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Allô, tu es bien arrivée, ma chérie ? Tout va bien ? Très, très bien. J 'ai
chambre sur la mer, la plage est fantastique. C 'est formidable, papa.
En pas du tout, je suis en pleine forme. Je vais même aller me promener un peu
avant le déjeuner.
Non, non, t 'inquiète pas. Je serai très attentueuse, il ne m 'arrivera rien.
Mais non, t 'inquiète pas, c 'est bon.
Non.
D 'accord.
Mais oui, papa.
Oh, il y a un parachutiste !
Devant la fenêtre, il y a un parachutiste qui répare un bateau, c
magnifique !
Je disais de ne pas t 'inquiéter, il n 'y a aucune raison.
Mais enfin papa, qu 'est -ce qui peut m 'arriver ?
Vous êtes blessée ? Qu 'est -ce qui m 'est arrivé ? Venez, je vais
m 'occuper de vous.
Aïe, aïe, aïe.
Eh ben, dis donc, c 'est pas ton jour.
Me permiten su atención, por favor, señores pasajeros, en unos minutos más
estaremos aterrizando en el aeropuerto internacional de Acapulco.
Sírvanse a abrochar el cinturón de su asiento, colocar el espaldo del mismo en
posición vertical y abstenerse de fumar durante nuestro aterrizaje. Gracias.
May I have your attention, please? In a few minutes more, we shall be landing in
Acapulco Airport.
Please fasten your seatbelts at the back of your seat in a vertical position and
refrain from smoking during our landing. Thank you.
Votre attention, s 'il vous
plaît.
Mes urgences, à la porte principale.
M. le Président, je pourrais vous parler un petit instant, M. le Président. Je n
'ai pas beaucoup de temps ce matin. Voyez -moi se placer.
C 'est au sujet de votre fille, M. le Président.
Je vous
écoute.
Ce que je vais vous proposer va vous paraître absurde, M. le Président.
Ça fait plus d 'un mois qu 'elle a disparu.
La police n 'a rien retrouvé et le privé que j 'ai envoyé là -bas n 'a rien
retrouvé non plus.
J 'ai vu un radiesthésiste hier, M. Meyer.
Un type avec un pendule.
Florian ne peut me paraître absurde.
Vous allez tout de même me prendre pour un fou, M. le Président.
Excusez -moi.
S 'il vous plaît.
Je peux vous emprunter ça un petit instant ?
Il y a à la comptabilité un garçon qui s 'appelle Perrin, M. le Président.
François Perrin.
Pourriez -vous lui demander de nous rejoindre dans la salle du conseil ? Je
suis pas sûr que ça marche, mais on va faire une petite expérience.
Ça fait dix ans que je travaille ici, M. le Président.
Et chaque fois que vous m 'avez parlé de votre fille, c 'était pour me raconter
une catastrophe.
Le nombre de pépins qu 'elle a pu avoir, c 'est ahurissant.
Je crois que c 'est la fille la plus malchanceuse que je connais.
C 'est fascinant, la malchance, M. le Président.
Fascinant.
M. Perrin est là, M. le Président.
Faites l 'entrée.
Vous allez lui demander de s 'asseoir.
Comment ? Dites -lui de s 'asseoir. C 'est tout.
M. le Président ? Asseyez -vous, je vous en prie.
Asseyez -vous.
Il faut que je m 'assoie.
Oui.
Où ? Où vous voulez.
Je suis désolé.
Je vous remercie, M. Perrin. Vous pouvez nous laisser maintenant.
Si votre fille était entrée ici, M. le Président, elle aurait sans doute fait
même chose.
M. Campana est là, M. le Président.
Entrez, M. Campana.
Je vous remercie d 'être venu aussi vite.
Je vous présente M. Meyer, notre psychologue d 'entreprise.
M. Meyer a eu une idée et j 'ai voulu tout de suite vous la soumettre.
Asseyez -vous.
Vous vous souvenez qu 'avant de vous envoyer au Mexique pour faire votre
enquête, je vous avais parlé de la malchance de ma fille ? Oui.
Eh bien, c 'est en partant de là que M. Meyer a mis sur pied une théorie qui
peut paraître absurde à première vue, mais... Enfin,
allez -y, Meyer.
D 'après moi, la seule façon de retrouver la petite, c 'est de confier l
'enquête à quelqu 'un d 'aussi malchanceux qu 'elle.
Un type comme vous ne peut pas la retrouver, parce que vous êtes normal.
Tandis qu 'un malchanceux qui va glisser sur les mêmes pots de bananes qu 'elle,
se prendre les pieds dans les mêmes tapis, peut éventuellement retrouver sa
trajectoire.
Je peux vous parler ? Ça doit faire une seconde.
C 'est de ce qu 'on rit.
Et c 'est nous l 'envers.
Ça fait dix ans que je fais ce métier. Des guguts comme ça, j 'en ai rencontré
des tas. Ils n 'ont jamais retrouvé personne.
Campana, écoutez -moi. J 'ai passé 42 jours là -bas. J 'ai fait tout ce qu 'on
pouvait y faire.
Ne croyez pas ce genre de type, M. Benz.
Ce sont des marchands d 'espoir.
Vous allez repartir pour le Mexique avec François Perrin. Vous allez reprendre l
'enquête à zéro.
Avec qui ? François Perrin.
C 'est un garçon qui travaille à la comptabilité.
Mais hier, elle a étudié et c 'est exactement ce qu 'il nous faut.
Trouvez -vous quelqu 'un d 'autre, je suis désolé.
Ne me laissez pas tomber, Campana.
Je vous en supplie.
Ne me laissez pas tomber, c 'est mon dernier espoir.
Le voilà.
Je l 'ai connu il y a deux ans quand il s 'est présenté chez Benz.
C 'est moi qui lui ai fait passer les tests et depuis je l 'observe.
Il est phénoménal.
Il a l 'air tout à fait normal, oui.
Il est né à 7 mois, prématuré.
On l 'a mis dans une couveuse.
Vous savez ce qui s 'est passé ? La couveuse est tombée en panne.
Je suis désolé, cette histoire de malchance, j 'y crois pas. C 'est de la
foutaise, tout ça.
Vous connaissez Delacroix, M. Campana ? Eugène Delacroix, le prince ? Oui.
Eh bien, savez -vous qu 'à l 'âge de 3 ans, Delacroix s 'est pondu en jouant
avec une cordelette de rideau ?
On le sauve in extremis, mais quelques jours plus tard, sa moustiquaire s
'enflamme et il est gravement brûlé.
On l 'envoie en convalescence et départ à Marseille, et là un domestique le
laisse tomber à l 'eau.
On le repêche par miracle, on le ramène à la maison, et il s 'étouffe avec une
grappe de raisin.
Tout ce que je vous racontais est rigoureusement authentique.
Delacroix est un exemple d 'homme poursuivi par une incroyable malchance.
M. Perrin est là, M. le Président.
Vous jouez le jeu, Campana.
Vous savez exactement ce que je pense de cette affaire.
Faites -le entrer.
Entrez, M. Perrin.
Vous connaissez M. Meyer.
Je vous présente M. Campana.
Asseyez -vous, M. Perrin.
Vous vous demandez pourquoi je vous ai convoqué, M. Perrin ? Oui, oui,
effectivement, M. le Président.
Vous n 'ignorez sans doute pas ce qui est arrivé à ma fille.
Quelle terrible histoire, M. le Président.
Vous pouvez m 'aider, M. Perrin.
Oui, vous.
M. Meyer, qui vous connaît bien, nous a affirmé que vous aviez une sagacité, un
esprit déductif peu commun.
Je vous demande de partir pour le Mexique à la recherche de ma fille, M.
Vous êtes mon dernier espoir.
Au Mexique ? M. Campana partira avec vous.
C 'est un enquêteur professionnel.
qui vous servira d 'instant.
Alors, c 'est oui, M. Perrin ?
Ravi de travailler avec vous.
Je sais que vous n 'avez pas eu beaucoup de chance dans votre enquête, mais à
nous deux, ça va changer, vous allez voir.
Je vais me donner à fond sur ce coup et ça va faire mal.
On prend sûrement une bonne équipe, tous les deux.
Je vais chercher un chariot.
Oh, il est à moi, le chariot, là.
Pardon ? Le chariot, je viens de le sortir pour mes baillages.
Mais ne vous fâchez pas.
On ne peut pas marquer dessus qui est à vous, le chariot.
Enfin, j 'ouvre le coffre et il me pique mon chariot.
Ce n 'est pas lui qui est allé le chercher, merde.
Mais je vois un chariot vite sur le trottoir, je le prends.
Si vous voulez le garder, il ne fallait pas le lâcher.
Mais je ne l 'ai pas lâché, j 'ouvrais mon coffre pour sortir mes balises. Oui,
bon, ben, laissez -lui son chariot, allez, venez. Non, mais permettez. C
Magrèche, je ne vois pas pourquoi je me laisserais faire.
Enfin quoi merde, je fais 10 kilomètres pour trouver un chariot et cet abruti me
le fausse. Non mais on n 'a pas besoin d 'un chariot pour deux balises, allez
venez, venez.
Il m 'a traité d 'abruti.
C 'est une affaire entre lui et moi, je vous demande de ne pas intervenir.
Vous m 'avez traité d 'abruti ? Oui.
Je pratique les arts martiaux, judo, aikido, karaté.
La première chose qu 'on nous apprend, c 'est le contrôle.
Un type me traite d 'abruti, je ne connais pas, je le regarde et je m 'en
Eh ben tire -toi alors.
Vous avez de la chance.
Allez, prenez le chariot et filez.
Vous avez de la chance.
Gros connard.
Vous avez de la chance.
Pédé.
Je suis avec, on trouve le total.
Route.
Pardonnez -moi cette démonstration de force, mais j 'ai horreur qu 'on marche
sur les pieds.
Oh là là là là.
C 'est la première fois que je vois ça.
Le système électronique d 'une porte qui se bloque.
Ça va mieux ? Les bagages sont enregistrés. Si on n 'y va pas tout de
vont partir sans nous.
J 'ai la tête qui tourne un peu.
Le système électronique d 'une porte qui tourne... On va le louper, hein ? J
'amuse.
Allez, venez, vite ! Merde ! Quoi ? Ma mallette. Je l 'ai oubliée à la
fermerie, j 'ai tous mes papiers dedans.
C 'est pas la peine ! Vous ne fatiguez pas, c 'est foutu, on l 'a loupée.
Une seconde.
Ça y est, t 'as rangé.
Et voilà.
Bon, je vais chercher ma mallette, on a tout notre temps maintenant.
On a éparpillé le coup de l 'alerte à la bombe tout de même.
On n 'a pas raté l 'avion, c 'est essentiel, non ? Mais il l 'a fait, c
vrai, il l 'a fait, c 'est dégueulasse.
On ne fait pas d 'omelette sans casser des oeufs, Campana. J 'ai dit à M. Benz
qu 'on partirait aujourd 'hui, on partira aujourd 'hui.
Vous apprendrez à me connaître, Campana. Quand je suis lancé, c 'était difficile
de m 'arrêter.
M. Perrin ? Veuillez nous suivre, M. Perrin.
C 'est bien votre valise, M. Perrin ? Oui.
Nous sommes navrés, c 'est un accident de contrôle.
Comment ? Ben oui, il y a un con qui nous a fait le coup de l 'alerte à la
bombe. Il n 'y avait pas de bombe, mais votre bagage a un peu souffert des
manipulations de déménage, M. Perrin.
Alors vous allez faire en état des objets que vous transportiez pour être
indemnisés.
Depart à destination de New York.
Rôle Air France 015.
Vous l 'avez enregistrée. C 'est pas la peine, elle peut passer comme bagage en
main maintenant.
L 'embarquement est permis, les messieurs.
C 'est pas grave, on partira demain.
Il y a pour un vol d 'ailleurs au Mexico pour Acapulco. Oui, monsieur, à 14h.
Bon, ben voilà, on va se poser à Acapulco et on prendra la correspondance
Puerto Vallarta.
Ça nous évitera de perdre une journée. Allez, venez.
Vous aimez l 'avion, vous ? Moi, j 'aime bien prendre l
'avion.
Marqué la dernière fois, on a eu un problème.
On a bien failli rester.
Tors lieu au décollage.
Les volets sont restés coincés.
On n 'a pas pu monter.
On a quitté la piste, on s 'est planté dans un champ.
Ça arrive plus souvent qu 'on ne croit, il paraît.
Ça y est, on décolle.
J 'espère.
Bon bah ça va.
Il roule bien longtemps, je trouve.
On arrive en bout de piste, non ? Merde ! Ça va pas de filer comme ça, vous m
'avez fait peur.
Pourquoi il décolle pas, ce putain d 'avion ? Vous avez remarqué, vous aussi
Allez, on est décollé.
Vous avez peur, l 'avion, ou quoi ?
Puerto Vallarta, 16h30.
Ça va, on a encore une heure.
C 'est pour M. Langlumet, le chef comptable.
J 'ai écrit Amitié d 'Acapulco.
Je vais en crever.
Voyons qui j 'ai oublié.
Cette porte qui a resté bloquée à Orly.
Oui.
Ça ne vous étonne pas ? Si.
Mlle Martin.
Elle est gentille, Mlle Martin.
Celle qui m 'a ramassé quand je me suis électrocuté.
Vous vous êtes électrocuté ? Oui, au bureau.
En branchant la machine à café.
Vous voulez du jus ? J 'en ai eu.
Du jus, du café.
Du jus, du courant.
Je vais me laver les mains. A tout de suite.
La dame des lavabos.
Je lui donne un franc, elle en veut pas.
Elle veut de l 'argent mexicain.
Elle me dit Peuzos, Peuzos.
Je lui dis, mais j 'en ai pas de Peuzos.
Alors finalement... Je peux vous prendre une salière, monsieur ? Bien sûr.
Finalement, elle a pris mes 1 franc, mais alors quel cirque ! Peuzos.
On va regarder comme ça.
Non, pour rien.
Pour ça, laissez -le.
Quelles sont vos intentions maintenant, Perrin ? Comment ? On sera à Puerto
Vallarta en début d 'après -midi.
Vous êtes censé reprendre une enquête.
Vous avez un plan ? Je compte procéder d 'une manière très classique.
Ah oui ? Et c 'est quoi la manière très classique ? On a un filtre dans le
milieu, on recueille des renseignements.
Le milieu ?
Elle a peur, quoi.
Oh, pardon.
Oh, pardon.
Excusez -moi.
J 'ai traversé ce foutu pays dans tous les sens pendant plus d 'un mois. Je n
'ai jamais rien trouvé, Perrin.
Je suis là, maintenant.
Je ne voudrais pas vous décourager, mais elle a disparu depuis 42 jours.
Et on n 'a pas la moindre piste.
Alors, je ne vois pas comment... Vous m 'écoutez, Perrin ? Oui, oui.
Elles sont pas mal, les filles, dans ce pays.
Oh, merde.
Tout le monde vous regarde, Tépénis.
Quoi, Tépénis ? J 'ai eu une hémorragie, il faut bien faire quelque chose.
Arrêtez vos clowneries, allez à l 'infirmerie.
Entrez.
Vous avez mis le temps.
Elle était très mignonne, la fermière.
On a sympathisé.
Je lui ai raconté que je m 'étais connu à Orly, et elle a eu exactement le même
cas il n 'y a pas longtemps, c 'est drôle.
Le chien s 'était pris la porte dans le nez.
Une Française en plus.
Une jeune fille.
Marrant, non ?
Monsieur Muzari ? Attendez -moi ici.
Oui, elle lui ressemble.
L 'autre était blonde.
Mais oui, elle lui ressemble.
Le type qui l 'accompagnait ? Il s 'appelle Larval.
C 'est un voyou.
Et où on peut le trouver ? Ça fait cinq ans qu 'on le recherche.
C 'est tout ce que vous pouvez me dire ? Si vous voulez plus de renseignements,
vous allez voir le commissaire Kustau.
Vous le trouverez au...
Au commissariat central.
On peut l 'appeler d 'ici, si vous voulez.
Vous n 'allez pas l 'isoler, report.
Passez -moi le commissariat.
Alors,
on l 'a loupé ? On part pas.
Comment ça, on part pas ? Nos bagages sont partis, qu 'est -ce que vous faites
La fille qui s 'est cognée à la porte ressemble à la petite Ben. Quel genre de
voiture désirez -vous, monsieur ?
Même âge, même visage, mais les cheveux noirs et le voyage avec un voyou.
Les flics ont reconnu le type. Ils le recherchent depuis longtemps, il s
'appelle Juan Arbal.
Je dois voir le commissaire qui s 'occupait de l 'affaire. On a rendez
commissariat central à 6 heures.
Finalement, c 'est pas une mauvaise chose de mettre Cogné le nez.
C 'est vrai, si je m 'étais pas Cogné, on aurait pas atterri. Ah, commencez pas
à m 'emmerder avec ces conneries, vous, hein ! Qu 'est -ce qui vous arrive ?
C 'est une coïncidence.
Et surtout, rien ne prouve que c 'est la petite Benz. Alors, vos salades, vous
les gardez pour vous et vous me laissez faire mon travail.
Stop ! Qu 'est -ce qui se passe ? Je n 'aime pas votre
attitude depuis le début.
Vous conduisez comme si vous étiez le chef.
Monsieur Benz a pourtant bien défini les rôles. Je fais l 'enquête et vous êtes
mon assistant.
Alors, ne m 'obligez pas à lui téléphoner.
Comment ? Non, rien.
Attention, hein.
Allez, roulez.
Il me reste une très belle suite sur la mer et une petite chambre sur le
parking. Je prends la suite. Je vous donne la chambre à monsieur.
Rendez -vous au bar dans une heure pour un petit profit.
C 'est l 'heure moins vieille.
Vous comptez rester ici combien de temps, monsieur ? Deux, trois jours au
maximum.
Vous avez de l 'eau dans votre chambre ? Dans la table de bain, vous avez de l
'eau ? Ben oui.
Moi pas, je suis pas bien douché.
Je l 'ai signé à la réception.
Bon, faisons un peu le point.
À quelle heure on voit votre commissaire ? Six heures.
Comment vous voyez la suite des opérations, vous ? Il y a une chance sur
million pour que cette fille de l 'aéroport soit la petite Benso.
On va rester ici un jour ou deux pour tirer ça au clair.
Le flic de l 'aéroport m 'a dit qu 'elle avait perdu son sac en s 'enfuyant.
À l 'intérieur, il y avait un passeport au nom de Ginette Lefranc.
C 'était un faux.
Ça ne vous intéresse pas du tout, ce que je vous raconte ? Si, si, je vous
écoute.
Je vous disais que le passeport de la fille était faux.
Mais rien de tout ça ne prouve que c 'est la petite Bente.
J 'aurais imaginé qu 'on l 'a enlevée, droguée, qu 'on lui a mis une perruque.
C 'est fini, oui.
Excusez -moi, mais je crois que j 'ai un ticket.
50 dollars.
Pardon ? C 'est une pute, 50 dollars, je vous couche tout de suite.
Alors là, mon vieux, vous vous foutez complètement le doigt dans l 'œil.
D 'abord, je sais reconnaître une professionnelle, et ensuite, je crois
quand je ne laisse pas une femme indifférente.
Vous avez la voix et vous lui dites simplement 50.
Et vous vous retrouvez tous les deux dans votre chambre dans 3 minutes.
Vous m 'étonnez.
Essayez.
C 'est moi qui vous les donne si ça ne marche pas.
Oui, pour en revenir à la petite benne, je vous disais que... Je sais exactement
ce que vous m 'avez dit.
Bon ben ça va, je me suis trompé. On va pas en faire la soirée maintenant.
C 'est la première fois que je prends une jupe devant tout le monde.
Et c 'est grâce à vous. Et vous l 'avez fait exprès. Mais pas du tout ! Vous l
'avez fait exprès.
Pour me rendre ridicule parce que vous êtes un salaud.
Mais c 'est une pute ! N 'importe quel homme lui propose 50 dollars, elle monte
! N 'importe quel homme, mais pas vous ! Et pourquoi pas moi ? Pourquoi vous
vous cognez le nez dans les portes ? Pourquoi c 'est votre valise qu 'on
? Et pourquoi il n 'y a pas d 'eau dans votre chambre ? Pourquoi ? C 'est vous
qui avez traité mon ami de pute !
Non, c 'est lui.
Mais non, mais non, personne n 'a traité personne de pute.
C 'est un malentendu, il n 'y a pas de raison de s 'énerver.
C 'est pas vrai, il a même dit qu 'elle valait 30 dollars. 50.
Très bien.
Bon, ça va.
Ça va, ça va.
Ne nous fâchons pas.
Permettez -moi de me présenter.
François Perrin.
Je suis désolé pour ce qui s 'est passé tout à l 'heure, mais c 'est mon
camarade le fautif.
Je ne serai jamais permis quant à moi.
Je suis pardonné.
Peut -on vous dire qu 'on vous trouve charmante ?
Excusez
-moi, j 'ai pas de carte.
Mon nom, c 'est François Perrin.
Appartement 3.
Vous m 'appelez à l 'hôtel et on boit un verre tranquillement.
Je crois qu 'on a beaucoup de choses à se dire tous les deux.
À très bientôt.
Appelez -moi vite.
Au revoir, toi.
Ça y est, c 'est arrangé.
Ils ont moins dit. Il faut y aller, Campana. On va rater le commissaire.
Sept ans de malheur.
Oh, putain.
Elle avait ça dans son sac.
Ne te la laissez pas, elle.
Elle a l 'air complètement droguée.
Eh ben, Perrin ! Perrin, ça va pas ?
Ça va.
Excusez -moi, je vais prendre un peu l 'air.
Il est très émotif.
Non, non, il s 'est cogné la tête ce matin à Paris, puis là, il vient de se
reconner. C 'est pas son jour, dites -donc.
C 'est jamais son jour.
Il est tombé ? Sûrement, oui.
Moi, ça m 'étonnerait que ce soit elle.
Le titre qui l 'accompagnait n 'a pas les épaules.
Je le vois pas se lancer dans un kidnapping international.
Et puis, personne n 'a demandé de rançon, surtout.
Ce type, il ne s 'est pas manifesté depuis l 'aéroport ? Non.
Il y a certainement des gens qui le connaissent en ville.
Il a vécu avec une fille qui s 'appelle Sonia.
Elle travaille dans un bar, le Sunny Club.
C 'est un bar à putes qui se trouve sur le port.
Ça va ? Comme ça.
Je vais vous déposer à l 'hôtel.
J 'ai un peu mal à la tête.
Vous allez où, vous ? Sony Club.
Je vais prendre des aspirines et dormir un bon coup.
C 'est quoi, Sony Club ? Un bar à putes.
C 'est pas bon que je me couche maintenant pour le décalage horaire.
Oui, j 'ai peur de me réveiller très tôt demain matin.
Il vaut mieux que je me couche pas tout de suite.
Je l 'accompagne.
Mademoiselle Sonia, s 'il vous plaît.
Elle travaille plus.
Elle est partie il y a trois semaines.
Elle n 'a pas laissé d 'adresse.
En route ? Bois de l 'air, quelque chose. Moi, j 'ai un peu le souhait.
Bois à l 'hôtel, venez.
Attendez, il n 'y a pas le feu.
On va interroger une de ses camarades.
On va se coucher, on a du travail demain.
Allez -vous coucher.
Je reste sur le pont.
Sur le pont ? Qu 'est -ce que vous allez foutre sur le pont ? Je viens de vous
le dire, interroger un témoin. Accueillez une pute ou Geoffrey de
Il y a quelque chose clairement au pays.
Qui a parlé de pays ? Alors, vous dessinez ou quoi ?
Hola, guapo.
Veut -on vous offrir un verre, mademoiselle ? Ah ah.
Hello, darling.
Est -ce que vous vous faites plaisir, mademoiselle ? I'm not big friend.
Hey, champagne !
Perrin.
Vous parlez l 'espagnol ? Ouais.
Parce que pour interroger le témoin, ça va pas être commode.
Vous avez peut -être raison, oui.
Je vais en prendre une autre.
Je
vais me
débrouiller.
En anglais.
Je vais l 'interroger en anglais.
Euh... Un ami.
One amigo of me.
You, you peut -être connaître. Vous avez appris l 'anglais, vous.
Pourquoi ? Non, non, pour rien.
50 dollars.
Arrête ! Allez Campana, détendez -vous.
Tenez, je vous donne quartier libre ce soir.
Vous voulez pas en interroger une ? Larguez -moi ce boulot et foutons le
'ici.
Cette fille sait quelque chose, c 'est évident.
Je suis sûr qu 'elle sait quelque chose.
Elle sait qu 'elle a trouvé un gros pigeon, c 'est effectivement évident.
C 'était moi, mais j 'ai la dent dans le sang.
Donnez -moi votre fric.
Hein ? Votre fric, donnez -le -moi.
Pourquoi ? Parce qu 'elle va vous le piquer, espèce d 'abruti. Vous allez
faire mistonner, alors donnez -moi votre fric.
Comment vous m 'avez appelé, là ? Hein ? À l 'instant, là, vous m 'avez traité
de quoi ?
Connard ? Non, non, non.
Vous m 'avez traité de quoi ? Du con.
Fait exprès.
Mais pas du tout, je sais pas. J 'ai pas fait attention.
Moi, je sais.
Mais je doublerai pas.
Je m 'en vais, Perrin.
Je serai peut -être pas à l 'hôtel quand vous rentrerez.
Je commence à en avoir par -dessus la tête de vos conneries.
Ouais, ben, un assistant comme ça, je peux m 'en passer.
Je vais rentrer, je suis fatigué.
Excuse -moi, fatigué.
Non, non,
non.
Tiens, vois.
Vous êtes vraiment très aimable.
C 'est pas grave.
C 'est incroyable la vie tout de même.
Hier j 'étais à Paris.
J 'étais tout seul, il faisait gris, je faisais de la comptabilité.
Aujourd 'hui, je suis au Mexique, il fait beau.
Je suis avec une jeune fille et j 'ai une vie d 'aventurier.
J 'ai une chance inouïe, non ?
La
réception ?
Monsieur Perrin n 'est toujours pas rentré ?
Vous êtes sûr que c 'est le chemin de l 'hôtel ? C 'est pas la direction de l
'hôtel, dites -moi.
Note de direction of the hotel.
Mais vous m 'emmenez.
Mais qu 'est -ce que vous faites ?
Il s 'est parvenu dans une heure durant ses toits.
Salut.
Si M. Perrin arrive, vous lui direz que je suis parti le chercher.
Oui, monsieur.
Appelez un médecin.
C 'était la fille du bar ? Mon argent.
Tout mon argent.
A tout à l 'heure.
Attendez.
Je vais venir avec vous.
Bagagite. Mettez -moi ça dans ma voiture.
Elle habite avec Fernando.
Il dirige un cercle de jeux.
On peut entrer ? C 'est privé.
Quelles sont les formalités pour faire partie du club ? Lâchez -moi.
Lâchez -moi. J 'ai pas bien compris.
Ouvrez, on entend mal.
M. Fernando, s 'il vous plaît.
Qu 'est -ce que vous lui voulez à M.
Fernando ?
On
vient retirer le dépôt qu 'on a fait chez vous.
Deux mille dollars.
personnel. Merci beaucoup.
Au revoir, madame.
Au revoir, messieurs.
On devrait être en train de se dépenser pour retrouver Arbal, mais non, on fait
des cons toute la nuit.
On fait des cons parce que le séducteur s 'est fait missionner par une pute.
Arrêtez de renifler, merde ! Je suis désolé, Campana.
Je reconnais que j 'ai eu tort, mais je vous demande de m 'excuser.
Bon, ça va.
Qu 'est -ce que vous faites ? J 'éteins Kleenex.
C 'est mon mouchoir, c 'est pas grave.
Oh, pardon.
Mais je suis chamboulé, moi.
Je vais me reprendre, on va retrouver Arbal.
Tu dis comment, Arbal ? Physiquement, je veux dire.
Taille moyenne, brun, les yeux noirs.
Moi, je connais pas une photo. J 'en ai une, que vous croyez.
Ça fait 10 ans que je fais ce métier.
C 'est pas grave, vous savez.
Vous n 'êtes pas fidélanamide, bon, vous n 'êtes pas fidélanamide.
C 'est mal, souvent, de ne pas reconnaître les gens.
On peut être très bon policier et avoir de mauvais yeux.
À un certain âge, ça baisse la vue.
Mais j 'ai déjà donné.
Tu connais ?
Écoute -moi bien, je m 'appelle Campana et je ne suis pas de la police. Je veux
récupérer cette fille. Tu me dis où elle est, je te donne 1000 dollars et tu
files.
Descends.
Descends ! T 'as 5 secondes pour
me répondre.
1, 2, 3, 4.
Que des emmerdes, je savais que j 'aurais que des emmerdes avec cette
le savais.
C 'est elle.
Vous croyez ?
Que des emmerdes, c 'est elle.
Que des emmerdes, je le savais.
Mon pauvre vieux.
Qu 'est -ce qui vous a ri ? Rien.
Je t 'écoute.
Moi, je lui voulais aucun mal, je vous le jure. Quand je l 'ai ramassée, je ne
savais pas qui c 'était.
C 'était la vérité.
Et puis après, quand je l 'ai su, je m 'en suis débarrassé parce que cette
affaire, c 'était trop gros pour moi. Alors je l 'ai refilée à Fernando.
Le patron du club de jeu ? Oui.
Où est -elle maintenant ? Je n 'en sais rien. Je ne sais pas ce qu 'elle est
devenue. Je n 'en sais rien du tout.
Je ne veux surtout pas le savoir.
Allez, allez.
En route.
On va le ramener à sa partie de garde. Vous ne pouvez pas aller à Fernando.
Encore ? Trois fois. Non, non, pas moi. Je ne veux pas aller au club.
S 'ils savent que je vous ai parlé, ils vont me descendre.
Donnez -moi mon argent.
Je n 'ai pas su avoir passé par l 'hôtel. En route. En route.
Ardent, c 'est enlisé.
C 'est pas vrai.
Mais quel con, alors ! Qui ça ? Qui ça ? Mais vous ! Vous n 'avez pas l 'idée de
se garer dans cette merde ! Mais gueulez pas comme ça.
Vous me dites de m 'arrêter, je m 'arrête où je peux, moi.
Et vous vous arrêtez dans la merde, c 'est bien ce que je dis.
Je m 'arrête peut -être dans la merde, mais j 'ai pas du caca dans les yeux,
moi. Comment ? Je dis, j 'ai pas du caca dans les yeux.
Quand je vois la photo d 'un type dans la poche, je suis pas obligé de faire
deux voyages pour le reconnaître.
Ah oui ? Oui, je me marre.
Le grand professionnel qui a du caca dans les yeux, je me marre.
Il a arrêté de me rigoler toute la journée, le grand professionnel. Et
se connaît un coupable, il dit pardon et il s 'en va, alors que je me marre.
Attention !
Vous n 'avez rien ? Non, non, ça va.
C 'est grave ?
Il y a une balle dans le réservoir.
Et alors qu 'il y est, la petite Benz est peut -être dans un bordel au
Venezuela.
Il y a beaucoup de bordel, on vient de nous tuer là.
Eh ben on les fera tous, voilà tout.
Jour et nuit, tu le fous ou je ne dormirai pas.
Ça prendra le temps qu 'il faudra, mais on les fera tous.
Je vous ai demandé une rallonge de frein, monsieur Ben.
Qu 'est -ce que vous faites ? Je coupe.
Vous n 'allez pas vous fâcher si je vous dis quelque chose ? Dans le fond, c
'est encore grâce à moi si on a retrouvé sa fille.
C 'est vrai, si je n 'étais pas allé au Sonic Club, je n 'aurais pas invité la
petite blonde à boire un verre, les types n 'auraient pas piqué mon argent
n 'aurait pas retrouvé sa fille. Je ne crois pas à la magie, père.
Je crois à la logique. La logique, vous savez ce que ça veut dire ? Je suis un
homme rationnel, cartésien, et je ne compte pas pour faire une enquête sur
coïncidences fumeuses.
Qu 'est -ce qui vous arrive encore ? Je ne sais pas, je m 'enfonce.
Pourquoi ? Je ne sais pas, je vous dis.
Vous allez arrêter de faire le pitre quand je vous parle.
Mais je ne fais pas le pitre. Le terrain se dérobe sous mes pieds, je m
'enfonce. Et pourquoi je ne m 'enfonce pas, moi ? Sans doute parce que vous
sur une bande de terrain dur et moi sur une bande de terrain meuble.
Si on n 'avait pas quitté la route, ça ne serait pas arrivé. C 'est vous qui
avez voulu couper.
Et vous vous enfoncez sans réagir ? Mais si je réagis, je m 'enfonce encore
plus, c 'est bien connu. Il ne faut pas se débattre dans les sables mouvants.
Perrin, il n 'y a pas de sables mouvants signalés dans cette région.
Si vous voulez mon avis, il est temps de les signaler.
Accrochez -vous !
J 'ai perdu une chaussure.
Vous vous reposez jamais, Perrin ?
J 'aurais dit de prévenir le commissaire. J 'espère qu 'ils l 'auront
Ouvrez ! Mais ouvrez ! Ne fatiguez pas, ça ne sert à rien.
Ça ne sert à rien ? Ça fait deux ans que je suis là, moi.
Les voilà ! Ils vont en prendre un de nous trois, au hasard.
Ils vont cogner dessus comme des brutes. C 'est leur grande distraction.
Ça veut dire quoi, ça ? Qu 'il y en a un de nous trois qui va en prendre plein
la gueule.
Ah bon ?
Moi ? Oui, toi.
Viens avec nous.
Reposez -vous un peu, hein ? Ouais.
Quand on avoue votre mal... Non, non.
Ne me poussez pas.
Non, non.
Ne m 'approchez pas.
Tu n 'as pas de chance, camarade.
Ça n 'existe pas, la chance ! J 'y crois pas !
C 'est toi qui gueule ? Allez, viens par ici.
Isa ?
Campana et Perrin ? Ou en nom de Dieu j 'arrive.
Campana, je suis absolument désolé. On a demandé de me prévenir. C 'est un
malentendu absurde. Ils ont retrouvé Arbal sur la route et ils ont pensé que
vous l 'aviez tué.
Je vous raccompagne à l 'hôtel et je vous prie de nous excuser.
C 'était bien la petite Baines. On a peut -être encore une chance.
Où est -elle ? Non, laissez -moi faire.
Allez vous reposer.
Je vous rappelle dès que j 'ai du nouveau.
Allez.
Campana ? C 'est Gustavo.
Oui, il a parlé.
Je dois malheureusement vous annoncer une mauvaise nouvelle.
Elle est morte.
Eh bien, c 'est tout comme, oui.
Ils ont voulu la cacher, ils l 'ont emmenée en avion, mais l 'avion n 'est
jamais arrivé.
Oui, il a dû tomber quelque part dans la forêt vierge.
Je comprends maintenant pourquoi il n 'y a pas eu de demande de rançon.
Voilà, c 'est tout ce que je sais.
Désolé pour vous, Campanin.
Je vous laisse le soin de prévenir le père.
Au revoir.
Monsieur Benz ? Monsieur Benz ?
Tant qu 'on n 'aura pas la preuve qu 'elle est morte dans l 'accident, je n
croirai pas.
Elle a traversé trop de catastrophes dans sa vie pour qu 'on perde espoir.
Elle a un ange gardien extraordinaire, M. Benz.
Un ange gardien qui a eu tellement de boulot avec elle qu 'il est surentraîné.
Il faut lui faire confiance.
Je n 'y crois plus, Meillère.
On ne retrouve pas un petit avion de tourisme dans la forêt tropicale.
Non.
Désolé monsieur, j 'ai buté dans votre chaussure.
C 'est pas grave.
C 'est ma faute, j 'avais qu 'à la ranger.
Apportez -moi la même chose.
Vous ne voulez pas que je dise à la femme de chambre de venir ? Non, non, c
pas grave, allez.
C 'est pas grave, allez.
La petite Ben s 'est foutue. On rentre.
Comment ? Elle a eu un excès dans l 'avion. On n 'a plus rien à faire ici.
Vous pouvez être prêt dans combien de temps ? Allô ?
Ah, bonjour, monsieur.
N 'écoutez pas, je vous le passe.
Allô ? Campana, monsieur Meyer a eu une idée.
D 'ailleurs, je vous le passe. Il va vous expliquer lui -même.
Allô ? Bonjour. Voilà.
Vous allez louer un avion.
Oui, louer un avion.
Mettre Perrin dedans et tourner au -dessus de la forêt.
Quoi ? Mais qu 'est -ce que ça veut dire, ça, encore ? Bon, enfin,
moi, je ne discute plus. Je vous rappelle. Au revoir, M. Meyer.
Connerie de merde, putain de connerie de merde.
Qu 'est -ce qui te passe ? Ils veulent pas admettre que c 'est foutu.
Et qu 'est -ce qu 'ils disent ? De vous mettre dans un avion et de faire des
ronds au -dessus de la forêt.
Quelle méthode.
Entrez.
Vous êtes prêts ? Vous avez de l 'eau dans votre chambre ? Oui, c 'est pareil.
Pourquoi ? En haut.
Je suis content de faire un petit tour en avion, moi.
Je vais te lasser les effets.
Hein ? Je vais te lasser les effets.
Casse -moi la souris.
C 'est pas grave.
C 'est un film.
Profite de quoi ? Tu me comprends.
Il y a des parachutes dans votre avion ? Des parachutes ? Non.
Vous avez déjà vu des parachutes dans les avions de tourisme, vous ? Il n 'y a
pas moyen de s 'en procurer.
Vous avez confiance en moi, dites -donc.
Non, il ne s 'agit pas de vous.
Je dois avoir un pépin mécanique.
Il est optimiste, votre copain.
Il va finir par nous porter la poisse, oui.
C 'est le meilleur, ça.
Vous n 'avez pas l 'air dans votre assiette, vous.
Si vous vous sentez pas bien, je pourrais y aller tout seul.
Vous croyez ? Mais oui.
Moi, ça me dérange pas.
Une petite reconnaissance avec le pilote, puis je vous retrouve à l
C 'est vrai.
C 'est vrai, dans le fond, vous avez raison.
Pourquoi s 'entasser à deux dans ce petit avion ? C 'est absurde.
Allez vous reposer.
Tout à l 'heure, Perrin.
Au revoir, Perrin.
Une guêpe, ne bougez surtout pas.
Comment ? Une guêpe, je suis allergique, ne bougez pas.
Aïe, merde.
Si elle me pique, je meurs.
Hein ? Puisque je vous le dis.
En vacances, une fois, j 'étais piqué.
Une semaine d 'hôpital, failli crever.
Je gonfle, je gonfle, puis je me mets étouffé.
On va attendre combien de temps, comme ça ? Je sais pas.
Ça dépend pas de moi.
Bougez pas.
Faut pas l 'affoler, je vous dis.
Elle est comment, là ? Elle est affolée ? Non, pas du tout. Elle est très calme.
Excusez -nous, hein.
Non, non, moi, je m 'en fous. Je suis payé à l 'heure.
J 'ai l 'impression qu 'elle s 'est assoupie.
Perrin, si elle fait sa nuit... Faites pas rire.
Si, je ris, c 'est foutu.
Oh là là.
Oh là là.
Alors ? J 'ai eu chaud.
J 'avais mal au cœur, dites -donc.
Ça va aller ? Je crois, oui.
Bon, ben, je viens avec vous.
Non, c 'est pas la peine.
Ça va aller, je vous dis. Allez, en route.
C 'est pas des blagues, vous savez.
Je suis vraiment allergique.
Cette famille, l 'allergie.
Ma mère a de l 'asthme.
Je me souviens que ma grand -mère, quand elle mangeait des fraises, elle
attrapait comme des petites rougeurs plein la figure, avec des petits
'est ça.
C 'est parti.
Ciao ! Qu 'est -ce qu 'il y a ? Oh, je sais pas.
Oh, c 'est un clou, une aiguille.
Merde, alors.
On peut fumer ? Oui, oui, allez -y.
Non.
Non, merci.
Ça m 'a fait comme une décharge électrique, dis -donc.
Tout va bien ? Impeccable.
Vous êtes sûr ? Hein ? Vous êtes sûr que tout va bien ? Puisque je vous le dis.
C 'est le con, ce meilleur.
Comment ? Non, rien.
C 'est extraordinaire, cette végétation.
Quelle richesse, quelle luxuriance.
Perrin, ça va ? Ça va, et vous ? Perrin
! Mais qui ? Père de ton frère.
Atterrissez le plus vite possible.
Hein ? Atterrissez le plus vite possible ! Pourquoi ? Au nom de Dieu !
Coppana ! Coppana, j 'ai tout !
Vous avez encore besoin de moi ? Non, non, ça va, vous pouvez partir.
Ça va, Perrin, ça va aller.
Il y a un hôpital tout à côté d 'ici, on y sera dans deux minutes.
Merci, t 'es pas mort.
Ça va, vous êtes tiré d 'affaire.
Ça va mieux ? Ça va.
Je suis fier d 'affaire.
C 'est très étrange, l 'histoire de ce type.
Comment ? Son village a été incendié. On l 'a ramené ici pour le soigner.
Et alors ? Venez voir.
Oh ! Toi, racontez à mon ami ce qui est arrivé dans ton village.
La nuit, quand il rêve, il parle d 'une jeune fille.
Il dit fille à Euron.
Arrivée dans le village, j 'ai tout flambé.
Vous avez la photo de la petite Benz ?
Intéressant, non
?
Ça
suffit, c 'est pas un jeu.
Tu connais cette jeune fille ? Oh, tu connais cette jeune fille ? Non, non,
tu n 'iras plus rien.
Il est trop choqué.
Allez.
Qu 'est -ce que vous décidez ? On va faire un saut dans ce village indien.
Je n 'avais pas vous proposé.
Je sais que vous aimez la logique et ça n 'est pas très logique tout ça. Je me
fais piquer par une gueule. Savez -vous.
Il y a tout de même dans cette enquête une ou deux coïncidences troublantes.
C 'est débrouillant, ce type.
Je connais surtout l 'Espagne, moi.
J 'y vais tous les ans en vacances avec ma mère.
C 'est joli aussi.
Moi, pareil.
C 'est fou le nombre de choses qui nous sont
arrivées depuis que je me suis rencontré.
Moi aussi.
Il y a quelqu 'un ? C 'est ce que je craignais.
Tout a brûlé, ils ont foutu le camp.
J 'espérais qu 'il en serait resté quelques -uns, mais c 'est raté.
On n 'y retrouvera plus. Pourquoi ? Perrin, vous retrouver dans la forêt
tropicale des Indiens sinistrés qui ont vu une fille à l 'œil rond, c 'est pas
simple.
T 'es foutu, alors ? Oh, c 'est con.
Si je rate cette enquête, je pourrais pas monter mon agence, moi.
Quoi ? Ben oui.
Je voulais prendre une étance de détective privée. M. Bent m 'aurait sans
financé.
C 'est que je commence à aimer ce métier, moi. C 'est dur, mais c 'est
passionnant.
C 'était la chance de ma vie,
cette mission, Campana.
Parce que je peux vous avouer quelque chose maintenant.
J 'ai pas toujours eu de la chance.
Sans blague.
Dites -moi franchement, Campana.
Mais alors très franchement.
Est -ce que vous me trouvez doué pour ce métier ?
Oui.
Alors vous vous rendez compte ?
Un type comme moi a la comptabilité, mais je pourrai plus.
Je peux plus, moi, prendre le bus le matin pour me retrouver enfermé dans ce
bureau.
Quand on a connu tout ça... C 'est trop con, parce que je suis doué, vous avez
raison.
Allez, venez, Perrin, on rentre.
Je vous aurais pris qu 'on m 'assassinait, tiens.
On fait une bonne équipe, tous les deux, vous trouvez pas ? Très bonne, oui.
Perrin !
C 'est con, ce singe ! Vous avez vu ? C 'est intensé, non ?
Tenez, vous n 'en avez plus besoin que moi.
Mais qu 'est -ce qui nous arrive ? Qu 'est -ce qui se passe
?
Il
y avait un indien, là.
Il m 'a semblé qu 'il avait des lunettes.
Ça m 'a paru bizarre, cet indien avec des lunettes.
Comment ils étaient, ces lunettes ? Je ne sais pas. Mais vous les avez vus ou
pas ? Oui.
Non, je roulais et je me suis dit tout à coup, mais il a des lunettes, c 'est
indien.
Oh ! Il doit être loin avec ses lunettes.
C 'était peut -être les lunettes de la petite bain. C 'était peut -être la
culotte de mon beau -frère. Je ne sais pas, je dormais.
C 'est vous qui l 'avez vu et vous lui avez fait peur.
Et on ne le retrouvera plus. Et il fait chaud et j 'en ai marre. Ne bougez
surtout pas.
J 'avais une vie un peu plate avant de vous rencontrer, Perrin.
Qu 'est -ce que vous faites encore ? Ils signalent une mission sur la carte à
une vingtaine de kilomètres. Pourquoi faire une mission ? Pour votre jambe,
ont sûrement de quoi vous soigner.
C 'est pas la peine, c 'est qu 'une égratignure, j 'ai pas besoin de soin.
peut s 'infecter.
Il y en a pour une heure, ne disputez pas.
Désolé votre mission.
26 juin.
Il y a trois semaines.
Il y a un tremblement de terre il y a trois semaines ? Je ne sais pas.
Peut -être une tornade ou un truc comme ça.
Ça me rappelle le pavillon de mes parents à Saint -Cloud.
Il y a une tornade à Saint -Cloud ? Non, je vais acheter une bouteille de butane
et...
C 'est tout de même curieux ce qui se passe dans cette région.
D 'abord ce village incendié, maintenant cette mission.
On dirait qu 'on suit une sorte de cataclysme.
À droite ou à gauche ? À droite ou à gauche ? À droite, c 'est la piste.
Mais à gauche, j 'ai l 'impression que c 'est un raccourci.
Qu 'est -ce qu 'on fait ? Comment vous le sentez, vous ? Moi, mon instinct me
dit d 'aller à gauche. À gauche.
On s 'est paumé, Campana.
C 'est pas grave, on a qu 'à revenir.
Ah, je comprends plus.
Qu 'est -ce que vous cherchez ?
La petite Benz, elle n 'est pas là.
Il n 'y a rien ici.
On est paumé et il n 'y a rien.
Je me suis dit, c 'est embarqué dans vos conneries. Voilà le résultat. On est
paumé en pleine brousse.
Qu 'est -ce qui vous arrive, Campana ? La fille à l 'œil rond.
L 'Indien avec les lunettes.
La bouteille de butane dans le pavillon de Saint -Cloud. Et j 'ai basculé, moi.
J 'ai perdu la boule.
Voilà où on en est.
Allez, donnez -moi le volant.
Allez, poussez -vous de suite. Donnez -moi le volant.
Pour trouver cette putain de piste.
Comment ? On va manquer d 'essence, on en a pour 10 kilomètres maximum.
Merde ! Comme vous dites.
C 'est pas beaucoup de monde, hein ?
On s 'est décidé, on s 'en va. Pas
question.
C 'est une connerie d 'attendre ici.
On n 'a pas vu une voiture depuis hier, on peut attendre des mois. La règle
numéro un, c 'est de ne pas s 'éloigner de la voiture. On ne bouge pas d 'ici.
J 'ai la responsabilité de cette mission, c 'est moi qui prends les
je vous dis, on bouge.
Et moi, je vous dis d 'aller vous asseoir dans la voiture et de bien m
'emmerder, c 'est un ordre.
Un ordre ? Vous me donnez des ordres, maintenant.
Je vais vous ramener vivant, père. Faites ce que je vous dis. C 'est moi le
de cette expédition. Vous n 'êtes rien du tout.
Comment ? Vous savez pourquoi on vous a choisi ? Parce que vous
êtes comme la petite Benz.
Vous ne pouvez pas faire un pas sans vous casser la gueule ou provoquer une
catastrophe. Voilà pourquoi on vous a choisi.
Je ne voulais pas vous le dire, mais vous me forcez à le faire.
On est paumé en pleine brousse parce que l 'autre dingue, là, meilleur, a des
théories sur la malchance.
C 'est pas vrai. Mais si, mon pauvre vieux.
Votre sagacité, votre esprit déductif, ils se sont foutus de votre gueule.
Je suis désolé de vous faire de la peine, mais je ne veux pas qu 'on vous
retrouve à 20 kilomètres d 'ici, mort d 'épuisement.
Installez -vous dans la voiture et essayez de dormir.
Je vous casse la gueule, Campana.
Pour m 'en vouloir, père, vous n 'êtes pas d 'accord avec eux.
Découpez -vous. N 'êtes pas l 'idiot, vous allez vous faire du mal.
Vous allez vous faire mal, je vous dis.
Vous vous êtes fait mal ? Attention, il y a un arbre là !
Une seconde.
Voilà. Vous voyez.
Ça va maintenant, calmez -vous.
Perrin, vous m 'entendez ? Oh le con !
On est arrivé, Perrin.
On va s 'occuper de vous, on va vous soigner.
Tout va bien se passer.
On est arrivé.
Sur moi, un traumatisme crânien.
Vous pouvez faire des radios ici ? Oui, oui, le Jekrat. On va s 'occuper de lui,
monsieur. Il y a un chirurgien ? C 'est peut -être grave, là. Il faut peut -être
opérer d 'urgence.
Ne vous inquiétez pas.
Vous êtes de la famille ? Oui.
Prenez bien soin de lui, je vous en prie.
On est dans un hôpital de brousse, M.
Bentz. Il s 'est cogné la tête, il est dans le coma.
Je ne sais pas, ils vont l 'examiner. Je m 'en veux, M.
Bentz.
Je le savais depuis le début. Tout ça, c 'était des théories fumeuses. Je n
'aurais jamais dû partir.
Mais non, ce n 'est pas votre faute. Vous avez voulu y croire. Et moi aussi,
pendant un moment, j 'y ai presque cru.
Bonjour. Bonjour.
Où suis -je ? Je ne sais pas du tout.
Vous entendez les oiseaux ? Oui, c 'est joli.
Oui, c 'est très joli.
Mais on est...
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