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Original subtitles

Tu me les feras, après ?

Quelle heure est-il ?

Midi ? Dis donc, il faut pas qu'on traîne.

Dis, tu me les feras ?

Il nous faut une femme de ménage. Ça va pas du tout.

Papa dit que c'est un monde, comme je suis habillée.

- Qu'on n'est pas au carnaval. - Ah bon ?

- Je crois que j'ai mal au ventre. - Écoute, ma Lili.

Ça fait 20 fois qu'on en parle.

Ton père se marie, t'es invitée, t'y vas.

- Et toi, pourquoi t'es pas invitée ? - Je sais pas.

C'est papa. Dépêche-toi !

Je te fais quoi ? Des nattes, des macarons, des couettes ?

Tu vas bien t'amuser. C'est gai, les mariages, tu verras.

D'accord ?

Fais voir ? Belle !

Regarde, c'est là. Le numéro où tu peux m'appeler.

- C'est quoi ? - Un hôtel.

Tu m'appelles ce soir ?

Un homme avec qui on partage tout, qui vous aime telle que vous êtes.

Moi, on m'avait pas prévenue, j'étais pas au courant.

Exemple : le matin, j'ai les yeux qui gonflent.

Alors je me levais 10 minutes avant lui, pour que ça passe.

Un jour, il m'a dit que j'étais belle, au réveil,

que ça me faisait des yeux d'enfant qui boude.

Je te préviens, si tu reviens, je te fends le crâne !

T'as compris ?

Ça n'a pas toujours été comme ça.

Y a pas si longtemps, ils poireautaient sur le paillasson.

Alors, pensez ce que vous voulez...

Et ramasse tes saloperies, j'en ai plein le cul !

Vous voulez que je vous dise...

ça fait même pas mal.

Contrairement à cette porte,

je suis blindée.

De toute façon...

on peut tout me dire, tout me faire...

rien ne m'atteint.

Le pire est derrière moi. Maintenant, je joue les prolongations.

J'ai eu le coup de foudre tout de suite,

comme ça, au beau milieu d'un repas.

Il découpait le gigot. Je le regardais et je me disais :

"Celui-là, c'est l'homme de ma vie ou je m'y connais pas."

Ça faisait longtemps. Je commençais à m'inquiéter.

Quand c'est pas l'une, c'est l'autre. Quand c'est pas pour se plaindre...

C'est toujours pour se plaindre !

S'inquiéter de ma santé, ça leur traversait pas l'esprit.

Encore, Marie, ça va, c'est clair.

Elle m'appelle, je paie le resto, elle raconte ses histoires de fesses,

j'en entends plus parler jusqu'à la prochaine fois.

Mais Annie...

Depuis qu'elle est revenue des Îles, elle me lâche plus.

"Pourquoi t'appelles ?" "Pour rien."

Et hop, c'est parti pour une heure.

J'ai beau poser l'écouteur, brancher le haut-parleur...

Ça vient !

Annie a toujours aimé ça, le téléphone.

C'est même comme ça qu'elle m'a séduit.

Elle me téléphonait dans la nuit pour me raconter des conneries.

Elle était drôle.

Légère.

C'est triste, ça.

On quitte les gens pour les raisons qui nous les ont fait aimer.

Tout à l'heure, je le regardais dormir.

Je me disais : "Ce grand type pour moi ?

"Profite, ma fille."

Merde, Annie.

Deux minutes.

- Tu dormais ? - Non.

C'est le mal que tu m'as fait qui t'empêche de dormir ?

- Attends ! - Tu me veux quoi ?

C'est quoi, ça ?

J'habite dans une tour en banlieue.

Je traduis Paris sur les bateaux-mouches.

Ma gosse, je l'élève toute seule.

J'ai pas de famille, pas d'amis, personne à qui me confier.

Alors, ce type, c'est mon rayon de soleil.

T'as pas faim ?

Je sais que c'est pas ta fille, que tu la vois plus...

Mais...

c'est son anniversaire, samedi. On sait jamais.

Marie ?

On sait jamais, si tu la voyais...

C'est du sent-bon.

Sinon, tu pourras toujours le refiler à ta femme.

- Agnès, c'est ça ? - Ça lui ferait quel âge ?

- Marie, ça lui ferait quel âge ? - Vingt-sept.

Tu as de ses nouvelles ?

Ça va bien ?

Salut, petite sœur.

Qu'est-ce qui t'arrive ? Ça fait 1 heure que je sonne.

Je te prends un peu de monnaie pour le taxi.

On reprend tout depuis le début. Tu le fais exprès ? Il est où ?

- Paul ? - Mais oui, pas Albert.

C'est qui, Albert ?

Il est parti pour un congrès.

Ah bon ? Un congrès de quoi ?

De cosmétologie.

Paul est commercial dans un gros laboratoire de cosmétiques.

Justement, je voulais te demander.

Tu t'es fait lifter ? Derrière l'oreille, j'ai vu une marque.

T'es pas obligée de me répondre, si ça te gêne.

C'est surtout une hygiène de vie.

Manger sainement, respecter son rythme biologique,

éviter les toxines,

faire du yoga, respirer.

Tu as toujours été jalouse de moi.

Je veux bien admettre

que Paul a eu quelques petites aventures avec des femmes.

Après tout, vingt-cinq ans de mariage...

Tu sais comment sont les hommes. Surtout Paul, qui est assez...

Non mais, c'est pas vrai !

Maman tout craché.

Notre père s'est tapé sa secrétaire, elle n'a jamais moufté.

Papa n'a jamais aimé que maman. C'était uniquement sexuel.

Qu'est-ce que tu en sais ?

Tu as bien une petite idée, non ?

- J'ai fait ses poches. - Tiens !

J'ai trouvé des tickets du Jardin d'acclimatation.

- Et alors ? - Alors...

Si c'était uniquement sexuel, ça se passerait à l'hôtel,

ou même au bureau !

Le Jardin d'acclimatation ? Mais elle a un môme, la salope !

Je te disais que ça sentait pas bon, cette histoire.

Et ce congrès, il est où ?

Dans le Nord, sur la route de Belgique.

C'est un congrès franco-belge.

Le camping-car, il roule toujours ?

- Je veux rentrer. - J'ai arrêté.

- Tu bois pas, toi. - On rentre.

- Avec l'alcool, il faut choisir. - Je veux rentrer.

Je peux pas sans mes tranquillisants. C'est idiot, je veux rentrer !

Tu m'as regardée ? Même des Tampax, ils refuseraient de m'en vendre.

Quoi ?

Arrête, avec ce langage.

Cette vulgarité.

Tu crois que tu m'impressionnes, avec tes allusions sexuelles ?

J'ose pas, c'est tout.

Cette ordonnance est toute froissée, et il y a des taches partout.

Alors, laisse-moi finir ma bière, d'accord ?

Tiens, attrape le Michelin, là.

Ce serait pas mal de savoir où on va, non ?

Ah non, démerde-toi !

Des hôtels avec salle de conférence, il doit pas y en avoir 150.

Au fait...

t'as eu des nouvelles de Marie ?

- Ta fille ? - Ben oui, Marie.

Quelle idée !

La dernière fois, c'était à l'enterrement de maman.

- On peut pas être partout. - J'ai rien dit !

Alors ?

Alors, rien.

Un coup de fil tous les 36 du mois.

Tu disparais dans la nature, du jour au lendemain.

Hôtel de la Paix, à 15 kilomètres de Cambrai.

- Tu crois que ça pourrait être ça ? - Pourquoi pas ?

Quand même, tu te rends compte ? Sept ans.

Sept ans, sans savoir, sans se voir.

Quand elle était petite, j'oubliais ses anniversaires.

Enfin, pas toujours, mais c'est arrivé.

Maintenant, j'en suis à compter ceux que j'ai ratés.

C'est Jean-Yves ?

C'est Jean-Yves ?

C'est plus.

C'est arrivé quand ?

Hier soir.

Ça s'est passé comment ?

À la station de taxis.

En face du métro La Motte-Picquet.

Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

Que j'étais une fille formidable.

Tu m'as pas dit que j'étais une fille formidable ?

Ça va !

Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? C'est pas vrai.

Trois bonnes raisons.

C'est pas difficile, trois bonnes raisons.

Je te préviens, rappelle pas dans une semaine.

Tu peux pas me faire ça, pas maintenant.

C'est trop dur, le soir. S'il te plaît.

Une fille formidable.

- Quel con ! - Quoi ?

- Je suis pas une fille formidable ? - Mais si.

Il est où, Lucien ?

- Au boulot. - Il rentre dîner ?

Je sais pas.

Tu veux pas l'appeler ?

Maman...

Tu sais bien que si je l'appelle,

il va mal le prendre, il va croire que je le force.

Vous vous séparez quand ?

Je sais pas... Juillet, août.

On attend les vacances.

Alors, après le stop, c'est à droite ou à gauche ?

Je sais plus.

Comment ça ? Il vient de te l'expliquer.

J'ai pas bien écouté.

Ça fait trois quarts d'heure qu'on tourne sans voir un panneau.

On tombe sur un mec du coin qui sait où on va et comment on y va.

En plus, il le dit gentiment. Et toi, tu l'écoutes pas ?

- Pourquoi ? - Parce que.

J'ai du mal à me concentrer.

On lui a pas fait un lifting, mais une lobotomie.

Toute cette histoire, j'aime pas ça. On aura l'air fin, devant Paul.

T'occupe pas de ça, t'auras pas l'air le plus con.

On s'énerve pas, on continue.

C'est Paul qui s'occupe des itinéraires.

Il est très bon dans les itinéraires.

Il me demande de vérifier sur la carte,

et même là, je me trompe. C'est à cause de ma dyslexie.

Tu confonds toujours ta droite et ta gauche ?

- On va bien croiser une route. - Ça, sûrement.

Maman, Lili veut jeter son sandwich par la fenêtre.

C'est quoi, cette histoire ? C'est vrai ?

Je croyais que t'avais faim.

Oui, mais j'ai mal au cœur.

C'est d'avoir l'estomac vide qui donne des nausées.

Mange.

J'en veux pas.

Écoute, t'as faim, t'as plus faim. T'as envie, t'as plus envie.

J'ai pas l'habitude des caprices, mange ton sandwich.

- Je peux pas manger de ça. - Quoi ?

Y a du beurre,

je peux pas manger de beurre.

C'est nouveau, ça. T'entends, chéri ?

Ta fille ne peut pas manger de beurre.

C'est quoi, ça ?

Si. C'est vrai, j'ai une phobie. C'est maman qui me l'a dit.

J'abandonne.

Lili, tu veux me faire le plaisir de manger ce sandwich ?

Au moins une bouchée, pour papa.

Allez, Lili, on t'encourage.

À trois, les garçons.

Un, deux, trois.

Elle est des nôtres

Elle a mangé du beurre comme les autres !

Je crois que je vais vomir.

Damien, Jérémie, revenez tout de suite !

On va boire un petit coup. Y a quelqu'un ?

On est complet.

C'est pas pour dormir, on cherche M. Guibal.

Il est parti à la première heure. Pourquoi ? Vous êtes du congrès ?

Non, de la famille. D'ailleurs, c'est Mme Guibal.

Mais, chéri, je m'en bats l'œil !

Choisis la couleur de la moquette pour la chambre.

Mais je m'en tamponne !

Pourquoi tu demandes ça, maintenant ? Tu sais que ça va m'énerver !

Va pas te plaindre, après.

Vous avez vu, c'est pas moi qui le cherche.

Je cherche rien.

D'ailleurs, y a rien à trouver. En 6 ans, j'ai fait le tour.

La déco, les travaux, les premiers congrès...

J'ai cru que je m'y ferais... Mais ce pavillon, c'est ton idée.

Dis pas que tu fais ça pour moi, j'en demande pas tant.

Vous me trouvez dure ?

Non, pas dure. Je suis endurcie, c'est pas pareil.

- Je crois... - Tu permets, j'ai du travail.

Faut-il pleurer ?

Faut-il en rire ?

Fait-elle envie ou bien pitié...

- C'est quoi ? - Pardon.

C'est les jumeaux qui m'ont offert ça pour la fête des Mères.

C'est pour pas déranger.

Il faut y aller.

- Non, j'ai pas fini. - Ça attendra demain.

- Tu peux leur dire bonjour. - Je les connais pas.

Paul n'a jamais voulu mélanger son travail avec sa vie privée.

- Pour dîner ? - Oui.

Alors, une salade riche,

sans foie gras,

sans croûtons,

et la sauce à part ?

Alors, juste une salade verte.

Des tables m'attendent.

Je repasserai quand ces dames auront fait leur choix.

Un rhum pour patienter.

Pas de problème, je vous apporte ça.

Les truites.

- Tu crois que je t'ai pas vue ? - Quoi ?

Tortiller du cul devant lui.

La prochaine fois qu'il te regarde... Je te préviens.

Dis-moi, j'attends.

On attend tous, d'ailleurs, n'est-ce pas ? Alors ?

Tu lui fais quoi, s'il me regarde ? Dépêche-toi, chéri, ça refroidit.

Dis-moi, Françoise, y a un truc qui me turlupine.

Vous l'avez fait quand, la dernière fois ?

- Quoi ? - Vos derniers rapports sexuels.

Je te préviens, pas de ça.

Ça me regarde pas, mais Paul n'a pas tort.

Quand il y a rien dans le frigo, ou c'est régime, ou c'est resto.

T'as toujours été incapable d'avoir une vie réglée.

Oui, je sais.

Tes profiteroles sont bonnes ?

Troisième porte à gauche.

Ça soulage, ça va mieux.

Pas toi ?

Et les enfants ? C'est pas un soutien ?

Avant, ils passaient à la maison porter leur linge sale.

Maintenant que Paul leur a offert une machine à laver,

je les vois plus.

Linge sale ou pas, ils finissent par te faire cocue.

Marie, le jour d'avant, elle venait pleurer dans mes jupes.

Et le lendemain, c'est comme si j'existais plus.

Va comprendre.

Dis, Lucien, pour être désirable, c'est obligé de se faire désirer ?

Pour être désirable ?

Il faut avoir des gros seins et un gros cul.

Hier soir, j'ai couché avec un chauffeur de taxi.

Très beau. Pas très malin.

Très mal habillé. Je te raconte ?

- Vous avez oublié quelque chose ? - Ils ont changé mon code.

Je peux pas rentrer sans réveiller ma mère.

Que dire ? Je suis pas ton père.

Merci, je sais. Tu m'as assez fait sentir que t'étais qu'en visite.

Si j'étais ton père, je serais censé dire quoi ?

Je sais pas. Rien.

Tu trouves ça mal ?

Qu'il soit chauffeur de taxi ou mal habillé ?

Que je couche avec le premier venu.

- C'était pas bien ? - Si.

- C'était bien. - Ben alors ?

Alors, je me sens pas très bien aujourd'hui.

C'est normal ?

Hein, Lucien ? C'est normal ?

- C'est normal ? - Ouais.

Pourquoi vous me rejetez comme ça ? Je vous aime, tous les deux !

T'arrêtes pas de me rabaisser, t'es un monstre d'égoïsme.

La souffrance des autres, tu t'en fous.

Tu veux que je fasse une dépression nerveuse ?

Qu'est-ce que j'ai fait pour que tu me traites comme ça ?

Tu m'as faite, ça suffit. Tu m'as mal faite.

Mais tu étais tellement mignonne quand tu étais petite.

On devrait pas grandir, hein ?

Merde.

Dis-le, que tu l'as fait exprès.

Toujours cette manie de faire du mal.

À quoi ça rime de rester, si Paul n'est pas là ?

Et où on va dormir, d'abord ?

Je t'en prie.

Je t'en prie !

Tu t'imagines que je vais passer la nuit là-dedans ?

Tu es vraiment rabat-joie. La patronne nous a loué une chambre.

Et puis, ça fait combien de temps que t'as pas dansé ?

Vas-y, toi. T'as pas besoin de moi.

T'as jamais su t'amuser.

Franchement, je comprends qu'il aille voir ailleurs.

T'es méchante, voilà ce que t'es.

T'es qu'un sac à méchancetés.

Françoise ?

- Oui, Annie ? - Tu me gonfles !

Oui, Annie.

- C'est plus de mon âge. - Une ambiance de nouvel an !

Vous non plus, vous n'aimez pas danser ?

Non, pas trop.

C'est surtout mon mari qui a horreur de ça.

Vous me trouvez séduisant ?

Vous trouvez que je fais mon âge ?

Non, pas du tout.

C'est gentil, et la gentillesse se perd.

Surtout chez les femmes, croyez-moi.

Tenez, je vais vous avouer un secret.

Vous avez remarqué la très belle femme, là-bas ?

Derrière le bar.

Vous voulez parler de la dame de l'hôtel ?

Figurez-vous que je suis amoureux d'elle depuis bientôt 4 ans.

Quatre ans de visites assidues, de petites attentions, de promesses.

Mais rien, pas ça. Un roc.

Mais attention, ça m'empêche pas de l'aimer.

Je sais qu'elle cache un cœur d'or.

Excusez-moi, je vous entends mal. C'est la musique.

- Une petite prune ? - Pourquoi pas ?

Et puis aussi... Non, c'est idiot.

Non, allez-y.

Un cadeau pour ma sœur.

C'est votre sœur ? On dirait pas.

- Je sais ce qui lui ferait du bien. - Dites.

Une nuit d'amour. Vous pouvez m'arranger ça ?

Il faut voir qui il reste en cuisine. Vous choisirez pour elle.

Didier, t'as bientôt fini ?

Dans un petit quart d'heure. Pourquoi ?

Je te présente Annie.

- Bonsoir. - Bonsoir, Didier.

Annie a un petit service à te demander.

C'est pas pour moi, c'est pour ma sœur.

Vous savez pourquoi ma femme m'a quitté ?

Elle supportait pas qu'un homme pleure.

Elle trouvait ça dégoûtant.

Elle m'a demandé d'aller faire mes saloperies ailleurs.

Je suis désolée.

Je me suis pas présenté : Jacques Meyer, visiteur médical.

Enchantée. Françoise...

Enchantée.

Vous m'excuserez, je vais reprendre un petit scotch.

Je vous commande autre chose ?

Une verveine.

Je me demandais... Enfin, j'ai cru comprendre...

C'est pas parce que vous m'avez dit que c'était votre métier.

Vous pourriez me dépanner de tranquillisants ?

C'est stupide, j'ai oublié mon ordonnance à la maison.

Tu danses ?

Non, merci.

J'attendais les slows pour faire connaissance.

Tu peux pas me refuser ça.

- Viens. - Attendez, non.

Allez, viens.

Non, attendez.

Vous me faites penser à mon plus grand, Christophe.

- Il est tellement capricieux. - Ah bon ?

Je vais faire un tour, je te laisse réfléchir.

Quoi ? Vous êtes marrante, j'allais pas la violer.

Insiste. Elle finit toujours par dire oui.

Tu parles.

Le premier qui arrive à lui faire bouger le cul...

Bon. Il faut que j'y aille, moi. Y a l'imbécile qui m'attend là-haut.

Des fois, je cracherais pas sur un imbécile pour me chauffer le lit.

On peut voir ça comme ça.

Et vous, vous voulez pas vous coucher ?

Tu sais, si je m'allonge, je meurs.

J'aime mieux rester assise, si ça t'ennuie pas.

Bien sûr que non.

Vous êtes sûre que ça va aller ? Vous voulez pas un médicament,

quelque chose ? - Non, pas du tout.

T'inquiète pas, ça ira.

Ça va, ça ira.

Cricri... Je peux mettre la musique ?

Pas fort, alors.

Des slows.

Je peux dire une banalité ?

C'est vrai que les enfants, on les voit pas grandir.

Et une autre, tant qu'à y être : on se voit pas vieillir non plus.

Bref, plus personne n'y voit rien.

Et après, on s'étonne de se rentrer dedans.

Je suis un fidèle de la première heure.

Je me souviens des premiers films, on était trois à les connaître.

Et moi, j'ai tout de suite adoré l'esthétique...

Ça, alors ! Marie !

- Salut. - Ça va ? Ça fait une éternité !

- Cinq mois. - Qu'est-ce que tu deviens ?

Toujours aussi brillante ? Attention, une forte en thème.

- Tu faisais du chinois, c'est ça ? - Du russe. J'ai laissé tomber.

Tu connais Agnès ? Marie...

- Bonjour. - Bonjour.

Attendez. Excusez-moi, tenez.

Vous permettez ?

C'est con, comme on perd ses moyens.

C'est à cause de mon nez.

J'aurais eu quelque chose pour moucher mon nez...

Tu crois ?

- J'aurais dû lui parler de sa femme. - Pour quoi faire ?

Pour quoi faire ? Ça t'aurait servi à quoi ?

À me soulager. T'en as de bonnes !

J'ai le droit de me venger, non ?

Te venger ?

Mais te venger de quoi ? De plus lui plaire ?

Pourquoi tu lui plairais, si ça lui plaît plus ?

C'est quoi, cette mentalité de gonzesse ?

Tu serais du genre à leur faire payer cher,

genre pension alimentaire, et tout, et tout.

M'engueule pas. Tu le trouves con, en plus.

Pas plus que les autres, et puis c'est pas une raison.

- Tu les gardes ? - Non, garde-les.

- Tu fais comment, pour la musique ? - La radio.

Tu vas pouvoir l'écouter tout le temps, maintenant.

Au fait, et ton chauffeur de taxi ?

Pousse par là.

Pourquoi tu me demandes ça ? Tu t'en souviens ?

Le début.

Y a pas eu de fin, y a même pas eu de suite.

C'est bizarre que tu t'en souviennes, ça fait longtemps.

Remarque, non, c'était quand ? Avant l'été ?

Je me souviens plus.

Ça doit être à cause de la circulation.

Je serais amoureux d'une chauffeuse de taxi,

j'aurais l'impression de la voir partout.

Ça dépend, si tu prends beaucoup le métro.

Je vais rater mon cours.

- Un cours de quoi ? - De russe.

Je passe mon concours d'interprétariat dans 15 jours.

Je suis désolée, il faut vraiment que j'y aille.

- Le métro le plus proche ? - Y en a pas.

Y a des trains pour Saint-Lazare, la gare est à 1/4 d'heure à pied.

- C'est une plaisanterie ? - Non.

Vous pouvez pas me ramener ? Je vous paierai la course.

C'est mon père qui a le taxi.

- C'est où, la gare ? - C'est juste en sortant...

C'est à gauche, c'est en bas.

Tout droit, à gauche.

- En descendant. - Merci.

Salut !

On va manger quelque chose ?

Et maman ? Je peux pas lui faire ça.

Bon, une autre fois.

On a qu'à l'appeler.

Tu veux bien ?

Les filles de cette famille sont vraiment chiantes.

Excusez-moi, j'ai vu de la lumière, alors...

Vous avez pas réussi à dormir ? Moi non plus.

Je vais me faire un café. Ça vous dit ?

Annie ?

Allez.

Venez.

Ça va ?

Je quitte mon mari.

Ça fait un moment que ça me trottait dans la tête.

- Gennevilliers, vous connaissez ? - Non.

Ma marraine pourra m'héberger dans un premier temps.

Je me fais pas de souci, j'ai un diplôme d'étalagiste.

Mes parents tenaient un magasin de chaussures à Lille.

Et puis, en 5 ans de congrès, j'ai eu quelques connexions.

De toute façon, rien ne me retient. On aurait des enfants,

je resterais pour eux.

- Vous avez des enfants ? - Non, pas en ce moment.

Ça change rien. Tu restes pour eux, ils partent à cause de toi.

Vous croyez que je fais une bêtise ? On voit que vous le connaissez pas.

Mais si, je le connais, je les connais tous.

J'ai passé une partie de ma vie à faire mes valises au petit matin.

La première bouffée d'air libre, qu'est-ce qu'elle est bonne !

Et un jour, tu les vois partir.

C'est toi qu'on fout dehors à coups de pompe dans le cul.

Alors, tu te dis que l'air a le même goût partout.

Tu crois ? Vous croyez ?

Et que si t'avais pas fait de conneries à 20 ans,

aujourd'hui, tu te la coulerais douce.

J'ai pas fait de conneries, même à 20 ans.

Mais si. Cherche bien.

Une douche, ça vous ferait du bien. Je vous prête des vêtements propres.

- Je pue. - C'est pas ça.

- Mais si. - Je dois pas tarder.

Merde, elle est où, cette conne ?

Tu es sûre que c'est la 37 ?

- La seule de libre. - Le lit est pas défait.

Je m'occupe des chambres. Vite, le personnel va arriver.

D'accord, mais pour Le Portel, on va faire la surprise à ma sœur.

Excusez-moi.

On y va. Il faut y aller, maintenant.

Laissez-moi vous expliquer.

- Pauvre type. - Dites pas ça, c'est pas juste.

Pauvre type quand même. Vous pouvez pas vous activer ?

Je vous aime.

Dizou !

Bonjour, madame.

- Dis-lui que j'ai été faire un tour. - Ah bon ?

Il y a un trou dans la caisse, et je sais pas quand je rentre.

Vous préférez pas lui faire un petit mot ?

Mais, Cricri, pour le service, qu'est-ce que je fais ?

Je pourrai pas tenir la salle seule, avec le congrès.

- Je m'en fous ! - Mais, Marie-Christine !

Je m'en fous, et je les emmerde.

Tout de même ! Et vous partez loin ?

À la mer.

- La mer ? - Oui. Tu connais pas ?

Si. Enfin, non, parce que... Enfin, j'ai failli.

On a failli prendre 15 jours avec André, et il a pas pu.

- Avec 11 enfants, c'est pas facile. - Monte.

Monte !

On part un jour seulement.

Je voulais être chanteuse, jusqu'à l'âge de 12 ans.

Et puis, c'était en colo, on était tous autour du feu de camp.

- Et mon Coca ? - Ça vient.

Genre veillée. On s'est mis à chanter L'Auvergnat.

Et ils se sont tous arrêtés, j'ai continué toute seule.

C'était horriblement faux. Un punch !

- Un verre d'eau, s'il vous plaît. - Un verre d'eau !

Ils étaient tous pliés en huit.

Mademoiselle, vous pensez à mon Sunset ?

- Salut ! - Ça fait mal.

Ça fait mal de se faire larguer.

Et ça dure. Moi, ça fait 6 mois, et j'en suis pas remise.

Il est tellement dur, Jean-Yves.

Tu crois pas qu'on est un peu molles ?

- Vous pensez à mon verre d'eau ? - Un verre d'eau pour la demoiselle.

- Combien on vous doit ? - 50 francs.

Elle marche jamais, cette machine. Tu me fais un gin tonic ?

Elle fait quoi, après le service, Mlle Marie ?

Elle rentre chez elle. Je vous sers quoi ?

J'ai pas encore fait, le truc blanc.

- Tequila. Nature ? - Oui.

Vous voulez finir la nuit avec moi ?

Non. Vous êtes pas mon genre.

Enfin, si, mais plutôt du genre que je préfère éviter.

Qui vous fout dehors avant le petit déjeuner.

Un whisky-Coca.

En plus, j'en aime un autre.

Vous pourriez être mon père, et vous devez être marié.

Vous devriez être avec votre femme. Que faites-vous là ?

Ma femme, elle est pas gentille.

- Whisky-Coca ! - Comme ça, vous en aimez un autre ?

Ça se passe bien ? Vous en êtes contente ?

Ça se passe pas, il sait rien. Il est chauffeur de taxi.

Ça se voit beaucoup, que j'ai pleuré ?

Ouais. T'es toute bouffie.

Ah bon ?

- C'est qui, lui ? - Mon beau-père.

Il est mignon.

Agnès te trouve mignon.

- Je te sers quoi ? - Un demi. Ta mère m'a appelé.

Une heure et demi ! Occupe-toi d'elle.

Tu devrais un peu t'occuper d'elle.

Bonne année !

- J'ai oublié mon maillot. - Moi aussi.

Moi, je m'en fous, j'ai mon short.

Justement, c'est pas très heureux, ce short.

- Mon bermuda ? - Oui.

Non. Ça fait pas une belle ligne, vous devriez vous changer.

Je trouvais ça flatteur, moi, les rayures dans ce sens-là.

Ça lui va bien. Pourquoi vous dites ça ?

Vous devriez vous changer.

J'ai laissé la valise devant la boîte, à l'hôtel.

Je demande à ma sœur. Annie ! T'as pas un short à prêter à Cricri ?

On peut commander ?

On peut commander ?

- Un demi, pression. - Un petit café serré.

Je voudrais un thé, et quelque chose comme un toast,

mais pas beurré, avec de la confiture,

et une orange pressée. - On fait pas ça.

- Pardon ? - On fait pas ça.

Vous faites bien des croque-monsieur.

Oui, mais pas des toasts.

- Laisse tomber ! - Je peux utiliser le téléphone ?

En panne. Y a une cabine à carte, dehors.

Vous auriez ça, une carte ?

- Que veux-tu que j'en fasse ? - J'en ai une.

Merci beaucoup.

Vous pouvez m'accompagner ? Je sais pas comment ça marche.

D'accord.

De toute façon, ça pue ici, non ?

- Alors, vous prenez quoi ? - Rien.

Guitou, mon bonhomme ? C'est moi, c'est maman.

Tu me passes papa ?

Chéri ? Non, tout va bien.

Tu sais quoi ? Je suis à la mer.

Non, je sais pas bien où. Avec Marie-Christine.

Alors, à propos,

si son mari demande, je t'ai pas appelé.

Non, je t'expliquerai.

Elle m'a rien dit, mais je m'en doutais.

Ça fait longtemps que ça la...

Non. Tout va bien, je t'assure.

Le gratin de nouilles ? Dans le four.

Demande aux deux grandes, elles savent.

Et puis tu sais, c'est... C'est magnifique.

Y a des tas d'oiseaux. Je sais pas très bien leur nom.

Je crois que c'est des mouettes. Elles sont beiges et grises.

Ça clignote, ça va couper.

Ça a coupé.

Dizou ! Il t'a rien dit ? Tu t'es pas fait engueuler ?

Mme Cricri ? Ne quittez pas, je vais la chercher.

Tu t'es pas fait engueuler ?

- Dizou ! - Quoi ?

Vous vous aimez vraiment, ou c'est pour me faire chier ?

Si vous vous asseyez, vous consommez.

Prenez quelque chose.

On vous appelle, dans la cabine, dehors.

Dans la cabine ? Prenez n'importe quoi, je le boirai.

Un verre d'eau, alors.

Il faut que je prenne mes médicaments.

Un verre d'eau minérale non gazeuse, c'est possible ?

Merci.

- Je vous aime. - Dites donc !

Quand vous avez une idée dans la tête...

Avec votre mari, ça bat de l'aile, vous êtes trop bien pour lui.

Je vous aime. Je veux faire ma vie avec vous.

Faites-la seul, votre vie. Pourquoi je la ferais à votre place ?

Vous moquez pas, c'est assez difficile comme ça.

- Qu'avez-vous à me proposer ? - Pardon ?

Vous croyez pas que je vais me débarrasser d'un mari

pour un autre si c'est le même topo.

Attendez, vous me prenez un peu de court.

Qu'avez-vous envisagé, de votre côté ?

Vous notez ?

D'abord, hors de question qu'on vive ensemble.

Vous me verrez de temps en temps,

et moi, je vous rejoindrai sur les routes.

J'arrive pas à noter. Vous pouvez répéter ?

Hors de question qu'on vive ensemble.

- Ah oui. Bon, d'accord. - Deuzio :

je veux plus travailler.

J'ai commencé à 18 ans, j'en ai 30 et...

Je veux vivre en vacances. Faudra m'entretenir. Vous pouvez ?

On peut peut-être s'arranger.

J'ai mis un peu de sous de côté.

Le plus important.

J'allais oublier.

Vous êtes prêt ?

Je veux un enfant.

Voilà. Si vous vous décidez, faites-moi signe.

Les époux s'obligent mutuellement à une communauté de biens.

Je vais demander aux futurs époux s'ils ont fait un contrat de mariage.

Je vais vous demander de vous lever, de vous approcher,

pour que je vous remette vos alliances.

Pierre Jancovic et Patricia Ardouin sont unis par le mariage.

Madame, your sac.

Elle raconte quoi ?

Elle te remercie, et demande à son mari si 10 F, ça suffit.

- Tu me reconnais ? - Oui.

- T'as 5 minutes ? - J'ai toute la nuit.

T'as l'air mieux que la dernière fois.

- T'as changé quelque chose ? - La dernière fois.

- Tu veux dire : la fois. - Ouais. La fois.

Tu m'as beaucoup trompée.

Ça ne te regarde pas.

Moi, je t'ai toujours désiré, même maintenant.

Tu sais pourquoi j'ai cessé de te plaire ?

Tu m'emmerdes, Annie.

J'arrive.

Pierre ?

Tu prends quoi, pour le petit déjeuner ?

Rien.

Tu prends rien, le matin ? Bonjour, au fait.

Même pas un petit café ?

Non, ça va, merci. J'ai des trucs à faire.

Des trucs à faire ?

Quels trucs t'as à faire, à 7 h du matin ?

J'aime pas prendre mon petit déjeuner à deux.

Je te dépose quelque part ?

Tu prends tes affaires, je te revois plus jamais. Ça te va ?

- Tu nous racontes ta nuit d'amour ? - C'est vrai.

On y a cru, à vos airs de sainte nitouche.

Excusez-moi, mais actuellement, je suis en état de choc.

Alors, je vous demanderai de me laisser tranquille.

Je n'ai pas l'habitude de raconter ce genre de chose.

Pourquoi ? Ça t'arrive souvent ?

Oui. Enfin, non. C'est la première fois

avec quelqu'un d'autre.

Ça ne m'a rien fait.

Ça m'étonne pas, avec vos manières.

Des toasts, mais...

avec le beurre à part, et la confiture sur le côté.

Ça vous ennuierait pas qu'on s'arrête ?

J'ai envie d'aller là où le roi va tout seul.

- Qu'est-ce qu'elle dit ? - Rien. Elle a envie de pisser.

T'attendras 5 minutes, t'avais qu'à y penser au bistrot.

J'ai jamais trompé mon mari.

Je vois pas quand tu pourrais, t'es toujours enceinte.

C'est vrai, André a toujours envie.

Même si on est fatigués ou si je suis enceinte,

quand on est au lit, on peut pas s'en empêcher.

C'est plus fort que nous, ça vient tout de suite.

C'est comme ça qu'on a fait chaque petit.

Ils le savent bien parce que...

quand ils nous voient nous embrasser, ils se moquent de nous.

C'est pas grave.

Même si c'est dur, du moment qu'on s'aime

encore.

Mais qu'est-ce que j'ai dit ? C'est ma faute ?

Tu pouvais pas la fermer, avec ton bonheur conjugal ?

Elle est triste.

Tu peux regarder si personne ne regarde ?

On se marie tôt à vingt ans

Et l'on n'attend pas des années

Pour faire trois ou quatre enfants

Qui vous occupent vos journées

Entre les courses et la vaisselle

Entre ménage et déjeuner

Le monde peut battre de l'aile

On n'a pas le temps d'y penser

Faut-il pleurer ?

Faut-il en rire ?

Fait-elle envie ou bien pitié ?

Je n'ai pas le cœur à le dire

On ne voit pas le temps passer

Marie voulait être chanteuse à la 2e chaîne,

parce que c'est en couleurs. Incroyable !

Elle entendait une chanson 1 fois, et elle la connaissait par cœur.

Et puis un jour, couic ! Je l'ai plus entendue chanter.

- T'as des seins incroyables. - Merci.

- Quoi ? - Merci.

Il faut pas que je tarde, moi.

Ça y est.

J'y vais.

Comment on fait ?

Je t'appelle ?

Si tu veux.

Je t'appellerai ce soir, alors.

Quoique, enfin, je vais pas trop être là.

Je t'appellerai.

D'accord. T'as mon numéro ?

Hein ?

Pour m'appeler, t'as besoin de mon numéro.

C'est ça, t'as qu'à me le laisser là.

"Mon numéro se mérite, sale con, mal élevé."

Bon, j'y vais.

T'as rien à laver ? Du blanc.

Ton truc, non ?

Ça va. De toute façon...

De toute façon quoi ? Tu t'en fous de puer ?

C'est comme pour l'appart.

Ça fait 2 ans qu'on attend le plombier.

La douche va au compte-gouttes, on s'ébouillante.

Et les peintures, tous les ans, on dit qu'on va les refaire.

T'as rien à foutre, tu pourrais t'en occuper !

Putain, maman. Ressaisis-toi, vis un peu, je sais pas.

- J'ai pas envie de me ressaisir. - Force-toi, alors.

Sors, trouve-toi un mec. Je fais comment, moi ?

Toi, c'est toi.

Moi, je...

Je peux pas. De toute façon, à mon âge,

quand on se retrouve seule et abandonnée, on le reste.

Te ressaisis pas. Que veux-tu que je te dise ?

Reste à mariner dans ton jus à écouter tes trucs ringards.

Ça fait longtemps qu'on n'a pas passé une soirée toutes les deux.

Tu sors, là ?

On pourrait aller au resto, ou se faire une toile.

Je vais bosser.

Tu aurais jamais dû abandonner tes études.

Lucien aurait très bien pu participer aux frais.

Au fait, tu continues à le voir un peu ?

Pour Noël, tu as certainement prévu quelque chose.

Tu dois aller à une fête ou un truc comme ça.

Il faut que j'y aille.

Excuse-moi.

Arrête de t'excuser, merde ! Tu t'excuses tout le temps !

- Bellevue ? - Non.

Beausoleil ?

C'est pas un nom avec "beau", c'est comme luxe ou splendide...

Excelsior ?

Peut-être bien, je crois que c'est ça.

Que c'est beau ! C'est beau !

- Qu'est-ce qui va pas ? - Non, vraiment, c'est magnifique !

Ça va !

Putain ! On était bien tranquilles, il faut qu'ils viennent faire chier.

- Qui ça, "ils" ? - Là, le couple. On voit qu'eux.

Mais ignorez-les. Moi, en tout cas, je les ignore.

Je peux pas, c'est plus fort que moi. Ils sont trop forts !

- En plus, j'ai envie. - Envie ?

Toute cette eau, ça me donne envie.

- Non mais, là, faut vous retenir. - C'est ce que je fais.

Comme ça, c'est...

c'est votre première fois au Portel, alors ?

C'est Le Portel, ici ? Ben oui, c'est la première fois.

Vous êtes toute seule ?

Je cherche mes amies, elles ont disparu.

- Combien elles sont ? - Trois. Vous les avez pas vues ?

Elles sont parties vers la promenade.

- Vous êtes en vacances ? - Je cherche mon mari.

Je vois pas ce qu'il pourrait faire ici.

On fait quoi, au Portel ?

Alors, méthode simple et efficace.

On coince la pouffiasse, on la secoue,

et ce soir, Françoise retrouve son petit mari.

Qu'est-ce qu'il y a ?

J'ai les pieds qui gonflent. Ça fait mal. Pieds nus, ça frotte.

Ça me monte à la tête.

Je vais te filer une paire de tennis, encore !

Où elle est, cette bourrique ? On est pas parties longtemps.

Essaye ça.

Je vous avais proposé de rester là, on aurait pas dû la lâcher.

T'avais jamais vu la mer, oui ou non ?

J'étais sûre d'en avoir une.

- De quoi ? - Une bière.

- La conne. - Qui ?

Ma sœur.

- La conne ! - Qui ?

Sa sœur.

C'est sa sœur ? Je me serais jamais douté.

C'est pas elle ?

Bien dans l'axe, le bras tendu...

vous armez.

- Et après, y a plus qu'à. - C'est enfantin !

Pas tant que ça.

C'est rare, les femmes qui s'intéressent à ça.

La mienne, elle veut même pas en entendre parler.

Dites-moi, c'est pas...

vos amies, là-bas ?

Ah oui.

Merci.

Merci infiniment. Au revoir.

Où t'étais encore barrée ?

Acheter des bas. J'ai bien le droit, non ?

J'ai perdu le café, j'ai cherché pendant une 1/2 heure.

Quand tu fais des courses, préviens. Et c'est quoi, ce revolver ?

On a pas bien compris.

Vous fouillez dans mes affaires ?

T'as qu'à pas laisser traîner. Tu t'expliques ?

D'abord, vous ne comprendriez pas.

Tu me donnes les clés, il faut que je change de bas.

- Pas question ! - Elle a le droit d'aller se changer.

C'est incroyable.

Je demande la moindre petite chose, et on m'envoie balader !

Vous voulez pas grignoter quelque chose ?

- Non, j'ai pas faim. - Vous n'avez rien avalé.

J'ai pas faim.

Une petite boisson sucrée, pour me faire plaisir.

Le monsieur en uniforme m'a fait des propositions.

Putain, c'est pas possible.

Qu'est-ce que je fais ?

Vous avez des médicaments, un truc ?

On peut pas rester là.

Bougez pas, je vais vous chercher un médecin.

La conseillère d'orientation m'a convoquée et m'a dit...

qu'un redoublement servirait à rien, qu'il avait trop de lacunes,

et qu'il serait mieux en section technique.

Qu'est-ce qu'elle en sait ? Il a même pas 13 ans.

On n'a pas le choix, ils le reprendront pas l'an prochain.

- Il dit quoi, lui ? - Il veut être footballeur.

C'était long !

- Ça s'est pas bien passé ? - Si, très bien.

- Il était pas trop surpris ? - Oh, si.

Vous êtes sûre que ça va ? Vous êtes blanche.

J'ai juste besoin d'un remontant. Un double rhum.

- De quoi vous parliez ? - D'enfants.

- Vous en avez ? - Oui.

Moi, c'est le plus grand regret de ma vie.

Je me le pardonnerai pas. Maintenant, c'est trop tard.

- Tu as quel âge ? - Trente.

Et quelques.

Mon dernier, je l'ai eu à 46 ans, c'est pas trop tard.

C'est pas pareil, toi, t'es un cas.

T'es une bête de concours.

J'aurais aimé qu'il me connaisse quand j'étais jeune.

C'est même pas ça, c'est si j'avais été jeune autrement.

Avec l'autre alcoolo et moi...

je veux pas lui faire honte. Moi, j'avais honte de mes parents.

Là, vous exagérez.

Michel est pas alcoolique. Il tient pas l'alcool, c'est tout.

Vous êtes une très belle femme.

Si vous entendiez ce que j'entends à l'hôtel...

J'ai une fille formidable.

Voilà. Enfin, une bonne nouvelle.

- Oui, mais on se voit plus. - Pourquoi ? Elle est à l'étranger ?

Vous vous entendez plus avec votre gendre ?

À cause de l'odeur.

Elle trouvait que je sentais mauvais.

Qu'est-ce que tu fais ?

C'est ma faute ? C'est à cause de moi que tu t'en vas ?

- Alors, c'est à cause de quoi ? - À cause de rien.

Je nous fais un café ?

Non, ça va.

Je peux savoir où tu vas ? Tu veux pas me dire ?

Tu as peur que je te courre après ?

T'as tort.

Écoute...

c'est absurde de partir maintenant.

Tu devrais dormir un peu, on y verra plus clair.

Y a rien à voir.

J'y vais.

Maman ? J'y vais.

Et après ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Après quoi ?

Après votre fille, quand elle est partie.

Vous y tenez vraiment ?

J'ai rencontré un skipper, un type qui convoie des bateaux.

Je vais pas vous la faire longue, on a tenu 3 mois à La Trinité.

Et je me suis retrouvée à Papeete, Tahiti.

À vendre des maillots de bain, et à siffler des rhums.

- Le reste se lit sur ma gueule. - Mais il faut pas dire ça.

Il suffirait que vous vous arrangiez.

Trop tard.

Vous êtes plutôt bien faite.

Tu m'as pas vue à poil.

Et votre fille ? Vous avez pas essayé de la rechercher ?

Pour quoi faire ?

- Viens. - Lâche-moi.

On remonte à la maison, on va se faire un café.

- Lâche-moi. - On va parler.

- Lâche-moi, je te dis. - Attention aux voisins, viens.

Tu comprends pas. C'est pas vrai, ça.

Mais j'ai rien à te dire !

- On va à la maison. - Mais t'as vu ma vie ?

T'as vu à quoi elle ressemble ?

Tu t'es jamais demandé pourquoi j'étais devenue grise ?

On va parler là-haut, s'il te plaît.

Je me barre, c'est tout. C'est clair, non ?

J'en peux plus de t'avoir dans mes pattes,

de te voir toujours là à me guetter avec tes airs...

Tu me dégoûtes !

Tu sens le beurre rance !

Mais t'es un monstre, Marie.

- On est tous d'accord, alors. - Allez, fous le camp !

Et reviens jamais, je veux plus jamais te voir !

- Et maintenant ? - Maintenant, je sais pas...

Que fabriquent-elles ?

Je voudrais pas m'en mêler, mais je crois qu'il a eu un malaise.

Et alors, en quoi ça nous concerne ? C'est bien ma sœur, ça.

Toujours à fourrer son nez dans les affaires des autres.

- Vous avez remarqué son odeur ? - Oui.

Vraiment, je comprends pas comment on en arrive là.

Ça, c'est l'alcool qui fait ça. Dans ma famille, ils boivent tous.

Merci.

C'est quoi, cette matière ?

- Je sais pas. Pourquoi ? - Ça me démange horriblement.

- Je suis allergique au synthétique. - Désolée.

- Il va mieux ? - Annie s'en occupe.

Il faut pas rester là. Allez.

- C'est ton mari ? - Non.

Il faut pas rester là, je te dis. Où sont tes parents ?

C'est interdit de rester là, rentre chez toi.

Je peux pas, c'est trop loin.

Allez, viens, je te raccompagne.

La tour, tu y habites normalement, mais ici, tu habites où ?

Dans une maison ? Dans un hôtel ?

Une colonie de vacances ?

Ici ? J'habite pas ici.

On recommence. Tu t'appelles comment ?

Lili Jancovic.

Où elle est, ta maman ?

Ma maman ? Je sais pas, elle a dit en week-end.

- Et ton papa ? - Il se marie.

J'aime pas qu'ils s'embrassent sur la bouche, je me suis enfuie.

Tu t'es enfuie ?

- De la mairie ? - Oui.

On la ramène à la mairie.

- T'es d'accord ? - Pas tellement.

Et moi ?

Quand est-ce qu'on s'occupe de mon problème ?

J'en ai assez de passer toujours après tout le monde.

- Mais, Annie, vous avez un plan ? - Faut d'abord se débarrasser de lui.

Si quelqu'un doit se débarrasser du problème, c'est moi.

Pas évident.

Sors d'ici, s'il te plaît.

Un homme solide, une relation stable.

Mais qu'est-ce que t'as dans le crâne ?

Qu'est-ce que j'ai dit, encore ?

Ça fait combien de temps qu'on se connaît ?

- Depuis toujours. - Oui.

Mais comme ça, combien de temps ?

Sept mois le 22 septembre. Pourquoi ?

Tu vois, tout se passe très bien.

À chaque fois qu'on se voit, tu me fais bander.

Alors, j'ai pas envie, pas envie du tout, de vivre avec toi.

Pas envie que tu me demandes le matin ce que je veux manger le soir.

Pas envie d'écouter tes disques d'Aznavour quand tu repasses.

- Pas envie. - Arrête !

Et merde ! Tu le savais.

Où tu vas ?

Prendre l'air, figure-toi. Prendre l'air.

Tu veux venir ?

Je suis moche quand je viens de pleurer,

je peux pas sortir comme ça.

Laquelle de nous fait le plus "épouse" ?

- C'est moi. - Pas toi. Moi non plus, bien sûr.

- Par contre, toi... - Ah non.

- Je mens mal, moi. - Vas-y.

Bonjour. Je suis Françoise...

Ça faisait longtemps.

- Elle est toute blanche. - Tout pour se faire remarquer.

Madame Françoise !

Elle a rien avalé depuis hier.

C'est de "l'hyglopocémie", il lui faudrait une boisson sucrée.

- Je regarde si j'ai ça. - D'accord.

Des frites. Moi, je voudrais des frites.

- Avez-vous un problème ? - Non, c'est rien.

Paul va être surpris.

- Vous devriez pas faire ça. - Pourquoi ?

Non, je vous assure. Je suis sûre qu'il va être content.

C'est pas drôle, pour lui.

Il croit que j'ai des maladies nerveuses.

Au revoir, monsieur.

Il faut qu'on arrête de se disperser, on se court après.

Si chacune n'en fait qu'à sa tête, on y arrivera jamais.

La voie est libre.

Votre mari est sorti seul,

mais il est peut-être allé chercher des cigarettes.

Paul ne fume plus depuis 2 ans.

- Je pourrais les avoir, mes frites ? - Mais oui.

C'est pas la peine qu'on y aille toutes.

Vous avez raison. Cette fois-ci, j'y vais.

Je peux plus reculer.

Tout doux, Bijou, tu bouges pas.

- Donne-moi ça ! - Arrête.

- J'ai envie de faire pipi. - Je t'emmène.

Il faut une femme qui ait de l'autorité, qui présente bien,

que la gonzesse éclate pas de rire. Si elle me voit, elle va se marrer.

- C'est toi, vas-y. - Vous exagérez.

Me faire faire des trucs pareils, c'est la dernière fois.

Bonne chance.

- Je vais me faire engueuler ? - Même pas.

Quand c'est grave, on se fait pas engueuler.

Tant mieux.

Quand même, lui faire ça le jour de son mariage... Pas très sympa.

Je l'ai pas fait exprès. Et maman, elle va m'engueuler ?

Je lui expliquerai, si tu veux.

Je crois que j'ai envie de faire caca, aussi.

On t'en veut pas personnellement, t'as l'air d'une gentille fille.

Ça te dérange pas si je te tutoie ? C'est plus facile.

Mais, dis-moi franchement, il est si bien que ça, ce Paul ?

Je le connais pas, mais de vue,

je l'ai trouvé très fade, non ?

J'aimerais aller chez le coiffeur, avant.

Ne dites rien, regardez. J'ai une tête épouvantable.

J'ai pas envie qu'il me voie comme ça.

Pas besoin de m'accompagner, allez donc voir la mer.

- Elles en ont pour longtemps ? - Mais, Françoise...

On vous dit qu'on ne sait pas où il est passé.

Où sont les clés du camping-car ?

Elles sont dessus. Pourquoi ?

Vous savez conduire ? J'ai pas de permis.

Je l'ai raté 4 fois, une question de désynchronisme.

Bon. J'ai été ravie.

Vous inquiétez pas, je sais ce que je fais.

- Vous êtes sûre ? - Oui. Au revoir.

De toute façon, il quittera jamais sa femme.

À quelle vitesse il t'a laissée tomber, là ?

Et puis, admettons qu'il la quitte, il t'en voudra toute sa vie.

Surtout en début de mois,

quand il remplira les chèques de pension alimentaire.

J'ai compris qu'un soir, elle va partir, et puis voilà.

C'est pas possible.

Tu sais, jamais les mamans n'abandonnent les enfants.

Mais si. Où est-ce que j'habite, moi, après ?

Je devrai aller chez papa, Patricia, et puis ses enfants.

Alors, bonjour. Comme papa est jamais là,

parce qu'il est chauffeur de taxi,

Patricia veut me couper les cheveux, et ses enfants, je les déteste.

Tu vois ce qui t'attend ?

Un destin de vieille maîtresse aigrie.

Pour lui plaire, pas une ride.

Au moindre affaissement des tissus, virée !

Condamnée au teint rose.

Quelle horreur...

Allez, arrête. Ça va s'arranger.

C'est normal de se chamailler un peu de temps en temps.

Je suis sûre qu'il est plus emmerdé que toi.

C'est ma faute, aussi.

Il faut toujours que je fasse des histoires.

C'est bien, c'est parce que t'as du caractère.

Les femmes qui ont du caractère, ça plaît aux hommes.

Pourquoi il veut pas vivre avec moi ?

Pourquoi personne veut vivre avec moi ?

Mais parce qu'il t'aime, il veut pas vous abîmer.

Et puis, il y a sa femme. Tu sais...

il peut pas l'abandonner comme ça.

Tu trouverais ça moche, s'il la quittait.

J'ai tellement peur de me retrouver toute seule.

Tu peux pas savoir ce que j'ai ramé.

Je sais pas me faire aimer.

Pourtant, je suis pas moche.

Je suis pas con, non plus. Ça tourne, là-dedans.

Y a toujours quelque chose qui laisse à désirer.

Ou plutôt, qui laisse pas assez à désirer.

Une rupture de plus, je le supporterais pas.

Alors, briser la vie d'une admirable épouse qui a fait son temps...

Excuse-moi.

Tu sais, je suis distraite, je regardais dans le rétro.

Et ces fleurs, c'est pour qui ?

Françoise !

Vous permettez que je m'en occupe ?

Allez chercher ma trousse premier secours dans ma voiture.

Y a une croix verte dessus. Par là, Françoise.

Ça va ?

Entrez.

- Où elle est ? - Dans la salle de bains.

- J'ai un problème. - Ah bon ?

C'est un cas de conscience.

C'est une fille bien, elle est vraiment bien.

- Et alors ? - Alors, je sais pas.

- Elle veut boire ? - Il faut retrouver sa mère.

Maman ?

Pardon de m'excuser, mais... Françoise a fait une grosse bêtise.

Qu'est-ce qui se passe, ici ?

Mon amour !

C'est grave ?

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