. - Prends-en

plusieurs.

- Non, il ne va plus t'en rester.

- Prends, je te dis.

Elles m'ont pas co�t� cher.

Un cadeau du patron du bistrot.

- Tu te fous de moi? - Non.

- II a refus� ton fric? - Oui.

- C'est pas croyable.

Il �tait cingl�, le gars. - Non, juste d�moralis�.

- D�moralis�?

Oh, t'as de ces mots.

"D�moralis�."

J'aimerais qu'ils le soient tous.

Ce serait chouette.

Dans une boutique, tu dirais: "Je veux �a, �a, et que �a saute."

On te l'enveloppe, on te sourit et, hop, tu pars sans payer.

Tu parles d'une soci�t� qu'on aurait!

De quel c�t� vas-tu? - Au Sana.

- Moi aussi.

Attends-moi, j'ai une cliente.

Tu vois, toujours le taxi.

J'aurais d� me m�fier quand ils ont demand� qui savait conduire.

Je me suis laiss� avoir.

Le dixi�me depuis ce matin, et c'est pas fini.

Allez, pousse.

Ah, merde, v'l� autre chose.

- Otez-vous de l�.

J'ai un pli pour le g�n�ral.

- O� je me mettrais? - Reculez!

- Reculez avec la voiture.

- Faire 4 km en marche arri�re?

Je vous ordonne de reculer!

- Et, moi, j'ai ordre de transporter cette civile dans la cour du Sana.

Ordre du Cap. Blajy.

- Je m'en fous!

- Moi, j'ob�is � mon capitaine et � personne d'autre.

- Pas � un officier?

Je vais vous apprendre � ob�ir.

Foutez le camp avec votre guimbarde.

- Jurer devant une morte?

- Vous vous foutez de moi? - Attendez.

Oui, quoi, attendez.

Y a peut-�tre moyen d'arranger �a.

L'Austin, on la pousse.

On monte le charreton, et puis vous passez.

- Oui, bon, allons-y, mais que �a saute.

- Aidez-nous, les gars.

Allez.

Cris li�s � l'effort

Vacarme

Allez.

Cris li�s � l'effort

- Allez, allez.

- H�! Ho, ho, ho!

- Quoi? - Elle glisse.

- Remonte-la.

Vous y �tes, mon lieutenant? - Oui!

- A mon commandement: Oh, hisse!

Eh ben, dis donc. - C'est plus lourd qu'on croirait.

- �a p�se son poids.

- C'est pas la m�me.

Je la soul�verais d'une main.

C'est le charreton. - Mais la m�me p�se son poids aussi.

- Y a des deux.

Bon, ben...

Alors, merci et... au revoir, les gars.

- Tu l'as vu: Il m'aurait descendu, la vache.

C'est la jungle.

Celui qui a le p�tard fait la loi.

Et il m'offre une pipe.

Eh ben, j'en veux pas.

- Tu la regretteras. - Oh!

- Plus d'essence. - �a manque pas.

Y a des motos, des autos.

Sers-toi. - T'as raison.

C'est pas les voitures qui manquent, c'est la route.

- Attention!

Dis, tu crois ce qu'on raconte, toi?

Les Fritz vont s'amener avec des tanks et des lance-flammes,

et, pan, jusqu'au dernier? - C'est possible.

A la guerre, tout l'est.

Arr�te. - Quoi?

Avec les cahots, �a remonte sans arr�t.

- Toute jeune.

La vie t'a jou� un dr�le de tour, ma cocotte.

C'est d�gueulasse. - Tu t'y feras.

- Je veux pas m'y faire.

Je reproche � la plupart de s'y faire.

Les gars s'installent dans la guerre.

- Ce que �a m'instruit de t'�couter d�conner.

Tu serais pas instituteur, par hasard?

- Non, pourquoi?

- Avec ton p'tit air s�rieux, j'aurais cru.

- Les instituteurs ont l'air si s�rieux?

- C'est pas �a, j'en ai connu de rigolos.

�a doit �tre d'enseigner qui leur donne cet air.

L'air toujours en train de gaffer que tu dises pas de conneries.

- Et j'ai cet air-l�, moi?

- T'as cet air-l�.

- Faut que je te quitte.

Je popote avec les copains.

- Ah, alors, on se quitte? - Oui.

Allez, salut, vieux.

- A bient�t! - Merci.

Y a rien qui presse.

Ferraillement

- Tu t'en fais pas, toi.

G�cher 30 litres pour ton briquet?

- Tu veux les garder pour les Fritz?

- II a raison, les gars.

On va pas leur laisser des cadeaux.

- Encore un que les Boches n'auront pas.

Allez! - Et un autre!

- Et en voil�... Tiens!

- Salut, Alexandre.

- Salut, p'tit p�re.

Dis donc, Maillat, c'est pour quand?

- Quoi?

- Que tu nous laisses tomber.

- Oh, tu sais,

pour l'instant...

O� sont les autres?

Y fout quoi, l'abb�?

C'est l'heure de bouffer - II a lu son br�viaire.

L�, il cherche du pain. - Et Dh�ry?

- Je sais pas.

Il doit avoir une id�e derri�re la t�te.

Il est bizarre depuis quelque temps.

*"La Marseillaise" - Encore une tuile.

- C'est le communiqu�.

...

*-Voici le communiqu�

du Grand quartier g�n�ral.

Les op�rations se poursuivent

avec la m�me �pret� autour du camp retranch� de Dunkerque.

72 avions ennemis ont �t� d�truits ou endommag�s.

Notre aviation continue de lutter h�ro�quement dans ce secteur,

pour la ma�trise du ciel.

Sur la Somme et...

- Si la ma�trise continue comme �a,

dans 2 jours, les Fritz sont ici.

- C'est la place de Dh�ry. - La place de Dh�ry,

la place de Pierson, la place de Maillat, la place d'Alexandre.

On est install�s ici depuis hier et on a d�j� nos habitudes.

- Comme on peut enfin s'installer. - T'es du genre banlieusard.

Ton coin rang�, tu te fous du bordel g�n�ral.

- J'y peux quoi au bordel?

On m'a pas consult�.

T'as fait quoi, ce matin? - Rien.

Si, j'ai tu� un rat.

- Pourquoi?

- Je sais pas.

J'aurai quand m�me

tu� quelque chose, pendant cette guerre.

Y a rien � boire?

- Le whisky de Dh�ry.

Non, non, non, non, laisse.

Le rangement, c'est moi,

sinon tu me foutrais tout en l'air.

*"J'attendrai", Rina Ketty:

Introduction musicale

Non, fume pas maintenant, on va manger.

- Oh, �coute, la nounou, �a va.

*-J'attendrai

le jour et la nuit

J'attendrai toujours

- Que t'arrive-t-il? - Ton retour

- Oh, �a me fait penser � ma femme.

- Mon pauvre vieux. - Oui, �a va, t'es c�libataire.

- Allez, Alexandre, parle-moi encore de ta femme.

Elle est brune, hein? - Oui, avec des yeux bleus.

- Et de belles �paules. - Oui.

- Et un joli dos?

- Oui.

- Et de longues jambes.

- Oh, �a, nom de Dieu, les jambes qu'elle a.

C'est beau, les longues jambes.

�a donne de la classe.

Ma femme, avec ses longues jambes, elle a l'air... d'un lys.

- Un lys, �a a pas de jambes. - Je sais ce que je dis.

Ma femme a l'air d'un lys.

H�las, elle trouve que je lui parle pas assez.

Je sais pas

de quoi lui parler. - De son �me.

Une femme adore qu'on parle de son �me, surtout quand on la pelote.

- T'es so�l.

- Pas avec un quart

de whisky. - "Deux quarts."

Trois quarts, et je suis pas so�l.

Alexandre... - Quoi?

- Si j'en r�chappe, je te ferai certainement cocu.

- Tu vois que t'es so�l. - Je vois pas le rapport.

...

*-J'attendrai

- Je me rappelle, une nuit que �a pleuvait

et qu'y faisait du vent � en foutre la bicoque par terre,

ma femme et moi �tions dans le plume, au chaud,

avec une petite lampe � c�t�.

C'est �a, la vie.

On les emmerdait tous alors.

Il n'y avait plus que nous deux,

dans le plume, bien au chaud, avec la petite lampe � c�t�.

- Fringue-toi en civil et cours la rejoindre.

Explosions

- Foir�.

C'est du 77 qu'ils nous balancent?

- Si c'en est pas, c'est bien imit�.

- A combien tire le 77? - Comme le 75.

10 kilom�tres, au maximum.

- Alors, les Fritz sont � moins de 10 km?

- Bravo, tu calcules bien.

Mon vieux, la situation est claire.

Ici, y a la mer,

l�, les Fridolins qui avancent.

Et, nous, on est l�, sur une bande de terre qui r�tr�cit.

- Comme au lavage.

- A qui, l'armoire en noyer cir�?

- Dans le civil, je vous l'aurais refil�e pour 200 balles.

Allez, je vous en fais cadeau.

C'est du bon bois de chauffe pour la cuistance.

J'aime bien manger chaud.

Ce qu'il y a comme marchandises abandonn�es sur la plage et partout.

Et encore, �a, c'est de l'amateurisme,

car, pour des gars s�rieux, y a des millions � prendre.

Des millions.

T'entends, Maillat?

Des millions! - Qu'est-ce que j'en ai � foutre?

T'apporterais un sous-marin, je dis pas.

- Et merde...

- Pierson, arr�te!

- Qu'y a-t-il?

- T'allais droit dessus. - Sur quoi?

- L�, c'est un obus de 77. - Oh?

Eh ben, vous �tes vernis.

On peut pas laisser cet obus l�.

- Je m'en occupe. - T'es fou!

- Fais ce que je dis et pas un mot � Alexandre.

- T'as trouv� du pain.

T'es un mec, l'abb�. - Je suis pas m�content.

- Qui l'a fil�? - Le cuisinier

du Sana.

- Pistonn� par les bonnes s�urs.

�a m'a co�t� 40 F.

"40 balles"?

Mais c'est un monde, �a.

- �a fait 10 francs chacun. - Mais t'es cingl�.

Et t'appelles �a une affaire? - On peut payer ta part.

- Lui, question fric!

T'es de corv�e d'eau. - Faut tout faire.

- A la soupe!

- O� est Maillat? - Je sais pas.

- Toujours � se baguenauder.

Maillat! - Toujours � se baguenauder. - J'arrive!

- Eh ben, Maillat, qu'est-ce que tu fous?

II est fou!

Venez vite! - Pourquoi tu gueules?

Qu'est-ce...

Le con. - Tu trouves que �a � dire?

Dites-lui d'arr�ter.

Jouer avec des trucs

pareils!

Ce salaud-l�

va nous faire sauter. - Ta gueule.

Tu vas avoir de l'urticaire. - II est fou.

- Tu pr�f�res qu'il t'explose?

Alexandre, un torchon.

Il est br�lant.

- Mais arr�te-toi.

Je veux pas mourir. - Moi non plus.

- Je vais t'aider.

- Arr�te! - Fous-lui la paix.

- Comme connerie gratuite! - Arr�te! - Mais tais-toi.

- Bon, moi, je vais chercher l'eau.

- C'est �a, va la chercher.

- Bon, alors, j'y vais?

- Oui, t'attends quoi?

- C'est mon tour, non?

- Qui te dit le contraire?

- Manquerait plus que �a.

- Passe-moi une de tes grenades.

- Tu vas faire quoi? - Passe-moi - Le faire p�ter dans les dunes.

- Tu cherches quoi?

- Une grenade.

- Vous �tes tous cingl�s!

- Je vais avec toi. - Reste l�.

Pr�pare la bouffe

J'ai faim, moi.

- Et il a faim...

N'allume pas ta pipe, on va manger!

Explosion

Mais il fout quoi, bon Dieu?

- A la bouffe! J'ai faim!

- Oh, le con.

J'aime mieux rien dire.

On n'attend pas Dh�ry?

- Oh, non, on commence.

T'as eu des tuyaux?

- Aucune nouvelle du 110e.

Mais des Fran�ais r�sisteraient derri�re le canal des Mo�res.

Ils se battent dur.

- T'as une voix distingu�e

et on t'entend pas. - �coute-le.

C'est tout? - Les Anglais r�sistent, aux Bergues.

- On se bat d�j� aux Bergues?

- La poche se r�tr�cit de plus en plus.

Et l'embarquement?

- A Bray-Dunes, on embarque les Anglais.

Pour les Fran�ais, ce serait � Dunkerque,

mais par unit� constitu�e. - Ce qui nous exclut.

- Sacr� cur�, va!

Fiez-vous � eux pour �tre toujours bien inform�s.

Ils fourrent leur nez

dans tous les trous. - Le cur� t'emmerde.

- Pour un eccl�siastique,

quel vocabulaire. - Je m'adapte.

- Dh�ry va encore r�ler qu'on l'ait pas attendu.

- H�, les gars, �a va?

- �a va!

Vrombissement d'un avion, sifflement strident

Explosion

Vrombissement d'un avion, sifflement strident

Explosion

- Nom de Dieu, "Dh�ry"!

Rire

- H�, les gars...

Il m'arrive quoi?

Le 77 m'a foutu par terre.

Rien de cass�.

Mais regardez mes bouth�ons.

- Dh�ry, ta main. - Eh ben quoi?

Quoi, "ma main"?

Quelle main?

Ma main.

- Le whisky.

- Ma main, bande de vaches.

- Allons, c'est rien.

- Tu peux la remuer. - Ma main...

- Elle est pas partie avec le bouth�on.

Tu peux la remuer? - Aaah...

Aaah... Oui.

Je vais m'�vanouir. - Viens.

On va le monter.

- Non, allons au Sana.

- Pour �a?

T'es cingl�. - Alors, j'irai seul.

- �coute.. - Non.

Laissez, j'irai seul.

- Pas pour une �gratignure.

- �a peut �tre mortel.

- Le Sana, plein de vrais bless�s, va t'�jecter.

- Allez, bois.

- Aaah... A�e...

Oh, les gars, je me sens partir.

- T'en penses quoi?

- II a peut-�tre autre chose.

- Bon, �a va, t'as gagn�.

On t'emm�ne. - Je vais t'aider.

Faudra �tre deux pour ramener le corps.

- Demande le m�decin auxiliaire Cirilli.

- Qui c'est? - Je le connais.

- Depuis quand? - T'occupe pas.

Un toubib, c'est bon � conna�tre.

- Dis, tu vas mieux, toi.

- Oh, d�conne pas.

- Inconnu.

Homme.

Taille: 1 m 65.

Fort.

Pansements au pied gauche, � la cuisse gauche.

Inconnu.

Enfant.

Sexe masculin.

Ag� de deux ans environ.

V�tu d'une blouse bleue et blanche, d'un chandail rouge.

Envelopp� dans un ch�le noir, en laine.

Inconnu.

Enfant.

Sexe ind�termin�.

Paraissant �g� de...

de 10 ans.

- Tu demandes Cirilli.

�a m'�vitera d'attendre et de pisser mon sang.

- Tu charges un peu, non.

Tu saignes moins. - Et l'infection?

- Oui, il doit y avoir une �pid�mie et ils n'ont pas trouv� le vaccin.

- Vas-y, toi. - �a ira?

Je peux te l�cher? - Allez, va.

- Comment il s'appelle? - "Cirilli."

- Je voudrais parler au m�decin auxiliaire Cirilli.

- II est occup�.

- Mais c'est pour un ami... - Je regrette, sergent.

Pas question d'amis.

Qu'il prenne la queue.

- Dites au Dr Cirilli que le Lt Dh�ry

le demande.

Il ne s'agit pas de �a.

C'est urgent.

- Une seconde, mon lieutenant. - Une.

- Pour un mourant, tu te d�fends bien.

- Oser le coup du lieutenant...

- Le prestige marche avec ces p�te-sec.

- Moi, j'aurais pas march�.

- Toi, je t'aurais eu � la sympathie.

- Mon lieutenant.

- Ah, c'est vous.

On m'a dit "un lieutenant".

- Un lieutenant, moi? - Si la guerre dure.

Ce sont vos amis? - Oui.

- Que puis-je pour vous? - Venez d�ner ce soir.

On a un bon chef.

- Claude...

Pardon. - Y a pas de mal.

Ce sont mes amis.

- C'est entendu pour ce soir?

Que mademoiselle vienne. - Nous sommes d�bord�s.

- On travaille presque 24h/24. - Ah, bon...

- Qu'avez-vous � la main? - C'est rien.

C'est juste un �clat de 77.

J'ai voulu d�tourner un tir, en corner.

- Je vais vous faire un pansement.

Faisons �a ici.

�a vous �vitera de voir

la grosse charcuterie.

La plaie est propre.

- On l'a lav�e au whisky. - Du vrai?

J'en aurais, je l'utiliserais pour l'usage interne.

- On vous en a gard�, alors,

si vous vouliez, ce soir...

Allez, laissez-vous faire.

- Vous me tentez.

Je ne suis pas alcoolique, mais, ici, on a besoin de remontant.

- Eh ben, venez vous approvisionner.

Ce soir, 6 heures.

- Bon... D'accord, on verra.

- �a ne m�rite pas une piq�re

antit�tanique? - II vaudrait mieux,

mais on en a si peu.

- Vous tracassez pas.

Il sait que �a m�rite pas �a.

- Bon, voil� le b�b� emmaillot�.

Dans quelques jours, �a aura cicatris�.

- Comment vous remercier?

Alors, � ce soir, 6 h? - Comment - Oui.

Mais pas plus de 5 minutes. - Oui.

- Voil�.

- Dites, en venant, apportez donc votre seringue.

Vous me ferez la piq�re et on sera plus tranquilles, tous les deux.

- D�sormais, tu pourras me demander n'importe quel service.

- Ah? - Je t'enverrai pa�tre.

J'ai jamais eu aussi honte.

- Heureusement que Jacqueline �tait l�.

- Qui �a? - Heureusement - L'infirmi�re.

- Je l'ai pas remarqu�e. - Oh, dis.

Elle t'a plu? - Oui, mais elle manque de sein.

- �a m'est �gal:

Je m'en sers jamais. - Je file � un rendez-vous.

Et merci, hein.

- II a m�me pas remarqu� Jacqueline.

- Et pour cause.

- Comment �a?

Tu veux dire que...

- Non, je veux dire que Jacqueline, il peut rien en tirer.

S'il pouvait la faire fondre en lingots, alors, l�, oui.

- J'aime quand tu d�connes.

- Profites-en.

C'est peut-�tre la derni�re fois.

- Alors, tu t'en vas. - Oui, � Bray-Dunes.

Il para�t qu'on y embarque.

- Je vais m'emmerder, sans toi.

- Oh, t'es pas tout seul.

- Oui, y a Dh�ry. - Y a Pierson.

- C'est un cur�. - Et alors?

- Moi, je sais pas parler aux cur�s.

Certains savent pas parler aux femmes, moi, c'est aux cur�s.

- On parle pas aux cur�s.

On les �coute.

- Bon, t'as bien r�fl�chi?

- Oui.

- Je vais t'aider

� faire ton paquetage. - Non.

Je m'en fous.

- Tu t'en vas comme �a, tout de suite?

En tout cas, si �a marche pas, reviens � la roulotte.

- C'est promis.

Au fond, toi aussi, tu me l�ches.

- Moi?

- Allez, je t'emm�ne tout de suite.

R�fl�chis pas.

- Moi, je r�ve de finir la guerre comme on l'a commenc�e.

- Par un discours de Daladier? - T'es con.

Par une cuite au Pernod, tous ensemble.

*-Ici radio Stuttgart.

- Nous avions des chars et des bombardiers invuln�rables,

mais, aujourd'hui,

les soldats fran�ais, abandonn�s, trahis par leurs amis britanniques,

l�vent les bras et se rendent par centaines de milliers

dans les plaines de l'Oise, de l'Aisne et des Flandres.

Vous, derniers combattants fran�ais, nos fr�res,

nous vous en conjurons,

cessez cette lutte absurde et inutile.

Votre honneur est sauf.

L'Allemagne, qui n'a pas voulu cette guerre...

L'Allemagne..

- No, thank you.

- Go away from here, froggy.

- Cam�ras... You awant? - No!

- H�, tr�s tr�s bon appareil.

- No! - No!

- H�, un appareil... Vrombissement d'un avion

Tirs

Sifflement strident

Explosion

Sifflement strident

Explosions

H�, Maillat!

Alors?

T'allais o�? - Qu'est-ce que �a peut te foutre?

- Tu voulais t'embarquer.

C'est �a? - Tu voulais - �a te g�ne?

- C'est pas ton int�r�t.

Calcule un peu, bon Dieu.

Des bombes pendant la travers�e, des sous-marins, des mines.

Et, m�me si t'arrives � toucher l'Angleterre,

on te refile un flingue

et on te renvoie en Bretagne au casse-pipe.

Alors, �a te rapporte quoi, de t'embarquer?

Explosion

Crois-moi, c'est idiot, d'embarquer.

- T'insistes pour que je reste.

T'as donc une raison. - Une combine.

Je vais me saper en civil et habiter une maison.

- Les Fritz te contr�leront

et te boucleront. - Non, mes papiers sont en r�gle

"R�form� pour maladie de c�ur."

C'est pas joli, �a?

- "Cirilli"? - On peut rien te cacher.

Explosions

Alors?

C'est pas une bonne id�e?

- On te demandera ce que tu fais l�.

- J'habite ici.

- J'ai une quittance de loyer. - Bidon.

- Non, j'ai lou� une ferme pr�s d'ici.

- Depuis quand?

- Depuis hier.

- Pourquoi tu me dis �a?

- Pour te mettre dans le coup. - Pourquoi moi?

- Bah, parce que t'es sympa, quoi.

- Bon, tu me trouves sympa.

Merci.

Mais t'attends quoi de moi?

- Mais, je t'assure, rien.

Dis donc,

tu parles l'allemand.

- Ah, nous y voil�.

T'as besoin d'un interpr�te.

- �coute-moi et t'�nerve pas.

Je vais faire des r�serves.

Des chaussures, des pneus.

�a vaudra bient�t de l'or.

Je stocke, quoi.

Mais, le plus difficile, ce sera les laissez-passer

pour le transport. - Et tu veux que j'arrange �a.

- Oui. - Et je toucherai un tant

pour cent. - �videmment

- Eh ben, dis donc.

- Alors?

II siffle.

- T'as vu les nouvelles? - Lesquelles?

- Weygand a reform�

une arm�e et a repris

l'offensive par le sud.

Ils ont repris Abbeville, Boulogne

et ils avancent sur Calais.

Si �a se trouve, dans deux jours, ils sont ici.

- Oh?

Tu d�connes, non?

- �a te foutrait dans un joli p�trin, si c'�tait vrai.

�a t'arrange, notre d�faite.

- J'ai rien fait pour.

Alors, tu te d�gonfles?

- Je te foutrais dedans: Je sais pas compter.

2 et 2... 5.

5 et 5... 12.

Je suis pas dou� pour les affaires.

- D�gagez le passage.

Emmenez-le par ici.

Posez-le l�.

- The British on the right.

Fran�ais � gauche.

Anglais � droite.

Fran�ais � gauche.

The British on the right!

Fran�ais � gauche!

- On est encore en France!

- Fran�ais � gauche.

Anglais � droite.

- Ils veulent pas nous embarquer.

C'est quand m�me pas un Anglais qui va nous faire la loi.

- Je vais lui parler.

Vous parlez fran�ais?

- Fran�ais � gauche. - On embarque des Fran�ais?

- English on the right, Fran�ais � gauche.

Section 5, embarking now.

- Je vous ai pos� une question.

- "Fran�ais � gauche, Anglais � droite."

Vous ne comprenez pas? - Yes.

- Oh, vous parlez anglais. - Yes.

"Goalkeeper, corner, penalty."

- It's very interesting.

Sections 5, 6, 7, 8, prepare to embark.

Sections 9, 10, 11, 12, prepare to embark.

Sifflement strident

Explosion

Vrombissements d'avions

Tirs

Vrombissements d'avions

Tirs

Vrombissements d'avions

Tirs

Vrombissements

Sifflements stridents

Tirs

Tirs

- Arr�te de tirer!

Vrombissements

- Ils vont revenir, les vaches.

- Mais couche-toi.

- Ils vont revenir, aussi sec.

Tirs

Vrombissements

Tirs

Je l'ai eu!

Je l'ai eu!

Explosion

C'est pas beau, �a?

Souffle du vent

- Don't shoot!

Don't shoot!

Let's take him alive!

Tirs

- D�gueulasse. - De qui tu parles?

- Oh, de personne en particulier.

- Hey, there, you, Frenchman.

Congratulations.

You're a very good shoot.

- II veut quoi? You're - II te f�licite pour le...

- Hello again, Mr Goalkeeper.

Vous cherchez embarquement? - "Anglais

� droite, Fran�ais � gauche."

- Je m'excuse, j'ai des ordres.

Mais pour embarquement, je vous conseille de demander captain Clark.

C'est � Bray-Dunes.

Une villa jaune.

C'est �crit: "Embarcation office."

Allez-y de ma part.

Mon nom est Robinson. - Merci.

Vous dites "Cap. Clark"?

- Oui.

Je suppose que c'est possible.

Bonne chance, monsieur... - "Maillat."

- "Maillat."

- T'es tout seul pour servir ton FM?

- Depuis 8 jours, j'ai perdu mes copains.

- Ils sont morts? - Non.

C'�tait durant la retraite de Belgique, entre Bruges et Furnes.

Sacr�e marche: Un jour et une nuit d'affil�e.

A la fin, je dormais en marchant.

Je me r�veille et me retrouve sur un chemin vicinal.

Je me suis perdu en dormant et retrouv� seul, aussi sec.

C'est tous des gars de Bezons dans ma compagnie, tout comme moi.

- Tu les aimais bien?

- Oui, pourquoi?

Mais, � la fin, ils ne pifaient plus mon FM.

Ils me disaient "Pinot"... C'est mon nom.

�a te fait pas rire?

- Non. - Ah... Ils disaient:

"T'es con, vire ton FM ou les Stuka nous rep�reront."

Je r�pondais: "Vous vous laissez canarder sans vous d�fendre."

Ils disaient: "Reste pas avec nous si tu veux faire le zouave."

Moi: "Vous n'avez

plus rien o� je pense."

On s'engueulait.

Une nuit, ils ont voulu me piquer mon FM.

C'est salaud, non?

Eh ben, je serais pas �tonn� qu'ils aient fait expr�s de me semer.

- Aussi sec. - Tu te fous

de ma gueule?

- Mais non, je me fous pas de toi.

Allez, salut, vieux. - O� tu vas?

- Je vais essayer de m'embarquer.

Je viens voir le Cap. Clark.

- Captain Clark? - Oui.

- Impossible. - Pourquoi?

- Impossible. - Pourquoi c'est impossible?

Why impossible?

- He's in conference.

Where are you going?

- Je rentre pas.

J'ai compris.

Je repasserai.

Porte qui claque

Pas qui r�sonnent

- Vous d�sirez quelque chose, monsieur?

- Excusez-moi, je me demandais si vous �tiez en vie.

Je suis donc venu voir.

- Mais vous ne me connaissez pas. - Mais si.

On s'est vus ce matin, lors du bombardement.

Vous aviez des jumelles et m'avez fait signe.

- Ah, oui... Et moi qui vous prenais pour un voleur.

- J'ai une t�te

de voleur? - Non.

Mais, hier, un soldat est venu

et a pris la moiti� de nos provisions.

Il �tait arm� aussi et m'a menac�e.

- Vous vivez seule? - Non, avec Antoinette

et mes grands-parents.

J'ai entendu vos pas et suis vite descendue voir.

- Vous �tes brave.

On peut se rafra�chir?

- II n'y a plus que l'eau du puits, qui est saum�tre.

Vous laver avec vous ennuie?

- Au contraire.

Le sel conserve.

Tenez.

Gardez mon revolver.

Comme �a, si je deviens m�chant, vous tirez.

- Je vois � qui j'ai affaire, quand m�me.

- Vous avez tort.

Et si je veux vous embrasser?

- Vous tirer dessus pour �a?

- Non? - Non.

On m'a d�j� embrass�e.

Quand mon cousin vient, il m'embrasse.

- II vous embrasse comment? - Sur la joue.

- Oh...

- Mais il vise mal: �a tombe dans le cou ou sur le coin de la l�vre.

- II est comment,

le cousin? - Comme vous.

Pas beau, mais sympathique.

Je peux le retirer

de l'�tui? - Oui, y a le cran de s�ret�.

- Comme il est lourd.

- Oh, Jeanne!

Tu ne vas pas le tuer? - Antoinette, que tu es gourde.

C'est pour rire.

Antoinette, ma s�ur a�n�e. - Bonjour.

- Bonjour.

Que tu m'as fait peur.

- Va chercher une serviette.

Elle est tr�s froussarde.

Elle voulait qu'on quitte la maison.

- C'est bon de se retrouver dans une maison.

- Entrez dans la salle � manger.

Propos chuchot�

- Votre serviette sent bon la lavande.

- Je mets des sachets entre les piles de linge.

Antoinette est contente que vous soyez l�.

- Oh, Jeanne...

Vous prendrez quelque chose.

- Elle a moins peur, dit-elle. - Pourquoi?

- Peut-�tre parce que vous �tes militaire.

- Les bombes tombent aussi sur les militaires, qui sont l� pour �a.

Explosion

- �coutez.. Les bombes.

- Non, �a, c'est des obus.

- La diff�rence? - Vus de pr�s, c'est pareil.

- Mieux vaudrait descendre � la cave.

- Ne tremble pas comme �a.

Descends � la cave.

J'arrive. ...

- Au revoir, monsieur.

Viens vite, toi.

- Je dois m'en aller.

- D�j�?

Je voulais vous inviter � d�ner, ce soir.

Nous serions si contentes.

- Ce soir, je serai pas l�.

Je veux m'embarquer.

- C'est de la folie: Ils bombardent

les bateaux. - C'est de la folie: - La folie n'est-elle pas

de rester dans une maison expos�e aux bombes et aux pillards?

- Ma maison?

Que je quitte ma maison?

On me prendrait tout.

Alors, vous reviendrez?

Vous reviendrez demain?

- Si je suis encore l� demain, oui.

Au revoir, Jeanne.

- Vous aussi, vous visez mal.

- Je m'appelle Julien.

Bombardements dans le lointain

- H�! Pst...

Pst!

J'ai � te parler, mais j'ai peur

que tu me charries. J'ai � te parler, - Accouche.

- �a te para�t normal qu'une bonne s�ur ait un couteau

dans sa chaussure? - Tu d�bloques.

- Je les ai vues.

Elles �taient deux.

L'une a but� dans un fusil, � 10 m de moi.

Elle a chut� et j'ai vu le couteau, aussi sec.

- T'as vu une chaussure orthop�dique avec des attaches en m�tal.

- J'ai vu un couteau.

Mes breloques � couper! - T'as juste vu un couteau.

- Non, y a 15 mn, elles sont entr�es dans l'�glise.

- Pour des bonnes s�urs,

c'est normal. - Tu as visit� l'�glise?

Elle est en ruine.

- Et alors? - Ayons-en le c�ur net.

- J'ai pas de temps � perdre. - Bon, j'y vais seul.

- Ils ont de l'imagination, ceux de Bezons.

- On verra, va.

Des oiseaux p�pient.

- Eh ben, tes bonnes s�urs,

ton couteau... - Chut.

Rappelle-toi la Cinqui�me colonne.

Un parachutiste allemand d�guis� en cur� a tu� un colonel anglais.

Il murmure: - Hugo...

Achtung.

- Was? - Es ist jemand.

- Wer?

Ein Soldat?

- Ja.

- Allein? - Zwei.

- Los.

Tirs

- Alors, c'est un con, Pinot?

Eh ben, t'as encore fait du bon travail, ma p'tite cocotte.

Alors, on s'en va?

Remarque, quand je dis "on s'en va", je sais pas o�.

- Y a une place � prendre � ma popote, vu que je pars.

A l'entr�e du Sana, une ambulance.

Demande Alexandre et dis-lui que tu me remplaces.

Je m'appelle Maillat. - Je m'inviterai pas.

- Je t'invite, corniaud.

Si je suis pas rentr� ce soir,

dis-lui que j'ai r�ussi.

- S'il y a un message, c'est diff�rent.

- Fini, conf�rence?

- Go ahead.

Il frappe.

- Capitaine Clark?

- Oui, que puis-je pour vous?

- Je voudrais m'embarquer.

Le Cap. Robinson m'a dit que vous pourriez

peut-�tre m'aider. - Vous le connaissez?

- On a jou� au football l'un contre l'autre.

- Oh, l see.

Quel est votre nom? - Maillat.

"M, a, i, I, I, a, t."

�a suffit, comme �a?

- Oui, pourquoi?

- Faut pas un cachet, un tampon?

- Vous, Fran�ais, vous aimez beaucoup les tampons.

Well...

Lequel voulez-vous?

Ah, tenez, celui-ci est triangulaire.

C'est plus original.

Sifflement strident

Explosion

Sifflement strident

Explosion

- No Frenchman admitted.

- C'est de la part du Cap. Clark. - No Frenchman.

- No woman on the beach!

- She's my wife.

- No woman on the beach!

- II dit quoi? - "Pas de femme."

- Off with you. - Tentons ailleurs.

- Pas de Fran�ais ici.

On n'embarque que les Anglais.

- �a vaut rien? - Je crains que non.

- Le Cap. Clark m'a bien eu.

- Je puis vous assurer que c'est bien sa signature.

- J'appr�cie l'humour britannique, surtout en temps de paix.

- You again?

Come here!

- She's my wife.

- I said "no woman on the beach".

- And l said "she's my wife"!

- Viens, n'insiste pas.

Y a rien � faire.

�coute, John.

Pars, toi.

Je me d�brouillerai.

Toi, on te fera prisonnier. - Je ne partirai pas

sans toi.

Oh.

Thanks.

- C'est pas de chance.

- Je suppose qu'ils ont des ordres.

Mais, pour nous, c'est terrible.

- Vous �tes fran�aise? - On s'est connus � Lille.

On s'est mari�s juste avant le 10 mai.

Toux

- That's strong.

Tr�s forte, cigarette fran�aise.

Sifflement strident

Explosions

Come on, H�l�ne.

- H�, revenez!

Bribes de conversations en anglais

- H�, Maillat!

You go on the beach.

O� allez-vous?

- Dans les dunes, revoir les amis.

- Vous ne voulez plus embarquer? - Si.

J'ai obtenu un laissez-passer, mais je peux pas passer.

- Vraiment?

C'est extraordinaire.

Venez, je vais arranger �a.

Comment trouvez-vous cette guerre?

- Truqu�e. - Vraiment?

- Notre ligne Maginot, les Allemands l'ont contourn�e.

Notre g�n�ralissime, on nous l'a limog�.

Et nos alli�s, ils se sauvent.

- C'est devenu du sauve-qui-peut.

Vous vous sauvez aussi. - Avec vous.

Je reste fid�le � notre alliance.

- Quand tout vole en �clats, il faut reprendre des billes.

Mais ce d�barquement est pour nous une grande victoire strat�gique.

- Encore une ou deux victoires comme �a,

et vous serez en Norv�ge - Qui sait?

Peut-�tre, un jour, on se retrouvera en France.

Bribes de conversations en anglais

Ferraillement

- C'est sa femme.

- Une femme n'a pas sa place ici. - Sa femme est fran�aise.

Ils sont mari�s depuis 3 semaines.

- Oh... Yes, l see.

Would you like to get him a cup of tea?

- Yes, sir.

Thank you, sir.

- Que se passe-t-il?

O� va-t-il?

- Je lui ai dit d'aller chercher du th� pour ce jeune soldat.

- Je boirais volontiers aussi.

M�me du th�.

Bribes de conversations en anglais

Dr�le de voyage de noces.

- Et c'est pas fini, je crois.

Je m'appelle Atkins. - Maillat.

Vous inqui�tez pas.

Tout ira bien.

Le Cap. Robinson est avec votre femme.

- Je n'ai plus de parents.

H�l�ne, c'est toute ma famille.

Tout.

Mari�?

- Non.

- Un jour, tu verras.

- Atkins, vive la mari�e.

Vrombissements d'avions

Explosion

Cris d'affolement

Atkins!

- H�l�ne!

H�l�ne!

H�l�ne!

H�l�ne!

- Keep back! Keep back! - H�l�ne! H�l�ne!

- Allez, Atkins, viens!

Hurlements d'Atkins Allez, viens.

Atkins!

Tu vas sauter!

On va br�ler, bon Dieu!

Atkins, on va br�ler!

Saute! Saute! Saute!

Cris

Atkins!

Atkins!

Vrombissements d'avions

Sifflements stridents

Explosion

- Help me...

Help me! - La plage est tout pr�s.

- Please, help me!

- Laissez-vous aller. - I can't move.

Don't touch me, l'm badly burnt!

Cri

- Comme �a, �a va?

Ressac

Comment tu te sens?

- So cold...

- �a va?

- �a va aller?

- Come on!

- H�, vieux, tu peux marcher?

Au Sana, on va s'occuper de...

Cur�, tu creuses ta tombe?

- T'en as, une t�te.

D'o� sors-tu?

- Tu sais, l'abb�, ton enfer, je viens de le voir de tr�s pr�s.

Toutes vos histoires de cur�, c'est vrai.

C'est plein de flammes, avec 2000 types qui se tordent sur le grill.

Dis donc, Pierson,

la question n'est pas originale,

mais ton bon Dieu, y fout quoi, l�?

- A te voir, il s'est occup� de toi.

- Pourquoi que de moi?

II peut pas faire plus?

- Si tu crois que c'est avec des raisonnements aussi simplistes

que tu vas �branler la religion, Maillat,

tu fais pas le poids.

- Mais j'ai vu des types se tordre sur le grill,

se prendre les couilles en gueulant,

quand, toi, tu parles de foi.

Alors, ton Dieu... - Tu t'en prends � Dieu

car tu as besoin

de lui. - Oui, j'ai besoin de lui.

Comme tout le monde ici.

Alors, o� il est?

- II faut pas chercher dans les dunes.

Fais-lui confiance et il te r�pondra.

- Par des myst�res, oui.

Je te pose une colle et tu m'en poses une autre.

Qu'est-ce que tu faisais?

- J'enterrais mon revolver.

Je ne veux plus tuer dans cette guerre.

- T'aurais pu y songer plus t�t.

Le premier jour de la guerre, par exemple.

- J'�tais soldat.

- Et Dieu accepte?

- Dieu accepte qu'on le soit.

- Et maintenant? - Oh... Pff...

La lutte n'a plus aucun sens.

Y aura que des morts stupides, ici.

- Parce qu'ailleurs, y a des morts intelligentes?

- Y a des morts utiles... Tant qu'on croit � la lutte.

- C'est avec ce revolver que... - Oui.

- Tu m'as pas dit comment.

- Non, c'est arriv� si b�tement.

On s'est trouv�s nez � nez dans la Sarre.

C'�tait lui ou moi.

J'ai �t� le plus rapide.

Puis on est rest�s seuls un bon moment.

Il �tait jeune, presque un gosse.

Allong� dans la neige, il me regardait avec ses yeux bleus.

Il avait peur.

Il a beaucoup souffert avant de mourir.

- C'est idiot, non?

Si quelqu'un, dans cette guerre, pense pas comme toi, c'est moi,

et pas forc�ment le Fritz que t'as tu� dans la Sarre.

- Es-tu si loin de moi?

A mon avis, tu n'as jamais �t� aussi pr�s de croire.

Je devrais te pousser

pour te faire basculer. - Tu me connais mal.

Je m'accrocherais.

A tout � l'heure.

Si Dieu le veut.

Vrombissements

Porte qui claque

Cri d'une femme

Cri �touff�

- Tu vas fermer

ta gueule!

... - Salauds!

Bande de salauds. - On t'en laissera.

- Quelle honte. - On t'a sonn�?

- C'est d�gueulasse.

T'as l'air d'un brave type.

Alors, laisse tomber.

- II va t'avoir au boniment et...

- Ta gueule! - Se la cloquer.

- Tu ferais pas �a dans ton pays.

D'o� t'es? - De la Creuse.

- L'�coute pas!

Rentre-lui dedans tout de suite!

- Je vais m'expliquer avec lui. - Sonne-le!

Donne-lui son compte, � cette tante.

- II veut que tu partes. - Je t'ai parl� gentiment.

Fous-moi le camp.

- Partez, les gars.

- T'en redemandes?

�a t'a pas suffi? - Partez.

- Files-y son rab.

Fais pas attendre monsieur. - Fous le camp!

- Non. - "Non"?

- Vas-y, Paul, rentre-lui dedans.

- T'approche pas.

- Quoi?

- Vas-y, Paul, n'aie pas peur, il osera pas!

- T'approche pas. Tir

- Non... Non...

Tir

Non... ...

Non! ...

- Jeanne...

Jeanne! - Me touchez pas!

- Vous me reconnaissez?

Regardez-moi.

- O� sont les autres?

- Ils sont morts.

- C'est vous qui... - Oui.

- Vous �tes bless�?

- On s'est battus.

- Vous n'avez pas tir�

tout de suite. - Non.

- Vous �tes f�ch�?

- Non, mais vous parlez trop.

- C'est bien fait pour eux.

- Ah oui, vous trouvez?

- Oui, tout le monde le dira.

Que va-t-on en faire?

- Que dites-vous?

- Mettons-les dehors.

Le camion des morts les ramassera. - Le camion des morts?

- Oui, il passe apr�s chaque bombardement.

- Ah bon.

Je vais commencer par le petit.

- Si vous le tra�nez, il va salir mon plancher.

- Votre plancher! - Ne me laissez pas avec l'autre.

- II ne vous fera plus de mal.

- H�! Ho! H�, les gars!

H�!

Ho!

- Tu veux quoi? - Vous avez un client

dans la rue � droite.

- Je rentre. - Vous pouvez pas faire �a.

Il attend, avec son mort.

- Bon, on y va, va.

- Ho, le cycliste,

c'est pas un monde, �a.

Tu parles, d'une arm�e qu'on a!

On balade les morts en auto et, nous, on va � pinces.

- Tu pr�f�rerais le contraire? - Ouais, et comment!

- Bon, salut, mon gars.

- Salut, mon pote. - Salut.

- C'est ton copain?

- C'est pas mon copain.

- Allez, � la une...

Et � la deux!

Et � la trois!

- Arr�te de d�conner.

- Si c'est pas son copain.

On y va. - II en reste un l�-haut.

- Quoi, � l'�tage?

Non, nous, on ramasse dehors.

- II est trop lourd pour moi.

- Quand j'ai dit non, c'est non.

- Et toi?

- Si tu me donnes une pipe.

- Un paquet entier.

- D'accord, je suis au service du pays.

Le copain, il fait son sucr� devant le monde,

mais je l'ai vu piquer les alliances aux macchab�es.

Tu me diras qu'un mort se moque de son alliance,

mais c'est pas une chose que je ferais.

Les morts, c'est les morts.

Et, lui, c'�tait ton copain? - Non.

- Merci.

Un �clat l'a descendu?

- Non, c'est moi.

- Et l'autre, en bas? - C'est moi aussi.

- Ah.

Et, elle, elle don't? - Ils �taient en train de la violer.

- Ah...

C'est pour �a que tu... - Oui.

- Ah, les vaches.

A deux, contre une m�me.

C'est ta m�me?

- Non.

- Ah, les salauds.

Ce que t'as bien fait.

- Tu dis quoi?

- Que t'as bien fait de les descendre.

- Tu viens?

- Attends.

- Tu te d�cides?

- Je l'ab�me pas, en la regardant.

Ah, les salauds.

Faut-y �tre

salauds, quand m�me.

Mais, en un sens, je les comprends.

Quels salauds. - Alors?

- Bon, te f�che pas, on y va.

C'est gentil, une jolie m�me qui don't.

C'est comme si elle se confiait � toi.

Tu trouves pas?

Pas dans l'escalier

- Julien?

Julien!

Julien!

- Allez, roulez!

Explosions dans le lointain

- Julien!

O� allez-vous? - Je rentre.

- Pas tout de suite.

Ne me laissez pas seule. - Et Antoinette?

- Elle est partie chez des amis, � 6 km d'ici, trop apeur�e.

- Et vos grands-parents? - Elle est partie chez des amis, - Ils sont morts il y a deux ans.

Je sais, je vous ai menti.

Apeur�e, j'ai invent� �a.

- II fallait partir avec Antoinette.

- II faut garder la maison.

On n'a que �a, Antoinette et moi.

- Si on la bombarde, vous pr�f�rez y �tre.

- C'est b�te, mais je pense que, si je reste, rien ne lui arrivera.

Sifflement strident

Explosion

Sifflement Vite, la cave!

...

Explosion

...

...

...

- Tous ces saucissons...

Vous en avez pour la vie. - Antoinette a fait des provisions,

par peur de manquer.

Vous n'allez pas me quitter?

Pas apr�s le bombardement?

- Je vais te donner un conseil.

Laisse ta maison et rejoins Antoinette.

Mais ta maison est foutue. - Pas si je reste.

- Eh ben, reste!

- Mais je ne peux rester seule, j'ai trop peur.

- "Peur", toi?

Hier, tu �tais � ton balcon, avec tes jumelles.

- J'ai pas peur des bombes.

Je crains de les revoir r�der ici, surtout le petit aux yeux m�chants.

- Je sais, je sais.

- Non, tu ne sais pas.

Tu les as tu�s.

C'est facile, �a.

- Ah, tu trouves?

Je serai pas ton garde du corps.

- En v�rit�, tu as peur, alors, tu pars, l�che!

- Dire que j'ai tu� pour �a.

- Julien, tu ne m'aimes pas.

- Mais c'est quoi, ce cin�ma?

Je t'ai fait des d�clarations, j'ai demand� ta main, couch� avec toi?

On se tutoie, je sais pas comment.

- Eh bien, moi, je t'aime.

- Ce que tu ferais pas pour ta maison!

Eh ben, garde ta maison.

Et, � l'arriv�e des Fritz,

monte une mitrailleuse devant tes saucisses.

Tu es folle?

- Non, je ne suis pas folle.

- T'es une dr�le de garce, tu sais.

Si c'est �a que tu voulais, fallait te laisser faire par les autres.

- Allez-vous-en!

Non, pas comme �a, Julien!

- Dis donc, Alexandre, on a une visite.

- Oh, te voil�!

Te voil�, fils de garce!

Sacr� bon Dieu de fils de garce!

Bordel � cul de fils de garce,

o� t'�tais pass�?

T'as quoi?

T'en fais, une t�te.

T'as faim?

J'ai gard� ta gamelle.

- Non.

- Tu veux... Tu veux du vin?

- Non.

- Je te fais du caf�.

- Non, je veux rien!

- Donne-lui du whisky.

Dh�ry nous a quitt�s.

- Celui-l�, avec ses millions...

N'emp�che, t'as eu une riche id�e

de nous envoyer Pinot.

Il me pla�t bien, Pinot.

- Fous-moi la paix avec Pinot et son FM.

- On n'a plus rien le droit de dire!

T'as quoi?

- L'eau du caf�!

Fais attention, bougre de con!

L�, tu iras la chercher.

- Alexandre,

j'ai tu� deux types.

- Deux Allemands?

- Tiens, j'ai pas pens� � �a.

Tout ce que j'ai tu�, durant cette guerre, c'est deux Fran�ais.

- Tu les as tu�s pourquoi? - Ils violaient une jeune fille.

- Oh, les salauds.

- C'est ce que j'ai pens�.

Finalement, je vaux pas mieux.

- Tu n'as pas... Finalement, - Si.

Enfin, elle s'�tait offerte.

- Alors, c'est pas pareil. - Je sais pas.

- N'y pense pas, va.

�a s'est pass� comme �a, c'est tout.

La guerre, c'est jamais bien propre.

- Je te fais du caf�.

- Je vais chercher de l'eau. - Assieds-toi.

- C'est mon tour, je te dis. - Vous �tes marrants.

- Donne �a et fous-moi la paix!

- Arr�te de faire la nounou. - Nounou de mes fesses!

- Et merde.

- Dis-moi... Que comptes-tu faire de cette jeune fille?

- Pourquoi?

Je dois me mettre en r�gle?

C'est ce qui te tracasse, hein.

Faudrait que je te l'am�ne, que tu me r�cites un truc en latin,

et, pan, tout est en r�gle

- Non, je me demandais ce qu'elle allait devenir.

- Je m'en occuperai.

Toi et moi, on est pareils: On est des mecs � conscience.

- Sauf que, moi, je n'ai encore viol� personne.

- Eh ben, cur�...

Vrombissements d'avions

Tirs

Explosion

Vrombissements

Explosions

Tirs

Vrombissements

Sifflement strident

Explosion

- Ces cons attaquent encore le Sana. - Non, c'est la batterie de 75

qui se trouve derri�re.

Vrombissements

- Y a quelqu'un?

J'ai oubli� si c'est "Antoine" ou "Alexandre" qu'il s'appelle.

Un gars du genre marrant.

Il est pas d'ici? - Si, il est � la fontaine.

Tu lui veux quoi? - Eh ben...

Y a pas un coup? - A quel titre?

- J'ai quelque chose � vous dire.

- Cherche pas d'alibi, bois.

- Je reviens de la fontaine.

Les avions ont piqu� sur nous. - Alors?

- Eh ben... Il est arriv� quelque chose � votre copain.

- II est bless�?

- Vas-y, tu verras. - Nom de Dieu.

- T'es cur�, je crois.

- Oui.

- Bon... De toute fa�on, c'est trop tard.

...

- Allez, allez-vous-en, les gars.

Y a rien � voir.

Je devrais �tre l�.

- Non, que vas-tu chercher?

- Si, je devais aller chercher l'eau.

- Tu pouvais pas pr�voir.

�coute, Maillat... �a s'est pass� comme �a, voil� tout.

- Oui.

�a s'est pass� comme �a.

- Je viens d'appendre �a par hasard, aussi sec.

Un gars qui racontait le coup.

Un chic type... Un gars - Tais-toi.

- On va en faire quoi?

On le ram�ne � la roulotte?

On le veillerait cette nuit et je lui ferais

une croix. - Non.

Si on marque sa tombe,

il sera mis dans une fosse commune.

- Alors? - On l'enterrera dans les dunes.

- Dans les dunes, c'est pas humain.

- T'es humain, avec ce truc

que tu trimballes?

- Oh, ben �a alors...

- Maillat... tu n'es pas le seul � avoir de la peine.

- H�, Pinot!

Reviens, quoi.

- On l'a enterr� trop vite.

Bon, je l'ai dit.

On n'a pas tenu compte.

Mais si on l'avait veill�, j'aurais pu lui faire une croix.

Et une croix, �a change tout.

C'est pas la peine d'avoir un copain cur�

si c'est pour �tre enterr� comme �a.

- Faudra �crire � sa femme.

- Oui.

- Tu veux que je le fasse?

- Oui.

Non, je pr�f�re pas.

Je sais ce que tu lui �criras.

Qu'il est mort en h�ros, que son moral fut exemplaire,

que son sacrifice a servi.

Je connais la chanson.

- Dans ces cas-l�, on n'�crit pas ce qu'on veut.

- Moi, je lui �crirais qu'il est mort en allant chercher de l'eau

pour faire du caf� � ses copains.

...

- Tu retournes � la popote?

- Oh non, tu sais, la popote sans lui...

Je vais aller � Bray-Dunes.

- C'est l� qu'elle habite. - Oui.

- Et toi?

- Oh, moi, je sais pas.

Tu serais rest�, je serais rest�.

Je vais me faire embaucher au Sana.

Il y a des milliers de bless�s.

- Et toi, Pinot?

- J'ai retrouv� des gars de Bezons, qui ont une popote.

- Aussi sec.

Et t'es content? - C'est des gars de Bezons.

- J'arr�te pas d'entendre sa voix.

Je l'ai l�, dans l'oreille.

- Tu n'en as plus?

- Me donne pas le paquet. - J'ai ma pipe.

- Tiens... Pour ce que je fume.

- Bon.

Alors, salut, les gars.

- Et voil�.

Allez, au revoir, l'abb�.

- Au revoir, Pinot.

- Jeanne?

Jeanne!

Jeanne?

Tu m'as pas entendu?

Tu dormais?

Qu'est-ce que tu as?

Tu mets du rouge � l�vres, maintenant?

Tu m'en veux?

Je t'ai promis de revenir.

Je suis revenu.

R�ponds quand on te parle.

T'as quelque chose de chang�.

- A qui la faute?

- C'est ma faute, c'est entendu.

Mais c'est un peu la tienne.

Une gentille fille doit pas s'amuser � jouer les vamps,

car on vous croit et, apr�s, c'est trop tard.

De toute fa�on, je te laisserai pas tomber.

�coute, je vais m'habiller en civil

et on va se planquer quelque part.

Je ne te quitte plus.

- Tu m'�pouserais?

- Si tu veux.

- Tu me le promets?

- Oui.

- C'est vrai, j'aurai un mari? Chute d'objet

- C'est quoi, �a? - C'�tait pour me d�fendre.

- T'es un dr�le de p'tit puma.

- N'ab�me pas ma table.

- Elle en verra d'autres. - Julien!

- Recommence pas.

Mais ouvre les yeux.

Tout le monde est parti, � Bray-Dunes, sauf toi.

C'est un tombeau, cette maison.

Allez, fais tes valises.

- Quitter ma maison comme �a?

Je dois la ranger. - Tu veux un obus pour t'aider?

- Lui porte pas malheur.

- Bon Dieu, cette maison!

�coute, si tu veux pas, je pars.

C'est ta maison ou moi.

- Mais o� on irait, si tard?

On va pas coucher

dans les dunes. - Si.

- Mais �a tape aussi dans les dunes. - Moins qu'ici.

- Et si on partait demain?

Je t'en prie, laisse-moi jusqu'� demain.

Restons ici, cette nuit.

On partira demain, promis.

- Demain, tu recommenceras.

- Julien.

- �coute-moi bien.

A gauche des grilles du Sana, tu trouveras notre roulotte.

C'est une ambulance.

T'oublieras pas?

- Non, mais tu me dis �a

pourquoi? - J'ai compris que,

pour t'arracher � ta maison, il te faut un coup de bistouri,

alors, je vais te faire mal.

Allez, ferme les yeux.

Allez, ferme-les.

- Jeanne... Je t'attendrai jusqu'� 7 h, � la roulotte.

- "Tu m'attendras"?

�a veut dire quoi?

Porte

Julien!

...

*Introduction musicale � une chanson

Ch�urs: Chanson en allemand

*-Ici Calais.

Dans quelques heures, la Wehrmacht pourra annoncer � son chef supr�me

que Dunkerque est tomb�e, apr�s des combats acharn�s.

30000 bombes incendiaires

viennent de transformer cette ville en brasier.

Ce succ�s consid�rable a �t� obtenu

gr�ce � l'action exemplaire de la Luftwaffe,

car la bravoure et la puissance de notre arm�e de terre

ne pouvaient se d�ployer pleinement

que dans l'espace prot�g� par notre aviation.

- Tu fous quoi, l�?

Viens, on embarque les Fran�ais � Dunkerque, � la tomb�e de la nuit.

*-Par des navires de guerre et des bateaux marchands,

a co�t� � l'ennemi des pertes s�v�res.

Ont �t� coul�s durant cette op�ration:

16 croiseurs,

37 destroyers,

5 sous-marins,

3 torpilleurs,

183 bateaux de commerce et de transport.

La Hollande et la Belgique ont capitul�.

Les arm�es de choc

fran�aise et anglaise sont d�truites.

Nous avons remport� une des plus grandes victoires de l'histoire.

Puisque nos adversaires persistent � refuser la paix,

le combat se poursuivra jusqu'� la destruction totale.

*Ch�urs: "Haili, hailo, haila"

Vrombissements d'avions ...

Sifflement strident ...

Explosion

Bombardements dans le lointain

Bombardements dans le lointain

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