All language subtitles for Law.and.Order.Special.Victims.Unit.S11E12.Shadow.1080p.AMZN.WEB-DL.DDP2.0.x264-NTb

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Original subtitles

Dans le système judiciaire,

les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.

À New York,

les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes

sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes.

Voici leurs histoires.

Bonjour !

Monsieur et madame Gillette !

C'est Mike !

Voulez-vous que je charge les bagages ?

Il y a beaucoup de circulation. Il ne faut pas trop tarder.

Salut, toi !

Tu es tout sale !

Tu ne monteras pas dans ma belle Cadillac couvert de...

C'est du sang.

Monsieur Gillette ?

Tout va bien ?

Il y a quelqu'un ?

Monsieur ?

C'est Mike.

Bert et Elaine Gillette. Découverts il y a une heure.

Meurtre et suicide, c'est de la violence conjugale.

Le mari tue sa femme, puis se tue.

C'est ce que disent les éclaboussures.

J'attends la confirmation de Warner.

La tête est bien défoncée. Une hache ?

J'ai trouvé une hachette ici.

Le flingue était près de sa main.

Le mari avait une arme à feu.

Pourquoi la hachette ?

Tu n'es pas mariée.

N'entrez pas.

Ne me dites pas ce que j'ai à faire. Ce sont mes parents.

- Mlle Gillette. - Maman !

Mademoiselle Gillette, vous devez attendre dehors. Venez.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

On pense que votre père a tué votre mère avant de se suicider.

Venez.

Maman ! Comment a-t-il pu ?

NEW YORK UNITÉ SPÉCIALE

Warner a appelé.

Vous êtes partis avant son arrivée.

On a dû ramener la fille chez elle.

Vous l'avez interrogée ?

- On a essayé. Elle allait mal. - Très mal.

Elle m'a parlé de la théorie du meurtre suivi d'un suicide.

Le père n'a pas pu se tirer cette balle dans la tête lui-même.

Pas de résidus sur la main.

- Un double meurtre. - Et le coupable est en liberté.

Et on y est jusqu'au cou.

Les Gillette ont fait des dons généreux

à la Police Athletic League et au maire pour sa campagne,

et ils connaissaient bien le chef de la police.

Leurs copains politiques vont me coller au cul.

Ce ne sont pas des violences conjugales. Refilez l'affaire à la crim.

J'ai essayé. Les Gillette sont des "victimes spéciales".

Riches et puissants.

Et on est coincés avec eux.

Retournez sur la scène du crime.

Cherchez des preuves.

Un panneau a été retiré. Le tueur a passé la main pour ouvrir.

Vous avez raté ça.

On pensait à un meurtre suivi d'un suicide.

- Nous aussi. - L'alarme n'a pas sonné.

Les vitres n'étaient pas connectées.

Ils voulaient que ce soit plus joli.

Mais l'alarme aurait dû sonner à l'ouverture de la fenêtre.

J'ai appelé l'entreprise de sécurité.

Le système était désactivé.

D'habitude, les Gillette l'activent vers 23 h.

Avant d'aller se coucher.

L'heure du décès est estimée à 22 h.

- Le tueur connaissait leur routine. - Et les haïssait,

vu la façon dont ils sont morts.

La fille aura peut-être une piste.

CHEZ ANNE GILLETTE DIMANCHE 27 DÉCEMBRE

- Mon père est innocent ? - La police scientifique l'a prouvé.

Je suis navré d'y avoir pensé.

Je suis soulagée.

Papa n'aurait jamais fait une telle chose.

Qui aurait pu le faire ?

Personne n'aurait fait de mal à mes parents !

Ils étaient mécènes, ils donnaient des millions aux œuvres de charité.

Ils n'auraient même pas dû être là.

Comment ça ?

Ils auraient dû partir en Floride hier soir.

Maman se remettait d'une grippe

et je leur ai dit de remettre leur départ au lendemain.

Qui d'autre savait qu'ils partaient en vacances ?

Tout le monde.

Chaque année, ils vont dans leur maison de Sanibel Island juste après Noël

et y restent jusqu'à Pâques.

Qui savait qu'ils étaient encore là ?

Moi, le personnel et quelques amis.

Mais je vous l'ai dit. Tout le monde aimait mes parents.

C'est sûrement un voleur.

Rien n'a été volé.

Les voleurs prennent et s'en vont.

Ils ne s'attardent pas pour mettre en scène un suicide.

- C'était personnel. - Mon Dieu !

Mon Dieu ! Le tueur est aussi après moi !

Comment ça ?

Je faisais du shopping l'autre jour, et j'ai eu l'impression étrange

que quelqu'un me suivait.

Je me suis retournée et je l'ai vu se cacher derrière quelque chose.

- Pouvez-vous le décrire ? - Lunettes de soleil. Cheveux bruns.

Il était trop loin pour en voir plus.

- C'était quand ? - Mercredi.

Et où étiez-vous allée ?

Quelques boutiques sur Madison. Une bijouterie.

Une galerie d'art que j'adore, Zansky-Danich, à Chelsea.

Mlle Gillette ? Une femme charmante. Un goût exquis.

- Elle est venue mercredi ? - Et lundi.

Quand elle n'achète pas,

elle vend des éléments de sa collection.

L'an dernier, elle a acheté un Dzubas et vendu un Rothko.

C'est donc une bonne cliente.

Un bon client, c'est même quelqu'un qui ne fait que regarder.

Anne dépense de l'argent. Beaucoup.

C'est malheureux.

C'est une installation.

Patrice vient du Saatchi, à Londres.

Elle a un talent rare.

Si vous le dites.

Mercredi, quand Mlle Gillette est venue,

vous l'avez vue arriver ?

Je lui ai ouvert la porte.

- Quelqu'un est entré après elle ? - Non, il n'y avait pas grand-monde.

Deux ou trois autres clients.

Mais je les connaissais tous.

Peut-on voir vos cassettes de vidéosurveillance ?

On n'en a pas.

Dépenser un million de dollars, c'est très intime.

Surtout pour certains clients très excentriques.

Ils ne veulent pas de vente forcée.

Ni de caméras qui filment leurs habitudes.

Oui, nous avons des caméras.

Plus elles sont miniaturisées, plus on en installe.

Mon frère s'occupe de la sécurité en arrière-boutique.

Il vous reluque sûrement sur une dizaine d'écrans.

- Il a reluqué Anne Gillette récemment ? - Annie ? Bien sûr.

On l'a vue l'autre jour.

- C'est une habituée ? - Une dame très classe.

À l'ancienne, vous voyez ? Glamour.

Elle aime acheter des diamants et les porter.

Et surtout, elle paye cash.

C'est ce qu'elle a fait mercredi.

Elle a acheté une de ces superbes Lady Bulgaris.

Quand Annie est passée, est-ce que quelqu'un semblait la suivre ?

Il y avait un homme.

La peau mate.

- Elle ne s'est pas fait braquer ? - Non, elle va bien.

Mais quelqu'un la suivait.

Voilà pourquoi on voudrait voir vos enregistrements de mercredi.

Je vais faire encore mieux.

Tout est numérique. Je vais vous graver un CD.

C'est peut-être lui.

Il apparaît sur les caméras de surveillance

de trois des boutiques où vous êtes allée.

Il entrait après vous, n'achetait rien et ressortait 30 secondes après vous.

Donc j'avais raison. Il me suivait.

Il a dû me suivre chez mes parents et les assassiner.

Pourquoi s'en prendre à votre famille ?

J'ai souvent ma photo dans le journal.

Ça attire l'attention des hommes qui en veulent à mon argent.

Comment allez-vous le trouver ?

On sait où il sera demain. En train de vous suivre.

Vous voulez m'utiliser comme appât.

- J'engagerai des gardes du corps. - Non. Ça va le faire fuir.

Vous me demandez de ne pas me protéger ?

Nous serons là partout où vous irez.

Et dès qu'on le verra, on l'arrêtera.

Les cercueils en acajou sont très bien, mais les poignées doivent être en bronze.

- Il faudra les commander. - Faites donc. Tout doit être parfait.

Ce sont mes parents.

Bien sûr, madame Gillette. Je m'en charge.

- Vous l'avez repéré ? - Non.

Pas facile de la suivre au funérarium.

Il aurait fait semblant d'acheter un cercueil ?

Il a pu nous repérer.

Habillés comme ça ?

Olivia, pourriez-vous passer quelques coups de fil ?

Tu vois ? Même elle, elle a oublié qu'on était flics.

J'en ai assez de jouer la comédie.

S'il la suivait, on l'aurait vu.

On a une dernière destination.

ÉGLISE DE LA GRÂCE DIVINE 28 DÉCEMBRE

En ce qui concerne les chants, votre mère adorait "Rock of Ages".

- Et "Abide With Me". - Très bien.

El, il y a du mouvement à trois heures.

Anne. Vous êtes pâle. Reposez-vous.

Pouvez-vous l'emmener s'asseoir ?

Je vais bien. Ne faites pas de chichis.

Combien de porteurs de cercueil ?

Police. Ne bougez plus.

- Retournez-vous. - C'est lui !

Il est armé !

- Empêchez-le de me tuer ! - Sors-la d'ici.

On s'en va.

Ne bougez pas.

Dans ma poche intérieure droite, vous allez trouver quelque chose.

- Vous êtes flic ? - Ashok Ramsey, brigade financière.

Tournez-vous.

Pourquoi suivez-vous Anne Gillette ?

Parce que c'est une tueuse. Vous l'ignorez ?

Je la file depuis deux semaines.

Vous n'êtes pas doué. Elle vous a repéré.

Et elle vous a mené en bateau.

Vous l'avez vue tuer ses parents ?

Je ne la suivais pas ce soir-là. Je m'intéresse à ses activités de jour.

Parlons-en.

D'après votre supérieur,

la brigade financière n'enquête pas sur Anne Gillette.

Ce n'est pas officiel.

- Qui vous commande ? - Le chef des divisions.

Une opération secrète ?

C'est ce que veut le maire.

Le maire et l'inspecteur chef ? Vous avez des amis haut placés.

Pas autant que les Gillette.

J'enquêtais en secret pour que sa famille n'étouffe pas l'affaire.

- Qu'a-t-elle fait ? - Détournement de fonds.

Sa famille n'est pas assez riche ?

Anne a des goûts dispendieux.

Elle a épuisé son fonds fiduciaire

et profité de son siège à la Fondation Prestwick

pour compléter ses revenus.

Elle a volé 3,5 millions de dollars.

De quoi se fournir en diamants

pendant un bon moment.

Tenez, un souvenir.

Vous pouvez prouver qu'elle est coupable ?

Pas encore.

Mais je vais vous montrer mon dossier.

Même si c'est une voleuse, ça ne fait pas d'elle une tueuse.

Vraiment ? Elle est l'unique héritière de ses parents.

Plus de 200 millions.

C'est un bon mobile. Elle était désespérée

et tout cet argent n'attendait qu'elle.

Vous n'êtes pas menotté. Vous êtes flic ?

Liv, Ash Ramsey, brigade financière.

Cette femme est donc bien une Lizzie Borden.

Mais la mère n'a pris que 10 coups de hache.

Qu'avez-vous sur elle ?

Mon bureau se trouve au QG. Je vous explique en route.

BRIGADE FINANCIÈRE LUNDI 28 DÉCEMBRE

Anne a essayé trois fois d'entrer dans l'équipe olympique.

En vain.

Elle a ouvert une galerie d'art,

qui a fermé parce qu'elle a oublié de payer ses impôts pendant 5 ans.

Elle a voulu devenir décoratrice d'intérieur

et a écopé de six procès.

Tous se sont arrangés à l'amiable.

Elle se cherche.

Et la Fondation Prestwick a bien voulu d'elle ?

Papa a donné 10 millions.

J'ai trouvé un job de caissière à ma fille sans rien payer.

Votre fille est sans doute plus qualifiée pour travailler à la Fondation.

Anne a été discrètement renvoyée de trois lycées.

Elle a fini le secondaire dans un internat privé en Suisse.

Elle y suivait des cours de composition florale.

Elle ne sait rien faire de ses dix doigts,

mais elle a réussi à voler trois millions.

C'est absurde.

Ne la sous-estimez pas.

Elle est très intelligente.

Mais elle n'aime pas suivre les règles.

Comment a-t-elle arnaqué la Fondation ?

Leur tenue de registres est épouvantable. Pas de fichiers informatisés.

Ils envoient juste des chèques à des organisations.

Voyons... 300 000 $ pour la Bed-Stuy Art League.

Quatre cent mille

pour l'orchestre des enfants...

Elle est très généreuse.

Ces organisations n'existent pas.

Des comptes bancaires ont été ouverts avec de faux documents.

Et l'argent a été retiré dès les chèques encaissés.

La Fondation n'a rien vu

jusqu'à ce que M. Prestwick veuille se rendre au Chinatown Ballet

et se retrouve dans une animalerie.

Ils ont demandé une enquête discrète

pour ne pas effrayer les donateurs.

La banque ne l'a pas identifiée ?

Non. Les comptes ont été ouverts par un homme blanc, la quarantaine,

le genre qu'on oublie aussitôt.

Il a dû présenter une carte d'identité.

C'est obligatoire pour ouvrir un compte.

Pour une association caritative, le formulaire 501C3 suffit.

Comment avez-vous su pour Anne ?

Les fraudes ont commencé dès son arrivée.

Après chaque chèque encaissé, elle partait faire du shopping.

J'ai suivi ses dépenses.

Elle n'a presque plus rien.

Et vous la suiviez

en espérant qu'elle recontacte son complice.

Mais elle se savait suivie.

Elle a dû tout comprendre.

Elle a demandé de l'argent à papa et maman.

Ils ont refusé, elle les a tués.

Le crime classique du col rouge.

Quand on confronte un criminel en col blanc

ou quand il a peur de se faire prendre, il devient violent.

Souvent, ce sont les parents qui prennent.

Ramsey. Sortez de là.

Quand j'entends cette voix, c'est qu'on va me passer un savon.

Chef Muldrew. Et monsieur Prestwick. Un plaisir.

Suspendez votre enquête sur la Fondation.

- Mais... - L'argent a été rendu.

Un membre du conseil d'administration a couvert nos pertes.

Anne Gillette.

Le don est anonyme.

Un crime a été commis.

C'était un malentendu.

M. Prestwick veut récupérer le dossier.

Occupez-vous de ça.

Que fait l'Unité Spéciale ici ?

On proposait à Ash de se joindre à nous

pour un petit tournoi de golf. Unité Spéciale contre Nassau.

Ramsay est sûrement excellent au golf.

Vous ne voulez vraiment pas entendre mon rapport ?

Inutile. Navré de vous avoir fait perdre votre temps.

Bonne chance pour le golf.

Six mois de travail pour rien.

Le chef des divisions n'a pas clos notre enquête.

Vous voulez coincer Anne ?

Travaillez avec nous.

Dès que vous l'interrogerez, Muldrew sera là.

Pas si on l'interroge en tant que victime.

Elle a signalé que quelqu'un la suivait.

Et on vous a arrêté.

Je suis si soulagée que vous l'ayez arrêté !

- Vous pensez qu'il a tué mes parents ? - Oui.

Mais on aurait besoin de vous poser quelques questions.

Tout ce que vous voudrez.

C'est sinistre, ici.

Comment pouvez-vous travailler là ?

Réductions budgétaires. On a l'habitude.

Mais on manque de places dans les foyers,

de psys pour les victimes...

Je pourrai peut-être faire un don au nom de mes parents.

Ce serait formidable.

Mais avant, il faut que le tueur soit condamné

pour éviter tout conflit d'intérêts.

Bien sûr.

Donc, vous l'accusez de meurtre.

J'aimerais beaucoup.

Mais on manque de preuves.

Mais il a été filmé.

Dans les boutiques où j'étais.

Ce n'est pas une coïncidence.

Non, mais rien ne le relie à vos parents

ni au meurtre.

Pas d'empreintes ? Pas d'ADN ?

Il devait porter des gants.

C'est terrible.

Ne vous en faites pas.

Les homicides ne sont jamais classés. Même si c'est long,

nous condamnerons l'assassin de vos parents.

Je sais qu'il est coupable.

J'aimerais pouvoir le prouver.

Vous m'avez dit que vos parents n'ont jamais été suivis.

Ils ne m'en ont pas parlé, en tout cas.

Ont-ils pu en parler à quelqu'un ?

Notre directeur commercial. Nate Hartman. Il gère les affaires de la famille.

Je vais lui parler.

D'accord. Mais...

je vais l'appeler d'abord.

Il est très pointilleux sur la confidentialité.

Vous pourrez l'appeler demain matin, quand je lui aurai parlé.

Je suis très fatiguée. Je vais rentrer.

Je vous emmène.

Je finirai de vous interroger en route.

Elle est douée.

Anne pense que Nate va mentir pour elle.

C'est sûrement son complice.

Il savait sûrement

comment arnaquer la Fondation et ouvrir de faux comptes.

Ne les laissons pas accorder leurs violons.

CHEZ NATE HARTMAN LUNDI 28 DÉCEMBRE

Quelle est l'urgence ? Anne va bien ?

Vous semblez inquiet. Vous lui avez parlé ce soir ?

Non. Mais je m'inquiète pour elle après ce qui est arrivé à Bert et Elaine.

Vous connaissez tous les détails ?

Je sais juste qu'un voleur les a tués dans leur lit.

C'est ce qu'Anne m'a dit.

- Et vous la croyez toujours ? - Bien sûr.

- Qu'est-ce que vous voulez ? - Votre téléphone va sonner.

Anne va vous demander de mentir pour elle.

Anne ne ferait jamais ça. C'est une femme honnête.

Qui détournait les fonds de la Fondation Prestwick...

avec votre aide.

ANNE GILLETTE

Nate. C'est terminé.

Vous irez en prison.

À moins de faire exactement ce qu'on vous dit.

Mettez le haut-parleur.

- Oui, Anne ? - Nate, c'est terrible.

La police sait qui a tué mes parents,

mais ils n'ont pas de preuves.

Tu dois leur dire que tu l'as vu les suivre.

- Anne... - Écoute. Tu vas le décrire.

Indien, cheveux noirs, bien habillé, menaçant, dangereux.

Il surveillait la maison.

Bert et Elaine l'ont vu.

Ils ont eu peur et t'en ont parlé.

- Tu me demandes de mentir ? - Je veux que justice soit rendue.

Toi seul peux m'aider.

On se voit demain. À l'enterrement.

Et maintenant ?

Vous parlez. On écoute.

Elle a dit que c'était une fraude fiscale. Que la Fondation le savait.

Je ne savais pas qu'elle volait, croyez-moi.

Ce n'est pas moi qu'il faut convaincre.

- Juste un jury, un procureur, un juge... - Ce n'est pas possible.

Pourquoi avez-vous fait ça ?

Je l'aimais. Et je croyais qu'elle m'aimait aussi.

On la tient. Pour une affaire de détournement qui a été close.

On ne la tient pas pour meurtre.

Elle a dit à Nate Hartman de mentir.

Elle pourra prétendre avoir eu peur que l'assassin s'en sorte.

- Vous êtes qui, Cabot ? - Occupez-vous du meurtre.

Si elle sort, elle va s'acheter une île privée

et combattre l'extradition.

Laissez-nous l'arrêter avant qu'ils vous appellent pour étouffer l'affaire.

Accusez-la de falsification de témoignage et appelez les médias.

Elle ne pourra rien étouffer si ça fait la une.

ÉGLISE DE LA GRÂCE DIVINE 29 DÉCEMBRE

C'était parfait. Merci beaucoup.

Vous tombez mal. Nous sommes en route pour le cimetière.

- On va faire un détour. - Vous êtes flic ?

Je vous arrête pour manipulation de témoin...

- Quel témoin ? - Nate Hartman.

Salope. Tu m'as piégée !

Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz...

- Elle a appelé son avocat ? - Non.

Mais tout le gratin de la ville nous a vus l'arrêter.

- Quelqu'un va lui trouver un avocat. - Il faut faire vite.

Vous avez une stratégie ?

- Une sociopathe a besoin de contrôle. - Elle n'en aura pas.

Si, justement. Mettez-la à l'aise.

- Pour qu'elle fasse une... - Capitaine.

Par ici. Vite.

Vos flics ont dépassé les bornes, cette fois.

Arrêter Anne Gillette à l'enterrement ?

Ils ont obéi à mes ordres.

J'ai demandé à l'inspecteur Ramsey de classer l'affaire.

Je ne vois pas le rapport avec ce double meurtre.

Ne vous moquez pas de moi.

Vos inspecteurs ne l'ont pas arrêtée pour meurtre,

mais pour manipulation de témoin.

Pour l'instant.

- Vous avez des preuves contre elle ? - Pas encore.

Alors pourquoi l'avoir arrêtée ainsi ?

Elle est dangereuse.

C'est votre avis d'expert, docteur ?

Vous voulez des mots plus longs ?

Bien. C'est une sociopathe aux tendances violentes.

Cessez de faire le malin.

Faites-la tomber pour meurtre, et je vous soutiendrai.

Mais si vous merdez, la merde vous retombera dessus.

S'ils ne la font pas craquer, on est dans le pétrin.

Trois contre une ? Ce n'est pas très équitable.

- Discutons. - Avec vous deux ? Sûrement pas.

Seulement lui.

Ouste.

Nous n'avons pas été présentés. Anne Gillette.

Ashok Ramsey.

Ramsey. Le fils de Sana Ramsey ?

- Oui. - Vous avez ses yeux.

Je la croisais souvent à Londres. On avait des amis communs.

- Je la saluerai de votre part. - Qui est ce type ?

Non. Vous ne lui parlez plus depuis des années. Pourquoi ?

Les appels à l'étranger coûtent cher.

Plus aujourd'hui. Et vous avez les moyens.

Pourquoi vous intéressez-vous à moi ?

Parce qu'on est pareils, vous et moi.

- L'enfant prodigue. - Nous n'avons rien en commun.

Vous avez traversé l'océan pour fuir votre famille.

Vous vous faites passer pour quelqu'un d'autre.

Je connais ça, mon cher.

Tôt ou tard, vous reviendrez au nid.

Et je tuerai mes parents, comme vous ?

Les psys ont un mot pour ça. Projection.

- Je ne veux pas la mort de mes parents. - Allons donc ! On la veut tous.

Naître riche est un fardeau insurmontable.

Ils nous donnent trop ou pas assez,

mais tout leur argent vous attend à leur mort.

- Et vous en avez eu assez d'attendre. - Oui, mais je n'ai rien fait.

Beaucoup de témoins vous parleront de ma frustration.

Mais le Prince Charles aussi est frustré. Il n'a pas tué sa mère. Pas encore.

Je ne convoite pas les biens de mes parents.

Vous êtes encore un adolescent qui rejette leur monde.

Vous essayez de prouver votre indépendance.

Mais tôt ou tard, ils vous feront revenir.

Votre mère a un grand talent pour séduire.

Vous ne savez rien.

J'en sais plus que ce que vous pensez.

- Elle aime jouer avec sa nourriture. - Avant de manger.

Son avocat est là

et il n'a pas l'habitude de voir ses clients en cage.

Yancey Winthrop. L'avocat de Mlle Gillette.

- Allez-y. - J'aimerais vous parler.

Oui, on sait qu'elle a le bras long.

Je m'en fiche. Vous avez dix minutes avant qu'on l'emmène au dépôt.

- Où est-elle ? - Par ici.

- Je dois vous expliquer. - Inutile. Je la hais autant que vous.

À quoi bon l'incarcérer ? Pour manipulation de témoin,

elle ressortira aussitôt avec une caution ridicule.

On n'a rien pour le meurtre.

Et si Nigel Prestwick coopérait pour les détournements ?

Il a des faiblesses qu'on peut utiliser ?

C'est une chiffe molle. Typique de l'élite WASP de cinquième génération

au cerveau ramolli par la consanguinité.

Il y a bien quelque chose. C'est un fraudeur ? Un coureur de jupons ?

Juste un radin.

Nigel fait payer à la Fondation tous ses frais personnels.

Elle paie sa cotisation au Yale Club, au Century Club

et à une certaine société Donatienne.

J'ai raté quelque chose ?

Notre chiffe molle est un petit coquin. Retardez l'incarcération d'Anne.

Je vais parler à Prestwick.

FONDATION PRESTWICK MARDI 29 DÉCEMBRE

Je vous le répète : je ne porterai pas plainte.

- Par respect pour Bert Gillette... - Venons-en au fait, Nigel.

Je peux vous appeler Nigel ?

Vous voyez, Nigel, je sais que les hommes ont des besoins.

Et quand leurs femmes ne peuvent pas les satisfaire, ils vont voir ailleurs.

Oui.

Mais parfois, ces besoins sont mal compris.

Mal jugés par la société.

À genoux, ver de terre.

Tout de suite !

Debout.

- Vous me devez des bottes. - Cette photo vaut dix paires de Prada.

Je vous en prie. Supprimez ça.

Dès que vous aurez porté plainte contre Anne Gillette.

Vous ne vous rendez pas compte.

Le scandale va ruiner la Fondation. Les donateurs nous tourneront le dos.

Votre femme vous tournera le dos quand elle connaîtra vos passe-temps.

Vous vous êtes cru malin

en donnant à votre société secrète le nom du Marquis de Sade ?

Donatien Alphonse François.

Vous pouvez protéger Anne ou vous-même. Pas les deux.

L'an dernier, on a arrêté deux sadiques

qui faisaient partie de votre club.

On a récupéré des tas de vidéos.

On devrait fouiller le placard des preuves

pour voir si Nigel a été filmé.

Je me souviens d'un type déguisé en nazi...

Assez !

- Je vais le faire. - Évidemment.

On la tient au moins pour détournement de fonds.

Ce n'est pas très bien parti.

Prestwick a dit au chef que c'était un malentendu.

- La défense va s'en servir. - On a le directeur commercial.

Nate Hartman est complice. Son témoignage doit être corroboré.

À moins de passer par les fédéraux.

- Vous avez fait du droit ? - Une école d'économie à Londres.

C'est rare, un flic expert en finance.

L'économie et les maths imposent l'ordre dans le chaos.

Comme la police.

J'en apprends toujours plus sur vous.

Je connais une employée du bureau du procureur fédéral.

Je comptais justement l'appeler.

BUREAU DU PROCUREUR FÉDÉRAL 29 DÉCEMBRE

Heureusement que vous n'êtes pas venus l'an dernier.

Après le 11 Septembre, on était focalisés sur le terrorisme.

Le procureur fédéral s'occupe des fraudes bancaires.

- On n'a que vous. - Les preuves sont solides ?

J'ai passé six mois à éplucher les comptes de la Fondation.

J'ai des déclarations des banques

et une concordance entre l'argent volé et les dépenses d'Anne Gillette.

- Voilà où ça coince. - Anne Gillette ?

Sa famille a donné des millions à des politiciens.

- Elle les a tués. - Vous n'avez pas de preuves.

On en aura. Et là,

vous pourrez ajouter l'homicide à votre dossier.

Elle a tenté de couvrir ses vols avec leur argent.

Les deux affaires sont liées.

L'homicide, c'est du grand spectacle. Mais ça concerne l'État.

Vous savez combien de procureurs fédéraux

ne traitent jamais d'affaires de meurtre ?

Donnez-moi le dossier.

Je vais la faire placer en détention fédérale.

Merci, Camilla.

Elle passera la nuit à Rikers. Transférez-la à MCC demain.

J'annonce la nouvelle à Elliot.

- Vous êtes prête ? - Ne me touchez pas.

Vous expliquez la procédure à Sa Majesté ?

Ce sera fini dans quelques heures.

- Nous déposerons une caution. - J'en doute.

La Fondation Prestwick a changé d'avis.

Nigel, se retourner contre moi ? Jamais.

Mon équipière est très convaincante.

Vous êtes mise en examen pour fraude bancaire.

Vous partez à Rikers.

Vous ne m'enfermerez pas. Yancey, réagissez.

Je vais faire ce que je peux.

C'est vraiment nécessaire ?

C'est la procédure.

Je suis désolé, elles ne sont pas incrustées de diamants.

Vous ne savez pas de quoi je suis capable.

J'ai vu le corps de votre mère.

Si vous croyez vraiment que je pourrais faire ça à quelqu'un que j'aime,

imaginez ce que je pourrais faire à quelqu'un que vous aimez.

Liv et Ash sont revenus ?

Non, ils devraient être là dans 20 minutes. Pourquoi ?

Vous pourrez leur demander d'emmener Anne ?

J'ai quelque chose à faire.

- Que se passe-t-il ? - Probablement rien.

En tout cas, vous semblez bouleversé.

Anne a menacé ma famille.

Ce n'est pas rien.

En prison, elle ne pourra rien faire.

Mais dans le doute, j'emmène Kathy

et les enfants chez sa sœur, dans le Jersey.

- Je suis sûrement parano, mais... - Je ne pense pas.

Huang pense qu'elle est extrêmement dangereuse.

Occupez-vous de votre famille. On se charge de notre prisonnière.

Anne est bordée pour la nuit ?

Elle a eu la meilleure suite de la prison.

- C'est le dossier du meurtre ? - Oui.

Je mets la cerise sur le gâteau avant de l'envoyer aux fédéraux.

Bien. Parce que vous n'êtes plus sur l'affaire.

- Quoi ? - On a un gros problème.

- Avec moi ? - Et votre copain, Ash Ramsey.

CHEZ ASHOK RAMSEY MARDI 29 DÉCEMBRE

Ouvrez ! Ash !

J'ai entendu les 30 premiers coups. Dégagez.

Ash, c'est Olivia Benson.

- Vous ne dormez jamais ? - Vous ne répondez pas au téléphone.

Et vous vouliez enfoncer ma porte ?

Ils sont là pour vous protéger. Anne a mis un contrat sur nos têtes.

Un informateur de Rikers nous a prévenus. Elle a dit qu'elle allait nous faire tuer.

On ne sait pas si elle a pu contacter un tueur,

mais Cragen ne veut prendre aucun risque.

D'où le bataillon devant ma porte.

Olivia. Bienvenue. Merci pour le dossier, Ash.

Bonsoir.

Ne dites rien.

Conflit d'intérêts, irrégularité, compromission de l'affaire...

Vous auriez pu l'embrasser.

Je ne l'ai pas fait filer par la fenêtre.

OK.

- Combien on vaut ? - Cent mille dollars.

- C'est tout ? - Pour nous deux.

J'aurais dû m'en douter.

Tuer ses parents, c'est une chose. Mais deux flics ?

- Ce n'est pas pareil. - Pas pour une psychopathe.

On n'a pas encore vu la vraie Anne. Juste des masques.

La fille en deuil, la victime, la mégère, la mondaine.

Elle sait jouer des rôles,

mais sa cupidité ne fait pas d'elle une psychopathe.

Tous les psychopathes ne sont pas des violeurs ou des tueurs.

Ils adaptent leur amoralité à la société.

Comme vos amis de Wall Street ?

Ils tirent parti du rachat d'une entreprise

sans se soucier de ceux qui perdent leur pension et leur travail.

C'est différent.

C'est légal. Et il y a une différence entre un détournement de fonds et un viol.

C'est vrai. Un violeur prend 18 ans à Attica.

Un criminel en col blanc prend 18 mois au Club Fed.

J'en ai assez de les voir s'en tirer à si bon compte.

Alors Anne Gillette doit tomber pour meurtre.

Vous n'êtes plus sur l'affaire. Trop dangereux.

- Vous pouvez nous y remettre. - Trop tard. Vous aussi, Elliot.

On ne sait pas avec qui Anne s'est associée,

ni si elle a déjà lancé l'offensive.

On a promis aux fédéraux de la transférer à la prison fédérale.

Les marshals s'occuperont d'elle.

Laissez-nous la prendre à Rikers

et la transférer à Foley Square.

- Ça ne prendra que quelques heures. - Non. Fin de la discussion.

Tu vas où ?

- J'ai une petite course à faire. - Ah oui ?

Ton teinturier te cherche des ennuis ?

Ne fais pas ça.

Je ne laisserai pas cette garce m'intimider.

- J'ai mis ma famille à l'abri. - Ce sont des civils.

J'ai une tâche à accomplir.

- C'est l'idée d'Ash Ramsey ? - Non, la mienne.

Attends un peu.

Tu allais m'évincer ?

J'essaye de te protéger.

Toi et monsieur snob, vous jouez les cowboys ?

- Tu as un souci avec Ash ? - Non, mais tu es ma coéquipière.

Si quelqu'un doit assurer tes arrières, c'est moi.

El, ça va aller.

Je m'occupe d'Anne Gillette. Toi, occupe-toi du capitaine.

PRISON DE RIKERS 30 DÉCEMBRE

On m'envoie chez les fédéraux ? Je dois être flattée ?

- Comment sont leurs prisons ? - Martha Stewart les a comparées à Yale.

Brillante Martha.

Au moins, les prisonniers auront plus de classe.

Cet endroit est rempli de femmes affreuses.

En plus, je pourrai porter du bleu.

Les couleurs froides me vont mieux au teint.

- On peut y aller ? - C'est parti.

- Où sommes-nous ? - Dans le Queens.

Pas étonnant que ça ne me dise rien.

Vite, vite !

Restez dans la voiture.

Allez, vite ! Vite !

Ce n'est pas le Waldorf.

En même temps, le réceptionniste n'aurait pas apprécié votre accoutrement.

Vous voulez aller autre part ? La porte est là.

Et si on allait à l'aéroport de Westchester ?

- Un jet m'y attend. - Quand j'aurai le reste de l'argent.

Je vous ferai un virement. Faites-moi confiance.

J'ai descendu deux flics pour vous.

Je ne vous fais pas du tout confiance.

Très bien. Je passe le coup de fil.

Non, pas celui-là. On ne sait jamais qui nous écoute.

- Mes bottes, puis ma chemise... - On fera du shopping.

On peut d'abord s'occuper de ça ?

Regardez-la. Elle adore ça.

Tout à fait.

Et voilà.

Où sont mes manières ?

Mon père m'a toujours appris à conclure un contrat avec du champagne.

Il y a un service d'étage, dans ce taudis ?

Maintenant, oui.

Quand ma compagne de cellule m'a dit qu'elle connaissait un tueur,

je ne vous ai pas imaginé si séduisant.

Chez moi, tout est bon.

J'aurais dû vous rencontrer plus tôt. Vous m'auriez été utile.

Pour tuer vos parents ?

- Je n'ai pas... - Du calme, poupée.

On est entre amis. Mais une hache ? Un peu vieux jeu.

Vous n'avez pas connu ma mère.

Le jugement permanent, les critiques...

Puis cette salope a voulu convaincre mon père de me déshériter.

Ça faisait des années que je me faisais bien voir de lui.

Mais ma mère lui chuchotait des saloperies à l'oreille.

- Je ne voulais pas le tuer, mais... - Dommage collatéral.

Exactement.

Vous devriez venir avec moi, mon cher.

On a toujours besoin d'un homme comme vous.

Les possibilités seront infinies.

Rio est merveilleuse en cette saison.

Il fait beau et chaud, et le Carnaval va bientôt commencer.

- C'est qui ? - Service d'étage.

Pas trop tôt.

Salopard !

- Vous partez seule, poupée. - Lâchez-moi !

Je vais vous tuer. Je vais vous tuer tous !

Lâchez-moi !

- Le masque tombe enfin. - Voilà la vraie Anne.

Ce n'est pas trop tôt.

CECI EST UNE FICTION.

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